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Tunisie | Découverte de précieux minerais à Aïn El Bey

04. Mai 2026 um 12:25

L’industrie minière tunisienne se retrouve une fois de plus sous le feu des projecteurs internationaux suite à l’annonce par la société australienne PhosCo Ltd, cotée à la Bourse de Sydney, de résultats d’exploration jugés «de haute qualité» sur le prospect King’s Eye, également connu sous le nom d’Aïn El Bey, au sein du projet Simitu, dans le nord-ouest de la Tunisie.

Selon la société, les résultats concernent des échantillons de roche sélectionnés et ne constituent pas encore une ressource minérale certifiée.

Les données publiées indiquent des concentrations de cuivre allant jusqu’à 21,3 %, des teneurs en argent supérieures à 100 grammes par tonne et des teneurs en zinc dépassant la limite supérieure d’analyse de 30 %.

Du plomb (jusqu’à 12,65 %) et de l’antimoine (jusqu’à 1,49 %) ont également été détectés, éléments qui renforcent l’intérêt géologique du site, mais ne confirment pas, à ce stade, la viabilité économique du gisement.

Le projet Simitu, détenu à 100 % par PhosCo, s’inscrit dans la stratégie de l’entreprise, jusqu’ici principalement axée sur les phosphates tunisiens. PhosCo se présente comme un opérateur spécialisé dans le développement d’un portefeuille de phosphates dans le bassin nord tunisien, avec le projet Gasaat comme actif le plus avancé.

D’après les informations disponibles, les échantillons proviennent d’affleurements, d’anciennes exploitations minières et de résidus issus d’activités minières antérieures.

Les analyses révèlent la présence de deux systèmes minéralisés distincts : un système sulfuré, riche en cuivre, antimoine, arsenic et argent, et un second système contenant des oxydes de zinc et du plomb.

Cette découverte souligne l’intérêt potentiel de la région de Jendouba et du nord-ouest, une zone historiquement moins médiatisée que les pôles phosphatés du centre-ouest et du sud du pays.

La prudence reste toutefois de mise. Dans le secteur minier, les échantillons de roche sélectionnés peuvent présenter des concentrations très élevées car ils sont prélevés dans les zones les plus minéralisées visibles en surface. Passer d’un résultat prometteur à une évaluation économique nécessite des forages, une modélisation géologique, une estimation des ressources, des études métallurgiques, des évaluations environnementales et l’obtention des autorisations administratives.

Pour la Tunisie, la confirmation éventuelle d’un système polymétallique à cuivre, argent, zinc et plomb revêtirait une importance économique et stratégique majeure, à l’heure où le cuivre et le zinc sont essentiels à la demande mondiale d’électrification, de réseaux, de batteries et d’infrastructures industrielles.

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Corriere di Tunisi | 70 ans d’histoire italienne écrite à Tunis

04. Mai 2026 um 12:00

Soixante-dix ans au cours desquels le Corriere di Tunisi est devenu le symbole vivant d’une italianité qui n’a jamais cessé de regarder la Méditerranée comme un espace commun de langue, de culture et de civilisation partagée. Soixante-dix ans qui ont maintenu vivante la langue de Dante entre les deux rives de la Méditerranée, à travers l’indépendance tunisienne, la diaspora de la communauté italienne historique, les révolutions politiques et la révolution numérique.

Le Corriere di Tunisi — fondé en 1956 par Giuseppe Finzi, héritier d’une tradition typographique issue du Risorgimento, et dirigé aujourd’hui par Silvia Finzi — est l’unique journal en langue italienne d’Afrique du Nord et du monde arabe. Une anomalie extraordinaire, un bastion culturel, un pont.

Pour célébrer cette étape historique, Tunis devient pendant trois jours — du 21 au 23 mai 2026 — un carrefour de voix, de mémoires et de perspectives.

Au Complexe de Sainte-Croix, au cœur de la médina, aura lieu la Célébration du 70e anniversaire du Corriere di Tunisi.

Un programme qui entremêle colloque académique international, table ronde avec les protagonistes du journalisme italien, expositions documentaires, cinéma, musique et littérature.

Une histoire qui vient de loin

La presse en langue italienne en Tunisie n’est pas née en 1956 : elle plonge ses racines en 1838, année de publication de la première feuille italienne à Tunis. Entre le XIXe et le XXe siècle, plus de 120 titres italiens ont fleuri en Tunisie — une présence que la France coloniale a étouffée par la force, supprimant systématiquement les journaux italiens pour limiter l’influence culturelle de la péninsule. Ce n’est qu’en 1956, avec l’indépendance tunisienne et la détente diplomatique entre Rome et Paris, qu’il fut possible de raviver cette flamme. C’est Giuseppe Finzi qui s’en chargea, descendant de Giulio Finzi, un carbonaro livournais ayant fui en Tunisie après les mouvements de 1820-21, et qui avait fondé à Tunis une typographie destinée à durer deux siècles. Le premier numéro du nouveau Corriere di Tunisi parlait déjà de la Tunisie libre et indépendante.

Depuis lors, le journal n’a jamais cessé de paraître, passant de main en main au sein de la même famille : de Giuseppe à son fils Elia — l’un des fondateurs de la Fédération unitaire de la presse italienne à l’étranger (Fusie) — et enfin à Silvia, italianiste, professeure d’université, gardienne tenace d’un titre qui est à la fois une archive et un laboratoire vivant.

Histoire, journalisme et culture

L’ouverture de la manifestation, le mercredi 21 mai, réunira autour d’une même table les représentants des principales institutions italiennes et tunisiennes impliquées dans la promotion de la langue et de la culture italiennes : de l’ambassade d’Italie à l’Institut Culturel Italien, de la Société Dante Alighieri au ministère italien de la Culture, des Archives Nationales Tunisiennes à la Chambre tuniso-italienne de commerce et d’industrie.

Une ouverture qui en dit déjà long sur la dimension institutionnelle et bilatérale de cet anniversaire.

Le cœur de ces trois journées est un colloque international d’études qui retrace soixante-dix ans d’histoire du journal à travers les contributions de chercheurs et d’universitaires de Tunisie, d’Italie et de France. Les sessions — articulées en trois périodes chronologiques, de 1956 à nos jours — aborderont des thèmes allant du rôle du Corriere dans le maintien de l’italianité dans la Tunisie postindépendance, à l’impact des médias italiens sur les lecteurs tunisiens italophones, jusqu’à l’utilisation du journal comme outil pédagogique dans les universités. Une analyse historique qui est aussi une réflexion sur le présent : que signifie aujourd’hui faire du journalisme en italien au Maghreb ?

Une table ronde tentera de répondre à cette question avec certains des protagonistes du journalisme italien : des journalistes de Repubblica, du Corriere della Sera et de l’agence Italpress échangeront sur l’avenir d’un titre en langue italienne au sud de la Méditerranée, entre limites structurelles, nouvelles opportunités numériques et collaborations possibles. Un débat qui aura aussi un goût de souvenir : celui d’Elia Finzi, figure centrale de l’histoire du journalisme italien à l’étranger.

La dimension culturelle de la manifestation s’exprime également à travers deux expositions documentaires — l’une consacrée aux soixante-dix ans du Corriere, l’autre aux présences italiennes en Tunisie à travers les siècles, organisée par les Archives Nationales Tunisiennes — ainsi qu’à travers un concert nocturne dédié à Francesco Santoliquido, compositeur italien qui vécut et travailla longtemps à Tunis, figure emblématique de cette osmose créative fertile entre les deux rives.

Pour clôturer ces trois jours, deux moments littéraires : la remise des prix du concours «Un récit pour le Corriere di Tunisi», qui a invité les auteurs à se confronter à la mémoire et à l’identité méditerranéenne, et la présentation de ‘‘Le ragazze di Tunisi’’ (Les filles de Tunis), le nouveau roman de Luca Bianchini publié chez Mondadori en février 2026, en dialogue avec le directeur de l’Institut Culturel Italien, Fabio Ruggirello.

Bastion de la langue italienne en Méditerranée

Le cas du Corriere di Tunisi n’est pas seulement une histoire de famille et de ténacité éditoriale. C’est aussi l’histoire d’une langue qui possède des racines profondes en Méditerranée méridionale et un avenir encore ouvert. En Tunisie, l’’italien est aujourd’hui enseigné dans près de 300 lycées et compte plus de 500 enseignants diplômés et habilités ; la Société Dante Alighieri est présente dans le pays depuis 1892. Pourtant, la survie d’un titre journalistique dans cette langue — avec une rédaction de quatre personnes et 4.000 exemplaires distribués entre la Tunisie, l’Italie, la France et l’Afrique — reste un défi quotidien contre la marginalisation économique, la dispersion du public et la concurrence du numérique.

Célébrer les soixante-dix ans du Corriere di Tunisi, c’est donc aussi s’interroger sur ce que signifie, aujourd’hui, produire de l’information en italien hors des frontières nationales ; sur le rôle que peuvent jouer les grands titres italiens pour soutenir cet écosystème ; sur la manière dont la langue peut continuer à être un outil de dialogue et de compréhension entre des cultures qui partagent la même mer. Des questions urgentes, dans une Méditerranée qui peine à se raconter de l’intérieur.

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L’échangeur de sortie en direction de Hergla fermé jusqu’à vendredi

04. Mai 2026 um 10:50

La Société Tunisie Autoroutes (STA) a annoncé, dimanche 3 mai 2026, la fermeture de l’échangeur de sortie en direction de la ville de Hergla, du lundi 4 mai au vendredi 8 mai, de 07h00 à 19h00.

Dans un communiqué adressé aux usagers de l’autoroute, la société a précisé que les automobilistes souhaitant se rendre à Hergla et aux zones avoisinantes peuvent emprunter les itinéraires suivants : l’échangeur de Sidi Bou Ali, l’échangeur de Hammam Sousse ou poursuivre la route jusqu’à l’échangeur de l’aéroport d’Enfidha.

La STA a indiqué que cette fermeture s’inscrit dans le cadre de l’achèvement des travaux de rénovation de la toiture métallique des échangeurs de Hergla, tout en appelant les usagers à respecter la signalisation et les règles de circulation afin de garantir leur sécurité.

Tap.

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Tunis | Deux voleurs à main armée arrêtés entre Bab Khadra et Bab Bhar

04. Mai 2026 um 10:37

Les forces de sécurité du district de sécurité nationale de Tunis ont interpellé, samedi 2 mai 2026, deux individus qui, avec un troisième complice en fuite, commettaient des vols à main armée entre les quartiers de Bab Khadra et Bab Bhar au centre de la capitale.

Les forces de sécurité sont intervenus suite aux plaintes de plusieurs victimes affirmant avoir été victimes de vols à main armée commis par trois jeunes hommes.

Au cours de l’interpellation, plusieurs téléphones portables ont été récupérés et restitués à leurs propriétaires, indique Mosaïque, citant une source sécuritaire bien informée.

Le procureur du tribunal de première instance de Tunis a ordonné la détention provisoire des deux individus interpellés et a émis un mandat d’arrêt à l’encontre du troisième.

I. B.

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Tébourba | Il tue son épouse à cause du bélier de l’Aïd al-Adha

04. Mai 2026 um 10:19

Dimanche 3 mai 2026, la cité Rimel à Tébourba, gouvernorat de Manouba, un homme a poignardé à plusieurs reprises on épouse, ce qui a entraîné sa mort. Selon Mosaique FM, des agents de la Garde nationale de Manouba l’ont arrêté dans la soirée.

Selon les premiers éléments de l’enquête, le suspect, en état d’ivresse, aurait exigé de l’argent de sa femme, Zeineb, la mère de ses deux enfants, âgée d’une trentaine d’années, pour, a-t-il prétendu, acheter un bélier sacrificiel pour l’Aïd Al-Adha. Lorsqu’elle lui a répondu qu’elle n’avait pas l’argent, il est entré dans une grosse colère et lui a asséné plusieurs coups de couteau. Il a contacté ensuite les services de la protection civile pour tenter de la secourir. À leur arrivée, la victime était déjà décédée.

À la suite des investigations préliminaires, le procureur du tribunal de première instance de Manouba a ordonné le transfert du corps à l’institut médico-légal et a placé l’époux en détention provisoire pour homicide volontaire.

I. B.

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La descente aux enfers du Mali ne s’arrête pas depuis 2012

04. Mai 2026 um 09:00

Depuis 2012, le Mali vit au rythme de l’insurrection menée par les Touaregs du Front de libération de l’Azawad (FLA) et le JNIM, groupe lié à Al-Qaïda. En 2020, des officiers soutenus par la Russie ont mené un coup d’État contre le pouvoir civil de Ibrahim Boubacar Keïta estimant que ce pouvoir soutenu par la France a échoué dans la lutte contre l’alliance des séparatistes et des djihadistes. Cependant, depuis six ans, la junte militaire qui a fait appel à Wagner -remplacé depuis par Africa Corps, un autre groupe paramilitaire russe- a elle-même complètement échoué et la situation n’a fait que se dégrader. (Photo : Monument à la gloire de l’armée malienne à Bamako. AFP/Getty).

Imed Bahri

Dans une enquête sur la situation au Mali, The Guardian évoque le «Grand Bal de Bamako», nom donné par les organisateurs à la soirée du samedi 25 avril 2026 à l’Hôtel de l’Amitié, dans la capitale malienne, qui devait faire la une des journaux du pays.

De nombreux sponsors, dont Orange Mali, filiale locale de l’opérateur français, avaient financé l’événement. Les organisateurs espéraient qu’il démontrerait la capacité du Mali à organiser de grands événements malgré une crise sécuritaire qui sévit sur plusieurs fronts. La veille du concert, un convoi de voitures est venu chercher la tête d’affiche, le chanteur sénégalais Youssou N’Dour, lauréat d’un Grammy Award, à l’aéroport international Modibo Keita.

Combats entre insurgés et forces de sécurité

Finalement, N’Dour, l’une des voix les plus célèbres du continent, n’a pas pu se produire. Avant le début du concert, les invités se sont levés des tables nappées de blanc et ont quitté les lieux, après avoir appris que la junte au pouvoir avait imposé un couvre-feu de 72 heures dans toute la ville.

«Nous sommes confrontés à une situation qui nous échappe», a déclaré l’organisateur principal. Abdoulaye Guitteye a déclaré sur scène : «Nous avons vraiment fait de notre mieux, nous avons essayé».

Le couvre-feu a été instauré en réponse à une attaque coordonnée contre plusieurs villes maliennes, menée par une alliance improbable de djihadistes et de séparatistes.

À Bamako, les habitants se sont réveillés à l’aube au son des tirs, le Front de libération de l’Azawad (FLA) et le JNIM, groupe lié à Al-Qaïda, ayant pris pour cible l’aéroport par lequel N’Dour était arrivé. Selon certaines sources, la junte aurait accordé une autorisation spéciale pour la réouverture temporaire de l’aéroport afin que le chanteur puisse rejoindre Dakar.

Un kamikaze tue le ministre de la Défense

À Kati, ville de garnison hautement sécurisée située à seulement 15 kilomètres de Bamako, de violents combats ont éclaté entre insurgés et forces de sécurité devant la résidence du ministre de la Défense, Sadio Camara. Un kamikaze a ensuite lancé une voiture piégée contre la propriété, tuant Camara et plusieurs membres de sa famille.

Depuis 2012, le Mali est confronté à une grave crise sécuritaire, alimentée notamment par les violences de groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique, ainsi que par des bandes criminelles locales et des groupes indépendantistes. Le JNIM a imposé un blocus de carburant sévère à Bamako l’année dernière mais celui-ci s’était allégé dans la période précédant les attaques du samedi 25 avril.

Camara était une figure clé de la junte et un russophone considéré comme l’artisan du rapprochement de la junte avec la Russie, en particulier son accord avec le groupe de mercenaires Wagner –qui s’est ensuite transformé en Africa Corps, contrôlé par le Kremlin– pour assurer la protection du régime et un soutien à la lutte contre l’insurrection.

À l’instar de ses voisins, le Burkina Faso et le Niger, le Mali avait expulsé les forces françaises et américaines après le coup d’État qui a porté la junte au pouvoir.

Il y a forcément des complices

Les théories du complot se répandent librement : certains affirment que les djihadistes disposaient de sources proches de Camara qui les ont aidés à pénétrer dans son complexe lourdement gardé. «Les militaires eux-mêmes admettent qu’il y avait forcément des complices», a déclaré au Guardian un consultant basé à Bamako, sous couvert d’anonymat.

Des attaques simultanées ont eu lieu dans des villes et des villages de tout le pays, notamment à Gao, Mopti, Sévaré et Bourem.

À Kidal, ancien bastion séparatiste près de la frontière avec le sud de l’Algérie, l’armée malienne et l’Africa Corps ont été submergées par les combattants. Les autorités algériennes auraient aidé les troupes à négocier leur retrait de la ville.

Ces attaques –les plus importantes perpétrées dans le pays depuis près de 15 ans– marquent une nouvelle escalade d’un conflit qui a débuté en 2012.

Des Touaregs, se sentant marginalisés depuis l’indépendance du Mali en 1960, ont alors lancé une offensive, aidés par des armes récupérées après la chute du régime Kadhafi en Libye. Des extrémistes du nord ont ensuite instrumentalisé le soulèvement et l’ont amplifié à tel point que les interventions de l’armée française et d’une force de maintien de la paix de l’Onu n’ont pas permis de rétablir l’ordre.

Ce conflit a également conduit à trois coups d’État successifs dont celui de mai 2021 qui a porté Assimi Goïta à la tête de l’État. Quelques années plus tard, il a retiré le Mali de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), en même temps que ses homologues chefs de junte au Burkina Faso et au Niger.

Goïta est resté introuvable, alimentant les spéculations : les rebelles auraient-ils déjoué les plans des mercenaires turcs qui le protégeaient ? Ou bien aurait-il été destitué par ses complices putschistes ?

Les Russes à la manœuvre

Mardi après-midi, Goïta a démenti les rumeurs en réapparaissant sur une photo le montrant en compagnie de l’ambassadeur de Russie, photo publiée par la présidence malienne sur X. Il s’est ensuite adressé à la nation, déclarant : «Le plan meurtrier de l’ennemi a été déjoué». «Ces attaques ne sont pas des incidents isolés mais s’inscrivent dans un vaste plan de déstabilisation conçu et mis en œuvre par des groupes terroristes et des commanditaires, tant extérieurs qu’intérieurs, qui leur fournissent renseignements et soutien logistique», a-t-il déclaré, reprenant le discours du ministère de la Défense russe, qui affirmait, sans preuve, avoir déjoué un coup d’État soutenu par les forces occidentales.

Les autorités de Bamako et de Moscou ont confirmé des pertes civiles et militaires, sans toutefois communiquer de chiffres précis. L’armée a également annoncé avoir tué plus de 200 terroristes.

Selon les analystes, les Russes vont désormais se concentrer sur la protection de la capitale et de la présidence. Le consultant basé à Bamako doute que la capitale puisse être prise compte tenu de la supériorité numérique des Russes mais il sait que la menace est omniprésente. «Les djihadistes et les séparatistes connaissent les montagnes et les sentiers mieux que l’armée et se déplacent à moto. Ils maîtrisent la situation. Ils s’y étaient préparés», explique-t-il. 

Tandis que la population poursuit ses activités quotidiennes, la ville reste en état d’alerte maximale. «Ce matin encore, les enfants sont allés à l’école mais la panique règne et beaucoup de gens restent chez eux», a déclaré le consultant, qui vit dans une banlieue de Bamako et n’a pas quitté son domicile depuis samedi 25 avril.

Sur les réseaux sociaux, des vidéos circulent, montrant des djihadistes exhortant la population, en bambara (la langue la plus parlée du pays), à ne pas quitter la capitale. Une vidéo, accompagnée d’une musique entraînante, semble montrer un combattant en train de taguer les panneaux du gouvernement dans le centre de Kidal, tout en faisant le signe de la paix face à la caméra. The Guardian n’a pas pu vérifier l’authenticité de ces images.

Tout au long de la journée du samedi 25 avril, les organisateurs du concert ont résisté aux appels à l’annulation de l’événement face à l’évolution rapide de la situation sécuritaire, notamment parce que le lieu, situé à quelques rues de l’ambassade de France, est considéré comme l’un des plus sûrs de la capitale.

Cette volonté de maintenir le concert témoigne du désir, partagé par de nombreux habitants de Bamako, de mener une vie aussi normale et dynamique que possible. Cette attitude est encouragée par la junte qui cherche depuis longtemps à projeter une image de stabilité.

Continuer à vivre malgré tout

En décembre, alors même que le blocus des carburants bouleversait le quotidien de millions de personnes, une biennale se tenait dans la cité antique de Tombouctou. Et le week-end dernier, des couples ont célébré leurs mariages à Bamako malgré les violences.

Une habitante de Bamako, présente au festival de Tombouctou, a déclaré cette semaine : «Voici ce que je dis aux gens : Soit nous choisissons de vivre, soit nous choisissons de rester terrorisés. Beaucoup ont également écrit sur les réseaux sociaux : Nous ne céderons pas, nous devons résister, nous devons continuer à vivre!».

Il est à indiquer que les groupes paramilitaires russes qui se sont succédés à savoir Wagner puis Africa Corps afin de soutenir la junte militaire pro-russe ont non seulement échoué à mater l’insurrection menée par l’alliance des séparatistes et des djihadistes mais ont perpétré beaucoup de crimes au nord du Mali comme nous l’avons vu dans un précèdent article intitulé «Les crimes sans fin des mercenaires russes au Mali».

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Tunisie | Un prix Kamel Labidi pour honorer les voix libres

04. Mai 2026 um 08:42

À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le 3 mai 2026, Amnesty International Tunisie annonce la relance de son prix média annuel, qui portera désormais le nom de ‘Prix Amnesty – Kamel Labidi’, en hommage à notre regretté collègue, ancien directeur de la section tunisienne d’Amnesty et figure historique de la défense des droits humains.

En nommant ce prix Kamel Labidi, figure de proue de la lutte pour l’indépendance des médias et ancien président de l’Instance nationale pour la réforme de l’information et de la communication (Inric), Amnesty International Tunisie honore un héritage d’intégrité et de lutte.

À l’heure où la parole libre est menacée, le parcours de Kamel Labidi rappelle que le journalisme n’est pas un crime, mais un pilier indispensable de toute société juste.

L’urgence : cesser de criminaliser la parole

Ce lancement intervient dans un contexte de répression sans précédent en Tunisie. L’usage abusif du décret-loi n°54 et de l’article 86 du code des télécommunications étouffe les voix dissidentes et vise à terroriser les professionnels des médias.

Amnesty International Tunisie dénonce avec force les poursuites et les détentions de tout.e.s les journalistes tunisien.n.e.s. Leur place n’est pas en prison, mais dans le débat public.

Nous exigeons la libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers d’opinion en Tunisie et dans le monde. Personne ne doit être emprisonné pour ses idées.

Le Prix Kamel Labidi : Un nouveau rendez-vous

Le prix récompensera chaque année les travaux journalistiques (écrit, audiovisuel et web) qui se distinguent par leur courage et leur contribution à la défense des droits humains.

La cérémonie de remise des prix deviendra un rendez-vous annuel fixé au 17 janvier, date anniversaire de la disparition de Kamel Laabidi, afin de transformer ce moment de deuil en un symbole de résistance et de transmission.

Les modalités de candidature et le calendrier du prix seront détaillés prochainement sur nos canaux officiels.

Communiqué.

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L’ancien chef du Mossad Tamir Pardo a «honte d’être juif»

04. Mai 2026 um 08:00

Tamir Pardo, qui a consacré sa carrière de directeur du Mossad à contrer les capacités nucléaires de l’Iran, met aujourd’hui en garde contre ce qui menace réellement l’existence d’Israël : les colons juifs violents qui sèment la terreur en Cisjordanie et les autorités israéliennes qui les laissent faire.

Allison Kaplan Sommer

L’ancien chef du Mossad, Tamir Pardo, ne correspond guère au profil d’un gauchiste radical qui comparerait le comportement d’Israël à celui des nazis allemands et déclarerait avoir «honte d’être juif».

Vétéran de l’unité d’élite Sayeret Matkal de l’armée israélienne, il a participé à l’opération d’Entebbe aux côtés du frère défunt du Premier ministre Benjamin Netanyahu, Yoni, avant de rejoindre l’agence nationale de renseignement, où il a gravi les échelons pour finalement devenir son chef de 2011 à 2016. Durant cette période, il s’est concentré sur la mission de Netanyahu visant à contrer les capacités nucléaires de l’Iran. Sous la direction de Pardo, plusieurs scientifiques de haut rang à Téhéran ont été ciblés et tués – vraisemblablement par l’agence qu’il dirigeait.

Depuis son départ du Mossad, il est effectivement devenu un critique virulent du premier ministre qu’il a servi, particulièrement en ce qui concerne la question palestinienne, avertissant à maintes reprises dans des entretiens publics que la plus grande menace existentielle pour Israël ne réside pas à Téhéran, mais dans son incapacité à résoudre la question palestinienne.

Israël, un État d’apartheid

Il y a trois ans, le mois précédant le 7 octobre, il a déclaré sans ambages qu’Israël est un État d’apartheid. Il a également signé une pétition pendant la guerre de Gaza appelant à un cessez-le-feu et a été cité qualifiant le conflit d’«inutile» et de «perte de temps et de vies humaines».

Pardo a poussé sa rhétorique un cran plus loin cette semaine.

L’ancien chef du Mossad a été filmé en Cisjordanie pour une émission d’information télévisée sur la chaîne 13 [israélienne], visitant des villages ciblés par des colons violents d’extrême droite, au sein d’un groupe d’anciennes hautes figures militaires – parmi lesquelles les anciens généraux et hommes politiques Amram Mitzna et Matan Vilnai. Le groupe s’est entretenu avec des victimes des provocations, invasions et violences quotidiennes des «jeunes [colons ] des collines» (Noar HaGva’ot/hilltop youth), basés dans des avant-postes illégaux voisins, alors qu’ils harcèlent systématiquement les villageois palestiniens – les terrorisant au point qu’ils n’osent pas envoyer leurs enfants à l’école – dans le but déclaré de rendre la vie si intolérable qu’ils se déplacent volontairement.

Des dizaines de communautés palestiniennes ont été chassées à la suite de ces campagnes, au cours desquelles des Palestiniens ont été tués à plusieurs reprises dans des attaques violentes, avec une intervention minimale des forces de l’ordre et de l’armée.

Les graines du prochain 7 octobre

Pardo est resté impassible en écoutant un berger palestinien raconter comment il avait été pris en embuscade et battu par des colons la nuit, son pantalon retiré et ses jambes – et ses parties génitales – attachées avec des serre-câbles. Toutes les personnalités militaires du groupe ont condamné ce comportement hors-la-loi devant les caméras, mais les paroles de Pardo ont été de loin les plus cinglantes.

«Ma mère est une survivante de l’Holocauste», a déclaré Pardo. Et d’ajouter : «Ce que j’ai vu ici aujourd’hui m’a rappelé des événements survenus au cours du siècle dernier dans un pays très développé – les mêmes phénomènes dirigés là-bas contre les Juifs. Et j’ai honte d’être juif aujourd’hui ici.»

Les autorités, a-t-il souligné, «savent ce qui se passe ici et choisissent de l’ignorer». En agissant ainsi – et en soutenant les colons violents à la fois politiquement et financièrement – il a déclaré que le gouvernement israélien «plante les graines du prochain 7 octobre».

L’homme qui a consacré sa carrière à combattre ce qu’il croyait à l’époque être le plus grand danger pour son pays met aujourd’hui en garde contre ce qui menace réellement son existence.

Peut-être que si davantage d’Israéliens faisaient la tournée édifiante accessible à Pardo et à d’autres généraux de haut rang, eux aussi seraient convaincus que la plus grande «menace existentielle» d’Israël ne se trouve pas à Téhéran, mais dans les gangs violents de leur propre arrière-cour – et, lors des prochaines élections, voteraient pour retirer le pouvoir à ceux qui les soutiennent aux plus hauts échelons du gouvernement actuel.

Source Haaretz. Traduit par Tlaxcala

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CRLDHT | «La situation de la presse en Tunisie se dégrade»

04. Mai 2026 um 07:47

À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le 3 mai 2026, le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT), association tunisienne basée à Paris, a publié le communiqué suivant sous le titre «La liberté de la presse en Tunisie : d’un acquis démocratique à une victime d’un régime populiste».

À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie exprime sa vive préoccupation. La situation de la presse en Tunisie se dégrade à une vitesse alarmante. Elle était pourtant l’un des acquis les plus marquants de la révolution.

La presse et la liberté sont toujours les premières cibles des régimes répressifs. Le régime de Kaïs Saïed ne fait pas exception. Il s’inscrit dans une vague régionale et mondiale de régimes autoritaires qui s’attaquent aux libertés fondamentales, et en premier lieu à la liberté de la presse.

Depuis l’accession de Kaïs Saïed au pouvoir, le recul est brutal. La Tunisie est passée de la 75ème place en 2020 à la 137ème place en 2026 dans les classements de la liberté de la presse. Depuis lors, les prisons n’ont jamais été vides de journalistes. Ils sont poursuivis pour avoir simplement exercé leur métier. Parmi eux : Khélifa Guesmi, Chadhia Belhadj Mbarek, Mourad Zeghidi, Borhen Bsaies, Zied El Hani, Salah Attia, Amer Ayad, Sonia Dahmani et Mohamed Boughalleb. Un tableau qui rappelle des époques que l’on croyait révolues.

Ce ciblage est systématique. Il repose sur plusieurs outils. Sur le plan juridique, les mécanismes de régulation ont été vidés de leur substance. La Haica a été marginalisée. Le décret 115, garant de la liberté de la presse, a été abandonné. Des textes répressifs l’ont remplacé. Le décret 54 est devenu l’arme principale contre les journalistes.

Au-delà du droit, un climat d’intimidation s’est installé. Il ne se limite pas aux poursuites judiciaires. Des personnalités des médias font l’objet de campagnes de diffamation organisées, visant à les discréditer et à les réduire au silence. Khaoula Boukrim en est un exemple marquant : elle a été la cible de campagnes acharnées cherchant à ternir sa réputation. D’autres font face à une intimidation d’ordre juridique : Noureddine Boutar, directeur de Mosaïque FM, a ainsi été poursuivi dans le cadre de l’affaire dite du complot. Ces méthodes, qu’elles passent par les tribunaux ou par la diffamation, visent un seul objectif : décourager tout journalisme indépendant.

De nombreux journalistes ont quitté le pays sous cet effet. Les médias indépendants subissent des pressions administratives et judiciaires constantes, menaçant leur survie économique. La situation a atteint un seuil critique : l’association Al-Khatt, qui gère le site Inkyfada, est menacée de dissolution par décision judiciaire.

Les médias publics, eux aussi, ont profondément changé. Sur la forme, des institutions comme Dar Assabah ont été restructurées. Les nominations obéissent désormais à la logique de la loyauté. Sur le fond, les médias publics sont devenus une tribune pour des discours d’exclusion, d’incitation, de racisme et de désinformation. Leur rôle de service public a été trahi.

Dans ce contexte, le régime communique autrement. Il s’appuie sur le discours présidentiel unilatéral. Il mobilise les récits de ses proches. Il laisse prospérer les rumeurs, faute de sources fiables. Ce système n’a pas besoin de liberté de la presse. Il se nourrit de son absence.

La dégradation de la liberté de la presse n’est pas une question corporatiste. Elle reflète un recul général des libertés publiques. Elle signale le démantèlement des fondements démocratiques de l’État. La liberté de la presse est un droit fondamental de toute société. Elle est une condition sine qua non de toute démocratie réelle.

Face à cette situation, nous appelons à :

– Mettre fin aux poursuites judiciaires contre les journalistes et libérer immédiatement toutes les personnes détenues pour leur activité professionnelle.

– Réviser le décret 54 et tout texte portant atteinte à la liberté d’expression.

– Restaurer l’indépendance des médias publics et de la Haica, afin de garantir le pluralisme et d’empêcher l’instrumentalisation de l’information.

Communiqué.

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Déclaration | Un Maghreb des libertés est encore possible

04. Mai 2026 um 06:49

Nous publions ci-dessous la «Déclaration finale» de la Journée « 5 heures pour les libertés et les droits humains au Maghreb» tenue le 2 mai 2026 à la Bourse de Travail à Paris. Cette IIIe édition a été organisée par des organisations maghrébines en hommage au militant et historien algérien Mohammed Harbi.

Nos organisations à l’origine de cette journée s’étaient déjà données rendez-vous dans cette même salle pour débattre et échanger sur un sujet d’une importance capitale. Nous avions réuni les représentant.es d’organisations de défense des droits humains de tous les pays du Maghreb pour faire l’état des lieux des libertés qui sont piétinées et allègrement bafouées par les régimes en place. L’Ensemble avait salué l’initiative et la dynamique qui nous ouvraient le chemin vers d’autres perspectives. Nous avions mesuré l’immensité des attentes et de la tâche qui nous incombe pour poursuivre cette belle dynamique amorcée.

Voici les mots sur lesquels nous nous sommes quittés la dernière fois : «Nous devons montrer aux régimes autoritaires de la région que nous serons toujours sur leur chemin pour faire barrage à leur politique répressive empreinte de haine, de chauvinisme, d’exclusion et d’intolérance. Nous ne les laisserons pas sévir impunément. Nous bâtirons des solidarités entre les peuples du monde et leurs forces vives, éprises de justice, pour les dénoncer et lever le voile sur leurs mensonges qu’ils distillent à la face du monde par rapport à leur soi-disant respect des engagements en matière des droits humains. Nous resterons unis pour leur tenir tête et leur dire que nous n’abandonnons pas nos peuples dans leur combat pour la liberté, la dignité, la justice et l’Etat de droit. UN AUTRE MAGHREB EST POSSIBLE, UN MAGHREB DES LIBERTÉS.» 

Nous nous retrouvons cette année, dans un contexte international très inquiétant, dominé par la poursuite du génocide que commet l’État criminel d’Israël contre le peuple palestinien et les agressions menées conjointement par les États-Unis d’Amérique et Israël contre l’Iran, en piétinant le droit international et faisant courir à toute la région le risque d’une guerre généralisée. Notre condamnation est totale. Notre soutien indéfectible à la cause palestinienne ainsi qu’aux peuples iranien, libanais et à tous les peuples dans leur lutte pour le droit de disposer d’eux-mêmes, a été et sera toujours au cœur de nos combats. 

Nous restons par ailleurs toujours animés de la même volonté de donner un nouvel élan à notre dynamique pour porter et défendre l’idée d’un GRAND MAGHREB, un Maghreb sans frontières, sans haine, sans chauvinisme, sans racisme ni esclavage. Un Maghreb où la liberté, la justice, l’égalité, la dignité, la pluralité, la démocratie et l’État de droit sont respectés. Bref, un Maghreb comme le voulait l’historien anti-colonial algérien, le regretté Mohamed Harbi, à qui nous dédions cette rencontre d’aujourd’hui.

Nous voulons faire de cette journée un acte politique, un espace de convergence, de résistance et de construction d’un rapport de force à l’échelle maghrébine en hommage à Mohamed Harbi dont le parcours nous rappelle que les luttes pour la liberté sont indissociables et que l’histoire du Maghreb n’est qu’une histoire de combats partagés.

Si lors de la dernière édition, nous avions mis l’accent sur l’état des lieux des libertés et la situation des droits humains au Maghreb tout en se focalisant particulièrement sur la liberté de la presse et l’instrumentalisation de la justice, cette année nous avons jugé utile de débattre d’autres sujets se rapportant à la construction de ce Maghreb tant désiré. C’est pour cette raison qu’on a scindé la journée en deux parties. Le matin, la parole était donnée aux défenseur.es maghrébin.es pour relater la situation des droits humains dans la région. Leur constat est alarmant :

De la Mauritanie à la Libye, en passant par le Maroc, l’Algérie et la Tunisie, c’est un même système de répression qui frappe.

En Algérie, on emprisonne les voix du Hirak et on interdit les associations de défense des droits humains ainsi que les médias indépendants. 

Au Maroc, on condamne lourdement les figures des mouvements populaires comme ceux du Hirak du Rif et on emprisonne les jeunes de la génération Z pour briser toute contestation et toute voix critique. 

En Tunisie, on criminalise l’opposition, l’action citoyenne et la solidarité, on muselle la presse, on instrumentalise la justice pour faire taire toute dissidence et on exacerbe le racisme contre les migrants subsahariens.

En Mauritanie, on piétine les libertés fondamentales et on réduit en esclaves les citoyen.nes d’origine haratine.

En Libye, on pratique la traite d’êtres humains et on exécute sommairement des citoyen.nes dans un contexte de guerre civile qui fait des ravages.

Ce ne sont malheureusement que quelques traits de la triste réalité car les autorités maghrébines s’attaquent plus généralement aux libertés collectives et individuelles en se basant sur des lois liberticides. Les violations des droits humains les plus élémentaires sont monnaie courante. Les prisons sont de plus en plus peuplées de militant·e.s politiques, associatif·ve.s, intellectuels, journalistes et syndicalistes. Ainsi, on voit que les régimes despotiques qui sévissent au Maghreb ne convergent que pour réprimer leurs peuples.
L’après-midi, lui, a été consacré à la question cruciale de l’intégration souhaitée du Maghreb.

Nos invités, qui sont des chercheur.es, des économistes et des universitaires, toutes et tous spécialistes du Maghreb, se sont penchés sur des sujets d’ordres géopolitiques et géostratégiques qui se rapportent à l’intégration régionale. À travers leurs riches interventions, elles /ils ont questionné cette intégration sous différents angles; historiques, politiques, géostratégiques et socio-économiques.
Les visées de l’État génocidaire d’Israël sur la région en signant les accords d’Abraham avec l’État marocain, la récente mainmise des États-Unis d’Amérique sur les négociations entre le Maroc et le Front Polisario concernant le Sahara Occidental, ainsi que le début dernièrement des manœuvres militaires African Lion 26, pilotés par les USA et le Maroc, et qui regroupent la Tunisie et d’autres pays du Sahel, n’augurent rien de bon pour la région.

L’idée d’un Maghreb uni trouve ses sources dans les années 1920 lorsque les mouvements de libération nationale se sont réunis au Caire, dans le cadre de leur lutte contre la colonisation, pour constituer une commission de libération du Maghreb. Trente ans après, la conférence de Tanger de 1958 a initié la création d’une union maghrébine.

La forme et le contenu géopolitique de cette union ont été modelés au gré des régimes qui ont pris le pouvoir après les indépendances. Celle qui a été livrée et imposée aux Maghrébins s’appelle l’Union du Maghreb Arabe qui a vu le jour en 1989 à Marrakech. Une coquille vide, sans aucun impact politique majeur et dont l’appellation même, étant non inclusive, pose problème. Elle est à l’image des pouvoirs qui sévissent depuis au Maghreb. Son temps est révolu. Les peuples maghrébins méritent mieux et aspirent à une vraie cohésion.

À travers les analyses et les interrogations de nos intervenant.es sur les raisons objectives et les obstacles qui se dressent devant l’intégration et la construction d’un Grand Maghreb, malgré tous les atouts économiques et géopolitiques dont dispose la région, nous pouvons déceler en filigrane une esquisse de réponse qui désigne comme responsable le déficit criant de l’État de droit dans tous les pays du Maghreb.

Les débats et les échanges d’aujourd’hui ont permis quelques réflexions et pistes à explorer pour le dépassement. Les sociétés civiles maghrébines ont un rôle primordial pour atteindre cet objectif. C’est à nous, forces vives de ces sociétés, qu’incombe cette tâche et d’en être le fer de lance. Nous savons que le pouvoir appelle l’abus de pouvoir comme disait Montesquieu. Nous devons donc rester ce que nous sommes aujourd’hui, c’est-à-dire des défenseur.es des droits humains éternellement insatisfaits. Nous devons rester vigilants et alertes pour jouer notre rôle de garde-fou, sensibilisés et mobilisés pour des changements démocratiques en vue de l’avènement de l’État de droit dans tous les pays du Maghreb, un préalable pour une intégration future dans un Grand Maghreb des peuples pour la liberté, la dignité, la justice, l’égalité, la pluralité, la démocratie – un grand Maghreb où toutes les frontières seront démantelées pour céder la place à la libre circulation des humains et des biens.

Nous sommes conscients que le chemin à parcourir est très long, mais nous avons l’intime conviction que le salut des peuples de la région se trouve au bout de cette voie que nous empruntons.

Il est temps de construire ensemble une solidarité active et transnationale pour refuser la résignation et les frontières qui nous sont imposées.

Nous appelons toutes les forces vives éprises de justice et de liberté à se mobiliser massivement avec nous pour :
– Briser le silence imposé par la répression
– Dénoncer publiquement et sans compromis les violations des droits
– Exiger la libération de tou.tes les détenu.es politiques et d’opinion
– Défendre ensemble la liberté d’expression et une justice indépendante

Associations et organisations signataires :

Association de défense des droits de l’Homme au Maroc (ASDHOM)

Association Démocratique des Tunisiens en France (ADTF)

Association des Haratines de Mauritanie en Europe (A.H.M.E)

Association des Marocains en France (AMF)

Association marocaine des droits humains-Paris (AMDH-Paris)

Association de parents et amis de disparus au Maroc (APADM)

Association des travailleurs maghrébins de France (ATMF)

Association Le Pont de Genève [SUISSE]

Collectif des familles de disparus en Algérie (CFDA)

Collectif de sauvegarde de la Ligue Algérienne des Droits Humains (CS-LADDH) 

Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT)

Coordination maghrébine des organisations des droits humains (CMODH)

Euro-Mediterraan Centrum Migratie & Ontwikkeling (EMCEMO) [PAYS-BAS]

Femmes Plurielles

Fédération des Tunisiens citoyens des deux rives (FTCR)

Fondation Frantz Fanon (FFF)

Forum des organisations nationales des droits humains en Mauritanie (FONADH)

Forum marocain Vérité et Justice-France (FMVJ-France)

Institut Mehdi Ben Barka – Mémoire vivante

Libertés Algérie

Na’oura-Bruxelles

Observatory on Gender In Crisis (Libye)

Pour une alternative démocratique en Algérie (PADA)

Riposte internationale [ALGÉRIE]

SOS Migrants – Belgique

Union des travailleurs immigrés tunisiens (UTIT)

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Gestern — 03. Mai 2026Haupt-Feeds

Healthcare IT Forum | Accélérer la digitalisation de la santé en Tunisie

03. Mai 2026 um 12:25

Le Healthcare IT Forum 2026, rendez-vous des innovateurs de la santé, réunira, les 5 et 6 mai 2026, à Tunis, décideurs publics, DSI, experts IT, établissements de santé, laboratoires et industries pharmaceutiques, pour accélérer la transformation digitale du secteur.

Organisé par Extra Com, sous l’égide du ministère de la Santé et en partenariat avec le Centre informatique du ministère de la santé (Cims), Tunisie Telecom et soutenu par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) et GIZ Tunisie, ce forum est la plateforme stratégique incontournable face aux mutations du secteur santé.

Intelligence artificielle en santé (applications concrètes, limites et impacts sur les pratiques médicales) ; cybersécurité et protection des données (sécurisation des systèmes hospitaliers, laboratoires et industries pharmaceutiques) ; interopérabilité des systèmes d’information (fluidité des échanges, qualité des données et connexion public-privé) ; transformation digitale des établissements (performance des systèmes, parcours patient et optimisation des processus) ; digitalisation de l’industrie pharmaceutique (conformité, automatisation et technologies émergentes) ; innovation et startups santé (nouveaux modèles, solutions disruptives et dynamique innovante).

Les participants profiteront d’espaces dédiés pour échanger directement avec des partenaires stratégiques, identifier des opportunités de collaboration et lancer des projets innovants en santé digitale. Un cadre idéal pour tisser des liens public-privé à haute valeur ajoutée, combinant networking qualifié avec les décideurs clés, découverte de solutions innovantes et partage de bonnes pratiques.

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‘‘À voix basse’’ de Leyla Bouzid | La mise à nu d’un silence collectif

03. Mai 2026 um 10:26

Il n’y a pas d’éclat dans ‘‘À voix basse’’. Pas de démonstration, encore moins de rupture spectaculaire. Le troisième long métrage de Leyla Bouzid avance autrement : à pas feutrés, dans les marges, là où les familles fabriquent leurs vérités autant qu’elles les dissimulent.

Djamal Guettala

Présenté en avant-première au cinéma Le Rio, le film s’ouvre sur un retour. Celui de Lilia, installée à Paris, qui revient en Tunisie pour enterrer son oncle. Le point de départ est connu. Mais très vite, le récit bifurque. Le deuil n’est qu’un seuil. Derrière, il y a autre chose : une maison traversée de tensions, des regards qui esquivent, des paroles qui contournent.

Rien n’est frontal. Et c’est précisément là que le film trouve sa force.

Le secret circule mais ne se dit pas

Dans cet espace familial clos, la parole circule mal. Elle se fragmente, se suspend, se dérobe. La mise en scène épouse cette logique : peu de mots, peu d’effets, mais une densité constante. Chaque silence devient signifiant. Chaque geste pèse plus qu’un dialogue.

Lilia, elle, se tient à la lisière. Entre deux mondes. Entre deux vérités. À Paris, elle vit une relation amoureuse avec une femme. En Tunisie, cette réalité n’existe pas. Ou plutôt, elle ne doit pas exister. Le film ne force rien, ne souligne pas. Il laisse cette tension s’installer, presque en sourdine, comme un battement continu sous la surface du récit.

C’est dans cet écart que se joue l’essentiel. Car l’enquête sur la mort de l’oncle n’est, au fond, qu’un révélateur. En cherchant à comprendre ce qui s’est passé, Lilia met au jour une autre réalité : celle d’une famille structurée par le non-dit. Ici, les secrets ne se disent pas. Ils circulent, se devinent, se transmettent.

L’intime devient politique

Lors de la rencontre avec le public au Rio, Leyla Bouzid l’a formulé sans détour : l’amour entre femmes reste largement absent des écrans tunisiens. Une remarque simple, mais qui éclaire tout le film. ‘‘À voix basse’’ ne revendique pas, il installe. Il donne à voir sans imposer, il expose sans déclarer.

Le cinéma de Bouzid continue ainsi de travailler une ligne précise : celle où l’intime devient politique sans jamais se transformer en discours. Déjà, dans ‘‘À peine j’ouvre les yeux’’, la jeunesse affrontait l’étau social. Dans ‘‘Une histoire d’amour et de désir’’, le corps devenait un territoire de négociation. Ici, c’est le silence qui prend le relais. Un silence qui protège, mais qui enferme.

Le film ne cherche pas à résoudre ses tensions. Il les maintient. Il les laisse exister, telles quelles, dans leur complexité. C’est peut-être là son geste le plus juste : refuser la simplification.

À la sortie, rien n’est complètement dit. Mais tout a été posé. À voix basse…

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Trump Baba ou l’Oncle pique-sous

03. Mai 2026 um 09:29

Donald Trump, ci-devant président des Etats-Unis d’Amérique, superpuissance d’antan en voie de déclin, semble avoir trouvé l’abracadabra magique pour faire débourser, pays et personnes physiques, un milliard de dollars pour obtenir la permission de siéger indéfiniment à son Conseil de paix, dont il est le président, le secrétaire général, le trésorier et le garde-chiourme. Donald va crouler sous le poids du billet vert. Sésame ouvre-toi ! (Trump en mode Ali Baba et les 40 voleurs, image générée par IA).

Mohsen Redissi *

Oncle Donald, en maître de cérémonie et profitant de sa présence à la plus grande concentration de chefs d’Etats, de têtes couronnées et d’hommes d’affaires pour faire du porte-à-porte d’un genre nouveau. Le temps lui est compté. Un coup de maître, la charte de son Conseil de la paix a été signée lors de la dernière réunion annuelle du Forum économique mondial, Davos, Suisse, 19-23 janvier 2026.

Trump a volé, tout d’abord, du temps et de la disponibilité des pays signataires de la charte, en jouant aisément au commis voyageur, lui le promoteur immobilier invétéré. Un désir pressant le pousse à faire d’une pierre deux coups : assister aux réunions et ratisser large en harcelant les plus sceptiques. Avec plus de 2500 participants, il avait l’embarras du choix. Trump n’est pas à sa première «quête».

Robin des bois, ou Arsène Lupin

Le maître des brigands, Robin des bois, aurait rougi de honte. Heureusement le Capitole veille au grain. Les parlementaires américains, très proches de leurs électeurs en situation précaire, ont vite fait d’arrêter une opération frauduleuse du locataire de la Maison blanche.

Pour tenir une promesse faite lors de la séance inaugurale du Conseil pour la paix, le 22 janvier 2026, Trump a piqué, sans vergogne et sans mettre de gants, dans les caisses et les programmes du département d’État. Il a détourné des fonds alloués aux démunis pour renflouer les caisses de son tout nouveau Conseil : $1,25 milliards initialement pour l’assistance internationale en cas de catastrophes, $200 millions pour les opérations de maintien de la paix et $50 millions réservés aux programmes d’échanges internationaux.

Trump Baba pioche, trempe dans des eaux troubles et détourne les caisses des pauvres pour renflouer les tiroirs caisses de son Conseil de paix, comme le résume très bien la sagesse populaire tunisienne «Secouer la gourde et verser dans le bassin». Une contradiction flagrante de la devise des deux maîtres brigands. Le congrès, le contre-pouvoir de l’exécutif en Amérique, veille au grain. Il ne s’est pas laissé intimider par ce vol à l’étalage. Il a aussitôt réagi à cette dérobade en gelant le transfert.  

Trump en mode Arsène Lupin, image générée par IA.

D’après la chaîne libanaise AlManar, citant Nickolay Mladenov, haut-commissaire chargé de la gestion des fonds collectés pour Gaza, les caisses sont vides. Donald Trump, président du Conseil, a fait transférer au profit d’Israël 17 milliards de dollars, initialement prévus pour l’acheminement d’aide et le lancement de chantiers pour la reconstruction de Gaza.

Notre président serait-il le Robin des Bois des temps modernes, défenseur des opprimés… israéliens ? En dépouillant les riches, il engraissait les pauvres en distribuant le butin de son larcin ? Ou serait-il alors Arsène Lupin ? Le gentleman cambrioleur, qui ne s’attaquait qu’aux plus riches ? Pour qui sonne le glas ?

Bernard l’Hermite

D.T. a jeté son dévolu sur l’U.S. Institute of Peace, temple de la réflexion, désormais rebaptisé Donald J. Trump U.S. Institute of Peace par respect à son altesse. La mégalomanie du locataire de la Maison blanche n’a aucune limite. Devenu Maître de céans, il a vite fait de virer un bon nombre du personnel et du corps enseignant, les plus réticents, ceux qui ne cadrent pas dans sa vision de la paix. Tout personnage allergique aux idées Maga en définitive, faisant ainsi de la prestigieuse institution une coquille vide.

Son nom est devenu un label et une forme de fabrique. Les doléances de la famille Kennedy sont restées sans réponse comme il a fait la sourde oreille aux interventions. Dirigé par ses proches, le conseil d’administration du John F. Kennedy Center for the Performing Arts l’a rebaptisé Trump-Kennedy Center. Une décision qui n’a pas fait que des heureux.

On a volé le marteau de Thor !

Dans un tour de passe-passe, il a fait disparaître le marteau en or massif utilisé pour annoncer l’ouverture de la première séance du Conseil de paix. Le marteau le plus cher au monde, il vaut son pesant d’or. Son larcin le plus audacieux et le plus précieux. 

A la séance de clôture, sans gêne aucune, il dit à son vice-président que le marteau lui a tapé dans l’œil et qu’il a la ferme intention de le «privatiser». D’après des sources proches de la présidence, Trump est un adorateur de tout ce qui brille, sans pour autant être un orfèvre. Il se barre avec le marteau qui n’a servi que deux fois, à l’ouverture et à la clôture du conseil. Trois coups à l’ouverture et trois coups à la clôture. Un six coups pour un ricain, c’est payer cher le carat. Il est le président, le secrétaire général, le trésorier et le garde-chiourme du Conseil de la paix.

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5 000 inscrits potentiels au semi-marathon de Bizerte

03. Mai 2026 um 08:28

Samedi 2 mai 2026, le comité directeur du Club Running de Bizerte a tenu une conférence de presse pour lever le voile sur les préparatifs de son prochain semi-marathon, rendez-vous sportif majeur pour la région, qui se tiendra le 10 mai.

Le Dr Mohamed Gabsi, figure emblématique des courses sportives, a souligné le dynamisme croissant de l’association, qui compte plus de 100 membres actifs, 15 000 suiveurs et plus de 5 000 inscrits potentiels pour la deuxième édition du semi-marathon de Bizerte, laquelle proposera quatre courses (1 km Kids, 5 km, 10 km et 21 km), avec 2 500 dossards disponibles — une nette progression par rapport à la première édition du 15 juin 2025, enrichie cette année par l’ajout d’une épreuve de 10 km à la demande des participants.

Ponctuant les échanges de son éloquence habituelle, Maître Mohamed Rached Sfaxi est intervenu tout au long de la conférence pour apporter des éclairages précieux et lever le voile sur les points techniques et juridiques singuliers de l’organisation

Cette édition sera dédiée à la mémoire du martyr, le sergent Ali Khaterchi, né le 20 août 1977 et assassiné le 1er janvier 2015 par des terroristes.

Cette édition se déroulera au village sportif de Sidi Salem, sur le site de l’Astrolabe, où la cérémonie débutera à 7h avec l’accueil des athlètes, suivie de l’hymne national à 7h50, avant le coup d’envoi de la première course à 8h, tandis que la distribution des prix est prévue à 9h.

Cette manifestation vise principalement à promouvoir l’hygiène et la santé, à valoriser le potentiel touristique de la région, à sensibiliser à la protection de l’environnement et à contribuer au dynamisme économique local.

Des points d’animation sont prévus tout au long du parcours afin de stimuler et d’encourager les athlètes.

Pour assurer le succès de cette édition, une véritable dynamique de solidarité s’est déployée avec la mobilisation de 120 volontaires issus d’un réseau d’associations locales engagées, parmi lesquelles figurent l’Amicale des anciens de l’armée nationale, «C’est à vous de changer Bizerte», le Croissant-Rouge, les Scouts de Tunisie (région de Bizerte), Two H Design, Radio Oxygène, Meneurs d’allure Tunisie, Les Coureurs de Cœur, Cap Ambulance et la salle de sport Joker.

Témoignant de l’attractivité croissante de la compétition, le peloton présentera cette année un caractère résolument cosmopolite, avec la participation d’athlètes venus de divers horizons, notamment d’Algérie, de Libye, du Maroc, de France, de Belgique, de Grande-Bretagne, d’Inde, d’Indonésie et du Japon.

Côté partenariats, l’événement franchit un nouveau palier avec une mobilisation digne des plus grandes compétitions internationales : un effort de sponsoring remarquable a permis de fédérer un nombre record de partenaires, témoignant de la confiance et de l’intérêt croissant des acteurs économiques pour ce semi-marathon.

Lotfi Sahli

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La Méditerranée, cette mer qui traduit les dieux et les langues

03. Mai 2026 um 08:28

Il y a des mers qui séparent, et d’autres qui obligent les hommes à se regarder. La Méditerranée appartient à cette seconde catégorie. Vue de loin, elle semble tracer une frontière nette entre deux rives : au nord, l’Europe chrétienne, latine, grecque, romane ; au sud et à l’est, le monde arabe, berbère, musulman, mais aussi juif, copte, syriaque, ottoman, africain. Pourtant, dès que l’on s’approche de son histoire réelle, dès que l’on quitte les cartes politiques pour entrer dans les ports, les marchés, les livres, les prières, les cuisines, les chansons et les mots de tous les jours, cette frontière se brouille. La Méditerranée n’est pas une ligne de séparation. Elle est une immense zone de frottement, de passage, de traduction et de métissage.

Zouhaïr Ben Amor *

Depuis l’Antiquité, cette mer a moins isolé les peuples qu’elle ne les a mis en relation. Elle a transporté des marchandises, bien sûr : blé, huile, vin, épices, tissus, métaux, céramiques. Mais elle a surtout transporté des croyances, des alphabets, des rites, des langues, des formes d’art, des manières de prier et de nommer le monde.

Fernand Braudel a montré que la Méditerranée n’est pas seulement un espace géographique : c’est une civilisation lente, faite de montagnes, de ports, de routes, de saisons, de mémoires superposées (Braudel, 1949). Cette lenteur explique peut-être pourquoi les religions et les langues ne s’y effacent jamais complètement. Elles s’y déposent comme des couches successives. Une mosquée peut garder le souvenir d’une basilique ; une église peut reprendre les colonnes d’un temple antique ; une langue peut porter dans sa bouche les traces d’une autre langue qu’elle croyait avoir oubliée.

La Méditerranée est donc une mer de brassage parce qu’elle a toujours mis en contact des mondes qui se pensaient différents, parfois ennemis, mais qui finissaient malgré tout par s’emprunter des mots, des techniques, des récits et des gestes. Elle est une mer paradoxale : lieu de guerre et de commerce, de conquête et d’hospitalité, de croisades et de traductions, d’exils et de retrouvailles. C’est cette complexité qui fait sa richesse. Elle n’a jamais été pure. Elle n’a jamais appartenu à une seule religion, à une seule langue, à une seule rive.

Une mer où les religions se croisent avant de s’opposer

On présente souvent la Méditerranée comme un théâtre d’affrontement religieux : Rome contre Carthage, Byzance contre l’islam, croisades chrétiennes contrepouvoirs musulmans, Reconquista ibérique, conquêtes ottomanes, colonisations européennes. Ces conflits ont existé, parfois avec une grande violence. Mais réduire la Méditerranée à ces affrontements serait oublier tout ce qui, dans le silence des jours ordinaires, a permis aux religions de cohabiter, de s’observer et parfois de s’influencer.

Prenons l’exemple de la Sicile. Cette île, située au cœur de la mer, est presque un résumé de la Méditerranée. Elle fut grecque, romaine, byzantine, arabe, normande, espagnole. À Palerme, les traces de cette histoire sont visibles dans l’architecture : la Chapelle Palatine, construite au XIIe siècle sous les rois normands, associe des mosaïques byzantines, des inscriptions arabes, des motifs islamiques et une structure chrétienne latine. On y voit une scène étonnante : un pouvoir chrétien qui fait travailler des artistes grecs et arabes, et qui assume une esthétique venue de plusieurs mondes. Ce n’est pas seulement de la décoration. C’est une manière de gouverner un espace pluriel. La Sicile normande montre que le religieux, dans la Méditerranée, n’est jamais totalement séparé du politique, de l’art et de la langue.

On peut dire la même chose d’Al-Andalus, l’Espagne musulmane médiévale. Cordoue, Tolède, Grenade furent des lieux où musulmans, chrétiens et juifs vécurent dans des rapports inégaux, parfois tendus, mais également féconds.

À Tolède, après la reconquête chrétienne de la ville en 1085, se développa un grand mouvement de traduction. Des textes grecs, arabes et hébreux furent traduits vers le latin, souvent grâce à des équipes où un savant juif ou mozarabe expliquait le texte arabe à un clerc chrétien, lequel le rendait en latin. Aristote, Galien, Ptolémée, Avicenne, Averroès passèrent ainsi d’une rive à l’autre de la pensée.

La transmission du savoir antique à l’Europe médiévale s’est donc faite en grande partie par l’intermédiaire du monde arabe et juif méditerranéen. David Abulafia rappelle que la Méditerranée a été moins un espace fermé qu’un réseau de routes où les hommes, les idées et les objets circulaient en permanence (Abulafia, 2011).

Il faut aussi évoquer les communautés juives de Méditerranée. Elles constituent l’un des plus beaux exemples de circulation religieuse et linguistique. Les juifs séfarades, expulsés d’Espagne en 1492, trouvèrent refuge dans plusieurs villes du sud et de l’est méditerranéen : Salonique, Istanbul, Tunis, Alger, Livourne, Alexandrie. Ils y apportèrent le judéo-espagnol, ou ladino, langue de mémoire et d’exil, qui conserva pendant des siècles des mots venus de l’Espagne médiévale tout en intégrant des éléments turcs, arabes, grecs, italiens. Salonique, longtemps appelée la «Jérusalem des Balkans», fut ainsi une ville où l’on pouvait entendre le grec, le turc, le ladino, l’arabe, l’italien et le français. La religion y était inséparable de la langue : prier, commercer, chanter, écrire une lettre, tout cela révélait l’appartenance à une communauté, mais aussi son ouverture aux autres.

Dans les villes du Maghreb, les voisinages religieux furent également nombreux. À Tunis, à Djerba, à Fès, à Tlemcen, les communautés musulmanes et juives ont partagé des espaces, des métiers, des musiques, des traditions culinaires, des fêtes parfois observées par les uns et les autres.

La Ghriba de Djerba, l’un des plus anciens lieux de pèlerinage juif en Afrique du Nord, existe dans un environnement majoritairement musulman. Elle témoigne de cette profondeur méditerranéenne où les lieux sacrés ne sont pas seulement des monuments : ils sont des mémoires vivantes.

Bien sûr, il ne faut pas idéaliser cette cohabitation. La Méditerranée a connu des exclusions, des massacres, des conversions forcées, des hiérarchies humiliantes. Mais même dans les périodes de domination, la rencontre continuait. Un artisan musulman pouvait travailler pour une église ; un médecin juif pouvait soigner un prince chrétien ou musulman ; un marchand chrétien pouvait parler arabe pour vendre ses tissus à Alexandrie ; un marin grec pouvait jurer dans une langue mêlée comprise de tous les ports.

Les langues, ces bateaux invisibles

Si les religions ont traversé la Méditerranée avec leurs livres et leurs rites, les langues l’ont traversée avec une souplesse encore plus grande. Elles sont les bateaux invisibles de cette mer. Elles transportent des mots sans que l’on sache toujours d’où ils viennent. Elles se glissent dans la bouche des peuples, changent d’accent, se déguisent, deviennent naturelles.

L’arabe, par exemple, a laissé une trace profonde dans les langues du nord méditerranéen, notamment en espagnol, en portugais, en sicilien et même en français. En espagnol, des mots comme aceituna pour l’olive, azúcar pour le sucre, almohada pour l’oreiller, alcalde pour le maire, ojalá venant de l’expression arabe in shâ’ Allah, rappellent la longue présence arabe en Ibérie.

En sicilien, plusieurs termes agricoles, culinaires ou administratifs proviennent de l’arabe. Cela prouve que la conquête n’est pas seulement militaire : elle devient linguistique lorsqu’elle touche la vie quotidienne. Les mots qui restent sont souvent ceux de la maison, du marché, de la terre, de la nourriture. Ils sont plus durables que les empires.

Inversement, les langues européennes ont pénétré la rive sud. En Tunisie, en Algérie, au Maroc, l’italien, l’espagnol et surtout le français ont laissé des traces considérables. Mais avant même la colonisation moderne, les ports du Maghreb vivaient déjà dans un plurilinguisme intense. À Tunis, à Alger, à Tripoli, à Alexandrie, des marchands venus de Livourne, de Marseille, de Gênes, de Malte ou de Barcelone échangeaient avec des Arabes, des Turcs, des Juifs, des Grecs, des Berbères. On parlait ce qu’il fallait parler pour vendre, acheter, négocier, survivre.

C’est dans ce contexte qu’apparaît la fameuse lingua franca méditerranéenne, langue de contact utilisée pendant plusieurs siècles dans les ports, les bagnes, les marchés et les navires. Elle mêlait principalement des éléments italiens, espagnols, provençaux, arabes, turcs et grecs. Ce n’était pas une langue de littérature, mais une langue de nécessité. Une langue sans académie, sans pureté, sans grammaire officielle. Une langue faite pour se comprendre vite. Jocelyne Dakhlia a bien montré que cette langue métisse révèle une vérité profonde : les Méditerranéens, même lorsqu’ils se combattaient, avaient besoin d’un idiome commun pour négocier, travailler, racheter des captifs ou organiser la vie portuaire (Dakhlia, 2008).

La lingua franca est peut-être l’un des plus beaux symboles de cette mer : elle naît non pas d’une identité unique, mais de l’impossibilité de vivre sans l’autre.

La Tunisie offre ici un exemple très concret. Son parler quotidien contient des mots venus de l’arabe classique, du berbère, du turc, de l’italien, du français, parfois de l’espagnol. Le mot koujina, pour la cuisine, rappelle l’italien cucina. Fattura, pour facture, vient de l’italien. Bosta, pour poste, circule entre plusieurs langues méditerranéennes. Le français, lui, a marqué les domaines de l’école, de l’administration, de la technique, de la médecine. Dans une même phrase tunisienne, on peut entendre l’arabe dialectal, un verbe français adapté, une intonation italienne, un mot turc fossilisé. Ce mélange n’est pas une pauvreté linguistique. C’est une mémoire historique en action.

La Méditerranée se lit donc aussi dans les accents. L’accent marseillais porte des traces du sud, de l’Italie, du Maghreb, de la mer. Le maltais, langue sémitique écrite en alphabet latin, est un cas exceptionnel : il descend de l’arabe siculo-maghrébin, mais il a intégré de nombreux mots italiens, siciliens, anglais et français. Malte est ainsi une île où la langue elle-même raconte l’histoire des dominations et des échanges. Elle prouve qu’une langue peut être à la fois arabe par sa structure, européenne par son écriture, catholique par son environnement religieux et méditerranéenne par son esprit.

Ports, marchés, exils : la vraie géographie méditerranéenne

Pour comprendre ce brassage, il faut quitter l’idée des nations fermées et regarder les villes portuaires. La Méditerranée a été faite par ses ports : Alexandrie, Carthage, Tunis, Palerme, Naples, Marseille, Gênes, Venise, Barcelone, Smyrne, Istanbul, Beyrouth, Tripoli. Ces villes sont des seuils. Elles ne sont jamais complètement tournées vers l’intérieur du pays ni totalement livrées à la mer. Elles vivent entre deux fidélités.

Alexandrie, fondée par les Grecs en Égypte, est l’un des plus grands symboles de ce mélange. Ville hellénistique, romaine, chrétienne, arabe, ottomane, cosmopolite, elle a accueilli des Grecs, des Juifs, des Arabes, des Arméniens, des Italiens, des Français, des Maltais. Au XIXe et au début du XXe siècle, on y parlait plusieurs langues dans les rues, les cafés, les écoles, les journaux. Cavafy, poète grec d’Alexandrie, écrivait dans une ville égyptienne où la mémoire grecque survivait au milieu de l’arabe et des langues européennes. Alexandrie n’était pas une ville pure. C’était une ville-palimpeste.

Marseille, de son côté, a toujours été une ville ouverte au sud. Fondée par des Grecs venus de Phocée, elle a entretenu des liens anciens avec le Levant, l’Afrique du Nord, l’Italie, la Corse. Au XXe siècle, l’arrivée de populations arméniennes, italiennes, espagnoles, maghrébines, comoriennes, juives séfarades, a prolongé cette vocation. Marseille n’est pas seulement une ville française sur la Méditerranée ; elle est une ville méditerranéenne en France. Dans ses marchés, ses quartiers, ses cuisines, ses musiques, elle montre que la rive nord n’est jamais séparée de la rive sud. Le couscous, la pizza, la harissa, l’anchoïade, la chorba, les pâtes, les sardines grillées y composent une géographie plus profonde que les frontières politiques.

Tunis aussi est une ville de brassage. La médina, avec ses souks, ses mosquées, ses zaouïas, ses anciennes demeures, rappelle l’ancrage arabe et islamique. Mais la ville moderne, les quartiers de La Goulette, de Lafayette, de Mutuelleville, les traces italiennes, françaises, maltaises et juives, disent une autre histoire. La Goulette, en particulier, fut un espace méditerranéen exemplaire : musulmans, juifs, chrétiens, Italiens, Maltais, Français, Tunisiens y ont vécu dans une proximité faite de voisinage, de cuisine, de langues croisées, de fêtes populaires.

Là encore, il ne s’agit pas de rêver un âge d’or sans conflit, mais de reconnaître une réalité : les sociétés méditerranéennes ont longtemps su vivre dans une pluralité concrète, souvent plus souple que les idéologies modernes.

Les exils ont renforcé ce brassage. Les Andalous chassés d’Espagne ont apporté au Maghreb des savoir-faire artisanaux, des musiques, des techniques agricoles, des formes architecturales. En Tunisie, leur présence a marqué des villes comme Testour, où l’on retrouve une mémoire andalouse dans l’urbanisme, la musique et certains usages. Les Morisques ont traversé la mer avec leurs blessures, mais aussi avec leurs compétences. La Méditerranée est souvent cela : une douleur qui devient culture.

On pourrait multiplier les exemples : les Grecs d’Asie Mineure installés ailleurs après les bouleversements du XXe siècle ; les Italiens de Tunisie rentrés ou dispersés après l’indépendance ; les juifs du Maghreb partis vers la France ou Israël ; les travailleurs maghrébins venus reconstruire l’Europe d’après-guerre ; les migrants contemporains qui traversent la mer au péril de leur vie. Chaque époque a ses circulations, volontaires ou forcées. La Méditerranée n’a jamais cessé d’être un espace de départs et d’arrivées.

Ce que les mots et les rites nous apprennent encore

Aujourd’hui, on parle souvent de choc des civilisations, de frontières à protéger, d’identités menacées. La Méditerranée est parfois décrite comme une fracture entre Europe et Afrique, entre christianisme et islam, entre richesse et pauvreté, entre Nord et Sud. Cette vision contient une part de réalité politique, mais elle oublie l’histoire longue. Elle oublie que le nord et le sud de la Méditerranée se sont fabriqués mutuellement.

L’Europe médiévale a reçu par le monde arabe une partie essentielle de la philosophie grecque, des mathématiques, de la médecine et de l’astronomie. Le Maghreb moderne a reçu de l’Europe des institutions, des langues, des formes scolaires et administratives, parfois dans la violence coloniale, mais aussi dans des appropriations créatrices. Les cuisines se sont mélangées : la tomate venue des Amériques a transformé l’Italie et le Maghreb ; les pâtes ont voyagé ; le café, venu d’Orient, est devenu européen ; le sucre, les agrumes, les épices ont traversé les ports. Même les musiques racontent cette circulation : le malouf tunisien porte la mémoire andalouse ; le flamenco conserve des traces gitanes, arabes, juives et populaires ; le raï algérien a dialogué avec les sons occidentaux ; les chants napolitains et les mélodies orientales partagent parfois la même nostalgie.

Les religions elles-mêmes, malgré les dogmes qui les distinguent, partagent des paysages. Le judaïsme, le christianisme et l’islam sont nés dans un espace proche, autour de la Méditerranée orientale et du Proche-Orient. Ils ont en commun des figures, des récits, des prophètes, des lieux saints, une conception du Livre, une mémoire d’Abraham. Les pèlerinages, les tombeaux de saints, les cultes populaires montrent souvent des proximités plus fortes que les théologies officielles. Dans plusieurs régions méditerranéennes, des sanctuaires ont été fréquentés par des fidèles de religions différentes. Ce phénomène rappelle que la foi vécue par les peuples est parfois plus poreuse que la foi définie par les autorités.

S. D. Goitein, à partir des documents de la Geniza du Caire, a montré l’existence d’une société méditerranéenne médiévale traversée par des marchands, des lettres, des contrats, des familles dispersées entre Égypte, Maghreb, Sicile, Yémen, Syrie et Inde (Goitein, 1967). Ces archives révèlent une Méditerranée concrète, quotidienne, où les hommes écrivent pour demander de l’argent, organiser un mariage, régler une dette, recommander un voyageur, vendre une marchandise. Ce ne sont pas les grands discours qui parlent ici, mais la vie ordinaire. Et cette vie ordinaire est déjà mondialisée.

Voilà peut-être la grande leçon méditerranéenne : l’identité n’est pas un bloc, c’est une circulation. Être méditerranéen, ce n’est pas appartenir à une origine unique. C’est porter plusieurs héritages, parfois contradictoires. C’est savoir que le mot que l’on prononce vient peut-être d’un ancien conquérant, que le plat que l’on mange a traversé trois empires, que la musique que l’on aime contient une mémoire d’exil, que la ville que l’on habite a été priée dans plusieurs langues.

La Méditerranée nous enseigne donc une forme de modestie. Aucune rive ne peut prétendre être seule à l’origine de ce qu’elle est. Le nord doit reconnaître ce qu’il doit au sud et à l’est : les savoirs, les chiffres, les traductions, les marchandises, les récits. Le sud doit reconnaître ce qu’il a absorbé, transformé, adapté des langues et des institutions venues du nord. Entre les deux, il n’y a pas seulement domination ou dépendance ; il y a aussi création, emprunt, résistance, imitation, invention.

Dans un monde où les frontières se durcissent, cette mémoire est précieuse. Elle ne nie pas les conflits. Elle ne transforme pas l’histoire en carte postale. Elle rappelle simplement que la Méditerranée a toujours été plus forte lorsqu’elle a accepté son mélange. La pureté y est une fiction. Le brassage y est la vérité profonde.

Ma Méditerranée, si l’on peut dire ainsi, n’est donc pas seulement bleue. Elle est arabe et latine, berbère et grecque, juive et musulmane, chrétienne et laïque, française et italienne, turque et espagnole, populaire et savante. Elle parle avec plusieurs accents. Elle prie dans plusieurs directions. Elle écrit de droite à gauche et de gauche à droite. Elle chante la séparation et invente pourtant des voisinages. Elle est cette mer qui, depuis des siècles, oblige les hommes à traduire — et traduire, au fond, c’est déjà reconnaître que l’autre existe.

* Universitaire.

Bibliographie sélective

Abulafia, David. The Great Sea: A Human History of the Mediterranean. Oxford University Press, 2011.

Braudel, Fernand. La Méditerranée et le Monde méditerranéen à l’époque de Philippe II. Armand Colin, 1949.

Dakhlia, Jocelyne. Lingua franca : histoire d’une langue métisse en Méditerranée. Actes Sud, 2008.

Goitein, S. D. A Mediterranean Society: The Jewish Communities of the Arab World as Portrayed in the Documents of the Cairo Geniza. University of California Press, 1967.

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Propositions de l’Utica concernant la réforme du Code des changes

03. Mai 2026 um 07:59

Le jeudi 30 avril 2026, la Commission des finances et du budget de la Chambre des représentants a tenu une audition au siège de la Chambre avec une délégation de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica), concernant le projet de loi relatif à l’amendement du Code des changes, et pour discuter de la vision du secteur privé sur les réformes fondamentales proposées et leur impact sur le climat d’investissement et la compétitivité des institutions tunisiennes.

Lors de cette session, les représentants de la centrale patronale ont présenté une approche de réforme globale fondée sur une analyse critique de la législation actuelle en matière de contrôle des changes datant de 1976, qu’ils ont comparée au nouveau code des changes proposé.

Intégrer la dimension numérique

Ils ont souligné que le système actuel ne répond plus aux transformations économiques et financières mondiales. Dans ce contexte, ils ont affirmé que la philosophie législative actuelle repose sur une approche réglementaire s’appuyant sur des restrictions et une autorisation préalable, tandis que le nouveau code vise à instaurer une approche plus ouverte, fondée sur la libéralisation progressive des relations financières avec l’étranger, la simplification des procédures administratives et l’assouplissement des règles de transfert de capitaux. Selon eux, cela renforcera la compétitivité de l’économie nationale et améliorera le climat des affaires.

Les représentants de l’organisation ont également insisté sur la nécessité d’intégrer la dimension numérique au nouveau cadre juridique, soulignant que la législation actuelle ne suit pas le rythme des évolutions technologiques rapides, notamment en ce qui concerne les cryptomonnaies, les plateformes de paiement internationales et les transactions financières numériques transfrontalières.

Dans ce contexte, ils ont plaidé pour un cadre juridique clair afin d’encadrer ces activités et d’assurer leur contrôle, sans pour autant freiner l’innovation ni l’intégration de l’économie tunisienne à l’économie numérique mondiale.

Réduction des peines d’emprisonnement

Concernant l’aspect punitif, la délégation a souligné la nécessité de revoir le système pénal applicable aux infractions de change en adoptant le principe de proportionnalité entre l’infraction et la peine, et en réduisant les peines d’emprisonnement tout en renforçant l’effet dissuasif économique. L’objectif est d’atteindre un équilibre entre l’application de la loi et l’incitation au respect volontaire de celle-ci par les acteurs économiques.

Les représentants syndicaux ont abordé les questions relatives à la définition du statut de «résident» et de «non-résident», soulignant que ce concept est un pilier fondamental de la régulation des relations financières avec les entités étrangères. Ils ont discuté de l’adoption d’un critère temporel (183 jours) pour déterminer le statut de résident, en soulignant ses implications pour la situation des Tunisiens de l’étranger et des investisseurs étrangers, notamment en ce qui concerne les droits de transfert de bénéfices et de gestion des devises étrangères.

Dans ce contexte, l’accent a été mis sur la nécessité de trouver un juste équilibre entre, d’une part, la garantie de la libre circulation des bénéfices et des capitaux et, d’autre part, le respect des exigences de surveillance financière et la protection des réserves de change. Cet équilibre est crucial pour assurer la stabilité du système financier sans compromettre l’attractivité des investissements.

Rétablir la confiance entre Etat et opérateurs

L’intervention de la délégation de l’Utica ne s’est pas limitée à la présentation des aspects techniques du projet de Code des changes. Elle a également proposé une vision économique globale du rôle de l’organisation en tant que partenaire clé du processus de réforme.

La délégation a souligné que le succès de toute réforme législative repose sur le rétablissement de la confiance entre l’État et les acteurs économiques. À cet égard, les présents ont insisté sur la nécessité de réduire la bureaucratie administrative, de simplifier les procédures bancaires et de garantir la clarté et la stabilité du cadre législatif. Selon eux, cela renforcerait le climat des investissements et encouragerait l’initiative privée.

Un système de change flexible et intégré

La délégation a également souligné que le contexte international actuel, marqué par des bouleversements géopolitiques, offre de réelles opportunités à la Tunisie pour attirer de nouveaux investissements, à condition de disposer d’un système de change flexible et intégré, associé à une loi incitative sur l’investissement. Ceci permettrait de tirer parti de ces évolutions au profit de l’économie nationale.

Par ailleurs, la délégation a abordé la question du financement, insistant sur le fait que l’accès limité aux prêts bancaires et les taux d’intérêt élevés figurent parmi les principaux obstacles à l’investissement, notamment dans des secteurs stratégiques tels que la transition énergétique. Cette transition requiert des ressources financières substantielles et des mécanismes de financement adaptés. Dans ce contexte, la délégation a plaidé pour le développement d’instruments de financement et un meilleur accès aux prêts afin de soutenir l’investissement et la production.

La délégation de l’Utica, conduite par le président Samir Majoul, était composée de
Hichem Elloumi et Hamadi Koôli, vice-présidents, Khaled Sellami et Slim Ghorbel, membres du Bureau exécutif national, Akram Belhaj, président de la Fédération nationale du cuir et de la chaussure, Maher Feki, directeur central des affaires économiques, et le professeur Salah Dakhlaoui.

I. B.

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Le poème du dimanche | ‘‘Le deuil rouge’’ de Salah Al-Hamdani

03. Mai 2026 um 07:33

Né à Bagdad en 1951, Salah Al-Hamdani, est poète, écrivain, homme de théâtre français d’origine irakienne. (Ph. Isabelle Lagny).

Ancien opposant à la dictature de Saddam Hussein, Al-Hamdani commence à écrire ses poèmes en prison, vers l’âge de 20 ans. Il choisit la France comme terre d’exil, en 1975.

Il est l’auteur de plus de soixante-dix ouvrages, en arabe et en français (poésie, nouvelles et récits), dont, certains, sont traduits de l’arabe, en collaboration avec Isabelle Lagny. Sa poésie et ses récits en français sont traduits en plusieurs langues.

Tahar Bekri

Au sommet de ma cellule, je creuse un trou

Et s’évade la lumière ailée d’espoir

de ma nostalgie tuberculeuse.

Alors le chagrin s’y précipite et enveloppe les rires.

Je sais,

ma pensée n’a plus le sens profond qui apaise l’esprit.

Et même les battements de mon cœur

ne laissent plus d’ombre sur le reflet de l’aurore

car cette lumière en deuil

crie en moi à tous les crépuscules

jusqu’à la fin du jour.

Je suis comme ce livre abandonné depuis l’enfance,

aujourd’hui moisi sur l’étagère de l’âge adulte.

Rien,

pas même une lucarne dans le mur

ne me permet d’y échapper.

Sans cesse je comble ma gorge

d’un frémissement de mots

de restes

de ténèbres nocturnes.

Sans cesse j’emplis ma gorge

de lumière matinale

et sèche mon âge sur les barbelés de cette ville.

Les choses étaient ainsi, ou bien elles n’étaient pas

ou bien encore les deux.

On pourrait dire

que les palmiers sont venus à moi

frappent aux portes de mon absence

et qu’ils somnolent

à présent sur le seuil de Bagdad l’ancienne.

Traduit par de l’arabe par l’auteur et Isabelle Lagny

Extrait de L’arrogance des jours, Ed. Al Manar, édition bilingue, Paris, 2020.

(Remerciements à l’auteur)

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La Tunisie projette d’atteindre 100 000 hectares de colza  

02. Mai 2026 um 13:28

Mnaouar Sghaier, directeur du département de la production agricole de l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (Utap), a déclaré à Mosaique FM que le secteur agricole tunisien souffre d’un manque d’aliments pour animaux, notamment d’aliments composés, estimée à 25 % des besoins.

M. Sghaier, qui a fait cette déclaration en marge d’un symposium sur les aliments composés, organisé dans le cadre du Salon méditerranéen des productions animales et de l’élevage (Pamed), organisé du 28 avril au 1er mai 2026 à l’Expo Center Médina – Yasmine Hammamet, a expliqué que la culture du colza, introduite en Tunisie en 2014, représente la solution idéale pour pallier ce déficit, car il s’agit d’une culture fourragère riche en protéines, fournissant également des huiles végétales à haute valeur nutritionnelle.

Le responsable a souligné l’importance de développer la culture locale de fourrage dans le cadre d’un plan national visant à atteindre l’autosuffisance et à réduire les importations. Il a indiqué que la superficie actuellement cultivée atteint 15 000 hectares, produisant environ 16 000 quintaux, dont environ 7 000 quintaux sont destinés à la production d’huile végétale.

En conclusion, M. Sghaier a affirmé que l’objectif est d’atteindre 100 000 hectares de colza, soulignant que cette expansion apportera des avantages considérables au secteur, notamment en palliant la pénurie de fourrage, en préservant la fertilité des sols et en les enrichissant en matière organique grâce à un système de rotation des cultures blé-colza.

I. B.

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Tunisie | 20 à 31 ans de prion pour des trafiquants de drogue

02. Mai 2026 um 13:06

La Chambre criminelle du Tribunal de première instance de Tunis a prononcé des peines de prison allant de 20 à 31 ans, assorties d’amendes dépassant 400 000 dinars, à l’encontre de membres d’un réseau international de trafic de stupéfiants, rapporte Mosaïque FM.

Les prévenus ont été reconnus coupables d’avoir introduit clandestinement d’importantes quantités de cocaïne et d’autres stupéfiants en provenance d’un pays européen, destinés à être distribués en Tunisie.

L’affaire a débuté lorsque les douaniers du port de La Goulette ont été intrigués par la voiture d’un expatrié tunisien de retour d’une traversée maritime. Une fouille approfondie du véhicule à l’aide d’un scanner a révélé la présence de compartiments dissimulés dans les portières et la roue de secours.

L’opération a permis la saisie d’une importante cargaison de 11 000 comprimés de stupéfiants, ainsi que de 26 sachets de cocaïne pure.

Grâce à des interrogatoires approfondis menés auprès du chauffeur et de son complice, les deux hommes ont avoué travailler pour un réseau criminel transnational. Ils ont confirmé que la cargaison était destinée à un important trafiquant résidant dans le quartier d’El Aouina, à Tunis.

En coordination avec le parquet, une embuscade a permis l’arrestation du troisième suspect à son domicile, où d’autres quantités de stupéfiants, prêtes à être distribuées, ont été saisies.

I. B.

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