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Décryptage – Quand les prix montent plus vite que les vies : la Tunisie face à une inflation qui ne dit pas son nom

26. Mai 2026 um 06:36

Le matin, dans les marchés tunisiens, il existe désormais un silence particulier. Un silence lourd, discret, presque invisible. Celui des familles qui calculent avant de remplir un panier. Celui des commerçants qui s’excusent presque en annonçant un nouveau prix. Celui des retraités qui regardent longuement les étals avant de renoncer à certains produits devenus trop chers. L’inflation n’est pas seulement un indicateur publié par les institutions. Elle est devenue une sensation quotidienne. Une fatigue collective. Une inquiétude qui s’installe dans les conversations familiales, dans les taxis, dans les cafés, jusque dans les regards.

Car lorsque les prix augmentent plus vite que les revenus, ce n’est pas uniquement le pouvoir d’achat qui s’effondre. C’est aussi une forme de confiance sociale. La capacité de se projeter dans l’avenir. Le sentiment que le travail permet encore de vivre dignement.

En Tunisie, le débat économique continue pourtant souvent d’être abordé à travers des mécanismes techniques qui donnent parfois l’impression que l’économie se résume à des tableaux Excel et à des courbes statistiques. Or, derrière chaque point d’inflation supplémentaire, il y a des existences concrètes qui se contractent. Des projets différés. Des sacrifices silencieux. Et surtout une vérité que l’on refuse parfois de regarder en face : l’inflation tunisienne ne relève pas uniquement d’un problème monétaire. Elle est devenue le symptôme d’un modèle économique profondément vulnérable.

L’inflation tunisienne : le miroir d’une dépendance ancienne

Pendant des décennies, une grande partie de la pensée économique dominante a défendu l’idée selon laquelle l’inflation était avant tout une question de monnaie. Trop d’argent en circulation provoquerait mécaniquement une hausse généralisée des prix. Cette vision, largement popularisée par Milton Friedman, a profondément influencé les politiques économiques contemporaines. Dans cette logique, la solution semble évidente : augmenter les taux d’intérêt pour freiner le crédit, ralentir la consommation et calmer l’inflation. Mais la Tunisie ne vit pas une inflation classique de surchauffe économique. Elle traverse une inflation enracinée dans ses fragilités structurelles.

Lorsque les prix internationaux du blé augmentent, la Tunisie subit immédiatement le choc. Lorsque le pétrole flambe, l’ensemble de l’économie est contaminé : transport, production, agriculture, logistique, consommation. Lorsque les chaînes d’approvisionnement mondiales se dérèglent, les tensions apparaissent rapidement sur les marchés locaux. La dépendance aux importations transforme chaque turbulence géopolitique internationale en tension sociale intérieure.

Et cette dépendance n’est pas seulement économique ; elle est devenue psychologique. Chaque crise mondiale rappelle brutalement à quel point le pays reste vulnérable aux décisions, aux conflits et aux spéculations qui se jouent ailleurs.

La pandémie mondiale avait déjà révélé cette fragilité. Puis les tensions géopolitiques internationales ont aggravé les déséquilibres énergétiques et alimentaires. Les coûts du transport maritime ont explosé. Les matières premières sont devenues plus chères. Dans un pays importateur net comme la Tunisie, ces chocs extérieurs pénètrent immédiatement dans la vie quotidienne.

Mais réduire l’inflation tunisienne à une simple inflation importée serait encore insuffisant. Car il existe aussi des fractures internes que l’on évoque souvent à demi-mot.

Les chemins invisibles de la spéculation et des dysfonctionnements

Entre le producteur et le consommateur tunisien, les circuits de distribution ressemblent parfois à un labyrinthe opaque. Les intermédiaires se multiplient. Les coûts s’accumulent. Les marges gonflent. Certaines pratiques spéculatives prospèrent sur les pénuries réelles ou artificielles. L’économie informelle brouille davantage les mécanismes de contrôle et de transparence.

Dans certaines régions, des agriculteurs vendent leurs produits à des prix dérisoires pendant que les consommateurs urbains les achètent à des tarifs exorbitants. Entre les deux, une chaîne entière de dysfonctionnements absorbe la valeur.

Cette situation nourrit une forme d’exaspération sociale diffuse. Car le citoyen finit par avoir le sentiment que les prix ne répondent plus à une logique économique compréhensible. L’inflation devient alors une expérience émotionnelle autant qu’économique. Elle produit de la frustration, de la colère, parfois même un sentiment d’injustice.

Et dans ce contexte, la réponse classique consistant à relever les taux directeurs apparaît de plus en plus déconnectée de la réalité vécue.

Quand le remède risque d’affaiblir davantage le malade

La hausse des taux d’intérêt repose sur une idée simple : rendre l’argent plus cher pour ralentir la demande. Mais que se passe-t-il lorsque la demande est déjà fragile ? Lorsque les ménages réduisent déjà leur consommation par contrainte et non par excès ? Lorsque les entreprises hésitent déjà à investir faute de visibilité ?

En Tunisie, la politique monétaire encore restrictive agit parfois comme un frein supplémentaire sur une économie déjà ralentie. Le jeune entrepreneur qui voulait agrandir son activité découvre des conditions de crédit plus difficiles. La PME qui espérait moderniser ses équipements reporte ses investissements. Le ménage qui rêvait d’acquérir un logement abandonne son projet face à l’explosion des mensualités. L’économie se fige progressivement.

Le paradoxe devient alors cruel : les prix continuent d’augmenter tandis que l’activité ralentit. Cette situation rappelle les grandes crises de stagflation qui ont marqué plusieurs économies dans l’histoire contemporaine. Une inflation persistante combinée à une croissance faible crée un climat économique profondément anxiogène. Les entreprises vendent moins mais paient plus cher leurs coûts de production. Les ménages gagnent relativement moins mais dépensent davantage pour survivre. L’économie cesse alors d’être un espace de progrès pour devenir un espace de résistance.

Le retour des grands débats économiques oubliés

Ce que vit aujourd’hui la Tunisie réactive en réalité des débats intellectuels anciens mais essentiels. Dans les années 1950 et 1960, plusieurs économistes du courant structuraliste latino-américain avaient déjà critiqué l’idée selon laquelle les pays en développement pouvaient combattre l’inflation uniquement par des politiques monétaires restrictives. Pour des penseurs comme Raúl Prebisch (1), les économies périphériques souffraient surtout de déséquilibres structurels : dépendance extérieure, faiblesse industrielle, vulnérabilité commerciale et rigidités productives.

Le cas tunisien illustre aujourd’hui cette réalité avec une force particulière. Une économie qui dépend massivement des importations énergétiques et alimentaires reste exposée à des formes d’inflation que les taux d’intérêt ne peuvent pas réellement neutraliser. On ne résout pas une pénurie de production par une contraction du crédit. On ne corrige pas des infrastructures défaillantes avec des outils monétaires. On ne combat pas des spéculations logistiques uniquement depuis une banque centrale.

Même au niveau international, les certitudes commencent à vaciller. Après les grandes secousses inflationnistes post-pandémie, plusieurs économistes occidentaux ont reconnu que l’inflation contemporaine provenait largement des chaînes d’approvisionnement mondiales, des tensions géopolitiques et des crises énergétiques plutôt que d’une simple surconsommation.

La Tunisie se trouve ainsi au cœur d’une question fondamentale : peut-on continuer à appliquer mécaniquement des recettes économiques standardisées à une réalité profondément spécifique ?

Une société qui s’épuise lentement

Mais les conséquences les plus profondes de l’inflation sont peut-être ailleurs. Elles se nichent dans l’usure psychologique d’une société qui s’adapte en permanence à la hausse des prix. Les familles modifient leurs habitudes alimentaires. Les classes moyennes réduisent leurs loisirs. Les jeunes retardent leurs mariages ou leurs projets immobiliers. Les parents multiplient les arbitrages douloureux entre santé, éducation et consommation courante. Même les petits plaisirs deviennent des calculs.

L’inflation transforme discrètement la manière de vivre. Et lorsque cette situation dure, elle finit par altérer le lien social lui-même. La confiance dans les institutions s’effrite. Le sentiment d’ascension sociale disparaît. Le travail semble parfois ne plus suffire pour maintenir une stabilité minimale. Une forme de lassitude collective s’installe progressivement. Dans ce climat, la question économique devient aussi une question politique et morale. Car une société qui ne parvient plus à protéger ses classes moyennes fragilise son équilibre profond.

Repenser le développement avant de simplement combattre les prix

La Tunisie se trouve aujourd’hui devant un choix historique. Continuer à traiter l’inflation uniquement comme un problème monétaire reviendrait à s’attaquer aux symptômes sans toucher aux causes profondes.

Le véritable défi est ailleurs : reconstruire une capacité productive nationale plus solide. Réduire les dépendances stratégiques. Moderniser les infrastructures logistiques. Investir dans l’agriculture, les énergies renouvelables et l’industrie locale. Réorganiser les circuits de distribution. Restaurer une forme de souveraineté économique. Cela exige une vision à long terme, à contre-courant des logiques de gestion immédiate. Car au fond, l’inflation tunisienne raconte une histoire plus vaste que celle des prix. Elle raconte les fragilités d’un modèle économique longtemps fondé sur la dépendance, la consommation importée et la vulnérabilité extérieure. Elle révèle aussi les limites d’une époque où l’on croyait que les banques centrales pouvaient, à elles seules, réguler les déséquilibres sociaux et économiques.

Aujourd’hui, la Tunisie ne se confronte pas uniquement à une poussée inflationniste passagère. Elle est surtout placée devant une question fondamentale et historique : quel modèle de développement économique souhaite-t-elle bâtir pour les générations futures et pour les décennies à venir ?

Et peut-être que la véritable réponse à l’inflation ne se trouve pas uniquement dans les taux d’intérêt, mais dans la capacité collective à produire davantage, à dépendre moins, et surtout à redonner aux citoyens une chose devenue rare : la confiance dans demain.

 

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Références :

(1)  Raúl Prebisch (1901–1986) est l’un des grands penseurs du développement économique et le principal représentant du courant structuraliste latino-américain. Il est surtout connu pour la thèse de Singer-Prebisch, élaborée avec Hans Singer, selon laquelle les pays en développement subissent une dégradation progressive des termes de l’échange dans le commerce mondial.

Selon cette théorie, les pays de la « périphérie » exportent principalement des matières premières à faible valeur ajoutée, tandis que les pays du « centre » exportent des produits industriels et technologiques plus coûteux. Avec le temps, les prix des matières premières augmentent moins vite que ceux des produits manufacturés, obligeant les pays en développement à exporter davantage pour importer la même quantité de biens industriels. Cette dynamique entretient une dépendance structurelle et freine le développement économique autonome.

Les travaux de Prebisch ont fortement influencé la théorie de la dépendance et ont servi de fondement aux politiques d’industrialisation par substitution aux importations (ISI), qui visaient à protéger les industries nationales naissantes afin de réduire la dépendance extérieure.

Sur le plan institutionnel, il fut le premier gouverneur de la Banque centrale d’Argentine, directeur de la CEPAL (Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes) entre 1950 et 1963, puis premier secrétaire général de la CNUCED entre 1965 et 1969. Son héritage intellectuel demeure central dans les débats contemporains sur les inégalités Nord-Sud, la souveraineté économique et les stratégies de développement des pays émergents.

 

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain

D’Economie Financière (IAEF-ONG)

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États-Unis : vers une baisse des taux d’intérêt?

25. Mai 2026 um 14:16

Le principal conseiller économique de Donald Trump à la Maison Blanche, Kevin Hassett, indique fait part de sa conviction que toute nouvelle baisse des prix du pétrole donnerait à la Réserve fédérale la marge de manœuvre nécessaire pour réduire les taux d’intérêt.

Selon cette analyse, un apaisement des tensions au Moyen-Orient entraînerait une détente sur les marchés pétroliers. Ce qui contribuerait mécaniquement à limiter l’inflation américaine, fortement sensible aux variations des coûts de l’énergie.

Kevin Hassett souligne que la trajectoire de la politique monétaire de la Réserve fédérale dépend en partie de ces facteurs externes, notamment des chocs d’offre liés aux crises géopolitiques. Une stabilisation de la situation autour de l’Iran permettrait ainsi de créer un environnement plus favorable à un assouplissement monétaire.

Lire aussi : Kevin Hassett – Conseiller économique de Trump : la FED devrait être totalement indépendante

Cette position fait suite à un contexte où les marchés surveillent de près les évolutions du dossier iranien, considéré comme un facteur déterminant pour les prix du pétrole et, par ricochet, pour les anticipations d’inflation aux États-Unis.

Les investisseurs restent donc attentifs à tout signal diplomatique susceptible d’influencer la dynamique des taux d’intérêt, alors que la Fed continue de calibrer sa politique face à des incertitudes persistantes.

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Les enseignements de Ned Phelps que la Tunisie continue d’ignorer

24. Mai 2026 um 11:50

Edmund “Ned” Phelps nous a quittés la semaine dernière, à 92 ans, avec la sérénité des grands esprits qui ont eu le temps de voir l’Histoire leur donner raison. Économiste américain né à Evanston en 1933, lauréat du Prix Nobel d’économie en 2006, Phelps fut l’un des rares savants à avoir compris, avant tout le monde, pourquoi l’inflation est une bête aussi vicieuse que sournoise. Sa thèse, formulée dans deux articles publiés en 1967 et 1968 — quand la Tunisie était encore dans l’euphorie de son indépendance économique — a révolutionné la macroéconomie mondiale. En Tunisie, on ne le lit guère, on ne le cite pas. Et ça se voit. Un économiste, un vrai…

Moktar Lamari, Ph.D. *

Qu’a-t-il dit, ce géant aux cheveux blancs qui jouait de la trompette en terminale ? Essentiellement ceci : l’inflation n’est pas seulement un problème de monnaie en circulation, c’est d’abord un problème d’anticipations. Autrement dit, si les gens s’attendent à ce que les prix montent demain, ils agissent dès aujourd’hui comme si les prix avaient déjà monté — les travailleurs réclament des hausses de salaires, les managers gonflent leurs marges, et la spirale est enclenchée. L’inflation nourrit l’inflation. C’est la boucle infernale, ou si vous préférez en tunisien : «Ennâr tzid ennâr» — le feu attise le feu.

Phelps a démontré, contre l’orthodoxie keynésienne de son époque, qu’il est illusoire de vouloir acheter du chômage en bas en payant de l’inflation en haut. Un banquier central qui maintient artificiellement l’emploi au-dessus de son niveau naturel finit inévitablement par déclencher une surchauffe inflationniste. Le remède devient le poison.

L’anticipation rationnelle

Sa conclusion était limpide : la meilleure politique monétaire est celle qui ancre solidement les anticipations d’inflation, quitte à accepter une hausse temporaire du chômage. C’est inconfortable politiquement. C’est néanmoins la seule voie économiquement crédible. Ce cadre conceptuel n’est pas resté dans les bibliothèques. Il est devenu la colonne vertébrale du ciblage d’inflation que pratiquent aujourd’hui toutes les grandes banques centrales du monde — la Fed américaine, la BCE européenne, la Banque d’Angleterre. Et c’est précisément ce cadre intellectuel qui a permis aux banques centrales du Nord de piloter un atterrissage en douceur après les turbulences inflationnistes du Covid-19. Phelps, depuis sa chaise à Columbia, avait souri : il l’avait dit en 1967.

Avant ces contributions majeures, l’économiste avait aussi développé la «règle d’or» de la formation du capital : pour maximiser la consommation des générations futures, le taux d’épargne doit égaler la part du revenu allant au capital. Simple à énoncer, difficile à appliquer — surtout quand un pays dilapide son capital productif dans les dépenses courantes et les subventions électorales.

Ses 4 vérités

Que peut-on retenir de Ned Phelps pour les économistes du gouvernement tunisien et de la Présidence ? Quatre enseignements, nets et sans filtre :

Premier enseignement : les anticipations comptent plus que les décisions. Ce que les agents économiques croient que vous ferez demain détermine leur comportement aujourd’hui. Si les Tunisiens anticipent que l’État va monétiser sa dette, que le dinar va se déprécier, que les prix vont grimper — ils agissent en conséquence, et leurs anticipations deviennent réalité. La communication de politique économique n’est pas un luxe de riches : c’est un outil de stabilisation à coût zéro, si tant est qu’on ait quelque chose de crédible à communiquer.

Deuxième enseignement : on ne peut pas acheter de la croissance avec de l’inflation. Les promesses de relance par l’argent facile ne tiennent pas. Injecter des dinars sans contrepartie productive, c’est taxer les pauvres par l’érosion de leur pouvoir d’achat. Phelps l’a démontré mathématiquement. Carthage n’a pas besoin de le démontrer empiriquement — le pays a déjà payé ce prix.

Troisième enseignement : la crédibilité institutionnelle est un capital. Une banque centrale perçue comme indépendante ancre les anticipations. Une banque centrale perçue comme le trésorier de l’État alimente les doutes, et donc l’inflation. Ce capital se construit sur des décennies. Il se détruit en une décision.

Quatrième enseignement : le chômage d’équilibre n’est pas une malédiction à combattre par la planche à billets. Il se combat par les réformes structurelles — formation, flexibilité du marché du travail, qualité de l’investissement productif. Phelps y a consacré toute sa vie intellectuelle tardive, notamment dans son livre ‘‘Mass Flourishing de 2013’’ : la prospérité durable naît de la créativité, de l’initiative, du défi relevé — pas de la rente, pas de la subvention, pas de la commande publique gonflée.

Qu’aurait dit Phelps à Kais Saied ?

Et maintenant, parlons de la Banque Centrale de Tunisie. Franchement, sans ménagement — comme Phelps l’aurait voulu.

La BCT commet, en ce moment même (et depuis au moins cinq ans), trois infractions majeures à la doctrine de cet économiste que le monde entier cite en référence. Première infraction : elle finance directement le Trésor tunisien, contournant ainsi le marché et se transformant en imprimante à billets honoris causa.

Phelps avait été explicite : lorsque la banque centrale cède aux pressions du Trésor, elle perd sa crédibilité anti-inflationniste, et avec elle, sa capacité même à ancrer les anticipations. La BCT ne joue plus le rôle d’un arbitre monétaire. Elle est devenue partie prenante du problème budgétaire qu’elle est censée isoler. Deuxième infraction : elle ne communique pas de cible d’inflation crédible et transparente. Le ciblage d’inflation — héritage direct des travaux de Phelps — suppose un engagement public, chiffré, assumé, et un bilan régulier.

La BCT publie des communiqués, organise des conférences de presse protocolaires, mais ne s’engage sur rien de précis, ne s’explique sur rien de difficile, et ne rend de comptes à personne. Les anticipations inflationnistes des ménages et des entreprises tunisiennes sont donc libres de vagabonder — ce qu’elles font allègrement, autour de 7 à 9% depuis trois ans.

Troisième infraction : la BCT maintient des taux d’intérêt réels négatifs ou nuls dans un contexte d’inflation persistante, protégeant les banques commerciales qui préfèrent prêter à l’État sans risque plutôt que financer l’économie productive. Résultat : l’investissement privé s’effondre, la formation brute de capital fixe plafonne à des niveaux historiquement bas, et la Tunisie s’endette pour consommer.

Phelps, lui, avait plaidé toute sa vie pour que l’épargne soit orientée vers la production, pas vers la rente souveraine. Il avait passé sa vie à expliquer, avec la patience des vrais pédagogues, que la stabilité monétaire n’est pas une contrainte imposée par les méchants marchés — c’est la condition sine qua non du bien-être des citoyens ordinaires.

Les pauvres ne se protègent pas de l’inflation avec des actifs immobiliers ou des comptes en devises. Ils la subissent, nue et directe, dans le couffin du marché et à la caisse du pharmacien. Il est mort à 92 ans, la conscience tranquille. La BCT, elle, a encore du chemin à faire — si tant est qu’elle décide, un jour, d’emprunter le bon.

* Economiste universitaire.

Blog de l’auteur : E4T.  

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Écart d’inflation avec l’Europe : la compétitivité tunisienne en danger

22. Mai 2026 um 14:00

Entre 6 % et 7 % d’inflation projetée d’ici la fin de l’année 2026 : c’est la fourchette qu’anticipe l’Institut Arabe des Chefs d’Entreprises (IACE)  dans sa note Reprise économique en période d’incertitude pour la Tunisie. La guerre en Iran réveille un spectre que les Tunisiens croyaient derrière eux, avec des prix du pétrole qui ont retrouvé les niveaux de 2022. Le bouclier des subventions étatiques tient encore, mais jusqu’à quand ?

En 2022, la guerre en Ukraine avait provoqué une flambée inflationniste mondiale. En Tunisie, les prix avaient grimpé à plus de 10 %. Tandis qu’en Europe l’inflation progressait d’environ six points au-dessus de son niveau habituel.

Quatre ans plus tard, le scénario se reproduit avec une étrange familiarité : le prix du baril de pétrole est remonté à 100 dollars, exactement au niveau de 2022. La perturbation des routes maritimes via le détroit d’Ormuz renchérit les coûts de transport et d’assurance. Et les céréales, dont les prix suivent partiellement l’évolution du pétrole à travers le coût des engrais azotés à base de gaz naturel, commencent elles aussi à se renchérir.

La bonne nouvelle, selon l’IACE, est que le choc devrait rester plus modéré qu’en 2022. L’Europe a développé entretemps une meilleure gestion de ses ressources énergétiques et accéléré le développement des renouvelables. Ce qui amortit partiellement le choc. Néanmoins, l’inflation européenne est déjà remonté à 2,8 % en mars 2026. Soit environ un point au-dessus des prévisions initiales, illustrant la contagion inévitable du choc iranien.

Un écart structurel qui inquiète

En 2024 et 2025, l’inflation avait reflué à 2,3 % dans l’Union européenne et à 5,3 % en Tunisie. Cet écart d’environ trois points n’est pas conjoncturel : il reflète des fragilités structurelles de l’économie tunisienne. L’IACE pointe une demande qui progresse plus vite que l’offre, notamment sous l’effet de la commande publique, et les imperfections de certains marchés dominés par des situations d’oligopole, comme dans les secteurs laitier ou sidérurgique. Ces acteurs en position dominante captent les hausses de prix sans répercuter les baisses. Ce qui entretient une inflation endémique que les chocs externes ne font qu’amplifier.

Cet écart structurel entre l’inflation tunisienne et européenne constitue par ailleurs un problème de compétitivité : si les prix augmentent plus vite en Tunisie que chez ses partenaires commerciaux, les exportateurs tunisiens voient leur avantage de coût progressivement s’éroder.

L’État comme dernier rempart, mais pour combien de temps ?

Pour l’instant, l’intervention de l’État via les mécanismes de subvention et le blocage des prix de certains produits maintient l’inflation à un niveau contenu, autour de 5 % au début de l’année. L’IACE estime que ces mesures permettront de plafonner l’inflation dans une fourchette comprise entre 6 % et 7 % d’ici la fin de l’année, sur la base d’un prix moyen du pétrole à 100 dollars le baril. Mais le rapport avertit que les effets complets de la crise iranienne ne se feront pleinement sentir que vers la fin de l’année 2026, lorsque les contrats d’approvisionnement en cours d’exécution arriveront à expiration et que les nouveaux niveaux de prix internationaux s’imposeront pleinement aux importateurs tunisiens. Le second semestre 2026 est la période à surveiller.

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Fed : possible hausse des taux d’intérêt et inquiétudes liées à l’inflation

21. Mai 2026 um 09:38

La Banque centrale américaine (Fed) devra probablement envisager de relever ses taux d’intérêt si l’inflation continue d’évoluer régulièrement au-dessus de son objectif de 2 %. C’est ce qu’estiment plusieurs de ses responsables.

Comme l’ont montré les minutes de la dernière réunion de la Fed publiées mercredi 20 mai, de nombreux responsables ont appelé la Fed à abandonner sa politique monétaire accommodante et à signaler que sa prochaine étape pourrait être une hausse des taux d’intérêt.

Alors que plusieurs responsables politiques ont déclaré croire que des baisses de taux seraient finalement nécessaires, la plupart des participants à la réunion ont plutôt souligné qu’« un certain resserrement de la politique monétaire serait probablement approprié si l’inflation continuait d’évoluer régulièrement au-dessus de 2 % ». C’est ce qu’il ressort du compte-rendu de la réunion du Comité fédéral de l’Open Market (FOMC) des 28 et 29 avril.

Le rapport a mis en lumière l’inquiétude croissante des responsables de la Fed concernant les pressions inflationnistes engendrées par la guerre en Iran. Lors de sa réunion d’avril, le FOMC avait décidé de maintenir son taux directeur inchangé dans une fourchette de 3,5 % à 3,75 %…

Dans les semaines qui suivirent, plusieurs responsables mirent en garde contre une aggravation des perspectives d’inflation, alors que le détroit d’Ormuz restait pratiquement bloqué et que les rendements obligataires s’envolaient.

Le choix du lieu de la prochaine réunion constituera un premier test pour Kevin Warsh, qui doit prêter serment vendredi 22 mai devant le président Donald Trump en tant que président de la Réserve fédérale; et ce, lors d’une cérémonie à la Maison Blanche.

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L’ordre énergétique mondial après la guerre d’Iran

19. Mai 2026 um 07:45

L’expert en énergie Jason Bordoff, directeur du Center on Global Energy Policy relevant de l’Université de Columbia, a livré une analyse minutieuse des répercussions de la guerre d’Iran sur l’ordre mondial énergétique. Dans son article intitulé «Les gagnants et les perdants du nouvel ordre pétrolier mondial» paru dans le Wall Street Journal (WSJ), il indique que l’Asie a été la première et la plus durement touchée.

Imed Bahri

L’année dernière, la région dépendait du Moyen-Orient pour environ 60% de ses importations de pétrole. Les perturbations ne se sont pas limitées au pétrole brut, elles ont également touché les produits raffinés comme le diesel et le kérosène dont les prix ont plus que doublé depuis janvier. 

Dans les pays riches, la hausse des prix du pétrole se traduit généralement par une inflation plus élevée et une croissance économique plus faible. Dans les pays à faible revenu importateurs d’énergie, la crise se manifeste par de réelles pénuries d’approvisionnement :

– au Bangladesh, la climatisation était limitée à 25 degrés Celsius ;

– au Laos, la semaine scolaire est passée de cinq à trois jours ;

– le Sri Lanka a décrété le mercredi jour férié afin d’économiser l’énergie ;

– au Pakistan, les matchs de cricket, sport national, se déroulent dans des stades quasi vides, les supporters ayant été invités à les suivre depuis chez eux.

Les États-Unis : résilients… mais pas à l’abri

La production de pétrole de schiste, qui a réduit les importations américaines de pétrole du Moyen-Orient depuis le boom des années 2000, a offert une certaine protection à Washington. Cependant, le prix de l’essence a déjà grimpé à plus de 4,50 $ le gallon, contre moins de 3 $ avant la guerre, alourdissant le budget mensuel d’une famille américaine moyenne de plus de 150 $.

Toutefois, l’impact le plus significatif de cette crise ne réside peut-être pas dans la flambée immédiate des prix mais plutôt dans les bouleversements stratégiques qu’elle imposera aux politiques énergétiques mondiales.

De même que le monde a radicalement repensé ses politiques énergétiques après les chocs pétroliers des années 1970, une perturbation de cette ampleur obligera les gouvernements à revoir leurs stratégies.

Il y a vingt ans, les États-Unis importaient environ 60% du pétrole qu’ils consommaient. Aujourd’hui, ils sont le premier producteur mondial de pétrole et un important exportateur net d’énergie. La part du pétrole dans l’économie américaine diminue progressivement depuis quelques décennies.

Cette surabondance de l’offre signifie que les pénuries d’approvisionnement mettront plus de temps à atteindre le territoire américain. Si les consommateurs paient plus cher à la pompe, les dégâts économiques globaux sont moins importants car une part significative de ces sommes profitent désormais aux producteurs nationaux plutôt qu’étrangers.

Les prix du gaz naturel ont également fortement augmenté en Europe et en Asie, mais sont restés quasiment inchangés aux États-Unis, un écart de prix qui a permis aux Américains d’économiser des milliers de milliards de dollars depuis le début de la révolution du pétrole de schiste.

Cependant, dans un marché mondial interconnecté, le consommateur américain paie toujours plus cher lorsque les approvisionnements à l’étranger sont perturbés. Et les outils disponibles pour faire face à des perturbations de cette ampleur sont rares.

Face à la flambée des prix, les décideurs politiques pourraient être tentés de recourir à des solutions extrêmes, économiquement et géopolitiquement désastreuses, comme l’interdiction des exportations de pétrole américain.

À long terme, la crise actuelle offre l’occasion de trouver un terrain d’entente entre deux points de vue.

Le premier soutient que la position des États-Unis est renforcée par l’augmentation de la production de pétrole et de gaz.

Le second soutient que les États-Unis auraient été moins vulnérables aux chocs s’ils avaient réduit leur dépendance au pétrole en améliorant le rendement énergétique, en augmentant l’utilisation des véhicules électriques et en développant les transports publics et ferroviaires.

Canada et Mexique : la nécessaire diversification

En tant que grand producteur de pétrole et de gaz, le Canada semble être dans une meilleure position que la plupart des pays. Selon Goldman Sachs, il figure parmi les économies les plus susceptibles de bénéficier de la hausse des prix du pétrole.

Le Mexique, en revanche, est confronté à une situation plus difficile. Bien qu’il produise du pétrole brut, le déclin de sa production et ses capacités de raffinage limitées le rendent dépendant des importations d’essence et de diesel, principalement en provenance des États-Unis. Cela le rend vulnérable non seulement aux fluctuations des cours mondiaux du pétrole mais aussi aux pénuries de produits raffinés, à la hausse des prix sur la côte du Golfe du Mexique et à une possible résurgence, aux États-Unis, des appels à la restriction des exportations de carburant.

La crise pourrait renforcer les appels, dans les deux pays, à diversifier leurs marchés et à réduire leur dépendance aux États-Unis, notamment par la construction d’oléoducs vers la côte ouest américaine pour exporter le pétrole canadien.

Au Mexique, les préoccupations sécuritaires accéléreront le développement du gaz de schiste national, tandis que le gouvernement poursuit sa politique de «souveraineté énergétique» en développant le raffinage et en investissant dans la compagnie pétrolière nationale Pemex, malgré le coût de cette approche.

Amérique du Sud et Centrale : valoriser les ressources nationales

L’Amérique du Sud est fortement dépendante des importations de produits pétroliers raffinés, ce qui engendre des pressions financières et politiques en raison de la hausse des prix. Cependant, elle possède également d’importantes réserves de pétrole et de gaz, ainsi que de vastes ressources en énergies renouvelables et hydroélectriques. De plus, de nombreux projets pétroliers et gaziers futurs sont situés hors du Golfe et donc hors de portée du détroit d’Ormuz.

Cela confère à la région une importance stratégique accrue si les approvisionnements du Moyen-Orient entraînent une prime de risque plus élevée.

L’intérêt des investisseurs pour des pays comme le Brésil, le Guyana (État souverain à ne pas confondre avec la Guyane française) et l’Argentine devrait s’étendre à d’autres producteurs potentiels tels que le Suriname.

Le Venezuela, en revanche, est un facteur imprévisible. Sous sa nouvelle direction, qui cherche à attirer les investissements étrangers, ses exportations ont frôlé le million de barils par jour en mars, leur plus haut niveau depuis 2019, malgré des risques toujours élevés.

Chine : une stratégie qui a fait ses preuves

Les répercussions de la crise sur la Chine sont mitigées. Importateur net massif de pétrole, la facture des importations chinoises a fortement augmenté en raison de la hausse des prix et de la perte d’accès au pétrole iranien à prix réduit. En avril, la facture des importations de pétrole brut de la Chine a progressé de 13% par rapport à l’année précédente.

Cependant, Pékin possède d’immenses réserves de pétrole. Tout en réduisant ses importations grâce à l’exploitation de ses réserves et à la diminution de l’activité de ses raffineries, la Chine a également commencé à revendre une partie de ses cargaisons de pétrole contractuelles à d’autres pays, souvent avec profit.

La crise renforcera, au lieu de fragiliser, la stratégie énergétique de la Chine.

La Chine s’efforce depuis des années de maîtriser la croissance de sa consommation de pétrole, et celui-ci représente désormais une part plus faible de son mix énergétique qu’aux États-Unis ou en Europe. Elle a également électrifié avec succès une grande partie de son parc automobile et de son réseau électrique.

Le 15e plan quinquennal chinois, publié peu après le début de la guerre, préconisait la construction d’une «puissance énergétique» grâce à la «flexibilité stratégique» et à «la  souveraineté technologique» fondées sur les énergies non fossiles.

Les perturbations des approvisionnements en pétrole et en gaz ne feront que renforcer ces ambitions.

Inde : stabilité relative dans un contexte de fragilité régionale

L’Inde est plus vulnérable que la Chine. L’Inde importe environ 90% du pétrole qu’elle consomme et, avant la guerre, près de la moitié de ces importations transitaient par le détroit d’Ormuz.

La crise a contraint New Delhi à dépendre davantage de la Russie mais sans bénéficier des conditions préférentielles obtenues après l’invasion de l’Ukraine.

Néanmoins, l’Inde dispose de capacités financières, de réserves et d’une chaîne d’approvisionnement plus diversifiées que ses voisins plus pauvres comme le Pakistan, le Bangladesh et le Sri Lanka, ce qui réduit le risque de graves pénuries.

Cependant, la flambée des prix du pétrole exacerbe l’inflation, met à rude épreuve le budget et alourdit le coût des subventions aux consommateurs.

Une solution à long terme pourrait nécessiter la diversification des sources d’énergie et l’accélération de la transition vers l’énergie solaire, les batteries, les véhicules électriques et le transport ferroviaire.

Japon : réserves épuisées et fardeaux croissants

Le Japon dépend des importations pour plus de 85% de ses besoins énergétiques et la majeure partie de son pétrole a transité par le détroit d’Ormuz en 2025.

Après les États-Unis, le Japon a été le deuxième plus important contributeur à la mobilisation d’urgence des réserves stratégiques de l’Agence internationale de l’énergie, soit l’équivalent d’environ 70 jours de consommation intérieure.

La guerre a fait exploser le coût des importations et de l’électricité, alors même que les Japonais sont déjà confrontés à l’inflation.

Cette crise renforcera les arguments en faveur de la remise en service de davantage de réacteurs nucléaires, de l’accélération des projets éoliens et solaires offshore ainsi que de l’amélioration de la résilience du réseau et des capacités de stockage.

Cependant, la vulnérabilité du Japon, en tant qu’île pauvre en ressources, persistera, l’incitant à privilégier l’efficacité énergétique, l’électrification et la constitution de réserves plus importantes.

Russie : un cadeau pour Poutine

Rares sont ceux qui ont tiré un profit aussi évident de la guerre que Vladimir Poutine.

Avant la guerre, les recettes pétrolières russes avaient chuté à leur plus bas niveau depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022 et l’économie russe était au bord de la récession mais la guerre contre l’Iran fut une aubaine pour Poutine.

La décision américaine d’alléger les sanctions sur le pétrole russe a permis à Moscou de vendre ses cargaisons à des prix plus élevés et les recettes fiscales russes sur le pétrole ont doublé en avril. Cependant, ces gains pourraient être temporaires. Les attaques ukrainiennes, les sanctions et le manque de technologies et d’investissements ont accéléré le déclin à long terme de l’industrie pétrolière russe et les raffineries russes fonctionnent désormais à leur plus bas niveau depuis 2009.

États du Golfe : surmonter le goulot d’étranglement

La plupart des États du Golfe subissent des pertes importantes mais à des degrés divers.

L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis sont dans une meilleure situation car ils ont investi dans des oléoducs vers la mer Rouge et le golfe d’Oman, ce qui leur permet de contourner le détroit d’Ormuz pour environ la moitié de leurs exportations d’avant-guerre.

Oman, situé hors du détroit, a vu ses recettes pétrolières augmenter de 80% par rapport à l’année dernière.

À l’inverse, les exportations irakiennes se sont effondrées, tandis que les exportations de pétrole et de produits raffinés du Koweït sont quasiment à l’arrêt depuis dix semaines.

Les exportations de gaz naturel liquéfié du Qatar sont également interrompues et la réparation des installations endommagées pourrait prendre beaucoup de temps.

Avec des capacités de stockage saturées, les pays du Moyen-Orient ont été contraints de réduire leur production d’environ 13 millions de barils par jour. Même après la réouverture du détroit, le rétablissement de la pleine production pourrait prendre des mois, notamment en Irak et au Koweït en raison d’infrastructures vétustes.

Iran : La carte d’Ormuz

La situation de l’Iran est complexe. Le pays subit d’importantes pertes de revenus en raison de l’embargo américain sur ses exportations mais a initialement profité de la hausse des prix et de l’allègement de certaines sanctions, vendant une partie de ses cargaisons à des prix nettement supérieurs aux remises habituelles.

Comme les installations pétrolières et les infrastructures de l’île de Kharg n’ont pas été gravement endommagées, l’Iran pourrait rétablir rapidement ses exportations si le détroit d’Ormuz est rouvert.

Téhéran pourrait cependant sortir de la crise avec un nouveau levier d’influence.

Le pays a évoqué la possibilité d’imposer des «droits de transit» en échange du maintien de l’ouverture du détroit. Même si la guerre se termine sans un tel accord, l’Iran a démontré que sa capacité à fermer le détroit d’Ormuz pourrait être aussi puissante que la menace nucléaire.

Europe : accélérer la transition

L’Europe est moins dépendante du pétrole d’Ormuz que l’Asie, mais elle est confrontée à une hausse des coûts due à la concurrence pour les approvisionnements disponibles.

En ce qui concerne le kérosène, l’Europe apparaît particulièrement vulnérable en raison de sa dépendance aux importations du Moyen-Orient.

Le directeur de l’Agence internationale de l’énergie a averti en avril que l’Europe ne disposait plus que de «six semaines de réserves de kérosène», ce qui entraînerait de nouvelles hausses de prix et des annulations de vols.

Les prix de l’électricité, qui avaient explosé après la guerre en Ukraine, n’ont pas connu une augmentation aussi spectaculaire cette fois-ci, le choc gazier s’étant quelque peu atténué et les sources alternatives ayant partiellement compensé la pénurie.

Cette crise va accélérer la transition énergétique de l’Europe vers l’électrification de son économie et le développement de ses propres ressources, y compris une réévaluation du nucléaire dans certains pays.

Cependant, cela crée une nouvelle vulnérabilité : la dépendance à l’égard de la Chine pour les panneaux solaires, les batteries, les véhicules électriques et les terres rares.

Afrique : deux continents en un seul

Les pays exportateurs de pétrole et de gaz d’Afrique du Nord, de l’Ouest et centrale –tels que l’Algérie, la Libye, le Nigeria et l’Angola– pourraient bénéficier de la hausse des prix et de nouveaux investissements. Par contre, les importateurs plus proches du Golfe, comme l’Égypte, l’Éthiopie, le Kenya et la Zambie, subissent une pression considérable.

De nombreux pays, même producteurs, importent la majeure partie des carburants raffinés qu’ils consomment. La crise renforcera les appels à la construction de nouvelles raffineries et au développement des énergies renouvelables. Un projet de raffinerie géante est déjà en cours en Afrique de l’Est, et le Ghana, l’Angola et l’Ouganda pourraient suivre.

Pour les pays africains les plus pauvres, chaque projet d’énergie solaire, de batteries ou de bus électriques réduit leur vulnérabilité aux futurs chocs pétroliers.

Un monde de l’énergie plus fragmenté

Plus la guerre avec l’Iran se prolonge, plus le monde de l’énergie sera divisé selon des lignes géopolitiques et géographiques.

La Chine verra dans cette guerre la preuve que l’hégémonie américaine est devenue une source de chaos plutôt que de stabilité, tandis que la crainte des risques associés au pétrole et au gaz incitera davantage de pays à adopter des technologies propres dominées par Pékin.

Les pays riches réagiront en diversifiant leurs approvisionnements, en constituant des réserves et en accélérant le développement d’alternatives, tandis que les pays les plus pauvres seront souvent contraints de choisir l’option la moins chère plutôt que la plus sûre.

Les importateurs seront prêts à payer plus cher pour la diversification, tandis que les exportateurs investiront dans la construction de routes commerciales contournant les points de passage stratégiques comme le détroit d’Ormuz.

Aux États-Unis, la leçon la plus importante est peut-être que même les plus grands producteurs mondiaux ne peuvent se prémunir contre les chocs d’un marché mondial interconnecté.

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Tunisie | L’art de stagner avec bonne conscience

18. Mai 2026 um 09:36

Il paraît que les 2,6% de croissance économique en glissement annuel au second trimestre 2026 sont suffisants. Pour certains économistes et journalistes, c’est une «reprise» à célébrer. Reprise de quoi, exactement ? Du sommeil collectif ? De la sieste institutionnelle ?

Moktar Lamari, Ph.D.

A ce rythme, la Tunisie s’appauvrit de facto. Un pays qui croît à 2,6% par an quand son potentiel tourne autour de 5% ne progresse pas : il recule avec les apparences du mouvement. C’est le tapis roulant à l’envers — vous pédalez, vous transpirez, vous affichez de la bonne volonté, et la salle d’attente du développement reste pleine à craquer.

Le chiffre, d’abord, dans toute sa brutalité arithmétique. Pour qu’une économie comme celle de la Tunisie crée de l’emploi net — c’est-à-dire absorbe les quelque 100 000 nouveaux entrants annuels sur le marché du travail — il faut croître à un minimum de 4% à 4,5% de façon soutenue. En dessous de ce seuil, le chômage ne diminue pas : il se redistribue entre les catégories, se déguise en «emploi informel», s’exile vers Sfax ou Tunis, ou prend le bateau. À 2,5% de moyenne annuelle sur la dernière décennie, la Tunisie n’a pas créé de richesse : elle a organisé la pénurie. Et avec une certaine élégance administrative, il faut le reconnaître.

Cinq raisons pour lesquelles le moteur tousse

Première raison, et mère de toutes les autres : l’investissement est en soins palliatifs. La formation brute de capital fixe, qui mesure l’effort d’investissement productif, s’est effondrée depuis 2011. On est passé de près de 25% du PIB à moins de 18%. Autrement dit, la Tunisie consomme ce qu’elle ne produit pas encore, et n’équipe pas ce qu’elle prétend vouloir produire demain.

Ajoutez à cela des taux d’intérêt réels qui rendent le crédit aussi accessible que la villa de Carthage pour un instituteur de Kasserine, et la boucle est bouclée : pas d’investissement, pas de croissance, pas d’emploi. CQFD tunisien.

Deuxième raison : la productivité du travail, ce baromètre discret de la vitalité économique, est en chute libre. Un travailleur tunisien produit aujourd’hui moins de valeur ajoutée par heure qu’il y a dix ans en termes réels. Non pas parce que les Tunisiens sont paresseux — ils savent travailler quand on leur en donne les moyens — mais parce que les équipements vieillissent, les formations sont inadaptées, les technologies d’hier remplacent les technologies d’avant-hier, et l’organisation du travail dans les entreprises publiques relève parfois de l’archéologie industrielle. Sans gains de productivité, la croissance économique reste un vœu pieux, comme promettre la démocratie sans liberté de la presse.

Troisième raison : la politique monétaire et fiscale travaille en mode autopunition. La Banque centrale, pour juguler une inflation importée et alimentée par les spéculateurs qui ont colonisé les marchés du lait, du poulet, des légumes et de tout ce qui se mange, a maintenu des taux directeurs élevés. Résultat : le crédit aux entreprises est rationné, l’investissement privé s’est réfugié dans l’immobilier ou à l’étranger, et les banques, sagement, préfèrent prêter à l’État plutôt qu’aux entrepreneurs. Pourquoi risquer sur une start-up quand les bons du Trésor paient sans discuter ?

Quatrième raison : l’État a cessé d’investir pour survire à ses propres dépenses. Les transferts sociaux, les subventions généralisées, la masse salariale publique dévorante ont cannibalisé le budget d’investissement. Il ne reste presque rien pour les routes, les hôpitaux, les écoles, les systèmes d’irrigation — c’est-à-dire les infrastructures qui démultiplient la productivité privée. Un entrepreneur ne peut pas être compétitif quand ses camions s’embourbent sur des routes d’un autre siècle.

Cinquième raison, enfin : l’économie informelle a dévoré l’économie formelle comme un ver dans un fruit. Près de 40% de l’activité économique échappe à la fiscalité, à la traçabilité, à la réglementation. Cela signifie moins de recettes fiscales, moins de capacité de l’État à investir, et une concurrence déloyale systémique qui décourage précisément ceux qui jouent le jeu : les entreprises formelles, les employeurs déclarés, les contribuables honnêtes. En Tunisie, la vertu fiscale est encore trop souvent une punition.

Ce que la stagnation coûte vraiment

Le danger de cette glissade silencieuse n’est pas seulement économique. Il est démographique d’abord : la Tunisie a encore une fenêtre d’opportunité sur son «dividende démographique» — une population active relativement jeune — mais cette fenêtre se ferme. Si la croissance ne crée pas d’emplois maintenant, dans dix ans ce sera trop tard : la pyramide des âges aura basculé, les charges sociales auront explosé, et les jeunes d’aujourd’hui seront soit partis, soit amers. Le cerveau, lui, prend le bateau sans visa.

Le danger est sécuritaire ensuite : un pays qui appauvrit sa classe moyenne, qui laisse s’étendre les zones de marginalisation à Kasserine, à Gafsa, à Tataouine, joue avec le feu. La pauvreté chronique est le meilleur terreau du ressentiment, et le ressentiment est la matière première de l’instabilité. L’histoire récente de la Tunisie en est la démonstration en accéléré.

Il est enfin humain, au sens le plus concret : services de santé qui s’effondrent, hôpitaux publics sans médicaments, écoles sans manuels ni enseignants formés, pouvoir d’achat rongé mois après mois par une inflation qui frappe d’abord les ménages les plus modestes. La paupérisation n’est pas une métaphore : c’est une réalité que les chiffres de l’INS éclairent avec une brutalité que nos gouvernants semblent contempler avec la sérénité du myope devant un incendie.

Le miroir inconfortable

Et pourtant. Il serait trop commode de tout mettre sur le dos de la mal gouvernance — réelle, documentée, incontestable — et d’absoudre le reste. Car la croissance économique n’est pas un cadeau que l’État distribue : c’est le produit collectif de millions de comportements quotidiens.

Un Tunisien qui fraude le fisc prive son voisin d’un hôpital. Un entrepreneur qui déclare la moitié de ses salariés sous-finance l’école de ses propres enfants. Un fonctionnaire qui traite le bureau comme une sieste payée dégrade le service public que son fils utilisera demain. L’État ce n’est pas eux, là-haut, dans leurs ministères climatisés : l’État, c’est vous. C’est le tissu de comportements, de disciplines, de solidarités et d’honnêtetés ordinaires qui font tourner une société ou l’enfoncent dans le déclin.

La Tunisie a besoin de productivité — dans les usines, dans les champs, dans les bureaux, dans les salles de classe. Elle a besoin de civisme fiscal : payer ses impôts n’est pas une faveur faite à l’État, c’est le prix d’une civilisation. Elle a besoin d’investisseurs qui croient en elle assez pour s’y engager, et de citoyens qui croient en eux-mêmes assez pour exiger mieux — de leurs gouvernants, certes, mais aussi d’eux-mêmes.

À 2,6%, la Tunisie survit. À 5%, elle vivrait. La différence tient autant aux réformes structurelles qu’aux petites décisions quotidiennes de onze millions de personnes. Commencez par là.

* Economiste universitaire.

Blog de l’auteur : E4T.

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Inflation en net reflux : L’indice des prix recule à 5,3% en 2025

05. Januar 2026 um 14:22

Le taux d’inflation en Tunisie a poursuivi sa décrue en 2025 pour s’établir à 5,3%, contre 7% en 2024 et 9,3% en 2023, selon les données officielles publiées par l’Institut national de la statistique (INS). Cette évolution traduit un ralentissement progressif des pressions inflationnistes, après un pic atteint en 2023.

La trajectoire de l’inflation montre une décélération continue depuis 2023, année marquée par une flambée des prix à la consommation sous l’effet conjugué des tensions sur les marchés internationaux, de la hausse des coûts de l’énergie et des perturbations des chaînes d’approvisionnement. En 2024, le repli à 7% avait déjà signalé un premier infléchissement, confirmé en 2025 avec un recul plus marqué.

Effets combinés des politiques publiques et du contexte international

Cette baisse s’explique par plusieurs facteurs. D’une part, l’atténuation des chocs externes, notamment sur les prix des matières premières et du fret international, a contribué à réduire la pression sur les coûts d’importation. D’autre part, les mesures de contrôle des prix et de soutien aux produits de base, combinées à une politique monétaire restrictive, ont freiné la progression des prix sur le marché intérieur.

Un soulagement relatif pour le pouvoir d’achat

Si le ralentissement de l’inflation constitue un signal positif, il ne se traduit pas automatiquement par une amélioration rapide du pouvoir d’achat. Les niveaux de prix restent élevés par rapport aux revenus, et la baisse du rythme de hausse ne compense pas les pertes accumulées au cours des années précédentes, en particulier pour les ménages à revenus fixes.

La poursuite de cette dynamique dépendra de plusieurs variables, notamment l’évolution des finances publiques, la politique des subventions, le comportement des prix alimentaires et énergétiques, ainsi que les choix de politique monétaire.

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Tunisie : La BCT réduit son taux directeur à 7%

31. Dezember 2025 um 09:10

La Banque centrale de Tunisie a décidé d’assouplir sa politique monétaire en abaissant son taux directeur de 50 points de base, le ramenant à 7%. Cette mesure, qui entrera en vigueur début janvier, s’accompagne d’un ajustement des taux du corridor monétaire et de la rémunération minimale de l’épargne.

Un signal d’assouplissement monétaire

Réuni en fin d’année, le Conseil d’administration de la Banque centrale de Tunisie a tranché en faveur d’une baisse du taux directeur, désormais fixé à 7% à compter du 7 janvier 2026. Il s’agit d’une réduction de 50 points de base, traduisant une volonté d’adapter l’orientation monétaire aux évolutions économiques et financières récentes.

Dans le même mouvement, la BCT a procédé à un réajustement des taux des facilités permanentes afin de préserver la cohérence du corridor monétaire. Le taux de la facilité de prêt à 24 heures est ainsi porté à 8%, tandis que celui de la facilité de dépôt à 24 heures est fixé à 6%. Ces ajustements visent à garantir une transmission efficace des décisions de politique monétaire vers le marché interbancaire.

Révision du rendement de l’épargne

Outre les taux directeurs et interbancaires, la Banque centrale a également revu à la baisse le taux minimum de rémunération de l’épargne. Celui-ci est désormais établi à 6%, une décision qui s’inscrit dans la logique globale de détente monétaire et qui aura un impact direct sur les produits d’épargne réglementés.

Cette mesure pourrait contribuer à réduire le coût de financement pour les banques et, à terme, soutenir l’investissement et la consommation, tout en modifiant l’attractivité relative de l’épargne bancaire.

Réactions attendues du secteur financier

La décision de la BCT est scrutée de près par les acteurs économiques et financiers. Les établissements bancaires devront ajuster leurs grilles de taux, tandis que les entreprises et les ménages pourraient bénéficier progressivement de conditions de financement plus favorables.

Les analystes s’attendent à ce que cette inflexion monétaire ouvre un nouveau cycle, à condition que les équilibres macroéconomiques et l’évolution de l’inflation le permettent.

Cette baisse intervient dans un contexte marqué par la nécessité de soutenir l’activité économique tout en préservant la stabilité financière. Après une période prolongée de resserrement monétaire destinée à contenir les pressions inflationnistes, la Banque centrale semble amorcer une phase plus accommodante, tout en maintenant une vigilance accrue sur les indicateurs macroéconomiques.

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Inflation : L’INS annonce une stabilisation à 4,9% en novembre

05. Dezember 2025 um 15:44

L’inflation en Tunisie est restée fixée à 4,9% au mois de novembre, selon les dernières données publiées par l’Institut National de la Statistique. Cette stabilité résulte de mouvements contrastés entre plusieurs groupes de produits, certains affichant une hausse, d’autres un ralentissement. L’évolution des prix alimentaires, des services et du logement a joué un rôle déterminant dans ce maintien du niveau général des prix.

Tendances générales des prix

L’INS indique que le taux global est demeuré inchangé, malgré une accélération des prix de l’alimentation (5,8% contre 5,6% en octobre) et du logement, de l’eau et du gaz (3,5% contre 3,4% un mois plus tôt).

En parallèle, plusieurs catégories ont contribué à tempérer cette progression, notamment la restauration, les cafés et l’hôtellerie, dont la hausse est descendue à 6,2% après 7,5%, ainsi que les meubles et articles de ménage, dont la croissance est légèrement revenue à 4,8%.

Alimentation : des augmentations marquées

Les prix alimentaires continuent de tirer l’inflation vers le haut. L’INS relève des hausses significatives sur un an : +18,5% pour la viande d’agneau, +15,9% pour les légumes frais, +11,5% pour les fruits, +10,4% pour la viande bovine, et +10% pour les poissons.

Seule exception notable : les huiles alimentaires, en recul de 17,3%, ce qui allège partiellement la pression sur le panier du consommateur.

Les produits manufacturés enregistrent une hausse de 5%, principalement portée par l’habillement et les chaussures (+9,2%) et les produits d’entretien du foyer (+5%).

Du côté des services, la progression annuelle atteint 4%. Les activités de restauration, cafés et hôtels demeurent les plus dynamiques, avec une augmentation de 6,2%.

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« L’économie nationale est en voie de redressement », annonce Sarra Zaafrani Zenzri

05. November 2025 um 20:38

La cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri, a affirmé mercredi que l’économie tunisienne amorce une véritable phase de redressement, marquée par une amélioration notable des principaux indicateurs macroéconomiques.

Une croissance de 3,2% et un retour de la confiance économique

S’exprimant lors d’une séance plénière conjointe de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) et du Conseil national des régions et des districts (CNRD), consacrée à la présentation du budget de l’État et du budget économique 2026, Zenzri a souligné que le produit intérieur brut (PIB) a progressé de 3,2% au deuxième trimestre 2025, contre 1,4% à la même période de 2024.

Cette dynamique traduit, selon elle, « une reprise économique soutenue », portée par la bonne performance de l’agriculture, de la construction, de l’industrie manufacturière et des services.

Inflation maîtrisée et relance monétaire

La cheffe du gouvernement a mis en avant la baisse du taux d’inflation, passé de 6,7% en septembre 2024 à 5% en septembre 2025, puis à 4,9% en octobre, ce qui témoigne, selon elle, de « l’efficacité de la politique monétaire adoptée ».

Cette évolution a permis à la Banque centrale de Tunisie de réduire son taux directeur à 7,5% à la fin du mois de mars 2025 — une première depuis 2022 —, favorisant ainsi la relance de l’investissement et l’allégement du coût du crédit pour les ménages et les entreprises.

Déficit maîtrisé, dinar renforcé et réserves solides

Zenzri a par ailleurs salué le contrôle du déficit commercial et la stabilité du taux de change, soulignant que les réserves en devises atteignent 106 jours d’importation au 31 octobre 2025.

Ces progrès résultent de la hausse des recettes touristiques (+8,2%) et des transferts des Tunisiens résidant à l’étranger (+8,1%).

Le dinar tunisien s’est également apprécié face au dollar (+2,8%) et à l’euro (+0,5%), par rapport à 2024.

Investissements en hausse et chantiers en cours

La cheffe du gouvernement a enfin évoqué la progression des investissements directs étrangers, en hausse de 21,3% au premier semestre 2025, par rapport à la même période en 2024.

Elle a également salué l’avancement des grands projets d’infrastructure, notamment dans les secteurs des transports, de la santé et des énergies renouvelables, estimant qu’ils constituent des leviers essentiels pour la croissance future.

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Tunisie – Inflation : Légère accalmie à 4,9% en octobre, selon l’INS

05. November 2025 um 19:47

L’inflation a enregistré une légère baisse en octobre 2025, s’établissant à 4,9% contre 5% le mois précédent, selon les données publiées mercredi par l’Institut national de la statistique (INS). Ce recul reste modeste, mais marque un ralentissement du rythme de hausse des prix, en particulier dans l’alimentation et les services.

Le repli observé est principalement lié au ralentissement de l’évolution des prix des produits alimentaires (+5,6% contre +5,7% en septembre) et du groupe “restaurants, cafés et hôtels” (+7,5% contre +10,1% un mois plus tôt).

Sur un an, les prix alimentaires demeurent en hausse de 5,6%, tirés par les légumes frais (+21,4%), la viande d’agneau (+18,8%), les poissons frais (+9,9%), la viande bovine (+9,8%) et les fruits frais (+9,2%). À l’inverse, les huiles alimentaires enregistrent une baisse spectaculaire de 22,2%.

Les produits manufacturés affichent une progression annuelle de 5%, en raison notamment de la hausse des prix de l’habillement et des chaussures (+9,2%) et des articles d’entretien courant du foyer (+5%).

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Tunisie : Léger recul à 5 % du taux d’inflation

06. Oktober 2025 um 07:25


L’inflation à la consommation des ménages a enregistré un léger repli au mois de septembre 2025, pour s’établir à 5 %, contre 5,2 % en août, selon les dernières données publiées dimanche par l’Institut national de la statistique (INS).

Ce fléchissement, bien que modeste, s’explique principalement par le ralentissement du rythme d’évolution des prix des produits alimentaires, passés de 5,9 % en août à 5,7 % en septembre, ainsi que par la baisse des prix dans plusieurs autres catégories, notamment les loisirs et la culture (4,6 % contre 5,4 %), les services de restauration, cafés et hôtels (10,1 % contre 10,6 %) et les services de transport (3,1 % contre 3,6 %).

L’INS précise que la hausse des prix alimentaires sur un an reste tirée par certains produits de base, en particulier les légumes frais (+21,1 %), la viande ovine (+20,2 %), les poissons frais (+10,3 %) et les fruits frais (+9,9 %). À l’inverse, les prix des huiles alimentaires ont reculé de 24,3 %, contribuant à freiner l’inflation globale.

Les produits manufacturés affichent une hausse annuelle de 9,4 %, en raison notamment de l’augmentation des prix des vêtements et chaussures (+9 %) et des produits de nettoyage (+4,9 %). Les services, quant à eux, ont progressé de 4,5 %, tirés principalement par les services de restauration et d’hébergement (+10,1 %).

Cette légère détente de l’inflation intervient dans un contexte où le pouvoir d’achat des ménages demeure fragilisé, et où la question de la stabilité des prix reste au cœur des préoccupations économiques et sociales en Tunisie.

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