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Sally Glamping, un projet d’écotourisme à Kef Abed (Bizerte)

18. September 2026 um 13:31

Faire du tourisme un levier de transition écologique et de développement local, tout en réduisant l’empreinte environnementale des structures d’accueil et en valorisant les ressources du territoire. Tel est l’objectif de Sally Glamping, un projet d’écotourisme situé à Kef Abed, sur la côte du gouvernorat de Bizerte, soutenu dans le cadre des programmes financés par l’Union européenne (UE) en faveur de l’entrepreneuriat vert en Tunisie.

L’initiative est présentée par la Délégation de l’UE en Tunisie, qui cite Sally Glamping comme un exemple de la rencontre entre entrepreneuriat féminin et transition écologique.

Porté par l’entrepreneuse tunisienne Wiem Tlich, le projet propose un modèle touristique ancré dans le territoire, intégrant la construction écologique, l’économie circulaire ainsi que la réduction et la meilleure gestion des déchets au sein de l’activité d’accueil.

Situé face à la mer à Kef Abed, l’établissement propose des hébergements en cabanes, des espaces de loisirs sur la plage, des activités en pleine nature et un service de restauration, avec pour ambition d’allier tourisme expérientiel et utilisation plus responsable des ressources locales.

Sally Glamping a bénéficié du programme «Women Go Green #2», mis en œuvre par RedStart Tunisie avec le soutien de Greenov’i et destiné aux femmes développant des entreprises dans les secteurs de l’économie verte, bleue et circulaire. L’initiative vise notamment à renforcer les compétences entrepreneuriales, à faciliter l’accès aux financements et aux marchés, et à développer des réseaux locaux pour soutenir l’éco-entrepreneuriat.

Des modèles de consommation plus durables

Selon la fiche officielle de Greenov’i, le programme Women Go Green #2 a une durée de 24 mois à compter de septembre 2024, un budget global d’environ 440 000 euros et une contribution de Greenov’i s’élevant à un peu plus de 392 000 euros. Le programme prévoit un accompagnement technique et financier pour cent éco-entrepreneures, réparties en quatre cohortes, ainsi que l’octroi de 48 prêts d’honneur.

Women Go Green #2 s’inscrit dans le cadre du projet plus vaste Greenov’i, financé par l’UE et mis en œuvre par Expertise France. Lancé en 2023 et prévu jusqu’en 2028 avec une dotation globale de 12 millions d’euros, Greenov’i soutient en Tunisie des entreprises et des acteurs opérant notamment dans les secteurs de l’innovation, de l’économie circulaire, du tourisme durable et de l’artisanat, dans le but de favoriser des modèles de production et de consommation plus durables. Le programme est mis en œuvre en collaboration avec le Centre international des technologies de l’environnement de Tunis (Citet), le ministère de l’Environnement et celui de l’Économie et de la Planification.

I. B. (avec Ansamed).

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Tunisie | Des journalistes visés par des campagnes d’incitation à la haine

18. September 2026 um 12:58

Plus de vingt campagnes d’incitation à la haine, de diffamation et de dénigrement visant des journalistes ont été recensées en Tunisie depuis le début de l’année 2026, a indiqué le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), annonçant son intention de déposer une série de plaintes, dès la semaine prochaine, contre des pages sur les réseaux sociaux et les personnes impliquées dans ces campagnes. (Photo : Manifesttation de journalistes à Tunis pour la défense de la liberté de la presse).

Selon le syndicat, les campagnes documentées incluent des atteintes à la réputation et à la vie privée, la remise en cause du professionnalisme et de la crédibilité des journalistes, la diffusion d’informations qualifiées de trompeuses, des discours de haine ainsi que des formes d’incitation directe qui, soutient le SNJT, peuvent également exposer à des risques les familles des professionnels de l’information.

Le syndicat affirme avoir procédé, dans la plupart des cas, à des vérifications et à la collecte des contenus publiés, des sources associées et d’autres éléments utiles, et indique être en train de finaliser les dossiers destinés à la justice. Parallèlement, une liste documentée des administrateurs des pages concernées et des personnes ayant participé à ces campagnes sera établie. Il appartiendra à la justice de qualifier pénalement les faits et d’établir les responsabilités.

Le SNJT précise qu’il considère le droit à la critique et la liberté d’expression comme des principes fondamentaux et reconnaît le droit de contester l’action des médias et des journalistes. Toutefois, le syndicat souligne que la critique ne saurait se transformer en atteintes à la vie privée, en diffamation ou en incitation à la haine contre des personnes. La responsabilité professionnelle des journalistes, ajoute-t-il, doit s’exercer par le biais du droit de réponse et de rectification, de la critique professionnelle et des mécanismes prévus par la loi.

Selon le SNJT, certaines des campagnes observées auraient en outre pris un caractère systématique, créant un climat de pression et de stigmatisation qui, dans plusieurs cas, aurait précédé des poursuites judiciaires, des arrestations ou des procès.

Le syndicat a récemment dénoncé une nouvelle fois la détérioration des conditions d’exercice de la profession. Cette nouvelle dénonciation intervient quelques jours après la mobilisation organisée par le SNJT en faveur des journalistes détenus, parmi lesquels figurent Mourad Zeghidi, Borhen Bsaïes, Zied El Heni et Mohamed Yousfi — rédacteur en chef du site d’investigation Alqatiba, arrêté début septembre.

I. B.

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Le commandant de la Sixième flotte des États-Unis reçu à Tunis

18. September 2026 um 12:36

Le ministre de la Défense, Khaled Sehili, a reçu à Tunis le vice-amiral Jeffrey Anderson, le commandant des forces navales américaines pour l’Europe et l’Afrique et le commandant de la Sixième flotte des États-Unis, en visite dans le pays à l’occasion de l’exercice naval multinational Phoenix Express 26, qui se déroule, du 6 au 18 septembre dans les eaux tunisiennes. L’ambassadeur des États-Unis et le chef d’état-major de la Marine tunisienne ont également pris part à cette réunion, qui s’est tenue mercredi 16 septembre 2026 au siège du ministère.

M. Sehili a souligné le niveau atteint par la coopération militaire entre la Tunisie et les États-Unis, laquelle englobe le soutien logistique et technique, le renforcement des capacités opérationnelles, la formation, l’échange d’expériences et les exercices conjoints, indique un communiqué du ministère.

Le ministre a cité, parmi les priorités, le développement accru de la collaboration en matière de réponse aux menaces maritimes, de renseignement et de renforcement des capacités ainsi que de la préparation opérationnelle de la Marine tunisienne, notamment face au terrorisme, à la criminalité organisée transfrontalière, à la traite des êtres humains, à la contrebande et au trafic de stupéfiants, précise la note.

Selon le ministère de la Défense, Tunis vise également à renforcer son rôle de plateforme régionale pour la formation militaire, notamment par le biais du Centre d’excellence des forces spéciales navales.

La nouvelle édition de Phoenix Express, a affirmé M. Sehili, démontre la capacité de la Tunisie à accueillir et à diriger des activités militaires multinationales ainsi qu’à développer l’interopérabilité entre sa propre marine et celles des pays partenaires.

De son côté, M. Anderson a confirmé l’engagement américain à poursuivre la coopération et le soutien aux capacités navales tunisiennes. «Le vice-amiral a assisté à une démonstration des forces maritimes combinées participant à l’exercice de cette année ; il a ainsi pu constater directement comment l’exercice Phoenix Express renforce la coopération et l’expertise en matière d’opérations de sécurité maritime dans le sud de la Méditerranée», a rapporté l’ambassade des Etats-Unis à Tunis sur sa page Facebook. Et d’ajouter : «Des événements tels que celui d’aujourd’hui témoignent de l’engagement commun de la Tunisie, des États-Unis et de nos partenaires régionaux et européens en faveur d’une Méditerranée sûre et stable.»

L’exercice Phoenix Express est organisé en collaboration avec le Commandement des États-Unis pour l’Afrique (Africom).

Le ministère avait annoncé la participation d’environ 400 militaires et observateurs issus de 13 pays : Tunisie, Algérie, Libye, Maroc, Égypte, Turquie, Malte, Italie, France, Espagne, Belgique, Géorgie et États-Unis. Les activités comprennent l’entraînement à l’interdiction maritime et à l’inspection des navires, le renseignement naval, l’utilisation de bâtiments de surface sans équipage, le soutien sanitaire ainsi que la lutte contre les menaces chimiques et biologiques.

L’Italie participe à la phase en mer avec le patrouilleur hauturier Vega, qui a navigué en formation en Méditerranée aux côtés du patrouilleur tunisien Sophonisbe, de la frégate turque Gaziantep, du navire français Achéron, de la frégate marocaine Mohammed V et de la frégate algérienne Erradii.

I. B. (avec Andamed)

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Football – Tunisie | Les joueurs convoqués par Mouine Chaâbani

18. September 2026 um 11:59

Le sélectionneur de l’équipe nationale de football, Mouine Chaâbani, a dévoilé ce vendredi 18 septembre 2026 la liste des joueurs convoqués pour les prochains rendez-vous de la Tunisie. Les Aigles de Carthage affronteront l’Ouganda et le Botswana dans le cadre des qualifications à la Coupe d’Afrique des nations (CAN), avant de disputer un match amical face au Mali.

Ce sera le premier contact du nouvel entraîneur avec les joueurs trois mois après les lourdes défaites qu’ils ont subies lors de la dernière Coupe du Monde aux Etats-Unis, au Mexique et au Canada.

Les joueurs, qui ont beaucoup déçu leurs supporters, ont une occasion pour se racheter et, surtout, pour redorer leur propre image qui a beaucoup été ternie par leurs lourdes défaites face à la Suède (1-5), les Pays-Bas (1-3) et le Japon (0-4).    

Gardiens : Aymen Dahmen; Moheb Chammakh; Sabri Ben Hassen.

Défenseurs : Yan Valery ; Moataz Nafati; Adam Arous; Mohamed Nasraoui; Montassar Talbi; Ala Ghram; Amine Ben Hamida; Amine Cherni; Ali Maaloul.

Milieux : Ellyes Skhiri; Ferjani Sassi; Hamza Rafia; Sami Chouchane; Mohamed Ali Ben Romdhane; Anis Ben Slimane; Ismaël Gharbi.

Attaquants : Khalil Ayari ; Seifallah Letaief; Elias Achouri; Sebastian Tounekti; Rayen Loumi; Hamza Mastouri; Sadok Kadida.

Il convient cependant de préciser que le milieu de terrain international et capitaine de la sélection tunisienne, Elyes Skhiri, a adressé à la Fédération tunisienne de football (FTF) une demande pour ne pas être convoqué en équipe nationale.

I. B.

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L’Allemand Knauf étend ses activités à Tataouine

18. September 2026 um 11:20

Le groupe allemand Knauf prévoit d’investir 70 millions de dinars en Tunisie pour la réalisation d’une unité industrielle d’extraction et de transformation du gypse dans la région de Tataouine. Ce projet en attente depuis 2012 pourrait enfin entrer dans une phase de concrétisation, rapporte l’agence Tap.

Knauf est un groupe international spécialisé dans les matériaux de construction, notamment ceux à base de gypse. le groupe s’est installé sur le marché tunisien en 2004 grâce au rachat de la société «Les Plâtres Tunisiens» située à Meknassi (gouvernorat de Sidi Bouzid). Cette plateforme centrale gère les activités commerciales du groupe pour l’ensemble du Maghreb et du continent africain. Mais ce dernier cherche à diversifier sa gamme de produits et à développer ses investissements dans la région.  

Le gouverneur de Tataouine, Amir Gabsi, a présidé jeudi 17 septembre 2026 une séance de travail consacrée à ce dossier, en présence des représentants des services régionaux concernés et du groupe Knauf. La réunion avait pour objectif d’accélérer les procédures, de résoudre les difficultés et de relancer un projet resté en suspens pendant plusieurs années.

La question foncière demeure au cœur des obstacles à surmonter. Les modalités juridiques relatives à l’exploitation du terrain n’ayant pas encore été définitivement arrêtées, le gouverneur a appelé les parties concernées à accélérer les démarches administratives nécessaires à la réalisation du projet.

Les différents services régionaux ont, pour leur part, exprimé leur disponibilité à accompagner l’investisseur jusqu’à l’entrée en exploitation de l’unité et à intervenir pour résoudre les difficultés susceptibles de se présenter au cours des différentes étapes du projet.

La séance a également permis de présenter les avantages fiscaux et financiers dont pourrait bénéficier le projet dans le cadre des dispositifs d’encouragement à l’investissement.

Le directeur administratif et financier de la filiale tunisienne de Knauf a, de son côté, salué la mobilisation des autorités régionales, estimant qu’elle avait «ravivé l’espoir» de voir le projet aboutir après plusieurs années d’attente.

Selon le responsable, la réalisation de cette unité pourrait également ouvrir la voie à d’autres investissements du groupe dans la région.

Le projet devrait, par ailleurs, contribuer à la création d’un nombre important d’emplois directs, avec la mise en place de programmes de formation adaptés aux besoins du secteur.

I. B. (avec Tap).

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Sommes-nous prêts pour affronter les répercussions de l’IA ?

18. September 2026 um 09:42

En affirmant que les gouvernements mondiaux ne sont pas prêts à affronter les répercussions de l’intelligence artificielle (IA) sur l’emploi, la santé et l’éducation, Bill Gates a posé un diagnostic lucide mais incomplet. Pour les pays émergents, la vulnérabilité ne vient pas de la vitesse de la technologie, mais de l’archaïsme des modes de décision publique. Face à ce choc de rationalité, la réponse ne viendra ni de la panique réglementaire ni du mimétisme législatif, meublé de commissions théoriciennes, mais d’un basculement résolu vers l’ingénierie d’exécution et la souveraineté par la donnée.

Abdelwaheb Ben Moussa *

Le réflexe des bureaucraties traditionnelles face aux ruptures technologiques est immuable : créer des comités d’éthique, rédiger des chartes d’usage et multiplier les séminaires sur la gouvernance. Cette agitation institutionnelle masque mal une impuissance structurelle. Réglementer l’IA sans posséder la moindre infrastructure de calcul locale, ni maîtriser l’hébergement de ses propres données massives, revient à administrer sa propre dépendance vis-à-vis des géants du secteur.

L’avertissement de Bill Gates prend une résonance particulière dans un contexte où les modèles propriétaires occidentaux et chinois s’affrontent pour le contrôle des flux d’information. Si la Tunisie se contente d’importer des cadres réglementaires préconçus, elle s’interdit toute marge de manœuvre stratégique. La véritable souveraineté numérique ne s’édicte pas par décret ; elle se bâtit par l’alignement des systèmes d’information nationaux sur des architectures souveraines, l’exploitation de modèles ouverts réentraînés localement et l’intégration de la preuve chiffrée dans la décision publique.

La fin du monopole technocratique

Comme nous le soulignions récemment, la véritable menace que représente l’IA partagée pour les gouvernances vieillissantes ne réside pas dans les failles de cybersécurité, que l’ingénierie sait parfaitement cloisonner. Elle réside dans la fin de l’asymétrie d’information. Historiquement, les structures d’autorité ont fondé leur hégémonie sur la rétention des données, l’opacité des arbitrages et le poids du statut.

L’accès généralisé à la puissance analytique vient désintégrer ce modèle vertical. Dès lors qu’un cadre bancaire, un chercheur ou un citoyen peut vérifier la cohérence d’un budget public, auditer un choix d’investissement ou modéliser l’impact d’une réforme, le discours d’autorité s’effondre. L’IA impose l’objectivité là où régnait la gestion statutaire. Cette démocratisation cognitive effraie les technocraties parce qu’elle exige d’elles une justification constante par les résultats et la performance réelle.

L’épreuve du terrain : ancrer l’expertise dans les territoires

    Pour éviter que les bénéfices de l’IA ne deviennent le privilège exclusif des états-majors de la capitale ou des grands groupes financiers, l’effort doit se porter sur le terrain régional. Dans des gouvernorats stratégiques comme Médenine et Tataouine, l’IA ne doit pas être perçue comme une curiosité théorique, mais comme un outil opérationnel pour optimiser la gestion de la ressource hydrique, modéliser les flux logistiques de la zone franche de Ben Guerdane ou anticiper le déploiement des grands projets d’énergies renouvelables.

    De même, dans les régions industrielles et agricoles du centre et du sud-ouest, à l’instar de Gafsa ou de Kasserine, la modélisation analytique permet de diagnostiquer objectivement la rentabilité des chaînes de valeur locales, d’anticiper la maintenance des infrastructures d’extraction et de rationaliser l’allocation des fonds de développement régional. En confiant cette capacité d’analyse directement aux acteurs territoriaux, l’État transforme le dialogue régional en une dynamique de projets audités, mesurables et souverains.

    Il est temps de dépasser la peur de l’obsolescence et le confort des gouvernances transitoires. L’avenir n’appartient pas aux administrations qui cherchent à freiner la transition par la bureaucratie, mais à celles qui embrassent la transparence des données, la rigueur de la preuve et l’exigence de l’exécution.

    * Ingénieur informatique, cadre de banque publique.

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    L’autoroute Donald J. Trump, colonne vertébrale du Sahara occidental

    18. September 2026 um 08:57

    «La voie express Tiznit-Dakhla a été baptisée Autoroute Donald J. Trump», l’annonce a été faite par Maghreb Arabe Presse (MAP), l’agence de presse officielle marocaine, quand elle a rendu publique une lettre envoyée par le roi Mohammed VI le 2 juillet 2026 au président américain pour annoncer sa décision. Le souverain y souligne vouloir ainsi remercier M. Trump pour sa «reconnaissance historique de la souveraineté du Maroc en 2020 sur son Sahara qui restera à jamais gravée dans la mémoire des Marocains. En hommage à ce témoignage d’amitié et de paix, j’ai pris la décision de baptiser l’une des infrastructures routières les plus importantes du royaume du nom d’Autoroute Donald J. Trump». L’ouvrage s’étend sur 1055 kilomètres, ce qui en fait la plus longue infrastructure routière d’Afrique. Suffisant pour satisfaire la folie de grandeur du président américain.

    Imed Bahri

    Il convient de rappeler qu’en décembre 2020, Trump avait apporté son soutien à un plan d’autonomie sous souveraineté marocaine pour le Sahara occidental, en contrepartie d’une normalisation des relations du Maroc avec Israël dans le cadre des Accords d’Abraham.

    Le magazine américain Politico a publié une enquête de Memphis Barker intitulée «L’avenir du Sahara occidental passe par l’autoroute Donald J. Trump», une voie de 1 055 kilomètres qui semble jouer un rôle inhabituel dans la stratégie du président pour le Moyen-Orient. Pour le Royaume chérifien, cette autoroute au nom du président américain qui a reconnu sa souveraineté sur le Sahara occidental est une illustration de la domination exercée sur ce territoire et du bras de fer que le royaume est en train de remporter à l’international concernant cet épineux dossier. 

    Cette voie, anciennement connue sous le nom de Route Nationale 1, est la plus longue du Maroc et d’Afrique. Elle a été rebaptisée en l’honneur de Trump par le roi Mohammed VI, en signe de reconnaissance au président américain qui a reconnu la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental en 2020.

    Lors de son voyage sur cette route, qui porte encore son nom d’origine, l’autoroute Tiznit-Dakhla, dont la première phase débute dans la région de Guelmim-Oued Noun, le journaliste américain n’a remarqué ni le nom de Trump ni un drapeau américain. «Oui, j’en ai entendu parler dans les journaux», a déclaré le propriétaire d’un café routier où s’arrêtent les camions. Un autre homme, Ibrahim, a grommelé : «C’est la politique».

    Barker indique que parmi tous les hôtels, lieux de divertissement et cryptomonnaies portant le nom de Donald J. Trump, aucun n’égale cette autoroute en termes d’importance géopolitique. 

    Derrière le discours flatteur se cache un rêve plus grand

    En 2015, le roi Mohammed VI annonçait son projet de construction d’une autoroute plus longue que toutes celles existantes dans le pays. Il affirmait que cette voie renforcerait la position du Sahara comme pôle économique et reconnecterait le Maroc à ses racines africaines mais elle poursuivait également un objectif plus ambitieux.

    Dans le cadre du «Plan de développement des régions du Sud», nom officiel donné par le régime au Sahara occidental, le roi a présenté un plan visant à consolider le contrôle marocain sur le territoire. Il a également promis de construire des ports, de lancer des programmes de protection sociale et d’intégrer les Sahraouis au tissu social marocain.

    Politico ajoute que derrière ce discours flatteur pour les Nations Unies se cache un rêve plus grand. Depuis que la France et l’Espagne ont abandonné leurs protectorats marocains dans les années 1950, la dynastie alaouite au pouvoir, dont le roi Mohammed VI est le vingt-troisième monarque, a une priorité : la reconquête du Sahara occidental.

    La région est riche en ressources naturelles, du phosphate aux poissons mais cette volonté de reconquête du Sahara occidental trouve son origine dans le sentiment que les colonisateurs européens, en se retirant, ont tracé arbitrairement les frontières du Maroc, les jugeant trop étroites pour un pays dont la domination s’étendait autrefois au sud (à travers le Mali, la Mauritanie et le Sénégal) et à l’est (à travers des parties de l’Algérie actuelle).

    Dans son discours de 2015 commémorant le 40e anniversaire de la Marche Verte, lors de laquelle 350 000 personnes ont franchi la frontière pour se réfugier au Sahara occidental et ont contraint l’Espagne, qui contrôlait le territoire depuis longtemps, à accélérer son retrait, le roi Mohammed VI a déclaré : «J’ai décidé de consacrer tous les moyens disponibles à la restauration de l’intégrité territoriale du Royaume». Grâce à ces dépenses massives, totalisant environ 8 milliards de dollars, il espère surmonter le principal obstacle qui freine encore l’expansion du Maroc à savoir la réticence du peuple sahraoui à rejoindre le Maroc.

    Le Sahara occidental gardé par 100 000 soldats marocains

    La région est le théâtre d’une guerre intermittente menée par le Maroc contre le Front Polisario, qui revendique l’indépendance du territoire. Les affrontements militaires se déroulent généralement à l’abri des regards, derrière une digue de sable de trois mètres de haut qui traverse le désert. Construite dans les années 1980 et toujours gardée par 100 000 soldats marocains, cette zone est l’une des plus minées au monde.

    Dans sa lettre à Trump confirmant le nouveau nom de l’autoroute, le roi Mohammed VI a exprimé sa profonde gratitude. Il a écrit que la décision du président en 2020 de reconnaître la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental «restera à jamais gravée dans la mémoire des Marocains». En retour, le roi a normalisé les relations avec Israël dans le cadre des accords d’Abraham, une mesure controversée dans un pays où la population soutient fortement la cause palestinienne. Cependant, cette initiative s’est avérée bien plus fructueuse.

    Avant l’intervention de Trump, la question de la souveraineté définitive sur le Sahara occidental restait en suspens sous l’égide des Nations Unies, qui avaient tenté, sans succès, de réunir les conditions d’un référendum après avoir négocié un cessez-le-feu en 1991. Suite à la reconnaissance de Trump, la situation a commencé à évoluer en faveur du Maroc. La France, l’Espagne, le Royaume-Uni et l’Union européenne soutiennent désormais le projet du roi d’accorder «l’autonomie» au Sahara occidental sous son autorité. La plupart des États africains et arabes ont déjà donné leur accord.

    En baptisant la route du nom de Trump, le roi a rappelé aux derniers opposants, notamment le Front Polisario et ses alliés algériens, le soutien de la Maison-Blanche à la revendication de souveraineté du Maroc. Le président américain a écrit sur Truth Social : «J’espère emprunter un jour cette grande route et j’espère bientôt!».

    Politico a également indiqué que le Maroc interdisait depuis des années l’accès au Sahara occidental aux journalistes étrangers non accompagnés. En mai 2025, deux journalistes italiens, déguisés en touristes, ont été arrêtés à l’entrée de Laâyoune, capitale administrative de la région, puis conduits vers le nord et expulsés. Un journaliste espagnol avait subi le même sort quelques semaines auparavant.

    Pourtant, les autorités marocaines ont récemment commencé à inviter des personnalités politiques occidentales à visiter la ville et la compagnie aérienne low-cost Ryanair propose désormais des «aventures marocaines» à Dakhla, la péninsule située à l’extrémité sud de l’Autoroute Donald Trump, qui se positionne comme une destination prisée des kitesurfeurs. À la surprise générale des Sahraouis, le réalisateur britannico-américain Christopher Nolan y a tourné des scènes de son film ‘‘Odyssey’’.

    Une atmosphère pesante dans les «territoires du Sud»

    Depuis des décennies, le gouvernement attire les Marocains vers le sud grâce à des impôts plus bas, des salaires plus élevés, des subventions sur l’alimentation et le carburant, et la promesse d’un meilleur niveau de vie. On estime aujourd’hui que la majorité des quelque 600 000 habitants de la région sont originaires du nord. Cela suffirait, si le droit de vote à un éventuel référendum était étendu aux personnes arrivées après 1974, comme le souhaite Rabat, afin de faire basculer le vote en sa faveur.

    Memphis Barker a constaté une atmosphère pesante à Laâyoune, malgré les affirmations du gouvernement selon lesquelles tous ces investissements portent leurs fruits, même si les «territoires du Sud» ne représentent qu’un faible pourcentage de l’économie globale, estimé à environ 4% du PIB. Ce pourcentage est toutefois en augmentation, la région de Laâyoune a enregistré la plus forte croissance économique parmi les régions du pays en 2024, 7,4 %, selon les chiffres officiels. Elle affiche également le taux de pauvreté le plus bas du Maroc.

    Le PIB par habitant s’élève à 74 000 dirhams (7900 dollars américains), soit plus de deux fois et demie celui de la région de Marrakech, qui attire chaque année un grand nombre de touristes. Les critiques soulignent que plus d’un tiers de cette somme est alloué aux forces de sécurité. Bien que l’on dise généralement que les Sahraouis qui se sont retirés de la vie politique ne subissent aucune discrimination sur le marché du travail, beaucoup peinent encore à trouver un emploi.

    Le chômage dans la région a atteint 22% en 2024, un taux nettement supérieur à la moyenne nationale de 13%. Un Sahraoui a déclaré : «C’est une farce. Ils construisent tout ça mais nous n’en profitons pas. Ni du phosphate ni du poisson ni des tomates».

    Dans le nord du pays, certains Marocains se demandent si toutes ces dépenses consacrées aux régions du sud n’ont pas contribué au désespoir qui s’est emparé d’autres parties du pays, poussant de nombreux jeunes à traverser la frontière à la nage pour rejoindre Ceuta.

    Le mouvement indépendantiste du Sahara s’essouffle

    Concrètement, le mouvement indépendantiste du Sahara occidental s’essouffle. En 2010, Rabat a écrasé le dernier grand défi à son autorité : un immense campement de protestation rassemblant 20 000 personnes aux abords de Laâyoune. Ses leaders étudiants sont désormais emprisonnés. Il ne reste du mouvement de protestation populaire dans la ville que des graffitis effacés à la hâte –«Libérez les prisonniers»– et de brefs rassemblements menés par des femmes, comme les chants qui ont suivi l’élimination du Maroc de la Coupe du monde en juillet.

    Militairement, le Front Polisario est lui aussi en perte de vitesse. Il est impuissant face aux drones marocains, qui anéantissent facilement les combattants qui sillonnaient les dunes à bord de Land Cruisers équipés de lance-roquettes.

    Le 28 juillet, l’ambassadeur des États-Unis au Maroc, Richard Duke Buchan, fut l’un des premiers hauts responsables américains à fouler le sol de Laâyoune. Sur sa plateforme X, il publia une photo de lui devant le grand et impeccable McDonald’s de la ville, accompagnée du message suivant : «Des tajines du désert aux doubles hamburgers américains, Laâyoune a tout pour plaire». Il conclut sa publication par : «Sahara marocain, j’adore !».

    À terme, Rabat espère obtenir davantage –peut-être un consulat américain à part entière à Laâyoune– mais surtout, la poursuite du dialogue diplomatique pour résoudre le conflit persistant concernant le statut contesté du Sahara occidental.

    Riccardo Fabiani, directeur pour l’Afrique du Nord à l’International Crisis Group, affirme que le projet de rattachement du Sahara occidental accapare «80 à 90 % de l’attention de tous les ministères» et que les pressions américaines détermineront la suite des événements étant donné que Washington est le principal interlocuteur sur la question du Sahara occidental aux Nations Unies et le renouvellement du mandat de la mission, prévu le 31 octobre, pourrait mettre un terme définitif à cette opération de maintien de la paix vieille de 35 ans.

    Massad Boulos, envoyé spécial du président Trump pour les affaires arabes et africaines, mène des négociations directes et rares, entre l’Algérie, le Maroc et le Front Polisario. Il pourrait exercer une pression accrue sur les opposants à Rabat pour qu’ils acceptent le plan d’autonomie du roi, allant jusqu’à menacer de désigner le Front comme organisation terroriste, l’excluant ainsi de facto du processus de négociation. Il pourrait même relancer la demande du Maroc d’un vote sur le statut du Sahara occidental à l’AG de l’Onu, un vote que des années d’efforts diplomatiques ont déjà assuré au Maroc une victoire probable. Le mois dernier encore, la Colombie a déclaré son soutien total à la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental.

    En 2021, Rabat a poussé 8 000 migrants à travers la frontière vers Ceuta pour protester contre la prise en charge médicale par l’Espagne de Brahim Ghali, le dirigeant de 76 ans du Front Polisario. Politico indique que le dernier afflux datant de cet été, bien plus important, semble être spontané cependant, la décision du Maroc de ne pas entraver le passage des migrants suggère une volonté de satisfaire et de plaire à la Maison-Blanche qui considère le Premier ministre socialiste espagnol Pedro Sánchez comme l’incarnation de tous les maux de l’Europe : partialité anti-israélienne, soutien à l’immigration et insuffisance des dépenses de défense.

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    Phosphate | Washington lorgne le Maroc et la Tunisie

    18. September 2026 um 07:52

    Géopolitique des ressources, souveraineté alimentaire et occasion stratégique pour la Tunisie… Notre phosphate intéresse Washington. Celui des Marocains aussi. Mais derrière cette attention américaine se cache une question autrement plus importante pour notre pays : comment une richesse minière nationale, longtemps présentée comme un pilier de l’économie, pourrait-elle devenir un atout stratégique dans la nouvelle guerre mondiale des engrais et de la sécurité alimentaire ? Et surtout, la Tunisie saura-t-elle transformer ses réserves et ses capacités industrielles en véritable influence économique, plutôt que de rester un fournisseur fragilisé par ses propres blocages ?

    Moktar Lamari *

    L’analyse publiée par le Washington Institute for Near East Policy, sous le titre «The Phosphate Pivot : Why Morocco and Tunisia Matter to U.S. Food Security» («Le pivot du phosphate : pourquoi le Maroc et la Tunisie sont importants pour la sécurité alimentaire des États-Unis»), place les deux pays du Maghreb au cœur d’une réflexion stratégique américaine.

    Un signal qui mérite une attention particulière à Tunis, où le phosphate demeure une ressource économique et industrielle majeure, mais dont le potentiel est régulièrement entravé par les difficultés de production, de transport et de gouvernance.

    La Chine ferme le robinet : l’Amérique découvre la fragilité de sa souveraineté alimentaire

    Premier transformateur mondial d’engrais, la Chine a fortement réduit ses exportations de phosphates en mars 2025. Selon le think tank américain, les exportations seraient passées de 950 000 tonnes à seulement 13 000 tonnes en un seul mois. L’institut rappelle également que Pékin a officialisé, en décembre, la suspension des exportations jusqu’en août 2026.

    Dans le même temps, les prix du phosphate diammonique (DAP), l’un des engrais phosphatés les plus couramment utilisés, ont bondi de 28 % en un an. Les auteurs de l’analyse, Ghazi Ben Ahmed, Sabina Henneberg et Mohsine El Ahmadi, décrivent les conséquences pour l’agriculture américaine : «Les agriculteurs américains, qui se préparaient aux semis de printemps, ont été confrontés à une pénurie d’approvisionnement et à l’absence d’alternative fiable en perspective.»

    Washington a alors découvert une réalité peu confortable : la sécurité alimentaire des États-Unis pouvait être exposée aux décisions d’une puissance considérée comme rivale. Le phosphate a ainsi été ajouté à la liste américaine des minerais critiques pour 2025.

    Mais une inscription sur une liste ne produit ni engrais ni récoltes. Elle ne construit pas d’usines, ne sécurise pas les ports et ne garantit pas les livraisons aux agriculteurs. La vraie question est donc celle de l’approvisionnement : où trouver des sources fiables, diversifiées et politiquement sécurisées de phosphate ?

    Les auteurs résument leur approche en ces termes : «La solution ne réside pas dans le remplacement d’une dépendance par une autre, mais dans la mise en place d’un réseau diversifié de fournisseurs fiables, de capacités de production redondantes et de partenariats industriels politiquement alignés.»

    Et c’est précisément ici que la Tunisie devrait commencer à regarder les cartes géopolitiques avec davantage d’attention.

    Le Maroc : une puissance phosphatière que Washington ne peut ignorer

    Avec environ 70 % des réserves mondiales connues de phosphate, le Maroc constitue le premier maillon évident de la stratégie américaine de sécurisation des approvisionnements. À travers le groupe OCP, le Royaume a développé d’importantes capacités de raffinage, de transformation et de production d’engrais. Il investit également dans les chaînes d’approvisionnement africaines et dans des partenariats technologiques liés à l’agriculture.

    L’intérêt américain pour le Maroc ne relève donc pas seulement de ses réserves minières. Il repose aussi sur sa capacité à transformer la matière première, à développer une industrie des engrais et à s’insérer dans des réseaux commerciaux et technologiques internationaux.

    Les États-Unis possèdent eux-mêmes des gisements de phosphate, notamment en Floride, dans l’Idaho et en Caroline du Nord. Toutefois, leur production nationale connaît un déclin structurel depuis plusieurs décennies. Selon les auteurs, «les réserves américaines ne représentent qu’une fraction de celles du Maroc, et les coûts d’extraction augmentent».

    Pour Washington, le Maroc offre ainsi une combinaison de ressources naturelles, de capacités industrielles et d’alignement géopolitique.

    Le Royaume est présenté comme le plus ancien allié africain des États-Unis, une relation formalisée par le Traité d’amitié de 1786, toujours en vigueur. Ce partenariat a été renforcé en 2004, lorsque le Maroc a été désigné comme Allié majeur non membre de l’Otan, reconnaissant son rôle de partenaire de sécurité et de porte d’entrée entre l’Afrique, l’Europe et le monde atlantique.

    Les auteurs soulignent également les liens économiques étroits du Maroc avec l’Europe et les États-Unis. Dans leur lecture, le Royaume représente un pilier de stabilité, de modération et d’engagement transatlantique dans une région méditerranéenne de plus en plus soumise à la compétition géopolitique et aux influences extérieures.

    Leur conclusion est explicite : tout effort sérieux visant à construire une infrastructure robuste d’approvisionnement en engrais, compatible avec les intérêts occidentaux en matière de sécurité des chaînes d’approvisionnement au Maghreb, doit commencer par le Maroc. Le Royaume dispose déjà d’une position dominante dans l’économie mondiale du phosphate.

    Et la Tunisie dans tout cela ? Le second nœud que Washington ne peut négliger

    C’est à ce moment précis que l’analyse devient particulièrement intéressante pour les Tunisiens.

    Car le Maroc, malgré sa puissance phosphatière, ne peut à lui seul garantir la résilience à long terme de l’approvisionnement occidental en engrais. Les auteurs estiment que sa domination rend justement nécessaire la création d’un second nœud d’approvisionnement. Et ce second nœud, selon eux, pourrait être la Tunisie.

    La formule mérite d’être soulignée : la Tunisie ne serait pas simplement un concurrent du Maroc, mais un complément logique dans une architecture régionale de sécurisation des engrais.

    Pourquoi ? Parce qu’une chaîne d’approvisionnement concentrée dans un seul pays, même performant et allié, présente une fragilité intrinsèque. Une panne industrielle, une crise politique, un problème logistique, un conflit social ou une perturbation des exportations peut rapidement affecter l’ensemble du système.

    La diversification devient donc une exigence stratégique. Et c’est précisément ce qui redonne à la Tunisie une place potentiellement importante.

    Le pays possède une longue expérience de l’exploitation et de la transformation du phosphate. Son secteur a historiquement contribué aux exportations, à l’activité industrielle et aux recettes économiques. Pourtant, ses capacités restent exposées à des difficultés récurrentes : perturbations de la production, tensions sociales, contraintes logistiques et fragilités de la gouvernance industrielle.

    Le paradoxe tunisien est brutal : une ressource qui pourrait contribuer à renforcer la souveraineté économique et l’influence internationale du pays devient aussi le miroir de ses insuffisances productives et institutionnelles.

    Alors que les États-Unis cherchent à réduire leur vulnérabilité face à la Chine, la Tunisie devrait se demander comment réduire ses propres vulnérabilités : celles qui empêchent de produire régulièrement, de transporter efficacement et de valoriser davantage le phosphate.

    Le phosphate tunisien : une occasion stratégique, pas une simple mine à exploiter

    L’analyse américaine ne dit pas que la Tunisie dispose déjà des mêmes capacités que le Maroc. Elle met plutôt en évidence la complémentarité potentielle des deux pays dans un système d’approvisionnement plus diversifié.

    Pour la Tunisie, cette perspective ouvre plusieurs questions industrielles et économiques.

    Comment renforcer la fiabilité de la production ? Comment améliorer les infrastructures de transport et d’exportation ? Comment développer davantage la transformation locale et les engrais à plus forte valeur ajoutée ? Comment attirer des partenariats industriels et technologiques capables d’inscrire le phosphate tunisien dans des chaînes de valeur internationales plus solides ?

    Ces questions sont d’autant plus importantes que la sécurité alimentaire ne dépend pas seulement des terres agricoles ou de la disponibilité de l’eau. Elle dépend aussi de l’accès aux engrais, dont le phosphate constitue un élément essentiel.

    Pour les États-Unis, la sécurisation des approvisionnements est devenue une question de souveraineté stratégique. Pour la Tunisie, elle pourrait devenir une occasion de repenser son propre modèle industriel.

    Mais une occasion ne se transforme pas automatiquement en résultat. Elle exige des infrastructures, des investissements, une gouvernance prévisible, des capacités productives et une stratégie de long terme.

    Le Maroc a engagé une stratégie combinant extraction, industrie et géopolitique. Les auteurs soulignent notamment le rôle de ses infrastructures tournées vers l’Atlantique, dont le complexe portuaire de Tanger Med, qui contribue à relier l’Europe, l’Afrique et les grandes routes commerciales maritimes mondiales.

    La Tunisie, de son côté, doit réfléchir à la manière dont elle peut valoriser ses propres atouts géographiques, industriels et portuaires pour renforcer son intégration dans les chaînes d’approvisionnement internationales.

    Washington cherche la sécurité alimentaire. Tunis doit chercher la stratégie industrielle.

    Le message du Washington Institute est finalement plus large qu’une simple analyse des réserves de phosphate. Il décrit une transformation de la géopolitique des matières premières : les minerais essentiels, les engrais et les infrastructures industrielles deviennent des instruments de résilience économique et de sécurité nationale.

    La Chine a rappelé aux États-Unis les risques d’une dépendance excessive. Le Maroc apparaît comme un fournisseur stratégique disposant d’une position dominante. La Tunisie est identifiée comme un complément possible, capable de contribuer à la diversification de l’approvisionnement.

    Mais pour que cette reconnaissance se transforme en bénéfice concret, la Tunisie devra dépasser la logique de la ressource extraite et vendue. Elle devra renforcer la transformation industrielle, la fiabilité de la production et la capacité à nouer des partenariats durables.

    Le phosphate tunisien intéresse Washington parce qu’il peut contribuer à résoudre un problème américain. La question est désormais de savoir si Tunis saura utiliser cet intérêt pour résoudre ses propres problèmes économiques.

    Sinon, le phosphate restera une richesse géologique à la merci des blocages terrestres, tandis que d’autres pays transformeront la géologie en puissance industrielle, commerciale et géopolitique.

    * Economiste universitaire.

    Source : Washington Institute for Near East Policy, «The Phosphate Pivot: Why Morocco and Tunisia Matter to U.S. Food Security», auteurs Ghazi Ben Ahmed, Sabina Henneberg et Mohsine El Ahmadi.

    Blog de l’auteur : E4T.

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    ASF «consternée» par le mandat de dépôt à l’encontre de Me Ghazi Mrabet  

    17. September 2026 um 13:42

    Dans un communiqué publié ce mercredi 17 septembre 2026, l’organisation Avocats sans frontières (ASF) exprime «son entière solidarité et son soutien» à l’avocat et défenseur des droits humains Ghazi Mrabet, qui a fait l’objet d’un mandat de dépôt, mardi 16 septembre, «au terme de huit jours de garde à vue durant lesquels il n’a pas pu rencontrer ses avocats.»

    L’organisation fait part de «sa consternation» et affirme avoir eu «le privilège de collaborer à de nombreuses reprises avec Me Mrabet, dont elle salue l’engagement constant en faveur de la défense des droits humains, et notamment des personnes les plus vulnérables».

    Rappelons que le premier juge d’instruction près le Pôle judiciaire économique et financier a émis un mandat de dépôt à l’encontre de Me Mrabet et d’autres personnes poursuivies dans la même affaire, parmi lesquelles figure un individu recherché et condamné par contumace à 40 ans de réclusion pour trafic de drogue.

    Les membres du comité de défense rejette catégoriquement toutes les accusations portées contre leur collègue et nie tout lien entre lui et un quelconque réseau de stupéfiants. Ils précisent que Me Mrabet se trouvait au domicile de l’individu recherché dans le cadre strictement professionnel de ses fonctions, celui étant l’un de ses clients.

    I. B.

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    Les tensions budgétaires tunisiennes à l’assemblée de l’UIP

    17. September 2026 um 13:02

    Les débats, lors de la 153e assemblée de l’Union interparlementaire (UIP), l’organisation mondiale des parlements nationaux, qui se tiendra à Arusha (Tanzanie) du 5 au 9 octobre2026, porteront sur la sécurité maritime, le commerce régional et la résilience économique, d’une part, et les tensions budgétaires tunisiennes qui confèrent une dimension économique aux enjeux de gouvernance, d’autre part.

    Le niveau élevé de la dette publique tunisienne et les possibilités limitées de financement extérieur placeront les discussions sur la gouvernance et les opportunités économiques, lors de l’Assemblée de l’UIP, dans un contexte budgétaire immédiat.

    L’économie tunisienne a enregistré une croissance de 2,5 % en 2025, tandis que la dette publique est demeurée supérieure à 80 % du PIB et que les autorités ont eu de plus en plus recours au financement intérieur, le financement extérieur étant devenu inaccessible et à des taux prohibitifs.

    Si les recettes touristiques et les envois de fonds ont progressé, le déficit commercial a continué, quant à lui, à se creuser et à alimenter des pressions inflationnistes.

    Outre les problématiques du déficit budgétaire et de l’endettement, l’assemblée de l’UIP à Arusha, mettra aussi l’accent sur la gouvernance, l’inclusion et les opportunités offertes aux communautés.

    I. B.

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    Tunisie | L’extension de l’usine de dessalement de Djerba en quête de financement

    17. September 2026 um 12:31

    L’usine de dessalement d’eau de mer de Djerba, la première à grande échelle en Tunisie, construite en 2018 et dotée d’une capacité de production de 50 mètres cubes par jour, devra bientôt être dotée d’une troisième ligne, offrant une capacité supplémentaire de 25 mètres cubes par jour, ce qui portera la production totale à 75 mètres cubes.  Encore faut-il lui trouver les financements internationaux requis et en lancer rapidement les travaux, car le stress hydrique dont souffre l’île s’aggrave sans cesse.   

    Le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche a approuvé la procédure accélérée de décaissement des fonds destinés à ces travaux d’extension qui comprennent également le renforcement du réseau d’adduction et de distribution d’eau, grâce à la pose d’environ 60 kilomètres de nouvelles conduites et au remplacement des canalisations vétustes.

    En réponse à une question parlementaire, le ministère Ezzeddine Ben Cheikh a indiqué que le coût total du projet est estimé à environ 200 millions de dinars tunisiens : 95 millions de dinars pour l’extension de l’usine et 105 millions pour le renforcement du réseau.

    Ce projet, mis en œuvre par la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (Sonede) avec le financement de la banque allemande de développement KfW et de l’Agence française de développement (AFD), a été spécifiquement conçu pour réduire la dépendance de l’île aux eaux souterraines et garantir une source supplémentaire d’eau potable, y compris durant les pics d’affluence touristique.

    Tout en confirmant l’objectif d’une capacité finale de 75 mètres cubes par jour, la Sonede souligne le rôle crucial de l’usine pour répondre aux besoins de la population insulaire et soutenir les activités économiques, notamment le tourisme.

    Toutefois, près de dix ans après l’inauguration de l’usine, la hausse de la consommation et la dégradation des ressources conventionnelles ont rendu nécessaire la réalisation de cette extension, déjà envisagée dans le projet initial. Le problème se fait particulièrement sentir durant les mois d’été, période où l’augmentation de la population temporaire liée au tourisme s’ajoute à la demande des communautés locales.

    Le député Ghassen Yamoun a évoqué les fréquentes interruptions de l’approvisionnement en eau potable et la pression croissante sur les ressources hydriques, appelant à accélérer ce projet pour lequel, selon le ministère, les études techniques nécessaires ont déjà été réalisées. Toutefois, le projet d’extension est conditionné par la mobilisation de fonds et la conclusion d’accords de prêt avec des organismes de financement, notamment la KfW et la Banque mondiale.

    Selon le député, les négociations n’ont pas encore suffisamment progressé. L’accélération annoncée par le ministère vise donc à lever l’un des principaux obstacles ayant jusqu’ici freiné l’augmentation des capacités de production : le financement qui reste à mobiliser.

    Renforcer le recours aux eaux non conventionnelles

    Le dossier de Djerba s’inscrit dans une stratégie plus large par laquelle la Tunisie cherche à accroître la part des ressources en eau non conventionnelles dans le système national. La première étape de cette politique a été l’usine de Djerba, suivie de la station de Zarat, dans le gouvernorat de Gabès, inaugurée en juillet 2024 par le président Kaïs Saïed. Après l’achèvement de la phase expérimentale, cette usine, dotée d’une capacité de 50 mètres cubes par jour, a été conçue pour desservir environ 1,1 million de personnes et constitue le premier projet majeur réalisé dans le cadre du programme national de dessalement lancé les années précédentes.

    La deuxième grande usine opérationnelle est celle de Sfax, officiellement inaugurée le 18 juin 2026 par le ministre de l’Agriculture. Elle est entrée en service avec une capacité initiale de 100 mètres cubes par jour et une extension ultérieure jusqu’à 250 mètres cubes par jour est prévue. Construite dans le cadre de la coopération tuniso-japonaise, elle représente l’un des projets les plus importants du programme national de diversification des ressources en eau et vise à renforcer l’approvisionnement de Sfax et de ses environs.

    La station de Sfax n’est toutefois pas considérée comme un projet clos. Les autorités ont déjà prévu des travaux d’extension supplémentaires dans le cadre du plan 2026-2030. Les études de conception initiales sont terminées et une partie des infrastructures nécessaires a déjà été construite, tandis que la capacité pourra être augmentée progressivement. Parallèlement, la Sonede œuvre au renforcement du réseau de distribution de la région, avec un projet soutenu par la Banque mondiale visant à améliorer la surveillance des conduites et à détecter plus rapidement les fuites.

    Le projet de Sousse est encore plus proche de la phase opérationnelle. L’usine de dessalement de la ville, dont la capacité prévue est de 50 mètres cubes par jour, a vu ses quatre composantes principales achevées et est entrée dans la phase d’essais techniques en août 2026. Ces essais portent sur le prétraitement de l’eau et sur la vérification de la conformité de l’eau produite aux normes requises. Ce n’est qu’une fois ces tests et vérifications terminés que l’usine sera prête pour une exploitation effective.

    Le choix du dessalement répond à une transformation structurelle de la problématique de l’eau en Tunisie. Les ressources en eau conventionnelles sont soumises à une pression croissante en raison de la sécheresse, de l’irrégularité des précipitations et de l’augmentation de la consommation, tandis que les eaux souterraines — en particulier dans le sud et les zones côtières — ne peuvent plus répondre seules à la demande. La stratégie vise donc à intégrer le dessalement de l’eau de mer, les transferts interbassins, la réutilisation des eaux usées traitées et l’entretien des infrastructures existantes.

    I. B.

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    Tunisie | Nouvelle unité de réanimation chirurgicale à l’hôpital de Sidi Bouzid

    17. September 2026 um 11:56

    Une nouvelle unité de réanimation chirurgicale a été inaugurée, mercredi 16 septembre 2026, au centre hospitalier universitaire de Sidi Bouzid, au centre de la Tunisie. Elle dispose de huit lits, dont quatre sont déjà entièrement équipés, tandis que les quatre autres seront aménagés dans une phase ultérieure.

    Cette nouvelle unité vise à renforcer la capacité de l’hôpital à prendre en charge les patients ayant subi une intervention chirurgicale nécessitant des soins intensifs, ainsi qu’à améliorer la qualité des soins.

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    Lancement du projet «Zéro déchet» à Tunis

    17. September 2026 um 11:02

    La Tunisie mise sur le modèle «Zéro déchet» pour s’attaquer à l’un des problèmes environnementaux les plus urgents du pays : la gestion et la valorisation des déchets urbains. Voilà pour les bonnes intentions, les stratégies et les plans sur la comète. Pour ce qui est de la réalité, les déchets urbains sont aujourd’hui jetés partout, les citoyens comme les responsables municipaux ne font pas beaucoup pour aider à améliorer cette situation que tout le monde crée et dont tout le monde en même temps se plaint.  

    La gestion des déchets demeure l’un des principaux défis environnementaux de la Tunisie. Selon des données publiées en mars dernier par le ministère de l’Environnement, le pays produit chaque année environ 3,3 millions de tonnes de déchets ménagers, dont la collecte et le transport sont principalement assurés par les municipalités.

    Dans ce contexte où les annonces sont souvent présentées comme des réalisations, le ministère de l’Environnement a lancé, dans la région du Grand Tunis, le projet national de transition vers le «Zéro déchet», mis en œuvre en collaboration avec le Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud) et avec le soutien du Fonds pour l’environnement mondial (FEM). S’il n’y avait pas ces deux institutions internationales pour s’y associer et, surtout, le financer, l’on se demande bien si ce projet aurait vu le jour, un jour. Qu’on nous permette d’en douter…  

    Selon un communiqué du ministère, le programme impliquera les quatre gouvernorats de l’agglomération de la capitale et un total de 34 communes. Celles-ci seront accompagnées dans l’élaboration de plans d’investissement et de financement visant à mettre en place les infrastructures nécessaires au traitement, à la récupération et à la valorisation des déchets.

    L’une des premières initiatives concrètes concerne La Marsa, où la création d’une unité de valorisation des déchets ménagers et assimilés est prévue ; cette installation desservira également les communes de Sidi Bou Saïd et de Carthage.

    La Tunisie produit chaque année environ 3,3 millions de tonnes de déchets ménagers…
    Leurs collecte et transport sont principalement assurés par les municipalités.

    Une usine de production d’engrais organiques devrait par ailleurs voir le jour dans la même localité. Le ministre de l’Environnement, Habib Abid, a visité, le 11 septembre 2026, le site en compagnie des responsables du projet, après s’être entretenu à Tunis avec la représentante résidente du Pnud, Céline Moyroud.

    Le plan prévoit également un renforcement de la réglementation contre l’usage de plastiques à usage unique ainsi que l’introduction de mécanismes de responsabilité élargie des producteurs pour diverses catégories de matériaux, allant des déchets de construction et de démolition aux emballages et aux équipements électroniques.

    Un autre volet concerne le développement du compostage des déchets verts et organiques. Les autorités entendent par ailleurs développer, au sein des cimenteries, l’utilisation de combustibles dérivés de déchets non recyclables (les «RDF») pour remplacer progressivement une partie des combustibles fossiles.

    Le projet s’inscrit dans le cadre de l’initiative internationale «Shifting to Zero Waste Against Pollution » (Swap), promue par le Pnud et financée par le FEM ; cette initiative, qui associe également la Chine, la Turquie, l’Uruguay et la Sierra Leone, vise à réduire la pollution, à favoriser l’économie circulaire et à améliorer la gestion des ressources dans les villes.

    I. B.

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    De la Sicile à la Tunisie en canoë pour la santé des nouveau-nés

    17. September 2026 um 10:23

    Traverser la Méditerranée, de la Sicile à la Tunisie, à la force de la pagaie pour récolter des fonds destinés à la recherche sur la santé néonatale. Tel est le défi de «The Smuggle», une traversée en canoë de type «surfski», un type de kayak de mer, partie avant-hier matin, de Marsala en direction des côtes tunisiennes, avec une arrivée prévue dans la région de Tunis, à Sidi Bou Saïd, après environ 273 kilomètres de navigation.

    Les protagonistes de cette aventure sont Andrea Menga, 23 ans, originaire de Monopoli, et Giovanni De Carlo, 27 ans, de Chiavari. Tous deux suivent le cursus «Medtec» conjoint à l’Université Humanitas et au Politecnico di Milano, un programme qui associe une formation en médecine et chirurgie à une formation en génie biomédical.

    Ils ont pris le départ le 15 septembre à 6h30 depuis le quai de la Società Canottieri Marsala, à bord d’un kayak biplace conçu pour la navigation en haute mer. L’arrivée sur la rive sud de la Méditerranée est prévue entre le 18 et le 19 septembre, bien que la durée et l’itinéraire dépendent de l’état de la mer et du rythme de la traversée.

    L’expédition est accompagnée d’un bateau de soutien, indispensable pour assurer l’assistance et la sécurité lors des étapes en haute mer.

    Traversée de la Méditerranée en sens inverse

    L’aspect sportif n’est toutefois qu’un moyen de donner de la visibilité à «Safer», un dispositif d’assistance respiratoire néonatale. Développé dans le cadre de recherches menées au Politecnico di Milano, ce système est destiné aux établissements de santé disposant de ressources limitées. Il est conçu pour fonctionner sans apport externe d’oxygène médical et avec une faible consommation d’énergie ; ces caractéristiques sont jugées essentielles pour une utilisation dans des zones où les infrastructures et les chaînes d’approvisionnement sont fragiles, selon un communiqué des organisateurs. L’organisation «Medici con l’Africa Cuamm» est partenaire du futur essai clinique prévu en Ouganda. La campagne vise à financer le développement, la validation sur le terrain, la formation du personnel soignant ainsi que le processus de certification du dispositif. Le budget indiqué pour l’étude clinique est de 185 000 euros.

    Le nom même «The Smuggle» — littéralement «la contrebande» — est délibérément symbolique. Les organisateurs précisent que l’initiative ne vise ni à imiter ni à transformer en spectacle les routes migratoires de la Méditerranée, mais à effectuer la traversée en sens inverse afin de convertir l’attention suscitée par cet exploit sportif en ressources pour la recherche et l’accès aux soins.

    L’arrivée à Sidi Bou Saïd parachèvera ainsi un pont sportif et solidaire entre les deux rives de la Méditerranée, la mer servant non seulement de terrain pour le défi athlétique, mais aussi de vecteur à un projet de santé destiné aux enfants des pays les moins favorisés.

    I. B. (avec Ansa).

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    Et si on s’inspirait du Fonds souverain norvégien ?

    17. September 2026 um 09:36

    Au temps de la colonisation française, les richesses naturelles de la Tunisie étaient pillées par l’occupant. Au lendemain de l’indépendance, ces richesses ont souvent été données en gestion et exploitées par des sociétés étrangères… pour des miettes. Paradoxalement, le peuple tunisien, propriétaire de ces richesses, a du mal à joindre les deux bouts et s’endette à bout de bras pour survivre. Il est temps de mettre un terme à cette injustice et rendre au peuple ce qui lui revient. Les Norvégiens ont trouvé une formule, un fonds souverain, pourquoi ne pas s’en inspirer ? Les difficultés financières de notre pays et sa mauvaise gouvernance actuelle, portée par la dépense de fonctionnement et l’endettement extérieur, n’y plaident certes pas, mais ce n’est pas une raison pour ne pas sérieusement y penser.    

    Habib Glenza  

    Pour gérer nos ressources naturelles (pétrole, gaz, phosphate…) de manière juste et équitable, nous devons nous inspirer du Fonds souverain norvégien créé en 1990 après un vote mémorable au parlement, qui a décidé à l’unanimité que le gisement pétrolier d’Ekofisk, découvert en 1969, est la propriété du peuple norvégien et non de l’Etat. Il a, en plus, ordonné la création d’un fonds pour assurer l’avenir des générations futures, afin qu’elles ne dépendent plus du seul budget de l’Etat 

    Avec 5 millions et demi d’habitants pour 385 199 km2, dont 307 860 km2 de terre, la Norvège est, après l’Islande et la Russie, le pays le moins densément peuplé d’Europe. Il est aussi aujourd’hui l’un des plus riches et prospère.

    L’économie norvégienne est un bastion prospère du capitalisme social, une combinaison entre marché libre et intervention de l’État. Le gouvernement, par le biais de grandes entreprises publiques, contrôle quelques domaines particulièrement stratégiques, comme une partie du secteur pétrolier. 

    Malgré un niveau de vie comptant parmi les plus élevés au monde, les Norvégiens s’inquiètent à propos des deux prochaines décennies, lorsque leurs réserves de gaz et de pétrole commenceront à s’épuiser. C’est pourquoi le pays dépose, depuis 1990, la totalité de ses revenus pétroliers dans le fonds pétrolier norvégien. Le capital ainsi obtenu est investi à l’étranger : à la fin 2016, il est estimé à 850 milliards d’euros et en 2021, il atteint 1 162 milliards de dollars avec une progression de 10% par an environ. Les revenus pétroliers de la Norvège en 2022 s’élèvent à environ 131 milliards d’euros, presque le triple de ses revenus de 2021.

    De la découverte du gisement d’Ekofisk à la règle de 3%

    En décembre 1969, le gisement pétrolier d’Ekofisk est découvert en mer du Nord. La Norvège comprend vite le risque : quand une rente pétrolière tombe dans un budget national, elle se transforme en dépenses courantes, en inflation et en monnaie surévaluée. Le parlement vote alors en 1990 la création d’un fonds souverain (Statens pensjonsfond Utland en norvégien, ou «Fonds de pension gouvernemental-Étranger»), qui commence à être alimenté en 1996.

    Le mécanisme tient en trois règles : 1 – les revenus des hydrocarbures, appartiennent au peuple norvégien, seront versés dans le fonds souverain et non dans les caisses de l’Etat ; 2 – le fonds souverain doit investir 100% des revenus à l’étranger ; 3 – l’Etat ne peut prélever qu’environ 3% de la valeur du fonds par an.

    Résultat ? Depuis 1996, l’Etat a versé dans le Fonds 550 milliards d’euros et en retiré 61 milliards. Le reste des revenus, à savoir 1330 milliards d’euros, représentent des rendements cumulés ! C’est là que réside le miracle de ce Fonds qui a gagné plus d’argent en investissant qu’en pompant dans les caisses de l’Etat. 

    En effet, le Fonds souverain norvégien s’est accru de 23 milliards de dollars en 1998 à 2 292 milliards en 2026 !  Ainsi, le peuple norvégien n’a plus besoin d’endetter son Etat et a garanti l’avenir de ses enfants.

    La gouvernance du Fonds souverain norvégien

    Le Fonds souverain norvégien valait environ 2 000 milliards d’euros au 30 juin 2026, soit 22 683 milliards de couronnes norvégiennes ou 2 300 milliards de dollars. Sa valeur a progressé de 125 milliards d’euros sur le semestre. Cela représente près de 355 000 € par citoyen. 

    En guise de comparaison avec les pays endettés, la dette américaine a atteint 40 000 milliards de dollars à la mi-août 2026, soit 108 000 euros par habitant et celle française à 52 000 euros par habitant. En Norvège, cette progression se décompose en trois mouvements : +155 milliards d’euros de rendement des investissements, +7,9 milliards d’apports nets de l’État après ponction des frais, et -38 milliards d’effet de change, la couronne s’étant renforcée.

    Le fonds souverain norvégien détient exactement 7 077 lignes d’actions dans 54 pays, pour 1 454 milliards d’euros. Ses trois plus grosses positions sont Nvidia (54 milliards d’euros), Apple (46 milliards d’euros) et Alphabet (44 milliards d’euros), devant Microsoft. Détail que la presse passe souvent sous silence : le classement par valeur détenue ne suit pas le classement des capitalisations mondiales, parce que les pondérations indicielles et les exclusions éthiques déforment légèrement le portefeuille. Le fonds détient 1,53 % de toutes les actions cotées de la planète, et jusqu’à 2,27 % des actions européennes appartiennent au peuple norvégien 

    À quel pays la Norvège prête-t-elle ?

    Oslo prêt 320 milliards d’euros de dette aux États-Unis, en tête avec 184 milliards d’euros (soit 57 %), devant le Japon (22,3 milliards d’euros) ; le Royaume-Uni (17,2 milliards d’euros) ; l’Allemagne (14,4 milliards d’euros) ; Singapour (13,2 milliards d’euros) ; Canada, Italie, et France (7,9 milliards d’euros chacun).

    L’inventaire immobilier, à lui seul, compte 1 625 propriétés détenues en direct dans le monde : 714 plateformes logistiques (dont 681 avec Prologis), 550 commerces, 219 bureaux et 137 immeubles résidentiels luxueux. 

    Le fonds est copropriétaire de 47 adresses sur Regent Street aux côtés de The Crown Estate, le patrimoine foncier de la Couronne britannique, de 225 actifs à Covent Garden et Chinatown, de 171 immeubles à Mayfair et Belgravia avec Grosvenor, et du 7 Times Square à New York.   

    Quand on fait du shopping sur Regent Street, le loyer commercial revient à la Norvège, qui est un modèle de gouvernance dont chaque pays devrait s’inspirer pour ne plus dépendre du budget de l’Etat. Ce modèle de gouvernance assure totalement l’avenir des générations à venir.      

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    France | L’extrême droite aux portes de l’Élysée

    17. September 2026 um 08:00

    Dans un peu moins de sept mois, la France élira son nouveau président. Et, sans surprise désormais, Marine Le Pen apparaît en tête des intentions de vote dans plusieurs scénarios de la présidentielle de 2027. Il y a pourtant un demi-siècle, le parti dont elle a hérité de son père, le Front National (FN), végétait aux marges de la vie politique française. Comment, des casernes d’Alger aux portes de l’Élysée, le lepénisme a-t-il accompli cette incroyable traversée ? (Photo : Tout compte fait, Marine Le Pen n’a pas renié grand-chose du passé raciste et xénophobe de son père, Jean-Marie Le Pen).

    Abderrahmane Cherfouh *

    Pour comprendre cette ascension, il faut remonter bien avant la création du FN en 1972. Il faut revenir à une France sortie meurtrie par la guerre, à une extrême droite marginalisée après la libération, puis aux guerres coloniales qui vont offrir à une partie de cette famille politique un nouveau terrain de combat.

    Le legs colonial et raciste de Le Pen père

    Jean-Marie Le Pen appartient à cette génération. Après l’Indochine, il s’engage en Algérie. Élu député en 1956, il rejoint en 1957 le 1er régiment étranger de parachutistes et participe à la bataille d’Alger.

    Le dossier de la torture restera attaché à son nom. Il ne s’agit pas ici de reprendre une accusation sans fondement : témoignages, déclarations publiques de Le Pen lui-même et enquêtes journalistiques ont nourri pendant des décennies un dossier historique particulièrement lourd.

    Pour les Algériens, qui connaissent le prix du sang et le prix humain de cette guerre, cette page de l’histoire ne peut évidemment être traitée comme un simple épisode parmi d’autres. Elle ne peut davantage être réduite à une querelle mémorielle entre Français et Algériens. La torture, les exécutions sommaires, les déplacements forcés et les violences faites aux populations civiles relèvent de questions qui dépassent les frontières et les nationalités. Elles touchent à ce qu’il y a de plus fondamental dans l’idée même de dignité humaine.

    C’est aussi pour cette raison que l’histoire de Jean-Marie Le Pen en Algérie ne peut être séparée de l’histoire politique qui suivra. La guerre d’Algérie appartient au passé, mais certaines des idées, certains des hommes et certains des réseaux qui s’y sont engagés ont continué leur parcours dans la France métropolitaine après 1962.

    En 1962, l’Algérie devient indépendante. Pour les défenseurs de l’Algérie française, c’est une défaite historique. Certains rejoignent l’OAS, d’autres sont emprisonnés, d’autres encore poursuivent leur combat politique en métropole.

    Les hommes ne disparaissent pas avec les causes perdues. Les réseaux se recomposent.

    1972 : la naissance du FN

    Le FN est fondé en octobre 1972. Il n’est pas, à l’origine, le simple parti personnel de Jean-Marie Le Pen. Le nouveau mouvement rassemble plusieurs courants de l’extrême droite, avec notamment des cadres issus d’Ordre nouveau, des anciens partisans de l’Algérie française, des nationalistes et des catholiques traditionalistes.

    Parmi les personnalités des débuts figurent François Brigneau et Pierre Bousquet, dont les parcours sont marqués par la collaboration avec les Nazis et, pour le second, par son engagement dans la Waffen-SS.

    Cette généalogie ne signifie évidemment pas que tous les futurs électeurs du FN partageront ces références. Elle permet simplement de comprendre le milieu politique dans lequel le parti prend naissance.

    À ses débuts, le FN est électoralement marginal. Jean-Marie Le Pen comprend cependant qu’il lui faut sortir du ghetto de l’extrême droite traditionnelle et trouver un thème capable de toucher beaucoup plus largement. Ce thème sera l’immigration.

    L’immigration, le nouveau créneau porteur

    Le FN ne peut plus promettre le retour de l’Algérie française. Il peut en revanche présenter l’immigration comme une menace pour l’identité, l’emploi, la sécurité, le logement ou les prestations sociales.

    L’immigré devient progressivement le bouc émissaire idéal des frustrations sociales.

    Le parti ne parle plus seulement aux anciens militants de l’Algérie française. Il s’adresse au salarié inquiet pour son emploi, au chômeur, à celui qui attend un logement, à celui qui a le sentiment que les partis traditionnels ne l’écoutent plus.

    C’est là que s’opère la première grande transformation du lepénisme : une idéologie marginale devient progressivement une offre électorale nationale.

    C’est une histoire dramatique pleine de contradictions. Des hommes venus d’ailleurs ont combattu pour la France, parfois comme chair à canon, participé à sa libération, puis contribué à sa reconstruction, souvent dans les emplois les plus difficiles. Et pourtant, celui dont on avait hier besoin des bras allait devenir, dans certains discours politiques, celui dont on conteste aujourd’hui la présence, ainsi que celle de ses enfants et petits-enfants.

    Hier, on avait besoin de ses bras ; aujourd’hui, sa présence devient un problème, une menace — et parfois même un bulletin de vote à conquérir.

    Montretout : la fortune au service d’une ambition

    En 1976, la succession d’Hubert Lambert, riche héritier et sympathisant d’extrême droite, dont Jean-Marie Le Pen a hérité, procure à l’agitateur politique une indépendance financière considérable. Le domaine de Montretout, sur les hauteurs de Saint-Cloud, devient à la fois le quartier général, le centre politique et le sanctuaire familial de l’univers lepéniste. Cette aisance matérielle soudaine permet à un chef de parti encore marginal de s’inscrire dans la durée.

    Des polémiques ont entouré cette succession, mais elles ne doivent pas être transformées en accusations que les faits établis ne permettent pas de soutenir.

    Le FN commence réellement à percer au début des années 1980. Aux élections européennes de 1984, la liste conduite par Jean-Marie Le Pen obtient 10,95 % des suffrages exprimés. Mais Jean-Marie Le Pen possède une autre arme : la provocation. En 1987, interrogé sur les chambres à gaz, il parle d’un «point de détail» de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. Quelques années plus tard, lançant lors d’un meeting son sinistre «Je préfère voir les vaches que les Arabes», il enfonce le clou de l’outrage calculé.

    Ces deux déclarations font le tour du monde. Le Pen choque, ses adversaires condamnent, les médias relaient et le FN occupe l’espace public. La provocation devient une méthode de communication politique.

    21 avril 2002 : le plafond de verre se brise

    Puis survient le séisme. Le 21 avril 2002, le plafond de verre se brise. Jean-Marie Le Pen accède au second tour de l’élection présidentielle et provoque un véritable tremblement de terre politique.

    Ce n’est plus seulement le destin d’un parti marginal qui vacille : ce sont les fondations d’une société multiculturelle construite au fil de plusieurs générations qui commencent à être ébranlées.

    Les répliques de ce séisme seront nombreuses. Elles traverseront la vie politique française, modifieront le débat public et contribueront, année après année, à faire passer certaines idées de la marge vers le centre de la scène politique.

    Le 21 avril, Jean-Marie Le Pen obtient 16,86 % des suffrages au premier tour et arrive devant Lionel Jospin, qui recueille 16,18 %. Jacques Chirac arrive en tête avec 19,88 %. Le Premier ministre socialiste est éliminé. La France et le reste du monde découvrent avec stupeur que le candidat de l’extrême droite est au second tour.

    Le phénomène s’explique par plusieurs facteurs : fragmentation exceptionnelle du premier tour, dispersion des candidatures de gauche, abstention et progression du FN…

    Mais l’événement reste historique. Au second tour, Jacques Chirac obtient 82,21 % des suffrages exprimés contre 17,79 % à Jean-Marie Le Pen. Ces 82,21 % ne constituent évidemment pas un plébiscite personnel pour Jacques Chirac. Des socialistes, des communistes, des écologistes, des centristes, des gaullistes et des électeurs qui n’avaient aucune sympathie particulière pour le président sortant se retrouvent, le temps d’un scrutin, dans le même camp.

    82,21 % des suffrages exprimés ont alors parlé d’une seule voix : non pas pour Chirac, mais contre Le Pen. On croit avoir fermé la porte. En réalité, elle vient de s’ouvrir.

    L’histoire présidentielle française devrait pourtant nous apprendre à nous méfier des certitudes.

    En 1995, Jacques Chirac est longtemps distancé par Édouard Balladur dans les intentions de vote. Les ralliements à Balladur se multiplient. Puis Chirac remonte. Au premier tour, il obtient finalement 20,8 %, contre 18,6 % à Balladur, tandis que Lionel Jospin arrive en tête avec 23,3 %. Chirac gagne ensuite le second tour.

    La leçon est simple : les sondages mesurent une opinion à un moment donné ; ils ne déposent pas les bulletins dans les urnes.

    En 2002, presque personne n’avait véritablement prévu l’élimination de Jospin.

    Pourquoi faudrait-il considérer aujourd’hui que 2027 est déjà écrite ?

    Marine Le Pen : de la provocation à la banalisation

    Les sondages actuels placent certes Marine Le Pen dans une position particulièrement favorable. Mais une élection présidentielle demeure une rencontre entre une campagne, des candidats, des événements, des choix d’électeurs et un contexte qui peut encore changer.

    Marine Le Pen a compris ce que son père n’avait jamais réellement pu accomplir : pour atteindre l’Élysée, il ne suffit plus d’être le porte-parole de la colère. Il faut devenir crédible. Elle entreprend donc la «dédiabolisation». Le vocabulaire change. Certaines provocations sont mises à distance. Le pouvoir d’achat, les services publics, la sécurité, la souveraineté et la protection des classes populaires occupent davantage le discours.

    Le FN devient RN (Rassemblement national) en 2018. Mais changement de style ne signifie pas disparition du socle politique. L’immigration demeure centrale, l’identité et la sécurité restent des thèmes majeurs et la préférence nationale continue d’occuper une place importante dans le projet.

    Jean-Marie Le Pen avait fait de la provocation une arme. Sa fille a fait de la banalisation une stratégie. Et c’est peut-être là sa plus grande réussite : les thèmes autrefois considérés comme ceux de l’extrême droite ont progressivement pénétré le débat général.

    Que reste-t-il de la France des grandes consciences ?

    Cette évolution conduit à une question plus large. Que leur arrive-t-il, à ces nouveaux réactionnaires qui semblent parfois avoir oublié une partie de l’histoire intellectuelle de leur propre pays ?

    Il fut un temps où des intellectuels français se trouvaient en première ligne pour défendre des causes que tout semblait condamner : l’affaire Calas, affaire Dreyfus, l’indépendance algérienne, la dénonciation de la torture, la paix au Vietnam…

    De Rousseau à Voltaire, de Zola à Sartre, la France a connu une longue tradition d’intellectuels considérant que leur rôle n’était pas seulement d’écrire, mais aussi de déranger, de contester et, lorsque leur conscience l’exigeait, de s’opposer à la raison d’État.

    Zola avait risqué sa réputation avec «J’accuse». Pendant la guerre d’Algérie, des intellectuels et des citoyens français avaient choisi l’insoumission plutôt que le silence.

    Aujourd’hui, une partie du paysage intellectuel semble davantage préoccupée par l’audience, la carrière et la visibilité. L’époque a changé. Mais une question demeure : que vaut une intelligence lorsqu’elle n’est plus capable de prendre le risque de défendre une cause impopulaire ?

    Cette évolution conduit également à s’interroger sur la capacité de la France à défendre une conception véritablement universelle des droits de l’Homme.

    C’est dans ce paysage qu’il faut regarder Gaza. Si j’évoque Gaza, ce n’est pas parce que les victimes sont palestiniennes. C’est précisément parce qu’elles sont des victimes : des femmes, des enfants, des vieillards, des populations civiles. Leur religion ne devrait rien changer à notre indignation. Leur nationalité non plus. Leur appartenance ethnique ou politique encore moins. Un enfant reste un enfant. Une vie humaine reste une vie humaine. La justice n’a pas de passeport. La souffrance n’a pas de religion.

    C’est pourquoi la position de Dominique de Villepin mérite d’être rappelée : il a régulièrement appelé à défendre le droit international et à ne pas détourner le regard devant le drame humanitaire de Gaza.

    Ce qui mérite d’être retenu ici n’est pas qu’il aurait choisi «le camp palestinien». C’est qu’il a rappelé que le droit et la dignité humaine ne devraient pas être soumis à la logique des camps. C’est cela, l’universalisme.

    Des casernes d’Alger aux portes de l’Élysée

    L’histoire du lepénisme est finalement celle d’une métamorphose : une génération marquée par les guerres coloniales, l’Algérie française, la décolonisation, la recomposition de l’extrême droite, la naissance du FN, l’immigration transformée en arme électorale, les provocations de Jean-Marie Le Pen, le séisme du 21 avril 2002, puis la dédiabolisation menée par sa fille.

    Le parti qui végétait aux marges de la vie politique française est devenu une force politique majeure.

    Marine Le Pen a déjà atteint deux fois le second tour de la présidentielle et se présente aujourd’hui pour 2027 dans une position particulièrement favorable. Mais rien n’est joué. L’histoire électorale française a suffisamment montré que les certitudes des sondages pouvaient être démenties par le suffrage universel.

    La question dépasse désormais largement la seule famille Le Pen. Elle concerne une France qui fut longtemps fière de ses grandes consciences, de ceux qui, d’Emile Zola à Gisèle Halimi, de Victor Hugo à Jean-Paul Sartre, choisirent parfois leur conscience plutôt que la raison d’État.

    La France des droits de l’Homme saura-t-elle encore reconnaître ce qui a fait sa grandeur ? Retrouvera-t-elle le sursaut républicain qui fut le sien le 5 mai 2002 ?

    Le jour de l’élection, la France des droits de l’Homme saura-t-elle encore dire : basta à l’exclusion, basta au racisme, basta à la politique du deux poids, deux mesures ? Saura-t-elle rester fidèle à ce qu’elle a longtemps prétendu être, ou choisira-t-elle d’abdiquer et de laisser faire ? La réponse appartiendra aux Français.

    Des casernes d’Alger aux portes de l’Élysée, la marche aura été longue. Mais le dernier mot n’appartient ni aux sondages, ni aux héritiers, ni aux stratèges. Il appartiendra au peuple français.

    * Médecin algérien, Canada.

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    Une thèse de doctorat en Egypte sur la poésie de Tahar Bekri

    17. September 2026 um 07:42

    Le chercheur égyptien Eslam Hamza Ibrahim Al Dassouky s’apprête à soutenir sa thèse de doctorat qui a pour thème : «La configuration de l’espace dans la poésie de Tahar Bekri» à la Faculté des lettres et des arts de l’Université de Banha, en Egypte (Département de français). Ph. Anne Savate.

    Né le 7 juillet 1951 à Gabès et vivant en France depuis les années 1980, Tahar Bekri est un poète, essayiste et critique littéraire tunisien de langues française et arabe. Auteur d’une trentaine d’ouvrages, sa poésie, saluée par la critique, est traduite en plusieurs langues, notamment le russe, l’anglais, l’italien, l’espagnol et le turc.

    La soutenance aura lieu le samedi 19 septembre 2026 à 11h.

    I. B.

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    Etats-Unis | Pour Jared Kushner, seuls comptent I’argent et Israël

    17. September 2026 um 07:30

    Donald Trump a négligé les diplomates durant son premier mandat et encore plus durant le second, c’est à sa famille et à ses proches qu’il confie les dossiers sensibles et tant pis s’ils sont incompétents ! Alors que le secrétaire d’État Marco Rubio est marginalisé à tel point qu’on oublie qu’il existe, il s’occupe uniquement de l’Amérique latine, ce sont son ami homme d’affaires Steve Witkoff et surtout son gendre, affairiste lui aussi, Jared Kushner, qui ont la haute main sur les grands dossiers de la politique internationale. «Monsieur Gendre» n’oublie pas de s’engraisser au passage mais aussi, en grand sioniste devant l’Éternel, à veiller aux intérêts d’Israël.

    Imed Bahri

    Le magazine américain The New Yorker a publié une enquête de Dexter Filkins intitulée «La diplomatie du dollar de Jared Kushner» dans laquelle l’auteur estime que le gendre de Trump incarne ce profil de personnes à Washington pour qui la fonction publique constitue un moyen d’accéder à davantage d’opportunités pour augmenter sa fortune. 

    Dans les dernières heures précédant la déclaration de guerre des États-Unis à l’Iran en février dernier, Kushner a rencontré des négociateurs iraniens à Genève, dans une tentative désespérée d’éviter un conflit qui a plongé la région dans le chaos et déstabilisé l’économie mondiale. Après la réunion, Kushner a déclaré aux journalistes que les négociateurs iraniens ne méritaient pas son temps : «Beaucoup de manigances. En gros, ils jouent avec nous sur tous les fronts, et le terrain est très, très glissant».

    Un amateurisme diplomatique inquiétant 

    Le gendre de Donald Trump, à l’apparence juvénile, s’est vu octroyer des pouvoirs extraordinaires ces dernières années. Avec Witkoff, l’envoyé spécial du président, il a été chargé de mettre fin aux guerres à Gaza, en Ukraine et partout où elles éclatent.

    Kushner, 45 ans, n’accorde que peu d’importance à l’art de la diplomatie. Il estime que la connaissance de l’histoire de la région ou des détails des positions des parties négociatrices importe moins que l’écoute des différents points de vue et la recherche de compromis. Il affirme que les accords de paix sont comme des transactions immobilières, les deux impliquent des négociations ardues et parfois des tromperies. Les difficultés rencontrées par de nombreux diplomates avant lui, soutient-il, ne témoignent pas de la complexité des problèmes internationaux, mais plutôt des lacunes de ses prédécesseurs. En 2020, après la présentation par Trump de son premier plan de paix pour le Moyen-Orient, il déclare : «On me critique depuis deux ans pour ne pas avoir suivi leur approche. Si l’un d’eux avait réussi, je n’aurais pas à gérer cette situation».

    Pourtant, ni Kushner ni Witkoff ne prêtent grande attention aux conseils des experts, même lorsqu’ils s’attaquent à deux dossiers complexes comme l’Iran et l’Ukraine. Ils négocient sans conseillers ni connaissance des détails de ces deux conflits.

    L’auteur cite un diplomate au fait des négociations avec l’Iran, selon lequel, lorsque le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghtchi, a commencé à faire des concessions, les Américains n’ont pas pleinement saisi la portée des propositions. Ils ont consulté Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), mais ce dernier participait aux pourparlers en tant que tiers neutre. Un ancien responsable de la Maison-Blanche ayant travaillé sur le dossier nucléaire iranien a exprimé sa profonde frustration face à ce manque de préparation : «Les Iraniens sont venus vous présenter une proposition. Qu’est-ce que cela signifie réellement ? Quel impact aura-t-elle sur eux, à court ou à long terme ? Quelles sont les solutions alternatives ? ​​L’absence de conseillers techniques constitue une grave négligence».

    «À en juger par les propos de Kushner et Witkoff, il est clair qu’ils ne maîtrisent pas grand-chose sur le plan technique», a déclaré Kelsey Davenport, experte en non-prolifération à l’Arms Control Association.

    Israël impose et les Etats-Unis disposent

    Un ami de Kushner s’est montré encore plus direct : «C’est un homme sympathique mais il est complètement déconnecté de la réalité». Inquiet, le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr al-Busaidi, s’est rendu à Washington pour tenter d’éviter la guerre. N’ayant pu rencontrer Trump, il s’est entretenu avec le vice-président J.D. Vance, un opposant déclaré à la guerre, qui a affirmé sur CBS «qu’un accord était à portée de main» mais Witkoff et Kushner ont alors annoncé à Trump que l’Iran refusait de capituler. L’attaque a commencé.

    Au fur et à mesure que la guerre se déroulait, Kushner a avancé une justification surprenante pour attaquer les Iraniens : «Ils auraient pu, vous savez, se doter de l’arme nucléaire en quelques jours ou semaines s’ils s’en étaient donné les moyens». Cette justification était illogique. Depuis les frappes de 2025 contre les installations nucléaires iraniennes, l’AIEA n’avait trouvé aucune preuve de reprise du programme d’armement nucléaire.

    En réalité, Trump a été poussé à la guerre par Benjamin Netanyahu qui pensait qu’une campagne coordonnée permettrait de renverser rapidement le régime iranien.

    Lorsque les services de renseignement américains ont localisé les hauts responsables, Israël a lancé la frappe. Trump a alors décidé que les États-Unis ne pouvaient éviter la guerre, selon le secrétaire d’État Marco Rubio : «Une action israélienne était attendue et nous savions qu’elle entraînerait une attaque contre les forces américaines». Sept mois plus tard, Trump est toujours empêtré dans le conflit et confronté à une crise économique mondiale due à la fermeture du détroit d’Ormuz et aux pénuries de munitions essentielles.

    Alliance du monde des affaires et de la politique

    Pour tout autre envoyé présidentiel, les négociations avec l’Iran auraient eu des conséquences désastreuses mais pas pour Kushner, la guerre n’était pas sa priorité. Tout en négociant avec l’Iran, il gérait également des milliards de dollars d’investissements versés dans son fonds d’investissement privé par d’autres gouvernements de la région.

    Tout au long de la présidence de Trump, Kushner a bâti sa carrière sur l’alliance du monde des affaires et de la politique. Il affirme que son expérience d’homme d’affaires contribue à ses efforts diplomatiques car elle lui permet de trouver des solutions novatrices à des problèmes généralement traités par des bureaucrates ingénieux.

    À mesure qu’il parcourait le monde au service de Trump, son implication dans les affaires commerciales des pays où il opérait s’est accrue. Il représente une nouvelle génération de personnalités à Washington, pour qui la fonction publique devient un moyen d’amasser des fortunes colossales.

    Ces deux dernières années, un groupe de personnes proches de la Maison-Blanche, parmi lesquelles les frères Witkoff, le conseiller en cryptomonnaies David Sacks et d’autres membres de la famille Trump, ont utilisé leurs fonctions officielles pour s’enrichir de milliards de dollars.

    «Je les connais tous», déclare un ancien responsable américain qui était en poste au Moyen-Orient, qui ajoute: «Ils assistent aux réunions et mènent des affaires parallèlement à leur diplomatie. Ils disent : Assez parlé de cessez-le-feu. Nous avons cet hôtel que nous voulons construire ! Voilà le genre de politique étrangère que mène l’Amérique aujourd’hui».

    Lorsque Kushner a quitté Washington après la fin du premier mandat de Trump, il était épuisé par quatre années de conflits internes et embarrassé par les émeutes du 6 janvier. L’auteur cite un ami qui affirme: «Jared et Ivanka ont délibérément choisi de se retirer et de ne pas apparaître comme les représentants de Trump».

    La famille Kushner s’installe à Indian Creek, en Floride, où elle acquiert une somptueuse demeure de 24 millions de dollars construite sur une île privée, un havre de paix surnommé «le refuge des milliardaires». Kushner fonde sa propre société de capital-investissement, Affinity Partners, et met à profit ses relations pour constituer un portefeuille d’investissements lucratif. En 2024, il déclare : «À ce stade de ma vie, je souhaite me concentrer sur mon entreprise».

    Avec le retour de Trump à la Maison-Blanche, ce dernier insiste pour que Kushner le rejoigne. Après quelques hésitations initiales, Kushner accepte et est envoyé avec Witkoff pour traiter des questions internationales, alors que l’influence des États-Unis est en déclin. Leur première étape est l’Ukraine, où ils présentent un plan de paix. Certains observateurs soupçonnent que la Russie a en réalité proposé aux Américains des accords commerciaux en échange d’un accord de paix favorable. «C’est l’opinion générale!», selon un ancien responsable américain.

    Arrogance et suffisance héritées de son père 

    Dexter Filkins a relevé que l’assurance de Kushner, que certains qualifient plutôt d’arrogance, s’est pleinement manifestée en 2024 lors d’une conférence à l’Université Harvard. Il y a dressé un bilan cinglant de plusieurs accomplissements diplomatiques majeurs des administrations précédentes : l’accord de Barack Obama visant à limiter le programme nucléaire iranien était «l’un des accords les plus stupides» jamais conclus, et les accords d’Oslo, qui définissaient en 1993 le processus de création d’un État palestinien, étaient un «échec total». Il s’est montré beaucoup plus élogieux envers son propre travail : «Je pense que mon bilan au Moyen-Orient est sans égal ces dernières années». Cette assurance a agacé les diplomates chevronnés. «Il est incroyablement sûr de lui et extrêmement arrogant», a déclaré un ancien responsable américain qui a travaillé avec lui.

    Le sentiment de supériorité de Kushner remonte à son enfance à Livingston, une ville cossue du nord du New Jersey, au sein d’une famille juive orthodoxe. Son père, Charles*, avait amassé une fortune considérable dans le secteur de la construction. Malgré les généreux dons de Charles aux œuvres caritatives locales, son caractère suscitait le scepticisme. Un proche de la famille déclara: «Charles Kushner avait une très mauvaise réputation au sein de la communauté juive. Il était connu pour sa grossièreté et son avidité. Les Kushner sont réputés pour leur cupidité».

    Une autre connaissance décrivit Kushner et son parcours universitaire médiocre comme «l’incarnation grotesque de celui qui a tout reçu». Malgré ses qualifications académiques modestes, Kushner fut admis à l’université Harvard après que son père eut promis 2,5 millions de dollars et les dons commencèrent à affluer dès son inscription.

    À l’arrivée au pouvoir de Trump, Kushner est devenu une sorte de ministre sans portefeuille, travaillant sur des dossiers allant de la réforme du droit pénal à la renégociation des accords commerciaux. À l’instar du président, il avait tendance à s’appuyer davantage sur ses amis fortunés que sur les fonctionnaires. Un ancien haut responsable républicain proposa de recruter des experts en politique financière et monétaire mais Kushner refusa, déclarant : «Vous ne comprenez pas. Nous embauchons des milliardaires, des milliardaires!»

    Israël, Israël et toujours Israël !

    Kushner s’est rapidement concentré sur le Moyen-Orient, où il a contribué à mettre en œuvre une politique de soutien indéfectible à Israël. Il a grandi avec des convictions intransigeantes sur la région, et son père était depuis longtemps un donateur pour des causes israéliennes, notamment des organisations comme les Amis américains de la Yeshiva de Beit El**, qui soutiennent les colonies en Cisjordanie. Charles Kushner est également un ami personnel du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu depuis des décennies.

    Trump et ses conseillers estimaient que l’Iran, principal adversaire des États-Unis au Moyen-Orient, avait bénéficié d’une impunité totale. Pour contenir ce pays, ils souhaitaient renforcer les liens avec l’Arabie saoudite, mis à rude épreuve sous Obama. Trump a chargé Kushner de rétablir ces liens. Les agences de renseignement américaines ont restreint l’accès de Kushner aux documents hautement classifiés, craignant que ses intérêts commerciaux ne le rendent vulnérable à une exploitation par des adversaires étrangers mais certains diplomates voyaient en son parcours un atout majeur pour le Moyen-Orient. À l’instar des monarchies du Golfe, les familles Trump et Kushner fonctionnaient essentiellement comme des entreprises familiales.

    Les affaires de Kushner sont largement financées par le Etats du Golfe.

    Des relations étroites avec les États du Golfe

    Les relations étroites de Kushner avec les États du Golfe ont joué un rôle central dans les accords d’Abraham. Le New Yorker rappelle sa relation étroite avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et le soutien apporté par l’administration Trump à l’ascension de l’homme fort de l’Arabie saoudite.

    Après le départ de Trump de la Maison-Blanche, Kushner a continué de tirer profit de cette relation et des investissements qui en ont découlé, largement financés par des fonds du Golfe.

    Un ami de Kushner affirmé au New Yorker que ce dernier est retourné à la Maison-Blanche lors du second mandat de son beau-père en partie parce qu’il pensait pouvoir aider Israël. Bien qu’il ait parfois évoqué l’amélioration des conditions de vie des Palestiniens, il n’a pas hésité à bafouer leurs intérêts pour garantir les accords d’Abraham. À l’université Harvard en 2024, il a déclaré que le meilleur endroit pour les Gazaouis serait probablement le désert du Néguev, en Israël. Il n’a pas expliqué comment ils seraient contraints de se déplacer ni s’ils seraient autorisés à revenir. Il a décrit Gaza comme «un lieu misérable construit par des ONG et des terroristes».

    Le Moyen-Orient n’était pas le seul terrain où Kushner a prospéré, il a également mené des projets controversés en Albanie et ailleurs.

    Pendant ce second mandat de Trump, il continue de s’enrichir. En 2025, de nouveaux investissements en provenance du Moyen-Orient ont contribué à une croissance de 30% de son fonds, atteignant plus de six milliards de dollars. Affinity Partners estime son taux de rendement interne annuel à 25%. Parmi ses projets figurent deux investissements majeurs en Israël : 110 millions de dollars dans le groupe Shlomo, une société de location de voitures et environ 300 millions de dollars dans Phoenix Financial, une compagnie d’assurance.

    * Charles Kushner a été nommé ambassadeur des États-Unis en France par Trump lors de son second mandat. Il est en poste depuis le 11 juillet 2025.

    ** La Yeshiva de Beit El est une institution talmudique sioniste religieuse fondée en 1978 dans la colonie israélienne de Beit El, en Cisjordanie.

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    Tunisie | Lancement officiel du Prix Kamel Labidi pour les médias

    16. September 2026 um 12:51

    Amnesty International Tunisie lance la quatrième édition de son prix des médias pour les droits humains, baptisé cette année «Prix Kamel Labidi pour les médias». Ce concours vise à honorer les journalistes professionnels, les jeunes et les créateurs de contenu engagés dans la défense des droits humains.

    Décédé le 17 janvier 2026, Kamel Labidi était un journaliste indépendant et intègre et un défenseur de la liberté de la presse et de la liberté d’expression en Tunisie et dans le monde arabe. Il a pris part à la construction et à la réforme du secteur de la presse et des médias en Tunisie en président l’Instance nationale pour la réforme de de l’information et la communication (Inric) après la révolution du 14 janvier 2011; mais lorsque les libertés ont de nouveau reculé dans le pays, il a choisi de se mettre en retrait une fois de plus, et s’est installé au Liban où il est décédé.

    Le prix est ouvert aux journalistes professionnels, aux jeunes, aux citoyens et citoyennes ainsi qu’aux créateurs et créatrices de contenu qui s’engagent à défendre les droits humains et contribuent, par leurs travaux, à mettre en lumière les questions qui y sont liées.

    Les candidatures sont ouvertes du 15 septembre au 15 novembre 2026 via le formulaire en ligne.

    Vous trouverez les conditions et les modalités de participation à ce lien.

    I. B.

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    Le cinéma tunisien au 37e Fameck, vitrine des cinémas arabes en France  

    16. September 2026 um 09:09

    Trois cinéastes tunisiens seront présents à la 37e édition du Festival du film arabe de Fameck qui se tiendra au 1er au 11 octobre 2026 à Thionville Fensch (France). Il s’agit de Hind Meddeb qui présentera son film ‘‘Soudan, souviens-toi’’ hors compétition et présidera le jury de la compétition du documentaire. Pour leur part, Mohamed Ali Nahdi et Amel Guellaty présenteront leurs longs métrages de fiction respectifs ‘‘Le 13e round’’ et ‘‘D’où vient le vent ‘’ en compétition officielle.  

    Cette 37e édition, qui sera plus que jamais centrée sur le cinéma comme langage universel et espace de résistance pour saisir les enjeux que traverse le monde arabe contemporain, présentera un panorama de 40 longs et 12 courts métrages de fiction, d’animation et documentaires venus d’Algérie, d’Arabie Saoudite, d’Égypte, d’Irak, de Jordanie, du Liban, du Maroc, de Palestine, de Syrie, de Tunisie et du Yémen (dont plusieurs inédits et avant-premières).

    Dans le cadre d’un focus, et pour la première fois, le Festival met aussi à l’honneur le Soudan à travers une dizaine de films et célèbre un cinéma de résistance marqué par la censure, qui renaît et se réinvente à travers l’exil.

    Porté par des cinéastes engagés, il s’impose dans les festivals par sa maîtrise des codes cinématographiques et sa signature esthétique originale, œuvrant à faire sortir du silence, voire de l’indifférence, un pays meurtri par une grave crise humanitaire et un très important déplacement de population.

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