Le délégué régional au développement agricole de Tataouine, gouvernorat situé dans le sud-ouest de la Tunisie, Mongi Chniter, a confirmé à Mosaique FM qu’un atelier de sensibilisation à l’invasion de criquets pèlerins s’était tenu au sein du département régional de la vulgarisation et de la production agricoles.
Cet atelier visait à mieux préparer les acteurs locaux du secteur à la lutte contre cette invasion, qui pourrait potentiellement atteindre la Tunisie prochainement si les conditions météorologiques sont favorables.
Tout en soulignant l’importance cruciale de s’attaquer à ce problème pour préserver le niveau de la production agricole au terme d’une saison hivernale plutôt pluvieuse, le délégué a ajouté que la session avait porté sur la situation actuelle des essaims de criquets pèlerins en Afrique du Nord, notamment au Maroc, ainsi que sur une évaluation complète des ressources et des capacités disponibles pour lutter contre ce ravageur.
Cette évaluation a concerné à la fois l’atelier central de la délégation et les ateliers organisés dans les différentes unités de vulgarisation agricole du gouvernorat. L’objectif est de remédier aux éventuelles lacunes et d’assurer une répartition efficace des tâches et des rôles, garantissant ainsi des interventions de qualité et un suivi continu.
L’Espérance de Tunis ne doit pas crier trop vite victoire face aux difficultés actuelles d’Al Ahly du Caire, que les Sang et Or rencontreront dimanche prochain, 15 mars 2026, au Stade Hammadi Agrebi de Radès, en match aller des quarts de finale de la Ligue des champions d’Afrique. Car le club égyptien n’est jamais aussi redoutable que lorsqu’il a dos au mur et son adversaire tunisois n’est pas, lui non plus, actuellement, au top de sa forme.
Des sources médiatiques égyptiennes ont rapporté, lundi 9 mars, que la direction d’Al Ahly va prendre plusieurs décisions suite à la défaite du club 1-2 contre Tala’ea El Gaish en Premier League égyptienne.
Le site Kora Plus a indiqué que la direction d’Al Ahly, qui est actuellement classé 3e au championnat d’Egypte, envisagerait de geler les salaires des joueurs après cette défaite et qu’une réunion avec l’entraîneur Yves Torup,est prévue, sans toutefois préciser le contenu ni les détails de cette rencontre.
Le site FilGoal, citant une source interne à Al Ahly, a indiqué qu’il était extrêmement difficile de licencier l’entraîneur danois actuellement en raison d’une clause pénale dans son contrat. Cette clause stipule qu’il percevrait l’intégralité de son salaire jusqu’à la fin de son contrat s’il est licencié en cours de saison.
Le même site web a ajouté que le président du club, Mahmoud El Khatib, rencontrera l’entraîneur et l’ensemble du staff technique et administratif afin de discuter des raisons des récents mauvais résultats de l’équipe.
Lors de la conférence de presse d’après-match contre Tala’ea El Gaish, Yves Torup a déclaré assumer l’entière responsabilité de la défaite et qu’il continuerait à défendre ses joueurs jusqu’à la fin de son mandat à Al Ahly.
Parallèlement, les supporters d’Al Ahly présents au stade lors du match contre Tala’ea El Gaish ont scandé des slogans réclamant des sanctions sévères contre les joueurs et le staff technique, d’autant plus qu’Al Ahly se prépare à affronter son adversaire de toujours en Afrique, l’Espérance de Tunis, qui, sauf changement de dernière minute, devra jouer le match retour en l’absence des supporters d’Al Ahly, sanctionnés par la Confédération africaine de football (CAF). Et face à Al Ahly, cela n’a jamais constitué un avantage.
L’application Najda.tn est une plateforme tunisienne innovante de télémédecine, généralisée depuis août 2025, conçue pour optimiser la prise en charge des infarctus du myocarde. Elle permet la transmission en temps réel de données médicales (ECG, paramètres) entre urgentistes, Samu et cardiologues, facilitant une intervention rapide.
Le Dr Sami Milouchi, chef du service de cardiologie du CHU de Médenine, a confirmé que cette application a sauvé la vie d’au moins 2 000 patients victimes d’infarctus depuis son déploiement il y a 6 mois, dont environ 300 dans le seul gouvernorat de Médenine.
Le Dr Milouchi a expliqué que l’application fonctionne en saisissant numériquement les données médicales du patient dès son arrivée aux urgences. Ces données sont ensuite immédiatement transmises au laboratoire de cathétérisme le plus proche ou au Service d’assistance médicale urgente (Samu), permettant ainsi au médecin de garde d’intervenir au plus vite, que ce soit par cathétérisme thérapeutique ou par administration de médicaments appropriés. L’évaluation a prouvé l’efficacité de ce dispositif numérique, permettant à environ 90 % des patients de bénéficier d’un traitement rapide en salle de cathétérisme et d’éviter les complications liées aux infarctus, a souligné Dr Milouchi, tout en rappelant que des études menées en 2014 avaient montré que seulement 30 % des personnes souffrant d’infarctus ou d’angine de poitrine pouvaient alors subir un cathétérisme.
Dr Milouchi a indiqué que la prochaine étape vise à rendre l’application accessible directement aux patients et aux citoyens depuis leur domicile, selon des normes scientifiques rigoureuses. Ceci permettra de gagner le temps nécessaire à une intervention médicale rapide en cas d’infarctus.
Cette proposition est actuellement examinée par le ministère de la Santé, qui a lancé cette plateforme le 17 mai 2025, initialement dans les gouvernorats de Médenine, Tataouine, Kébili et Tozeur, avant de l’étendre à l’ensemble du pays en août de la même année, dans le cadre de la numérisation de la prise en charge des urgences cardiaques.
La plateforme a été développée en partenariat par le ministère de la Santé, la Société tunisienne de cardiologie et de chirurgie cardiovasculaire et l’Autorité nationale d’évaluation et d’accréditation du secteur de la santé.
Le projet prévoit la fourniture d’équipements numériques modernes aux services de cardiologie et d’urgences, ainsi qu’aux ambulances du Samu, et la formation du personnel médical à leur utilisation, afin d’accélérer l’accès des patients aux soins et à contribuer à sauver un maximum de vies.
Des agents de la Sous-direction des enquêtes économiques et financières du département de la police judiciaire d’El Gorjani ont interpellé un des chefs les plus dangereux de la Camorra, recherché par la justice italienne et figurant sur la liste rouge d’Interpol.
Le suspect a été appréhendé dans un quartier de Sousse, selon une source sécuritaire citée par Diwan FM, qui n’a pas révélé l’identité du prévenu.
La Camorra est une organisation mafieuse italienne clanique implantée essentiellement à Naples et en Campanie.
Apparue au début du XIXe siècle, la Camorra est la plus vieille organisation criminelle d’Italie. Au début du XXIe siècle, suivant les sources, le nombre total de ses membres oscille entre 4 500 et 7 000, organisés autour d’une centaine de familles ou clans. Et son chiffre d’affaires annuel est évalué dans une fourchette comprise entre 3,8 et 12,5 milliards d’euros.
La Société nationale de transport interurbain (SNTRI) a annoncé mardi 10 mars 2026, dans un communiqué, que deux nouvelles liaisons internationales seront lancées entre la Tunisie et l’Algérie, a rapporté Diwan FM.
La ligne Tunis-Alger effectuera son premier voyage le jeudi 12 mars 2026, en passant par El Kef, Tajerouine, Kalaat Senan, Constantine, Sétif et Bordj Bou Arreridj.
La fréquence des voyages est de deux par semaine, selon le calendrier suivant :
– deux départs de la gare de Bab Alioua les jeudis et samedis à 20h00 ;
– deux retours d’Alger les jeudis et samedis à 20h00.
La ligne Tunis-Annaba : effectuera son premier voyage le vendredi 13 mars et passera par Béja, Jendouba, Aïn Draham, Bouchebka, El Ayoun, El Kala (El Tarf), Aïn El Assel et Ben Mehdi. La fréquence hebdomadaire est comme suit :
– quatre départs de la gare routière de Bab Saadoun les jeudis, vendredis, samedis et dimanches à 7h00 ;
– quatre retours d’Annaba les jeudis, vendredis, samedis et dimanches à 7h00.
La SNTRI insiste sur la nécessité de réserver à l’avance aux gares routières de Bab Saadoun et de Bab Alioua ou auprès de ses agences, et exige la présentation d’un passeport en cours de validité.
La Commission des finances et du budget s’est réunie, lundi 9 mars 2026, avec le ministre des Transports, Rachid Amri, et la délégation l’accompagnant afin d’examiner un projet de loi portant approbation d’un accord de prêt entre la Tunisie et le Fonds arabe pour le développement économique et social (Fades). Ce prêt, d’un montant de 16 millions de dinars koweïtiens, soit 153 millions de dinars tunisiens, à un taux d’intérêt annuel de 3,75 %, remboursable sur 30 ans, contribuera au financement du projet de rénovation et de modernisation des lignes ferroviaires utilisées pour le transport du phosphate.
Le ministère des Transports a expliqué devant la commission que le prêt servirait à financer l’achèvement de la ligne 21 longue de 129 kilomètres, et située dans les gouvernorats de Gabès et de Gafsa.
Cette ligne fait partie d’un projet plus vaste de 190,5 kilomètres, d’un coût de 500 millions de dinars tunisiens, qui comprend également d’autres lignes à Sfax, Gabès et Gafsa.
Le ministre des Transports a qualifié le réseau ferroviaire national, qui compte 25 lignes, d’obsolète et nécessitant une modernisation urgente. Il a souligné que la ligne la plus récente datait des années 1980, notamment la ligne de phosphate de 435 kilomètres, dont les tronçons les plus importants relient Gafsa, Gabès et Sfax. Il a précisé que 190 kilomètres de cette ligne n’avaient pas été entretenus depuis des années et que ces 190 km étaient considérés comme prioritaires dans le projet de modernisation.
Suite à l’audition du ministre, le président de la commission des Finances, Maher Ktari, a déclaré que le projet de loi présenté par le ministère constitue le troisième d’un projet intégré d’une valeur totale d’environ 155 millions de dollars, destiné à la réhabilitation des voies ferrées pour le transport du phosphate, qui n’ont pas été rénovées depuis plus de dix ans.
Ktari, cité par Mosaïque, a souligné que le transport ferroviaire du phosphate vise à préserver la Société nationale des chemins de fer tunisiens (SNCFT), pour laquelle le transport du phosphate représente 40 % de son chiffre d’affaires.
Le projet de pipeline de phosphate enterré ?
Un précédent programme du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, datant de 2023, prévoyait la mise en œuvre d’un projet de pipeline de phosphate d’un coût de 1,1 milliard de dinars. Cette méthode est déjà adoptée dans plusieurs pays, dont le Maroc, notamment en raison de la hausse des prix de ce minerai, a indiqué Ktari, ajoutant que ses coûts doivent être réduits pour en garantir la rentabilité et la compétitivité.
Cinq banques avaient déjà exprimé leur volonté de financer ce projet en partenariat avec l’État, a aussi rappelé le député, considérant qu’il est nécessaire de procéder par étapes à l’adoption de technologies alternatives pour le transport ferroviaire du phosphate afin de garantir 10 milliards de dinars de bénéfices capables de couvrir le déficit budgétaire, selon ses termes.
La commission administrative de l’enseignement secondaire relevant de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a approuvé une grève présentielle de protestation le mardi 7 avril 2026, qui sera accompagnée de mouvements de protestation devant les directions régionales de l’éducation, selon une déclaration faite lundi 9 mars 2026 par le secrétaire général de la Fédération générale de l’enseignement secondaire, Mohamed Safi, à Diwan FM.
Le syndicat fixera également la date d’un sit-in au niveau central et tiendra une conférence de presse, dont l’heure et le lieu seront précisés ultérieurement, a ajouté M. Safi.
Ces mesures annoncées font suite à la réunion de l’instance administrative, le samedi 7 mars, pour évaluer les grèves régionales qui se sont déroulées les 16, 17 et 18 février. L’instance a considéré ces grèves comme concluantes et a condamné la position du ministère, qui bafoue le droit syndical et contourne les accords conclus.
M. Safi a, par ailleurs, affirmé que le syndicat reste ouvert à toutes les actions possibles et à tous les moyens de protestation disponibles.
«Toutes les options sont envisagées, y compris le boycott des examens, compte tenu de la colère grandissante du personnel enseignant», a indiqué le secrétaire général de la Fédération générale de l’enseignement secondaire, tout en réaffirmant que le syndicat est conscient de la situation actuelle dans le pays et reste ouvert au dialogue, mais que cela ne l’empêcherait pas de prendre les mesures nécessaires pour obtenir la satisfaction des revendications que l’autorité de tutelle a, selon ses termes, «contournées», rapporte Diwan FM.
L’Ordre national des avocats de Tunisie (Onat) a appelé les autorités publiques à cesser d’instrumentaliser les procédures fiscales et judiciaires pour exercer des pressions sur les avocats.
Dans un communiqué publié lundi 9 mars 2026 par son conseil, l’Ordre explique que cet appel fait suite à la saisine des tribunaux d’un cabinet d’avocats dans le cadre d’une affaire fiscale. Le communiqué précise que l’affaire a été requalifiée en affaire pénale et que des mesures conservatoires ont été prises, notamment le gel du compte professionnel du cabinet.
Le barreau a rejeté l’engagement de poursuites judiciaires extrêmes contre les avocats avant la fin des enquêtes initiales, réaffirmant son soutien aux avocats concernés dans la défense de leur réputation et de leur droit d’exercer leur profession.
Par ailleurs, le barreau a appelé les médias à respecter les règles de déontologie et d’impartialité, les exhortant à ne pas instrumentaliser le cours de la procédure judiciaire dans des campagnes médiatiques qui violent la présomption d’innocence et le droit au respect de la vie privée.
Une guerre à large échelle, sans perspective de fin et très coûteuse. Alors que les États-Unis ne veulent montrer aucun signe de faiblesse et imposent toujours l’image du dominateur invincible, le Pentagone et le complexe militaro-industriel américain se débattent pour répondre aux besoins bellicistes de l’administration Trump mais rien ne garantit qu’ils pourront surmonter les contraintes auxquelles ils sont confrontés.(Photo: Des incendies et de la fumée se sont élevés mercredi après l’interception d’un drone près d’une zone pétrolière à Fujairah, aux Émirats arabes unis. Amr Alfiky/Reuters).
Imed Bahri
Dans le Wall Street Journal, Marcus Weisgerber et Drew FitzGerald affirment, en citant des sources proches du dossier, que des responsables du Pentagone travaillent sur des plans de remplacement des munitions américaines utilisées jusque-là dans la guerre contre l’Iran et ce, dans le cadre des efforts déployés par l’administration Trump pour accroître considérablement la production annuelle de missiles.
Des membres du Congrès ainsi que des représentants de l’industrie de la défense s’attendent à ce que le Pentagone soumette une demande de financement pour couvrir les coûts liés à la guerre. Ce nouveau financement permettrait l’acquisition de systèmes de missiles Patriot, Tomahawk et Thaad, largement utilisés depuis le début des frappes américaines et israéliennes, ont indiqué les sources du WSJ.
Financer une guerre sans perspective de fin
Les récents combats au Moyen-Orient ont réduit les stocks de certaines de ces armes, ce qui représente un nouveau défi pour le ministère de la Guerre qui doit trouver des solutions pour financer une guerre sans perspective de fin. Le ministère doit également faire face à une industrie de la défense déjà sous pression pour répondre à la demande actuelle et contrer les menaces potentielles de la Chine.
Le président Trump a envisagé un budget beaucoup plus important pour les munitions et d’autres priorités du ministère de la Guerre. En janvier, il s’est engagé à ce que le prochain budget de la défense atteigne 1 500 milliards de dollars, soit une augmentation de près de 500 milliards par rapport au niveau actuel.
La porte-parole de la Maison-Blanche, Carolyn Leavitt, a déclaré : «L’armée américaine dispose de munitions, d’équipements et de stocks largement suffisants pour atteindre les objectifs de l’opération Epic Fury fixés par le président Trump et même davantage!» Elle a ajouté que le président «continuera d’exhorter les entreprises de défense à accélérer la production d’armes de fabrication américaine, les meilleures au monde».
Un porte-parole du département de la Guerre a, pour sa part, refusé de commenter et a renvoyé les questions concernant la demande de dépenses au Bureau de la gestion et du budget de la Maison-Blanche.
Les grands fabricants d’armes sous pression
Des responsables de l’administration Trump ont passé des mois à faire pression sur les principaux groupes de défense comme Lockheed Martin et RTX pour qu’ils triplent, voire quadruplent, leur production annuelle de missiles de pointe.
L’année dernière, le Pentagone a lancé une initiative visant à accélérer la production de missiles et d’autres équipements afin de renforcer les stocks nationaux limités. En juin, des responsables ont convoqué plus d’une douzaine de grands fabricants d’armes pour les inciter à investir rapidement dans l’augmentation de la production.
Le secrétaire adjoint à la Défense, Steve Feinberg, s’est également entretenu chaque semaine avec certains PDG de ces entreprises pendant plusieurs mois afin de réaffirmer ce message.
Les dirigeants ont répondu par de nouveaux investissements, tout en soulignant que l’augmentation de la production ne se résume pas à la construction de nouvelles usines, car les hausses nécessaires dépendent également des petits sous-traitants de la chaîne d’approvisionnement.
Michael Duffey, principal responsable au Pentagone des acquisitions de missiles et d’autres armements, a déclaré mercredi lors d’une audition à la Chambre des représentants : «Nous travaillons sur ce problème d’approvisionnement en munitions depuis longtemps, même avant ce conflit. Connaître le volume de nos stocks ne me fera pas gagner du temps. Nous travaillons aussi vite que possible».
Les quatre premiers jours de frappes contre l’Iran auraient coûté environ 11 milliards de dollars, selon une analyse d’Elaine McCusker, ancienne haute responsable du budget du Pentagone lors de la première administration Trump.
Le coût estimé de l’opération Epic Fury comprend le déploiement de plus de 12 navires et 100 avions au Moyen-Orient depuis des bases situées aux États-Unis et en Europe depuis fin décembre.
McCusker a déclaré que le Pentagone avait probablement déployé pour 5,7 milliards de dollars de missiles intercepteurs afin d’abattre les missiles balistiques et les drones iraniens, en plus de 3,4 milliards de dollars pour des bombes et d’autres types de missiles.
Cette estimation ne tient pas compte des salaires des troupes, de leur formation ni de l’utilisation des ressources nationales déployées dans la région.
De hauts responsables gouvernementaux ont reconnu que le conflit avec l’Iran mettait à rude épreuve les ressources. Des armes essentielles, telles que les missiles intercepteurs utilisées pour abattre les missiles.
Dans une publication sur les réseaux sociaux lundi, Trump a affirmé que les stocks américains d’armes de moyenne et haute puissance étaient «pratiquement illimités», tout en reconnaissant que les équipements les plus coûteux étaient très demandés.
«Au plus haut niveau, nous disposons de bons approvisionnements mais nous n’avons pas encore atteint le niveau souhaité», a-t-il écrit.
Forte augmentation des dépenses militaires
Fin 2019, les responsables du Pentagone ont demandé au Congrès un financement supplémentaire de 28 milliards de dollars pour financer de futurs contrats d’armement.
Cependant, la commission des crédits de la Chambre des représentants, frustrée par cette demande tardive, n’a approuvé qu’environ 8 milliards de dollars de ce financement supplémentaire, laissant un déficit d’environ 20 milliards de dollars.
Cette situation pose problème aux entreprises de défense, dont certaines se sont engagées à augmenter leur production de missiles au cours des sept prochaines années. Or, les dirigeants affirment que leurs plans d’investissement nécessitent la confirmation de contrats du Pentagone pour être mis en œuvre.
Une augmentation des dépenses militaires pourrait s’avérer nécessaire pour atteindre les objectifs du président, notamment le développement du système de défense antimissile Golden Dome et la construction d’une nouvelle flotte de navires de guerre.
Toutefois, une augmentation des dépenses pourrait se heurter à l’opposition de certains parlementaires, surtout si les démocrates remportent la majorité à la Chambre des représentants lors des élections de novembre. À eux seuls, les fonds ne suffiront peut-être pas à résoudre les autres problèmes immédiats liés au réapprovisionnement des stocks de munitions.
«Tant qu’ils continueront à lancer des missiles, nous devrons continuer à les intercepter», a déclaré Tom Karako, expert en missiles au Center for Strategic and International Studies (CSIS) basé à Washington avant d’ajouter : «Nous devons mettre fin à cette guerre au plus vite».
Dans un Maghreb déjà aride et de plus en plus assoiffé, l’eau n’est plus simplement une ressource : elle devient un révélateur des fragilités communes, un marqueur de tensions, et peut — si un choix collectif s’opère — devenir le point de départ d’une nouvelle ère de coopération écologique. L’auteur explore les enjeux de la crise hydrique au Maghreb, en mettant en lumière la nécessité de restaurer les petits cycles de l’eau, de valoriser les eaux usées, de réaménager le territoire et d’adopter des pratiques de captation des pluies dans un cadre intégré. Il combine analyse écologique, technique et socioculturelle, et propose des solutions concrètes pour renforcer la souveraineté hydrique et la résilience des territoires sahariens.(Photo : corvée de l’eau dans la campagne tunisienne).
El Habib Ben Amara *
Dans le Sud-Ouest algérien, là où les reliefs de l’Atlas saharien rencontrent les vastes étendues désertiques, l’eau a longtemps été l’élément structurant des territoires, des systèmes oasiens et de l’occupation humaine.
Aujourd’hui, ces équilibres sont profondément perturbés par les changements climatiques : raréfaction des précipitations, irrégularité des saisons, épisodes de sécheresse prolongée suivis de crues soudaines.
Ces phénomènes affectent l’ensemble du Maghreb, et une observation soutenue du sud-ouest algérien a permis de noter que les oueds alimentant Béchar, Kenadsa ou Abadla connaissent des écoulements de plus en plus irréguliers, révélant un cycle hydrologique sous pression.
La modification des écoulements naturels en amont, notamment sur le versant marocain du Haut Atlas, a fragilisé un équilibre déjà précaire. Le barrage de Jorf Torba en fournit un exemple frappant : resté presque vide pendant deux années consécutives, il s’est rempli de manière spectaculaire lors des crues exceptionnelles de 2024. Les pluies de cette année encore nous confirment que ce n’est pas seulement la pluie qui manque, mais la capacité du territoire à retenir et valoriser l’eau disponible.
Restaurer les petits cycles de l’eau : la clé de la résilience
Autrefois, les terres vivaient grâce à un cycle local finement régulé : infiltration lente, recharge progressive des nappes, humidité du sol maintenant la végétation et les microclimats.
Aujourd’hui, ce cycle est rompu : les sols, appauvris et fragilisés, retiennent peu l’eau. L’urbanisation effrénée et l’imperméabilisation généralisée des territoires aggravent le problème, si bien que les pluies ruissellent sans s’infiltrer. La végétation recule, et les conditions arides se renforcent progressivement. Restaurer ces petits cycles de l’eau, devient une priorité absolue pour stabiliser les écosystèmes, renforcer la sécurité hydrique et lutter contre la désertification.
Trois leviers pour une stratégie nationale de souveraineté hydrique
Valoriser les eaux usées par la phytoépuration : dans les régions arides, les eaux usées domestiques représentent une ressource hydrique à part entière.
La phytoépuration, technologie naturelle utilisant des plantes filtrantes, permet de réduire la pression sur les nappes, d’irriguer une agriculture de proximité, de reverdir des espaces dégradés et de créer de véritables îlots de fraîcheur. Simple, peu coûteuse et robuste, cette solution est parfaitement adaptée aux zones sahariennes et rurales.
Réaménager le territoire pour qu’aucune goutte ne se perde : la résilience hydrique ne repose pas uniquement sur les grands barrages : elle s’appuie également sur une série de micro-aménagements tels que les puits d’infiltration, les diguettes en pierre, les micro-barrages, les bassins de rétention naturels, les zones d’infiltration et les mares temporaires, ainsi que sur les techniques de recharge artificielle des nappes.
Ces dispositifs restaurent les sols, reconstituent l’humidité locale et ramènent la vie dans les paysages. L’absence d’entretien du barrage de Jorf Torba montre à quel point la gestion fine des infrastructures est essentielle.
Envisager l’ensemencement des nuages comme levier complémentaire : l’ensemencement des nuages, déjà utilisé dans des pays arides (Arabie Saoudite, Émirats, Chine), peut optimiser les précipitations.
Le Maghreb bénéficie d’un vaste territoire alliant montagnes et zones sahariennes, de couloirs atmosphériques favorables, ainsi que d’une infrastructure de barrages capable de stocker d’importants volumes d’eau.
Intégré dans un plan national coordonné, ce dispositif pourrait renforcer la sécurité hydrique, à condition de l’accompagner d’une gestion intelligente des bassins et de leur entretien.
La récupération des eaux pluviales : un changement culturel
La crise hydrique est également culturelle. La résilience dépend de notre capacité à considérer chaque toit, chaque rue, chaque édifice comme une surface de captation de l’eau.
Un symbole fort : le jour où les eaux de pluie tombant sur les terrasses des mosquées seront récupérées plutôt que dirigées vers les égouts, un cap civilisationnel aura été franchi.
Même les eaux des ablutions, une fois traitées simplement, peuvent servir à irriguer les jardins, alimenter les arbres d’ombrage et soutenir des circuits urbains économes en eau. La souveraineté hydrique commence par retenir l’eau là où elle tombe.
Réanimer les territoires : une stratégie intégrée
Pour préserver durablement les zones sahariennes et pré-sahariennes, il faut agir sur plusieurs fronts. Il s’agit de restaurer les sols dégradés, de revitaliser les systèmes oasiens et de réhabiliter les foggaras et khettaras. La captation locale de l’eau et la diffusion lente de l’humidité sont tout aussi essentielles.
Cette démarche ne peut réussir qu’avec une collaboration étroite entre institutions, scientifiques, collectivités et communautés locales. Elle combine aspects écologiques, techniques, politiques et civilisationnels pour redonner vie et fonctionnalité à des territoires fragilisés.
Reconstruire la pluie, pas seulement l’attendre
Face au changement climatique, il ne s’agit plus de subir les sécheresses, mais de recréer les conditions naturelles pour que l’eau revienne, s’infiltre et fasse revivre les écosystèmes.
Le Maghreb possède les compétences, le territoire et les technologies pour devenir un modèle régional de régénération hydrique.
Le reverdissement progressif du Sahara, la renaissance des oasis et la souveraineté hydrique ne relèvent pas de l’utopie, mais d’une vision stratégique fondée sur un principe simple : faire en sorte que chaque goutte compte.
Le Maghreb peut encore choisir la Paix Verte.
* Chercheur d’eau en milieu aride. Traducteur du livre « The New Water Paradigm » de Michal Kravcick et al, français et arabe.
Un dealer, qui a été arrêté à la Marsa (banlieue nord de Tunis) pour trafic de cannabis et de cocaïne, a été condamné à une peine de 35 ans de prison ferme
La chambre criminelle près le tribunal de première instance de Tunis l’a jugé coupable d’appartenance à un réseau de trafic de drogues, sachant que lors de son interpellation chez lui à La Marsa, il était en possession de 28 plaquettes de cannabis ainsi que d’une quantité de cocaïne.
On notera que le dealer est également suspecté de trafic aux alentours d’établissements scolaires et que des complices font l’objet de mandats de recherche.
Sous l’égide du ministère des Affaires culturelles, le Centre national des arts de la marionnette lance sa nouvelle manifestation intitulée « Ponts de Marionnettes ».
Cet événement promet de transformer la marionnette en un véritable ambassadeur de la joie et du lien social. Plus qu’une simple série de spectacles, cette initiative possède une profonde résonance humaine : elle présente la marionnette comme un messager d’espoir et une voix pour l’amour.
Adoptant une approche de proximité, l’événement va à la rencontre du public là où le besoin de réconfort est le plus présent. Durant cinq jours, des troupes spécialisées sillonneront divers établissements sociaux et éducatifs pour proposer des ateliers et des spectacles interactifs :
Dans les hôpitaux : pour offrir une parenthèse enchantée aux enfants malades ;
Dans les maisons de retraite : pour briser la solitude de nos aînés ;
Auprès des personnes en situation de handicap : pour favoriser l’expression et l’épanouissement sensoriel ;
En milieu scolaire : pour sensibiliser les élèves à cet art tout en renforçant les valeurs d’empathie.
Lancée ce lundi 9 mars, l’opération « Ponts de Marionnettes » se poursuivra jusqu’au 13 mars 2026.
Suite à l’arrestation, en Tunisie, de six membres de la flottille Al Soumoud, plusieurs associations ont appelé à leur libération
Celles-ci ont appelé à l’arrêt de toutes les poursuites judiciaires engagées à l’encontre des membres de la flottille Al Soumoud au respect des libertés fondamentales et de l’État de droit.
« La privation de liberté doit rester une mesure exceptionnelle, strictement nécessaire, proportionnée et encadrée par toutes les garanties d’un procès équitable », indique de son côté le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme (CRLDHT)
Pour les associations et organisations, l’ouverture de l’enquête ne justifie automatiquement l’incarcération « de militantes et de militants qui ne représentent aucun danger pour la société ou l’ordre public », réclamant par ailleurs le droit à un procès équitable.
Pour rappel, Wael Naouar et son épouse Jawaher Channa, Nabil Chennoufi, Amine Bennour, Sana Msahli, Ghassen Henchiri ont été arrêtés dans le cadre d’une enquête visant la flottille Al-Soumoud a été ouverte par le Parquet du Pôle judiciaire économique et financier.
Un accident de la route a endeuillé la région de Kairouan ce lundi 9 mars 2026 avec un lourd bilan de deux morts et trois blessés, tous membres d’une même famille.
L’accident s’est produit sur la Route Nationale n°2, reliant les délégations de Kairouan à celle de Bouhajla, au niveau de la localité de Raies.
Selon les premières informations, une collision frontale a opposé deux véhicules, tuant sur le coup un père et son fils et faisant trois blessés : La mère, dont l’état est jugé critique, ainsi que deux autres enfants souffrant de blessures plus légères.
Les équipes de la Protection Civile et du SAMU se sont rapidement dépêchées sur les lieux et ont évacués les blessés qui ont été pris en charge à l’hôpital local avant d’être transférées vers l’hôpital régional des Aghlabides à Kairouan.
L’Institut national de la météorologie (INM) a émis un bulletin ce lundi 9 mars 2026, annonçant des perturbations météorologiques.
Selon les prévisions de l’INM, la situation météorologique sera marquée, à partir de cette nuit par l’arrivée de pluies éparses et temporairement orageuses. Ces précipitations débuteront par les régions de l’Est avant de s’étendre progressivement au reste du pays.
La vigilance est de mise, sachant que les pluies seront parfois intenses, ciblant en priorité les gouvernorats de Zaghouan, de Siliana, et du Kef, puis se déplaceront vers le centre et le sud, touchant également les régions de Gafsa, Sidi Bouzid, Sfax et Gabès.
L’INM prévoit des quantités de pluie oscillant entre 20 et 40 millimètres.
L’Assemblée des représentants du peuple (ARP) a annoncé le décès de Salah Mbarki, député de la circonscription de Kabaria, relevant du gouvernorat de Tunis.
Membre du bloc parlementaire Al Amana Wal Amal, Salah Mbarki qui est décédé ce lundi 9 mars 2023, avait présidé la séance inaugurale de l’Assemblée des représentants du peuple en mars 2023, en sa qualité de doyen parmi les députés.
Dans sa note, l’ATP a présenté ses condoléances à la famille, aux proches et aux collègues de Salah Mbarki, sachant que des hommages lui ont été rendus sur la toile par plusieurs députés et militants.
Dans un communiqué publié le 6 mars 2026 à Paris, le Comité pour le respect des droits et des libertés en Tunisie (CRLDHT) exprime sa vive préoccupation face aux arrestations qui ont visé plusieurs participants à l’initiative de la «Flottille Global Sumud», dont l’objectif était de briser le blocus imposé à la bande de Gaza.
«Ces arrestations interviennent dans un contexte suscitant des inquiétudes croissantes quant au recours de plus en plus fréquent à la détention et à l’emprisonnement dans des affaires liées à l’engagement civique et à l’expression de positions politiques et humanitaires», indique l’Ong, qui rappelle que «la privation de liberté doit demeurer une mesure exceptionnelle, qui ne peut être utilisée que lorsqu’elle est strictement nécessaire et proportionnée, dans le respect des garanties fondamentales d’un procès équitable et des droits individuels.» Elle ajoute : «L’ouverture d’une enquête ou l’existence de soupçons ne sauraient justifier automatiquement l’incarcération de personnes, en particulier lorsqu’il s’agit d’acteurs de la société civile ne représentant aucun danger pour la société ou pour l’ordre public.»
Le CRLDHT souligne en outre que la cause palestinienne constitue une question de principe et un consensus historique au sein du peuple tunisien, et qu’elle ne saurait faire l’objet de poursuites ou de sanctions.
«Depuis 1948, la solidarité avec le peuple palestinien fait partie intégrante de la conscience collective tunisienne et de l’engagement constant des Tunisiens en faveur des valeurs de justice, de liberté et de refus de l’oppression», note l’Ong, ajoutant que «l’expression de cette solidarité ou la participation à des initiatives pacifiques en ce sens relève donc de l’exercice légitime des libertés publiques.»
L’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) organise une «Soirée ramadanesque pour la liberté de l’activiste et défenseure des droits humains Saadia Mosbah» le mardi 10 mars 2026 à 20h30 au Centre Dr. Ahlem Belhaj d’écoute et d’accompagnement des femmes victimes de violence, sis au 112 avenue de la Liberté, à Tunis.
Cet événement de solidarité coïncide avec les audiences de l’affaire Saadia Mosbah. La Cour de cassation examinera le cas de l’association Mnemti que préside la militante contre le racisme, qui aura le même jour, tandis que le Tribunal de première instance de Tunis examinera l’affaire de Saadia le 12 mars.
Le programme comprend des interventions d’Inès Chihaoui, coordinatrice du comité anti-violence de l’association ; Fares Gueblaoui, fils de Saadia Mosbah ; Zied Rouine, militant des droits humains; Me Ibtissem Jebabli, avocate et défenseure des droits humains ; et Me Monia El Abed, avocate représentant l’ATFD.
Pour rappel Saadia Mosbah a été arrêtée et placée en détention en mai 2024 pour blanchiment d’argent, accusation qu’elle rejette totalement tout en criant son innocence. Elle bénéficie par ailleurs d’un soutien au sein de la société civile et des appels ont été lancés pour la faire libérer.
À Salammbô, au 6 rue Sotusas, dans la banlieue nord de Tunis, là où la Méditerranée vient toucher les pierres anciennes, un lieu s’est ouvert dimanche 8 mars 2026. Baptisé Verand’art, il s’agit d’un espace culturel multidisciplinaire et d’une maison d’hôtes.
Manel Albouchi
À première vue, on pourrait croire qu’il ne s’agit que de l’inauguration d’un nouvel espace culturel face à la mer : des tableaux accrochés aux murs, des livres, des voix qui lisent des textes et des poèmes dans une atmosphère chaleureuse. Mais parfois les lieux naissent autrement. Par une vibration presque imperceptible. Par cette sensation rare que quelque chose respire.
Hier soir, certains ont peut-être senti cela : non pas seulement l’ouverture d’un espace artistique, mais la naissance d’un lieu de respiration collective.
Un temps suspendu
Nous vivons dans une époque saturée d’images, d’annonces et d’événements. Tout doit être visible, commenté, partagé, consommé. Dans ce flux continu, l’art est souvent pris entre deux forces contradictoires. D’un côté, le marché qui transforme la création en objet de valeur, en signature, en investissement. De l’autre, le bruit permanent de la communication qui exige de toute œuvre qu’elle devienne immédiatement identifiable, lisible, rentable en attention.
Entre ces deux pôles, quelque chose se perd souvent : le temps du partage. Un temps où une parole peut circuler sans être immédiatement capturée par la logique de l’efficacité.
Hier soir, Verand’art avait ouvert une parenthèse dans la vitesse ordinaire du monde.
La parole retrouvée
La soirée s’est construite autour de lectures de textes et de poésie. Des voix différentes, des écritures singulières. Mais derrière cette diversité, une même nécessité : dire autrement.
La parole, dans ce contexte, n’est pas simplement un outil d’expression mais un acte de présence. La poésie n’est pas seulement un genre littéraire elle est tentative de transmettre une mémoire, de nommer ce qui reste souvent invisible dans le langage quotidien, d’approcher ce qui échappe.
Gilles Deleuze écrivait que créer n’est pas communiquer, mais résister. Hier soir, cette phrase prenait un sens concret. Résister à la banalisation du mal. Résister à la vitesse qui réduit toute expérience à une information. Résister à la tentation de transformer la création en simple production.
Un lieu intermédiaire
Les villes ont besoin d’institutions culturelles : musées, théâtres, centres d’art. Mais l’histoire nous montre que les transformations les plus profondes naissent souvent ailleurs. Dans des lieux intermédiaires. Des lieux où l’on peut se rencontrer sans protocole.
Winnicott parlait d’espace transitionnel : un territoire subtil entre le monde intérieur et la réalité extérieure, là où l’être humain peut jouer, imaginer, créer. C’est dans cet espace que naît la culture. Verand’art pourrait devenir l’un de ces espaces où l’art n’est pas seulement exposé, mais vécu.
La proximité de la mer semblait jouer un rôle silencieux dans cette expérience. Comme si l’horizon rappelait doucement que la parole humaine n’est jamais isolée : elle s’inscrit toujours dans quelque chose de plus vaste.
Un projet collectif À l’origine de cette initiative se trouve un collectif d’artistes et d’acteurs culturels : Mohsen Ben Rais, Dali Belkadhi, Rachida Hamzaoui, Mahmoud Chalbi, et d’autres complices réunis autour d’une même intuition : créer un lieu vivant, ouvert et accessible.
L’espace ambitionne de développer différentes formes d’activités : ateliers, workshops, master class, cercles de réflexion et moments de partage autour de la création. Mais aussi une programmation légère et organique faite de micro-événements, d’expositions, de lectures, de concerts acoustiques et de rencontres artistiques.
L’idée n’est pas seulement de montrer l’art. Il s’agit plutôt de le rendre partageable, de le rapprocher de la vie quotidienne, de permettre à chacun d’entrer dans un processus de découverte et d’expérimentation.
Une forme de vulgarisation au sens noble du terme : rendre la création accessible sans en réduire la profondeur.
Un microcosme fragile
Hier soir, Verand’art ressemblait à un microcosme. Fragile, mais vivant : des artistes, des lecteurs, des amis, des curieux. Et entre deux textes, des silences partagés. Un monde peut parfois naître ainsi : entre quelques personnes réunies autour d’une expérience commune. C’est ce que l’on pourrait appeler la résonance. Lorsque cette résonance apparaît, la simple addition des individus se transforme en quelque chose d’autre : un espace collectif avec sa propre respiration, ses codes implicites, sa complicité. Ce n’est plus seulement un groupe. C’est un microcosme. Peut-être est-ce ainsi que commencent les véritables communautés culturelles : non pas par des déclarations officielles, mais par une rencontre où chacun reconnaît chez l’autre la même nécessité intérieure de créer.
Une question ouverte
Reste une question que seul le temps pourra trancher. Que deviendra Verand’art ? Sera-t-il une parenthèse lumineuse dans la vie artistique locale ? Ou deviendra-t-il un point de convergence pour ceux qui cherchent encore à penser, écrire et créer autrement ? Dans un monde dominé par la vitesse et l’utilité immédiate, l’existence d’un lieu consacré à l’art et à la rencontre humaine constitue déjà une forme de résistance.
Hier soir, au bord de la mer de Salammbô, cette résistance avait une forme simple : une véranda ouverte, quelques textes lus à voix haute, et une communauté provisoire réunie autour d’un désir commun : rester sensibles au monde. Et parfois, cela suffit pour que quelque chose commence.