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Fitch Ratings : la note se maintient, les fragilités s’accumulent

26. September 2026 um 06:00

Dans son dernier communiqué, Fitch maintient la note souveraine de la Tunisie avec une perspective stable. L’agence rappelle que la Tunisie a réussi à s’affranchir d’une échéance de 700 millions d’eu ros en juillet. Une opération rendue possible notamment grâce au soutien de la Banque centrale et aux financements bilatéraux et multilatéraux qui continuent de jouer un rôle important. Mais si la Tunisie a été capable d’honorer ses échéances, elle trouve beaucoup de difficultés à rétablir durablement ses équilibres financiers. Et sur ce terrain, l’analyse de Fitch est moins rassurante.

Elle annonce une croissance réelle prévue autour de 2 % en moyenne sur 2026-2028. Une telle situation risquerait de rendre l’espace budgétaire encore plus étroit. L’heure n’est pas seulement à la recherche de financements mais surtout à la capacité de réunir les conditions économiques qui permettront de créer suffisamment de richesse pour rendre les échéances futures plus faciles à honorer.

D’après son rapport, le recours à l’endettement intérieur net pourrait gagner 6,5 % du PIB en 2027 contre 1,7 % en 2026. L’absence d’une importante échéance extérieure en 2027 devrait réduire le besoin de financement exceptionnel de la Banque centrale. Avec une dette publique estimée à 85 % du PIB et un déficit budgétaire estimé à 6,4%, le Trésor aura besoin de ressources importantes. Un tel recours risquerait de fragiliser un système bancaire déjà fortement exposé au risque souverain. D’ailleurs, pourquoi l’État se tournerait davantage vers le système bancaire alors qu’il dispose d’un financement de la Banque centrale à taux zéro ?

 

Avec une dette publique estimée à 85 % du PIB et un déficit budgétaire estimé à 6,4%, le Trésor aura besoin de ressources importantes. Un tel recours risquerait de fragiliser un système bancaire déjà fortement exposé au risque souverain.

 

Enfin, Fitch analyse les tensions sociales récentes comme un risque politique limité tout en soulignant que le risque fiscal reste élevé, notamment parce que le gouvernement pourrait être amené à augmenter les allocations sociales et les recrutements dans les services publics. Mais ce diagnostic ne sous-estime-t-il pas le risque politique si les facteurs qui alimentent aujourd’hui les tensions venaient à se prolonger ? La prudence s’impose, car la réponse à la contestation sociale peut elle-même aggraver la contrainte budgétaire et miner la paix sociale.

Bref, tenir ne suffit plus, car le véritable enjeu n’est pas seulement de pouvoir honorer ses engagements, mais plutôt de restaurer une confiance dans le climat des affaires. Une confiance fortement ébranlée par un discours de diabolisation accommodé à toutes les sauces et des textes réglementaires dépourvus de vision.

Noura Harboub Labidi

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Cette analyse est à lire aussi sur le magazine de L’Economiste maghrébin n°954 du 23 septembre au 7 octobre 2026.

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Fitch presse la Roumanie de réduire son déficit pour préserver sa note

19. September 2026 um 14:30

La Roumanie se rapproche d’une zone critique pour sa notation souveraine. Fitch Ratings avertit qu’une prolongation de la crise politique pourrait compromettre le maintien du pays dans la catégorie « investment grade »…

La prolongation de la crise politique en Roumanie accroît les risques pesant sur sa notation souveraine. Fitch Ratings estime que l’absence durable d’un gouvernement pleinement fonctionnel pourrait compliquer la mise en œuvre des mesures nécessaires à la réduction du déficit et fragiliser la crédibilité de la politique budgétaire. « Plus la crise gouvernementale persiste, plus les questions se multiplient concernant la prévisibilité budgétaire et la capacité à réaliser les ajustements nécessaires », a déclaré le 19 septembre Malgorzata Krzywicka, analyste de Fitch, rapporte Bloomberg.

Toutefois, l’agence ne prévoit pas à ce stade une dégradation automatique. Elle doit réexaminer la notation souveraine de la Roumanie en janvier 2027. En juillet, Fitch avait maintenu la note à BBB-, avec une perspective négative. Ce niveau constitue le dernier échelon de la catégorie recommandée pour l’investissement avant le passage en catégorie spéculative, dite « junk ».

La Roumanie conserve également la note BBB- chez S&P et Baa3 chez Moody’s, deux niveaux correspondant eux aussi au dernier échelon de la catégorie investment grade. S&P doit procéder à son propre examen de la note roumaine le 2 octobre 2026.

Selon Fitch, Bucarest doit réaliser une nouvelle correction budgétaire d’environ 1,5 point de PIB afin de stabiliser la progression de la dette publique à moyen terme.

La préparation du budget 2027 constituera à cet égard un indicateur déterminant. L’agence attend notamment une trajectoire crédible permettant de rapprocher progressivement le déficit public du seuil de 3 % du PIB fixé par les règles européennes.

La crise politique complique la consolidation

La crise institutionnelle s’est prolongée après la chute du gouvernement d’Ilie Bolojan au printemps. Plusieurs tentatives pour former un nouvel exécutif disposant d’une majorité parlementaire stable n’ont pas abouti. Le président Nicușor Dan a désigné, jeudi 17 septembre, Siegfried Mureșan, eurodéputé libéral, comme candidat au poste de Premier ministre. Celui-ci dispose de dix jours pour former un gouvernement et solliciter la confiance du Parlement. L’absence de majorité clairement constituée continue cependant de compliquer la sortie de crise.

Cette situation constitue un facteur important pour les agences de notation, non pas en raison de la crise politique en elle-même, mais de ses conséquences potentielles sur la capacité des autorités à adopter et appliquer les mesures budgétaires annoncées.

Les tensions se reflètent déjà sur les marchés obligataires. Les obligations roumaines affichent des rendements élevés et sont considérées par certains investisseurs comme présentant un niveau de risque comparable à celui de titres situés dans la catégorie spéculative, alors que la note souveraine officielle reste dans l’« investment grade »…

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