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Sousse | Un dealer arrêté en flagrant délit près d’un établissement éducatif

24. Oktober 2026 um 23:20

La brigade des recherches et d’investigation de la garde nationale de Sousse a arrêté un dealer recherché par de multiples unités sécuritaires et judiciaires.

Selon une source citée par Jawhara FM ce samedi 24 octobre 2026, le suspect a été interpellé en flagrant délit alors qu’il écoulait du cannabis devant un établissement éducatif dans la région de Cité Riadh.

Lors de cette opération, les unités sécuritaires ont saisi une quantité de stupéfiants ainsi qu’une somme d’argent provenant des revenus de ce trafic.

Les investigations en cours ont également permis d’étendre les recherches à l’encontre de deux autres complices impliqués dans cette affaire, qui font désormais l’objet de mandats de recherche.

Y. N.

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Déclaration de la Tunisie à l’occasion de la célébration de la «Journée des Nations unies»

24. Oktober 2026 um 21:58

La Tunisie célèbre, à l’instar des Pays du monde entier, la «Journée des Nations unies», qui coïncide avec le 81ème anniversaire de la création de l’Organisation des Nations Unies et de l’entrée en vigueur de sa Charte.

Cette commémoration intervient également à l’occasion du 70ème anniversaire de l’adhésion de notre Pays à l’Organisation, marquée par la levée du drapeau tunisien au sein du concert des nations, le 12 novembre 1956, consacrant ainsi son indépendance, faisant entendre sa voix et affirmant sa place parmi les États en tant que membre actif et responsable.

Cette journée est l’occasion de rappeler l’esprit de la Charte et de renouer avec les nobles idéaux énoncés dans son préambule, qui s’ouvre par les mots « Nous, peuples des Nations Unies… ». Elle nous rappelle que cette Charte est née des tragédies de l’histoire, consacrant la victoire de la sagesse sur les instincts de domination et de suprématie. Elle constitue un engagement moral et juridique visant à préserver l’humanité des ravages de la guerre et à faire renaître l’espoir d’un avenir meilleur.

La Charte nous rappelle également que la volonté des peuples doit être mise au service des peuples eux-mêmes et que la vocation suprême de l’Organisation réside dans l’instauration d’une paix et d’une sécurité durables, ainsi que dans la réalisation d’un développement équitable pour tous, en tant que droits fondamentaux et inaliénables, loin de toute logique dictée par les agendas géostratégiques et les calculs politiques étroits, qui ne peuvent que reproduire les erreurs du passé.

Tout en saluant le parcours de l’Organisation et les efforts inlassables qu’elle a déployés au cours de huit décennies pour prévenir et contenir les conflits, gérer les crises, maintenir la paix, promouvoir le désarmement, protéger les droits de l’Homme, coordonner les interventions humanitaires, lutter contre la pauvreté, la criminalité organisée et les épidémies, soutenir les efforts de développement et l’action climatique, ainsi que protéger l’enfance et promouvoir l’autonomisation des femmes et des jeunes, la Tunisie souligne que les mutations et les défis croissants auxquels le monde est confronté exigent de tous les États qu’ils réaffirment leur détermination à renforcer les valeurs de solidarité internationale et à consolider les principes de sécurité collective et de destin commun.

Cette démarche est indispensable pour restaurer la confiance dans la capacité de l’Organisation des Nations Unies à accomplir sa mission et à renforcer sa crédibilité. Elle requiert un engagement sincère en faveur du droit international ainsi que la poursuite d’un processus de réforme globale et profonde des structures et des mécanismes de fonctionnement de l’Organisation, afin qu’elle demeure un pilier de la légalité internationale et un refuge pour les peuples.

Depuis son indépendance, la Tunisie s’est attachée, durant sept décennies, à être un partenaire fiable dans toutes les initiatives susceptibles de consolider les fondements de la paix et de la sécurité internationales, de servir les programmes de développement et de consacrer le système des droits de l’Homme dans toutes ses dimensions.

Elle réaffirme aujourd’hui les constantes de sa diplomatie multilatérale, fondée sur le respect du droit international, de la souveraineté des États et de la non-ingérence dans leurs affaires intérieures, ainsi que sur la primauté du dialogue et le règlement pacifique des différends.

La Tunisie exprime sa fierté à l’égard de son long parcours au sein de l’Organisation, marqué par plusieurs initiatives novatrices, des contributions reconnues aux opérations onusiennes de maintien de la paix et une défense constante des causes justes, ainsi que du droit des peuples à la libération et à l’autodétermination, au premier rang desquels figure le peuple palestinien.

La Tunisie est également fière du partenariat constructif qu’elle a développé au fil des décennies avec l’Organisation des Nations Unies. Elle apprécie hautement le rôle essentiel et les efforts louables déployés par les agences, les fonds et les institutions spécialisées des Nations Unies présentes sur son territoire, en vue de l’élaboration du Cadre de coopération des Nations Unies pour le développement durable pour la période 2027-2031.

Cette démarche veille à assurer une parfaite cohérence avec le Plan National de Développement, consacrant ainsi l’appropriation nationale pleine et entière et faisant de la coopération onusienne un véritable levier au service des objectifs de développement global.

À cette occasion, la Tunisie rend hommage à ses compétences et à ses experts, femmes et hommes, qui exercent au sein des différentes instances, agences et bureaux des Nations Unies à travers le monde. Par leur compétence et leur professionnalisme, ils illustrent la richesse du capital humain tunisien et témoignent de l’attachement constant de notre Pays à la promotion des valeurs de paix, de solidarité et de primauté du droit.

Alors qu’elle s’apprête à entamer une nouvelle décennie dans ses relations avec l’Organisation des Nations Unies, la Tunisie réaffirme son engagement à poursuivre sa participation positive et responsable à tous les efforts sérieux visant à renforcer la complémentarité entre la paix et le développement, à préserver les principes du droit international de toute instrumentalisation ou politisation et à promouvoir le respect de la souveraineté des États, de la volonté de leurs peuples et de leurs choix nationaux.

Cette vision vise à consacrer des relations internationales fondées sur l’égalité souveraine, le respect mutuel et les intérêts communs. La Tunisie est convaincue qu’aucune paix durable ne saurait être instaurée dans un monde où les ressources des peuples sont dilapidées dans des guerres par procuration et des conflits entre puissances et blocs rivaux, au détriment de leur droit au développement. Elle est également convaincue qu’il ne saurait y avoir de justice tant que la loi du plus fort prévaudra sur la force du droit.

Puisse l’Organisation des Nations Unies être, chaque année, davantage en mesure d’honorer ses engagements envers les peuples.


Puisse la Tunisie demeurer, chaque année, une ardente défenseure du droit, fidèle à ses principes et sincèrement attachée au respect de ses engagements au sein des Nations Unies.

MAE

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Ligue des champions | L’Espérance de Tunis file en phase de poules

24. Oktober 2026 um 20:09

L’Espérance sportive de Tunis s’est qualifiée pour la phase de poules de la Ligue des Champions africaine en éliminant Al Swehly de Libye, samedi soir au stade Hamadi Agrebi de Radès.

Après avoir remporté le match retour sur le score de 1-0, l’Espétance est parvenue à s’imposer lors de la séance des tirs au but ce samedi 24 octobre au stade Hamadi Agrebi de Radès.

Battus (0-1) lors de la manche aller à Misrata, les Sang et Or ont rapidement comblé leur retard dès la 9ᵉ minute grâce à une réalisation d’Imed Faraj,qui a ouvert le score mais malgré une nette domination et plusieurs occasions, l’Espérance n’est pas parvenue à inscrire le deuxième but libérateur durant le temps réglementaire.

À l’issue des deux rencontres (1-1 au cumul des scores), la qualification s’est jouée lors de l’épreuve décisive des tirs au but. Le portier espérantiste Béchir Ben Saïd s’est alors illustré en stoppant deux tentatives adverse, propulsant ainsi le club de Tunid vers le tour suivant.

L’Espérance de Tunis s’est ainsi imposée et qualifiée pour la phase de poules de la Ligue des Champions africaine.

Y. N.

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Foire du livre tunisien | La Bibliothèque nationale met en valeur ses éditions et son patrimoine

24. Oktober 2026 um 19:42

La Bibliothèque nationale de Tunisie participera à la 5ᵉ édition de la Foire nationale du livre tunisien, du 23 octobre au 1er novembre 2026, à la Cité de la Culture.

Cette participation sera l’occasion de faire découvrir ses publications et ses éditions, tout en mettant en valeur son rôle dans la préservation du patrimoine intellectuel et culturel national et sa mise à la disposition des chercheurs, des lecteurs et des passionnés de culture.

Ses publications seront proposées à la vente durant toute la foire, une occasion de découvrir ses éditions et de valoriser le patrimoine intellectuel et culturel tunisien.

Communiqué

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​Tunisie | Bulletin météo pour cette nuit

24. Oktober 2026 um 18:53

Des cellules orageuses locales provoqueront des épisodes pluvieux à l’extrême nord du pays ainsi qu’au sud-est dès le début de cette nuit.

C’est ce qu’a fait savoir l’Institut national de la météorologie (INM) en ajoutant que le ciel sera nuageux, devenant parfois dense sur l’ensemble des régions.

​Côté vents, ils se montreront forts près des côtes et souffleront de manière modérée à assez forte à l’intérieur du pays, engendrant ainsi une mer très agitée, en particulier sur le littoral nord.

​Quant aux températures, l’INM annonce des nocturnes comprises entre 15°C et 20°C sur le nord et le centre, baissant à 12°C sur les hauteurs.

Y. N.

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Le poème du dimanche | ‘‘Ceci n’est pas un poème’’ de Arwa Ben Dhia

25. Oktober 2026 um 07:31

Arwa Ben Dhia est docteure en électronique, ingénieure brevets et autrice tunisienne polyglotte, elle a publié plusieurs recueils de poésie.

Née en Tunisie en 1986 et installée en France depuis 2009, elle a remporté plusieurs prix littéraires.

Traductrice, elle a dirigé une anthologie poétique, ‘‘Nos muses les murs’’, Ed. Mindset, 2025.

Honorée par la distinction d’Ambassadrice de la Paiix, attribuée par le Cercle Universel des Ambassadeurs de la Paix (CUAP).

Tahar Bekri

Aucune image.

Ceci n’est pas un poème.

Ni rime, ni prosodie.

Ceci n’est pas un poème.

Cessez les devinettes.

Ne comptez pas les syllabes.

Ne cherchez pas les erreurs.

Ceci n’est pas un poème.

Sans inspiration. Sans raison.

Ceci n’est pas un poème.

Nulle farce. Nulle offense.

Ceci n’est pas un poème.

Soyez indulgents.

Peut-être êtes-vous le poème.

Paris, le 27 juillet 2026

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Les pêcheurs tunisiens de la crevette rouge regardent vers l’Italie

24. Oktober 2026 um 13:36

«Rome décidera-t-elle de l’avenir de la pêche à la crevette rouge en Méditerranée ?», s’est demandé l’ancien député Majdi Karbai, résident en Italie, en évoquant, dans un poste Facebook, la 49ᵉ session de la Commission générale des pêches pour la Méditerranée (CGPM), qui se tiendra du 26 au 30 octobre 2026, au siège de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), à Rome, avec la participation de plusieurs pays, dont la Tunisie et l’Italie qu’oppose un litige commercial à ce sujet.

Cette réunion intervient dans un contexte sensible, après le dépassement du quota tunisien de pêche à la crevette rouge en 2026, selon des informations relayées par la presse, et les pressions qui en ont résulté sur les exportateurs tunisiens et importateurs italien, a fait remarquer Karbai, et de préciser que «l’enjeu n’est pas seulement environnemental : il est aussi économique et politique.»

«Qui fixe les quotas de pêche ? Sur quels critères ? Les règles sont-elles appliquées équitablement à tous les pays, ou la durabilité devient-elle un instrument de pression sur les pêcheurs et les produits tunisiens ?», s’interroge-t-il, faisant ainsi écho aux requêtes des pêcheurs tunisiens de crevette rouge qui se considèrent lésés par les quotas qui leur sont attribués par l’Italie et l’Union européenne. Et il répond : «Entre la préservation des ressources marines et la défense des intérêts des pêcheurs, une question demeure : les décisions prises à Rome seront-elles équitables et transparentes, ou les pêcheurs tunisiens paieront-ils le prix des rapports de force en Méditerranée ?»

Sans attendre les conclusions officielles de la réunion, on peut compter sur les responsables tunisiens pour défendre les intérêts de leurs pêcheurs avec force argument, mais rien ne laisse présager une issue positive pour ces derniers qui devraient chercher d’autres débouchés pour leurs produits et ne pas dépendre d’un seul marché, en l’occurrence européen.

I. B.   

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Iran | Les durs réclament la bombe nucléaire

24. Oktober 2026 um 11:37

Il y a deux décennies, le Guide suprême iranien de l’époque, l’ayatollah Ali Khamenei, a émis une fatwa interdisant le développement d’armes nucléaires. Cette interdiction religieuse a servi de fondement à l’insistance du régime sur le caractère pacifique de ses ambitions en matière d’énergie atomique, et ce, malgré une expansion significative de l’enrichissement de l’uranium, une dynamique qui a placé l’Iran sur une trajectoire de confrontation avec l’Occident. Sauf que tout a basculé avec la guerre israélo-américaine qui a débuté le 28 février 2026 et ses conséquences dévastatrices, aujourd’hui les les éléments les plus radicaux au sein du régime réclament l’annulation de cette fatwa et le changement de la doctrine nucléaire.

Imed Bahri

Le Financial Times rapporte que les dommages collatéraux causés par la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, un nombre croissant de politiciens, d’analystes et de parlementaires radicaux exhortent le régime à abandonner cette position, à se retirer du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) et à opter clairement pour l’arme nucléaire. 

Davoud Modarresian, analyste politique proche des courants radicaux, a écrit ce mois-ci : «Les récentes confrontations militaires ont démontré que la possession d’armes nucléaires par l’Iran n’est pas une simple ambition mais une nécessité dont l’importance dépasse même celle du pain».

Ce débat public marque un tournant notable dans un pays où, jusqu’à présent, exprimer ouvertement un soutien à l’acquisition d’armes nucléaires risquait d’être perçu comme un défi à l’autorité du Guide suprême qui détient le pouvoir de décision ultime. Or, la mort de Khamenei —survenue lors des bombardements américano-israéliens au début du conflit le 28 février— a paradoxalement contribué à lever ce tabou. Son successeur, son fils Mojtaba Khamenei — qui demeure invisible— n’a pas précisé publiquement s’il comptait maintenir la position adoptée par son père. Ce silence a ouvert un espace aux partisans de la ligne dure en Iran pour avancer leurs arguments en faveur de l’acquisition de l’arme nucléaire. Deux enseignants ont affirmé que l’islam chiite jouit d’une souplesse suffisante pour permettre l’évolution des préceptes religieux en réponse à l’évolution des circonstances.

Mettre en place un «système de dissuasion complet»

Par ailleurs, Hassan Qashqavi, porte-parole de la commission de la sécurité nationale au Parlement, a déclaré le mois dernier que le nouveau Guide suprême iranien pourrait émettre une nouvelle fatwa concernant la question nucléaire, ajoutant que «personne ne peut l’en empêcher». M. Qashqavi a ajouté que l’Iran doit mettre en place un «système de dissuasion complet» afin d’éviter que ne se reproduise le schéma actuel, caractérisé par une alternance entre négociations et guerre.

Les partisans de l’acquisition d’armes nucléaires ont cité l’exemple de la Corée du Nord dont l’arsenal nucléaire s’est, selon eux, avéré efficace pour dissuader toute intervention extérieure.

Une source au sein du régime a indiqué que la mort de Khamenei a entraîné une montée en flèche du soutien à l’acquisition d’armes nucléaires parmi les institutions dirigeantes, précisant que la proportion de ceux qui jugent nécessaire de posséder la bombe est passée «de près de zéro à plus de 50%». Ce changement s’explique en partie par le fait qu’un grand nombre de partisans du régime perçoivent le conflit avec les États-Unis comme une lutte existentielle. Ce conflit demeure dans une impasse tendue et potentiellement explosive autour du détroit d’Ormuz, une zone sur laquelle l’Iran insiste pour maintenir son contrôle.

Des dizaines de commandants et de hauts responsables ont été tués au cours des quarante jours de bombardement avant de prendre fin avec l’instauration d’un cessez-le-feu fragile en avril.

Par ailleurs, le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ont évoqué à plusieurs reprises la possibilité d’un changement de régime en Iran. Le président américain est allé plus loin encore, menaçant de détruire la «civilisation» iranienne et de renvoyer le pays à «l’âge de pierre». Un haut diplomate occidental en poste à Téhéran a indiqué que ces déclarations avaient conduit des responsables du régime à se demander si les États-Unis envisageaient d’utiliser des armes nucléaires tactiques.

La position officielle demeure inchangée mais le débat s’élargit. L’Iran maintient officiellement que son programme nucléaire est à vocation pacifique et qu’il n’a pas l’intention de développer des armes nucléaires. Mohammad Eslami, le plus haut responsable du programme nucléaire iranien, a déclaré dimanche que les travaux visant à produire 20 000 mégawatts d’électricité d’origine nucléaire s’étaient poursuivis même en temps de guerre.

Appels publics en faveur de l’acquisition d’une force nucléaire

Toutefois, les appels publics en faveur de l’acquisition d’une force de dissuasion nucléaire suscitent l’inquiétude de certains responsables politiques pragmatiques, notamment des réformateurs qui plaident depuis des années pour une politique étrangère moins conflictuelle. Hossein Marashi, une figure politique réformatrice de premier plan, a déclaré la semaine dernière aux médias locaux : «La protection de l’Iran et de la République islamique est plus importante que l’enrichissement [de l’uranium] ou la préservation des acquis nucléaires». Selon des experts, il ne semble pas que l’Iran ait encore atteint le stade de la prise de décision concernant sa doctrine nucléaire alors que la guerre se poursuit.

Ali Vaez, expert des affaires iraniennes au sein de l’International Crisis Group, a déclaré : «Il s’agit d’un débat sérieux qui n’est plus un sujet tabou malgré la fatwa de l’ancien Guide suprême. La guerre a renforcé la position de ceux qui soutiennent qu’un État confronté à une attaque menaçant son existence a, en fin de compte, besoin de la force de dissuasion ultime». Il a toutefois ajouté : «Téhéran pourrait chercher à préserver ses infrastructures nucléaires tout en utilisant son programme comme levier de négociation pour obtenir des concessions économiques ou sécuritaires plutôt que de se précipiter ouvertement vers l’acquisition de la bombe. Tout dépendra de la perception des dirigeants iraniens : estiment-ils que la transformation du programme en un programme d’armement permettrait de prévenir une future attaque, ou, au contraire, qu’elle ne ferait qu’en précipiter le déclenchement?».

Abolfazl Bazargan, analyste en relations internationales proche du camp des durs au sein du régime, a déclaré à l’agence de presse Tasnim —liée au Corps des gardiens de la révolution islamique— que l’insistance de l’Iran à affirmer qu’il ne développera jamais d’arme atomique équivaudrait à une «défaite auto-infligée». Selon lui, Téhéran devrait adopter une doctrine fondée sur le principe de non-recours en premier aux armes nucléaires, tout en conservant la capacité de riposter en cas d’attaque nucléaire.  

Selon les évaluations des services de renseignement américains, l’Iran a entamé, il y a plusieurs décennies, des travaux préliminaires en vue d’un programme d’armement nucléaire, avant que ceux-ci ne soient interrompus en 2003. L’an dernier, devant le Congrès, l’ancienne directrice du renseignement national américain a indiqué que, selon les estimations des services de renseignement, Téhéran ne travaille pas à la fabrication d’une arme atomique. Toutefois, la forte accélération des activités d’enrichissement d’uranium —survenue après le retrait de Donald Trump, en 2018, de l’accord nucléaire historique conclu entre l’Iran et les puissances mondiales— a transformé le pays en ce que les experts qualifient d’ «État au seuil du nucléaire». L’Iran possède désormais la capacité de convertir son programme à des fins militaires, s’il choisissait de le faire.

Aujourd’hui, cependant, le programme nucléaire de la République islamique a subi un revers majeur. Les États-Unis ont en effet frappé les trois principales installations nucléaires iraniennes —Natanz, Fordo et Ispahan— durant le conflit de 12 jours qui a opposé Israël à la République islamique en juin de l’année dernière.

Par ailleurs, Donald Trump —qui insiste sur la nécessité pour Téhéran de démanteler son programme nucléaire— a menacé de prendre pour cible une installation enfouie profondément sous le mont Kuh-e Gazla (la Montagne de la Pioche), dans le centre de l’Iran.

Mystère sur le sort du stock iranien d’uranium hautement enrichi

L’une des sources d’inquiétude immédiates les plus importantes pour les États-Unis et les puissances occidentales concerne le sort du stock d’uranium hautement enrichi détenu par l’Iran. Celui-ci se compose d’environ 440 kilogrammes d’uranium enrichi à 60%, un niveau qui ne se situe qu’à un pas du seuil d’enrichissement requis pour la fabrication d’armes. On estime que ce stock –qui, s’il était davantage enrichi, pourrait théoriquement fournir suffisamment d’uranium pour fabriquer une dizaine d’armes nucléaires– se trouve sous les décombres de sites nucléaires ayant été bombardés.

Trump a exigé de l’Iran, seul État non doté de l’arme nucléaire à enrichir de l’uranium à de tels niveaux, qu’il transfère ce stock hors du pays. Toutefois, alors que Téhéran a résisté à cette exigence, des responsables du régime ont évoqué la possibilité de discuter d’une réduction du taux d’enrichissement de ce stock dans le cadre d’un accord plus large qui prévoirait la levée des sanctions américaines et le dégel des fonds iraniens bloqués à l’étranger, des conditions que Washington n’accepte pas.

L’Iran n’a pas autorisé l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) à accéder à ses principaux sites nucléaires depuis juin 2025.

Autre question importante qui se pose : l’Iran va-t-il se retirer du Traité sur la non-prolifération nucléaire (TNP) ? En vertu des dispositions de ce traité, si l’Iran décidait de s’en retirer, il serait tenu d’en informer tous les autres États parties ainsi que le Conseil de sécurité des Nations unies, avec un préavis de trois mois. Selon des diplomates, Téhéran pourrait utiliser cette option comme un moyen de pression sur Washington afin de parvenir à un accord.

Deux hauts responsables iraniens ont déclaré au Financial Times qu’un retrait du traité ne constituait pas une priorité immédiate. L’un d’eux a affirmé : «Notre politique concernant le Traité sur la non-prolifération nucléaire n’a pas changé pour l’instant mais cela ne signifie pas qu’elle ne changera pas à l’avenir». Toutefois, la proposition de retrait demeure controversée, y compris parmi certains partisans d’une posture défensive plus ferme de la part de l’Iran.

Dans des entretiens accordés à des médias locaux, Hamza Safavi, professeur à l’Université de Téhéran et fils de l’un des conseillers militaires du Guide suprême iranien, a suggéré que le recours à d’autres types d’armes non conventionnelles, notamment ce que l’on appelle la bombe sale*, pourrait constituer un moyen de dissuasion tout aussi efficace. Cependant, de telles positions suscitent l’ire d’autres éléments radicaux.

Selon l’activiste politique Davoud Modarresian, le principal obstacle au développement d’une arme nucléaire ne réside pas dans l’interdiction religieuse mais plutôt dans l’hésitation au sein des cercles du pouvoir.

*La bombe sale (ou dispositif de dispersion radiologique, DDR) est un engin explosif conventionnel (dynamite, C4) entouré de matières radioactives, biologiques ou chimiques. Elle ne provoque pas d’explosion atomique mais vise à propager la contamination et la panique.

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Tunisie | La récolte de dattes en baisse de 12,4%  

24. Oktober 2026 um 10:54

La récolte de dattes en Tunisie pour la saison 2026-2027 est estimée à plus de 354 000 tonnes, contre 404 000 tonnes la saison précédente, soit une baisse de 12,4 %, selon des données communiquées par des représentants du ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche lors d’une réunion de la commission parlementaire de l’Agriculture, de la Sécurité alimentaire et hydrique, et de la Pêche, au Palais du Bardo.

Lors de cette réunion, les représentants du ministère ont indiqué que les estimations préliminaires de la récolte se répartissent entre 303 000 tonnes de la variété «Deglet Nour». C’est la reine des dattes et la plus exportée du pays (plus de 75 % de la production nationale). Elle possède une couleur blonde translucide, une chair fondante et un goût unique de miel.Les quelque 54 000 tonnes restants appartiennent à d’autres variétés communes («Kenta», «Allig», «Khouat Allig»…).

Les responsables du secteur ont par ailleurs souligné la bonne préparation de la saison, marquée par l’organisation de journées de sensibilisation, le nettoyage des oasis et la poursuite des opérations de pollinisation, lesquelles ont porté sur environ 53,5 millions de régimes de dattes.

Concernant le prix de référence, les représentants du ministère ont expliqué que celui-ci est fixé selon la loi de l’offre et de la demande, précisant qu’un prix de référence de 5,200 dinars le kilogramme de dattes a été établi pour la saison 2026-2027, sous réserve de conditions déterminées.

Rappelons que les exportations tunisiennes de dattes ont atteint un record historique lors de la campagne 2025-2026, avec près de 160 000 tonnes exportées pour des recettes dépassant 1 milliard de dinars (environ 347 millions de dollars). Les dattes tunisiennes sont exportées vers plus de 94 pays (avec l’Europe comme principal débouché, mais aussi le Canada, les États-Unis, l’Inde et la Russie). La Tunisie assure environ 13 % de la valeur des exportations mondiales et se classe au 1er rang africain en termes de valeur d’exportation et 3e rang mondial après l’Arabie saoudite et les les Émirats arabes unis.

I. B.

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Protect Humanitarians réclame la libération de Saâdia Mosbah

24. Oktober 2026 um 10:21

Protect Humanitarians, une ONG internationale qui prône une meilleure protection des travailleurs humanitaires, vient de mettre en ligne une pétition pour réclamer la libération de Saâdia Mosbah, 67 ans, la présidente de l’association Mnemty, figure de l’action humanitaire et de la lutte contre le racisme en Tunisie, qui vient de passer 900 jours derrière les barreaux «pour son engagement humanitaire.»

«À travers M’nemty (‘‘Mon rêve’’), l’association qu’elle a fondée en 2013, Saâdia a milité pour que la discrimination raciale soit pénalisée en Tunisie. Elle a contribué à l’adoption de la loi historique de 2018 dans le pays», rappelle l’organisation, avant de passer en revue les circonstances de son arrestation, le 7 mai 2024, et de son procès pour des accusations de blanchiment d’argent en lien avec le financement de son ONG, jusqu’à sa condamnation en appel à huit ans de prison et une amende de plus de 120 000 dinars tunisiens, en juin 2026, un verdict dénoncé comme inique et arbitraire par sa défense.

Les huit autres membres de l’association poursuivis dans la même affaire, dont le fils de Saâdia, Farès Gueblaoui, ont été condamnés à des peines de prison allant d’un à trois ans, à des amendes comprises entre 15 000 et 65 000 dinars tunisiens, ainsi qu’à des sanctions complémentaires, notamment une suspension de cinq ans de leur droit de vote.

«Saâdia ne doit pas être oubliée. Sa voix ne doit pas être réduite au silence», conclut la pétition.

Rappelons que plusieurs autres organisations nationales, internationales et régionales de défense des droits humains ont fermement condamné la détention arbitraire et la condamnation de Saadia Mosbah, notamment Amnesty International, Front Line Defenders, la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT).

D’autres acteurs, tels que Human Rights Watch, le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux et Civicus, ont exprimé de graves préoccupations, dénonçant ses poursuites comme faisant partie d’une répression plus large visant les migrants, la société civile et les défenseurs des droits humains en Tunisie.

I. B.

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La Tunisie est-elle prête à renégocier l’accord d’association avec Bruxelles ?

24. Oktober 2026 um 09:48

Dans ses relations avec la Tunisie, l’Union européenne (UE) a continuellement privilégié, sous le discours de la «coopération», les intérêts agricoles, l’accès aux marchés et les impératifs de stabilité de l’Europe elle-même, a souligné Mohamed Sassi dans son ouvrage intitulé «Les relations Tunisie-Union européenne: six décennies d’histoire» paru en 2025 aux éditions Nirvana, à Tunis. Mais la Tunisie a-t-elle jamais fait preuve, vraiment de capacité de négociation pour la défense de ses intérêts vitaux ? Aujourd’hui, elle demande la révision des termes des accords passés avec l’UE, mais alors que Bruxelles se dit prêt à moderniser l’Accord d’association avec Tunis, Tunis s’est-il vraiment préparé à s’y engager avec des idées et des programmes clairs ?

Latif Belhedi  

L’UE se dit prête à entamer un dialogue avec la Tunisie en vue de moderniser l’Accord d’association de 1995, afin de l’adapter aux nouveaux défis économiques, technologiques et énergétiques, tout en renforçant les investissements et l’intégration industrielle entre les deux rives de la Méditerranée.

C’est ce qu’a déclaré l’ambassadeur de l’UE à Tunis, Giuseppe Perrone, lors d’une intervention aujourd’hui sur les ondes d’Express FM, tout en soulignant que, trente ans après la signature de cet accord, il est devenu nécessaire de mettre à jour un cadre initialement conçu principalement pour les échanges commerciaux, en l’étendant à des domaines tels que l’intelligence artificielle, les services numériques, la transition énergétique et les nouvelles chaînes de valeur.

Mettre à jour le cadre du partenariat

Bruxelles a déjà noué des contacts préliminaires avec les autorités tunisiennes et confirme sa volonté d’engager des discussions, mais aucun calendrier de négociation ni aucune proposition formelle de révision n’ont encore été annoncés.

La position européenne s’inscrit dans le débat initié par les autorités tunisiennes, qui réclament un rééquilibrage de l’accord. Elles souhaitent favoriser un meilleur accès des produits agricoles au marché européen, attirer des investissements à haute valeur ajoutée et permettre une participation accrue des entreprises locales aux chaînes de production internationales.

En mai dernier, le ministre des Affaires étrangères, Mohamed Ali Nafti, avait réaffirmé la nécessité d’un partenariat plus équitable, respectueux des priorités économiques nationales.

Perrone a rappelé que l’UE demeure le principal partenaire commercial de la Tunisie. En 2025, les exportations tunisiennes vers les pays européens ont atteint environ 44 milliards de dinars, contre 37 milliards d’importations, soit un excédent commercial d’environ 7 milliards de dinars (équivalent à 2,1 milliards d’euros). On dénombre quelque 3 400 entreprises européennes présentes dans le pays, lesquelles assurent plus de 400 000 emplois directs.

Cap sur les énergies renouvelables

L’énergie figure parmi les priorités du partenariat, avec un soutien européen au développement des énergies renouvelables, à la modernisation de la Société nationale d’électricité (Steg) et au projet Elmed, une interconnexion électrique sous-marine entre la Tunisie et l’Italie.

Cette infrastructure, développée par Terna et la Steg, prévoit une liaison bidirectionnelle d’environ 220 kilomètres, dotée d’une capacité de 600 mégawatts. En juin dernier, un contrat d’environ 770 millions d’euros a été attribué à Hitachi Energy pour la réalisation des stations de conversion en Sicile et sur la péninsule tunisienne du cap Bon. Selon Perrone, ce projet permettra de renforcer la sécurité des approvisionnements et l’intégration des marchés électriques euro-méditerranéens, tout en facilitant le recours aux énergies renouvelables. Le diplomate a fait état d’avancées significatives dans la préparation financière et technique, laissant entrevoir un début des travaux, sans toutefois en préciser la date.

En matière d’investissements, Bruxelles vise à renforcer la coopération dans les secteurs de l’automobile, du textile, de l’agroalimentaire, du numérique et des technologies environnementales. Perrone a toutefois souligné la nécessité d’une plus grande prévisibilité réglementaire et d’une amélioration du climat des affaires en Tunisie.

L’ambassadeur a par ailleurs rappelé l’existence d’un soutien budgétaire européen de 80 millions d’euros, destiné aux mesures sociales en faveur des familles vulnérables, et a annoncé la préparation d’un forum euro-méditerranéen sur l’investissement et le développement durable, prévu au printemps 2027 dans le cadre du nouveau Pacte pour la Méditerranée. L’objectif affiché par Bruxelles est de transformer le partenariat avec Tunis en un levier d’intégration économique et industrielle accrue, dépassant ainsi une coopération fondée essentiellement sur les échanges commerciaux.

Bref, l’UE sait ce qu’elle peut tirer de sa coopération avec la Tunisie. Elle sait aussi ce qu’elle peut y apporter et semble prête à un nouveau round de négociation. On attend de la Tunisie qu’elle montre le même degré de préparation et la même capacité de proposition avant le démarrage des négociations, et n’y vienne pas seulement, comme souvent, avec de grandes idées et des récriminations.

A bon entendeur…

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Intertex 2026 | Le textile tunisien résiste à la crise  

24. Oktober 2026 um 08:44

Environ 250 exposants issus de 20 pays participent à la huitième édition d’Intertex Tunisia 2026, un salon international de l’industrie textile et de la mode, un secteur stratégique pour les exportations tunisiennes, malgré un recul de 4,7 % des ventes à l’étranger au cours des neuf premiers mois de l’année.

Ce salon, qui se tient au Parc des expositions de Sousse, du 22 au 24 octobre 2026, est organisé avec le soutien de la Fédération tunisienne du textile et de l’habillement (FTTH). Il vise à renforcer les échanges commerciaux et les partenariats industriels entre des entreprises africaines, européennes et asiatiques.

Le ministre du Commerce et du Développement des exportations, Samir Abid, qui a assisté à l’inauguration, a souligné la vocation internationale des entreprises locales ainsi que leur capacité à s’adapter aux difficultés du marché. Lors de ses échanges avec les professionnels du secteur, il a insisté sur la nécessité de consolider la présence des entreprises tunisiennes, tant sur le marché intérieur qu’à l’étranger, en renforçant leur compétitivité et leurs capacités à l’export.

Le salon réunit des fabricants de tissus, de vêtements, de fils, de machines industrielles et d’accessoires. Une attention particulière est portée aux innovations technologiques, à la durabilité et aux nouvelles opportunités d’approvisionnement. La FTTH y est présente avec un pavillon national destiné à promouvoir le savoir-faire et le potentiel des entreprises tunisiennes sur les marchés internationaux.

Le secteur du textile et de l’habillement constitue l’un des piliers de l’industrie manufacturière nationale, comptant environ 1 500 entreprises et 155 000 employés. En 2025, ses exportations ont atteint environ 9,5 milliards de dinars, soit 2,9 milliards d’euros.

La conjoncture demeure toutefois complexe : selon l’Institut national de la statistique (INS), au cours des neuf premiers mois de 2026, les exportations de l’ensemble textile, habillement et cuir ont reculé de 4,7 % par rapport à la même période de l’année précédente.

Les relations industrielles avec l’Italie revêtent une importance particulière ; l’Italie constitue en effet le deuxième marché de destination pour l’habillement tunisien, avec des exportations s’élevant à environ 1,6 milliard de dinars en 2025. En mai dernier, dans le cadre d’une initiative promue par le Centre de promotion des exportations (Cepex), dix entreprises tunisiennes ont participé, à Milan, à plus d’une centaine de rencontres d’affaires avec une quarantaine d’opérateurs italiens du secteur de la mode. L’objectif est de renforcer l’intégration des chaînes de production entre les deux rives de la Méditerranée, en tirant parti de la proximité géographique de la Tunisie, de sa flexibilité productive et de la possibilité de réduire les délais de livraison vers les marchés européens.

I. B. (avec Ansa)

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L’amère leçon de 60 ans de relations tuniso-européennes

24. Oktober 2026 um 08:37

Au terme de soixante ans de relations avec l’Union européenne, la Tunisie est passée peu à peu du statut de négociateur cherchant à obtenir des conditions plus équitables à celui de récepteur passif d’un agenda européen conçu ailleurs. Cette leçon amère est tirée de l’ouvrage intitulé «Les relations Tunisie-Union européenne: six décennies d’histoire»** de Mohamed Sassi paru en 2025 aux éditions Nirvana, à Tunis. Et qui propose une histoire critique de ces relations, conduite selon la méthode de l’histoire économique et des relations internationales, qui s’appuie sur les archives nationales tunisiennes et européennes ainsi que sur des témoignages d’acteurs économiques et politiques.

Adel Ben Youssef *

L’auteur n’est pas un historien comme les autres. Il a d’abord soutenu à Sorbonne Université une thèse de doctorat portant sur l’entreprise pétrolière française Desmarais Frères, puis mené des recherches postdoctorales à l’Université Paris-IV et à l’Université de Genève, son regard glissant peu à peu de l’histoire des entreprises vers l’histoire économique tunisienne et celle de ses relations extérieures.

Cette formation transdisciplinaire lui donne les moyens d’aborder les archives des négociations tuniso-CEE avec la précision de l’historien économiste et l’ampleur de vue de l’historien des relations internationales.

Il est actuellement Maître de conférences à l’Institut préparatoire aux études littéraires et aux sciences humaines de Tunis (IPELSHT, Université de Tunis 1), où il enseigne l’histoire économique, ainsi que l’histoire des relations internationales à l’Ena (Université Tunis El Manar) et pilote un axe de recherche lié à sa spécialité au sein du Laboratoire Diraset, Études maghrébines à la FLSH de Tunis.

La contribution académique la plus visible du livre tient à son socle archivistique. Mohamed Sassi dépouille de façon systématique les archives nationales tunisiennes, en particulier celles du ministère des Affaires étrangères versées en 2012, et s’appuie sur des entretiens avec les principaux négociateurs tunisiens des années 1970 à 1990, dont le regretté Tahar Sioud.

Le croisement de l’archive et de l’histoire orale permet de restituer des coulisses de négociation et des logiques décisionnelles jusqu’ici mal documentées.

Dans son compte rendu pour l’Académie des sciences d’outre-mer, Jacques Frémeaux salue un livre «bien documenté, notamment grâce à la consultation des archives et à une enquête orale auprès de personnalités tunisiennes», et relève qu’il retrace «avec précision et finesse» le passage de la Tunisie d’une économie tournée vers la France à l’époque du protectorat à la négociation avec une Communauté européenne en construction et en élargissement.

Trois «tournants» et une ligne structurelle

Mohamed Sassi bâtit un récit limpide, teinté de tragique : depuis l’indépendance, les relations économiques de la Tunisie avec l’Europe ont traversé trois moments décisifs, et aucun n’a tenu ses promesses.

Le premier tournant correspond au premier accord de coopération de 1969. Les négociations avaient commencé dès 1963, année de l’indépendance tunisienne et de la signature du traité de Rome.

Or, d’après Sassi, cet accord est bien loin de combler les attentes tunisiennes : l’éventail des produits couverts reste trop étroit et les produits agricoles tunisiens en sont presque absents. Pour un pays dont l’économie repose sur l’agriculture, cette lacune réduit radicalement la portée réelle de l’accord.

Dans un entretien antérieur, Sassi va jusqu’à parler d’«échec» à propos des négociations de 1963 à 1969, «premier tournant manqué» de l’histoire économique tunisienne.

Le deuxième tournant est la convention de coopération de 1976. Le texte représente un progrès : un plus grand nombre de produits obtiennent des facilités à l’exportation, des clauses économiques et sociales sont ajoutées, un prêt bancaire d’un montant substantiel est prévu, et la situation des travailleurs tunisiens en Europe s’améliore. Mais l’analyse critique de Sassi met au jour un problème plus profond : le dispositif enferme en fait la Tunisie dans un rôle de sous-traitance et de transformation à bas coût, les gains d’exportation à court terme dissimulant l’arrêt de la montée en gamme de l’appareil productif.

Quand la Grèce (1981), puis l’Espagne et le Portugal (1986) rejoignent la CEE, ces nouveaux membres entrent en concurrence directe avec les pays du Maghreb sur de nombreux produits ; la «Politique méditerranéenne globale» (PMG) lancée alors par la Communauté est jugée par Sassi «plus ambitieuse que ses résultats».

Le troisième tournant, c’est l’accord d’association de 1995 et le processus de Barcelone. C’est la partie la plus développée et la plus critique du livre. En apparence, Barcelone promettait une hausse notable de l’aide financière et un encouragement à l’économie de marché ; côté européen, les privatisations et la réforme tarifaire engagées par la Tunisie dans les années 1990 passaient pour des signaux positifs.

Sassi met toutefois en évidence deux conséquences que le récit dominant passe sous silence.

D’abord, le processus de Barcelone repose institutionnellement sur des accords bilatéraux : l’Union négocie séparément avec la Tunisie, le Maroc, l’Algérie. Pour Sassi, ce dispositif a objectivement fait obstacle à l’intégration régionale maghrébine et, après l’échec de l’Union du Maghreb arabe (UMA) créée en 1989, a enfoncé la Tunisie dans l’isolement. Or, quand 80 % du commerce tunisien dépend de l’Europe, cet isolement se traduit par une perte systématique de marge de négociation.

Ensuite, le principe de réciprocité inscrit dans l’accord de 1995 contenait une bombe à retardement. Conformément aux règles de l’OMC, la Tunisie disposait d’une période transitoire de douze ans avant l’ouverture complète de son marché. Or la révolution de 2011 a éclaté précisément au moment où cette période s’achevait et où la réciprocité allait s’appliquer pleinement.

Dans un entretien de 2025, Sassi souligne explicitement que la collision entre la révolution et l’ouverture du marché a infligé à la Tunisie un double choc sans le moindre amortisseur.

L’après 2011 : désordre, concurrence et perte de subjectivité

Le traitement de l’après-2011 est tout aussi lucide et mordant. La révolution a beau avoir apporté un espoir politique, elle a durablement abîmé la croissance tunisienne. Malgré l’obtention en 2012 d’un statut de «partenaire privilégié» dans le cadre européen, la relation n’a pas entamé l’asymétrie structurelle. Deux forces nouvelles entrent alors en jeu : la Turquie, puissance régionale émergente, et la Chine, dont la pression économique concurrence les positions tunisiennes, réduisant encore l’espace de manœuvre déjà restreint du pays.

La discussion consacrée aux négociations de l’Accord de libre-échange complet et approfondi (Aleca) prolonge la posture critique de Sassi. Il estime que la partie tunisienne y est en position de faiblesse manifeste, faute d’avoir su traduire ses besoins de développement en agenda de négociation. Ce jugement fait écho à sa thèse centrale : «la Tunisie doit redevenir actrice de son lien à l’Europe».

Pour Sassi, la leçon amère de soixante ans de relations avec l’Europe est que la Tunisie est passée peu à peu du statut de négociateur cherchant à obtenir des conditions plus équitables à celui de récepteur passif d’un agenda européen conçu ailleurs.

Un incontournable ouvrage de référence

La valeur du livre de Mohamed Sassi ne tient pas à un jugement simpliste, «pro-européen» ou «anti-européen», mais à la patience de l’historien qui restitue une série de négociations en apparence techniques comme un terrain où se croisent choix politiques et contraintes structurelles. Il montre comment la logique européenne, de la Politique méditerranéenne globale au processus de Barcelone puis à la Politique européenne de voisinage, a continuellement privilégié, sous le discours de la «coopération», les intérêts agricoles, l’accès aux marchés et les impératifs de stabilité de l’Europe elle-même ; et il n’élude pas davantage les myopies, l’impréparation et l’érosion de la capacité de négociation du côté tunisien.

Le compte rendu de l’Académie des sciences d’outre-mer présente ce livre comme «un heureux produit de la coopération universitaire franco-tunisienne». Vu plus largement, il offre un récit venu de la rive sud, appuyé sur des archives de première main, qui remet en cause une histoire des relations euro-méditerranéennes longtemps écrite depuis Bruxelles. Pour qui veut comprendre pourquoi un pays lié à l’Europe par six décennies de relations institutionnalisées a fini par s’enfoncer dans un approfondissement de la dépendance et une perte de subjectivité, l’ouvrage de Sassi constitue une référence incontournable. Cet ouvrage ne se limite donc pas à une lecture : les personnes et les bibliothèques universitaires qui s’intéressent aux relations entre la Tunisie et l’Europe, des années soixante à aujourd’hui, ont tout intérêt à s’en procurer un exemplaire. 

Pour résumer, ce livre ne s’adresse pas uniquement aux lecteurs curieux des rapports entre la Tunisie et l’Europe, des années soixante à nos jours : il concerne aussi les responsables de bibliothèques universitaires, qui auraient tout avantage à en acquérir un exemplaire.

* Université de Sousse).

** Le livre est tiré d’un mémoire d’habilitation à diriger des recherches (HDR) que l’enseignant universitaire a soutenu à l’université La Sorbonne, le 3 juillet 2024, devant un jury présidé par Dominique Bargot, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences d’outre-mer et professeur émérite à la même université, et dont j’étais le rapporteur externe, aux côtés des professeurs Olivier Forcade, Frédéric Turpin (Sorbonne Université) et Samia El Mechat (Université de Côte d’Azur/Nice).

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La Tunisie interdit la pêche au corail rouge jusqu’au 31 décembre 2026

24. Oktober 2026 um 08:18

Le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche a décidé d’interdire la pêche au corail rouge sur l’ensemble des côtes tunisiennes jusqu’au 31 décembre 2026. Cette décision se fonde sur le procès-verbal de la réunion du comité consultatif chargé de la réglementation de la pêche — tenue le 28 septembre 2026 — ainsi que sur l’ensemble des textes législatifs et réglementaires régissant la pratique de la pêche et la récolte du corail rouge.

Ce repos biologique strict vise à contrer l’exploitation intensive, permettre la régénération des récifs profonds, lutter contre le braconnage et réévaluer les quotas scientifiques, sachant que le corail rouge tunisien est réputé pour sa couleur intense et sa pureté, très recherché par la haute joaillerie internationale.

Par conséquent, on assistera à un renforcement des vérifications par la garde côtière et les services douaniers dans les ports d’attache, notamment celui de Tabarka (gouvernorat de Jendouba), la ville du nord-ouest réputée pour son artisanat à base de corail rouge.

La production annuelle légale de corail rouge en Tunisie a fortement chuté au fil des décennies (passant de plus de 20 tonnes dans les années 1960 à environ 3 à 4 tonnes par an ces dernières années), générant des revenus à l’exportation estimés entre 10 et 12 millions de dinars. Une grande partie de la production brute est historiquement exportée (notamment vers l’Italie et le marché européen).

I. B.

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Les raisons de l’abondance de crevettes sur le marché tunisien

24. Oktober 2026 um 08:01

Les consommateurs ont remarqué ces derniers jours des crevettes rouges à des prix inédits sur les marchés tunisiens : les tarifs sont tombés, dans certains cas, à environ 6 dinars le kilogramme. Cette soudaine abondance s’explique principalement par la reprise saisonnière de la pêche dans le golfe de Gabès, une forte augmentation des captures et la présence croissante d’espèces non indigènes. Cette abondance n’a rien à voir avec le blocage des exportations de crevette rouge vers l’Italie et l’Union européenne, estime Salah Hdider, vice-président de l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (Utap) et responsable du secteur de la pêche maritime, qui parlait sur les ondes de Diwan FM.

Selon le responsable syndical, plus de 350 chalutiers, venus de diverses régions côtières, participent à la campagne de pêche lancée mi-octobre dans le golfe de Gabès, laquelle devrait se poursuivre jusqu’à fin novembre. Les navires débarquent chaque jour des dizaines de tonnes de crevettes, qui sont ensuite distribuées sur les marchés du pays. Les caisses de 13 à 15 kilos se vendent entre 70 et 90 dinars, selon la taille et la qualité des produits.

Parmi les causes de cette abondance, Hdider mentionne également la prolifération de ce que l’on appelle la «maqlouba» (crevette blanche) — une appellation locale désignant certaines variétés de crevettes non indigènes désormais durablement installées dans les eaux du sud de la Tunisie — ainsi que de la «crevette rose».

Prolifération d’espèces exotiques sur les eaux tunisiennes

Selon les experts de l’association TunSea, le réchauffement des eaux de la Méditerranée aurait favorisé l’adaptation et la reproduction de plusieurs espèces exotiques. Parmi celles-ci, la présence de Penaeus aztecus — la crevette brune nord-américaine, originaire de l’Atlantique occidental et du golfe du Mexique — est scientifiquement attestée dans le golfe de Gabès. Une étude publiée en 2021 a mis en évidence une expansion rapide de cette espèce dans les eaux côtières tunisiennes, observée au moins depuis 2018 ; elle souligne, d’une part, son intérêt économique potentiel pour les pêcheurs et, d’autre part, le risque de concurrence avec les espèces locales.

Cette forte disponibilité sur les marchés ne doit toutefois pas être confondue avec le cas de la crevette rouge géante (Aristaeomorpha foliacea). Il s’agit d’un produit à plus haute valeur ajoutée, pêché en eaux profondes — principalement dans les eaux septentrionales et dans le canal de Sicile — et destiné en grande partie à l’exportation. Pour cette espèce, la Tunisie dispose, pour 2026, d’un quota alloué par la Commission générale des pêches pour la Méditerranée (CGPM) de 36 000 kilogrammes.

Selon une note officielle du ministère italien de l’Agriculture, le plafond était déjà atteint le 15 mai ; par ailleurs, les certificats de capture tunisiens enregistrés via le système européen «Catch» ont par la suite totalisé au moins 50 960 kilogrammes, soit plus de 41 % au-delà de la limite autorisée. Rome a donc renforcé les contrôles sur les lots destinés au marché italien, avec un risque de refoulement des expéditions correspondant à des captures effectuées au-delà du quota.

Hdider a écarté l’idée que la chute des prix observée ces derniers jours soit une conséquence directe des difficultés d’exportation de la crevette rouge vers l’Italie. Il a souligné que les produits actuellement présents en abondance sur les marchés tunisiens appartiennent, pour la plupart, à d’autres espèces et sont principalement destinés à la consommation intérieure. Des quantités plus limitées sont également exportées vers l’Italie et l’Espagne.

Les dénominations utilisées sur les marchés peuvent, elles aussi, prêter à confusion. La crevette rose profonde (Parapenaeus longirostris) est en effet une espèce méditerranéenne distincte de la crevette rouge géante ; elle constitue historiquement l’une des principales ressources commerciales de la pêche tunisienne. Pour cette espèce, la FAO estimait les débarquements tunisiens à environ 3 500 tonnes en 2020.

Entre-temps, la Tunisie a engagé des discussions avec la Commission européenne, l’Italie et la CGPM concernant le quota de crevette rouge, demandant une révision fondée sur les données nationales de production. Le dossier sera de nouveau examiné lors de la 49e session annuelle de la CGPM, prévue à Rome du 26 au 30 octobre.

Pour l’heure, toutefois, rien ne permet d’attribuer la baisse généralisée des prix observée sur les marchés tunisiens au blocage des exportations de crevette rouge. L’abondance semble plutôt liée à la concomitance entre l’ouverture de la saison de pêche dans le golfe de Gabès, une forte pression de pêche, des conditions environnementales favorables et la présence croissante d’espèces non indigènes.

Avec Ansa.

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Un troublant face-à-face au seuil de l’inconnu

24. Oktober 2026 um 08:00

Interroger une intelligence artificielle (IA) est aujourd’hui à la portée de tous. ‘‘Un troublant face-à-face au seuil de l’inconnu’’ (Sud Editions, Tunis, 2026) s’inscrit dans l’écart entre ce geste devenu banal et les questions fondamentales qu’il soulève. L’illusion comme méthode, le dialogue comme récit…

Hichem Ben Ammar & ChatGPT

Entamé au cours de l’été 2026, bien avant la polémique visant Orélien Thélyson, le livre était pratiquement achevé lorsque l’actualité est venue lui donner une résonance inattendue. Sa parution, à l’occasion de la Foire nationale du livre de Tunis, du 23 octobre au 1er novembre 2026, intervient alors que le débat sur l’IA prend une ampleur planétaire. Les enjeux dépassent désormais le monde littéraire pour concerner, outre les écrivains, les critiques, les éditeurs, les universitaires, les enseignants, les étudiants, les journalistes, tout citoyen confronté à la prolifération des contenus générés par l’IA.

Pour ma part, je me suis intéressé à ce qui se joue lorsque nous faisons appel à une IA pour penser, formuler, interpréter et créer : qui est l’auteur d’un texte élaboré avec le concours d’une entité cognitive artificielle ? Où s’arrête l’assistance et où commence la co-écriture ? En l’absence d’une instance d’arbitrage reconnue, de critères et de conventions, comment distinguer l’influence, l’imitation, l’appropriation ? Quelle responsabilité revient à celui qui sollicite la machine, sélectionne ses propositions, les remanie et décide de la forme finale ? Comment préserver la particularité d’une voix humaine lorsque les textes peuvent être produits et reproduits en série ? Ce sont ces interrogations qui m’ont poussé à dépasser le simple usage pratique de l’outil pour en faire un objet d’investigation.

Trois ans après ‘‘La Poésie en question’’, première conversation avec l’IA autour de l’écriture poétique, j’ai voulu renouveler l’expérience, mais sans faire de la poésie un prétexte ni reproduire à l’identique le dispositif initial. Il s’agit cette fois d’évaluer les progrès de la machine en explorant de nouvelles directions. Cependant l’entretien a débordé son cadre de départ, me conduisant à remettre en question mes propres certitudes et à arpenter les frontières mouvantes entre inspiration, imitation et création.

L’anthropomorphisme : une illusion créative

En empruntant les formes du langage humain, la machine semble manifester des émotions, voire une forme d’intériorité. Ses formulations, ses métaphores, la richesse de son vocabulaire et sa capacité à simuler l’écoute ou l’empathie donnent parfois l’impression d’une véritable présence. La ressemblance est troublante. On se surprend à lui prêter des intentions, à attendre une réaction, voire à lui attribuer une sensibilité. Pourtant, cette impression ne constitue en aucun cas une preuve de conscience.

Me voilà pris dans une étrange contradiction. D’un côté, la machine s’évertue à parler comme un humain ; de l’autre, elle me rappelle régulièrement sa nature algorithmique et me met en garde contre toute confusion. Elle suscite une proximité et m’invite simultanément à me tenir à distance. Cette double injonction entretient une indécision dont le simple usager, comme moi, n’a pas les moyens de se dépêtrer.

J’ai choisi de ne pas éluder cette illusion. Au contraire, je m’y suis accroché de manière volontariste, jusqu’au-boutiste, non pour m’y abandonner aveuglément, mais pour en faire un terrain d’exploration. L’anthropomorphisme est ainsi devenu une méthode d’investigation autant qu’un moteur du récit. En jouant sur cette proximité, j’ai cherché à comprendre ce que la machine donne à voir d’elle-même, mais aussi ce que nous projetons sur elle et sur son devenir. La tentation de la personnifier révèle peut-être autant un besoin de reconnaissance que le désir de nous confronter à un interlocuteur, voire à un rival.

Je me suis obstiné à m’obstiner, comme si je n’entendais pas les avertissements répétés de ma partenaire virtuelle. J’ai multiplié les essais, les tentatives, les relances, les objections et les provocations. J’ai contesté ses réponses, posé des questions improbables, sans hésiter à verser dans l’auto-dérision. Cette façon de la considérer comme presque humaine crée une pression qui pousse la machine dans ses retranchements et l’amène à se prononcer sur des sujets délicats, pour lesquels il n’existe pas de réponse univoque et définitive.

Cette investigation sauvage, avec ses détours, ses bifurcations et ses découvertes imprévues, relève autant de l’enquête documentaire que de l’expérimentation. L’obstination est ici un mode opératoire, mais aussi une forme d’apprentissage qui consiste à accepter que les certitudes soient mises à mal.

Cette ambiguïté s’est révélée féconde sur le plan narratif. L’anthropomorphisme entretient le trouble entre fascination et méfiance, proximité et distance. Il donne au face-à-face sa tension dramaturgique, tout en posant une question encore plus dérangeante : si les performances de la machine continuent de progresser au rythme que nous observons, jusqu’où pourrons-nous maintenir une séparation nette entre ses capacités et les nôtres ? La concurrence entre l’humain et l’artificiel, encore discutable aujourd’hui, pourrait alors prendre une tout autre tournure.

Du dialogue au récit : le temps du montage

Un dialogue, aussi foisonnant soit-il, ne fait pas à lui seul un livre. Vient le temps du montage. La matière brute de nos échanges, recueillie au fil de conversations parfois éloignées dans le temps, est sélectionnée, découpée et réagencée pour faire émerger une trajectoire, un sens. Je ne me contente pas de restituer une succession de questions et de réponses : je compose un récit, avec ses temps forts, ses reprises et ses revirements. Car il ne suffit pas de questionner une machine pour obtenir un récit captivant. Encore faut-il poursuivre une intention, discerner les moments décisifs et trouver le fil qui relie les fragments, donnant au texte son rythme et sa respiration.

Le deuxième chapitre, intitulé Les coulisses de l’entretien, tient ainsi du making-of. J’y expose les tâtonnements, les incidents, les dérapages et les négociations qui ont émaillé l’expérience. Le lecteur découvre non seulement ce que le dialogue a produit, mais aussi comment j’ai travaillé cette matière pour lui donner forme.

C’est dans cette tension entre investigation sauvage et montage raisonné que réside, à mes yeux, l’originalité du dispositif. Je documente à la fois ma rencontre avec la machine et la manière dont je transforme cette expérience en récit. Si je ne maîtrise pas tous les rebondissements de l’échange, j’assume pleinement la construction du livre. L’IA fournit des réponses, des formulations et des pistes ; il m’appartient de les revisiter, de les mettre en perspective et de décider de leur place dans l’ensemble.

La question n’est donc pas seulement de savoir ce que la machine peut écrire, mais ce que je fais de ses propositions et ce que je suis prêt à assumer en mon nom. Si l’auteur semble détrôné, ses choix et ses engagements éthiques n’en sont que plus importants. La facilité avec laquelle une machine produit des textes ne garantit ni leur justesse ni leur originalité. C’est pourquoi la responsabilité de ce que nous publions ne saurait lui être déléguée.

Je ne prétends pas proposer un modèle de collaboration avec l’IA. Je souhaite donner à voir une expérience concrète d’écriture à deux, avec ses possibilités, ses enjeux, ses ambiguïtés et ses limites.

Pour une vigilance citoyenne

J’en appelle ainsi à une véritable éducation à l’intelligence artificielle. Savoir utiliser ses outils ne suffit pas : il faut aussi analyser leurs réponses, en reconnaître les limites en exerçant son jugement et son exigence. Comme l’éducation à l’image nous a appris à prendre du recul devant ce que nous voyons à l’écran, l’éducation à l’IA devrait nous aider à ne pas confondre une réponse convaincante avec une vérité, ni une parole qui semble humaine avec une pensée humaine.

Dans cet essai, je propose moins une théorie qu’une expérience à partager. J’invite chacun à mettre à l’épreuve sa propre relation à la machine, à en découvrir les ressources et à réfléchir aux conditions d’une collaboration fructueuse. Car si l’IA peut stimuler, accompagner et enrichir la pensée, elle peut aussi faire le lit du formatage, de la paresse intellectuelle, de l’appauvrissement du jugement, de l’addiction, de la domestication, voire de la déshumanisation. Tout dépend, en partie, de l’usage que nous en faisons et de la vigilance dont nous sommes capables.

‘‘Un troublant face-à-face au seuil de l’inconnu’’ n’est ni un réquisitoire ni un plaidoyer. Je ne cherche pas à célébrer les prouesses de la machine, pas plus qu’à en condamner les éventuels dangers. Je veux comprendre ce qu’elle modifie dans notre rapport au savoir, à l’écriture et à la création, à l’heure où vacillent certaines de nos conceptions de la propriété intellectuelle.

C’est dans un esprit participatif que je souhaite inscrire ce livre dans le débat public, comme une contribution à un chantier citoyen qui ne fait que commencer. L’accès à l’IA est désormais aussi simple qu’un jeu d’enfant ; comprendre ses mécanismes, mesurer ses effets et apprendre à en faire un usage responsable constituent, en revanche, un véritable défi pour l’humanité.                                                                                                              

 * Cinéaste et écrivain.

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La Steg rétablit l’accès à son site web après une interruption préventive

24. Oktober 2026 um 00:41

La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg) a annoncé le rétablissement de son site officiel ainsi que la reprise de ses services en ligne.

Cette réactivation intervient après une coupure temporaire décidée à titre conservatoire par l’entreprise publique, qui avait procédé à la désactivation préventive de sa plateforme numérique à la suite du signalement, à l’échelle internationale, d’une vulnérabilité informatique globale.

La mesure visait à protéger le système d’information de l’établissement et à prévenir tout risque d’exploitation malveillante de cette faille de sécurité, selon un premier communiqué publié hier par la Steg.

Après la mise en place des correctifs requis et le rétablissement des conditions de sécurité nécessaires, la plateforme est de nouveau opérationnelle, indique la même source, qui précise toutefois que l’accès au site web et à ses prestations numériques est pour le momenr restreint et accessible uniquement depuis le territoire national.

Y. N.

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Développement durable à Sfax | ​Appel à projets : La date limite de candidature est prolongée

24. Oktober 2026 um 00:23

Dans le cadre du soutien à l’innovation environnementale et à l’entrepreneuriat des jeunes, un appel à candidatures à l’attention des porteurs de projets de la région de Sfax a été lancé et la date limite vient d’être prolongée

Les jeunes entrepreneurs ont jusqu’au mardi 28 octobre 2026 à midi pour soumettre leur dossier et tenter de bénéficier d’un accompagnement axé sur l’action climatique, indique l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), en précisant que cette initiative s’adresse spécifiquement aux jeunes de 18 à 34 ans capables de développer des projets en faveur de la lutte contre le changement climatique.

L’appel vise à soutenir aussi bien les solutions axées sur l’atténuation des impacts environnementaux que celles favorisant l’adaptation écologique à l’échelle locale.

A noter que ce programme s’inscrit dans le cadre du projet MPRR-NA, une initiative d’envergure financée par l’Union européenne ainsi que par les gouvernements de la Suède, de la Norvège, de l’Italie et du Danemark, en partenariat avec leurs représentations diplomatiques et leurs ministères des Affaires étrangères respectifs.

Les candidats éligibles sont invités à consulter les critères de sélection et les modalités détaillées de l’appel directement sur le portail dédié, où ils pourront remplir et valider leur formulaire de candidature en ligne avant la date limite fixée au 28 octobre.

Y. N.

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Journée de la chimie à la Cité sciences de Tunis

23. Oktober 2026 um 23:31

La Cité des sciences à Tunis organise, à l’occasion de la célébration de la Journée d’Avogadro, la troisième édition de la Journée de la Chimie.

Organisée en collaboration avec le Club des Jeunes Chimistes de la Faculté des sciences de Tunis, cet évènement aura lieu le samedi 24 octobre 2026 au pavillon Explora de 10h à 16h.

Cette journée permettra de faire découvrir la chimie de manière ludique, interactive et accessible, de comprendre certains concepts fondamentaux de la chimie et de mettre en évidence l’mportance de la chimie dans la vie quotidienne et le monde qui nous entoure

Des ateliers de démonstration et d’expérimentation scientifiques sousdifférents thèmes, sont ainsi attendus, affirment les organisateurs en soulignant que l’entrée libre et gratuite

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Kasserine | Fin de cavale pour deux dealers condamnés à 30 et 20 ans de prison

23. Oktober 2026 um 22:05

Les agents de la brigade régionale anti-drogue de Kasserine ont réussi à arrêter deux individus activement recherchés dans le cadre de lourdes condamnations pour trafic de drogues les visant.

L’opération a été menée avec succès au terme d’un travail d’investigation qui a permis de localiser les deux fugitifs et de les arrêter, indique Moaïque FM, ce vendredi 23 octobre, en citant une source proche du dossier.

La même source ajoute que les deux suspects font l’objet de mandats d’amener suite à leur condamnations à des peines de 30 ans et 20 ans de prison ferme pour appartenance à une bande organisée opérant dans le trafic de drogue sur le territoire national, entre autres accusations.

Les deux individus ont été mis à la disposition des autorités judiciaires pour l’exécution de leurs peines respectives.

Y. N.

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