La 9e édition du Festival du Printemps de la bande dessinée de Sfax, organisée à l’initiative du Forum des arts et de la culture de Sfax, se tiendra du 23 au 28 mars 2026 sur le thème «Ville et patrimoine».
De nombreux auteurs venus de Tunisie, de France, de Suisse et du Bénin seront à Sfax pour partager la magie du 9e art pour tous les amoureux de la BD de 7 à 77 ans.
Au programme, des ateliers de pratiques au Foundouk el Haddadine destinés aux enfants pendant cette période de vacances, cinq expositions réparties entre l’ISAMS, la Galerie Hors Cadre, Foundouk el Haddadine et la Maison de France, un événement intitulé ‘‘Les carnets de Cerise’’ au Complexe culturel Mohamed Jamoussi, des tables rondes, des visites de classes, des master-classes et plein d’autres surprises.
L’association Intersection pour les droits et les libertés a annoncé le lancement d’une carte interactive sur son site web afin de suivre et de signaler en temps réel les violations des droits humains en Tunisie, rapporte Mosaïque FM. L’objectif est de recenser ces violations, de défendre les victimes et de leur apporter un soutien juridique.
Intersection a également publié un rapport couvrant la période de mars 2025 à février 2026, offrant une analyse des violations des droits humains dans tout le pays.
Ce rapport documente des violations de divers droits, notamment la liberté d’expression, le droit à la santé et à un environnement sain, le droit à un procès équitable, le droit à l’intégrité physique et le droit au travail.
Ces violations ont été constatées dans plusieurs régions, dont 97 cas dans le Nord-Ouest (Beja, Jendouba et Siliana), selon Idriss Sebaï, chercheur au sein de l’association.
Le rapport se concluait par plusieurs recommandations, notamment la réduction des disparités régionales, l’élaboration d’un plan national visant à diminuer les inégalités dans l’exercice des droits économiques et sociaux, la garantie du droit à un procès équitable et la création de circuits judiciaires qui accélèrent les procédures.
Le rapport recommandait également que le pouvoir judiciaire réexamine les lois relatives à la liberté d’expression, telles que le décret n° 54, en vue de son abrogation.
À l’occasion de International Quds Day, célébré vendredi 13 mars, la 60e édition du Forum arabe de la poésie de résistance s’est tenue les 13 et 14 mars 2026 à l’espace Yanni à Tunis, autour du thème : «Ali Shariati et la résistance dans la littérature iranienne». Dans un monde traversé par les guerres, les fractures idéologiques et l’épuisement des systèmes politiques, cette rencontre rappelle que la résistance n’est pas seulement une affaire militaire ou diplomatique. Elle est aussi une question de conscience.
Manel Albouchi
Il existe dans l’histoire des peuples des moments où quelque chose se fissure. Les institutions restent debout. Les discours continuent de circuler. Les idéologies parlent encore. Mais une fatigue s’installe dans le cœur du système. On pourrait appeler cela l’épuisement symbolique du pouvoir. Le monde contemporain en porte les signes. Les guerres se multiplient. Les sociétés se polarisent. Les peuples oscillent entre colère et lassitude.
Dans ce paysage incertain, la résistance change de forme. Elle cesse parfois d’être un cri collectif. Elle devient un travail intérieur.
La pensée comme résistance
Dans le monde iranien, une figure intellectuelle a tenté de penser ce moment avec une intensité rare : Ali Shariati.
Inspiré de Frantz Fanon, de Jean-Paul Sartre et de Karl Marx, Shariati tenta une expérience intellectuelle singulière : penser la libération humaine à partir de l’intérieur de la tradition islamique. Il parlait d’un phénomène dangereux qu’il appelait l’«estahmâr» (un mot difficile à traduire). Ce n’est pas seulement la domination. C’est l’abrutissement des consciences.
Pour Shariati, un peuple peut être dominé de plusieurs façons : par la nature, lorsqu’il vit dans la peur et l’ignorance ; par d’autres hommes, lorsqu’il subit l’exploitation économique ou politique ; mais la domination la plus subtile est celle des idées figées, lorsque l’idéologie remplace la pensée, lorsque la mémoire devient rituel, lorsque la tragédie devient habitude.
Le danger de l’habitude
Shariati mettait souvent en garde contre un phénomène paradoxal. Le danger n’est pas seulement d’oublier une tragédie. Le danger est de s’y habituer. Il évoquait la mémoire de Karbala. Selon lui, si la tragédie se transforme en simple rituel annuel, elle perd sa force morale. Elle devient un spectacle. Et le spectacle endort les consciences. Cette intuition résonne aujourd’hui bien au-delà de l’histoire iranienne.
Dans un monde saturé d’images de guerre et de violence, l’humanité court un risque : celui de s’habituer au drame ou la banalisation du mal si on se refaire à Hannah Arendt.
Dans les périodes de tension politique, les identités deviennent rigides. Chacun se définit par un rôle : militant, moderniste, religieux, progressiste, patriote…
Ces identités peuvent donner un sens à l’action collective. Mais elles peuvent aussi devenir des masques psychiques. Il arrive pourtant que ces masques se fissurent lorsqu’un individu cesse un instant de défendre un rôle social. Là une parole plus simple apparaît. Une parole qui parle de fatigue, d’injustice réelle, de peur de l’avenir, de désir de dignité. Selon Carl Gustav Jung, on dirait que le persona se fissure. Et qu’une parole plus authentique surgit.
Manifestation à Tunis contre la guerre en Iran.
Sociétés et révolutions
Les sociétés qui ont traversé des révolutions connaissent souvent ce moment. La révolution française n’a pas seulement été un événement politique. Elle a été précédée par des décennies de pensée. Les écrits de Jean-Jacques Rousseau, de Montesquieu ou de Voltaire avaient préparé le terrain symbolique de la rupture. Les idées avaient précédé l’événement. La révolution tunisienne, elle, est née d’un geste plus spontané. Elle fut d’abord un soulèvement social. Mais après la rupture vient toujours une question plus difficile : qui pense l’après ? Les révolutions peuvent ouvrir une brèche dans l’histoire. Mais elles ne suffisent pas à produire une vision durable.
Lorsque les systèmes politiques se fatiguent, une autre dynamique apparaît. Les grandes structures perdent leur capacité d’inspiration. Alors les initiatives individuelles commencent à prendre la relève : un enseignant crée un espace de pensée, un écrivain redonne sens aux mots, un citoyen refuse la passivité. Ces gestes sont souvent invisibles. Mais ils constituent la matière silencieuse des transformations futures.
La liberté intérieure
Aujourd’hui, dans un monde traversé par les crises géopolitiques, les conflits idéologiques et l’incertitude économique, la question de la lucidité devient centrale. Car la domination ne repose pas uniquement sur la force. Elle repose souvent sur la fatigue morale des sociétés. Lorsqu’un peuple cesse de croire que le changement est possible, la domination devient presque inutile. Elle se maintient d’elle-même.
C’est peut-être ici que commence la véritable résistance. Non dans les slogans. Mais dans la conscience. Lorsque l’individu cesse de répéter les récits imposés. Et commence à interroger le monde avec lucidité. Car la liberté humaine n’est peut-être rien d’autre que cela : la capacité d’être le poète de sa propre existence.
Le prochain congrès de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), prévu pour les 25, 26 et 27 mars 2026 à Monastir, est un événement majeur, notamment compte tenu des crises internes que traverse l’organisation syndicale et des défis liés à ses divisions internes, à ses relations avec les autorités politiques et à la situation générale du pays marquée par une stagnation économique et des tensions sociales.(Photo: L’UGTT est appelée à se recentrer sur son rôle syndical).
Latif Belhedi
La date du congrès a été avancée de 2027 à 2026 suite à des mois de conflits internes portant sur plusieurs points litigieux, liés à la gouvernance même de l’organisation, à la gestion démocratique de ses affaires et à son rôle dans le nouveau contexte politique du pays, marqué par une plus grande concentration des pouvoirs et une marginalisation des corps intermédiaires.
Les préparatifs du congrès sont très avancés et l’on s’attend à accueillir 630 délégués, dont 75 membres de l’organe administratif national. Un nombre record de candidatures est également enregistré pour les différentes instances de l’organisation, avec un total de 91 candidats, répartis comme suit : 46 au Bureau exécutif national, 24 à l’a Commission nationale de réglementation interne et 21 à la Commission nationale de contrôle financier.
Parmi les candidats pour le Bureau exécutif figurent Slaheddine Selmi, Othman Jallouli, Tahar Mezzi et Farouk Ayari, tous membres de l’exécutif sortant; Wajih Zaidi, secrétaire général du Syndicat général des transports ; Salouane Smiri, secrétaire général du Syndicat général des travailleurs du pétrole et de la chimie ; Salah Ben Hamed, secrétaire général du Syndicat régional des travailleurs de Gabès ; et Kacem Zemni, secrétaire général du Syndicat régional des travailleurs de Sousse.
Vers une gestion financière plus saine
Des propositions ont également été formulées pour réviser le règlement intérieur, notamment en ce qui concerne la redéfinition des relations entre la direction centrale et les structures de base, ainsi que la définition du cadre de gestion quotidienne du syndicat, en particulier la gestion financière, et en insistant sur une plus grande transparence dans ce domaine.
Début 2026, le cabinet du Premier ministre a décidé de suspendre le prélèvement automatique des cotisations à l’UGTT sur les salaires des employés, cadres et ouvriers. Les responsables syndicaux ont perçu cette décision comme un coup dur porté aux finances de l’organisation, car ces prélèvements représentent la principale source de financement de leurs activités et de leurs structures nationales, régionales et sectorielles. Elle viserait, selon eux, à limiter l’influence de l’UGTT et à réduire son rôle sur la scène nationale.
Les détracteurs de l’organisation, qui lui reprochent d’avoir souvent outrepassé son rôle syndical pour devenir un acteur politique de premier plan, ont vu dans cette décision la fin de la tutelle syndicale sur la vie politique et la consécration de la liberté d’adhésion et du pluralisme syndical.
L’UGTT, qui a condamné cette décision, y voyant une mesure punitive à motivation politique visant à tarir ses financements et à l’asphyxier financièrement, a lancé une campagne nationale de renouvellement automatique des adhésions dont on jugera de l’impact au cours du prochain congrès.
Le départ annoncé de Taboubi
Il convient de noter que le précédent congrès de l’UGTT, qui s’est tenu du 16 au 18 février 2022 à Sfax, a vu la réélection du secrétaire général Noureddine Taboubi, avec plus de 90 % des voix des délégués.
Par ailleurs, les autres membres de sa liste ont remporté une victoire écrasante, obtenant plus de 80 % des suffrages.
Sept membres du Bureau exécutif de 2017 ont été élus, dont cinq qui siégeaient également au Bureau élu lors du Congrès de 2011 : Noureddine Taboubi, Sami Tahri, Hfaiedh Hfaiedh, Anouar Ben Kaddour et Samir Cheffi.
Beaucoup ont cependant contesté ces résultats, reprochant aux dirigeants réélus d’avoir tripatouillé le règlement intérieur pour s’offrir un énième mandat auquel ils n’avaient droit. Ce qui n’a pas manqué de créer des polémiques et de provoquer de fortes divisions au sein de l’organisation. D’où l’intérêt du prochain congrès qui va devoir remettre l’organisation sur le rails d’une gestion plus démocratique et moins clanique de ses affaires. Le départ annoncé de Taboubi et de ses obligés sera sans doute très apprécié, au sein de l’UGTT et sur la scène politique nationale où son image est largement ternie.
Selon le me ministre du Commerce et du Développement des exportations, Samir Abid, «la Tunisie a réalisé un record historique d’exportations d’huile d’olive au cours des mois de décembre, janvier et février»
Lors d’une séance plénière de l’Assemblée des représentants du peuple, le ministre a ajouté que «ces résultats constituent un succès majeur pour la diplomatie économique tunisienne», en soulignant que les exportations mensuelles ont dépassé les 50 000 tonnes, grâce aux efforts concertés des différents acteurs.
Pour la Tunisie, il s’agit de préserver les marchés traditionnels tout en explorant de nouveaux débouchés pour l’huile d’olive conditionnée, aussi précisé le ministre, qui a noté une reprise progressive sur les marchés traditionnels après les récentes perturbations dues à ce qu’il a appelé des «procédures administratives». Enfin, il a confirmé que la Tunisie avait demandé l’ouverture de négociations avec l’Union européenne concernant l’exportation d’huile d’olive et d’autres produits agricoles stratégiques. «Ces négociations ne se limiteront pas à l’UE, mais impliqueront également d’autres partenaires internationaux», a-t-il déclaré.
Le premier jour de la guerre israélo-américaine contre l’Iran, une école de jeunes filles a été bombardée. Plus de 175 victimes. Des enfants, des adolescentes, des vies brisées avant même d’avoir commencé. Ce drame, à lui seul, dit beaucoup plus que de longs discours : lorsque l’école devient une cible, c’est que les règles censées limiter la guerre ont déjà cessé d’exister.(Photo : L’école primaire de filles à Minab (Iran) bombardée le 28 février 2026 par des frappes aériennes américaines).
Khemaïs Gharbi *
Il fut pourtant un temps où les nations prétendaient soumettre la guerre à des règles. Après les catastrophes du XXᵉ siècle, le monde avait tenté d’ériger un rempart juridique contre la barbarie. Avec la création de l’Organisation des Nations Unies et l’adoption des conventions de Genève, l’humanité avait voulu croire qu’il était possible d’imposer des limites à la violence des États. Même dans la guerre, disait-on, certaines lignes ne devaient jamais être franchies.
Certes, ce système n’a jamais été parfait. Les grandes puissances l’ont souvent contourné, et le droit de veto au Conseil de sécurité a régulièrement paralysé les institutions censées le défendre. Pourtant, malgré ses failles, il existait au moins un langage commun : celui du droit, qui permettait de nommer les crimes, de protéger les civils et de rappeler que la force ne devait pas être l’unique loi des relations internationales.
Un édifice qui vacille
Aujourd’hui, ce fragile édifice semble vaciller. Le véritable vaincu de cette guerre n’est pas seulement l’une des parties engagées sur le terrain : c’est le droit international lui-même. Non pas parce qu’il est violé — il l’a souvent été dans l’histoire — mais parce que sa violation se déroule désormais presque sans conséquence politique. Lorsque les règles sont bafouées sans que les institutions censées les défendre puissent agir, ce ne sont pas seulement des principes abstraits qui s’effondrent : c’est la crédibilité même de l’ordre international.
Tout cela survient à peine quelques mois après le génocide des Palestiniens de Gaza et la destruction barbare de leurs villes, de leurs villages et de leurs camps. Ceux qui s’attendaient à un réveil des consciences découvrent avec stupeur que, pour beaucoup de bien-pensants en Occident, les préoccupations du moment semblent ailleurs : le prix du pétrole, l’état des marchés ou l’organisation des prochaines vacances.
Le Moyen-Orient apparaît ainsi comme un véritable cimetière du droit international. Les principes élaborés au fil de décennies semblent y perdre leur force normative, comme si les tragédies du passé n’avaient rien appris au monde.
La responsabilité morale de cette faillite pèse particulièrement sur les puissances qui s’étaient proclamées gardiennes de cet ordre. La première puissance mondiale, longtemps présentée comme l’architecte et le garant de cet équilibre juridique, donne aujourd’hui le sentiment d’avoir failli à cette mission. Lorsque le défenseur proclamé des règles semble lui-même prêt à les relativiser, le message envoyé au reste du monde est redoutable : pourquoi respecter un droit que ceux qui l’ont façonné paraissent eux-mêmes disposés à contourner ?
La loi de la jungle
Le danger est immense. Si le droit international cesse d’être perçu comme une norme contraignante, il ne restera bientôt qu’un instrument politique, invoqué lorsque cela arrange et oublié lorsque cela gêne. Dans un tel monde, les États les plus puissants imposeront leur volonté, tandis que les plus faibles n’auront d’autre choix que l’alignement ou la résistance désespérée.
Ce serait alors le retour à ce que l’histoire a connu de plus sombre : un système international dominé par la force brute, où la diplomatie ne serait plus qu’un masque posé sur la loi de la jungle.
La question posée par cette guerre dépasse donc de loin le théâtre des combats. Elle engage l’avenir même de l’ordre mondial : le droit international peut-il encore limiter la violence des États, ou n’est-il déjà plus qu’une illusion fragile, survivant dans les discours mais vaincue dans les faits ?
À l’occasion des 70 ans de l’indépendance de la Tunisie, le Centre pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT) organise une rencontre-débat pour interroger le sens de cette date aujourd’hui. La rencontre, qui devra répondre à cette question : «Le 20 mars fait-il encore date ?», se tiendra le 20 mars 2026 à partir de 19 heures au 1er rue Mounet Sully, 75020 Paris.
Le 20 mars 1956 marque la fin du protectorat et l’accès de la Tunisie à la souveraineté nationale. Cette indépendance a ouvert une nouvelle étape : construction de l’État, affirmation de la citoyenneté, espoirs de vie politique libre et démocratique.
Mais soixante-dix ans plus tard, que reste-t-il de ces promesses ? Le récit national a été simplifié, parfois instrumentalisé, la vie politique traverse une crise profonde et le lien entre l’État et les citoyens s’est fragilisé.
Cette première rencontre sera l’occasion de revenir sur la place du 20 mars dans le récit national, de questionner les continuités et les ruptures qui marquent l’histoire politique de la Tunisie depuis 1956, et de réfléchir aux formes actuelles de la souveraineté et au rôle des citoyen·ne·s.
Elle réunira Sophie Bessis, historienne, spécialiste de l’Afrique subsaharienne et du Maghreb et Hatem Nafti, chercheur à l’Institut de recherche et d’études sur le monde arabe et musulman (Iremam).
L’entrée est libre et le débat ouvert à toutes et tous, qui peuvent suivre les discussions à distance sur ce lien.
L’annonce hier soir, mardi 17 mars 2026, a eu l’effet d’une déflagration. En quelques heures, les artères de Casablanca et de Rabat se sont transformées en scènes de liesse populaire. Drapeaux brandis, cortèges de voitures, chants et fumigènes : le Maroc célèbre son sacre à la Coupe d’Afrique des nations 2025. Un titre pourtant attribué loin des terrains, à la suite d’une décision controversée de la Confédération africaine de football (CAF), qui s’y connaît en matière de rafistolage.
Djamal Guettala
Sur le plan sportif, la finale disputée le 18 janvier avait souri au Sénégal, vainqueur 1-0 après prolongation. Mais la rencontre avait été marquée par de fortes tensions, notamment après une série de décisions arbitrales contestées. Le moment clé survient lorsque les joueurs sénégalais quittent temporairement la pelouse pour protester, interrompant la partie durant plusieurs minutes.
C’est sur cet épisode que s’appuie la Fédération royale marocaine de football pour déposer une réserve officielle. Le règlement est clair : un abandon de terrain sans autorisation peut entraîner une défaite par forfait. Saisie du dossier, la commission d’appel de la CAF donne raison au Maroc, inflige un 3-0 (sur le papier) au Sénégal et attribue le titre aux Lions de l’Atlas.
Une décision exceptionnelle, qui offre au Maroc son deuxième trophée continental depuis 1976, mais qui ouvre surtout une crise majeure. Car si Rabat et Casablanca fêtent une victoire jugée «légitime» au nom du droit, Dakar dénonce un verdict «injuste» et «disproportionné».
La Fédération sénégalaise de football a d’ores et déjà annoncé son intention de porter l’affaire devant le Tribunal arbitral du sport (TAS). Une procédure qui pourrait prolonger l’incertitude et, potentiellement, remettre en cause l’issue officielle de la compétition.
Au-delà du contentieux entre deux nations majeures du football africain, cette affaire pose la question de la crédibilité des instances continentales. En validant un changement de vainqueur plusieurs semaines après la finale, la CAF expose ses failles et ravive les critiques sur sa gouvernance, qui ne datent pas d’aujourd’hui, car, depuis qu’elle existe, avec ses arbitres ripoux (ou arbitres «maison») comme on les appelle, on ne compte plus les matchs aux résultats faussés. Rares sont d’ailleurs les équipes nationales ou les clubs du continent qui n’en ont pas profité ou n’en ont pas souffert, à tout de rôle.
Dans ce contexte, la CAN 2025 s’impose déjà comme l’une des éditions les mieux organisées sur les plans de la logistique et de l’accueil (et les Marocains doivent en être félicités) et les plus controversées sur le plan sportif de l’histoire. Un tournoi dont le dénouement ne s’est pas joué uniquement sur la pelouse, mais dans les coulisses du droit sportif.
Entre célébration populaire au Maroc et contestation institutionnelle au Sénégal, le football africain se retrouve face à une séquence inédite, où la règle l’emporte sur le jeu — au risque de fragiliser un peu plus la confiance dans ses instances.
Le site d’information israélien Ynet a annoncé, ce mardi 17 mars 2026, que l’armée israélienne a tué, lors d’un raid nocturne sur Téhéran, Ali Larijani, le tout-puissant secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, considéré comme l’homme le plus influent du régime des ayatollahs, plus influent encore que le Guide suprême actuel Mojtaba Khamenei, demeuré invisible, et considéré comme le dirigeant de facto de la République islamique.(Photo : dernière apparition en public de Ali Larijani, vendredi 13 mars, en participant à un rassemblement à Téhéran).
Larijani est également largement tenu pour responsable de la répression brutale des manifestations en Iran en janvier dernier.
Le média israélien, qui affirme avoir reçu confirmation de cette information du ministre israélien de la Défense, Israël Katz.
L’armée israélienne affirme également avoir tué, lors d’une attaque sur Téhéran, Gholamreza Soleimani, le chef des milices Bassidj, affiliées aux Gardiens de la révolution et responsables de la violente répression des manifestants en janvier, ainsi que d’autres officiers, alors qu’ils se trouvaient dans un quartier général de fortune installé après la destruction de leur QG officiel.
Dans le même temps, le commandant adjoint des Bassidj, Qassem Quraishi, aurait également été tué lors d’une attaque à Shiraz, a rapporté Ynet, citant des sources militaires. «L’armée de l’air israélienne, agissant sur la base de renseignements, a ciblé et éliminé Gholamreza Soleimani, qui commandait l’unité Bassidj, les forces faisant partie de l’appareil armé du régime iranien, depuis six ans», a-t-elle déclaré, ajoutant que lors des manifestations internes en Iran, en particulier ces derniers temps, marquées par une intensification des protestations, les forces Bassidj sous le commandement de Soleimani ont mené les principales opérations de répression.
Le geste agressif du défenseur d’Al Ahly d’Egypte, Yasser Ibrahim, envers les supporters de l’Espérance de Tunis, dimanche soir, 15 mars 2026, mimant une décapitation, a suscité une vive polémique et indigné les milieux footballistiques, y compris en Egypte.
Ces dernières 48 heures, des internautes tunisiens, égyptiens et d’autres pays arabes ont partagé des vidéos de l’incident, largement diffusées et documentées.
La balle est maintenant dans le camp de la Confédération africaine de football (CAF) qui devrait suspendre le défenseur d’Al Ahly pour ce geste indigne d’un footballeur. Encore faut-il qu’elle daigne appliquer son règlement disciplinaire, sans même attendre que l’Espérance dépose une plainte officielle à ce sujet auprès de ses instances. Si elle ne le fait pas, elle perdrait le peu de crédibilité qu’elle a encore auprès des milieux footballistiques africains et internationaux.
La CAF avait déjà suspendu l’attaquant de Zamalek, Nasser Mansi, pour un incident similaire lors de la Supercoupe 2014 contre Al Ahly, après avoir marqué le but égalisateur.
Il convient de noter que la CAF se base sur les rapports des arbitres et des observateurs de match pour ce type d’incidents, et que l’observateur de match a documenté cet incident précis et ses détails.
Rappelons aussi qu’Al Ahly jouera le match retour des quarts de finale de la Ligue des champions d’Afrique contre l’Espérance samedi prochain, 21 mars, à huis clos étant sous le coup d’une sanction antérieure de la CAF. Le match aller à Tunis s’est terminé par une victoire de l’Espérance (1-0) sur penalty (Mohamed Amine Tougai).
Les conséquences désastreuses de l’escalade des tensions au Moyen-Orient, suite au déclenchement de la guerre israélo-américaine contre l’Iran, constitue une menace supplémentaire pour l’économie tunisienne en crise depuis 2011 en raison des effets conjugués des pressions internes et externes.
Avec un baril de pétrole brut dépassant les 100 dollars américains ($), le gouvernement est confronté à un nouveau défi : la loi de finances 2026, dont le financement reste en partie incertain, prévoyait un prix moyen du baril de pétrole de seulement 63,3 $. La hausse prévisible ne manquera d’aggraver les difficultés financières du pays qui a du mal à sortir sur les marchés internationaux en raison d’une note souveraine à risque : en février 2026, Fitch Ratings l’avait confirmé à « B- ».
On sait que chaque dollar de hausse dans le cours du pétrole, qui risque de flamber davantage, coût 140 millions de dinars par an au Trésor public pour maintenir les subventions publiques de produits de première nécessité, ce qui ferait peser un risque de flambée de l’inflation et de gel des investissements.
Dans sa lettre d’information hebdomadaire ‘‘EcoWeek’’ (n° 11-26 du 15 mars 2026), l’économiste Hachemi Alaya écrit : «Il est encore prématuré d’aborder la question des conséquences sur l’économie tunisienne de la guerre contre l’Iran. Mais la vraie ‘‘conséquence’’ qu’il faut redouter c’est qu’elle serve d’alibi pour masquer le cancer qui la ronge de l’intérieur ou pis, de lui imputer l’aggravation de ses maux.»
Tout en soulignant l’aggravation des déséquilibres structurels de l’économie nationale, l’érosion périlleuse de sa compétitivité extérieure, le transfert massif des ressources vers le secteur public et la poursuite de la dégradation de la liberté économique dans sa triple dimension économique, politique et justice, entre autres signaux négatifs risquant d’enfoncer durablement la Tunisie dans la catégorie des pays stagnants, Alaya estime que le vrai risque, c’est de voir le gouvernement se défausser sur la guerre pour justifier ses manquements et retarder encore les réformes structurelles exigées par la situation globale du pays.
Car, au-delà des conséquences économiques de cette guerre qui dépendront fortement de sa durée, de son ampleur et de son issue, «le vrai risque pour l’économie tunisienne c’est d’occulter le cancer qui la ronge de l’intérieur ou pis, d’imputer l’aggravation des déséquilibres et des maux qui la marquent aux conséquences de la guerre», écrit-il.
Cette tentation est de nature, ajoute-t-il, «à embourber encore plus le pays dans l’immobilisme en matière de réformes et la prodigalité à crédit de ses finances publiques.» Ce qui serait «plus dommageable qu’une flambée éphémère du pétrole ou les perturbations dans les approvisionnements en produits céréaliers dont dépend fortement la Tunisie.»
L’entrée en service de l’interconnexion électrique entre la Tunisie et l’Italie, prévue pour 2028, pourrait être reportée à 2030 ou 2031 en raison des tensions internationales qui continuent d’affecter la disponibilité des équipements énergétiques depuis le début de la guerre russo-ukrainienne, à laquelle vient de s’ajouter celle consécutive au déclenchement de la guerre israélo-américaine contre l’Iran.
Le coût du projet d’interconnexion électrique Elmed entre la Tunisie et l’Italie est estimé à environ 1,014 milliard d’euros, dont 582 millions seront à la charge de la Tunisie. Et selon les estimations du gouvernement, les recettes annuelles générées par cette infrastructure devraient se situer entre 71 et 182 millions d’euros, qui seront partagés à parts égales entre la Société tunisienne d’électricité et de gaz (Steg) et son homologue italienne Enel.
Le secrétaire d’État à la Transition énergétique, Wael Chouchane, a déclaré que le projet «permettra un échange bidirectionnel d’électricité entre les deux pays, autorisant notamment l’exportation d’énergie produite à partir de sources renouvelables et renforçant le réseau électrique tunisien aux heures de pointe, contribuant ainsi à la sécurité énergétique».
L’entrée en service de l’interconnexion, prévue pour 2028, pourrait toutefois, a noté Chouchane, «être reportée à 2030 ou 2031 en raison des tensions internationales qui continuent d’affecter la disponibilité des équipements énergétiques depuis le début de la guerre russo-ukrainienne», à laquelle vient de s’ajouter celle consécutive au déclenchement de la guerre israélo-américaine contre l’Iran.
Elmed prévoit de construire une interconnexion électrique sous-marine bidirectionnelle à courant continu (CC) et à haute tension entre la Sicile et la Tunisie, avec un point d’arrivée à terre dans la zone industrielle de Mlaabi, à Menzel Temime, dans le gouvernorat de Nabeul.
Le projet comprend deux stations de conversion – l’une à Menzel Temime et l’autre à Partanna, en Sicile – et un câble sous-marin d’environ 200 kilomètres de long, traversant le détroit de Sicile à une profondeur maximale de 800 mètres. Il aura une capacité de 600 mégawatts et une tension de 500 kilovolts CC. Le projet inclut également l’infrastructure de raccordement terrestre, les systèmes de télécommunications et des dispositifs de surveillance continue du câble.
Un accord de financement et de garantie d’un montant de 43 millions d’euros, soit environ 145 millions de dinars tunisiens, pour la deuxième phase du projet d’interconnexion électrique, a été signé à Tunis le 16 janvier entre le gouvernement tunisien et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd).
L’accord vise à renforcer le réseau électrique de la Steg par l’installation de lignes de transport aériennes, notamment des lignes d’arrivée et de départ dans le gouvernorat de Nabeul, au nord du pays.
La deuxième phase du projet, appelée Programme de renforcement du réseau, prévoit le renforcement des réseaux de transport à travers la Tunisie. Plus précisément, le projet comprend l’installation d’une ligne aérienne de 400 kV d’environ 85 kilomètres, reliant Grombalia (Nabeul) à Kondar (Sousse), et traversant quatre gouvernorats : Nabeul, Ben Arous, Zaghouan et Sousse.
Le projet inclut également l’installation de lignes aériennes d’arrivée et de départ entre Ezzahra et Grombalia 1, raccordées au poste de transformation de Grombalia 2 (400/225 kV), pour une longueur totale d’environ 10 kilomètres, ainsi que des lignes supplémentaires entre Seltene et Grombalia 1, également raccordées à ce même poste, pour une longueur totale d’environ 10 kilomètres.
Le tabagisme chez les jeunes : 14 % des mineurs âgés de 13 à 15 ans fument. Parallèlement à cette épidémie de tabagisme, le pays connaît une chute vertigineuse de l’activité physique. Ce qui, à terme, risque d’aggraver les problèmes de la santé publique dans le pays : recrudescence des maladies chroniques, pénuries de certaines spécialités médicales en raison de l’exode des médecins, crise financière structurelle de l’assurance maladie, vétusté des infrastructures médicales publiques, etc.
Parmi les défis auxquels est confronté le système de santé tunisien, celui, structurel, lié à la prévalence précoce du tabagisme chez les jeunes générations. Selon les dernières données de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), 14 % des mineurs tunisiens âgés de 13 à 15 ans fument régulièrement des cigarettes, un chiffre qui s’inscrit dans une dégradation générale des modes de vie dans le pays.
Le Dr Olfa Saidi, chef du bureau de l’OMS à Tunis, a souligné que l’expérimentation du tabac touche désormais plus d’un tiers des adolescents scolarisés (35 %), avec des pics de dépendance extrêmement précoce, certaines personnes commençant à fumer dès l’âge de sept ans. Ce phénomène constitue non seulement une urgence sanitaire, mais reflète également de profondes dynamiques socio-économiques.
Le marché du tabac en Tunisie a historiquement été un monopole d’État (Régie nationale des tabacs et des alumettes – RNTA), faisant du secteur une source cruciale de recettes fiscales pour les caisses publiques, mais créant en même temps un paradoxe pour les politiques de prévention.
Parallèlement à l’épidémie de tabagisme, la Tunisie connaît un effondrement de l’activité physique. Les données de l’Observatoire national du sport indiquent que la part de la population active est passée de 35 % en 2009 à 12 % en 2021.
Cette combinaison de tabagisme précoce et de sédentarité risque de compromettre l’avenir du système de santé publique tunisien, en augmentant l’incidence des maladies non transmissibles (MNT), telles que les maladies cardiovasculaires et respiratoires, qui représentent déjà un fardeau insoutenable pour la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnam). Les analystes soulignent que, sans une réforme radicale de la loi sur la vente de tabac aux mineurs et un investissement massif dans les infrastructures sportives scolaires, la Tunisie pourrait se retrouver, au cours de la prochaine décennie, confrontée à une crise sanitaire chronique susceptible de freiner davantage la productivité et la croissance économique d’un pays déjà fragilisé par une transition politique complexe et une fragilité financière persistante.
Du 1er janvier à fin février 2026, les échanges entre l’Italie et la Tunisie ont atteint 3,44 milliards de dinars, soit l’équivalent de 1,012 milliard d’euros au taux de change actuel. Ces chiffres proviennent d’une analyse des données commerciales publiée le 12 mars 2026 par l’Institut national de la statistique (INS).
Au cours des deux premiers mois de cette année, les exportations italiennes vers la Tunisie ont atteint 1,565 milliards de dinars (environ 460 millions d’euros), soit une hausse d’environ 11 % par rapport aux 1,393 milliards de dinars (409 millions d’euros) enregistrés au cours des deux premiers mois de 2025.
Les importations italiennes en provenance de Tunisie se sont quant à elles élevées à 1,875 milliards de dinars (551 millions d’euros), en légère baisse par rapport aux 1,905 milliards de dinars (560 millions d’euros) de janvier et février 2025.
L’Italie est le deuxième fournisseur européen de la Tunisie et le troisième au niveau mondial, après la France, qui a exporté pour 1,814 milliards de dinars (533 millions d’euros) de biens et marchandises vers Tunis au cours des deux premiers mois, et la Chine, avec 1,711 milliards de dinars (503 millions d’euros).
Parmi les principaux produits exportés d’Italie vers la Tunisie figurent les matières premières énergétiques (pétrole raffiné), les métaux, les textiles, le cuir et les peaux, le matériel électrique, les matières et produits plastiques, les moteurs, les générateurs et transformateurs, les produits chimiques et pharmaceutiques, ainsi que les installations et machines.
L’Italie importe principalement des vêtements et des chaussures, des pièces et accessoires pour véhicules, des huiles et graisses, des moteurs, des générateurs et transformateurs, des articles en plastique, des produits chimiques et engrais, des produits sidérurgiques et du pétrole brut.
Il est donc évident qu’il existe un important flux de raffinage et de transformation de matières premières ou de produits semi-finis en produits finis entre l’Italie et la Tunisie.
En matière de commerce, la France demeure le premier partenaire commercial de la Tunisie, avec des échanges d’une valeur de 4,3 milliards de dinars (1,27 milliard d’euros).
Les exportations françaises vers la Tunisie ont totalisé 1,82 milliard de dinars (soit 533 millions d’euros) au cours des deux premiers mois de 2026, contre 1,347 milliard de dinars (346 millions d’euros) au cours des deux premiers mois de l’année précédente.
Les importations françaises en provenance de Tunisie ont augmenté de 1,6 % par rapport à janvier et février 2025, passant de 2,15 milliards de dinars (632 millions d’euros) à 2,49 milliards de dinars (732 millions d’euros), ce qui a entraîné un déficit commercial pour la France de 673 millions de dinars (environ 198 millions d’euros).
Rappelons que les échanges commerciaux de la Tunisie avec l’Union européenne (UE) représentent plus de 70 % du total de ses échanges extérieurs.
Au cours des deux premiers mois de 2026, le déficit commercial de la Tunisie s’est réduit à 2,784 milliards de dinars (environ 830 millions d’euros), contre 3,517 milliards de dinars (environ 1,05 milliard d’euros) enregistrés à la même période en 2025, apprend-on dans une analyse publiée le 12 mars 2026 par l’Institut national de la statistique (INS). Ce déficit reste cependant très élevé eu égard les difficultés financières du pays et l’ampleur de son endettement extérieur dépassant 80% du PIB.
Au cours des deux premiers mois de 2026, le commerce extérieur tunisien a enregistré des exportations de 10,80 milliards de dinars (environ 3,2 milliards d’euros) et des importations de 13,59 milliards de dinars (environ 4 milliards d’euros). Sur la période janvier-février 2026, les exportations ont progressé de 6,2 % par rapport à la même période en 2025, où elles s’élevaient à 10,169,2 milliards de dinars (environ 3 milliards d’euros).
Les importations, quant à elles, ont légèrement diminué de 0,7 %, passant de 13,69 milliards de dinars (environ 4,1 milliards d’euros) à 13,59 milliards de dinars.
Sous l’effet de cette tendance, le déficit commercial s’est réduit à 2,784 milliards de dinars (environ 830 millions d’euros), contre 3,517 milliards de dinars (environ 1,05 milliard d’euros) enregistrés à la même période en 2025.
Le taux de couverture des importations par les exportations a atteint 79,5 %, contre 74,3 % l’année précédente.
Du point de vue sectoriel, les exportations ont progressé dans les industries mécaniques et électriques (+14,8 %) et dans le secteur agroalimentaire (+6,1 %), soutenues principalement par la hausse des ventes d’huile d’olive, qui ont atteint 1,25 milliard de dinars (environ 374 millions d’euros), contre 1,007 milliard de dinars (environ 301 millions d’euros) l’année précédente.
Les exportations des secteurs des mines, des phosphates et de leurs dérivés (-24,6 %), du textile, de l’habillement et du cuir (-1,8 %) et de l’énergie (-0,5 %) ont toutefois reculé, en partie à cause de la baisse des ventes de pétrole brut, qui sont passées de 372,3 millions de dinars (environ 111 millions d’euros) au cours des deux premiers mois de 2025 à 239,8 millions de dinars (environ 72 millions d’euros).
Du côté des importations, les achats de biens d’équipement (+1,4 %) et de produits énergétiques (+1,7 %) ont progressé. Les importations de biens de consommation (+2,3 %) et de produits alimentaires (+2,6 %) ont également augmenté, tandis que celles de matières premières et de produits semi-finis ont diminué (-6 %).
En termes de répartition géographique, les exportations tunisiennes vers l’Union européenne (UE), qui représentaient 72,1 % du total, ont atteint 7,793 milliards de dinars (environ 2,3 milliards d’euros), contre 7,091,9 milliards de dinars (environ 2,1 milliards d’euros) à la même période en 2025. La hausse a été particulièrement marquée en France (+15,7 %) et en Allemagne (+9,9 %), tandis que des baisses ont été enregistrées en Italie (-1,6 %) et aux Pays-Bas (-25,3 %).
Concernant les pays arabes, les exportations ont fortement progressé vers l’Égypte (+76,4 %) et l’Arabie saoudite (+68,9 %), tandis qu’elles ont reculé vers le Maroc (-45,3 %), l’Algérie (-18,6 %) et la Libye (-29,2 %).
Du côté des importations, celles en provenance de l’UE – représentant 45,6 % du total – ont atteint 6,189 milliards de dinars (environ 1,85 milliard d’euros), contre 5,77 milliards de dinars (environ 1,72 milliard d’euros) au cours des deux premiers mois de 2025. Les achats ont notamment progressé en provenance de France (+26,3 %) et d’Italie (+12,3 %), tandis qu’ils ont reculé en provenance d’Espagne (-5,0 %) et de Grèce (-28,2 %).
Hors UE, les importations ont augmenté en provenance de Turquie (+3,8 %) et d’Inde (+48,9 %), tandis qu’elles ont diminué en provenance de Russie (-59,7 %) et de Chine (-18,1 %).
Par groupe de produits, le déficit commercial global – 2,784 milliards de dinars (environ 830 millions d’euros) – s’explique principalement par le solde négatif des produits énergétiques (-1,886 milliards de dinars, environ 563 millions d’euros), des matières premières et produits semi-finis (-790,7 millions de dinars, environ 236 millions d’euros), des biens d’équipement (-488,4 millions de dinars, environ 146 millions d’euros) et des biens de consommation (-108,8 millions de dinars, environ 32 millions d’euros).
Le secteur alimentaire, quant à lui, a enregistré un excédent de 489,7 millions de dinars (environ 146 millions d’euros).
Finalement, le déficit commercial hors énergie s’est réduit à 898,3 millions de dinars (environ 268 millions d’euros), tandis que le déficit de la balance énergétique a atteint 1,886 milliards de dinars (environ 563 millions d’euros), contre 1,845 milliards de dinars (environ 551 millions d’euros) enregistrés à la même période en 2025.
Face aux impacts dévastateurs de la guerre israélo-américaine contre l’Iran sur la sécurité des Etats arabes du Golfe, il est important de bien comprendre les enjeux de la stabilité de cette région riche en hydrocarbures et de sa sécurisation future sans les États-Unis, mais avec un danger permanent qui viendra principalement de l’Etat belliciste d’Israël, quels que soient ses dirigeants présents et futurs.(Photo : Le pacte entre l’Arabie saoudite et les Etats-Unis, signé le 14 février 1945 sur le croiseur USS Quincy par le roi Abdelaziz ibn Saoud, et le président Franklin Roosevelt, a-t-il encore un sens aujourd’hui ?)
Naamen Bouhamed *
Depuis le déclenchement de cette guerre, l’économie régionale est à l’arrêt.Les salons professionnels sont reportés au second semestre 2026, voire en 2027, ou tout simplement annulés. Tous les événements majeurs, forums mondiaux et championnats de F1 à Djeddah ou Bahreïn, sont annulés pour la saison 2026. Les déplacements et missions professionnels sont conditionnés à la réouverture des aéroports de Dubaï, Doha, Bahreïn, Koweït ou Bagdad, ces infrastructures étant sous la menace des drones iraniens visant des bases militaires américaines à proximité.
Impacts de la guerre dur le commerce mondial
Les exportations d’Europe, d’Asie, d’Afrique, et plus largement celles venant du monde entier, qui naviguaient vers Jebel Ali avant le déclenchement du conflit par Israël et les États-Unis, se retrouvent en situation de congestion portuaire en Inde (port de Nhava Sheva) ou au Kenya (port de Mombasa). Les armateurs comme CMA-CGM, Maersk, MSC et autres cherchent des solutions de déchargement sur des ports situés hors du détroit d’Ormuz, tels que Sohar à Oman ou Khor Fakkan, dans l’émirat de Sharjah, qui dispose d’une ouverture sur la mer d’Oman. Des pénalités, ou «primes de guerre», allant de 800 à 3000 dollars par conteneur sont facturées par les compagnies maritimes aux exportateurs ou aux importateurs.
Jebel Ali, l’un des ports les plus dynamiques du monde, se retrouve malgré lui sous le feu des hostilités.
Tout cela a un coût financier qui se chiffre en plusieurs millions de dollars de perte par jour. Il en va de même pour Emirates ou Qatar Airways, et les aéroports de Dubaï, Doha, Bahreïn ou Abou Dhabi, qui sont des hubs vers l’Asie, sont fermés depuis deux semaines sans pouvoir espérer relancer leurs activités à plein régime avant plusieurs semaines.
Nos exportations, tout comme celles des fournisseurs du monde entier, ne peuvent plus accéder à Jebel Ali, qui est le nœud névralgique de la redistribution sur toute la zone. Le port assurait des connexions quotidiennes vers les ports Hamad à Doha, Manama, Koweït, mais aussi vers l’Iran, le Pakistan, l’Afrique et l’Europe. Jebel Ali n’est pas un simple port, c’est un des axes majeurs de la connectivité maritime mondiale. Il est relié à plus de 140 ports dans le monde.
Avec une capacité de plus de 19 millions d’EVP (équivalent vingt pieds) par an, le port émirati est le plus grand et le plus fréquenté du Moyen-Orient. Il constitue un lien vital entre l’Asie, l’Europe et l’Afrique, ce qui en fait une pierre angulaire du commerce international.
L’impact pour nos exportations sur la zone du Moyen-Orient et du Golfe est majeur. Le port assurait une connectivité dense avec les pays voisins via des services de «feeders» (navires collecteurs) qui représentent 100 % du transport maritime de cette zone, à l’exception de l’Arabie Saoudite avec Djeddah, situé en mer Rouge, qui assure 80 % de ses importations de biens de consommation.
Les pertes économiques globales pour les Émirats arabes unis, suite à ces incidents, ont été estimées à plus de 5 milliards de dollars.
Impacts de la guerre sur les salons et événements
Les salons et événements B2B sont aussi l’une des facettes de l’écosystème de Dubaï, tout comme les événements sportifs de dimension mondiale (F1 à Bahreïn, Abou Dhabi ou Djeddah).
L’ensemble de ces événements et rendez-vous économiques pour nos entreprises exportatrices faisait tourner l’économie de tous ces pays.
À Dubaï, mais aussi à Riyad, Bagdad ou Doha, tous les événements sont reportés, voire annulés. Stephen Carter, Ceo d’Informa (leader mondial des salons professionnels et événements B2B dans la région), avec un portefeuille de salons et d’événements (Gulf Food, Gitex, Middle East Energy, Dubai World Health Expo, Dubai Airshow, LEAP, Saudi Global Health…), qui devait générer plus de 650 millions de dollars de revenus en 2026, voit l’ensemble de ses événements reportés ou annulés.
Lors d’un point de presse, M. Carter a annoncé que le sommet mondial des transports publics, prévu du 21 au 23 avril 2026, est annulé pour cette année. La prochaine édition aura lieu à Hambourg en 2027. Token2049, initialement prévue pour avril 2026, cette conférence majeure sur les cryptomonnaies est reportée à avril 2027. Le Dubai International Boat Show, prévu pour avril 2026, est désormais reprogrammé du 25 au 29 novembre 2026. Enfin, Middle East Energy Dubai, l’exposition qui devait se tenir en avril au Dubai World Trade Centre, est reportée du 1er au 3 septembre 2026.
Pour chacun de ces événements majeurs, ce sont des milliers d’exposants et de visiteurs professionnels venus du monde entier qui ne se déplaceront pas à Dubaï, Riyad, Doha, Bagdad ou Bahreïn avant le second semestre.
Le salon Middle East Energy, c’est entre 50 000 et 70 000 personnes qui ne viendront pas, ce qui impactera les hôtels, les transports aériens et tous les services attenants.
L’ensemble des salons cumulés entre février et septembre prochain représente des centaines de milliers de voyages et de voyageurs d’affaires qui sont soit reportés, soit annulés, donc des pertes nettes qui se chiffrent en millions de dollars pour tous les acteurs économiques vivant de ces activités.
Le transport aérien en chute libre
L’activité aérienne, ce sont 6 millions de passagers touchés par les annulations de vols. Selon Cirium, expert en données sur le trafic aérien, plus de 52 000 vols ont été supprimés entre le 28 février (date du début des bombardements américano-israéliens contre l’Iran) et le vendredi 13 mars. Soit plus de la moitié des plus de 98 000 trajets prévus.
Les plateformes aéroportuaires géantes comme Dubaï et Doha tournent encore au ralenti. Il faut bien comprendre que ces «hubs» ont bâti leur modèle économique sur les passagers en correspondance sur des long-courriers, bénéficiant de leur position au carrefour des liaisons vers et depuis les Amériques, l’Europe, l’Asie et l’Océanie.
La compagnie la plus touchée sur ses programmes de vols au départ du Moyen-Orient est Qatar Airways, qui a dû annuler près de 93 % de ses liaisons, selon Cirium. Etihad, basée à Abou Dhabi, a renoncé à 81,7 % de ses vols au départ, tandis qu’Emirates a réussi à n’annuler «que» 56,5 % de ses décollages de Dubaï, malgré la fermeture de l’aéroport durant les périodes de tension où il a été pris pour cible. Les pertes pour Emirates se chiffrent déjà en centaines de millions de dollars.
La fuite des travailleurs expatriés
Si l’Arabie Saoudite n’est pas touchée par ce phénomène, les trois pays les plus impactés sont les Émirats arabes unis (Dubaï et Abou Dhabi en tête), suivis du Qatar et de Bahreïn, avec des proportions variables. Dubaï a le plus à perdre dans cette situation, tant sur le plan économique que politique. Il faut néanmoins relativiser cette fuite, car la composition de la population de ces pays joue un rôle très important. Sur les 11 millions d’habitants des Émirats, 90 % sont des étrangers, dont 70 à 80 % originaires d’Asie (Inde, Pakistan, Bangladesh, Philippines…).
Ces travailleurs, souvent seuls et envoyant 80 % de leur salaire à leur famille (un revenu vital pour leurs proches), n’ont aucun intérêt à partir, avec le risque de perdre leur «Iqama» (carte de séjour professionnelle).
Ceux qui fuient, ou qui quittent temporairement le pays, sont souvent les Européens ou les «riches» qui ont les moyens et un pied-à-terre dans leur pays d’origine, ainsi qu’un revenu ou une réserve financière de quelques mois pour assurer la sécurité de leur famille en attendant que la situation se calme, avant de revenir reprendre leur activité.
Quel avenir pour la stabilité de la région ?
Mais y aura-t-il un retour à la normale ? Et l’après sera-t-il identique à l’avant ? Car il y aura un avant et un après, et c’est là que les défis de Dubaï ou de Doha vont être mis à rude épreuve.
La question que tout le monde se posera dorénavant est : à quand la prochaine guerre ? Car ce ne sont pas les États-Unis qui ont tiré les premiers, mais Israël qui souhaite la destruction totale de l’Iran. Tant que l’Iran sera debout, l’objectif des décideurs sionistes sera, à un moment ou un autre, de recommencer à bombarder l’Iran, ce qui obligera les États-Unis à intervenir, et les pays du Golfe seront de nouveau les cibles de contre-attaques.
Dans cette configuration de vie entre cessez-le-feu et reprise de la guerre, qu’adviendra-t-il de la stabilité de Dubaï, dont l’économie repose à 90 % sur les services ? Abou Dhabi a son pétrole, Doha son gaz : ils seront impactés, mais dans une moindre mesure sur le long terme.
À lire à ce sujet, l’analyse de Sheikh Khalaf al-Habtoor, l’un des plus importants hommes d’affaires des Emirats, publiée par ‘‘Business Arabia’’ et portant sur les dégâts collatéraux de cette guerre, qui a entraîné les pays du Golfe dans une guerre qui n’est pas la leur, sur les affaires et la stabilité de Dubaï.
Géopolitique de la sécurisation du Golfe
Il est important de bien comprendre les enjeux de stabilité de cette zone, de sa sécurisation future sans les États-Unis, mais avec un danger permanent qui viendra principalement de l’Etat sioniste, quels que soient ses dirigeants présents et futurs.
Les pays du Golfe, dont l’Arabie Saoudite en priorité, vont devoir revoir toute leur stratégie de défense. L’accord de défense avec le Pakistan, signé en septembre 2025, n’est probablement qu’une étape vers un partenariat de défense plus global qui devra intégrer l’Iran et l’Irak afin de donner un sens à un avenir commun de stabilité et de paix régionale pour tous, comme le souhaite la Chine.
Dans mon ouvrage ‘‘Réussir l’export en Arabie Saoudite’’, je traite de la construction de l’Arabie d’Ibn Séoud, qui a su, avec intelligence, et face aux Britanniques, réunir les tribus de la péninsule arabique et bâtir le Royaume d’Arabie Saoudite. J’explique aussi le jeu des Britanniques, des Français et enfin des Américains dans cette question du contrôle des territoires depuis le 18e siècle jusqu’à l’entrée en jeu des États-Unis en 1945 et les accords du Quincy avec l’Arabie Saoudite (sécurité contre pétrole). Je reviens sur la façon dont les Britanniques ont signé des accords de protectorat dès 1892 avec les cheikhs du Koweït, de Bahreïn, du Qatar, d’Abou Dhabi, Dubaï, Charjah, Ras el-Khaïmah, Oumm al-Qaïwaïn et Fujaïrah. Le sultanat d’Oman, suite à un conflit franco-britannique, restera un territoire «neutre», même si les Britanniques ont toujours eu un privilège sur Oman.
Je citerai ce qu’a dit le futur roi Abdel Aziz Ibn Saoud, fondateur du Royaume, à Gertrude Bell, agent de liaison britannique basé à Bassora : «Je ne reconnaîtrai d’autre État arabe que celui que j’aurai bâti seul et à la pointe de mon épée…»
Le Pacte du Quincy, signé le 14 février 1945, est plus qu’une alliance, la naissance d’une puissance pétrolière mondiale.
À la fin de la Deuxième Guerre mondiale, les Américains ont pris conscience de l’importance future des gisements pétroliers d’Arabie Saoudite. Le président Franklin D. Roosevelt, de retour de la conférence interalliée de Yalta, fera escale au large de Yanbu (à la grande surprise des Britanniques) et demandera à rencontrer le roi Ibn Saoud au milieu du canal de Suez, sur le croiseur Quincy, le 14 février 1945. Cette rencontre informelle permettra, entre autres, aux compagnies pétrolières américaines de s’approprier les gisements pétroliers saoudiens et de concurrencer ainsi les Britanniques qui s’étaient accaparé les gisements pétroliers en Irak et en Iran.
Les deux dirigeants conviennent d’un accord «Pétrole contre sécurité». Les États-Unis acceptent de protéger militairement le royaume saoudien en échange de son pétrole. Sans oublier que, depuis, la monnaie américaine a un statut hégémonique, en partie parce que 80 % des transactions pétrolières sont effectuées en dollars, mais aussi parce que le riyal saoudien est en parité fixe avec le dollar jusqu’à ce jour. Mais que vaut aujourd’hui cette protection en 2026 ?
Les accords d’Abraham, signés en 2020 sous l’impulsion des États-Unis de Trump, avaient pour objectif d’établir des relations diplomatiques et de renforcer la coopération économique, technologique et sécuritaire entre Israël (l’entité sioniste), les Émirats arabes unis, le Maroc, Bahreïn et le Soudan.
Aujourd’hui, ces accords sont considérés par certains comme un cheval de Troie permettant à l’entité sioniste de déstabiliser les pays arabes et voisins pour ses propres intérêts.
À écouter à ce sujet, l’interview d’un ancien membre du Saudi Shura Council, le cheikh Ahmed Altuwaijri.
L’accord entre l’Iran et l’Arabie Saoudite, signé le 10 mars 2023, à Pékin, sous l’égide de la Chine, rétablit les relations diplomatiques entre les deux pays, rompues depuis 2016. Cette médiation chinoise marque une désescalade majeure (réouverture des ambassades) et souligne l’influence croissante de Pékin au Moyen-Orient face aux États-Unis.
L’Accord stratégique de défense mutuelle (MSDA) entre l’Arabie saoudite et le Pakistan, signé le 17 septembre 2025, formalise une alliance militaire unique dans la zone. Tout acte d’agression contre l’un est considéré comme une attaque contre les deux, avec une protection nucléaire implicite du Pakistan envers Riyad, redéfinissant l’équilibre sécuritaire régional.
En attendant la suite du déroulement du conflit, nos exportations sont conditionnées à l’augmentation des primes de transport maritime et de risque, ainsi qu’à des délais de livraison qui ne sont plus garantis.
Vigilance et anticipation sont de mise, en attendant une reprise normale des affaires en toute sécurité. Mais pour combien de temps !
Le Dr Lilia Zakhama, chef du service de cardiologie de l’hôpital des Forces de sécurité intérieure de La Marsa, souligne l’urgence d’une stratégie nationale, face à l’exode des médecins spécialistes tunisiens qui prend une telle ampleur au fil des ans qu’il risque, à terme, de provoquer une crise sanitaire et économique.
L’exode des médecins spécialistes, notamment des cardiologues, constitue une véritable crise sanitaire et économique pour la Tunisie. Selon le quotidien public ‘‘La Presse’’, cet exode de professionnels hautement qualifiés engendre des coûts directs et indirects insoutenables pour les finances publiques et les familles tunisiennes, fragilise les infrastructures hospitalières et pousse les patients vers le secteur privé ou à se faire soigner à l’étranger.
Chaque spécialiste qui quitte le pays représente un manque à gagner pour l’investissement public : l’État finance la formation de ces professionnels qui exercent ensuite dans des systèmes de santé étrangers.
Ce phénomène engendre des délais d’attente plus longs et une pénurie de soins. Le docteur Lilia Zakhama, chef du service de cardiologie de l’hôpital des Forces de sécurité intérieure de La Marsa, citée par le journal, souligne l’urgence d’une stratégie nationale. Elle insiste également sur le fait que l’absence d’outils nationaux pour mesurer l’impact économique de cet exode constitue une «faiblesse structurelle».
La pénurie de cardiologues compromet non seulement la sécurité sanitaire, mais rend aussi les services hospitaliers moins efficaces et plus coûteux à gérer.
Pour remédier à cette situation, les experts proposent une restructuration en profondeur de l’offre de soins, avec la centralisation des activités les plus complexes dans des centres de référence régionaux et la révision des partenariats public-privé.
L’innovation technologique, souligne ‘‘La Presse’’, pourrait jouer un rôle clé. L’intelligence artificielle, correctement intégrée au système national, peut améliorer les diagnostics et optimiser les coûts, à condition de ne pas se limiter à l’achat de logiciels étrangers onéreux, mais plutôt de développer des outils adaptés au contexte tunisien.
La stratégie proposée vise non seulement à former de nouveaux médecins – une opération jugée «économiquement inutile» si elle s’adresse à l’exil – mais aussi à créer un cadre institutionnel qui implique la diaspora médicale. L’objectif est de transformer la fuite des cerveaux en atout grâce à la télémédecine, aux missions temporaires et aux collaborations de recherche, en intégrant les médecins expatriés au tissu économique et scientifique tunisien.
En définitive, endiguer l’exode médical signifie protéger les patients, rationaliser les services hospitaliers, tirer parti des technologies et autonomiser la diaspora. C’est la seule façon pour la Tunisie de transformer un problème de santé publique en une opportunité de développement.
Les pays du Golfe constituent la principale destination de la coopération technique tunisienne, représentant environ 57 % du total. D’où le risque de voir les flux des coopérants tunisiens vers ces pays affectés par les conséquences économiques et sociales de la guerre israélo-améicaine actuelle contre l’Iran.
Certes, d’autres pays, comme le Canada, l’Allemagne et la France, sont récemment devenus des destinations importantes pour la coopération tunisienne, qui évolue conformément aux mutations régionales et internationales, avec l’émergence de nouveaux marchés, spécialisations et approches, mais ces pays risquent également de se ressentir des conséquences de cette guerre, laquelle est en train de provoquer de forts séismes géopolitiques.
Selon Mosaïque FM, l’Arabie saoudite figure en tête des demandes de recrutement soumises par l’intermédiaire de l’Agence tunisienne de coopération technique (ATCT) depuis le début de 2026, avec 11 postes à pourvoir dans divers secteurs, notamment l’éducation, le génie civil et électrique, et les infrastructures. La Zambie suit avec 8 offres d’emploi au secrétariat du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (Comesa) à Lusaka, la plus grande ville du pays.
Un nombre équivalent d’offres dans le secteur textile est venu de l’île Maurice, située au large des côtes sud-est de l’Afrique.
La Mauritanie suit avec 5 recrutements dans les domaines du génie civil et hydraulique et de la gestion des travaux publics, et le Canada arrive ensuite avec 4 recrutements dans les secteurs de la restauration, des transports et du paramédical.
L’ATCT a reçu 5 offres d’emploi du Sultanat d’Oman, couvrant les secteurs paramédical, économique et éducatif. Une offre de recrutement a également été reçue de Djibouti dans le secteur de la construction.
Une demande de recrutement et venue d’Allemagne dans le domaine paramédical, et une autre a été reçue du Qatar dans la même spécialisation.
Au 31 décembre 2025, le nombre total de coopérants tunisiens recrutés dans différents pays s’élevait à 27 486, tandis que le nombre de candidatures reçues par l’agence atteignait environ 25 332 à la même date.
Au cours de l’année écoulée, l’agence a enregistré le retour de 1 349 coopérants et 2 902 recrutements, dont 2 478 ont pris leurs fonctions.
Vingt-huit commissions ont supervisé le processus de recrutement, et l’agence a organisé 12 sessions de formation pour 119 stagiaires étrangers, avec la participation de 35 experts, dans le cadre d’accords de partenariat conclus avec plusieurs pays pour promouvoir et investir dans les talents et l’expertise nationaux.
Selon les statistiques de l’agence, en 52 ans d’activité, elle a facilité l’emploi d’environ 75 000 coopérants tunisiens à l’étranger. 2 200 experts tunisiens ont participé à la mise en œuvre de plus de 120 projets d’assistance technique et à la formation de plus de 6 000 professionnels issus de 40 pays arabes et africains dans le cadre de la coopération Sud-Sud, en partenariat avec des organismes de financement internationaux et régionaux et des agences de coopération internationale, selon les statistiques de 2024 publiées par l’agence.
L’ATCT possède sept bureaux répartis dans plusieurs pays, dont l’Arabie saoudite, le Koweït, Oman, les Émirats arabes unis, le Qatar et la Mauritanie.
Les pays du Golfe constituent la principale destination de la coopération technique tunisienne, représentant environ 57 % du total. D’autres pays, comme le Canada, l’Allemagne et la France, sont récemment devenus des destinations importantes pour cette coopération.
La liste des pays avec lesquels la Tunisie collabore techniquement s’allonge.
Initialement, la coopération technique était limitée aux pays du Maghreb. Elle s’est progressivement étendue, du milieu des années 1970 aux années 1980, aux pays d’Afrique subsaharienne, puis aux pays du Golfe, et enfin à d’autres pays d’Europe et d’Amérique du Nord.
Le développement et l’expansion géographique de la coopération technique tunisienne n’ont pas échappé aux mutations du contexte régional et international. Ces mutations incluent l’émergence de nouveaux marchés et spécialisations, le déclin d’autres, ainsi que l’élaboration de nouvelles approches pour organiser la coopération et atteindre de nombreux objectifs de développement, notamment dans les pays en développement.
Malgré ces défis, cette activité a continué d’évoluer et de s’adapter, obtenant des résultats significatifs en matière de mobilisation de l’expertise tunisienne dans divers pays du monde et dans de multiples spécialisations. Elle a également contribué à la coopération Sud-Sud par la mise en œuvre de projets d’assistance technique et de renforcement des capacités pour les pays en développement, en particulier en Afrique, et par sa participation à de nombreuses initiatives régionales et internationales visant à promouvoir la coopération Sud-Sud au service du développement.
La professeure Lilia Ben Fatma, spécialiste en néphrologie, hémodialyse et transplantation rénale, a rappelé le nombre de patients en Tunisie actuellement sous dialyse et qui s’élève à 13 000, chiffre qu’elle juge élevé par rapport à la population totale du pays et souligne la nécessité de le réduire dans les années à venir.
Dans une déclaration à Mosaique FM, la professeure Ben Fatma a ajouté que la liste d’attente pour une greffe d’organe compte actuellement 1 700 personnes, tout en insistant sur l’importance de la prévention des maladies rénales, car il s’agit d’une maladie silencieuse, asymptomatique à ses débuts.
La Pre Ben Fatma a souligné que parmi les facteurs contribuant à l’augmentation de la prévalence des maladies rénales figurent le mode de vie moderne, les habitudes alimentaires et la forte prévalence de l’hypertension et du diabète.
Pre Ben Fatma a expliqué qu’une étude menée par la Société tunisienne de néphrologie, d’hémodialyse et de transplantation rénale a démontré qu’environ 40 % des personnes atteintes de diabète et d’hypertension développent une maladie rénale.
Elle a, également, insisté sur l’importance de se soumettre aux examens médicaux nécessaires après le mois de Ramadan, qui s’achèvera ce weekend, compte tenu de l’impact potentiel du jeûne sur certaines fonctions rénales.
Tout en rappelant que les patients souffrant d’hypertension et de diabète présentent le risque le plus élevé de développer une maladie rénale, Pre Ben Fatma a recommandé de boire suffisamment d’eau, de faire de l’exercice régulièrement, et de préférence la marche, d’arrêter de fumer, d’éviter de prendre des médicaments sans avis médical, en particulier le anti-inflammatoires comme ceux liés aux rhumatismes, et de s’abstenir de recourir à des remèdes à base de plantes sans avis médical.