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Commerce extérieur : le déficit se creuse à 5,2 milliards de dinars

14. April 2026 um 16:20

Au premier trimestre 2026, les exportations ont atteint 16 266,8 millions de dinars; contre 21 499,5 millions de dinars d’importations. Ce qui porte le déficit commercial à 5 232,7 millions de dinars. Soit en légère aggravation sur un an, indique l’Institut national de la statistique (INS).

Les échanges commerciaux de la Tunisie ont enregistré une progression modérée au début de l’année 2026. Les exportations ont augmenté de 6,1 % par rapport à la même période de 2025 pour atteindre 16 266,8 millions de dinars. Tandis que les importations ont progressé de 5,5 % à 21 499,5 millions de dinars. Cette évolution s’est traduite par un creusement du déficit commercial. Il s’établit désormais à 5 232,7 millions de dinars; contre 5 049,5 millions un an auparavant. Le taux de couverture s’est néanmoins légèrement amélioré, passant de 75,2 % à 75,7 %.

La hausse des exportations est tirée principalement par les industries mécaniques et électriques, en progression de 10,6 %, ainsi que par les industries agroalimentaires qui affichent une croissance de 16,1 %, soutenue notamment par l’augmentation des ventes d’huile d’olive. Le secteur de l’énergie enregistre également une évolution positive. En revanche, les exportations reculent dans les secteurs des mines, phosphates et dérivés, ainsi que dans le textile, l’habillement et le cuir.

Du côté des importations, tous les groupes de produits sont orientés à la hausse. Les produits alimentaires enregistrent la progression la plus marquée, suivis des biens d’équipement, des produits énergétiques, des biens de consommation et des matières premières et demi-produits.

Au final, l’analyse du solde commercial par groupe de produits montre que le déficit global provient principalement des produits énergétiques, des matières premières et des biens d’équipement. À l’inverse, le secteur alimentaire dégage un excédent. Hors énergie, le déficit commercial est sensiblement réduit. Tandis que le déficit énergétique continue de peser sur la balance commerciale.

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Échanges commerciaux : l’UE capte 71 % des exportations tunisiennes

14. April 2026 um 15:43

L’Union européenne (UE) reste le principal partenaire commercial de la Tunisie au premier trimestre 2026. Elle concentre 71,5 % des exportations et 45,2 % des importations, avec des évolutions contrastées selon les pays. C’est ce qu’il ressort du dernier communiqué rendu public par l’Institut national de la statistique (INS).


Les échanges commerciaux de la Tunisie demeurent fortement orientés vers l’UE au début de l’année 2026. Les exportations vers cet espace ont atteint 11 628,1 millions de dinars. Elles sont en hausse par rapport à la même période de 2025. Cette progression est portée notamment par l’augmentation des ventes vers la France, l’Italie et l’Allemagne. Tandis qu’un recul est observé vers les Pays-Bas et la Grèce.

Quant aux exportations vers les pays arabes, elles évoluent de manière contrastée. Ainsi, elles enregistrent une forte hausse vers l’Égypte et l’Arabie saoudite; mais elles diminuent sensiblement vers le Maroc et vers l’Algérie et la Libye.

Du côté des importations, l’Union européenne représente 45,2 % des approvisionnements de la Tunisie, avec une valeur en hausse à 9 722,5 millions de dinars. Les achats augmentent notamment auprès de la France et de l’Italie. Tandis qu’ils reculent avec l’Espagne et la Grèce. En dehors de l’Union européenne, les importations progressent avec la Turquie et l’Inde. Alors qu’elles enregistrent une baisse marquée avec la Russie et la Chine. Ce qui confirme une recomposition partielle des partenaires commerciaux du pays

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Cybersécurité industrielle : la résilience comme nouvelle frontière

14. April 2026 um 14:17

Quand une usine s’arrête, ce ne sont pas seulement des lignes de fabrication qui se figent : c’est une équation économique, humaine et stratégique qui se dérègle. C’est autour de cette réalité que s’est articulé, le 14 avril 2026 à Tunis, le panel consacré à la sécurisation des sites industriels, des systèmes de production et des données sensibles, organisé par la Chambre de commerce et d’industrie tuniso-française dans le cadre de la journée « Cybersécurité et Résilience des Entreprises ». Sous la modération du professeur Faouzi Moussa, spécialiste des nouvelles technologies, quatre praticiens ont croisé leurs analyses pour cartographier une menace qui a profondément changé de visage.

La bascule vers l’industrie 4.0 a rompu une frontière longtemps tenue pour acquise, celle qui séparait les environnements de gestion informatique des systèmes pilotant les machines. Cette porosité nouvelle entre IT et OT (informatique de gestion et technologies opérationnelles) est au cœur de l’intervention d’Ali Laribi, fondateur du cabinet Fortress Plus et consultant spécialisé dans la sécurité des environnements industriels connectés.

Pour lui, les critères qui gouvernent la cybersécurité industrielle ne sont pas superposables à ceux du monde informatique traditionnel. Là où l’entreprise classique hiérarchise confidentialité et intégrité, l’usine place en tête la disponibilité continue et la protection physique des opérateurs. Or, ce secteur cumule deux handicaps structurels : des équipements vieillissants, souvent non répertoriés et impossibles à mettre à niveau, et une numérisation galopante qui multiplie les points d’entrée potentiels pour des attaquants de plus en plus organisés.

La maturité cyber de l’industrie reste ainsi sensiblement en retrait par rapport au secteur financier, avec un taux de conformité qui stagne aux alentours de 40 % en France. Les menaces, quant à elles, ont changé d’échelle : des groupes aux ressources étatiques ou mafieuses ciblent désormais des accès distants que les exploitants croient, souvent à tort, inexistants ou verrouillés. Le consultant a illustré l’ampleur des dégâts possibles en évoquant le cas de Saint-Gobain, dont les pertes imputables à l’attaque par rançongiciel NotPetya ont dépassé 250 millions d’euros. Face à cette montée en puissance, Ali Laribi plaide pour un renforcement réglementaire. Tout en citant les directives européennes NIS 2 et le Cyber Resilience Act comme leviers structurants pour la protection des infrastructures critiques.

Zéro tolérance pour l’arrêt de production

Chez Sagemcom, fabricant de compteurs intelligents et de modems, la cybersécurité a cessé d’être un poste de coût pour devenir une condition d’existence. C’est en ces termes que Rim Raboudi, Directrice Sécurité de l’Information du groupe, a présenté la doctrine de son entreprise : tout incident paralysant la production se chiffre immédiatement en millions d’euros perdus.

L’architecture de défense repose sur une double strate (équipes locales et centrale) articulée autour d’une fonction dédiée, le Factory Security Officer. Son rôle est d’anticiper et de quantifier les risques métiers. La certification ISO 27001, déployée à l’échelle du groupe depuis 2015, constitue le socle normatif de cette démarche. Depuis 2021, Sagemcom dispose de son propre Centre de Réponse aux Incidents (CERT), qui supervise les alertes à l’échelle mondiale, adossé à un Security Operations Center actif en continu, mobilisant une quinzaine de spécialistes.

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Si aucun incident grave n’a jusqu’ici affecté les opérations, l’entreprise maintient une posture d’anticipation permanente à travers des tests d’intrusion réguliers et des plans de reprise d’activité éprouvés. La responsable a conclu sur une formule sans ambiguïté : l’investissement en cybersécurité génère son retour dès la première attaque neutralisée.

Brevets, espionnage et menaces sans frontières

Avec 110 000 collaborateurs dans le monde, dont 3 500 basés en Tunisie, et un rythme de dépôts de brevets atteignant 1 300 titres en 2025, Safran représente précisément le profil d’acteur que les adversaires numériques prennent pour cible. Nizar El Abed, Directeur du Développement IT et de la Transformation Digitale du groupe aéronautique, a dressé une cartographie de quatre catégories de risques auxquels l’entreprise doit faire face.

En premier lieu, le vol de propriété intellectuelle et de données stratégiques. En second lieu, la déstabilisation opérationnelle, avec des cyberattaques susceptibles de paralyser des usines dont la connectivité est croissante. Le troisième vecteur est humain : hameçonnage ciblé, usurpation d’identité par deepfake, manipulation des collaborateurs. Quatrième axe enfin : les campagnes de désinformation visant la réputation du groupe.

Ce qui caractérise ces menaces, selon l’intervenant, c’est leur permanence et leur déterritorialisation. Portées par des rivalités économiques mondiales et des tensions géopolitiques durables, elles s’inscrivent dans le temps long. Pour y faire face, Safran mobilise une communauté interne d’experts et s’appuie sur une prise de conscience ancrée aux plus hauts niveaux hiérarchiques du groupe.

Des chiffres qui interpellent

L’intervention de Myriam Khelifi, experte en cybersécurité chez EY, a offert une lecture de gouvernance, centrée sur les failles que les organisations peinent encore à voir ou à admettre.

Elle en a identifié quatre. Le premier angle mort est précisément cette convergence IT/OT mal gouvernée : si la jonction technique est réelle, la clarté des responsabilités en cas d’incident ne suit pas toujours. Deuxième lacune : l’absence de priorisation des actifs critiques, qui conduit des entreprises à investir dans des solutions génériques sans avoir préalablement identifié leurs systèmes névralgiques. Troisième risque : la chaîne d’approvisionnement et les accès tiers. De nombreuses intrusions empruntent les tunnels de télémaintenance ouverts par des fournisseurs. Soit autant de maillons faibles que l’organisation ne maîtrise pas directement. Quatrième point de fragilité : le top management, insuffisamment préparé à gérer des crises cyber impliquant des scénarios industriels complexes.

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Ces constats trouvent un écho dans les données du Baromètre de la cybersécurité 2025, conduit en partenariat avec le CESIA auprès de 400 organisations africaines, dont plus d’un quart situées en Tunisie. Le tableau qui en ressort est préoccupant : malgré une conscience accrue du danger, 44 % des structures sondées allouent encore moins de 5 % de leur budget informatique à la sécurité, un niveau jugé structurellement insuffisant. Sur le plan organisationnel, l’étude révèle qu’au-delà de 40 % des Responsables de la Sécurité des Systèmes d’Information demeurent rattachés hiérarchiquement à la Direction des Systèmes d’Information. Une configuration qui compromet leur indépendance et leur capacité d’action.

La conclusion implicite de ce panel est sans appel : la cybersécurité industrielle n’est plus une discipline périphérique. Elle est devenue le garde-fou de la souveraineté productive.

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Quand l’usine devient une cible: les industriels face à l’urgence cyber

14. April 2026 um 14:43

Deux cent cinquante millions d’euros. C’est le montant que le géant Saint-Gobain a dû absorber après avoir été frappé par le rançongiciel NotPetya. Ce chiffre, brandi comme un signal d’alarme lors d’une rencontre professionnelle organisée ce jour à Tunis, résume à lui seul l’ampleur des enjeux qui pèsent désormais sur le tissu industriel mondial.

C’est dans le cadre de l’événement «Cybersécurité et résilience des entreprises», porté par la Chambre de commerce et d’industrie tuniso-française (CCITF), qu’un panel dédié au secteur productif a réuni plusieurs praticiens et experts autour de la question des systèmes industriels exposés. Placés sous la modération du Pr Faouzi Moussa, universitaire spécialiste des nouvelles technologies, leurs échanges ont mis en lumière une réalité souvent sous-estimée : l’usine connectée est devenue, qu’elle le veuille ou non, un terrain d’opération pour des adversaires organisés.

Un périmètre de défense qui s’est radicalement élargi

Pendant des décennies, les environnements industriels ont fonctionné en vase clos, imperméables aux intrusions extérieures par leur isolement même. L’avènement de l’industrie 4.0 a mis fin à cette forteresse naturelle. En fondant dans un même ensemble les technologies opérationnelles (OT) et l’informatique de gestion classique (IT), la digitalisation a ouvert des brèches que des acteurs malveillants, groupes criminels structurés ou entités parrainées par des États, n’hésitent plus à exploiter.

Ali Laribi, fondateur de Fortress Plus et consultant spécialisé en cybersécurité IT/OT, a décrit cette mutation avec précision. En environnement industriel, la hiérarchie des priorités de sécurité n’est pas celle du bureau: la disponibilité permanente des systèmes et la protection physique des opérateurs priment sur la confidentialité des données. Or les infrastructures de production cumulent deux handicaps structurels majeurs: l’usage persistant de technologies vieillissantes, souvent non répertoriées et impossibles à patcher, et l’introduction simultanée de nouvelles surfaces d’attaque par la numérisation. Résultat: la maturité cyber du secteur industriel accuse un retard significatif sur celui de la finance, avec un taux de conformité qui plafonne aux alentours de 40% en France. Quant aux accès distants que certains industriels croient inexistants ou hermétiques, ils constituent précisément les vecteurs d’intrusion privilégiés des assaillants modernes. Des cadres réglementaires comme la directive NIS 2 ou le Cyber Resilience Act européen sont, selon Ali Laribi, des leviers indispensables pour imposer un socle de défense commun aux infrastructures critiques.

Chez Sagemcom, la sécurité s’est imposée comme condition de survie industrielle

La démonstration la plus concrète de cet impératif est venue de Rim Raboudi, directrice Sécurité de l’information du groupe Sagemcom, fabricant de produits connectés, compteurs communicants, modems dont la chaîne de production ne peut tolérer aucune interruption. Chaque arrêt se chiffre en millions d’euros perdus. Face à cette réalité, le groupe a structuré sa réponse autour de plusieurs piliers: une gouvernance bicéphale articulant équipes locales et direction centrale, un rôle de factory security officer chargé d’évaluer les risques métiers au plus près du terrain, et un ancrage dans les standards internationaux avec la certification ISO 27001, déployée à l’échelle du groupe depuis 2015.

En 2021, Sagemcom a franchi un cap supplémentaire en dotant son organisation d’un CERT propre, capable de piloter la réponse aux incidents à l’échelle mondiale. Un security operations center tourne en continu, mobilisant une quinzaine d’experts, et des exercices réguliers tests d’intrusion, plans de reprise d’activité entretiennent la vigilance collective. Aucun incident majeur n’est venu compromettre les opérations à ce stade. Pour Rim Raboudi, l’équation est désormais simple: la cybersécurité n’est plus un poste de dépense négociable, mais un investissement dont le premier incident évité justifie immédiatement le coût.

Safran: quand l’innovation attire l’espionnage

Le groupe Safran, qui emploie 3 500 personnes en Tunisie et 110 000 à travers le monde, illustre un autre versant du risque cyber industriel: celui de la propriété intellectuelle. Avec 1 300 brevets déposés en 2025, cet acteur central de l’aéronautique figure parmi les cibles les plus convoitées des opérations d’espionnage économique à l’échelle planétaire.

Nizar El Abed, directeur Développement IT et Transformation digitale du groupe, a dressé une cartographie des menaces en quatre axes. Le premier est le vol de données sensibles et de secrets industriels. Le deuxième est l’atteinte à la continuité opérationnelle, susceptible de paralyser des usines dont l’interconnexion croissante est précisément le talon d’Achille. Le troisième concerne le facteur humain, hameçonnage ciblé, manipulation par deep fake, vecteur d’attaque en pleine expansion. Le quatrième, enfin, est la désinformation, outil de déstabilisation réputationnelle à visée stratégique. Ces menaces, a-t-il précisé, ne connaissent ni frontières géographiques ni limite dans le temps: elles s’inscrivent dans des dynamiques géopolitiques durables et des rivalités économiques mondiales. La réponse de Safran repose sur une communauté d’experts dédiés et une mobilisation assumée de la direction au plus haut niveau.

Des angles morts persistants dans la gouvernance cyber

La dernière intervention a peut-être été la plus décapante. Myriam Khelifi, experte en cybersécurité au sein d’EY, a radiographié les failles structurelles que les organisations industrielles continuent d’entretenir malgré elles.

Première lacune: la convergence IT/OT n’a pas partout entraîné une clarification des responsabilités en cas d’incident, laissant subsister des zones grises périlleuses. Deuxième fragilité: sans cartographie préalable des actifs vitaux, les investissements en sécurité se dispersent sur des solutions génériques au détriment des systèmes réellement critiques. Troisième vulnérabilité, et non des moindres: la chaîne de sous-traitance. De nombreuses compromissions empruntent les accès de télémaintenance accordés à des fournisseurs dont le niveau de sécurité n’a pas été vérifié. La multiplication des connexions VPN liée à la transformation digitale a considérablement élargi ce vecteur de risque tiers. Quatrième point faible: les équipes dirigeantes restent globalement peu préparées à la gestion de crises cyber intégrant des scénarios industriels complexes.

Ces failles sont documentées par les résultats du Baromètre de la cybersécurité 2025, réalisé en collaboration avec le CESIA auprès de 400 organisations à travers le continent africain, dont plus d’un quart de répondants tunisiens. Les données sont sans appel: malgré une prise de conscience réelle des menaces, 44% des organisations allouent encore moins de 5% de leur budget informatique à la cybersécurité. Sur le plan de la gouvernance, plus de 40% des RSSI demeurent rattachés à la DSI, une configuration qui limite leur indépendance et leur capacité d’action stratégique.

Entre la menace qui monte et les moyens qui stagnent, l’écart reste, pour l’heure, préoccupant.

 

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L’ancien président de l’INLUCC, Chawki Tabib, placé sous mandat de dépôt

14. April 2026 um 12:32

Le juge d’instruction près le Pôle judiciaire économique et financier a émis un mandat de dépôt à l’encontre de l’ancien président de l’Instance nationale de lutte contre la corruption (INLUCC), Chawki Tabib.

Il est soupçonné d’abus dans le cadre de ses fonctions lorsqu’il dirigeait cette instance. Par ailleurs, Chawki Tabib est déjà concerné par une autre affaire actuellement examinée par la Chambre spécialisée dans les affaires de corruption financière du Tribunal de première instance de Tunis. La première audience dans ce dossier est prévue pour le 27 avril prochain.

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Cybersécurité : Khelil Chaïbi appelle à une révolution stratégique dans les entreprises

14. April 2026 um 10:52

La cybersécurité n’est plus l’affaire des seuls techniciens. C’est le message central qu’a délivré Khelil Chaïbi, président de la CCITF, lors de l’événement « Cybersécurité et résilience des entreprises : Regards croisés par secteur ». Une rencontre organisée par la Chambre de commerce et d’industrie tuniso-française.

Face à des menaces globales et croissantes, il a plaidé pour que la protection numérique soit intégrée au cœur même des stratégies d’entreprise, portée collectivement par l’ensemble des acteurs économiques.

Dans un contexte de transformation numérique profonde et accélérée, Khelil Chaïbi a posé d’emblée le constat qui structure toute son intervention : la cybersécurité ne peut plus être reléguée au rang d’“expertise périphérique“. Elle doit désormais irriguer les processus opérationnels, les choix d’architecture et les décisions stratégiques des organisations, dès leur conception. C’est à cette condition, a-t-il soutenu, que les entreprises pourront bâtir une confiance durable dans leurs relations avec leurs partenaires et leurs clients.

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Cette exigence prend une acuité particulière dans le secteur industriel, où les systèmes de production sont aujourd’hui directement exposés aux cybermenaces. Les conséquences d’une faille ne sont plus abstraites : elles menacent concrètement et immédiatement la continuité des activités. Le secteur bancaire est soumis à des impératifs similaires, la transformation numérique y renforçant les exigences en matière de sécurité des transactions, de protection des données et de capacité à résister aux incidents technologiques.

 

Face à l’ampleur et à la globalité des menaces, le président de la CCITF défend une idée centrale : aucune organisation ne peut y répondre seule. La réponse technique, aussi sophistiquée soit-elle, demeure insuffisante si elle n’est pas adossée à une logique d’intelligence collective. C’est l’ensemble de l’écosystème économique qui doit se mobiliser, partager les expériences et coordonner les efforts pour construire une résilience réelle et durable, dit-il en substance.

Il a rendu hommage à la capacité des entreprises présentes à évoluer dans un environnement exigeant. Tout en soulignant que cette aptitude collective à se renforcer face à l’adversité est précisément ce qui justifie et donne tout son sens à de telles rencontres.

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Cybersécurité en Tunisie : l’heure n’est plus aux discours, mais à l’action collective

14. April 2026 um 10:28

La Tunisie ne peut plus se permettre de gérer sa cybersécurité en ordre dispersé. C’est le message sans détour qu’a délivré Yacine Djemaiel lors du séminaire « Cybersécurité et résilience des entreprises : regards croisés par secteur », organisé à Tunis par la Chambre de commerce et d’industrie tuniso-française (CCITF).

Dans une allocution d’une franchise rare, il a reconnu publiquement les insuffisances passées, annonçant un tournant institutionnel concret. Puis de lancer un avertissement clair : sans collaboration réelle entre acteurs publics et privés, la résilience du cyberespace national restera un vœu pieux.

Yacine Djemaiel – expert tunisien en cybersécurité, directeur général de l’Agence nationale de la sécurité informatique (ANSI) – n’a pas mâché ses mots. Évoquant la nécessité d’apprendre à travailler ensemble, il a concédé que cette prise de conscience arrivait peut-être tardivement. Reconnaissant ainsi que la coopération entre acteurs publics et privés aurait dû s’imposer bien plus tôt. Il a surtout formulé une mise en garde explicite sur un écueil structurel persistant dans le secteur : le décalage entre les discours tenus en colloque et les actes posés sur le terrain. Ce n’est plus tolérable, a-t-il signifié, à l’heure où les menaces cyber s’intensifient et où l’usage croissant de l’intelligence artificielle redéfinit en profondeur le paysage des risques.

Pour démontrer que ce changement de cap est déjà en marche, il a annoncé une initiative concrète devant se matérialiser prochainement : l’organisation d’exercices cyber de grande envergure, déployés à l’échelle nationale sur plusieurs journées consécutives. Vingt-cinq équipes seront formées par journée, dans des scénarios d’incidents et de crises réelles, au bénéfice d’un nombre d’organismes publics et privés bien plus élevé que ce que permettaient les formats habituels, jusqu’alors limités dans leur portée et leur durée.

 

Quid de la stratégie nationale de cybersécurité ?

Le signal le plus fort tient cependant au changement de rôle assumé par l’Agence nationale de la cybersécurité elle-même. Alors qu’elle animait jusqu’ici ces exercices en propre, elle cède désormais cette mission à des experts du secteur privé et se recentre sur sa fonction de régulateur. Yacine Djemaiel a présenté ce transfert comme un acte délibéré et symbolique : la preuve que la collaboration public-privé peut exister en dehors des textes stratégiques, dans la réalité opérationnelle du terrain.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale de cybersécurité, élaborée en 2025 à l’issue d’un processus consultatif impliquant l’ensemble des parties prenantes. Ce document de référence, dont les dernières phases d’approbation sont en cours, fixe parmi ses objectifs prioritaires la modernisation des infrastructures techniques et le renforcement des compétences humaines. Il a vocation à structurer durablement l’action collective en matière de protection du cyberespace tunisien, tous secteurs confondus.

Yacine Djemaiel a conclu en saluant la réponse positive des acteurs privés sollicités pour animer ces journées d’exercices, y voyant un signe encourageant que la dynamique est enclenchée. Mais le ton de son intervention ne laissait guère de place à la complaisance : la Tunisie entre dans une période où la résilience de son cyberespace ne se décrètera plus, elle se construira, ensemble, ou pas du tout.

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Gestern — 13. April 2026Haupt-Feeds

Infractions de change : une chance ultime de régularisation

13. April 2026 um 12:29

L’Assemblée des représentants du peuple se réunit en séance plénière ce mardi 13 avril 2026. Et ce, afin de débattre du projet de loi numéro 2025/058 relatif à la régularisation des infractions de change. Ce texte majeur, transmis à la commission des Finances et du budget depuis mai 2025, ambitionne de réintégrer les avoirs non déclarés dans le circuit économique formel en offrant un cadre légal aux contrevenants.

L’essentiel de la réforme s’articule autour de la mise en conformité des avoirs détenus à l’étranger et de la détention de devises sur le territoire national. Le projet de loi vise spécifiquement à régulariser le défaut de déclaration des biens à l’étranger ainsi que le non-respect des procédures de rapatriement des revenus générés. Il traite également de la possession de billets de banque étrangers en Tunisie lorsque ceux-ci n’ont été ni déposés auprès d’un intermédiaire agréé ni convertis en dinars conformément à la législation en vigueur depuis 1976.

En contrepartie de cette mise en règle, les bénéficiaires disposeront de nouvelles facilités financières significatives. La proposition prévoit notamment l’autorisation d’ouvrir des comptes en devises ou en dinars convertibles auprès des institutions bancaires locales. Ces fonds pourront être librement utilisés pour financer des investissements à l’échelle nationale ou pour couvrir des dépenses personnelles, tant en Tunisie qu’à l’étranger. Bien que le transfert vers des comptes bancaires situés hors des frontières demeure strictement proscrit.

La sécurité et la transparence de ces opérations seront garanties par une surveillance accrue des autorités compétentes. La Commission Tunisienne des Analyses Financières est ainsi chargée de mener toutes les enquêtes nécessaires pour valider l’origine et la légalité des fonds faisant l’objet d’une demande de régularisation. Ce dispositif global marque une étape décisive dans la refonte de la législation des changes et du commerce extérieur, visant à stabiliser les relations financières entre la Tunisie et ses partenaires étrangers.

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Inclusion économique : lancement du programme de microcrédits sans intérêts

13. April 2026 um 11:28

La plateforme numérique dédiée au programme d’intégration financière et économique des catégories sociales vulnérables ouvre ses portes ce lundi 13 avril 2026. Cette initiative de la part du ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle permet aux bénéficiaires de solliciter des financements pour leurs projets.

Le programme propose des crédits sans intérêt dont le montant peut atteindre 10 000 dinars par bénéficiaire. Ces financements couvrent l’ensemble des secteurs d’activité économique. Concernant les modalités de remboursement, la durée maximale est fixée à six ans et inclut une année de grâce pour faciliter le lancement des activités.

Les personnes intéressées par ce dispositif de soutien à l’entrepreneuriat disposent d’un délai d’un mois pour soumettre leur dossier. Les inscriptions seront clôturée vendredi 15 mai 2026. L’intégralité du processus de candidature s’effectue exclusivement en ligne via le portail numérique officiel mis en place par le ministère.

Ce dispositif s’inscrit dans le cadre de la stratégie gouvernementale visant à renforcer l’autonomie financière des foyers à revenus limités. En facilitant l’accès au capital, les autorités cherchent à encourager l’auto-emploi et à stimuler la création de richesse au sein des communautés les plus fragiles.

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Enfance et numérique : Sarah El Haïry en déplacement en Tunisie

13. April 2026 um 09:34

La protection des enfants face aux risques numériques est au cœur d’un déplacement officiel en Tunisie de Sarah El Haïry, prévu les 14 et 15 avril 2026 à Tunis, dans le cadre du partenariat franco-tunisien.

La Haute-commissaire française à l’Enfance doit effectuer une visite de deux jours destinée à renforcer la coopération entre la France et la Tunisie sur les enjeux liés à la protection des mineurs en ligne. Ce déplacement intervient dans un contexte d’augmentation rapide des usages numériques chez les enfants et les adolescents, et des risques associés.

Les autorités françaises soulignent que cette visite vise à partager les expériences des deux pays, à soutenir les initiatives locales et à consolider les partenariats institutionnels, éducatifs et associatifs en faveur des droits de l’enfant.

Au programme, Sarah El Haïry doit s’entretenir avec plusieurs responsables tunisiens, notamment au sein des ministères des Technologies de la communication, de l’Éducation nationale et de la Famille et de l’Enfance. Et ce, afin d’approfondir les politiques publiques liées à la protection des mineurs sur internet.

La responsable française prévoit également de rencontrer des élèves de l’école Robert Desnos pour discuter de l’impact des réseaux sociaux, de participer à une table ronde réunissant des acteurs du numérique éducatif et des startups tunisiennes, et de visiter l’association « Health and Psychology », engagée dans la santé mentale des jeunes.

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Salma Charni : « La Tunisie arrive au FMI avec un levier de négociation renforcé »

11. April 2026 um 16:00

À l’occasion des Réunions de printemps du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale à Washington, qui se tiendront du 13 au 18 avril 2026, auxquelles la Tunisie participera par la présence du ministre de l’Économie et de la Planification et du gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT), l’économiste et experte en gestion des risques et en data, Salma Charni, dans une interview exclusive avec L’Économiste maghrébin, propose une lecture différente de la trajectoire tunisienne.

Mais pour mieux saisir son message, il suffit de lire attentivement sa note analytique jointe à la fin de l’article, préparée exclusivement pour L’Economiste maghrébin et intitulée : « La Tunisie sans le FMI: souveraineté maîtrisée, coûts réalloués, avenir conditionnel ». 

 

Selon Salma Charni, la situation continue d’être interprétée à travers une opposition devenue presque réflexe : souveraineté d’un côté, intérêt économique de l’autre. Une grille de lecture qu’elle juge utile dans le débat public, mais insuffisante pour appréhender la réalité des arbitrages en cours.

Depuis 2022, explique-t-elle, la Tunisie a engagé, volontairement ou par contrainte, une trajectoire rare dans les économies émergentes : celle d’un pays qui maintient sa stabilité macrofinancière sans s’inscrire dans un programme formel avec le Fonds monétaire international. Dans un environnement international marqué par la hausse des taux, la contraction de la liquidité globale et les tensions géopolitiques, cette trajectoire mérite, selon elle, une lecture dépassionnée et, surtout, quantitative.

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Le premier fait, objectivable, est celui de la continuité financière. Entre 2022 et 2025, la Tunisie a servi une dette publique dont le service annuel atteint environ 24,4 milliards de dinars, sans défaut désordonné ni rupture de paiement. « C’est un indicateur central d’orientation effective », souligne Salma Charni, rappelant que cette performance a été réalisée sans l’ancrage d’un programme FMI, généralement considéré comme un filet de sécurité pour les pays à financement contraint.

Elle met également en avant la recomposition de la dette publique comme élément structurant. La part de la dette intérieure est passée d’environ 42 % en 2022 à plus de 60 % en 2025, tandis que la dette extérieure reculait. Pour l’experte, ce basculement traduit un choix stratégique clair : « réduire l’exposition aux créanciers internationaux et aux conditionnalités externes, en internalisant la contrainte de financement ».

 

Cette résilience repose aussi sur des flux en devises solides. Les recettes touristiques ont dépassé 6 milliards de dinars, tandis que les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger (TRE) représentent près de 7 % du PIB. Ces éléments, combinés à une compression relative des importations, ont permis de ramener le déficit courant à environ 2,6 % du PIB.

 

Sur le plan macroéconomique, Salma Charni insiste sur un point souvent sous-estimé : la Tunisie n’est pas en situation de crise systémique. La croissance reste positive, autour de 2,5 à 2,6 %, l’inflation a ralenti, et la perception du risque souverain s’est stabilisée, avec une amélioration vers B- (perspective stable) chez Fitch. « Ce ne sont pas des indicateurs d’expansion, mais ce sont des indicateurs de stabilité », précise-t-elle.

Cette résilience repose aussi sur des flux en devises solides. Les recettes touristiques ont dépassé 6 milliards de dinars, tandis que les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger (TRE) représentent près de 7 % du PIB. Ces éléments, combinés à une compression relative des importations, ont permis de ramener le déficit courant à environ 2,6 % du PIB. « Cela montre que la contrainte externe est, pour l’instant, maîtrisée », analyse-t-elle.

Pour autant, l’experte insiste sur la nécessité d’une lecture complète : « La stratégie fonctionne, mais elle n’est pas gratuite. » L’augmentation de la dette intérieure s’est traduite par une montée de l’exposition des banques au financement de l’État, avec des taux de croissance proches de 30 % par an sur certaines périodes. En parallèle, le crédit au secteur privé a ralenti, signalant un effet d’éviction.

Pour Salma Charni, c’est précisément là que se situe le cœur du modèle tunisien : un arbitrage assumé. « La Tunisie n’a pas cherché à optimiser simultanément tous les objectifs. Elle a priorisé la continuité de l’État, l’évitement du coût social et la maîtrise du rythme des réformes ».

Cette approche diffère du séquençage généralement associé aux programmes du FMI, qui impliquent des ajustements rapides, notamment sur les subventions, la masse salariale publique ou les entreprises publiques, avec des effets sociaux immédiats. D’un point de vue économique, la stratégie correspond à un déplacement du coût : d’un choc direct sur les ménages vers une contrainte progressive sur les finances publiques et le système financier. « C’est une forme de stabilisation à dominante sociale, qui consiste à éviter le coût social immédiat et à le lisser dans le temps », résume-t-elle.

 

« La Tunisie n’a pas cherché à optimiser simultanément tous les objectifs. Elle a priorisé la continuité de l’État, l’évitement du coût social et la maîtrise du rythme des réformes ».

 

Afin d’objectiver ces arbitrages, Salma Charni a développé une analyse quantitative reposant sur un modèle de sensibilité et des tests de résistance. Celui-ci intègre cinq dimensions : contrainte externe, contrainte budgétaire, contrainte financière domestique, contrainte de croissance et contrainte sociale.

Les résultats montrent que la trajectoire actuelle optimise la stabilité sociale et la souveraineté décisionnelle à court terme, tout en augmentant progressivement la pression sur le système financier et la soutenabilité budgétaire à moyen terme.

Les simulations indiquent notamment qu’un choc externe, sur le tourisme ou les transferts, ou une hausse des taux domestiques pourrait réactiver certaines vulnérabilités. « La trajectoire est cohérente, mais elle reste conditionnelle », souligne-t-elle.

L’intérêt de l’analyse réside précisément dans la quantification de l’arbitrage entre cinq dimensions de coûts (externe, budgétaire, financière, productive et sociale) et évalue leur évolution selon trois trajectoires.

Les résultats sont clairs :

  • la trajectoire autonome optimise la stabilité sociale à court terme, mais dégrade progressivement les équilibres financiers internes ;
  • le scénario FMI améliore les indicateurs macro-financiers, mais génère un coût social immédiat élevé ;
  • le scénario hybride minimise simultanément le coût social immédiat et le coût financier différé.

Ce dernier se distingue quantitativement : il permet de stabiliser la dette, de contenir l’exposition bancaire et de restaurer le crédit productif, sans provoquer de rupture macroéconomique. En conclusion, Salma Charni invite à dépasser les lectures binaires opposant souveraineté et intérêt économique. Elle rappelle que le véritable enjeu pour la Tunisie est clair : « Transformer l’endettement en création de valeur, condition d’une souveraineté durable ».

Les détails de cette analyse, incluant les hypothèses, les scénarios et les résultats de stress testing, sont présentés dans le onepager technique associé à cette étude.
Les détails de cette analyse, incluant les hypothèses, les scénarios et les résultats de stress testing, sont présentés dans le onepager technique associé à cette étude.

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Hatem Salah : « L’absence de revue du FMI n’a pas constitué un verrou financier »

11. April 2026 um 12:00

Alors que les négociations entre la Tunisie et le FMI sont suspendues depuis 2022, et que le pays participera aux Réunions du printemps de la BM et du FMI du 13 au 18 avril 2026 à Washington, à travers une délégation conduite par le ministre de l’Économie et de la Planification et le gouverneur de la Banque centrale (BCT), l’économiste Pr Hatem Salah, Université Manouba, ESC Tunis, Labo ThÉMA, livre, dans une déclaration à L’Économiste maghrébin, une analyse rigoureuse et nuancée. Si le Fonds demeure un signal de crédibilité internationale, son absence n’a pas constitué le verrou financier redouté, assure-t-il. Et au passage, il appelle à repenser les termes d’une relation plus équilibrée, entre réforme des conditionnalités du FMI et appropriation nationale des ajustements structurels.

La Tunisie a-t-elle encore besoin du FMI ? Hatem Salah répond par une nuance de fond : oui, le Fonds demeure un partenaire important, mais il n’est ni exclusif ni indispensable à court terme pour la survie financière du pays. L’expérience récente, affirme-t-il, le démontre avec éloquence. A la suspension des négociations avec le FMI en 2022, nombre d’observateurs anticipaient un assèchement brutal des financements extérieurs. Les faits ont largement démenti ces prévisions, dit-il. La Tunisie est en effet parvenue à mobiliser des ressources substantielles en dehors de tout programme formel avec le Fonds.

Il cite à ce titre la Banque africaine de développement (BAD), qui a accordé environ 178 millions de dollars au pays en 2023, avant d’approuver, le 26 janvier 2026, un financement de 110 millions de dollars en faveur du Groupe chimique tunisien (GCT), illustrant, selon lui, la confiance maintenue des bailleurs multilatéraux malgré l’absence de garantie implicite du FMI.

Pour sa part, la Banque mondiale ne s’est nullement désengagée, tient-il à le rappeler : elle a mobilisé 430 millions de dollars en 2025 au profit de la transition énergétique, et plus de 330 millions de dollars supplémentaires en 2026, destinés aux secteurs de l’eau, de l’agriculture et de l’emploi régional.

Idem pour la Banque européenne d’investissement (BEI) qui a signé, en 2024, 415 millions d’euros de nouveaux financements en Tunisie, couvrant notamment le corridor routier Sfax-Kasserine (210 millions d’euros), les PME et les entreprises de taille intermédiaire (170 millions d’euros), ainsi que l’éducation et la transition énergétique.

 

Idem pour la Banque européenne d’investissement (BEI) qui a signé, en 2024, 415 millions d’euros de nouveaux financements en Tunisie, couvrant notamment le corridor routier Sfax-Kasserine (210 millions d’euros),..

 

Pour Hatem Salah, ces chiffres établissent clairement que l’absence de revue du FMI n’a pas constitué un verrou financier. Mais il se garde d’en tirer une conclusion hâtive : cela ne signifie nullement que le Fonds soit devenu inutile, mais plutôt que son rôle mérite d’être repensé et repositionné. Le FMI demeure, à ses yeux, un signal de crédibilité internationale et un partenaire technique de premier plan.

Il inscrit cette flexibilité dans un contexte politique qu’il juge déterminant : les partenaires clés de la Tunisie, notamment européens, semblent avoir opté pour un accompagnement pragmatique, conscients des risques qu’aurait fait peser une déstabilisation supplémentaire, non seulement sur le pays lui-même, mais sur la stabilité régionale et les équilibres migratoires en Méditerranée.

Les conditionnalités du FMI en question 

Cette situation, estime-t-il, appelle une réflexion plus large sur le modèle d’affaires du FMI. Ses relations avec les pays du Sud global ne peuvent plus reposer sur des prescriptions standardisées ni sur des conditionnalités perçues comme des diktats. Les trajectoires économiques doivent être différenciées, les modèles sociaux ne pouvant être traités comme interchangeables, et une réforme aboutie suppose un cadre de coopération respectueux des réalités nationales, construit dans un esprit de coresponsabilité plutôt que de tutelle.

 

Reporter indéfiniment les réformes structurelles au nom d’une stabilité apparente revient à en transférer les coûts aux générations futures. La souveraineté économique réelle, consiste à conduire soi-même les ajustements nécessaires selon son propre calendrier, et non à les subir sous contrainte.

 

Mais Hatem Salah appelle simultanément à une autocritique lucide. Cette exigence adressée au FMI doit aller de pair avec plus de courage politique de la part des États membres, dont la Tunisie : reporter indéfiniment les réformes structurelles au nom d’une stabilité apparente revient, selon lui, à en transférer les coûts aux générations futures. La souveraineté économique réelle, insiste-t-il, consiste à conduire soi-même les ajustements nécessaires selon son propre calendrier, et non à les subir sous contrainte. Dans un contexte international marqué par le retour des pressions unilatérales, l’appropriation nationale des trajectoires de réforme apparaît alors, à ses yeux, comme une condition essentielle de résilience.

Les Réunions de printemps 2026, une opportunité de repositionnement stratégique pour la Tunisie

C’est dans cet esprit que Hatem Salah envisage les Réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale d’avril 2026 comme une opportunité de repositionnement stratégique pour la Tunisie, une dynamique de continuité plutôt que de rupture. La participation du ministre de l’Économie et du gouverneur de la Banque centrale s’inscrirait, selon lui, dans cette logique : maintenir ouverts les canaux de dialogue, sans relancer mécaniquement un programme classique ni acter une rupture, mais explorer les contours d’un cadre de coopération plus souple, mieux aligné sur les priorités économiques et sociales du pays.

Il souligne que les perspectives apparaissent d’autant plus crédibles que la Tunisie a prouvé sa capacité à mobiliser des financements extérieurs sans la garantie implicite du Fonds. Le rôle de l’Union européenne, et de pays comme l’Italie et la France, a été, à cet égard, déterminant : il ne s’agissait pas seulement, estime-t-il, de soutenir des projets spécifiques, mais bien d’éviter la déstabilisation économique et sociale d’un pays de taille modeste, mais à forte valeur géopolitique.

 

La participation du ministre de l’Économie et du gouverneur de la Banque centrale aux Réunions du printemps de la BM et du FMI s’inscrirait dans cette logique : maintenir ouverts les canaux de dialogue, sans relancer mécaniquement un programme classique ni acter une rupture, mais explorer les contours d’un cadre de coopération plus souple, mieux aligné sur les priorités économiques et sociales du pays.

 

Les Réunions de printemps offrent ainsi à la Tunisie l’occasion de défendre une approche fondée sur trois axes complémentaires, selon lui : un partenariat rénové avec le FMI ; un dialogue reposant sur la crédibilité et la progressivité des réformes ; une articulation intelligente entre financement, réforme économique et préservation du modèle social.

L’enjeu central, conclut Hatem Salah, n’est donc pas un simple retour au FMI, mais la redéfinition des termes d’une relation plus équilibrée. Un Fonds davantage attentif aux contraintes nationales, et des autorités tunisiennes pleinement engagées dans les réformes nécessaires : telles sont, à ses yeux, les deux faces d’une même équation, celle de la voie de la raison, qui exclut à la fois la dépendance et l’isolement au profit d’un partenariat exigeant et responsable.

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Investissement étranger : la CNBM confirme son expansion stratégique en Tunisie

10. April 2026 um 16:59

Le groupe chinois CNBM, via sa filiale spécialisée dans le ciment, a confirmé son intention d’élargir ses activités en Tunisie, en misant sur l’introduction de technologies avancées et de systèmes de contrôle intelligents afin de moderniser la production et réduire l’empreinte carbone du secteur.

Cette annonce a été faite à l’issue d’une réunion tenue vendredi entre une délégation du groupe, conduite par son représentant Li Baoming, et les responsables de l’Agence de promotion de l’investissement extérieur (FIPA-Tunisia), dirigée par Jalel Tebib. Les discussions ont porté sur les opportunités d’investissement offertes par le pays ainsi que sur les dispositifs d’accompagnement disponibles pour les investisseurs étrangers.

Selon les informations communiquées, le projet prévoit notamment la modernisation des lignes de production existantes, avec pour objectifs l’amélioration de la qualité des produits, la réduction de la consommation énergétique et l’accélération de la transition vers une industrie cimentière plus efficiente et moins émettrice de carbone.

Les responsables tunisiens ont salué les investissements déjà réalisés par le groupe et ont mis en avant les atouts du pays pour attirer davantage de capitaux étrangers. Ils ont souligné la position géographique stratégique de la Tunisie, son environnement des affaires, ainsi que la disponibilité d’une main-d’œuvre qualifiée et d’infrastructures adaptées.

L’agence a également réaffirmé son engagement à accompagner les projets d’investissement à travers un soutien institutionnel afin de faciliter la mise en œuvre des projets et d’optimiser leur exploitation.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte de renforcement des relations économiques entre la Tunisie et la Chine, marqué par un intérêt croissant des entreprises chinoises pour le marché tunisien.

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Khaled Dabbabi : « L’UGTT face à une crise de crédibilité et à un modèle économique dépassé »

10. April 2026 um 16:34

L’UGTT dispose d’un nouveau bureau exécutif. Mais pour Khaled Dabbabi, enseignant-chercheur en droit public et en sciences politiques, interrogé par L’Économiste Maghrébin, cela ne suffit pas. Selon lui, l’UGTT se trouve aujourd’hui prise en étau entre le pouvoir politique et une économie prisonnière d’un modèle vieux de soixante ans. Dès lors, estime-t-il, la question n’est plus de savoir qui dirige l’organisation, mais ce qu’elle a encore à dire.

Khaled Dabbabi inscrit d’emblée le débat dans un contexte difficile et plus large : celui d’une économie tunisienne engluée dans une crise profonde depuis des années, voire des décennies. Pour l’enseignant-chercheur, l’enjeu central est de déterminer si l’UGTT parviendra à retrouver son rôle de contre-pouvoir et à assumer pleinement sa fonction de négociateur social et de défenseur des droits des salariés.

Il rappelle que, même avant l’installation de l’autorité actuelle, l’UGTT a toujours fait preuve de retenue sur ce qu’il considère comme une priorité absolue : la réforme structurelle du modèle économique tunisien, hérité des années 1960 et 1970, devenu inapte à répondre aux aspirations des Tunisiens ainsi qu’aux réalités économiques, sociales et géopolitiques mondiales.

Khaled Dabbabi évoque plusieurs chantiers urgents : la réforme des entreprises publiques, la modernisation du cadre juridique et législatif de l’investissement, la réforme et la numérisation de l’administration, ainsi qu’un système fiscal qu’il juge trop lourd. Il dénonce par ailleurs ce qu’il qualifie de « bricolage » : chaque année, un dialogue social est engagé, débouchant sur des augmentations salariales « chétives », dans un contexte d’inflation qui les dépasse largement. Autant de mesures palliatives visant à apaiser les tensions, plutôt qu’à amorcer une transformation en profondeur du système économique tunisien.

Une crise de crédibilité appelant un renouvellement en profondeur

Comme l’ensemble des corps intermédiaires, l’UGTT souffre, selon lui, d’une crise de crédibilité auprès de ses affiliés. À l’instar des partis politiques et du tissu associatif, la centrale syndicale a été fragilisée par un climat politique ayant contribué à diaboliser ces structures, accusées de clientélisme et d’un éloignement croissant des aspirations réelles des citoyens.

Pour Khaled Dabbabi, le renouvellement attendu dépasse largement le cadre organisationnel. Il ne s’agit pas seulement de tenir un congrès ou d’élire un nouveau bureau exécutif, mais de repenser simultanément le discours, la stratégie de communication et les figures qui incarnent la parole de l’organisation. Cela suppose notamment l’émergence d’une nouvelle génération de représentants, plus jeunes, porteurs d’un discours ancré dans les préoccupations concrètes des affiliés.

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Tunisie-Japon : l’investissement comme nouveau moteur du partenariat bilatéral

10. April 2026 um 15:44

La Tunisie et le Japon ont scellé ce vendredi un accord de principe sur un traité bilatéral d’investissement, visant à renforcer la sécurité juridique des capitaux et à stimuler les échanges économiques entre les deux pays. Les deux parties s’engagent à tout mettre en œuvre pour sa signature et son entrée en vigueur dans les meilleurs délais.

Les pourparlers officiels autour de cet accord ont débuté en juin 2025. L’annonce de sa conclusion a été publiée sur le site du ministère japonais des Affaires étrangères et relayée par l’ambassade du Japon en Tunisie, qui a réaffirmé sa volonté de renforcer les relations bilatérales avec un pays qu’elle décrit comme situé au carrefour du Moyen-Orient, de l’Afrique et de l’Europe.

Le ministre tunisien de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, et le nouvel ambassadeur du Japon en Tunisie, Saito Jun, s’étaient rencontrés le 8 avril 2026. Ils avaient alors souligné l’existence de réelles opportunités pour développer les investissements directs japonais en Tunisie, notamment dans les secteurs à haute valeur ajoutée, et insisté sur la nécessité de finaliser les consultations relatives à l’accord dans les meilleurs délais.

Les exportations tunisiennes vers le Japon ont atteint environ 18,6 milliards de yens en 2024, soit approximativement 125 millions de dollars, portées principalement par le thon rouge, l’huile d’olive et le prêt-à-porter. Dans le sens inverse, les importations tunisiennes en provenance du Japon se sont élevées à environ 11,5 milliards de yens, soit approximativement 77 millions de dollars, composées essentiellement de véhicules, de machines et d’équipements électriques.

Le Japon, partenaire clé dans les infrastructures et l’énergie

L’Agence japonaise de coopération internationale finance une part significative des infrastructures tunisiennes, avec un encours cumulé de prêts dépassant 350 milliards de yens jusqu’en 2024. La poursuite de la construction de la station de dessalement d’eau de mer à Sfax figure parmi les grands chantiers en cours pour la période 2025-2026.

Sur le front énergétique, l’ambassade du Japon a annoncé, le 17 mars 2026, la sélection d’un projet photovoltaïque de 130 mégawatts à Gabès, bénéficiaire d’une subvention japonaise plafonnée à 2 milliards de yens, dans le cadre du mécanisme de crédit carbone. Ce projet, confié à la société Marubeni en partenariat avec une entreprise française, est le quatrième du genre lancé en Tunisie au titre de ce mécanisme, après deux projets similaires réalisés à Sidi Bouzid et à Tozeur.

La dynamique actuelle s’inscrit dans la continuité de la conférence TICAD 8, accueillie par la Tunisie en août 2022, qui avait insufflé un nouvel élan aux relations économiques bilatérales.

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Crise à l’UTAP : dissolution du conseil central et congrès extraordinaire en vue

10. April 2026 um 15:20

L’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (UTAP) a annoncé, vendredi, la tenue d’un congrès national extraordinaire, dont la date et les modalités seront communiquées à l’issue de l’achèvement des préparatifs juridiques et structurels.

Cette annonce fait suite à la décision du bureau exécutif national de dissoudre le conseil central, conformément aux dispositions des statuts et du règlement intérieur de l’organisation. Dans son communiqué, l’Union a justifié cette démarche par la nécessité d’un nouveau départ, « rompant définitivement avec la politique d’exclusion » et ouvrant la voie à l’ensemble des agriculteurs et des pêcheurs pour participer à la définition des orientations et à la prise de décision.

L’organisation a également affirmé sa volonté de fonctionner en toute indépendance vis-à-vis de toute appartenance partisane et d’être soustraite à l’emprise des lobbies corrompus, en agissant exclusivement sous la bannière nationale. Cette initiative intervient dans un contexte où un large éventail de structures et d’adhérents de l’Union appellent à l’engagement d’un projet de réforme globale et à l’élection d’une nouvelle direction issue d’un choix libre, représentant effectivement les professionnels du secteur.

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Réforme du pain subventionné : plus de blé utilisé et nouvelle organisation de la filière céréalière

10. April 2026 um 12:43

Officiellement, le ministère du Commerce et celui de  l’Agriculture modifient la fabrication du pain subventionné à partir d’avril 2026, avec une augmentation du taux d’extraction de la farine de 78 à 85%, sans changement de prix pour le consommateur. C’est ce qu’il ressort d’un arrêté conjoint publié au Journal officiel par les deux départements ministériels.

Jusqu’à présent, la farine utilisée pour le pain était extraite à 78%, laissant 22% du grain non exploité. Le nouveau taux de 85% permet d’utiliser une part plus importante du blé. La farine obtenue est plus complète, plus riche en fibres, et le pain présente une couleur légèrement plus foncée.

Le texte prévoit également que la semoule issue du blé dur sera extraite à 70%. La farine destinée au pain raffiné et aux pâtisseries sera extraite à 71%, avec un taux de cendres ne dépassant pas 0,55%. La réforme introduit aussi des ajustements dans la gestion des ressources céréalières, avec un objectif de réduction des importations de blé tendre.

Jusqu’à présent, plusieurs types de farine circulaient sur le marché à des prix différents. Certaines utilisations de la farine subventionnée pour des produits autres que le pain courant ont été constatées. Avec la nouvelle réglementation, la farine destinée au pain subventionné est plus foncée, ce qui permet une distinction visuelle. L’Office des céréales peut ajuster les taux d’extraction en fonction des besoins des moulins et des unités de production de semoule.

Cette démarche s’inscrit dans le cadre de la rationalisation du système de subvention et d’un meilleur ciblage afin qu’il soit mieux orienté vers les personnes qui en ont besoin. Les critères d’éligibilité aux subventions demeurent un sujet sensible depuis 2011, marqué par des tensions entre la pression exercée sur le budget des subventions et la nécessité de soutenir les catégories vulnérables.

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Startups tunisiennes : l’écosystème franchit le cap des 1 450 entreprises

10. April 2026 um 12:39

La Tunisie compte plus de 1 450 startups, dont 1 165 labellisées et 17 scale-ups, pour un chiffre d’affaires cumulé estimé à 300 millions de dollars, selon le Centre de promotion des exportations (Cepex).

En 2024, l’écosystème startup tunisien a levé 24 millions de dollars, avec une progression de 56 % du nombre d’investisseurs en capital-risque actifs. Classée 82e à l’échelle mondiale, la Tunisie se positionne au 7e rang africain et à la 5e place dans la région MENA.

Le secteur digital tunisien poursuit sa dynamique de croissance, porté par un écosystème structuré et par l’essor de technologies stratégiques telles que l’intelligence artificielle, la data et la cybersécurité.

Cette progression reflète l’intérêt des investisseurs locaux et internationaux, tout en ouvrant des perspectives de partenariats stratégiques dans les domaines de la technologie financière, de l’intelligence artificielle et des services numériques avancés.

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Lotfi Riahi : « La multiplicité des intermédiaires alourdit injustement les prix »

10. April 2026 um 11:40

Dans un contexte marqué par la hausse persistante des prix et les tensions sur le pouvoir d’achat, Lotfi Riahi alerte sur les dysfonctionnements structurels du circuit de distribution agricole et appelle à une réforme en profondeur. Tout en estimant qu’il s’agit d’un levier décisif pour rétablir l’équilibre du marché et protéger le consommateur.

Dans une déclaration à L’Economiste Maghrébin, le président de Organisation tunisienne d’orientation du consommateur (OTIC) affirme que le système actuel de distribution des produits agricoles souffre de déséquilibres majeurs. Il évoque notamment la multiplication des intermédiaires, le manque de transparence dans la formation des prix et l’existence de marges élevées et injustifiées entre la production et la consommation. Autant de facteurs qui pèsent directement sur les prix finaux.

S’appuyant sur des observations de terrain et des analyses des chaînes d’approvisionnement, notre interlocuteur considère qu’une refonte structurelle s’impose. Cette réforme devrait, estime-t-il, reposer sur l’instauration d’un dispositif national unifié et obligatoire de facturation et de traçabilité numérique, permettant de suivre les produits depuis l’agriculteur jusqu’au consommateur final, tout en garantissant une transparence totale des quantités, des prix et des transactions.

Lotfi Riahi souligne également la nécessité de redéfinir les rôles au sein de la chaîne de valeur agricole. Il plaide pour un renforcement de la position de l’agriculteur en tant qu’acteur central du marché, ainsi que pour une réorientation des structures intermédiaires vers des fonctions logistiques et de service, telles que la collecte, le tri, le stockage et la distribution, dans un cadre structuré et transparent, à l’abri des pratiques spéculatives.

Il insiste par ailleurs sur le rôle clé des marchés de gros, appelés, souligne-t-il, à devenir une référence dans la formation des prix sur la base de l’offre et de la demande, avec une publication quotidienne des données relatives aux volumes et aux prix. Une telle évolution permettrait de renforcer la concurrence loyale et de limiter les distorsions du marché.

Le président de l’OTIC relève encore que la baisse des prix pour le consommateur ne peut résulter de mesures conjoncturelles. Elle passe par une rationalisation du circuit de distribution, notamment à travers la réduction des intermédiaires non essentiels, la maîtrise des coûts logistiques et l’amélioration de l’efficacité des chaînes d’approvisionnement, avec des effets attendus sur la stabilité du marché et le pouvoir d’achat, poursuit-il.

Enfin, le responsable associatif appelle à une mise en œuvre progressive de cette réforme, fondée sur des phases pilotes et une évaluation régulière. Et ce, afin d’assurer une transition maîtrisée sans perturber l’activité économique. Il réaffirme, dans ce cadre, la disponibilité de l’OTIC à accompagner les autorités publiques et les acteurs privés dans la conception et le déploiement des mécanismes opérationnels. Tout en considérant cette réforme comme une étape stratégique vers un système de distribution plus équitable, transparent et durable.

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