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Heute — 01. April 2026Kapitalis

Port du brassard rouge à l’agence Tap | Les journalistes restent mobilisés

Von: Yusra NY
01. April 2026 um 19:13

Le mouvement de contestation se poursuit, ce mercredi 1er avril 2026, au sein de l’agence Tunis Afrique presse (Tap), pour la deuxième journée consécutive.

Les consœurs et confrères journalistes et l’ensemble du personnel de la Tap arborent le brassard rouge, dans le cadre d’une action visant à réaffirmer des principes fondamentaux pour l’avenir du secteur médiatique.

Leurs revendications s’articulent autour de trois axes majeurs : l’indépendance du service public, la défense des libertés et le refus des ingérences.

Les journalistes, qui ont dénoncé toute forme de pression ou d’intervention directe dans la ligne éditoriale et le travail journalistique au quotidien, ont ainsi appelé à préserver l’agence de toute influence partisane ou gouvernementale pour garantir une information neutre.

Alors que le mouvement entre dans sa deuxième journée, ils ont réaffirmé leur détermination en attendant une réponse concrète à leurs préoccupations et revendications.

Y. N.

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Alerte météo | Froid persistant et fortes pluies pour cette nuit

Von: Yusra NY
01. April 2026 um 18:49

Entre vents violents, chutes de neige et fortes précipitations, la vigilance est de mise pour cette nuit, particulièrement dans le Nord et sur les zones côtières.

Le bulletin de l’Institut National de la Météorologie (INM) confirme la poursuite d’un temps hivernal rigoureux avec des pluies éparses, prenant parfois un caractère orageux et qui seront particulièrement intenses sur les zones côtières du Nord et pourront atteindre des cumuls importants, notamment à l’extrême Nord-Ouest du pays.

Avec la baisse des températures, des chutes de neige sont même attendues sur les régions montagneuses dont l’altitude dépasse les 1000 mètres et les usagers de la route dans ces zones sont donc appelés à la prudence.

L’INM ajoute que le vent soufflera fort et que sur les hauteurs et le littoral, les rafales pourraient atteindre 90 km/h.

Quand aux températures nocturnes, elles seront basses, variant entre 2°C et 7°C sur les régions de l’Ouest, le Nord et le Centre et entre 8°C et 13°C sur le reste du pays.

Y. N.

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Tunisie | Le secteur du phosphate dans l’impasse

01. April 2026 um 13:05

Depuis la révolution du 14 janvier 2011, il y a plus de 15 ans, aucun gouvernement n’a réussi à résoudre le problème que pose la production, la transformation et l’exportation du phosphate en Tunisie. Au point que le secteur se trouve aujourd’hui dans l’impasse, incapable non seulement d’évoluer et d’augmenter ses recettes, mais même de payer les salaires de ses innombrables employés.

Atef Hannachi *

Cette ressource, qui générait d’importantes recettes en devises, contribuait jadis aux équilibres financiers et macroéconomique de la Tunisie. Mais, aujourd’hui, le secteur s’est tellement dégradé sur tous les plans que la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) a du mal à trouver des fonds pour payer les salaires de ses employés dont le nombre a explosé au cours des 15 dernières années, avec des emplois fictifs et/ou de complaisance, visant à acheter la paix sociale dans le bassin minier de Gafsa. La CPG, estimons-nous, est quasi cessation de paiement.

La Tunisie qui était le 5e plus grand producteur de phosphate avant la Révolution de 2011 a depuis perdu ce rang au profit du Brésil pour se classer désormais à la 8e place, avec une part de 2,27% de la production mondiale.

Au Maroc, en revanche, notre concurrent direct sur les plans régional et international, ce secteur n’a jamais été florissant. Et pour cause, au cours des 20 dernières années, ce pays a beaucoup investi dans la modernisation des procédés d’extraction et de transformation du phosphate pour en maximiser la valeur ajoutée et augmenter ainsi les recettes de son exportation, au lieu de l’exporter en vrac et d’en tirer de maigres recettes.

Un objectif impossible à atteindre

Dernièrement le gouvernement tunisien a annoncé son ambition d’atteindre, à la fin de cette année, une production de 7 millions de tonnes, pour tenter de rattraper la production de 2010, qui était de 8 millions de tonnes. Nous estimons, pour notre part, que cet objectif ambitieux, eu égard la vétusté des équipements et les problèmes de gouvernance du secteur, est impossible à atteindre par la CPG.

Le principal problème qui handicape l’entreprise et l’empêche d’évoluer et de rattraper son retard par rapport à ses concurrents, anciens et nouveaux, c’est la masse salariale importante qui alourdit ses dépenses, grève son budget et réduit considérablement ses marges, malgré la hausse continue des cours du produit sur le marché international.

Le nombre des salariés de la CPG est, en effet, passé de 902 en 2010 (pour une production de 8 millions de tonnes) à 3006 en 2024 (pour une production divisée par deux).

Ces dépenses faramineuses et, surtout, improductives, ont empêché l’entreprise d’envisager l’investissement nécessaire à la modernisation de ses équipements, rattrapés par la vétusté, l’augmentation de sa production et l’accroissement de son chiffre d’affaires.

Le budget de la compagnie étant consommé par la rémunération du personnel, aucun nouvel investissement digne de ce nom et susceptible de soutenir sa croissance n’a été effectué depuis très longtemps.

Pour un schéma de partenariat public-privé

En plus de cela, étant une entreprise publique, la CPG est soumise à des contrôles tâtillons et parfois inutiles et des autorisations administratives qui la mettent dans des situations de blocage fonctionnel peu propices à l’agilité commerciale dont elle a besoin pour négocier avec ses clients à l’échelle internationale. Elle se trouve d’ailleurs parfois dans l’incapacité de faire face à ses engagements envers ses clients et ses fournisseurs, qui plus est, dans un marché international qui ne supporte plus les lourdeurs et les rigidités.

L’Etat étant lui-même dans l’incapacité d’investir pour restructurer et moderniser la compagnie, la seule solution, à notre avis, réside dans l’adoption d’un schéma de partenariat public-privé (PPP), donc dans l’ouverture du capital aux privés, qu’ils soient nationaux ou étrangers.

* Expert comptable.

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Liberté de la presse en Tunisie | Ghassen Ben Khelifa choisit l’exil  

01. April 2026 um 11:56

Le journaliste et militant Ghassen Ben Khelifa a annoncé, dans un poste sur sa page Facebook, avoir été condamné, le 27 mars 2026, à deux ans de prison par le tribunal de première instance de Tunis et avoir quitté la Tunisie suite à cette condamnation, du reste dénoncée par le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), qui dénonce une «condamnation politique».

«Ce jugement n’est pas un acte judiciaire isolé, mais s’inscrit dans une tendance plus large : le recours aux lois répressives pour restreindre la liberté d’expression et cibler systématiquement les voix critiques», a noté le SNJT dans un communiqué.

Cette condamnation concerne une affaire d’utilisation présumée de réseaux et de systèmes informatiques pour produire et diffuser de fausses informations préjudiciables à la sécurité publique, dans un dossier faisant également référence au décret législatif n° 54 jugé restrictif de la liberté d’expression dans le pays par la plupart des organisations de la société civile, eu égard le nombre importants de journalistes et d’activistes politiques condamnés à la prison sur sa base.

Ben Khelifa, directeur du site d’information Inhiyez, a contesté la sentence, la qualifiant d’injuste et affirmant que l’affaire avait été montée de toutes pièces.

Dans la même déclaration, le journaliste nie tout lien avec la page Facebook au cœur de l’enquête et affirme que le principal accusé a reconnu en être le seul administrateur.

Le militant lui-même cite des accusations allant de l’association terroriste à l’incitation au terrorisme, qu’il réfute toutes, et rappelle avoir déjà été condamné à six mois de prison pour la même infraction, ce qui porterait sa peine totale à deux ans et demi.

Ben Khelifa est engagé depuis des années dans le journalisme militant et l’activisme politique et propalestinien. Sa page, Inhiyez, le présente comme un journaliste et militant de gauche, cofondateur du site et membre fondateur de la campagne tunisienne pour le boycott et l’opposition à la normalisation des relations avec Israël.

En juillet 2025, la cour d’appel de Tunis a confirmé sa peine de six mois de prison, toujours en lien avec l’accusation contestée de gestion d’une page de réseau social diffusant des contenus extrémistes ; une décision alors critiquée par les organisations de défense des droits humains et de la liberté de la presse.

Cette nouvelle condamnation intervient dans un contexte tunisien marqué par une pression judiciaire accrue sur les journalistes, les figures de l’opposition et les acteurs de la société civile.

Amnesty International dénonce depuis 2024 l’érosion de l’indépendance de la justice, suite à la dissolution du Conseil supérieur de la magistrature et à la révocation de dizaines de juges en 2022.

Le Comité pour la protection des journalistes affirme que le décret-loi 54 est devenu ces dernières années un instrument central pour réprimer la dissidence, criminaliser le travail journalistique et maintenir ouvertes de nouvelles poursuites contre les voix critiques, tandis que Reporters sans frontières continue de signaler la persécution judiciaire des médias et classe la Tunisie 129e sur 180 dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2025.

Dans le cas de Ben Khelifa, le passage de l’activisme public à l’exil revêt une signification qui dépasse le cadre de son histoire personnelle. Son départ, présenté comme forcé pour des raisons personnelles et familiales, révèle comment une partie des militants tunisiens, notamment les plus virulents sur les questions palestiniennes, l’opposition à la normalisation et la critique politique, perçoivent désormais le risque de poursuites judiciaires comme un facteur structurel de la Tunisie actuelle.

Pour le pouvoir, les procès intentés contre certains journalistes et activistes politiques pour terrorisme, complot contre l’Etat ou atteinte à la sécurité publique entrent dans le cadre de l’application des lois.

I. B.    

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Gabès bientôt débarrassé de la pollution industrielle

01. April 2026 um 11:20

Serait-ce bientôt le bout du tunnel pour les habitants du gouvernorat de Gabès aux prises depuis au moins trois décennies avec des problèmes environnementaux et sanitaires en raison des rejets toxiques des usines du Groupe chimique tunisien (GCT) ? C’est tout ce que nous souhaitons pour les braves Gabésiens qui sont fatigués de souffrir et de protester en vain.

La situation environnementale du gouvernorat de Gabès bénéficie, en fin, d’initiatives dans le cadre d’un programme global visant à réaménager le littoral, améliorer la qualité de vie dans la région et résoudre des problèmes environnementaux persistants.

Ce programme, présenté par le ministre de l’Environnement, Habib Abid, lors d’une session parlementaire, le 27 mars 2026, prévoit le réaménagement de huit plages, dont Chott Zarat, actuellement à l’étude afin d’évaluer l’impact d’un projet de port de pêche et d’une usine de dessalement.

Parmi les autres plages concernées figurent Lamaya, qui accueillera une nouvelle zone de loisirs ; Aichoun, qui sera équipée d’un éclairage solaire ; et Kettana, qui comprendra également une zone de loisirs. Chott Métouia sera aménagée avec des campings pour répondre à la forte demande touristique, tandis que le front de mer de la ville sera valorisé par la création d’une plage de 400 mètres et la mise en place de mesures de protection contre l’érosion du sable.

Le ministre a expliqué que les retards dans le lancement de certains projets étaient dus à des complexités administratives qui ont persisté pendant près de sept mois aux niveaux régional et municipal, mais a confirmé que le financement avait été inscrit au budget 2026.

Il a également annoncé l’approbation par l’Italie du financement du projet de réaménagement de la plage de Gabès, soutenant ainsi les efforts nationaux en matière d’environnement.

Concernant le coke de pétrole, un combustible fossile utilisé par le complexe chimique de Gabès et responsable de la pollution des plages du gouvernorat, M. Abid a indiqué que le problème remontait à 2009, date à laquelle les subventions sur les carburants pour les cimenteries ont été supprimées, entraînant des importations de plus de 700 000 tonnes par an via les ports de Gabès et de Bizerte. Il a souligné que la réduction de l’impact environnemental exigeait des solutions alternatives, notamment la conversion des déchets en combustibles de substitution. Dans ce contexte, l’utilisation d’environ 2,8 millions de tonnes de déchets est proposée, s’appuyant sur des expériences réussies telles que le réemploi de vêtements usagés et d’autres matériaux.

Le ministre a souligné la nécessité de revoir le cadre juridique afin de permettre aux usines d’utiliser ces matériaux tout en respectant des réglementations environnementales strictes et de remédier au taux d’humidité élevé des déchets, qui peut atteindre 60 %, grâce à des technologies de séchage appropriées.

Abid a souligné que plus de 60 projets pour Gabès sont inscrits dans le plan de développement 2026-2030, qui s’inscrit dans un programme national regroupant plus de 900 projets pour un coût total d’environ 7 milliards de dinars. Il a précisé que leur réalisation dépend de la disponibilité des financements.

Concernant l’érosion côtière, il a expliqué qu’il s’agit d’un phénomène naturel dans le sud tunisien, mais que l’activité humaine peut l’aggraver.

Une initiative de nettoyage des plages a été récemment lancée en collaboration avec les institutions touristiques, ainsi qu’une étude conjointe avec l’Italie pour s’attaquer au problème.

D’importantes interventions sur le terrain ont également été menées, notamment l’enlèvement de plus de 10 000 mètres cubes de déchets de construction, le nettoyage de la zone de Chatt Essalem et la mise en place d’un système de surveillance continue de la qualité de l’air, assorti de poursuites judiciaires contre les contrevenants.

La coopération internationale est également en cours, avec notamment un projet avec le Japon pour le traitement et la réutilisation des eaux usées industrielles, afin de réduire la pression sur les ressources en eau, ainsi que la mise en œuvre du programme de dépollution du complexe chimique, a indiqué le ministre. Cette approche reflète une stratégie holistique visant à concilier développement économique et protection de l’environnement, dans le but d’améliorer la durabilité des ressources naturelles dans le Gouvernorat de Gabès, a-t-il conclu.

I. B.

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Clôture du programme Amen-Tech au Kef

01. April 2026 um 10:08

Mardi 31 mars 2026, dans la ville du Kef, Onu Femmes Tunisie a organisé un événement marquant la clôture du programme «Amen-Tech : Un espace numérique sûr pour elle», financé par le Royaume-Uni. L’événement a réuni des jeunes leaders, des représentant.e.s institutionnels, des actrices et acteurs de la société civile et des expert.e.s, autour d’un engagement commun : faire de l’espace numérique un environnement plus sûr et inclusif pour les femmes et les filles. (Photos: Ali Mghirbi).

Lancé en avril 2025 Amen-Tech s’est distingué par une approche innovante plaçant les jeunes, en particulier les hommes et les garçons, au cœur du changement. En combinant sensibilisation, renforcement des capacités, innovation et plaidoyer, le programme a contribué à faire émerger une dynamique collective en faveur d’un usage responsable et respectueux du numérique.

En un an, le programme a contribué à la remise en question des normes sociales en mobilisant activement les jeunes via des initiatives favorisant la masculinité positive et l’engagement citoyen pour l’égalité, notamment pour prévenir et combattre les violences facilitées par la technologie faites aux femmes et aux filles.

Prévention des violences facilitées par la technologie

Dans ce cadre, les campagnes digitales menées en partenariat avec les Scouts et le Fedef (Front pour l’égalité et pour les droits des femmes), et en collaboration avec le Media Binetna, et des influenceur·euse·s engagé·e·s ont connu un fort impact, générant plus de 2 millions d’engagements.

Cette dynamique a également été marquée par l’organisation de la course solidaire symbolique «5KM Run for Digital Safety» (Tunis en Orange) sur l’Avenue Habib Bourguiba, lors de la campagne des 16 jours d’activisme. Cet événement a permis de transformer l’engagement en ligne en une mobilisation citoyenne dans l’espace public, sensibilisant ainsi aux enjeux de la sécurité numérique et des violences facilitées par la technologie.

Le programme a également renforcé les compétences de jeunes à travers tout le pays et d’acteurs clés en matière de citoyenneté numérique et de prévention des violences facilitées par la technologie , avec des améliorations notables en termes de connaissances, de compréhension des risques et de capacité à agir face aux situations de violences.

Réduire les inégalités dans l’espace numérique

Sur le plan institutionnel, Amen-Tech a facilité le dialogue entre les parties prenantes au sujet, contribuant à entamer des réflexions pour faire progresser l’intégration des violences facilitées par la technologie dans la législation et politiques publiques. Cette dynamique s’est notamment traduite par la mobilisation d’acteurs clés autour d’une feuille de route stratégique post-2026 visant à réduire les inégalités entre les femmes et les hommes dans l’espace numérique ainsi qu’une campagne de plaidoyer sur la Convention Africaine sur l’élimination des violences faites aux femmes.

Par ailleurs, le programme a permis le développement d’une plateforme digitale sécurisée et multilingue offrant des services de signalement et un accompagnement juridique et psychologique aux survivantes, dans le respect des principes de confidentialité et de consentement.

Enfin, l’engagement des jeunes et des créateurs de contenu a joué un rôle déterminant dans l’amplification des messages clés, contribuant à promouvoir une culture numérique plus sûre, inclusive et responsable.

Mobilisation collective pour un changement durable

L’aboutissement du programme a été marqué par la tenue du Forum régional de la Jeunesse au Kef, les 29 et 30 mars 2026. Organisé en partenariat avec le Festival Mosaïque, ce forum a servi d’incubateur de réflexion pour 60 jeunes engagés contre les violences facilitées par la technologie.

Après deux journées de co-création intensive, l’événement a culminé lors d’une cérémonie de clôture. Les participant.e.s y ont porté la voix de leur génération en présentant des recommandations issues de leurs travaux en ateliers. Ces policy briefs témoignent de leur capacité à transformer les défis technologiques en leviers de changement social.

Le choix du Kef reflète une volonté de territorialiser les politiques de jeunesse et de promouvoir l’inclusion des régions de l’intérieur, où les défis socio-économiques et les inégalités territoriales restent particulièrement marqués.

La cheffe de mission adjointe britannique, Elizabeth Green, a déclaré : «Le programme AmenTech reflète l’engagement du Royaume‑Uni à soutenir les efforts visant à mettre fin à la violence envers les femmes. Aujourd’hui, nous célébrons notre partenariat avec Onu Femmes, les Scouts de Tunisie et les acteurs de la société civile, qui a permis de mobiliser les jeunes dans les régions et d’influencer les normes sociales en place grâce à un impact significatif. Nous sommes fiers d’accompagner cette initiative porteuse de changement. Le Royaume‑Uni restera un partenaire engagé œuvrant pour cette cause essentielle.»

«La violence en ligne est une violence réelle, avec des conséquences tangibles sur la participation des femmes et des filles à la vie publique», a souligné l’équipe du projet. Et d’ajouter : «À travers Amen-Tetch, nous avons démontré que l’engagement des jeunes peut être un levier puissant pour faire du numérique un espace d’égalité, de sécurité et d’opportunités.»

Communiqué.


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Beït al-Hikma écarte Tahar Bekri et Moncef Ghachem de «la» poésie francophone de Tunisie

01. April 2026 um 09:34

L’Académie tunisienne des sciences, des lettres, et des arts (Beït al-Hikma) vient d’annoncer l’organisation le 15 avril 2026 d’un colloque portant sur «La poésie francophone de Tunisie». Mais dans l’aréopage poétique qui illustre selon les organisateurs «la» poésie francophone de Tunisie, sont exclus nos deux grands poètes Tahar Bekri et Moncef Ghachem. Un choix difficile à justifier et encore moins à défendre.

Zine Elabidine Hamda *

Le programme proposé au public porte, en effet, sur les œuvres des poètes tunisiens Mohamed Jamoussi, Salah Garmadi, Amina Saïd, Abdelaziz Kacem, du franco-hongrois Lorand Gaspar, résident en Tunisie entre 1970 et 1995 et mort à Paris en 2019, du poète italien, né en Tunisie, Mario Scalesi, mort en 1922 à Palerme et auteur d’un seul recueil, ‘‘Les poèmes d’un Maudit’’ publié à titre posthume, et des membres de l’Académie Hichem Ben Ammar, Kamel Gaha et Samir Marzouki, les deux derniers étant modérateurs du colloque.

L’Académie reste certes dans son rôle quand elle sélectionne les plumes qu’elle juge pertinentes pour ses colloques. Elle peut ignorer des voix montantes comme celles de Fatima Maouia et Mokhtar El Amraoui. Mais écarter Bekri et Ghachem relève, à mon sens, de l’incompréhensible.

Que ne faut-il pas pour être invisibilisé ?

Faut-il rappeler à nos éminents académiciens que Moncef Ghachem est un des pionniers de la poésie tunisienne en langue française ? Ses recueils de poésie qui chantent, qui crient plutôt, la mer de Mahdia, sa ville natale, la terre tunisienne, ses lieux sublimes, ses paysages et ses hommes, ses affres et sa résilience, sont traduits dans plusieurs langues. Il est détenteur du Prix Albert-Camus (1994), lauréat de la mention spéciale du Prix international de poésie de langue française Léopold Sédar Senghor pour l’ensemble de son œuvre(2006). Il a été fait Chevalier de l’Ordre des palmes académiques françaises en 1993 et est détenteur du Cordon culturel du président de la République tunisienne (1994). Que ne faut-il pas pour être invisibilisé ?

Voix libres de tous les combats

Tahar Bekri, quant à lui, continue de briller de mille feux. Il vient de sortir deux nouvelles œuvres, ‘‘Je te revois, père’’ (Bruxelles, Asmodée Edern, 2026), livre autobiographique en prose poétique et une anthologie de ‘‘Poètes tunisiens : textes choisis, traduits de l’arabe’’ (Tunis, Nehed). Après une thèse sur l’Algérien Malek Haddad, il traduit Abul Kacem Chebbi et Mahmoud Darwish. Du lieu de son exil forcé par le régime despotique de Bourguiba, après une courte incarcération injuste, il n’a cessé de chanter dans ses recueils de poésie la Tunisie, sa terre natale, ses maux et ses espérances. Sa voix libre a été de tous les combats pour les libertés en Tunisie, pour l’indépendance de la Palestine, pour les causes d’émancipation des Africains et des Sud-Américains.

Son œuvre prolifique, dans les deux langues française et arabe, est éditée en Tunisie, en France, en Belgique et au Canada. Elle est traduite en plusieurs langues en Allemagne, en Russie, en Turquie, en Italie, au Portugal, en Espagne, en Islande, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Elle fait l’objet de colloques, de recherches académiques en Tunisie, en France, en Italie, au Canada, au Danemark.

En Tunisie, la Faculté des lettres et sciences humaines de Sfax, qui figure bien dans le paysage académique tunisien, lui a consacré, les 2 et 3 mars 2017, un colloque international sous le titre «Géopolitique de l’œuvre de Tahar Bekri», dont Kapitalis a rendu compte dans son édition du 25 février de la même année.

Tahar Bekri figure dans l’anthologie ‘‘French Poetry: The Yale Anthology of Twentieth-Century’’, New Haven, Yale University Press, 2004. Membre de l’Union des écrivains tunisiens, détenteur de l’ordre du Mérite culturel de la République tunisienne (1993), Tahar Bekri est récompensé du Prix international de littérature francophone Benjamin Fondane (2018). Il est le seul poète tunisien à être consacré en 2019 par l’Académie française qui lui décerne le prix du rayonnement de la langue et de la littérature françaises. En 2022, il devient membre de la plus ancienne académie de poésie en France (fondée en 1323), l’Académie des Jeux floraux.

Deux parcours étincelants

L’Académie Beït al-Hikma ignore-t-elle ces deux parcours étincelants qui honorent la Tunisie et les Tunisiens dans le monde par leur modestie et la grandeur de leurs écrits ? J’en doute fort connaissant les membres du Département des Lettres de Beït al-Hikma. Il est vrai que la sagesse de cette auguste institution s’intéresse davantage, depuis quelque temps, au questionnement du Code du statut personnel et de la promotion des finances islamiques qu’aux questions lancinantes relatives à la liberté et à la justice que soulèvent les plumes tunisiennes.

Que ces mots rendent hommage à nos deux poètes illustres invisibilisés. C’est aussi à cela que sert la liberté d’expression.

* Journaliste et écrivain.

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TAYP Retreat 2026 | Les talents tunisiens se réunissent dans le Maryland

01. April 2026 um 08:07

Les Tunisian American Young Professionals (TAYP) organiseront leur retraite nationale annuelle du 24 au 26 avril 2026 au Turf Valley Resort à Ellicott City, Maryland, réunissant des professionnels, entrepreneurs, étudiants et leaders communautaires tuniso-américains venus des États-Unis, du Canada et de Tunisie.

Cette édition, positionnée comme la déclinaison américaine du Tunisia Global Forum (TGF), est présidée par Asma Ben Sedrine, chef de projet infrastructure chez Softtek, inspirée par le succès de l’édition précédente à Atlanta pour accueillir l’événement dans le Maryland, au cœur du Grand Washington.

La région de Washington, D.C. abrite l’une des plus importantes communautés tunisiennes aux États-Unis et constitue un pôle majeur du développement international, avec des institutions telles que la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI), où de nombreux Tunisiens évoluent.

Le programme comprendra des conférences, cinq sessions interactives et des opportunités de réseautage dans des secteurs tels que la technologie, la santé, la finance et l’entrepreneuriat.

Les participants représentent des institutions et entreprises de premier plan, notamment le FMI, la Banque mondiale, Microsoft, Amazon, Goldman Sachs, JPMorgan Chase, Tesla et Moderna.

Parmi les intervenants figurent des personnalités tunisiennes de premier plan, dont le Dr Nour Rawafi, astrophysicien et Project Scientist pour la mission Parker Solar Probe de la Naza, ainsi que Nizar Yaiche, ancien ministre des Finances de Tunisie, et Samia Msadek, directrice et chief financial management officer à la Banque mondiale, apportant leurs expertises en politiques publiques, finance et développement international.

La retraite met un accent particulier sur le mentorat intergénérationnel, facilitant des connexions concrètes entre étudiants, jeunes professionnels et leaders confirmés, générant des opportunités d’emploi, d’investissement et de collaboration durable.

Elle constitue également une opportunité importante pour les médecins tunisiens souhaitant s’intégrer au système américain, en leur offrant accompagnement, mentorat et meilleures chances d’obtenir une résidence médicale («match»).

TAYP envisage également de sponsoriser la participation d’étudiants, grâce au soutien de ses partenaires et de la communauté, afin de favoriser l’accès à ces opportunités.

«Cette retraite vise à créer un véritable écosystème où les connexions se traduisent en opportunités concrètes», a déclaré Dr Zied Mhirsi, président de TAYP.

Le programme inclut également un marketplace tunisien, permettant aux entrepreneurs, artistes et associations de présenter leurs projets, vendre leurs produits et mobiliser des financements.

Le week-end débute vendredi avec des visites guidées dans la région de Washington, suivies d’un accueil convivial. Il se conclut dimanche par des activités sportives, de bien-être et des visites optionnelles de Washington, D.C. Une projection du film tunisien ‘‘Les Bâtisseurs’’, en collaboration avec l’Atuge, est également prévue.

La soirée de gala mettra à l’honneur la musique tunisienne classique, folklore et alternative, incluant des moments de chant collectif autour de la musique tunisienne, Les DJ tunisiens Sahara Club, ainsi qu’une performance live du pianiste Yahya Mhirsi et de la violoniste Fatma Souf.

L’événement est rendu possible grâce au soutien de la GIZ, SwissContact, Whiteford, Taylor & Preston, UGFS, Poulina et l’ATB, et en partenariat avec Express FM et Iway Technologies.

«Cette initiative illustre la force de notre communauté et sa capacité à créer des opportunités durables», a déclaré Mohamed Malouche, managing partner chez Deloitte et président du conseil d’administration.

TAYP fait partie du réseau Watt (Worldwide Alliance of Tunisian Talents), qui regroupe plusieurs associations de la diaspora afin de connecter les talents tunisiens à l’échelle mondiale.Fondée en 2011, TAYP est une organisation à but non lucratif disposant de chapitres à New York, Boston et Atlanta. C’est un réseau de professionnels tuniso-américains engagé à renforcer les liens économiques, sociaux et culturels entre la Tunisie et les États-Unis afin de promouvoir la croissance et le développement.

À travers des projets ciblés, des opportunités de réseautage et des forums et événements dynamiques, TAYP permet aux entreprises et aux individus de nouer de nouveaux partenariats et de générer un impact concret.

Communiqué.

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Choc pétrolier | Quelle réponse des pays du Sud Global ?

01. April 2026 um 07:41

Par-delà le fracas des armes, la guerre en cours des États-Unis et Israël contre l’Iran constitue déjà un puissant choc macroéconomique. Elle bouleverse l’équilibre géopolitique du Moyen-Orient et redessine les vulnérabilités économiques mondiales, en exposant les fragilités structurelles du Sud global. Elle impose une interrogation non seulement sur les mécanismes du choc, mais sur la capacité des États à y résister. Le véritable risque n’est plus un ralentissement économique, mais une désorganisation durable des conditions mêmes de la croissance mondiale. (Photo : Ras Laffan, le plus grand gisement de gaz au monde, géré par Qatar Energy, bombardé par l’Iran).

Yahya Ould Amar *

Ce conflit a déclenché un choc d’offre global à haute intensité. La perturbation du détroit d’Ormuz – et celle probable de Bab El Mendeb (Mer Rouge) – par lequel transite environ 20% des flux mondiaux d’hydrocarbures, combinée à des frappes sur des infrastructures énergétiques régionales, constitue un choc d’une ampleur exceptionnelle. La hausse rapide des prix de l’énergie, la volatilité des marchés et la désorganisation des chaînes logistiques témoignent d’une rupture systémique. Mais l’élément le plus inquiétant réside dans la possibilité d’attaques simultanées sur les infrastructures énergétiques en Iran et dans les pays du Golfe, ce qui transformerait un choc de prix en un choc de quantités, bien plus difficile à absorber.

Au-delà du choc immédiat, une mutation profonde est à l’œuvre, celle de la fonction même de l’énergie dans le système économique mondial. Nous entrons dans une phase où le prix du baril, au-delà de l’équilibre entre offre et demande, reflète en priorité une prime géopolitique structurelle, durable et potentiellement auto-entretenue.

La destruction répétée d’infrastructures critiques — champs, terminaux, installations de liquéfaction — introduit une contrainte temporelle liée aux délais de reconstruction, souvent pluriannuels, transformant des chocs conjoncturels en pénuries persistantes.

Dans ce contexte, les anticipations des marchés se désancrent, et les investissements énergétiques deviennent eux-mêmes procycliques (amplification des fluctuations économiques), aggravant la volatilité (nervosité) des marchés au lieu de l’amortir.

La double peine du Sud : énergie chère, monnaies faibles

Les pays du Sud global se trouvent en première ligne, confrontés à une réactivation de la contrainte extérieure. L’augmentation de la facture énergétique dégrade immédiatement les balances des paiements, accentue la demande de devises fortes et exerce une pression intense sur les monnaies locales.

Dans plusieurs économies émergentes, la dépréciation monétaire alimente un cercle vicieux, ainsi plus la monnaie se déprécie, plus le coût des importations augmente, aggravant encore les déséquilibres externes.

Dans les cas les plus fragiles, cette dynamique peut conduire à des crises de balance des paiements, avec rationnement des importations et restrictions sur les changes.

Cette vulnérabilité est particulièrement aiguë dans les économies dont la monnaie est arrimée au dollar ou fortement dollarisée. Pour ces pays, l’appréciation du dollar agit comme un multiplicateur de choc, elle renchérit simultanément le coût de l’énergie, le service de la dette externe et le prix des importations essentielles.

Les pays importateurs nets d’hydrocarbures — notamment en Afrique subsaharienne, en Asie du Sud et dans certaines économies d’Amérique latine — se trouvent ainsi enfermés dans une trappe macroéconomique où toute tentative de stabilisation monétaire accélère la contraction de l’activité économique.

Le dilemme des politiques économiques

À cette contrainte externe s’ajoute un choc inflationniste d’une intensité particulière. L’énergie étant un intrant universel, son renchérissement se diffuse rapidement à l’ensemble de l’économie. Les coûts de transport augmentent, les prix des engrais s’envolent, et la production agricole est affectée. Le choc se transmet ainsi des marchés énergétiques aux marchés alimentaires, transformant une inflation importée en inflation généralisée. Pour des populations déjà vulnérables, notamment dans les pays à faible revenu, cette dynamique constitue une menace directe pour la sécurité alimentaire et la stabilité sociale.

Dans ce contexte, les finances publiques sont soumises à une pression extrême. Les gouvernements doivent simultanément protéger les ménages contre la hausse des prix et absorber l’augmentation de leurs propres dépenses énergétiques. Cela conduit à une expansion rapide des déficits budgétaires et à une accumulation de dette publique. Or, cette détérioration intervient dans un environnement financier mondial plus contraint, caractérisé par des taux d’intérêt élevés et une aversion accrue pour le risque. Le coût du financement externe augmente, les flux de capitaux se raréfient, et les marges de manœuvre budgétaires se réduisent.

Dans ce contexte, le rôle du Fonds monétaire international (FMI) apparaît à la fois central et profondément contraint. Les capacités d’intervention — de l’ordre de 1 000 milliards de dollars au maximum — apparaissent significatives à l’échelle d’une crise isolée, mais demeurent faibles face à un choc systémique global, où les besoins cumulés des économies fragiles pourraient rapidement excéder plusieurs milliers de milliards de dollars.

Aussi, les conditionnalités traditionnelles — consolidation budgétaire, ajustement structurel — se heurtent à une réalité nouvelle, l’impossibilité politique et économique d’imposer des ajustements procycliques dans des sociétés déjà fragilisées par des chocs inflationnistes et alimentaires.

Le FMI se trouve ainsi confronté à un dilemme soit maintenir une orthodoxie financière au risque d’amplifier les crises sociales soit assouplir ses exigences au prix d’un risque accru de désancrage macroéconomique global.

Nouveau régime d’instabilité

Le résultat combiné de ces dynamiques est une configuration de stagflation difficile à gérer pour de nombreux gouvernements. La croissance ralentit sous l’effet de la hausse des coûts et de l’incertitude, tandis que l’inflation demeure élevée. Les entreprises réduisent leurs investissements, les ménages voient leur pouvoir d’achat diminuer, et les États perdent leur capacité à stabiliser le cycle économique. Cette combinaison — inflation élevée et croissance faible — est historiquement associée à des périodes de forte instabilité économique et politique.

La soutenabilité même de la récession dans les pays fragiles devient alors incertaine. Contrairement aux économies avancées, ces pays ne disposent ni de stabilisateurs automatiques efficaces ni de marges budgétaires suffisantes pour amortir le choc. Le délai d’absorption du choc — c’est-à-dire le temps nécessaire pour rétablir un nouvel équilibre macroéconomique — s’allonge considérablement, transformant une récession cyclique en dépression prolongée. Cette temporalité étendue accroît le risque de ruptures politiques, de défauts souverains et, dans certains cas, d’effondrement institutionnel.

Du choc conjoncturel au basculement structurel

Le scénario le plus préoccupant reste toutefois celui d’une destruction durable des infrastructures énergétiques en Iran et dans le Golfe. Une telle situation produirait un choc d’offre permanent, en réduisant significativement la production mondiale d’hydrocarbures. Elle entraînerait également une désorganisation profonde des circuits logistiques, les ports, pipelines et terminaux devenant vulnérables ou inutilisables.

Les primes de risque sur le transport maritime et le financement augmenteraient fortement, tandis que les effets de second tour — hausse des taux, tensions sur la dette, contraction du commerce mondial — amplifieraient encore le choc initial. Dans ce cas, la crise ne serait plus conjoncturelle mais structurelle, avec des conséquences durables sur l’économie mondiale.

Dans cette séquence, les monarchies du Golfe pourraient supporter un coût triplement cumulatif : celui d’une protection militaire américaine monétisée, celui du financement d’un conflit dont elles ne sont pas à l’origine — dans un moment où même le Congrès américain hésite à en assumer le coût du premier mois de conflit (200 milliards) —, et, enfin, celui d’un alignement politique et financier accru dans l’après-guerre, consacrant une forme de soumission renforcée à l’égard du couple États-Unis–Israël.

L’hypothèse d’une dislocation partielle de l’Iran — sous l’effet combiné de frappes extérieures, de tensions internes et d’interventions indirectes d’acteurs régionaux — introduit un risque systémique supplémentaire. Une fragmentation territoriale, impliquant potentiellement des zones kurdes, azéries ou sous influence étrangère, transformerait le pays en espace de conflictualité permanente, à proximité immédiate des principales routes énergétiques mondiales, tout en ravivant, à la frontière turque, la question kurde et les fragilités qu’elle induit pour Ankara.

Dans un tel scénario, la fermeture intermittente ou le contrôle discrétionnaire du détroit d’Ormuz — voire sa monétisation sous forme de «péage» — deviendrait un instrument durable de pouvoir économique, redéfinissant les termes de l’échange énergétique mondial.

Fin de l’abondance financière et retour du risque de dette souveraine

Cette situation accélère une transformation déjà en cours du système financier international. Le régime d’abondance financière qui caractérisait les années 2010 — marqué par des taux bas et des flux de capitaux vers les économies émergentes — est en train de disparaître. Les investisseurs se replient vers les actifs considérés comme sûrs, renforçant la domination du dollar et accentuant la vulnérabilité des pays dépendants du financement externe.

Parallèlement, le système monétaire international se fragmente, avec l’émergence de tentatives de diversification, notamment autour du yuan ou d’accords bilatéraux. Toutefois, en période de crise, la centralité du dollar reste intacte, ce qui limite les marges de manœuvre des économies émergentes.

Les grandes économies avancées, elles-mêmes fortement endettées, voient leur capacité à jouer un rôle de prêteur se réduire. La remontée des taux d’intérêt réels et la montée des primes de risque limitent l’appétit pour les actifs émergents, accentuant la segmentation financière du monde.

Dans ce contexte, l’investissement global — en particulier dans les infrastructures et la transition énergétique — ralentit précisément au moment où il serait le plus nécessaire.

Dans ce contexte, le risque de crises de dette souveraine augmente fortement. La combinaison d’une dépréciation des monnaies, d’une hausse des taux d’intérêt et d’une détérioration des balances des paiements crée des conditions propices à des défauts en chaîne. Plusieurs pays pourraient se retrouver confrontés à des arbitrages impossibles entre le service de la dette, le financement des importations essentielles et la stabilité sociale.

Que faire ?

Face à ce choc, les pays du Sud global doivent repenser leurs priorités, pour éviter qu’il ne redéfinisse durablement les trajectoires économiques. L’objectif ne peut plus être la poursuite d’une croissance maximale à court terme. Il s’agit désormais de construire une stratégie de résilience. Cela implique, en premier lieu, de sécuriser la liquidité externe, en renforçant les réserves de change et en garantissant l’accès aux devises nécessaires pour financer les importations critiques.

Il est également essentiel d’adopter une approche réaliste en matière de politique monétaire, en acceptant une certaine dépréciation plutôt que de tenter de défendre des niveaux de change insoutenables.

Sur le plan budgétaire, une hiérarchisation rigoureuse des instruments s’impose. À court terme, la priorité doit aller aux transferts monétaires ciblés, aux subventions limitées aux biens essentiels et aux mécanismes temporaires de tarification sociale.

Les États doivent renoncer aux soutiens généralisés, coûteux et régressifs, au profit d’une protection concentrée sur les ménages, les agriculteurs et les secteurs les plus exposés.

Cette réorientation suppose aussi une gestion active de la dépense publique. Il faut protéger les postes à fort rendement social — santé, nutrition, éducation de base, énergie critique, maintenance des infrastructures vitales — et différer les investissements publics non prioritaires, en particulier ceux fortement importateurs en devises ou à faible effet de stabilisation immédiat. Une revue des dépenses de fonctionnement, des subventions aux entreprises publiques et des niches budgétaires devient indispensable.

Du côté des recettes, l’enjeu est moins d’augmenter les taux d’imposition que d’élargir l’assiette : réduction des exonérations inefficaces, meilleure collecte douanière et fiscale, taxation temporaire de certaines rentes ou surprofits, fiscalité accrue sur les biens de luxe et produits pouvant avoir un impact sanitaire (tabac, sucre, …), amélioration du recouvrement auprès des grands contribuables.

Pour les pays disposant de recettes exceptionnelles, des fonds de stabilisation ou de lissage doivent être mobilisés — ou créés — afin d’amortir les chocs sans désorganiser durablement le budget.

Parallèlement, la gestion de la dette doit devenir plus préventive : recours aux marchés boursiers locaux, aux financements concessionnels, allongement des maturités, réduction des risques de refinancement, transparence accrue et, si nécessaire, restructurations ordonnées.

Dans un monde de capital rare, la crédibilité budgétaire ne se mesure plus à la rigidité doctrinale, mais à la capacité de l’État à arbitrer entre protection sociale, soutenabilité financière et sécurité économique.

La dimension énergétique devient également centrale. La diversification des sources d’approvisionnement, la conclusion d’accords bilatéraux de long terme et l’investissement dans des alternatives énergétiques sont des impératifs stratégiques.

Enfin, la coopération internationale, notamment entre pays du Sud, peut jouer un rôle clé, à travers la mutualisation des réserves, l’utilisation des instruments multilatéraux et le renforcement des institutions financières régionales.

Organiser la rareté sans basculer dans la fragmentation

Face à cette configuration, les politiques économiques doivent évoluer au-delà des cadres traditionnels. Trois axes apparaissent déterminants.

Premièrement, une redéfinition des politiques budgétaires vers des dépenses de résilience — sécurité énergétique et alimentaire, infrastructures critiques, stocks stratégiques — au détriment des logiques d’optimisation de court terme.

Deuxièmement, une coordination monétaire et financière accrue entre pays du Sud, visant à réduire la dépendance au dollar par des mécanismes de compensation régionaux et des accords de swap entre banques centrales.

Troisièmement, une accélération des investissements dans les énergies alternatives — renouvelables, technologies de stockage et autres — comme réponse à l’instabilité géopolitique de l’offre fossile.

Car au fond, ce qui se joue n’est autre que la capacité du système international à organiser la rareté sans basculer dans la fragmentation.

En définitive, cette guerre annonce l’entrée dans un monde où l’énergie redevient une arme, les détroits des instruments de souveraineté coercitive, la dette un accélérateur de fragilité, et la résilience la première des politiques économiques. Pour le Sud global, l’enjeu est d’éviter qu’un choc externe ne se transforme en désordre intérieur ou explosion sociale. La leçon à retenir lorsque les infrastructures vitales deviennent des cibles et les routes maritimes des leviers de guerre, est que la géopolitique a cessé d’encadrer l’économie — elle la commande. Et c’est alors l’ordre mondial lui-même qui entre en zone de turbulence durable.

* Economiste, banquier et financier.

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Afif Hendaoui, ou la rigueur comme héritage

01. April 2026 um 07:10

En la personne de Afif Hendaoui **, la Tunisie a perdu, lundi 30 mars 2026, l’un de ses esprits les plus solides, les plus exigeants, les plus profondément engagés dans la compréhension de ses fragilités économiques. Avec lui disparaît une voix rare, celle d’un économiste qui n’a jamais cédé ni à la facilité des slogans, ni à la complaisance des diagnostics convenus.

Moktar Lamari *

Formé en Belgique, dans une tradition académique rigoureuse où l’économie n’est pas un simple outil de gestion mais une grille d’analyse du réel, Afif Hendaoui avait très tôt acquis ce qui distingue les grands économistes des techniciens : une capacité à articuler théorie et terrain, chiffres et société, modèles et vécu. Cette double culture, européenne par la formation et profondément tunisienne par l’engagement, a irrigué toute son œuvre.

Professeur respecté, puis recteur, il n’a jamais réduit l’université à une machine à diplômes. Il en défendait une vision autrement plus ambitieuse : celle d’un lieu de production de savoir, d’esprit critique, de confrontation intellectuelle. À une époque où l’enseignement supérieur tunisien commençait déjà à subir les premières tensions de massification, il plaidait pour la qualité, pour la recherche, pour l’exigence méthodologique. Il savait, mieux que beaucoup, que sans une université forte, aucune économie ne peut prétendre à la transformation.

Rationalité économique et décision publique

Son passage comme ministre dans les années 1990 n’a pas entamé cette exigence. Au contraire, il a tenté, dans un contexte politique contraint, d’introduire une rationalité économique dans la décision publique. Ceux qui ont travaillé à ses côtés se souviennent d’un homme peu enclin aux compromis faciles, attaché aux faits, aux équilibres macroéconomiques, et surtout à la soutenabilité des politiques publiques. Il n’était pas de ceux qui promettent sans compter ; il était de ceux qui calculent, anticipent, alertent.

Mais c’est sans doute dans ses écrits que son héritage est le plus précieux. Afif Hendaoui a beaucoup publié, dans des revues, des tribunes, des contributions académiques où il disséquait, avec une précision chirurgicale, les contradictions de l’économie tunisienne. Il écrivait sur la croissance sans emploi, sur les déséquilibres régionaux, sur la dépendance extérieure, sur les illusions de réforme. Il dénonçait les politiques conjoncturelles déguisées en stratégies, les rustines budgétaires présentées comme des visions.

Sa plume était claire, directe, sans fioritures. Il n’écrivait pas pour plaire, mais pour éclairer. Et souvent pour déranger. Car Afif Hendaoui faisait partie de cette catégorie trop rare d’économistes qui refusent de servir d’alibi intellectuel. Il n’était ni un économiste de cour, ni un commentateur de plateau. Il était un analyste. Et un analyste libre. Dans un pays où la parole économique est souvent instrumentalisée, cela relevait presque de l’exception.

Sans recherche, l’économie navigue à vue

Son engagement pour la recherche en sciences économiques en Tunisie mérite, à lui seul, un chapitre. Il n’a cessé de plaider pour des institutions de recherche solides, pour des financements pérennes, pour une reconnaissance du travail scientifique. Il alertait sur le décrochage progressif de la Tunisie en matière de production académique, sur la fuite des cerveaux, sur la marginalisation des chercheurs. Pour lui, une économie sans recherche est une économie qui navigue à vue.

Et c’est précisément ce qu’il redoutait : une Tunisie sans cap, sans diagnostic partagé, sans capacité à produire sa propre lecture de ses défis.

Aujourd’hui, au moment de sa disparition, une question s’impose avec une certaine brutalité : qui pour reprendre ce flambeau ? Qui pour porter cette exigence intellectuelle, cette indépendance, cette rigueur ? Les économistes ne manquent pas en Tunisie. Mais les économistes de cette trempe, capables de conjuguer savoir académique, expérience institutionnelle et liberté de ton, sont rares. Très rares.

Afif Hendaoui laisse derrière lui bien plus qu’une carrière. Il laisse une méthode. Une manière de penser l’économie comme une discipline exigeante, indissociable du réel, et profondément ancrée dans les enjeux de la société. Il laisse aussi une forme d’éthique : celle de ne jamais céder à la facilité, de ne jamais travestir les chiffres, de ne jamais simplifier à outrance des réalités complexes.

Dans un pays en quête de repères économiques, son absence se fera sentir. Non pas comme une nostalgie, mais comme un manque. Un vide. Et peut-être, aussi, comme une injonction : celle de retrouver, dans le tumulte des discours, un peu de cette rigueur qu’il incarnait.

Car au fond, la meilleure manière de lui rendre hommage n’est pas seulement de saluer l’homme. C’est de continuer à penser, à écrire, à analyser – avec la même exigence que lui. Sans concession.  

* Economiste universitaire.

** Décédé à l’âge de 77 ans, Afif Hendaoui était président de l’Université de Tunis. Homme politique,  il avait été tour-à-tour ambassadeur en Suède, en Finlande et en Islande, avec résidence à Stockholm (1996-2000), ministre délégué auprès du Premier ministre chargé des droits de l’homme, de la communication et des relations avec la Chambre des députés (2000 -2001), ambassadeur en Autriche, en Hongrie et en Slovaquie, représentant permanent de la Tunisie auprès des organisations internationales à Vienne (2001- 2004), et ambassadeur auprès de la Confédération suisse et auprès du Vatican (2004 -2006). De retour à Tunis, il a été directeur de l’Ecole nationale d’administration

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Rumeurs sur la fermeture du CNCI | Le Syndicat réclame transparence et concertation

Von: Yusra NY
31. März 2026 um 23:28

​La Syndicat indépendant des réalisateurs-producteurs a publié un communiqué suite à la persistance de rumeurs concernant la fermeture du Centre National du Cinéma et de l’Image (CNCI).

Exprimant sa profonde préoccupation, ce mardi 31 mars 2026 , le Syndicat a indiqué que le « CNCI n’est pas qu’une simple institution mais le fruit d’un long combat mené par des générations de cinéastes tunisiens et constitue aujourd’hui la pierre angulaire du développement et du soutien à l’industrie cinématographique nationale ».

​La même source estime que toute décision prise sans concertation avec les acteurs du secteur et ses structures professionnelles serait simplement inacceptable, estimant que le dialogue et la transparence demeurent les seules garanties de pérennité pour les institutions culturelles du pays.

​Si le syndicat ne nie pas la nécessité d’opérer des réformes structurelles, il exige toutefois que celles-ci soient menées dans le dialogue et non dans la précipitation et appelle les autorités de tutelle et les structures de l’État « à préserver le CNCI comme un édifice culturel national intouchable » et à ouvrir un dialogue national inclusif et élargi avec l’ensemble des composantes du secteur cinématographique avant toute décision cruciale.

La même source a appelé à renforcer les moyens administratifs et financiers du CNCI pour lui permettre de remplir pleinement ses missions, considérant que l’avenir du cinéma tunisien ne peut se construire en marge de ceux qui en sont les artisans.

Y. N.

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Gestern — 31. März 2026Kapitalis

« Visibles et vivants », un nouveau cycle de cinéma dédié aux voix singulières

Von: Yusra NY
31. März 2026 um 22:51

L’Institut français de Tunisie (IFT) organise « Visibles et vivants », un nouveau cycle dédié au cinéma des voix singulières et ce du 1er au 3 avril 2026.

Il s’agit d’une invitation cinématographique à explorer la pluralité, à écouter les silences qui se brisent et à célébrer la force brute de la diversité.

Parce qu’aucune existence ne devrait se vivre en sourdine, le cycle Visibles et Vivants ouvre grand ses portes à la pluralité. Ici, on ne regarde pas seulement des films : on partage des vies, on écoute des silences qui se brisent et on célèbre la force brute de la diversité. Une invitation à voir le monde tel qu’il est vraiment : pluriel, courageux et profondément humain.

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▪️ Mercredi 01 avril à 18h :
« Big boys don’t cry » de Arnaud Delmarle (23min)
« Le Retour » de Catherine Corsini (1h46)

▪️ Jeudi 02 avril à 18h :
« Eat the night » de de Jonathan Vinel et Caroline Poggi(1h47)

▪️ Vendredi 03 avril à 18h :
« La Pampa » d’Antoine Chevrollier (1h44)

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Ghar El Melh | Toujours aucune trace du marin disparu

Von: Yusra NY
31. März 2026 um 22:24

Les opérations de recherche se sont activement poursuivi ce mardi, pour retrouver un marin porté disparu au large de Ghar El Melh, après une sortie en mer entamée depuis le port de pêche local.

Selon une source sécuritaire citée par IFM, l’embarcation du marin, âgé d’environ 65 ans, a été retrouvée à la dérive en pleine mer et malgré les efforts intenses déployés tout au long de cette journée, aucune trace du disparu n’a été signalée jusqu’à présent.

Les autorités ont déployé les unités spécialisées de la Garde maritime ainsi que les équipes de la Protection civile, dont des unités de plongée, ajoute la même source en ajoutant que des drones ont été utilisés pour appuyer et faciliter les recherches.

On notera que plusieurs marins-pêcheurs de la région se sont joints aux opérations, participant activement au ratissage par voie maritime et terrestre sur l’ensemble des côtes de la zone, et ce, malgré les conditions météorologiques difficiles.

Y. N.

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Vents forts, pluies et froid annoncés pour cette nuit

Von: Yusra NY
31. März 2026 um 20:14

Le temps reste instable et marqué par une nette dégradation sur une grande partie du pays pour cette nuit, annonce l’Institut National de la Météorologie (INM).

Le ciel demeure très nuageux, avec des pluies éparses, parfois orageuses, principalement sur le nord et localement dans les régions du centre, indique l’INM, en précisant que ces précipitations pourraient se montrer intenses sur les zones côtières, avec un risque de chutes de grêle localisées sur les reliefs, où les conditions hivernales se confirment avec l’apparition de quelques chutes de neige.

La prudence sera également de mise en ce qui concernent le vent de secteur nord-ouest qui soufflera violemment sur la plupart des régions, avec des rafales pouvant ponctuellement dépasser les 90 km/h.

L’INM annonce également une chute des températures avec des nocturnes variant entre 0 et 4 °C dans les régions de l’ouest et entre 5 et 10 °C sur le reste du pays.

Y. N.

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Ghassen Ben Khelifa | Le SNJT dénonce une condamnation politique

Von: Yusra NY
31. März 2026 um 19:15

Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a exprimé son indignation suite au verdict rendu par la chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis, condamnant le journaliste et directeur de publication du site Inhiyez, Ghassen Ben Khelifa, à deux ans de prison ferme.

​Dans un communiqué publié ce mardi 31 mars 2026, le SNJT indique que cette condamnation repose sur des accusations de diffusion de « fausses nouvelles » concernant une affaire remontant à plus de trois ans, estimant que les poursuites sont basées sur une allégation de gestion d’une page électronique avec laquelle le journaliste n’entretient aucun lien.

​Le syndicat affirme par ailleurs que les expertises réalisées sur les appareils saisis par les autorités n’auraient apporté aucune preuve prouvant la responsabilité de Ghassen Ben Khelifa, considérant de ce fait, que « ce jugement n’est pas un acte judiciaire isolé, mais s’inscrit dans une tendance plus large : le recours aux lois répressives pour restreindre la liberté d’expression et cibler systématiquement les voix critiques ».

​Le communiqué dénonce également le recours à des rapports techniques jugés « lacunaires » comme base de condamnation, ce qui constitue, toujours selon la même source, « une violation directe de la présomption d’innocence, du droit à la défense et des garanties d’un procès équitable ».

​Face à cette situation, le syndicat réitère sa demande à un recours exclusif au Décret-loi 115 comme cadre juridique unique pour traiter les affaires liées à la presse et à la liberté d’expression et appelle à l’abandon des textes répressifs permettant l’emprisonnement des journalistes.

Enfin, dans son communiqué, la SNJT met en garde contre « les conséquences de ces pratiques sur la confiance des citoyens envers l’institution judiciaire et sur la fragilisation des fondements de l’État de droit».

Y. N.

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Évacuation du Liban | un troisième groupe de 9 Tunisiens est arrivé à Tunis

Von: Yusra NY
31. März 2026 um 18:49

Ce mardi 31 mars 2026, neuf citoyens tunisiens en provenance du Liban ont atterri à l’aéroport de Tunis-Carthage après une escale à Istanbul.

À leur arrivée, ils ont été accueillis par des représentants du ministère des Affaires étrangères ainsi que par des membres du Croissant-Rouge tunisien ainsi que leurs familles, qui ont exprimé leur soulagement, indique une source citée par l’agence Tap.

Cette opération est le fruit d’une coordination étroite entre le ministère des Affaires étrangères, l’Office des Tunisiens à l’étranger (OTE)  et l’Office de l’aviation civile et des aéroports (OACA) ainsi que le ministère de la Jeunesse et des Sports (pour l’hébergement) et le Croissant-Rouge tunisien (pour la prise en charge logistique et alimentaire).

Avec l’arrivée de ce groupe via Istanbul, le nombre total de Tunisiens rapatriés du Liban s’élève désormais à 37 personnes. Les deux vagues précédentes avaient été acheminées via la Jordanie les 15 et 18 mars.

La mission diplomatique tunisienne au Liban affirme par aielleurs qu’elle reste en état d’alerte maximale et rappelle que pour toute assistance ou urgence, les ressortissants peuvent contacter l’ambassade via :

    WhatsApp : +961 81 369 290

    Téléphone fixe : +961 5 457 431 // +961 5 457 430

    E-mail : ambassadetunisieliban@gmail.com

Y. N.

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Moëz Majed sur les pas de Lorand Gaspar | Le poète et son double

31. März 2026 um 13:25

Moëz Majed est poète. Il vient de publier son premier roman. Quoi de plus naturel ? La plupart des poètes s’essayent aussi au roman et vice et versa. C’est toute la magie de l’écriture littéraire qui déplace sans cesse les frontières entre les genres pour en faire des vases communiquant. Et l’art romanesque, on le sait, est le plus ouvert au mélange des genres, au métissage des formes, à l’interférence des styles et au dialogue des idées. Et ce premier roman de Moëz Majed nous en offre une belle illustration.

Ridha Kefi

En effet, le titre, ‘‘Lorand Gaspar vient de mourir’’ (édition Hykeyet, Tunis 2026, 169 pages), annonce la couleur : c’est un roman sinon sur la poésie du moins sur un poète, et pas des moindres, l’un des plus secrets du 20e siècle et qui a marqué des générations de poètes, en France, où il occupe une place de choix parmi ses pairs, mais aussi en Palestine et en Tunisie, où il a aussi vécu et pratiqué la médecine (il était chirurgien) pendant de longues années.

Pour avoir moi-même connu Lorand Gaspar * – il avait publié mes premiers poèmes dans la revue Alif qu’il avait fondée et dirigée aux Editions Cérès à Tunis au début des années 1980 –, pour avoir aussi connu sa compagne, elle-même médecin et poète, Jaqueline Daoud, et son fils aîné – né d’un premier mariage – François Gaspar alias François Abu Salem, fondateur du célèbre théâtre Al Hakawati à Jérusalem… Pour cette raison, à la fois subjective et objective – car je voulais en savoir davantage sur cet homme qui m’a beaucoup marqué, ainsi que ceux de ma génération –, il va sans dire que le titre de ce premier roman de Moëz Majed m’a d’emblée interpellé.

Une quête de soi en l’autre

S’agit-il d’une biographie romancée du célèbre poète qui est resté assez méconnu voire mystérieux, même pour ceux qui l’ont côtoyé de très près ?

La réponse va venir au fil des pages : il est certes question dans ce roman de Lorand Gaspar, mais pas seulement, car le récit de la vie du poète français d’origine hongroise est comme un fil rouge qui relie les différents éléments de la narration et tisse comme un tapis persan avec pleins de lettres, de mots, de personnages, de paysages, d’objets et d’atmosphères qui, mis les uns à côté des autres, tentent de dire ce qu’est l’art poétique, ce que veut dire être poète et comment le devient-on, dans la proximité des êtres, des objets et des mots pour dire les sensations qu’ils nous inspirent.

Le récit de la vie de Lorand Gaspar et l’approche  de son œuvre deviennent, au fils des pages, une sorte de quête spirituelle de l’auteur qui s’interroge sur son propre cheminement dans le sillage de poètes qu’il a connus et qui ont contribué à sa formation littéraire et philosophique. Il y a d’abord son père, bien sûr, Jaâfar Majed, d’un de piliers de la poésie tunisienne de la seconde moitié du 20e siècle, dont il a reçu les premiers enseignements. Il y a ensuite Ali Louati qui, le premier lui a parlé de Lorand Gaspar, Saint-John Perse, René Char ou autres Yves Bonnefoy, le mettant sur la voie d’une écriture poétique libérée des carcans esthétiques dominants, et des nombreux poètes qu’il a rencontrés par la suite aux quatre coins du monde, lors de ses pérégrinations poétiques, de la Turquie à la Colombie, de Kairouan à Paris…

Dans la dédicace qu’il m’a aimablement faite, Moëz Majed a joliment écrit : «Il semble que ce texte soit une quête de soi en l’autre et de l’autre en soi». Tout est dit : ‘‘Lorand Gaspar vient de mourir’’ est une autobiographie déguisée en biographie, le poète tunisien s’identifiant à son aîné franco-hongrois, qu’il avait juste entraperçu, un instant furtif, attablé à un café à Sidi Bu Saïd, au milieu des années 1990, mais pour lequel il gardera une sorte de vénération poétique et spirituelle.

* J’ai aussi traduit en arabe avec son aide des poèmes de son recueil ‘‘Sol absolu’’. Le livre est paru sous le titre de ‘‘Ardh al-motlaq’’ aux éditions Annawras, à Tunis, en 1988, avec des photos en noir et blanc prises par le poète dans le désert de Palestine.

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La question migratoire, facteur de polarisation politique en Tunisie

31. März 2026 um 12:42

La présence d’une forte communauté de migrants subsahariens en situation irrégulière dans la plupart des villes côtières en Tunisie commence à susciter des réactions de rejet parmi la population locale. Samedi dernier, 28 mars 2026, des dizaines de manifestants se sont rassemblés devant le gouvernorat de Tunis pour scander le slogan «La Tunisie aux Tunisiens». Ils réclamaient l’expulsion des migrants subsahariens présents dans le pays et dénonçaient les associations qui les assistent et défendent leurs droits. (Photo : La banderole tenue par des enfants appelle à l’expulsion des migrants subsahariens de tout le territoire tunisien).

Latif Belhedi

La manifestation, qui a été relayée dans de courtes vidéos sur plusieurs plateformes de médias sociaux arabophones, a aussi été organisée pour s’opposer aux programmes de «réinstallation» de ces migrants dont il est de plus en plus question dans certains cercles européens qui cherchent à profiter de la vulnérabilité actuelle du pays pour y implanter des sortes de camps de rétention de migrants irréguliers en attente d’examen de leurs demandes d’asile en Europe.

La mobilisation s’est principalement développée en ligne, sans structure formelle identifiable. Les jours précédents, plusieurs publications Facebook avaient appelé à se rassembler devant le gouvernorat de Tunis avec des slogans et des hashtags tels que «Non à la naturalisation des Africains», «Oui à l’expulsion» et des appels à la «tunisification» du secteur associatif, soupçonné de servir des intérêts de bailleurs de fonds étrangers.

Rejet de toute «réinstallation déguisée» de migrants

Cet événement survient dans un contexte de durcissement du discours public tunisien sur la question migratoire. Le 24 mars, la Tunisie a réaffirmé à Genève son rejet de toute «réinstallation déguisée» de migrants en situation irrégulière, tandis que le ministre des Affaires étrangères, Mohamed Ali Nafti, en visite à Berlin le 25 mars, a réaffirmé la position de la Tunisie en faveur du retour volontaire, de la lutte contre les réseaux criminels et, parallèlement, du renforcement des voies de migration légale vers l’Europe.

D’après les données officielles publiées en mars, plus de 21 000 migrants subsahariens ont bénéficié du programme de retour volontaire ces quatre dernières années, dont 1 262 depuis début 2026, l’objectif affiché étant de 10 000 retours d’ici la fin de l’année. Par ailleurs, le 25 mars, un nouveau vol charter a ramené 97 migrants en Guinée.

Sur le plan politique, le discours tenu lors de la manifestation de samedi s’inscrit dans le droit fil des déclarations faites par le président Kaïs Saïed en février 2023, à propos d’un «plan criminel» visant à modifier la composition démographique de la Tunisie, assimilant l’immigration irrégulière à une menace pour l’identité et la sécurité du pays. Depuis, la question s’est fermement ancrée dans le débat public et parlementaire. Ces dernières semaines, des propositions visant à durcir le code de la nationalité et à renforcer les mécanismes d’expulsion ont également refait surface, invoquant la protection de la souveraineté nationale et de la paix sociale.

Les manifestants ont ciblé non seulement les migrants, mais aussi le décret législatif n° 88 de 2011 relatif aux associations, dont ils exigent l’abrogation.

La société civile vouée à la vindicte populaire

Ce mouvement est significatif car il intervient dans un contexte de fortes pressions exercées par les autorités sur les organisations de la société civile et les défenseurs des droits humains. Le contraste est d’autant plus frappant que la Tunisie dispose depuis 2018 d’une loi exhaustive contre toutes les formes de discrimination raciale, tandis que plusieurs organisations de défense des droits humains dénoncent depuis longtemps la complicité de militants et d’associations dans un prétendu projet de «grand remplacement», thématique chère aux militants d’extrême droite européens farouchement opposés à l’immigration.

Dans l’ensemble, la manifestation de Tunis, bien que peu nombreuse, a eu une portée politique significative, confirmant que la question migratoire demeure un facteur majeur de polarisation en Tunisie, au carrefour d’une souveraineté mis à mal par des pressions européennes, les exigences de la sécurité intérieure et les appels au respect des droits humains émanant des Ong nationales et internationales.

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Football | L’Espérance demande des arbitres étrangers pour son match contre l’Etoile à Sousse

31. März 2026 um 11:53

Dans un communiqué publié ce mardi 31 mars 2026, l’Espérance de Tunis informe ses supporters et la communauté sportive qu’elle a officiellement demandé à la Fédération tunisienne de football, au bureau directeur de l’Étoile du Sahel et à la Direction nationale de l’arbitrage la désignation d’une équipe arbitrale européenne complète pour la rencontre entre les deux équipes, prévue le samedi 4 avril au Stade de Sousse.

L’Espérance soutient donc la demande de l’Étoile auprès de la FTF concernant la désignation d’une équipe arbitrale européenne complète, comprenant à la fois les arbitres de terrain et les arbitres assistants vidéo (VAR).

L’Espérance a également annoncé dans le même communiqué sa volonté de prendre en charge 50 % des frais liés à la venue de cette équipe arbitrale, après que la FTF a informé l’Étoile que le coût de cette venue était estimé à 50 000 dinars tunisiens.

«Cette position s’inscrit dans l’engagement de l’Espérance de Tunis à garantir des matchs disputés dans un climat sportif sain et avec un haut niveau de compétitivité, assurant ainsi l’égalité des chances et servant au mieux les intérêts du football tunisien», lit-on dans le communiqué.

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