Le chiffre. Bond de 156 % de victimes mineures d’infractions sexuelles en dix ans
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Il fut un temps où l’association sportive de quartier représentait beaucoup plus qu’un simple lieu d’entraînement. Elle était une porte ouverte, parfois la seule, vers un rêve possible. Un enfant y entrait avec un ballon usé, des chaussures modestes, une énergie débordante, et cette conviction silencieuse que le talent pouvait encore parler plus fort que l’argent. Le terrain était un espace de mélange social, de discipline et d’espérance. On y apprenait à courir, à tomber, à se relever, à respecter l’entraîneur, l’adversaire et le groupe. On y apprenait aussi que le sport pouvait sauver un enfant de la rue de l’ennui, du décrochage, parfois même d’un destin déjà écrit par la pauvreté.
Aujourd’hui, cette image s’efface peu à peu. Les associations sportives en Tunisie fonctionnent de plus en plus comme des structures privées, presque comme des sociétés indépendantes. Elles engagent leurs entraîneurs, fixent leurs horaires, organisent leurs catégories, communiquent comme des académies modernes et demandent aux parents des mensualités régulières. Sur le papier, rien de choquant : l’encadrement coûte de l’argent, les entraîneurs doivent être rémunérés, les équipements doivent être entretenus et les déplacements doivent être financés. Mais la question est aussi sociale. Que devient le sport lorsqu’il cesse d’être une passerelle vers l’intégration pour devenir un service payant réservé à ceux qui peuvent suivre ?
Car derrière les discours sur la formation, l’éducation sportive et la détection des talents, une réalité plus dure s’installe. Beaucoup de familles modestes n’osent même plus pousser la porte d’un club. Elles savent déjà que l’inscription, les mensualités, la tenue, les chaussures et parfois les frais annexes pèseront trop lourd sur un budget familial déjà fragile. Le rêve sportif de l’enfant se retrouve alors arrêté non par manque de talent, non par manque de volonté, mais par manque d’argent. On ne lui dit pas toujours directement : «Tu n’as pas ta place». On lui fait simplement comprendre que l’accès a un prix.
Le terrain public, le bénéfice privé
Ce qui rend cette situation encore plus problématique, c’est que ces associations exploitent souvent des infrastructures existantes, mises à disposition ou facilitées par les autorités locales. Des terrains municipaux, des salles publiques, des vestiaires et des espaces construits avec l’argent de la collectivité deviennent le cadre d’activités dont l’accès dépend ensuite de la capacité des parents à payer. Il y a là une contradiction profonde. Si l’infrastructure est publique, qu’elle appartient symboliquement à tous les citoyens, comment accepter que des enfants du même quartier en soient exclus parce que leurs parents ne peuvent pas régler une mensualité ?
Bien sûr, il ne s’agit pas de diaboliser les associations sportives. Beaucoup font un travail sérieux, parfois avec peu de moyens. Beaucoup d’entraîneurs donnent de leur temps, de leur énergie et de leur cœur. Beaucoup de dirigeants se battent pour faire vivre des structures fragiles. Mais il faut avoir le courage de regarder le problème dans son ensemble. Quand une association bénéficie de la tolérance, du soutien ou des infrastructures des autorités locales, elle ne peut pas se comporter uniquement comme une structure commerciale fermée sur sa logique financière. Elle porte aussi une responsabilité sociale. Elle agit dans un espace commun. Elle touche à l’enfance, à la jeunesse, à l’éducation et à l’égalité des chances.
Le sport n’est pas un luxe, il est une école parallèle. Pour certains enfants, il est même plus efficace que bien des discours moraux. Un terrain bien encadré peut éloigner un adolescent de la violence, de la marginalisation ou de la perte de confiance. Dans les quartiers défavorisés, il ne manque pas de talents. Ce qui manque souvent, ce sont les passerelles et les adultes capables de dire : cet enfant ne paiera pas, mais il jouera, parce qu’il a le droit d’essayer.
Redonner sa chance au talent
Il est donc urgent de penser à un mécanisme simple, clair et durable : toute association sportive bénéficiant d’une infrastructure publique ou d’un appui local devrait réserver un nombre déterminé de places gratuites à des enfants issus de familles défavorisées. Pas comme une faveur ni une opération de communication, mais comme un engagement normal. Ce serait une forme de retour à la collectivité. Si la ville offre le terrain et facilite l’activité, alors l’association doit à son tour ouvrir une partie de ses portes à ceux que le marché exclut.
Une telle mesure ne ruinerait pas les associations. Elle pourrait être organisée intelligemment, avec des critères transparents, en coordination avec les écoles, les municipalités, les maisons de jeunes ou les services sociaux locaux. Dans chaque catégorie d’âge, quelques places pourraient être réservées gratuitement. Les enfants concernés seraient sélectionnés selon deux critères simples : la situation sociale et la motivation sportive. L’objectif n’est pas seulement de chercher le futur champion, mais aussi d’offrir à des enfants une discipline, un cadre, une appartenance et une chance.
On demande aux jeunes d’être disciplinés, ambitieux, éloignés des mauvaises fréquentations, mais on leur ferme les lieux où cette discipline peut se construire. On se plaint de la rue, puis on rend le club inaccessible. On regrette la perte des valeurs, puis on transforme l’éducation sportive en produit commercial. On admire les grands sportifs quand ils réussissent, mais on oublie que beaucoup d’entre eux viennent de milieux simples, de quartiers ordinaires, parfois difficiles. Avant d’être des stars, ils étaient des enfants qui avaient seulement besoin qu’un adulte leur dise : «Viens, tu peux jouer.»
Le talent n’habite pas seulement les familles capables de payer. Il ne choisit ni l’adresse, ni le revenu des parents, ni la marque des chaussures. Il apparaît parfois dans une ruelle poussiéreuse, sur un terrain vague, dans une cour d’école, chez un enfant silencieux que personne ne remarque. Une politique sportive juste doit aller chercher ce talent-là. Elle doit le protéger de l’exclusion précoce. Car lorsqu’un enfant comprend très tôt que son rêve dépend de l’argent de ses parents, il n’abandonne pas seulement un sport. Il perd aussi une partie de sa confiance dans la justice sociale.
Il faut donc remettre du sens dans le fonctionnement de nos associations sportives. Elles peuvent continuer à percevoir des mensualités de ceux qui peuvent payer, car leur équilibre financier en dépend. Mais elles doivent aussi assumer une mission d’ouverture. Une association sportive n’est pas une salle privée de loisir. Elle travaille avec des enfants, pas avec de simples clients. Et un enfant ne devrait jamais être réduit à cette phrase brutale : «Tu payes ou tu ne joues pas». Le sport tunisien progressera lorsqu’il redeviendra capable d’accueillir ceux qui n’ont rien d’autre que leur talent et leur volonté. Offrir quelques places gratuites n’est pas un geste secondaire. C’est une manière de réconcilier le sport avec sa vocation première : former, rassembler et donner une chance.
Zouhaïr BEN AMOR (Universitaire)
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Dans son document intitulé « Projections de la population 2024-2054 », élaboré en mai 2026 à partir des résultats du Recensement général de la population et de l’habitat de 2024 ainsi que des données de l’état civil, l’INS révèle que la Tunisie comptait 11,97 millions d’habitants en 2024. Un chiffre inférieur aux estimations précédentes, confirmant que la transition démographique du pays a été plus rapide et plus profonde qu’anticipé.
L’étude met notamment en évidence l’effondrement du taux de fécondité, passé de plus de trois enfants par femme en 1994 à seulement 1,54 enfant en 2024, un niveau désormais inférieur au seuil de renouvellement des générations.
Malgré ce ralentissement, la population tunisienne devrait continuer à progresser au cours des prochaines décennies. Elle atteindrait 12,16 millions d’habitants en 2030 avant de s’établir autour de 13,3 millions en 2054. Toutefois, le rythme de croissance poursuivra son recul pour tomber à seulement 0,03 % en fin de période, signe d’un rapprochement progressif vers la stabilité démographique.
Parallèlement, la structure par âge de la population connaîtra une profonde mutation. Les jeunes générations verront leur poids relatif diminuer tandis que la part des personnes âgées augmentera de manière soutenue.
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Selon les projections, la proportion des Tunisiens âgés de 60 ans et plus progressera continuellement au cours des trois prochaines décennies. Cette évolution entraînera une hausse des besoins en matière de santé, de prise en charge de la dépendance et de protection sociale, posant de nouveaux défis aux politiques publiques.
L’INS souligne toutefois l’existence d’une « fenêtre démographique » entre 2030 et 2045. Cette période correspondra à l’entrée en âge de procréer des générations nées entre 2000 et 2014, années marquées par un nombre relativement élevé de naissances. Cette dynamique pourrait engendrer un rebond limité de la natalité après plusieurs années de déclin. L’institut estime néanmoins que cette opportunité ne pourra être exploitée qu’à condition d’offrir aux jeunes des perspectives économiques et sociales favorables à la réalisation de leurs projets familiaux.
Les projections font également état d’un renforcement de la présence féminine au sein de la population tunisienne. Sous l’effet d’une espérance de vie plus élevée chez les femmes et de flux migratoires majoritairement masculins, leur part dans la population totale passerait de 50,7 % en 2025 à 52,2 % en 2054.
Au terme de son analyse, l’INS conclut que la Tunisie s’engage dans une nouvelle étape démographique caractérisée par une croissance de plus en plus faible et un vieillissement prononcé de la population. Une transformation qui impose d’ores et déjà une adaptation des politiques publiques dans les domaines de l’emploi, de la santé, de la protection sociale et du soutien à la famille afin de répondre aux défis des décennies à venir.
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La ministre de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Personnes âgées, Asma Jebri, a annoncé, lors d’une séance plénière à l’Assemblée des représentants du peuple, le lancement d’une révision du cahier des charges encadrant l’ouverture des jardins d’enfants. Objectif : mieux structurer le secteur, améliorer la qualité des services et renforcer les mécanismes de contrôle.
Cette réforme intervient dans un contexte marqué par des préoccupations croissantes autour de la sécurité et de la qualité de l’encadrement des enfants.
Le nouveau cahier des charges, actuellement en préparation avec les différentes parties concernées, prévoit plusieurs ajustements majeurs. Il vise notamment à améliorer la prise en charge éducative, simplifier les procédures administratives et encourager l’investissement dans le secteur de la petite enfance.
Tout en rappelant que le texte de 2023 constitue un cadre légal unifié, la ministre a reconnu certaines lacunes, en particulier en matière de qualification des cadres éducatifs. Pour y remédier, un programme de formation a été lancé au profit de près de 4000 professionnels, en partenariat avec le ministère de l’Emploi.
Par ailleurs, de nouvelles dispositions imposent désormais aux promoteurs et encadrants de disposer de diplômes spécialisés dans le domaine de l’enfance, renforçant ainsi les exigences de qualification.
Face aux cas signalés de violence dans certains établissements, le ministère adopte une approche préventive à travers des campagnes de sensibilisation ciblant les enfants et leurs familles. Ces actions couvrent notamment les risques liés au harcèlement et aux comportements dangereux.
Un guide de procédures pour l’intervention urgente a également été élaboré. Il définit les étapes de signalement, d’intervention et de protection des enfants, tout en appelant à une mobilisation collective pour signaler rapidement tout dépassement.
Dans ce cadre, un programme de « sécurité numérique » a été mis en place afin de sensibiliser aux dangers liés à l’usage non sécurisé d’Internet.
Sur le plan des ressources humaines, 359 éducateurs ont été recrutés dans le secteur public depuis 2019, dont 47 en 2025. Le ministère a également renforcé les équipes avec le recrutement de psychologues, techniciens et enseignants, ainsi que la régularisation de travailleurs précaires.
Pour l’année à venir, 50 animateurs supplémentaires seront intégrés dans les jardins d’enfants, tandis que 120 enseignants ont été titularisés dans les secteurs de la jeunesse et de l’enfance.
Enfin, pour répondre au déficit d’infrastructures dans certaines régions de la Tunisie, plusieurs projets sont en préparation, dont la création d’un complexe de l’enfance à Menzel Bouzelfa. D’autres initiatives similaires sont envisagées, notamment dans le gouvernorat de Béja, afin de renforcer l’offre et améliorer l’accès aux services dédiés à la petite enfance.
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Le ministère de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Séniors alerte contre la prolifération de structures de petite enfance proposant des “classes d’initiation scolaire”, une pratique jugée non conforme aux normes pédagogiques et inadaptée aux besoins des enfants de 3 à 4 ans.
Le ministère de la Famille a tenu à clarifier un point jugé essentiel dans l’encadrement de la petite enfance : il n’existe aucune “classe d’initiation scolaire” officiellement reconnue au sein des jardins d’enfants en Tunisie. Dans un communiqué diffusé sur ses canaux officiels, l’institution met en garde les parents contre certaines structures privées qui utilisent cette appellation, qualifiée de non pédagogique et non agréée.
L’autorité publique insiste sur le fait que les enfants âgés de 3 à 4 ans doivent évoluer dans un cadre fondé sur le jeu, l’éveil et la socialisation, et non dans des dispositifs assimilables à un apprentissage scolaire précoce de la lecture ou de l’écriture.
Selon les services du ministère, plusieurs inspections menées dans des établissements de petite enfance ont mis en évidence la diffusion de ce type de pratiques. Ces constats soulignent, d’après la même source, un décalage avec les besoins développementaux de cette tranche d’âge, notamment en matière de développement psychomoteur et d’épanouissement cognitif.
Le ministère considère que ces approches anticipent de manière excessive les apprentissages scolaires, au détriment des fondamentaux de la petite enfance. Il appelle ainsi les structures concernées à se conformer strictement au cadre légal et réglementaire en vigueur.
Dans la continuité de sa mise en garde, le ministère annonce la poursuite du renforcement des opérations de contrôle sur le terrain afin d’identifier les établissements en infraction. Des mesures légales pourront être engagées à l’encontre des contrevenants, afin de garantir la qualité des services éducatifs destinés aux jeunes enfants.
Les parents sont, de leur côté, invités à vérifier attentivement la nature des programmes proposés avant toute inscription, et à signaler les éventuelles irrégularités constatées. L’objectif affiché est de préserver l’intérêt supérieur de l’enfant et de garantir un environnement éducatif adapté aux premières étapes de son développement.
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Face à la montée des risques numériques qui menacent les enfants, les autorités tunisiennes accélèrent la mise en place de dispositifs de protection. Le directeur du Centre national de l’informatique destinée à l’enfant, Mohamed Znine, a de nouveau alerté sur les dangers croissants liés à l’usage précoce et massif des smartphones et à la généralisation de l’accès à Internet chez les jeunes.
Intervenant ce vendredi 27 mars 2026 sur les ondes de la radio nationale, il a annoncé un accord avec l’Instance nationale des télécommunications visant à instaurer un mécanisme national dédié à la protection des enfants en ligne.
Ce dispositif ambitionne de renforcer la surveillance et de prévenir les risques auxquels les mineurs peuvent être exposés lors de leur navigation sur Internet.
Dans cette optique, une réflexion est également en cours autour du développement de solutions technologiques permettant aux parents de contrôler à distance les appareils intelligents utilisés par leurs enfants. Ces outils offriraient la possibilité de suivre l’activité numérique des mineurs et d’intervenir en temps réel en cas de danger.
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Mohamed Znine a par ailleurs mis en avant les efforts déployés par les différentes structures concernées pour promouvoir les services de contrôle parental et sensibiliser les familles à leur importance.
Dans le même cadre, il a évoqué l’organisation du Salon de l’enfant et des technologies sûres, tenu à la salle des actualités à Tunis à l’occasion de la Journée nationale de l’enfance. L’événement, qui se poursuit jusqu’au samedi 28 mars, propose une série d’activités éducatives et interactives, dont des jeux pédagogiques et un marathon destiné aux enfants.
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À l’occasion de l’Aïd El-Fitr, Ooredoo Tunisie signe une initiative à forte portée humaine en partenariat avec Kafel El Yatim. Plus qu’une action solidaire, l’opérateur propose une expérience rare : offrir aux enfants la liberté de choisir eux-mêmes ce qui les rend heureux.
Dans une atmosphère festive et chaleureuse, les enfants ont été invités à sélectionner leurs tenues de l’Aïd ainsi que leurs jouets, transformant ce geste en un moment d’anticipation, d’excitation et de joie partagée.
Ici, le don ne se limite pas à offrir. Il devient un instant vécu, un souvenir construit, une émotion durable. Une approche qui redonne à l’Aïd toute sa dimension intime : celle du choix, du désir et du bonheur simple.
À travers cette initiative, Ooredoo Tunisie confirme une nouvelle fois que son engagement dépasse largement le cadre des télécommunications.
« Chez Ooredoo, nous sommes convaincus que le rôle des entreprises dépasse la simple fourniture de services », souligne Eyas Assaf, Directeur Général de l’opérateur. « À travers notre programme “Tounes T3ich”, nous poursuivons des actions à fort impact humain, notamment lors des moments de partage comme l’Aïd. »
Au-delà des cadeaux, il reste des regards, des hésitations, des choix, des sourires. C’est peut-être là que réside la vraie réussite de cette initiative : transformer un geste en souvenir. Et inscrire, dans la mémoire de ces enfants, un Aïd un peu différent.
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