Trois personnes ont été arrêtées dans le cadre de l’enquête judiciaire relative à la saisie de 5 fusils de fabrication artisanale (calibres 12 et 16 mm) dans la région de Kalaa Kebira, dans le gouvernorat de Sousse, tandis qu’une quatrième personne fait l’objet d’un avis de recherche.
C’est ce qu’a indiqué Rafik Boukhama, substitut du procureur de la République et porte-parole du Tribunal de première instance de Sousse 2, dans une déclaration à Mosaïque FM, en précisant qu’une instruction judiciaire a été ouverte pour les chefs d’accusation suivants : constitution d’une association en vue de porter atteinte aux biens et aux personnes, port et détention d’armes blanches sans autorisation, ainsi que fabrication d’engins létaux ou explosifs.
L’enquête a été confiée à la brigade de la police judiciaire de Sousse-Ville, dans le cadre d’une commission rogatoire.
Le ministère public près le Tribunal de première instance de Sousse 2 a ordonné, le week-end dernier, l’ouverture d’une information judiciaire pour homicide volontaire avec préméditation. Cette décision fait suite au signalement du décès d’un homme, âgé d’une soixantaine d’années, dans un bar de la zone d’El-Kantaoui, des suites des blessures infligées lors d’une agression violente.
Selon Rafik Boukhama, premier substitut du procureur de la République et porte-parole dudit tribunal, cité par Mosaïque FM, l’enquête a abouti à l’inculpation de deux individus pour meurtre et leur placement en détention par le juge d’instruction auprès dudit tribunal.
La mort fait suite à une altercation qui a éclaté entre la victime et un groupe d’individus à l’intérieur du bar et a dégénéré en coups et blessures ayant entraîné la mort de la victime sur place avant l’arrivée des secours.
Le nombre de personnes disparues dans les zones de conflit armé, lors de catastrophes naturelles ou le long des routes migratoires se chiffre en milliers en Tunisie et en millions dans le monde, a affirmé Rim Jaouani, responsable du programme de rétablissement des liens familiaux au sein du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à Tunis, citée par Mosaïque FM. Les données actuellement disponibles ne prennent en compte que les familles ayant déposé des demandes de recherche officielles, a-t-elle ajouté, sans avancer de chiffres précis.
Les familles des disparus vivent une souffrance quotidienne liée à la disparition des leurs et sont confrontées à des défis complexes sur tous les plans, tout en éprouvant des difficultés à obtenir un soutien sur les plans financier, psychologique et juridique, a expliqué la responsable du CICR, en précisant que les pays où des Tunisiens ont disparu incluent des États membres de l’Union européenne — notamment l’Italie — ainsi que des zones ayant connu des conflits armés, telles que la Libye, la Syrie et l’Irak.
Deuil permanent et besoin de soutien.
De son côté, Mohamed Ikbal Ben Rejeb, président de l’Association pour le sauvetage des Tunisiens bloqués à l’étranger, a souligné que le dossier des disparus constitue une question complexe et douloureuse, qu’il s’agisse de personnes disparues en mer Méditerranée ou dans des zones de conflit. La souffrance des familles des disparus est un «chagrin sans fin», dû à l’absence totale de nouvelles concernant leurs proches introuvables. Leur douleur est constante et durable, en attendant que la vérité soit enfin connue.
De son côté, Latifa Ouelhazi, présidente de l’Association des mères de disparus en Tunisie — elle-même sœur d’une personne disparue depuis le 1er mars 2011 — a appelé à accorder toute l’attention nécessaire à ce dossier et à trouver des solutions radicales pour mettre fin au calvaire des mères et des sœurs. Elle a souligné que, bien qu’aucun résultat concret n’ait été obtenu, les structures ministérielles continuent de traiter les dossiers portés à leur connaissance, a-t-elle témoigné. Ces efforts devraient être intensifiés pour faciliter les recherches et fournir un soutien psychologique et juridique aux familles, afin de les prémunir contre les tentatives d’escroquerie dont elles sont parfois victimes, a souligné Latifa Ouelhazi, en insistant sur la nécessité de distinguer les cas de personnes disparues en mer des situations de «disparition forcée».
Khaled Mejri, professeur à la Faculté des sciences juridiques, politiques et sociales de Tunis, a appelé, de son côté, à une révision globale du système législatif tunisien relatif aux personnes disparues, ainsi qu’à sa mise en conformité avec les obligations internationales de la Tunisie.
Un cadre juridique global pour les personnes disparues
Selon M. Mejri, cité par Mosaique FM, a expliqué que cette question comporte deux volets juridiques fondamentaux : d’une part, le droit international et les obligations internationales, qui offrent un cadre général et complet pour la protection des personnes disparues — à l’instar de la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées de 2006, ratifiée par la Tunisie — et, d’autre part, le droit interne.
Si la législation tunisienne actuelle comporte des dispositions — notamment au sein du Code du statut personnel — qui traitent la question sous le seul angle civil, et si l’expérience de la justice transitionnelle a introduit d’autres dimensions, telles que le droit à la vérité, la réparation et la préservation de la mémoire, celle-ci demeure, selon M. Mejri, une expérience partielle et limitée à une période temporelle déterminée ; elle ne saurait donc être considérée comme un cadre pérenne ou comme une composante structurelle du droit tunisien.
Le juriste a souligné l’absence de mécanismes de coopération internationale spécifiquement adaptés aux particularités des dossiers de personnes disparues. Actuellement, ces cas sont traités dans le cadre des mécanismes classiques de coopération judiciaire — tels que l’extradition ou les enquêtes internationales — ce qui s’avère inadapté. Aussi, a-t-il insisté sur la nécessité d’élaborer un cadre juridique global pour la protection des personnes disparues, couvrant toutes les étapes : de l’identification et de l’établissement de la vérité, jusqu’à l’indemnisation et la préservation de la mémoire. Car, au regard du droit, l’État tunisien est tenu de mettre en place ce dispositif spécifique, et ce, même s’il ne s’agissait que d’une seule personne disparue.
La campagne de vaccination contre la grippe saisonnière débute en Tunisie ce mardi 27 octobre 2026. Le vaccin sera disponible dans les différentes pharmacies, et sera également proposé, d’ici quelques jours, dans les centres de santé publique.
La vaccination cible en priorité les personnes âgées de plus de 65 ans, les individus souffrant de maladies chroniques (notamment les pathologies cardiaques, respiratoires, rénales, le diabète et les déficits immunitaires), ainsi que les femmes enceintes, les enfants atteints de maladies chroniques et les professionnels de santé.
Le prix d’une dose de vaccin varie entre 23,3 et 24,1 dinars, selon la composition du vaccin.
La croissance d’une entreprise repose, entre autres facteurs déterminants, sur une parfaite maîtrise des risques. Et dans ce domaine, la compagnie Comar Assurances est reconnue en Tunisie par son expertise dans ce domaine.
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La 3e édition du Festival international du cinéma au Sahara se tiendra du 12 au 15 novembre 2026 à El-Jadida, El-Mansoura et Kébili, dans le sud-ouest tunisien. C’est une expérience unique dans le paysage culturel et cinématographique, où l’art du cinéma rencontre la beauté du désert pour créer un espace de créativité et d’échanges culturels affranchis des cadres traditionnels.
Au cœur du sud tunisien, ce festival ambitionne de transformer le désert en une plateforme à ciel ouvert célébrant le cinéma indépendant et accueillant de nouvelles voix et des expérimentations audacieuses venues de Tunisie et du monde entier. Plus qu’un simple festival, c’est une vision culturelle et humaniste qui vise à promouvoir la décentralisation culturelle, à connecter l’art à l’environnement et à révéler une nouvelle facette du désert comme un pôle d’innovation artistique et touristique.
Cet événement, qui vise également à promouvoir le désert comme lieu de tournage, propose des projections, des ateliers de formation, des séminaires et des tables rondes. Il met à l’honneur les cinéastes tunisiens et internationaux et accueille des personnalités de premier plan dans les domaines de la réalisation, des aspects techniques, du jeu d’acteur et de la production.
Les rencontres débats aborderont les défis auxquels est confrontée l’industrie cinématographique.
Le programme comprend des projections de courts et longs-métrages, nationaux et internationaux ; des projections numériques expérimentales sur les dunes ; des projections de films pour enfants ; et des ateliers de formation dans diverses disciplines cinématographiques (réalisation, montage, image, scénario, gestion d’acteurs, jeu d’acteur, composition de musique de film, etc.), animés par Skander Tlili, Atef Ben Hassine, Ons Kammoun, Abdallah Chamekh, Abdallah Chaeibi, Marwen Trabelsi et Olfa Chakroun. Quant au jury, il sera présidé par le cinéaste Ibrahim Letaief.
Les deux premières éditions du festival ont eu lieu en 2024 et 2025 à Ksar Ghilane.
On félicite les jeunes qui quittent la Tunisie pour étudier ou travailler ailleurs. On débat de leurs chances et de ce que le pays perd. Mais derrière chaque départ, des parents doivent réinventer leur quotidien. Leur peine n’est ni un reproche ni une faiblesse à corriger.
Coraline Bourdageau *
À l’aéroport, les papiers et les valises occupent les dernières minutes. On recommande d’appeler à l’arrivée, on sourit pour la photo, puis l’enfant disparaît derrière le contrôle des passeports. Le départ est réussi. Il faut maintenant rentrer.
Sur le chemin du retour, la voiture est plus silencieuse. À la maison, une place reste libre à table, la porte ne s’ouvre plus le soir. Il y a moins de linge à laver, moins de repas à préparer, plus personne à qui demander : «Tu rentres à quelle heure ?» Des détails, dira-t-on. Une vie de famille en est faite.
En Tunisie, les projets d’études et de travail à l’étranger occupent les conversations. On parle de visas, de salaires et d’avenir. Parfois, toute une famille a participé au projet : des parents ont économisé, cherché des informations, renoncé à des dépenses pour permettre à leur enfant de saisir une chance qu’ils n’avaient pas eue eux-mêmes.
Ceux qui ont œuvré pour ce départ sont parfois ceux qui souffrent le plus de l’absence qui suit. Comment se plaindre d’une réussite à laquelle on a tant contribué ? Notre idée du «bon parent» contient une exigence contradictoire : tout faire pour que son enfant puisse partir, puis prouver son amour en n’en souffrant pas.
Au fil de mes années d’accompagnement, j’ai souvent entendu cette phrase : «Il va bien, il est heureux, je devrais être contente.» La tristesse est déjà jugée. Ces parents ne se demandent pas seulement comment vivre l’éloignement. Ils se reprochent de le vivre mal.
L’entourage ajoute, sans mauvaise intention : «Tu dois être fière»; «C’est pour son avenir»; «Vous allez enfin profiter». Ces paroles veulent consoler, mais elles peuvent faire taire. Elles rappellent les bonnes raisons du départ, que personne ne contestait. Les parents savent que leur enfant a besoin d’avancer. C’est pour cela qu’ils l’ont aidé.
La fierté ne rend pourtant pas l’absence moins douloureuse. On peut se réjouir d’un contrat signé à l’étranger et trouver le dîner bien long le soir même. On peut vouloir que sa fille réussisse loin de soi sans cesser de souhaiter la voir pousser la porte à l’improviste. Ces sentiments n’ont rien d’incompatible.
Ce qui change ne se limite pas à la distance. Pendant vingt ans, parfois davantage, être parent a donné un rythme à la maison et une place évidente dans le quotidien de quelqu’un. Puis l’enfant prend ses décisions, trouve ses solutions. Il n’appelle plus pour tout raconter. C’est une bonne chose : devenir autonome, c’est aussi ne plus avoir besoin de ses parents à chaque instant.
On mesure rarement ce que cette réussite demande à ceux qui l’ont rendue possible. Le parent n’a pas perdu son enfant. Il a perdu une certaine manière d’être avec lui. Les conversations spontanées deviennent des appels à organiser. Les fêtes dépendent des billets d’avion et des congés. La présence, autrefois ordinaire, devient un événement.
Le couple se retrouve parfois devant une question laissée de côté : que faire de ces heures autrefois organisées autour des enfants ? Une vie familiale a changé de forme. Il faut du temps pour retrouver ses repères.
Quand l’enfant part à l’étranger, une incertitude s’ajoute : ce départ est-il provisoire ? Une formation peut devenir un emploi, puis une installation durable. Les parents encouragent cette progression tout en voyant s’éloigner la perspective d’un retour. Le débat public parle de fuite des compétences, d’économie, d’avenir du pays. Ces sujets comptent. Mais ils ne disent rien des dimanches où l’on attend un appel ni des fêtes où quelqu’un manque.
Il serait injuste de généraliser. Certains parents accueillent le départ avec soulagement, d’autres retrouvent vite un équilibre. Une tristesse qui s’installe, qui empêche de dormir ou qui amène des idées sombres doit être confiée sans attendre à un médecin. Mais une peine ordinaire n’a pas besoin d’être transformée en problème à résoudre.
On propose vite des voyages, des activités, des projets. Tout cela peut aider. Encore faut-il laisser aux parents le temps de dire ce qu’ils traversent. Une question suffirait : «Et toi, comment vis-tu son départ ?» Puis écouter, sans répondre à leur place.
Les parents ont, eux aussi, une responsabilité : ne pas faire de leur tristesse une dette pour leurs enfants. Partir n’est pas trahir. Les jeunes n’ont pas à limiter leur avenir pour protéger ceux qu’ils aiment. Mais leur liberté ne devrait pas imposer le silence à ceux qui restent. On peut soutenir un départ sans être obligé d’en célébrer chaque conséquence.
Nous avons raison de défendre la liberté des jeunes de partir. Mais à force de parler de ceux qui franchissent les frontières, nous oublions ceux qui rentrent chez eux. La réussite d’un départ ne devrait pas se mesurer au silence des parents qui restent.
* Accompagnement des adultes dans les périodes de changement de vie.
La souveraineté alimentaire figure parmi les enjeux majeurs de la sécurité nationale et de la stabilité économique de la Tunisie. Lors de sa rencontre avec le ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, le 21 octobre 2026, le président de la République, Kaïs Saïed, a rappelé le potentiel agricole du pays et insisté sur plusieurs priorités : le soutien aux petits agriculteurs, la réussite de la campagne oléicole, la valorisation de l’huile d’olive, la protection des cultures, la disponibilité des intrants et la reconstitution du cheptel.
Abdelwaheb Ben Moussa *
Ces orientations renvoient à une question fondamentale : comment transformer les ressources, les compétences et les ambitions agricoles de la Tunisie en une capacité durable à satisfaire les besoins alimentaires de sa population ?
La réponse ne réside pas uniquement dans l’augmentation de la production. Elle dépend également de l’organisation des filières, de l’accès au financement, du fonctionnement des circuits de commercialisation, de l’efficacité des institutions publiques et de la capacité à convertir les décisions en résultats concrets.
La souveraineté alimentaire ne se décrète pas. Elle se construit par une action publique cohérente, des responsabilités clairement définies et une mobilisation efficace des moyens disponibles.
Le petit agriculteur, premier maillon à sécuriser
Le soutien aux petits agriculteurs constitue l’un des leviers essentiels de cette politique. Ceux-ci doivent pouvoir financer leurs campagnes, acquérir les semences et les engrais nécessaires, entretenir leurs équipements et commercialiser leurs récoltes dans des conditions économiquement viables.
Or, les besoins de financement agricole présentent une particularité : les dépenses sont engagées bien avant que les recettes ne soient disponibles. Les échéances de remboursement doivent donc tenir compte des cycles de production, des aléas climatiques et des délais de commercialisation.
La création de lignes de financement adaptées, évoquée par le président de la République, ne devrait ainsi pas se limiter à la mobilisation de ressources supplémentaires. Elle appelle un dispositif cohérent associant conditions de crédit accessibles, procédures simplifiées, délais de traitement maîtrisés et modalités de remboursement adaptées aux revenus agricoles.
Les banques et les organismes de financement ont, dans ce cadre, un rôle à jouer. Il s’agit de mieux apprécier les besoins réels des exploitations, de distinguer les projets viables selon leurs caractéristiques et de rechercher des mécanismes permettant de financer la campagne sans aggraver les difficultés de trésorerie des producteurs.
Cette démarche suppose également une coordination entre les structures agricoles, les organismes de financement et les autorités chargées de la politique économique. Le crédit ne peut, à lui seul, compenser des prix de vente insuffisants, des intrants indisponibles ou des circuits de commercialisation déséquilibrés.
Le véritable objectif est de donner au producteur une visibilité suffisante pour investir, produire et renouveler son activité.
Huile d’olive et dattes : mieux répartir la valeur créée
La campagne oléicole illustre les enjeux de la souveraineté alimentaire, mais aussi ceux de la création de valeur et de la compétitivité extérieure.
La production ne constitue que la première étape d’une chaîne qui comprend la collecte, le stockage, la transformation, le conditionnement, le transport et la commercialisation. Les résultats économiques dépendent de la qualité de l’organisation de l’ensemble de ces activités.
Le renforcement des capacités de stockage de l’Office national de l’huile doit être envisagé dans cette perspective. Des capacités adaptées peuvent contribuer à mieux organiser la commercialisation et à éviter que les producteurs ne soient contraints de vendre dans des conditions défavorables. Leur efficacité dépend toutefois des volumes effectivement pris en charge, des conditions d’accès au stockage, des ressources financières disponibles et de la stratégie commerciale mise en œuvre.
La promotion de l’huile d’olive tunisienne doit également dépasser la seule recherche de débouchés à l’exportation. Le conditionnement local, la différenciation des produits, la traçabilité, la qualité et le développement de marques tunisiennes peuvent contribuer à accroître la valeur ajoutée conservée dans le pays.
L’enjeu n’est pas simplement d’exporter davantage, mais de tirer un meilleur rendement économique des ressources mobilisées par les producteurs et les entreprises de la filière.
Les mêmes exigences concernent les dattes. Les pratiques de certains intermédiaires évoquées lors de la rencontre présidentielle soulèvent la question de la transparence des transactions et du rapport de force entre producteurs et acheteurs.
L’intervention publique doit permettre de mieux connaître les conditions de formation des prix, de prévenir les pratiques abusives et de garantir des transactions transparentes. La fixation d’un prix de référence, si elle est retenue, doit reposer sur des critères explicites et tenir compte des caractéristiques des produits, des coûts de production et des conditions du marché. Elle doit surtout s’accompagner de moyens permettant de rendre le dispositif applicable et d’en évaluer les effets.
Sans organisation commerciale efficace, le producteur risque de supporter l’essentiel des contraintes alors qu’une part importante de la valeur est créée en aval de la production.
Les intrants agricoles : la disponibilité ne suffit pas
Les difficultés liées à la distribution des engrais et à la disponibilité des semences montrent que la performance agricole dépend aussi de la qualité de l’organisation administrative.
Un intrant livré après la période optimale d’utilisation peut perdre une partie de son utilité économique. Une procédure de distribution trop longue peut compromettre une campagne, même lorsque les ressources nécessaires existent.
La question porte donc autant sur la disponibilité des produits que sur leur répartition, leur acheminement et leur mise à disposition au bon moment.
Les services compétents doivent pouvoir anticiper les besoins régionaux, organiser les approvisionnements et suivre les stocks. Les directions régionales de l’agriculture doivent disposer d’une visibilité suffisante sur les ressources disponibles et les difficultés rencontrées sur le terrain. Les écarts entre les besoins exprimés et les quantités distribuées doivent être identifiés et traités avant qu’ils ne compromettent la production.
Cette organisation appelle des procédures simples, des responsabilités identifiables et un suivi régulier des délais. Elle nécessite également de prévenir les ruptures d’approvisionnement et de garantir une répartition équitable, fondée sur des critères transparents.
La réussite d’une politique agricole se joue souvent dans ces opérations concrètes, moins visibles que les grandes annonces, mais déterminantes pour les producteurs.
Recherche scientifique et protection du patrimoine agricole
La valorisation des instituts agricoles spécialisés et des travaux universitaires constitue un autre levier à mobiliser. La Tunisie dispose d’une expérience scientifique et technique qui peut contribuer à améliorer les rendements, à adapter les cultures aux contraintes climatiques et à renforcer la prévention des maladies végétales.
Mais la production de connaissances ne garantit pas, à elle seule, leur utilisation par les exploitants.
Un lien plus direct doit être organisé entre la recherche, les services techniques, les organisations professionnelles et les producteurs. Les résultats scientifiques doivent être traduits en recommandations applicables, expérimentés dans les conditions réelles des exploitations et diffusés selon les besoins des différentes régions.
La lutte contre les maladies affectant les oliviers et contre les risques liés à la propagation de la cochenille rouge du palmier, notamment, exige une surveillance continue, un système d’alerte efficace et une intervention coordonnée. La rapidité de détection et la capacité à circonscrire les foyers constituent des éléments essentiels de la protection du patrimoine végétal.
Ces missions supposent des moyens adaptés, mais aussi une clarification des responsabilités entre les structures de recherche, les services régionaux et les organismes chargés de la prévention et de l’intervention.
L’efficacité doit être appréciée à partir de résultats observables : rapidité de détection, couverture des zones surveillées, délais d’intervention et évolution des foyers identifiés.
Les offices publics : retrouver une capacité d’action mesurable
La question du rôle des offices publics mérite une attention particulière. Le président de la République a notamment évoqué la nécessité de reconstituer le cheptel et le recul des fonctions de plusieurs structures spécialisées.
Cette situation invite à examiner les missions réellement exercées par les organismes concernés, les moyens dont ils disposent et les résultats qu’ils produisent.
Un office public ne peut être évalué uniquement à travers son statut, son organisation administrative ou ses ressources budgétaires. Son utilité dépend de sa capacité à remplir les missions qui lui sont confiées, à répondre aux besoins des producteurs et à contribuer aux objectifs de la politique agricole.
Pour les structures intervenant dans la filière oléicole, l’évaluation peut porter sur les capacités de stockage mobilisées, les volumes pris en charge, les conditions de commercialisation et les résultats obtenus. Pour les organismes concernés par l’élevage, elle peut s’appuyer sur l’évolution du cheptel, les services apportés aux éleveurs et les actions menées en faveur du renouvellement des capacités de production.
Cette évaluation doit être adaptée aux missions de chaque structure. Elle suppose des objectifs précis, des moyens identifiés, des échéances réalistes et un compte rendu régulier des résultats.
La réforme des offices publics ne se réduit donc ni à leur maintien ni à leur réorganisation formelle. Elle doit permettre de déterminer quelles missions doivent être renforcées, quelles fonctions doivent être mieux coordonnées et quelles insuffisances doivent être corrigées.
Organiser l’action publique autour de résultats vérifiables
La multiplicité des priorités agricoles rend indispensable une coordination efficace entre les institutions. Le ministère de l’Agriculture, les services régionaux, les organismes spécialisés, les établissements de financement et les opérateurs économiques interviennent à différents niveaux d’une même chaîne.
Le risque est que chaque structure exécute ses propres activités sans que leur articulation permette d’atteindre les résultats attendus.
Pour éviter cet écueil, chaque priorité devrait être accompagnée d’un dispositif de suivi précisant l’organisme responsable, les partenaires concernés, les moyens mobilisés, le calendrier et les indicateurs de résultat.
Pour la campagne oléicole, il serait ainsi possible de suivre la disponibilité des capacités de stockage, les quantités collectées et conditionnées localement ainsi que les délais de mise sur le marché. Pour le financement agricole, le suivi pourrait porter sur les délais de traitement des demandes, les crédits effectivement décaissés et leur adéquation avec les cycles de production. Pour les intrants, les indicateurs pourraient mesurer la disponibilité régionale et le respect des périodes d’utilisation.
Ces données permettraient de distinguer les moyens engagés, les opérations réalisées et les effets obtenus. Elles faciliteraient également l’identification des retards et l’adoption de mesures correctives.
La transparence du suivi ne doit pas être perçue comme une contrainte administrative supplémentaire. Elle constitue un moyen de rendre l’action publique plus lisible, de mieux utiliser les ressources disponibles et de renforcer la confiance des producteurs.
De la souveraineté alimentaire à la création de richesse
La Tunisie dispose de ressources agricoles, d’un savoir-faire historique et de compétences scientifiques qui constituent des atouts réels. Leur mobilisation exige toutefois de dépasser une approche fragmentée dans laquelle la production, le financement, le stockage, la transformation et la commercialisation sont traités séparément.
La souveraineté alimentaire ne signifie pas nécessairement que chaque produit doit être intégralement fourni par la production nationale, quelles que soient les conditions économiques ou climatiques. Elle suppose surtout de renforcer la capacité du pays à sécuriser ses approvisionnements, à développer ses productions compétitives, à réduire ses vulnérabilités et à mieux valoriser ses ressources.
Cette ambition doit aussi intégrer les contraintes liées à l’eau, au changement climatique, à la disponibilité des terres et à la rentabilité des exploitations. L’augmentation de la production ne peut être durable que si elle s’appuie sur une gestion raisonnée des ressources naturelles et sur des modèles économiquement viables.
Le véritable enjeu est donc de faire converger les politiques agricoles, financières, scientifiques et commerciales autour d’objectifs cohérents.
La souveraineté alimentaire devient une réalité lorsque le producteur peut accéder à ses intrants au bon moment, financer sa campagne dans des conditions adaptées, vendre sa récolte dans un cadre transparent et bénéficier d’une chaîne de valeur capable de rémunérer son travail. Elle se consolide lorsque les institutions publiques remplissent effectivement leurs missions et que les résultats peuvent être mesurés.
La Tunisie n’a pas seulement besoin de produire davantage. Elle doit mieux organiser les conditions de production, protéger le revenu des agriculteurs et transformer ses ressources agricoles en valeur ajoutée, en emplois et en sécurité économique durable.
C’est à cette capacité d’action, davantage qu’à l’ampleur des ambitions affichées, que se mesurera la portée de la souveraineté alimentaire.
* Ingénieur informatique et cadre de banque publique.
A l’ouverture des bureaux de vote, ce mardi 27 octobre 2026, une chose doit être claire : quatre années de plus avec le gouvernement actuel constituent une perspective terrifiante pour Israël, estime l’auteur de cet article paru le journal israélien Haaretz du 25 octobre 2026. **
Gideon Levy *
Donald Trump a déjà livré le premier mauvais présage : une victoire de Benjamin Netanyahu, a promis le président états-unien, serait immédiatement suivie d’une nouvelle guerre contre l’Iran. Cela devrait suffire à terrifier tous les Israéliens raisonnables et à les empêcher de dormir.
Difficile d’imaginer pire désastre qu’un nouveau cycle d’affrontements absurdes avec Téhéran, mais la liste des catastrophes qui se profilent est bien plus longue et bien plus effrayante.
La guerre comme seule promesse
Que Trump pense pouvoir renforcer le soutien à Netanyahu en promettant un nouveau cycle d’affrontements est profondément déprimant. Dans les dernières années du règne de Netanyahu, la guerre est devenue la seule promesse proposée. C’est le premier dommage irréversible que la droite a infligé à Israël par l’intermédiaire des grands médias : banaliser la promesse de guerre.
Quatre années de plus laisseront une empreinte indélébile sur le visage d’Israël. À leur terme, on peut le craindre, la publication de ces mots sera peut-être interdite. Peut-être Haaretz lui-même sera-t-il interdit.
Une loi interdisant de critiquer les soldats israéliens est déjà à l’étude. La prison pour «Naza» et Haaretz. Faire de toute remise en question du bien-fondé du sionisme un délit pénal grave est dans les tuyaux. Nous y sommes presque : il ne manque qu’un mandat. Accordez-le-leur et vous verrez. Le coup de force du gouvernement poursuivra sa course, avec davantage de succès cette fois. Une défaite électorale du camp du changement mettra à genoux le mouvement de protestation contre Netanyahu.
Tous les bons à rien, les politiciens corrompus et racistes, reviendront au pouvoir, avec une détermination encore plus grande. La victoire ne fera qu’aiguiser leur appétit.
Si le fiasco du 7 octobre et les guerres de vengeance sur plusieurs fronts qui ont suivi, toutes aussi absurdes les unes que les autres, ne suffisent pas à faire tomber Netanyahu et son gouvernement de droite, alors rien ne les fera jamais tomber. Si l’incroyable succession d’échecs du gouvernement, des transports à l’éducation en passant par la police, ne permet pas de lui porter le coup fatal qui le ferait s’écrouler, alors nous saurons tous que les Israéliens méritent ce gouvernement et que ce gouvernement mérite les Israéliens.
Il est tout simplement impossible de comprendre comment les partis de la coalition au pouvoir parviennent ne serait-ce qu’à franchir le seuil électoral, comment ils peuvent avoir la moindre chance de l’emporter de nouveau.
Le changement véritablement spectaculaire viendra de la communauté internationale. Elle en a assez. Jusqu’à présent, c’étaient les organisations de la société civile, presque partout, qui en avaient assez d’Israël. Encore un mandat de ce genre, et les gouvernements les rejoindront et passeront à l’offensive. Israël sera mis à genoux. Tous ceux qui demandent : «À quoi nous sert le reste du monde, de toute façon ?» tomberont des nues.
C’est là que réside le grand espoir, bien sûr, mais le prix sera insupportable. Les plans d’action sont déjà dans les tiroirs, prêts à en être sortis. Essayez donc de voir comment réagiront l’Europe et les Etats-Unis après quatre nouvelles années de Netanyahu ; quatre nouvelles années au cours desquelles Israël aura fait un pied de nez arrogant au monde entier et à l’exigence commune qui l’unit : que les Palestiniens obtiennent leurs droits.
La vie sous sanctions sera bien plus dure qu’on ne l’imagine ici. Elles toucheront le destin, le portefeuille, la dignité et la liberté de chaque Israélien. Elles seront d’autant plus sévères qu’elles succéderont à des décennies de retenue et de patience dont aucun État voyou n’a jamais bénéficié à un tel degré. Elles déferleront comme un torrent libérateur. Après des années vécues à l’ombre de la Shoah, des sentiments de culpabilité légitimes et de leur exploitation cynique par Israël, des mensonges présentant Israël comme la seule démocratie et comme un pays qui aspire à la paix, la grande explosion surviendra, et elle fera mal.
La fin de l’immunité d’Israël
Fini David contre Goliath, fini le «peuple élu», l’unique victime de l’histoire. À la place, un État voyou d’apartheid qui maltraite des milliers de détenus emprisonnés sans procès, perpètre des pogroms contre des innocents, a commis un génocide à Gaza et dont le premier ministre est recherché par la Cour pénale internationale de La Haye.
Une victoire de la droite annoncera la fin de l’immunité d’Israël. Cela aussi est une perspective dont on peut se réjouir, mais, là encore, pas du lourd tribut qui sera exigé.
Derrière le rideau des isoloirs, face aux bulletins de tous les partis, même avec les convictions de droite les plus ultranationalistes, la soif de vengeance contre les Arabes et le sentiment dominant de supériorité absolue, il est essentiel, cette fois, de se souvenir aussi du prix à payer. Cette fois, ça va nous coûter cher.
* Journaliste et écrivain israélien, membre de la direction du quotidien Haaretz
** Le titre e le intertitres sont de la rédaction.
Dans le cadre de la biennale Jaou Tunis, le chorégraphe et interprète Charles Brecard présente son solo, « Il pleut, il plaint, il rage », une œuvre intense pensée comme un voyage intime et un exutoire salvateur face aux absurdités du monde moderne.
Cette pièce a valu à son auteur le premier prix de la meilleure chorégraphie lors du prestigieux festival Internationales Solo Tanz Theater Stuttgart en 2023.
Fort de ce succès international, le projet a ensuite bénéficié de deux résidences de création en Italie, au sein des compagnies Dance Arts Faculty et Equilibrio Dynamico, permettant d’affiner une gestuelle singulière et profondément expressive.
Conçu comme une quête de réconfort à travers le mouvement, ce spectacle invite le public à une traversée émotionnelle brute et captivante. Une création majeure de la programmation de Jaou Tunis à ne pas manquer ce lundi 26 octobre à 19h sur les planches du 4ème Art.
L’association SOS Villages d’enfants Tunisie a lancé la campagne de solidarité dans les grandes surfaces afin d’offrir un avenir meilleur aux enfants pris en charge.
Dans le cadre de cette initiative humanitaire, des jeunes ambassadeurs de l’association sont déployés dans les supermarchés et grandes surfaces avec pour mission de sensibiliser les clients et d’encourager le personnel de caisse à participer à cette élan de solidarité.
Chaque contribution, aussi modeste soit-elle, peut changer la vie d’un enfant, indique l’association en rappelant que ce geste est accessible : « En ajoutant symboliquement un dinar lors du passage en caisse, chaque citoyen devient un acteur du changement ».
Et d’ajouter : « Ce dinar supplémentaire représente un pas vers un nouveau sourire et constitue une pierre à l’édifice pour construire un avenir plus sûr et plus juste pour les enfants sans soutien familial ».
SOS Villages d’enfants Tunisie appelle ainsi à faire de chaque passage en caisse une opportunité de redonner le sourire aux enfants qui en ont le plus besoin.
À l’occasion de la célébration de la Journée des Nations Unies, M. Mohamed Ali Nafti, Ministre des Affaires Etrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’Etranger, a présidé, le 26 octobre 2026, à l’Académie Diplomatique Internationale de Tunis, une rencontre consacrée à la présentation du Cadre de coopération stratégique entre la République tunisienne et le système des Nations Unies pour la période 2027-2031, ainsi qu’à l’examen des moyens de mobiliser les financements nécessaires à la mise en œuvre de ses programmes, en adéquation avec les priorités nationales de développement.
Ont pris part à cette rencontre M. Samir Abdelhafidh, Ministre de l’Économie et de la Planification, Mme Rana Taha, Coordonnatrice résidente des Nations Unies en Tunisie, les Ambassadeurs accrédités en Tunisie, des représentants des pays partenaires, des bailleurs de fonds et des institutions financières internationales, ainsi que des représentants des Ministères et des structures nationales concernés et des Agences des Nations Unies en Tunisie.
Dans son allocution d’ouverture, M. Mohamed Ali Nafti a réaffirmé l’attachement de la Tunisie à l’Organisation des Nations Unies et aux principes de sa Charte, ainsi que son engagement en faveur du respect du droit international et des valeurs de coopération et de solidarité entre les États. Il a souligné l’importance de préserver le rôle des Nations Unies, en tant que pilier fondamental du multilatéralisme et espace fédérateur pour relever les défis mondiaux communs.
Il a également insisté sur le fait que la réforme du système des Nations Unies est devenue une nécessité pour renforcer son efficacité, sa crédibilité et sa représentativité, afin de lui permettre de mieux répondre aux mutations internationales actuelles et aux aspirations des peuples. Il a souligné que la réforme envisagée doit être globale et équilibrée, et viser à consolider la place de l’Organisation et son rôle central dans la préservation de la paix et de la sécurité internationales ainsi que dans la promotion d’un développement inclusif, et non à l’affaiblir ou à la marginaliser.
S’agissant de la coopération entre la Tunisie et le système des Nations Unies, le Ministre a expliqué que l’élaboration du Cadre de coopération pour la période 2027-2031 s’inscrit dans le cadre du soutien aux efforts nationaux visant à atteindre les objectifs de développement et à renforcer l’alignement des interventions du système onusien sur les orientations et les priorités définies par l’État tunisien, notamment dans le cadre du Plan de Développement 2026-2030.
Il a précisé que le programme proposé repose sur trois axes stratégiques complémentaires : le développement du capital humain et le renforcement de l’inclusion sociale ; la transformation économique inclusive et la création d’emplois décents ; ainsi que la transition écologique et énergétique et le renforcement de la sécurité hydrique, alimentaire et des ressources. La mise en œuvre de ce programme s’appuiera également sur plusieurs leviers transversaux destinés à en accélérer la réalisation, notamment la gouvernance, la numérisation et le financement du développement.
Le Ministre a, par ailleurs, souligné que la mobilisation des financements nécessaires demeure l’un des principaux défis à relever pour assurer la mise en œuvre de ce programme, particulièrement dans un contexte marqué par les contraintes pesant sur les finances publiques et le recul du financement du développement à l’échelle internationale. Cette situation impose de passer d’une approche fondée sur des projets dispersés à impact limité à une démarche stratégique et intégrée, permettant de fédérer les priorités nationales, les programmes susceptibles d’être financés, les différentes sources de financement et les partenaires en mesure de contribuer à leur réalisation. Il a, dans ce contexte, mis en exergue l’importance de la proposition du système des Nations Unies visant à mettre en place un pôle commun de financement, en s’inspirant des expériences de Pays présentant des caractéristiques similaires à celles de la Tunisie.
Dans cette perspective, le Ministre a appelé les pays partenaires, les partenaires techniques et financiers ainsi que les institutions financières internationales à renforcer leurs contributions et à développer les mécanismes de financement conjoint, afin de garantir l’orientation des ressources vers les priorités nationales et l’obtention de résultats concrets. Il a également mis en évidence le rôle central du système des Nations Unies dans la fourniture d’une expertise technique, la facilitation des partenariats et la contribution à la mobilisation des financements, en coordination avec les institutions nationales concernées.
Les travaux de cet atelier ont notamment porté sur la présentation du rapport annuel 2025 de l’équipe de pays des Nations Unies relatif aux programmes de coopération entre la Tunisie et les agences et programmes onusiens présents dans le pays. Ils ont également permis d’exposer les domaines d’intervention prioritaires du Cadre de Coopération Stratégique avec les Nations Unies pour la réalisation d’un développement inclusif au cours de la période 2027-2031, ainsi que les mécanismes de sa mise en œuvre, de manière à garantir son alignement sur les priorités nationales et le Plan de développement 2026-2030.
De son côté, M. Samir Abdelhafidh a mis en avant la capacité remarquable de la Tunisie à faire preuve de résilience face aux défis qui marquent la scène internationale, notamment les crises économiques, les changements climatiques et la raréfaction des ressources financières à l’échelle mondiale. Il a relevé, à cet égard, l’amélioration des indicateurs macroéconomiques, la reprise de la croissance, qui a atteint 2,5 %, ainsi que la maîtrise de l’inflation à hauteur de 5,3 %. À cette occasion, il a présenté les principaux axes du Plan National de Développement pour la période 2026-2030, qui vise à instaurer un modèle économique et social inclusif, efficace et respectueux de l’environnement, consacrant les principes de souveraineté nationale et le rôle social de l’État.
Dans le cadre de la coopération stratégique avec l’Organisation des Nations Unies pour la période 2027-2031, le Ministre de l’Économie et de la Planification a souligné l’alignement du programme de coopération sur les orientations stratégiques de la Tunisie, ainsi que l’importance de mettre en place des mécanismes de soutien innovants et efficaces, conciliant les ambitions de développement et les équilibres financiers. Cette démarche vise à consolider la place des Nations Unies en tant que partenaire stratégique dans le processus de transformation et de développement de la Tunisie.
Il a, à cet égard, appelé les partenaires internationaux à s’inscrire dans cette nouvelle dynamique et à contribuer à la construction d’un partenariat durable et solide au service du développement en Tunisie.
Pour sa part, la Coordonnatrice Résidente des Nations Unies, Mme Rana Taha, a salué le niveau de coopération historique entre la Tunisie et l’Organisation des Nations Unies. Elle a réaffirmé l’engagement du système onusien à poursuivre son soutien à la Tunisie et à l’accompagner dans son parcours de développement au cours de la prochaine période, à travers l’élaboration et la mise en œuvre du Cadre de coopération stratégique pour le quinquennat, conformément aux priorités nationales du Plan de Développement et dans le respect du principe d’appropriation nationale, notamment en matière de mobilisation des financements internationaux au service du développement.
Elle a également exprimé la volonté de l’Organisation d’élever le niveau de coopération, notamment en renforçant les mécanismes conjoints de financement du développement et de l’investissement, à l’instar du «Fonds fiduciaire multipartenaires pour la jeunesse et l’emploi». Cette démarche devrait contribuer à orienter les ressources financières internationales vers les priorités du Plan National de Développement et à optimiser l’utilisation des ressources disponibles, dans le cadre de programmes transversaux ciblés, susceptibles d’apporter des solutions transformatrices et durables.
La rencontre a également été marquée par un échange interactif avec les participants autour des moyens de renforcer la coopération, d’améliorer l’efficacité des programmes et de mobiliser des ressources financières innovantes, afin de produire un impact tangible au profit des catégories sociales et des régions les plus défavorisées.
En conclusion, le Ministère des Affaires Etrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’Etranger a réaffirmé sa détermination à poursuivre son rôle de soutien à la diplomatie du développement et à renforcer la coordination entre les différentes structures nationales et le système des Nations Unies, de manière à favoriser la mise en œuvre des priorités nationales et à consolider un partenariat moderne et efficace, fondé sur l’appropriation nationale et l’obtention de résultats durables au bénéfice de la Tunisie.
Le Conseil national de l’Ordre des médecins de Tunisie a annoncé avec douleur et tristesse le décès du Professeur Fadhel Mrad, survenu dimanche 25 octobre 2026.
Dans une nite diffusée ce jour, l’Ordre des médecins rappelle que Pr Mrad était professeur à la Faculté de médecine de Tunis et chef du service de psychiatrie à l’hôpital Razi : « Il était également reconnu pour son engagement exemplaire et sa contribution à la formation de nombreuses générations de médecins ».
De son côté l’association tunisienne de psychiatrie a exprimé seos condoléances les plus sincères et sa profonde sympathie à la famille et aux proches de Fadhel Mrad, « ainsi qu’à tous ceux qui ont eu le privilège de le connaître, de côtoyer sa sagesse et de bénéficier de son savoir».
« La disparition du Professeur Fadhel Mrad constitue une perte douloureuse, et son souvenir demeurera empreint de respect et de reconnaissance. Que sa mémoire reste vivante dans les cœurs de tous ceux qui ont eu le privilège de le connaître et de partager son parcours », a ommenté de son côté la Société tunisienne de psychiatrie hospitalo-universitaire
Et d’ajouter : « Nous nous inclinons avec respect devant sa mémoire et adressons à ses proches nos pensées les plus sincères en ces moments de profonde affliction ».
Au cœur du Nord-Ouest tunisien, la dynamique est lancée : Les membres actuels du réseau « Integrity Guardians » sont allés sur le terrain pour dialoguer directement avec la jeunesse de Jendouba et du Kef .
Ces moments d’échange et de partage d’expériences ont permis d’illustrer concrètement l’impact du réseau sur le terrain, tout en suscitant des vocations auprès des nouveaux participants, indique le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) en Tunisie, à l’origine de cette initiative.
Le Pnud explique que cela a permis de sensibiliser aux valeurs d’intégrité, de transparence et de bonne gouvernance, d’inspirer la jeunesse en partageant des récits de réussites et de projets concrets et de transmettre le flambeau à une nouvelle promotion de gardiens de l’intégrité prêts à s’investir pour leur région.
Cette mobilisation marque une nouvelle étape dans une aventure collective portée par les jeunes, et pour les jeunes, lit-on encore dans le communiqué.
Au cours de la nuit, le temps sera caractérisé par des passages nuageux sur la plupart des régions, devenant parfois plus abondants en fin de nuit sur l’extrême Sud-est, avec quelques pluies éparses.
C’est ce qu’a fait savoir l’Institut National de la Météorologie (INM), en ajoutant que le vent sera relativement fort près des côtes et faible à modéré dans les autres régions, tandis que la mer sera généralement agitée.
Pour les températures, l’INM prévoit des nocturnes variant entre 11 et 16 degrés sur les régions ouest du nord et du centre, et entre 17 et 22 degrés ailleurs.
Khaled Bettine, PDGde laSociéténationale de la distribution des pétroles (SNDP-Agil), a apporté, dansune publication sur son compte Facebook, des précisions concernant les informations circulant au sujet de la cession, par l’État, du gisement pétrolier d’El Menzah dans le golfe de Hammamet.
Il s’agit, en réalité, de la régularisation d’une situation juridique et administrative en suspens depuis 2001, a-t-il indiqué, en précisant que ce gisement a été découvert en 1998 et est entré en phase de production en 2000. L’exploitation a cessé en 2007, suite à une baisse de la production tombée à environ 35 barils par jour ; la production totale cumulée, sur toute la période d’exploitation, s’est élevée à près de 1,9 million de barils, a-t-il ajouté, en soulignant que l’Entreprise tunisienne d’activités pétrolières (Etap) avait décidé, en 2001, de ne pas participer au développement et à la production du gisement. Toutefois, la décision d’octroi de la concession d’exploitation, émise en novembre 2000, n’a pas été mise à jour en temps opportun, ce qui a maintenu la situation juridique dans un état nécessitant une régularisation.
En 2024, la société Exxoil a déposé une demande de modification de la décision d’octroi de la concession, suite à la faillite de la société Ecumed Petroleum Grombalia en 2021.
Selon les informations relatives au dossier, le Comité consultatif des hydrocarbures, l’instance publique chargée de donner des avis obligatoires et conformes ou consultatifs au ministre de l’Energie sur les questions relatives aux titres miniers (permis de recherche, concessions d’exploitation), a approuvé, en septembre 2024, le transfert des droits et obligations de la société en faillite à Exxoil (Groupe Setcar).
Bettine a par ailleurs souligné que l’entreprise en question envisage de mener de nouvelles opérations d’exploration, des estimations suggérant que le gisement pourrait receler des ressources pétrolières encore non découvertes.
Rappelons que la cession de la concession d’exploitation du gisement d’El Menzah à la société Exxoil a suscité une vive controverse. Le député Imed Ouled Jibril a notamment exigé des clarifications officielles concernant la nature des droits cédés, leur valeur financière, ainsi que la contrepartie — le cas échéant — perçue par l’Etap. Il a également interrogé les autorités sur les revenus attendus pour l’État, ainsi que sur les engagements de la société en matière d’investissements et de protection de l’environnement.
Par ailleurs, le député a appelé à la publication des accords, des études d’évaluation et des documents afférents à cette décision, et a réclamé que l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) puisse y avoir accès afin d’exercer sa mission de contrôle, en insistant, en outre, sur la nécessité de garantir la transparence, de préserver les droits de l’État et de défendre l’intérêt national.
Les clarifications de M. Bettine sont certes les bienvenues, mais la polémique à ce sujet aurait pu être évitée si l’État avait fait preuve de davantage de transparence et de moins de cachotteries d’un autre âge. S’agissant de ressources nationales, les Tunisiens sont en droit de tout savoir sur les tenants et les aboutissants de toute opération à caractère économique et commercial engageant la responsabilité de l’État.
La Société Tunisienne de Banque (STB) organise un concours externe sur dossier, assorti d’épreuves écrites et orales selon la spécialité, en vue du recrutement de 103 agents, conformément aux conditions de participationspécifiées.
Les inscriptions débutent, selon le calendrier annoncé, ce lundi 26 octobre 2026 à partir de 08h30, et se poursuivront jusqu’au mercredi 25 novembre prochain, à 17h15.
La société a précisé que les candidatures à ce concours s’effectuent exclusivement en ligne, via la plateforme électronique dédiée à cet effet, indique le même communiqué.
La Marine nationale organise du 26 au 30 octobre 2026 dans le golfe de Tunis, la troisième édition de «Safe Sea», un exercice conjoint de cinq jours visant à évaluer la capacité opérationnelle et la coordination entre les différentes institutions impliquées dans le sauvetage en mer, la sécurité des navires commerciaux et à la lutte contre la pollution.
Le ministère de la Défense a annoncé l’événement dans un communiqué, précisant que, outre les unités de la Marine nationale, y prendront part la Garde nationale, les Douanes, la Protection civile, l’Agence nationale de protection de l’environnement (ANPE), le Centre des opérations sanitaires stratégiques et l’Institut national du patrimoine.
La présence d’observateurs militaires étrangers, issus des marines de pays partenaires et amis de la Tunisie, est également prévue.
Le programme comprend des séminaires techniques, des conférences d’experts et des exercices opérationnels en mer, incluant des simulations d’interventions d’urgence, des opérations de recherche et de sauvetage, la lutte contre la pollution marine, la préservation du patrimoine archéologique immergé ainsi que la protection des navires marchands face aux menaces pesant sur la sécurité de la navigation.
Une attention particulière sera portée à l’application du décret régissant le système national de recherche et de sauvetage en mer, qui prévoit un centre national de coordination ainsi que des structures opérationnelles décentralisées. La mesure confie au service national des garde-côtes la responsabilité de la coordination des opérations de sauvetage, en faisant notamment appel à des moyens militaires et civils.
Le 196, numéro gratuit d’urgence en mer
L’exercice, précise le communiqué, servira également à faire connaître le numéro gratuit d’urgence en mer, le 196, mis en place pour signaler des situations de danger, des appels au secours et des accidents en mer.
Selon le ministère de la Défense, l’objectif est de renforcer l’interopérabilité entre les institutions civiles et militaires et d’améliorer la capacité de réponse face aux accidents et aux crises en mer, grâce à des procédures coordonnées d’intervention et de gestion des urgences.
Sélectionnée pour la super-finale du Concours International Léopold Bellan, l’Association Malouf Tunisien Paris, fait rayonner l’héritage musical tunisien. Une reconnaissance amplement méritée, qui n’a rien de surprenant pour ceux qui connaissent la richesse de son travail, son engagement et son attachement à notre patrimoine.
Au-delà de la musique, c’est toute la beauté de notre identité qui s’invite sur scène : l’élégance de la farmla (الفرملة) et la jebba tunisiennes, la noblesse de la chachia et la beauté de nos habits traditionnels, portés avec dignité et fierté.
Chaque détail du costume raconte une histoire, celle d’un patrimoine vivant, transmis avec amour et passion.
Faire rayonner le malouf tunisien à l’international, c’est faire entendre notre musique, admirer nos traditions et partager avec le monde une part précieuse de notre culture.
Le malouf tunisien est l’un des principaux types de musique traditionnelle tunisienne. Type particulier de la musique arabo-andalouse, on peut la considérer comme le fruit d’une synthèse entre le fonds culturel propre à cette région — autrefois appelée Ifriqiya — et les apports andalous, orientaux, africains et méditerranéens.
Créé en 1926 par le philanthrope et homme politique Léopold Bellan, le Concours International Léopold Bellan est l’un des plus anciens concours de musique et d’art dramatique de France. Il célèbre sa 100ᵉ édition du 25 au 30 octobre 2026 à Paris. Le concert de gala de la super finale aura lieu le 30 octobre 2026 à 14h au Conservatoire à Rayonnement Régional (CRR) de Paris.
Une bataille féroce entre les partisans de la démocratie libérale et les apôtres de ce qui est désormais appelé la démocratie illibérale bat son plein partout dans le monde et cette bataille se cristallise durant ces dix jours au Brésil, en Israël, en Serbie et aux États-Unis où les libertés fondamentales et l’État de droit sont menacés et où les contre-pouvoirs sont ciblés par les candidats de la droite populiste. D’ailleurs, les candidats de cette tendance politique dans ces pays n’hésitent pas à s’entraider et à former un groupe informel décrit comme un international réactionnaire très solidaire.
Imed Bahri
Quatre élections sur quatre continents en l’espace de dix jours pourraient profondément remodeler la politique mondiale en accentuant la trajectoire autoritaire actuelle du monde ou, au contraire, en marquant un timide retour des normes démocratiques.
Julian Borger affirme dans le Guardian que ces élections se déroulent en Israël, en Serbie, aux États-Unis et au Brésil où les principes démocratiques fondamentaux pourraient être mis en péril à une époque marquée par une montée de l’autoritarisme à l’échelle mondiale.
Les libertés démocratiques tombées à des niveaux inédits depuis 1978
Selon l’institut suédois V-Dem, institut de recherche indépendant basé au sein du département de science politique de l’Université de Göteborg, qui s’appuie sur des outils d’évaluation multivariés, les libertés démocratiques dont jouit le citoyen moyen à travers le monde sont tombées à des niveaux inédits depuis 1978 soit la période antérieure à la chute du mur de Berlin et l’effondrement du communisme en Europe.
Ces élections pourraient soit conforter cette tendance soit l’atténuer. Dans chaque cas, des formations favorables à la démocratie se retrouvent en vive concurrence avec des dirigeants autoritaires qu’ils soient déjà au pouvoir ou qu’ils aspirent à le devenir. Il est fort probable que les résultats de chacun de ces scrutins aient des répercussions durables dans leurs régions respectives.
Ainsi, ce mardi, Benjamin Netanyahu affrontera ses adversaires lors des élections législatives. Le Premier ministre israélien, qui a gouverné pendant 19 des 30 dernières années, a conduit Israël vers un recul démocratique et une aggravation des violations des droits humains. Il est visé par la Cour pénale internationale pour des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis à Gaza. Une défaite électorale l’exposerait à des risques juridiques accrus, compte tenu du procès pour corruption auquel il fait face dans son propre pays. Sa coalition d’extrême droite est actuellement distancée par le bloc de l’opposition mené par l’ancien chef de l’état-major Gadi Eisenkot.
Le mardi d’après, le 3 novembre, la présidence de Donald Trump —marquée par une dimension impériale— pourrait se heurter au rejet des électeurs américains lors des élections de mi-mandat. Il est fort probable que les Républicains perdent au moins l’une des deux chambres du Congrès, voire les deux.
Les Démocrates en cas de victoire auront alors la lourde tâche de contenir les dérives de Trump, lesquelles ont entraîné un recul des États-Unis dans l’indice de démocratie libérale établi par l’institut V-Dem.
Au moment du dépouillement des votes aux États-Unis mardi 3 novembre, le visage du monde pourrait être radicalement différent : les quatre enjeux électoraux en question sont non seulement très serrés mais aussi étroitement liés.
Le mouvement Maga, associé à Trump, a apporté un soutien politique explicite à Netanyahu en Israël, Aleksandar Vučić en Serbie et Flavio Bolsonaro au Brésil. Le logiciel espion israélien Pegasus a été découvert dans les téléphones d’étudiants et de militants pro-démocratie en Serbie mobilisés contre Vučić. Bolsonaro, connu pour son soutien indéfectible à Israël, s’est engagé à suivre l’exemple des États-Unis en transférant l’ambassade du Brésil à Jérusalem en cas de victoire. Les États-Unis ont largement soutenu les guerres menées par Netanyahu, tandis que la Serbie s’est engagée à consacrer deux milliards de dollars à des systèmes de défense israéliens. En septembre, une usine commune a d’ailleurs été inaugurée pour produire des systèmes de surveillance et d’attaque.
Selon Borger, la victoire de la droite autoritaire dans un pays donné renforcerait la position de ses homologues ailleurs. À l’inverse, la victoire des défenseurs de la démocratie lors des élections offrirait espoir et encouragement à leurs alliés à travers le monde.
Bien que ces quatre scrutins puissent être étroitement liés, la lutte entre autoritarisme et démocratie revêt des formes très différentes selon les pays. Les probabilités de victoire, tout comme les enjeux, varient d’un cas à l’autre mais toutes ces situations présentent des résultats très serrés.
Dans le cas du Brésil (qui occupe le 28e rang de l’indice de démocratie), on a pu observer un renouveau démocratique depuis l’investiture de Luiz Inácio Lula da Silva le 1er janvier 2023 qui a battu le populiste Jair Bolsnaro, aujourd’hui en prison. Hier, dimanche 25 octobre 2026, il était confronté à Flavio, le fils de Jair, lors du deuxième tour de l’élection présidentielle brésilienne. Selon l’institut V-Dem, le Brésil affiche désormais un bilan démocratique bien que celui du Royaume-Uni et nettement meilleur que celui des États-Unis.
Aleksandar-Vucic-et-Jair-Bolsorano.
Le succès de Lula annonce un réveil de la démocratie mondiale ?
Le fils Bolsonaro a non seulement promis de faire libérer son père mais aussi de sanctionner les membres de l’appareil judiciaire ayant pris part aux poursuites engagées contre lui. En cas de victoire, il allait s’appuyer sur une majorité de droite au Parlement. Il a par ailleurs annoncé son intention de modifier la Constitution et de «redémocratiser» le pays. Cette expression renvoie à la transition ayant mis fin au régime militaire en 1985. Pour la gauche brésilienne, elle prend une résonance orwellienne inquiétante surtout dans la bouche d’un homme qui se revendique ouvertement admirateur de figures marquantes de la junte jadis au pouvoir.
Bolsonaro a axé sa campagne sur une politique sécuritaire intransigeante, visant à répondre au problème chronique de la criminalité élevée. Il préconise notamment l’abaissement de l’âge de la responsabilité pénale en dessous de 18 ans — ce qui conduirait à l’incarcération d’un plus grand nombre d’adolescents — ainsi que des réformes judiciaires. Selon ses détracteurs, ces mesures viseraient en réalité à porter atteinte à l’indépendance de la justice.
Finalement, le pire a été évité : c’est Lula qui a remporté les élections avec 51,79 % des suffrages, contre 48,21 pour Bolsorano. Et c’est un bon signe de réveil de la conscience démocratique mondiale, qui ne demande qu’à être confirmé sous d’autres cieux.
En Serbie (classée 112e dans l’indice de démocratie), Aleksandar Vučić, au cours de ses 12 années à la présidence, a méthodiquement sapé les fondements de la démocratie. Lui et ses alliés ont pris le contrôle de la majeure partie des médias audiovisuels du pays, faisant de lui la figure omniprésente sur les écrans de télévision durant la campagne électorale actuelle. L’avenir des deux dernières chaînes d’information indépendantes est désormais incertain, après leur rachat en pleine campagne par un investisseur portugais lié à Viktor Orbán, l’ancien Premier ministre populiste de Hongrie. Le Parti progressiste serbe, au pouvoir, a transformé les ministères et autres institutions publiques en instruments politiques, au point que, selon Raša Nedeljkov —directeur de programme au Centre pour la recherche, la transparence et la responsabilité (CRTA)—, «la frontière entre l’État et les partis a pratiquement disparu». Depuis deux ans, la Serbie est le théâtre d’un mouvement de contestation estudiantin qui, cette semaine, tentera de prendre le pouvoir.
En Israël (classé 48e dans l’indice de démocratie), la démocratie est restée l’apanage des Juifs, tout en étant discriminatoire à l’égard des Palestiniens. Ils représentent environ un cinquième de la population mais ils sont constamment sous-représentés à la Knesset. Leur taux de participation électorale est inférieur à celui des Juifs israéliens, beaucoup estimant qu’il est inutile de participer à un système qui les exclut systématiquement. Le principal bloc d’opposition, qui rivalise avec Netanyahu, refuse de former une coalition avec les partis arabes et ce, même si une telle alliance pouvait faire la différence entre une victoire écrasante et une impasse incertaine lors de la répartition des sièges à la Knesset.
Benjamin Netanyahu a occupé le poste de Premier ministre, de manière intermittente, au cours des trois dernières décennies. Cependant, durant son mandat actuel —au sein d’une coalition incluant des partis extrémistes soutenus par les colons—, il a pris pour cible les normes démocratiques israéliennes. Il a cherché à restreindre l’indépendance du pouvoir judiciaire au nom d’une «réforme» qui lui était favorable, a exercé des pressions sur la presse indépendante et a politisé la police, l’armée ainsi que le service de sécurité intérieure, le Shin Bet.
La coalition d’opposition, dirigée par le général Gadi Eisenkot, partage une grande partie de la vision de Netanyahu concernant la Palestine. Elle soutient, dans une large mesure, la guerre à Gaza et rejette la solution à deux États. Il est toutefois déterminé à éradiquer la corruption de l’ère Netanyahu ainsi que les dérives autoritaires qui y sont associées. Bien que l’on s’attende à ce que l’alliance remporte davantage de sièges que la coalition gouvernementale lors des élections de mardi, elle n’est pas certaine d’obtenir la majorité absolue.
Les Démocrates à l’assaut d’un «empereur» nommé Trump
Enfin, aux États-Unis (classés 52e dans l’indice de démocratie), aucun autre pays occidental à l’époque moderne n’a connu un recul démocratique aussi rapide que celui observé en moins de deux ans sous le second mandat de Donald Trump. Profitant de la domination des Républicains qui lui sont acquis au Congrès et de la soumission d’une grande partie de la Cour suprême, Trump a instauré un régime présidentiel autoritaire. Il gouverne essentiellement par décrets et transforme les institutions de l’État —notamment les services de sécurité intérieure, le FBI ainsi que le Département de la Justice— en instruments politiques utilisés comme des armes contre ses opposants, les procureurs indépendants et les journalistes. La politique de l’administration, tant sur le plan intérieur qu’extérieur, a été mise à profit pour créer des occasions d’enrichissement personnel au bénéfice de la famille et des amis de Trump.
Les prérogatives de l’Agence de contrôle de l’immigration et des douanes (ICE) ont été considérablement étendues. Des agents, sommairement formés mais lourdement armés, ont été déployés à travers tout le pays, portant atteinte aux droits civiques de toute personne soupçonnée d’être un migrant en situation irrégulière, une situation qui affecte tout particulièrement la communauté latino-américaine.
Alors que les taux d’approbation du président Trump chutent à des niveaux historiquement bas, les Démocrates ont de bonnes chances de remporter la majorité à la Chambre des représentants et une probabilité plus faible de s’emparer également du Sénat. Même si les Démocrates prenaient le contrôle des deux chambres du Congrès, leur capacité à contenir les dérives autoritaires qui ont marqué la présidence de Trump resterait limitée. Il est en effet probable que ce dernier use largement de son droit de veto or, les Démocrates ne disposeraient ni des voix nécessaires pour passer outre ce veto ni de celles requises pour contrer les tactiques d’obstruction des Républicains au Sénat.
Sur le plan théorique, le Congrès détient le pouvoir budgétaire et peut conditionner le financement des ministères et des agences fédérales à la mise en œuvre de réformes. Par ailleurs, une majorité démocrate pourrait tirer parti de son contrôle sur les commissions parlementaires pour ouvrir des enquêtes sur des affaires de corruption ou d’autres irrégularités et pour émettre des assignations à comparaître à l’encontre de responsables gouvernementaux.