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BCT : 11 milliards de dinars générés par les transferts des TRE et les recettes touristiques

Von: farhat
25. August 2026 um 18:59

Les transferts des Tunisiens résidents à l’étranger (TRE) et les recettes du tourisme se sont établis à la date du 20 août, à 11 milliards de dinars, selon les indicateurs de la Banque Centrale de Tunisie (BCT).

Les recettes touristiques cumulées sont passées, de 4885 MD, à la date du 20 août 2025, à 5127,5 MD, à la même date de 2026, ce qui représente une augmentation de 5%. Les revenus du travail cumulés ont en outre, augmenté de 5,4%, se stabilisant au niveau de 5868,7 MD, au 20 août 2026, contre 5568,3 MD, à la même date de 2025.

Les avoirs nets en devises ont atteint, à la date du 24 août 2026, 25,154 milliards de dinars, ce qui représente 98 jours d’importation, contre 24,755 milliards de dinars et 107 jours d’importation à la même date de 2025.

Un accroissement de 16% des billets et monnaies en circulation a été enregistrée, se stabilisant au niveau de 30 milliards de dinars, au 21 août 2026, contre 25,9 milliards de dinars, à la même date de l’année dernière.

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Tunisie-Turquie : un déficit commercial toujours en faveur d’Ankara

25. August 2026 um 16:20

Les exportations turques vers la Tunisie ont dépassé 720 millions de dollars sur les sept premiers mois de 2026, ce qui constitue une hausse de 9,9 % sur un an, selon l’Assemblée des exportateurs turcs (TİM), citée par Anadolu. Rien qu’en juillet, elles ont atteint 101 millions de dollars, avec une progression limitée à 0,3 %.

Cette dynamique s’inscrit dans une relation commerciale historiquement favorable à Ankara. Selon le ministère turc du Commerce, les échanges bilatéraux ont atteint un sommet de 2,094 milliards de dollars en 2022, avant de refluer à 1,422 milliard en 2024, puis de remonter à 1,589 milliard en 2025. Sur la période, les exportations turques ont oscillé entre 1,114 et 1,598 milliard de dollars, contre seulement 266 à 496 millions pour les ventes tunisiennes vers la Turquie. En 2025, l’excédent turc s’élevait encore à 896 millions de dollars.

Côté turc, les machines et équipements mécaniques (124,7 millions de dollars), le fer et l’acier (114,4 millions) et le coton (111,6 millions) dominent les exportations vers la Tunisie, devant les véhicules automobiles et les matières plastiques.

Les ventes tunisiennes restent plus concentrées : les équipements électriques et électroniques arrivent en tête avec 105,1 millions de dollars, suivis des engrais (37 millions) et des véhicules et composants automobiles (24,7 millions), selon UN Comtrade.

Ces chiffres traduisent un déséquilibre persistant, la Tunisie exportant des volumes encore insuffisants pour combler l’écart avec ses achats. La hausse de 9,9% enregistrée en 2026 suggère que ce déficit devrait se maintenir à court terme.

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Varun Beverages, géant indien des boissons, débarque en Tunisie

25. August 2026 um 13:48

Le géant indien Varun Beverages prépare son arrivée en Tunisie. Son conseil d’administration a approuvé, mardi 25 août 2026, la création d’une société commune avec un partenaire tunisien, destinée à produire et distribuer plusieurs catégories de boissons.

L’information figure dans une déclaration réglementaire adressée le même jour à la National Stock Exchange of India (NSE) et à la BSE. Le document prévoit la constitution de « Varun Beverages Tunisia SA », ou d’une société portant une dénomination similaire après approbation des autorités tunisiennes. La société reste à ce stade « à constituer ».

Un capital de 9 millions de dinars

Le montage retenu associe directement le groupe indien à un partenaire tunisien. Varun Beverages détiendra 75 % de la future société, contre 25 % pour une entité désignée dans le document sous le nom de « Bevanda (Tunisia) ».

Le capital proposé atteint 9 millions de dinars, apportés en numéraire, avec une valeur nominale de 10 dinars par action. La nouvelle entité est classée par Varun Beverages elle-même dans le secteur « FMCG » (biens de grande consommation).

L’identité des actionnaires ou dirigeants se trouvant derrière Bevanda n’est pas précisée dans le dépôt indien.

Le projet doit encore franchir les procédures réglementaires nécessaires. Le document cite notamment l’approbation préalable du Registre national des entreprises (RNE) en Tunisie.

Des sodas au lait : Un champ d’activité très large

La future société ne devrait pas se limiter à la commercialisation de produits importés. Le document officiel lui attribue une activité de « production et distribution » couvrant les boissons gazeuses, les jus, l’eau et les produits laitiers.

Cette diversité correspond au profil de Varun Beverages. Le groupe se présente comme l’un des plus grands franchisés de PepsiCo au monde hors États-Unis et fabrique ou distribue, selon les territoires, des marques comme Pepsi, 7UP, Mirinda, Sting, Tropicana, Gatorade ou Aquafina.

L’entreprise indienne poursuit par ailleurs une importante expansion internationale, particulièrement en Afrique, avec des activités en Afrique australe, au Kenya, au Maroc, en Zambie et au Zimbabwe.

Le projet s’inscrit par ailleurs dans un contexte de rapprochement économique plus large entre les deux pays, à peine cinq jours après la tenue d’un forum tuniso-indien évoquant la création d’une chambre d’affaires bilatérale.

Lire aussi: Tunisie–Inde : Une chambre d’affaires en projet et un forum tous les six mois

Le précédent marocain

Le Maroc constitue un point de comparaison particulièrement intéressant. Varun Beverages y dispose déjà d’une implantation industrielle et commerciale, via Varun Beverages Morocco SA, et y produit notamment des boissons sous les marques Pepsi, Mirinda, 7UP et Aquafina.

Le groupe y a progressivement élargi son activité au-delà des boissons : distribution de Lay’s, Doritos et Cheetos dès février 2024, puis production locale de Cheetos à partir de mai 2025 dans une usine dédiée, pour un investissement annoncé de 100 crores de roupies.

Cette expérience maghrébine donne une dimension supplémentaire au projet tunisien, même si Varun Beverages n’a pour l’instant communiqué ni localisation d’une future unité de production, ni calendrier de démarrage.

Lire aussi: TIF 2026 : La Tunisie déplace son centre de gravité de l’Europe vers l’Afrique

Et Pepsi en Tunisie ?

La question se pose naturellement compte tenu du métier de Varun Beverages et de son partenariat historique avec PepsiCo. Mais, à ce stade, la prudence s’impose.

Le document réglementaire du 25 août ne mentionne ni PepsiCo ni aucune de ses marques pour la Tunisie. Il annonce uniquement la production et la distribution de différentes catégories de boissons.

Il est donc prématuré d’en déduire un retour de Pepsi sur le marché tunisien. En revanche, l’arrivée annoncée de l’un de ses principaux embouteilleurs mondiaux constitue à elle seule un développement significatif pour le secteur tunisien des boissons — un secteur qui a connu ces dernières semaines des tensions d’approvisionnement sur l’eau conditionnée.

La prochaine étape sera désormais à suivre en Tunisie : l’immatriculation de la nouvelle société et les autorisations nécessaires devraient permettre d’en savoir davantage sur Bevanda, l’implantation industrielle envisagée et surtout les marques qui seront produites localement.

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Tunisie | Seifeddine Arfaoui comparaîtra le 27 août devant le juge

25. August 2026 um 13:18

Le ministère public près le Tribunal de première instance de Tunis a décidé, hier, lundi 24 août 2026, d’émettre un mandat de dépôt à l’encontre de Seifeddine Arfaoui, militant du mouvement Nafas, qui avait organisé la manifestation contre le régime de Kaïs Saïed, le jeudi 20 mars, à Tunis.

Selon Diwan FM, citant la défense du militant politique, il a également été décidé de fixer une audience au 27 août pour le faire comparaître devant la chambre correctionnelle d’été du Tribunal de première instance de Tunis, en vertu de l’article 86 du Code des télécommunications, pour l’accusation d’offense à autrui via les réseaux publics de télécommunications.

L prévenu est poursuivi pour des publications qu’il avait diffusées sur les réseaux sociaux et qui étaient jugées insultantes pour le président de la république Kaïs Saïed.

Rappelons que l’article 86 du Code des télécommunications tunisien punit d’un emprisonnement d’un à deux ans de prison et d’une amende de cent 100 000 à 1000 dinars toute personne qui nuit sciemment aux tiers ou perturbe leur quiétude à travers les réseaux publics de télécommunications.

I. B.

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Tunisie-Corée : un accord de 13,5 MDT pour l’agriculture intelligente

25. August 2026 um 13:14

Le ministère des Affaires Étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’Étranger a abrité, ce lundi, la cérémonie de signature du “ Record of Discussions” relatif au projet « Climate-Smart Agriculture for Enhancing Productivity in Tunisia (ClimAT) », entre le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche et le Bureau de l’Agence coréenne de coopération Internationale (KOICA), en présence de l’ambassadeur de la République de Corée à Tunis, Lee Tae Won.

Un projet de 13,5 millions de dollars sur six ans

Financé par un don du gouvernement coréen à hauteur de 13,5 millions de dollars, le projet ClimAT sera déployé sur une période de six ans (2026-2031) dans les gouvernorats de Tunis, Nabeul, Kairouan et Bizerte, en partenariat avec l’IRESA, l’AVFA et l’Office des Terres Domaniales (OTD)

Dans son allocution, Mohamed Ali Nafti, ministre des Affaires étrangères, a souligné l’importance stratégique de ce projet qui s’inscrit dans le cadre de la coopération technique et financière tuniso-coréenne. Il contribuera à soutenir le secteur agricole à travers :
– L’introduction de techniques modernes de gestion des ressources naturelles
– La gouvernance des ressources en eau via l’installation de systèmes d’irrigation intelligents
– La modernisation de fermes agricoles pilotes dans les gouvernorats ciblés.

Il convient de noter que le projet ClimAT repose sur trois axes majeurs: renforcement des capacités de recherche et développement en matière d’agriculture intelligente adaptée aux changements climatiques ; soutien à l’infrastructure agricole par le déploiement de technologies favorisant la production durable de blé et d’oliviers; organisation de programmes de formation au profit des représentants des structures agricoles concernées.

Mohamed Ali Nafti a salué ce partenariat fructueux entre la Tunisie et la Corée, réaffirmant la volonté tunisienne d’étendre cette coopération à des secteurs prometteurs tels que l’intelligence artificielle, les énergies renouvelables et les technologies de la santé. Il a également mis en avant les atouts qu’offre la Tunisie aux investisseurs coréens : position géographique stratégique, qualité des ressources humaines et ouverture sur les marchés africains et méditerranéens, faisant du pays une plateforme régionale privilégiée pour les entreprises coréennes souhaitant renforcer leur présence en Afrique et en Europe.

Le ministre a enfin souligné la disposition de la Tunisie à développer la coopération triangulaire entre la Tunisie, la Corée et les pays africains, en s’appuyant sur l’expertise tunisienne en matière de développement, de formation et de renforcement des capacités, des objectifs qu’il avait déjà défendus lors de sa participation à la réunion ministérielle Corée-Afrique tenue à Séoul en juin 2026.

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Dattes tunisiennes | Recettes d’exportations en hausse de 12,2%

25. August 2026 um 12:46

L’Observatoire national de l’agriculture (Onagri) a enregistré une hausse de 13,3 % du volume des exportations de dattes tunisiennes, atteignant 144 100 tonnes au cours des dix premiers mois de la campagne 2025-2026. Les recettes de ces exportations ont progressé de 12,2 % pour s’élever à 908,4 millions de dinars (MDT) par rapport à la même période de la campagne précédente.

Dans un bulletin publié en août 2026, l’Observatoire a précisé que la variété «Deglet Nour» a représenté la majeure partie de ce bilan. Les quantités de cette variété ont constitué 84 % du volume total des exportations, avec 121 100 tonnes, et ont généré 93,9 % des recettes globales, soit une valeur de 853 MDT.

La même source a indiqué que le prix moyen à l’exportation s’est établi à 6,30 dinars le kilogramme, enregistrant un léger recul de 0,9 % par rapport à la saison précédente. Le prix de la variété «Deglet Nour» a atteint environ 7,05 dinars le kilogramme, affichant lui aussi une baisse de 0,6 %.

L’Observatoire a souligné la diversité des marchés d’importation des dattes tunisiennes, couvrant 86 pays ; les pays de l’Union européenne arrivent en tête avec 45,7 % du total des exportations. L’Afrique a absorbé 22,9 % des quantités, suivie de l’Asie avec 19,6 %, tandis que l’Italie, l’Allemagne, la France et le Maroc figurent parmi les principales destinations.

Concernant les dattes biologiques, les exportations ont atteint 9 825 tonnes pour une valeur avoisinant 82,2 MDT, enregistrant une hausse des recettes de 32,6 %. L’Allemagne a capté 33 % de ces volumes, suivie de la Belgique et des Pays-Bas, alors que le prix moyen s’est établi à 9,96 dinars le kilogramme.

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Football | Hazem Mastouri rejoint l’Espérance de Tunis

25. August 2026 um 12:04

L’attaquant international tunisien Hazem Mastouri (29 ans, 1m91) arrive aujourd’hui, mardi 25 août 2026, en Tunisie pour passer les examens médicaux préalables à la finalisation de son transfert à l’Espérance de Tunis et à la signature de son contrat.

Mastouri, ancien avant-centre de l’Union sportive monastirienne, a trouvé un accord avec l’équipe tunisoise et il ne reste plus qu’à finaliser les démarches officielles avec le club russe Dinamo Makhatchkala, où il jouait depuis 2025, ce qui devait être réglé dans les prochaines heures.

En contrepartie, l’attaquant de l’Espérance, Achraf Jabri, auteur d’un bel assist, dimanche dernier, ayant permis à son équipe de l’emporter face à l’Etoile du Sahel, au stade de Radès (3-2), rejoindra le club russe qui souhaite le recruter ; il signera un contrat de trois saisons, sous réserve de la conclusion définitive de l’opération.

L’autre attaquant de l’Espérance, le Français Florian Danho, est lui aussi sur le départ pour le club libyen Al-Ittihad SC où il rejoindra l’ancien milieu relayeur espérantiste Onuche Ogbelu.  

I. B.

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Pollution plastique | Un fléau qui s’aggrave en Tunisie

25. August 2026 um 11:37

Le problème des déchets plastiques s’aggrave chaque jour en Tunisie, où l’on enregistre une consommation annuelle d’environ 4,2 milliards de sacs en plastique— soit près de 400 sacs par habitant et par an —, un niveau élevé comparé aux moyennes européennes selon plusieurs études.

La Tunisie génère annuellement quelque 188 000 tonnes de déchets plastiques sur un total de plus de 2,5 millions de tonnes de déchets ménagers, alors que l’on estime à environ 60 % la proportion de déchets plastiques ne faisant pas l’objet d’un traitement adéquat.

Afin d’identifier les causes de la prolifération du plastique sous toutes ses formes — sur les routes, dans les rues, les terres agricoles, en mer, sur les plages et dans d’autres espaces à travers le territoire national —, le président de la Chambre nationale des collecteurs de déchets plastiques, relevant de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica), Hamza Chaouch, a appelé touts les parties prenantes à agir en commun pour réduite la pollution plastique sur l’ensemble du territoire national — devenue préoccupante aux plans environnemental, sanitaire et économique.

Cela nécessite une volonté collective, a-t-il déclaré à Mosaïque, lundi 24 août 2026, en citant la chambre syndicale, le ministère des Finances (qui supervise le Fonds de lutte contre la pollution), le ministère de l’Environnement, les collectivités locales, la société civile ainsi que les citoyens et citoyennes.

Nécessité d’adopter le tri sélectif dès la source

Comment limiter le rejet de plastique dans la nature ? C’est la question qui doit être posée aujourd’hui, a indiqué Hamza Chaouch, estimant que des solutions sont aisément envisageables si toutes les parties prenantes se réunissaient autour d’une même table pour examiner ce dossier.

Il est nécessaire de modifier les méthodes de travail en adoptant le tri sélectif dès la source — qu’il s’agisse des administrations, des foyers ou des écoles — tout en sensibilisant la nouvelle génération et les citoyens aux procédures de collecte et de tri, ainsi qu’à la répartition des déchets dans des conteneurs spécifiques selon leur nature, a souligné le dirigeant syndical, en soulignant la disposition des industriels membres de la Chambre et des acteurs légaux du secteur à proposer des solutions efficaces, estimant qu’il est urgent de placer ce dossier au cœur des discussions afin de trouver une solution radicale et durable à ce fléau.

Sur un autre plan, Hamza Chaouch a rappelé que le secteur des déchets plastiques compte plus de 25 000 collecteurs et recycleurs opérant dans un marché informel, en l’absence de statistiques officielles sur les quantités de plastique collectées à travers le pays.

Un autre problème majeur réside dans la présence d’environ 80 % d’acteurs informels — apparus après la Révolution de 2011 — qui exercent dans ce domaine sans s’acquitter de leurs obligations fiscales.

Ce désordre entrave le développement d’un marché organisé pour les collecteurs et les recycleurs de déchets en général, et de ceux en plastique en particulier, estime Hamza Chaouch, qui appelle à soutenir le secteur par l’octroi d’aides financières incitatives spécifiques de la part des municipalités et du ministère de l’Environnement, afin de faciliter le transport et la gestion organisée des déchets.

Encourager la création d’entreprises de collecte de plastique

Tout en soulignant l’importance de faire évoluer les mentalités concernant la collecte, le recyclage et la gestion des plastiques, afin de s’aligner sur les technologies modernes déployées à l’échelle mondiale pour le traitement de divers types de plastiques usagés, M. Chaouch a appelé l’État à intervenir pour encourager les jeunes entrepreneurs à investir et à créer des entreprises spécialisées dans la collecte des plastiques non recyclables.

Dans le même ordre d’idées, il a exhorté l’Assemblée des représentants du peuple à adopter une loi visant à moderniser le dispositif et à soutenir les activités de collecte et de recyclage afin de renforcer les capacités des entreprises, garantissant ainsi la fin de la pollution plastique qui perdure depuis des années.

Les taux de recyclage du plastique en Tunisie sont jugés limités ; en effet, les déchets plastiques représentent près de 84 % des déchets présents dans le milieu marin méditerranéen. Cette situation menace les écosystèmes côtiers et marins et affecte négativement des secteurs économiques vitaux tels que le tourisme et la pêche, engendrant un coût économique estimé à plus de 20 millions de dollars par an.

I. B.

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Fonction publique | Reclasser les diplômes ou libérer le capital humain de l’État ?

25. August 2026 um 11:01

À l’approche de la nouvelle session parlementaire, le débat autour d’un projet de loi visant à réaffecter et à reclasser certains agents de l’État en fonction de leurs niveaux et qualifications remet sur la table une question que l’administration tunisienne ne peut plus contourner : que faisons-nous réellement de nos compétences ?

Abdelwaheb Ben Moussa *

Sur le principe, difficile de contester l’objectif. Lorsqu’un agent de l’État dispose d’une qualification universitaire sans que ses fonctions, son grade ou ses responsabilités ne correspondent à son parcours, il existe une situation à examiner et, le cas échéant, à corriger.

La régularisation statutaire peut réparer cette anomalie. Mais elle ne suffira pas, à elle seule, à moderniser l’administration.

Car le véritable sujet n’est pas seulement celui du grade, du salaire ou de la carrière. Il est beaucoup plus stratégique : comment transformer les compétences déjà présentes dans l’administration en capacité réelle d’exécution ? C’est là que commence le véritable débat.

Le diplôme n’est pas une compétence inutilisée

La fonction publique tunisienne dispose d’un capital humain considérable. Des agents recrutés à des niveaux d’exécution ont, au fil des années, obtenu des licences, des maîtrises, des masters ou d’autres qualifications.

Dans certains cas, ces qualifications peuvent être insuffisamment exploitées au regard des missions exercées.

Le problème n’est donc pas nécessairement que les agents soient insuffisamment formés. Il peut résider dans l’écart entre les compétences disponibles et les besoins réels de l’administration.

Un diplômé en informatique affecté à des tâches essentiellement répétitives. Un juriste mobilisé sur des opérations qui utilisent peu son expertise. Un économiste consacré à la compilation manuelle de données. Un ingénieur éloigné des fonctions techniques correspondant à son expérience.

Ces situations, lorsqu’elles existent, ne sont pas seulement frustrantes pour les agents concernés. Elles peuvent aussi représenter un gaspillage de capital humain financé par la collectivité.

L’État a investi dans la formation. L’agent a acquis une qualification. Mais l’organisation ne parvient toujours pas à transformer cette qualification en valeur pour le service public. C’est une forme de capital humain sous-utilisé. Et dans une administration confrontée à la transformation numérique, à la complexification des dossiers et à l’accélération des attentes des citoyens et des entreprises, ce gaspillage devient difficilement acceptable.

Le piège d’une régularisation sans transformation

C’est ici que le projet de loi doit être regardé avec une exigence particulière : reclasser un agent peut être nécessaire, mais reclasser sans réaffecter, c’est risquer de déplacer le problème. Et reclasser sans revoir les missions, les processus et les responsabilités pourrait produire un effet paradoxal : une évolution statutaire et budgétaire sans amélioration correspondante du service public.

Il ne s’agit évidemment pas d’opposer la régularisation à la performance. La justice statutaire et l’efficacité administrative ne sont pas contradictoires. Elles doivent être pensées ensemble.

La question devrait donc être posée pour chaque situation : quelle qualification possède l’agent ? Quelle expérience a-t-il acquise ? Quelles compétences opérationnelles maîtrise-t-il ? Quelle mission exerce-t-il aujourd’hui ? Quelle mission pourrait-il exercer demain ? De quelle formation complémentaire aurait-il besoin ? Et surtout, quel besoin réel de l’administration justifie cette nouvelle affectation ?

Cette approche change la nature de la réforme. On ne parle plus simplement de reclassement. On parle de gestion stratégique des compétences publiques.

Mettre la bonne compétence au bon endroit

L’administration tunisienne n’a pas seulement besoin de recruter. Elle doit d’abord mieux utiliser ce qu’elle possède déjà. Avant de créer un nouveau poste, ne faudrait-il pas vérifier si la compétence nécessaire existe déjà ailleurs dans l’administration ? Avant de lancer une nouvelle formation, ne faudrait-il pas identifier les compétences disponibles mais sous-utilisées ? Avant d’ajouter une nouvelle couche organisationnelle, ne faudrait-il pas regarder où se trouvent les véritables goulots d’étranglement ?

Cela suppose de connaître beaucoup mieux le capital humain disponible. Non pas seulement combien d’agents travaillent dans chaque administration, mais qui sait faire quoi, où, avec quelle expérience, avec quelles compétences numériques et pour quels besoins.

Un référentiel des emplois et des compétences pourrait devenir un véritable outil de décision.

L’objectif ne serait pas de créer une nouvelle couche bureaucratique, ni un énième fichier administratif. Il s’agirait de rapprocher les compétences disponibles des besoins réels et de donner aux responsables publics une vision plus précise de leurs capacités d’action.

On passerait ainsi progressivement d’une administration organisée principalement autour des postes à une administration davantage organisée autour des compétences et des besoins.

La digitalisation peut accélérer le mouvement

La transformation numérique offre ici une opportunité considérable. Les tâches répétitives, la saisie, la circulation physique de documents ou certaines opérations de contrôle et de consolidation peuvent progressivement être automatisées. Mais l’automatisation ne devrait pas avoir pour seul objectif de supprimer des tâches. Elle doit surtout permettre de réaffecter du temps humain vers des missions à plus forte valeur.

Un agent libéré d’une partie de la saisie peut davantage analyser. Un juriste peut consacrer plus de temps à l’interprétation et à la sécurisation des décisions. Un économiste peut travailler sur les données plutôt que sur leur compilation manuelle.

Un informaticien peut contribuer à la transformation des processus au lieu d’être mobilisé sur des tâches sans rapport avec son expertise.

C’est là que la réforme des ressources humaines rejoint directement celle de l’administration.

Le numérique ne doit pas seulement transformer les outils. Il doit transformer l’utilisation des compétences. Mais cette transformation ne se fera pas automatiquement. Elle suppose une formation adaptée, une mobilité mieux organisée et surtout une définition claire des nouvelles missions.

Attention au piège «diplôme = reclassement automatique»

Il faut également éviter un autre écueil. Un diplôme ne constitue pas, à lui seul, une garantie de compétence immédiatement opérationnelle. Certains diplômes peuvent être anciens. Les métiers ont évolué. Les technologies ont changé. Les besoins de l’administration aussi.

La qualification doit donc être considérée comme un élément important de l’évaluation, mais pas comme le seul critère.

Le reclassement ou la réaffectation doivent pouvoir prendre en compte la qualification, l’expérience, les compétences effectivement maîtrisées, les besoins du service et, lorsque cela est nécessaire, une mise à niveau.

Il faut également éviter que la formation ne devienne une simple formalité administrative. Une formation n’a de sens que si elle répond à une mission.

Il ne s’agit pas d’accumuler des certificats. Il s’agit de permettre à un agent de réussir dans une nouvelle fonction.

Le diplôme peut ouvrir une possibilité. La compétence opérationnelle doit permettre de la concrétiser.

La réforme doit être pilotée par les résultats

C’est probablement le point le plus important. Comment saura-t-on que cette politique de réaffectation et de reclassement a fonctionné ?

Pas au seul nombre d’agents reclassés. Pas au nombre de décisions administratives prises. Pas au montant des nouvelles grilles indiciaires. Mais aux résultats produits. Les délais de traitement ont-ils diminué ? Les services ont-ils gagné en capacité ? Les compétences numériques disponibles ont-elles augmenté ? Les postes réellement en tension sont-ils mieux pourvus ? Les agents concernés exercent-ils effectivement des fonctions davantage en rapport avec leurs qualifications et leurs compétences ? Le citoyen bénéficie-t-il d’un meilleur service ?

Voilà les indicateurs qui devraient accompagner la réforme. Une réforme administrative qui ne produit aucune amélioration mesurable du service public reste une réforme de structure.

De la gestion des effectifs à l’ingénierie des compétences

La Tunisie doit désormais changer de logique. Pendant des décennies, la question de la fonction publique a souvent été posée en termes d’effectifs, de recrutements, de départs, de masse salariale et de statuts.

Ces questions restent importantes. Mais elles ne suffisent plus. Le véritable enjeu est celui de la capacité productive de l’administration. Combien de dossiers peut-elle traiter ? Dans quels délais ? Avec quelles compétences ? Avec quels outils ? Avec quelle qualité de décision ? Et avec quelle capacité d’adaptation ?

C’est cette approche qui permettrait de transformer une mesure de régularisation en véritable politique publique.

Le reclassement deviendrait alors non pas une fin, mais le premier acte d’une démarche plus ambitieuse : identifier les compétences, les repositionner, les former, les responsabiliser et mesurer leur contribution.

Le risque serait de manquer une occasion historique

La Tunisie dispose d’un avantage que beaucoup de pays aimeraient avoir : un capital humain important, formé par son système éducatif et déjà présent dans ses institutions.

Le problème n’est donc pas seulement de produire davantage de compétences. Il est de mieux utiliser celles qui existent.

À l’heure où le Plan 2026-2030 appelle à davantage d’efficacité, de transformation numérique et de capacité d’exécution, cette question devient centrale.

Une administration qui recrute de nouvelles compétences tout en sous-utilisant celles qu’elle possède déjà reproduit une contradiction coûteuse.

À l’inverse, une administration capable d’identifier ses talents, de les repositionner et de les faire monter en compétence peut accroître sa capacité d’action sans nécessairement augmenter ses effectifs dans les mêmes proportions.

C’est précisément là que la réforme peut devenir un levier de productivité publique.

La vraie question que le Parlement devrait poser

Le débat parlementaire ne devrait donc pas se limiter à une question statutaire : combien d’agents seront reclassés et à quel grade ? Il devrait poser une question beaucoup plus exigeante : que fera l’administration de ces compétences une fois qu’elles auront été reconnues ? Car la reconnaissance est nécessaire.

La valorisation est souhaitable. Mais la mobilisation est indispensable. Si le reclassement s’arrête au changement de grade et à la revalorisation salariale, l’État aura corrigé une situation statutaire. C’est légitime, mais ce ne sera pas encore une réforme de l’administration.

Si, au contraire, cette reconnaissance s’accompagne d’une identification précise des compétences, d’une réaffectation fondée sur les besoins réels, d’une formation ciblée, d’une transformation des processus et d’une évaluation des résultats, alors la mesure peut changer de nature. Elle ne sera plus seulement une régularisation. Elle deviendra une politique de valorisation du capital humain de l’État.

C’est là que se situe le véritable enjeu. La Tunisie n’a pas nécessairement besoin de créer une nouvelle administration pour faire plus. Elle doit d’abord apprendre à mieux utiliser celle qu’elle possède déjà. Car le problème n’est pas seulement de savoir combien de diplômes l’État peut reconnaître. Il est de savoir combien de compétences il est capable de transformer en capacité d’action. Et au bout du compte, le citoyen ne jugera pas la réforme au nombre de grades reclassés. Il la jugera au nombre de dossiers traités plus vite, de services améliorés et de problèmes enfin résolus.

C’est là que se fera la différence entre une régularisation administrative et une véritable réforme de l’État.

Reconnaître les compétences est une décision. Les mettre au bon endroit est une réforme. En faire des résultats, c’est l’exécution.

* Ingénieur informatique, cadre de banque publique.

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Coupures d’électricité : La STEG annonce de nouveaux délestages ce mardi

25. August 2026 um 10:03

La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) annonce la possibilité de recourir, ce mardi 25 août 2026, à de nouvelles coupures tournantes dans plusieurs régions du pays. Les délestages pourraient intervenir entre 13h et 17h et seront déclenchés en fonction de la situation du réseau électrique.

Les interruptions ne sont donc pas systématiques. Lorsqu’elles sont appliquées, elles interviennent par périodes intermittentes ne dépassant pas deux heures.

De nombreuses zones du Grand Tunis concernées

Selon le communiqué de la STEG relayé mardi matin par la Radio nationale, le Grand Tunis figure largement sur la liste.

Fouchana, El Mghira, Borj Cedria, Cité Ettadhamen, La Soukra, El Mourouj, Mégrine, Radès, Ezzahra, Hammam-Lif, Boumhel, Ariana, Douar Hicher, La Marsa, Borj Touil, El Menzah, El Manar, Aïn Zaghouan, Jardins de Carthage, Le Kram, La Goulette, Tebourba, Jedeida, Sidi Thabet et Mornag sont notamment citées.

Dans le Cap Bon figurent Nabeul, Hammamet, Kélibia, Korba, Béni Khiar, Menzel Temime, Menzel Bouzelfa, Soliman et Takelsa. Plusieurs zones de Bizerte et Zaghouan sont également concernées.

Des coupures possibles jusqu’au Sud

La liste s’étend au Nord-Ouest avec notamment Nefza, Rouhia, Makthar, Ghardimaou, Bou Salem, Gaâfour, Nebeur et Tajerouine.

Dans le Centre, les délestages pourraient toucher notamment Enfidha, Hammam Sousse, Akouda, M’saken, Jemmal, Ksar Hellal, Moknine, Mahdia, Chebba, Bouhajla et Sbikha.

À Sfax sont notamment mentionnés Menzel Chaker, Sakiet Ezzit, Sakiet Eddaïer, Bir Ali Ben Khalifa, Mahres, Agareb, El Amra, Jebiniana et Hencha.

Des zones de Gabès, Djerba, Kébili, Tataouine, Zarzis, Ben Guerdane et Médenine figurent également sur la liste.

Un réseau qui continue à être renforcé

La STEG indique que ces coupures éventuelles visent à préserver la sécurité et la continuité du système électrique. Leur déclenchement dépend de l’équilibre entre la production et la consommation.

Lire aussi : Après les délestages : Zaafrana, Bou Argoub… où en est le renforcement du réseau électrique ?

Deux infrastructures sont justement entrées en service récemment : le poste de transformation de Zaafrana, à Kairouan, le 13 juillet, puis celui de Bou Argoub, à Nabeul, le 21 août. Ce dernier contribue notamment à renforcer les échanges électriques entre le Cap Bon, le Grand Tunis et le Sahel.

Ces équipements ne produisent pas eux-mêmes davantage d’électricité, mais augmentent la capacité du réseau à transporter, transformer et répartir l’énergie.

Lire aussi : Tunisie : 600 millions de dinars pour renforcer la production électrique à Borj El Amri

En attendant que les autres projets annoncés renforcent davantage le système, les délestages restent donc un outil auquel la STEG peut recourir lorsque les besoins du réseau l’exigent.

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Poste Tunisienne | Un agent poursuivi pour détournement de fonds

25. August 2026 um 10:03

Le ministère public près le Tribunal de première instance de Ben Arous a ordonné aux agents de la brigade de police judiciaire de Hammam-Lif de placer en garde à vue un employé de la Poste Tunisienne, soupçonné d’avoir détourné des fonds appartenant à des clients du bureau de poste où il travaille.

Cette décision, annoncée lundi 24 août 2026, fait suite à la diffusion, sur les réseaux sociaux, d’une vidéo montrant une femme âgée souhaitant retirer 800 dinars ; l’employé a toutefois enregistré un prélèvement de 832 dinars sur son compte tout en ne lui remettant que 800 dinars, un incident qui a suscité l’indignation et de nombreuses interrogations.

La dame, qui subissait ces prélèvements abusifs depuis de longues années et de la part du même agent, était accompagnée, ce jour-là, de son fils, qui a découvert le pot aux roses et exigé des explications de l’agent en question qui s’est confondu en justifications oiseuses. La ficelle était trop grosse et les malversations sont dûment documentées par l’historique des transactions sur le compte de la victime, comme l’a expliqué son fils dans la vidéo.

En réaction, la Poste tunisienne a affirmé, dans un communiqué publié dimanche 23 août 2026, qu’elle «ne tolérera aucun manquement avéré», précisant que les mesures nécessaires seront prises et la loi appliquée avec la plus grande rigueur à l’encontre de toute personne dont la responsabilité serait établie, conformément aux réglementations et lois en vigueur.

Ce n’est pas la première fois que l’entreprise publique se trouve au centre d’une polémique à cause des abus de certains de ses agents : un renforcement du système de contrôle interne est on ne peut plus nécessaire pour mettre fin aux malversations que se permettent certains agents.

I. B.

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Canicule en Tunisie | Appel à la vigilance contre les incendies

25. August 2026 um 09:39

L’Office national de la protection civile a mis en garde contre une nouvelle hausse des températures sur tout le territoire tunisien. A partir de ce mardi 25 août 2026, les températures devraient osciller entre 40 et 45 degrés Celsius, ce qui va accroître le risque de déclenchement d’incendies.

Tout en appelant les citoyens à respecter les consignes de prévention pour limiter les dangers d’incendies, l’Office leur recommande notamment de ne pas laisser de bouteilles ou de récipients en verre dans les forêts ou les espaces ouverts, en raison du risque de concentration des rayons solaires qu’ils présentent, et à ne pas jeter de mégots de cigarettes ou de matières inflammables sur les routes ou dans les espaces naturels.

Dans une publication sur sa page Facebook hier, lundi 24 août, le porte-parole de l’Office national de la protection civile a également recommandé de s’abstenir de brûler des déchets, des résidus de récoltes ou des herbes sèches, et d’éviter d’allumer des feux dans les forêts ou à proximité de zones agricoles et d’herbes sèches.

Il a insisté sur la nécessité de surveiller les enfants et de les empêcher de jouer avec le feu ou des pétards, tout en appelant à coopérer avec les agents de la protection civile et les autorités locales et à respecter leurs consignes afin de préserver les vies et les biens.

Il a également appelé à signaler immédiatement toute apparition de fumée ou tout incendie en contactant la protection civile au numéro 198, rapporte Mosaïque FM.

Rappelons que la Protection civile avait annoncé, dans un communiqué publié hier, lundi, que ses unités ont effectué, 596 interventions au cours des dernières vingt-quatre heures, dont 124 opérations d’extinction d’incendies.

Par ailleurs, la canicule qui s’est installée dans le pays semble appelée à perdurer toute la semaine. Selon l’Institut national de la météorologie, la hausse des températures va se poursuivre et une augmentation marquée est attendue dans la plupart des régions les mardi 25 et mercredi 26 août, où les températures devraient dépasser les normales saisonnières de 7 à 11 degrés ; les maximales oscillant entre 42 et 48 degrés, accompagnées du vent de sirocco.

I. B.

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L’élève Amine Sayhi meurt des suites d’une insolation | Il travaillait dans les champs

25. August 2026 um 09:02

C’est l’histoire d’un adolescent de 14 ans, Amine Sayhi, originaire de la région de Zelfan et élève de huitième année au collège de Thala (Kasserine), qui a trouvé la mort des suites d’une insolation… La pauvreté de sa famille l’a contraint à travailler dans les champs par ce temps caniculaire où la chaleur dépassait 40 degrés Celsus, rapporte Anba Tounes.  

«Comme tout enfant de son âge, il nourrissait des rêves : des livres, un cartable, l’école et un avenir qu’il espérait bâtir de ses propres mains. Mais la pauvreté et le besoin ne lui ont pas permis de vivre l’enfance qu’il méritait», a écrit Me Nadia Chaouachi, qui a rapporté son drame sur sa page Facebook, hier, lundi 24 août 2026.

«Durant les vacances, Amine est parti travailler dans des exploitations agricoles… non pas pour s’acheter un jouet, ni pour mener une vie d’aisance, et encore moins parce qu’il avait choisi ce travail. Il est parti travailler pour gagner un peu d’argent, de quoi acheter ses fournitures scolaires et poursuivre ses études», écrit encore Mme Chaouachi. Elle ajoute : «Un enfant à la fleur de l’âge : au lieu d’être à l’abri de l’école, il s’est retrouvé exposé à un soleil impitoyable… Ses mains, qui auraient dû tenir un stylo, se sont mises au travail pour en payer le prix. Mais le destin s’est montré plus cruel encore… Amine nous a quittés après avoir été victime d’une insolation, emportant avec lui un petit rêve : celui de poursuivre ses études».

«À peine 14 ans… Quel est son tort ? Qu’a-t-il fait pour être privé de son enfance ? Son histoire doit nous bouleverser, éveiller nos consciences et nous amener à nous interroger : combien d’autres Amine travaillent encore sous un soleil de plomb ? Combien d’enfants sacrifient leur enfance parce que leur famille n’a pas les moyens ?», conclut la juriste, en pensant à tous ces enfants qui travaillent pour subvenir aux besoins de leurs familles, et que les autorités feignent de ne pas voir.

I. B.

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Pénurie d’eau minérale : Après les saisies, les injections exceptionnelles gagnent la Manouba

25. August 2026 um 08:37

Face à une pénurie d’eau minérale qui se prolonge, les autorités ne se limitent plus aux contrôles et aux saisies. Après Nabeul, 124 416 bouteilles de deux litres ont été injectées, lundi 24 août 2026, dans les circuits commerciaux du gouvernorat de la Manouba.

Cette opération représente près de 249 000 litres d’eau supplémentaires destinés aux points de vente. Elle s’inscrit dans une réponse qui a progressivement évolué au cours du mois d’août, passant du contrôle des stocks à des opérations ciblées de renforcement de l’approvisionnement.

Des dizaines de milliers de litres saisis

À Sousse, 23 600 litres avaient d’abord été découverts le 5 août chez deux grossistes. Deux jours plus tard, près de 40 000 litres supplémentaires étaient saisis dans un entrepôt à Kalâa Sghira. En quelques jours, plus de 63 000 litres avaient ainsi été concernés dans la région.

Le phénomène s’était ensuite étendu à Nabeul, où 8 832 bouteilles avaient été saisies le 8 août, dont 5 928 découvertes dans un dépôt destiné à la vente de matériaux de construction.

Lire aussi: Pénurie d’eau minérale : Après les 40 000 litres de Sousse, 8 832 bouteilles saisies à Nabeul

À l’échelle nationale, Webdo rapportait le 12 août que les services du ministère du Commerce avaient saisi plus de 147 000 litres d’eau conditionnée depuis la seconde moitié de juillet et le début du mois d’août.

Lire aussi : Pénurie d’eau en bouteille : Plus de 147 000 litres saisis

Après les saisies, place aux injections

À partir du 22 août, la réponse a changé de dimension. À Nabeul, 165 000 bouteilles ont été orientées vers plusieurs délégations afin de renforcer directement les quantités disponibles dans les commerces.

Le même jour, lors de sa tournée à Kairouan, Sousse et Mahdia, Kaïs Saïed a affirmé que plus de 80 000 bouteilles d’eau minérale cachées dans un entrepôt avaient récemment été saisies et remises dans les circuits de distribution.

À la Manouba, l’opération du 24 août poursuit cette logique. Selon la Direction régionale du commerce, 124 416 bouteilles de deux litres ont été acheminées vers différents points de vente, sous supervision des services de contrôle et avec accompagnement sécuritaire.

Il ne s’agit pas d’une distribution gratuite aux habitants, mais d’une injection exceptionnelle dans le commerce. L’opération doit se poursuivre dans les zones où l’approvisionnement reste insuffisant.

Un marché qui n’a toujours pas retrouvé son équilibre

La succession de ces opérations montre ainsi le passage progressif d’une politique principalement axée sur les contrôles et les saisies à une intervention destinée à renforcer directement l’approvisionnement des régions confrontées aux ruptures.

Ces mesures restent cependant ponctuelles. Les professionnels du secteur ne prévoient désormais une amélioration progressive de la disponibilité de l’eau minérale qu’à partir de septembre, après plusieurs reports du retour à la normale.

Lire aussi: Pénurie d’eau minérale : Après plusieurs reports, le retour à la normale encore repoussé

La multiplication des injections exceptionnelles à Nabeul puis à la Manouba constitue donc un indicateur de la persistance des tensions : le marché de l’eau minérale nécessite encore des interventions ciblées pour renforcer ponctuellement les circuits de distribution.

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Ben Guerdane – 12 morts et 2 disparus | Comment est-on arrivé là ?

25. August 2026 um 08:06

Comment en est-on arrivé à ce que des jeunes de Ben Guerdane voient davantage d’espoir dans une embarcation précaire et la Méditerranée que dans leur propre pays ? C’est la question que pose le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT) dans le communiqué suivant, publié le 24 août 2026, où  il exprime sa profonde douleur et sa solidarité avec les familles et les populations de Ben Guerdane et de Zarzis frappées par le naufrage d’une embarcation transportant quinze jeunes Tunisiens qui tentaient de rejoindre l’Italie.

Selon le dernier bilan communiqué par la Direction générale de la Garde nationale, douze corps ont été repêchés, deux personnes restent portées disparues et une seule personne a survécu. Quatorze des quinze personnes à bord étaient originaires de Ben Guerdane et une de Zarzis. L’embarcation avait quitté les côtes le 19 août et a sombré à environ 14 milles marins au large de Zarzis.

Le CRLDHT présente ses condoléances aux familles des victimes et partage l’angoisse de celles qui attendent encore de connaître le sort de leurs enfants. Il demande que les recherches se poursuivent sans interruption jusqu’à ce que les deux derniers disparus soient retrouvés.

Mais cette tragédie ne peut être réduite à un nouveau fait divers de la migration dite irrégulière.

La question n’est pas seulement de savoir comment ces jeunes sont morts. Elle est aussi de comprendre pourquoi des jeunes, âgés pour plusieurs d’entre eux de 18 à 25 ans, ont estimé qu’il ne leur restait d’autre horizon que de prendre la mer au risque de leur vie.

Ben Guerdane : sécurité sans développement

Pour comprendre ce qui se passe aujourd’hui à Ben Guerdane, il faut revenir sur les profondes transformations qu’a connues cette région frontalière au cours de la dernière décennie.

La lutte contre le terrorisme et la sécurisation de la frontière tuniso-libyenne étaient des nécessités incontestables, particulièrement après les événements de mars 2016 : les affrontements d’El Aouija du 2 mars, puis surtout l’attaque de grande ampleur menée par Daech contre Ben Guerdane, le 7 mars 2016.

La population de Ben Guerdane avait alors joué, aux côtés des forces militaires et sécuritaires, un rôle déterminant dans la résistance aux assaillants.

Mais les réponses apportées aux problèmes de la région sont restées principalement sécuritaires, sans véritable politique économique et sociale à la hauteur de ses besoins.

La construction et le renforcement du dispositif militaire frontalier, l’intensification des contrôles et les restrictions apportées aux échanges ont directement affecté l’économie transfrontalière, y compris le commerce informel qui constitue depuis longtemps une source essentielle de revenus pour de nombreuses familles.

Restreindre cette économie sans construire simultanément des alternatives crédibles revenait à exposer une partie croissante de la population au chômage, à la précarité et à l’absence de perspectives.

À cela s’ajoutent les difficultés persistantes liées au passage frontalier de Ras Jedir, véritable artère économique et sociale de Ben Guerdane. Fermetures, réouvertures, restrictions, difficultés de passage et décisions changeantes ont fragilisé encore davantage les activités dont dépendent de nombreuses familles.

Contrôler les départs ne peut remplacer l’obligation de sauver

Cette tragédie interpelle également les politiques migratoires mises en œuvre par la Tunisie, notamment dans le cadre de sa coopération avec l’Union européenne.

Depuis plusieurs années, des moyens importants sont consacrés au contrôle des côtes, à la surveillance des zones de départ et à l’interception des embarcations. Les dispositifs sont d’abord conçus pour empêcher les départs.

Le CRLDHT rappelle pourtant que la protection de la vie humaine et le sauvetage en mer doivent constituer une priorité absolue.

Comment expliquer que des moyens importants soient mobilisés pour surveiller les côtes, empêcher les départs et intercepter les embarcations, alors qu’un bateau transportant quinze personnes peut disparaître et qu’un survivant peut rester près de deux jours en mer avant d’être découvert par un navire commercial ?

Le drame de Ben Guerdane ravive inévitablement le souvenir du naufrage de Zarzis de septembre 2022. Quatre ans plus tard, les familles restent mobilisées pour connaître toute la vérité sur la disparition de l’embarcation, les conditions des recherches et la gestion des dépouilles.

Une nouvelle tragédie survient aujourd’hui dans la même région maritime et pose à nouveau la question des enseignements réellement tirés de Zarzis et de l’efficacité des dispositifs de recherche et de sauvetage.

Mais cette responsabilité ne s’arrête pas aux frontières tunisiennes. Les politiques migratoires européennes portent également une part de responsabilité dans les drames et les disparitions en Méditerranée. La lutte contre les départs ne peut continuer à primer sur la protection des vies, tandis que des milliers de personnes meurent ou disparaissent en mer et que leurs familles restent parfois des années sans savoir ce qu’elles sont devenues.

Silence politique et réponse policière

À ce jour, aucune prise de parole publique significative du gouvernement ou de la Présidence de la République sur cette tragédie, ses causes et la situation de Ben Guerdane n’est à relever.

La Garde nationale communique sur les opérations de recherche et indique qu’elles font l’objet d’un suivi au plus haut niveau. Mais cela ne remplace pas une parole politique adressée aux familles et à la population.

Ce silence contraste avec la réponse apportée aux manifestations qui ont éclaté à Ben Guerdane. Pendant deux nuits, des habitants et des jeunes sont descendus dans la rue. Leur mobilisation exprimait d’abord l’angoisse devant la disparition des leurs, puis plus largement le chômage, les difficultés de Ras Jedir, les projets de développement bloqués et l’absence de perspectives.

Face à cette colère, les forces de sécurité sont intervenues, ont chargé des manifestants et fait usage de gaz lacrymogène.

Le contraste est saisissant : silence politique face au drame et à ses causes, intervention policière lorsque la colère s’exprime dans la rue.

Établir les responsabilités

L’enquête judiciaire ouverte est indispensable, mais elle ne peut se limiter aux organisateurs de la traversée et aux éventuels passeurs. Elle doit aussi établir les circonstances du naufrage, la chronologie des alertes et des recherches, les moyens de surveillance et de sauvetage mobilisés et les éventuelles responsabilités, y compris institutionnelles. Un bilan des mesures prises depuis le naufrage de Zarzis de 2022 doit également être rendu public. Les familles ont droit à la vérité.

Le CRLDHT appelle parallèlement à une révision profonde des politiques concernant les régions frontalières, particulièrement Ben Guerdane et Ras Jedir, ainsi que des politiques migratoires tunisiennes et européennes, afin que le sauvetage et la protection des vies disposent des moyens nécessaires.  

Les douze victimes ne sont pas seulement des «migrants irréguliers». Ce sont des jeunes Tunisiens qui cherchaient une possibilité de vivre autrement. Quand le commerce frontalier se réduit sans alternative, que le chômage et les restrictions s’accumulent et que tout horizon se ferme, la mer finit par apparaître comme une issue, au risque de devenir un tombeau.

Une question demeure : comment en est-on arrivé à ce que des jeunes de Ben Guerdane voient davantage d’espoir dans une embarcation précaire et la Méditerranée que dans leur propre pays ?

Communiqué.

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Italie : avec 626 Tunisiens arrivés par mer, la Tunisie au 8e rang des nationalités

25. August 2026 um 08:00

Selon les dernières données du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), arrêtées au 30 juin 2026, 626 personnes parties de Tunisie ont été enregistrées parmi les arrivées maritimes sur les côtes italiennes depuis le début de l’année.

Ces arrivées représentent 4,4 % du total recensé au cours du premier semestre 2026. La Tunisie figure ainsi parmi les principaux pays de départ, derrière le Bangladesh, la Somalie, le Soudan, le Pakistan, l’Algérie, l’Égypte et l’Érythrée. Elle devance notamment le Mali, le Nigeria et la Côte d’Ivoire.

Le Bangladesh arrive largement en tête avec 4 249 arrivées, soit 29,5 % du total. Il est suivi par la Somalie avec 1 644 personnes (11,4 %), le Soudan avec 1 369 (9,5 %) et le Pakistan avec 1 185 (8,2 %). L’Algérie occupe la cinquième position avec 1 106 arrivées, devant l’Égypte, avec 920 personnes.

Des arrivées en baisse à l’échelle italienne

Ces chiffres s’inscrivent toutefois dans un contexte général de recul des arrivées maritimes en Italie. Après le pic enregistré en 2023, avec 157 651 personnes arrivées par la mer, le nombre d’arrivées a fortement diminué pour atteindre 66 617 en 2024, puis 66 316 en 2025, selon les données du HCR.

Cette baisse s’accompagne également d’une diminution du nombre de morts et de disparus en mer. Celui-ci est passé de 1 908 en 2023 à 1 126 en 2025, selon les séries annuelles publiées par le HCR.

Malgré ce recul, la route de la Méditerranée centrale reste l’un des principaux axes migratoires vers l’Europe. La Tunisie conserve, dans ce dispositif, une position particulière, à la fois comme pays de départ pour ses propres ressortissants et comme territoire de transit pour des migrants originaires d’autres pays africains.

La Tunisie au cœur de la route de la Méditerranée centrale

La présence de ressortissants tunisiens parmi les arrivées en Italie s’ajoute ainsi à celle de migrants originaires d’Afrique subsaharienne ayant transité par le territoire tunisien avant de tenter la traversée. Le Soudan, le Mali, la Côte d’Ivoire et la Guinée figurent notamment parmi les nationalités recensées dans les arrivées maritimes en Italie.

Lire aussi : Drame en mer à Zarzis : un seul survivant sur une embarcation de 15 migrants

La route reliant les côtes tunisiennes et libyennes à l’Italie, notamment à Lampedusa et en Sicile, demeure ainsi un axe stratégique des migrations en Méditerranée centrale. Malgré le recul global des flux, les départs depuis la Tunisie continuent d’alimenter les arrivées sur les côtes italiennes.

Le HCR poursuit le suivi de ces mouvements à travers son portail de données opérationnelles, avec des mises à jour régulières sur les arrivées maritimes en Europe ainsi que sur les personnes mortes ou portées disparues en mer.

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‘‘Zerda’’ de Radhia Toumi | Murmures du corps et des absents

25. August 2026 um 07:49

Publié vers la fin de l’année 2024 aux Éditions Khayal, ‘‘Zerda’’ est un recueil de poésie en langue française de la poétesse algérienne Radhia Toumi. En feuilletant et en lisant ce livre, on entre dans une poésie contemporaine en vers libres, intime et viscérale, où chaque mot semble taillé dans la chair et la mémoire. Le corps, l’âme, la solitude, la guerre, l’exil : tout est là, inscrit dans la tension fragile de l’existence.

Djamal Guettala

Dès «ADN», la douleur devient génétique. La double hélice «étourdie» égare son «écharpe hélicée», et l’ADN lui-même vacille. Le corps devient un champ de bataille intime, où chaque cellule porte le poids de l’histoire et de la souffrance.

Dans «Aide-moi à trouver mon corps», la tragédie prend la mer pour décor : corps engloutis, âmes séparées, disparition et exil se transforment en un «ventre immense d’eau et de sel». La poésie devient alors cri et témoignage, à la fois intime et collectif.

Le corps entre identité, mémoire, absence et exil

    La poésie de Radhia Toumi repose sur le vers libre, sans rimes ni métrique régulière, mais aussi sur une succession d’images, de métaphores, d’ellipses et de silences qui donnent au texte son rythme particulier. Des formules comme «la mer m’a pris les jambes» ou «les miroirs ne connaissent plus mon histoire» ne cherchent pas seulement l’effet poétique : elles déplacent le réel et le chargent d’une dimension symbolique. Le corps devient alors identité, mémoire, absence et exil. Chaque image semble ouvrir une seconde lecture derrière le récit apparent.

    Cette écriture reste pourtant accessible. Toumi ne s’enferme ni dans une poésie hermétique ni dans une expérimentation formelle gratuite. Ses textes possèdent souvent une dimension narrative : ils racontent une situation, une rencontre, une séparation, une douleur ou un souvenir, avant de basculer vers l’émotion et le symbole. La poésie naît précisément de cette transformation du quotidien en expérience intérieure. Certaines chutes reconfigurent ainsi le sens des vers précédents et laissent au lecteur un écho qui dépasse le poème lui-même.

    La solitude s’invite également dans les espaces domestiques. Dans «La chambre des invités», les chaises de bois et de cuir vides, le silence et l’absence transforment la pièce en miroir de la vacuité intérieure.

    «Regard furtif» saisit l’éphémère d’un désir timide qui s’éteint dans l’abîme : chambres fantômes secouées par le vent, mélancolie saccadée, cœur «à bout de force» qui crie sa fatigue. Le quotidien devient un territoire de mémoire et de contemplation, où le vent, l’espace et le silence traduisent la fragilité des liens humains.

    De l’amour virtuel aux blessures du monde

    Toumi mêle aussi la modernité à son souffle poétique. Dans «À mon chéri / À ma chérie», l’amour circule par Viber et par émojis : un «Je t’aime» devient un «colis virtuel instantané», tandis que la distance se transforme en chewing-gum que l’on peut étirer et rouler à volonté. L’humour, tendre et doux-amer, souligne la fragilité des relations contemporaines tout en célébrant leur capacité à se réinventer.

    Mais la gravité rôde toujours. Dans le poème de la page 43, l’un contemple un rayon sur sa chemise tandis que l’autre vit la guerre au quotidien. Les cœurs virtuels deviennent alors des symboles de résistance : «Y a-t-il un espace bleu qui voudrait abriter nos familles ?» Une question suspendue, un cri pour la paix, la recherche d’un abri qui semble ne pas exister.

    La langue de Toumi est claire, épurée, mais chargée de musique et de chair. Ses images sont à la fois organiques et surréalistes : l’ADN qui perd son écharpe, les poissons autour d’une chaise, la distance transformée en chewing-gum. Les poèmes courts frappent comme des scalpels, tandis que les textes plus longs explorent les tensions entre désir, mémoire et douleur. L’écriture avance ainsi par fragments, silences et associations d’images, sans jamais perdre le fil émotionnel qui relie les textes.

    Le titre lui-même mérite que l’on s’y arrête. En Algérie, la zerda (زردة) désigne traditionnellement un festin communautaire ou une cérémonie d’hommage à un saint local. On y partage un repas en signe de gratitude après une épreuve ou pour célébrer un bienfait. Par extension, le mot renvoie aussi à un grand banquet convivial, à un moment collectif où les individus se retrouvent autour d’un même espace, d’une même mémoire et d’un même geste de partage.

    Le corps absent, ou l’exil comme déchirure

    Chez Radhia Toumi, ce mot prend une résonance particulière. Le banquet collectif se déplace vers l’espace intérieur ; le rassemblement devient rassemblement des souvenirs, des blessures, des voix et des absences. La zerda n’est plus seulement ce qui réunit les vivants autour d’une table : elle devient une manière de convoquer ce qui manque, de faire revenir les absents par la parole et de transformer la douleur individuelle en expérience partagée. Le titre porte ainsi en lui une tension féconde entre le collectif et l’intime, entre la célébration et le deuil, entre la mémoire populaire et la quête intérieure.

    Cette lecture fait aussi surgir une autre voix possible, comme un écho lointain aux motifs qui traversent Zerda. Parmi les textes que l’on pourrait mettre en regard de l’univers de Radhia Toumi, «Le corps absent» possède, à mes yeux, une force particulière. Il rejoint naturellement plusieurs motifs de Zerda — le corps, la mer, l’exil, la mémoire et les absents — sans chercher à les expliquer. Tout passe par l’image, le déplacement et le silence.

    Le corps absent

    J’ai laissé mon corps

    sur le quai,

    entre deux valises

    et le dernier regard de ma mère.

    Depuis,

    je marche avec une ombre

    qui ne connaît plus mon nom.

    La mer m’a pris les jambes,

    les mains,

    la mémoire des matins.

    Elle a gardé quelque part

    mes vingt ans,

    mes rêves pliés

    dans une chemise blanche.

    Je cherche mon visage

    dans les vitrines du Nord,

    mais les miroirs

    ne connaissent pas mon histoire.

    Alors je parle au vent.

    Je lui demande

    où sont ceux

    qui sont partis avant moi.

    Il ne répond pas.

    Il soulève seulement

    un peu de poussière

    sur le chemin du retour.

    Et je comprends soudain

    que mon corps n’a pas disparu.

    C’est moi

    qui suis restée

    de l’autre côté de la mer.

    Ce poème me paraît particulièrement fort parce qu’il ne raconte pas l’exil de manière documentaire : il le fait ressentir à travers la dissociation du corps et de l’identité. Le quai devient le lieu de la séparation, la mer celui de la dépossession, les vitrines du Nord celui d’une identité devenue étrangère à elle-même. Quant à la chute — «C’est moi / qui suis restée / de l’autre côté de la mer» — elle renverse le sens de l’absence : le corps n’est pas perdu, c’est une part du sujet qui est demeurée dans l’autre rive.

    La proximité avec ‘‘Zerda’’ est donc thématique, mais elle ne doit pas devenir imitation. Ce qui importe est précisément que chaque écriture conserve sa voix. Chez Radhia Toumi comme dans ce texte, le corps devient une porte d’entrée vers des territoires plus vastes : l’exil, la mémoire, l’amour, la guerre, la perte et le retour impossible. La poésie ne cherche pas à donner une réponse ; elle creuse l’absence jusqu’à faire apparaître ce que les mots ordinaires ne parviennent plus à dire.

    À la fin de la lecture, on sort ébranlé mais aussi apaisé, avec le sentiment d’avoir touché une vérité à la fois intime et collective. Zerda murmure au lecteur sa force et sa fragilité, transforme la souffrance en beauté et invite chacun à méditer sur l’humain, ses corps, sa mémoire et le souffle des absents.

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    Canicule : 19 gouvernorats en vigilance orange, jusqu’à 48°C cette semaine

    24. August 2026 um 20:32

    La Tunisie s’apprête à connaître une nouvelle vague de chaleur, appelée à se poursuivre jusqu’à la fin de la semaine, selon l’Institut national de la météorologie (INM). Après des maximales ayant atteint 46°C lundi, les températures grimperont jusqu’à 48°C mardi et mercredi, tandis que 19 gouvernorats sont désormais placés en vigilance orange.

    Jusqu’à 48°C mardi et mercredi

    Pour lundi, les températures maximales ont oscillé entre 38°C à Mahdia et 46°C à Tataouine, Tozeur et Kébili. Elles ont atteint 44°C à Béja, Kairouan, Sidi Bouzid et Gabès, et 45°C à Jendouba et Médenine.

    La chaleur s’intensifiera mardi et mercredi, avec des températures dépassant de 7 à 11 degrés les normales saisonnières. Mardi, le mercure atteindra 47°C à Kairouan, Kébili et Tozeur, tandis que plusieurs autres régions, dont Béja, Jendouba, Gafsa, Gabès et Médenine, enregistreront jusqu’à 45°C.

    Mercredi, la canicule concernera l’ensemble du pays, avec des maximales comprises entre 42°C à Nabeul et 48°C à Kairouan, Tozeur et Kébili.

    Selon l’INM, cette vague de chaleur devrait se maintenir jusqu’à la fin de la semaine, avec des coups de sirocco.

    19 gouvernorats en vigilance orange

    Face à cette situation, l’INM a placé lundi 19 gouvernorats sur 24 en vigilance orange en raison des fortes températures.

    La vigilance jaune concerne les cinq autres gouvernorats : Grand Tunis, Bizerte, Nabeul, Mahdia et Kasserine.

    Cette situation pourrait également s’accompagner de phénomènes orageux. Des cellules orageuses locales sont attendues, notamment dans l’après-midi, avec des pluies et des vents forts sous orages pouvant dépasser 70 km/h en rafales.

    L’INM appelle à la vigilance

    L’Institut souligne que cette vague de chaleur présente un risque particulier pour les personnes âgées, les enfants, les personnes souffrant de maladies chroniques ou de troubles de santé, ainsi que celles prenant régulièrement des médicaments.

    Les sportifs et les personnes travaillant à l’extérieur sont également invités à redoubler de prudence face aux risques de déshydratation et de coup de chaleur.

    L’INM recommande notamment de boire régulièrement de l’eau, même sans sensation de soif, et d’éviter les sorties durant les heures les plus chaudes, entre 12h et 16h.

    En cas de malaise ou de troubles du comportement liés à la chaleur, l’INM recommande de consulter un médecin ou de contacter la Protection civile au 198.

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    Tunisie : Le cash dépasse 30 milliards de dinars, un record qui met les banques sous pression

    24. August 2026 um 20:25

    La circulation des billets et des pièces en Tunisie vient de franchir un seuil inédit. Elle a atteint 30,04 milliards de dinars au 21 août 2026, contre 25,9 milliards un an plus tôt, soit une progression d’environ 16% en douze mois, selon les données de la Banque centrale de Tunisie rapportées par Reuters. Ce niveau représente environ 10,5 milliards de dollars et traduit une présence croissante de l’argent liquide en dehors du système bancaire.

    Un record de liquidités hors des banques

    Le chiffre est particulièrement significatif par son impact potentiel sur le financement de l’économie. Lorsque davantage d’argent est conservé sous forme de billets et de pièces plutôt que sur des comptes bancaires, les ressources disponibles dans le système bancaire peuvent se contracter.

    Cette évolution est susceptible de compliquer la gestion de la liquidité des banques et de réduire les fonds pouvant être mobilisés pour financer les ménages et les entreprises, souligne Reuters.

    Le phénomène intervient alors que l’économie tunisienne reste fortement dépendante du cash dans les transactions quotidiennes.

    La réforme des chèques dans le viseur

    Pour Reuters, la progression du cash serait en partie liée à la nouvelle réglementation des chèques entrée en vigueur en 2025.

    Le durcissement des règles encadrant l’utilisation des chèques et le renforcement des sanctions contre les chèques sans provision ou invalides auraient incité certains particuliers et entreprises à retirer davantage d’espèces afin de régler leurs transactions.

    Il convient toutefois de nuancer ce lien. Les données de la BCT montrent également que l’institution attribue l’évolution de la circulation fiduciaire à plusieurs facteurs, notamment les dépenses saisonnières liées au mois de Ramadan, aux fêtes, à la rentrée scolaire, à la saison estivale ou encore aux campagnes agricoles, ainsi qu’aux modifications réglementaires touchant certains instruments de paiement.

    Le paradoxe des paiements électroniques

    Le record intervient par ailleurs dans un contexte où les paiements électroniques progressent.

    Au premier semestre 2026, les paiements représentaient 42% du nombre des opérations monétiques, contre 58% pour les opérations de retrait d’espèces. Dans le même temps, le nombre de chèques traités a reculé de 10,7% sur un an, pour atteindre 3,6 millions de chèques, tandis que leur montant a diminué de 12,5%, à 24,146 milliards de dinars.

    Le recul du chèque ne signifie donc pas automatiquement une disparition du cash : une partie des transactions semble plutôt se déplacer vers les espèces, alors que les moyens de paiement numériques progressent encore lentement.

    Un défi pour le financement de l’économie

    Reuters souligne également que l’adoption des paiements électroniques et des services bancaires numériques reste lente, notamment en dehors des grandes agglomérations. Cette préférence persistante pour les espèces contribue à maintenir une quantité importante de monnaie en dehors des comptes bancaires.

    Le franchissement des 30 milliards de dinars pose ainsi une question plus large : alors que la Tunisie cherche à développer les paiements numériques et à améliorer l’inclusion financière, une masse croissante de liquidités circule encore en dehors du système bancaire.

    Pour les banques, l’enjeu est désormais de gérer cette demande élevée de cash sans que la sortie de liquidités ne pèse davantage sur leur capacité à financer l’économie.

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    Agriculture intelligente : Le projet tuniso-coréen de 13,5 millions de dollars passe à l’exécution

    24. August 2026 um 19:45

    Le projet ClimAT, consacré au développement d’une agriculture intelligente et résiliente au changement climatique, franchit une nouvelle étape avec la signature, lundi 24 août, de sa convention définitive entre la KOICA et le ministère tunisien de l’Agriculture. Doté d’un don de 13,5 millions de dollars, le programme sera déployé sur six ans, de 2026 à 2031, dans les gouvernorats de Tunis, Nabeul, Kairouan et Bizerte.

    De la préparation à l’exécution

    L’annonce marque le passage d’un projet encore en phase préparatoire à un programme désormais contractualisé et doté d’un cadre de mise en œuvre précis.

    Financé sous forme de don par le gouvernement sud-coréen, ClimAT vise à renforcer les capacités tunisiennes face aux effets du changement climatique, en agissant à la fois sur la productivité agricole, la recherche et la formation.

    Le projet sera réalisé avec la participation de l’IRESA, de l’AVFA et de l’Office des terres domaniales (OTD).

    Trois fermes de démonstration

    Le dispositif prévoit notamment la création de trois fermes de démonstration, destinées à expérimenter et diffuser des pratiques d’agriculture intelligente face au climat.

    Le nouveau périmètre communiqué lors de la signature cite Tunis, Nabeul, Kairouan et Bizerte. En revanche, les informations disponibles ne permettent pas encore d’identifier avec certitude les trois fermes correspondant à ces territoires.

    Cette précision est importante, car le projet présenté en 2025 évoquait alors des sites pilotes dans les fermes de l’OTD à Nabeul, Kairouan et Béja. L’ONAGRI avait également repris cette configuration dans sa présentation du projet.

    Il convient donc, à ce stade, de parler d’un nouveau périmètre incluant Bizerte, sans affirmer que Béja a officiellement été remplacée par Bizerte tant que le détail de la convention ou des fermes pilotes n’est pas rendu public.

    Un financement jusqu’en 2031

    ClimAT ne se limite pas à la mise en place de sites expérimentaux. Le programme prévoit un volet consacré à la recherche, ainsi qu’au renforcement des compétences des acteurs agricoles.

    L’objectif est notamment de développer des solutions adaptées aux conditions tunisiennes et de renforcer la capacité du secteur à faire face aux contraintes climatiques. Les travaux doivent s’inscrire dans une logique d’agriculture plus productive et plus résiliente.

    Le projet s’inscrit ainsi dans la diversification de la coopération tuniso-coréenne, déjà active dans plusieurs secteurs, et élargit cette coopération au domaine agricole. L’ambassadeur de Corée en Tunisie a notamment souligné que l’agriculture constitue un nouveau secteur venant compléter les domaines de coopération existants, dont la digitalisation.

    Avec 13,5 millions de dollars de financement non remboursable et une période d’exécution allant de 2026 à 2031, ClimAT entre désormais dans sa phase opérationnelle.

    Pour la Tunisie, l’enjeu sera de transformer ce financement et les expériences menées dans les fermes de démonstration en solutions reproductibles, notamment dans un contexte où la raréfaction de l’eau et les dérèglements climatiques pèsent de plus en plus lourdement sur la production agricole.

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