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Heute — 18. März 2026Leconomiste Maghrebin

Grâce d’Aïd al-Fitr : 1473 libérations et 835 remises de peine

18. März 2026 um 13:06

À l’occasion de la célébration de l’Aïd al-Fitr et du 70e anniversaire de l’indépendance, le président de la République, Kaïs Saïed, a accordé une grâce présidentielle aboutissant à la libération de 1 473 détenus et à la réduction de peine pour 835 détenus.

Par ailleurs, le chef de l’État a donné ses instructions pour accorder une libération conditionnelle à 416 détenus supplémentaires.

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Sac plastique viral : quand Hollywood trolle Balenciaga et la planète

18. März 2026 um 12:41

Des photos virales de l’actrice chinoise Zhang Jingyi arborant un sac jaune fluo ont enflammé  Instagram, TikTok et X. Beaucoup y ont vu un nouveau coup provocateur de Balenciaga, la marque de luxe friande de designs excentriques comme son « Trash Bag » à 1790 dollars, inspiré d’un sac poubelle.

Fausse alerte ! Ce sac n’est qu’un vulgaire sac plastique promotionnel pour son film The One. Son personnage, Yu Yan, l’utilise pour que ses parents sourds la repèrent de loin. Zhang l’a repris en public pour ancrer ce symbole narratif et buzzer auprès du public.

Toutefois l’ironie du sort c’est que quand on milite contre les sacs plastiques pour préserver l’environnement, il en va de notre engagement responsable et écologique. Car il faut savoir qu’un sac plastique met entre 100 et 1 000 ans à se décomposer, avec une moyenne souvent citée de 450 ans. Et voilà qu’un simple accessoire de cinéma devient icône de mode, tout en envoyant le mauvais message !

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Aïd al-Fitr sous les nuages : pluies et vents en vue du 19 au 22 mars !

18. März 2026 um 12:18

L’Aïd al-Fitr rime avec le sourire des enfants qui revoient leurs « mahbet el 3aid », ces friandises tant attendues, et les visites joyeuses chez les proches. Mais la grande question demeure : quel temps fera-t-il ?

L’Institut national de météorologie (INM) prévoit des fluctuations atmosphériques du 19 au 22 mars, pile pendant les vacances de l’Aïd al-Fitr. Pluies éparses et nuages passants domineront la plupart des régions.

Les maximales jeudi 19 mars oscilleront entre 16 et 21 °C au nord, centre et sud-est. Elles seront comprises entre 22 et 27 °C ailleurs. On notera une légère baisse des températures samedi 21 mars. Tandis qu’elle se stabiliseront le dimanche 22.

Par ailleurs, vendredi et samedi, les nuages s’épaissiront à l’ouest, accompagnés de pluies sporadiques jusqu’à l’est localement. Le vent sera fort près des côtes et au sud, avec des tourbillons de sable nocturnes possibles.

Enfin, le dimanche 22 mars, le temps sera pluvieux au nord et localement dans les régions du centre et du sud-ouest. Le vent soufflera d’ouest-nord-ouest, relativement fort sur la côte et modéré ailleurs. Dans l’ensemble les températures resteront stables.

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Pétrole : les géants chinois renouent avec Moscou

18. März 2026 um 12:17

Les grandes compagnies pétrolières publiques chinoises, dont Sinopec et PetroChina, ont relancé leurs recherches de cargaisons de brut russe, après une pause de près de quatre mois. Cette reprise intervient dans un contexte de tensions croissantes au Moyen-Orient, qui font craindre des perturbations durables de l’approvisionnement énergétique mondial.

Selon plusieurs sources de marché citées par Reuters le 17 mars, les filiales commerciales de ces groupes ont récemment approché des fournisseurs pour d’éventuels achats, une première depuis novembre 2025. Si aucun accord n’a encore été officialisé, des transactions pourraient être conclues dans les prochains jours, le pétrole russe conservant un avantage de prix face aux alternatives en provenance du Brésil ou d’Afrique de l’Ouest.

Cette dynamique s’explique en partie par une exemption temporaire accordée par Washington, permettant certaines transactions sur une période de 30 jours à compter du 12 mars, notamment pour des cargaisons déjà chargées. Les acteurs chinois évaluent donc actuellement la faisabilité logistique et financière de ces opérations dans ce délai restreint.

Dans ce contexte incertain, les grandes compagnies pourraient également se tourner vers des raffineurs indépendants chinois disposant de stocks de brut russe. Certains de ces acteurs seraient prêts à revendre leurs cargaisons, profitant de marges plus attractives que celles issues du raffinage.

Sur le plan des prix, le brut russe ESPO — principal mélange exporté depuis l’Extrême-Orient — a été proposé récemment avec une prime d’environ 8 dollars au-dessus du Brent. À titre de comparaison, le brut brésilien de type Tupi affichait une prime nettement plus élevée, entre 12 et 15 dollars.

Le marché a connu un retournement rapide : les cargaisons ESPO, qui se négociaient encore avec de fortes décotes en mars, affichent désormais des primes pour les livraisons d’avril et mai. Cette évolution reflète la recomposition des flux mondiaux de pétrole sous l’effet de la guerre au Moyen-Orient…

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Libye : nouveau gazoduc pour contrer la pénurie, malgré des réserves colossales

18. März 2026 um 12:12

Malgré d’abondantes réserves gazières (53 000 milliards de pieds cubes, selon l’AIE 2023), l’approvisionnement domestique en Libye reste fragile. Le gaz couvrant 70 % de la production électrique (AIE 2024). C’est ce qu’a révélé l’agence Ecofin. Ainsi la National Oil Corporation (NOC) a annoncé le démarrage de la première phase du projet, avec un pompage effectif de gaz, annonce The Libya Observer du 15 mars. Toutefois la NOC alertait sur un risque de pénurie dès 2025 (Libyan Express), appelant à moderniser les infrastructures (Middle East Institute, 2024).

Pour y remédier, la Libye a lancé la première phase d’un gazoduc reliant le champ Farigh (bassin de Syrte, champ 103) à Zueitina, puis au hub de Brega via un pipeline existant de 42 pouces géré par Syrte Oil (The Libya Observer, 15 mars). Ce flux soutiendra la production d’électricité et les industries via le réseau côtier.

 

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L’Afrique en retard sur la propriété intellectuelle : la Tunisie trace son chemin

18. März 2026 um 11:47

L’Indice international de la propriété intellectuelle 2026 du Global Innovation Policy Center (GIPC), publié le 11 mars, évalue les 55 plus grandes économies mondiales (90 % du PIB global) sur 53 indicateurs répartis en 10 catégories, comme les brevets, droits d’auteur, marques, secrets d’affaires, application des lois et traités internationaux. Sur une échelle de 0 à 100, il révèle un retard africain persistant : seul le Maroc se classe au 22ème mondial (59,19 points), devant le Ghana (39e, 39,25), le Kenya (42e), l’Afrique du Sud (46e), le Nigeria (47e), Égypte (48e) et Algérie (53e).

La Tunisie, bien que non incluse dans ce top 55 malgré sa taille économique régionale, montre des avancées prometteuses. Et ce, via son cadre législatif renforcé (INNORPI, OTDAV). Mais aussi grâce à sa participation à des conventions internationales et des projets comme TUSIP avec la Suisse pour une Stratégie nationale IP, positionnant le pays comme un challenger émergent en Afrique du Nord.

Le potentiel de la Tunisie, que sait-on?

La Tunisie excelle en réformes : Constitution garantissant la PI; lois sur brevets/dessins/modèles/IG/variétés végétales; partenariats suisses (TUSIP) pour INNORPI/DGPA/OTDAV; et focus sur GIs agroalimentaires/artisanat. Cela pave la voie pour une entrée future dans le top, boostant l’innovation et les exportations face au retard continental.​

Comparaison Afrique 2026

Ces évolutions rappellent l’importance de la propriété intellectuelle pour l’innovation. Ainsi, la Tunisie peut capitaliser sur ses atouts pour rattraper le Maroc et stimuler sa croissance économique.

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Fêtes : la BCT appelle à garantir les retraits et les paiements

18. März 2026 um 11:04

La Banque centrale de Tunisie (BCT) a appelé les banques et la Poste tunisienne à prendre les mesures nécessaires. Objectif : garantir la continuité des opérations de retrait aux distributeurs automatiques de billets (DAB) et des services de paiement électronique. Et ce, à l’occasion du congé de la fête de l’Indépendance et de l’Aïd El Fitr, le 20 mars 2026.

La BCT met l’accent, dans une note, sur la nécessité d’assurer le chargement des DAB et de garantir la disponibilité technique des plateformes électroniques, afin d’assurer la continuité des services financiers sans interruption pendant la période de congé.

L’institut d’émission a également souligné l’importance de l’intervention à temps pour la résolution de tout incident technique. Tout en appelant à prendre les mesures préventives nécessaires pour éviter d’éventuelles interruptions.

Ces recommandations s’inscrivent dans le souci de garantir le bon déroulement des transactions financières des citoyens, notamment en raison de l’augmentation de la demande de services bancaires et électroniques pendant les périodes de fêtes.

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S&P place la note souveraine de l’Irak sous surveillance négative

18. März 2026 um 10:51

L’agence de notation S&P Global a décidé, le mardi 17 mars, de placer la note souveraine à long terme de l’Irak (« B- ») sous surveillance négative. Cette décision reflète une inquiétude croissante quant à la capacité du pays à faire face à un choc externe majeur : l’effondrement brutal de sa production pétrolière, dans un contexte de forte escalade géopolitique au Moyen-Orient.

Selon les estimations évoquées, la production irakienne serait passée d’environ 4,2 millions de barils par jour (bpj) à seulement 1,2 million bpj. Une chute de près de 70 %, directement liée à la fermeture du détroit d’Ormuz, axe vital par lequel transite une grande partie des exportations mondiales de pétrole. Une telle contraction de la production signifie donc une chute immédiate des revenus de l’État, compromettant : le financement des salaires publics, les subventions énergétiques, les investissements dans les infrastructures et la stabilité sociale

Dans ce contexte, les infrastructures énergétiques, les routes maritimes et les capacités logistiques régionales sont fortement perturbées, affectant en premier lieu des pays exportateurs comme l’Irak.

L’Irak est particulièrement vulnérable à ce type de choc : le pétrole représente environ 90 % des recettes publiques et constitue plus de 95 % des exportations du pays.

Pourquoi S&P envisage une dégradation

La mise sous surveillance négative par S&P Global indique qu’une dégradation de la note est probable à court terme si la situation persiste. Plusieurs facteurs de risque sont identifiés : détérioration rapide des finances publiques, pression sur les réserves de change, risque de déficit budgétaire massif et fragilité politique interne accrue.

Une baisse de la note souveraine rendrait plus coûteux, voire difficile, l’accès de l’Irak aux marchés internationaux de financement.

Si le conflit perdure, l’Irak pourrait entrer dans une crise économique majeure, combinant chute des revenus, tensions sociales et instabilité politique. À l’inverse, une désescalade rapide et la réouverture des voies d’exportation seraient essentielles pour éviter une dégradation de sa note souveraine et limiter les effets d’un choc pétrolier global.

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Dans la francophonie de 2050, la Tunisie occupe déjà une place de choix

18. März 2026 um 10:34

Neuf francophones sur dix vivront en Afrique d’ici 2050. Ce chiffre, extrait du rapport La langue française dans le monde 2026, résume à lui seul le déplacement de gravité qui redessine la géographie mondiale d’une langue parlée aujourd’hui par 396 millions de personnes, dont les deux tiers résident déjà sur le continent africain.

La projection à 590 millions de locuteurs pour 2050 n’est pas une extrapolation abstraite. Elle repose sur une réalité documentée. En effet, entre 2010 et 2025, l’Afrique a généré 92 % de la progression du nombre de personnes naissant et grandissant en français. Démographie soutenue et maintien du français comme langue d’enseignement dans les systèmes scolaires nationaux constituent les deux moteurs de cette trajectoire. La francophonie de demain sera ainsi majoritairement jeune, urbaine, mobile et marquée par des pratiques linguistiques mixtes.

Dans ce tableau continental, la Tunisie se distingue par un taux de 63 % de francophones au sein de sa population, l’un des plus élevés de l’ensemble maghrébin. Le français y remplit plusieurs fonctions simultanées : langue de formation scolaire et universitaire, outil opérationnel dans de nombreux secteurs économiques, marqueur de positionnement social et pilier d’une partie substantielle de la production intellectuelle et médiatique nationale.

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Un CMR se penche sur la restructuration de la société El Fouladh

18. März 2026 um 10:17

Présidé par la cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri, mardi 17 mars, un conseil ministériel restreint (CMR) a décidé de lancer la restructuration de la société « El Fouladh » et de déployer un nouveau programme d’investissement.

L’objectif est de faire de l’entreprise El Fouladh un pôle des industries minières, capable de répondre aux besoins nationaux en acier, de développer des activités connexes et de renforcer le recyclage des matériaux ferreux. Le plan prévoit d’atteindre une production de 600 000 tonnes de billettes d’acier et de créer 6 600 emplois.

A cet égard, la stratégie repose sur un recentrage de l’activité. Ainsi, plus de 90 % du chiffre d’affaires proviendrait désormais des billettes d’acier; contre une forte dépendance actuelle au fer à béton. Cette réorientation doit améliorer la rentabilité, permettre le remboursement des dettes et assurer la pérennité de l’entreprise.

Le programme vise aussi à réduire les importations coûteuses d’acier (plus de 300 millions de dollars par an). Et ce, en valorisant la ferraille locale et en renforçant l’intégration industrielle.

Dans ce cadre, un programme national de production de billettes d’acier sera lancé, basé sur environ 300 000 tonnes de ferraille disponibles chaque année. Il doit soutenir la compétitivité du secteur, réduire les coûts et renforcer la chaîne de valeur industrielle.

Fondée en 1962, El Fouladh a longtemps été un acteur majeur de la sidérurgie tunisienne, avant de décliner en raison de difficultés de gestion. Sa restructuration, ainsi que celle des Ciments de Bizerte, est présentée comme un choix stratégique visant à renforcer la souveraineté industrielle, soutenir les exportations et relancer l’économie nationale.

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SITEX placée sous règlement judiciaire par le tribunal de Monastir

18. März 2026 um 09:13

Le tribunal de première instance de Monastir a prononcé, le 2 mars 2026, l’ouverture d’une procédure de règlement judiciaire à l’encontre de SITEX, société textile anonyme basée à Ksar Hellal et dotée d’un capital d’environ 23 millions de dinars.

Cette décision judiciaire fait suite à des difficultés financières traversées par l’entreprise au cours de la période récente. Elle ouvre la voie à l’élaboration d’un plan de redressement placé sous la supervision des autorités judiciaires compétentes, dont l’objectif est d’assurer la continuité de l’activité, de préserver les emplois et d’apurer le passif de la société.

Le tribunal a désigné Chiraz Tebra en qualité d’administratrice judiciaire. Elle sera chargée d’accompagner SITEX dans la conduite de cette procédure et dans la recherche de solutions de redressement adaptées.

Dans son communiqué publié sur le site officiel de la BVMT, la société s’est engagée à coopérer pleinement avec les autorités judiciaires et à tenir régulièrement informés ses actionnaires, partenaires, investisseurs et collaborateurs de toute évolution significative relative à cette procédure.

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Libye : un incendie à Sharara ravive les craintes sur la stabilité énergétique

18. März 2026 um 09:07

La Compagnie nationale de pétrole libyenne (NOC) a annoncé, dans la matinée de mercredi 18 mars, le détournement progressif des flux de pétrole du champ de Sharara, après un incendie déclenché par une fuite sur un oléoduc. L’opérateur assure que la production se poursuit et n’a fait aucune victime.

Pour limiter les pertes, les flux ont été redirigés vers des infrastructures alternatives. Une partie du brut est désormais acheminée via le pipeline du champ d’El Fil jusqu’au port de Mellitah; tandis qu’une autre est orientée vers les réservoirs de Zawiya via le réseau de Hamada.

A noter que des ingénieurs présents sur site, le 17 courant, avaient indiqué qu’une explosion sur un pipeline avait entraîné un ralentissement progressif de la production. Selon leurs estimations, les réparations pourraient prendre environ deux jours, le temps d’évaluer précisément les dégâts.

Le champ de Sharara Oilfield, situé dans le sud-ouest du pays, est l’un des principaux gisements libyens, avec une capacité comprise entre 300 000 et 320 000 barils par jour…

Ce site stratégique est exploité par une coentreprise associant la NOC, via Akakus Oil Operations, et plusieurs majors internationales, dont Repsol, TotalEnergies, OMV et Equinor.

Cet incident illustre une nouvelle fois la fragilité du secteur pétrolier libyen, régulièrement perturbé par des incidents techniques, des blocages politiques ou des mouvements sociaux depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi à la suite du la guerre civile en Libye (2011-2020).

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Sénégal… malheureux vainqueur de la 35ème édition de la CAN!

18. März 2026 um 07:59

Coup de théâtre retentissant ! Près de deux mois après la finale de la CAN 2025, remportée sur le terrain par le Sénégal face au Maroc (après prolongation) le 18 janvier à Rabat, la Confédération africaine de football (CAF) a totalement renversé la situation.

En effet, dans la soirée de mardi 17 mars 2026, l’instance du foot africain a annoncé avoir validé l’appel du Maroc, le désignant ainsi champion d’Afrique à la place du Sénégal, désormais déchu de son titre. Une décision qui risque de provoquer une vive polémique sur la planète foot africaine. Notamment, un règlement appliqué en partie, mais bafoué de l’autre.

Suite aux nombreux incidents ayant émaillé cette finale, le jury disciplinaire de la CAF s’était réuni une première fois. Le 28 janvier, plusieurs sanctions individuelles avaient été prononcées contre des acteurs des deux sélections, sans toutefois affecter le résultat du match. Le Maroc, qui réclamait alors une « victoire sur tapis vert », avait vu sa demande rejetée, suscitant une forte contestation et un recours en appel.

Examiné ce mardi, cet appel a abouti à une décision radicalement différente. À l’issue de l’audience, la CAF a tranché en déclarant le Sénégal forfait pour la finale, homologuant ainsi le score de 3-0 en faveur du Maroc. La Fédération Royale Marocaine de Football se voit donc attribuer officiellement le titre de champion d’Afrique.

En quête d’un deuxième sacre continental depuis 1976, le Maroc atteint finalement son objectif, mais dans des circonstances pour le moins inhabituelles, loin du verdict du terrain. De son côté, le Sénégal voit son palmarès réduit à un seul titre, celui acquis en 2022.

Et cette finale restera, malheureusement, une tache noire dans le bilan du président de la CAF, le Sud-africain Dr Patrice Motsepe. Dommage!

Sans doute, une affaire à suivre.

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ECLAIRAGE – Le monde vacille, la Tunisie encaisse

18. März 2026 um 05:45

Il est des chocs qui ne préviennent pas, mais qui révèlent tout. Lorsque les marchés deviennent fébriles, que le pétrole franchit à nouveau des seuils critiques et que les grandes puissances monétaires suspendent leur souffle, les économies les plus exposées ne disposent d’aucun luxe d’attente. Elles encaissent. La conjoncture, marquée par les tensions au Moyen-Orient et l’attentisme des banques centrales, agit ainsi comme un révélateur brutal des fragilités structurelles de Tunisie. Dans ce théâtre global de l’incertitude, chaque variation du baril du pétrole, chaque déclaration de la Réserve fédérale américaine, chaque frémissement du dollar se traduit, localement, par des arbitrages douloureux.

 

Le retour d’un pétrole durablement au-dessus des 100 dollars n’est pas une simple donnée de marché. Il constitue une ligne de fracture. Pour une économie importatrice nette d’hydrocarbures comme la Tunisie, la hausse du brut agit immédiatement comme un choc budgétaire.

Le déficit énergétique, déjà chronique, se creuse mécaniquement. La facture extérieure s’alourdit, tandis que les finances publiques sont placées sous tension. Le système de compensation, pilier fragile de la stabilité sociale, se retrouve à nouveau sous pression. Faut-il absorber le choc en creusant le déficit ou le transférer vers les prix domestiques au risque d’une crispation sociale ?

 

Lire aussi – Crise des finances publiques en Tunisie : les économistes prescrivent, les décideurs tergiversent

 

Dans cette équation, le pétrole devient un facteur de souveraineté. Non pas parce que la Tunisie en produit, mais précisément parce qu’elle en dépend.

Inflation importée : la mécanique silencieuse de l’appauvrissement

L’inflation, souvent perçue comme un phénomène abstrait, prend ici une dimension concrète et quotidienne. Elle s’infiltre dans les coûts de transport, dans les prix alimentaires, dans les biens intermédiaires. Elle devient une mécanique silencieuse d’érosion du pouvoir d’achat.

Dans un pays où la dépendance aux importations reste élevée, chaque tension géopolitique se transforme en inflation importée. Et lorsque cette inflation s’installe dans la durée, elle modifie les comportements : les ménages réduisent leur consommation, les entreprises reportent leurs investissements, l’économie ralentit.

Le danger n’est pas seulement une hausse des prix. C’est l’installation d’un climat d’incertitude économique où les anticipations deviennent défensives.

Banques centrales : le temps suspendu des décisions impossibles

Au cœur de cette séquence, les banques centrales avancent avec prudence. La Banque centrale européenne (BCE), comme la Réserve fédérale américaine, semblent privilégier l’attentisme face à un choc encore difficile à quantifier.

Mais cette pause apparente ne signifie pas détente. Les taux restent élevés, les conditions financières demeurent restrictives et les marchés restent hypersensibles au moindre signal.

Pour la Banque centrale de Tunisie (BCT), l’équation est encore plus complexe. Il ne s’agit pas seulement d’arbitrer entre inflation et croissance, mais de composer avec des contraintes externes sur lesquelles elle n’a aucune prise.

 

Lire également – Choc pétrolier au Golfe : la Tunisie serait-elle au bord de l’explosion inflationniste ?

 

Relever les taux pour contenir l’inflation ? Cela risque d’étouffer une économie déjà fragile. Les maintenir ? C’est prendre le risque d’une dérive inflationniste et d’une pression accrue sur le dinar.

Dans cette configuration, la politique monétaire n’est plus un levier souverain. Elle devient un exercice d’équilibriste.

Le dollar fort : une pression invisible mais constante

Lorsque le dollar se renforce, ce n’est pas seulement une question de parité monétaire. C’est une onde de choc silencieuse pour les économies dépendantes.

La majorité des importations stratégiques de la Tunisie, notamment énergétiques, est libellée en dollars. Ainsi, chaque appréciation du billet vert renchérit automatiquement la facture extérieure. Le dinar, pris en étau entre inflation et déséquilibres extérieurs, subit des pressions récurrentes.

Ce mécanisme nourrit une spirale bien connue : dépréciation monétaire, inflation importée, érosion du pouvoir d’achat. Une dynamique difficile à enrayer sans réformes structurelles profondes.

Marchés financiers : la contagion de la prudence

La nervosité des marchés européens, perceptible à travers des indices comme le CAC 40 ou le EuroStoxx 50, traduit une montée de l’aversion au risque. Cette prudence n’épargne pas les marchés émergents.

La Bourse de Tunis (BVMT), bien que relativement isolée, n’évolue pas en vase clos. Le retrait des investisseurs étrangers, la contraction de la liquidité et l’attentisme des acteurs locaux peuvent freiner la dynamique du marché.

Dans ce contexte, les opportunités existent, mais elles deviennent sélectives. Les secteurs générant des revenus en devises ou moins dépendants des importations pourraient résister. Mais l’ensemble reste dominé par une logique de prudence.

Ralentissement mondial : le choc différé mais inévitable

Les mises en garde de l’OCDE sur un ralentissement potentiel de la croissance mondiale ne relèvent pas de la simple anticipation. Elles annoncent un choc différé.

Pour la Tunisie, dont les principaux partenaires économiques se trouvent en Europe, un ralentissement du commerce mondial se traduit directement par une baisse des exportations. Les secteurs industriels, déjà fragilisés, pourraient en subir les conséquences.

Le tourisme, autre pilier des entrées en devises, reste également vulnérable à l’incertitude géopolitique. Or, dans un contexte de tensions prolongées, les flux touristiques deviennent plus volatils.

Une économie sous contrainte : entre adaptation et dépendance

Ce qui se joue aujourd’hui dépasse la conjoncture. C’est la capacité de résilience de l’économie tunisienne qui est mise à l’épreuve.

Chaque crise internationale rappelle la même réalité : la dépendance énergétique, la fragilité des équilibres extérieurs et la limitation des marges de manœuvre macroéconomiques. Tant que ces vulnérabilités persistent, chaque choc exogène se transforme en crise interne.

Mais dans cette contrainte réside aussi une opportunité. Celle de repenser le modèle économique, d’accélérer la transition énergétique, de renforcer la production locale et de diversifier les partenaires commerciaux.

Du choc subi à la stratégie choisie

Le monde entre dans une phase de désordre durable, où les crises ne sont plus des accidents, mais des composantes du système. Dans cet environnement, la Tunisie ne peut plus se contenter de subir.

La hausse des cours du pétrole, les tensions géopolitiques et l’attentisme monétaire mondial ne sont que les symptômes d’un basculement plus profond. Face à cette nouvelle réalité, l’enjeu n’est plus seulement de résister, mais de transformer.

Dans un monde instable, la véritable souveraineté ne réside pas dans l’absence de chocs, mais dans la capacité à les absorber, les anticiper et, surtout, à en faire des leviers de mutation économique.

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain

D’Economie Financière (IAEF-ONG)

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TCL perd son procès QLED en Allemagne : fin des pubs trompeuses pour ses TV « quantiques »

17. März 2026 um 15:08

Un tribunal de Munich inflige un coup dur au géant chinois TCL : interdiction pure et simple d’utiliser le label « QLED » pour plusieurs de ses téléviseurs, accusés de ne pas tenir leurs promesses en matière de couleurs vives.

En effet, le tribunal régional de Munich a tranché en faveur de Samsung Electronics, qui avait attaqué en avril 2025 la filiale allemande de TCL pour concurrence déloyale. Les juges ont estimé que des modèles comme la série QLED870, vantés comme des téléviseurs à points quantiques, déçoivent les attentes des consommateurs.

Ces derniers associent le QLED à une reproduction des couleurs supérieure, grâce à un contrôle précis de la lumière – or, les plaques de diffusion « quantiques » de TCL n’apportent pas les améliorations promises, rendant les pubs trompeuses.Rappelons que la norme de l’International Electrotechnical Commission définit les vrais QLED comme des écrans à rétroéclairage bleu, équipés d’un film de points quantiques entre la source lumineuse et le panneau, pour des images plus lumineuses et fidèles que les LED classiques.

TCL affirmait pourtant employer des particules quantiques sur ses diffuseurs, une technologie jugée insuffisante par le tribunal.Conséquence immédiate : la branche allemande de TCL ne peut plus vendre ni promouvoir sous le nom « QLED » les modèles incriminés, ni tout autre produit basé sur cette même technique.

Cette sentence risque de faire des vagues ailleurs. En Corée du Sud, Hansol Chemical, fournisseur de matériaux pour points quantiques  a saisi en novembre 2024 la Korea Fair Trade Commission, dénonçant des TV TCL dépourvus des composants essentiels aux vrais QLED.

Aux États-Unis, TCL affronte des class actions en Californie et à New York pour publicité mensongère sur ses QLED, tandis que son rival chinois Hisense subit des poursuites similaires dans des États comme New York et l’Illinois.Cette affaire met en lumière la bataille acharnée autour des technologies d’affichage, où les géants  veillent à protéger leur avance.

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Gestern — 17. März 2026Leconomiste Maghrebin

Pour cause de l’Aïd, la CNRPS fait une exception pour ses retraités

17. März 2026 um 17:16
La Caisse nationale de retraite et de prévoyance sociale (Cnrps) a annoncé l’avancement exceptionnel de la date de versement des pensions de retraite du mois de mars à l’occasion de l’Aïd al-Fitr.

Dans un communiqué publié mardi 17 mars, la Cnrps a précisé que les versements commencent a partir de mercredi 18 mars 2026.

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Commerce mondial : les pays pauvres en danger, alerte la Cnuced

17. März 2026 um 20:12

La Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) alerte, dans sa mise à jour de mars 2026, sur l’érosion des règles du commerce mondial et appelle à une réforme urgente de l’Organisation mondiale du commerce afin de restaurer la prévisibilité du système et soutenir le développement, en particulier dans les pays les plus vulnérables.

Selon le rapport, le recours croissant à des mesures commerciales discriminatoires – droits de douane, restrictions technologiques ou filtrage des investissements – fragilise un cadre multilatéral censé garantir un accès stable aux marchés. Cette instabilité pèse surtout sur les pays en développement, notamment ceux dits pauvres, dont les économies, souvent peu diversifiées, restent exposées aux chocs extérieurs.

Le commerce demeure pourtant un levier clé de croissance. Il finance les importations essentielles, favorise les transferts de technologies et soutient l’emploi. Le commerce Sud-Sud a connu une expansion spectaculaire, rappelle l’organisation onusienne, passant de 500 milliards de dollars en 1995 à 6 800 milliards en 2025, soit plus d’un quart des échanges mondiaux. Malgré cela, les pays les moins avancés restent marginalisés, ne représentant que 1,1 % des exportations mondiales en 2024, loin de l’objectif de 2 % fixé pour 2030, regrettent les experts de la Cnuced.

L’organisation insiste également sur l’urgence de rétablir un mécanisme de règlement des différends pleinement opérationnel. Paralysé par le blocage de l’organe d’appel, ce système – pourtant crucial pour garantir l’équité entre États – est de moins en moins utilisé, avec une chute marquée des litiges engagés depuis 2020.

Enfin, le rapport souligne que les transformations du commerce mondial, notamment dans les services, le numérique et la transition écologique, risquent d’accentuer les inégalités. Les pays les moins avancés restent quasi absents de ces secteurs, représentant moins de 1 % des exportations de services.

Pour y remédier, la Cnuced plaide pour des règles plus claires, un soutien accru aux pays en développement et le renforcement du traitement spécial et différencié. L’objectif : replacer le développement au cœur du système commercial et préserver le rôle du commerce comme moteur de croissance inclusive.

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Ciments de Bizerte : le gouvernement lance un plan de restructuration en trois phases

17. März 2026 um 19:33

Un conseil ministériel restreint (CMR), présidé mardi 17 mars à La Kasbah par la cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri, a décidé d’engager une série de réformes structurelles visant à restructurer l’entreprise publique « Les Ciments de Bizerte », à relancer son programme d’investissement et à améliorer sa performance commerciale.

À court terme, l’objectif est d’assurer la continuité de l’approvisionnement du marché, notamment à travers la poursuite de l’acquisition et de la transformation du clinker. Le gouvernement entend également préserver la part de marché de l’entreprise, maintenir une marge bénéficiaire positive et réduire les coûts de production afin de garantir la compétitivité des prix, indique un communiqué de la présidence du gouvernement.

À moyen terme, les mesures envisagées portent sur la réactivation du transport ferroviaire pour alléger les coûts logistiques, la promotion de l’utilisation du ciment en vrac pour ses avantages économiques et environnementaux, ainsi que la création d’une filiale commerciale à Tunis. Le développement des ventes dans les régions du nord-ouest et du Grand Bizerte figure également parmi les priorités.

Sur le long terme, les réformes visent à renforcer l’activité du port commercial de l’entreprise, à accroître les exportations de clinker et de ciment, à diversifier les produits et à conquérir de nouveaux marchés extérieurs jugés prometteurs.

Le CMR a, en outre, souligné la nécessité d’un appui financier pour permettre à l’entreprise de couvrir son cycle d’exploitation et de financer ses investissements prioritaires, tout en améliorant son positionnement sur le marché local et en reconquérant sa part de marché historique, dans le respect de ses équilibres financiers.

Un exposé détaillé a été présenté lors de la réunion sur la situation actuelle de l’entreprise, couvrant ses aspects techniques, financiers, commerciaux et sociaux, ainsi que son programme de restructuration.

Le plan d’investissement retenu s’articule autour de trois phases. La première prévoit la reprise de la production à travers la remise en service de la ligne de clinker, avec une maîtrise des coûts et une réduction du recours aux services externes. La deuxième phase vise l’augmentation de la capacité de production, grâce à la modernisation des équipements et à l’amélioration des processus d’exploitation. La troisième phase sera consacrée à la maîtrise de l’énergie, à la protection de l’environnement, au renforcement de la compétitivité et à la mise en place d’un système d’information intégré.

Insistant sur l’urgence de la situation, la cheffe du gouvernement a appelé à accélérer la mise en œuvre de ces réformes afin de surmonter les difficultés de l’entreprise et d’assurer sa pérennité en tant qu’acteur économique majeur.

Elle a également mis en avant les atouts dont dispose « Les Ciments de Bizerte », notamment son quai portuaire commercial, sa position stratégique en Méditerranée, ses infrastructures, la disponibilité des matières premières, sa connexion ferroviaire, son patrimoine foncier et la notoriété de sa marque.

Fondée en 1950 sous le nom de « Ciment Portland de Bizerte » et entrée en production en 1953 avant sa nationalisation en 1959, l’entreprise figure parmi les plus anciennes du pays. Elle a contribué à la réalisation de grands projets nationaux et au développement des exportations, notamment vers les pays méditerranéens.

Le secteur du ciment en Tunisie, qui compte neuf entreprises pour une capacité de production d’environ 12 millions de tonnes et plus de 4 000 emplois, constitue un pilier de l’économie nationale, contribuant à la croissance et à la mobilisation de devises.

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Tunisie numérique : l’heure des décisions stratégiques

17. März 2026 um 17:20

La souveraineté des données n’est pas un luxe réservé aux grandes puissances. Pour la Tunisie, c’est une condition de survie économique, et une opportunité stratégique que le pays peut encore saisir.

Chaque fois qu’une banque tunisienne stocke les données de ses clients sur un serveur étranger, elle transfère, sans le dire, une partie de sa souveraineté à une puissance extérieure. Ce constat n’est pas une métaphore. Il s’agit d’une réalité juridique, économique et stratégique que la Tunisie ne peut plus ignorer.

En 2018, les États-Unis adoptaient le CLOUD Act, une loi qui permet aux autorités américaines d’exiger l’accès aux données hébergées par toute entreprise américaine, où qu’elles se trouvent dans le monde. AWS, Microsoft Azure et Google Cloud – plateformes qui hébergent une part croissante des données des banques et administrations tunisiennes – sont toutes soumises à ce dispositif.

Concrètement, cela signifie que des informations financières sensibles, des historiques de crédit ou des identités de contribuables peuvent être consultés par une puissance étrangère. Et ce, sans que la Tunisie puisse s’y opposer juridiquement.

Les révélations d’Edward Snowden en 2013 ont montré que la NSA collectait systématiquement des données auprès des grandes plateformes américaines.

La question pour la Tunisie n’est donc pas de savoir si ce risque existe, il existe. La vraie question est : le pays se donne-t-il les moyens d’y répondre ?

Une fenêtre d’opportunité stratégique

La Tunisie dispose aujourd’hui d’une fenêtre d’opportunité réelle pour bâtir une souveraineté numérique stratégique. Elle peut devenir un hub régional de données crédible et transformer une dépendance subie en levier économique.

Mais cette fenêtre est limitée dans le temps. Et elle ne s’ouvrira qu’à une condition : que l’ambition rhétorique cède la place à une stratégie d’État rigoureuse, financée et institutionnellement portée.

Trois axes pour construire un avantage compétitif

  1. Positionner Tunis comme hub régional de confiance

Tunis doit se positionner comme nœud certifié de traitement de données pour les entreprises africaines, offrant une alternative neutre, francophone et réglementée aux grands hyperscalers internationaux.

  1. Investir dans l’innovation locale

Il est essentiel d’investir dans la recherche en intelligence artificielle adaptée aux besoins régionaux : agriculture, microfinance et traitement des langues africaines, encore largement ignorées par les acteurs mondiaux.

  1. Exporter un modèle réglementaire

Un cadre réglementaire tunisien crédible pourrait servir de référence pour l’ensemble du Maghreb. Harmoniser protection des données, infrastructures et certification des services numériques renforcerait la position du pays dans l’écosystème régional et attirerait les entreprises cherchant une alternative fiable.

La question des talents

La souveraineté numérique ne se construit pas sans ingénieurs. La Tunisie forme parmi les meilleurs talents de la région, mais plus de 60 % des diplômés en informatique quittent le pays dans les cinq ans suivant leur formation.

Aucune infrastructure nationale ne sera durable sans :

  • salaires compétitifs dans le secteur public;
  • incitations fiscales pour les entreprises technologiques qui recrutent localement;
  • parcours de carrière attractifs dans la fonction publique numérique.

La rétention des talents est donc un impératif stratégique, au même titre que les datacenters et la législation.

Feuille de route pour la souveraineté numérique

Premièrement, sécuriser et diagnostiquer

  • Evaluer l’exposition aux risques : audit national des banques, administrations fiscales et sécurité sociale pour identifier la dépendance aux clouds étrangers.
  • Renforcer l’ANSI : autorité de certification des solutions cloud souveraines, avec budget et mandat alignés sur les standards internationaux d’autorités de certification cloud souveraines.
  • Datacenter pilote : lancer un projet pour héberger les données bancaires critiques selon SecNumCloud.
  • Réglementer la localisation des données : adopter un cadre légal pour les secteurs stratégiques, juridiquement opposable.

Deuxièmement, construire et attirer

  • Partenariats techniques européens : collaborer avec OVHcloud, Scaleway, Hetzner — acteurs moins exposés aux injonctions extraterritoriales.
  • Programme de rétention des talents IT : incitations fiscales pour les entreprises tech recrutant localement et grilles salariales compétitives dans la fonction publique numérique.
  • Accords bilatéraux de protection des données : créer un cadre juridique commun avec le Maghreb et l’Afrique subsaharienne.

Troisièmement, rayonner et différencier

  • Positionner Tunis comme hub africain : nœud certifié pour les entreprises africaines, alternative neutre et réglementée aux hyperscalers.
  • Investir dans la recherche IA appliquée : répondre aux besoins régionaux (agriculture, microfinance, langues africaines).
  • Exporter le modèle réglementaire tunisien : servir de référence pour un espace numérique maghrébin commun.

 

données

Synthèse graphique des risques, forces, axes stratégiques et feuille de route de la souveraineté numérique tunisienne.

Conclusion : la fenêtre se ferme

Le Maroc avance. L’Égypte avance. Les pays du Golfe investissent à une échelle que la Tunisie ne peut pas concurrencer frontalement. La Tunisie doit donc aller plus vite sur son propre créneau : neutralité réglementée, proximité culturelle francophone et fiabilité institutionnelle pour les pays africains cherchant une alternative aux empires numériques.

« Dans la compétition numérique mondiale, les retardataires ne rattrapent pas leur retard en faisant la même chose que les leaders. Ils le rattrapent en faisant quelque chose de différent et en le faisant mieux » (Mariana Mazzucato, The Entrepreneurial State, 2013).

L’heure n’est donc plus aux tribunes d’intention. Elle est aux arbitrages budgétaires, aux textes de loi, aux appels d’offres et aux décisions de recrutement.

C’est à ce niveau concret que se jouera, dans les prochaines années, la place de la Tunisie dans la cartographie numérique régionale.

 

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L’auteur, ingénieur diplômé‑IT bancaires, engage sa responsabilité éditoriale et non celle d’une institution.

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