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L’artisanat tunisien mise sur le design et l’innovation pour mieux s’exporter

05. Oktober 2026 um 13:42

La troisième édition d’ArtiCrea, salon professionnel dédié à l’artisanat d’art et au design tunisiens, se tient du 5 au 11 octobre 2026 au Palais des expositions du Kram, à Tunis, avec la participation de plus de 150 entreprises artisanales. Le programme prévoit des rencontres professionnelles et des ateliers sur les tendances, l’accès aux marchés étrangers, le commerce électronique et la protection des créations.

Organisée par l’Office national de l’artisanat tunisien (Onat), en collaboration avec la Société des foires internationales de Tunis et la Fédération nationale de l’artisanat, la manifestation vise à renforcer les liens entre producteurs, designers, importateurs et acheteurs tunisiens et étrangers, ainsi qu’à ouvrir de nouveaux canaux de commercialisation et d’exportation. L’objectif, expliquent les organisateurs, est de transformer la valeur culturelle traditionnelle de l’artisanat tunisien en une valeur économique accrue.

Le programme d’ArtiCrea comprend des rencontres professionnelles et des ateliers portant sur le design, l’innovation, les tendances, les procédures d’exportation, l’accès aux marchés étrangers, le commerce électronique ainsi que la protection des dessins, modèles et marques. L’accent est ainsi mis, au-delà de la simple exposition des produits, sur la capacité des entreprises artisanales à être compétitives sur les marchés internationaux.

160 millions de dinars d’exportation en 2025

L’artisanat représente encore une part relativement modeste des exportations tunisiennes, mais offre des marges de croissance particulièrement importantes. En 2025, les exportations du secteur ont atteint environ 160 millions de dinars, contribuant à hauteur d’environ 2 % aux exportations totales du pays.

Selon l’Onat, le secteur compte quelque 2 500 entreprises, dont 650 exportatrices, et emploie directement des centaines de milliers d’artisans.

La répartition géographique des ventes révèle toutefois une particularité qui le distingue des exportations manufacturières tunisiennes dans leur ensemble. Si les États-Unis constituent l’un des principaux marchés pour l’artisanat tunisien, l’Europe demeure, globalement, la principale zone de destination. La diversification géographique figure donc parmi les priorités de l’Onat, notamment à travers la participation à des salons internationaux et la recherche de nouveaux débouchés en Afrique ainsi que sur d’autres marchés extra-européens. Le ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Sofiane Tekaya, avait déjà souligné, en 2025, la nécessité de conquérir de nouveaux marchés africains.

Le secteur de 4 à 5% au produit intérieur brut

Le potentiel de développement apparaît particulièrement significatif si l’on considère le poids de l’artisanat dans l’économie tunisienne. Ce secteur contribue à hauteur de 4 à 5 % environ au produit intérieur brut et génère chaque année des milliers d’emplois, tout en étant fortement implanté dans les régions de l’intérieur.

La Tunisie considère ainsi l’artisanat non seulement comme une filière culturelle et touristique, mais aussi comme un levier de développement régional et d’inclusion économique.

Pour 2026, les autorités ont fixé un objectif particulièrement ambitieux : porter les recettes d’exportation de l’artisanat à 500 millions de dinars, soit plus de trois fois la valeur atteinte en 2025. Il s’agit d’un objectif qui reste à réaliser mais qui met en évidence l’ampleur du pari fait sur l’internationalisation du secteur. Les premiers signes pour 2026 sont toutefois positifs. Le programme national «Easy Export» a été renforcé ; il permet aux artisans, aux microentreprises, aux petites et moyennes entreprises (PME) et aux start-ups d’utiliser le réseau postal pour leurs expéditions internationales. Le Fonds de promotion des exportations (Foprodex) prend en charge 50 % des frais de transport des colis destinés à l’étranger.

Le programme entre dans une phase d’expansion territoriale : selon le directeur général de la Poste tunisienne, Yassine Friâa, le système a démarré avec 11 guichets uniques et a déjà permis l’adhésion de 71 entreprises, avec plus de 6 000 colis expédiés. L’objectif est d’étendre le service à toutes les régions d’ici l’année prochaine.

La capacité commerciale réelle du secteur reste à atteindre

La directrice générale de l’Onat, Leila Msellati, a par ailleurs souligné que «la valeur officielle des exportations ne reflète pas entièrement la capacité commerciale réelle du secteur, car une partie des produits artisanaux atteint les marchés étrangers via des canaux qui ne sont pas pleinement pris en compte par les statistiques». Selon Mme Msellati, le renforcement de l’accompagnement et des incitations à l’exportation «peut donc générer un effet multiplicateur significatif».

C’est précisément sur cet écart entre le potentiel et les exportations enregistrées que se concentre la stratégie d’internationalisation soutenue par la coopération européenne, et notamment italienne. Le projet «Creative Tunisia», financé par l’Union européenne (UE) et l’Agence italienne de coopération au développement (AICS) et mis en œuvre par l’Onudi en partenariat avec l’Onat entre 2019 et 2026, a soutenu 17 groupements économiques, accompagné plus de 2 000 artisans, aidé 200 entreprises artisanales à accéder aux marchés internationaux, développé 350 nouvelles collections et ouvert dix nouveaux marchés étrangers.

Le projet a misé avant tout sur le passage d’une production traditionnelle à des produits capables de rivaliser sur le marché international grâce au design, à l’innovation, à la qualité et à l’organisation des filières.

La directrice générale de l’Onat a souligné que, «malgré la demande internationale pour les produits artisanaux tunisiens, il reste nécessaire de renforcer les chaînes de valeur : une étape décisive pour transformer la notoriété du produit en exportations structurelles».

L’Onat renforce la présence des produits tunisiens dans les salons internationaux. Après avoir participé à la Foire de Marseille, qui s’est achevée aujourd’hui, l’organisme a annoncé sa participation à Artigiano in Fiera à Milan, du 5 au 13 décembre, ainsi qu’au salon Ambiente en Allemagne en janvier 2027, dans le cadre de sa stratégie de promotion de l’artisanat sur les marchés d’exportation.

Une plateforme commerciale et créative

ArtiCrea 2026 marque ainsi une phase de transition pour le secteur, passant du statut de vitrine du patrimoine tunisien à celui de plateforme commerciale et créative. La présence d’acheteurs et d’importateurs étrangers, l’intégration du design et le recours au numérique témoignent d’une volonté de façonner un artisanat tunisien plus identifiable et compétitif, capable de s’insérer dans les chaînes de valeur internationales.

Pour la Tunisie, l’enjeu consiste désormais à transformer ce patrimoine de savoir-faire et d’identités territoriales en une augmentation structurelle des exportations. Dans une économie où plus de sept exportations sur dix sont destinées à l’Europe, le renforcement des filières artisanales peut constituer un levier de diversification des exportations, de développement régional et de création d’emplois, notamment pour les jeunes et les femmes.

Avec Agencia Nova.

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Concert à Tunis du guitariste espagnol Dani de Morón

05. Oktober 2026 um 12:53

Le musicien espagnol Dani de Morón, l’un des guitaristes flamencos les plus reconnus et influents de sa génération, donnera un concert le samedi 10 octobre 2026, à 15h00, au Théâtre des Jeunes Créateurs, à la Cité de la culture de Tunis, et ce dans le cadre des Journées musicales de Carthage, qui se tiennent du 3 au 10 octobre, véritable espace de rencontre entre les scènes musicales tunisienne, méditerranéenne, arabe, africaine et européenne.  

Originaire de Morón de la Frontera, l’un des hauts lieux de la tradition de la guitare flamenca, Dani de Morón s’est formé dans l’entourage de la grande maîtresse du baile Matilde Coral. Il a depuis développé une remarquable carrière aux côtés de grandes figures du flamenco telles que José Mercé, Antonio Canales, Concha Buika et Patricia Guerrero, et a notamment accompagné Paco de Lucía lors de sa tournée Cositas Buenas, une expérience qui a contribué à renforcer sa projection internationale.

Lauréat de deux Giraldillos de la Bienal de Flamenco de Sevilla et nommé aux Latin Grammy Awards 2018 dans la catégorie «Meilleur album de flamenco», Dani de Morón développe un langage musical personnel, à la croisée de la tradition flamenca, du jazz et des musiques du monde.

Son concert à Tunis sera l’occasion de découvrir une guitare flamenca à la fois profondément enracinée dans sa tradition et ouverte à de nouveaux horizons musicaux.

Ce concert, organisé avec le soutien de l’ambassade d’Espagne et de la délégation de l’Union européenne en Tunisie, vise à  renforcer les échanges culturels et les liens entre les scènes européennes et tunisiennes.

I. B.

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FIFFS 2026 : à Salé, les récits de femmes voyagent loin

05. Oktober 2026 um 12:02
Le Festival international du film de femmes de Salé a couronné « Hijra », road-movie familial de la Saoudienne Shahad Ameen. Derrière le Grand Prix, le palmarès dessine une édition largement tournée vers les questions de transmission, de liberté et…

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Icône du fado portugais : Marta Pereira Costa en Tunisie

05. Oktober 2026 um 09:56

C’est à l’invitation de l’ambassade du Portugal à Tunis que la guitariste portugaise Marta Pereira da Costa se produira prochainement dans nos murs.

Première femme à jouer de la guitare portugaise dans le monde du fado, cette musicienne connaît actuellement un succès international remarquable.

Au-delà du fado, elle explore des sonorités jazz et associe à cet élan, des rythmes du Brésil et du Cap-Vert.

Lors de son récital à Tunis, la jeune diva portugaise sera accompagnée par Francisco Sales à la guitare acoustique.

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Habib Kazdaghli présente la collection «Tunisie plurielle» à Marseille

05. Oktober 2026 um 08:00

La collection «Tunisie plurielle» des Éditions Santillana sera présentée jeudi 8 octobre 2026 à la Librairie de La Friche, au 41 rue Jobin, 13003 Marseille, par son directeur, Habib Kazdaghli, professeur, ancien doyen de la Faculté des Lettres de l’Université de La Manouba à Tunis.

La collection part d’un constat : la transmission de l’histoire d’une société se réduit souvent au récit national, avec une représentation linéaire construite autour des victoires et du parcours du groupe social dominant. Dans cette lecture, les autres composantes de la société peuvent se retrouver reléguées à la marge, voire effacées du récit collectif.

«Tunisie plurielle» entend précisément contribuer à faire perdurer les traces des communautés et des minorités ethniques et religieuses qui ont vécu en Tunisie. La démarche vise à restituer des mémoires multiples et à donner à voir une histoire moins uniforme du pays.

Cette volonté de faire émerger d’autres mémoires prend également une dimension méditerranéenne. De part et d’autre de la «grande bleue», les questions d’identité, de mémoire et de représentation de l’Autre continuent de nourrir les débats. La collection s’inscrit ainsi dans un travail de restitution des mémoires des différentes populations qui ont convergé vers la Tunisie et contribué à la richesse de son histoire.

Habib Kazdaghli sera à Marseille pour présenter les différents ouvrages publiés sous sa direction par les Éditions Santillana, ouvrages consacrés notamment aux communautés ayant vécu en Tunisie au cours des deux derniers siècles et marqué son histoire contemporaine : juifs, italiens, grecs, espagnols, algériens…

Avant cette rencontre, il sera également l’invité de Radio Galère de 16h à 17h, pour une émission consacrée à la collection et aux questions de mémoire et d’histoire qu’elle soulève.

Djamal Guettala

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Samar Mezghanni : le talent tunisien qui a marqué le Guinness

04. Oktober 2026 um 09:42

Samar Mezghanni continue de faire rayonner la Tunisie à l’international. Écrivaine précoce, comme elle est décrite, elle figure à deux reprises dans le Guinness World Records en tant que « plus jeune auteure publiée au monde ».

Son parcours ne s’arrête pas aux records : auteure de nombreux ouvrages pour enfants et engagée pour la jeunesse, la culture et l’éducation, Samar Mezghanni, née le 27 août 1988, s’est imposée comme une voix tunisienne reconnue sur la scène internationale.

Une plume née très tôt, devenue un symbole de réussite et d’ambition pour toute une génération.

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Le dialecte tunisien, mémoire vivante d’une terre façonnée par les civilisations

04. Oktober 2026 um 09:12

Lorsqu’un Tunisien parle aujourd’hui dans la rue, dans un café, dans une famille ou dans un marché, il ne prononce pas seulement des mots destinés à communiquer. Il fait résonner, souvent sans le savoir, plusieurs millénaires d’histoire. Chaque phrase du dialecte tunisien porte des traces anciennes, parfois discrètes, d’une terre qui n’a jamais été isolée du monde. La Tunisie actuelle, souvent présentée à travers sa langue arabe dominante, est en réalité le résultat d’une longue rencontre entre plusieurs civilisations, plusieurs peuples et plusieurs systèmes linguistiques. La langue du quotidien est un musée vivant de l’histoire nationale.

Zouhaïr Ben Amor *

Le dialecte tunisien, appelé communément «derja», n’est pas une simple variante populaire de l’arabe. Il est une construction historique complexe où se croisent les héritages amazighs, puniques, latins, byzantins, arabes, ottomans, andalous et méditerranéens. Il représente une mémoire collective qui a survécu aux changements politiques, aux conquêtes et aux transformations sociales.

L’histoire linguistique de la Tunisie montre que les langues ne disparaissent jamais complètement. Même lorsqu’une langue cesse d’être utilisée comme langue officielle ou administrative, elle peut continuer à vivre dans les habitudes, les noms de lieux, les expressions populaires, les sons et les structures grammaticales. Comme le rappelle Ferguson (1959) dans ses travaux sur la diglossie, les sociétés plurilingues conservent souvent plusieurs niveaux linguistiques qui coexistent et se transforment au fil du temps.

Ainsi, considérer le dialecte tunisien uniquement comme une forme simplifiée de l’arabe serait ignorer toute la profondeur historique qui l’a façonné. La derja tunisienne est plutôt une archive orale, un patrimoine vivant qui témoigne du passage des civilisations sur cette terre située au cœur de la Méditerranée.

L’héritage amazigh

Avant l’arrivée des Phéniciens et la fondation de Carthage, l’espace tunisien était principalement habité par des populations amazighes. Ces populations ont laissé une empreinte profonde dans la culture, la toponymie et probablement dans certaines caractéristiques linguistiques du parler tunisien.

Même si l’arabe tunisien appartient à la famille des dialectes arabes maghrébins, il conserve des influences provenant des langues amazighes. Ces influences apparaissent notamment dans certains noms de lieux, dans des termes liés à l’environnement naturel, à l’agriculture ou à la vie quotidienne. Plusieurs chercheurs ont montré que le contact prolongé entre l’arabe et les langues amazighes au Maghreb a produit des formes hybrides où les deux traditions linguistiques se rencontrent (Chaker, 1995).

La présence amazighe est particulièrement visible dans certaines régions montagneuses ou rurales où des communautés ont conservé jusqu’à une période récente des variétés berbères. Mais son influence dépasse largement ces zones. L’histoire linguistique fonctionne rarement comme une séparation nette entre des langues différentes ; elle fonctionne plutôt comme une circulation permanente.

Ainsi, certains sons, certaines constructions ou certains mots du parler tunisien peuvent être compris comme les traces d’une ancienne Tunisie amazighe. Cette dimension rappelle que l’identité tunisienne ne commence pas avec une période historique précise. Elle est le résultat d’une accumulation de couches successives.

Le dialecte tunisien est donc comme un paysage archéologique : sous la surface visible de la langue arabe contemporaine existent des strates plus anciennes qui continuent à influencer la manière de parler, de nommer et de penser.

Carthage et le punique

La civilisation carthaginoise constitue certainement l’un des héritages les plus importants de l’histoire tunisienne. Fondée par les Phéniciens à partir du IXe siècle avant notre ère, Carthage a développé une civilisation brillante dont la langue principale était le punique, une évolution du phénicien.

Pendant plusieurs siècles, le punique fut une langue majeure en Afrique du Nord. Après la destruction politique de Carthage par Rome en 146 avant J.-C., cette langue n’a pas disparu immédiatement. Elle a continué à être utilisée pendant plusieurs siècles dans certaines régions, comme l’attestent plusieurs inscriptions découvertes en Afrique du Nord.

L’historien Augustin d’Hippone, originaire de l’actuelle Algérie mais profondément lié au monde nord-africain antique, mentionne encore l’existence de populations parlant une langue punique à son époque. Cela montre la remarquable continuité culturelle de cette civilisation.

Aujourd’hui, il est difficile de mesurer exactement l’influence du punique sur le dialecte tunisien moderne. Cependant, plusieurs spécialistes considèrent que certains éléments lexicaux anciens ont pu survivre ou influencer les langues parlées ultérieurement dans la région. Les contacts entre langues sur plusieurs siècles laissent souvent des traces difficiles à identifier mais bien réelles.

Le Tunisien contemporain qui utilise certains mots hérités du terroir ou certaines expressions anciennes participe donc indirectement à une histoire qui remonte parfois jusqu’à Carthage. La langue quotidienne devient alors un lien invisible entre le présent et une civilisation vieille de plus de deux mille ans.

La période romaine et le latin africain

Après la chute de Carthage, la Tunisie devient une province majeure de l’Empire romain. L’Afrique romaine devient alors l’une des régions les plus prospères du monde antique. Des villes comme Carthage, Dougga, El Jem ou Bulla Regia témoignent encore aujourd’hui de cette période exceptionnelle.

La langue administrative et culturelle dominante devient progressivement le latin. L’Afrique romaine produit même certains des plus grands auteurs latins de l’Antiquité, comme Tertullien, Cyprien ou Augustin.

Mais le latin d’Afrique n’était pas exactement identique au latin de Rome. Il s’agissait d’une variété régionale appelée souvent latin africain. Cette langue a coexisté avec d’autres langues locales et a participé à la formation du paysage culturel nord-africain.

Après l’arrivée progressive de l’arabe au VIIe siècle, le latin africain a disparu comme langue parlée. Toutefois, son influence culturelle et certains éléments lexicaux ont pu persister dans les langues locales. Les contacts entre latin, amazigh et arabe ont créé un espace linguistique complexe.

Cette période rappelle une réalité fondamentale : une langue ne disparaît pas brutalement. Elle peut perdre son statut officiel tout en laissant des traces dans les langues qui lui succèdent. Le dialecte tunisien actuel est ainsi le résultat d’une longue transformation où chaque époque a déposé une partie de son héritage.

Les Byzantins, le grec et la Méditerranée plurielle

La période byzantine, qui succède à la domination romaine en Afrique du Nord, apporte également son influence. L’Empire byzantin utilise largement le grec comme langue culturelle et administrative, particulièrement dans ses régions orientales.

La présence grecque en Tunisie remonte cependant à des périodes encore plus anciennes, grâce aux échanges commerciaux méditerranéens. La Tunisie a toujours été un carrefour où circulaient marchandises, idées et langues.

Même si l’influence grecque directe sur le dialecte tunisien actuel reste limitée par rapport à l’arabe, au français ou à l’italien, elle fait partie de cette mémoire méditerranéenne qui caractérise l’identité tunisienne.

La Tunisie n’a jamais été une frontière fermée. Elle a toujours été un espace de rencontre entre l’Afrique, l’Europe et le Moyen-Orient. Cette position géographique explique pourquoi sa langue quotidienne possède cette richesse particulière.

L’arabe a une histoire tunisienne

L’arrivée de l’islam et de la langue arabe à partir du VIIe siècle transforme profondément le paysage linguistique tunisien. L’arabe devient progressivement la langue religieuse, administrative puis culturelle dominante.

Cependant, l’arabisation de la Tunisie n’a pas effacé instantanément les langues précédentes. Elle s’est faite par un long processus d’interaction. L’arabe tunisien n’est donc pas simplement un prolongement d’une langue venue d’ailleurs ; il est une forme locale de l’arabe, construite par des siècles de contacts avec les populations et les cultures qui existaient auparavant.

C’est précisément cette caractéristique qui fait sa singularité. L’arabe parlé en Tunisie possède une musicalité, un vocabulaire et des expressions propres. Il n’est pas identique à l’arabe parlé dans d’autres pays. Il reflète l’histoire particulière d’un territoire.

Le dialecte tunisien contient des mots provenant du français, de l’italien, du turc ottoman et de plusieurs autres influences plus anciennes. Cette capacité d’intégration n’est pas une faiblesse linguistique ; elle est au contraire la preuve d’une grande vitalité.

Une langue vivante est une langue qui accepte les rencontres. Elle évolue parce qu’elle dialogue avec le monde.

Préserver la derja tunisienne

Aujourd’hui, la question du dialecte tunisien dépasse largement la simple question linguistique. Elle touche à la mémoire collective et à la manière dont une société raconte son histoire.

Préserver la derja ne signifie pas opposer l’arabe tunisien à l’arabe classique ou aux autres langues. Il s’agit plutôt de reconnaître que chaque niveau linguistique possède une fonction et une valeur culturelle. L’arabe classique demeure une langue majeure du patrimoine religieux et intellectuel, tandis que le dialecte tunisien représente la parole quotidienne, l’humour, les chansons populaires, les proverbes, les histoires familiales et la mémoire sociale.

Une identité nationale ne se construit jamais autour d’une seule origine. Elle se construit autour d’un ensemble d’héritages accumulés. La Tunisie est amazighe par ses premières populations, punique par Carthage, latine par Rome, méditerranéenne par ses échanges, arabe et musulmane par son histoire récente, et ouverte sur le monde par sa position géographique.

Le dialecte tunisien est peut-être l’espace où toutes ces dimensions se rencontrent le plus naturellement. Il est la langue du peuple, celle qui a conservé des fragments de chaque époque.

Comme l’explique Bourdieu (1982), la langue n’est jamais seulement un outil de communication ; elle est aussi un espace de pouvoir, de représentation et d’identité sociale. La manière dont une société considère sa langue quotidienne révèle souvent la manière dont elle considère sa propre histoire.

Reconnaître la richesse du dialecte tunisien revient donc à reconnaître la profondeur historique du peuple tunisien.

La langue comme héritage et comme avenir

La Tunisie contemporaine possède une chance exceptionnelle : celle d’avoir une identité construite par la rencontre. Dans un monde où certaines sociétés cherchent parfois à réduire leur histoire à une seule origine, l’expérience tunisienne rappelle que la richesse vient souvent du mélange.

Le dialecte tunisien est le témoin sonore de cette aventure humaine. Dans une conversation ordinaire, dans une plaisanterie, dans une chanson ou dans une expression populaire, il continue à faire vivre des milliers d’années de rencontres.

Il ne s’agit pas de transformer la langue en objet figé dans un musée. Une langue vivante doit continuer à évoluer. Mais il est nécessaire de prendre conscience de sa valeur patrimoniale et de transmettre cette conscience aux générations futures.

La derja tunisienne pourrait ainsi être considérée comme une véritable mémoire nationale : une langue qui raconte les Amazighs anciens, les navigateurs phéniciens, les cités romaines, les influences byzantines, les siècles arabes et toutes les rencontres méditerranéennes.

Elle est une preuve que l’histoire n’est pas seulement écrite dans les monuments ou les livres. Elle est aussi cachée dans les mots que nous prononçons chaque jour.

* Universitaire.

Bibliographie

Bourdieu, P. (1982). Ce que parler veut dire : l’économie des échanges linguistiques. Paris : Fayard.

Chaker, S. (1995). Linguistique berbère : études de syntaxe et de diachronie. Paris : Peeters.

Ferguson, C. A. (1959). Diglossia. Word, 15(2), 325-340.

Marçais, W. (1938). Les parlers arabes. Paris : Imprimerie nationale.

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Amel Guellaty représente le cinéma tunisien à Africanides à Toulon

04. Oktober 2026 um 07:46

La réalisatrice tunisienne Amel Guellaty présentera ‘‘D’où vient le vent ?’’, son premier long métrage sorti cette année, le 9 octobre 2026 à Toulon. Le film figure parmi les onze projections de la première édition d’Africanides, Festival de cinéma, arts et cultures afro-caribéennes, organisée du 8 au 11 octobre au Pathé Toulon. La programmation réunit des œuvres d’Afrique, du monde arabe, des Caraïbes et de leurs diasporas.

‘‘D’où vient le vent ?’’ suit Alyssa et Mehdi, deux jeunes Tunisiens qui prennent la route à bord d’une vieille voiture pour échapper, chacun à sa manière, aux obligations qui pèsent sur eux. Le voyage se transforme en quête de liberté et d’identité, sur fond de pressions sociales.

La sélection passe par plusieurs territoires et générations de cinéastes. ‘‘Fanon’’, de Jean-Claude Barny, revient sur le parcours de Frantz Fanon à l’hôpital psychiatrique de Blida-Joinville en 1953. ‘‘Dao’’, d’Alain Gomis, suit une famille entre Paris et la Guinée-Bissau autour des questions de transmission et d’exil. Avec ‘‘Cotton Queen’’, la réalisatrice russo-soudanaise Suzannah Mirghani explore l’identité, la condition des femmes et les rapports sociaux au Soudan.

Les Caraïbes sont également présentes avec ‘‘Zion’’, de Nelson Foix, situé en Guadeloupe, tandis que ‘‘Soumsoum, la nuit des astres’’, de Mahamat-Saleh Haroun, conduit au Tchad sur les traces d’une femme exilée confrontée aux tensions de son village.

La programmation associe aux projections plusieurs rencontres consacrées au cinéma et aux réalités sociales : crimes de haine en Afrique du Sud, représentation de la misère sociale, homosexualité dans le cinéma africain ou encore afrofuturisme. Trois masterclass sont consacrées aux rapports entre cinéma, récit et représentation, avec notamment Jean-Pierre Bekolo et Firmine Richard.

Firmine Richard, marraine de cette première édition

Comédienne de cinéma et de théâtre, Firmine Richard est la marraine et invitée d’honneur d’Africanides. Sa carrière, commencée au cinéma à la fin des années 1980, l’a conduite de ‘‘Romuald et Juliette’’ à ‘‘8 Femmes’’, en passant par ‘‘La Première Étoile’’ et de nombreux rôles au théâtre et à la télévision.

Une masterclass lui est consacrée samedi 10 octobre à 11h autour de la place de la diversité dans le cinéma.

Le festival s’ouvre jeudi 8 octobre avec Le ‘‘Goût du vin de palme’’, de Jean-Pierre Bekolo, après une masterclass consacrée aux «bobines africaines de Charles Pathé». Le lendemain, Jean-Pierre Bekolo reviendra sur les manières de raconter l’Afrique à travers le cinéma.

Samedi, ‘‘Aya de Yopougon’’, adaptation de la bande dessinée de Marguerite Abouet et Clément Oubrerie, côtoiera ‘‘Zion et Soumsoum, la nuit des astres’’. La journée se prolongera par le gala prévu à 20h au Live Toulon – Zénith.

Dimanche 11 octobre, la programmation se poursuivra avec une masterclass sur l’afrofuturisme, suivie notamment de ‘‘Furcy né libre’’, d’Abd Al Malik, ‘‘Toutes les couleurs du monde’’, de Babatunde Apalowo, et ‘‘Cotton Queen’’, de Suzannah Mirghani.

Le festival associe aux séances de cinéma des conférences, débats, expositions, un salon du livre afro-caribéen, des concerts, de la danse, des défilés, ainsi qu’un village réunissant des associations culturelles.

Djamal Guettala 

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Le poème du dimanche | ‘‘Le poème m’habite’’ de Amel Ladhibi

04. Oktober 2026 um 07:24

Née en 1955 à Soliman, Tunisie, Amel Ladhibi Bent Chadhly, dite Ismahen Khan est poète et nouvelliste.

Professeur de langue et de littérature française, elle publie ses poèmes sur les réseaux sociaux, fait actuellement des recherches sur la poésie japonaise.

Depuis quarante ans, elle écrit, vers, proses et haïkus. Certains de ses textes ont paru dans des recueils collectifs ou des anthologies, comme Gyoshis, avec Taro Alzo ou Haiku Column University.

Tahar Bekri

Terre

Je suis son rivage ultime

Il est mon sol absolu

L’eau iodée

Nos refrains tressent

Nos corps en transe

Nous émergeons

Des vagues de sable

Le feu

Nous nous consumons

Nous déversons nos cendres

Au bord des récifs de corail

Nous sommes feu et flammes éphémères

L’air

Une brise printanière

Parfume nos années

Ses effluves montent en moi

Le poème notre printemps infini

Lumière

Récifs coralliens

Nous méditons

Lune plénière et éclats de lumière

L’homme

Nos cœurs

Infatigables habitacles

D’une passion infinie

Nos corps éphémères

Racontent notre histoire

A fleur de peau

Nos balades aux voûtes

Des ruelles de nos frémissements

Tremblent à chaque tournant

Le poème

Le poème m’habite

Lui mon sol absolu

Et moi sa terre choisie

Le poème nous habite

Nous sommes les fantômes de nos jours

Nous avançons

Sur le fil de l’horizon

Nous inscrivons

Avec des lettres de lumière

Nos initiales

Nos refrains

12/7/2023

(Remerciements à l’auteur)

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Tunisie | Accès gratuit aux musées et monuments ce dimanche 4 octobre

03. Oktober 2026 um 20:50

L’Agence de mise en valeur du patrimoine et de promotion culturelle (AMVPPC) informe que l’accès aux sites, monuments et musées ouverts et dépendant de l’Agence de mise en valeur du Patrimoine et de Promotion Culturelle sera gratuit ce dimanche le 04 octobre 2026.

L’AMVPPC rappelle que les Tunisiens ainsi que les personnes étrangères résidentes en Tunisie sur présentation de la carte d’identité nationale ou de la carte de séjour bénéficient de la gratuité d’entrée durant les jours suivants :

Le premier dimanche de chaque mois,
Le 18 avril : Journée internationale des sites et monuments,
Le 18 mai : Journée internationale des musées
Les jours fériés.

Liste des musées, des sites archéologiques et des monuments historiques ouverts

« Profitez de cette occasion pour découvrir la richesse patrimoniale de la Tunisie et visitez les musées, sites et monuments », commente l’AMVPPC

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Le théâtre tunisien en deuil : l’acteur Salah Rahmouni n’est plus

03. Oktober 2026 um 20:41

Dans un communiqué publié samedi 3 octobre, le ministère des Affaires culturelles a annoncé le décès de l’acteur Salah Rahmouni, survenu le vendredi 2 octobre 2026. L’artiste avait bâti l’ensemble de sa carrière au sein de la Troupe de théâtre de la Ville de Tunis, au rayonnement de laquelle il avait largement contribué.

Tout en rendant hommage à cet artiste qui a consacré une grande partie de sa vie au théâtre tunisien, aux côtés de plusieurs générations de comédiens et de créateurs, le ministère rappelle qu’il a participé à de nombreuses productions emblématiques ayant marqué la scène nationale, telles que « Le Maréchal », « Une nuit des mille et une nuits », « La Révolte de l’homme à l’âne », « Al-Hallaj » ou encore « Dam El Farah ».

À noter que Salah Rahmouni s’était également illustré à la télévision à travers des apparitions dans plusieurs feuilletons et productions dramatiques, notamment « Hikayat El Aroui », « Ennes Hkeya », « Dhafayer » et « Rayhana ».

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Galerie Grafiflow | Hammadi Ben Saad ou la liberté du geste

03. Oktober 2026 um 07:50

La galerie Grafiflow (43, rue du Commandant Béjaoui, la Soukra), au nord de Tunis, propose une exposition du peintre Hammadi Ben Saad, décédé le 25 juillet 2025 à l’âge de 77 ans. Joliment intitulée ‘‘Remember Me’’, comme pour interpeller ceux qui ont côtoyé l’homme et apprécié son œuvre, pour qu’ils ne l’oublient pas et continuent de les faire vivre parmi eux, l’exposition se tiendra du 9 octobre au 1er novembre 2026. Nous reproduisons ci-dessous le texte de présentation de l’exposition réalisé par la directrice artistique de l’exposition.

Rim Ben Boubaker *

Cette exposition propose un regard rétrospectif sur plus de cinquante ans de création de Hammadi Ben Saad, figure singulière de la scène artistique tunisienne **. Des premières figures aux recherches autour du trait, du papier, de la matière et de l’accident, jusqu’aux visages, aux masques, aux hommes des cavernes et aux monochromes abstraits, elle retrace les transformations d’un langage artistique toujours en mouvement.

L’exposition met en lumière une œuvre construite dans la liberté du geste, l’expérimentation et une relation instinctive à la matière. À travers une sélection d’œuvres, d’archives et de documents, le parcours fait dialoguer différentes périodes sans les enfermer dans une chronologie stricte.

Présentée après sa disparition en 2025, l’exposition porte également une dimension particulière : celle de poursuivre le dialogue avec une œuvre qui continue de vivre au-delà de son créateur.

Une œuvre en mouvement

Faut-il encore présenter Hammadi Ben Saad ? Autodidacte, Hammadi Ben Saad a développé, depuis le début des années 1960, une œuvre profondément singulière, construite au fil de plusieurs décennies de mutations, de déplacements et de transformations. Son parcours ne se laisse pas enfermer dans une seule manière de peindre. Cette exposition est née du désir d’appréhender son œuvre dans son ensemble. Elle ne cherche pas à reconstruire une chronologie figée, mais à suivre un mouvement : celui d’un artiste qui n’a cessé de déplacer son regard, d’explorer de nouvelles voies et de remettre son langage en jeu.

Des premières figures des années 1970 aux recherches autour du trait et de la ligne, des compositions nourries par l’accident, les images imprimées et la matière aux visages, masques et figures humaines, figures hybrides ou «hommes des cavernes», comme il aimait les nommer, jusqu’aux monochromes abstraits et aux travaux des dernières années, l’exposition fait apparaître les différentes étapes d’un cheminement sans cesse en mouvement. Elle permet ainsi de revenir sur ce parcours, mais aussi de faire surgir des correspondances entre des œuvres et des périodes parfois éloignées.

Peintures, archives et documents sont réunis pour donner à voir élaboration progressive de son langage artistique.

Présenter Hammadi aujourd’hui, après sa disparition, prend nécessairement une autre dimension. Il ne s’agit pas de clore le parcours de l’artiste au moment où sa vie s’est arrêtée. Au contraire, son absence offre un autre temps, une autre dimension à son œuvre : ceux de la découverte, de la relecture et de la rencontre avec de nouveaux regards. Ou peut-être une manière de poursuivre la conversation avec lui. Si Hammadi n’est plus là, son œuvre n’est pas statique. Elle continue de circuler, de susciter des questions, de faire surgir de nouvelles correspondances et de rencontrer d’autres regards.

C’est dans cet espace que cette exposition souhaite se tenir : non pas comme la conclusion d’une histoire, mais comme une invitation à la poursuivre. Car le plus bel hommage que l’on puisse rendre à un artiste n’est pas seulement de raconter son histoire. C’est de pousser la porte de son univers, de prendre le temps de regarder, de se laisser surprendre et, peut-être, de se laisser toucher.

* Curatrice.

** Voilà ce que l’auteure, Rym Ben Boubaker, écrivait le 26 juillet 2026 sur sa page Facebook en apprenant le décès, la veille, de cet artiste hors normes de tous points de vue : «C’est avec une immense tristesse que j’écris ces mots en hommage à Hammadi Ben Saad, un artiste rare, un homme vrai, un être d’une humanité profonde.

J’ai eu le privilège de croiser sa route, de partager avec lui des moments de création, de réflexion, de complicité.

Travailler à ses côtés fut un honneur, parler de son art, une richesse. Il m’a accueillie avec tant de générosité, tant d’amour… Il m’aimait comme sa fille, et ce lien restera à jamais précieux dans mon cœur.

Hammadi n’était pas seulement un artiste : il était un souffle, une lumière, un regard tendre sur le monde. Sa voix, son œuvre, son engagement laissent un vide immense dans la scène artistique, mais surtout dans la vie de ceux qui l’ont connu et aimé.

Il s’en va, mais il laisse derrière lui une traînée d’étoiles, des couleurs, des mots et des silences pleins de sens.

Et dans ce silence désormais, son art continue de parler…

Son absence résonne, mais sa présence demeure.

Dans chaque regard ému face à une de ses œuvres,

Il est là.

Toujours là.Repose en paix Si Hammadi.»

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Tunis | Oum aux Journées musicales de Carthage

03. Oktober 2026 um 00:09

L’artiste marocaine Oum investit la scène du Théâtre de l’Opéra de Tunis le 4 octobre 2026 pour présenter « Dialddar », dans le cadre de la 11ᵉ édition des Journées Musicales de Carthage.

Ce projet audacieux au croisement des percussions, du oud, de la soul et des sonorités sahariennes sera présenté dimanche 4 octobre 2026 à 21h30
au Théâtre de l’Opéra à la Cité de la Culture Chedli Klibi.

Les billets sont disponibles sur le site officiel du festival

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Festival du film des femmes et des jeunes de Djerba | Mohamed Ali Ben Jemaa président d’honneur

02. Oktober 2026 um 18:54

​Le comité directeur du Festival international du film des femmes et des jeunes de Djerba annonce le choix de l’artiste tunisien Mohamed Ali Ben Jemaa en tant que président d’honneur de la 12e édition du festival, qui se tiendra du 24 au 27 octobre 2026 sur l’île de Djerba.

​Ce choix intervient en hommage à son parcours artistique distingué, à ses contributions à la scène cinématographique et dramatique tunisienne, ainsi qu’à sa présence remarquable sur la scène artistique nationale.

La direction du festival salue l’acceptation par l’artiste Mohamed Ali Ben Jemaa de cette fonction honorifique, estimant que sa présence constitue une contribution artistique et symbolique majeure à cette édition, qui vise à soutenir la création cinématographique, à renforcer la présence du cinéma tunisien et à mettre en valeur le rôle des femmes et des jeunes dans le 7e art.

Le festival poursuit également son ouverture sur les expériences cinématographiques arabes et internationales, en favorisant les échanges artistiques et en créant des espaces de dialogue et de rencontre entre les artistes et cinéastes de Tunisie et du monde entier.

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«Biouyounihena» | Rendez-vous des cinéastes arabes en Tunisie  

02. Oktober 2026 um 13:36

L’une des nouveautés de la septième édition du Festival international du film de femmes «Regards de Femmes» («Biouyounihena» en arabe), qui se tiendra du 3 au 7 octobre 2026 entre Nabeul, Hammamet et Bouargoub, dans la région du cap Bon, au nord-est de la Tunisie : un atelier destiné à accompagner les réalisatrices dans le développement de leurs projets, de la définition de l’idée jusqu’à la présentation devant des professionnels du secteur.

L’«Atelier de développement et de présentation de projets cinématographiques» sera dirigé par le réalisateur, scénariste et producteur tunisien Ibrahim Letaïef ; il vise principalement à accompagner les cinéastes participant à la compétition officielle.

Le parcours comprend l’affinage de l’idée, la rédaction du synopsis et de la logline, la définition de la vision artistique, la préparation du dossier et le travail sur le pitching, avec des exercices pour présenter et défendre le projet devant des producteurs et des professionnels.

Les projets de courts métrages de fiction, de documentaires, d’animation et de cinéma expérimental sont admis.

L’atelier s’accompagne d’une résidence artistique dédiée à l’écriture, coordonnée par la scénariste Samia Amami ; durant cette résidence, des réalisatrices venues du monde arabe pourront travailler sur la structure dramatique, les personnages et le traitement de leurs films, afin de faire progresser les scénarios vers une étape plus avancée de développement et de production.

La septième édition de «Regards de Femmes», organisée dans le cadre de la Fédération tunisienne des ciné-clubs (FTCC), présentera 19 courts métrages en compétition. Le programme inclut également des projections, des masterclasses, des rencontres et des débats sur l’intelligence artificielle, les nouveaux métiers du cinéma, la représentation du genre et le leadership féminin dans les industries culturelles et créatives.

Le fil conducteur de cette édition est «Oui, il y a de l’espoir».

Parmi les hommages figure celui rendu à la réalisatrice libanaise Heiny Srour, première cinéaste du monde arabe à avoir vu un de ses films sélectionné au Festival de Cannes.

L’ouverture cinématographique sera assurée le 4 octobre par ‘‘The Miracle of Life’’, un court métrage documentaire et expérimental de la réalisatrice palestinienne Sabrine Khoury, tandis que le jury de la compétition sera présidé par le réalisateur égyptien Yousry Nasrallah.

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Moussem d’Assilah : une petite ville marocaine au cœur des grands débats

02. Oktober 2026 um 11:47
Du 2 au 18 octobre, Assilah accueille la session d’automne de la 47e édition de son Moussem culturel international. Dans cette cité de la côte atlantique, artistes, écrivains, chercheurs et diplomates se retrouvent autour de l’Afrique, du monde arabe et…

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Coup de cœur. C’était ça ou mourir un peu

02. Oktober 2026 um 11:13
Je n’avais pas prévu de lire C’était ça ou mourir. Pas question de contribuer à engraisser Grasset, maison d’édition bollorienne. Mais les accusations de recours à l’IA, fondées sur un outil de détection dont la fiabilité fait débat, et le…

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Un nouveau livre sur les proverbes tunisiens

02. Oktober 2026 um 09:30

Dr Wiem Ben Amara, chercheuse, enseignante et auteure tunisienne, vient de publier chez Nous Éditions un ouvrage, en arabe intitulé  «ريحة السفساري » (ou «Odeur de sefsari») où elle revisite une partie du patrimoine oral tunisien à partir des proverbes, expressions et récits transmis par sa grand-mère, Souad.

L’ouvrage rassemble les proverbes dans différents chapitres thématiques. Chaque proverbe est présenté, expliqué dans son sens et son usage, puis replacé dans son contexte afin d’en faire ressortir la portée et la richesse de la langue populaire tunisienne. Lorsque cela est pertinent, elle met également en regard certains proverbes avec des expressions ou des équivalents issus d’autres cultures, afin de faire apparaître les similitudes et les différences dans la manière dont les sociétés expriment des expériences humaines parfois universelles.

«J’ai souhaité ainsi préserver cette parole populaire et la transmettre aux nouvelles générations, notamment aux jeunes Tunisiens vivant à l’étranger», explique l’auteure, ajoutant que l’ouvrage a été proposé au Prix Sard Al Dhahab, organisé par le Centre de la langue arabe d’Abou Dhabi, dans la catégorie «Récits populaires» (السرود الشعبية) pour l’édition 2026.

Titulaire d’un doctorat en génétique et biologie moléculaire, Dr Wiem Ben Amara est chercheuse à la Faculté des Sciences de Tunis – Université de Tunis El Manar. Ce livre poursuit et complète le travail pîonnier de Tahar Khemiri, Hedi Balegh et Tahar Fazaa sur le riche corpus des proverbes et expressions populaires tunisiennes.

I. B.

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La caravane « Cinéma Jet » arrive à Jendouba

02. Oktober 2026 um 09:17

Après avoir fait escale à Zaghouan du 3 au 13 septembre, Cinéma Jet poursuit sa route et s’installe à Jendouba du 30 septembre au 11 octobre 2026, pour une nouvelle étape de sa deuxième édition.

Porté par la Délégation de l’Union européenne en Tunisie et les États membres de l’Union européenne, en partenariat avec Cinématdour et le gouvernorat de Jendouba. Cinéma Jet poursuit une même ambition : faire circuler le cinéma au-delà des salles traditionnelles, aller à la rencontre des publics dans les différentes délégations et faire de la culture un espace de partage, de découverte et de création.

Placée cette année sous le signe de l’inclusion, cette deuxième édition propose à Jendouba un programme qui associe projections, ateliers artistiques, sensibilisation, expériences immersives, rencontres et activités destinées à différents publics, avec une attention particulière portée aux enfants et aux jeunes.

Le vendredi 2 octobre, Cinéma Jet investira l’école primaire 2 Mars 1934 de Moukher, à Ghardimaou, pour une journée entièrement consacrée aux pratiques artistiques.

Pendant toute la journée, l’équipe de Cinéma Jet s’installera dans l’école pour proposer aux élèves des ateliers de cinéma, de théâtre, de danse, de dessin et de réalité virtuelle.

Cinéma Jet continuera également à investir les espaces publics avec plusieurs projections en plein air dans les délégations de Fernana, Bni M’tir, Aïn Soltan et d’autres.

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Cinéma : Témoins de Sonia Barkallah à l’Institut français

02. Oktober 2026 um 09:01

C’est aujourd’hui, vendredi 2 octobre à 18h, que l’auditorium de l’Institut français de Tunis accueille une projection du film documentaire « Témoins » de la cinéaste franco-tunisienne Sonia Barkallah.

Un débat est également au programme pour discuter avec la réalisatrice du film des expériences de mort imminente qui sont au cœur de ce documentaire articulé autour de paroles d’experts et de témoignages glanés dans plusieurs pays dont la Tunisie.

D’une durée de 114 mn, « Témoins » est le deuxième opus de Sonia Barkallah qui a également réalisé sur le même thème son premier film intitulé « Faux départ ».

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