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Empfangen — 23. August 2026 Leconomiste Maghrebin

Qatar : forte chute de la production de gaz en six mois

22. August 2026 um 11:41

La production de gaz naturel du Qatar a chuté de 47,5 % au premier semestre 2026, à 55,02 milliards de m³ contre 104,82 milliards un an plus tôt. A cause des attaques contre les installations de GNL et les perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz.

La production qatarie de gaz naturel a enregistré un recul spectaculaire au cours des six premiers mois de 2026. Selon les données de l’initiative conjointe sur les données pétrolières (JODI), citées par l’Unité de recherche énergétique « Energy » le 21 août, elle est tombée à 55,02 milliards de mètres cubes, contre 104,82 milliards au premier semestre 2025, soit une baisse de 49,8 milliards de m³.

Cette chute constitue l’une des conséquences les plus importantes de la guerre avec l’Iran sur le secteur gazier du Qatar, dont l’économie dépend fortement des exportations de gaz naturel liquéfié (GNL).

La contraction s’est accentuée au printemps. Au deuxième trimestre, la production qatarie s’est limitée à 16,33 milliards de m³, contre 52,34 milliards durant la même période de 2025, soit un recul de 69 %.

La dégradation a commencé en mars, avec une production ramenée à 5,37 milliards de m³, puis à 5,19 milliards en avril et 5,03 milliards en mai. Une légère amélioration est intervenue en juin, avec 6,12 milliards de m³, mais ce niveau demeurait inférieur de 66 % à celui de juin 2025…

Une amélioration relative a toutefois été enregistrée en juillet, avec des exportations remontées à 1,52 million de tonnes, contre 1,23 million en juin. Ce niveau reste néanmoins inférieur de 78 % à celui de juillet 2025, où les exportations avaient atteint 6,82 millions de tonnes.

La consommation intérieure recule également

La baisse de l’activité gazière ne concerne pas uniquement les exportations. La consommation intérieure de gaz du Qatar a diminué de 31 % au premier semestre, à 13,97 milliards de m³, contre 20,36 milliards un an auparavant. Au deuxième trimestre, la consommation a chuté de 53 %, à 5,17 milliards de m³ contre 10,96 milliards au deuxième trimestre 2025.

Ce recul de la production intervient alors que le Qatar figure parmi les principaux fournisseurs mondiaux de GNL. La perturbation de ses exportations a donc des conséquences bien au-delà du Golfe.

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime que les chargements de GNL en provenance du Qatar et des Émirats arabes unis ont diminué de 35 milliards de m³ entre mars et juin. La hausse de la production en Amérique du Nord, en Afrique et dans d’autres régions a cependant permis de compenser une grande partie de ce déficit.

Pour l’ensemble de 2026, l’AIE prévoit que l’offre de GNL du Qatar et des Émirats pourrait être inférieure d’environ 45 %, soit 54 milliards de m³, à celle de 2025…

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TRIBUNE – Plan de développement 2026-2030 : Le corridor ferroviaire, entre saut stratégique et impératif d’exécution

23. August 2026 um 06:06

Tandis que le Plan de développement 2026-2030 remet au cœur de l’agenda national le grand corridor ferroviaire Bizerte – Ben Guerdane, le débat s’enlise trop souvent entre rejet frileux et enthousiasme incantatoire. Ce projet de rupture constitue une opportunité historique d’aménagement du territoire et de souveraineté économique. Mais sa viabilité financière ne sera garantie qu’à une condition : renoncer au financement budgétaire direct au profit d’une ingénierie d’exécution hors-bilan rigoureuse.

 

Le projet de corridor ferroviaire structurant à haute performance – souvent qualifié de « TGV tunisien » – polarise l’opinion. Face aux défaillances quotidiennes de nos transports publics, il est aisé d’y voir une ambition déconnectée des réalités immédiates. C’est ignorer la logique fondamentale du développement : une nation ne restaure pas son potentiel productif en réparant uniquement les urgences du passé, mais en posant les réseaux structurants de demain.

Ce grand chantier n’est pas une figure de style. Il porte en lui les leviers d’une recomposition territoriale majeure, d’un désenclavement réel de l’intérieur du pays et d’une décarbonation structurelle de notre économie. Toutefois, la clarté de la vision politique ne saurait suffire. Dans un contexte macroéconomique sous forte contrainte, le succès de cette ambition du Plan 2026-2030 dépendra exclusivement de la rigueur de sa feuille de route opérationnelle et de son architecture financière.

 

Trois leviers stratégiques pour la compétitivité nationale

L’équité territoriale par la connectivité : relier le Nord et le Sud par une artère logistique à haute performance est le seul moyen de rompre le dualisme entre le littoral saturé et les régions intérieures. La réduction des distances-temps est le préalable indispensable à l’attractivité des investissements privés dans l’arrière-pays.

La souveraineté énergétique et logistique : dans un pays où les importations d’hydrocarbures pèsent lourdement sur la balance des paiements, le report massif du trafic routier vers un réseau ferré électrifié constitue un levier direct de sobriété énergétique et de baisse des coûts logistiques pour nos exportateurs.

L’effet d’entraînement industriel : un chantier de cette envergure agit comme un catalyseur technologique. Il stimule l’ingénierie nationale, modernise le BTP et crée un écosystème de compétences autour des services numériques et de la maintenance ferroviaire.

 

La feuille de route opérationnelle : quatre conditions d’exécution

Pour prémunir le projet contre les dérives budgétaires et garantir son efficacité socio-économique, la puissance publique doit appliquer une méthode stricte axée sur quatre piliers.

 

Ancrer la mixité fret-passagers dès la conception

Un réseau dédié exclusivement au transport de voyageurs présente un risque financier élevé. La ligne doit être pensée dès l’origine comme un **corridor multimodal mixte**, accueillant le fret industriel à haute valeur ajoutée la nuit et les flux voyageurs le jour. C’est l’intégration du fret connecté aux ports et zones industrielles qui garantira la rentabilité intrinsèque de l’infrastructure.

 

Opter pour un phasage territorial intelligent

Vouloir engager 1 000 kilomètres d’un seul bloc équivaudrait à saturer nos capacités d’endettement. La démarche pragmatique impose un déploiement séquentiel :

– Phase prioritaire : traiter en urgence les tronçons à haute densité de trafic et les nœuds logistiques névralgiques (raccordements portuaires et grands bassins industriels).

– Phase d’extension : mailler progressivement le territoire vers l’intérieur au rythme du renforcement des capacités de financement.

 

Déployer un schéma de financement souverain hors-bilan

Le modèle de financement ne doit en aucun cas peser sur la dette souveraine directe de l’État. La réussite repose sur la mobilisation de mécanismes financiers novateurs capables de valoriser le patrimoine public et d’attirer les capitaux privés.

 

Décryptage technique : quel montage financier sans endetter l’Etat ?

Pour exécuter ce projet tout en préservant les ratios macro-prudentiels du pays, le gouvernement doit s’appuyer sur un triptyque financier hors-bilan :

– Partenariat Public-Privé (PPP) concessionnel (DBFOM) : confier la construction et la maintenance à une Société de Projet (SPV) privée/mixte. L’opérateur public verse une redevance d’usage du sillon couverte par les contrats d’expédition du fret industriel (take-or-pay), prémunissant l’État contre le risque de trafic.

– Captage de la Valeur Foncière (Land Value Capture) : création d’une entité foncière publique chargée de valoriser les périmètres autour des gares. La plus-value foncière est monétisée via le Tax Increment Financing (TIF), la concession de baux d’emphytéose commerciaux et la cession de droits d’air (Air Rights).

– Obligations Vertes (Green Bonds) et Titrisation : émission d’emprunts obligataires ESG certifiés conformes aux standards ICMA, permettant d’accéder à des capitaux internationaux à taux bonifiés (réduction de 100 à 150 bps) garantis par la titrisation des recettes futures du fret et des concessions en gare.

 

Adosser le projet à la modernisation du réseau classique

Le grand corridor ne doit pas fonctionner en enclave technologique. Pour que le gain de temps soit réel pour le citoyen, les réseaux régionaux, les métros et les transports urbains doivent être réhabilités en parallèle. Le grand projet doit servir de levier pour moderniser l’ensemble du système de mobilité nationale.

 

De l’ambition politique à la rigueur du bilan

L’annonce du corridor ferroviaire fixe le cap dont la Tunisie a besoin pour se projeter dans l’avenir. Mais l’enthousiasme politique ne remplace pas la rigueur du bilan.

Financer cette ambition par l’endettement public classique serait une erreur macroéconomique dramatique ; y renoncer par peur du risque serait une démission stratégique impardonnable. Entre la fuite en avant budgétaire et le fatalisme de l’immobilité, la Tunisie doit choisir la voie de la maturité : une ingénierie d’exécution hors-bilan irréprochable. On ne bâtit pas l’avenir d’un pays avec des incantations, mais avec des bilans solides et des infrastructures financées avec précision.

Le Plan 2026-2030 sera jugé sur cette seule exigence : transformer un grand rêve d’acier en un moteur financier viable pour la République.

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Pénurie d’eau embouteillée : visite surprise de Kaïs Saïed dans une usine à Oueslatia

23. August 2026 um 01:52

Le président de la République Kaïs Saïed a effectué, dans la nuit du samedi 22 août 2026, une visite surprise à Oueslatia (Kairouan), où il s’est rendu dans un complexe de production d’eau minérale, sans qu’aucun détail ne soit communiqué sur les échanges ou décisions prises.

Ce déplacement intervient dans un contexte de pénurie prolongée d’eau embouteillée en Tunisie, marquée par des difficultés d’approvisionnement, des coupures d’électricité et une forte hausse de la demande liée à la chaleur.

 

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Empfangen — 22. August 2026 Leconomiste Maghrebin

Drame en mer à Zarzis : un seul survivant sur une embarcation de 15 migrants

22. August 2026 um 15:08

Le porte-parole officiel de la Direction générale de la Garde nationale, le colonel-major Houssem Eddine Jebabli, a affirmé aujourd’hui, samedi, qu’une enquête judiciaire a été ouverte, avec l’autorisation du ministère public, pour franchissement clandestin des frontières maritimes ayant entraîné mort d’homme, suite au naufrage d’une embarcation de migration irrégulière au large des côtes de Zarzis.

Jebabli a indiqué que les opérations de recherche des personnes disparues se poursuivent, avec la participation des unités maritimes côtières et des unités maritimes flottantes, en coordination avec la marine nationale. Un hélicoptère a par ailleurs été mobilisé pour renforcer les opérations de recherche et de sauvetage.

Pour rappel, une embarcation transportant près de 15 migrants en situation irrégulière, dont l’un originaire de Zarzis et le reste originaires de Ben Guerdane, a fait naufrage à 14 milles marins des côtes de Zarzis. Un seul passager a pu être secouru, après avoir été retrouvé par un navire commercial.

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RDC : l’Ebola hors de contrôle, l’ONU en alerte

22. August 2026 um 14:10

L’épidémie d’Ebola qui sévit depuis plusieurs mois en République démocratique du Congo (RDC) a déjà fait, officiellement, 2 516 morts sur 5 290 cas recensés. Face à une propagation jugée exponentielle et à l’épuisement imminent des financements, l’ONU appelle à une mobilisation internationale.

La RDC fait face à l’une des flambées d’Ebola les plus meurtrières de son histoire. Selon les dernières données du ministère de la Santé, publiées vendredi 21 août, 5 290 personnes ont été infectées et 2 516 sont décédées depuis le début de l’épidémie, le 15 mai. Au total, 1 152 personnes ont guéri, tandis que près de 840 patients restent isolés ou hospitalisés. Le taux de létalité atteint 47,6 %, alors que le taux de recherche des contacts s’établit à 82,9 %.

Le coordinateur principal de l’ONU pour Ebola, Julien Harneis, a décrit une situation particulièrement préoccupante à Bunia, dans la province de l’Ituri, considérée comme l’épicentre de l’épidémie. Selon lui, la maladie se propage désormais « de façon exponentielle », près de la moitié des décès ayant été enregistrés au cours des vingt derniers jours. « Tout retard dans le financement et la mise en œuvre rendra cette épidémie plus meurtrière, plus difficile à contenir et plus coûteuse », a averti le responsable onusien, appelant à une intervention internationale immédiate…

Des financements presque épuisés

L’ONU alerte surtout sur l’insuffisance des ressources financières disponibles. Les fonds actuellement mobilisés ne permettraient de maintenir les opérations que quelques semaines. Les coupes budgétaires intervenues dans l’aide internationale au cours des deux dernières années auraient réduit de plus de 30 % les capacités opérationnelles des organisations humanitaires.

Les États-Unis ont néanmoins fourni 80 millions de dollars au gouvernement congolais afin de renforcer les capacités hospitalières, d’organiser des inhumations sécurisées et de soutenir différentes opérations de lutte contre le virus. Mais pour l’ONU, cette contribution demeure insuffisante au regard de l’ampleur de la crise et de son évolution rapide…

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Afrique du Sud : l’ex-champion du monde Zolani Tete assassiné

22. August 2026 um 13:36

La police et le ministre des Sports d’Afrique du Sud ont annoncé que l’ancien champion du monde de boxe Zolani « Last Born » Tete a été tué par balle devant son domicile, dans la province du Cap-Oriental, hier, vendredi 21 août 2026.

Tete (38 ans) était sur le chemin de son domicile, dans la localité de Mdantsane, lorsque deux hommes armés et masqués sont descendus d’une voiture et ont ouvert le feu sur lui. Le ministre des Sports, Gayton McKenzie, a déclaré dans un communiqué : « Je ne spéculerai pas sur l’identité de l’auteur des faits ni sur les motifs de cet acte. » La mort de Tete devrait de nouveau attirer l’attention sur les crimes violents en Afrique du Sud, un pays qui continue d’enregistrer l’un des taux d’homicides les plus élevés au monde, malgré un recul récent de nombreux crimes de ce type.

Une femme (27 ans) qui accompagnait Tete a été touchée par plusieurs balles et a été transportée à l’hôpital. La police a ouvert une enquête, et le mobile de l’attaque reste à ce stade inconnu. Tete avait remporté le titre de champion du monde des poids coq (jeunes) de la Fédération internationale de boxe (IBF) en 2014, après sa victoire face au Japonais Teiru Kinoshita à Kobe. Il avait ensuite décroché le titre de champion du monde dans la même catégorie de poids auprès de l’Organisation mondiale de boxe (WBO). Tete est également connu à l’échelle internationale pour sa victoire par KO en seulement 11 secondes face à son compatriote sud-africain Siboniso Gonya, à Belfast, en novembre 2017 — la conclusion la plus rapide jamais enregistrée pour un combat de titre mondial.

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Dr Hamida Ouled Slimane: « Protéger une femme, c’est protéger l’humanité »

22. August 2026 um 12:54

Professeure tunisienne installée à Paris et régulièrement présente en Italie, Hamida Ouled Slimane est CEO de Gaudium et incarne un parcours à la croisée de la médecine, des neurosciences et de la diplomatie scientifique. Neuroscientifique clinique et médico-légale, neurocriminologue, directrice scientifique médicale et conseillère scientifique, elle est également vice-présidente de PSAF International et présidente de PSAF France.Elle consacre ses recherches à la compréhension des blessures invisibles qui façonnent les trajectoires humaines. De la médecine légale aux neurosciences cliniques, de la neurocriminologie à l’étude des addictions et du neurodéveloppement, son travail repose sur une conviction profonde : derrière chaque traumatisme, chaque comportement et chaque donnée biologique se trouve une personne à protéger.

À travers ses travaux sur la violence pendant la grossesse, les addictions et les mécanismes du stress, elle œuvre à faire entendre, sur la scène internationale, une voix tunisienne engagée en faveur des femmes, des enfants, des familles et de l’être humain. Sa démarche s’inscrit également dans une volonté de rapprocher la recherche scientifique des institutions et de faire de la science un véritable instrument de prévention et de protection. Nous l’avons rencontrée pour évoquer son parcours, ses recherches et sa vision de la diplomatie scientifique.
Sa devise  » L’âme qui guide » résume cette approche profondément humaine : derrière la science, la médecine, la diplomatie et chaque donnée scientifique, il y a toujours un être humain, que la professeure Hamida Ouled Slimane veille à placer au cœur de sa recherche. Interview:

En quoi votre parcours en neurosciences et en diplomatie scientifique vous a-t-il conduite à porter la voix de la femme tunisienne à l’échelle internationale ?

Mon parcours est né de la médecine légale et de l’étude scientifique du dommage, avant de se développer progressivement dans les neurosciences cliniques et médico-légales, la neuropsychopathologie, la neurocriminologie, la psychothérapie, ainsi que dans la recherche sur les addictions pathologiques et la neuromodulation.

Je suis une femme Tuniso-italienne, née en Italie, d’origine tunisienne et résidant aujourd’hui en France. Cette dimension a joué un rôle important dans mon parcours, car elle m’a permis de construire une vision scientifique qui traverse plusieurs pays et plusieurs systèmes culturels. Elle a également contribué à établir un pont entre la Tunisie, l’Italie, la France, l’Europe et, désormais, l’Afrique.
Je suis neuroscientifique clinique et médico-légale, chercheuse en neurosciences cliniques et en médecine légale, spécialisée en neuropsychopathologie et en neurocriminologie. Mon travail se situe à l’intersection du cerveau, du comportement, du traumatisme, de la pathologie et de la médecine légale. Ma recherche est toujours partie d’une question fondamentale : que se passe-t-il dans le cerveau lorsqu’une expérience traumatique modifie les processus normaux d’adaptation ?
Cette réflexion m’a également conduite à étudier les addictions pathologiques et la neuromodulation. J’ai publié le volume Neuromodulazione nel trattamento delle dipendenze — Neuromodulation dans le traitement des addictions , dans la collection Università. J’y ai approfondi le rôle de la stimulation magnétique transcrânienne, ou TMS, dans l’étude et le traitement des addictions.
La recherche sur les addictions m’a permis d’approfondir les relations entre les circuits de la récompense, la dopamine, le craving, le contrôle inhibiteur, le cortex préfrontal et les circuits striataux. Il s’agit d’une ligne de recherche que j’ai ensuite développée dans plusieurs articles scientifiques.

Le travail intitulé Pathological Addictions: Recognise & Act, publié avec le professeur Raffaele Zinno, aborde l’addiction pathologique comme un phénomène complexe. Il en analyse les composantes neurobiologiques et neuropsychologiques, ainsi que le rôle des fonctions exécutives, du cortex préfrontal et des circuits fronto-limbiques. Cet article examine également la neuromodulation, notamment la TMS et la rTMS, comme outils thérapeutiques potentiels dans le cadre d’une approche intégrée.

Ce travail est directement lié à mon livre sur la neuromodulation. Dans les deux cas, l’objectif central est de comprendre comment les circuits cérébraux participent à la perte de contrôle, au comportement compulsif et à l’addiction, mais aussi comment la plasticité cérébrale peut ouvrir de nouvelles possibilités thérapeutiques.

Cependant, l’étude des addictions m’a amenée à me poser une question plus profonde : si le cerveau est plastique et si les expériences peuvent modifier ses trajectoires fonctionnelles, jusqu’où devons-nous remonter dans le temps pour comprendre l’origine de certaines vulnérabilités ? C’est ainsi que je me suis orientée vers l’étude du traumatisme précoce et de la violence pendant la grossesse.
Le premier travail scientifique qui a ouvert cette ligne de recherche est intitulé Neuroscience and New Research Perspectives on Violence as a Risk Factor in Pregnancy, publié avec le professeur Raffaele Zinno.

Cet article propose une perspective neuroscientifique sur la violence pendant la grossesse. Il considère que le stress maternel chronique peut constituer un facteur de risque important, qui doit être étudié non seulement sous l’angle psychologique et social, mais également à travers les mécanismes neuroendocriniens, neurophysiologiques et développementaux. Il pose ainsi les bases théoriques permettant d’interroger les effets du stress maternel sur l’environnement intra-utérin et sur le neurodéveloppement ultérieur de l’enfant. À partir de cette première approche s’est développée une recherche de plus en plus structurée. Dans le cadre de mon parcours doctoral, j’ai approfondi les mécanismes de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien, ou axe HPA, ainsi que le rôle du cortisol, du placenta et de la 11β-HSD2. J’ai également étudié les effets possibles du stress chronique sur les systèmes neurobiologiques impliqués dans le développement cérébral.

Je me suis aussi intéressée au rôle du locus coeruleus, du système noradrénergique et de leur relation avec le cortex préfrontal, en examinant les conséquences possibles du stress chronique sur les fonctions exécutives, la régulation émotionnelle, l’attention et la mémoire de travail.
Le troisième travail scientifique inscrit dans cette ligne de recherche est consacré à la violence pendant la grossesse et à ses effets sur le lobe frontal. Il approfondit le rôle possible du stress prénatal et des systèmes neurobiologiques du stress dans le développement des structures et des fonctions préfrontales, avec une attention particulière portée aux fonctions exécutives et à la régulation du comportement.
Ce travail constitue une étape importante, car il fait passer la recherche du concept général de « traumatisme » à l’analyse de circuits et de systèmes neurofonctionnels spécifiques.

Voici la continuité scientifique de mon parcours : médecine légale, neurosciences, neuropsychopathologie, neurocriminologie, addictions, neuromodulation, traumatisme, neurobiologie du stress et violence pendant la grossesse. C’est cette continuité qui m’a conduite vers la diplomatie scientifique. Je crois que la science ne doit pas rester enfermée dans les laboratoires ou dans les publications. Elle doit pouvoir dialoguer avec les institutions lorsqu’elle concerne la protection de la personne. C’est dans cet esprit que je porte également la voix de la femme tunisienne : non seulement comme représentante d’une identité, mais aussi comme scientifique et diplomate scientifique. Je souhaite démontrer qu’une recherche développée à partir de la Tunisie peut atteindre le niveau européen et international.

Quels sont les objectifs de votre Observatoire concernant les violences pendant la grossesse et la protection des femmes et des fœtus ?

L’idée fondamentale de l’Observatoire est que la violence pendant la grossesse ne doit pas être considérée exclusivement comme une violence exercée contre la femme. La grossesse constitue en effet une période biologique particulière, au cours de laquelle l’environnement maternel peut interagir avec les processus du développement fœtal.

Le projet étudie donc la dyade mère-fœtus et cherche à comprendre les mécanismes possibles par lesquels un stress toxique chronique peut influencer la neurophysiologie maternelle, l’environnement intra-utérin et le développement neurobiologique ultérieur de l’enfant.
L’un des mécanismes centraux étudiés est l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien, ou axe HPA. La violence chronique peut entraîner une activation persistante des systèmes du stress, avec des modifications de la régulation de la CRH, de l’ACTH et du cortisol. Un élément particulièrement intéressant est la 11β-HSD2 placentaire, une enzyme qui contribue à moduler l’exposition du fœtus aux glucocorticoïdes maternels.

Le modèle de recherche considère donc la séquence possible suivante : stress maternel chronique, activation de l’axe HPA, modification des glucocorticoïdes, altération des mécanismes placentaires de protection, augmentation possible de l’exposition fœtale et éventuelles modifications du neurodéveloppement.

Cela ne signifie pas que toute forme de stress maternel provoque automatiquement une pathologie chez l’enfant. Au contraire, une partie fondamentale de mon travail consiste à distinguer l’association, la vulnérabilité et la causalité, car la médecine légale ne peut pas reposer sur un déterminisme biologique simpliste.

Un autre élément central est le locus coeruleus, une structure noradrénergique située dans le tronc cérébral, essentielle à l’éveil, à l’attention et à la réponse au stress.

Dans le modèle neurobiologique que j’étudie, la relation entre le locus coeruleus et le cortex préfrontal revêt une importance particulière. L’activation chronique des systèmes du stress peut interférer avec les processus préfrontaux qui participent à la mémoire de travail, au contrôle exécutif, à la flexibilité cognitive et à la régulation émotionnelle. La recherche prend également en compte des processus fondamentaux du développement cérébral, tels que la synaptogenèse, l’élagage synaptique, la myélinisation et la connectivité fonctionnelle. Elle s’intéresse aussi aux mécanismes épigénétiques possibles par lesquels l’environnement précoce peut contribuer à une vulnérabilité neuropsychologique.

Dans le cadre du projet tunisien, nous avons également mené des recherches sur le terrain en étudiant des cas cliniques d’enfants et d’adolescents présentant des difficultés scolaires et des anomalies comportementales. Nous avons adopté une approche neuropsychologique et posturale intégrée. Nous avons notamment observé des éléments relatifs à l’intégration proprioceptive, à l’organisation tonico-posturale, à la fonction oculomotrice et à l’insuffisance de convergence, tout en prenant en compte l’histoire clinique et familiale des patients.
Le projet est donc multidisciplinaire.

Mais je souhaite souligner un point fondamental pour moi : je ne défends pas seulement la femme et l’enfant. Je défends l’être humain.
Il existe une expression que j’aime beaucoup : « Derrière un grand homme, il y a toujours une grande femme. » Je pense que ce principe doit être compris de manière encore plus large. Nous ne pouvons pas véritablement protéger la femme sans nous intéresser également à l’homme, à sa santé mentale, à sa relation avec sa famille, à la prévention des comportements violents et à ses propres vulnérabilités.
Je ne veux pas construire une opposition entre l’homme et la femme. Je veux contribuer à bâtir un modèle de protection de la famille et de l’être humain, car la violence ne naît pas dans le vide. Pour l’interrompre, nous devons également comprendre les mécanismes psychologiques, neurobiologiques et sociaux qui peuvent contribuer à son apparition et à sa transmission. L’objectif de l’Observatoire est donc de créer une plateforme internationale consacrée à la recherche, à la prévention, à la formation, à l’observation clinique, à la médecine légale et à la protection de la dyade mère-fœtus, ainsi que de son environnement familial.

Que représente pour vous le fait d’être la première Tunisienne à porter cette initiative auprès du Parlement européen et, demain, dans les institutions internationales ?

Pour moi, cela représente avant tout une responsabilité scientifique et institutionnelle.
Cette initiative est portée par PSAF International, une société scientifique internationale, et non simplement par une association. PSAF International intervient dans le domaine des professions de santé, de l’assurance et de la médecine légale. Elle est accréditée par le ministère de la Santé pour les lignes directrices et possède également une dimension institutionnelle et scientifique internationale. Elle est en outre inscrite au Registre de transparence du Parlement européen.
J’occupe les fonctions de vice-présidente de PSAF International et de présidente de PSAF France, tandis que le professeur Raffaele Zinno est président de PSAF International. Dans ce cadre, nous avons institué et promu ce projet et cette initiative internationale. La particularité de mon rôle tient au fait que j’en assure la conception et la direction scientifiques. PSAF International soutient et promeut son développement institutionnel et international à travers un réseau interdisciplinaire. Le 3 décembre 2025, au Parlement européen de Strasbourg, nous avons officiellement présenté cette initiative dans le contexte institutionnel européen.

Ce fut une étape fondamentale, car nous avons porté une recherche née dans les domaines neuroscientifique, clinique et médico-légal vers un dialogue institutionnel international. Je suis également inscrite au Registre de transparence du Parlement européen et accréditée en tant qu’experte scientifique indépendante auprès de la Commission européenne. Mon profil institutionnel comprend également une accréditation auprès de l’United Nations Global Marketplace, l’UNGM. Ces inscriptions et accréditations sont importantes, car elles établissent un lien entre la conduite de la recherche scientifique et la diplomatie scientifique. Mon objectif est de transférer les connaissances scientifiques vers les espaces où se construisent les standards, les coopérations et les politiques de protection.

Mais le Parlement européen constitue une étape, et non un point d’arrivée. Le prochain objectif est de porter ce projet et cette initiative auprès des institutions internationales, notamment dans le cadre d’une démarche auprès de l’UNESCO, tout en développant davantage le dialogue scientifique et institutionnel. C’est ici qu’intervient ce que je considère comme la véritable nouveauté : l’initiative a également suscité un intérêt dans le cadre de la Commission italienne sur le féminicide.

Lire aussi: Féminicide: l’urgence d’agir

Cette évolution est particulièrement importante, car elle signifie qu’une recherche née des neurosciences et de la médecine légale peut commencer à dialoguer avec les institutions qui travaillent sur la prévention de la violence contre les femmes et du féminicide.

La nouveauté ne réside donc pas uniquement dans le fait d’avoir porté une recherche scientifique au Parlement européen.
Elle réside surtout dans le fait qu’une perspective neuroscientifique sur le traumatisme, la violence pendant la grossesse et ses conséquences possibles puisse entrer dans le débat institutionnel sur la prévention de la violence fondée sur le genre.
C’est un changement de paradigme : il ne s’agit plus seulement d’attendre que la violence produise une victime, mais d’étudier ce qui se passe avant, pendant et après le traumatisme afin de comprendre où et comment nous pouvons intervenir. C’est le sens que j’attribue à la diplomatie scientifique.

La perspective est internationale : il s’agit de continuer à construire des ponts entre l’Europe, la Tunisie et l’Afrique, en portant progressivement le projet auprès des institutions internationales, avec l’ambition d’impliquer également le Parlement panafricain. Même lorsque je parle de cortisol, d’axe HPA, de 11β-HSD2, de locus coeruleus, de système noradrénergique, de cortex préfrontal, de dopamine, de synaptogenèse, d’élagage synaptique, de myélinisation, de TMS et de circuits fronto-limbiques, je n’oublie jamais que derrière chaque donnée biologique se trouve une personne.

Ma recherche est extrêmement technique, mais son objectif est profondément humain. J’ai étudié la médecine légale pour comprendre le dommage, les neurosciences pour en comprendre les mécanismes, la neurocriminologie pour comprendre le comportement, la psychopathologie pour comprendre la souffrance et la neuromodulation pour étudier de nouvelles possibilités d’intervention.

Aujourd’hui, j’étudie le traumatisme gestationnel parce que je souhaite remonter encore plus loin dans l’histoire biologique de l’individu.
Je veux comprendre où peut commencer une vulnérabilité, avant qu’elle ne devienne une pathologie, une addiction ou une conduite destructrice.Cependant, les neurosciences ne doivent pas devenir un outil de déterminisme biologique. Le fait qu’une expérience traumatique puisse influencer les systèmes neuroendocriniens et neurofonctionnels ne signifie pas que le destin d’une personne soit inscrit dans son cerveau.
Au contraire, la neuroplasticité nous rappelle que le cerveau conserve une capacité de modification. La recherche doit donc continuer à identifier les conditions qui favorisent la récupération et la prévention.

Quel est votre message de fin ?

C’est pourquoi mon message final est le suivant : nous devons apprendre à voir la souffrance avant qu’elle ne devienne une condamnation.

Voir la femme avant qu’elle ne devienne une victime. Voir l’enfant avant que le traumatisme ne se transforme en trajectoire pathologique. Voir également l’homme avant qu’il ne devienne l’auteur ou la victime d’une dynamique destructrice. Je ne crois pas à une science qui oppose les hommes aux femmes. Je crois à une science qui protège l’être humain : la femme, l’enfant, l’homme et la famille. Je crois également que la prévention doit commencer bien avant que le dommage ne devienne irréversible. Je voudrais que la Tunisie soit reconnue non seulement comme le pays d’origine d’une chercheuse, mais aussi comme le pays d’où peut émerger une diplomate scientifique et une neuroscientifique capable de porter la recherche tunisienne dans le dialogue scientifique et institutionnel international.

C’est l’un des messages les plus importants de mon travail : une recherche peut partir de Tunisie, traverser l’Italie et la France, parvenir jusqu’aux institutions européennes et internationales, puis se transformer en un réseau de coopération scientifique capable de produire de la connaissance, de la prévention et de la protection.

Parce qu’au final: Protéger une femme, c’est protéger une vie. Protéger une mère et son enfant, c’est protéger une génération. Protéger également l’homme, c’est protéger l’être humain. Et protéger l’être humain, c’est commencer à changer l’avenir. »

Références scientifiques citées dans l’interview:

Hamida Ouled Slimane et Raffaele Zinno (2024) — « Neuroscience and New Research Perspectives on Violence as a Risk Factor in Pregnancy », Journal of Neurology Research Reviews & Reports, 6(12), p. 1-2. L’article introduit une perspective neuroscientifique sur la violence pendant la grossesse et sur ses mécanismes neuroendocriniens, neurophysiologiques et développementaux possibles.

Hamida Ouled Slimane et Raffaele Zinno (2025) — « Pathological Addictions: Recognise & Act », Archive of Psychology Neurology and Psychiatry, n° 2, p. 33-64. Ce travail analyse l’addiction pathologique comme un phénomène neuropsychologique complexe et approfondit le rôle des fonctions exécutives, du cortex préfrontal, des circuits fronto-limbiques et de la neuromodulation.

Hamida Ouled Slimane, Raffaele Zinno et G. Agliata (2026) — « Violence in Pregnancy: Effects on the Frontal Lobe… ». Ce travail s’inscrit dans la ligne de recherche consacrée à la violence pendant la grossesse et aux effets possibles des systèmes du stress sur le développement et les fonctions préfrontales.

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ENSIT : une bourse complète pour poursuivre un master au Japon

22. August 2026 um 11:59

L’École nationale supérieure d’ingénieurs de Tunis (ENSIT) ouvre aux étudiants et aux jeunes diplômés la possibilité de poursuivre un master au Japon avec une bourse d’études complète, dans le cadre des programmes de l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA).

Selon une publication de l’école sur sa page officielle Facebook, cette opportunité permet aux bénéficiaires d’intégrer des universités japonaises prestigieuses et de bénéficier d’une formation internationale de haut niveau. Elle offre également l’occasion de découvrir le système scientifique et technologique japonais et d’élargir les réseaux professionnels et académiques à l’échelle internationale.

Les programmes de master couvrent plusieurs domaines, notamment l’ingénierie et les technologies, l’environnement et le changement climatique, l’économie et la gestion, l’éducation et l’enseignement, l’agriculture et le développement rural, la santé publique ainsi que le développement social.

L’ENSIT encourage les étudiants et les diplômés éligibles à se préparer à présenter leur candidature afin de bénéficier de cette opportunité de mobilité internationale et de formation académique au Japon.

Établissement public tunisien d’enseignement supérieur relevant de l’Université de Tunis, l’ENSIT est spécialisée dans la formation d’ingénieurs dans plusieurs domaines techniques et industriels, notamment le génie électrique, le génie mécanique, le génie civil et l’informatique. Elle propose une formation d’ingénieur dans diverses spécialités technologiques et développe des partenariats académiques internationaux permettant notamment aux étudiants de participer à des programmes d’échange et à des formations menant à des doubles diplômes.

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Trump veut étrangler l’Iran, Pékin refuse de lui tendre la corde !

22. August 2026 um 11:01

La nouvelle stratégie américaine visant à asphyxier économiquement l’Iran pourrait se heurter à un obstacle majeur : la Chine. Principal partenaire commercial de Téhéran et premier débouché de son pétrole, Pékin n’entend pas se plier aux exigences de Washington.

C’est manifestement un aveu d’échec. Confronté à une impasse militaire et incapable de dégager une issue à une guerre dans laquelle il s’est enlisé jusqu’au cou, ni de transformer la démonstration de force militaire en victoire politique, Donald Trump change désormais de stratégie. Plutôt que de poursuivre une confrontation militaire sans perspective de victoire, le président américain fait le choix d’intensifier la pression sur Téhéran pour l’isoler et l’asphyxier économiquement. Jusqu’à provoquer l’effondrement du régime des mollahs de l’intérieur, tel un château de cartes.

Ainsi, après avoir brandi régulièrement la menace d’une intervention militaire massive, Donald Trump change de cap en s’appuyant désormais sur les sanctions et la pression économique pour faire plier Téhéran. Il se pourrait que le président américain ait précisément choisi cette nouvelle stratégie pour offrir un répit à l’action militaire, alors que les polémiques s’accumulent, notamment sur l’état des stocks de missiles américains ou encore sur la situation à bord du porte-avions « USS Abraham Lincoln » ? L’hypothèse n’est pas à écarter.

Toujours est-il que, toutes proportions gardées, ce nouveau virage rappelle curieusement le scénario actuellement à l’œuvre à Cuba. Là encore, Washington a privilégié l’étau économique, les sanctions et la pression maximale pour tenter d’étouffer un adversaire que la force n’a pas suffi depuis plus d’un demi-siècle à faire plier.

Coup de sang

Sitôt dit, sitôt fait. Les Etats-Unis et le milliardaire américain ont pressé jeudi 20 août leurs alliés et la Chine de rejoindre une vaste opération de pression économique contre l’Iran, censée faire « chuter le régime » de Téhéran sans reprise des opérations militaires. Tout en menaçant sans ambiguïté tout pays qui, de près ou de loin, apporterait son soutien à son ennemi juré « de subir les foudres de Washington ».

« J’annonce que TOUT pays qui permettra à ses institutions financières, à ses entreprises, à ses aéroports ou à ses entités gouvernementales d’offrir une quelconque forme de bouée de sauvetage à l’Iran fera lui-même face à de TERRIBLES répercussions économiques », a écrit le président américain sur son réseau Truth Social. Ajoutant sur un ton guerrier qu’il s’agit de « l’opération économique la plus écrasante jamais entreprise ».

« Contrebande de pétrole, swaps de devises, transferts de fonds, bureaux de change, registres de navires, sociétés écrans : tout cela doit cesser immédiatement », a aussi détaillé le locataire de la Maison-Blanche, qui explique sa décision par le fait que l’Iran a « échoué à saisir » l’opportunité de conclure un accord.

Surenchère

Reprenant le ton spartiate et sans détour de son patron, le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, enfonce le clou. Il brandit à son tour la menace d’un isolement économique de l’Iran « comme le monde n’en a jamais vu », auquel pourrait s’ajouter un blocus naval du détroit d’Ormuz. De quoi faire monter d’un cran la pression sur Téhéran et transformer l’arme économique en véritable instrument d’asphyxie stratégique.

« Tout pays qui maintiendrait un lien avec Téhéran précipiterait sa propre économie vers les oubliettes, que ce lien soit entretenu volontairement ou délibérément ignoré », a menacé sur X le secrétaire américain au Trésor.

« Nous sommes en quelque sorte dans une nouvelle phase où l’outil le plus efficace que nous ayons est la pression économique que nous pouvons leur imposer », a assuré de son côté le vice-président JD. Vance, invité d’un podcast conservateur. « Ce sera une danse délicate » parce que l’Iran « essaiera de faire pression économiquement sur nous », a-t-il toutefois averti.

Le niet chinois

Reste également à savoir quelle attitude adopteront les alliés des États-Unis, qui ont jusqu’ici choisi de rester à l’écart des opérations militaires, une prudence qui leur vaut désormais la rancœur tenace du président américain.

Mais c’est surtout de l’attitude de Pékin que dépendra le succès ou l’échec de cette nouvelle offensive économique américaine.

En effet, Donald Trump se dit convaincu de bénéficier d’une relation privilégiée avec le président chinois Xi Jinping, qu’il doit recevoir le 24 septembre aux États-Unis.

Reste que cette proximité affichée sera mise à rude épreuve dès lors qu’il s’agira de l’Iran. Car plus d’un quart des échanges commerciaux de la République islamique ont été réalisés avec la Chine en 2024, faisant de Pékin un partenaire économique incontournable de Téhéran. La Chine est également l’un des principaux débouchés du pétrole iranien, que Téhéran continue d’exporter malgré les sanctions américaines, notamment grâce au recours à une vaste flotte dite « fantôme ». Dès lors, sans la coopération ou à tout le moins la neutralité de Pékin, l’ambition américaine d’asphyxier économiquement l’Iran risque de se heurter à un obstacle de taille.

Et c’est sans surprise que la Chine a réagi, vendredi 21 août, à la pression des États-Unis menaçant les pays « partenaires » de l’Iran d’une guerre économique.

Ainsi, Pékin dit « s’opposer aux sanctions unilatérales illégales qui n’ont aucun fondement en droit international et qui n’ont pas l’autorisation du Conseil de sécurité des Nations unies ». « Les sanctions et les pressions ne permettront pas de résoudre le problème », a affirmé un porte-parole des Affaires étrangères chinoises, Lin Jian en appelant « toutes les parties concernées à prendre des mesures responsables et à régler le problème par la voie politique et diplomatique ».

Pour résumer, Pékin ne semble pas disposé à se plier automatiquement à l’injonction de Washington. La Chine s’oppose au principe des sanctions extraterritoriales américaines et entend préserver ses intérêts énergétiques avec l’Iran. Dans le même temps, elle cherche à éviter une confrontation frontale avec Washington.

Difficile à concilier, quitte à jouer le grand écart.

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Jeux méditerranéens : le Tunisien Mehrez Boussayene reconduit à la vice-présidence du CIJM

22. August 2026 um 10:59

À la veille de l’ouverture de la 20ᵉ édition des Jeux méditerranéens à Tarente, le Comité international a renouvelé son bureau exécutif : l’Italien Francesco Baramotto accède à la présidence, tandis que le Tunisien Mehrez Boussayene conserve son poste de premier vice-président.

L’assemblée générale élective du Comité international des Jeux méditerranéens (CIJM) s’est tenue jeudi 20 août 2026 à Tarente, en Italie, quelques heures avant le coup d’envoi de la 20ᵉ édition des Jeux méditerranéens, fixé au vendredi 21 août dans la même ville.

Au terme de ce scrutin, l’Italien Francesco Baramotto a été porté à la présidence de l’organisation. Mehrez Boussayene, président du Comité national olympique tunisien, a quant à lui été réélu au poste de premier vice-président du CIJM.

Le bureau exécutif ainsi constitué compte également le Français Bernard Amsalem, reconduit deuxième vice-président, et le Grec Iakovos Filippousis, élu secrétaire général.

En parallèle de ce nouveau mandat, Mehrez Boussayene demeure président par intérim du CIJM. Il continuera d’exercer cette fonction jusqu’à la clôture des Jeux de Tarente 2026, avant que le nouveau bureau exécutif ne se réunisse pour la première fois, le 4 septembre prochain.

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Royaume-Uni : alerte à la salmonelle

22. August 2026 um 10:32

Les autorités sanitaires britanniques recommandent aux enfants de moins de 5 ans, aux personnes de plus de 65 ans, aux femmes enceintes et aux personnes fragiles d’éviter les œufs peu cuits… Une épidémie nationale de salmonellose a déjà fait un mort et contaminé plus de 200 personnes.

Les autorités sanitaires britanniques renforcent leurs recommandations face à une épidémie de salmonellose jugée inhabituellement importante et en progression rapide. La Food Standards Agency (FSA) appelle les personnes les plus vulnérables à éviter les œufs insuffisamment cuits ou coulants (œufs à la coque, le ‘Mraoueb’ de chez nous) lorsqu’elles mangent à l’extérieur, notamment dans les restaurants, cafés et établissements de vente à emporter…

Le conseiller scientifique en chef de la FSA, Ian Young, a précisé que ces personnes pouvaient continuer à consommer des œufs au restaurant à condition qu’ils soient bien cuits. La recommandation vise donc spécifiquement les œufs coulants ou insuffisamment cuits et les préparations qui en contiennent.

Plus de 200 personnes contaminées

L’Agence britannique de sécurité sanitaire (UKHSA) a déclaré une « épidémie nationale de salmonellose ». Entre le 11 août 2025 et le 1er août 2026, 207 cas ont été recensés et une personne est décédée. Les autorités soupçonnent un lien avec des aliments préparés à partir d’œufs importés, même si les investigations se poursuivent afin d’identifier précisément la source de la contamination.

L’ampleur et la vitesse de progression de l’épidémie ont conduit les autorités à renforcer les appels à la prudence, notamment auprès des groupes les plus fragiles…

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L’OTAN s’invite dans la présidentielle française 2027

22. August 2026 um 10:30

À l’approche de la présidentielle française de 2027, l’OTAN se prépare à un scénario jusqu’ici difficilement envisageable : l’élection d’un président souhaitant réduire fortement, voire rompre, l’engagement de la France dans l’Alliance. Marine Le Pen veut sortir du commandement militaire intégré, tandis que Jean-Luc Mélenchon défend un retrait de l’OTAN.

La prochaine présidentielle française pourrait devenir un rendez-vous majeur pour l’avenir de l’OTAN. Selon l’analyse publiée par Politico le 19 août, l’Alliance s’inquiète désormais de la possibilité qu’un changement de majorité à Paris entraîne une profonde remise en cause de l’engagement militaire français.

L’enjeu est d’autant plus important que cette perspective intervient au moment où les États-Unis réduisent progressivement leur présence militaire en Europe et où les Européens cherchent à renforcer leur autonomie en matière de défense.

Le Pen et Mélenchon, deux scénarios de rupture

Les deux principales hypothèses évoquées présentent toutefois des degrés de rupture différents. Marine Le Pen souhaite retirer la France du commandement militaire intégré de l’OTAN, sans nécessairement quitter l’Alliance elle-même. Cette position rappelle la décision prise par Charles de Gaulle en 1966, lorsque la France avait quitté le commandement intégré tout en restant membre de l’organisation.

Jean-Luc Mélenchon défend une position beaucoup plus radicale : il souhaite que la France quitte l’OTAN. Son projet remettrait donc en cause l’appartenance même de la deuxième puissance militaire européenne à l’Alliance.

Pour l’OTAN, les conséquences seraient concrètes. La France dispose de capacités militaires importantes, notamment en matière de renseignement, de forces navales, de projection et de dissuasion nucléaire. Paris participe également au dispositif de défense du flanc Est. Le déploiement français en Roumanie, notamment, constitue l’un des éléments de la présence militaire de l’Alliance dans cette région. Un retrait ou une réduction de cet engagement obligerait l’OTAN à réorganiser une partie de ses plans opérationnels.

Le problème ne serait donc pas uniquement politique. Il concernerait aussi les structures de commandement, la planification militaire et la disponibilité des forces françaises pour les opérations de l’Alliance.

Que deviendrait l’influence française ?

Une sortie du commandement intégré aurait également une conséquence institutionnelle majeure : la France perdrait une partie de son influence directe sur les décisions militaires de l’OTAN.

Selon l’analyse relayée autour de l’article de Politico, le désengagement de la France pourrait accélérer le déplacement du centre de gravité militaire européen vers l’Allemagne et la Pologne, alors que Paris joue traditionnellement un rôle moteur dans les discussions sur l’autonomie stratégique européenne.

Le paradoxe serait considérable : vouloir récupérer une plus grande souveraineté militaire pourrait conduire la France à perdre une partie de son poids dans les décisions collectives de défense.

Une question nucléaire

La dimension nucléaire rend le scénario encore plus sensible. La France possède la seule force de dissuasion nucléaire indépendante de l’Europe occidentale en dehors du Royaume-Uni — qui est lui-même membre de l’OTAN — et conserve une capacité militaire autonome particulièrement importante.

Un changement de doctrine à Paris ne signifierait pas nécessairement la disparition de la dissuasion française, mais il compliquerait les équilibres stratégiques européens et les discussions sur la protection du continent…

La France défend depuis longtemps l’idée d’une autonomie stratégique européenne. Mais une présidence française hostile à l’OTAN pourrait paradoxalement affaiblir la construction d’une défense européenne commune en créant une nouvelle fracture entre les États favorables au maintien d’un lien étroit avec Washington et ceux souhaitant une plus grande indépendance stratégique…

Pour l’Alliance, l’objectif est désormais de se préparer à toutes les éventualités. Un départ français du commandement intégré serait sans précédent dans le contexte stratégique actuel ; un retrait complet de l’OTAN constituerait une rupture encore plus profonde. La présidentielle française de 2027 pourrait ainsi devenir l’un des principaux tests de cohésion de l’Alliance atlantique.

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Le capital de Poulina Group Holding grimpe à 189 MD

22. August 2026 um 10:24

Poulina Group Holding (PGH) va augmenter son capital par incorporation de réserves. Les actionnaires recevront une action gratuite pour vingt actions détenues, avec un détachement des droits fixé au 7 septembre 2026.

L’opération, décidée lors de l’Assemblée Générale Extraordinaire du 3 juin 2026, porte le capital social de la société d’environ 180 millions de dinars à environ 189 millions de dinars. Cette hausse d’environ 9 millions de dinars provient de réserves incorporées au capital.

Concrètement, PGH va créer environ 9 millions de nouvelles actions, d’une valeur nominale d’un dinar chacune. Ces titres seront attribués gratuitement aux actionnaires existants selon une parité d’une action nouvelle pour vingt actions anciennes détenues.

Le 3 août 2026, une seconde Assemblée Générale Extraordinaire a délégué au Conseil d’Administration tous les pouvoirs nécessaires pour fixer le calendrier et les modalités de l’opération. Le même jour, le Conseil d’Administration a fixé au 7 septembre 2026 la date de détachement des droits d’attribution.

À partir de cette date, les actionnaires pourront soit recevoir gratuitement leurs actions nouvelles selon la parité prévue, soit céder leurs droits d’attribution en Bourse. L’exercice de ces droits débutera également le 7 septembre 2026.

Les nouvelles actions porteront jouissance en dividendes dès le 1er janvier 2026 et seront assimilées aux actions anciennes. À compter du 7 septembre 2026, les actions anciennes seront négociées en Bourse droit détaché, tandis que les actions nouvelles et les droits d’attribution seront cotés sur la même ligne que les titres existants. Tunisie Clearing prendra en charge ces nouveaux instruments à la même date.

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USA–Canada : échec des négociations commerciales

22. August 2026 um 09:41

Les négociateurs américains et canadiens n’ont pas réussi à conclure un accord avant l’échéance fixée par Donald Trump. Washington doit ainsi appliquer à partir de samedi 22 août des droits de douane de 50 % sur quelque 20 milliards de dollars de produits canadiens…

Les discussions entre les États-Unis et le Canada se sont prolongées jusqu’aux dernières heures de vendredi 21 août à Washington, sans parvenir à déboucher sur un accord commercial. Les deux parties restent confrontées à des divergences suffisamment importantes pour empêcher un compromis immédiat.

Le gouvernement américain a confirmé que les nouveaux droits de douane de 50 % visant environ 20 milliards de dollars d’importations canadiennes entreraient en vigueur peu après minuit samedi. Cette nouvelle mesure s’ajoute aux droits déjà appliqués à certains produits canadiens, notamment l’acier, l’aluminium, le bois et les automobiles.

Les discussions portaient notamment sur une réduction des droits américains sur les automobiles fabriquées au Canada, qui pourraient passer de 25 % à 15 %, ainsi que sur une diminution de moitié des tarifs frappant l’acier et l’aluminium, à 25 %.

Mais plusieurs dossiers sont restés bloqués, notamment les règles concernant la part de contenu canadien ou américain dans les produits bénéficiant d’allégements tarifaires. L’accès au marché canadien des produits américains, notamment dans les secteurs des produits laitiers et des boissons alcoolisées, figurait également parmi les points de friction.

Une nouvelle escalade commerciale

L’échec des négociations marque un nouveau durcissement des relations commerciales entre les deux partenaires nord-américains. Le conflit dure depuis près de deux ans et a déjà conduit à plusieurs séries de droits de douane et de mesures de rétorsion.

Le gouvernement de Mark Carney se retrouve désormais sous pression. Le Canada dépend fortement du marché américain pour ses exportations, ce qui limite sa marge de manœuvre, même si Ottawa dispose de moyens de représailles…

Le secteur automobile constitue l’un des principaux enjeux des discussions. Washington souhaite que les réductions tarifaires soient davantage liées à l’utilisation de composants fabriqués aux États-Unis, tandis que le Canada plaide pour une définition plus large du contenu nord-américain.

L’acier et l’aluminium constituent un autre dossier majeur. Le projet d’accord évoqué ces derniers jours prévoyait de ramener les droits américains de 50 % à 25 %, avec un quota annuel de quatre millions de tonnes ; au-delà de ce volume, le taux de 50 % aurait continué de s’appliquer…

Même si les produits concernés ne représentent qu’une fraction des exportations canadiennes vers les États-Unis, les nouvelles taxes pourraient fragiliser certaines industries et accentuer l’incertitude pesant sur les investissements et l’emploi.

Pour Ottawa, le risque est également politique : toute concession supplémentaire pourrait être difficile à faire accepter par l’opinion publique et les provinces.

Le conflit dépasse désormais les seuls tarifs

L’affrontement commercial s’inscrit dans la renégociation plus large des relations économiques nord-américaines et dans la perspective de la révision de l’Accord États-Unis–Mexique–Canada (USMCA).

Washington et Ottawa devront donc probablement reprendre les discussions malgré l’échec de vendredi. Le Mexique observe également attentivement l’évolution des négociations, son gouvernement estimant pouvoir obtenir des conditions commerciales comparables à celles actuellement discutées entre Washington et Ottawa.

L’échec des négociations ne clôt donc pas le dossier : il ouvre une nouvelle phase de confrontation, dans laquelle les droits de douane deviennent à la fois un instrument de pression économique et un levier de négociation pour Washington.

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