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Décès de Abderrahmane Tlili | Le parcours heurté d’un homme controversé   

24. August 2026 um 10:35

Décédé le dimanche 23 août 2026, à l’âge de 83 ans, Abderrahmane Tlili était un commis de l’Etat, un activiste politique et un homme d’affaires assez controversé dont le parcours, en dents de scie, n’a pas été un long fleuve tranquille.    

Latif Belhedi

Fils de Ahmed Tlili, l’ancien secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), qui s’était illustré par son opposition à la dérive dictatoriale de Habib Bourguiba, Abderrahmane Tlili n’a pas eu de scrupules à louer ses services au même Bourguiba ainsi qu’à son successeur, non moins dictateur, Zine El Abidine Ben Ali, avec lequel il s’était, cependant, brouillé à la fin, non pour des raisons politiques, mais pour des affaires d’argent. Ce qui lui valut des démêlées judiciaires et des incarcérations pour de présumés abus commis dans la gestion de l’Office de l’aviation civile et des aéroports (Oaca) qu’il avait dirigé jusqu’à sa remise à la retraite d’office en 2003.    

Commis de l’ETat, le défunt a été Pdg de l’Office national de l’huile pendant 11 ans, de la Société de transport pétrolier saharien pendant 5 ans, de la Compagnie franco-tunisienne de pétrole pendant 2 ans, de la Société italo-tunisienne de pétrole pendant 4 ans et de l’Oaca pendant 3 ans.

En politique, il a démarré sa carrière au sein du Parti socialiste destourien (PSD), au pouvoir, et de son héritier le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), fondé en 1988 par Zine El-Abidine Ben Ali, avant de fonder, en 1988, à la demande de ce dernier, l’Union démocratique unioniste (UDU) d’obédience nationaliste arabe, l’un des partis du décor démocratique qui servaient d’alibi pour le dictateur de l’époque pour réprimer les vrais partis de l’opposition et les empêcher de participer aux comédies électorales.

Pour avoir servi avec zèle Ben Ali, dont il était très proche, que ses déboires avec une justice à la solde de ce dernier ne lui ont pas valu beaucoup de soutien de la part de la société civile, qui voyait dans ces déboires des règlements de comptes au sein d’un système corrompu jusqu’à la moelle.

En juillet 2004, Abderrahmane Tlili est reconnu coupable de «délits d’abus de pouvoir, de violation des procédures légales en matière de conclusion de marchés publics et de change». Et il est condamné à 9 ans de prison ferme et à une amende de 42,7 millions de dinars; il est également condamné à une amende supplémentaire de 6,7 millions de dinars à titre de réparation du préjudice matériel subi par l’Oaca et à 100 000 dinars pour le préjudice moral occasionné. Ses défenseurs avaient cependant souligné que «ni l’instruction judiciaire, ni le tribunal, n’ont pu établir la moindre preuve matérielle tangible justifiant ces peines».

Il sera libéré le 17 janvier 2011, trois jours après la chute de Ben Ali.

Le défunt avait vécu un grand drame personnel : son épouse, le docteur Saloua Tlili, a trouvé la mort le 3 juin 2003 à la suite d’une chute du premier étage du hall de l’aéroport international de Tunis-Carthage où se trouvaient alors les bureaux de son époux. Selon des amis du couple, elle souffrait d’une dépression nerveuse et se serait suicidée. Cet épisode fit beaucoup jaser à Tunis, parmi les adversaires du défunt comme parmi ses amis.

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Tunisie | La fraternité n’est pas une politique étrangère

24. August 2026 um 09:40

«Mon Dieu, gardez-moi de mes amis. Quant à mes ennemis, je m’en charge !». Cet adage bien connu revêt tout son sens dans les relations internationales où l’ «amitié» et la «fraternité» cachent souvent, selon le rapport de force sous-jacent, une volonté de domination d’un côté et une résignation dans la soumission de l’autre. Dans le «monde arabe», comme partout ailleurs, les solidarités proclamées ne remplacent pas les intérêts. La Tunisie doit refonder sa politique étrangère sur la réciprocité, la souveraineté et les bénéfices concrets pour ses citoyens.

Ali Guidara *

La Tunisie gagnerait à se libérer d’un réflexe tenace : celui qui consiste à mythifier des relations dites «fraternelles» ou «amicales», indépendamment de leur bilan concret pour le pays.

La fraternité entre États n’est pas une catégorie stratégique. Elle ne garantit ni emplois, ni investissements durables, ni débouchés commerciaux, ni souveraineté. Elle sert trop souvent de décor rhétorique à des rapports de force bien réels et des soumissions inavouées.

Il faut le dire sans détour : derrière le vocabulaire de la fraternité arabe ou islamique, de la communauté de destin ou de l’identité partagée, certains pouvoirs de la région ont entretenu avec la Tunisie une relation ambiguë, parfois hostile. Ingérences politiques, pressions idéologiques, campagnes de dénigrement, tentatives d’influence financière ou médiatique : le pays a régulièrement été traité non comme un partenaire souverain, mais comme une anomalie qu’il fallait ramener dans le rang.

Cette hostilité s’est particulièrement manifestée chaque fois que la Tunisie a tenté d’avancer sur le terrain des libertés publiques, de l’égalité entre les femmes et les hommes, de la pluralité politique ou de la réforme sociale. À chaque progrès, les mêmes procès en «atteinte à l’identité arabo-musulmane» resurgissent. Mais de quelle identité parle-t-on exactement ?

Il ne s’agit pas de nier l’histoire, la langue, la culture et les références religieuses de la Tunisie. Elles font partie du pays. En revanche, il faut refuser que cette identité soit réduite à un programme politique autoritaire : une société où la femme serait éternellement mineure, où la religion servirait à légitimer l’hypocrisie sociale et le contrôle politique, où toute autonomie intellectuelle serait assimilée à une trahison. La Tunisie n’a pas à choisir entre son héritage et sa liberté. Elle n’a surtout pas à accepter que d’autres régimes définissent à sa place ce qu’elle entend devenir.

La Tunisie rangée dans le carcan du bloc autocratique

Ce même jeu de «fraternité de façade» s’est révélé avec une rare netteté lors du coup de force constitutionnel de Kaïs Saïed, le 25 juillet 2021, qui a suscité une grande satisfaction chez certains dirigeants arabes, clairement favorables à ce retour à l’autoritarisme. Des médias proches de ces régimes en ont fait le récit d’une victoire contre les Frères musulmans, alors qu’il s’agit bel et bien d’une confiscation du pouvoir et d’un verrouillage de l’appareil de l’État.

Cette prise de position doit être retenue pour ce qu’elle est : non une preuve d’amitié ou de fraternité, mais l’expression d’une préférence pour une Tunisie étouffée, gouvernée sans institutions indépendantes et rangée dans le carcan d’un bloc autocratique – la preuve, s’il en fallait une, que penser les relations internationales en termes d’amitié et de fraternité relève, au mieux, d’une naïveté politique ; au pire, d’une dangereuse illusion.

Depuis cette rupture, la légitimité du pouvoir en Tunisie demeure profondément contestée. Les consultations électorales organisées dans un contexte de verrouillage politique, d’exclusion ou d’emprisonnement d’adversaires, de restrictions contre les candidats potentiels et d’abstention massive ne peuvent conférer une légitimité au pouvoir actuel. Un scrutin ne tire pas sa validité de sa seule tenue administrative ; il suppose la liberté de concourir, d’informer, de critiquer et de choisir.

Cette réalité engage la responsabilité des futurs gouvernements tunisiens, une fois démocratiquement élus. Ils devront examiner l’ensemble des accords, engagements et arrangements conclus sous l’autorité issue du 25 juillet 2021. Il ne s’agit pas de prôner l’irresponsabilité diplomatique ou juridique, mais de rappeler une règle simple : aucun accord ne doit être considéré comme intouchable lorsqu’il a été négocié sans contrôle institutionnel effectif et sans mandat populaire crédible.

Les engagements contraires à l’intérêt national devront être annulés lorsque le droit le permet, ou renégociés avec fermeté lorsque cela est nécessaire. La continuité de l’État n’implique pas l’acceptation passive de décisions opaques, déséquilibrées ou contraires aux intérêts durables de la nation.

La politique extérieure tunisienne doit enfin reposer sur une logique d’intérêts plutôt que sur des slogans. Les priorités sont claires : consolider les relations avec les États qui offrent de véritables débouchés aux entreprises tunisiennes, accueillent une diaspora importante, investissent dans l’économie réelle et contribuent à la formation, à la recherche, aux infrastructures et à la mobilité des citoyens. Nos relations doivent être envisagées selon cette grille : quels bénéfices concrets pour la Tunisie, sa croissance, ses travailleurs, ses étudiants et sa souveraineté ?

Rompre avec la diplomatie des faux-semblants

Les relations avec les pays arabes doivent naturellement continuer lorsqu’elles servent ces objectifs. Mais elles ne doivent plus relever d’une loyauté automatique ni d’un imaginaire de fraternité obligatoire. Une relation qui ne produit ni échanges substantiels, ni coopération technologique, ni soutien fiable en période de crise, ni respect de la souveraineté tunisienne, n’a aucune raison d’occuper une place centrale dans la diplomatie du pays.

La même lucidité doit s’appliquer aux organisations régionales telles que la Ligue arabe. Lorsqu’elles se réduisent à des sommets cérémoniels, à des déclarations sans effet et à une solidarité de régimes préoccupés par leur survie, soumis à l’influence de leurs principaux bailleurs et plus soucieux de leurs intérêts que du sort des peuples, elles deviennent une dépense politique et financière sans rendement. La Tunisie n’a pas besoin de tribunes où l’on coordonne les silences face à la répression et les postures face aux crises. Elle a besoin d’alliances utiles, transparentes et respectueuses de son autonomie.

La rupture nécessaire n’est pas une rupture avec les peuples arabes, dont les aspirations à la dignité, à la liberté et à la justice rejoignent celles des Tunisiens. C’est une rupture avec la diplomatie des illusions : celle qui confond les peuples avec les régimes, l’identité avec l’obéissance, et la fraternité proclamée avec l’intérêt national.

La Tunisie n’a pas à demander la permission d’exister comme démocratie, comme État souverain et comme société libre, moderne et pluraliste. Elle doit choisir ses partenaires sur leurs actes, non sur leurs slogans.

* Docteur en politiques publiques.

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Trump veut étrangler financièrement l’Iran via Dubaï

24. August 2026 um 08:59

La tentative du président Donald Trump de contraindre l’Iran à capituler par la pression économique repose, dans une large mesure, sur la fermeture d’une artère vitale pour l’économie iranienne à savoir Dubaï. Cependant, les désirs trumpiens sont une chose et la réalité bien plus complexe en est une autre.

Imed Bahri

Le mardi 18 août 2026 au soir, les Émirats arabes unis ont annoncé la suspension de leurs transactions financières et économiques avec l’Iran, une mesure qui pourrait menacer l’accès de Téhéran à une source majeure d’importations et à une voie détournée de financement l’intégrant à l’économie mondiale. 

Selon le Wall Street Journal , qui a rapporté cette information, cette décision intervient après des semaines de pression exercée par l’administration Trump sur les Émirats pour qu’ils renforcent les mesures contre les réseaux financiers iraniens opérant sur leur territoire.

Selon des sources proches du dossier, des responsables américains ont indiqué à leurs homologues émiratis que cibler les flux financiers liés au Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien pourrait s’avérer plus efficace contre Téhéran que le blocus naval américain des ports iraniens.

Accroître la pression sur l’Iran pour conclure un accord

Depuis le début de la guerre, les États-Unis exhortent les Émirats à prendre des mesures plus fermes contre les entités iraniennes sanctionnées et les réseaux opérant clandestinement sur leur territoire.

Si la mesure prise par les Émirats est largement appliquée, elle pourrait considérablement restreindre l’accès de Téhéran aux devises étrangères et aux réseaux commerciaux internationaux, à un moment où l’économie iranienne est déjà fragilisée par une inflation galopante, les sanctions et les conséquences de la guerre.

L’administration Trump espère ainsi accroître la pression sur l’Iran et, à terme, l’amener à conclure un accord.

Cependant, rompre ces liens ne sera pas chose aisée. Une grande partie des activités financières iraniennes est conçue pour rester opaque. Les résolutions américaines sur les sanctions de ces dernières années ont démontré que les revenus pétroliers, les transactions de change et les paiements liés à des entités iraniennes transitent depuis longtemps par des sociétés écrans et des bureaux de change à Dubaï, souvent sans qu’aucun nom iranien n’apparaisse sur la transaction.

La réputation de Dubaï est sur la balance

Couper l’accès de l’Iran à ces réseaux obligera les autorités émiraties à lancer une répression beaucoup plus énergique contre les activités financières et commerciales opaques, ce qui pourrait avoir un autre coût : nuire à la réputation de Dubaï en tant que plaque tournante mondiale ouverte et flexible pour le commerce, les capitaux et la réexportation.

Max Meizlish, ancien responsable des sanctions américaines et actuellement chercheur à la Foundation for Defense of Democracies, a déclaré : «Quand on observe comment l’Iran contourne les sanctions et tire profit de la vente illicite de pétrole, Dubaï constitue une plaque tournante majeure de ces flux financiers illicites». Il a ajouté que la répression menée par les Émirats contre le commerce direct et les activités financières liées à l’Iran est importante mais que la réalité est plus complexe car une grande partie de l’activité indirecte transite par des banques basées à Dubaï qui soutiennent ce qu’il a appelé les réseaux bancaires parallèles et les opérations de financement illicites de l’Iran.

Pourquoi les Émirats agissent-ils maintenant ?

Cette décision émiratie intervient après plusieurs semaines de tensions croissantes, notamment des attaques que les autorités des Emirats attribuent à l’Iran contre sept de leurs navires rien que ce mois-ci.

Mardi 18 août, l’Iran a tiré deux missiles balistiques en direction des Émirats, déclenchant ainsi les systèmes de défense aérienne du pays. Le ministère de la Défense des Émirats a déclaré que les missiles visaient le trafic maritime mais qu’ils sont tombés en mer.

Les mesures prises par les Émirats pour restreindre leurs relations commerciales avec l’Iran s’inscrivent dans une stratégie de dissuasion des attaques du CGRI contre les navires émiratis.

Cependant, les responsables émiratis ne considèrent pas ces dernières mesures comme une rupture immédiate et définitive avec Téhéran. Selon des sources proches du dossier, Abou Dhabi perçoit ces mesures comme faisant partie d’un processus d’escalade progressive.

Les Émirats devraient procéder par étapes, en commençant par de nouvelles restrictions sur la navigation et pourraient par la suite étendre leur campagne aux entités liées à l’Iran si le CGRI poursuit ses attaques.

Cela reflète une approche émiratie qui privilégie l’évaluation de l’efficacité des mesures tout en conservant la possibilité de les rectifier ultérieurement.

Les Émirats craignent les conséquences de la stratégie américaine 

Un autre aspect entre en ligne de compte dans les calculs émiratis. Leurs décideurs craignent que la stratégie de Washington, qui consiste à infliger des pertes économiques plus importantes à l’Iran, n’entraîne des dommages collatéraux pour les économies des États du Golfe eux-mêmes, en particulier les secteurs dépendants du commerce, du tourisme et des services, et pas seulement du pétrole.

Ils craignent également qu’une pression économique accrue ne provoque, à terme, de nouvelles représailles militaires de la part de l’Iran.

C’est pourquoi les responsables émiratis souhaitent maintenir ouverts certains canaux de communication avec Téhéran, afin de conserver une carte diplomatique à jouer si la campagne de pression menée par l’administration Trump échoue.

À l’inverse, un responsable de l’administration américaine a déclaré que les sanctions et embargos américains avaient paralysé l’économie iranienne et que Trump disposait encore d’autres outils de pression.

Les mesures déjà en cours

Au début du conflit, les Émirats ont suspendu leurs exportations directes de marchandises vers l’Iran et lancé une campagne plus vaste contre les activités iraniennes sur leur territoire, notamment par l’annulation de visas et la fermeture d’écoles et de clubs.

Après des combats sporadiques et des avertissements concernant une escalade militaire plus importante le mois dernier, Trump a modifié son approche et a commencé à privilégier une stratégie à plus long terme visant à paralyser l’économie iranienne.

Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a indiqué que Washington imposerait de nouvelles restrictions à l’économie iranienne ce qui, combiné au blocus naval des ports iraniens, constituerait ce qu’il a qualifié de «double peine».

Toutefois, pour que cette mainmise soit plus efficace, Washington a besoin de la participation des Émirats arabes unis.

Les Émirats, situés de l’autre côté du Golfe, entretiennent des liens commerciaux, historiques et culturels étroits avec l’Iran, malgré de fréquents désaccords entre les deux gouvernements.

Avant la guerre, les Émirats étaient le principal fournisseur d’importations de l’Iran, devançant même la Chine.

En 2024, ils représentaient plus de 30% des importations totales de l’Iran, soit environ 21 milliards de dollars, selon l’Organisation mondiale du commerce.

Cependant, l’importance réelle des Émirats arabes unis dépasse largement le cadre du commerce formel. Depuis des années, les Émirats servent de plaque tournante financière majeure pour les entreprises et les particuliers iraniens cherchant à contourner les sanctions occidentales, selon des analystes qui suivent l’activité iranienne et le département du Trésor américain.

Ce réseau de contournement des sanctions a permis à l’Iran de continuer à vendre du pétrole à l’étranger et d’acheminer les recettes vers ses programmes d’armement et ses alliés régionaux, selon ces estimations.

D’après le Trésor américain et des analystes, l’Iran a établi des sociétés écrans aux Émirats arabes unis pour percevoir les paiements pétroliers, régler les transactions et dissimuler la véritable origine des fonds.

Les chiffres révèlent l’ampleur du rôle de ce réseau

En 2024, près de 9 milliards de dollars ont transité par des comptes de correspondants détenus par des banques américaines, soupçonnés d’être liés à des activités financières iraniennes clandestines, selon le département du Trésor américain.

Ce dernier a précisé que des sociétés basées aux Émirats, principalement à Dubaï, ont reçu 62 % de ces fonds.

Il ne s’agit pas seulement de banques et de sociétés écrans. L’Iran s’appuie également sur ce que l’on appelle une « flotte parallèle », un ensemble de vieux pétroliers utilisés pour transporter du pétrole brut soumis à des sanctions, dissimulant ainsi les mouvements des navires et leurs véritables structures de propriété.

Selon le département du Trésor américain, nombre de ces pétroliers liés au commerce clandestin de pétrole iranien appartiennent à des sociétés basées aux Émirats arabes unis ou sont exploités par elles.

Les Émirats arabes unis ont déjà affirmé leur engagement à respecter les sanctions et leur ferme volonté de protéger l’intégrité du système financier mondial.

Mais les Émirats peuvent-ils réellement démanteler ce réseau ?

Malgré les nouvelles mesures, les analystes estiment que le démantèlement du réseau financier parallèle iranien restera un défi de taille.

Eric Alter, doyen de l’Académie diplomatique Anwar Gargash d’Abou Dhabi, a déclaré que «c’est possible mais dans certaines limites».

Le gouvernement peut fermer les circuits bancaires officiels et perturber le trafic maritime dans les principaux ports, mais, selon M. Alter, il ne peut pas contrôler chaque partenaire local, chaque zone franche et les mouvements de chaque petit navire à travers les sept émirats, chacun ayant sa propre culture commerciale.

C’est là que réside le dilemme fondamental de la stratégie de Trump: bloquer le commerce officiel iranien est une chose mais démanteler l’économie souterraine iranienne, qui s’est développée pendant des décennies au sein des réseaux commerciaux et financiers régionaux, en est une autre.

Si Washington veut faire de la pression économique un outil capable de véritablement infléchir les calculs de Téhéran, le véritable test ne se situera pas dans les ports iraniens bloqués par la marine américaine mais plutôt au niveau des banques, des sociétés écrans, des bureaux de change, des zones franches et des réseaux de réexportation à Dubaï.

Par conséquent, le sort du pari de Trump visant à étrangler économiquement l’Iran pourrait, dans une large mesure, se jouer de l’autre côté du Golfe Persique : à Dubaï.

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Football | Mohamed Salah n’est pas dépaysé en Turquie  

24. August 2026 um 07:20

Ce weekend, la deuxième journée de la Süper Lig de football a proposé une belle affiche pour captiver son public. Trabzonspor a reçu Basaksehir d’Istanbul. Pour le sport. Victoire 2-1 pour l’équipe receveuse. Logiquement. Avec des moments où un jeu de qualité a été proposé par les deux clubs. Ce fut l’occasion aussi de retrouver Mohamed Salah dans un nouveau contexte. Pour lui et pour nous. L’international égyptien n’a pas pris beaucoup de temps pour s’acclimater à l’ambiance turque. Véritable renard des surfaces, il a rapidement pris ses maques pour marquer…

Jean-Guillaume Lozato *

La première mi-temps a vu se déployer un jeu assez équilibré. Les locaux ont pris le jeu à leur compte, devant des visiteurs décidés à ne pas se laisser faire. Les premiers ont ouvert le score grâce à l’opportunisme de l’international égyptien Mohamed Salah, sur une action fortement disputée au cours de laquelle il a su inscrire un but sur poteau rentrant depuis le rectangle des six mètres au milieu d’une forêt de jambes.

Quelques minutes plus tard, c’est l’international ouzbek Eldor Shomurodov qui a égalisé pour les hommes du Bosphore, sur un penalty concédé par le défenseur central nigérian Chibuike Nwaiwu. Quant à Salah, il s’est encore fait remarquer sur un tir vicieux à la demi-heure de jeu. Une belle tentative que l’on insère dans ce que l’on considère comme une très belle action de jeu. À la fois par le dosage technique dont a fait usage le tireur, et par l’efficacité du gardien turc Muhammed Sengezer qui a su faire montre de dextérité et de sens acrobatique pour détourner cette balle très dangereuse. Les gardiens aussi peuvent nous faire rêver avec des gestes techniques…

L’Egyptien donne l’avantage à son nouveau club

En seconde mi-temps, nous avons retrouvé M. Salah pour redonner l’avantage à la formation de la Mer Noire suite à une-deux exemplaire : en sollicitant l’international albanais Ernest Muci comme relais, ce dernier sachant à merveille servir de point de fixation. Inspiré, l’ancien pensionnaire de Liverpool a failli être passeur décisif à la soixantième minute de jeu.

Autrement, quelques mouvements intéressants ont été à mettre au crédit de Paul Onuachu et Noah Saviolo pour les joueurs au maillot rayé  bordeaux/bleu, et à l’avantage de Bertug Ozgur Yildirim pour les oranges. Du match se dégage une impression que tout sera possible et que les futurs adversaires verront certainement rouge au moment de se mesurer aux deux équipes de la soirée.

Visionner ce match a permis de s’immerger de nouveau dans le championnat turc. Une compétition sportive de plus en plus relevée depuis une vingtaine d’année. Cela a permis aussi de constater que les réflexes liés à l’intervention de la VAR ont été assimilés et que, malgré quelques actes d’antijeu sur le continent américain en juin et en juillet, les footballeurs concernés n’ont pas cherché à harceler l’arbitre par d’interminables palabres. Les tacles ont été propres. Et une polarisation exclusive du foot autour d’Istanbul serait une grave erreur pour les observateurs.

Si l’on fait un tour d’horizon suite à la confrontation du jour, il serait bien entendu prématuré d’en tirer des conclusions précises en vue du sacrement national de fin de saison.

Le football turc est au niveau

Cependant, une autre grille d’analyse intervient, encore motivée par le souvenir récent de la Coupe du Monde. Le football turc est au niveau. Son équipe nationale n’a pas démérité puisqu’elle a su gagner contre un des pays organisateurs. Sur le continent américain, elle aurait pu faire mieux. Le sélectionneur Vincenzo Montella le sait certainement.

Nul doute qu’attirer des stars dans son championnat du football, à l’image de Mohamed Salah capitaine d’une équipe d’Egypte qui a fait trembler l’Argentine de Messi, permettra d’élargir les horizons d’analyse tant pour les dirigeants que pour les joueurs. En pensant à la Ligue des Nations où la «Milli Takim» retrouvera très prochainement la Belgique, la France et l’Italie dans ce qu’on pourrait appeler un groupe de la mort.

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Transmed | Du mythe de la «jugulaire» à la réalité des chiffres

23. August 2026 um 08:32

En réponse à l’article intitulé «La Tunisie goulot énergétique de l’Europe et jugulaire de l’Algérie», et afin d’apporter ma contribution sur les enjeux énergétiques et stratégiques régionaux, j’ai tenu à proposer une analyse rigoureuse et documentée. Face aux postures alarmistes et aux contresens techniques qui cherchent à altérer la perception des relations entre nos deux pays, cette contribution s’attache à déconstruire les chiffres avec méthode, tout en réaffirmant la profondeur des liens fraternels et institutionnels qui unissent l’Algérie et la Tunisie.

Dr Abderrahmane Cherfouh *

En instrumentalisant la peur pour se tailler un costume de sauveur, Elyes Kasri accumule les contresens techniques, les contrevérités économiques et les manipulations politiques. Une remise au point méthodique s’impose.

1. L’illusion du corridor unique : l’Algérie, puissance multi-vectorielle

L’affirmation selon laquelle l’Europe et l’Algérie dépendraient de manière absolue du sol tunisien pour assurer leurs flux gaziers relève d’une méconnaissance des réalités industrielles. L’Algérie n’est nullement tributaire d’un réseau terrestre unique. Grâce au gazoduc Medgaz, qui la relie directement à l’Espagne sans passer par aucun pays tiers, et à ses méga-complexes de liquéfaction de Skikda et d’Arzew, elle dispose d’un accès maritime direct aux marchés mondiaux. Sa flotte de méthaniers navigue librement en Méditerranée et vers l’Atlantique, s’affranchissant de toute contrainte de transit.

Loin d’être une chimère ou un projet théorique, la dimension stratégique du Gazoduc Transsaharien (TSGP) est aujourd’hui une réalité opérationnelle. Les accords trilatéraux définitifs ayant été signés entre l’Algérie, le Niger et le Nigeria, et les travaux de chantier étant officiellement engagés sur le terrain, ce mégaprojet continental consacre définitivement l’Algérie comme le hub énergétique incontournable reliant l’Afrique subsaharienne à l’Europe.

2. Confusion entre exportations et production globale :

Pour bâtir sa théorie d’un rapport de force asymétrique, l’auteur opère un glissement chiffré trompeur. Il évoque un volume d’exportation de 52 milliards de mètres cubes (bcm) comme s’il s’agissait de la totalité de la ressource algérienne. C’est omettre que la production brute de l’Algérie oscille en réalité entre 100 et 135 milliards de mètres cubes par an. Plus de la moitié de cette ressource est consommée localement — alimentant 99 % de l’électricité algérienne — ou réinjectée dans les gisements pour en optimiser le rendement.

Surtout, s’agissant du TransMed : la redevance de transit en nature (5,25 %) perçue par Tunis couvre entre 60 % et 66 % de la consommation nationale tunisienne de gaz naturel. Parler de «serrer la jugulaire» ou menacer ce flux ne provoquerait pas la ruine d’Alger, mais la coupure immédiate du réseau électrique tunisien. L’interdépendance énergétique n’est pas une arme d’oppression : elle est le socle d’une sécurité partagée.

3. Un arbitrage industriel classique, non une «guerre psychologique»

Qualifier les études relatives au gazoduc sous-marin Galsi (vers la Sardaigne) d’«agression» ou de «guerre psychologique» destinée à faire capituler la Tunisie relève d’une rhétorique victimaire. Dans le secteur des hydrocarbures, la recherche de routes alternatives constitue la norme de gestion des risques pour un État qui investit 60 milliards de dollars afin de porter sa production à 200 milliards de m³. La faisabilité des conduites en eaux profondes est éprouvée — comme le prouve le Medgaz —, et attribuer des intentions machiavéliques à des études de planification industrielle traduit une déconnexion inquiétante avec la réalité des marchés.

4. Une menace pour la signature diplomatique de la Tunisie

Inviter les négociateurs tunisiens à exiger unilatéralement une hausse de la redevance (à 8 ou 10 %) en facturant la «protection militaire» des conduites terrestres repose sur une confusion juridique grave. La sécurisation des infrastructures sur son territoire relève de la souveraineté et de la sécurité nationale de la Tunisie, non d’un service marchand facturable à un tiers. Prôner la remise en cause des traités sous le ton de la sommation entacherait la signature de l’État tunisien auprès de ses partenaires internationaux et européens — à commencer par l’Italie —, pour qui la sécurité juridique des contrats est non négociable.

5. Démasquer les entrepreneurs de la discorde

Derrière l’usage d’un vocabulaire d’une rare violence («tenir par la jugulaire»«capitulation») se cache la véritable intention : saborder les relations fraternelles et historiques entre deux pays frères. Les entrepreneurs de la discorde, en rupture d’influence, tentent de sacrifier l’intérêt supérieur des deux peuples.

En cherchant à substituer au principe sacré du «Khawa-Khawa» (fraternité) la logique destructrice d’une «Adawa-Adawa» (animosité), ils offensent l’Histoire et la dignité de la diplomatie.

Les relations entre l’Algérie et la Tunisie ne se jouent pas dans une arène où l’un doit être lésé pour que l’autre triomphe. Elles reposent sur une solidarité organique, éprouvée par les épreuves de l’Histoire, un respect strict des souverainetés et une communauté de destin qu’aucun messianisme de circonstance ne saura altérer.

* Médecin, Canada.

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Greffe de cheveux | La question que la Tunisie n’a pas encore posée

23. August 2026 um 07:55

La Tunisie s’installe sur un marché du tourisme capillaire estimé à un milliard de dollars par an pour la seule Turquie. Elle en importe aussi le vide réglementaire : nul ne sait, aujourd’hui, qui est habilité à tenir l’instrument. Trois mesures simples permettraient d’y répondre avant qu’un scandale ne s’en charge.

Dr Khalil El Cadhi *

Il y a une question simple que personne ne pose à un patient qui rentre d’une greffe de cheveux : qui tenait l’instrument ?

Elle paraît absurde. Pour une appendicectomie, personne ne se la poserait — on sait que c’est un chirurgien. Pour la restauration capillaire, la réponse est devenue incertaine, et cette incertitude est en train de devenir un problème de santé publique. Y compris chez nous.

Un marché d’un milliard de dollars, et presque aucune donnée

Une étude publiée en 2025 dans Aesthetic Plastic Surgery par une équipe de la Mayo Clinic estime que la seule Turquie génère environ un milliard de dollars par an sur le tourisme capillaire, Istanbul en étant l’épicentre. Les auteurs décrivent un secteur porté par des prix très inférieurs, des forfaits tout compris, et un marketing numérique agressif qui minimise les risques. Ils décrivent aussi trois choses moins souvent citées : le rôle croissant de techniciens non supervisés, des pratiques de substitution où le patient ne rencontre pas le praticien qu’on lui a promis, et ce qu’ils appellent un «trou noir de données» — l’absence quasi totale de standardisation, de contrôle et de déclaration des complications. Personne ne compte. Les seuls chiffres qui remontent sont ceux des systèmes de santé d’origine, qui prennent en charge les patients au retour.

La Tunisie s’installe sur ce marché. Elle en a les moyens : un corps médical formé, des prix compétitifs, une proximité avec l’Europe. Elle en importe aussi, mécaniquement, les zones grises.

Ce que la greffe est réellement

Il faut redire ce que recouvre le mot. Une greffe par extraction folliculaire — la technique dite FUE, aujourd’hui majoritaire — consiste à prélever un à un plusieurs milliers de follicules sur une zone donneuse, puis à les réimplanter dans des incisions de moins d’un millimètre, selon un angle, une profondeur et une densité qui déterminent le résultat pour le restant de la vie du patient.

Ce n’est pas un soin esthétique. C’est un acte chirurgical, avec anesthésie locale, saignement, risque infectieux et risque nécrotique.

Un chapitre de référence publié en 2023 dans Facial Plastic Surgery par Kenneth Williams et Shady El-Maghraby le formule sans détour : le prélèvement en FUE exige une longue courbe d’apprentissage, une endurance physique et une coordination œil-main supérieure à la moyenne. Les auteurs constatent que les taux de complications sont supérieurs à la moyenne dans deux situations — lorsque le médecin lui-même est insuffisamment formé, et lorsque l’acte est délégué de façon irrégulière à des personnes non habilitées et non formées.

C’est exactement la seconde situation qui s’est industrialisée.

Le prix d’une chaîne de montage

En 2024, un chirurgien plasticien d’Istanbul, Fatih Ceran, a publié dans Aesthetic Plastic Surgery la plus grande série de complications documentée à ce jour sur ce point précis : dix-huit patients ayant développé une nécrose de la zone receveuse après greffe.

Les chiffres méritent d’être lus lentement. Âge moyen : 36 ans. Tous avaient été opérés en une seule séance, avec en moyenne 3 899 unités folliculaires implantées. Les facteurs de risque relevés étaient banals et connus : tabagisme chez deux tiers d’entre eux, hypertension, diabète. Tous ont nécessité une prise en charge chirurgicale par débridement. Et surtout : cicatrices et échec de greffe chez la totalité des patients.

Une nécrose du cuir chevelu ne se rattrape pas. Le tissu cicatriciel ne porte plus de cheveux, et il consomme définitivement une zone receveuse que le patient n’a qu’une fois.

Une autre étude turque, publiée la même année dans le Journal of Craniofacial Surgery, rappelle que l’ischémie du lit receveur est liée aux lésions tissulaires causées par les instruments et au nombre de greffons par centimètre carré. Autrement dit : la densité et la vitesse ne sont pas des arguments commerciaux neutres. Ce sont des variables cliniques.

Le consensus des sociétés savantes

La position des sociétés professionnelles est constante. Dans une revue publiée en 2022 dans Der Hautarzt, Andreas Finner écrit que les risques médicaux d’une pratique «à la chaîne» de cette chirurgie par du personnel non habilité et non médecin — telle que rapportée aussi bien dans des cliniques nationales que dans le tourisme médical — ne doivent pas être sous-estimés.

L’International Society of Hair Restoration Surgery, qui regroupe plus de 1 100 praticiens dans 70 pays, mène depuis plusieurs années une campagne de sensibilisation sur la chirurgie capillaire illicite. Sa position tient en une phrase : l’acte est médical, et il relève d’un médecin.

Ce que je vois en consultation

Je reçois régulièrement des patients qui viennent pour une reprise. Ce ne sont pas des cas rares ni des exceptions statistiques : c’est devenu une part identifiable de mon activité, et je ne suis pas le seul praticien de la région dans ce cas.

Ce qui frappe dans ces consultations n’est pas la technique employée. C’est que beaucoup de ces patients sont incapables de me dire qui les a opérés. Ils ont vu un commercial avant l’intervention, parfois un médecin quelques minutes le jour même, et des opérateurs dont ils ignorent la qualification pendant les six à huit heures qu’a duré la séance. Ils n’ont pas de compte rendu opératoire. Ils ne savent pas combien de greffons ont été prélevés, ni sur quelle surface.

Un patient qui ne peut pas nommer son opérateur ne peut ni se plaindre, ni être suivi, ni être réparé correctement.

Trois choses que la Tunisie pourrait décider

Rien de ce qui précède n’appelle une interdiction. La restauration capillaire est une chirurgie utile, aux résultats durables, et la Tunisie a les compétences pour la pratiquer au meilleur niveau. Ce qui manque n’est pas la compétence, c’est le cadre.

Trois mesures, aucune coûteuse.

Qualifier l’acte. Dire explicitement que le prélèvement et l’implantation folliculaires sont des actes médicaux, et qu’ils engagent la responsabilité d’un médecin inscrit à l’Ordre. Cela ne prive personne d’un métier : le rôle d’assistance existe, il est légitime, il est encadré ailleurs. Il faut simplement dire où passe la ligne.

Rendre l’opérateur identifiable. Un compte rendu opératoire remis au patient, nommant le médecin responsable, la technique, le nombre de greffons et la surface traitée. C’est le minimum exigé pour n’importe quel autre acte chirurgical. Il n’y a aucune raison que celui-ci fasse exception.

Compter. Le «trou noir de données» décrit par l’équipe de la Mayo Clinic n’est pas une fatalité. Un recueil des complications, même simple, même déclaratif, permettrait de savoir ce que produit réellement ce marché — et donnerait aux praticiens sérieux de ce pays l’argument qui leur manque aujourd’hui.

La Tunisie a construit sa réputation médicale sur la qualité, pas sur le volume. Le tourisme capillaire est en train de tester cette réputation. Il vaudrait mieux poser la question maintenant, pendant qu’on peut encore y répondre par une règle, plutôt que dans quelques années par un scandale.

* Chirurgien de la restauration capillaire, Djerba, Full Member de l’International Society of Hair Restoration Surgery.

Site web de l’auteur.

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Le poème du dimanche | ‘‘Le bruit du galop’’ de Hervé Carn

23. August 2026 um 07:00

Né en 1949 à Fumay (Ardennes) de parents bretons, Hervé Carn vit à Plancoët (Côtes-d’Armor, Bretagne). Il est poète, essayiste et enseignant.

Docteur en littérature française, professeur agrégé de lettres modernes. Auteur de neuf romans, il a publié une dizaine de livres de poésie, Le Bruit du galop, Folle Avoine, 2019, des essais, Bernard Noël, « Poètes d’Aujourd’hui », Seghers, 1986 ; Au pays d’Aimé Césaire, Diabase, 2004. Ami de Georges Perros, il a codirigé le numéro de la revue Europe qui lui a été consacré ainsi qu’un Eloge, Georges Perros, La vie est partout, La Part Commune, 2023, récompensé en 2024 par le Prix Yves Cosson de l’Académie de Bretagne et des Pays de Loire.

Tahar Bekri

Celle qui te suivait

Si proche de tes pas

Avait enfin trouvé en toi

Le baume qui endort

Dans ce pays qui t’aime

Malgré tes gestes durs

Il est toujours en toi

Cette trace fine nette

Que fit son regard

Déposé sur la nuque

Dans l’attention appliquée

D’un soleil réduit au trait

Qui te fend et te fonde

En une manière nouvelle

De prendre congé du temps

Au plus près des embellies

De son ombre habitée

*

Mais le bleu que tu tiens

Entre tes doigts d’ombre

Sort du plus lointain

Pays de ton âme

De tes sens de ton énergie

Que dure est la fin

D’une vivante carapace

Qu’enserre en tremblant

Le souffle du vent chaud

Gagné par la fièvre

Ou les rauques cavalcades

Des cils ombragés des pores

Enneigés par la moisissure

Des pluies et des pleurs

Déposés sur les doigts

Par la fleur effeuillée

Des lèvres entrouvertes

*

La coulée de lave

Souille tes lèvres

Ramène du plus profond

Tes émois tes désirs

On mange le temps dis-tu

Ou on le ronge

Mais ton corps avance

Quand même sous l’élan

Du premier pas

Comme ta langue

Est emportée par le mot

Qui vint se caler

De ta bouche à la remorque

De ton souffle de ton cri

Poussé par le geste brutal

D’une chute dans la nuit

De la perte et du chagrin

*

Souvent en nage

Vers le songe qui menace

Ton corps saigne dis-tu

Ton corps gît dans la glace

Des draps mouillés

Tu renonces à vivre

Tu laisses aller tes membres

Qui cognent contre le mur

Dans un dernier ahan

Dans un dernier élan

Que tu aimerais léger

Pareil dans les nuées

Au vide sans image

Aucune sinon une trace

Ephémère et vive

Blessante et claire

Pour donner à la terre

Des frissons de regret

Ed/ Folle Avoine, 2019. (Remerciements à l’auteur)

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Hind Rajab | L’aveu tardif d’Israël et la colère de Kaouther Ben Hania

22. August 2026 um 11:54

Plus de deux ans après la mort de Hind Rajab, l’armée israélienne reconnaît que ses soldats ont tiré sur la voiture où se trouvait la fillette palestinienne de cinq ans. Un aveu tardif qui pulvérise la version officielle avancée après le drame et que la réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania qualifie d’«écran de fumée».

Djamal Guettala

Il y a des voix que les démentis ne parviennent pas à faire taire. Celle de Hind Rajab en fait partie.

En janvier 2024, la fillette palestinienne de cinq ans se retrouve prisonnière d’une voiture à Gaza, après que plusieurs membres de sa famille ont été tués. Elle appelle le Croissant-Rouge palestinien. Sa voix tremble. Elle demande qu’on vienne la chercher. Autour d’elle, les tirs continuent.

Deux ambulanciers sont envoyés à sa rencontre. Ils seront eux aussi tués.

Pendant plus de deux ans, l’armée israélienne a nié que ses soldats se trouvaient dans le secteur au moment du drame. Aujourd’hui, elle reconnaît finalement que ses troupes ont bien ouvert le feu sur le véhicule et annonce l’ouverture d’une enquête pénale.

Une version officielle qui se fissure

Cette reconnaissance intervient après une longue bataille autour de la vérité.

Dès les premières semaines, plusieurs enquêtes indépendantes avaient mis en doute la version israélienne. Images satellites, analyses acoustiques, données géographiques et examen de la scène ont permis de reconstituer les mouvements militaires autour du véhicule.

Le contraste est désormais saisissant : ce que l’armée niait hier, elle le reconnaît aujourd’hui.

Mais cette admission ne répond pas à la question centrale. Elle ne dit pas pourquoi une voiture occupée par des civils a été prise pour cible. Elle ne dit pas non plus pourquoi la présence de soldats israéliens avait été initialement niée.

Elle ouvre donc un nouveau chapitre plutôt qu’elle ne referme celui de Hind Rajab.

La voix qui est devenue une preuve

L’histoire de Hind Rajab a franchi les frontières de Gaza grâce à un document aussi fragile que terrible : l’enregistrement de son appel aux secours.

Une enfant de cinq ans qui demande de l’aide. Une enfant qui attend une ambulance. Une enfant qui entend les tirs et comprend qu’elle est en danger.

Cette voix est devenue le cœur du film ‘‘La Voix de Hind Rajab’’ de la réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania.

Présenté à la Mostra de Venise en 2025, le film a transformé ce drame en une œuvre cinématographique et politique qui interroge la disparition des civils dans les récits de guerre.

Kaouther Ben Hania dénonce «un écran de fumée»

L’annonce israélienne n’a pas convaincu la réalisatrice. Kaouther Ben Hania dénonce «un écran de fumée», considérant que les éléments permettant de comprendre ce qui s’est passé étaient disponibles depuis longtemps.

Son interrogation est simple et vertigineuse : pourquoi cette reconnaissance intervient-elle seulement maintenant ? Et surtout, que signifie une enquête militaire menée après des années de dénégations ?

La cinéaste refuse que l’affaire soit réduite à un communiqué annonçant une procédure interne. Derrière cette affaire se trouve une enfant dont la voix avait déjà raconté, presque minute par minute, ce qui se déroulait autour d’elle.

Une enquête ne suffit pas

La famille de Hind Rajab et des organisations de défense des droits humains réclament une enquête indépendante. Elles mettent en doute la capacité d’une procédure interne à établir pleinement les responsabilités. Car la question n’est plus seulement de savoir si les soldats israéliens ont tiré. L’armée vient de le reconnaître. Il faut désormais déterminer les circonstances exactes des tirs, les règles d’engagement appliquées, les éventuels ordres reçus et les responsabilités individuelles et hiérarchiques.

Le cas de Hind Rajab est devenu un symbole parce que sa voix a survécu à la mort. Elle est devenue une trace que les versions officielles successives n’ont pas réussi à effacer.

L’aveu israélien constitue donc un tournant. Mais il ne saurait être confondu avec la justice.

Deux ans après, l’armée reconnaît les tirs. Kaouther Ben Hania y voit un «écran de fumée». Entre les deux se trouve l’essentiel : la vérité complète sur ce qui s’est passé et la question, toujours ouverte, de savoir qui devra répondre de la mort d’une enfant de cinq ans et des secouristes venus la sauver.

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La Tunisie, goulot énergétique de l’Europe et jugulaire de l’Algérie

22. August 2026 um 11:22

L’agitation cyclique autour du Galsi Pipeline, le projet de gazoduc sous-marin algéro-italien censé contourner la Tunisie par la Sardaigne, est l’arme maîtresse d’une guerre psychologique menée contre la Tunisie qui traverse une crise énergétique passagère. Elle vise à persuader l’opinion publique tunisienne que le pays est remplaçable et susceptible d’être soumis à «la sanction énergétique» quitte à «vivre dans le noir» afin de donner un alibi suffisant aux adeptes de la capitulation contractuelle. La présente analyse vise à déconstruire ce narratif de l’effacement par les faits, en démontrant que la Tunisie dispose, au contraire, d’un levier d’interdépendance majeure pour exiger un rééquilibrage global de ses partenariats. (Carte : Principaux gisements d’hydrocarbures au Maghreb et pipelines transméditerranéens).  

Elyes Kasri *

1. La valeur stratégique décuplée du TransMed face aux crises mondiales

Le rôle de pivot énergétique de la Tunisie n’est plus seulement régional, il est devenu névralgique à l’échelle mondiale. La convergence de trois crises géopolitiques majeures a décuplé la valeur stratégique du réseau terrestre trans-tunisien (TransMed) pour l’ensemble du continent européen :

– l’onde de choc de la guerre en Ukraine : la rupture historique et définitive des approvisionnements en gaz russe a privé l’Europe de sa principale source d’énergie fossile. Dans cette quête absolue de diversification, l’Afrique du Nord, et particulièrement l’axe Algérie-Tunisie-Italie, est devenue l’alternative immédiate la plus fiable pour sécuriser l’Europe du Sud et le cœur industriel de l’Union européenne;

– la paralysie des détroits de Bab el-Mandeb et d’Ormuz : les tensions militaires dans le golfe d’Aden et le golfe Persique ont gravement compromis la sécurité des routes maritimes globales. Le transit du gaz naturel liquéfié (GNL) en provenance du Qatar et d’autres fournisseurs du Golfe par méthaniers est soumis à des goulots d’étranglement permanents, à des détours maritimes pharaoniques (via le Cap de Bonne-Espérance) et à une explosion des coûts d’assurance ;

– le TransMed comme sanctuaire d’approvisionnement : face à l’insécurité des détroits et à la fin du gaz russe, le TransMed s’impose comme une infrastructure géographiquement immunisée contre les crises du Moyen-Orient. Ce pipeline terrestre offre un flux continu, direct et insensible aux blocus maritimes, propulsant le sol tunisien au rang de corridor de sécurité absolue pour la survie énergétique de l’Europe.

2. La centralité du TransMed dans l’économie algérienne :

L’examen des indicateurs macroéconomiques sectoriels démontre la dépendance de l’Algérie envers ce réseau terrestre trans-tunisien, faisant du gazoduc Enrico Mattei (TransMed) le véritable poumon financier du régime d’Alger :

– le poids des hydrocarbures dans les recettes algériennes : les hydrocarbures représentent 93 % à 95 % des recettes d’exportation de l’Algérie et alimentent le budget de l’État algérien à hauteur de plus de 60 % via la fiscalité pétrolière ;

– la part du TransMed dans les exportations de gaz algérien : selon les bilans énergétiques compilés, l’Algérie exporte environ 52 milliards de mètres cubes (bcm) de gaz naturel par an. Le TransMed en achemine à lui seul entre 22 et 25 bcm directement vers l’Italie, soit près de 45 % à 50 % de la totalité des exportations gazières algériennes, et plus de 70 % de son gaz acheminé par pipeline;

– valorisation financière pour Alger : au cours moyen du gaz sur le marché européen (TTF), le flux transitant par le sol tunisien génère pour l’Algérie des revenus directs estimés entre 10 et 12 milliards de dollars par an. Une interruption ou une réduction structurelle de ce flux provoquerait un choc budgétaire immédiat et ingérable pour la paix sociale algérienne suffisamment fragile et menacée par un Hirak qui couve sous les cendres.

3. L’irréalisme technique et le péril sécuritaire du Galsi :

Selon les données techniques validées par les registres officiels du Global Energy Monitor (mis à jour en juillet 2024), le projet Galsi est une impossibilité industrielle et financière à court et moyen terme:

– profondeur abyssale : le tracé maritime (565 km de section offshore) impose une pose de conduites à une profondeur record de 2 885 mètres sous la mer Méditerranée, ce qui représente une complexité d’ingénierie exceptionnelle;

– capacité limitée : le Galsi a été configuré pour un débit maximal de 8 milliards de m³ par an. Il ne pourrait donc absorber qu’un quart du flux du TransMed (capacité de 32 milliards de m³), rendant tout contournement total physiquement impossible ;

– impasse financière et réglementaire : estimé initialement à 3 milliards de dollars, sa réévaluation dépasse aujourd’hui 5 à 6 milliards de dollars. Dans le cadre du Green Deal de l’Union Européenne et du gel des financements fossiles lourds par les institutions bancaires internationales, sa levée de fonds est irréalisable, maintenant le projet au statut officiel de projet «mis de côté» (shelved), comme le confirme l’étude technique de l’Eurasia Review ;

– le fardeau critique de la vulnérabilité sous-marine : au-delà des barrières financières, l’impératif de sécurité internationale condamne les alternatives purement offshores ;

– le précédent Nord Stream 1 et 2 : le sabotage spectaculaire des gazoducs Nord Stream en mer Baltique (septembre 2022) a définitivement démontré la vulnérabilité intrinsèque des infrastructures sous-marines profondes face aux attaques asymétriques, au terrorisme d’État ou aux actes de guerre hybride. En haute mer, la surveillance constante et la protection physique de milliers de kilomètres de conduites immergées sont matériellement impossibles ;

– l’avantage du tracé terrestre tunisien : face à ce péril sous-marin, le corridor trans-tunisien offre une résilience stratégique inégalée, soulignée dans l’étude sectorielle de l’Observatoire Méditerranéen de l’Énergie. Un tracé terrestre permet un accès immédiat pour la maintenance, une surveillance continue par satellite et par patrouilles, ainsi qu’un contrôle souverain permanent, garantissant à Rome et à Alger une continuité de flux qu’aucune conduite immergée ne peut promettre.

4. Argumentaire pour une réévaluation à la hausse des redevances de transit :

Le taux actuel de la redevance tunisienne (5,25 %, prélevé majoritairement en nature) est obsolète et dérisoire. La Tunisie est légitimement en position d’exiger une réévaluation substantielle (objectif : 8 % à 10 %) :

– le coût de la sécurisation : la Tunisie assure à ses frais exclusifs la protection militaire et technologique de 400 km de conduites terrestres et de stations de compression critiques (Cap Bon). Ce service de sécurité environnementale et industrielle, qui protège l’approvisionnement européen contre les risques de déstabilisation, devrait être intégré dans le coût du transit ;

– l’indexation sur la prime de substitution : si l’Algérie devait substituer le TransMed par du transport de GNL par voie marine pour livrer l’Italie, le coût de l’infrastructure portuaire et maritime augmenterait le coût de livraison de 25 % à 30 %. La redevance tunisienne actuelle est donc une décote majeure et une concession exorbitante accordée par la Tunisie à Alger ;

– valorisation budgétaire actuelle : les recettes de cette redevance sont passées à plus de 1,8 milliard de dinars tunisiens (TND) par an. Ce gaz couvre entre 60 % et 66 % des besoins de consommation en gaz naturel de la Tunisie, ce qui prouve la valeur critique de cet actif dans notre équilibre énergétique national.

5- Pour une diplomatie de l’interdépendance active et équitablement profitable

Céder à la panique face à l’alternative Galsi relève d’une asymétrie psychologique savamment entretenue par des officines étrangères à travers la cinquième colonne de la «khawakhawanomanie» ambiante, et non d’une contrainte technique réelle.

La Tunisie détient une carte maîtresse mondiale : la sécurité, la viabilité et la supériorité stratégique terrestre de l’autoroute énergétique tunisienne vers l’Europe dans un monde marqué par la fermeture des détroits et les crises climatiques.

La Tunisie est incontestablement le verrou énergétique d’une Europe qui paie au prix fort le boycott du gaz russe et l’instabilité qui prévaut, sans perspective de stabilisation à court et à moyen termes, dans les détroits d’Ormuz et Bab El Mandeb.

Elle tient également le régime algérien par la jugulaire, car en dépit de toutes les fanfaronnades, ce régime se trouve confronté à une population frustrée et prête à en découdre ne pourra pas se passer à moyen et même à long terme du Transmed et des recettes financières et des garanties sécuritaires offertes par le transit par la Tunisie plus qu’aucun autre itinéraire.

Il appartient aux négociateurs tunisiens d’exploiter ce nœud vital pour redresser les torts asymétriques hérités de l’histoire — qu’il s’agisse des redevances énergétiques, de la spoliation de l’Albien ou du développement de nos infrastructures critiques de transport et de logistique — et arracher un accord digne, global et protecteur des intérêts supérieurs de la Nation.

Le célèbre philosophe allemand Emmanuel Kant (1724-1804) a bien dit que «la liberté est le droit de ne pas être soumis à la fatalité extérieure».

* Ancien ambassadeur.

Note de la rédaction : On a dû réduire cet article de près de la moitié de son volume, tout en l’allégeant de son appareil critique (références, sources, etc.)

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Racisme | L’affaire Jason Arday secoue le Royaume-Uni !

22. August 2026 um 10:17

Jason Arday, 41 ans, plus jeune professeur noir de l’Université de Cambridge a été accusé de plagiat cependant l’affaire qui aurait pu être traitée dans le cadre académique est devenue une affaire nationale. Pour la droite raciste et les médias blancs, c’était une aubaine à ne pas manquer et le jeune homme a été voué aux gémonies dans les unes de journaux, dans des centaines d’articles sans parler des réseaux sociaux. Jason Arday a été retrouvé mort à son domicile le vendredi 7 août 2026. Aujourd’hui, les médias qui ont instrumentalisé cette affaire en s’adonnant à un harcèlement basé sur un racisme désinhibé et un acharnement obscène sont sur le banc des accusés. Le Premier ministre Andy Burnham a parlé d’«une tragédie».

Imed Bahri

Dans les colonnes de l’hebdomadaire britannique The Observer, Seun Matiluko est revenue sur l’affaire Jason Arday dont l’épilogue a été la fin tragique du jeune universitaire, elle considère que cette affaire est révélatrice d’une obsession de l’élite blanche qui estime que la réussite des Noirs se fait à ses dépens. 

L’histoire d’Arday a suscité une couverture médiatique qui dépasse largement la controverse entourant le plagiat présumé de sa thèse de doctorat soumise à l’Université Liverpool Moors, et ce, depuis sa nomination comme le plus jeune professeur noir de l’histoire de l’Université de Cambridge.

Il y a un être humain derrière les tweets

Selon Seun Matiluko, Jason, qui enseignait la sociologie et les sciences de l’éducation à Cambridge avant d’être contraint de démissionner début août, en raison de la polémique médiatique concernant son intégrité académique et personnelle, a mis en lumière l’hypocrisie du traitement médiatique de sa mort, instrumentalisée par la droite pour faire du «scandale» un phénomène mondial.

Tard vendredi avant-dernier, un universitaire a résumé avec justesse la situation d’Arday : «Il y a deux semaines, Jason Arday était professeur à l’Université de Cambridge, et maintenant il n’est plus là». Matiluko fait remarquer qu’il peut parfois sembler futile de rappeler aux gens d’être bienveillants et de se souvenir, avant d’attaquer, qu’il y a un être humain derrière leurs tweets, publications ou titres. 

L’histoire a commencé lorsqu’un individu se définissant comme «réaliste racial», convaincu que dans un système méritocratique, «les Noirs disparaîtraient de la quasi-totalité des postes à responsabilité, hormis dans le sport et le divertissement» – une affirmation que beaucoup qualifieraient de raciste – a révélé un plagiat dans la thèse de doctorat d’Arday et l’a dénoncé.

Les journaux ont enquêté sur ces allégations et les ont jugées crédibles. L’affaire aurait pu s’arrêter là, et la couverture médiatique aurait été similaire à celle du professeur William O’Reilly de Cambridge, qui avait plagié 4 000 mots de travaux d’étudiants et les avait republiés comme étant les siens dans des revues académiques, prétendant être victime de harcèlement homophobe une fois démasqué.

Cependant, l’attention médiatique portée à Arday a dépassé le cadre de ses travaux universitaires qui, bien que suffisants pour lui permettre de réussir son doctorat à l’Université John Moores de Liverpool, ont été critiqués par certains, estimant qu’ils avaient nui à la réputation de Cambridge.

Deux cent quarante-neuf articles ont été publiés à son sujet en 22 jours. Quelques heures après l’annonce de son décès, le Times a diffusé une publicité sponsorisée sur X pour un article rédigé par un ancien étudiant mécontent de la méthode d’enseignement d’Arday. S’il n’était pas un jeune professeur noir à Cambridge y aurait-il eu autant d’articles et y aurait-il eu un tel emballement médiatique ?

Le journal a indiqué qu’une grande partie de la couverture médiatique intense précédant les événements tragiques de vendredi s’était concentrée sur les chocs culturels.

1% des professeurs d’université britanniques sont noirs

Arday a été comparé à Meghan Markle, l’épouse du prince Harry, et des journalistes, désireux de se vanter de leur formation à Cambridge, ont affirmé que la présence d’Arday prouvait que les Noirs avaient un accès plus facile au monde universitaire. Ils feignent d’oublier que seulement 1% des professeurs d’université britanniques sont noirs.

Les réseaux sociaux ont également été inondés d’affirmations extravagantes selon lesquelles les universités d’Oxford et de Cambridge admettaient des étudiants noirs avec des notes inférieures simplement parce qu’ils étaient noirs.

En réalité, la seule forme de discrimination positive, de diversité, d’égalité, d’inclusion, ou quel que soit le terme employé, dans les admissions universitaires britanniques est fondée sur la classe sociale, et non sur l’origine ethnique. Les personnes ayant fréquenté des écoles modestes ou vivant dans des zones défavorisées peuvent bénéficier de circonstances exceptionnelles. Nombreux sont les étudiants blancs issus de milieux populaires qui bénéficient d’offres conditionnelles et dans ce cas, les opposants à la diversité, à l’équité et à l’inclusion dans le cadre de la guerre culturelle deviennent muets quand il s’agit des Blancs.

Seun Matiluko soutient qu’il est légitime de demander des comptes à ceux qui détiennent le pouvoir et de démasquer les menteurs surtout que la violente campagne médiatique menée contre Arday était disproportionnée par rapport à ses erreurs.

Une frénésie médiatique largement liée à la couleur d’Arday

L’auteure s’interroge pourquoi tant de médias ont-ils affiché la photo d’Arday en une pendant des semaines, à l’exception du lendemain de sa mort ? Elle estime que si Arday n’avait pas été professeur à Cambridge mais à Leeds, Durham ou au King’s College de Londres, son histoire n’aurait sans doute pas suscité autant d’attention et elle affirme que cette frénésie médiatique était largement liée à l’origine ethnique d’Arday, puisqu’il était noir.

Matiluko rappelle que des titres de presse allant jusqu’à affirmer que le mouvement Black Lives Matter a propulsé Jason Arday sur le devant de la scène relèvent d’une politique de victimisation propre aux Blancs qui soupçonnent d’emblée la réussite des Noirs d’être le fruit d’un travail mené à leur détriment.

Arday n’est ni le premier, ni le dernier, à être accusé de plagiat ou d’avoir relaté une biographie contenant des éléments douteux. Il n’est pas le premier à être accusé d’être un piètre universitaire. La plupart des diplômés universitaires ont une anecdote à raconter sur des professeurs qui estimaient que leurs performances n’étaient pas à la hauteur du poste pour lequel ils avaient été embauchés. Cependant, rien ne justifie l’emballement, le déchaînement et le harcèlement dont il a fait l’objet 

Aujourd’hui, Arday est mort et ses enfants grandiront sans père. Dans un an, certains de ses détracteurs auront peut-être même oublié son nom. Matiluko estime qu’il est peut-être naïf d’attendre de tous les journalistes qu’ils agissent de manière éthique et rappelle que de nombreux journalistes ont prétendu avoir tiré les leçons du suicide de Caroline Flack, la journaliste harcelée par les médias et dont la vie privée a été exploitée sans relâche mais que malheureusement, six ans plus tard, il semble que la leçon retenue soit de harceler sans relâche une personnalité publique, puis, à sa mort, de dire hypocritement «Repose en paix» et «Nos pensées et nos prières t’accompagnent», avant de rejeter la faute sur autrui.

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Le cimetière de Sousse totalement à l’abandon

22. August 2026 um 09:41

Il y a quelques jours , je me suis rendu au cimetière de Houmet Swiss, à Sousse, et j’ai été attristé, voire indigné, par l’état dans lequel je l’ai trouvé. La saleté est malheureusement ce qui m’a le plus frappé : feuilles mortes jonchant les allées, arbres et végétation manifestement peu entretenus, détritus éparpillés çà et là… À cela s’ajoutent des tombes qui, plusieurs mois après les inhumations, ne sont toujours pas construites, ainsi qu’un cercueil abandonné sur place.

Mohamed Sadok Lejri

Un tel état d’abandon est difficilement compatible avec le respect que nous devons à nos morts et à leurs familles.

Je n’étais d’ailleurs pas le seul à déplorer cette situation *. Plusieurs personnes venues se recueillir sur les tombes de leurs proches partageaient exactement le même constat. Nous en avons discuté ensemble, avec le sentiment commun que ce lieu de mémoire mériterait davantage d’attention et d’entretien.

Pour ne rien arranger, les fleurs que les familles déposent sur les tombes de leurs proches disparus disparaissent en moins de 24 heures…

Un ouvrier présent sur place m’a expliqué que le cimetière était actuellement dépourvu de «mouqawel», c’est-à-dire de la personne chargée de superviser l’entretien du cimetière et les opérations d’inhumation, depuis l’éviction du dernier responsable, il y a environ quatre mois.

Il m’a également fait part des difficultés liées au manque d’effectifs. Le cimetière ne disposerait actuellement que de quatre ouvriers maçons et de deux ouvriers chargés de les assister. Il y a une quinzaine d’années, ils étaient pourtant quatorze à travailler au cimetière de Swiss.

Plus préoccupant encore, les quatre ouvriers maçons ne sont réunis au complet que deux jours par semaine ; à savoir : jeudi et vendredi. Le reste du temps, une partie de l’effectif est affectée à d’autres cimetières, notamment ceux de Hay Laaouina et d’Oued Kharroub, où la charge de travail est également importante en raison de l’étendue des lieux et de la forte densité de la population.

Ces explications permettent certes de mieux comprendre les difficultés auxquelles sont confrontés les ouvriers, mais elles ne peuvent laisser indifférent face à l’état actuel du cimetière.

Il serait donc souhaitable que la municipalité de Sousse se penche, dans les meilleurs délais, sur la situation du cimetière de Houmet Swiss, afin de renforcer les moyens humains qui lui sont consacrés, d’assurer son entretien régulier et de remédier aux différents problèmes qui s’y posent.

Nos morts méritent le respect et leurs familles doivent venir se recueillir dans un lieu propre, digne et convenablement entretenu. Veiller à la dignité de nos cimetières, c’est aussi veiller à la dignité de ceux qui nous ont quittés et au respect de ceux qui leur rendent visite.

Désengagement de la municipalité et incurie des riverains

* Nous reproduisons ci-dessous le poste sur le même sujet qu’un autre Soussien, Noureddine Ali, a posté sur sa page Facebook, le 19 août 2026…

Il y a quelques jours, sur facebook, Anouar El Fani et Mohamed Sadok Lejri alias Pierrot le fou dénonçaient, chacun de son côté, l’état d’abandon et de délabrement du cimetière de Sousse. Je m’y suis rendu aujourd’hui pour me recueillir sur la tombe de mes parents. Effectivement, le cimetière offre un spectacle de désolation qui tranche avec la dignité que l’on attend d’un lieu de recueillement. Dès l’entrée, une végétation sauvage et envahissante impose sa loi : ronces, herbes folles et arbustes épineux ont colonisé les allées, rendant la circulation entre les tombes malaisée, parfois même impossible à moins de courir le risque de se fouler la cheville ce qui a failli m’arriver.

Les inscriptions de nombreuses sépultures s’effacent peu à peu sous la mousse et les lichens. Le sol, par endroits, disparaît sous un tapis de détritus accumulés au fil des années : sacs plastiques déchirés, bouteilles vides, gravats de construction et déchets divers jonchent les abords comme le cœur même du cimetière, apportés là par le vent ou par l’incurie de riverains peu scrupuleux. Aucun entretien régulier ne semble avoir été assuré depuis longtemps, et l’abandon dans lequel se trouve ce patrimoine funéraire témoigne d’une négligence collective aussi affligeante qu’inquiétante pour la mémoire des défunts qui y reposent.

Face à ce constat désolant, les services municipaux font preuve d’une atonie frappante. L’absence d’entretien régulier, le manque de gardiennage et l’inaction des autorités locales traduisent un désengagement manifeste envers le respect dû aux défunts et le patrimoine de la ville et laissent le site vulnérable au vandalisme et au vol, au point que déposer des fleurs sur une tombe relève désormais du défi.

La municipalité se limite à des interventions ponctuelles et superficielles, souvent uniquement après de vives protestations citoyennes. L’absence d’un gardiennage permanent et vigilant ou d’une brigade dédiée à l’entretien des espaces sacrés laisse le champ libre à l’abandon total du site. Ce n’est pourtant pas une fatalité, il suffit de se rendre au cimetière de Hamam-Sousse pour constater la différence.

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Ukraine | L’entourage de Zelnsky visé par des enquêtes anticorruption

21. August 2026 um 13:58

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a limogé mercredi 19 août 2026 sa cheffe adjointe de cabinet, Iryna Mudra, alors que les enquêteurs anticorruption lançaient une vaste enquête visant une organisation criminelle présumée impliquant de hauts responsables liés à la présidence.

Habib Glenza, à Lodz.

Outre Mudra, les suspects comprennent un député en fonction, un ex-parlementaire ainsi que le directeur général et le président du conseil de surveillance d’une banque publique, indique le Bureau national de lutte contre la corruption (Nabu). La description de ces responsables bancaires semble renvoyer à Sense Bank.

Les enquêteurs affirment que le groupe a contribué au blanchiment d’environ 3 millions d’euros (150 millions de hryvnias ukrainiennes) déposés comme caution pour un suspect dans une affaire de corruption.

Il s’agit de l’opération «Midas», une enquête sur des soupçons de corruption au sein de Energoatom, l’entreprise publique ukrainienne de l’énergie nucléaire, devenue la plus vaste affaire de corruption du mandat de Zelensky.

La nouvelle affaire n’est donc pas isolée : elle semble découler directement d’une enquête qui met déjà en cause d’anciens hauts responsables gouvernementaux et des personnes entretenant de longue date des liens personnels et politiques avec Zelensky.

De «Midas» à «Forest Gump»

Le Nabu et le Parquet spécialisé anticorruption (Sapo) ont dévoilé l’opération «Midas» en novembre 2025, au terme de plus d’un an d’enquête.

Ils affirment que les membres d’une organisation criminelle exerçaient une influence sur Energoatom sans y occuper de fonctions officielles, prélevant des pots-de-vin représentant 10 à 15 % des contrats auprès des fournisseurs en échange du déblocage des paiements.

Le Nabu estime qu’environ 85 millions d’euros ont été blanchis via ce système présumé.

L’ancien ministre de la Justice et de l’Énergie Herman Halouchtchenko a été accusé de blanchiment d’argent et de participation à une organisation criminelle.

En février, le Nabu a indiqué que plus de 7,4 millions de dollars, 2,4 millions d’euros et 1,3 million de francs suisses liés au système présumé avaient été transférés ou mis à la disposition de sa famille.

Les 3 millions d’euros au cœur de la dernière enquête, baptisée opération «Forest Gump», auraient été déposés comme caution pour Halouchtchenko

Selon des mandats de perquisition divulgués par des parlementaires ukrainiens, Sense Bank aurait été utilisée pour transférer une partie des fonds de caution. Le Nabu a également rendu publics des enregistrements audios dans lesquels on entend Mudra évoquer Sense Bank et des tentatives présumées d’influencer les décisions la concernant.

Dans une conversation enregistrée en juin, Mudra indique qu’on lui a dit que le directeur général de la banque et le président de son conseil de surveillance viendraient la voir.

Elle évoque aussi une personne prénommée «David» et le président d’une commission parlementaire, qui chercheraient à offrir une protection politique à la banque. On ignore si David fait référence à David Arakhamia, chef du groupe Serviteur du peuple de Zelenskiy au Parlement.

« Ils ne s’en prendront pas à Sense Bank et Sense Bank doit les payer», déclare Mudra sur cet enregistrement. Dans une autre conversation, Mudra affirme que «Timur», qu’elle décrit comme «un réfugié israélien», l’a appelée pour lui demander de prendre en charge le dossier de Sense Bank.

Cette description semble renvoyer à Timur Mindich, ami de longue date et ancien partenaire commercial de Zelensky, présenté comme l’un des cerveaux du système de corruption «Midas» évalué à 100 millions de dollars (85 millions d’euros).

D’un ami de longue date à un ancien chef de cabinet

Mindich faisait partie du premier cercle de Zelensky bien avant son entrée en politique et est copropriétaire de Kvartal 95, la société de production cofondée par le président.

Suspect dans l’opération «Midas», Mindich a quitté l’Ukraine pour Israël en novembre 2025. Son nom apparaît aussi dans l’enquête «Dynasty», dans laquelle le Nabu et le Sapo affirment que plus de 8,8 millions d’euros ont été blanchis via un complexe résidentiel de luxe en périphérie de Kyiv, à partir de fonds provenant en partie de systèmes de corruption, notamment chez Energoatom.

Mais le nom le plus en vue cité dans l’affaire «Dynasty» est celui d’Andriy Iermak, ancien chef de cabinet de Zelensky et pendant des années l’une des figures les plus puissantes d’Ukraine.

Iermak a dirigé le cabinet du président de 2020 jusqu’à son départ en 2025, devenant le plus proche confident politique de Zelensky et jouant un rôle central dans la politique intérieure, la diplomatie et la conduite de la guerre.

En mai 2026, le Nabu et le Sapo ont désigné Iermak comme suspect dans l’affaire de blanchiment d’argent «Dynasty». Un tribunal a ordonné son placement en détention avec la possibilité d’une libération sous caution de 2,7 millions d’euros, somme qui a ensuite été versée. Iermak nie les accusations.

La même enquête met également en cause l’ancien vice-Premier ministre Oleksiy Chernyshov, qui a occupé plusieurs hautes fonctions gouvernementales sous Zelensky et est présenté comme un ami de longue date de la famille présidentielle.

D’autres enquêtes ont rattrapé d’anciens membres de l’administration présidentielle. Rostyslav Shurma, ex-chef adjoint chargé de la politique économique, a été désigné comme suspect en janvier dans une affaire distincte portant sur des abus présumés dans le système de subventions aux énergies renouvelables en Ukraine.

Le Nabu et le Sapo soupçonnent Shurma, son frère Oleg et d’autres personnes d’avoir détourné environ 2,7 millions d’euros. Les deux frères ont été placés sur une liste de recherche en février, et un tribunal a ordonné leur détention par contumace en avril. Shurma, actuellement à l’étranger, nie tout acte répréhensible.

Une proximité douteuse et dérangeante

Ces enquêtes surviennent à un moment particulièrement sensible pour les ambitions européennes de l’Ukraine.

Kiev et Bruxelles ont ouvert en juin le cluster Fondamentaux des négociations d’adhésion de l’Ukraine, qui couvre notamment l’État de droit, la justice, les marchés publics et le contrôle financier. Un deuxième cluster, consacré aux relations extérieures a suivi en juillet.

L’UE a souligné que les progrès réalisés sur le cluster Fondamentaux détermineront le rythme global des négociations d’adhésion de l’Ukraine, plaçant l’indépendance et l’efficacité des institutions anticorruption du pays sous un examen particulier.

La série d’enquêtes dresse pour Zelensky un tableau politique de plus en plus délicat.

Son ancien chef de cabinet a été désigné comme suspect. D’anciens chefs adjoints de cabinet également. Son ami de longue date et ancien partenaire commercial est impliqué dans plusieurs grandes affaires. D’anciens ministres et d’autres hauts responsables de son administration sont eux aussi devenus suspects.

Chacune des enquêtes menées par le Nabu et le Sapo suscite aussi une forte mobilisation de l’opinion. Des dizaines de milliers d’Ukrainiens sont descendus dans la rue en 2025 pour défendre l’indépendance du Nabu et du Sapo après la décision du Parlement de restreindre les pouvoirs de ces autorités anticorruption.

La société civile a aussi réclamé des investigations supplémentaires sur des soupçons de corruption au plus haut niveau de l’État. 

Pour un président arrivé au pouvoir en 2019 en promettant de rompre avec l’establishment politique corrompu du pays, la proximité de tant d’affaires visant son entourage a un coût politique de plus en plus lourd.

Source : The Kyiv Independent 

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