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Il y a 41 ans | La Tunisie faisait condamner Israël à l’Onu

04. Oktober 2026 um 13:42

Il y a 41 ans, jour pour jour… Le 4 octobre 1985, le Conseil de sécurité condamna l’agression israélienne contre le siège de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) à Hammam Chott, dans la banlieue sud de Tunis. Un témoignage vécu à New York…

Noureddine Mezni * 

Le 4 octobre 1985, le Conseil de sécurité des Nations unies adoptait la résolution 573 (1985), à la suite de la plainte déposée par la Tunisie contre Israël, après l’acte d’agression commis contre sa souveraineté et son intégrité territoriale, «en violation flagrante de la Charte des Nations unies et du droit et des normes de conduite internationaux».

La résolution condamnant l’agression israélienne fut adoptée par quatorze voix, sans aucune voix contre, avec une seule abstention : celle des États-Unis.

Cette résolution revêtait une importance particulière puisqu’elle constituait la première résolution du Conseil de sécurité condamnant explicitement l’agression israélienne contre le territoire tunisien.

Je venais, à cette époque, d’être nommé Représentant adjoint de l’Organisation de la Conférence islamique (OCI) auprès de l’Onu. J’ai donc vécu cet événement historique au siège des Nations unies, à New York.

Une position américaine qui avait suscité la consternation

J’étais chargé de préparer le texte de l’intervention de mon organisation devant le Conseil de sécurité, réuni pour examiner cette agression israélienne.

Je n’oublierai jamais la fierté que j’avais ressentie en recevant les directives de l’administration centrale de l’OCI, dont le siège était alors à Jeddah, pour préparer ce texte. C’était la première tâche de cette importance qui m’était confiée dans le cadre de mes nouvelles fonctions.

Ce qui m’avait le plus choqué, en suivant de près l’extraordinaire couverture médiatique de l’agression israélienne par les chaînes de télévision américaines, était le soutien public et immédiat de la Maison-Blanche à Israël, qui avait qualifié son opération d’«acte légitime d’autodéfense», après l’assassinat, revendiqué par la Force 17, unité d’élite de l’OLP, de trois civils israéliens à bord de leur yacht, au large des côtes chypriotes.

Israël avait ainsi violé la souveraineté de la Tunisie, pourtant amie de longue date des États-Unis, et tué des dizaines de civils, Tunisiens et Palestiniens.

Le président Habib Bourguiba et plusieurs de ses alliés européens avaient alors exercé de fortes pressions sur l’administration américaine afin qu’elle reconsidère sa position initiale.

Bourguiba, ami de l’Occident et en particulier des États-Unis d’Amérique, menaça de rompre les relations diplomatiques de Tunis avec Washington au cas où le gouvernement américain opposait son veto à la résolution.

Clovis Maksoud et le «temps gagné»

Des négociations serrées se déroulaient au moment même où le Conseil de sécurité était réuni pour débattre de cette agression. La ferme condamnation de l’opération israélienne par plusieurs capitales européennes, dès les premières heures, ainsi que l’intervention de Bourguiba auprès de son homologue américain, Ronald Reagan, avaient finalement porté leurs fruits.

La délégation tunisienne présente dans la salle du Conseil de sécurité, conduite par Béji Caïd Essebsi, alors ministre des Affaires étrangères, attendait avec impatience l’issue de ces démarches.

Pendant cette attente, et afin de gagner du temps avant l’arrivée des instructions de Washington à son représentant au Conseil de sécurité, l’ambassadeur Walter Vernon, la délégation tunisienne avait demandé à l’ambassadeur de la Ligue arabe auprès de l’Onu, le professeur Clovis Maksoud, d’«allonger» au maximum le discours qu’il était en train de prononcer devant les membres du Conseil.

Le représentant de l’organisation panarabe, parfait anglophone, excella au cours de cette intervention, dont une grande partie fut improvisée pour la circonstance. Il réussit ainsi à retenir l’attention de l’ensemble des membres du Conseil jusqu’à l’arrivée de la réponse de la Maison-Blanche.

Washington avait finalement demandé à son représentant de s’abstenir, permettant ainsi l’adoption de la résolution 573 condamnant l’agression israélienne.

Une scène que je n’ai jamais oubliée

Je me souviens également d’une scène qui m’avait particulièrement marqué ce jour-là.

Benjamin Netanyahu, alors représentant permanent d’Israël auprès des Nations unies, avait, immédiatement après l’adoption de la résolution, déchiré le document portant le projet de résolution, dans un geste spectaculaire qui avait surpris la salle du Conseil de sécurité.

Cette scène est restée gravée dans ma mémoire, tant elle témoignait de la tension qui régnait autour de cette résolution historique.

Quarante et un ans plus tard, je garde encore le souvenir très précis de cette journée passée au siège des Nations unies à New York : une journée où, pour la première fois, je me retrouvais directement au cœur d’un dossier majeur porté devant le Conseil de sécurité dans le cadre de mes nouvelles fonctions internationales.

Un événement historique dans les annales du Conseil de sécurité des Nations unies, que j’ai eu le privilège de vivre de l’intérieur.

* Consultant en diplomatie publique internationale et en communication, ancien porte-parole du président de la Commission de l’UA.

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Autisme et troubles de l’apprentissage | Ouverture d’un centre privé à Béja

04. Oktober 2026 um 13:09

Le premier centre privé spécialisé dans la rééducation des enfants atteints d’autisme et de troubles de l’apprentissage a ouvert ses portes hier soir, samedi 3 octobre 2026, à Béja, dans le nord-ouest de la Tunisie. Cette initiative a été chaleureusement accueillie par les parents, le centre regroupant en un même lieu les diverses spécialités et services dont leurs enfants ont besoin.

Zina Hmaidi, directrice du Centre Zina, orthophoniste de son état, a indiqué que cet établissement — le premier du genre dans la région — offrira une opportunité précieuse aux enfants rencontrant des difficultés, en proposant un éventail de services et de spécialités au sein d’un même espace.

Elle a précisé que l’équipe du centre comprend un psychologue, un ergothérapeute, un éducateur spécialisé et une orthophoniste, ainsi que des accompagnateurs et des animateurs, permettant aux enfants de pratiquer le sport, le théâtre et d’autres activités.

L’aménagement du centre a nécessité un investissement d’environ 40 000 dinars, a-t-elle indiqué, ajoutant que l’établissement est doté d’équipements destinés à favoriser le développement des capacités et des compétences des enfants.

Dans une déclaration à l’agence Tap, Zina Hmaidi a indiqué avoir lancé ce projet après une expérience de dix ans auprès de cette catégorie d’enfants, au cours de laquelle elle a pu cerner leurs différents besoins.

Le centre œuvrera à répondre aux attentes des familles, notamment en ce qui concerne l’intégration des enfants dans les écoles ordinaires et leur meilleure insertion sociale. Il vise aussi à instaurer un partenariat public-privé, en privilégiant la coopération avec le ministère de l’Éducation.

I. B.

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Des habitants de Menzel Bouzelfa protestent contre les rejets d’une usine de biotechnologie

04. Oktober 2026 um 12:26

Ines Labiadh, coordinatrice du département de justice environnementale et sociale au Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), a affirmé — lors d’un rassemblement de protestation organisé hier, samedi 3 octobre 2026, par les habitants de Menzel Bouzelfa — que l’usine de biotechnologie nextProtein installée pour la production de protéines à partir d’insectes représente désormais une menace majeure pour l’environnement et la santé publique dans cette ville agricole du gouvernorat de Nabeul.

Selon elle, l’usine est à l’origine d’émissions d’odeurs nauséabondes affectant directement la qualité de vie quotidienne des résidents, outre le rejet de polluants et l’infiltration de substances contaminantes dans la nappe phréatique.

Les circonstances et les procédures d’obtention des autorisations pour l’installation de cette usine soulèvent plusieurs interrogations, nécessitant une vérification de sa conformité aux normes sanitaires, environnementales et juridiques, a-t-elle insisté.

I. B.

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La diffusion de données relatives aux infractions pénales, à la vie sexuelle et à la santé est illicite

04. Oktober 2026 um 11:58

Le Forum Chawki Gaddes pour les droits numériques a souligné que les données relatives aux infractions pénales, à la vie sexuelle et à la santé sont des données sensibles nécessitant une protection renforcée. Leur traitement n’est autorisé que dans les cas prévus par la loi, et leur diffusion sur les réseaux sociaux constitue un traitement illicite exposant leurs auteurs à des poursuites juridiques et à une responsabilité éthique.

Dans un communiqué publié samedi 3 octobre 2026, dans la foulée de la polémique suscitée par la publication sur les réseaux sociaux de données personnelles relatives à Yakine, l’adolescente victime d’un viol collectif, et à ses présumés violeurs, le Forum a exprimé sa vive inquiétude face à la fréquence de la diffusion, sur les réseaux sociaux, de données personnelles et sensibles concernant des individus. Ces pratiques incluent notamment la publication de photos d’enfants, la fuite de documents judiciaires, l’utilisation d’images et de vidéos de mineurs victimes d’agressions sexuelles, ainsi que la divulgation des noms et des photos de suspects dans diverses affaires alors même que les enquêtes sont encore en cours.

Le Forum a appelé les autorités publiques, y compris les délégués à la protection de l’enfance, à intervenir d’urgence pour faire cesser la diffusion d’images et de données concernant des mineurs, à ouvrir une enquête sérieuse sur les sources de fuite des documents judiciaires et à en sanctionner les responsables. Il a également préconisé d’assurer la protection ainsi que le soutien psychologique, social et juridique des victimes et de leurs familles, de coordonner avec les plateformes numériques le retrait rapide et transparent des contenus illicites, et de lancer des campagnes de sensibilisation sur la responsabilité juridique et éthique liée à la publication d’informations sensibles.

Les enfants, victimes ou suspects, bénéficient d’une protection particulière

Les enfants — qu’ils soient victimes ou suspects — bénéficient d’une protection particulière en vertu de la loi sur les données à caractère personnel, du Code de protection de l’enfant, du Code pénal et de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant ; cette protection repose sur le principe de l’intérêt supérieur de l’enfant et sur la confidentialité des procédures le concernant, a indiqué le Forum, en soulignant que la publication de photos de victimes mineures constitue une seconde atteinte à leur égard et que leur utilisation pour les incriminer ou les blâmer reflète une culture inacceptable faisant peser la responsabilité du crime sur la victime ; il a également rappelé que l’enfant suspect continue de bénéficier des garanties de la justice des mineurs et qu’il ne saurait faire l’objet de diffamation ou voir son identité révélée, quelle que soit la gravité des faits qui lui sont reprochés.

Tout en rappelant l’importance de réactiver l’Instance nationale de protection des données personnelle (INPDP) — qui était présidée par feu Chawki Gaddes et actuellement gelée bien que la loi la régissant soit toujours en vigueur — et a appelé à lui garantir l’indépendance ainsi que les ressources nécessaires à l’accomplissement de sa mission, le Forum a également exhorté les citoyens et les utilisatrices et utilisateurs des réseaux sociaux à s’abstenir de republier toute image, tout nom ou tout document concernant un mineur, une victime ou un suspect, à ne pas participer à des campagnes de stigmatisation et à signaler les contenus illicites.

Enfin, il a souligné que la protection des données personnelles constitue un droit constitutionnel, consacré par la loi organique n° 63 de 2004, dont jouit tout citoyen et toute citoyenne — qu’ils soient victimes, suspects ou visés par des enquêtes judiciaires — et que ce droit ne saurait être remis en cause par les épreuves subies par la personne ou par les faits qui lui sont imputés.

I. B.

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Tunisie | Calendrier des examens nationaux 2026-2027

04. Oktober 2026 um 11:02

Le ministère de l’Éducation a arrêté le calendrier des examens nationaux pour l’année scolaire 2026-2027, fixant les dates des épreuves écrites, pratiques et orales ainsi que celles de la proclamation des résultats pour les différents niveaux concernés.

Le ministère a précisé que les épreuves écrites de la session principale du baccalauréat se dérouleront les 2, 3, 4, 7, 8 et 9 juin 2027, et que les résultats seront annoncés le 22 juin.

Il a également indiqué que les épreuves de la session de contrôle du baccalauréat sont programmées pour les 28, 29 et 30 juin ainsi que le 1er juillet, avec une proclamation des résultats prévue pour le dimanche 11 juillet.

Par ailleurs, le ministère a précisé que les épreuves de fin d’année en éducation physique s’étaleront du 19 au 30 avril 20, tandis que les épreuves pratiques et orales auront lieu du 13 au 26 mai.

Concernant les examens du diplôme de fin d’études de l’enseignement de base (général et technique), le ministère a programmé les épreuves écrites pour les 17, 18 et 19 juin et a fixé au 5 juillet la date de proclamation des résultats.

Le ministère a ajouté que les épreuves écrites du concours d’accès aux collèges pilotes se tiendront les 21, 22 et 23 juin, et que les résultats seront officiellement annoncés le vendredi 9 juillet 2027.

I. B.

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Le dialecte tunisien, mémoire vivante d’une terre façonnée par les civilisations

04. Oktober 2026 um 09:12

Lorsqu’un Tunisien parle aujourd’hui dans la rue, dans un café, dans une famille ou dans un marché, il ne prononce pas seulement des mots destinés à communiquer. Il fait résonner, souvent sans le savoir, plusieurs millénaires d’histoire. Chaque phrase du dialecte tunisien porte des traces anciennes, parfois discrètes, d’une terre qui n’a jamais été isolée du monde. La Tunisie actuelle, souvent présentée à travers sa langue arabe dominante, est en réalité le résultat d’une longue rencontre entre plusieurs civilisations, plusieurs peuples et plusieurs systèmes linguistiques. La langue du quotidien est un musée vivant de l’histoire nationale.

Zouhaïr Ben Amor *

Le dialecte tunisien, appelé communément «derja», n’est pas une simple variante populaire de l’arabe. Il est une construction historique complexe où se croisent les héritages amazighs, puniques, latins, byzantins, arabes, ottomans, andalous et méditerranéens. Il représente une mémoire collective qui a survécu aux changements politiques, aux conquêtes et aux transformations sociales.

L’histoire linguistique de la Tunisie montre que les langues ne disparaissent jamais complètement. Même lorsqu’une langue cesse d’être utilisée comme langue officielle ou administrative, elle peut continuer à vivre dans les habitudes, les noms de lieux, les expressions populaires, les sons et les structures grammaticales. Comme le rappelle Ferguson (1959) dans ses travaux sur la diglossie, les sociétés plurilingues conservent souvent plusieurs niveaux linguistiques qui coexistent et se transforment au fil du temps.

Ainsi, considérer le dialecte tunisien uniquement comme une forme simplifiée de l’arabe serait ignorer toute la profondeur historique qui l’a façonné. La derja tunisienne est plutôt une archive orale, un patrimoine vivant qui témoigne du passage des civilisations sur cette terre située au cœur de la Méditerranée.

L’héritage amazigh

Avant l’arrivée des Phéniciens et la fondation de Carthage, l’espace tunisien était principalement habité par des populations amazighes. Ces populations ont laissé une empreinte profonde dans la culture, la toponymie et probablement dans certaines caractéristiques linguistiques du parler tunisien.

Même si l’arabe tunisien appartient à la famille des dialectes arabes maghrébins, il conserve des influences provenant des langues amazighes. Ces influences apparaissent notamment dans certains noms de lieux, dans des termes liés à l’environnement naturel, à l’agriculture ou à la vie quotidienne. Plusieurs chercheurs ont montré que le contact prolongé entre l’arabe et les langues amazighes au Maghreb a produit des formes hybrides où les deux traditions linguistiques se rencontrent (Chaker, 1995).

La présence amazighe est particulièrement visible dans certaines régions montagneuses ou rurales où des communautés ont conservé jusqu’à une période récente des variétés berbères. Mais son influence dépasse largement ces zones. L’histoire linguistique fonctionne rarement comme une séparation nette entre des langues différentes ; elle fonctionne plutôt comme une circulation permanente.

Ainsi, certains sons, certaines constructions ou certains mots du parler tunisien peuvent être compris comme les traces d’une ancienne Tunisie amazighe. Cette dimension rappelle que l’identité tunisienne ne commence pas avec une période historique précise. Elle est le résultat d’une accumulation de couches successives.

Le dialecte tunisien est donc comme un paysage archéologique : sous la surface visible de la langue arabe contemporaine existent des strates plus anciennes qui continuent à influencer la manière de parler, de nommer et de penser.

Carthage et le punique

La civilisation carthaginoise constitue certainement l’un des héritages les plus importants de l’histoire tunisienne. Fondée par les Phéniciens à partir du IXe siècle avant notre ère, Carthage a développé une civilisation brillante dont la langue principale était le punique, une évolution du phénicien.

Pendant plusieurs siècles, le punique fut une langue majeure en Afrique du Nord. Après la destruction politique de Carthage par Rome en 146 avant J.-C., cette langue n’a pas disparu immédiatement. Elle a continué à être utilisée pendant plusieurs siècles dans certaines régions, comme l’attestent plusieurs inscriptions découvertes en Afrique du Nord.

L’historien Augustin d’Hippone, originaire de l’actuelle Algérie mais profondément lié au monde nord-africain antique, mentionne encore l’existence de populations parlant une langue punique à son époque. Cela montre la remarquable continuité culturelle de cette civilisation.

Aujourd’hui, il est difficile de mesurer exactement l’influence du punique sur le dialecte tunisien moderne. Cependant, plusieurs spécialistes considèrent que certains éléments lexicaux anciens ont pu survivre ou influencer les langues parlées ultérieurement dans la région. Les contacts entre langues sur plusieurs siècles laissent souvent des traces difficiles à identifier mais bien réelles.

Le Tunisien contemporain qui utilise certains mots hérités du terroir ou certaines expressions anciennes participe donc indirectement à une histoire qui remonte parfois jusqu’à Carthage. La langue quotidienne devient alors un lien invisible entre le présent et une civilisation vieille de plus de deux mille ans.

La période romaine et le latin africain

Après la chute de Carthage, la Tunisie devient une province majeure de l’Empire romain. L’Afrique romaine devient alors l’une des régions les plus prospères du monde antique. Des villes comme Carthage, Dougga, El Jem ou Bulla Regia témoignent encore aujourd’hui de cette période exceptionnelle.

La langue administrative et culturelle dominante devient progressivement le latin. L’Afrique romaine produit même certains des plus grands auteurs latins de l’Antiquité, comme Tertullien, Cyprien ou Augustin.

Mais le latin d’Afrique n’était pas exactement identique au latin de Rome. Il s’agissait d’une variété régionale appelée souvent latin africain. Cette langue a coexisté avec d’autres langues locales et a participé à la formation du paysage culturel nord-africain.

Après l’arrivée progressive de l’arabe au VIIe siècle, le latin africain a disparu comme langue parlée. Toutefois, son influence culturelle et certains éléments lexicaux ont pu persister dans les langues locales. Les contacts entre latin, amazigh et arabe ont créé un espace linguistique complexe.

Cette période rappelle une réalité fondamentale : une langue ne disparaît pas brutalement. Elle peut perdre son statut officiel tout en laissant des traces dans les langues qui lui succèdent. Le dialecte tunisien actuel est ainsi le résultat d’une longue transformation où chaque époque a déposé une partie de son héritage.

Les Byzantins, le grec et la Méditerranée plurielle

La période byzantine, qui succède à la domination romaine en Afrique du Nord, apporte également son influence. L’Empire byzantin utilise largement le grec comme langue culturelle et administrative, particulièrement dans ses régions orientales.

La présence grecque en Tunisie remonte cependant à des périodes encore plus anciennes, grâce aux échanges commerciaux méditerranéens. La Tunisie a toujours été un carrefour où circulaient marchandises, idées et langues.

Même si l’influence grecque directe sur le dialecte tunisien actuel reste limitée par rapport à l’arabe, au français ou à l’italien, elle fait partie de cette mémoire méditerranéenne qui caractérise l’identité tunisienne.

La Tunisie n’a jamais été une frontière fermée. Elle a toujours été un espace de rencontre entre l’Afrique, l’Europe et le Moyen-Orient. Cette position géographique explique pourquoi sa langue quotidienne possède cette richesse particulière.

L’arabe a une histoire tunisienne

L’arrivée de l’islam et de la langue arabe à partir du VIIe siècle transforme profondément le paysage linguistique tunisien. L’arabe devient progressivement la langue religieuse, administrative puis culturelle dominante.

Cependant, l’arabisation de la Tunisie n’a pas effacé instantanément les langues précédentes. Elle s’est faite par un long processus d’interaction. L’arabe tunisien n’est donc pas simplement un prolongement d’une langue venue d’ailleurs ; il est une forme locale de l’arabe, construite par des siècles de contacts avec les populations et les cultures qui existaient auparavant.

C’est précisément cette caractéristique qui fait sa singularité. L’arabe parlé en Tunisie possède une musicalité, un vocabulaire et des expressions propres. Il n’est pas identique à l’arabe parlé dans d’autres pays. Il reflète l’histoire particulière d’un territoire.

Le dialecte tunisien contient des mots provenant du français, de l’italien, du turc ottoman et de plusieurs autres influences plus anciennes. Cette capacité d’intégration n’est pas une faiblesse linguistique ; elle est au contraire la preuve d’une grande vitalité.

Une langue vivante est une langue qui accepte les rencontres. Elle évolue parce qu’elle dialogue avec le monde.

Préserver la derja tunisienne

Aujourd’hui, la question du dialecte tunisien dépasse largement la simple question linguistique. Elle touche à la mémoire collective et à la manière dont une société raconte son histoire.

Préserver la derja ne signifie pas opposer l’arabe tunisien à l’arabe classique ou aux autres langues. Il s’agit plutôt de reconnaître que chaque niveau linguistique possède une fonction et une valeur culturelle. L’arabe classique demeure une langue majeure du patrimoine religieux et intellectuel, tandis que le dialecte tunisien représente la parole quotidienne, l’humour, les chansons populaires, les proverbes, les histoires familiales et la mémoire sociale.

Une identité nationale ne se construit jamais autour d’une seule origine. Elle se construit autour d’un ensemble d’héritages accumulés. La Tunisie est amazighe par ses premières populations, punique par Carthage, latine par Rome, méditerranéenne par ses échanges, arabe et musulmane par son histoire récente, et ouverte sur le monde par sa position géographique.

Le dialecte tunisien est peut-être l’espace où toutes ces dimensions se rencontrent le plus naturellement. Il est la langue du peuple, celle qui a conservé des fragments de chaque époque.

Comme l’explique Bourdieu (1982), la langue n’est jamais seulement un outil de communication ; elle est aussi un espace de pouvoir, de représentation et d’identité sociale. La manière dont une société considère sa langue quotidienne révèle souvent la manière dont elle considère sa propre histoire.

Reconnaître la richesse du dialecte tunisien revient donc à reconnaître la profondeur historique du peuple tunisien.

La langue comme héritage et comme avenir

La Tunisie contemporaine possède une chance exceptionnelle : celle d’avoir une identité construite par la rencontre. Dans un monde où certaines sociétés cherchent parfois à réduire leur histoire à une seule origine, l’expérience tunisienne rappelle que la richesse vient souvent du mélange.

Le dialecte tunisien est le témoin sonore de cette aventure humaine. Dans une conversation ordinaire, dans une plaisanterie, dans une chanson ou dans une expression populaire, il continue à faire vivre des milliers d’années de rencontres.

Il ne s’agit pas de transformer la langue en objet figé dans un musée. Une langue vivante doit continuer à évoluer. Mais il est nécessaire de prendre conscience de sa valeur patrimoniale et de transmettre cette conscience aux générations futures.

La derja tunisienne pourrait ainsi être considérée comme une véritable mémoire nationale : une langue qui raconte les Amazighs anciens, les navigateurs phéniciens, les cités romaines, les influences byzantines, les siècles arabes et toutes les rencontres méditerranéennes.

Elle est une preuve que l’histoire n’est pas seulement écrite dans les monuments ou les livres. Elle est aussi cachée dans les mots que nous prononçons chaque jour.

* Universitaire.

Bibliographie

Bourdieu, P. (1982). Ce que parler veut dire : l’économie des échanges linguistiques. Paris : Fayard.

Chaker, S. (1995). Linguistique berbère : études de syntaxe et de diachronie. Paris : Peeters.

Ferguson, C. A. (1959). Diglossia. Word, 15(2), 325-340.

Marçais, W. (1938). Les parlers arabes. Paris : Imprimerie nationale.

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Extension de la décharge de déchets de Béja avec une aide japonaise

04. Oktober 2026 um 08:41

Les travaux d’extension du site de la décharge de déchets de Béja, au nord-ouest de la Tunisie, viennent de s’achever, en adoptant une méthode innovante d’enfouissement des déchets élaborée et mis en œuvre au Japon. Cette annonce a été faite, le 2 octobre 2026, par l’ambassade du Japon et l’Agence nationale de gestion des déchets (ANGed).

Les travaux ont été réalisés dans le cadre du programme de coopération annoncé en mai 2025 et visant à améliorer la gestion des déchets sur le site en question. Lequel programme s’inscrit dans le cadre du «Mécanisme conjoint d’échange des créditscarbone (JCM)» à l’initiative du gouvernement du Japon et de l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (Onudi). Il met en œuvre la «Méthode Fukuoka (décharge semi-aérobie)», une technique de gestion des déchets innovante développée au Japon.

La «Méthode Fukuoka» est une technique de gestion des décharges semi-aérobies qui accélère la décomposition et la stabilisation des déchets grâce à la ventilation naturelle. En introduisant de l’air dans la décharge, cette méthode améliore la décomposition des matières organiques et réduit la production de gaz nocifs, dont le méthane, un puissant gaz à effet de serre.

Les ingénieurs de l’ANGed ont également suivi une formation à Fukuoka, au Japon, en mai 2025, pour mieux maîtriser cette méthode innovante à appliquer sur le site d’enfouissement qui s’étend sur environ 3800m2 à Béja.

Pour rappel, le JCM, mis en place par le Gouvernement du Japon, vise à favoriser la diffusion des technologies de pointe en matière de décarbonation afin d’atteindre les objectifs de l’Accord de Paris.

Ce programme à Béja est la première mise en œuvre de la «Méthode Fukuoka» dans le cadre de la coopération du JCM. Les réductions annuelles attendues des émissions de GES sont estimées à 512 tCO2/an.

«À travers le JCM, le gouvernement du Japon est ravi d’accompagner la Tunisie dans la mise à niveau et le renforcement de ses infrastructures de gestion des déchets», a déclaré Saito Jun, ambassadeur du Japon en Tunisie. «Je tiens à adresser mes chaleureuses félicitations et à saluer l’initiative exemplaire de l’ANGed; nous nous réjouissons que la Méthode Fukuoka soit adoptée en Tunisie, une étape majeure qui favorisera des solutions durables, la réduction des émissions et une transition plus sobre en carbone et respectueuse de l’environnement», a-t-il ajouté.

Rappelons que le Japon soutient, depuis quelques années, la Tunisie dans ses efforts pour améliorer la gestion des déchets. C’est ainsi qu’il a aidé à la mise en place, en février 2025, d’un système de micro-cogénération au site de décharge des déchets d’Oued Laya, à Sousse, en collaboration avec l’ANGed et l’UN-Habitat. Ce programme pilote transforme 50 m3 de biogaz émis par ce site de décharge en plus de 60 kW d’électricité, permettant d’alimenter 500 ménages locaux.

Dans le même cadre, un programme pilote a été lancé en avril 2025 à Djerba visant à transformer les déchets organiques ménagers en énergie propre et renouvelable, en partenariat avec le Pnud, l’ANME et l’ANGed.

I. B.

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Amel Guellaty représente le cinéma tunisien à Africanides à Toulon

04. Oktober 2026 um 07:46

La réalisatrice tunisienne Amel Guellaty présentera ‘‘D’où vient le vent ?’’, son premier long métrage sorti cette année, le 9 octobre 2026 à Toulon. Le film figure parmi les onze projections de la première édition d’Africanides, Festival de cinéma, arts et cultures afro-caribéennes, organisée du 8 au 11 octobre au Pathé Toulon. La programmation réunit des œuvres d’Afrique, du monde arabe, des Caraïbes et de leurs diasporas.

‘‘D’où vient le vent ?’’ suit Alyssa et Mehdi, deux jeunes Tunisiens qui prennent la route à bord d’une vieille voiture pour échapper, chacun à sa manière, aux obligations qui pèsent sur eux. Le voyage se transforme en quête de liberté et d’identité, sur fond de pressions sociales.

La sélection passe par plusieurs territoires et générations de cinéastes. ‘‘Fanon’’, de Jean-Claude Barny, revient sur le parcours de Frantz Fanon à l’hôpital psychiatrique de Blida-Joinville en 1953. ‘‘Dao’’, d’Alain Gomis, suit une famille entre Paris et la Guinée-Bissau autour des questions de transmission et d’exil. Avec ‘‘Cotton Queen’’, la réalisatrice russo-soudanaise Suzannah Mirghani explore l’identité, la condition des femmes et les rapports sociaux au Soudan.

Les Caraïbes sont également présentes avec ‘‘Zion’’, de Nelson Foix, situé en Guadeloupe, tandis que ‘‘Soumsoum, la nuit des astres’’, de Mahamat-Saleh Haroun, conduit au Tchad sur les traces d’une femme exilée confrontée aux tensions de son village.

La programmation associe aux projections plusieurs rencontres consacrées au cinéma et aux réalités sociales : crimes de haine en Afrique du Sud, représentation de la misère sociale, homosexualité dans le cinéma africain ou encore afrofuturisme. Trois masterclass sont consacrées aux rapports entre cinéma, récit et représentation, avec notamment Jean-Pierre Bekolo et Firmine Richard.

Firmine Richard, marraine de cette première édition

Comédienne de cinéma et de théâtre, Firmine Richard est la marraine et invitée d’honneur d’Africanides. Sa carrière, commencée au cinéma à la fin des années 1980, l’a conduite de ‘‘Romuald et Juliette’’ à ‘‘8 Femmes’’, en passant par ‘‘La Première Étoile’’ et de nombreux rôles au théâtre et à la télévision.

Une masterclass lui est consacrée samedi 10 octobre à 11h autour de la place de la diversité dans le cinéma.

Le festival s’ouvre jeudi 8 octobre avec Le ‘‘Goût du vin de palme’’, de Jean-Pierre Bekolo, après une masterclass consacrée aux «bobines africaines de Charles Pathé». Le lendemain, Jean-Pierre Bekolo reviendra sur les manières de raconter l’Afrique à travers le cinéma.

Samedi, ‘‘Aya de Yopougon’’, adaptation de la bande dessinée de Marguerite Abouet et Clément Oubrerie, côtoiera ‘‘Zion et Soumsoum, la nuit des astres’’. La journée se prolongera par le gala prévu à 20h au Live Toulon – Zénith.

Dimanche 11 octobre, la programmation se poursuivra avec une masterclass sur l’afrofuturisme, suivie notamment de ‘‘Furcy né libre’’, d’Abd Al Malik, ‘‘Toutes les couleurs du monde’’, de Babatunde Apalowo, et ‘‘Cotton Queen’’, de Suzannah Mirghani.

Le festival associe aux séances de cinéma des conférences, débats, expositions, un salon du livre afro-caribéen, des concerts, de la danse, des défilés, ainsi qu’un village réunissant des associations culturelles.

Djamal Guettala 

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Le poème du dimanche | ‘‘Le poème m’habite’’ de Amel Ladhibi

04. Oktober 2026 um 07:24

Née en 1955 à Soliman, Tunisie, Amel Ladhibi Bent Chadhly, dite Ismahen Khan est poète et nouvelliste.

Professeur de langue et de littérature française, elle publie ses poèmes sur les réseaux sociaux, fait actuellement des recherches sur la poésie japonaise.

Depuis quarante ans, elle écrit, vers, proses et haïkus. Certains de ses textes ont paru dans des recueils collectifs ou des anthologies, comme Gyoshis, avec Taro Alzo ou Haiku Column University.

Tahar Bekri

Terre

Je suis son rivage ultime

Il est mon sol absolu

L’eau iodée

Nos refrains tressent

Nos corps en transe

Nous émergeons

Des vagues de sable

Le feu

Nous nous consumons

Nous déversons nos cendres

Au bord des récifs de corail

Nous sommes feu et flammes éphémères

L’air

Une brise printanière

Parfume nos années

Ses effluves montent en moi

Le poème notre printemps infini

Lumière

Récifs coralliens

Nous méditons

Lune plénière et éclats de lumière

L’homme

Nos cœurs

Infatigables habitacles

D’une passion infinie

Nos corps éphémères

Racontent notre histoire

A fleur de peau

Nos balades aux voûtes

Des ruelles de nos frémissements

Tremblent à chaque tournant

Le poème

Le poème m’habite

Lui mon sol absolu

Et moi sa terre choisie

Le poème nous habite

Nous sommes les fantômes de nos jours

Nous avançons

Sur le fil de l’horizon

Nous inscrivons

Avec des lettres de lumière

Nos initiales

Nos refrains

12/7/2023

(Remerciements à l’auteur)

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Sonede | Coupures d’eau potable à partir du mardi 6 octobre au nord de Tunis

03. Oktober 2026 um 13:37

On peut difficilement imaginer que la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (Sonede) puisse multiplier les coupures d’eau potable, de manière intermittente mais régulière, dans pratiquement toutes les régions du pays, pour alimenter la colère des citoyens et les remonter contre le pouvoir en place, comme le laissent entendre de temps en temps certains hauts responsables sans apporter la moindre preuve tangible d’un tel… «complot».

Les responsables de la Sonede, en tout cas, restent imperturbables et poursuivent leur bonhomme de chemin, sans ressentir le besoin de répondre à de telles accusations, à leurs yeux fantaisistes ô combien ! D’ailleurs, ils viennent de publier, ce samedi 3 octobre 2026, un énième communiqué annonçant des perturbations et des coupures dans le réseau de distribution de l’eau potable dans plusieurs villes et quartiers de la banlieue nord de Tunis.

Ces perturbations et coupures seraient enregistrées pendant 36 heures, à partir du mardi 6 octobre à 01h00 du matin, dans les zones suivantes, précise-t-on :

Délégation de La Marsa : quartiers Bouselsla, Borj El Houki, Ettabek, El Houkkam, Sidi Daoud et Bhar Lazrag.

Délégation de La Goulette (secteur Le Kram) : Hadaeq Carthage et Ain Zaghouan Nord et Sud.

Délégation de Carthage : quartier Mohamed Ali et Carthage Byrsa.

Délégation de Cité El Khadra : Les Berges du Lac 1.

Délégation de La Goulette : Les Berges du Lac 2, quartiers Taieb Mehiri, El Wahat, Essalama et El Aouina.

Délégation de Soukra : Dar Fadhal.

Le rétablissement progressif de l’approvisionnement en eau est prévu à partir de 13h00 le mercredi 7 octobre, précise le même communiqué, ajoutant que cette intervention s’inscrit dans le cadre de l’achèvement des travaux du projet de protection de la zone de La Marsa contre les inondations et de la couverture du canal d’écoulement de l’Oued Ettabek, au niveau de la rue Ibn Rachiq (quartier Bhar Lazrag).

«Il s’est avéré qu’une conduite de distribution principale, d’un diamètre de 1000 mm, entravait le tracé des travaux et empêchait leur poursuite dans les délais prévus, rendant son déplacement impératif», précise encore la Sonede, ajoutant qu’après coordination avec les différents services concernés, ses équipes ont programmé les travaux de déplacement et de raccordement de ladite conduite, à partir du mardi 6 octobre à 01h00 du matin.

«Les travaux se poursuivraient sans interruption, jour et nuit, pendant toute la durée de l’intervention et les équipes techniques seront mobilisées sur le terrain et mettront tout en œuvre pour achever les travaux dans les meilleurs délais, afin de rétablir l’approvisionnement normal en eau», assure-t-on, en invitant «les citoyens et les établissements à prendre les précautions nécessaires et à constituer des réserves d’eau pour couvrir leurs besoins essentiels durant cette période.»

Par ailleurs, la Sonede a annoncé «la mise à disposition de cinq camions-citernes (d’une capacité de 10 m³ chacun) pour approvisionner en eau potable, en cas de besoin, les établissements sensibles tels que les écoles, les lycées et les structures de santé.»

I. B.

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Le CRLDHT dénonce «l’inhumanité, étendard des prisons en Tunisie»

03. Oktober 2026 um 12:59

«Lorsque des détenus politiques, des journalistes, des avocats et des militants n’ont plus d’autre moyen pour être entendus que de mettre leur santé en jeu» (en observant une grève de la faim), «c’est que la prison est devenue un lieu de négation organisée de la dignité humaine», explique le Centre pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT), une ONG tunisienne basée en France, dans un communiqué publié ce samedi 3 octobre 2026.

Tout en rappelant la longue liste de détenus politiques dans les prisons tunisiennes observant actuellement ou ayant observé récemment la grève de la faim pour dénoncer leurs conditions d’incarcération, cette forme extrême de protestation étant devenue «le dernier recours de celles et ceux à qui l’on a retiré tous les autres moyens de se faire entendre», le CRDHT «exige le rétablissement immédiat des visites en directe entre les détenus et leurs familles, et la fin de toute restriction arbitraire de ce droit fondamental ; l’accès effectif de tous les détenus à une information pluraliste, à la presse, aux radios, aux chaînes d’information et aux médias indépendants ; un suivi médical régulier, sérieux et indépendant pour tous les grévistes de la faim, ainsi qu’une information complète des familles et des avocats sur leur état de santé ; le respect absolu du droit des détenus à communiquer librement et confidentiellement avec leurs avocats et à disposer des moyens nécessaires à leur défense ; la fin de l’isolement abusif, des mesures punitives, des privations administratives et de toutes les pratiques destinées à épuiser, humilier ou briser les détenus ; l’accès sans entrave aux mécanismes indépendants de contrôle, notamment le Mécanisme national de prévention de la torture, des établissements pénitentiaires et des détenus dont l’état de santé est préoccupant ; la cessation des campagnes de haine, de diffamation et de diabolisation visant les détenus politiques, leurs familles, leurs avocats et les personnes qui les soutiennent ; la libération immédiate et inconditionnelle de toutes les personnes emprisonnées pour leurs opinions, leur droit à l’expression , leur activité politique pacifique, leur travail journalistique, leur défense des droits humains ou leur solidarité civique.»

Le CRLDHT appelle, également, les autorités tunisiennes à «cesser de traiter la prison comme un instrument de vengeance politique», à «protéger la vie et la dignité des détenus n’est ni une faveur, ni une concession» mais «une obligation légale, constitutionnelle et conforme aux droits humains.»

Parmi ces détenus politiques ou d’opinion observant actuellement une grève de la faim, le CRLDHT cite Ahmed Néjib Chebbi (83 ans), président du Front de salut national, et Sahbi Atig (67 ans), dirigeant du mouvement Ennahdha. Ils prolongent les nombreuses grèves de la faim déjà observées en prison par Jawher Ben Mbarek, dirigeant du collectif Citoyens contre le coup d’état, les journalistes Zied El Heni et Mourad Zeghidi,  mais aussi Rached Ghannouchi (84 ans), président du mouvement Ennahdha, Ayachi Hammami, avocat, Abir Moussi, présidente du Parti destourien libre, Chawki Tabib, ancien bâtonnier, Wael Naouar, animateur de la flottille Soumoud, et ses camarades Ghassen Henchiri, Ghassen Boughdiri et Nabil Chennoufi.

I. B.

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La Tunisie se dote d’une Charte nationale de la santé

03. Oktober 2026 um 12:13

La Tunisie mise sur la transformation numérique pour accélérer la marche vers la couverture sanitaire universelle et réduire les inégalités d’accès aux soins, notamment dans les régions intérieures du pays, grâce au développement de la télé-medecine.

C’est l’objectif de la Charte nationale de la santé signée à Tunis par le ministre de la Santé, Mustapha Ferjani, et son collègue des Technologies de la communication, Sofiene Hemissi, en présence de représentants d’organisations internationales et de partenaires du secteur de la santé.

La signature a eu lieu à l’issue de «Telehealth Connect 2026», la conférence internationale sur la santé numérique qui s’est tenue à Tunis du 29 septembre au 1er octobre 2026.

La Charte vise à renforcer la mise en œuvre du droit à la santé prévu par l’article 43 de la Constitution de 2022, en faisant de la numérisation l’un des principaux leviers de la réforme du système de santé.

Six axes ont été définis : un accès équitable aux services de santé numériques ; la continuité des parcours de soins ; une gouvernance souveraine et sécurisée des données de santé ; la modernisation des infrastructures et des plateformes numériques, le développement de la recherche et des compétences ; ainsi qu’une sécurité accrue de la chaîne d’approvisionnement pharmaceutique.

Selon Ferjani, l’objectif est de permettre aux citoyens des zones reculées d’accéder eux aussi à des compétences médicales spécialisées grâce à la télémédecine et aux outils numériques, tout en réduisant les coûts et les déplacements vers les principaux centres hospitaliers.

Parmi les projets déjà lancés, le ministre a évoqué la plateforme vaccinale Evax, qui a relié environ 2 000 centres et permis le suivi de 13 millions de doses.

Par ailleurs, l’identifiant de santé unique, le dossier médical électronique partagé et les services de télémédecine sont en cours de déploiement à l’échelle nationale.

Cette démarche est soutenue, entre autres, par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et la Banque mondiale (BM).

L’OMS cite, parmi les activités en cours en Tunisie, le renforcement des systèmes d’information sanitaire et le déploiement de plateformes numériques intégrées, visant à améliorer l’accès aux soins, l’équité et la qualité de la prise en charge.

Ferjani a également annoncé la tenue, en décembre au Japon, d’une nouvelle réunion consacrée à la feuille de route tunisienne vers la couverture sanitaire universelle, en collaboration avec l’OMS, le Japon et la Jica, l’agence japonaise de coopération au développement. Les engagements figurant dans la Charte devraient être présentés ce même mois lors du sommet sur la couverture sanitaire universelle prévu à Tokyo.

La stratégie, a souligné le ministre, ne vise pas uniquement la numérisation des procédures administratives, mais une réorganisation plus vaste du système de santé, dont le succès devra être évalué avant tout à l’aune de sa capacité à améliorer concrètement l’accès, la continuité et la qualité des soins.

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Le drame de Yakine ou le non confisqué

03. Oktober 2026 um 11:09

À Tunis, une adolescente, Yakine, est devenue le centre d’une enquête pour agression sexuelle présumée. Autour d’elle, versions contradictoires, arrestations, recherches et rumeurs. Mais derrière le fait divers, une question plus silencieuse apparaît : qu’apprenons-nous réellement à nos enfants lorsqu’il s’agit de leur corps, de leurs limites et du refus de l’autre ?

Manel Albouchi *

Dans une époque saturée d’images et de jugements instantanés, la retenue est déjà une responsabilité.

Depuis quelques jours, l’affaire de Yakine, une jeune fille qui a subi des violences ayant nécessité son hospitalisation, suscite une vive émotion en Tunisie. Une société entière s’est mise à regarder. Les spéculations se sont multipliées, des récits se sont construits sur des informations fragmentaires, et plusieurs se sont improvisés profilers en dressant déjà le profil psychologique de personnes dont la responsabilité n’est pas établie par la justice. Mais, l’enquête sur cette affaire délicate se poursuit et nous ne savons pas encore tout.

Entre indignation et intrusion

Regarder sans posséder. C’est ici qu’il faut tracer une frontière nette entre deux mouvements collectifs.

D’un côté, l’opposition saine : poser des balises, refuser la banalisation de la violence, exiger la vérité et protéger les droits fondamentaux.

De l’autre, l’intrusion destructrice : partager photos, prénoms, vidéos et rumeurs. La victime réelle devient alors un personnage collectif, et son intimité, une conversation nationale.

​Cette seconde pente dit quelque chose de notre lien social. Le lynchage médiatique ou virtuel est une pathologie contemporaine : une foule jetée en pâture à l’émotion brute, nourrie par le sensationnalisme, où la justice et la complexité sont étouffées par le vacarme de l’opinion.

​Une mineure victime de violences n’est pas un symbole ou le support de nos colères. Les autorités ont appelé à préserver sa vie privée. Même lorsque nous voulons nous indigner, nous devons respecter ses limites et ne pas transformer son drame en spectacle.

Avant la théorie, il y a un corps. Un corps qui peut être blessé, contraint, et dont le propriétaire devrait rester celui qui l’habite.

Le premier non de l’enfant

Toute l’éducation au consentement commence bien avant l’adolescence, dans les gestes ordinaires : entre «Donne un bisou à…» ; et «Tu veux faire un bisou ?» ; «Non.» «D’accord.»

Ces deux scènes minuscules enseignent une double évidence : mon corps m’appartient ; le corps de l’autre lui appartient.

Le premier «non» de l’enfant est rarement confortable ; l’adulte y voit parfois de l’insolence. Pourtant, respecter le refus de l’enfant ne signifie pas abolir l’autorité. La psychologie du développement distingue avec précision le soutien à l’autonomie du contrôle psychologique. Une vaste méta-analyse portant sur 238 études (Bradshaw et al., American Psychologist, 2025) confirme sur plus de 126 000 participants l’association profonde entre le soutien parental à l’autonomie et l’épanouissement des enfants, tandis que le contrôle psychologique se trouve invariablement lié aux indicateurs de mal-être, et ce, à travers toutes les cultures.

Une autorité juste («Je ne peux pas te laisser faire cela, car c’est dangereux») pose les limites nécessaires à la sécurité.

Le contrôle psychologique («Tu n’as pas le droit de vouloir autre chose que moi») étouffe le sujet.

Le deuxième non

Il existe un apprentissage symétrique, tout aussi difficile : apprendre à recevoir le non de l’autre.

«Je ne veux pas.» Cette phrase peut produire de la déception, de la frustration, parfois de la colère. Mais elle ne constitue pas nécessairement une injustice. L’autre peut ne pas vouloir, ne pas aimer ce que j’aime, refuser mon invitation, interrompre une relation ou ne pas répondre à mon désir. Et je peux souffrir de ce refus sans avoir pour autant un droit sur celui qui me refuse.

Le désir ne crée pas un droit. La frustration ne crée pas une dette chez l’autre. Le refus de l’autre n’est pas automatiquement une attaque contre moi. Mon désir n’est pas ton désir. Ma colère n’est pas ton obligation. Mon corps n’est pas ton territoire, ton corps n’est pas le mien. Je peux t’aimer et accepter ton refus. Tu peux m’aimer et refuser quelque chose.

Cette séparation n’est pas une rupture du lien : elle en est la condition. Car si l’autre doit vouloir ce que je veux pour rester proche de moi, il n’est jamais véritablement autre : il devient une extension de mon désir.

La confiscation du non

​Lorsqu’un enfant apprend de manière répétée à renoncer à ses propres limites (parce que sa colère est systématiquement invalidée ou son refus qualifié d’insolence), il risque d’intégrer que la volonté du plus fort l’emporte toujours.

​Bien entendu, cela ne désigne en rien une fatalité et ne jette le discrédit ni sur les familles ni sur les victimes. Sur le plan clinique, ces contextes de confiscation précoce constituent toutefois un terrain propice où certaines difficultés risquent de se déployer au fil des âges.

A l’adolescence : la vulnérabilité face aux emprises. Faute d’avoir pu expérimenter la valeur de son «non» dans un cadre sécurisant, le jeune adulte en devenir peut se retrouver plus désarmé face aux pressions extérieures, s’exposant plus facilement à des influences ou à des dynamiques d’emprise.

​En couple : les tourments de la dépendance affective. Plus tard, l’adulte risque de s’oublier dans ses relations amoureuses par peur panique du rejet. Par un mouvement symétrique, l’absence d’exposition au «non» de l’autre rend parfois la frustration intolérable, faisant basculer la relation entre angoisse fusionnelle et besoin de contrôle.

Au travail : l’épuisement et le faux-self. Cette incapacité à poser des limites peut mener à une suradaptation chronique. L’adulte endosse alors un «faux-self », ce masque social et protecteur façonné pour plaire et répondre aux attentes de la performance, au risque de s’épuiser, voire de glisser vers le burn-out par peur de l’exclusion.

​Dans la relation parentale : l’enfant comme extension. C’est parfois là que la boucle se boucle. Un parent lui-même carencé dans son histoire personnelle peut tisser un lien fusionnel où l’enfant est inconsciemment perçu comme une extension de soi. Le moindre «non» de l’enfant est alors vécu non comme une saine étape d’individuation, mais comme une menace existentielle.

​Du foyer à la société

​Ce qui se tisse dans l’intimité du foyer résonne inévitablement au-delà de ses murs. Une éducation qui confisque la nuance et le refus cultive insensiblement un terreau de docilité, où l’obéissance finit par l’emporter sur l’esprit critique. Le pli pris face à l’injonction absolue («parce que je l’ai dit») prépare le terrain à d’autres formes de soumission face au dogme ou à l’arbitraire.

​De même, à plus grande échelle, les structures pyramidales ou les climats sous tension partagent parfois cette même allergie à la contradiction : lorsque le désaccord est reçu non comme un dialogue, mais comme une insubordination, c’est toute la vitalité démocratique qui s’étiole. L’intolérance au «non» (qu’elle s’exerce à l’échelle d’une maison ou dans les rouages du pouvoir obéit toujours à la même grammaire de l’emprise.

​Qu’apprenons-nous à nos enfants lorsqu’ils disent non ?

​L’enjeu éducatif n’est ni de supprimer l’autorité ni de fabriquer des enfants qui disent non à tout, mais de construire une relation où l’enfant comprend que son non compte, que celui de l’autre compte aussi, et qu’il peut être frustré sans être victime d’une injustice.

​C’est là que l’autonomie rencontre l’empathie. Alors, la véritable question que nous laisse l’affaire de Yakine n’est pas seulement «comment en sommes-nous arrivés là ?», mais plus profondément : qu’apprenons-nous à nos enfants lorsqu’ils disent non ?

​Car un enfant à qui l’on apprend que son non a une valeur comprend aussi que celui de l’autre compte. Et la culture du consentement commence exactement là : dans la façon dont un adulte, face à un enfant qui refuse, sait répondre simplement : «D’accord. J’ai entendu.»

 * Psychothérapeute.

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Desert Voyages | Le Sahara tunisien comme lieu méditation

03. Oktober 2026 um 09:32

Dans le Sahara tunisien, le yoga quitte les salles de sport pour s’inscrire dans une nouvelle forme de tourisme expérientiel, privilégiant les petits groupes, le silence, la marche et l’immersion dans le désert.

Dérouler son tapis sur le sable encore frais de l’aube, caler sa respiration sur le pas lent d’une caravane, s’arrêter lorsque le soleil impose sa loi et reprendre sa route au crépuscule, alors que les dunes changent de couleur. Desert Voyages associe pratique du yoga, marche, méditation et vie nomade sous les étoiles.

Il s’agit d’une offre de niche qui s’inscrit dans la volonté plus large de la Tunisie de proposer une alternative au traditionnel séjour balnéaire. Le gouvernement a lui-même fait de la diversification vers le tourisme écologique, saharien, sportif et culturel une priorité, tandis que la stratégie nationale vise des modèles plus durables, capables de répartir les retombées économiques jusque dans les régions de l’intérieur.

C’est dans cette optique que s’inscrit la proposition de Desert Voyages : du 23 au 29 novembre 2026, l’agence organise un séjour de six jours dans le Sahara tunisien consacré au yoga, encadré par l’enseignant Thibault Paquin. Baptisée de manière évocatrice «Entre sable et étoiles», cette expérience débute et s’achève à Djerba ; elle comprend un transfert en 4×4 vers un campement dans le désert, de courtes marches accompagnées de dromadaires et des nuitées sous tente ou, pour ceux qui le souhaitent, à la belle étoile, sous le ciel saharien.

Au coucher du soleil, le rythme du voyage ralentit encore davantage.

Yoga sur les dunes

Le programme ne présente pas le yoga comme une parenthèse déconnectée du voyage, mais cherche au contraire à l’adapter aux rythmes naturels du désert. Des séances facultatives de Hatha ou de Vinyasa sont prévues à l’aube sur les dunes, incluant la Salutation au Soleil et un travail sur la respiration.

Aux heures les plus chaudes, lorsque la chaleur incite à faire une pause, place au repos, à la lecture et au Yoga Nidra, une pratique méditative qui s’effectue en position allongée.

Au coucher du soleil, le rythme ralentit encore davantage avec le Yin Yoga, tandis que la soirée peut s’achever par des mouvements inspirés de la Salutation à la Lune et des moments de méditation autour du feu.

Il ne s’agit pas seulement de la beauté du paysage ; la littérature scientifique attribue à la pratique régulière du yoga des effets potentiellement bénéfiques sur la gestion du stress, le sommeil, l’équilibre et, plus généralement, le bien-être psychophysique.

Le yoga adapte le voyage aux rythmes naturels du désert.

Réduire le stress

Le National Center for Complementary and Integrative Health (États-Unis) souligne toutefois que ces effets varient selon le type de yoga pratiqué et la qualité des études disponibles. Une récente synthèse d’essais randomisés a mis en évidence une réduction du stress perçu, tout en qualifiant de faible la qualité d’une partie des preuves scientifiques. À cela s’ajoute le facteur environnemental.

Plusieurs études associent également l’exposition à la nature à de meilleurs indicateurs de bien-être et à une réduction du stress, bien qu’il soit difficile de dissocier l’effet du paysage de ceux de l’activité physique, de la rupture avec la routine quotidienne et de la dimension sociale du voyage.

La «marche afghane»

Dans le désert, cependant, la théorie laisse place à l’expérience vécue. Desert Voyages propose également de s’essayer à la «marche afghane», fondée sur la synchronisation de la respiration et des pas. Plus qu’une simple astuce pour limiter la fatigue, c’est une manière de transformer la randonnée en un exercice d’attention au corps et au rythme, tandis que les bagages et une partie de la logistique sont pris en charge par la caravane.

La journée saharienne est aussi rythmée par la cuisine et la culture locales : pain cuit dans le sable, huile d’olive, dattes, miel et bsissa au petit-déjeuner ; thé à la menthe, plats tunisiens et couscous autour du feu le soir. Il s’agit d’un élément clé d’un modèle touristique qui, pour être véritablement durable, doit impliquer les guides, chameliers, cuisiniers et communautés locales, tout en limitant l’impact sur des écosystèmes extrêmement fragiles.

Le voyage de novembre s’inscrit dans une offre plus large de séjours thématiques proposés par l’agence ; outre le yoga, celle-ci inclut le Qi Gong, la méditation, l’astronomie, la calligraphie, la peinture, la cuisine, la danse et d’autres disciplines. Le fil conducteur consiste à utiliser le Sahara non seulement comme un décor à photographier, mais comme une partie intégrante de l’expérience. Et c’est peut-être là toute la force du yoga dans le désert : sur les dunes, il n’y a ni murs, ni miroirs, ni musique de fond. Pour retrouver l’équilibre, il ne reste que le corps. Et, bien sûr, le sable, qui rend difficile même la posture de l’arbre.

Traduit de l’italien.

Source : Ansa.

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États-Unis | L’état-major privé de la guerre «superintelligente»

03. Oktober 2026 um 08:43

La décision du secrétaire à la Défense américain Pete Hegseth de confier la conception de la guerre de demain à des figures civiles du capitalisme algorithmique marque un tournant historique dans la gestion de la violence d’État.  

Mahjoub Lotfi Belhedi *

À travers le Projet Meridian et la création d’un Commandement de la guerre autonome (Autowarcom), l’administration américaine ne cherche plus simplement à moderniser ses armées : elle acte le passage de la simple intelligence artificielle à ce que Donald Trump, qui affectionne les superlatifs, formalise désormais par décret sous l’appellation de «superintelligence».

Ce glissement sémantique et politique valide une course aux armements où la supériorité militaire absolue exige une force de calcul supérieure, affranchie des limites cognitives humaines.

Un duopole technologique au service de la guerre

Dans cette reconfiguration, les rôles sont soigneusement distribués pour capitaliser sur l’expérience directe des conflits contemporains.

Elon Musk, fort de l’infrastructure globale de Starlink et des capacités génératives de xAI, est mandaté pour identifier et structurer les technologies de rupture indispensables aux futurs conflits. Son implication s’enracine dans la réalité des guerres actuelles, où la constellation Starlink est devenue la colonne vertébrale indispensable des communications militaires et du ciblage en temps réel sur les fronts les plus critiques, à l’instar de l’Ukraine où il a déjà fait ses preuves. 

À ses côtés, Palmer Luckey, fondateur d’Anduril Industries, apporte l’expertise opérationnelle d’une start-up militaire nativement conçue pour la guerre automatisée. Loin de la théorie, les systèmes d’Anduril sont déjà activement déployés sur les théâtres d’opérations modernes : ses drones intercepteurs autonomes, ses missiles à longue portée comme le Barracuda-500M, ainsi que sa participation au programme Titan – un système mobile de renseignement par IA qui fusionne les données de multiples capteurs pour accélérer l’identification des cibles – redéfinissent déjà la vitesse d’exécution des frappes.

Un conflit d’intérêts systémique

Ensemble, les deux technologues transforment le Pentagone en incubateur, où la planification stratégique de la nation s’aligne directement sur les intérêts de firmes privées.

Cette hybridation institutionnalise un conflit d’intérêts systémique, transformant ces deux entrepreneurs en juges et parties de la défense nationale. En laissant des industriels rédiger eux-mêmes la doctrine de la superintelligence militaire, l’État abdique sa fonction de régulateur neutre pour devenir le client captif d’un duopole technologique. 

Dès lors, la dynamique des conflits mondiaux n’obéira plus seulement aux équilibres diplomatiques traditionnels, elle sera dictée par le rythme d’optimisation des algorithmes de combat et par l’obligation, pour ces multinationales, de valider la puissance de leur modèle sur des théâtres d’opérations en constante extension. 

Confrontée à cette course effrénée où la décision ultime est transférée à des entités computationnelles qui dépassent notre entendement, une question fondamentale demeure : en abdiquant notre propre discernement face à cette superintelligence pour l’armer et la rendre souveraine, n’avons-nous pas initié un mécanisme d’escalade irréversible où l’humanité, devenue obsolète sur le champ de bataille, ne sera plus que le spectateur impuissant et la victime collatérale de sa propre destitution ?

* Stratège en réflexion IA.

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Galerie Grafiflow | Hammadi Ben Saad ou la liberté du geste

03. Oktober 2026 um 07:50

La galerie Grafiflow (43, rue du Commandant Béjaoui, la Soukra), au nord de Tunis, propose une exposition du peintre Hammadi Ben Saad, décédé le 25 juillet 2025 à l’âge de 77 ans. Joliment intitulée ‘‘Remember Me’’, comme pour interpeller ceux qui ont côtoyé l’homme et apprécié son œuvre, pour qu’ils ne l’oublient pas et continuent de les faire vivre parmi eux, l’exposition se tiendra du 9 octobre au 1er novembre 2026. Nous reproduisons ci-dessous le texte de présentation de l’exposition réalisé par la directrice artistique de l’exposition.

Rim Ben Boubaker *

Cette exposition propose un regard rétrospectif sur plus de cinquante ans de création de Hammadi Ben Saad, figure singulière de la scène artistique tunisienne **. Des premières figures aux recherches autour du trait, du papier, de la matière et de l’accident, jusqu’aux visages, aux masques, aux hommes des cavernes et aux monochromes abstraits, elle retrace les transformations d’un langage artistique toujours en mouvement.

L’exposition met en lumière une œuvre construite dans la liberté du geste, l’expérimentation et une relation instinctive à la matière. À travers une sélection d’œuvres, d’archives et de documents, le parcours fait dialoguer différentes périodes sans les enfermer dans une chronologie stricte.

Présentée après sa disparition en 2025, l’exposition porte également une dimension particulière : celle de poursuivre le dialogue avec une œuvre qui continue de vivre au-delà de son créateur.

Une œuvre en mouvement

Faut-il encore présenter Hammadi Ben Saad ? Autodidacte, Hammadi Ben Saad a développé, depuis le début des années 1960, une œuvre profondément singulière, construite au fil de plusieurs décennies de mutations, de déplacements et de transformations. Son parcours ne se laisse pas enfermer dans une seule manière de peindre. Cette exposition est née du désir d’appréhender son œuvre dans son ensemble. Elle ne cherche pas à reconstruire une chronologie figée, mais à suivre un mouvement : celui d’un artiste qui n’a cessé de déplacer son regard, d’explorer de nouvelles voies et de remettre son langage en jeu.

Des premières figures des années 1970 aux recherches autour du trait et de la ligne, des compositions nourries par l’accident, les images imprimées et la matière aux visages, masques et figures humaines, figures hybrides ou «hommes des cavernes», comme il aimait les nommer, jusqu’aux monochromes abstraits et aux travaux des dernières années, l’exposition fait apparaître les différentes étapes d’un cheminement sans cesse en mouvement. Elle permet ainsi de revenir sur ce parcours, mais aussi de faire surgir des correspondances entre des œuvres et des périodes parfois éloignées.

Peintures, archives et documents sont réunis pour donner à voir élaboration progressive de son langage artistique.

Présenter Hammadi aujourd’hui, après sa disparition, prend nécessairement une autre dimension. Il ne s’agit pas de clore le parcours de l’artiste au moment où sa vie s’est arrêtée. Au contraire, son absence offre un autre temps, une autre dimension à son œuvre : ceux de la découverte, de la relecture et de la rencontre avec de nouveaux regards. Ou peut-être une manière de poursuivre la conversation avec lui. Si Hammadi n’est plus là, son œuvre n’est pas statique. Elle continue de circuler, de susciter des questions, de faire surgir de nouvelles correspondances et de rencontrer d’autres regards.

C’est dans cet espace que cette exposition souhaite se tenir : non pas comme la conclusion d’une histoire, mais comme une invitation à la poursuivre. Car le plus bel hommage que l’on puisse rendre à un artiste n’est pas seulement de raconter son histoire. C’est de pousser la porte de son univers, de prendre le temps de regarder, de se laisser surprendre et, peut-être, de se laisser toucher.

* Curatrice.

** Voilà ce que l’auteure, Rym Ben Boubaker, écrivait le 26 juillet 2026 sur sa page Facebook en apprenant le décès, la veille, de cet artiste hors normes de tous points de vue : «C’est avec une immense tristesse que j’écris ces mots en hommage à Hammadi Ben Saad, un artiste rare, un homme vrai, un être d’une humanité profonde.

J’ai eu le privilège de croiser sa route, de partager avec lui des moments de création, de réflexion, de complicité.

Travailler à ses côtés fut un honneur, parler de son art, une richesse. Il m’a accueillie avec tant de générosité, tant d’amour… Il m’aimait comme sa fille, et ce lien restera à jamais précieux dans mon cœur.

Hammadi n’était pas seulement un artiste : il était un souffle, une lumière, un regard tendre sur le monde. Sa voix, son œuvre, son engagement laissent un vide immense dans la scène artistique, mais surtout dans la vie de ceux qui l’ont connu et aimé.

Il s’en va, mais il laisse derrière lui une traînée d’étoiles, des couleurs, des mots et des silences pleins de sens.

Et dans ce silence désormais, son art continue de parler…

Son absence résonne, mais sa présence demeure.

Dans chaque regard ému face à une de ses œuvres,

Il est là.

Toujours là.Repose en paix Si Hammadi.»

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