Le Maroc ouvre la partition du Maghreb Orchestra of Brussels
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Absolument. La science est indispensable pour comprendre, mesurer et orienter l’action. Mais la protection de l’environnement ne peut pas se limiter aux études, aux analyses et aux recherches. Aujourd’hui, le constat est là.
Ce que nous imaginions comme un avenir lointain, c’est notre présent. Des personnes meurent lors de canicules extrêmes. Des incendies se multiplient à cause de la sécheresse et des bouleversements climatiques. Nous voyons aussi des inondations, des tempêtes et même des ouragans dans des régions de France où de tels phénomènes étaient inédits.
L’impact sur la santé humaine et animale est également avéré, notamment à travers la pollution, en particulier la pollution plastique, qui a beaucoup été évoquée lors du débat organisé à l’IFT dans le cadre des rendez-vous géopolitiques sur l’environnement.
La lutte contre la pollution plastique est au cœur du Forum mondial de la mer à Bizerte, qui réunit chercheurs, responsables politiques, autorités, scientifiques et entreprises pour réfléchir collectivement à la manière de limiter la production de plastique, d’en réduire les impacts sur la santé humaine et animale, et surtout d’agir vite.
L’urgence est là. Il faut passer du constat, des déclarations et des signatures de traités à l’action. Ces deux jours de forum sont importants: ils alertent les autorités, conduisent à des engagements, sensibilisent les pollueurs et tentent d’embarquer les industriels dans une transformation de leurs activités vers des modèles plus vertueux et plus protecteurs de l’environnement.
L’urgence est là. Il faut passer du constat, des déclarations et des signatures de traités à l’action. Ces deux jours de forum sont importants: ils alertent les autorités, conduisent à des engagements, sensibilisent les pollueurs et tentent d’embarquer les industriels dans une transformation de leurs activités vers des modèles plus vertueux.
Mais, en réalité, l’action commence chez chacune et chacun d’entre nous : trier ses déchets, ne pas les abandonner dans la nature, les mettre dans une poubelle, on en est parfois encore là. Limiter ses trajets en voiture, privilégier la marche ou le vélo,.. ce sont des gestes du quotidien.
Face aux grands pollueurs, l’effort individuel peut sembler dérisoire. Pourtant, si chacun y met du sien, le cumul devient considérable. La lutte contre les pollutions est à la portée de tous
Il est clair que ces forums sont aussi importants pour inciter, voire imposer, des normes et des réglementations aux plus gros émetteurs. Mais il faut que chacun se demande: qu’est-ce que je peux faire, à mon niveau, pour protéger l’environnement?
Oui, car j’ai été nommée il y a un an et demi. L’année dernière, je n’ai pas pu m’y rendre : j’étais appelée à représenter la France à un autre événement de l’Union pour la Méditerranée, à Barcelone.
Cette année, je ne me voyais pas ailleurs qu’ici, à Bizerte, pour le Forum mondial de la mer. La Méditerranée est dans un état d’urgence absolue. Je me suis baignée cet été en Méditerranée, comme beaucoup de Tunisiennes et de Tunisiens, et j’ai remarqué quelque chose que je n’avais jamais observé auparavant : la température de l’eau, excessivement chaude.
Cela doit nous interpeller. Une mer plus chaude, c’est la disparition de la biodiversité marine. C’est la posidonie, cette plante qui capte le CO₂ et les émissions de gaz à effet de serre, qui est menacée. Selon les scientifiques, si nous ne faisons pas collectivement ce qu’il faut pour la préserver, la Méditerranée pourrait être déclarée « mer morte » d’ici 2050.
La préserver passe par les gestes du quotidien, mais aussi par la lutte contre tous les types de pollution: s’adresser aux industriels, décarboner le transport maritime, électrifier les ports, décarboner les activités portuaires.
La préserver passe par les gestes du quotidien, mais aussi par la lutte contre tous les types de pollution: s’adresser aux industriels, décarboner le transport maritime, électrifier les ports, décarboner les activités portuaires. C’est un ensemble d’actions à mener collectivement si nous voulons continuer à nous y baigner et surtout si nous voulons que cette mer continue de nous protéger.
En tout cas, c’est nécessaire. Toutes ces actions permettront, à défaut d’inverser immédiatement la tendance, de ralentir le phénomène, et peut-être, à terme, de le contenir.
Quand on défriche une terre, on voit parfois, au bout de quelque temps, de nouvelles plantes, de l’herbe, repousser. Il est donc possible de réimplanter des espèces vivantes en mer, de préserver la posidonie.
En définitive, il faut agir, parce que c’est obligatoire, parce que c’est urgent. Les résultats, on les verra ensuite. Mais il faut commencer maintenant.
Quand on défriche une terre, on voit parfois, au bout de quelque temps, de nouvelles plantes, de l’herbe, repousser. Il est donc possible de réimplanter des espèces vivantes en mer, de préserver la posidonie.
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Faire de la Méditerranée un laboratoire régional de lutte contre la pollution plastique en réunissant autour d’une même table scientifiques, élus locaux, diplomates, entreprises et société civile : tel est l’objectif de la neuvième édition du Forum mondial de la mer de Bizerte, qui se tient les 24 et 25 septembre 2026 dans cette ville portuaire du nord de la Tunisie, sous le thème «Agir pour une Méditerranée sans plastique».
Organisé dans le cadre du projet Share4Med (programme Interreg Next Med), avec le réseau méditerranéen pour l’économie circulaire Circe.Med/Ademe et l’association tunisienne La Saison Bleue, le Forum vise à transformer les échanges entre les acteurs des deux rives en une coopération structurée et en solutions concrètes face à un problème qui ignore les frontières nationales.
La Méditerranée ne représente qu’environ 1 % de la surface océanique mondiale, mais elle concentrerait près de 7 % des microplastiques présents à l’échelle de la planète. Chaque année, quelque 230 000 tonnes de plastique finiraient dans ses eaux, fragilisant un écosystème qui abrite environ 17 000 espèces endémiques.
À l’échelle mondiale, la production de plastique — estimée à environ 500 millions de tonnes en 2024 — pourrait doubler d’ici 2050 selon les projections de l’OCDE, alors que moins de 20 % des plastiques sont actuellement recyclés.
Le Forum se tient par ailleurs alors que les négociations lancées par les Nations unies en 2022 en vue d’un traité international juridiquement contraignant contre la pollution plastique peinent à aboutir à un accord.
Pour les organisateurs, la vulnérabilité particulière de la Méditerranée pourrait inciter la région à expérimenter des formes de coopération plus poussées, même en l’absence — du moins dans un premier temps — d’accord contraignant. L’ambition affichée est d’aboutir à un calendrier réaliste de «déplastification» du bassin.
«La Méditerranée est à la pollution ce que les pôles sont au climat», a observé Pascal Lamy, président du Forum mondial de la mer, qualifiant le bassin de «sentinelle» capable de tirer la sonnette d’alarme sur la dégradation des écosystèmes. Rym Benzina, présidente de La Saison Bleue et directrice du Forum, a pour sa part souligné la volonté de faire de cet événement non pas une simple conférence, mais une plateforme de travail réunissant autorités locales, monde scientifique, entrepreneurs et société civile.
Cette journée du 24 septembre sera tout particulièrement consacrée à la coopération territoriale. Le programme prévoit la présentation du projet Share4Med ainsi qu’un atelier avec des représentants de municipalités tunisiennes et méditerranéennes, visant à élaborer un plan d’action pour la coalition des villes de la Méditerranée. Des outils destinés aux gestionnaires pour évaluer les pressions s’exerçant sur les littoraux seront également présentés, et le lancement de l’association Circe.med sera annoncé.
Le 25 septembre, les échanges entreront dans le vif du sujet avec une session consacrée au futur traité mondial contre la pollution plastique, ainsi que des tables rondes sur l’état de la recherche scientifique et les solutions envisageables à l’horizon 2030.
Parmi les participants figurent des représentants des organismes tunisiens INSTM et Apal, de l’Ifremer, de la Sorbonne, de MedPAN, du Plan Bleu et du WWF, aux côtés de représentants d’institutions et d’administrations locales du bassin méditerranéen.
Les travaux aborderont également les répercussions de la pollution plastique sur le tourisme, le développement urbain et l’économie circulaire, les positions des pays méditerranéens et de l’Union européenne (UE), ainsi que les modalités de financement de la transition écologique.
Parmi les initiatives annoncées figure notamment une «Plastic Credit Exchange» (bourse d’échange de crédits plastique), conçue pour contribuer au financement d’infrastructures vertes.
Le projet Share4Med, cofinancé par l’UE via le programme Interreg Next Med, vise tout particulièrement à aider les municipalités — y compris les plus petites — à développer des projets durables le long des côtes. Lancé en 2018 à l’initiative de La Saison Bleue, le Forum de Bizerte s’est progressivement imposé comme l’un des rendez-vous régionaux consacrés aux questions maritimes sur la rive sud de la Méditerranée.
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