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L’extrême droite s’infiltre dans la culture quotidienne en Europe

02. Januar 2026 um 10:15

Les messages outranciers de l’extrême droite européenne sont désormais incorporés dans la musique et les vidéos YouTube. Une experte dit : «On peut être radicalisé depuis son canapé». (Ph. Le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) a récemment relancé son organisation de jeunesse : les référents nazis ne sont pas loin).   

Ashifa Kassam *

Les deux hommes coupent des poivrons, tranchent des aubergines et rigolent face à la caméra tandis qu’ils explorent l’art de la cuisine végane. Tous deux portent des cagoules et des t-shirts arborant des symboles nazis.

Les vidéos allemandes — intitulées Balaclava Kitchen — ont débuté en 2014 et ont été diffusées pendant des mois avant que YouTube ne supprime la chaîne pour violation de ses règles.

Mais elles ont offert un aperçu de la manière dont les groupes d’extrême droite se sont emparés de la production culturelle — des marques de vêtements à la musique du top 40 — pour normaliser leurs idées, un processus qui, selon les chercheurs, a atteint de nouveaux sommets à l’ère des réseaux sociaux.

«C’est effrayant, honnêtement», déclare Katherine Kondor, chercheuse au Centre norvégien d’études sur l’Holocauste et les minorités. «On peut être radicalisé en restant assis sur son canapé», dit-elle.

En collaboration avec le Centre de recherche sur l’extrémisme (C-Rex), Kondor dirige un projet dans six pays examinant comment l’extrême droite utilise l’esthétique, des influenceurs fitness aux mèmes * et autocollants, pour diffuser ses vues à travers l’Europe.

De la Suède à l’Espagne, les chercheurs ont constaté que les messages extrémistes étaient tissés dans les aspects culturels de la vie quotidienne, en ligne et hors ligne.

«En Hongrie, nous avons des exemples de groupes d’extrême droite devenant grand public parce qu’ils sont dans le top 40. Je veux dire, quoi de plus normal que d’être dans le top 40 ?», dit Kondor.

«J’ai un beau-fils qui m’envoie parfois des vidéos, puis je plonge dedans pour voir qui les a créées et il s’avère que c’est un influenceur d’extrême droite», ajoute-t-elle.

De l’antiféminisme à la nostalgie d’un passé fantasmé

Les soi-disant «tradwives» (épouses traditionnelles), faisant référence aux créatrices de contenu qui promeuvent les rôles de genre traditionnels sur les réseaux sociaux, en sont un autre exemple.

Alors que le nombre de femmes adhérant à ce concept en ligne explose, les racines d’extrême droite de ce contenu sont de plus en plus obscurcies. Néanmoins, les idées qu’elles promeuvent souvent — de l’antiféminisme à la nostalgie d’un passé fantasmé — continuent de servir les objectifs de l’extrême droite.

Ces éléments culturels servent de portes d’entrée, aidant parfois à attirer les gens vers l’extrémisme, explique Kondor. «Je pense qu’il y a une idée erronée selon laquelle les gens rejoignent l’extrême droite parce qu’ils croient en cette idéologie et veulent rencontrer des gens partageant les mêmes idées. Mais ce n’est pas comme ça que ça marche», dit-elle.

Bien que certains soient motivés par des préjugés contre certains groupes ou des croyances spécifiques, ou d’autres qui suivent des amis déjà impliqués, beaucoup sont attirés par les sous-cultures qui entourent ces mouvements, ajoute-t-elle.

«Ils commencent par écouter un groupe qu’ils aiment vraiment et se mettent à aller à ses concerts. Puis ils commencent à y rencontrer des gens et ça peut dégénérer de cette façon», explique Kondor. Et d’ajouter : «Quand les gens trouvent des choses qui correspondent à leur esthétique ou leur ambiance, ou qu’ils trouvent une musique qu’ils aiment vraiment, cela peut vraiment influencer une personne».

Le lien entre les idées extrêmes et les outils culturels qu’ils choisissent d’utiliser n’est pas toujours direct, ajoute la chercheuse, citant l’exemple d’un groupe d’extrémistes de droite aux Pays-Bas qui a un penchant pour l’organisation de dégustations de vin. «Ils ont aussi lancé leur propre service de livraison de nourriture», dit-elle. Et d’ajouter :  «C’est fou de penser qu’on peut commander à manger à l’extrême droite sans le savoir».

Les extrémistes utilisent depuis longtemps la culture pour favoriser un sentiment d’appartenance parmi leurs membres et attirer l’attention du grand public, déclare Greta Jasser, chercheuse associée à l’Institut allemand pour la démocratie et la société civile, qui fait également partie du projet dans six pays.

Les réseaux sociaux accélèrent le mouvement

Cependant, auparavant, leur force pour ce faire dépendait du vivier de talents de leurs membres, car il fallait des musiciens, des artistes et des caméramans pour créer du contenu. Avec l’avènement de l’IA générative, ce n’est plus le cas.

«Maintenant, il existe une technologie que nous pouvons utiliser pour générer une image ou une vidéo instantanément, ou de la musique en quelques minutes. Donc le mode d’emploi est ancien, mais la vitesse est beaucoup plus rapide», dit Jasser.

L’économie des réseaux sociaux a également transformé le processus, soulevant des questions quant à qui crée du contenu d’extrême droite et quelles sont ses motivations.

«Cela pourrait être posté par un bot. Cela pourrait être n’importe qui et n’importe quoi cherchant à générer des revenus en produisant autant de vidéos et d’images d’IA que possible», dit Jasser. Qui ajoute : «Ce qui, chose intéressante, remet en question à quel point ces comptes sont idéologiquement motivés, ou si c’est simplement un moyen de générer des revenus».

Alors que la recherche se poursuit, Kondor et son équipe réfléchissent à la meilleure façon d’informer le public de leurs découvertes, envisageant des stratégies telles que du contenu en ligne ou des outils qui pourraient aider les gens à mieux reconnaître l’extrême droite et la myriade d’éléments culturels qu’elle produit.

«Je pense que les gens sont souvent choqués. Actuellement, c’est dangereux parce que nous assistons à une montée régulière de l’extrême droite dans tous les aspects de la société. Il est plus important que jamais de trouver comment atténuer ce phénomène», déclare Kondor.

* Journaliste spécialiste en affaires communautaires européennes.

Source : The Guardian (Traduit par Tlaxcala).

* Elément culturel reconnaissable, reproduit et transmis par l’imitation du comportement d’un individu par d’autres individus.

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Épuisés financièrement, les Iraniens investissent les rues !

02. Januar 2026 um 09:47

Face à la crise économique et financière qui s’éternise et s’aggrave, à la dégringolade historique du rial iranien devenu une monnaie de singe, à une forte paupérisation de la population et à un pouvoir politique qui avoue son impuissance, les Iraniens sortent en masse manifester. Pour ne rien arranger, le gouverneur de la Banque centrale Mohamed Reza Farzin a jeté l’éponge lundi 29 décembre 2025.

Imed Bahri

Les premiers à être sortis dans les rues sont les commerçants dont les marchands du Bazar pourtant réputés conservateurs et qui furent jadis les premiers à rallier la révolution islamique mais ça, c’était en 1979 il y a presque 50 ans ! Il n’y a pas que les sanctions américaines qui ont causé cette situation financière désastreuse, il y a aussi des choix politiques contestables et une corruption endémique. L’Iran connaît aussi un conflit générationnel latent qui est en train d’exploser.

Dépréciation rapide du rial et flambée des prix

Le Washington Post a fait état de l’ampleur croissante des manifestations en Iran, alimentées par la dépréciation rapide du rial et la flambée des prix.

Les protestations ont débuté par des grèves de commerçants à Téhéran avant de s’étendre rapidement aux étudiants, aux ouvriers et à plusieurs villes du pays.

Le WP revient également sur la réaction des autorités et leurs tentatives pour contenir les manifestations alors que la pression s’accentue sur le gouvernement face à des indicateurs économiques laissant présager une crise imminente. 

Dans son reportage, Yeganeh Torbati note que des manifestations antigouvernementales ont éclaté en Iran cette semaine, à commencer par des protestations de commerçants -dont les marchands du Bazar- à Téhéran contre la forte baisse de la valeur de la monnaie iranienne. Mercredi 31 décembre, les protestations s’étaient étendues aux étudiants, aux ouvriers et à d’autres segments de la société dans tout le pays.

Depuis des années, les Iraniens souffrent d’une forte inflation, d’une faible croissance économique et d’un isolement international, largement imputés à la mauvaise gestion, à la corruption et aux sanctions imposées par les États-Unis et d’autres pays en raison du programme nucléaire iranien.

Les chiffres officiels indiquent que l’inflation a atteint 50% cette année, tandis que l’économie s’est légèrement contractée. Cependant, la crise s’est fortement aggravée ces derniers jours, le rial iranien s’effondrant et atteignant à plusieurs reprises des niveaux records.

La frustration accumulée a explosé en manifestations publiques dimanche 28 décembre, lorsque des vidéos diffusées par des militants sur les réseaux sociaux ont montré des commerçants fermant leurs boutiques dans plusieurs centres commerciaux de la capitale. Les manifestants scandaient des slogans tels que «N’ayez pas peur, n’ayez pas peur ! Nous sommes tous ensemble» et appelaient les autres commerçants à fermer leurs magasins en signe de solidarité.

Il s’agit d’un événement rare dans l’histoire de la République islamique d’Iran, fondée en 1979, car les protestations ont été initiées par la classe commerçante en l’occurrence celle des marchands du Bazar.

Mehdi Ghodsi, économiste à l’Institut viennois d’études économiques internationales, a déclaré que l’initiative de protestation des commerçants témoigne du fait que les graves difficultés économiques ne se limitent plus aux plus démunis mais touchent désormais des groupes auparavant relativement plus aisés. Il a ajouté que les précédentes vagues de protestations économiques en Iran, notamment en 2017, étaient le fait des populations les plus pauvres comme les ouvriers et les agriculteurs. «Même ceux qui ont un revenu ne parviennent plus à joindre les deux bouts», a affirmé M. Ghodsi.

La grogne des commerçants, alliés historiques du régime

Parmi les premières manifestations, on compte celles qui ont éclaté parmi les vendeurs de téléphones portables dans un complexe du centre de Téhéran, près de zones où des manifestations avaient déjà eu lieu. M. Ghodsi a expliqué que ce groupe est particulièrement touché par la dépréciation du rial car il vend des produits importés. Ces dernières semaines, leurs activités sont devenues quasiment non rentables après la chute du rial à 1,38 million pour un dollar samedi 27, puis à 1,44 million pour un dollar dimanche 28.

L’étincelle qui s’est allumée dimanche a rapidement donné lieu à des manifestations d’une ampleur et d’une portée considérables. Des vidéos diffusées lundi montraient d’importantes foules défilant dans le centre de Téhéran, ainsi que des manifestations hors de la capitale, notamment sur l’île de Qeshm, dans le golfe Persique et dans les villes de Zanjan et Hamadan à l’ouest du pays. Mardi, d’autres vidéos montraient que les protestations s’étendaient à d’autres grandes villes dont Kermanshah, Shiraz, Yazd et Ispahan.

Un habitant de Téhéran, a décrit ce dont il a été témoin lundi après-midi alors qu’il faisait ses courses au bazar principal de la ville. Il a raconté que les commerçants du rayon vêtements ont commencé à fermer leurs boutiques en scandant des slogans et en défilant. Il a ajouté que la foule a atteint environ 150 personnes, exhortant les autres commerçants à fermer également. «S’ils refusaient, ils étaient insultés et s’ils obtempéraient, les slogans redoublaient d’intensité», a également dit le jeune homme. Comme d’autres personnes interrogées pour ce reportage, Yasser a demandé à être identifié uniquement par son prénom afin d’éviter d’attirer l’attention des autorités. Il a ajouté que la plupart des manifestants, notamment ceux qui les menaient étaient de jeunes commerçants dont les entreprises étaient relativement récentes, tandis que les commerçants plus riches et plus établis brillaient par leur absence. La grande majorité des manifestants étaient des hommes.

Les slogans ciblent désormais le régime politique

Les slogans ont rapidement dépassé le cadre des préoccupations économiques pour cibler le régime en place dans son ensemble. Des images filmées lundi dans un centre commercial fermé de Téhéran montraient des chants ‘‘Mort au dictateur’’, tandis que d’autres vidéos prises dans les rues montraient des chants à la gloire de la monarchie iranienne, renversée et remplacée par le régime islamique actuel. Lundi soir, des étudiants, moteur essentiel des précédentes manifestations, ont rejoint le mouvement. Le syndicat représentant les chauffeurs routiers iraniens a également publié un communiqué soutenant les manifestations du bazar mais sans appeler à la grève.

Mardi, plusieurs entreprises en Iran ont annoncé sur les réseaux sociaux leur fermeture en signe de solidarité avec les manifestants, notamment des magasins, des cliniques médicales, des concessions automobiles, des cafés et des restaurants.

Ces manifestations sont les plus importantes depuis l’attaque israélienne contre l’Iran en juin, connue sous le nom de Guerre des Douze Jours, et les plus intenses depuis l’automne 2022, lorsque la mort d’une femme en garde à vue Mahsa Amini à cause de ses vêtements avait déclenché des protestations massives qui ont duré des mois. Auparavant, l’Iran avait connu des manifestations de grande ampleur en 2017 et 2019, alimentées par un mécontentement économique.

Face à l’escalade des manifestations, le gouvernement a déployé des forces de sécurité à moto à Téhéran lundi. Des vidéos ont montré l’utilisation de gaz lacrymogène et des tirs. Pour l’instant, aucun blessé n’a été signalé, bien qu’une vidéo ait montré une confrontation chaotique entre les forces de sécurité et des manifestants à Hamadan.

Une image a particulièrement marqué les esprits : un homme, assis seul, jambes croisées, au milieu d’une rue de Téhéran, face à une vingtaine de policiers en uniforme à moto. La tête baissée, il a même, à un moment donné, rabattu sa veste sur son visage. Cette image a immédiatement suscité des comparaisons en ligne avec «l’Homme au char» des manifestations de la place Tiananmen en 1989 en Chine.

Malgré cette démonstration de force, les médias d’État se sont jusqu’à présent abstenus de qualifier les manifestants d’émeutiers, contrairement à ce qu’ils avaient fait lors de précédents troubles. Un reportage diffusé à la télévision d’État a qualifié les manifestants de marchands, tandis que l’agence de presse Fars, liée au Corps des gardiens de la révolution islamique, a employé un terme relativement neutre dans un article publié lundi.

Dans un message publié tôt mardi matin sur la plateforme X, le président Massoud Pezeshkian a écrit que «le bien-être du peuple est ma préoccupation quotidienne» et que le gouvernement travaille afin de trouver des mesures pour réformer les systèmes monétaire et bancaire iraniens. Il a indiqué avoir chargé le ministre de l’Intérieur de dialoguer avec des représentants des manifestants afin d’écouter leurs «revendications légitimes».

Cependant, des avertissements ont été lancés sur un ton plus ferme. Les Gardiens de la révolution, généralement chargés de gérer les troubles internes, ont averti les «ennemis» de l’Iran qu’ils s’opposeraient «à toute sédition, trouble à l’ordre public, guerre de l’information, menace à la sécurité ou agression contre le territoire». Les autorités iraniennes utilisent fréquemment le terme «sédition» pour désigner la dissidence interne.

Le gouvernement a également annoncé mercredi la fermeture généralisée des commerces et des administrations à Téhéran et dans d’autres régions, invoquant une vague de froid et la nécessité d’économiser l’énergie. Cette annonce a toutefois été largement perçue comme une tentative de réduire la présence du public dans les rues.

Le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, qui détient le pouvoir décisionnel ultime au sein du régime iranien, est resté jusqu’à présent silencieux face aux manifestations.

Le gouvernement avoue son impuissance

Selon l’enquête du WP, des indicateurs s’accumulaient depuis des semaines, laissant présager que l’économie approchait d’un point critique. Le gouvernement Pezeshkian avait proposé un budget pour le prochain exercice fiscal iranien prévoyant une réduction de facto des salaires du secteur public et une augmentation de la pression fiscale sur les consommateurs. Il avait également récemment réduit les subventions sur les carburants, entraînant une flambée des prix.

Dans un discours virulent prononcé dimanche devant le Parlement, Pezeshkian a pointé du doigt une longue liste de responsables politiques, déclarant : «Certains ont des problèmes de subsistance, de vie et de santé. Ils sont confrontés à mille difficultés. C’est la faute des décisions prises par les gouvernements, le parlement et nous, les décideurs». Il a ajouté : «On nous reproche d’imposer trop d’impôts. Eh bien, nous en imposons trop. Et ensuite, on nous demande d’augmenter les salaires. Mais où vais-je trouver l’argent?». 

Cependant, le Parlement a rapidement rejeté le projet de budget, invoquant les difficultés économiques rencontrées par les Iraniens et d’autres facteurs.

Dans une lettre adressée au Parlement et publiée mardi, Pezeshkian a déclaré être d’accord sur la nécessité de restructurer le budget et que les réformes incluraient des augmentations des salaires et des subventions du secteur public. Cependant, le financement de ces changements restait flou. Un porte-parole de Pezeshkian a également annoncé que le gouverneur de la Banque centrale iranienne, Mohamed Reza Farzin, qui a démissionné serait remplacé par l’ancien ministre de l’Économie, Abdolnasser Hemmati.

Parsa, un étudiant de 23 ans qui travaille comme barista à Kermanshah, dans l’ouest de l’Iran, a évoqué les difficultés rencontrées par sa génération. Il a expliqué gagner environ 100 millions de rials par mois dans un café, soit l’équivalent d’environ 70 dollars au taux de change actuel. Il a raconté une soirée où, sorti avec un ami, l’addition pour une pizza, une salade et deux sodas s’était élevée à 10,5 millions de rials, soit environ la moitié de son salaire hebdomadaire. Il a ajouté se souvenir d’une époque où il pouvait acheter une PlayStation pour 10 millions de rials.

Parsa a évoqué une récente altercation avec un professeur d’université, surpris par la colère des jeunes face à la situation économique. Il a raconté avoir répondu au professeur : «On se lève à sept heures du matin, on regarde le taux de change du dollar, et ça nous gâche la journée». Il a ajouté : «Je lui ai dit: Professeur, votre génération nous a tout gâché».

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Mohammed Harbi et les dérives du nationalisme algérien

02. Januar 2026 um 09:06

Acteur dans le mouvement national algérien dès son jeune âge, Mohammed Harbi qui vient de décéder, jeudi 1er janvier 2026, à Paris, à l’âge de 92 ans, est aussi un intellectuel qui, après l’indépendance de l’Algérie, a produit des analyses qui éclairent la dynamique révolutionnaire du FLN historique et ses limites idéologiques.

Lahouari Addi *

Dans une perspective d’anthropologie politique, ouverte à l’histoire du pays, à la sociologie des groupes et à la psychologie des individus, Mohammed Harbi a esquissé les traits structurels qui ont façonné la formation de l’Etat indépendant. Ses principaux ouvrages (‘‘Aux origines du FLN : contribution à l’histoire du populisme en Algérie’’, ‘‘Le FLN, mirage et réalité’’, ‘‘L’Algérie et son destin’’, ‘‘Le FLN, document et histoire’’ – avec G. Meynier –, ‘‘Les Archives de la révolution algérienne’’, ‘‘Une vie debout’’) sont des références obligées pour tous ceux qui veulent connaître les logiques contradictoires de la construction nationale en Algérie.

L’Algérie et ses malheurs

Je reproduis ci-dessous le compte-rendu que j’avais fait de son ouvrage ‘‘Une vie debout. Mémoires politiques, tome 1 : 1945-1962’’ et qui a constitué le tome 1 de ses mémoires politiques s’étalant de 1945 à 1962.

Embrassant la période historique cruciale pour l’Algérie allant de la fin des années 1940 à l’Indépendance, les mémoires de Mohammed Harbi constituent un ouvrage qui va au-delà de l’autobiographie où il n’y a ni narcissisme ni autojustification chez cet intellectuel engagé dès son jeune âge dans la vie militante.

Les mémoires sont un genre où, souvent, l’égo, démesuré, se désigne comme le centre de gravité des événements dont l’auteur est témoin. Avec Harbi, la vanité laisse place à l’humilité qui fait les grands hommes. Car il s’agit moins de l’auteur dans ces mémoires que de l’Algérie et des malheurs qu’elle a traversés et dont elle continue de payer le prix fort aujourd’hui avec le sang de ses enfants.

Ce que Harbi nous donne à lire est d’abord un livre d’histoire où sont relatés des événements décisifs qui ont marqué l’évolution du mouvement de libération nationale, de la veille de l’insurrection de novembre 1954 à la crise de l’été 1962.

Le récit s’ouvre sur un tableau pittoresque et vivant de ce qu’était la société algérienne dans la région de Skikda, à travers une famille – les Harbi – dont l’auteur décrit les évolutions et les contradictions.

D’emblée, le lecteur prend la mesure du poids du système colonial dans la trajectoire individuelle de chacun, soit sur le plan de la mobilité, plus géographique que sociale, soit sur le plan politique. Le jeune Harbi, alors collégien, est en désaccord avec son père en raison de son engagement précoce dans la politique. Mais constatant que son fils n’abandonne pas ses convictions nationalistes, le père se résigne à un choix auquel il n’a pu s’opposer.

Responsable de la section du lycée qu’il fréquente, Harbi est déjà témoin des conflits au niveau central du mouvement national et qui ont des prolongements sur le plan local. Des conflits, il en connaîtra toute sa vie de militant. Il essaiera de s’en démarquer, ce qui paradoxalement l’affaiblit, car n’étant affilié à aucun clan, il sera vulnérable dans le climat de suspicion généralisé qui ne fera que s’accroître, au point «où tout, jusqu’à des conversations entre amis, pouvait s’inscrire en actes d’accusation» (p. 312).

Conflictualité structurelle pour le leadership

Au-delà des faits rapportés qui nourrissent la réflexion sur la genèse du système politique algérien, ce livre pose une question cruciale : Pourquoi le nationalisme algérien suscite tant de conflictualité en son sein alors qu’il est censé réunir dans la communion les militants autour de l’attachement au pays ? Une question subsidiaire vient à l’esprit du lecteur : Pourquoi un intellectuel militant comme Harbi n’a pas été un chef national comme l’ont été Krim Belkacem, Abdelhafid Boussouf, Houari Boumediene… ? L’auteur ne répond pas à ces questions, mais il met le lecteur sur des pistes d’analyse du mouvement national sur les plans idéologique, culturel, politique, et même sociologique et psychologique, en s’attardant sur un événement majeur qui aura des conséquences sur l’évolution ultérieure du pays : la crise du PPA-MTLD. Celle-ci, opposant Messali Hadj aux centralistes fidèles à la direction du parti, contient en elle les contradictions qui minent à ce jour le système politique algérien.

Ce qui était en jeu dans ce conflit, c’était le formidable potentiel de violence prêt à s’investir pour la libération du pays. Messali Hadj avait fait de ce potentiel un patrimoine privé dont il voulait disposer à sa guise. Il avait des atouts : il était le symbole de ce potentiel, il l’a incarné, mais en même temps, il se l’est approprié, confondant l’Algérie et son destin avec sa propre personne ; d’où le culte de la personnalité dont il était l’objet, en particulier de la part de militants intéressés de recevoir la légitimité par délégation des mains propres du leader ; cette même légitimité était revendiquée aussi par la direction du parti qui reprochait à son leader de court-circuiter les décisions prises en comité central, en mandatant personnellement des fidèles pour telle ou telle tâche sans en référer aux instances du parti.

Le zaïm (leader) refusait de se soumettre aux règles du parti qu’il présidait, préférant s’appuyer sur des fidélités personnelles reposant sur la mystique populiste et le respect sacré du chef qui dispensent ce dernier de rendre compte à la base. Le chef national gérait le potentiel de violence anticolonial en le thésaurisant, cherchant à l’accroître pour voir sa propre puissance grandir, comme s’il craignait de le perdre s’il venait à se déclencher.

A l’opposé, il y a le parti, représenté par ses cadres fonctionnant à la règle hiérarchique préfigurant la froide bureaucratie de l’administration d’Etat. La direction du parti n’était pas pressée, elle non plus, à appeler à l’action, préférant utiliser le potentiel de révolte comme atout dans la négociation avec l’administration coloniale pour n’avoir à jamais s’en servir tout en espérant obtenir quelques réformes et quelques sièges d’élus.

La formation d’une armée-Etat

Entre-temps, les clandestins du PPA, pourchassés par la police, s’impatientaient et étaient exaspérés par l’étalage public des désaccords. Ils décidèrent alors de passer à l’action un 1er novembre 1954.

Si Messali et les centralistes ont été dépassés par les clandestins qui ont déclenché l’insurrection, c’est parce que ces derniers ne se sont pas contentés de revendiquer le potentiel de violence révolutionnaire, ils l’ont sollicité, ils l’ont utilisé, ils l’ont déclenché, d’où leur succès. Ils ont créé une situation irréversible où il fallait choisir : pour ou contre le FLN créé par les clandestins sans autre alternative possible. Trop orgueilleux pour se rallier à eux, le zaïm, sans contact direct avec la réalité du terrain depuis plusieurs années, entreprit des actions qui allaient mettre fin à son mythe.

A partir de ce moment, le mouvement national va se militariser et sera peu à peu contrôlé par des militaires dont l’objectif est de constituer une armée classique qui formera l’ossature de l’Etat indépendant. Cela aura des conséquences qui marqueront irrémédiablement le système politique algérien plusieurs décennies après l’Indépendance.

«Si on veut vraiment comprendre le devenir de l’Algérie, écrit Harbi, c’est à la formation d’une armée-Etat qu’il faut se référer» (p. 298).

La militarisation croissante de la révolution ne va pas pour autant faire cesser les conflits entre dirigeants ; au contraire, elle va les exacerber culminant dans l’assassinat de Abbane Ramdane.

La militarisation s’est faite au détriment des hommes politiques et des intellectuels, méprisés et soupçonnés de compromis avec la France coloniale, ce qui est un moyen commode de cacher l’inculture et la brutalité des mœurs devenues des valeurs distinctives de l’élite dirigeante. «A l’exception notable du colonel Lotfi, se souvient Harbi, les chefs militaires dénigraient, dans leur discours, les `politiques’, l’esprit critique, le libre arbitre et la théorie» (p. 264).

La fonction comme patrimoine privé

Harbi trace des tableaux psychologiques de responsables nationaux dont le comportement est révélateur de la volonté de puissance à laquelle fait pendant la tendance à la soumission des subordonnés, celle-ci n’étant le plus souvent qu’une ressource pour gravir les échelons de la responsabilité. «Les gens avaient intériorisé le principe d’obéissance et ne semblaient pas prêts à réagir contre le recours à l’arbitraire dans la conduite des affaires publiques» (p. 261).

Le respect servile de la hiérarchie du clan clientéliste, l’obéissance aveugle aux ordres même quand ils contreviennent à l’esprit de la révolution, la mystique du chef… ont alimenté les conflits parce qu’ils ont constitué des ressources inépuisables, chacun se taillant un fief et organisant un réseau de fidèles, et cherchant à contrôler le maximum de forces mobilisables contre l’occupant colonial pour s’imposer comme dirigeant national. La logique du mouvement poussait les officiers à se tailler «des fiefs en s’appuyant sur des djounouds recrutés dans leur clan ou dans leur région» (p. 271).

Au sommet, la compétition était féroce entre Belkacem, d’un côté, et Bentobbal et Boussof de l’autre. Ils seront cependant tous les trois évincés par le colonel Houari Boumediene dont l’ascension fulgurante a révélé qu’il était un fin stratège et un manipulateur d’hommes hors pair. Sans avoir de passé dans le PPA-MTLD, sans être un maquisard de l’intérieur, il est arrivé à écarter Boussof, dont il a été l’adjoint, Belkacem dont il a été le subordonné en sa qualité de ministre de la Guerre, et enfin le GPRA dont il dépendait institutionnellement.

Houari Boumediene, qui a intronisé Ahmed Ben Bella en s’emparant du pouvoir en 1962, a été un chef politique redoutable à qui cependant il a manqué, pour être un homme d’Etat, la culture de la citoyenneté qui fonde la communauté politique sur le concept de sujet de droit et sur les valeurs de respect des individus. Cette faiblesse renvoie cependant à la société algérienne dominée par un populisme apolitique, et Harbi a vu juste en rappelant l’état de développement culturel et social de l’Algérie à majorité rurale. Sans justifier les erreurs et les violences commises par les responsables, il ne faut pas oublier, dit-il, que «la résistance, par son matériau rural, s’est faite avec un héritage intellectuel et culturel peu favorable à la modernité et la démocratie» (p. 297). Ce qui signifie aussi que l’élite dirigeante (Abdelaziz Bouteflika, Chadli Bendjedid, Liamine Zeroual, Belaïd Abdeslam, Chérif Messaadia…) n’a pas la capacité intellectuelle pour mener le pays vers la construction de l’Etat de droit et vers le développement économique et social dont ils n’ont pas la moindre idée.

Ce qui caractérise cette caste, pour qui la révolution a été un ascenseur social dont ils ont usé et abusé, c’est la soif insatiable du pouvoir. «Depuis l’élimination de Abbane, écrit Harbi, ces chefs se sont constitués en club fermé, selon des conceptions qui ne correspondent pas aux impératifs de la formation d’une nation ; et ils considéraient leur fonction comme partie intégrante de leur patrimoine personnel. J’ai ainsi entendu Bentobbal déclarer le 5 février 1961, lors d’une conférence aux cadres à Tunis : `celui qui veut le pouvoir n’a qu’à prendre le fusil pour nous l’enlever’» (p. 359). Phrase prémonitoire qui ouvre le champ à la violence qui endeuille aujourd’hui tant de familles. Logique implacable qui a mené des décennies plus tard, l’Etat à la faillite totale et à la rupture complète avec la population.

Le détournement de la cause nationale

Finalement, Harbi nous invite à réfléchir sur les limites du nationalisme algérien exprimé par des hommes porteurs d’une culture politique de désespoir, faite de convictions nationalistes et de valeurs communautaires qui glorifient le groupe, défini selon les circonstances, et qui censurent l’individu soupçonné de mettre en danger l’unité de la communauté.

C’est ainsi que la liberté d’expression est perçue comme une rébellion et la critique, fut-elle constructive, comme un dénigrement de responsables.

Les déboires de Harbi avec l’Etat-Major Général, qui l’a accusé de fractionnisme, sont révélateurs de l’absence de confiance dans les militants qui ne font pas allégeance aux chefs et aux sous-chefs. Ali Mendjeli et Kaid Ahmed ont le mieux exprimé cette logique qui broie toute résistance à la mystique populiste incarnée par leur chef, Houari Boumediene. Ils étaient prêts à tuer des Algériens en chair et en os pour sauver leur propre idée abstraite de l’Algérie à laquelle ils s’identifiaient. Exprimer un avis différent de celui de Kaid Ahmed, de Ali Mendjeli ou de Houari Boumédiène, c’était trahir l’Algérie et donc mériter la mort. Ces responsables se sont arrogé un pouvoir exorbitant sur leurs compatriotes sous prétexte qu’ils sont les seuls patriotes.

Aucun Etat ne peut se construire sur une telle culture qui fait du chef le dépositaire exclusif du bien commun, soupçonnant tous les autres de porter atteinte au pays. Ce n’est pas la sincérité dans l’engagement de ces responsables qui est en cause ; mais un chef vit son engagement à partir de sa personne et donc de ses intérêts personnels, dont il croit inconsciemment qu’ils sont conformes aux intérêts du pays.

Tous les responsables du mouvement national, de Messali Hadj à Houari Boumediene, ont glissé du rôle de militant de la cause nationale à celui de propriétaire de celle-ci. C’est là que s’opère le premier détournement du bien commun, et qui trouvera son prolongement dans l’Etat indépendant, dans la privatisation du pouvoir qui, par définition, est une institution publique. Ce qui manque le plus à l’élite issue de la révolution, c’est la culture et la conviction du caractère public de l’autorité, fondement indispensable à l’Etat de droit.

La désignation de Bouteflika comme Président de la République après 20 ans de tourisme, le retour de Messaadia après 15 de vacances aux frais de l’Etat, attestent si besoin est, que pour cette caste, l’Etat algérien est leur bien immobilier dont il faut juste espérer qu’ils ne le vendront pas un jour pour aller s’installer en Suisse.

Si le pouvoir n’est pas public, s’il n’est pas institutionnellement protégé contre l’arbitraire et l’abus, il ne peut y avoir de modernité politique, et donc de développement, dont il faut rappeler qu’il est intrinsèquement lié à dé-privatisation du pouvoir.

La révolution algérienne contenait en elle-même une formidable force mécanique, mais il lui a manqué les valeurs de respect de l’individu et de l’autorité publique pour déboucher sur un Etat de droit.

Le livre de Harbi devrait être lu par le maximum d’Algériens dans les villes et villages à des fins de thérapie collective, ce qui aiderait probablement à sortir de la tragédie nationale qui a résulté des limites idéologiques de notre nationalisme.

Par cet ouvrage, Harbi a fait une seconde contribution à son pays, en tant que militant et en tant qu’intellectuel engagé.

Je voudrais terminer par une note optimiste : rien n’est encore perdu dans une société qui donne naissance à des militants et intellectuels comme Mohamed Harbi.

* Universitaire.

** Le titre et les intertitres sont de la rédaction.

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Décès de Mohammed Harbi, historien majeur du nationalisme algérien

02. Januar 2026 um 08:17

L’historien algérien Mohammed Harbi est décédé le 1ᵉʳ janvier 2026 à Paris, à l’âge de 92 ans, après avoir lutté plusieurs jours contre une infection pulmonaire. La disparition de cette figure intellectuelle de premier plan marque la fin d’un parcours exceptionnel, à la croisée du militantisme politique, de la recherche historique et de la critique du pouvoir postcolonial.

Né le 16 juin 1933 à El Harrouch, dans l’Est de l’Algérie alors sous domination coloniale française, Mohammed Harbi s’engage très tôt dans le mouvement nationaliste. Il rejoint successivement le Parti du peuple algérien (PPA) puis le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD), organisations qui constitueront le socle politique du futur Front de libération nationale (FLN).

Arrivé à Paris en 1952 pour poursuivre ses études, Harbi combine activité universitaire et engagement militant, notamment au sein de la Fédération de France du FLN pendant la guerre de libération.

De l’activisme politique à l’historiographie

Après l’indépendance de l’Algérie en 1962, il participe aux premières expériences politiques du nouvel État. Proche du président Ahmed Ben Bella, il devient conseiller technique et s’investit dans la revue Révolution africaine. Défenseur d’un socialisme inspiré du marxisme, il soutient l’expérience de l’autogestion, perçue alors comme un projet de transformation sociale et politique.

Le coup d’État de Houari Boumediene en 1965 constitue un tournant décisif. Opposé à l’instauration d’un régime autoritaire, Harbi entre en dissidence. Il est arrêté, emprisonné, puis placé en résidence surveillée. Cette rupture avec le pouvoir marque une étape essentielle dans son itinéraire intellectuel : l’ancien acteur politique va progressivement se consacrer à l’analyse critique de l’histoire contemporaine algérienne.

En 1973, il parvient à quitter clandestinement l’Algérie et s’installe en France. Il entame alors une carrière universitaire, notamment à l’université Paris-VIII, où il enseigne l’histoire et développe une œuvre historiographique qui fera date. Harbi devient l’un des premiers historiens algériens à interroger de manière méthodique les récits officiels de la guerre de libération et de la construction de l’État post-indépendance.

Son ouvrage ‘‘Le FLN, mirage et réalité’’, publié en 1980, constitue une référence incontournable. S’appuyant sur une documentation rigoureuse et une connaissance intime des mécanismes internes du mouvement nationaliste, il y analyse les luttes de pouvoir, les exclusions et la progressive confiscation de la souveraineté populaire. Il poursuivra ce travail avec ‘‘Les Archives de la révolution algérienne’’, contribuant à ouvrir un champ historiographique longtemps verrouillé.

Rigueur intellectuelle et indépendance d’esprit

Reconnu pour sa rigueur intellectuelle, son indépendance d’esprit et son refus des mythes politiques, Harbi a constamment défendu la liberté de recherche et le pluralisme historiographique. Jusqu’à la fin de sa vie, il a insisté sur la nécessité de regarder le passé avec lucidité afin de construire des sociétés fondées sur le droit, la citoyenneté et la responsabilité politique.

Son dernier ouvrage publié, la traduction en tamazight du premier tome de ses mémoires, ‘‘Tudert deg iseɣ’’ (Koukou Éditions, 2024), témoigne de son attachement à la transmission et à la pluralité culturelle.

Avec la disparition de Mohammed Harbi, l’Algérie et le Maghreb perdent un historien majeur, dont l’œuvre demeure une référence essentielle pour comprendre le nationalisme algérien, ses espoirs, ses impasses et ses héritages.

Djamal Guettala 

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El Amana Takaful devient Al Baraka Assurances

02. Januar 2026 um 08:00

À la suite de la décision de l’assemblée générale du 28 novembre 2025, El Amana Takaful annonce officiellement le changement de son nom commercial et devient Al Baraka Assurances à compter du 1er janvier 2026.

Cette transformation s’inscrit dans le cadre de l’intégration stratégique au sein du Groupe Al Baraka, consécutive à la détention majoritaire de son capital, consolidant ainsi sa position sur le marché tunisien de l’assurance takaful.

Sous sa nouvelle identité, Al Baraka Assurances bénéficiera de l’expertise et des synergies du Groupe afin de proposer à sa clientèle une offre complète de produits d’assurance, fondée sur des valeurs éthiques et alignée sur les standards internationaux.

À cette occasion, les coordonnées institutionnelles évoluent comme suit :

Le nom de domaine devient : www.albaraka‑assurances.com
Adresse de contact : contact@albaraka‑assurances.com

Nouvelle adresse : 59 avenue Alain Savary ,1002 Tunis.

Il est important de préciser que l’ensemble des contrats en cours demeure strictement inchangé.

Cette transformation marque une étape majeure dans le développement de l’assurance islamique en Tunisie et illustre l’engagement du Groupe Al Baraka en faveur du renforcement de l’écosystème financier éthique et durable.

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Gestern — 01. Januar 2026Haupt-Feeds

Règles d’origine euro-méditerranéennes | La Tunisie adhère en catastrophe

01. Januar 2026 um 13:34

Les nouvelles dispositions relatives à l’accord d’association entre la Tunisie et l’Union européenne, en particulier celles liées aux règles d’origine, ont été ratifiées par l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) hier, jeudi 31 décembre 2025, à la hâte, in extremis, et presque sans débat sur ses retombées sur l’économie nationale. Ce qui a suscité une vive controverse dans l’opinion publique tunisienne. (Ph. Port de Radès, Tunis).

Latif Belhedi

Il s’agit de trois textes de lois : le premier modifie le Protocole (B) relatif aux règles d’origine dans le cadre du libre-échange euro-méditerranéen ; le deuxième entérine les amendements de l’accord Union Européenne-Tunisie issus de décisions conjointes récentes ; le troisième intègre les révisions de la Convention pan-euro-méditerranéenne sur les règles d’origine.

Ces nouvelles lois alignent intégralement la Tunisie sur les règles d’origine préférentielles définies à Bruxelles, le régime pan-euro-méditerranéen révisé et les décisions du Conseil d’association Tunisie-UE.

Mobilisation des opérateurs économiques

L’économiste Nafaâ Ennaifer, estime, pour sa part, que cette ratification «devait se faire depuis plusieurs mois».

«Malgré l’importance capitale de cet accord, les enjeux économiques immédiats, les risques concrets pour la compétitivité des exportations tunisiennes, ainsi que les pertes certaines face à des pays concurrents l’ayant déjà adopté, le processus de ratification n’a pu être engagé (en catastrophe) par notre gouvernement qu’au cours de la toute dernière semaine du mois de décembre 2025», a-t-il écrit dans un poste Facebook, en rappelant que ce processus a été enclenché «suite à la très grande inquiétude et à la mobilisation des opérateurs économiques, notamment ceux de l’industrie textile et des composants automobiles.» Et ces derniers avaient d’autant plus de raison pour s’inquiéter et pour faire pression sur le gouvernement et le parlement pour l’adoption des textes en question que «sans ratification le 31 décembre 2025 par le parlement tunisien, une grande partie de nos exportations industrielles seront soumises dès le 1er janvier 2026 à des droits de douane de 12%, et ne seront plus compétitives.»

Un enjeu de plusieurs milliards d’euros d’exportations

«Même les commandes en cours qui seront livrées début 2026 n’y échapperont pas. Et les surtaxes, imprévues, seront donc supportées par les industriels tunisiens. L’enjeu est clair : des milliards d’euros d’exportations et des dizaines de milliers d’emplois !», a-t-il conclu, en déplorant, au passage, «l’ignorance et l’inconscience de certaines associations et de certains élus, qui dénoncent cet accord et appellent, de manière irresponsable, à ce qu’il ne soit pas ratifié par l’Assemblée».

Il faut dire que les associations et les élus en question n’ont pas dénoncé le contenu en tant que tel des trois textes adoptés, mais la manière quelque peu cavalière, sans étude ni évaluation ni débat préalable, et au pas de charge, avec laquelle ils ont été adoptés. Le débat aurait dû avoir lieu en amont et dans le cadre d’une évaluation sérieuse des retombées, bénéfiques ou néfastes, de l’accord d’association entre la Tunisie et l’Union européenne pour la mise en place d’une zone de libre-échange, signé depuis bientôt 30 ans.

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La Bourse de Tunis enregistre un bond de 35,12% en 2025

01. Januar 2026 um 12:41

La Bourse de Tunis a achevé l’année 2025 sur une performance exceptionnelle, marquée par un record historique de son indice de référence, le Tunindex, qui a bondi de 35,12% pour atteindre 13 449,95 points, selon le Bilan de l’activité boursière 2025, publié, par la Bourse des valeurs mobilières de Tunis (BVMT).

Cette envolée, qui a vu l’indice franchir pour la première fois la barre symbolique des 13 000 points, est principalement attribuée aux impacts positifs sur le comportement des cours des actions des sociétés performantes ayant publié de bons résultats au titre de l’exercice 2024 ou décidé de bons niveaux de dividendes.

L’indice Tunindex 20, représentatif des plus grandes valeurs, a suivi la même tendance avec un gain de 36,30%.

Concernant la capitalisation boursière globale du marché, elle a enregistré une croissance de 31%, s’élevant à 34,66 milliards de dinars contre 26,46 milliards à la fin de 2024. Le secteur financier demeure prépondérant, captant 54% de cette valorisation.

Le dynamisme du marché se reflète également, dans le volume global des échanges, qui a progressé de 46,3% pour atteindre 5,37 milliards de dinars. Sur la seule Cote de la Bourse, le volume quotidien moyen est passé de 7 millions de dinars (MD) en 2024 à 12,3 MD, en 2025.

L’analyse des performances des indices sectoriels place l’indice «Services aux consommateurs» à la tête du classement avec un gain de 59,32%, suivi de l’indice «Biens de consommation» avec une performance de 40,40%. Parmi les performances individuelles les plus spectaculaires, le rapport de la Bourse de Tunis cite Assad (+412,9%), Tuninvest-Sicar (+359,5%), et Poulina (+118,3%).

En ce qui concerne la capitalisation boursière détenue par les étrangers, qui demeure essentiellement stratégique, elle a augmenté de 1 364MD en 2025 pour passer à 6552MD représentant 18,9% de la capitalisation globale du marché, contre 5 188MD et une part de 19,6% en 2024.

Pour ce qui est du montant des transactions sur le marché hors cote, il a augmenté de 454,4% pour atteindre 109 MD contre 20 MD en 2024. Les opérations d’enregistrement et les déclarations ont porté sur un montant de 2 209 MD contre 1 889 MD pour l’année 2024, soit une hausse de 17%.

Il convient de noter que la performance de l’année 2025 n’est pas un événement isolé mais elle s’inscrit dans une trajectoire durable de valorisation du marché tunisien, puisque le Tunindex vient de boucler sa cinquième année consécutive de hausse, confirmant sa résilience face aux chocs économiques.

Cette dynamique quinquennale a été soutenue par la solidité financière des entreprises cotées, dont le résultat global a encore progressé de 12,2% en 2024. Elle a également bénéficié d’un contexte de liquidité abondante dans le système bancaire, entraînant une réallocation de l’épargne vers le marché boursier face à la baisse des taux de placement alternatifs.

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Pour une ouverture inclusive de l’espace aérien tunisien

01. Januar 2026 um 12:25

Depuis plusieurs saisons, il est possible d’observer que la tarification aérienne sur les liaisons reliant la Tunisie à ses principaux marchés émetteurs, et en particulier la France — qui abrite près de 1,5 million de Tunisiens résidents à l’étranger et constitue également un important réservoir touristique — obéit à une logique de convergence tarifaire défavorable à la fois à la diaspora, au secteur du tourisme et à l’économie nationale dans son ensemble.

Hakim Tounsi *

Les compagnies aériennes opérant sur ces routes, qu’elles soient tunisiennes ou françaises, appliquent dès l’ouverture des ventes des niveaux de prix élevés et remarquablement homogènes sur des périodes pourtant parfaitement prévisibles de déplacement de la diaspora et des flux touristiques saisonniers, réduisant la concurrence à une réalité largement théorique.

Présentée comme une application du yield management, cette pratique repose en réalité sur l’anticipation d’une demande supposée captive, comme le démontrent les ajustements tarifaires tardifs observés fréquemment lorsque les volumes ne suivent pas les projections initiales. Ces corrections interviennent généralement trop tard pour rattraper des projets de voyage déjà abandonnés, installant durablement un effet dissuasif sur les déplacements.

Une demande supposée captive

Ce verrouillage du marché est renforcé par le cadre actuel des accords bilatéraux, qui limite de facto l’accès aux droits de trafic aux seuls pavillons tunisien et français. Cette configuration permet aux compagnies en place de conserver la maîtrise de la capacité et de restreindre l’accès des tour-opérateurs aux opérations charter, afin de préserver leur contrôle sur les flux et les niveaux de prix.

Les conséquences, aggravées par la fragilité structurelle d’une compagnie aérienne nationale en quête permanente de ses équilibres, sont directes et mesurables : une accessibilité aérienne réduite pour la diaspora, une contraction des flux touristiques sur des périodes clés et un impact négatif sur un secteur stratégique de l’économie nationale, fortement créateur d’emplois et de valeur ajoutée.

Dans un pays où le tourisme constitue un pilier de la croissance, cette restriction de la mobilité affecte l’ensemble de la chaîne économique, de l’hôtellerie aux services locaux.

Introduire une pression concurrentielle

Dans un environnement libéral où l’État n’a ni vocation ni légitimité à intervenir sur les prix, il dispose néanmoins d’un levier efficace, réaliste et juridiquement maîtrisé pour réintroduire une concurrence effective. Celui-ci consiste à autoriser, dès le début de chaque saison, l’accès aux droits de trafic de troisième et quatrième liberté à des compagnies aériennes européennes opérant sous licence de l’Union européenne, y compris celles disposant de bases en France, afin qu’elles puissent assurer des vols directs entre la France et la Tunisie dans le cadre d’opérations charter ou ponctuelles.

Une telle ouverture, annoncée en amont et en anticipation d’un futur accord d’Open Sky entre la Tunisie et l’Union européenne, permettrait aux tour-opérateurs de sécuriser des chaînes charter sur la durée, sans dépendre du bon vouloir des transporteurs historiques, tout en introduisant une pression concurrentielle saine sur la capacité et les niveaux de prix.

À titre d’exemple, un tour-opérateur basé en France pourrait ainsi affréter librement, comme cela a déjà été le cas pour la compagnie nationale, un avion auprès d’un transporteur européen tel qu’Electra Airways afin de desservir Tunis, Monastir, Enfidha, Tabarka ou Djerba.

Seule une concurrence loyale et effective est en mesure de rétablir des niveaux de prix justes et économiquement soutenables. Aller à l’encontre de cette ouverture reviendrait à accepter le maintien d’une économie de rente de fait, avec ses dérives connues, qui faussent les tarifs, rigidifient le marché et dégradent durablement la relation avec les passagers, au détriment du tourisme, de la diaspora et de l’intérêt économique national.

Par cette tribune, il est lancé un appel aux autorités compétentes afin qu’elles examinent sans délai cette opportunité, susceptible de redonner un nouvel élan à la capacité aérienne reliant la Tunisie à ses marchés européens traditionnels, au premier rang desquels la France, qui présente un potentiel immédiat considérable. Cette ouverture gagnerait à être pensée de manière inclusive, sans exclusion d’aéroports ni de segments de clientèle, afin de maximiser son impact économique, touristique et social.

* Economiste, Fondateur Dirigeant du tour opérateur Authentique en France.



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2026 | La Tunisie entre le marteau et l’enclume  

01. Januar 2026 um 11:45

La Tunisie entre dans une nouvelle année sous le prolongement de l’état d’urgence jusqu’à fin janvier 2026. Ce n’est pas pour rassurer les Tunisiens, qui ont cru en avoir fini avec le terrorisme, ni pour leur redonner confiance en l’avenir. L’annonce a plutôt de quoi les inquiéter au moment où les vœux circulent, enthousiastes (joie, bonheur, succès) ou prudents (sécurité, stabilité, apaisement). Mais derrière ces mots, une autre réalité traverse la société, plus intime, plus silencieuse : une tension psychique diffuse, faite d’anxiété et d’évitement, presque ordinaire. Un peuple qui rentre dans une nouvelle année sur la pointe des pieds, presque à reculons, en retenant son souffle.

Manel Albouchi

L’anxiété n’est pas une faiblesse. Elle est une réaction d’adaptation à l’incertitude. Elle appelle à la vigilance, prépare le corps à répondre. Si l’anxiété avait une couleur, elle serait rouge : alarme, cœur qui s’emballe, feu intérieur qui brûle sans danger réel. 

Pour comprendre l’anxiété, il faut d’abord revenir à sa source : la peur. La peur est biologique : elle apparaît face à un danger réel et identifiable, activant le système nerveux autonome : accélération du rythme cardiaque, respiration rapide, tension musculaire, libération d’adrénaline. Le corps se prépare à fuir, combattre ou se figer. 

L’anxiété, elle, est différente : c’est une peur sans objet réel. Aucun danger tangible, mais le corps réagit comme si. L’anxiété est donc un rouge sans cible, un feu qui brûle sans relief ni forme précise. Tel un état d’alerte prolongée, où le système émotionnel reste activé en l’absence de danger immédiat. Cela se traduit par : une anticipation constante du pire, des pensées qui tournent sans issue, une fatigue nerveuse persistante, une hypervigilance qui ne se repose jamais. 

L’évitement comme fausse solution 

Face à l’anxiété, beaucoup choisissent le noir : le retrait, la fuite l’évitement : éviter le conflit, éviter la décision, éviter l’engagement, éviter même l’espoir «trop risqué !». Certes l’évitement soulage un instant ; il permet de continuer à fonctionner, à tenir debout. Mais ce soulagement a un prix. 

Les avancées psychologiques récentes, notamment le modèle de l’apprentissage inhibiteur (Inhibitory Learning), révolutionnent notre compréhension de l’anxiété en 2026 et démontre ce que l’on évite ne disparaît pas mais s’étend. 

Trois phénomènes clés expliquent pourquoi l’évitement piège le cerveau et bloque l’extinction de la peur : 

1. le renforcement de la menace : éviter une situation anxiogène envoie un message clair au cerveau : «J’ai survécu parce que j’ai fui». La peur est validée, l’alarme rouge sera plus forte la prochaine fois; 

2. l’élargissement du périmètre : éviter un ascenseur peut élargir la peur aux escaliers fermés, puis aux espaces confinés en général. Ce que l’on ne confronte pas finit par coloniser la vie quotidienne ;

3. la traversée plutôt que l’habituation : contrairement aux anciennes méthodes visant à faire disparaître l’anxiété, l’apprentissage de sécurité consiste à prouver au cerveau qu’on peut tolérer l’inconfort et traverser la peur. Le rouge n’est pas éliminé ; il devient supportable, maîtrisable. 

Le cercle invisible des troubles anxieux   

L’anxiété pousse à l’évitement. L’évitement entretient l’anxiété. C’est un cercle simple, redoutablement efficace. Plus on évite, plus le monde semble dangereux. Plus le monde semble dangereux, plus on évite. 

Dans un contexte d’alerte prolongée, ce cercle trouve un terrain fertile. Il s’installe sans bruit. Il devient normalité. 

À l’échelle individuelle, cela s’appelle un trouble anxieux. 

À l’échelle collective, cela devient une culture de survie.  

Un petit test pour ceux qui ne se voilent pas la face 

 Quand quelque chose t’angoisse : 

  • Remets-tu souvent à plus tard ? 
  • Minimises-tu ce que tu ressens ? 
  • Te distrais-tu excessivement ? 
  • Te dis-tu : «ce n’est pas le moment» ? 

Si tu réponds oui à plusieurs de ces questions, tu ne vas pas mal. Tu es en mode survie psychique, à la frontière entre le rouge et le noir. Or la survie n’est pas faite pour durer. 

Entre rouge et noir, le regard est notre ressource 

La résilience tunisienne ne se situe ni dans le déni optimiste, ni dans le pessimisme figé. Elle se joue dans la flexibilité du regard. Voir le verre à moitié plein ou à moitié vide n’est pas une question de positivité naïve, mais de capacité à changer de perspective. C’est ici qu’intervient la confiance en soi. 

Le mot confiance vient du latin confidere : cum (avec) + fidere (foi). La question est : foi en quoi ? Pas en l’absence de danger. Pas dans un avenir garanti. Foi en sa propre capacité à faire face, à traverser, à apprendre de chaque situation. 

Cette confiance psychique est la clé pour réduire le noir de l’évitement et dompter le rouge de l’anxiété. Elle repose sur l’expérience vécue : «J’ai déjà traversé, donc je peux encore traverser»

Vœux pour 2026. Tout de même…   

Dans une Tunisie sous vigilance prolongée, le vœu le plus juste n’est ni l’optimisme forcé, ni la résignation. Il consiste à : traverser le rouge sans fuir dans le noir, renforcer la confiance en sa capacité à faire face, bouger le regard pour qu’il circule librement entre alerte et repos, entre danger et sécurité. 

La sortie de crise n’est pas seulement politique. Elle est d’abord psychique, individuelle et collective. 

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La LTDH alerte sur la dégradation des libertés et des droits en Tunisie

01. Januar 2026 um 10:28

Le rapport annuel 2025 sur les droits et les libertés, publié par la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH), en arabe, التقرير السنوي حول الحقوق والحريات 2025 – LTDH alerte l’opinion sur la dégradation des libertés et la mise en place d’un système de restriction généralisée des droits fondamentaux en Tunisie.

Dans ce document mis en ligne sur son site web, la LTDH dresse le constat d’un effondrement progressif mais méthodique de l’État de droit, où le droit cesse d’être une garantie pour devenir un instrument de contrôle.

Les violations des droits humains ne sont plus des dérives isolées, mais relèvent désormais d’une logique de système qui repose sur la convergence de plusieurs dynamiques : un cadre juridique répressif, une justice sous pression, un appareil sécuritaire omniprésent et un discours officiel stigmatisant toute dissidence.

Au cœur de ce système figure le décret-loi n°54, présenté officiellement comme un outil de lutte contre la désinformation, mais largement utilisé dans la pratique pour criminaliser l’expression numérique, la critique politique et le discours social contestataire.

La LTDH souligne le caractère problématique de ce texte, fondé sur des notions floues et extensibles qui violent les principes fondamentaux de légalité, de nécessité et de proportionnalité des peines.

À côté de ce texte, des dispositions pénales anciennes — telles que l’«offense au Président» ou l’«atteinte au moral des institutions» — sont réactivées et combinées pour donner naissance à une forme renouvelée de délit d’opinion, souligne encore la LTDH.

Le rapport parle également de l’érosion de l’indépendance de la justice, marquée par la dépendance accrue du parquet, la pression hiérarchique et l’alignement de certaines décisions sur les désidératas du pouvoir exécutif.

La détention préventive abusive, les jugements expéditifs et le recours quasi automatique à la prison dans les affaires d’expression illustrent cette profonde transformation.

Le rapport 2025 de la LTDH insiste, par ailleurs, sur la criminalisation des luttes sociales et des revendications liées au droit à l’eau, à l’emploi, à l’environnement ou au développement régional, souvent traitées comme des menaces à l’ordre public, et non comme l’expression légitime de droits économiques et sociaux.

La LTDH consacre également une large place à l’état des libertés collectives. Les associations font face à des entraves administratives croissantes, à la stigmatisation de leurs financements et à des menaces judiciaires directes contre leurs responsables. La société civile est progressivement redéfinie comme un acteur suspect, voire hostile, plutôt que comme un pilier du débat démocratique.

La liberté de la presse, quant à elle, est minée par les poursuites judiciaires, la fragilité économique des médias et la montée de l’autocensure. Le pluralisme formel subsiste, mais le pluralisme réel s’érode, remplacé par un climat de prudence généralisée et de silence contraint.

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Yémen | Scènes de ménage entre l’Arabie saoudite et les Émirats !

01. Januar 2026 um 10:01

C’est du jamais vu ! D’habitude, entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, les différends se règlent très discrètement et en sourdine. Cette fois-ci, les Saoudiens, excédés, ont frappé et ont clamé haut et fort leur colère. Ils ont bombardé des cargaisons d’armes au Yémen en provenance des Émirats arabes unis (Photo). Abou Dhabi a aussitôt démenti la présence d’armes dans les cargaisons et dit avoir retiré immédiatement ce qui reste de ses troupes au Yémen. Comme au Soudan où ils nient catégoriquement participer à la guerre en soutenant Hamedti Dagalo, leurs déclarations sont toujours à prendre avec des pincettes. 

Imed Bahri

Dans une enquête parue dans le Washington Post, Claire Parker et Abbie Cheeseman rapportent que cet épisode marque une escalade sans précédent des tensions entre les deux puissances rivales du Golfe. 

L’Arabie saoudite a lancé une frappe aérienne sur la ville portuaire de Mukalla, dans le sud du Yémen, tôt mardi matin, 30 décembre 2025, ciblant ce qu’elle a présenté comme des cargaisons d’armes destinées à une force séparatiste soutenue par les Émirats arabes unis. Cette force séparatiste s’était efforcée ces dernières semaines de consolider son emprise territoriale sur le sud du Yémen.

L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, deux puissances du Golfe officiellement opposées aux rebelles houthis soutenus par l’Iran au Yémen mais dont les objectifs dans ce pays notamment et dans la région en général divergent de plus en plus.

Les Saoudiens excédés par les Emiratis

Dans un communiqué publié mardi, le ministère saoudien des Affaires étrangères a fermement condamné son ancien allié, affirmant que le Royaume «considère toute menace à sa sécurité nationale comme une ligne rouge et n’hésitera pas à prendre toutes les mesures nécessaires pour contrer une telle menace»

Le général de brigade Turki Al-Maliki, porte-parole de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite et soutenant le gouvernement yéménite internationalement reconnu, a déclaré que la frappe avait eu lieu après l’arrivée, durant le week-end, à Mukalla de deux navires partis du port émirati de Fujairah sans autorisation et dont les transpondeurs avaient été désactivés.

Al-Maliki a ajouté : «Le port a été fermé et tout le personnel local a été évacué. Les équipages des deux navires ont ensuite déchargé une importante quantité d’armes et de véhicules blindés.» Il a précisé que ces armes étaient destinées au Conseil de transition du Sud, mouvement séparatiste implanté dans les provinces orientales d’Hadramaout et d’Al-Mahra, et que les autorités saoudiennes avaient mis en garde de hauts responsables des Émirats arabes unis contre la poursuite de ce transfert.

Face à leur refus d’obtempérer, Al-Maliki a déclaré : «Les forces aériennes de la coalition ont mené une opération militaire limitée ciblant des armes et des véhicules de combat déchargés des deux navires au port de Mukalla». Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux, et authentifiées par Storyful, montrent de la fumée s’échappant des châssis noirs de plusieurs véhicules militaires au port.

Dans un communiqué publié mardi, le ministère des Affaires étrangères des Émirats arabes unis a réagi en contestant la version des faits donnée par l’Arabie saoudite concernant le rôle des Émirats au Yémen et a rejeté les allégations selon lesquelles il aurait fait pression sur une quelconque partie yéménite pour mener des opérations militaires menaçant l’Arabie saoudite ou ses frontières.

Retrait des troupes émiratis du Yémen

Le communiqué exprime sa surprise face à la frappe et dément que la cargaison à destination du Yémen contienne des armes. Il précise que les véhicules à bord des navires n’étaient pas destinés à une quelconque partie yéménite mais aux forces émiraties déjà présentes au Yémen.

Par la suite, le ministère de la Défense des Émirats arabes unis a annoncé son intention de retirer ses dernières équipes antiterroristes présentes au Yémen. Les Émirats ont retiré la majeure partie de leurs forces du Yémen en 2019.

Le porte-parole adjoint du département d’État américain, Tommy Pigott, a déclaré mardi dans un communiqué que le secrétaire d’État Marco Rubio s’était entretenu avec son homologue saoudien au sujet de la situation au Yémen.

Washington appelle à la retenue

L’administration Trump est restée largement silencieuse face à l’escalade des tensions entre ses alliés du Golfe ces dernières semaines. M. Rubio a déclaré que les États-Unis étaient «préoccupés par les récents événements dans le sud-est du Yémen». Il a ajouté : «Nous appelons à la retenue et à la poursuite des efforts diplomatiques dans le but de parvenir à une solution durable».

Cette escalade intervient après l’offensive menée, au début du mois, par les forces loyales au Conseil de transition du Sud (CTS), qui ont conquis les gouvernorats d’Hadramaout et d’Al-Mahra, chassant les forces soutenues par l’Arabie saoudite lors d’une opération visant à s’emparer de vastes portions du Yémen frontalières de l’Arabie saoudite et d’Oman. Le CTS, créé en 2017, fait partie du Conseil de direction présidentiel, une alliance fragile de personnalités politiques du sud du Yémen qui, ensemble, forment le pouvoir exécutif du gouvernement internationalement reconnu.

Les membres du CTS et leurs alliés du Golfe partagent l’objectif de contrer les Houthis, le mouvement rebelle soutenu par l’Iran qui s’est emparé de la capitale, Sanaa, en 2014, déclenchant une guerre civile. L’Arabie saoudite soutient un Yémen unifié, tandis que le CTS, soutenu par les Émirats, cherche à rétablir un État indépendant dans le sud du Yémen, qui a existé pendant près de vingt ans avant l’unification en 1990.

L’offensive éclair du CTS ce mois-ci semble avoir pris l’Arabie saoudite par surprise et les tensions n’ont cessé de s’exacerber tandis que Riyad évaluait sa riposte.

En fin de semaine dernière, l’Arabie saoudite a ciblé une zone de la province de Hadramaout où les forces du CTS tentaient de progresser, lors d’une frappe qualifiée d’avertissement par les médias pro-saoudiens. Samedi, Maliki a menacé d’une intervention de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite si le CTS ne se retirait pas du territoire qu’il avait conquis.

Ahmed Naji, analyste principal pour le Yémen au sein de l’International Crisis Group, a déclaré lors d’un entretien téléphonique, après sa rencontre avec des responsables saoudiens et yéménites à Riyad la semaine dernière, que les récents efforts diplomatiques pour contenir la crise avaient échoué.

Il a ajouté que la déclaration saoudienne de mardi, dans laquelle Riyad accusait directement le gouvernement des Émirats arabes unis d’être à l’origine de l’attaque du Conseil de transition du Sud, constituait l’avertissement le plus ferme jamais adressé aux Émirats arabes unis par le Royaume.

Deux pays puissants et arrogants

La déclaration indiquait : «Les mesures prises par les Émirats arabes unis sont extrêmement dangereuses et contraires aux principes fondateurs de la Coalition pour le soutien à la légitimité au Yémen. Elles ne servent pas l’objectif de la Coalition, qui est d’assurer la sécurité et la stabilité du Yémen», faisant référence à la coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite.

Le ministère saoudien des Affaires étrangères a également appuyé mardi l’appel du gouvernement yéménite, reconnu internationalement, exigeant le retrait des forces émiraties du pays dans les 24 heures et a demandé aux Émirats arabes unis de cesser tout soutien militaire et financier à toute partie présente au Yémen.

Le président Rashad Al-Alimi, chef du Conseil de direction présidentiel soutenu par Riyad, a annulé un accord de défense conjoint avec les Émirats arabes unis, décrété l’état d’urgence pour 90 jours au Yémen et imposé un blocus aérien, maritime et terrestre de 72 heures sur tous les ports et points de passage frontaliers. Il a également ordonné le retrait de toutes les forces stationnées à Hadramaout et à al-Mahra et leur remise de leurs positions à une force soutenue par l’Arabie saoudite.

Quatre membres du Conseil de direction présidentiel ont condamné les mesures prises par Al-Alimi, notamment l’annulation de l’accord de défense et l’expulsion des forces émiraties du pays. Hisham al-Jabri, chef de cabinet de l’un des membres du Conseil, Faraj Salmeen Al-Bahsani, a déclaré par SMS s’attendre à ce que la frappe de mardi accélère les efforts du Conseil de transition du Sud pour proclamer un État indépendant dans le sud du Yémen.

Selon Farea al-Muslimi, chercheuse à Chatham House à Londres, la rupture naissante entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis aura des répercussions importantes pour la région. Elle a déclaré: «Ce sont des pays puissants. Ils possèdent des armes. Ils n’ont pas de parlement. Il est impossible de les tenir responsables et ils sont très arrogants. L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ne se sont jamais attaqués de la sorte auparavant. C’est très dangereux»

Adam Baron, chercheur associé à la New America Foundation à Washington, a déclaré que l’Arabie saoudite et les Émirats partagent une étroite affinité stratégique avec les États-Unis mais que leurs stratégies régionales respectives s’opposent de plus en plus. «Nous l’avons constaté au Yémen, au Soudan et en Somalie. Nous l’avons constaté en mer Rouge et nous constatons maintenant –bien qu’inévitablement et encore relativement limité pour l’instant– une escalade de ces tensions», a-t-il ajouté.

Divergence des stratégies régionales

M. Baron a indiqué que la divergence des stratégies régionales est apparue publiquement sur plusieurs fronts ces dernières semaines, citant notamment les développements au Soudan et en Somalie. Il a noté que le président Donald Trump avait déclaré le mois dernier que le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane avait demandé à Washington de travailler à une solution au conflit au Soudan où Riyad et les Émirats soutiennent des camps opposés.

M. Baron a également affirmé que la reconnaissance officielle, la semaine dernière, par Israël du Somaliland, région sécessioniste du nord de la Somalie, pourrait avoir incité Riyad à réajuster ses rapports de force. Les Émirats maintiennent une présence militaire au Yémen et se sont abstenus de participer à la déclaration de la Ligue arabe condamnant l’initiative israélienne.

Al-Muslimi a déclaré que les États arabes, ainsi que la communauté internationale dans son ensemble, devraient se ranger du côté de l’Arabie saoudite au Yémen. Il a souligné les premiers signes de soutien, notamment une déclaration publiée mardi par le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, qui a exprimé sa vive inquiétude face à l’escalade rapide et dangereuse de la situation, notamment l’incapacité du Conseil de transition du Sud à répondre aux demandes du gouvernement soutenu par l’Arabie saoudite.

Oman, qui partage une frontière avec la province yéménite d’Al-Mahra, dans le sud-est du pays, a également appelé mardi à la désescalade et au dialogue pour résoudre la crise.

Al-Muslimi rappelle que ce sont les citoyens ordinaires qui en paieront le prix, tandis que les puissances régionales poursuivent leurs propres intérêts. «Les Yéménites resteront pris en étau entre ennemis et, pire encore, entre amis», a-t-il ajouté.

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Gaza | «Nous ne nous rendrons pas», déclare le Hamas

01. Januar 2026 um 09:29

«Notre peuple se défend et n’abandonnera pas ses armes tant que l’occupation perdurera.» Les Brigades Al-Qassam, la branche militaire du Hamas, ont annoncé lundi 29 décembre 2025 le martyre de leur porte-parole emblématique, Abou Obeida, au cours du génocide israélien en cours dans la bande de Gaza. Le groupe a également annoncé le martyre de Mohammed Sinwar – le frère du chef des Brigades Al-Qassam et du Hamas, Yahya Sinwar – qui avait pris la tête des Brigades Al-Qassam après la mort de Yahya au combat en octobre 2024.

Abou Obeida a été le porte-parole d’Al-Qassam pendant près de deux décennies, devenant ainsi la voix de la résistance à Gaza. Toujours apparu avec un keffieh rouge masquant son visage et s’exprimant sous le nom de guerre Abou Obeida, les Palestiniens attendaient ses discours – qui donnaient des nouvelles de la guerre et des annonces victorieuses – avec une grande anticipation. Cependant, sa véritable identité était restée inconnue. Le nouveau porte-parole d’Al-Qassam a révélé que le vrai nom d’Abou Obeida était Hudhayfah Samir Abdullah Al-Kahlout.

La voix tonnante de la nation

«Ils attendaient son apparition avec passion, voyant en lui une source d’inspiration et dans son keffieh rouge, une icône pour tous les peuples libres du monde», a déclaré le nouveau porte-parole d’Al-Qassam dans un discours vidéo diffusé lundi. «Le grand martyr commandant, porte-parole des Brigades Al-Qassam, la voix tonnante de la nation, un homme de parole et de principes, le pouls de la Palestine, de Jérusalem, de son peuple et de ses combattants.»

Le nouveau porte-parole a confirmé qu’il reprendrait le nom de guerre de son prédécesseur: «Le commandant Hudhayfah Al-Kahlout est parti et nous avons hérité de son titre, Abou Obeida.»

Abou Obeida est tombé martyr lors d’une tentative d’assassinat israélienne fin août, lorsqu’un bâtiment du quartier de Rimal à Gaza a été bombardé. Les Israéliens avaient affirmé avoir tué le porte-parole peu après cette frappe qui avait tué 11 personnes, dont des enfants. Cependant, le Hamas était resté silencieux sur la question jusqu’à aujourd’hui.

Al-Qassam a également confirmé le martyre des cadres supérieurs Hakam Al-Issa, Mohammed Sinwar et Mohammed Shabana. Les deux derniers ont été tués dans une frappe israélienne en mai de cette année. Raed Saad a été tué lorsque les Israéliens ont frappé un véhicule à Gaza au début de ce mois, en violation flagrante du «cessez-le-feu» en cours.

Poursuite de l’assaut génocidaire sur Gaza

Après avoir annoncé la disparition de ses dirigeants, le nouveau porte-parole de Qassam a tourné son attention vers la question du désarmement de la résistance à Gaza. Il a exhorté à la nécessité de démilitariser Israël, car l’État suprémaciste juif poursuit son assaut génocidaire sur Gaza et frappe ses États voisins à volonté et en toute impunité dans la poursuite du Grand Israël : «Nous exhortons tous ceux que cela concerne à œuvrer au désarmement de l’occupation de son arsenal mortel, qui a été utilisé et continue d’être utilisé dans le génocide de notre peuple et l’agression contre les pays de la région, au lieu de se concentrer sur les armes légères palestiniennes, que l’ennemi utilise comme un prétexte fallacieux pour saborder le cessez-le-feu.»

Abou Obeida a rejeté l’idée que les Palestiniens rendent leurs armes tant que les Israéliens continuent de les occuper. «Notre peuple se défend et n’abandonnera pas ses armes tant que l’occupation restera. Et il ne se rendra pas, même s’il doit se battre avec ses ongles», a-t-il dit.

Il a exhorté les nations islamiques à comprendre les véritables desseins d’Israël, qui ne cesse d’ajouter de nouvelles «capitales» à sa liste de cibles chaque jour, et à «réaliser la faiblesse de cet ennemi arrogant, qui a été humilié sur le sol de Gaza. Sachez que l’automne de l’occupation a commencé, la ‘‘malédiction de la huitième décennie’’ s’est abattue et qu’une autre bataille ébranle ses piliers et érode ses fondations aujourd’hui – un présage de sa disparition, si Dieu le veut.»

Malgré le «cessez-le-feu» entré en vigueur le 10 octobre, les Israéliens n’ont pas cessé de massacrer des Palestiniens un seul jour. Plus de 400 Palestiniens ont été tués à Gaza depuis le début du «cessez-le-feu». De plus, en violation flagrante des termes de la trêve, les Israéliens ne laissent entrer qu’une infime fraction des 600 camions d’aide quotidiens convenus dans l’enclave assiégée.

Jusqu’à ce que l’agression israélienne cesse

En raison du blocus total et du début d’un hiver brutal, plusieurs nourrissons sont morts de froid. Les pluies, les vents froids et la chute des températures ont combiné leurs effets pour faire des ravages parmi les Palestiniens affamés, qui luttent pour rester au chaud et en sécurité dans des tentes en plastique déchirées qui tiennent à peine debout après des mois d’utilisation continue.

Abou Obeida a exhorté les «peuples libres du monde» à maintenir et intensifier leur mobilisation jusqu’à ce que l’agression israélienne cesse et que les auteurs du génocide soient traduits en justice : «Cette agression exige que notre peuple y fasse face, envoyant un message à tous les peuples libres du monde que l’agression de l’occupation n’a pas cessé, donc leur mouvement ne doit pas s’arrêter non plus ; il doit se poursuivre et s’intensifier publiquement, politiquement et légalement pour que les criminels n’échappent pas au châtiment.»

«Même si les canons se sont tus, Gaza souffre encore amèrement ; c’est notre devoir de l’aider et de soulager ses souffrances», a ajouté Abou Obeida. «C’est le moins que l’on puisse offrir à son peuple après que beaucoup l’ont abandonné pendant le génocide.»

Source : Palestine will be Free, traduit de l’anglais par Tlaxcala.

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Fortes pressions sur le secteur de l’huile d’olive en Tunisie

01. Januar 2026 um 09:00

En vue de stabiliser le marché et de dynamiser les exportations d’huile d’olive conditionnée, le gouvernement tunisien a introduit un prix de référence pour les transactions d’huile d’olive au niveau des huileries, le fixant à 10 dinars le kilo (3,3 euros/kg) pendant la phase de transformation. Ce prix sera révisé chaque semaine ou en fonction des besoins du marché.

Cette mesure a été annoncée dans un communiqué conjoint des ministères de l’Agriculture et du Commerce, qui la présentent comme une mesure de suivi de la campagne de récolte et de transformation 2025-2026. L’objectif affiché est de préserver l’équilibre de la chaîne d’approvisionnement et de protéger notamment les petits producteurs en limitant les fluctuations excessives des prix.

Dans les débats sectoriels, cette décision est également interprétée comme un signe de «fixation» des prix intérieurs, à un moment où le secteur est soumis à de fortes pressions.

Dans un contexte où les produits tunisiens continuent d’être majoritairement exportés en vrac, avec un impact limité en termes de valeur ajoutée.

Selon la presse spécialisée, un prix de 10 dinars le kilo correspondrait à une valeur d’un peu plus de 3 000 € la tonne et pourrait se traduire concrètement par un prix minimum à l’exportation d’environ 3 150 € la tonne, avec des répercussions indirectes possibles sur un marché méditerranéen interconnecté, où l’Espagne, l’Italie et la Grèce demeurent les principaux centres de production et de commercialisation.

Les données les plus récentes confirment l’importance économique du secteur, mais aussi sa fragilité face à la volatilité des prix internationaux.

Hausse des exportations, baisse des recettes

Selon l’Observatoire de l’agriculture (Onagri), au cours des onze premiers mois de la campagne 2024-2025, les exportations tunisiennes ont atteint 288 600 tonnes, en hausse de 41,3 % par rapport à la même période de l’année précédente, mais les recettes ont chuté de 28,4 % pour s’établir à 3,6 milliards de dinars (un peu plus d’un milliard d’euros).

En septembre 2025, le prix moyen a baissé de 46,2 % par rapport à l’année précédente, à 9,28 dinars le kilogramme (2,81 euros).

Le 22 décembre, à l’Académie diplomatique internationale, le ministère des Affaires étrangères a organisé la première Journée diplomatique de l’huile d’olive tunisienne, présentée dans le cadre d’un plan de promotion visant à renforcer la notoriété du produit, à accroître la part des exportations conditionnées et à conquérir de nouveaux marchés.

Dans le cadre de cette initiative, le ministre Mohamed Ali Nafti a invité les ambassadeurs et les représentants accrédités en Tunisie à soutenir les efforts de promotion, en mettant l’accent sur la visibilité et l’accès à de nouveaux débouchés commerciaux.

L’objectif du gouvernement est de préserver la base de production pour la campagne 2025-2026 et, simultanément, de réduire la dépendance au vrac, qui demeure largement prédominant. L’efficacité de cette mesure sera désormais évaluée par les opérateurs à deux niveaux : sa capacité à stabiliser les zones de production et son impact sur les exportations, notamment vers l’Union européenne, qui représente la part la plus importante des volumes, l’Espagne et l’Italie figurant parmi les principaux importateurs.

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Abdelhay Ben Soltane directeur technique de La Fédération jordanienne de football  

01. Januar 2026 um 08:48

La Jordan Football Association (JFA) a décidé de nommer le Tunisien Abdelhay Ben Soltane au poste de directeur technique, à compter de ce 1er janvier 2026, afin de prendre en charge la gestion technique du football jordanien conformément à la vision de la fédération, rapporte le site Al Mamlaka.

Ben Soltana, qui possède une expertise technique exceptionnelle en football, est titulaire de la licence d’entraîneur professionnel africain (PRO) et a suivi plusieurs formations de perfectionnement pour devenir instructeur de football qualifié. Il est également titulaire d’une maîtrise en éducation physique et sciences du sport, ainsi que d’une maîtrise en sciences de l’éducation, spécialisée en psychologie du sport.

Au cours de sa carrière, Ben Soltana a supervisé plusieurs équipes nationales tunisiennes de différentes catégories d’âge et a obtenu des succès remarquables, notamment en atteignant les phases finales de la Coupe du monde junior et en menant de nombreux clubs à la victoire en championnat, en plus d’expériences d’entraîneur réussies en Arabie saoudite et au Maroc.

Il supervisait également les centres d’élite, le développement des talents et l’élaboration des programmes techniques en Tunisie, en plus de ses fonctions d’entraîneur.

Le directeur technique sera chargé d’élaborer les plans techniques et de superviser l’ensemble des programmes techniques, notamment la formation des entraîneurs, le repérage des talents et les initiatives de haut niveau, ainsi que d’encadrer les équipes d’avenir, les équipes nationales et les tournois par catégories de jeunes.

I B.

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Tunisie | Création d’aires marines et côtières protégées

31. Dezember 2025 um 13:31

L’Agence de protection et de développement du littoral (Apal) a lancé une campagne de sensibilisation intitulée «Gestion et création d’aires marines et côtières protégées», destinée au grand public, et notamment aux jeunes. Plus de 2 300 km de côtes sont à protéger…

Une vidéo d’animation, réalisée dans le cadre du projet «Promotion d’une gestion écosystémique des pêches et autres pratiques environnementales marines», soutenu financièrement par l’Agence française de développement (AfD) et le Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM), met en lumière le rôle des aires protégées en tant que sanctuaires de la biodiversité et garantes de l’équilibre écologique et de la survie des espèces menacées, ainsi que les multiples pressions auxquelles elles sont confrontées, principalement la surpêche, la pollution et le changement climatique.

I. B.

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La Tunisie élabore un cadre de financement de la biodiversité

31. Dezember 2025 um 13:10

La Tunisie poursuit l’élaboration d’un cadre national de financement de la biodiversité, destiné à mobiliser des ressources publiques et privées pour lutter contre la dégradation des écosystèmes dans un contexte marqué par le changement climatique, l’exploitation des ressources et les pressions liées aux activités agricoles et industrielles. (Ph. Parc naturel de Jebel Ghorra à Jendouba, une montagne située à la frontière entre l’Algérie et la Tunisie).

Le bureau Afrique du Nord du Fonds mondial pour la nature (WWF) et le Conseil bancaire et financier (CBF) finalisent les procédures relatives à cet instrument, afin d’intégrer la conservation de la nature aux politiques économiques et financières.

La première version devrait couvrir spécifiquement les secteurs agricole et industriel. Les promoteurs souhaitent que ce modèle permette d’identifier les besoins de financement, de coordonner les interventions des différents acteurs et d’améliorer la traçabilité des ressources allouées à la conservation et à la restauration des écosystèmes.

Parc naturel Jebel Khroufa, Jendouba/Béja.
Parc naturel Mejen Ech Chitan – Bizerte

Les priorités incluent les investissements dans des pratiques agricoles durables, la réduction de la pollution industrielle, la réhabilitation des sites dégradés et une gestion plus rationnelle des ressources naturelles.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme international Biodev2030, qui vise à inciter les secteurs économiques à réduire leur impact sur la biodiversité.

En Tunisie, le processus inclut également un dialogue avec le secteur financier : le 23 mai 2024, la CBF et le WWF Afrique du Nord ont signé un accord-cadre triennal pour promouvoir des pratiques de finance durable et intégrer des critères environnementaux, dont la biodiversité, dans les décisions d’investissement et les évaluations des risques.

Parc national El Feija – Jendouba.
Parce naturel Jebel Chitana – Béja.

Biodev2030, est un projet financé par l’Agence Française de Développement (AFD) et coordonné par Expertise France. Il est mis en œuvre dans plusieurs pays pilotes, dont la Tunisie, avec pour objectif de concilier développement et protection des écosystèmes par l’évolution des pratiques de production.

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CAN 2025 | Une Egypte moins instable et plus réaliste

31. Dezember 2025 um 12:17

Qui l’eût cru ? Le réputé si impulsif Hossam Hassan serait en train de se racheter une conduite. L’ancien avant-centre si combatif de l’équipe d’Egypte et d’Al Ahly du Caire est passé sélectionneur national. Après deux victoires, il a terminé ses matches de groupe par un 0-0 des plus sages à Agadir.

Jean-Guillaume Lozato *

À chaque fois sur un but d’écart, les «Pharaons» ont gagné chaque fois en tremblant. Devant le Zimbabwe, ils ont commencé leur CAN en prenant un but. Pour courir après le score et assurer le service minimum. Victoire 2-1, avec un but pour chacun des deux meilleurs protagonistes, Mohamed Salah et Omar Marmouch. 

Le test suivant a été légèrement plus convaincant. Sous la forme d’une victoire sur une courte différence : 1-0 sur un penalty de l’inévitable Mohamed Salah, donc sans but encaissé. Une opération de gestion, en quelque sorte. Ce qui est une nouveauté dans l’agenda de l’équipe égyptienne en question qui, d’ordinaire, oriente ses pensées prioritairement vers une sorte de kick and rush à l’orientale.

Un 3e match instructif

Le dernier match, contre l’Angola, s’est soldé par un 0-0. Un score de parité nul et vierge qui appelle à toutes les interrogations ? Plutôt à des constatations et des suppositions.

En règle générale, un 0-0 enthousiasme peu les foules. Cependant, celui-ci a été instructif même s’il ne restera pas dans les annales en tant que match passionnant. Les «Rouges» ont dominé, sans marquer ni vaincre, mais en forçant une certaine prise en considération puisque l’équipe était en grande partie composée de joueurs habituellement non titulaires.

Cette rencontre contre les Angolais a permis de voir que les Egyptiens ont confirmé le fil conducteur plus tactique que les mois écoulés et années précédentes. Ce qui prouve que l’ensemble de l’effectif a assimilé les directives du sélectionneur, toujours très expressif depuis le banc de touche.

Les joueurs égyptiens dans leur ensemble, à quelques exceptions, ne sont pas exceptionnels. Ils ont néanmoins démontré comme qualité de se présenter comme interchangeables poste pour poste en ce qui concerne la défense, le milieu et les couloirs. L’attaque pure, elle, restant le domaine de trois spécialistes.

Package CAN – Coupe du monde

L’équipe nationale égyptienne aura à gérer un type de dossier particulier pour elle. C’est-à-dire la double responsabilité de bien figurer à la CAN et à la Coupe du Monde. Une sorte de «package» pour lequel leurs supporters placeront bien des espoirs en sachant que Mohamed Salah est une grande vedette internationale, et que Omar Marmouch est en train de s’affirmer. Surtout qu’un autre jeune pousse juste derrière : l’attaquant Mostefa Mohamed. Ce dernier a très largement contribué à souligner l’importance d’un match a priori sans grand enjeu avec un geste acrobatique spectaculaire qui a failli conduire à un but.

Comme nous l’avons vu concernant le troisième match dans son ensemble, le collectif a donné une impression de discipline nouvelle. Il reste un point à analyser. Celui du poste de gardien de but. À cette fonction, Ahmed El-Shenawy a donné satisfaction incontestablement. Placé au repos contre l’Angola, il a laissé sa place à Mostafa Shobeir. Lequel ne s’est pas juste contenté d’être le fils de l’ancien très bon gardien international Ahmed Shobeir. En gratifiant le public de prises de balle impeccables et de parades aussi belles qu’efficaces. Cette excellence rassure pour le long terme. D’autant plus que l’effectif possède un troisième gardien lui aussi prometteur, en la personne du portier de Zamalek Mohamed Sobhi. Le passé nous a enseigné que cela pouvait être déterminant, par exemple avec l’avènement du gardien Sergio Goycoechea, qui était le remplaçant du titulaire argentin Nery Alberto Pumpido au Mondial 90. Un tournoi auquel l’Egypte ne s’était justement pas contenté de faire de la simple figuration.

Une sagesse retrouvée

À l’époque, l’ancien sélectionneur Mahmoud Al-Gohary avait prétendu que sa première force était que ses adversaires ne savaient pas grand-chose de son équipe. Un peu comme le défunt Roi du Maroc SAS Hassan II l’avait affirmé concernant la culture et la diplomatie, à propos de la méconnaissance de l’Occident envers le Monde Arabe. 

L’inattendu réside dans cette instabilité, qui était la marque de fabrique du foot égyptien, désormais jugulée par le management d’une personnalité fantasque à la base : Hossam Hassan.

Le coach a eu la sagesse d’appliquer un turn-over qui tranche un peu avec la spontanéité ou l’excès d’enthousiasme qui caractérise ordinairement le football égyptien, marqué par la superficialité ambiante d’un pays au mode de vie excessivement festif en apparence, et à la réputation dans le monde arabo-africain basée davantage sur l’illusion cinématographique que sur des repères plus traditionnels et beaucoup moins prosaïques.

Hossam Hassan semble détenir un pouvoir omniscient. Ayant participé à la Coupe du monde italienne de 1990, il a fait partie de l’équipe nationale plus technique et plus forte que celle des années successives. Il le sait et il s’emploie à colmater des brèches en rendant sa stratégie d’occupation du terrain plus solide.

Hossam Hassan synthétise l’Egypte en général et l’Egypte du football en particulier. Concernant sa patrie, ses propres hésitations lors du Printemps Arabe étaient en corrélation avec l’effervescence de la rue égyptienne si agitée, et si populeuse dans sa version cairote. L’actuel sélectionneur en quête de sagesse pour stabiliser son équipe sans excès de pédagogisme, mais avec un esprit critique réaliste, se pose presque comme un scribe en quête de réflexion à l’ombre des pyramides. Avec son crâne qu’il arbore dorénavant rasé, il a tout du grand prêtre fédérateur. Car l’Egypte est passéiste. Et en football, Hossam Hassan fait partie de la légende nationale.  

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Soudan | Des héros de l’ombre au cœur du génocide

31. Dezember 2025 um 11:48

Au cœur du conflit contemporain le plus brutal, des milliers de Soudanais risquent quotidiennement leur vie pour apporter nourriture, médicaments et soutien psychologique à des millions de civils. Ces héros de l’ombre restent méconnus et sont surtout très peu soutenus. Le manque de reconnaissance à leur égard est également flagrant. Ils ont été parmi les nominés pour le prix Nobel de la paix mais ne l’ont pas reçu malgré l’énorme courage et la bravoure dont ils font preuve dans le conflit le plus sanglant du monde. 

Imed Bahri

Le correspondant du journal britannique The Guardian Mark Townsend a mis en lumière dans une enquête ces héros de l’ombre, les présentant comme contribuant à l’une des initiatives humanitaires les plus audacieuses et efficaces dans un contexte d’une guerre qui fait rage depuis le 15 avril 2023 et qui a transformé le pays en théâtre de la pire crise humanitaire mondiale. 

Dans une guerre interminable où les lignes de front sont mouvantes et avec l’effondrement des institutions étatiques, ce réseau de solidarité locale s’est imposé comme la seule alternative capable de fournir nourriture, soins médicaux et soutien psychologique à des millions de Soudanais.

Femmes et enfants victimes de viol

L’enquête inclut des témoignages directs de volontaires, telle Amira, qui se sont infiltrés dans les zones contrôlées par les Forces de soutien rapide (FSR) pour venir en aide aux femmes et aux enfants victimes de viol, au péril de leur vie.

Chaque matin, Amira franchissait clandestinement la ligne de front mouvante dans l’État du Kordofan-Nord, au centre du Soudan, pour pénétrer en territoire contrôlé par les FSR, un groupe paramilitaire responsable d’innombrables crimes de guerre et génocide, durant le conflit dévastateur qui ravage le pays. 

Les deux camps la considéraient avec suspicion. «J’étais constamment interrogée», a confié Amira au journal britannique avant d’ajouter : «J’étais surveillée tous les jours et même lorsque j’allais au marché, on me demandait d’où venait l’argent».

Townsend estime que dans ce climat de peur et de méfiance, le Soudan, confronté à la pire crise humanitaire au monde, a offert l’une des histoires les plus inspirantes de l’année.

L’action humanitaire devenue extrêmement dangereuse

À travers ce vaste pays, des antennes de cellules de crise ont vu le jour, créées par de simples citoyens soudanais pour fournir nourriture et soins médicaux vitaux à des millions de personnes. Amira n’osait même pas révéler à sa mère son appartenance à ce réseau.

Le journaliste explique que l’action humanitaire au Soudan est devenue extrêmement dangereuse, et pourtant, le réseau des cellules de crise s’est développé pour compter quelque 26 000 volontaires œuvrant dans 96 des 118 districts du pays, apportant une aide à plus de 29 millions de personnes soit plus de la moitié de la population.

Le Guardian décrit ce réseau comme unique par sa capacité à transcender les clivages ethniques et régionaux et à gagner la confiance des communautés locales, ce qui en fait un élément crucial du maintien d’une certaine cohésion sociale dans un pays ravagé par la guerre.

Cependant, cette même efficacité a fait des volontaires des cibles directes pour les belligérants. Selon le rapport, au moins 145 volontaires ont été tués, tandis qu’un nombre indéterminé a été arrêté ou a disparu en raison du manque de communication dans de vastes régions du pays. Les volontaires sont également soumis à la torture, aux passages à tabac et à des accusations de partialité politique.

À l’échelle internationale, l’enquête du Guardian révèle un paradoxe frappant. Bien qu’étant l’organisation la plus efficace et la moins coûteuse sur le terrain par rapport aux agences des Nations Unies, les Cellules de réponse d’urgence (CRU) souffrent d’une grave pénurie de financement.

Selon The Guardian, ces cellules ont reçu moins de 1% de l’aide internationale totale allouée au Soudan. La suspension de l’aide américaine a exacerbé la crise, laissant les CRU avec un déficit financier de 77%. Cette situation a entraîné la fermeture de centaines de cuisines communautaires qui permettaient d’éviter une famine généralisée.

Besoin d’aides et non de compliments

Townsend note dans son rapport que la visite de représentants des CRU à Londres et leur rencontre avec le ministre britannique des Affaires étrangères constituent une reconnaissance politique significative de leur courage. Cependant, les volontaires insistent sur le fait que leur véritable besoin est une protection et un financement direct et non des éloges.

Le journaliste britannique ajoute que les CRU ont été nominées cette année pour le prix Nobel de la paix mais, à la surprise de nombreux acteurs humanitaires, elles ne l’ont pas obtenu. Toutefois, les volontaires sont restés imperturbables. «On veut juste aider», a déclaré Jamal, l’un d’eux.

Il convient de noter que la création de ces services d’urgence est attribuée aux Comités de résistance, apparus lors des manifestations populaires contre le régime d’Omar El-Béchir et qui ont joué un rôle déterminant dans sa chute en avril 2019.

Face à la mobilisation populaire en faveur d’un pouvoir civil durant la période de transition, et malgré la répression croissante et les attaques ciblées contre les manifestants, des initiatives médicales d’urgence temporaires ont vu le jour pour soigner les blessés. Ces initiatives ont constitué le noyau initial des services d’urgence, menées par de jeunes hommes et femmes, pour la plupart membres des Comités de résistance, dans le but d’apporter une aide à leurs communautés.

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Tunisie – UE | «Souveraineté supposée et flagrante subordination»

31. Dezember 2025 um 11:24

Dans la déclaration traduite ci-dessous, intitulée «Souveraineté supposée et flagrante subordination», publiée le mercredi 31 décembre 2025, le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES) aborde la question de la présentation urgente, qu’il qualifie de «suspecte», de trois projets de loi fondamentales relatifs aux relations entre la Tunisie et l’Union européenne.

«Le mercredi 31 décembre 2025, l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) examinera trois projets de loi fondamentale selon une procédure d’urgence suspecte, qui ne reflète pas la gravité de leur contenu.

Le premier concerne l’approbation d’un amendement au protocole B de l’accord de libre-échange entre la République tunisienne et l’Union européenne.

«Le deuxième projet consiste en l’approbation de l’amendement à l’Accord euro-méditerranéen établissant un partenariat entre la République tunisienne d’une part et la Communauté européenne et ses États membres d’autre part.

«Le troisième concerne l’approbation des amendements apportés à la Convention pan- euro-méditerranéenne sur les règles d’origine.

«Le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux exprime sa profonde préoccupation face à la précipitation avec laquelle sont élaborées les lois ayant de profondes implications structurelles, économiques et sociales, présentées sans débat national approfondi et sans la participation effective des représentants des organisations professionnelles, syndicales et civiles, ni des laboratoires de recherche des universités tunisiennes.

«Le gouvernement tunisien présente ces projets comme des modifications techniques, alors qu’en réalité ils perpétuent un modèle de sous-traitance, d’assemblage et d’exportation à faible valeur ajoutée au lieu d’une industrie nationale intégrée, et transforment progressivement la Tunisie en un prestataire de services au lieu de construire une économie nationale indépendante capable de créer une forte valeur ajoutée.
«Le forum affirme que la ratification de l’accord concernant les règles d’origine euro-méditerranéennes constituait une condition technique non déclarée pour le succès du processus de l’accord Aleca, condition rejetée par les forces civiles, syndicales et de jeunesse, ouvrant ainsi la voie à un nouveau processus avec des appellations différentes.

«Le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux :

• appelle au rejet des projets de loi proposés, ou à suspendre leur examen, dans l’attente d’une évaluation de leurs impacts économiques, sociaux et sur le développement, notamment sur l’économie nationale, la justice sociale et le droit au développement;

• réitère son appel à une évaluation objective et indépendante de l’accord de partenariat avec l’Union européenne (1995) avant d’entamer de nouvelles négociations, afin d’assurer le développement de politiques économiques et sociales alternatives qui rompent avec la dépendance et soient fondées sur l’intérêt national et sur le droit des Tunisiens à un modèle de développement juste et indépendant et à une coopération équitable et juste avec les partenaires extérieurs.»

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