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Ezzahra | L’agresseur des chauffeurs de taxi arrêté

23. August 2026 um 12:46

La brigade de la police judiciaire de Hammam-Lif a arrêté un individu impliqué dans une série d’agressions (vols avec violence) à l’encontre de plusieurs chauffeurs de taxi individuel.

Selon les informations disponibles, rapportées par Mosaïque FM, le suspect hélait les taxis en prétendant vouloir se rendre dans le quartier de Borj Louzir à Ezzahra, cité balnéaire située dans la banlieue sud de Tunis, et s’asseyait systématiquement à l’arrière du véhicule. Une fois arrivé dans une zone isolée, il prenait le chauffeur par surprise en l’étranglant violemment par-derrière pour le neutraliser, avant de lui dérober son téléphone portable et des sommes d’argent et de prendre la fuite.

À la suite d’investigations, les services de sécurité ont réussi à identifier l’auteur des faits et à localiser l’endroit où il se trouvait. On lui a tendu un guet-apens et procédé à son arrestation. Le ministère public a ordonné son placement en garde à vue pour les besoins de l’enquête, afin d’engager les procédures légales à son encontre et de le déférer à la justice.

I. B.

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    Tunisie | La canicule pourrait se poursuivre toute la semaine prochaine  

    23. August 2026 um 12:23

    La nouvelle vague de chaleur que connaît la Tunisie depuis hier, samedi 22 août 2026, devrait se poursuivre jusqu’à la fin de la semaine prochaine. Les températures devraient rester élevées dans la plupart des régions, accompagnées du vent de sirocco, prévoit l’Institut national de la météorologie (INM).

    À partir de ce dimanche 23 août, et durant les journées de lundi 24 et mardi 25 août, les températures connaîtront une hausse notable, dépassant les normales saisonnières de 6 à 10 degrés.

    Les températures maximales devraient osciller entre 42 et 47 degrés dans la plupart des régions, avec la présence du sirocco, tandis qu’elles varieront entre 37 et 41 degrés dans les zones côtières et les régions montagneuses.

    Les prévisions indiquent que ce temps chaud et ces températures élevées persisteront dans la majeure partie du pays au cours des prochains jours, toujours accompagnés du sirocco, ce qui nécessite de la vigilance, en particulier durant les heures les plus chaudes de la journée.

    Espérons que cette nouvelle vague de canicule ne sera pas accompagnée, comme souvent depuis la mi-juillet dernier, de pannes d’électricité et de coupures de l’eau de robinet.

    I. B.

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    Football – Ligue 1 | Quel visage pour les ténors habituels ?

    23. August 2026 um 12:01

    Le match phare de la première journée de la Ligue 1 de football tunisien opposera, ce dimanche 23 août 2026, à 15h30, au stade Hammadi Agrebi de Radès, l’Espérance de Tunis à l’Étoile du Sahel, un classico qui, malgré la canicule, attirera une grande foule de supporters soucieux de découvrir le nouveau visage de leurs équipes respectives.

    Cette confrontation constitue un premier test pour les ambitions des deux formations : l’Espérance aborde la nouvelle saison avec pour objectif de reconquérir le titre national, qu’elle avait perdu il y a quelques mois face à son rival historique, le Club Africain, et de maintenir sa forte présence sur la scène continentale, notamment dans le cadre de la Ligue des champions de la CAF.

    De son côté, l’Étoile du Sahel aspire à tourner la page de la saison précédente — achevée à une septième place décevante pour ses supporters — afin de retrouver son rang parmi les ténors du championnat et de briguer à nouveau le titre.

    Par ailleurs, le Club Africain, champion en titre, entame la défense de son titre par un déplacement périlleux dans le sud-ouest pour y affronter l’Étoile de Metlaoui. L’équipe de Bab Jedid, très remaniée après le départ de plusieurs éléments clés, espère confirmer la belle forme affichée la saison dernière et poursuivre son parcours fructueux sur la scène nationale, tout en préparant son retour en Ligue des champions de la CAF, avec l’ambition de réaliser une saison à la hauteur des attentes de ses supporters.

    Rappelons qu’en match avancé, samedi, les deux autres ténors de la compétition, le Stade Tunisien et le Club Sfaxien ont fait match nul 1-1.

    Programme des matchs de ce dimanche (16h30) :

    Espérance de Tunis – Étoile du Sahel | Arbitre : Haythem Trabelsi – Arbitre VAR : Asmir Sagrkovic (Slovénie) – Chaîne : Al-Watania 1.

    CA Bizertin – Avenir de La Marsa | Arbitre : Montassar Belarbi – Arbitre VAR : Amir Ayadi.

    Étoile de Metlaoui – Club Africain | Arbitre : Amir Loussif – Arbitre VAR : Aleksandar Matkovic (Slovénie) – Chaîne : Al-Watania 2 –

    Espérance de Zarzis – Olympique de Béja | Arbitre : Amine Feguir – Arbitre VAR : Haythem Guirat.

    I. B.

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    Zarzis | Poursuite des recherches des disparus du naufrage de migrants irréguliers

    23. August 2026 um 11:12

    Dans un communiqué publié hier soir, samedi 22 août 2026, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a appelé à l’ouverture d’une enquête sérieuse et urgente pour faire la lumière sur les circonstances du naufrage d’une embarcation transportant 15 migrants en situation irrégulière, survenu dans la nuit du vendredi à samedi, au large de Zarzis, au sud-est de la Tunisie.

    Selon d’autres sources, l’embarcation transportait 17 personnes lorsqu’elle a fait naufrage, environ six heures après avoir quitté le port d’El Ktef. Une personne a été secourue après avoir passé près de 24 heures en mer et trois corps ont été repêchés.

    L’organisation syndicale a appelé à mobiliser tous les moyens disponibles pour poursuivre les opérations de recherche et de sauvetage et à garantir une prise en charge humaine et responsable de l’incident, tout en appelant à démanteler les réseaux de passeurs et de trafic d’êtres humains impliqués dans l’organisation de ces traversées et à traduire les responsables en justice.

    La centrale a également insisté sur la nécessité pour les services de l’État d’assurer un soutien psychologique et social complet aux familles touchées et de les accompagner face aux conséquences de ce drame. Et exprimé son rejet de ce qu’elle a qualifié d’«approche sécuritaire dans la gestion du dossier de la migration irrégulière», estimant que ce phénomène relève avant tout d’enjeux sociaux, économiques et humanitaires, plutôt que d’une question de sécurité.

    Pour l’UGTT, les solutions pérennes de ce fléau de la migration clandestine résident dans la mise en place de politiques économiques et sociales garantissant le droit au travail et à une vie digne dans le pays, ainsi que l’ouverture de voies légales et sûres pour la migration et le travail à l’étranger.

    Dans ce contexte, la centrale a souligné qu’elle se coordonnait avec ses partenaires au sein des organisations syndicales internationales et régionales afin de protéger les droits des migrants, de préserver leur dignité et de lutter contre toutes les formes d’exploitation.

    Pour sa part, Mustapha Abdelkebir, président de l’Observatoire tunisien des droits de l’homme, a confirmé l’achèvement des procédures médicales concernant trois victimes repêchées du naufrage d’une embarcation de migration irrégulière, ainsi que la remise de leurs dépouilles à leurs familles ce dimanche 23 août.

    Trois ambulances ont été mobilisées pour transporter les corps de l’hôpital vers les familles, en vue de procéder aux funérailles, a-t-il ajouté. Les corps ont été transférés à l’hôpital régional Sadok Mokaddem de Djerba pour l’accomplissement des procédures nécessaires et la vérification de l’identité des défunts.

    Il convient de noter que le ministère public avait ordonné l’ouverture d’une enquête judiciaire pour franchissement illicite des frontières maritimes ayant entraîné la mort, suite au naufrage de l’embarcation au large de Zarzis.

    Les opérations de recherche des autres personnes disparues se poursuivent avec la participation d’unités maritimes côtières et d’unités navigantes, en coordination avec la Marine nationale, parallèlement à la mobilisation d’un hélicoptère pour renforcer les efforts d’intervention et de sauvetage.

    Sur un autre plan, les familles et proches des victimes ont manifesté hier soir à Ben Guerdane et des heurts ont eu lieu entre la population et les forces de l’ordre.

    I. B.  

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    Les centres de médecine esthétique bientôt réglementés en Tunisie  

    23. August 2026 um 10:35

    Dans un communiqué publié samedi 22 août 2026, que nous reproduisons ci-dessous, le Syndicat tunisiens des médecins esthétiques (Sytmes) salue le ralliement de l’ensemble des consœurs, confrères et sociétés savantes à la dynamique de réforme initiée et portée par ses instances représentatives.

    La publication récente du communiqué du Conseil national de l’Ordre des médecins (Cnom) concernant l’exercice illégal de la médecine constitue une étape importante dans la protection de la santé publique et dans la défense de la médecine réglementée.

    Mais cette avancée est aussi le fruit d’un travail de fond mené depuis plusieurs années par les professionnels du secteur, et notamment par Systmes qui n’a cessé d’alerter les autorités sur les dangers liés à l’exercice clandestin de la médecine esthétique.

    À travers plusieurs réunions ministérielles, et avec l’ARP, des enquêtes de terrain et la constitution de dossiers documentés concernant des personnes exerçant illégalement la médecine, Sytmes a choisi d’agir concrètement plutôt que de rester dans la simple dénonciation.

    Ces dossiers ont été officiellement transmis aux ministères afin de porter la réalité du terrain à la connaissance des autorités, de défendre les médecins qui exercent dans le respect de la réglementation et, surtout, de protéger les patients contre des pratiques réalisées en dehors de tout cadre médical et sécuritaire

    Parallèlement, Sytmes annonce la sortie officielle imminente du cahier de charges des centres de médecine esthétique pour réglementer ce secteur.

    Ce cahier des charges, représente une avancée majeure et permettra aussi de lutter contre les pratiques illégales et remplira le vide juridique ayant mené à beaucoup d’anarchie. Il permettra de mieux encadrer les pratiques, de définir les exigences nécessaires à la sécurité des patients et de distinguer clairement les professionnels de santé formés et autorisés des structures qui exercent en dehors du cadre légal.

    Sytmes tient à rappeler que ce combat n’est pas dirigé contre une profession ou contre des individus. Il s’agit avant tout d’un combat pour la sécurité du patient, pour la qualité des soins et pour le respect de la loi.

    La médecine esthétique est une médecine à part entière. Elle nécessite une formation médicale, des compétences spécifiques, des équipements conformes, une connaissance des complications et surtout la capacité de prendre en charge un patient lorsque survient un incident.

    Aujourd’hui, la reconnaissance de cette problématique par les autorités constitue une avancée que nous saluons.

    Le Sytmes continuera à travailler avec les autorités compétentes afin que les décisions prises soient réellement appliquées sur le terrain et que l’exercice de la médecine esthétique se fasse dans un cadre sécurisé, réglementé et respectueux du patient.

    Notre objectif reste le même : protéger le patient, défendre la médecine et valoriser les professionnels qui exercent dans les règles.

    Communiqué.

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    Tunisie | Les transporteurs de carburants maintiennent la pression

    23. August 2026 um 10:08

    La Fédération générale du pétrole s’apprête à émettre un préavis de grève dans le secteur du transport d’hydrocarbures dans les prochains jours, pour dénoncer la situation des travailleurs et exiger l’application des procès-verbaux d’accords antérieurs restés lettre morte.

    Salwan Smiri, secrétaire général adjoint de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), a expliqué, samedi 22 août 2026, dans l’émission  ‘‘Houna Tounes’’ sur Diwan FM, que cette décision fait suite à l’annulation d’une réunion de négociation conjointe qui devait réunir toutes les parties prenantes ; cette réunion avait été programmée après l’intervention de la centrale syndicale pour suspendre une grève spontanée menée par les chauffeurs de camions la semaine écoulée et qui s’est traduite par une pénurie de carburants et des longues files d’attente des automobilistes dans les stations-services.

    M. Smiri a précisé que les négociations se sont limitées à des réunions parallèles : le ministère de l’Industrie et de l’Énergie, en tant qu’autorité de tutelle, a rencontré les dirigeants des entreprises de transport et de distribution d’hydrocarbures, tandis que la fédération syndicale s’est réunie avec les syndicats de base et les représentants des travailleurs pour formuler leurs revendications. Ces dernières portent essentiellement sur le respect des délais de versement des dus financiers et de délivrance des cartes de soins.

    M. Smiri a également indiqué que les discussions entre l’autorité de tutelle et les entreprises se poursuivraient demain, lundi 24 août 2026, afin d’élaborer une solution globale concernant l’ensemble des établissements. Il a enfin souligné que le secteur du transport d’hydrocarbures est détenu à 99 % par le secteur privé et a rappelé que les préavis de grève émis par le passé avaient tous abouti à des solutions à l’amiable lors des réunions, permettant de résoudre les problèmes sans en arriver à une grève effective.

    I. B.

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    La voiture électrique en Tunisie et le casse-tête des bornes de recharge

    23. August 2026 um 09:02

    Les usagers des voitures électriques en Tunisie font face à de grandes difficultés pour trouver des bornes de recharge en quantité suffisante et permettant une recharge rapide. Aussi le pays s’oriente-t-il vers l’extension de son réseau de recharge, parallèlement à l’élaboration d’un nouveau cadre réglementaire pour ce secteur. Toutefois, la généralisation des véhicules électriques soulève un défi qui dépasse la simple installation de bornes de recharge : il s’agit de la capacité du réseau électrique national à absorber des milliers de points de charge, en particulier les stations de recharge rapide.

    Adnan Haddad, expert en efficacité énergétique, a déclaré à Diwan FM que si le réseau électrique est actuellement capable de supporter la recharge des véhicules électriques, le véritable défi surgira avec le déploiement de milliers de points de charge, surtout si un grand nombre d’entre eux se concentrent dans des zones spécifiques.

    Vérifier au préalable la capacité du réseau

    M. Haddad estime que la planification du renforcement du réseau doit commencer dès maintenant, expliquant que la recharge simultanée d’une vingtaine de véhicules dans une même station pourrait entraîner une hausse considérable de la consommation ; il est donc nécessaire de vérifier au préalable la capacité du réseau local et des transformateurs à supporter de telles charges.

    Pour éviter de surcharger le réseau, l’expert préconise le recours à la technologie de recharge intelligente. Celle-ci permet de planifier et de répartir l’électricité en fonction du nombre de véhicules connectés et de la capacité disponible, rendant ainsi le processus de recharge plus compatible avec les capacités du réseau.

    Quant aux grandes stations de recharge rapide, M. Haddad estime qu’elles nécessitent des équipements électriques spécifiques ainsi que des études préalables pour déterminer la puissance énergétique requise et garantir la capacité du réseau à supporter les charges supplémentaires.

    Par ailleurs, l’expert considère que la Tunisie a l’opportunité d’intégrer les énergies renouvelables dans le système de recharge, en misant à l’avenir sur des panneaux solaires pour alimenter les stations, liant ainsi le développement de la mobilité électrique à la transition vers des sources d’énergie renouvelables.

    Il convient de noter que l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME) collabore avec des investisseurs privés pour développer un réseau de bornes de recharge, tandis que des établissements publics et des municipalités ont commencé à installer des points de recharge sur leurs territoires, avait indiqué Abdelhamid Gannouni, directeur du département de l’efficacité énergétique dans le secteur des transports au sein de l’agence, dans une déclaration à l’agence Tap. Cependant, le réseau demeure encore insuffisant.

    I. B.

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    Transmed | Du mythe de la «jugulaire» à la réalité des chiffres

    23. August 2026 um 08:32

    En réponse à l’article intitulé «La Tunisie goulot énergétique de l’Europe et jugulaire de l’Algérie», et afin d’apporter ma contribution sur les enjeux énergétiques et stratégiques régionaux, j’ai tenu à proposer une analyse rigoureuse et documentée. Face aux postures alarmistes et aux contresens techniques qui cherchent à altérer la perception des relations entre nos deux pays, cette contribution s’attache à déconstruire les chiffres avec méthode, tout en réaffirmant la profondeur des liens fraternels et institutionnels qui unissent l’Algérie et la Tunisie.

    Dr Abderrahmane Cherfouh *

    En instrumentalisant la peur pour se tailler un costume de sauveur, Elyes Kasri accumule les contresens techniques, les contrevérités économiques et les manipulations politiques. Une remise au point méthodique s’impose.

    1. L’illusion du corridor unique : l’Algérie, puissance multi-vectorielle

    L’affirmation selon laquelle l’Europe et l’Algérie dépendraient de manière absolue du sol tunisien pour assurer leurs flux gaziers relève d’une méconnaissance des réalités industrielles. L’Algérie n’est nullement tributaire d’un réseau terrestre unique. Grâce au gazoduc Medgaz, qui la relie directement à l’Espagne sans passer par aucun pays tiers, et à ses méga-complexes de liquéfaction de Skikda et d’Arzew, elle dispose d’un accès maritime direct aux marchés mondiaux. Sa flotte de méthaniers navigue librement en Méditerranée et vers l’Atlantique, s’affranchissant de toute contrainte de transit.

    Loin d’être une chimère ou un projet théorique, la dimension stratégique du Gazoduc Transsaharien (TSGP) est aujourd’hui une réalité opérationnelle. Les accords trilatéraux définitifs ayant été signés entre l’Algérie, le Niger et le Nigeria, et les travaux de chantier étant officiellement engagés sur le terrain, ce mégaprojet continental consacre définitivement l’Algérie comme le hub énergétique incontournable reliant l’Afrique subsaharienne à l’Europe.

    2. Confusion entre exportations et production globale :

    Pour bâtir sa théorie d’un rapport de force asymétrique, l’auteur opère un glissement chiffré trompeur. Il évoque un volume d’exportation de 52 milliards de mètres cubes (bcm) comme s’il s’agissait de la totalité de la ressource algérienne. C’est omettre que la production brute de l’Algérie oscille en réalité entre 100 et 135 milliards de mètres cubes par an. Plus de la moitié de cette ressource est consommée localement — alimentant 99 % de l’électricité algérienne — ou réinjectée dans les gisements pour en optimiser le rendement.

    Surtout, s’agissant du TransMed : la redevance de transit en nature (5,25 %) perçue par Tunis couvre entre 60 % et 66 % de la consommation nationale tunisienne de gaz naturel. Parler de «serrer la jugulaire» ou menacer ce flux ne provoquerait pas la ruine d’Alger, mais la coupure immédiate du réseau électrique tunisien. L’interdépendance énergétique n’est pas une arme d’oppression : elle est le socle d’une sécurité partagée.

    3. Un arbitrage industriel classique, non une «guerre psychologique»

    Qualifier les études relatives au gazoduc sous-marin Galsi (vers la Sardaigne) d’«agression» ou de «guerre psychologique» destinée à faire capituler la Tunisie relève d’une rhétorique victimaire. Dans le secteur des hydrocarbures, la recherche de routes alternatives constitue la norme de gestion des risques pour un État qui investit 60 milliards de dollars afin de porter sa production à 200 milliards de m³. La faisabilité des conduites en eaux profondes est éprouvée — comme le prouve le Medgaz —, et attribuer des intentions machiavéliques à des études de planification industrielle traduit une déconnexion inquiétante avec la réalité des marchés.

    4. Une menace pour la signature diplomatique de la Tunisie

    Inviter les négociateurs tunisiens à exiger unilatéralement une hausse de la redevance (à 8 ou 10 %) en facturant la «protection militaire» des conduites terrestres repose sur une confusion juridique grave. La sécurisation des infrastructures sur son territoire relève de la souveraineté et de la sécurité nationale de la Tunisie, non d’un service marchand facturable à un tiers. Prôner la remise en cause des traités sous le ton de la sommation entacherait la signature de l’État tunisien auprès de ses partenaires internationaux et européens — à commencer par l’Italie —, pour qui la sécurité juridique des contrats est non négociable.

    5. Démasquer les entrepreneurs de la discorde

    Derrière l’usage d’un vocabulaire d’une rare violence («tenir par la jugulaire»«capitulation») se cache la véritable intention : saborder les relations fraternelles et historiques entre deux pays frères. Les entrepreneurs de la discorde, en rupture d’influence, tentent de sacrifier l’intérêt supérieur des deux peuples.

    En cherchant à substituer au principe sacré du «Khawa-Khawa» (fraternité) la logique destructrice d’une «Adawa-Adawa» (animosité), ils offensent l’Histoire et la dignité de la diplomatie.

    Les relations entre l’Algérie et la Tunisie ne se jouent pas dans une arène où l’un doit être lésé pour que l’autre triomphe. Elles reposent sur une solidarité organique, éprouvée par les épreuves de l’Histoire, un respect strict des souverainetés et une communauté de destin qu’aucun messianisme de circonstance ne saura altérer.

    * Médecin, Canada.

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    Greffe de cheveux | La question que la Tunisie n’a pas encore posée

    23. August 2026 um 07:55

    La Tunisie s’installe sur un marché du tourisme capillaire estimé à un milliard de dollars par an pour la seule Turquie. Elle en importe aussi le vide réglementaire : nul ne sait, aujourd’hui, qui est habilité à tenir l’instrument. Trois mesures simples permettraient d’y répondre avant qu’un scandale ne s’en charge.

    Dr Khalil El Cadhi *

    Il y a une question simple que personne ne pose à un patient qui rentre d’une greffe de cheveux : qui tenait l’instrument ?

    Elle paraît absurde. Pour une appendicectomie, personne ne se la poserait — on sait que c’est un chirurgien. Pour la restauration capillaire, la réponse est devenue incertaine, et cette incertitude est en train de devenir un problème de santé publique. Y compris chez nous.

    Un marché d’un milliard de dollars, et presque aucune donnée

    Une étude publiée en 2025 dans Aesthetic Plastic Surgery par une équipe de la Mayo Clinic estime que la seule Turquie génère environ un milliard de dollars par an sur le tourisme capillaire, Istanbul en étant l’épicentre. Les auteurs décrivent un secteur porté par des prix très inférieurs, des forfaits tout compris, et un marketing numérique agressif qui minimise les risques. Ils décrivent aussi trois choses moins souvent citées : le rôle croissant de techniciens non supervisés, des pratiques de substitution où le patient ne rencontre pas le praticien qu’on lui a promis, et ce qu’ils appellent un «trou noir de données» — l’absence quasi totale de standardisation, de contrôle et de déclaration des complications. Personne ne compte. Les seuls chiffres qui remontent sont ceux des systèmes de santé d’origine, qui prennent en charge les patients au retour.

    La Tunisie s’installe sur ce marché. Elle en a les moyens : un corps médical formé, des prix compétitifs, une proximité avec l’Europe. Elle en importe aussi, mécaniquement, les zones grises.

    Ce que la greffe est réellement

    Il faut redire ce que recouvre le mot. Une greffe par extraction folliculaire — la technique dite FUE, aujourd’hui majoritaire — consiste à prélever un à un plusieurs milliers de follicules sur une zone donneuse, puis à les réimplanter dans des incisions de moins d’un millimètre, selon un angle, une profondeur et une densité qui déterminent le résultat pour le restant de la vie du patient.

    Ce n’est pas un soin esthétique. C’est un acte chirurgical, avec anesthésie locale, saignement, risque infectieux et risque nécrotique.

    Un chapitre de référence publié en 2023 dans Facial Plastic Surgery par Kenneth Williams et Shady El-Maghraby le formule sans détour : le prélèvement en FUE exige une longue courbe d’apprentissage, une endurance physique et une coordination œil-main supérieure à la moyenne. Les auteurs constatent que les taux de complications sont supérieurs à la moyenne dans deux situations — lorsque le médecin lui-même est insuffisamment formé, et lorsque l’acte est délégué de façon irrégulière à des personnes non habilitées et non formées.

    C’est exactement la seconde situation qui s’est industrialisée.

    Le prix d’une chaîne de montage

    En 2024, un chirurgien plasticien d’Istanbul, Fatih Ceran, a publié dans Aesthetic Plastic Surgery la plus grande série de complications documentée à ce jour sur ce point précis : dix-huit patients ayant développé une nécrose de la zone receveuse après greffe.

    Les chiffres méritent d’être lus lentement. Âge moyen : 36 ans. Tous avaient été opérés en une seule séance, avec en moyenne 3 899 unités folliculaires implantées. Les facteurs de risque relevés étaient banals et connus : tabagisme chez deux tiers d’entre eux, hypertension, diabète. Tous ont nécessité une prise en charge chirurgicale par débridement. Et surtout : cicatrices et échec de greffe chez la totalité des patients.

    Une nécrose du cuir chevelu ne se rattrape pas. Le tissu cicatriciel ne porte plus de cheveux, et il consomme définitivement une zone receveuse que le patient n’a qu’une fois.

    Une autre étude turque, publiée la même année dans le Journal of Craniofacial Surgery, rappelle que l’ischémie du lit receveur est liée aux lésions tissulaires causées par les instruments et au nombre de greffons par centimètre carré. Autrement dit : la densité et la vitesse ne sont pas des arguments commerciaux neutres. Ce sont des variables cliniques.

    Le consensus des sociétés savantes

    La position des sociétés professionnelles est constante. Dans une revue publiée en 2022 dans Der Hautarzt, Andreas Finner écrit que les risques médicaux d’une pratique «à la chaîne» de cette chirurgie par du personnel non habilité et non médecin — telle que rapportée aussi bien dans des cliniques nationales que dans le tourisme médical — ne doivent pas être sous-estimés.

    L’International Society of Hair Restoration Surgery, qui regroupe plus de 1 100 praticiens dans 70 pays, mène depuis plusieurs années une campagne de sensibilisation sur la chirurgie capillaire illicite. Sa position tient en une phrase : l’acte est médical, et il relève d’un médecin.

    Ce que je vois en consultation

    Je reçois régulièrement des patients qui viennent pour une reprise. Ce ne sont pas des cas rares ni des exceptions statistiques : c’est devenu une part identifiable de mon activité, et je ne suis pas le seul praticien de la région dans ce cas.

    Ce qui frappe dans ces consultations n’est pas la technique employée. C’est que beaucoup de ces patients sont incapables de me dire qui les a opérés. Ils ont vu un commercial avant l’intervention, parfois un médecin quelques minutes le jour même, et des opérateurs dont ils ignorent la qualification pendant les six à huit heures qu’a duré la séance. Ils n’ont pas de compte rendu opératoire. Ils ne savent pas combien de greffons ont été prélevés, ni sur quelle surface.

    Un patient qui ne peut pas nommer son opérateur ne peut ni se plaindre, ni être suivi, ni être réparé correctement.

    Trois choses que la Tunisie pourrait décider

    Rien de ce qui précède n’appelle une interdiction. La restauration capillaire est une chirurgie utile, aux résultats durables, et la Tunisie a les compétences pour la pratiquer au meilleur niveau. Ce qui manque n’est pas la compétence, c’est le cadre.

    Trois mesures, aucune coûteuse.

    Qualifier l’acte. Dire explicitement que le prélèvement et l’implantation folliculaires sont des actes médicaux, et qu’ils engagent la responsabilité d’un médecin inscrit à l’Ordre. Cela ne prive personne d’un métier : le rôle d’assistance existe, il est légitime, il est encadré ailleurs. Il faut simplement dire où passe la ligne.

    Rendre l’opérateur identifiable. Un compte rendu opératoire remis au patient, nommant le médecin responsable, la technique, le nombre de greffons et la surface traitée. C’est le minimum exigé pour n’importe quel autre acte chirurgical. Il n’y a aucune raison que celui-ci fasse exception.

    Compter. Le «trou noir de données» décrit par l’équipe de la Mayo Clinic n’est pas une fatalité. Un recueil des complications, même simple, même déclaratif, permettrait de savoir ce que produit réellement ce marché — et donnerait aux praticiens sérieux de ce pays l’argument qui leur manque aujourd’hui.

    La Tunisie a construit sa réputation médicale sur la qualité, pas sur le volume. Le tourisme capillaire est en train de tester cette réputation. Il vaudrait mieux poser la question maintenant, pendant qu’on peut encore y répondre par une règle, plutôt que dans quelques années par un scandale.

    * Chirurgien de la restauration capillaire, Djerba, Full Member de l’International Society of Hair Restoration Surgery.

    Site web de l’auteur.

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    Le poème du dimanche | ‘‘Le bruit du galop’’ de Hervé Carn

    23. August 2026 um 07:00

    Né en 1949 à Fumay (Ardennes) de parents bretons, Hervé Carn vit à Plancoët (Côtes-d’Armor, Bretagne). Il est poète, essayiste et enseignant.

    Docteur en littérature française, professeur agrégé de lettres modernes. Auteur de neuf romans, il a publié une dizaine de livres de poésie, Le Bruit du galop, Folle Avoine, 2019, des essais, Bernard Noël, « Poètes d’Aujourd’hui », Seghers, 1986 ; Au pays d’Aimé Césaire, Diabase, 2004. Ami de Georges Perros, il a codirigé le numéro de la revue Europe qui lui a été consacré ainsi qu’un Eloge, Georges Perros, La vie est partout, La Part Commune, 2023, récompensé en 2024 par le Prix Yves Cosson de l’Académie de Bretagne et des Pays de Loire.

    Tahar Bekri

    Celle qui te suivait

    Si proche de tes pas

    Avait enfin trouvé en toi

    Le baume qui endort

    Dans ce pays qui t’aime

    Malgré tes gestes durs

    Il est toujours en toi

    Cette trace fine nette

    Que fit son regard

    Déposé sur la nuque

    Dans l’attention appliquée

    D’un soleil réduit au trait

    Qui te fend et te fonde

    En une manière nouvelle

    De prendre congé du temps

    Au plus près des embellies

    De son ombre habitée

    *

    Mais le bleu que tu tiens

    Entre tes doigts d’ombre

    Sort du plus lointain

    Pays de ton âme

    De tes sens de ton énergie

    Que dure est la fin

    D’une vivante carapace

    Qu’enserre en tremblant

    Le souffle du vent chaud

    Gagné par la fièvre

    Ou les rauques cavalcades

    Des cils ombragés des pores

    Enneigés par la moisissure

    Des pluies et des pleurs

    Déposés sur les doigts

    Par la fleur effeuillée

    Des lèvres entrouvertes

    *

    La coulée de lave

    Souille tes lèvres

    Ramène du plus profond

    Tes émois tes désirs

    On mange le temps dis-tu

    Ou on le ronge

    Mais ton corps avance

    Quand même sous l’élan

    Du premier pas

    Comme ta langue

    Est emportée par le mot

    Qui vint se caler

    De ta bouche à la remorque

    De ton souffle de ton cri

    Poussé par le geste brutal

    D’une chute dans la nuit

    De la perte et du chagrin

    *

    Souvent en nage

    Vers le songe qui menace

    Ton corps saigne dis-tu

    Ton corps gît dans la glace

    Des draps mouillés

    Tu renonces à vivre

    Tu laisses aller tes membres

    Qui cognent contre le mur

    Dans un dernier ahan

    Dans un dernier élan

    Que tu aimerais léger

    Pareil dans les nuées

    Au vide sans image

    Aucune sinon une trace

    Ephémère et vive

    Blessante et claire

    Pour donner à la terre

    Des frissons de regret

    Ed/ Folle Avoine, 2019. (Remerciements à l’auteur)

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    Tunisie | Le TGV Bizerte-Ben Guerdane verra-t-il, un jour, le jour ?

    22. August 2026 um 13:27

    A défaut de pouvoir inaugurer de vraies infrastructures qui améliorent la vie des gens ou, tout au moins, allègent leurs souffrances quotidiennes, les autorités tunisiennes se contentent d’annoncer des plans, des stratégies ou des projets dont on sait pertinemment qu’ils ne seront réalisés que dans vingt ou trente ans ou ne seront jamais réalisés. Les effets d’annonce leur tiennent lieu de… bilan.

    Dans ce contexte, la Société nationale des chemins de fer tunisiens (SNCFT), qui fait face à de lourdes difficultés financières et a du mal à faire circuler convenablement ses vieux trains, a annoncé avoir lancé la phase de faisabilité du corridor ferroviaire nord-sud, pompeusement appelé TGV Bizerte-Ben Guerdane, et des liaisons avec l’Algérie et la Libye.

    Cette «première étape concrète» vers la réalisation d’un grand corridor ferroviaire à hautes performances destiné à relier Bizerte, à l’extrême nord du pays, à Ben Guerdane, dans le sud-est, près de la frontière libyenne, selon les termes utilisés par les médias, consiste en la publication d’un avis de présélection de cabinets d’études spécialisés pour la première phase du projet de «corridor ferroviaire Nord-Sud».

    On n’en est clairement encore qu’au stade préliminaire de ce projet présenté comme le futur «TGV tunisien», annoncé par le président de la République Kaïs Saïed, lors de sa campagne pour les présidentielles de 2019.

    La SNCFT entend donc sélectionner des entreprises et des groupements tunisiens et internationaux spécialisés dans le secteur ferroviaire pour leur confier l’étude de faisabilité ainsi que les premières études d’ingénierie de ce projet.

    La date limite de dépôt des candidatures est fixée au 24 septembre à 11 heures, l’ouverture publique des offres devant avoir lieu quinze minutes plus tard.

    Le projet s’inscrit dans le cadre des grandes infrastructures stratégiques prévues par le Plan de développement tunisien 2026-2030. L’axe devrait relier Bizerte à Ben Guerdane en desservant les principaux pôles urbains, ports, centres de fret et zones logistiques du pays, avec pour objectif de renforcer les liaisons entre le nord et le sud et d’accroître le rôle du rail dans le transport de marchandises. Une dimension régionale est également envisagée. Vers l’ouest, une connexion avec le réseau algérien en direction d’Annaba est à l’étude via l’axe Tabarka-Nefza-Mateur-Jdeida. Au sud, le corridor pourrait être prolongé jusqu’au poste-frontière de Ras Jedir, à la frontière libyenne, en passant par Mareth et Médenine, avec une bifurcation vers le port de Zarzis.

    À terme, ce projet pourrait constituer l’un des principaux axes ferroviaires pour passagers et marchandises du Maghreb.

    Cependant, le tracé définitif, les caractéristiques techniques, les coûts et la viabilité économique restent encore à définir : le lancement des travaux n’a pas été décidé et dépendra des résultats des études qui viennent de faire l’objet d’un appel d’offres.

    Reste une question : quand les Tunisiens verront-ils la concrétisation et l’inauguration de ce projet ? Dans vingt ou trente ans ? Ou jamais ?

    Quand on sait que les premières études relatives au port en eau profondes d’Enfidha remontent aux années 1990 et que, près de trente ans après, ce projet est encore dans les cartons, on est en droit d’esquisser un sourire de scepticisme face aux vaines agitations de ces ronds de cuir de l’administration publique, des incompétents notoires qui croient pouvoir nous berner avec des effets d’annonce qui n’engagent que ceux qui y croient.

    I. B.

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    Hind Rajab | L’aveu tardif d’Israël et la colère de Kaouther Ben Hania

    22. August 2026 um 11:54

    Plus de deux ans après la mort de Hind Rajab, l’armée israélienne reconnaît que ses soldats ont tiré sur la voiture où se trouvait la fillette palestinienne de cinq ans. Un aveu tardif qui pulvérise la version officielle avancée après le drame et que la réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania qualifie d’«écran de fumée».

    Djamal Guettala

    Il y a des voix que les démentis ne parviennent pas à faire taire. Celle de Hind Rajab en fait partie.

    En janvier 2024, la fillette palestinienne de cinq ans se retrouve prisonnière d’une voiture à Gaza, après que plusieurs membres de sa famille ont été tués. Elle appelle le Croissant-Rouge palestinien. Sa voix tremble. Elle demande qu’on vienne la chercher. Autour d’elle, les tirs continuent.

    Deux ambulanciers sont envoyés à sa rencontre. Ils seront eux aussi tués.

    Pendant plus de deux ans, l’armée israélienne a nié que ses soldats se trouvaient dans le secteur au moment du drame. Aujourd’hui, elle reconnaît finalement que ses troupes ont bien ouvert le feu sur le véhicule et annonce l’ouverture d’une enquête pénale.

    Une version officielle qui se fissure

    Cette reconnaissance intervient après une longue bataille autour de la vérité.

    Dès les premières semaines, plusieurs enquêtes indépendantes avaient mis en doute la version israélienne. Images satellites, analyses acoustiques, données géographiques et examen de la scène ont permis de reconstituer les mouvements militaires autour du véhicule.

    Le contraste est désormais saisissant : ce que l’armée niait hier, elle le reconnaît aujourd’hui.

    Mais cette admission ne répond pas à la question centrale. Elle ne dit pas pourquoi une voiture occupée par des civils a été prise pour cible. Elle ne dit pas non plus pourquoi la présence de soldats israéliens avait été initialement niée.

    Elle ouvre donc un nouveau chapitre plutôt qu’elle ne referme celui de Hind Rajab.

    La voix qui est devenue une preuve

    L’histoire de Hind Rajab a franchi les frontières de Gaza grâce à un document aussi fragile que terrible : l’enregistrement de son appel aux secours.

    Une enfant de cinq ans qui demande de l’aide. Une enfant qui attend une ambulance. Une enfant qui entend les tirs et comprend qu’elle est en danger.

    Cette voix est devenue le cœur du film ‘‘La Voix de Hind Rajab’’ de la réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania.

    Présenté à la Mostra de Venise en 2025, le film a transformé ce drame en une œuvre cinématographique et politique qui interroge la disparition des civils dans les récits de guerre.

    Kaouther Ben Hania dénonce «un écran de fumée»

    L’annonce israélienne n’a pas convaincu la réalisatrice. Kaouther Ben Hania dénonce «un écran de fumée», considérant que les éléments permettant de comprendre ce qui s’est passé étaient disponibles depuis longtemps.

    Son interrogation est simple et vertigineuse : pourquoi cette reconnaissance intervient-elle seulement maintenant ? Et surtout, que signifie une enquête militaire menée après des années de dénégations ?

    La cinéaste refuse que l’affaire soit réduite à un communiqué annonçant une procédure interne. Derrière cette affaire se trouve une enfant dont la voix avait déjà raconté, presque minute par minute, ce qui se déroulait autour d’elle.

    Une enquête ne suffit pas

    La famille de Hind Rajab et des organisations de défense des droits humains réclament une enquête indépendante. Elles mettent en doute la capacité d’une procédure interne à établir pleinement les responsabilités. Car la question n’est plus seulement de savoir si les soldats israéliens ont tiré. L’armée vient de le reconnaître. Il faut désormais déterminer les circonstances exactes des tirs, les règles d’engagement appliquées, les éventuels ordres reçus et les responsabilités individuelles et hiérarchiques.

    Le cas de Hind Rajab est devenu un symbole parce que sa voix a survécu à la mort. Elle est devenue une trace que les versions officielles successives n’ont pas réussi à effacer.

    L’aveu israélien constitue donc un tournant. Mais il ne saurait être confondu avec la justice.

    Deux ans après, l’armée reconnaît les tirs. Kaouther Ben Hania y voit un «écran de fumée». Entre les deux se trouve l’essentiel : la vérité complète sur ce qui s’est passé et la question, toujours ouverte, de savoir qui devra répondre de la mort d’une enfant de cinq ans et des secouristes venus la sauver.

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    La Tunisie, goulot énergétique de l’Europe et jugulaire de l’Algérie

    22. August 2026 um 11:22

    L’agitation cyclique autour du Galsi Pipeline, le projet de gazoduc sous-marin algéro-italien censé contourner la Tunisie par la Sardaigne, est l’arme maîtresse d’une guerre psychologique menée contre la Tunisie qui traverse une crise énergétique passagère. Elle vise à persuader l’opinion publique tunisienne que le pays est remplaçable et susceptible d’être soumis à «la sanction énergétique» quitte à «vivre dans le noir» afin de donner un alibi suffisant aux adeptes de la capitulation contractuelle. La présente analyse vise à déconstruire ce narratif de l’effacement par les faits, en démontrant que la Tunisie dispose, au contraire, d’un levier d’interdépendance majeure pour exiger un rééquilibrage global de ses partenariats. (Carte : Principaux gisements d’hydrocarbures au Maghreb et pipelines transméditerranéens).  

    Elyes Kasri *

    1. La valeur stratégique décuplée du TransMed face aux crises mondiales

    Le rôle de pivot énergétique de la Tunisie n’est plus seulement régional, il est devenu névralgique à l’échelle mondiale. La convergence de trois crises géopolitiques majeures a décuplé la valeur stratégique du réseau terrestre trans-tunisien (TransMed) pour l’ensemble du continent européen :

    – l’onde de choc de la guerre en Ukraine : la rupture historique et définitive des approvisionnements en gaz russe a privé l’Europe de sa principale source d’énergie fossile. Dans cette quête absolue de diversification, l’Afrique du Nord, et particulièrement l’axe Algérie-Tunisie-Italie, est devenue l’alternative immédiate la plus fiable pour sécuriser l’Europe du Sud et le cœur industriel de l’Union européenne;

    – la paralysie des détroits de Bab el-Mandeb et d’Ormuz : les tensions militaires dans le golfe d’Aden et le golfe Persique ont gravement compromis la sécurité des routes maritimes globales. Le transit du gaz naturel liquéfié (GNL) en provenance du Qatar et d’autres fournisseurs du Golfe par méthaniers est soumis à des goulots d’étranglement permanents, à des détours maritimes pharaoniques (via le Cap de Bonne-Espérance) et à une explosion des coûts d’assurance ;

    – le TransMed comme sanctuaire d’approvisionnement : face à l’insécurité des détroits et à la fin du gaz russe, le TransMed s’impose comme une infrastructure géographiquement immunisée contre les crises du Moyen-Orient. Ce pipeline terrestre offre un flux continu, direct et insensible aux blocus maritimes, propulsant le sol tunisien au rang de corridor de sécurité absolue pour la survie énergétique de l’Europe.

    2. La centralité du TransMed dans l’économie algérienne :

    L’examen des indicateurs macroéconomiques sectoriels démontre la dépendance de l’Algérie envers ce réseau terrestre trans-tunisien, faisant du gazoduc Enrico Mattei (TransMed) le véritable poumon financier du régime d’Alger :

    – le poids des hydrocarbures dans les recettes algériennes : les hydrocarbures représentent 93 % à 95 % des recettes d’exportation de l’Algérie et alimentent le budget de l’État algérien à hauteur de plus de 60 % via la fiscalité pétrolière ;

    – la part du TransMed dans les exportations de gaz algérien : selon les bilans énergétiques compilés, l’Algérie exporte environ 52 milliards de mètres cubes (bcm) de gaz naturel par an. Le TransMed en achemine à lui seul entre 22 et 25 bcm directement vers l’Italie, soit près de 45 % à 50 % de la totalité des exportations gazières algériennes, et plus de 70 % de son gaz acheminé par pipeline;

    – valorisation financière pour Alger : au cours moyen du gaz sur le marché européen (TTF), le flux transitant par le sol tunisien génère pour l’Algérie des revenus directs estimés entre 10 et 12 milliards de dollars par an. Une interruption ou une réduction structurelle de ce flux provoquerait un choc budgétaire immédiat et ingérable pour la paix sociale algérienne suffisamment fragile et menacée par un Hirak qui couve sous les cendres.

    3. L’irréalisme technique et le péril sécuritaire du Galsi :

    Selon les données techniques validées par les registres officiels du Global Energy Monitor (mis à jour en juillet 2024), le projet Galsi est une impossibilité industrielle et financière à court et moyen terme:

    – profondeur abyssale : le tracé maritime (565 km de section offshore) impose une pose de conduites à une profondeur record de 2 885 mètres sous la mer Méditerranée, ce qui représente une complexité d’ingénierie exceptionnelle;

    – capacité limitée : le Galsi a été configuré pour un débit maximal de 8 milliards de m³ par an. Il ne pourrait donc absorber qu’un quart du flux du TransMed (capacité de 32 milliards de m³), rendant tout contournement total physiquement impossible ;

    – impasse financière et réglementaire : estimé initialement à 3 milliards de dollars, sa réévaluation dépasse aujourd’hui 5 à 6 milliards de dollars. Dans le cadre du Green Deal de l’Union Européenne et du gel des financements fossiles lourds par les institutions bancaires internationales, sa levée de fonds est irréalisable, maintenant le projet au statut officiel de projet «mis de côté» (shelved), comme le confirme l’étude technique de l’Eurasia Review ;

    – le fardeau critique de la vulnérabilité sous-marine : au-delà des barrières financières, l’impératif de sécurité internationale condamne les alternatives purement offshores ;

    – le précédent Nord Stream 1 et 2 : le sabotage spectaculaire des gazoducs Nord Stream en mer Baltique (septembre 2022) a définitivement démontré la vulnérabilité intrinsèque des infrastructures sous-marines profondes face aux attaques asymétriques, au terrorisme d’État ou aux actes de guerre hybride. En haute mer, la surveillance constante et la protection physique de milliers de kilomètres de conduites immergées sont matériellement impossibles ;

    – l’avantage du tracé terrestre tunisien : face à ce péril sous-marin, le corridor trans-tunisien offre une résilience stratégique inégalée, soulignée dans l’étude sectorielle de l’Observatoire Méditerranéen de l’Énergie. Un tracé terrestre permet un accès immédiat pour la maintenance, une surveillance continue par satellite et par patrouilles, ainsi qu’un contrôle souverain permanent, garantissant à Rome et à Alger une continuité de flux qu’aucune conduite immergée ne peut promettre.

    4. Argumentaire pour une réévaluation à la hausse des redevances de transit :

    Le taux actuel de la redevance tunisienne (5,25 %, prélevé majoritairement en nature) est obsolète et dérisoire. La Tunisie est légitimement en position d’exiger une réévaluation substantielle (objectif : 8 % à 10 %) :

    – le coût de la sécurisation : la Tunisie assure à ses frais exclusifs la protection militaire et technologique de 400 km de conduites terrestres et de stations de compression critiques (Cap Bon). Ce service de sécurité environnementale et industrielle, qui protège l’approvisionnement européen contre les risques de déstabilisation, devrait être intégré dans le coût du transit ;

    – l’indexation sur la prime de substitution : si l’Algérie devait substituer le TransMed par du transport de GNL par voie marine pour livrer l’Italie, le coût de l’infrastructure portuaire et maritime augmenterait le coût de livraison de 25 % à 30 %. La redevance tunisienne actuelle est donc une décote majeure et une concession exorbitante accordée par la Tunisie à Alger ;

    – valorisation budgétaire actuelle : les recettes de cette redevance sont passées à plus de 1,8 milliard de dinars tunisiens (TND) par an. Ce gaz couvre entre 60 % et 66 % des besoins de consommation en gaz naturel de la Tunisie, ce qui prouve la valeur critique de cet actif dans notre équilibre énergétique national.

    5- Pour une diplomatie de l’interdépendance active et équitablement profitable

    Céder à la panique face à l’alternative Galsi relève d’une asymétrie psychologique savamment entretenue par des officines étrangères à travers la cinquième colonne de la «khawakhawanomanie» ambiante, et non d’une contrainte technique réelle.

    La Tunisie détient une carte maîtresse mondiale : la sécurité, la viabilité et la supériorité stratégique terrestre de l’autoroute énergétique tunisienne vers l’Europe dans un monde marqué par la fermeture des détroits et les crises climatiques.

    La Tunisie est incontestablement le verrou énergétique d’une Europe qui paie au prix fort le boycott du gaz russe et l’instabilité qui prévaut, sans perspective de stabilisation à court et à moyen termes, dans les détroits d’Ormuz et Bab El Mandeb.

    Elle tient également le régime algérien par la jugulaire, car en dépit de toutes les fanfaronnades, ce régime se trouve confronté à une population frustrée et prête à en découdre ne pourra pas se passer à moyen et même à long terme du Transmed et des recettes financières et des garanties sécuritaires offertes par le transit par la Tunisie plus qu’aucun autre itinéraire.

    Il appartient aux négociateurs tunisiens d’exploiter ce nœud vital pour redresser les torts asymétriques hérités de l’histoire — qu’il s’agisse des redevances énergétiques, de la spoliation de l’Albien ou du développement de nos infrastructures critiques de transport et de logistique — et arracher un accord digne, global et protecteur des intérêts supérieurs de la Nation.

    Le célèbre philosophe allemand Emmanuel Kant (1724-1804) a bien dit que «la liberté est le droit de ne pas être soumis à la fatalité extérieure».

    * Ancien ambassadeur.

    Note de la rédaction : On a dû réduire cet article de près de la moitié de son volume, tout en l’allégeant de son appareil critique (références, sources, etc.)

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    Racisme | L’affaire Jason Arday secoue le Royaume-Uni !

    22. August 2026 um 10:17

    Jason Arday, 41 ans, plus jeune professeur noir de l’Université de Cambridge a été accusé de plagiat cependant l’affaire qui aurait pu être traitée dans le cadre académique est devenue une affaire nationale. Pour la droite raciste et les médias blancs, c’était une aubaine à ne pas manquer et le jeune homme a été voué aux gémonies dans les unes de journaux, dans des centaines d’articles sans parler des réseaux sociaux. Jason Arday a été retrouvé mort à son domicile le vendredi 7 août 2026. Aujourd’hui, les médias qui ont instrumentalisé cette affaire en s’adonnant à un harcèlement basé sur un racisme désinhibé et un acharnement obscène sont sur le banc des accusés. Le Premier ministre Andy Burnham a parlé d’«une tragédie».

    Imed Bahri

    Dans les colonnes de l’hebdomadaire britannique The Observer, Seun Matiluko est revenue sur l’affaire Jason Arday dont l’épilogue a été la fin tragique du jeune universitaire, elle considère que cette affaire est révélatrice d’une obsession de l’élite blanche qui estime que la réussite des Noirs se fait à ses dépens. 

    L’histoire d’Arday a suscité une couverture médiatique qui dépasse largement la controverse entourant le plagiat présumé de sa thèse de doctorat soumise à l’Université Liverpool Moors, et ce, depuis sa nomination comme le plus jeune professeur noir de l’histoire de l’Université de Cambridge.

    Il y a un être humain derrière les tweets

    Selon Seun Matiluko, Jason, qui enseignait la sociologie et les sciences de l’éducation à Cambridge avant d’être contraint de démissionner début août, en raison de la polémique médiatique concernant son intégrité académique et personnelle, a mis en lumière l’hypocrisie du traitement médiatique de sa mort, instrumentalisée par la droite pour faire du «scandale» un phénomène mondial.

    Tard vendredi avant-dernier, un universitaire a résumé avec justesse la situation d’Arday : «Il y a deux semaines, Jason Arday était professeur à l’Université de Cambridge, et maintenant il n’est plus là». Matiluko fait remarquer qu’il peut parfois sembler futile de rappeler aux gens d’être bienveillants et de se souvenir, avant d’attaquer, qu’il y a un être humain derrière leurs tweets, publications ou titres. 

    L’histoire a commencé lorsqu’un individu se définissant comme «réaliste racial», convaincu que dans un système méritocratique, «les Noirs disparaîtraient de la quasi-totalité des postes à responsabilité, hormis dans le sport et le divertissement» – une affirmation que beaucoup qualifieraient de raciste – a révélé un plagiat dans la thèse de doctorat d’Arday et l’a dénoncé.

    Les journaux ont enquêté sur ces allégations et les ont jugées crédibles. L’affaire aurait pu s’arrêter là, et la couverture médiatique aurait été similaire à celle du professeur William O’Reilly de Cambridge, qui avait plagié 4 000 mots de travaux d’étudiants et les avait republiés comme étant les siens dans des revues académiques, prétendant être victime de harcèlement homophobe une fois démasqué.

    Cependant, l’attention médiatique portée à Arday a dépassé le cadre de ses travaux universitaires qui, bien que suffisants pour lui permettre de réussir son doctorat à l’Université John Moores de Liverpool, ont été critiqués par certains, estimant qu’ils avaient nui à la réputation de Cambridge.

    Deux cent quarante-neuf articles ont été publiés à son sujet en 22 jours. Quelques heures après l’annonce de son décès, le Times a diffusé une publicité sponsorisée sur X pour un article rédigé par un ancien étudiant mécontent de la méthode d’enseignement d’Arday. S’il n’était pas un jeune professeur noir à Cambridge y aurait-il eu autant d’articles et y aurait-il eu un tel emballement médiatique ?

    Le journal a indiqué qu’une grande partie de la couverture médiatique intense précédant les événements tragiques de vendredi s’était concentrée sur les chocs culturels.

    1% des professeurs d’université britanniques sont noirs

    Arday a été comparé à Meghan Markle, l’épouse du prince Harry, et des journalistes, désireux de se vanter de leur formation à Cambridge, ont affirmé que la présence d’Arday prouvait que les Noirs avaient un accès plus facile au monde universitaire. Ils feignent d’oublier que seulement 1% des professeurs d’université britanniques sont noirs.

    Les réseaux sociaux ont également été inondés d’affirmations extravagantes selon lesquelles les universités d’Oxford et de Cambridge admettaient des étudiants noirs avec des notes inférieures simplement parce qu’ils étaient noirs.

    En réalité, la seule forme de discrimination positive, de diversité, d’égalité, d’inclusion, ou quel que soit le terme employé, dans les admissions universitaires britanniques est fondée sur la classe sociale, et non sur l’origine ethnique. Les personnes ayant fréquenté des écoles modestes ou vivant dans des zones défavorisées peuvent bénéficier de circonstances exceptionnelles. Nombreux sont les étudiants blancs issus de milieux populaires qui bénéficient d’offres conditionnelles et dans ce cas, les opposants à la diversité, à l’équité et à l’inclusion dans le cadre de la guerre culturelle deviennent muets quand il s’agit des Blancs.

    Seun Matiluko soutient qu’il est légitime de demander des comptes à ceux qui détiennent le pouvoir et de démasquer les menteurs surtout que la violente campagne médiatique menée contre Arday était disproportionnée par rapport à ses erreurs.

    Une frénésie médiatique largement liée à la couleur d’Arday

    L’auteure s’interroge pourquoi tant de médias ont-ils affiché la photo d’Arday en une pendant des semaines, à l’exception du lendemain de sa mort ? Elle estime que si Arday n’avait pas été professeur à Cambridge mais à Leeds, Durham ou au King’s College de Londres, son histoire n’aurait sans doute pas suscité autant d’attention et elle affirme que cette frénésie médiatique était largement liée à l’origine ethnique d’Arday, puisqu’il était noir.

    Matiluko rappelle que des titres de presse allant jusqu’à affirmer que le mouvement Black Lives Matter a propulsé Jason Arday sur le devant de la scène relèvent d’une politique de victimisation propre aux Blancs qui soupçonnent d’emblée la réussite des Noirs d’être le fruit d’un travail mené à leur détriment.

    Arday n’est ni le premier, ni le dernier, à être accusé de plagiat ou d’avoir relaté une biographie contenant des éléments douteux. Il n’est pas le premier à être accusé d’être un piètre universitaire. La plupart des diplômés universitaires ont une anecdote à raconter sur des professeurs qui estimaient que leurs performances n’étaient pas à la hauteur du poste pour lequel ils avaient été embauchés. Cependant, rien ne justifie l’emballement, le déchaînement et le harcèlement dont il a fait l’objet 

    Aujourd’hui, Arday est mort et ses enfants grandiront sans père. Dans un an, certains de ses détracteurs auront peut-être même oublié son nom. Matiluko estime qu’il est peut-être naïf d’attendre de tous les journalistes qu’ils agissent de manière éthique et rappelle que de nombreux journalistes ont prétendu avoir tiré les leçons du suicide de Caroline Flack, la journaliste harcelée par les médias et dont la vie privée a été exploitée sans relâche mais que malheureusement, six ans plus tard, il semble que la leçon retenue soit de harceler sans relâche une personnalité publique, puis, à sa mort, de dire hypocritement «Repose en paix» et «Nos pensées et nos prières t’accompagnent», avant de rejeter la faute sur autrui.

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    Le cimetière de Sousse totalement à l’abandon

    22. August 2026 um 09:41

    Il y a quelques jours , je me suis rendu au cimetière de Houmet Swiss, à Sousse, et j’ai été attristé, voire indigné, par l’état dans lequel je l’ai trouvé. La saleté est malheureusement ce qui m’a le plus frappé : feuilles mortes jonchant les allées, arbres et végétation manifestement peu entretenus, détritus éparpillés çà et là… À cela s’ajoutent des tombes qui, plusieurs mois après les inhumations, ne sont toujours pas construites, ainsi qu’un cercueil abandonné sur place.

    Mohamed Sadok Lejri

    Un tel état d’abandon est difficilement compatible avec le respect que nous devons à nos morts et à leurs familles.

    Je n’étais d’ailleurs pas le seul à déplorer cette situation *. Plusieurs personnes venues se recueillir sur les tombes de leurs proches partageaient exactement le même constat. Nous en avons discuté ensemble, avec le sentiment commun que ce lieu de mémoire mériterait davantage d’attention et d’entretien.

    Pour ne rien arranger, les fleurs que les familles déposent sur les tombes de leurs proches disparus disparaissent en moins de 24 heures…

    Un ouvrier présent sur place m’a expliqué que le cimetière était actuellement dépourvu de «mouqawel», c’est-à-dire de la personne chargée de superviser l’entretien du cimetière et les opérations d’inhumation, depuis l’éviction du dernier responsable, il y a environ quatre mois.

    Il m’a également fait part des difficultés liées au manque d’effectifs. Le cimetière ne disposerait actuellement que de quatre ouvriers maçons et de deux ouvriers chargés de les assister. Il y a une quinzaine d’années, ils étaient pourtant quatorze à travailler au cimetière de Swiss.

    Plus préoccupant encore, les quatre ouvriers maçons ne sont réunis au complet que deux jours par semaine ; à savoir : jeudi et vendredi. Le reste du temps, une partie de l’effectif est affectée à d’autres cimetières, notamment ceux de Hay Laaouina et d’Oued Kharroub, où la charge de travail est également importante en raison de l’étendue des lieux et de la forte densité de la population.

    Ces explications permettent certes de mieux comprendre les difficultés auxquelles sont confrontés les ouvriers, mais elles ne peuvent laisser indifférent face à l’état actuel du cimetière.

    Il serait donc souhaitable que la municipalité de Sousse se penche, dans les meilleurs délais, sur la situation du cimetière de Houmet Swiss, afin de renforcer les moyens humains qui lui sont consacrés, d’assurer son entretien régulier et de remédier aux différents problèmes qui s’y posent.

    Nos morts méritent le respect et leurs familles doivent venir se recueillir dans un lieu propre, digne et convenablement entretenu. Veiller à la dignité de nos cimetières, c’est aussi veiller à la dignité de ceux qui nous ont quittés et au respect de ceux qui leur rendent visite.

    Désengagement de la municipalité et incurie des riverains

    * Nous reproduisons ci-dessous le poste sur le même sujet qu’un autre Soussien, Noureddine Ali, a posté sur sa page Facebook, le 19 août 2026…

    Il y a quelques jours, sur facebook, Anouar El Fani et Mohamed Sadok Lejri alias Pierrot le fou dénonçaient, chacun de son côté, l’état d’abandon et de délabrement du cimetière de Sousse. Je m’y suis rendu aujourd’hui pour me recueillir sur la tombe de mes parents. Effectivement, le cimetière offre un spectacle de désolation qui tranche avec la dignité que l’on attend d’un lieu de recueillement. Dès l’entrée, une végétation sauvage et envahissante impose sa loi : ronces, herbes folles et arbustes épineux ont colonisé les allées, rendant la circulation entre les tombes malaisée, parfois même impossible à moins de courir le risque de se fouler la cheville ce qui a failli m’arriver.

    Les inscriptions de nombreuses sépultures s’effacent peu à peu sous la mousse et les lichens. Le sol, par endroits, disparaît sous un tapis de détritus accumulés au fil des années : sacs plastiques déchirés, bouteilles vides, gravats de construction et déchets divers jonchent les abords comme le cœur même du cimetière, apportés là par le vent ou par l’incurie de riverains peu scrupuleux. Aucun entretien régulier ne semble avoir été assuré depuis longtemps, et l’abandon dans lequel se trouve ce patrimoine funéraire témoigne d’une négligence collective aussi affligeante qu’inquiétante pour la mémoire des défunts qui y reposent.

    Face à ce constat désolant, les services municipaux font preuve d’une atonie frappante. L’absence d’entretien régulier, le manque de gardiennage et l’inaction des autorités locales traduisent un désengagement manifeste envers le respect dû aux défunts et le patrimoine de la ville et laissent le site vulnérable au vandalisme et au vol, au point que déposer des fleurs sur une tombe relève désormais du défi.

    La municipalité se limite à des interventions ponctuelles et superficielles, souvent uniquement après de vives protestations citoyennes. L’absence d’un gardiennage permanent et vigilant ou d’une brigade dédiée à l’entretien des espaces sacrés laisse le champ libre à l’abandon total du site. Ce n’est pourtant pas une fatalité, il suffit de se rendre au cimetière de Hamam-Sousse pour constater la différence.

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    Agriculture | Le blues des producteurs de poivron rouge

    22. August 2026 um 09:06

    Durant la saison de récolte, les producteurs de poivrons du gouvernorat de Nabeul ont été confrontés à d’importantes difficultés liées à une pénurie de main-d’œuvre, auxquelles se sont ajoutés des problèmes de commercialisation du poivron rouge destiné à la transformation ; ils ont notamment dû subir de longues heures d’attente devant les unités de transformation, tout en voyant leurs quantités produites parfois refusées.

    Le prix de vente actuel oscille entre 600 et 800 millimes le kilogramme, un niveau jugé très bas au regard des coûts de production, estimés à environ 20 000 dinars par hectare, selon les déclarations de Mohamed Ben Hassen, secrétaire général du Groupement régional de la tomate destinée à la transformation, à la radio Diwan FM.

    Ben Hassen a ajouté que les petits agriculteurs subissent des pertes considérables tout en voyant leur endettement s’aggraver, sous l’effet conjugué de plusieurs facteurs ayant affecté négativement le secteur, notamment la hausse des températures, les perturbations de l’irrigation et l’arrêt de l’activité de certaines unités de transformation.

    Le responsable syndical a également lancé un appel urgent aux autorités compétentes — les ministères du Commerce, de l’Industrie et de l’Agriculture — pour qu’elles interviennent afin de réguler le marché et d’améliorer les prix, garantissant ainsi une marge bénéficiaire aux agriculteurs.

    I. B.

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    Chirurgie esthétique | L’Ordre des médecins avertit contre les intrus

    22. August 2026 um 08:48

    Avec la multiplication des plaintes de patients ayant subi des actes de chirurgie esthétiques dans des conditions douteuses, les professionnels de la santé en Tunisie ne cessent d’avertir contre les intrus qui pratiquent des actes médicaux dans des officines douteuses.     

    Le Conseil national de l’Ordre des médecins a affirmé, vendredi 21 août 2026, que la médecine esthétique demeure une activité médicale légale, soulignant que les injections et autres actes médicaux à visée esthétique doivent être réalisés par des professionnels qualifiés et compétents, dans des conditions garantissant la sécurité des patients.

    Dans un communiqué à valeur de mise au point, l’Ordre des médecins a souligné que «lorsque des injections ou d’autres actes médicaux sont réalisés par des personnes non qualifiées ou non habilitées à les pratiquer, il ne s’agit plus d’une simple activité esthétique, mais d’un exercice illégal de la médecine, comportant des risques pour la santé publique».

    L’Ordre a estimé que la banalisation de telles pratiques — en particulier lorsqu’elles font l’objet de promotion ou sont évoquées publiquement dans les médias et sur diverses plateformes — nécessite l’intervention des autorités compétentes et la prise des mesures qui s’imposent.

    Il a, par ailleurs, souligné la nécessité de réaliser tout acte médical au sein de structures de santé appropriées, dans le respect des règles d’hygiène et de sécurité, tout en garantissant la disponibilité des moyens nécessaires pour prendre en charge d’éventuelles complications et en assumant la responsabilité professionnelle.

    L’Ordre des médecins a réaffirmé que la médecine esthétique demeure une discipline médicale et qu’elle est soumise, à ce titre, aux mêmes exigences de compétence, de sécurité, d’éthique et de responsabilité professionnelle, précisant qu’il est hors de question de banaliser ces pratiques ou de faire la moindre concession lorsqu’il s’agit de la santé et de la sécurité des citoyens.

    I. B.

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    Huile d’olive tunisienne | Exportations en hausse de 55%

    22. August 2026 um 08:22

    Selon les dernières données de l’Observatoire national de l’agriculture (Onagri) rapportées par l’agence Tap, il y a eu une évolution notable des performances du secteur de l’huile d’olive en Tunisie au cours des neuf premiers mois de la campagne actuelle, avec des quantités exportées record, atteignant 368 000 tonnes contre 236 900 tonnes durant la même période de la campagne précédente, soit une augmentation de 55,3 %.

    Selon un rapport publié vendredi 21 août 2026 par l’Onagri sur sa page Facebook officielle, ce dynamisme des exportations a eu un impact positif sur les recettes financières du pays : la valeur des exportations s’est élevée à 4 605,3 millions de dinars (MDT), enregistrant une croissance de 44,4 % par rapport à la campagne précédente (3 190 MDT).

    Cette hausse est portée par une demande mondiale croissante, notamment pour l’huile d’olive vierge extra, qui a représenté à elle seule 83,6 % du volume total exporté.

    Les exportations d’huile d’olive conditionnée ont également enregistré une progression de 50,8 %, les quantités exportées passant de 34 1000 tonnes à 51 500 tonnes ; elles représentent ainsi 14 % du volume total des exportations, contre 86 % pour l’huile d’olive exportée en vrac.

    La part des exportations d’huile d’olive conditionnée a atteint 18,6 % des recettes totales d’exportation au cours des neuf premiers mois de la campagne actuelle.

    Par ailleurs, le prix moyen de l’huile d’olive a augmenté de 1,4 % en juillet 2026 par rapport à la même période de la campagne précédente, passant de 12,97 dinars le kilogramme à 13,16 dinars ; les prix ont varié, selon les variétés, entre 8,22 et 17 dinars le kilogramme.

    Plus de 70 marchés

    À la fin du mois de juillet 2026, les exportations d’huile d’olive tunisienne étaient réparties sur plus de 70 pays, témoignant ainsi de la diversité des marchés extérieurs.

    Le marché de l’Union européenne absorbe la plus grande part des exportations, soit 57,1 %, avec en tête l’Espagne (32,1 %) et l’Italie (20 %).

    L’Amérique du Nord occupe la deuxième place avec une part de 24 %, répartie principalement entre les États-Unis (19,2 %) et le Canada (4,8 %).

    Les marchés asiatiques représentent 11,3 % du volume total des exportations, l’Arabie saoudite 4,6 %, la Jordanie 3,1 %, le marché africain 3,8 % et le marché égyptien 3,3 %.

    673,4 MDT de recettes pour l’huile bio

    Concernant l’huile d’olive biologique, les quantités exportées au cours des neuf premiers mois de la campagne 2025/2026 ont atteint environ 51 200 tonnes, pour une valeur avoisinant les 673,2 MDT.

    La part de l’huile d’olive biologique conditionnée n’a pas dépassé 6,2 % du volume total des exportations de cette catégorie.

    Le prix moyen de l’huile d’olive biologique s’est établi à 13,16 dinars le kilogramme, oscillant entre 12,93 dinars le kilogramme pour l’huile «en vrac» et 16,56 dinars le kilogramme pour l’huile «conditionnée».

    L’Italie arrive en tête des pays importateurs d’huile d’olive biologique tunisienne, avec une part de 38 % du volume total exporté, suivie par l’Espagne (26 %), les États-Unis (23 %) et la France (8 %).

    Tap

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    Tunisie | Le Mouvement Nafas appelle à la libération de Seifeddine Arfaoui

    22. August 2026 um 08:09

    Le mouvement Nafas — qui a organisé des manifestations contre le régime de Kaïs Saïed le jeudi 20 août 2026 à Tunis — a publié un communiqué de soutien et de solidarité avec le militant Seifeddine Arfaoui, suite à son arrestation par les autorités. Selon certaines sources, cette arrestation fait suite aux slogans qu’il a scandés et qui ont été jugées offensantes et injurieuses pour le chef de l’Etat. Nous publions ci-dessous une traduction dudit communiqué.  

    Le pouvoir autoritaire poursuit ses restrictions systématiques des droits et libertés, ainsi que la persécution des militants de la société civile, des acteurs politiques et des voix libres, dans une tentative désespérée d’intimider les citoyens et de les dissuader d’exercer leur droit à l’expression et de défendre leurs droits économiques et sociaux.

    Dans ce contexte, ce vendredi 21 août 2026, à la suite d’une campagne systématique sur les réseaux sociaux, le blogueur, défenseur des droits humains et militant du mouvement Nafas, Seifeddine Arfaoui, a été conduit au siège de la Brigade de lutte contre la criminalité à El Gorjani pour y être interrogé. Après consultation du ministère public, celui-ci a ordonné sa garde à vue pour une durée de 48 heures, en raison d’une publication sur sa page Facebook personnelle reprenant des slogans scandés lors de la manifestation «Nafas» du 20 août 2026.
    Il s’agit de la deuxième arrestation au sein du mouvement Nafas, après celle du journaliste Zied El Heni le 28 avril 2026, également intervenue à la suite d’une publication sur sa page Facebook personnelle.

    Au vu de ce qui précède, le mouvement Nafas :

    1- exprime son soutien total et inconditionnel au militant Seifeddine Arfaoui, exige sa libération et l’abandon de toute poursuite à son encontre, ainsi que la fin des poursuites visant les personnes exprimant leurs opinions et les militants de la société civile et du monde politique pour l’exercice de leurs droits légitimes ;

    2- réitère son refus de voir l’exercice des droits et libertés ainsi que la participation à des mouvements civiques pacifiques servir de motifs de poursuites judiciaires, ou voir les appareils de l’État instrumentalisés pour intimider les militants et dissuader les citoyens d’exprimer leurs positions et de participer à des actions civiques pacifiques ;

    3- fait part de sa conviction que la situation de Seifeddine Arfaoui est indissociable du climat général dans lequel la liberté d’expression, les positions dissidentes et l’engagement civique sont désormais exposés à la criminalisation et aux poursuites.

    Défendre Seifeddine revient à défendre le droit de chaque Tunisien et de chaque Tunisienne à s’exprimer, à exprimer des opinions divergentes, à participer à la vie publique et à manifester pacifiquement.

    Nous refusons que des publications sur les réseaux sociaux se transforment en chefs d’accusation, que l’expression d’une opinion devienne un délit et que l’engagement citoyen pacifique serve de motif à une arrestation.

    Si ces pratiques visent à effrayer les gens et à les réduire au silence, nous affirmons que la répression et l’intimidation ne feront que renforcer notre détermination à exercer notre droit à l’expression, à la critique et à la contestation pacifique.

    Liberté pour Seifeddine Arfaoui.

    Liberté pour Zied El Heni.

    Liberté pour les prisonniers d’opinion et les prisonniers politiques.

    Communiqué traduit de l’arabe.

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    Ukraine | L’entourage de Zelnsky visé par des enquêtes anticorruption

    21. August 2026 um 13:58

    Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a limogé mercredi 19 août 2026 sa cheffe adjointe de cabinet, Iryna Mudra, alors que les enquêteurs anticorruption lançaient une vaste enquête visant une organisation criminelle présumée impliquant de hauts responsables liés à la présidence.

    Habib Glenza, à Lodz.

    Outre Mudra, les suspects comprennent un député en fonction, un ex-parlementaire ainsi que le directeur général et le président du conseil de surveillance d’une banque publique, indique le Bureau national de lutte contre la corruption (Nabu). La description de ces responsables bancaires semble renvoyer à Sense Bank.

    Les enquêteurs affirment que le groupe a contribué au blanchiment d’environ 3 millions d’euros (150 millions de hryvnias ukrainiennes) déposés comme caution pour un suspect dans une affaire de corruption.

    Il s’agit de l’opération «Midas», une enquête sur des soupçons de corruption au sein de Energoatom, l’entreprise publique ukrainienne de l’énergie nucléaire, devenue la plus vaste affaire de corruption du mandat de Zelensky.

    La nouvelle affaire n’est donc pas isolée : elle semble découler directement d’une enquête qui met déjà en cause d’anciens hauts responsables gouvernementaux et des personnes entretenant de longue date des liens personnels et politiques avec Zelensky.

    De «Midas» à «Forest Gump»

    Le Nabu et le Parquet spécialisé anticorruption (Sapo) ont dévoilé l’opération «Midas» en novembre 2025, au terme de plus d’un an d’enquête.

    Ils affirment que les membres d’une organisation criminelle exerçaient une influence sur Energoatom sans y occuper de fonctions officielles, prélevant des pots-de-vin représentant 10 à 15 % des contrats auprès des fournisseurs en échange du déblocage des paiements.

    Le Nabu estime qu’environ 85 millions d’euros ont été blanchis via ce système présumé.

    L’ancien ministre de la Justice et de l’Énergie Herman Halouchtchenko a été accusé de blanchiment d’argent et de participation à une organisation criminelle.

    En février, le Nabu a indiqué que plus de 7,4 millions de dollars, 2,4 millions d’euros et 1,3 million de francs suisses liés au système présumé avaient été transférés ou mis à la disposition de sa famille.

    Les 3 millions d’euros au cœur de la dernière enquête, baptisée opération «Forest Gump», auraient été déposés comme caution pour Halouchtchenko

    Selon des mandats de perquisition divulgués par des parlementaires ukrainiens, Sense Bank aurait été utilisée pour transférer une partie des fonds de caution. Le Nabu a également rendu publics des enregistrements audios dans lesquels on entend Mudra évoquer Sense Bank et des tentatives présumées d’influencer les décisions la concernant.

    Dans une conversation enregistrée en juin, Mudra indique qu’on lui a dit que le directeur général de la banque et le président de son conseil de surveillance viendraient la voir.

    Elle évoque aussi une personne prénommée «David» et le président d’une commission parlementaire, qui chercheraient à offrir une protection politique à la banque. On ignore si David fait référence à David Arakhamia, chef du groupe Serviteur du peuple de Zelenskiy au Parlement.

    « Ils ne s’en prendront pas à Sense Bank et Sense Bank doit les payer», déclare Mudra sur cet enregistrement. Dans une autre conversation, Mudra affirme que «Timur», qu’elle décrit comme «un réfugié israélien», l’a appelée pour lui demander de prendre en charge le dossier de Sense Bank.

    Cette description semble renvoyer à Timur Mindich, ami de longue date et ancien partenaire commercial de Zelensky, présenté comme l’un des cerveaux du système de corruption «Midas» évalué à 100 millions de dollars (85 millions d’euros).

    D’un ami de longue date à un ancien chef de cabinet

    Mindich faisait partie du premier cercle de Zelensky bien avant son entrée en politique et est copropriétaire de Kvartal 95, la société de production cofondée par le président.

    Suspect dans l’opération «Midas», Mindich a quitté l’Ukraine pour Israël en novembre 2025. Son nom apparaît aussi dans l’enquête «Dynasty», dans laquelle le Nabu et le Sapo affirment que plus de 8,8 millions d’euros ont été blanchis via un complexe résidentiel de luxe en périphérie de Kyiv, à partir de fonds provenant en partie de systèmes de corruption, notamment chez Energoatom.

    Mais le nom le plus en vue cité dans l’affaire «Dynasty» est celui d’Andriy Iermak, ancien chef de cabinet de Zelensky et pendant des années l’une des figures les plus puissantes d’Ukraine.

    Iermak a dirigé le cabinet du président de 2020 jusqu’à son départ en 2025, devenant le plus proche confident politique de Zelensky et jouant un rôle central dans la politique intérieure, la diplomatie et la conduite de la guerre.

    En mai 2026, le Nabu et le Sapo ont désigné Iermak comme suspect dans l’affaire de blanchiment d’argent «Dynasty». Un tribunal a ordonné son placement en détention avec la possibilité d’une libération sous caution de 2,7 millions d’euros, somme qui a ensuite été versée. Iermak nie les accusations.

    La même enquête met également en cause l’ancien vice-Premier ministre Oleksiy Chernyshov, qui a occupé plusieurs hautes fonctions gouvernementales sous Zelensky et est présenté comme un ami de longue date de la famille présidentielle.

    D’autres enquêtes ont rattrapé d’anciens membres de l’administration présidentielle. Rostyslav Shurma, ex-chef adjoint chargé de la politique économique, a été désigné comme suspect en janvier dans une affaire distincte portant sur des abus présumés dans le système de subventions aux énergies renouvelables en Ukraine.

    Le Nabu et le Sapo soupçonnent Shurma, son frère Oleg et d’autres personnes d’avoir détourné environ 2,7 millions d’euros. Les deux frères ont été placés sur une liste de recherche en février, et un tribunal a ordonné leur détention par contumace en avril. Shurma, actuellement à l’étranger, nie tout acte répréhensible.

    Une proximité douteuse et dérangeante

    Ces enquêtes surviennent à un moment particulièrement sensible pour les ambitions européennes de l’Ukraine.

    Kiev et Bruxelles ont ouvert en juin le cluster Fondamentaux des négociations d’adhésion de l’Ukraine, qui couvre notamment l’État de droit, la justice, les marchés publics et le contrôle financier. Un deuxième cluster, consacré aux relations extérieures a suivi en juillet.

    L’UE a souligné que les progrès réalisés sur le cluster Fondamentaux détermineront le rythme global des négociations d’adhésion de l’Ukraine, plaçant l’indépendance et l’efficacité des institutions anticorruption du pays sous un examen particulier.

    La série d’enquêtes dresse pour Zelensky un tableau politique de plus en plus délicat.

    Son ancien chef de cabinet a été désigné comme suspect. D’anciens chefs adjoints de cabinet également. Son ami de longue date et ancien partenaire commercial est impliqué dans plusieurs grandes affaires. D’anciens ministres et d’autres hauts responsables de son administration sont eux aussi devenus suspects.

    Chacune des enquêtes menées par le Nabu et le Sapo suscite aussi une forte mobilisation de l’opinion. Des dizaines de milliers d’Ukrainiens sont descendus dans la rue en 2025 pour défendre l’indépendance du Nabu et du Sapo après la décision du Parlement de restreindre les pouvoirs de ces autorités anticorruption.

    La société civile a aussi réclamé des investigations supplémentaires sur des soupçons de corruption au plus haut niveau de l’État. 

    Pour un président arrivé au pouvoir en 2019 en promettant de rompre avec l’establishment politique corrompu du pays, la proximité de tant d’affaires visant son entourage a un coût politique de plus en plus lourd.

    Source : The Kyiv Independent 

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