L’agence de presse iranienne Tasnim a annoncé, citant le service de relations publiques des Gardiens de la révolution, que le bureau du «Premier ministre criminel du régime sioniste » a été «durement touché par les forces armées de la République islamique lors de la dixième vague d’attaques ciblées et surprises menées par des missiles Khyber.»
«Le sort du Premier ministre du régime sioniste est désormais incertain», écrit l’agence ce lundi 2 mars 2026, ajoutant que des sources israéliennes ont annoncé «l’annulation de sa visite prévue à Beit Shemesh, dans les territoires occupés, ville visée par des missiles iraniens la veille.»
La dernière vidéo diffusée de Netanyahu, d’une durée de quelques minutes, remonte à plusieurs heures. «Depuis, aucune autre vidéo ni photo de lui n’a été publiée», rappelle Tasnim, ajoutant qu’ «aucune information détaillée concernant Netanyahu n’a encore été publiée par la presse hébraïque.»
L’Iran a mené des frappes de missiles de représailles contre les territoires occupés après l’offensive militaire conjointe israélienne et américaine de samedi.
À ce jour, l’Iran a mené dix vagues d’attaques de drones et de missiles contre des bases israéliennes et américaines dans la région.
«Si la Russie envahit notre territoire, alors en déclenchant la résistance, nous mènerons la guerre sur le territoire russe», a déclaré le ministre estonien des Affaires étrangères, Margus Tsahkna, dans un entretien au journal The Telegraph. A-t-il vraiment mesuré ses paroles en affirmant que son pays ne serait pas une cible facile en cas d’agression russe, tout en avertissant que toute attaque conduirait à un transfert du conflit sur le territoire russe ?
Habib Glenza
Dans une autre interview accordée à Deutsche Welle (DW), le chef de la diplomatie estonienne a balayé les craintes concernant la vulnérabilité de son pays face à une éventuelle invasion russe.
Interrogé sur le fait que l’Estonie soit souvent désignée comme une cible prioritaire en raison de sa position géographique, il a répondu : «Mais dans la vraie vie, nous augmentons considérablement nos capacités». «Je pense que l’Otan est plus forte que jamais. Nous avons déjà de nouveaux plans de défense, ce qui signifie que nous ne nous contentons pas d’attendre. Si la Russie envahit notre territoire, alors en déclenchant la résistance, nous mènerons la guerre sur le territoire russe.»
Les louvoiements de l’Europe
Margus Tsahkna rejette l’idée que l’Estonie soit le pays le plus vulnérable d’Europe. Il assure que la résistance estonienne mènerait à un déplacement de la guerre sur le sol russe. Et critique les tentatives de négociation directe avec Vladimir Poutine.
Il exprime, cependant, et à juste titre, son inquiétude quant à la volonté politique de l’Europe de faire face à la menace russe. «Nous nous inquiétons de l’Europe, de savoir si l’Europe est prête à prendre une décision, à se lever, à devenir plus forte», a-t-il admis. Tout en qualifiant de «totalement erronée» l’hypothétique envoi d’un émissaire européen au Kremlin, auquel il prévoit un retour humiliant qui affaiblirait la position de l’Ukraine.
Ces déclarations interviennent alors que plusieurs personnalités politiques européennes, dont le Premier ministre letton Evika Silina et le président estonien Alar Karis, ont récemment appelé à la nomination d’un envoyé spécial européen pour négocier avec la Russie. En décembre dernier, le président français Emmanuel Macron avait également exprimé sa conviction de la nécessité de trouver une solution pour interagir directement avec le dirigeant russe. Selon les médias, l’ancien président finlandais Sauli Niinistö serait considéré comme le favori pour ce poste.
Le potentiel militaire en place
Les déclarations du ministre des Affaires étrangères estonien font «rire et pleurer à la fois», car elle font craindre que l’Etat profond européen soit disposé à sacrifier l’Estonie, après avoir sacrifié l’Ukraine.
Ce tout petit pays de moins de 46 000 km2 dispose d’une armée de 7 700 soldats dont 1000 placés dans une base située à la frontière avec la Russie. L’Allemagne lui a récemment envoyé 44 tanks et 350 soldats comme aide militaire et c’est tout ce que peut aligner ce pays balte pour affronter la Russie, laquelle compte 17 millions de km2, 1,5 million de soldats, des milliers d’ogives nucléaires, d’avions, de tanks, de drones, de missiles, etc.! Aussi les déclarations du ministre estonien des Affaires étrangères peuvent-elles paraître insensées. Sur qui l’Estonie va-t-elle compter pour «mener la guerre sur le territoire russe» ? Apparemment sur l’Otan, l’Union européenne, les pays scandinaves (Suède, Norvège, Danemark, Islande et Finlande) et, bien entendu, les Etats-Unis. Mais ces pays sont-ils prêts à voler à son secours au risque de se trouver engagés dans une guerre qu’ils cherchent à éviter ? Si oui pourquoi ne sont-ils pas intervenus en Ukraine comme ils l’ont promis ?
Le précédent de la Pologne
Par ses déclarations, le ministre des Affaires étrangères estonien cherche en réalité à préparer ses concitoyens à une guerre que leurs voisins ukrainiens n’ont pas réussi, eux, à éviter. Ni l’Otan, ni l’Europe, ni à fortiori les Etats-Unis ne se hasarderont à entrer en guerre contre la Russie pour sauver l’Estonie au risque de déclencher une troisième guerre mondiale.
Rappelez-vous qu’en 1939, lorsque Hitler a envahi la Pologne, ce pays comptait sur ses deux alliés de taille, l’Angleterre et la France, qui n’ont pas bougé le doigt pour le défendre. La suite, on la connaît…
Alors que les raids aériens menés par Israël et les Etats-Unis se poursuivent, ce lundi 2 mars 2026, contre l’Iran, où ils ont touché 13 villes et causé 555 morts depuis samedi matin, Téhéran continue de cibler des bases militaires américaines dans les pays du Golfe et les Gardiens de la Révolution iraniens ont déclaré lundi avoir lancé un barrage de missiles visant les villes israéliennes de Tel-Aviv et de Haïfa, mais aussi Jérusalem-Est. (Ph. De la fumée s’élève d’une zone entourant l’ambassade des États-Unis à la suite d’une frappe, à Bayan, au Koweït, le 2 mars 2026.)
«Parmi les cibles de cette dixième salve figurent une frappe ciblée contre le complexe gouvernemental du régime sioniste à Tel-Aviv, des attaques contre des centres militaires et de sécurité à Haïfa et une frappe contre Jérusalem-Est», secteur occupé et annexé par Israël, a indiqué la milice armée iranienne dans un communiqué, diffusé par la télévision d’État.
Crash d’avions de combat américains
Sur un autre plan, plusieurs avions de combats américains se sont écrasés au Koweït lundi matin mais les équipages ont survécu, a annoncé le ministère koweïtien de la Défense.
«Les autorités compétentes ont immédiatement lancé les opérations de recherche et de sauvetage, et procédé à l’évacuation des équipages et à leur transfert vers l’hôpital», a rapporté le porte-parole du ministère, en précisant que le personnel qui était à bord était dans un état «stable». La cause de l’incident n’a pas été précisée.
A Bahreïn, l’Etat arabe le plus proche de l’Iran dirigé par une famille régnante sunnite mais habité par une population à majorité chiite, «les groupes terroristes et leurs admirateurs ont l’intention de s’en prendre aux citoyens américains à l’étranger», a prévenu l’ambassade américaine à Manam, ajoutant que «ces groupes continuent de planifier d’éventuelles attaques à Bahreïn. Les terroristes peuvent frapper sans prévenir». Aussi l’ambassade conseille-t-elle ses ressortissants de «faire preuve de prudence et de vigilance».
Le prix du pétrole flambe
Sur le plan économique,les prix du pétrole ont flambé lundi, dépassant brièvement 80 dollars le baril avant de modérer leurs gains, le conflit engagé par des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran faisant redouter des perturbations de l’offre de brut, alors que les investisseurs s’interrogent sur l’évolution de la crise.
Le Brent, référence internationale de l’or noir, avait déjà progressivement intégré une prime de risque géopolitique pour s’afficher à 72 dollars vendredi, loin des 61 dollars du début d’année.
Suite à l’attaque de deux navires dimanche au large des Emirats arabes unis et d’Oman, l’Organisation maritime internationale (OMI) a appelé les compagnies maritimes à «éviter» la région. Le prix des assurances devient prohibitif, et les principales compagnies ont confirmé suspendre leur passage.
Dans son nouveau roman, à paraître le 4 mars 2026 aux éditions Flammarion, Yasmina Khadra ouvre la porte d’un monde où géographie et histoire s’entrelacent avec les destinées humaines. ‘‘Le Prieur de Bethléem’’ n’est pas un simple récit : c’est une véritable exploration des espaces sacrés, des souvenirs et de l’expérience humaine face à l’invisible.
Djamal Guettala
Dès les premières pages, le lecteur est transporté de Mont Halhoul aux temples de Jéricho, des oasis du Sinaï aux dunes de Wadi Rum. Chaque pierre, chaque arbre, chaque grotte devient témoin des siècles et acteur du récit. Ici, la Palestine n’est pas seulement un territoire : elle est présence, mémoire, mystère.
Le roman joue sur deux temporalités qui se répondent. Alexandre Yakovlevoï, éditeur, découvre un manuscrit ancien, bouleversant, qui le confronte à des vérités inattendues. La tension de ses gestes, la rapidité de sa respiration, le regard qui s’accroche aux lignes : Khadra plonge le lecteur dans une expérience littéraire et humaine immédiate.
Autorité et transcendance
Dans le même temps, Tarek Haïdara, ministre de l’Intérieur en Jordanie, retourne à Wadi Rum trente ans après un séjour qui a marqué sa jeunesse. Le désert n’est pas décor : il est personnage, exigeant, silencieux, rigide et infiniment vaste. Il confronte le ministre à ses propres certitudes, à ses doutes, à la dimension quasi mystique de la vie. Dans cette confrontation, le politique se heurte au sacré, l’autorité à la transcendance.
Au cœur de l’intrigue surgit un miracle. Un vieil homme recouvre la vue après des années de cécité. Yasmina Khadra raconte l’événement avec sobriété, sans artifice, mettant en lumière l’émerveillement face à l’inexplicable. La rencontre avec le prince Ali accentue le contraste entre foi et protocole, émotion et contrôle politique. L’inattendu devient enjeu humain, diplomatique et symbolique. Chaque geste, chaque silence a un sens : l’écriture ne laisse jamais de vide, elle charge l’espace de tension et de réflexion.
Récit immersif et réfléchi
Le roman excelle à articuler le sacré, l’histoire et l’expérience personnelle. Les lieux – désert, villages, dunes – portent le poids des épreuves et des révélations des personnages. Les dialogues et les gestes révèlent les tensions entre humilité et pouvoir, tradition et modernité, croyance et pragmatisme. L’écriture de Khadra allie rigueur et lyrisme : précision des descriptions, densité narrative et émotion brute se mêlent pour offrir un récit à la fois immersif et réfléchi.
La Palestine devient miroir : de l’histoire, du présent et des choix individuels. Elle reflète la mémoire collective et la complexité des destins. Le roman interroge l’identité, la responsabilité humaine et la capacité à se confronter à l’invisible. Khadra confronte ses lecteurs à la densité du monde, aux contradictions de l’humain et à la force de l’expérience spirituelle. Le miracle n’est pas spectaculaire : il est simple, puissant, et fait ressentir toute la fragilité et la grandeur de l’existence.
Yasmina Khadra, par ce roman, se positionne au sommet de son art. Écrivain humaniste et témoin des paradoxes contemporains, il déploie une écriture où le politique et le sacré s’entrelacent. Chaque chapitre, chaque phrase, chaque rencontre pousse à réfléchir : sur la foi, sur l’histoire, sur l’importance des lieux et la manière dont ils façonnent nos vies. Alexandre et Tarek incarnent deux facettes du rapport humain au territoire : l’une littéraire, intime, sensible ; l’autre politique, stratégique, confrontée au pouvoir et à la responsabilité.
Fragilité des certitudes
Le roman frappe par sa densité et sa maîtrise narrative. L’écriture est immersive : le lecteur traverse les dunes, ressent le vent, le silence et le poids du sable. Les scènes sont construites avec un sens du rythme et de l’émotion qui tient captif. La Palestine n’est pas décrite : elle est vécue. Le désert, les villages et les lieux saints deviennent autant de personnages. Chaque événement – rencontre, dialogue, miracle – souligne la fragilité des certitudes et la nécessité de l’humilité face à l’invisible.
Sur le plan critique, ‘‘Le Prieur de Bethléem’’ séduit par sa profondeur et sa capacité à rendre tangible l’invisible. On peut noter un certain classicisme dans les personnages secondaires, mais cela n’affaiblit pas l’impact du récit principal. Khadra réussit à capter le lecteur par l’intensité de ses descriptions, la puissance de ses thèmes et la finesse de ses dialogues. La lecture laisse un écho durable : le lecteur n’oublie pas la rencontre avec le miracle, le désert, la mémoire des lieux et les choix des personnages.
Enfin, ce roman s’impose comme une œuvre majeure de Yasmina Khadra. Il ne se contente pas de raconter : il immerge, questionne et frappe. Il rappelle que la Palestine est plus qu’un territoire : c’est un espace de mémoire, de foi, de politique et d’histoire. Khadra montre que l’humain, face au sacré et au pouvoir, est toujours en quête de sens et de vérité.
« Le Prieur de Bethléem » est un roman qui touche par sa clarté, sa densité et sa profondeur, et qui laisse le lecteur avec le sentiment d’avoir traversé un territoire à la fois réel et mythique, tangible et spirituel.
Dans un monde en effervescence et une concurrence qui avance au pas de course, la Tunisie ne peut plus se permettre de faire du surplace et de distribuer l’endettement tout en accablant l’initiative et l’entrepreneuriat.
Elyes Kasri *
En plus de son infrastructure qui accumule les déficiences et les retards par rapport à ses concurrents dans sa région et ailleurs, la Tunisie est confrontée au grand défi de la robotisation et de l’intelligence artificielle qui risquent de détourner les investissements étrangers attirés depuis 1972 principalement par l’équation low skills/low wages (basse compétence/bas salaires).
En dépit de quelques cas qui restent malheureusement l’exception par rapport à la majorité des investissements étrangers de basse ou moyenne technicité et valeur ajoutée, la perpétuation du mode de production et de gouvernance des années 80 du siècle dernier fait que le cadre législatif, administratif et fiscal, en dépit et peut être même à cause des nombreuses expérimentations politiques, n’encourage ni la transition vers des activités à haute valeur ajoutée ni des investissements d’avant-garde. Et ce, à quelques rares exceptions d’exploitation de techniciens supérieurs et ingénieurs dans des opérations de délocalisation d’activités subalternes et facilement transposable ailleurs avec un minimum de rétention de savoir-faire en Tunisie.
Au lieu de se satisfaire du modèle désormais obsolète des salons/foires de l’investissement qui ont fini par prendre l’allure d’exposition de vœux (plutôt que des projets) d’infrastructure pour un pays dont le classement souverain a connu une chute brutale depuis 2011, la Tunisie gagnerait à engager une réflexion stratégique – avec l’apport de compétences nationales et mondiales à l’abri de toute tentation d’un quelconque maroquin ou satisfécit politique – sur les pré requis et les mécanismes de la compétitivité internationale du pays. Non pas pour offrir des avantages exorbitants aux investisseurs étrangers mais plutôt un cadre institutionnel, réglementaire, fiscal et monétaire en mesure de faire de chaque diplômé tunisien ou autodidacte avec une idée intéressante, un entrepreneur potentiel susceptible d’attirer des partenaires étrangers ou de se tailler une place sur les marchés étrangers.
Dans un monde en effervescence et une concurrence qui avance au pas de course (le Maroc, l’Egypte et la Turquie en sont quelques exemples), la Tunisie ne peut plus se permettre de faire du surplace et de distribuer l’endettement tout en accablant l’initiative et l’entrepreneuriat.
Il est grand temps de changer de paradigme et de reprendre l’initiative. Ce défi est à la portée des Tunisiens pourvu que la volonté et la vision politique soient au rendez-vous.
L’attaque militaire israélo-américaine contre l’Iran, qui entre dans son troisième jour ce lundi 2 mars 2026, a ouvert une boîte de Pandore qu’il va être difficile de fermer avec un élargissement du champ de bataille à toute la région du Moyen-Orient et même au-delà, ce qui fait craindre de graves débordements et des conséquences géopolitiques et économiques graves. Car l’inquiétude gagne désormais des Etats censés être situés loin du champ de bataille, notamment la Chine, l’Inde, le Pakistan et la Turquie, où les ondes de choc se font sentir et les inquiétudes grossissent.
Au troisième jour de l’opération militaire américano-israélienne contre l’Iran, l’armée israélienne continue de mener lundi des frappes «à grande échelle» sur Téhéran et vise également le Hezbollah, qui a pour la première fois dans le conflit attaqué Israël depuis le Liban.
Des attaques de missiles ont frappé des immeubles résidentiels dans l’ouest de l’Iran lundi, ont rapporté les médias locaux.
«La ville de Sanandaj a été la cible de tirs de missiles ennemis et plusieurs immeubles résidentiels proches du commissariat de Sanandaj ont été détruits», a rapporté l’agence de presse Fars. L’agence de presse Tasnim a publié une dépêche similaire, sans mentionner de bilan.
Des explosions ont aussi été entendues à Jérusalem, ainsi que dans la région de Tel-Aviv, dans le centre d’Israël, où les sirènes ont retenti après l’annonce par l’armée de tirs de missiles iraniens.
«Il y a peu de temps, les forces armées israéliennes ont identifié des missiles lancés depuis l’Iran vers le territoire de l’État d’Israël», a indiqué l’armée, ajoutant que la défense antiaérienne avait été activée pour les intercepter, et appelant la population à gagner les abris.
L’armée israélienne a averti lundi qu’elle comptait «intensifier» ses frappes au Liban visant le Hezbollah en représailles de tirs de roquettes du mouvement chiite vers son territoire.
«Les frappes se poursuivent et leur intensité va augmenter», a écrit le général Rafi Milo, chef du commandement nord, dans un communiqué de l’armée sur Telegram, assurant que le mouvement allait «payer le prix fort» pour son soutien à Téhéran.
«Nous avons lancé une offensive contre le Hezbollah», a expliqué le chef d’état-major israélien, le général de division Eyal Zamir. Le mouvement chiite libanais avait lancé des roquettes contre Israël dimanche, entraînant donc une riposte militaire de Tsahal.
Les frappes israéliennes ont fait plus de 30 morts et près de 150 blessés au Liban, a rapporté lundi le ministère libanais de la Santé, au moment où l’armée israélienne menace d’intensifier ses raids contre le Hezbollah après des tirs.
Par ailleurs, de fortes explosions ont été entendues à Doha (Qatar), à Dubaï (Émirats arabes unis) et à Manama (Bahreïn). Des journalistes de l’AFP ont indiqué avoir entendu plusieurs fortes détonations dans les capitales qatarie et bahreïnie, ainsi que dans la ville la plus peuplée des Émirats arabes unis.
Bahreïn a annoncé lundi qu’une personne avait été tuée dans les frappes iraniennes, la première dans le pays, portant à cinq le nombre de morts dans les États du Golfe depuis samedi.
«Un incendie s’est déclaré à bord d’un navire étranger dans la ville industrielle de Salman, à la suite de la chute de débris provenant d’un missile intercepté. L’incendie a causé la mort d’un travailleur asiatique et de graves blessures à deux autres», a indiqué le ministère de l’Intérieur en ajoutant que le feu avait été «maîtrisé et éteint».
Une épaisse fumée noire s’élève lundi de l’ambassade des États-Unis au Koweït, a rapporté un journaliste de l’AFP dans l’émirat du Golfe.
Des sirènes avaient retenti plus tôt dans la capitale koweïtienne tandis que les autorités ont dit avoir intercepté un nombre indéterminé de drones visant le pays.
«Ne venez pas à l’ambassade», a invité l’ambassade américaine dans un communiqué, faisant état d’une «menace persistante d’attaques de missiles et de drones» et précisant que le personnel de l’ambassade était «confiné sur place».
Le Koweït a déclaré que sa défense aérienne avait intercepté lundi un nombre indéterminé de drones visant le pays, mais qu’aucun blessé n’était à déplorer, selon l’agence de presse officielle de cet émirat du Golfe riche en pétrole.
Selon le directeur général de la défense civile au ministère koweïtien de l’Intérieur, Mohammed Almansouri, cité par l’agence Kuna, la défense aérienne koweïtienne a intercepté «un certain nombre de cibles aériennes hostiles à l’aube aujourd’hui».
«Il a également affirmé que la situation dans le pays était stable et qu’il n’y avait aucune raison de s’inquiéter», a ajouté l’agence. Au moins une personne a été tuée et 32 autres blessées au Koweït, toutes de nationalité étrangère, depuis le début des frappes de représailles iraniennes, a déclaré dimanche le ministère de la Santé.
Au moins deux drones ont été abattus tôt lundi près d’une base à l’aéroport d’Erbil en Irak, a constaté un photographe de l’AFP.
Depuis le lancement des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, des drones ont été interceptés à plusieurs reprises au-dessus d’Erbil, qui abrite un consulat américain et des troupes américaines.
Le groupe armé pro-iranien Kataeb Hezbollah, pris pour cible à plusieurs reprises depuis le début de la campagne israélo-américaine contre l’Iran, a annoncé lundi que de nouvelles frappes avaient touché une base militaire où il est présent en Irak.
«Trois frappes ont touché Jurf al-Nasr», a déclaré à l’AFP une source du Kataeb Hezbollah, faisant référence à une base militaire qui sert de bastion principal au groupe armé.
L’Iran a préparé l’après Khamenei
L’ayatollah Ali Khamenei a été tué samedi par les bombardements israéliens et américains en Iran, ainsi qu’un certain nombre de responsables. Est-ce que cela suffira à renverser la République islamique et provoquer un changement de régime ? «Non, pas du tout», estime le Général (2S) Dominique Trinquand, expert en relations internationales. «Les Iraniens avaient prévenu qu’ils avaient préparé la suite. Il y a un triumvirat qui s’est mis en place. Il y a à chaque fois un second ou un troisième ou un quatrième qui prend place», explique-t-il ce lundi matin au micro de France 2. «D’où l’importance d’avoir des frappes importantes pendant longtemps pour arriver à détruire progressivement toute cette hiérarchie.»
Israël et les États-Unis espèrent désormais que le peuple iranien saisisse cette occasion pour renverser les mollahs de l’intérieur. Mais là encore, «c’est un peu une incertitude», rappelle Dominique Trinquand. «Quarante jours après les massacres du mois de janvier, on disait que personne n’allait sortir dans la rue. Pas du tout ! Des manifestations ont continué. J’ai vu des images de villes iraniennes où des jeunes arrachaient les portraits du guide suprême. Il y a un peu d’espoir derrière cela. Mais on le saura d’ici 15 jours à peu près», poursuit l’ancien chef de la mission militaire française auprès de l’Onu.
Le chef du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Ali Larijani, a rejeté lundi toute négociation avec les États-Unis, dont il a accusé le président Donald Trump d’avoir semé «le chaos» au Moyen-Orient avec l’offensive lancée avec Israël.
«Nous ne négocierons pas avec les États-Unis», a déclaré M. Larijani sur X. «Trump a plongé la région dans le chaos avec ses ’rêves illusoires’ et s’inquiète désormais de nouvelles pertes parmi les forces américaines», a-t-il ajouté.
Lors de son entrée en politique il y a dix ans, le promoteur immobilier new-yorkais faisait de l’opposition aux guerres déclenchées par les présidents américains son mantra et assurait qu’il sera le président qui ne déclenchera aucune guerre. Force est de constater aujourd’hui que Donald Trump et son acolyte le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ont déclenché la guerre la plus dangereuse depuis le début de ce XXIe siècle, une guerre dont personne ne peut prédire ni quand et ni comment elle va prendre fin.
Imed Bahri
Les éditorialistes américains qui sont loin d’être des groupies du régime iranien sont très inquiets après le déclenchement de cette guerre hasardeuse par les deux apprentis sorciers américain et israélien et la contestent vivement.
Dans son analyse dans les colonnes du Washington Post, Jason Willick a commencé par rappeler que l’invasion malavisée de l’Irak en 2003 par le président George W. Bush a bouleversé le cours de la politique américaine d’une manière que peu auraient pu prévoir. Sans cette guerre, les Démocrates n’auraient peut-être pas désigné Barack Obama, qui a fait campagne sur un programme pacifiste, comme candidat à la présidence en 2008.
Et sans cette guerre, les Républicains n’auraient peut-être pas choisi Donald Trump en 2016. Cette intervention coûteuse et prolongée a gravement fragilisé l’establishment républicain, affaiblissant ainsi la candidature de Jeb Bush (ex-gouverneur de Floride et frère de George W. Bush) à la présidence. Il y a dix ans, Trump a stupéfié le monde politique en critiquant la guerre en Irak devant un public républicain en Caroline du Sud, un État profondément conservateur, et en remportant facilement l’État.
Encore une guerre pour un changement de régime !
Après tous ces rebondissements, les États-Unis se trouvent aujourd’hui dans une situation étonnamment similaire à celle de 2003. Une fois de plus, un président républicain mène une guerre pour un changement de régime. Et une fois de plus, la cible est une dictature du Moyen-Orient hostile aux États-Unis mais pas suffisamment puissante pour dominer la région.
Une fois de plus, la raison invoquée pour cette guerre est double : empêcher l’État ciblé d’acquérir des armes de destruction massive et offrir un avenir meilleur à sa population en changeant son gouvernement.
Bush a baptisé son invasion de l’Irak «Opération Liberté irakienne». Trump a déclaré samedi au Washington Post : «Je veux simplement la liberté pour le peuple iranien».
L’important n’est pas qu’une guerre contre l’Iran en 2026 suive la même trajectoire que la guerre d’Irak. Contrairement à Bush, Trump n’a pas constitué de forces terrestres massives, le plan semble privilégier les bombardements massifs plutôt qu’une occupation physique prolongée.
Cependant, les guerres se déroulent rarement comme prévu et même un conflit plus limité peut avoir des répercussions imprévues.
Au moins, l’administration Bush a longuement défendu sa politique irakienne auprès de l’opinion publique américaine. Au moins, le Congrès a débattu et autorisé le recours à la force. Et au moins, les États-Unis ont lancé la guerre lorsque le Moyen-Orient apparaissait comme la principale source de menaces pour leur sécurité et lorsqu’ils étaient suffisamment puissants pour disposer de réserves militaires considérables.
Ce dernier point est crucial. Rares sont ceux qui considèrent aujourd’hui le Moyen-Orient, avec sa production économique relativement faible et son importance moindre pour l’approvisionnement énergétique américain, comme toujours vital pour la sécurité des États-Unis, contrairement à ce qui se passait pendant la guerre contre le terrorisme (après le 11 septembre 2001) ou la guerre froide. Les administrations Obama, Biden et Trump ont toutes insisté sur la nécessité pour les États-Unis de concentrer leur attention ailleurs.
Trump s’est-il trompé de menace… et de cible ?
Pourtant, les préparatifs de guerre contre l’Iran ont mobilisé dans la région environ un tiers de la flotte active de l’US Navy et peut-être une proportion encore plus importante de son aviation. Ceci survient au moment même où les États-Unis sont censés dissuader les menaces émanant de forces bien plus puissantes –la Chine et, dans une moindre mesure, la Russie–, des forces qui ont déjà la capacité de dominer des régions du monde plus vastes et plus importantes.
En juin dernier, Trump est intervenu dans la guerre des douze jours, frappant des sites nucléaires iraniens avec des armes que seuls les États-Unis possèdent. Cela lui a permis de négocier la fin du conflit et a donné aux États-Unis un plus grand poids pour jouer un rôle de médiateur dans un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas à Gaza. Cette attaque, cependant, place les États-Unis dans la position de déclencher une guerre contre l’Iran plutôt que de mettre fin à un conflit déjà en cours.
Cette attaque risque d’être peu fructueuse si les capacités nucléaires iraniennes sont la cible principale. Bien que l’administration américaine ait peut-être exagéré l’année dernière en affirmant que les sites nucléaires iraniens avaient été «complètement détruits», l’attaque conjointe israélo-américaine a indéniablement causé des dégâts importants. La plupart des rapports crédibles indiquent que l’Iran n’a guère progressé dans la reconstruction de son programme nucléaire depuis juin dernier.
Téhéran est affaibli et isolé depuis que ses alliés ont déclenché l’opération Déluge d’Al-Aqsa le 7 octobre 2023. Pour certains bellicistes, c’était une raison supplémentaire d’attaquer maintenant et de changer le régime alors qu’il est au plus bas. Mais c’est jouer avec le feu. Il n’y a pas de paix durable dans le monde, les États-Unis peuvent tout au plus espérer que leurs adversaires soient faibles et contenus. L’Iran était dans cette situation. Alors, pourquoi prendre le risque de changer les rapports de force au Moyen-Orient avec une guerre de changement de régime alors que le statu quo était acceptable ?
De hauts responsables militaires auraient mis en garde contre une possible pénurie de munitions si les États-Unis entraient en guerre contre l’Iran. Une frappe limitée contre des installations nucléaires est une chose, une campagne soutenue pour renverser le régime –ce que les États-Unis tentent actuellement– en est une autre. Cela souligne les concessions que les États-Unis feraient à la Russie et à la Chine.
Une guerre intense, prolongée et couteuse en perspective
Le Pentagone dépendrait des mêmes munitions rares nécessaires pour intercepter les missiles iraniens et pour défendre les forces américaines en cas de crise en Europe de l’Est ou dans le Pacifique occidental. Même la guerre des douze jours menée par Israël contre l’Iran a considérablement réduit les stocks de défense aérienne du Pentagone et cette guerre pourrait être encore plus intense et prolongée.
L’intervention de l’administration Trump au Venezuela pour arrêter Nicolás Maduro a été un modèle d’usage limité de la force –l’incursion n’a duré que quelques heures– afin de maximiser la pression sur un régime récalcitrant. Mais cette «présence légère» a été possible précisément parce que l’administration s’est abstenue de rechercher un changement total de régime, préférant un compromis avec le numéro deux de Maduro, Delcy Rodriguez, pour qu’elle dirige le pays. Démanteler l’ensemble du système bolivarien, sans parler de l’instauration d’un nouveau, aurait exigé un investissement militaire américain bien plus important.
Si l’aventure de Trump en Iran tourne mal, il est peu probable que ce soit de la même manière que la guerre en Irak, qui a coûté la vie à des milliers d’Américains en près de neuf ans de guerre et d’occupation. Trump a tiré les leçons de ce fiasco.
Cependant, le pire scénario pourrait être un conflit qui dévasterait des régions de l’Iran sans pour autant instaurer un régime plus docile, tout en gaspillant des munitions en abondance et en mettant gravement en péril les intérêts américains dans d’autres parties du monde.
Quelles pourraient être les conséquences politiques d’un tel désastre ? La figure de droite la plus en vue à s’opposer à une guerre contre l’Iran est Tucker Carlson, célèbre journaliste et figure importante du mouvement trumpiste Maga. Cette voix influente s’est de plus en plus focalisée sur les Juifs et Israël, à un moment où le sentiment américain envers l’État hébreu s’est refroidi. Si Trump a remporté l’investiture républicaine en 2016 en partie grâce au mécontentement des électeurs républicains face à l’invasion de l’Irak par la direction du parti, il faut se méfier : une guerre ratée en Iran pourrait en réalité renforcer les chances de Carlson de prendre le contrôle du parti.
La réforme du Code des changes, annoncé depuis belle lurette mais toujours renvoyée aux calendes grecques (il devait être promulgué en 2022), revient régulièrement dans le débat économique tunisien. Pourtant, au-delà de la discussion technique, elle pose une question simple : le cadre actuel est-il encore adapté à une économie où les devises circulent désormais par les services numériques, le travail à distance et les plateformes internationales ?
Abdelwaheb Ben Moussa *
Adopté dans les années 1970, le Code des changes répondait à une réalité économique bien différente. La Tunisie devait alors protéger ses réserves en devises dans une économie fortement administrée et peu ouverte aux flux financiers internationaux. Le principe était clair : contrôler les sorties pour préserver l’équilibre macroéconomique.
Ce modèle a longtemps rempli sa fonction. Mais l’économie mondiale — et tunisienne — a profondément changé.
Une économie devenue immatérielle
Aujourd’hui, une part croissante des entrées de devises ne provient plus uniquement des exportations industrielles ou du tourisme, mais d’activités immatérielles : freelances travaillant pour l’étranger, développeurs informatiques, créateurs de contenus, startups numériques ou prestations de services à distance.
Ces flux sont rapides, fragmentés et souvent de faible montant unitaire, mais nombreux. Ils s’inscrivent mal dans un système administratif conçu pour autoriser individuellement des opérations commerciales classiques.
Le résultat est paradoxal : la réglementation ne supprime pas les flux économiques, mais peut parfois les déplacer vers l’informel ou vers des structures établies à l’étranger. L’État perd alors en visibilité statistique, tandis que la valeur créée localement échappe partiellement à l’économie formelle.
Du contrôle préalable à la supervision intelligente
La réforme du Code des changes ne signifie pas nécessairement une libéralisation totale. L’enjeu central consiste plutôt à faire évoluer la logique de régulation.
Dans plusieurs économies émergentes, les autorités ont progressivement remplacé les autorisations préalables systématiques par des mécanismes déclaratifs et un contrôle a posteriori fondé sur l’analyse des risques. Cette approche repose sur une idée simple : faciliter les opérations normales pour mieux concentrer les moyens de contrôle sur les situations réellement sensibles.
C’est ce que l’on peut appeler une «confiance régulée». L’État ne renonce pas à son rôle ; il change d’outils. La traçabilité numérique des transactions permet aujourd’hui un suivi plus efficace qu’un contrôle administratif lourd et généralisé.
Toute réforme comporte cependant des risques. La crainte d’une fuite accrue de capitaux ou d’une pression sur les réserves en devises demeure présente dans le débat public.
Ces préoccupations sont compréhensibles. Une ouverture mal calibrée pourrait fragiliser les équilibres macroéconomiques. Mais l’expérience internationale montre que la formalisation des flux peut aussi améliorer leur suivi et élargir l’assiette économique déclarée.
L’enjeu n’est donc pas l’ouverture contre le contrôle, mais la recherche d’un équilibre crédible entre fluidité économique et sécurité financière.
Un enjeu d’attractivité pour la Tunisie
Au-delà des aspects techniques, la réforme du Code des changes touche directement à l’attractivité du pays. Dans une économie mondiale où les talents et les services circulent rapidement, la simplicité des règles devient un facteur déterminant.
Un cadre plus lisible pourrait encourager :
la domiciliation locale des activités numériques ;
le retour de certaines opérations aujourd’hui réalisées depuis l’étranger ;
l’intégration accrue des jeunes entrepreneurs tunisiens aux marchés internationaux.
La compétitivité ne dépend plus seulement du coût du travail ou des infrastructures physiques, mais aussi de la fluidité réglementaire.
Repenser la souveraineté économique
Longtemps, la souveraineté économique a été associée à la limitation des mouvements financiers. Aujourd’hui, elle pourrait davantage résider dans la capacité à comprendre, orienter et capter les flux économiques.
La question posée par la réforme du Code des changes est donc moins celle du niveau de libéralisation que celle de la cohérence du système. Une régulation adaptée aux réalités numériques pourrait renforcer à la fois la transparence économique et la confiance des acteurs.
Dans une économie où les flux ne s’arrêtent pas aux frontières administratives, la performance publique dépend de plus en plus de la capacité à accompagner les transformations plutôt qu’à tenter de les freiner.
Repères : avantages et risques possibles de la réforme
* Ingénieur en informatique, cadre supérieur du secteur bancaire public.
L’Iran a multiplié les tirs de missiles ce dimanche 1er mars 2026, quelques heures après l’annonce de la mort de l’ayatollah Ali Khamenei, dans un contexte d’escalade militaire au Moyen-Orient, qui ont touché plusieurs pays arabes : Arabie saoudite, Emirats arabes unis, Qatar, Bahreïn, Liban, Koweït, Irak et Oman. (Ph. Doha touché par un missile iranien, ce dimanche matin 1er mars 2026).
Selon un communiqué de l’armée iranienne, relayé par la télévision d’État, ce dimanche 1er mars 2026, «les pilotes des forces aériennes de la République islamique d’Iran ont bombardé avec succès des bases américaines dans des pays du Golfe persique et dans la région du Kurdistan en Irak au cours de plusieurs phases d’opérations», en représailles aux frappes israéliennes et américaines menées contre l’Iran. De fortes explosions ont ainsi été entendues ce matin dans l’est de Riyad, capitale de l’Arabie saoudite, selon des habitants et des informations rapportées par l’AFP.
Plusieurs détonations puissantes ont été entendues, provoquant l’inquiétude des résidents. Une épaisse fumée noire a été observée s’élevant dans le ciel de la zone touchée, sans que les autorités saoudiennes ne communiquent immédiatement sur l’origine des explosions ni sur d’éventuelles victimes.
De son côté, l’armée israélienne a annoncé ce matin avoir détruit environ la moitié des stocks de missiles de Iran, depuis le début des frappes menées conjointement avec les Etats-Unis contre des cibles militaires iraniennes.
Dans un discours télévisé, le général de brigade Effie Defrin, porte-parole de l’armée israélienne, a affirmé que les frappes ont permis de «détruire environ la moitié des stocks de missiles du régime iranien» et d’empêcher la production d’au moins 1 500 nouveaux missiles. Il a ajouté que l’Iran produisait récemment des dizaines de missiles sol-sol par mois, avec un objectif d’augmenter la cadence de production à plusieurs centaines par mois.
Tôt ce matin, Donald Trump avait publié ce message de menace sur son réseau social : «L’Iran vient d’annoncer qu’il allait frapper très durement aujourd’hui, plus durement qu’il ne l’a jamais fait auparavant. Il vaut mieux qu’ils ne le fassent pas, cependant, parce que si c’est le cas, nous les frapperons avec une force jamais vue jusque-là !».
En Israël, la situation reste extrêmement tendue ce matin. Un immeuble de Tel-Aviv avait été éventré hier par un missile iranien d’une charge explosive d’environ 500 kg, créant un cratère dans le sol de plusieurs mètres de diamètre. Plusieurs immeubles du quartier sont devenus méconnaissables par le souffle de l’explosion. Le bilan des frappes iraniennes sur le territoire hébreu s’élève à un mort, une femme d’une cinquantaine d’années; et plusieurs dizaines de blessés. Une nouvelle salve de missiles risque de s’abattre aussi aujourd’hui sur Israël.
Suite aux raids militaires israélo-américains contre l’Iran, la Tunisie a affirmé suivre avec une profonde préoccupation et une vive inquiétude la dangereuse escalade militaire dans la région et les risques potentiels d’extension du conflit et du chaos, ainsi que la grave menace que cela représente pour la paix et la sécurité régionales et internationales.
«Dans cette situation extrêmement dangereuse, la Tunisie a réaffirmé son attachement au respect du principe de souveraineté des États et a condamné toute agression contre le territoire d’un État ou toute violation de son intégrité territoriale», a indiqué un communiqué publié dimanche matin, 1er mars 2026, par le ministère des Affaires étrangères, des Migrations et des Tunisiens de l’étranger, soulignant dans ce contexte son «rejet absolu de toute attaque contre les territoires des États arabes frères», sans nommer aucun des auteurs desdites attaques, soit Israël et les Etats-Unis d’un côté et l’Iran de l’autre.
La Tunisie a exprimé sa pleine solidarité avec le Royaume d’Arabie saoudite, l’État du Koweït, l’État du Qatar, le Royaume de Bahreïn, les Émirats arabes unis, le Royaume hachémite de Jordanie et la République d’Irak, selon le même communiqué.
«Forte de son attachement à la fraternité arabo-islamique et de son adhésion indéfectible aux principes du droit international et au règlement pacifique des différends, la Tunisie a appelé toutes les parties à cesser immédiatement leurs opérations militaires, à faire preuve de retenue, à reprendre les négociations et à éviter toute nouvelle escalade afin de protéger les vies innocentes et de préserver les ressources des peuples de la région», précise le communiqué.
La Tunisie a aussi souligné la nécessité pour le Conseil de sécurité d’assumer ses responsabilités et de prendre toutes les mesures nécessaires au maintien de la paix et de la sécurité internationales.
Les marchés mondiaux s’apprêtent à ouvrir lundi 2 mars 2026 dans une période de forte volatilité, suite à la confirmation par le président américain Donald Trump du lancement d’importantes opérations militaires américaines contre l’Iran. Cette annonce aggrave considérablement les tensions le long de l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. (Ph. Détroit d’Ormuz par où transite 20% du pétrole mondial).
Le Brent a clôturé la semaine près de son plus haut niveau en sept mois, à environ 73 dollars le baril, après une hausse d’environ 16 % depuis le début de l’année. Les opérateurs sur le marché de l’énergie anticipent désormais des fourchettes de prix beaucoup plus larges pour la semaine prochaine, plusieurs scénarios évoquant un baril à 80 dollars en cas de perturbation ou de menace crédible des flux d’approvisionnement.
Environ 20 % du pétrole brut échangé dans le monde et une proportion similaire de gaz naturel liquéfié transitent chaque jour par le détroit d’Ormuz, soit environ 13 millions de barils de pétrole par jour.
Nigel Green, fondateur et PDG du cabinet de conseil financier deVere Group, affirme que l’ampleur des risques inhérents à cette zone géographique influencera fortement la valorisation des actifs.
Les marchés de l’énergie entrent dans une phase de réajustement des prix, sous l’effet du risque opérationnel plutôt que de la spéculation.
Près d’un cinquième du flux mondial de pétrole brut transitant par un seul corridor maritime, même une faible probabilité de perturbation engendre une prime de risque structurel plus élevée. Il n’est pas nécessaire que la production de pétrole soit physiquement interrompue pour que les prix fluctuent fortement. Les coûts d’assurance, les modifications d’itinéraires de transport et la constitution de stocks de précaution suffisent à comprimer les anticipations d’offre.
Les capacités de production excédentaires restent limitées à l’échelle mondiale. Celles de l’Opep sont concentrées chez quelques producteurs du Golfe, tandis que les stocks commerciaux dans les pays de l’OCDE sont inférieurs aux moyennes de long terme. Une perturbation durable, même d’un million de barils par jour, représenterait environ 1 % de l’offre mondiale, ce qui suffirait à modifier l’équilibre d’un marché déjà préparé à une croissance modérée de la demande.
Le PDG de deVere explique que les investisseurs doivent se préparer à une transmission rapide des fluctuations entre les différentes classes d’actifs.
Les actions, les obligations, les devises et les matières premières s’ajusteront simultanément. Une hausse de 10 à 15 dollars du prix du pétrole brut exercerait une nouvelle pression à la hausse sur l’inflation globale aux États-Unis, en Europe et en Asie.
«Les banques centrales qui devaient envisager des baisses de taux plus tard cette année seront confrontées à un calcul plus complexe si le prix de l’énergie influence à nouveau les prix à la consommation et les anticipations d’inflation», explique Nigel Green.
Les rendements des bons du Trésor américain ont déjà montré leur sensibilité aux risques géopolitiques, les flux vers les valeurs refuges ayant comprimé les rendements à long terme ces derniers jours. L’or s’est raffermi, les investisseurs se protégeant contre les risques extrêmes.
Le dollar américain et le yen japonais attirent des investissements défensifs, tandis que les devises des marchés émergents à bêta élevé devraient subir une nouvelle pression à la vente si la volatilité s’accélère.
Nigel Green ajoute : «Les marchés se concentreront sur la durée et le confinement. Une campagne militaire courte et bien définie déclencherait probablement une flambée des prix du pétrole et un bref repli des marchés actions, suivi d’une stabilisation une fois les voies maritimes sécurisées.»
Un conflit de plusieurs semaines faisant peser une menace crédible sur le détroit d’Ormuz amplifierait la volatilité et maintiendrait les prix de l’énergie à un niveau élevé jusqu’au deuxième trimestre.
Les économies asiatiques sont particulièrement vulnérables. Des pays comme l’Inde, la Corée du Sud et le Japon dépendent fortement des flux énergétiques du Golfe. L’Inde, à elle seule, importe près de la moitié de son pétrole brut via le détroit d’Ormuz. La hausse des prix du pétrole creuserait les déficits des comptes courants, exercerait une pression sur les monnaies locales et compliquerait la politique monétaire dans toute la région.
«Les importateurs d’énergie en Asie subiront des pressions immédiates si le prix du pétrole brut se maintient au-dessus de 80 dollars», déclare Nigel Green.
«La faiblesse des devises, conjuguée à la hausse des coûts des carburants, resserre les conditions financières sans même une modification des taux d’intérêt. Les marchés boursiers de ces économies, notamment dans les secteurs des transports, de l’industrie manufacturière et les secteurs à forte volatilité, sont vulnérables à une réévaluation rapide des prix», ajoute-t-il.
Les prévisions de bénéfices des entreprises pourraient également évoluer. Les compagnies aériennes, les prestataires logistiques et les industriels sont particulièrement sensibles à la hausse durable des coûts des carburants. L’inflation des coûts des intrants comprimerait les marges, à moins que les entreprises ne parviennent à répercuter la hausse des prix sur les consommateurs.
Nigel Green conclut : «La semaine prochaine s’ouvre sur des marchés confrontés à de graves risques géopolitiques qui s’ajoutent à un environnement macroéconomique déjà fragile. Le pétrole, les taux d’assurance maritime, les rendements des obligations souveraines et les indices de volatilité fourniront les premiers signaux d’orientation.»
La clarté quant à l’évolution du conflit déterminera si cette prime énergétique restera circonscrite ou si elle se transformera en un défi inflationniste et de croissance plus large pour l’économie mondiale.
La guerre menée contre les pays musulmans depuis la déclaration Balfour en 1917 a connu un nouveau développement avec l’attaque aérienne américaine contre l’Iran, soutenue semble-t-il par l’aviation israélienne opérant on peut le supposer beaucoup plus dans le registre politique que véritablement militaire.(Ph. Le Proche et Moyen-Orient sur un volcan israélo-américain).
Dr Mounir Hanablia *
Sauver les apparences s’avère dans le contexte essentiel, en mettant en exergue la participation de l’Etat sioniste, désormais ouvertement accusé par de nombreux Américains de faire assumer son sale boulot à leur pays.
En effet, que peut apporter l’armée sioniste à l’armada américaine ?
Tout cela était attendu. La mise en scène a suivi un scénario comparable à ce qui s’était passé lors de la seconde guerre du Golfe en 1991. Diabolisation de la cible, menaces y compris nucléaires, puis déclenchement de l’agression au moment propice après des discussions purement formelles servant à donner le change.
L’alliance de fondamentalismes
Les ripostes iraniennes contre les bases américaines ont déjà été condamnées par l’Arabie Saoudite et les pays du Golfe les abritant qui les ont considérées comme attentatoires à leur souveraineté.
On peut en déduire que les États du Golfe sont partie prenante dans le conflit, et que, connaissant le Président Trump, ils en assument le coût financier.
La seule grande surprise aura été le déclenchement de la guerre entre le Pakistan et l’Afghanistan un ou deux jours avant l’attaque américaine. Il s’est avéré que le régime moyenâgeux et en faillite des Talibans était capable d’envoyer des drones contre ses adversaires, et s’il est encore trop tôt pour en déterminer l’origine, l’implication de l’Inde est très probable. Il s’agirait là de l’alliance contre nature de deux fondamentalismes, le musulman et le hindou.
Hasard ou pas, quelques jours avant, le Premier ministre indien Modi, le boucher du Gujarat, dont l’islamophobie n’est plus à démontrer, s’était en effet rendu en visite officielle en Israël.
Si on considère que le Pakistan constitue le lieu de transit de la «Road and Belt» qui par voie terrestre relie le Xinjiang à la mer d’Oman et au port de Gwadar, le conflit pakistano-afghan s’insère alors parfaitement dans une logique visant à en interdire l’accès à la Chine.
Le Pakistan, prochain sur la liste ?
Le lien est donc désormais bien établi entre le Golfe arabo-persique et l’encerclement du colosse chinois à partir de l’Afghanistan.
L’État iranien privé de ses infrastructures essentielles et de ses voies de communications résistera-t-il ?
L’objectif clairement défini par les agresseurs est la chute du régime. Cela dépendra aussi beaucoup du peuple iranien, dont le patriotisme n’est plus à démontrer. Mais si l’Iran tombe, il est à parier que le prochain sur la liste sera le Pakistan, puissance nucléaire dont la destruction servira autant les intérêts des sionistes que des fanatiques hindous.
Quant à la Turquie, l’Arabie saoudite et l’Egypte, elles n’ont qu’à bien se tenir !
Ce dimanche 1er mars 2026, à l’aube, la télévision d’Etat iranienne a confirmé la mort de Ali Khamenei, Guide suprême de la République islamique d’Iran, à l’âge de 86 ans. Il était au pouvoir depuis trente-six ans. Un deuil de 40 jours de deuil et 7 jours fériés sera observé.Entretemps, la transition de l’après-Khamenei commence à se mettre en place. (Ph. Massoud Pezeshkian et Ali Khamenei).
L’annonce a été faite vers 05 heures (heure locale) par le présentateur en sanglotant. Mais ce dernier n’a pas précisé les circonstances du décès, ni évoqué les frappes israéliennes et américaines de samedi contre la résidence du guide à Téhéran. Des photos et images d’archives sont diffusées à l’antenne avec un bandeau noir à l’écran en signe de deuil.
Peu de temps après, les autorités ont confirmé la mort d’Ali Shamkhani, proche conseiller du guide, ainsi que Mohammad Pakpour, le chef des Gardiens de la révolution, les piliers du régime, qui ont promis, dans un communiqué, «un châtiment sévère» aux «meurtriers» de Khamenei.
Le communiqué a condamné «les actes criminels et terroristes commis par les gouvernements malfaisants des Etats-Unis et du régime sioniste», ajoutant : «la main vengeresse de la nation iranienne ne les lâchera pas avant d’avoir infligé aux meurtriers de l’imam de la Oumma un châtiment sévère et décisif qu’ils regretteront».
Trois hauts responsables, dont le président Massoud Pezeshkian, assureront la transition dans le pays, a annoncé ce dimanche un des conseillers de ce dernier, Mohammad Mokhber, cité par la télévision d’Etat.
Ce triumvirat sera composé de Massoud Pezeshkian, du chef du pouvoir judiciaire Gholamhossein Mohseni Ejeï, et d’un juriste du Conseil des gardiens de la Constitution.
Rappelons que l’annonce de la mort de Khamenei par le président américain Donald Trump, samedi soir, avait été accueillie avec joie par de nombreux Iraniens dans plusieurs villes du pays et à l’étranger.
Une page est tournée et une nouvelle page commence, mais on ne sait pas encore de quoi elle sera faite, car si le régime de la République islamique vacille aujourd’hui sur ses bases, il n’est pas encore tombé, et rien n’indique que sa chute sera imminente, car ses piliers sont toujours là, sauf un retournement de situation en son sein, ce que Trump et Netanyahu souhaitent pour ne pas avoir à mener une longue guerre d’usure dont leurs armées n’ont pas les moyens. Et tout l’enjeu est là et il tient à la capacité des dirigeants iraniens à résister aux raids israélo-américains. Ou à leur disposition à accepter les conditions de leurs assaillants pour sauver ce qui reste encore à sauver.
Quand il écrit ce poème en 1869, Arthur Rimbaud (1854-1891) n’a pas quinze ans ! Le jeune prodige participe à un Concours académique, en latin. Et bien sûr, il le gagne. Son poème, en 75 vers, célèbre le Numide, Jugurtha (160 av J.-C. – 104 av J.-C.) héros de la lutte contre Rome.
En réalité, le jeune poète rend hommage au «second» Jugurtha, l’Emir Abdelkader (1808-1883), héros de la résistance algérienne à la colonisation française de 1830 et qui a duré jusqu’à 1847, date de sa reddition.
La colonisation, présente, dans la littérature, curieusement, n’était pas condamnée, même pas par Victor Hugo ! Etonnant donc ce ‘‘Jugurtha’’, mais qui prédit l’engagement et la révolte de Rimbaud, qui rejoindra La Commune de Paris à 16 ans, en 1870. Autre événement historique qu’il célèbrera dans de nombreux poèmes.
Tahar Bekri
Il naît dans les montagnes de l’Arabie un enfant, qui est grand ; et la brise légère a dit : « Celui-là est le petit-fils de Jugurtha !… »
Il y avait peu de temps que s’était élevé dans les airs celui qui bientôt pour la nation et la patrie arabe devait être le grand Jugurtha, quand son ombre apparut à ses parents émerveillés, au-dessus d’un enfant, – l’ombre du grand Jugurtha ! – et raconta sa vie et proféra cet oracle : «O ma patrie ! ô ma terre défendue par mes peines !…» Et sa voix, interrompue par le zéphyr, se tut un moment… « Rome, auparavant impure tanière de nombreux bandits, avait rompu ses murs étroits, et, répandue tout à l’entour, s’était annexé, la scélérate ! les contrées voisines. Puis elle avait embrassé dans ses bras rob0ustes l’univers, et l’avait fait sien. Beaucoup de nations refusèrent de briser le joug fatal : celles qui prirent les armes répandaient leur sang à l’envi, sans succès, pour la liberté de la patrie : Rome, plus grande que l’obstacle, brisait les peuples, quand elle ne faisait pas alliance avec les cités.»
Il naît dans les montagnes de l’Arabie un enfant, qui est grand ; et la brise légère a dit : «Celui-là est le petit-fils de Jugurtha !… »
«Moi-même, longtemps, j’avais cru que ce peuple possédait une âme noble ; mais quand, devenu homme, il me fut permis de voir cette nation de plus près, une large blessure se révéla à sa vaste poitrine !… – Un poison funeste s’était insinué dans ses membres : la fatale soif de l’or !… Tout entière sous les armes, en apparence !… – Cette ville prostituée régnait sur toute la terre : c’est moi qui ai décidé de me mesurer avec cette reine, Rome ! J’ai regardé avec mépris le peuple à qui obéit l’univers !… »
Il naît dans les montagnes de l’Arabie un enfant, qui est grand ; et la brise légère a dit : «Celui-là est le petit-fils de Jugurtha !…»
«Car lorsque Rome eut entrepris de s’immiscer dans les conseils de Jugurtha pour tenter de s’emparer peu à peu par ruse de ma patrie, conscient, j’aperçus les chaînes menaçantes, et je résolus de résister à Rome : je connus les profondes douleurs d’un cœur angoissé ! Ô peuple sublime ! mes guerriers ! ma sainte populace ! Cette terre, la reine superbe et l’honneur de l’univers, cette terre s’effondra, – s’effondra, soûlée par mes présents. Oh ! comme nous avons ri, nous, Numides, de cette ville de Rome ! Ce barbare de Jugurtha volait dans toutes les bouches : Il n’y avait personne qui pût s’opposer aux Numides !…»
Il naît dans les montagnes de l’Arabie un enfant, qui est grand ; et la brise légère a dit : «Celui-là est le petit-fils de Jugurtha !…»
«C’est moi qui, convoqué, ai eu la hardiesse de pénétrer en territoire romain et jusque dans leur ville, Numides ! A son front superbe j’ai appliqué un soufflet, j’ai méprisé ses troupes mercenaires. – Ce peuple enfin s’est levé pour prendre ses armes, longtemps en oubli. Je n’ai pas déposé le glaive. Je n’avais nul espoir de triompher ; mais du moins j’ai pu rivaliser avec Rome ! J’ai opposé des rivières, j’ai opposé des rochers aux bataillons romains : tantôt ils luttent dans les sables de Libye, tantôt ils emportent des redoutes perchées au sommet d’une colline. Souvent ils teignirent de leur sang versé les campagnes de mon pays ; et ils restent confondus devant la ténacité inaccoutumée de cet ennemi… »
Il naît dans les montagnes de l’Arabie un enfant, qui est grand ; et la brise légère a dit : «Celui-là est le petit-fils de Jugurtha !… »
«Peut-être aurais-je fini par vaincre les cohortes ennemies… Mais la perfidie de Bocchus… À quoi bon en rappeler davantage ? Content, j’ai quitté ma patrie et les honneurs royaux, content d’avoir appliqué à Rome le soufflet du rebelle. – Mais voici un nouveau vainqueur du chef des Arabes, la France !… Toi, mon fils, si tu fléchis les destins rigoureux, tu seras le vengeur de la Patrie ! Peuplades soumises, aux armes ! Qu’en vos cœurs domptés revive l’antique courage ! Brandissez de nouveau vos épées ! Et, vous souvenant de Jugurtha, repoussez les vainqueurs ! versez votre sang pour la patrie ! Oh ! que les lions arabes se lèvent pour la guerre, et déchirent de leurs dents vengeresses les bataillons ennemis ! Et toi, grandis, enfant ! Que la Fortune favorise tes efforts ! Et que le Français ne déshonore plus les rivages arabes !…»
Et l’enfant en riant jouait avec son épée recourbée…
II
Napoléon !… Oh ! Napoléon !… Ce nouveau Jugurtha Est vaincu !… Il croupit, enchaîné, dans une indigne prison ! Voici que Jugurtha se dresse à nouveau dans l’ombre devant le guerrier et d’une bouche apaisée lui murmure ces mots : «Rends-toi, mon fils, au Dieu nouveau ! Abandonne tes griefs ! Voici surgir un meilleur âge… La France va briser tes chaînes… Et tu verras l’Algérie, sous la domination française, prospère !… Tu accepteras le traité d’une nation généreuse, grand aussitôt par un vaste pays, prêtre de la Justice et de la Foi jurée… Aime ton aïeul Jugurtha de tout ton cœur… Et souviens-toi toujours de son sort !
III
Car c’est le Génie des rivages arabes qui t’apparaît !»
Rimbaud Jean-Nicolas-Arthur, externe au collège de Charleville. Professeur : M. Duprez.
Traduit du latin par Jules Mouquet, Rimbaud, ‘‘Œuvres complètes’’, Classiques Modernes, 1999.
En lançant des raids aériens ce matin, samedi 28 février 2026, contre plusieurs villes en Iran, les Israël et les Etats-Unis n’ont pas fait mystère de leur principal objectif : atteindre la tête du régime, l’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de la République islamique d’Iran. Les Iraniens le savent et ils semblent avoir pris des dispositions pour le mettre à l’abri des bombes. Il reste à savoir jusqu’à quand.
La télévision publique israélienne Kan a indiqué dans une alerte publiée sur son compte X, en citant «une source israélienne» que «parmi les cibles de l’attaque figurent le guide suprême Khamenei et le président Pezeshkian».
À l’antenne, un journaliste a également cité le nom d’Ali Shamkhani, conseiller du guide suprême et ancien secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale.
«Dans la première salve, nous avons visé des cibles de haut rang, des personnes impliquées dans des plans visant à détruire Israël», a déclaré une source de sécurité israélienne lors d’un point de presse, refusant toutefois de confirmer l’identité des cibles. Il n’a pu, également, confirmer si ces objectifs avaient été atteints.
Un responsable iranien a, pour sa part, déclaré à Reuters que l’ayatollah Khamenei n’est pas à Téhéran et qu’il a été transféré dans un lieu sûr, sachant que le bureau du Guide, situé au quartier Pasteur, au centre de Téhéran, a été visé lors de l’attaque de ce matin, mais les résultats de cette attaque ne sont pas encore connus.
Les médias ont également rapporté des coupures de lignes de téléphonie mobile dans certaines parties de l’est et de l’ouest de Téhéran, ainsi qu’une connexion Internet limitée dans certaines zones, à la suite de l’attaque conjointe américano-israélienne sur la capitale.
On rapporte, par ailleurs, qu’un important dispositif de sécurité est déployé à Téhéran, où plusieurs rues sont bloquées autour du quartier de la résidence de Khamenei, après les premières frappes israélo-américaines.
En mettant Khamenei en tête de liste des dirigeants iraniens à abattre, les responsables israéliens et américains pensent, sans doute à tort, qu’en l’éliminant le régime tomberait aussitôt comme un fruit mûr. Or, tous les spécialistes de l’Iran savent que le système iranien est beaucoup plus complexe et sophistiqué dans son organisation politique et militaire, et qu’il en faudrait sans doute plus que la liquidation du guide suprême pour en venir à bout. D’où l’aventurisme irresponsable de ceux qui ont déclenché, ce matin, une guerre qui risque d’être plus longue et plus couteuse que prévu, et pas seulement pour l’Iran.
La rapidité de la riposte iranienne surprend ses assaillants
Selon l’analyste libanais Nidal Zahawi, président du Centre d’études anthro-stratégique, «l’échec de la première frappe à éliminer tous les dirigeants militaires et sécuritaires iraniens a constitué un tournant», considérant que ce fait, ainsi que «la riposte iranienne rapide et organisée», ont donné à Téhéran un avantage moral et politique dans la première phase du conflit.
Dans une déclaration à Mosaïque, Zahawi a déclaré : «L’issue de la guerre ne peut être décidée à ce stade, mais les premiers indicateurs semblent aller en faveur de l’Iran, et non d’Israël et des États-Unis», justifiant son analyse par trois facteurs principaux : la première frappe n’a pas pleinement atteint ses objectifs stratégiques, la rapidité et l’ampleur de la riposte iranienne, et la «crédibilité de l’armée iranienne» qui a démontré sa capacité à cibler les bases militaires américaines dans la région.
La guerre déclenchée ce matin, samedi 28 février 2026, par Israël et les Etats-Unis contre l’Iran risque de déborder sur toute la région du Moyen-Orient. C’est ce qu’indiquent, en tout cas, les premiers développements : l’Iran multipliant les attaques de missiles contre des bases américaines dans les pays du Golfe. (Photo: Base américaine d’Al-Udaid, au Qatar).
Après les attaques militaires israélo-américaines de ce matin contre plusieurs villes en Iran, des sirènes d’alerte ont été entendues à Jérusalem, en Israël, où l’on redoute des attaques de missiles.
Dans le même temps, des bases américaines à Bahreïn et au Qatar ont été visées par des missiles iraniens et des explosions ont été signalées au Koweït et à Ryad, en Arabie saoudite, dans ce qui ressemble à des ripostes de l’Iran aux frappes américaines et israéliennes.
Plusieurs explosions ont été entendues samedi à Doha, près de la base militaire d’Al-Udeid, la plus grande installation américaine de la région, alors que le ministère qatari de la Défense a annoncé avoir intercepté plusieurs missiles visant cet État du Golfe.
Abou Dhabi ciblé par des missiles.
Des médias bahreïnis ont rapporté la chute d’un missile au centre de la capitale de Bahreïn, accompagnée du déclenchement des sirènes d’alerte, appelant les citoyens à se rendre dans le lieu le plus sûr à proximité. C’est une base américaine du pays qui a été frappée dans «une attaque de missile».
En ciblant des bases américaines dans ces pays alliés des Etats-Unis, et pour certains amis d’Israël, l’Iran semble avoir choisi d’élargir le champ de bataille à toute la région du Golfe dans ce qui ressemble à une fuite en avant suicidaire, mais dont les conséquences pourraient être catastrophiques, et pas seulement pour l’Iran.
L’un des rares commentaires censés, rationnels, pondérés et raisonnables de l’attaque militaire israélo-américaine contre l’Iran, on le doit à Jean-Luc Mélenchon, le leader «extrémiste de gauche» que tous les bobos gavés de propagande sioniste aiment détester en France. Face aux va-t-on guerre qui bombent le torse depuis ce matin, cet homme apparaît aujourd’hui comme l’un des rares partisans de la paix et de la raison en France, en Europe et dans tout l’Occident.
Latif Bahri
Dans un post publié ce samedi 28 février 2026, après les premiers bombardements israélo-américains contre plusieurs villes iraniennes, Mélenchon a écrit : «Les États-Unis et Israël ont engagé une guerre contre l’Iran. Quels sont leurs objectifs ? Une fois de plus ni les libertés démocratiques ni le désarmement dans la région, mais le pétrole, les rapports de force en Asie-Pacifique et au Moyen-Orient ! C’en est donc fini pour la perspective d’un accord diplomatique.» Un discours que n’auraient pas renié Michel Jobert, Claude Cheysson, Roland Dumas, Dominique de Villepin ou autres Jacques Chirac, les voix historiques d’une diplomatie française équilibrée, pondérée et au service de la paix dans le monde.
«La guerre n’est pas la solution, mais le problème. Ce qu’elle déclenche à présent met la région puis le monde entier davantage au bord d’un drame global. Les Iraniens et les Israéliens vont mourir sous les bombes», a enchaîné le leader de LFI.
Ayant souvent critiqué le bellicisme d’Israël, qui ne cesse de larguer des bombes, fabriquées et délivrées par ses alliés occidentaux, sur ses voisins immédiats, Mélenchon sait que tant que les armes parlent au Moyen-Orient, il n’y aura jamais de paix, ni pour les Arabes, ni pour les Iraniens, ni pour les Turcs, ni à fortiori aussi pour les Israéliens, qui croient pouvoir encore semer la terreur dans leur voisinage immédiat et mettre la paix mondiale en danger. Impunément et avec l’appui des capitales occidentales.
«Pourtant, le désarmement nucléaire global de la région reste l’impératif absolu», a lancé Mélenchon, en pensant, bien sûr, d’abord, à Israël, mais en évitant de nommer cet Etat violent qui se croit au-dessus des lois du monde, de crainte d’être une nouvelle fois accusé d’antisémitisme. Car le seul Etat surarmé au Moyen-Orient et qui dispose dans son arsenal d’un nombre de bombes nucléaires capables d’effacer le Moyen-Orient de la carte du monde, c’est bien, justement, Israël, même si à Berlin, Paris, Londres ou Washington on continue de faire semblant de l’ignorer.
«La communauté internationale doit reprendre le contrôle politique de la situation. La France doit refuser la guerre et n’y aider d’aucune façon. Pensées pour les personnels des ambassades françaises et pour nos deux otages», a conclu Mélenchon qui est bien placé pour savoir ce que les dirigeants français vont faire : ils vont s’aligner tous, comme un troupeau de moutons, derrière Israël et les Etats-Unis, les mâles dominants de la meute, au risque d’attiser encore le feu dans une région inflammable et déjà enflammée.
Niché au cœur de la Médina de Tunis, inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco en 1979, le Palais Dar Lasram est situé au 24 rue du Tribunal avec sa façade de pierre polie et de marbre. D’une superficie de 2 250 m², ce vieux bâtiment, remarquable de par son architecture arabe et ses décorations en céramique et en marbre, inspirées des arts ottoman, andalou et italien, est considéré comme l’un des plus beaux de la Médina.
Dar Lasram a été érigé par une famille d’origine yéménite à une période de prospérité économique et politique que la Tunisie a connue à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle, sous le règne de Hammouda Pacha Al-Husseini et de son grand vizir, Youssef Saheb Ettabaâ.
Le vieux bâtiment, devenu propriété de l’Etat, est aujourd’hui un espace culturel qui abrite, notamment, des spectacles du Festival de la Médina organisé durant le mois de Ramadan. Il est aussi, depuis 1969, le siège de l’Association de la sauvegarde de la Médina de Tunis. Quant à son makhzen, il est devenu depuis 1974 le siège du Club culturel Tahar Haddad.
Une famille de notables
La famille Lasram, dont les aïeuls sont venus du Yémen, s’est d’abord installée à Kairouan, avant de rejoindre Tunis, dans le sillage de la dynastie husseinite où ses membres se sont mis au service de l’État. L’un des leurs a occupé la fonction de Khouja (chef de l’armée) de Zouaoua sous le règne de Hussein Ier Bey, fondateur de la dynastie en 1705.
Le Palais actuel est principalement associé à Hammouda Lasram, riche propriétaire et officier supérieur qui commanda la garde de Zouaoua. Il fit construire cette demeure entre 1812 et 1819 dans un quartier qui abritait les hauts fonctionnaires du makhzen et les notables.
La construction a coïncidé avec un essor économique sous l’impulsion de Youssef Saheb Ettabaâ. Chedly Ben Younes, directeur du Festival de la Médina, a expliqué à l’agence Tap que le choix de cet emplacement n’était pas arbitraire : Tunis étant devenue le centre du pouvoir, les proches du cercle décisionnel cherchaient à construire leurs résidences au cœur de la cité. Cette période fut marquée par une rivalité symbolique entre les grandes familles pour mettre en valeur leur statut social en bâtissant des palais alliant luxe et innovation. Cependant, après l’assassinat du grand vizir et la mort de Hammouda Pacha, cet essor urbain connut un ralentissement alors que le pays entrait dans une nouvelle phase politique.
Chef-d’œuvre d’architecture locale
Dar Lasram est un chef-d’œuvre d’architecture arabe qui mêle les styles andalou, ottoman et tunisien, avec des touches kairouanaises visibles dans sa façade et ses «kawabyl» (consoles de pierre supportant l’étage).
L’architecte, historien, archéologue français et maître de recherche au CNRS, Jacques Révault souligne dans ‘‘Palais et demeures de Tunis, (XVIIIe et XIXe siècles)’’ publié en 1971, que sa construction nécessita la démolition de plusieurs maisons pour disposer d’un espace suffisant.
Le palais se compose de trois étages aux fonctions définies avec un sous-sol pour les services, un rez-de-chaussée surélevé pour l’habitation et un étage supérieur pour les invités.
Les communs (makhzens), situés exceptionnellement sous les espaces de vie, servent de fondations massives grâce à des murs épais et des voûtes en berceau ou d’arête. On y trouvait la porte cochère, les écuries, une huilerie (maâşra), des réserves de grains et des citernes (majen).
On accède au cœur du palais par la driba, un large hall dont les voûtes reposent sur huit colonnes de type hafside, suivi d’une skifa (couloir en chicane) qui mène au patio principal. Ce patio à ciel ouvert, sans étage immédiat pour garantir la luminosité, est orné de marbre blanc, de panneaux de faïence polychrome et de frises de stuc.
Un joyau du patrimoine préservé
Autour du patio s’organisent quatre salles, dont les appartements de maîtres. La salle d’apparat et le grand salon cruciforme se distinguent par leurs plafonds en bois sculptés et dorés, reflétant l’influence italienne et s’inspirant des palais du Bardo. La dar al-dhiyaf (maison d’hôtes) occupe l’étage supérieur en façade, offrant aux invités une vue sur la ville sans interférer avec l’intimité familiale. À l’opposé, la dweira (ou dwiriya) était réservée au service et à la cuisine, reflétant la hiérarchie sociale de l’époque.
Le système du tahbis (ou waqf) a protégé le palais de la division successorale, permettant à la famille d’y résider jusqu’en 1964. Grâce à son acquisition par la municipalité de Tunis en 1968 et son affectation à l’ASM en 1969, ce monument est aujourd’hui préservé.
Les dernières données de l’Observatoire national de l’agriculture (Onagri) révèlent une nette amélioration des performances du secteur oléicole tunisien au cours des trois premiers mois de la campagne actuelle (novembre 2025-janvier 2026). Les exportations ont atteint un niveau record de 130 900 tonnes, contre 84 100 tonnes sur la même période de la campagne précédente, soit une hausse de 55,7 %.
Le rapport de l’Onagri indique que cette activité d’exportation a eu un impact positif sur les recettes fiscales du pays, les exportations s’élevant à 1 621,2 millions de dinars (MD), en progression de 34,8 % par rapport à la campagne précédente (1 202,3 MD).
Cette hausse est due à la demande mondiale croissante, notamment pour l’huile d’olive extra vierge, qui représente à elle seule 89,5 % du volume total exporté.
Concernant le conditionnement, l’Observatoire explique que les exportations d’huile d’olive en vrac représentent toujours la part la plus importante, soit 88,4 % (115 700 tonnes), tandis que l’huile d’olive en bouteille représente 11,6 % du volume total.
Il note que malgré le volume relativement faible d’huile d’olive en bouteille, celle-ci contribue à hauteur de 15,7 % au chiffre d’affaires total grâce à sa forte valeur ajoutée, avec un prix moyen de 16,73 dinars le kilogramme.
Par ailleurs, ces mêmes données révèlent que le marché européen reste le principal importateur d’huile d’olive tunisienne avec 55,4 %, suivi par l’Amérique du Nord avec 21,1 %.
L’Espagne se classe au premier rang des pays importateurs, avec 30,9 % des exportations, suivie de l’Italie (18,9 %) et des États-Unis (16,8 %).
Parallèlement, les exportations d’huile d’olive biologique ont atteint 12 600 tonnes fin janvier, pour une valeur d’environ 170,8 MD.
L’Italie est la destination privilégiée de cette variété tunisienne haut de gamme, absorbant 42 % des exportations totales, suivie de l’Espagne (22 %).
Concernant les prix, le prix moyen à l’exportation a légèrement baissé de 3,2 % en janvier 2026 par rapport au même mois de l’année précédente, s’établissant à environ 12,39 dinars le kilogramme. On observe une nette variation selon les variétés, les prix allant de 8,81 dinars/kg pour l’huile d’olive Lampante à 16,69 dinars/kg pour l’huile d’olive extra vierge en bouteille.