40 milliards de dollars pour rouvrir Ormuz
Les États-Unis doublent leur engagement à fournir des garanties de réassurance aux navires souhaitant traverser le détroit d’Ormuz, le portant à 40 milliards de dollars, grâce à l’ajout de nouveaux partenaires d’assurance, dont AIG et Berkshire Hathaway.
La mesure annoncée vendredi 3 avril est la dernière tentative des États-Unis pour apaiser les inquiétudes concernant cette voie maritime vitale et encourager la reprise du trafic maritime…
La Société américaine de financement du développement international (DFC) a annoncé le mois dernier un programme de réassurance de 20 milliards de dollars. Elle e a indiqué, vendredi, que Travelers, Liberty Mutual Insurance, Berkshire Hathaway, AIG, Starr et CNA se joindraient à Chubb pour fournir 20 milliards de dollars supplémentaires de réassurance à son programme.
Cette annonce constitue la première divulgation publique d’informations importantes par DFC concernant le programme de réassurance depuis sa mise en place il y a près d’un mois. La quasi-fermeture du détroit d’Ormuz, par lequel transite habituellement environ un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux, a bouleversé les marchés et déclenché une crise énergétique généralisée. Dans la foulée, Trump a réitéré sa frustration face à la fermeture du détroit et au refus des alliés à aider les États-Unis à rouvrir cette voie maritime.
« Avec un peu plus de temps, nous pourrons facilement OUVRIR LE DÉTROIT D’ORMUZ, PRENDRE LE PÉTROLE ET FAIRE FORTUNE », a déclaré Trump dans un message publié sur les réseaux sociaux. On ignore pour l’instant quelles actions le président américain envisage. En tout cas, les compagnies maritimes restent réticentes à un retour complet au détroit d’Ormuz, malgré la promesse de Trump de protéger les navires et son allocution télévisée… La principale préoccupation concernant le transit de cette voie maritime est qu’il met en danger la vie des équipages, l’Iran continuant de menacer les navires par des attaques de drones, des missiles et des mines marines.
Dans son communiqué, la DFC a également indiqué que l’agence et ses partenaires assureurs détermineront quels navires sont éligibles au dispositif de réassurance. Pour être éligibles, les candidats doivent notamment fournir le pays d’origine et de destination du navire, l’identité des principaux bénéficiaires effectifs et leur domicile, le propriétaire de la cargaison et son domicile, ainsi que des informations sur les organismes de financement.
Rétablir la confiance des compagnies maritimes disposées à emprunter le détroit d’Ormuz est l’un des objectifs les plus urgents des États-Unis. Les prix mondiaux de l’énergie augmentent, les pays étant privés d’une voie d’approvisionnement pétrolière essentielle. L’Inde, troisième consommateur mondial de pétrole et important acheteur de gaz naturel, est particulièrement touchée par la crise.
Aux États-Unis, le prix de l’essence a dépassé 4 dollars le gallon pour la première fois depuis 2022, alourdissant encore le fardeau des consommateurs américains déjà confrontés à la hausse du coût de la vie.
Bien que le doublement de l’engagement en matière de réassurance renforce les garanties financières, le programme ne prévoit toujours aucune escorte navale susceptible d’assurer la protection des équipages. Et même avec une telle escorte, il est peu probable que cela suffise à convaincre les navires de reprendre leurs routes à travers les détroits.
« Les primes d’assurance baisseront – et la volonté des opérateurs commerciaux d’assurer et d’expédier des marchandises à travers le détroit augmentera – seulement après l’affaiblissement des capacités militaires de l’Iran », a déclaré Bob McNally, président de Rapidan Energy Group, une société de conseil basée à Washington, cité par Bloomberg.
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