Deux tortues marines d’espèces différentes, une caouanne et une verte, ont été relâchées en mer au large de Monastir. Ce geste symbolique souligne la nécessité de préserver les espèces marines menacées et de promouvoir la biodiversité marine locale.
Cette initiative a eu lieu lors d’une visite du ministre de l’Environnement, Habib Abid, à la réserve protégée de l’île de Kuriat, au large de Monastir, samedi 23 mai 2026. Elle s’inscrit dans le cadre des efforts déployés pour renforcer la gestion participative des réserves marines et mettre en lumière leur rôle dans le maintien de l’équilibre écologique, à l’occasion de la Journée mondiale de la biodiversité.
Kuriat est l’une des plus importantes réserves marines de Tunisie, avec La Galite, Zembra, Zembretta et Kneiss, grâce à sa riche biodiversité marine.
Cette réserve protégée est considérée comme le seul site de nidification des tortues marines du pays. Elle abrite environ 110 espèces d’oiseaux marins et préserve les herbiers marins naturels qui contribuent à protéger les plages de l’érosion marine.
La Tunisie compte 44 parcs nationaux et réserves naturelles, 41 zones humides et 46 zones importantes pour la conservation des oiseaux.
Le ministère de l’Environnement s’emploie à consolider ces acquis par la création de nouvelles aires protégées et l’élaboration d’une loi visant à préserver les ressources naturelles.
Le programme de sensibilisation a suscité l’intérêt de tous les groupes d’âge, notamment grâce au lancement du personnage de Léo, ambassadeur de l’environnement. Ce héros guide les enfants dans un parcours éducatif les incitant à adopter des comportements responsables pour protéger la Méditerranée de la pollution plastique. Cette initiative a été menée conjointement par le ministère de l’Environnement et l’association Notre Grand Bleu, dans le cadre du projet BeMed+, mis en œuvre en partenariat avec l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) pour lutter contre la pollution plastique.
Les forces de l’ordre ont démantelé un réseau international de trafic d’ecstasy à Téboulba (Monastir), où 12 individus ont été arrêtés et une grande quantité de drogue a été saisie.
L’opération a été menée par la Brigade centrale de lutte contre les stupéfiants de la Garde nationale de Laouina et la Brigade de recherche maritime de Monastir.
Une source citée par l’agence Tap ce mercredi 20 mai 2026 précise que l’opération a permis d’interpeller 12 individus directement impliqués dans ce groupe criminel organisé et que 7 autres éléments, actuellement en fuite, font désormais l’objet de mandats de recherche.
La police a également saisi environ 250 000 comprimés d’ecstasy, un appareil de détection de métaux et une importante somme d’argent en devises étrangères, confirmant l’ampleur internationale du trafic.
Le ministère public près le Tribunal de première instance de Monastir a ordonné la mise en détention des suspects et la poursuite de l’enquête.
Il paraît qu’en Tunisie, le pétrole coule sous les sables du Sud. Il paraît — car personne ne vous le dira officiellement. Ni Bourguiba ne l’a dit clairement. Ni Ben Ali. Ni la Troïka. Ni Nidaa. Ni Ennahdha. Ni Qalb Tounes. Ni Kais Saïed, le président qui parle de souveraineté nationale à longueur de discours, mais dont les gouvernements successifs depuis 2019 maintiennent les citoyens dans une ignorance souveraine sur l’état de leurs ressources nationales.(Photo : le champ gazier Nawara à Tataouine).
Moktar Lamari, Ph.D.
L’omerta a ses idéologues à gauche, à droite, au centre et au palais de Carthage. C’est le seul vrai consensus national : ne rien dire aux Tunisiens sur leur propre sous-sol.
Alors permettez-moi, chiffres à la main, de commettre ce que les cercles du pouvoir tunisien appellent une indiscrétion — et que les démocraties normales appellent simplement information publique.
Gouvernorat de Tataouine : le Koweït tunisien qu’on a décidé d’ignorer
Commençons par le Sud, cette Tunisie oubliée qui produit et qui souffre simultanément. Le gouvernorat de Tataouine concentre à lui seul 46% de la production nationale de pétrole brut et 27% du gaz naturel. En clair : presque la moitié du pétrole tunisien sort des terres d’une région qui n’a ni université digne de ce nom, ni hôpital équipé, ni autoroute. Voilà le paradoxe tunisien dans toute sa splendeur sarcastique.
Le champ Nawara — opéré conjointement par l’autrichien OMV et l’Etap (50% chacun) — a atteint son pic en 2022 à 1 milliard de mètres cubes (bcm) de gaz naturel, soit l’équivalent d’environ 1 000 millions de litres d’équivalent pétrole annuellement.
À un prix moyen de 5 dollars le million de BTU, Nawara représentait au pic environ 500 millions de dollars de valeur brute annuelle. Depuis, le champ s’effondre : -48% de production enregistrés en 2025 selon l’Onem. Nawara tousse. Et Tunis se tait.
Le champ onshore Sabria (Etap 55%, Serinus Energy 45%), le complexe Anaguid East (OMV/Etap, en développement), les concessions Jinane et Benefsej Sud — toutes arrêtées pour maintenance en septembre 2025 — complètent ce tableau sudiste.
Le gouvernorat de Kébili, voisin et également producteur, contribue au même ensemble géologique du bassin de Ghadames, sans que le citoyen de Douz ou de Matmata sache jamais combien de barils partent chaque matin de ses terres vers les ports méditerranéens.
Gouvernorat de Sfax et le Golfe de Gabès : l’offshore qu’on sous-exploite
En mer, le champ Ashtart (Etap 50%, Perenco 50%) peut produire jusqu’à 30 000 barils/jour, soit 4,8 millions de litres quotidiens. Valorisés à 72 dollars le baril — cours BMI 2026 — cela représente 2,16 millions de dollars par jour, soit 788 millions de dollars annuels à pleine capacité. Mais le champ a été arrêté entre juin et juillet 2025. Pour maintenance. Sans communiqué officiel. Sans transparence. Dans l’ombre, comme il se doit.
Le champ Didon (permis Zarat, Etap 100%) peut atteindre 20 000 barils/jour. Le champ Cercina (Etap 51%, Panoro UK 49%) produit 8 000 barils/jour.
Ensemble, le Golfe de Gabès représente l’un des derniers bastions offshore tunisiens — avec des infrastructures vieillissantes que ni le budget de l’État ni l’appétit des investisseurs étrangers ne suffisent à renouveler.
En juillet 2024, Tunis a décidé de ne pas renouveler les concessions des champs Rahmoura et Ashtart expirés, préférant l’opération directe par l’Etap. Résultat : des champs qui ne produisent plus rien, au nom de la souveraineté. C’est ce qu’on appelle, en économie politique, couper son nez pour faire peur à son visage.
Bizerte : une raffinerie de 1963 pour une Tunisie de 2026
Le gouvernorat de Bizerte abrite la seule raffinerie du pays, gérée par la Stir depuis 1963 — soit l’année où John Kennedy était encore vivant et où la Tunisie venait à peine d’enterrer le beylicat. Capacité nominale : 34 000 barils/jour, soit 5,4 millions de litres/jour. Taux d’utilisation réel en 2025 : 52,5% seulement. En 2023, production en chute de 26,4% suite à un arrêt dont les causes officielles restent, vous l’aurez deviné, non explicitées.
Pendant ce temps, la Tunisie importe 84 500 barils/jour de produits raffinés nets en 2026 — soit 13,4 millions de litres quotidiens achetés à l’Italie, à la Russie, à Malte, à la Bulgarie et à la Roumanie. Coût : environ 2,7 milliards de dollars par an. Ce que la Tunisie ne raffine pas chez elle, elle le paie à l’étranger. En toute souveraineté.
Et le projet de deuxième raffinerie à Skhira (2 milliards de dollars, 120 000 b/j initialement, avec QatarEnergy) ? Suspendu sine die. Le sous-sol libyen devait fournir le brut. La politique libyenne a fourni le chaos. Résultat : zéro.
Le Gazoduc Transmed : 370 km de tuyau dont le Tunisien ignore l’existence
Le pipeline Transmed — officiellement baptisé Enrico Mattei par l’Italie — traverse 370 kilomètres de territoire tunisien, de la frontière algérienne jusqu’à Cap Bon, avant de plonger sous la Méditerranée vers la Sicile. Capacité technique totale du réseau : 33 bcm/an.
La Tunisie perçoit en contrepartie du transit un droit en nature — du gaz algérien — qui constitue une part significative de ses importations énergétiques.
Car voici le comble : la Tunisie produit 1,0 bcm de gaz en 2026, mais en consomme 5,0 bcm. Elle importe donc 3,9 bcm, quasi exclusivement d’Algérie. À 5 dollars le MMBTU moyen, ces importations coûtent environ 600 millions de dollars annuellement. En 2035, BMI projette des importations de 5,5 bcm — la dépendance s’aggrave pendant que la production nationale s’effondre à 0,8 bcm. La Tunisie sera alors capable de couvrir à peine 12,6% de sa propre consommation gazière. Le reste : importé, facturé, payé en devises rares.
La production nationale : les chiffres qu’on ne cite jamais
Voici les données brutes, celles que ni le palais de Carthage, ni le ministère de l’Industrie, ni les partis d’opposition n’ont jamais eu la courtoisie d’expliquer au citoyen :
– Pétrole brut 2024 : 30 200 barils/jour = 4,8 millions de litres/jour. Valeur au prix de 80,70 $/b : environ 890 millions de dollars annuels.
– Pétrole brut 2026 (estimé) : 27 700 b/j = 4,4 millions de litres/jour. Valeur à 78 $/b : environ 789 millions de dollars annuels. Soit 100 millions de dollars de moins qu’en 2024, en deux ans seulement.
– Pétrole brut 2035 (projeté) : 22 500 b/j = 3,6 millions de litres/jour. Valeur à 70 $/b : environ 575 millions de dollars annuels. La trajectoire est univoque : vers le bas.
– Les réserves prouvées en pétrole : 410 millions de barils en 2026, tombant à 380 millions en 2035. Les réserves en gaz : 60 bcm aujourd’hui, 50 bcm en 2035. Chaque année, la Tunisie pompe sans remplacer. Elle mange son capital sans le renouveler. C’est ce qu’on appelle, en comptabilité nationale, manger les meubles.
Posons la question frontale : pourquoi cette omerta systémique sur les ressources énergétiques tunisiennes ?
Premièrement, le secret protège les rentes. Quand le citoyen ne sait pas combien de barils partent de Tataouine, il ne peut pas calculer ce que l’État en tire, ce qui revient aux compagnies étrangères, et ce que l’Etap — dont les rapports financiers arrivent avec deux ans de retard — verse réellement au Trésor. L’opacité est la mère de toutes les rentes.
Deuxièmement, le silence évite les questions sociales. Quand les habitants de Tataouine — qui produisent 46% du pétrole national — réclament leur part du développement régional, la réponse officielle est le gaz lacrymogène, pas la transparence budgétaire. L’omerta évite d’avoir à justifier pourquoi la région qui pompe souffre pendant que la capitale consomme.
Troisièmement, les partis politiques sont tous complices. Ennahdha a gouverné sans publier un seul bilan énergétique accessible au grand public. La Troïka idem. Nidaa Tounes idem. Et Kais Saied, qui a concentré tous les pouvoirs depuis 2021, n’a pas fait produire par ses services aucun rapport national sur l’état des ressources énergétiques, aucune stratégie publiée, aucun débat parlementaire digne de ce nom— le parlement étant vidé de sa substance. L’omerta transcende les clivages politiques : c’est le seul vrai programme national.
Quatrièmement, le nouveau Code des Hydrocarbures attend toujours. En février 2025, le gouvernement a examiné un projet. Dix-huit mois plus tard, le texte n’est toujours pas soumis au Conseil des ministres. Pendant ce temps, les IOCs quittent le pays — Shell a abandonné Miskar et Hasdrubal en 2021-2022 — et les licences d’exploration tombent de 20 en 2021 à 15 en 2025. Le secteur se vide de ses investisseurs pendant qu’on réfléchit à la législation qui les attirerait.
Épilogue : omerta rime avec défiance
La Tunisie est à genoux économiquement. Son ratio dette/PIB dépasse 80%. L’accord FMI a été rejeté en avril 2025. La BCT maintient son taux directeur à 8% pour contenir l’inflation. Le dinar s’érode. Et pendant ce temps, le sous-sol tunisien continue de se vider à 27 700 barils/jour, sans stratégie de remplacement, sans transparence, sans débat national.
Le gouvernement ne fait rien pour mériter la confiance du citoyen. Et le citoyen, faute d’information, ne peut même pas formuler les bonnes questions. C’est la boucle parfaite de l’omerta d’État : un peuple qu’on appauvrit en secret, avec son propre pétrole.
Jusqu’à quand ? La réponse appartient aux Tunisiens — à condition qu’on leur donne enfin les chiffres pour décider.
* Economiste universitaire.
Source principale : BMI/Fitch Solutions, Tunisia Oil & Gas Report, May 2026, 91 pages, Fitch Solutions Group Limited, Londres, ISSN 2058-0762, copy deadline avril 2026.
Le mercredi 13 mai 2026, l’université tunisienne perd un de ses fondateurs, le professeur d’histoire qui a marqué plusieurs générations à la Faculté des lettres et des sciences humains de Tunis, feu Khalifa Chater, qui s’est éteint à l’âge de 90 ans. Le cortège funèbre du défunt quittera aujourd’hui, jeudi 14 mai 2026, de sa maison sise au n° 2, rue Lorca, El Manar 1, Tunis, vers le cimetière de Jellaz après la prière du Dhohr. Retour sur une carrière académique et culturelle bien remplie.
Adel Ben Youssef *
Né le 12 mai 1936 à cité Errbat à Monastir dans une famille destourienne modeste. Après des études à l’école franco-arabe de la ville, il obtient son certificat de fin d’études primaires en juin 1948. En octobre de la même année, il rejoint le Collège de Sousse en tant qu’élève interne où il obtient son bac lettres session 1954.
Cinéphile depuis son jeune âge
Parallèlement à ses études, Khalifa Chater a évolué au sein la Jeunesse scolaire destourienne et au Ciné-club de Sousse, avec plusieurs élèves de sa génération, dont entre autres, Moncef Charfeddine, Abdeljelil Béhi, Mustapha Nagbou, Moncef Ben Ameur, Hédhili Chaouache et surtout Nouri Zanzouri, qui tous deviennent des cinéphiles «mordus».
Il collaborera ensuite à la revue ‘‘7ème art’’, lancée en 1964 par le ministère de la culture et dirigée par son camarade d’étude, feu Mustapha Nagbou.
Dès sa nomination en tant que professeur d’histoire-géo à Sfax, il prendra part aux activités du Ciné-club de Sfax dirigé depuis 1951 par le professeur d’arabe, feu Tahar Cheriâa. Il sera, aux côtés de ce dernier, parmi les fondateurs des Journées cinématographiques de Carthage (JCC), ce rendez-vous arabo-africain du septième art né officiellement à Tunis en 1966, grâce aux efforts de Tahar Cheriâa et de ses camarades parmi les anciens du Ciné-club de Sousse.
Un très riche parcours académique
En 1960, Khalifa Chater a été nommé professeur d’enseignement secondaire au lycée secondaire route de Gabès à Sfax, où il a enseigné jusqu’à sa mutation au lycée Alaoui, à Tunis, puis en tant qu’assistant- chercheur en histoire moderne et contemporaine à la Faculté des lettres et des sciences humaines de Tunis à partir de 1972, puis maitre-assistant, maître de conférences, professeur d’enseignement supérieur et enfin professeur émérite au sein de la même institution.
En 1981, il a soutenu une thèse de doctorat d’Etat es-lettres, à Paris-Sorbonne IV, sous la direction du Pr. Dominique Chevalier, intitulée : ‘‘Dépendance et mutations précoloniales : La régence de Tunis de 1815 à 1857’’, qui a été publiée en 1984.
Il a encadré des dizaines de thèses et de mémoires de fin d’études (CAR, DEA, Masters) et fut membre de plusieurs jurys de soutenance au sein de l’université tunisienne et d’universités étrangères et de commissions nationales de recrutement et de promotion aux différents grades d’historiens-chercheurs.
Responsabilités académiques et culturelles
A côté de l’enseignement, Pr. Khalifa Chater a occupé de nombreux postes culturels, académiques et scientifiques. Il a ainsi été directeur du Centre culturel international de Hammamet en 1978 ; directeur de l’Institut supérieur de documentation (de 1987 à 1996) ; directeur général de la Bibliothèque nationale (de 1997 à 2002).
Il a été co-fondateur, secrétaire général et vice- président de l’Association des études internationales (AEI) aux côtés de Rachid Driss de 1980 à 2010, avant de la présider de 2010 à 2012 : et président de Comité national de stratégie de la traduction pour la promotion de la présence culturelle tunisienne sur la scène culturelle mondiale, rattachée à l’Institut de traduction de Tunis (depuis 2008).
Producteur d’émissions radiophoniques
A l’instigation du président Habib Bourguiba, le producteur d’émissions historiques à la Radio Nationale, Pr. Moncef Chennoufi a fait appel à l’historien Khalifa Chater pour donner plus d’éclat à son émission ‘‘Safahat min tarikhina alwatani’’ (Pages de notre histoire nationale) depuis le début des années 1980, puis »Al-Hayat Athaqafia » (La Vie culturelle). De 1991 à 1996, il a été producteur d’émissions historiques à Radio Monastir, entre autres ‘‘Fi tarikhina alwatani’’ (Notre histoire nationale). Dans ses émissions historiques, Pr. Khalifa Chater a vulgarisé la connaissance historique et passé en revue toutes les périodes du mouvement national tunisien (de 1881 à 1956), puis les grandes phases de la construction du l’Etat tunisien moderne à partir de 1956.
Travaux académiques et publications
Parallèlement à son travail de professeur d’enseignement secondaire, Khalifa a commencé des recherches en histoire moderne sous la direction de l’éminent Pr Jean Ganiage, alors sommité de la Sorbonne, couronnées par la soutenance d’une thèse de doctorat de troisième cycle intitulée ‘‘Insurrection et répression dans la Tunisie du XIXe siècle : la Mhalla de Zarrouk au Sahel (1864)’’ où il a disséqué avec précision la révolte d’Ali Ben Ghedhahem en 1864 et les fatalités exercées par le général Ahmed Zarrouk sur les populations du Sahel tunisien entre 1864 et 1865.
Dans sa thèse d’Etat soutenue en 1984 à Paris IV, sous la direction de Dominique Chevalier, intitulée ‘‘Dépendance et mutations précoloniales La Régence de Tunis de 1815 à 1857’’, le chercheur Khalifa Chater a examiné les différentes mutations de l’État tunisien avant le protectorat français. Dans cette thèse incontournable, il ne s’est toutefois pas limité aux archives du XIXe siècle, mais il a également recouru aux sources littéraires, européennes et tunisiennes sur cette période cruciale de notre histoire.
Il a aussi consacré une part importante de sa carrière à l’histoire immédiate et aux grandes figures nationales, notamment le leader Habib Bourguiba, à qui il a consacré un ouvrage intitulé ‘‘L’ère Bourguiba’’ (AC éditions, Tunis 2021), posant un regard critique nuancé sur la construction de l’État moderne et l’exercice du pouvoir par le premier président tunisien.
Dans ‘‘La dynastie husseinite (1705-1957)’’, l’un de ses plus importants ouvrages, paru en 2025, il a fait la synthèse de plus de deux siècles d’histoire de la dernière monarchie tunisienne.
Il est aussi l’auteur d’une biographie : ‘‘Tahar Ben Ammar 1889-1985’’, publiée par les Editions Nirvana à Tunis, en 2010.
Les 5 volumes de ‘‘La Tunisie, à travers l’histoire’’, édités à Tunis par Ceres, en 2005, sont une œuvre collective d’histoire tunisienne préparée sous sa direction par une équipe de 24 professeurs. Il y, également, assuré la rédaction de deux chapitressur «Le projet réformateur tunisien XIXe siècle».
En plus de ces livres de référence, sa production intellectuelle compte de nombreux articles académiques et chroniques publiés dans des revues tunisiennes et étrangères : Les Cahiers de Tunisie, Maghreb Review, Revue de la Méditerranée, Etudes Internationales, Revue d’Histoire Maghrébine et Acta, en Tunisie, en Suisse, aux Etats-Unis, au Canada, en Egypte, etc.
Dans la revue française Cahiers de la Méditerranée, il a publié, notamment, «Commerce transsaharien et esclavage au XIXe siècle, dans les régences de Tunis et de Tripoli’’ (n° 65, 2002) ; ‘‘La perception de ‘l’Autre’ en Egypte et en Tunisie au XIXe siècle : l’émergence d’un nouveau paradigme’’ (n° 66, 2003) ; ‘‘Changements politiques et exclusion lors de la décolonisation : le cas du Makhzen en Tunisie (1954-1959)’’ (n° 69, 2004) ;‘‘La Franc-maçonnerie en Tunisie à l’épreuve de la colonisation (1930-1956)’’ (n° 72, 2006) ; ‘‘Pensée en exil et décolonisation : le cas maghrébin’’ (n° 82, 2011).
Khalifa Chater a également contribué dans plusieurs magazines tunisiens notamment Réalités et L’Economiste Maghrébin où il offrait à ses lecteurs des chroniques d’une précieuse richesse sur les questions d’ordres économique et géopolitique.
Nous ne pouvons passer en revue dans cet article nécrologique la riche contribution du défunt aux publications scientifiques collectives et les nombreuses préfaces qu’il a rédigées aux ouvrages de ses collègues, mais nous devons citer les prix et distinctions qu’il a reçus, notamment le Doctorat honoris causa de l’Université de Montpellier-Paul Valéry (France) en 1993 et le Prix national des lettres et des sciences Humaines (Tunisie) en 1997.
Il était très attaché à sa ville natale
Malgré sa résidence à Tunis, feu Pr. Khalifa Chater restait fidèle à sa ville natale où il fréquentait tous les étés les membres de sa famille, ses camarades d’étude primaire et secondaire en tant qu’invité pour assister aux manifestations culturelles officielles ou celles organisées par des associations de la société civile, surtout après 2011, pour donner des conférences au siège de Nadi Al Ajial ou bien dans la grande salle de réunions à la municipalité de Monastir où j’ai l’honneur de présenter, sur sa demande, son ouvrage ‘‘L’ère Bourguiba’’, le 3 août 2022.
Que Dieu tout puissant le bénisse et le couvre de sa grâce infinie et accorde patience, force et consolation à sa femme Souad Jedidi (ancienne PDG de l’Office national du planning familial jusqu’en 1984) et les membres de sa famille, notamment madame Hafidha Chekir et Mr. Khaled Châabane dans ces moments de difficile épreuve.
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A compter du 25 décembre 2025, un nouveau vol hivernal sera programmé par GTS au départ de l’aéroport de Varsovie vers Monastir. Explications
Global Travel Services Poland (GTS), consolidateur charter d’origine tunisienne implanté en Pologne, joue la carte de l’hiver. A compter du 25 décembre 2025, il programme un vol hebdomadaire Varsovie-Monastir opéré tous les jeudis par la compagnie Nouvelair.
« C’est une première depuis le Covid », indique Fourat Haddad, patron du voyagiste, qui explique : « Après le Covid, les vols sur le continent (hors Djerba ndlr) opéraient uniquement en été jusqu’à octobre ». Le responsable souligne qu’il s’agit également « d’un défi commun avec la compagnie aérienne pour maintenir les opérations en hiver et donner une possibilité aux concitoyens tunisiens mais aussi aux partenaires tour-opérateurs de programmer le continent avec un vol direct sur Monastir ».
Cette consolidation devrait par conséquent encore soutenir les bonnes réalisations du marché polonais sur la Tunisie qui a enregistré sur les 10 premiers mois de l’année un total de 318.000 touristes.
Ce vol constitue également une nouvelle opportunité pour les T.O des pays voisins mais également pour la communauté tunisienne résidente dans la région.
La ministre de l’Industrie, Fatma Thabet Chiboub, a présidé à Tunis la cérémonie marquant le 19ᵉ anniversaire du pôle Monastir–El Fejja en présence de représentants européens et d’acteurs du secteur. L’événement a permis de rappeler le rôle désormais structurant de ce cluster, qui réunit 56 entreprises, près de 11 000 emplois et un ensemble d’infrastructures techniques dédiées à l’industrie textile.
Un pôle qui dépasse la simple vocation industrielle
Au fil des années, Monastir–El Fejja a étendu ses missions. Le site ne se limite plus à accueillir des unités de production : il abrite des laboratoires d’essais, un centre de ressources technologiques, une plateforme d’innovation et des services d’accompagnement destinés aux industriels. Ces outils soutiennent 203 entreprises ayant acquis des lots industriels, dont 28 en cours de lancement, dans un contexte où la montée en gamme devient indispensable alors que les exportations textiles dépassent les 39 milliards de dinars malgré les difficultés internationales.
L’ancrage européen reste déterminant
La Tunisie maintient une présence solide sur plusieurs segments du marché européen, avec environ 9,7 millions de pièces professionnelles exportées et une part supérieure à 8 % dans le denim. Cet ancrage dépend de plus en plus de la capacité des entreprises à aligner leurs procédés sur les normes techniques, sociales et environnementales exigées par l’Union européenne. Le pôle contribue à cette mise à niveau en facilitant les démarches de certification et l’adaptation aux réglementations, alors que les dérogations douanières accordées jusqu’en 2029 prolongent la compétitivité du secteur dans la région.
Une transition vers l’industrie 4.0 encore inégale mais engagée
Selon les responsables du pôle, 50 entreprises ont amorcé leur modernisation vers des procédés plus automatisés et connectés. Cette transition, qui correspond aux principes de l’industrie 4.0 — intégration du numérique, traçabilité en temps réel et meilleure maîtrise énergétique — s’opère dans un environnement qui regroupe déjà 56 entreprises actives, 203 acquisitions de terrains industriels et 28 nouvelles unités en préparation. Les évolutions observées incluent l’utilisation de systèmes numériques de suivi, des procédés plus précis et une gestion plus efficace des ressources, éléments devenus indispensables dans un marché où les donneurs d’ordre exigent davantage de rapidité, de fiabilité et une mesure précise de l’empreinte environnementale. Le rythme de modernisation reste variable selon les capacités d’investissement, mais il s’inscrit clairement dans les attentes techniques et environnementales du marché européen.
Compétences pour atteindre 5 milliards en 2030
Le pôle joue également un rôle dans la formation et le renouvellement des compétences. Il a accompagné 60 startups, dont 90 % sont encore en activité, créant un environnement où se côtoient ingénieurs textiles, techniciens, laboratoires et plateformes industrielles. Cette dynamique contribue à diffuser des pratiques liées au contrôle qualité, à la certification et à la gestion numérique des procédés. Elle s’inscrit dans les objectifs fixés par le secteur, qui vise 5 milliards d’euros d’exportations à l’horizon 2030, un cap qui suppose un renforcement des capacités humaines autant qu’une modernisation technique continue.
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