Selon un communiqué conjoint de l’UNICEF Tunisie et de la FAO Tunisie, 5 000 personnes devraient bénéficier d’un meilleur accès à l’eau et à l’assainissement dans le cadre du projet APAISE-PBF, mis en œuvre à Gafsa et Kairouan.
Le projet vise à renforcer la gouvernance de l’eau au niveau local, en développant les capacités des acteurs à mieux comprendre les enjeux liés à cette ressource, à prendre des décisions et à agir collectivement. Le ministère de l’Agriculture, la FAO, l’UNICEF et le PNUD unissent ainsi leurs expertises pour placer les communautés locales au cœur des solutions.
Le renforcement des capacités constitue un axe central du projet. 300 femmes rurales et 100 jeunes seront formés à la gestion efficiente de l’eau, tandis que 100 agriculteurs bénéficieront de formations consacrées à des techniques innovantes visant à améliorer l’utilisation des ressources hydriques.
Le projet prévoit également de renforcer les compétences de 50 acteurs locaux en matière de gouvernance participative.
Au-delà des formations, l’objectif est de transformer les connaissances acquises en pratiques concrètes, de favoriser le dialogue entre les différents acteurs et de renforcer les capacités locales à anticiper et à gérer durablement les ressources en eau.
À travers cette démarche, le projet APAISE-PBF entend contribuer à renforcer la résilience des territoires de Gafsa et de Kairouan et à favoriser des solutions durables et équitables en matière de gestion de l’eau. Le projet est consacré à l’amélioration de la gouvernance territoriale pour un accès équitable et une utilisation durable de l’eau dans les deux gouvernorats.
Une panne électrique survenue au niveau de la principale station de pompage de Kerker perturbe ce lundi 24 août la distribution d’eau potable dans plusieurs zones des gouvernorats de Mahdia et de Sfax. Selon la SONEDE, les perturbations et interruptions sont prévues entre 10h et 20h.
Kerker à nouveau à l’origine des perturbations
La panne électrique a entraîné l’arrêt de la station principale de pompage de Kerker, qui alimente plusieurs secteurs des deux gouvernorats. La SONEDE précise que les perturbations sont directement liées à cette interruption de l’alimentation électrique.
Cet épisode rappelle une situation similaire survenue fin juillet, lorsque la même station avait déjà été affectée par une coupure d’électricité, provoquant des perturbations de l’approvisionnement dans plusieurs délégations de Mahdia et de Sfax.
À Mahdia, les perturbations touchent notamment El Jem, Boumerdès, Sidi Alouane, Melloulèche, El Bradâa, Chebba, Souassi, Ouled Chamekh, Hébira et Chorbane.
La liste est donc plus étendue que celle initialement rapportée, avec plusieurs délégations déjà concernées par l’épisode de juillet.
Des zones de Sfax également touchées
Dans le gouvernorat de Sfax, sont concernés El Hencha, le centre Kamoun relevant de Menzel Chaker, Jebiniana et la région de Ghraba.
Les perturbations affectent également les zones situées en hauteur des délégations de Sakiet Ezzit et Sakiet Eddaïer, ainsi que El Aouabed, El Baqaa El Beida et la route de l’Aïn, relevant de Sfax Sud.
Une nouvelle alerte sur la fragilité du réseau
La répétition de ce type d’incident met en évidence la dépendance de l’approvisionnement en eau à la continuité de l’alimentation électrique des infrastructures de pompage.
Elle intervient alors que la pression sur les réseaux d’eau reste particulièrement forte en cette période estivale. En juillet, l’Observatoire tunisien de l’eau avait recensé 608 signalements, dont 549 concernant des coupures non annoncées et des perturbations de distribution. Mahdia et Sfax figuraient parmi les gouvernorats les plus concernés, avec respectivement 51 et 42 signalements.
La SONEDE annonce ainsi une fenêtre de perturbations allant jusqu’à 20h ce lundi, avec un retour progressif à la normale attendu après le rétablissement de l’alimentation de la station.
La Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (Sonede) a annoncé des perturbations et des interruptions dans la distribution d’eau potable dans plusieurs zones des gouvernorats de Sfax et de Mahdia, ce lundi 24 août 2026, entre 10 heures et 20 heures.
Dans un communiqué, la société a précisé que l’interruption de l’approvisionnement est due à une coupure d’électricité survenue dans la matinée au niveau de la station de pompage principale de Karkar, qui alimente de vastes zones dans les deux gouvernorats.
Elle a ajouté que ces coupures concernent, dans le gouvernorat de Mahdia, les habitants des délégations d’El Jem, Boumerdes, Sidi Alouane, Melloulech, Bradaa, Chebba, Souassi, Ouled Chamekh, Hbira et Chorban.
Les perturbations touchent, dans le gouvernorat de Sfax, les délégations d’El Hancha et Jebeniana ainsi que la zone d’El Gharaba et le centre Kammoun (délégation de Menzel Chaker).
Par ailleurs, la coupure affecte les zones en altitude des délégations de Sakiet Ezzit et Sakiet Eddaier, ainsi que les secteurs d’El Aouabed, El Bokâa El Baidha et la route d’El Aïn (délégation de Sfax Sud).
Cinq ans après sa prise de pouvoir, le président tunisien Kaïs Saïed est confronté à son défi le plus sérieux à ce jour. Les pénuries d’eau et d’électricité, survenant durant un été aux chaleurs records (frôlant les 49 °C dans certaines régions), suscitent un mécontentement croissant à l’égard de sa gouvernance. Ces coupures amènent les Tunisiens à se détourner du populisme.
Sharan Grewal *
Le 25 juillet [2021], date anniversaire de la prise de pouvoir de Saïed, a été marqué par certaines des plus importantes manifestations organisées contre lui jusqu’à présent. La persistance des coupures d’eau et d’électricité a de nouveau déclenché des protestations les 4 et 5 août dans plusieurs régions du pays, et une autre manifestation est prévue à Tunis pour le 20 août.
Pendant des années, Saïed a réussi à surmonter les difficultés économiques en désignant des boucs émissaires : partis politiques, hommes d’affaires, migrants et puissances étrangères, entre autres. Mais aujourd’hui, ces discours populistes ne fonctionnent plus ; en partie parce que cinq ans se sont écoulés depuis sa prise de pouvoir, une période durant laquelle la population attend désormais des résultats concrets. Qui plus est, les pénuries d’eau et d’électricité sont objectivement plus graves que sous l’ère démocratique. Elles sont ressenties de manière viscérale : les Tunisiens constatent concrètement que le pays ne fonctionne plus. Les coupures de courant, y compris dans les hôpitaux, ont même entraîné la mort de certaines personnes. Pire encore, Saïed est resté largement absent, se contentant de promettre de s’en prendre aux comploteurs responsables des pénuries — un discours populiste éculé auquel peu de gens croient encore.
À cela s’ajoutent les atteintes perçues à la souveraineté de la Tunisie de la part de l’Algérie voisine, l’un des plus fervents soutiens de Saïed, avec qui un accord controversé de coopération en matière de défense a été signé l’an dernier.
En réaction aux manifestations, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a menacé d’intervenir en Tunisie pour éliminer les «terroristes» présumés (les manifestants ?), provoquant une levée de boucliers nationaliste, y compris chez certains des premiers partisans de Saïed.
Fait peut-être le plus surprenant, Saïed fait face à des critiques émanant du sein même du régime, alors que les membres de son entourage semblent prendre conscience de l’inéluctabilité de la situation.
Le Parlement, longtemps perçu comme une simple chambre d’enregistrement, compte désormais des membres qui critiquent ouvertement et directement le gouvernement, voire Saïed lui-même. Le député Hamdi Ben Salah a demandé que Saïed comparaisse devant le Parlement pour y être interrogé ; le député Ammar Al-Aidoudi a qualifié d’illégitime le second mandat de Saïed (au cours duquel il a recueilli un score supposé de 91 % des suffrages) ; et le député Ali Zaghdoud a entrepris de préparer une motion de censure contre le gouvernement.
On dirait que certains députés cherchent à quitter le navire en prévision de la chute du régime. Sur fond de rumeurs concernant l’état de santé de Saïed, ses [proches] eux-mêmes se livreraient à une lutte d’influence pour déterminer qui pourrait lui succéder.
De son côté, Saïed a déployé l’armée et la Garde nationale pour assurer l’approvisionnement en eau et a obtenu par la suite de l’électricité en provenance d’Algérie ; toutefois, il ne s’agit pas de solutions durables aux pénuries. Il pourrait tenter de rejeter la faute sur le Premier ministre et de remanier le gouvernement, mais après avoir vu défiler quatre Premiers ministres depuis sa prise de pouvoir, rien ne garantit qu’une telle mesure apaisera la colère de la population.
Les experts estiment que ces pénuries résultent d’années de sous-investissement public dans les entreprises d’État chargées de l’eau et de l’électricité (respectivement la Sonede et la Steg), lesquelles sont trop lourdement endettées pour entreprendre des améliorations d’infrastructure.
Ce n’est pas le premier été marqué par des coupures d’électricité et d’eau, ce qui amène les Tunisiens à se demander pourquoi le gouvernement n’a pas davantage anticipé la chaleur et pris des dispositions en amont.
Les limites des promesses populistes
Toutefois, il faut reconnaître qu’après avoir tourné le dos au Fonds monétaire international et à de nombreux alliés étrangers, le gouvernement dispose de peu de fonds pour investir. Comme l’a récemment souligné l’ancien Premier ministre Hichem Mechichi (évincé par Saied lors de sa prise de pouvoir) : «Saïed est totalement opposé aux bailleurs de fonds internationaux, mais il ne propose aucune alternative. Il a des idées populistes, mais elles n’ont aucun impact sur le terrain.»
Rached Ghannouchi, le chef d’Ennahdha âgé de 85 ans et ancien président du Parlement — qui croupit aujourd’hui en prison alors que sa santé se dégrade — se montrait déjà optimiste en 2022, estimant que les Tunisiens finiraient par comprendre que le populisme ne repose que sur des promesses vaines. «Le populisme est comme une drogue», m’a-t-il confié lors d’un entretien. Il a ajouté : «Il vous anesthésie, vous procure une euphorie passagère, mais vous finissez par vous réveiller face à une triste réalité. Les gens voient désormais cette triste réalité : ils constatent la hausse des prix, la pénurie de produits de première nécessité, le chômage, les atteintes aux droits humains, l’emprisonnement de blogueurs, etc.»
Ghazi Chaouachi, ancien dirigeant du parti Courant démocrate — également emprisonné — m’a tenu des propos similaires. «Kais Saïed tient un discours populiste comparable à celui de Donald Trump», déclarait Chaouachi en 2022. Il a ajouté : «Avec le temps, les Tunisiens comprendront que toutes ses promesses sont sans lendemain et qu’elles mèneront à la ruine de la Tunisie plutôt qu’à sa réussite… Je pense qu’après ce que Kais Saïed a fait, la population sera traumatisée. Par la suite, le populisme refluera et perdra en popularité.»
Cinq ans plus tard, les Tunisiens prennent peut-être enfin conscience de la triste réalité. Les accusations populistes de Saied concernant des complots, des élites corrompues et des manigances étrangères sonnent de plus en plus creux lorsque les robinets s’assèchent et que la climatisation tombe en panne. Il reste incertain que la crise actuelle débouche sur une ouverture démocratique. Toutefois, si elle contribue à délégitimer enfin le populisme en Tunisie, cela facilitera le retour du pays à la démocratie lorsque cette transition finira par se produire.
Traduit de l’anglais.
* Chercheur principal non résident – Politique étrangère, Centre pour la politique au Moyen-Orient.
Le projet Pik («Préserver les îles Kneiss») visant à renforcer la protection de cet archipel de petites îles situées situé dans le golfe de Gabès, à quelques kilomètres des côtes et cinquante kilomètres au sud de Sfax, vient d’être achevé par un atelier à Tunis, organisé le mardi 11 août 2026 par l’Association pour la Continuité des Générations (ACG).
Pour protéger la biodiversité de l’archipel, ce projet financé par le Programme de microfinancements du Fonds pour l’environnement mondial (PMF-FEM) a mis mené une série d’actions dont la mise en place de nids artificiels pour favoriser la reproduction des oiseaux, le suivi des herbiers marins, la restauration de la végétation côtière, la collecte de déchets plastiques et la plantation de salicornes pour lutter contre l’érosion.
Situées à environ 25 kilomètres au sud-est de Mahrès, dans le gouvernorat de Sfax, les îles Kneiss constituent l’une des zones humides les plus précieuses de Tunisie sur le plan écologique. Le site est reconnu comme zone humide d’importance internationale au titre de la convention de Ramsar et figure sur la liste des Aires spécialement protégées d’importance méditerranéenne (Aspim).
L’archipel peut accueillir jusqu’à 330 000 oiseaux hivernants et est considéré comme un site d’hivernage régional clé pour diverses espèces d’oiseaux d’eau.
Des écosystèmes les plus fragiles
Le projet Pik s’est concentré tout particulièrement sur des solutions fondées sur la nature afin de renforcer la résilience de l’écosystème face aux effets du changement climatique, notamment l’élévation du niveau de la mer et l’érosion côtière. Des nids artificiels ont été installés sur l’île d’El Bassila pour améliorer les conditions de reproduction d’espèces telles que la spatule blanche, le flamant rose et l’huîtrier pie.
Selon les responsables du projet, les premières observations indiquent que les oiseaux ont déjà commencé à utiliser ces structures et à s’y adapter.
Un autre volet du projet a porté sur le suivi scientifique des herbiers de Zostera noltii (une espèce de zostère naine), un habitat marin d’une importance capitale pour l’archipel. La cartographie de ces herbiers permet de suivre l’évolution d’écosystèmes qui servent de zones de nurserie pour de nombreuses espèces de poissons et contribuent à stabiliser les fonds marins.
Par ailleurs, la réintroduction de la salicorne — une plante halophile capable de consolider le sol et de réduire l’érosion — a été expérimentée le long du littoral.
Parmi les participants à ces activités figuraient l’Agence de protection et d’aménagement du littoral (Apal), la Direction générale des forêts, l’Institut national des sciences et technologies de la mer (INSTM), The MedFund et des communautés locales de la délégation de Ghraiba.
Le projet comprenait également des opérations de collecte de déchets plastiques sur les îles.
Les îles Kneiss sont depuis longtemps au cœur de programmes de conservation de la biodiversité. Des initiatives antérieures, soutenues par le Programme de microfinancements du FEM, avaient déjà identifié l’archipel comme une zone prioritaire pour la protection des habitats marins, de l’avifaune et des ressources naturelles locales.
Les résultats du projet PIK devraient désormais contribuer au processus de création de la future aire marine et côtière protégée des îles Kneiss, dans le but d’assurer une gestion plus durable de l’un des écosystèmes les plus fragiles et les plus importants du golfe de Gabès.
Dans un contexte électrique déjà tendu, avec les récents délestages qui se sont traduits par des coupures intempestives d’électricité en pleine canicule d’été, la Tunisie a-t-elle les moyens de suivre la cadence de développement des data centers à travers le monde… SANS production électrique à la hauteur de ses ambitions ?(Photo: DataXion).
Naamen Bouhamed *
La Tunisie vient de traverser, durant les 15 premiers jours de juillet 2026, un épisode de délestage électrique sans précédent dans son histoire. Bien que le pays affiche un taux d’électrification de 100 % à l’échelle nationale, ce qui le place parmi les nations les mieux équipées pour fournir une électricité fiable et sécurisée à l’ensemble de sa population, cette crise a révélé des fragilités structurelles insoupçonnées.
Ce délestage, provoqué par une combinaison de facteurs (vague de chaleur exceptionnelle, pic de consommation, et rupture de la connexion avec le fournisseur algérien) met en lumière les besoins actuels et futurs en production électrique. Ces besoins ne concernent pas seulement la vie quotidienne, mais aussi les exigences stratégiques du développement économique et industriel, alors que le pays ambitionne de devenir un acteur régional majeur de l’IA.
Production actuelle et défis à venir
La Tunisie produit actuellement 7 500 GWh (soit 7,5 TWh) par an, avec un déficit estimé à 1 500 MW en puissance installée pour répondre à la demande actuelle. Mais la question centrale est : que deviendront ces équilibres face à la montée en puissance des Data Centers ?
Selon certaines projections, ces infrastructures pourraient absorber 30 à 50 % de la production nationale d’électricité, au détriment des besoins des populations et du tissu économique.
Comparaisons internationales : des signaux d’alerte
En Irlande, les data centers devraient représenter 30 % de la consommation électrique du pays d’ici 2028–2030, selon les projets en cours dans ce secteur.
La France, avec 264 data centers, consomme environ 8,5 TWh par an, soit 2 % de sa consommation totale, dont 90 % alimentés par le parc nucléaire.
La consommation électrique de Google est désormais proche de celle de la Grèce. En 2025, le moteur de recherche a signé un volume record de contrats d’énergie décarbonée (12 GW), tout en investissant dans le nucléaire et la géothermie.
Amazon, le premier acheteur mondial d’énergies renouvelables, investit également dans de petits réacteurs nucléaires (SMR) et revendique plus de 52 000 camions électriques.
Selon le rapport thématique 2026 d’Omnegy, la consommation mondiale des data centers pourrait atteindre 950 TWh en 2030, contre 485 TWh en 2025 et 415 TWh en 2024, soit une hausse de 17 % par an.
La demande électrique des data centers progresse désormais quatre fois plus vite que la consommation mondiale d’électricité.
Le rapport du Capgemini Research Institute, “AI meets the grid: shaping the data center power play’’, mené auprès de dirigeants de l’énergie et des data centers dans 21 pays, souligne :
– l’augmentation rapide de la demande d’électricité ;
– les contraintes croissantes pour les gestionnaires de réseaux ;
– l’essor de la production d’énergie sur site ;
– l’évolution du mix énergétique (renouvelables, gaz, SMR) ;
– le potentiel de l’IA pour optimiser les réseaux électriques.
Moratoires et résistances aux États-Unis et en Europe
A New York, la gouverneure Kathy Hochul a décrété un moratoire sur les data centers de plus de 50 MW. On recense aujourd’hui 86 moratoires dans 35 États américains.
Au Texas, en août 2026, le gouverneur Greg Abbott a ordonné un examen de tous les projets de data centers en attente de raccordement, et suspendu l’ensemble des nouveaux projets. La file d’attente pour le raccordement dépasse 474 GW, dont 90 % pour des data centers — soit plus de cinq fois la demande maximale jamais enregistrée par le réseau texan en plein été.
En France, deux décisions judiciaires récentes ont marqué les esprits : à Alixan (Drôme), suspension du permis de construire du projet Sesterce (1,5 milliard d’euros, 40 à 80 MW) par le tribunal administratif, en raison de l’absence d’étude d’impact environnemental ; et au Bourget (Seine-Saint-Denis), annulation du permis de construire d’un projet similaire : Segro.
L’ Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (Arcep), dans sa 5e enquête annuelle intitulée “Pour un numérique soutenable”, alerte sur:
– une hausse de 38 % de la consommation électrique des data centers en trois ans, atteignant 2,7 TWh en 2024 (+12 % sur un an) ;
– des prélèvements d’eau de 575 000 m³ en 2024, en quasi-totalité potable, générant des conflits d’usage locaux.
La pollution provoquée par les géants du numérique
– Google a vu ses émissions totales augmenter de 82 % depuis 2019, atteignant 18,8 millions de tonnes équivalent CO₂ en 2025, malgré un engagement de réduction de moitié d’ici 2030 ;
– Amazon a enregistré une hausse de 58 % sur la même période, avec 80,85 millions de tonnes équivalent CO₂, malgré une promesse de neutralité carbone pour 2040.
Les investissements dans les data centers en Afrique sont estimés à plus de 9 milliards de dollars d’ici 2031.
La Tunisie ambitionne d’en capter une part significative pour devenir une porte d’entrée de l’IA en Afrique et dans le monde arabe. Mais à quel prix ?
Qu’en est-il de l’état des lieux des data centers (existants ou en projet) en Tunisie ?
Un data center de 1 MW équipé de refroidisseurs à eau peut consommer jusqu’à 68 000 litres d’eau douce par jour.
La Tunisie prévoit de porter la part de l’eau dessalée à 28 % d’ici 2028, puis 35 % d’ici 2030. Mais ces investissements publics posent question : Qui paiera ? À quel coût ? Les financements seraient-ils suffisants ?
Les data centers dédiés à l’IA redessinent toute la chaîne de valeur de l’électricité. La question stratégique est la suivante :
Faut-il investir massivement dans des infrastructures physiques (data centers) qui coûteront des milliards, avec un retour sur investissement risqué ? Ou faut-il plutôt miser sur le capital humain ? Ou faut-il miser sur un mix-hybride ?
La Tunisie dispose d’un vivier d’ingénieurs talentueux, reconnus dans le monde entier. Plutôt que de rivaliser sur les infrastructures lourdes, ne devrait-elle pas :
– renforcer ses besoins propres stratégiques en data centers ;
– renforcer ses écoles d’ingénieurs ;
– former une nouvelle génération d’experts en IA ;
– offrir des perspectives d’emploi à forte valeur ajoutée ;
– développer une filière d’énergies propres (solaire, nucléaire au thorium) ?
L’électricité est le facteur clé de cette course. Mais la valeur ajoutée ne réside-t-elle pas davantage dans les compétences que dans les bâtiments ?
Proposition de stratégie alternative : la Tunisie pourrait valoriser ses ingénieurs et ses centres de formation publics et privés. Elle pourrait également développer massivement l’énergie solaire et explorer une filière nucléaire innovante, notamment les réacteurs à sels fondus au thorium, sans déchets radioactifs à base d’uranium.
Ainsi, la Tunisie deviendrait un acteur majeur des énergies propres en Afrique, tout en offrant une expertise très recherchée. Elle préserverait ses ressources en eau et en électricité pour des usages prioritaires : agriculture, industrie, et besoins stratégiques nationaux en IA.
Talon d’Achille de la Tunisie : la fuite des talents
La souveraineté numérique ne se construit pas sans ingénieurs. La Tunisie forme parmi les meilleurs talents de la région, mais plus de 60 % des diplômés en informatique, et notamment les plus compétents, quittent le pays dans les cinq ans suivant leur formation.
Donc, aucune infrastructure nationale ne sera durable sans salaires compétitifs, incitations fiscales et parcours attractifs de carrière dans la fonction publique numérique.
Le paradoxe est saisissant : le pays mise sur le capital humain pour sa stratégie IA, mais ce capital fuit à l’étranger. Dans la course à l’IA, la Tunisie est déjà un vivier de talents pour les géants mondiaux, sans bénéficier de la valeur ajoutée sur le plan local.
A suivre…
* Expert en développement international, Ceo Alwen International – France.
Une semaine après l’incident survenu au barrage de Mellègue, l’expert en gestion des ressources hydriques Houcine Rhili est revenu sur les circonstances de cet événement lors de son intervention sur Jawhara FM, mercredi 24 juin 2026. Pour lui, cet incident doit être replacé dans le contexte plus large du vieillissement des infrastructures hydrauliques tunisiennes. Selon...
La migration croissante des médecins, ingénieurs et autres profils hautement qualifiés constitue désormais une question de sécurité nationale pour la Tunisie. C’est l’alerte lancée par le député et président de la Commission des affaires étrangères, de la coopération internationale, des Tunisiens à l’étranger et de la migration à l’Assemblée des représentants du peuple, Riadh Jaidane,...
La Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (Sonede) a annoncé vendredi 19 juin 2026 la reprise progressive de l’approvisionnement en eau potable, à Mahamdia, après une panne survenue de manière soudaine sur une conduite principale. Selon le communiqué de la Sonede, les perturbations étaient dues à une panne survenue au niveau canalisation de...
Le ministre de l’Agriculture Ezzeddine Ben Cheikh a présidé, jeudi 18 juin 2026, la cérémonie officielle d’inauguration de la station de dessalement d’eau de mer de Sfax. D’une capacité initiale de production de 100.000 mètres cubes par jour, extensible à 250.000 mètres cubes par jour, cette infrastructure — réalisée dans le cadre d’un partenariat tuniso-japonais...
Des perturbations de l’approvisionnement en eau sont attendues dans plusieurs zones du Sahel après la dégradation de la qualité des eaux du barrage de Nebhana à la suite des intempéries. Distribution perturbée à Sousse, Monastir et Mahdia La Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (Sonede) a annoncé, mardi 16 juin 2026, des perturbations...
Face à la hausse des températures estivales, le président de l’Instance nationale de la sécurité sanitaire des produits alimentaires, Mohamed Rabhi, a mis en garde contre les risques liés à l’exposition prolongée des bouteilles d’eau minérale et des boissons gazeuses aux rayons du soleil. Intervenant sur les ondes de la Radio nationale jeudi 11 juin...
A travers son Château Sainte Marguerite, le groupe Pernod Ricard, arrivé il y a 8 mois en Tunisie, pourrait trouver sa place dans l’offre des hôtels et restaurants.
Contrairement aux habitudes de consommation à l’international, la tendance en matière de vins en Tunisie serait, en termes de préférences, plus importante d’abord sur le rosé, suivie du blanc puis du rouge.
Cette affirmation provient du Country Manager du groupe Pernod Ricard pour la Tunisie, Valentin Tachaout, qui estime qu’il y a un «énorme potentiel» pour les vins étrangers dans le pays. Autre constat, celui du gap entre les vins premium produits localement et les vins étrangers, ce qui constitue «une opportunité exceptionnelle à saisir».
Cette appréciation a encouragé le groupe à introduire sur le marché le Château Sainte Marguerite, un rosé qui se positionne comme un grand cru classé Côte de Provence et qui a été présenté lors d’une soirée à l’hôtel The Nine Lifetyle Experience à Tunis, en présence de Jean-Paul Dumas, qui en est l’ambassadeur Monde et Mehdi Touhami, représentant des marques de Pernod Ricard en Afrique (photo ci-dessus).
Elégance et appétence
Ce produit, né de l’équilibre entre 3 cépages, pourrait contribuer à élever l’exigence et le raffinement des cartes des établissements haut de gamme en Tunisie, que ce soit les hôtels ou les restaurants.
Ce cru sera d’ailleurs accompagné d’un rituel de service puisque les ice buckets (ou seaux à glace) pour accompagner le service de ce vin ont été confectionnés en céramique en forme de marguerite et commandés auprès de potiers de Nabeul outre des verres personnalisés par un artiste reprenant l’image de la marguerite.
La promotion du produit se fera durant les mois d’été à Tunis, Hammamet, Sousse et Djerba auprès de 4 établissements partenaires. A consommer avec modération.
La compagnie maritime, qui opère notamment des lignes au départ de l’Italie vers les pays du Maghreb, déploie une nouvelle stratégie en matière de mobilité durable à travers l’alimentation de ses bateaux au GNL (gaz naturel liquéfié). L’occasion de présenter son tout nouveau navire Aurora dans le port de Tanger au Maroc.
GNV renforce son engagement stratégique en faveur de la transition énergétique. La filiale du groupe MSC déploie une nouvelle politique d’adoption de carburants de transition tels que le bioGNL et le GNL synthétique pour ses bateaux et tout particulièrement pour les deux navires les plus récents et les plus avancés technologiquement de sa flotte, le GNV Aurora et le GNV Virgo, tous deux alimentés au Gaz Naturel Liquéfié (GNL).
Cette approche, la compagnie l’a officiellement détaillée lors du baptême de son navire Aurora qui vient d’avoir lieu à Tanger au Maroc. L’occasion pour le transporteur maritime de confirmer la place centrale qu’occupent les connexions intra-méditerranéennes dans sa stratégie de développement et l’importance croissante du marché nord-africain au sein du réseau GNV au service de la mobilité, du tourisme et des échanges commerciaux entre l’Europe et des pays comme la Tunisie, l’Algérie et le Maroc.
L’Aurora dans le port de Tanger le 1er juin 2026 lors de son baptême. Sa capacité est de 1700 passagers.
Préparatifs de la saison
GNV se prépare en tout cas à la saison estivale 2026 et accompagne les flux de passagers liés aux retours des diasporas maghrébines, opération qui mobilise chaque année entre juin et mi-septembre plusieurs millions de citoyens tunisiens, algériens et marocains résidant en Europe à voyager vers et depuis leur pays d’origine.
Lors d’une conférence de presse, Matteo Catani, Directeur général de GNV, a déclaré que la saison été 2026 était prometteuse avec de « très bonnes réservations », mais a également souligné le nombre élevé de last minute. En cause bien évidemment, le climat d’attentisme généré par la crise aux Proche et Moyen-Orient qui a entraîné une flambée des prix du carburant qui a atteint 40%.
Conférence de presse de GNV au Maroc pour annoncer la décision d’une transition progressive de toute sa flotte de navires.
Mais le responsable de la compagnie s’est voulu rassurant à l’endroit de ses passagers en soutenant que les prix des billets cet été ne connaîtront pas d’envolée significative. Il a justifié cette position en expliquant que l’augmentation de la capacité d’accueil des bateaux de la compagnie permettait d’absorber une partie de la hausse du carburant, tout en rappelant que « l’early-booking demeurait la meilleure option pour bénéficier de tarifs préférentiels pouvant aller jusqu’à 40% de réduction. »
Les innovations sur les bateaux de la GNV ne concernent pas uniquement les nouveaux carburants mais portent également sur les avancées techniques, technologiques, la sécurité et la gestion des risques à bord. « Nous pouvons être le secteur qui joue un rôle dans l’économie circulaire avec l’usage d’un carburant alternatif mais le passager est au cœur du service offert par la compagnie » a-t-il indiqué également.
Parmi les solutions à bord figurent en effet des systèmes avancés d’efficacité énergétique, incluant récupération de chaleur pour la production d’électricité, éclairage LED basse consommation, variateurs pour l’optimisation des charges électriques de pompes et ventilation, ainsi que des solutions hydrodynamiques innovantes pour la coque, les hélices et les gouvernails, conçues pour réduire la consommation et améliorer l’efficacité opérationnelle du navire.
Quid des nouveaux bateaux
Le GNV Aurora est le dernier navire acquis par la compagnie dans le cadre de son plan de renouvellement comprenant 8 nouveaux ferries d’ici 2030 d’une valeur de 1,3 milliard d’euros comprenant quatre autres navires en livraison à partir de 2027. Il fait suite au Virgo livré tout récemment. Ils seront opérationnels respectivement à partir du 1er juin et du 1er juillet de cette année sur les liaisons Tanger Med, Barcelone et Gênes.
L’Aurora dispose d’une capacité de 426 cabines. De nouvelles classes Premium y seront désormais proposées.
La cérémonie de baptême du GNV Aurora s’est déroulée le 1er juin 2026 à Tanger en présence de Matteo Catani, Directeur général de GNV, Pierfrancesco Vago, Président exécutif de la Division Croisières du Groupe MSC et Président de GNV ainsi que des ministres marocains, Abdessamad Kayouh (Transports et Logistique) et Fatim-Zahra Ammor (Tourisme et Artisanat).
Ils ont dit:
Matteo Catani, Directeur général de GNV: « GNV Aurora représente concrètement la direction que nous avons choisie pour l’avenir de la compagnie : investir dans des technologies capables de concilier sécurité, durabilité environnementale, efficacité opérationnelle et qualité de l’expérience de voyage. L’alimentation au GNL permet une réduction significative des émissions par rapport aux générations précédentes de navires, tandis que des systèmes comme le cold ironing contribuent à réduire l’impact environnemental dans les ports, au bénéfice des communautés locales.
Innovation technologique et durabilité s’intègrent dans une trajectoire qui nous permet d’élever encore les standards de confort, de fiabilité et de continuité de service pour nos passagers. Nous construisons une flotte capable d’accompagner et d’accélérer la transition énergétique, en ligne avec les standards internationaux les plus stricts en matière de sécurité et de durabilité et avec les objectifs de décarbonation du secteur maritime. »
Carole Montarsolo, Directrice générale de GNV Maroc : « Avec l’entrée en service de GNV Aurora et GNV Virgo, nous renforçons concrètement la qualité de l’expérience à bord, avec un objectif précis : faire du voyage une véritable partie des vacances, en particulier pour les familles. Cela se traduit par des environnements contemporains, des technologies innovantes, des espaces dédiés aux enfants et une offre d’animations structurée.
L’espace de jeux pour enfants à bord de l’Aurora
Cette approche répond en priorité aux attentes des Marocains résidant en Europe, tout en accompagnant la croissance du trafic touristique et des voyages d’affaires européens. À travers ces investissements, GNV réaffirme sa volonté de renforcer son ancrage territorial et d’accompagner le développement de la mobilité maritime en Méditerranée ».
GNV Aurora : durabilité environnementale et expérience de voyage premium
GNV Aurora est la deuxième unité de la flotte GNV alimentée au gaz naturel liquéfié (GNL) et la dernière de la première série de quatre navires de nouvelle génération commandés au chantier Guangzhou Shipyard International (GSI) en Chine. Le navire représente une nouvelle étape du programme de renouvellement de flotte visant à concilier innovation technologique, durabilité environnementale et qualité de service.
Avec une jauge brute d’environ 53 000 tonnes, une longueur de 218 mètres et une vitesse maximale de 25 nœuds, GNV Aurora peut accueillir jusqu’à 1 700 passagers dans 426 cabines et transporter jusqu’à 2 780 mètres linéaires de fret.
À bord, les passagers bénéficient d’une offre de services moderne et confortable, incluant restaurant à la carte, self-service, snack-bar, espace shopping, zones enfants et Wi-Fi haut débit.
Le salon fauteuils à bord du GNV Aurora
Avec le nouveau bateau, une nouvelle identité visuelle fait également son apparition : une feuille verte, symbole du parcours de durabilité entrepris par la compagnie, accompagnée d’un motif graphique inspiré à la connexion électrique du cold ironing, technologie permettant aux navires de se connecter au réseau électrique portuaire à quai afin de réduire les émissions et l’impact environnemental sur les communautés locales.
Le pont-garage sur le nouveau GNV Aurora.
L’alimentation au GNL et les importantes améliorations en matière d’efficacité énergétique permettent une réduction des émissions de CO₂ allant jusqu’à 50 % par unité de transport par rapport aux générations précédentes de ferries, avec des réductions significatives également des oxydes d’azote (NOx), des oxydes de soufre (SOx) et des particules fines.
« Le navire est conforme aux normes IMO Tier III, parmi les plus strictes au niveau international en matière environnementale » tient à souligner la compagnie.
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