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Netanyahu, Trump et « la mafiosisation du monde »

25. Oktober 2026 um 16:35

A trois jours des élections, le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, se déchaine en Cisjordanie qui est en train de subir le même sort que Gaza, mais à un rythme beaucoup plus lent. Ce déchainement contre la population palestinienne de Cisjordanie est l’ultime « atout » qu’il s’accorde pour accroître ses chances dans le scrutin du 27 octobre. Un scrutin d’une importance vitale pour lui : soit il gagne – et il échappera quatre années supplémentaires à la justice -, soit il perd – et il terminera ses jours en prison.

Le prétexte de Netanyahu est l’attaque d’activistes palestiniens à Hébron dans le sud de la Cisjordanie dans laquelle deux soldats israéliens ont été tués. C’était suffisant pour qu’il annule ses meetings électoraux et se déplace le vendredi 23 octobre dans cette ville où il annoncé : « Le ministre de la Défense et moi-même envisageons une opération de très grande ampleur, comme il n’y en a pas eu depuis la guerre des Six-Jours » (juin 1967).

Pour deux soldats morts, le génocidaire a ordonné « le bouclage total » de la Cisjordanie et l’évacuation du quartier où habitaient les activistes qui les ont tués en vue de sa destruction. L’armée israélienne a donné juste cinq minutes aux habitants d’un immeuble de trois étages pour évacuer les lieux… Médias et réseaux sociaux ont diffusé les images du bulldozer qui s’activait à détruire l’immeuble avec ses meubles. Que peuvent emporter les habitants en cinq minutes !

Dans les minutes qui ont suivi l’attaque, l’information que deux soldats israéliens ont été tués à Hébron a fait le tour du monde. Qui sait que depuis le 7 octobre 2023, « au moins 1 113 Palestiniens ont été tués » dans la même ville par la soldatesque israélienne, selon un décompte de l’Agence France Presse ? Nul, et encore moins les Palestiniens, ne sera étonné de l’indifférence du monde à l’égard du déchainement du criminel de guerre et génocidaire Premier ministre israélien et de ses menaces de mener « une opération de très grande ampleur, comme il n’y en a pas eu depuis la guerre des Six-Jours ».

Il n’a pas été inquiété quand il a transformé Gaza en un immense champ de ruines et a enterré des dizaines de milliers de ses habitants (bébés, enfants, jeunes et vieux) sous les décombres. Pourquoi le serait-il aujourd’hui quand la haine démentielle contre les Palestiniens qui l’étouffe se tourne vers la Cisjordanie ?

Mais avant que Netanyahu ne fasse de la Cisjordanie une carte électorale, la population palestinienne, de Ramallah au nord à Hebron dans le sud, en passant par Naplouse, Jénine et Tulkaram, a vu sa vie se transformer en enfer par les hordes de colons enragés.

Protégés par l’armée, les colons se déchainent quasi-quotidiennement en Cisjordanie. Leurs incursions criminelles visent les personnes, leurs habitations, leurs terres agricoles, leurs récoltes, leurs animaux… En un mot, ils font tout pour pousser la population palestinienne vers la rive est du Jourdain…

La question que tout un chacun se pose aujourd’hui est la suivante : que faut-il de plus pour que le génocide de Gaza et le nettoyage ethnique de Cisjordanie pour que les puissances occidentales se résolvent enfin à tenir en laisse le chien enragé qu’ils ont lâché en Palestine il y a près de huit décennies ? Cette question d’une importance vitale restera sans réponse pour une raison très simple : les élites gouvernantes de part et d’autre de l’Atlantique se soucient comme d’une guigne des Palestiniens et des horreurs qui leur sont infligées sur une base quotidienne.

Et quand il arrive à ces élites de réagir, leur réaction a toutes les caractéristiques d’une mauvaise blague. Une douzaine de pays européens et le Canada ont, le plus sérieusement du monde, annoncé fin septembre « l’interdiction d’importer les produits issus des colonies ». En d’autres termes, c’est la montagne qui accouche d’une souris…

Pour dire les choses autrement, dans ce monde où le seul droit qui vaille est celui de la force, les Palestiniens et les peuples à travers le monde qui souffrent des injustices et des pillages n’ont rien à attendre des élites gouvernantes occidentales. A voir ce qui se passe en France, en Belgique, en Italie et ailleurs en Europe, ces élites ne se soucient même pas des problèmes de leurs peuples. Comment s’étonner qu’elles restent de glace face au génocide, au nettoyage ethnique et autres horreurs ?

Il y a quinze ans, le juge anti-mafia, Roberto Scarpinato, parlait de « la mafiosisation du monde », un concept par lequel il décrit un phénomène où les méthodes des organisations criminelles se généralisent au sein du pouvoir politique et économique mondial.

Scarpinato estime aujourd’hui que « ce qui se pratiquait autrefois dans l’ombre et en secret par des mafias se produit désormais au grand jour, sans hypocrisie ni justification, selon la logique mafieuse « je veux ta maison, je veux ta terre, je veux tes biens. Si tu ne me les donnes pas, je te tue. »

C’est ce que fait Netanyahu en Palestine, au Liban et en Syrie. C’est ce que fait Trump au Venezuela et en Iran.

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La violence, refuge de l’incompétence

25. Oktober 2026 um 16:04

Par Sofiene Ben Hamida Les forces de l’ordre n’ont pas chômé cette semaine. Cinq foyers de tension se sont déclarés presque simultanément, dans cinq régions différentes, pour des raisons toutes différentes. Seule la réponse des autorités est restée exactement la même, dans toutes les régions et dans toutes les circonstances. Elle consiste à envoyer dans...

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Tribune – La réforme des banques publiques à l’épreuve de l’exécution du Plan 2026-2030

25. Oktober 2026 um 16:00

La réforme des banques publiques tunisiennes ne peut plus être appréciée à la seule aune des investissements informatiques, des nouveaux services numériques ou des opérations de restructuration financière. Son véritable critère de réussite réside dans sa capacité à améliorer durablement le financement de l’économie, la qualité du service rendu aux entreprises et aux citoyens, la maîtrise des risques et la performance des établissements.

 

Avec le Plan de développement 2026-2030, approuvé par la loi n° 2026-16 du 20 juillet 2026, la Tunisie dispose d’un cadre stratégique pluriannuel. Le projet de loi de finances pour 2027, déposé à l’Assemblée des représentants du peuple le 14 octobre 2026 et transmis à la Commission des finances et du budget le 16 octobre, ouvre désormais une nouvelle séquence : celle de la traduction des orientations économiques en résultats vérifiables. Il demeure, à cette date, en cours d’examen parlementaire.

Dans cette perspective, la réforme des banques publiques constitue un chantier structurant. Elle engage simultanément la gouvernance, le modèle économique, les systèmes d’information, les compétences et la capacité des établissements à accompagner les priorités nationales de développement.

 

De la stratégie à une obligation de résultats

Le premier enjeu est de sortir d’une conception fragmentée de la réforme. Une banque peut renouveler son système informatique, dématérialiser ses procédures et multiplier les canaux digitaux sans améliorer sensiblement la qualité de ses décisions de crédit, ses délais de traitement ou sa capacité à financer les entreprises productives.

La transformation numérique ne constitue donc pas une finalité autonome. Elle doit servir une stratégie économique explicite, déclinée en objectifs mesurables et en responsabilités clairement établies.

Pour les banques publiques, cette exigence implique de rapprocher trois dimensions trop souvent traitées séparément : la performance financière, la qualité du service et la contribution au développement économique. La rentabilité demeure indispensable à la pérennité des établissements, mais elle doit être appréciée avec la qualité du portefeuille de crédits, le coût du risque, la mobilisation de l’épargne, l’efficacité opérationnelle et la capacité à financer des projets économiquement viables.

Cette approche suppose également de distinguer les missions commerciales des éventuelles missions d’intérêt général confiées aux banques. Lorsqu’une intervention répond à un objectif public spécifique, ses finalités, ses modalités de financement et ses résultats attendus doivent être identifiés. La transparence de ces engagements protège à la fois les établissements, les finances publiques et les bénéficiaires.

Qui pilote la réforme ?

La réussite d’une transformation de cette ampleur dépend d’abord de la clarté du dispositif de pilotage. L’État actionnaire fixe les orientations stratégiques relevant de ses prérogatives, précise les attentes en matière de performance et veille à la cohérence entre les objectifs assignés aux banques et les priorités du Plan 2026-2030. Le ministère des Finances, à travers les structures compétentes, doit assurer le suivi des participations publiques et contribuer à la coordination des objectifs fixés aux établissements concernés. Les conseils d’administration ont, pour leur part, la responsabilité de traduire ces orientations en stratégies bancaires cohérentes, d’approuver les plans d’affaires et les investissements structurants, de suivre les risques et d’évaluer les résultats des directions générales. Leur rôle ne peut se limiter à valider périodiquement des documents : il doit s’exercer dans le suivi effectif des engagements et dans l’examen des écarts entre objectifs et réalisations.

Les directions générales assurent ensuite l’exécution. Elles doivent transformer les orientations en programmes opérationnels, mobiliser les ressources nécessaires, organiser la conduite du changement et rendre compte des résultats. Cette répartition des rôles ne signifie pas que l’État actionnaire se substitue aux organes de gestion. Elle vise, au contraire, à établir une chaîne de responsabilité lisible, respectueuse des compétences de chaque acteur et des exigences de supervision bancaire.

La Banque centrale de Tunisie conserve ses prérogatives de supervision prudentielle et de contrôle du respect du cadre réglementaire. La réforme ne saurait donc confondre pilotage de l’actionnariat public, gestion bancaire et supervision prudentielle. L’enjeu est d’éviter deux écueils : des orientations stratégiques sans traduction opérationnelle et des projets internes dont les objectifs ne sont pas suffisamment reliés aux priorités économiques.

 

Des contrats d’objectifs à des engagements mesurables

La déclinaison opérationnelle de la réforme pourrait s’appuyer sur des contrats d’objectifs pluriannuels entre l’État actionnaire et les banques publiques, complétés par des plans de transformation approuvés et suivis par leurs conseils d’administration. Ces contrats devraient préciser les objectifs, les indicateurs, les échéances, les moyens mobilisés et les modalités de reddition des comptes. Ils devraient également établir une situation de référence permettant de comparer les progrès accomplis, plutôt que de se limiter à des engagements généraux.

Quatre dimensions méritent une attention particulière. La première concerne la performance financière et la solidité des établissements : rentabilité durable, évolution du coût du risque, qualité des actifs, maîtrise des charges et adéquation des fonds propres aux exigences applicables.

La deuxième porte sur le financement de l’économie réelle : évolution des financements accordés aux petites et moyennes entreprises, accompagnement de l’investissement productif, traitement des demandes de crédit et qualité du suivi des engagements. Les résultats doivent être appréciés en tenant compte du risque, de la viabilité des projets et des conditions de financement, et non au seul regard des volumes distribués.

La troisième concerne la qualité du service : réduction des délais de traitement, simplification des démarches, fiabilité des opérations, accessibilité des services et résolution des réclamations. Les indicateurs doivent être comparables dans le temps et, lorsque cela est pertinent, entre établissements.

La quatrième porte sur la transformation technologique et humaine : disponibilité des systèmes, maîtrise des risques opérationnels et cybernétiques, qualité des données, interopérabilité des applications, évolution des compétences et adoption effective des nouveaux processus.

Ces indicateurs devraient être associés à des cibles annuelles, à des responsables identifiés et à des mécanismes de correction. Un tableau de bord périodique, consolidé au niveau de l’actionnaire public tout en préservant les responsabilités propres à chaque banque, permettrait de suivre les réalisations, les retards et les mesures correctives. La publication d’une synthèse des résultats, dans le respect du secret bancaire et des informations commercialement sensibles, renforcerait la transparence et permettrait d’évaluer la réforme sur des éléments concrets.

 

Le numérique : un levier de transformation du modèle bancaire

La modernisation technologique ne produit des gains durables que lorsqu’elle transforme les processus de bout en bout. La mise à niveau des systèmes de banque centrale — ou Core Banking —, l’ouverture sécurisée des services par des interfaces de programmation (API), la fiabilisation des données et l’automatisation des opérations doivent être conçues comme les composantes d’une même architecture cible. Leur valeur dépend de leur capacité à réduire les ruptures de traitement, à améliorer la qualité de l’information et à accélérer les décisions.

La digitalisation d’un processus inefficace ne fait souvent que déplacer sa complexité vers un autre canal. Il convient donc de revoir les circuits de décision, les responsabilités opérationnelles et les contrôles avant de généraliser l’automatisation. L’exploitation des données peut également améliorer la connaissance des entreprises, le suivi des risques et l’évaluation des besoins de financement. Les outils analytiques et, lorsque leur usage est justifié et maîtrisé, les solutions d’intelligence artificielle peuvent contribuer à la détection des anomalies, à l’analyse des dossiers et à la personnalisation des services. Leur déploiement doit toutefois s’accompagner de contrôles, de traçabilité, de sécurité et d’une supervision humaine adaptée.

La souveraineté numérique représente ici un enjeu de gouvernance autant que de technologie. La localisation et les conditions d’hébergement des données, la maîtrise des accès, la réversibilité des solutions, la dépendance aux fournisseurs et la continuité des activités doivent être évaluées au regard des exigences légales, prudentielles et opérationnelles applicables. L’objectif n’est pas de privilégier une solution par principe, mais de garantir la maîtrise des risques et la capacité de la banque à conserver le contrôle de ses fonctions critiques.

Enfin, aucun programme numérique ne peut réussir durablement sans investissement dans le capital humain. Les compétences informatiques, la maîtrise des données, la gestion des risques, la conduite du changement et la formation des équipes commerciales doivent évoluer au même rythme que les outils.

 

Le financement de l’économie, critère décisif

La réforme des banques publiques prend tout son sens lorsqu’elle améliore la capacité de financement des projets productifs. Cela suppose de mieux articuler l’analyse du risque bancaire avec les caractéristiques des entreprises, leurs perspectives d’activité et leurs besoins réels. La qualité des informations financières, l’accompagnement des PME, la simplification des procédures et le suivi des crédits constituent des leviers complémentaires.

Les banques publiques ne peuvent cependant se substituer à l’ensemble des instruments de politique économique. Le financement d’un projet doit reposer sur une évaluation rigoureuse de sa viabilité, de ses risques et de ses perspectives de remboursement. Lorsqu’une politique publique poursuit un objectif particulier, les mécanismes de soutien correspondants doivent être clairement définis et leur coût rendu lisible.

Une réforme efficace doit ainsi permettre de concilier trois exigences : soutenir l’investissement productif, préserver la solidité des banques et améliorer l’accès au financement dans les territoires et les secteurs qui en ont besoin. La performance ne se mesure donc pas uniquement au nombre de crédits accordés ou au volume des investissements numériques. Elle se mesure aussi à la capacité des financements à contribuer à la création de valeur, à la pérennité des entreprises et à une meilleure allocation des ressources.

 

Le PLF 2027, une étape dans une trajectoire pluriannuelle

Le projet de loi de finances pour 2027 doit être replacé dans une trajectoire qui dépasse l’exercice budgétaire annuel. Le Plan 2026-2030 appelle un suivi régulier des politiques, programmes et projets de développement. La réforme des banques publiques devrait s’inscrire dans cette logique de continuité, avec des objectifs cohérents d’une année à l’autre et une évaluation des résultats obtenus.

Il importe, à cet égard, de distinguer les mesures effectivement inscrites dans les textes adoptés des dispositions encore proposées dans le projet de loi de finances. L’examen du PLF 2027 doit permettre d’identifier les leviers budgétaires et réglementaires mobilisables, sans présumer de l’adoption définitive de ses dispositions.

L’enjeu est de construire une méthode d’exécution. Celle-ci devrait associer une situation de référence, des objectifs annuels, un calendrier de réalisation, des responsabilités clairement réparties et un dispositif d’évaluation permettant de corriger les écarts. Les projets technologiques devraient être suivis selon leurs coûts, leurs délais, leurs risques et leurs bénéfices effectivement constatés, plutôt qu’au seul regard de leur livraison technique.

Un bilan périodique de la réforme permettrait ainsi de distinguer les moyens engagés des résultats obtenus, et les réalisations ponctuelles des transformations réellement durables. La réforme des banques publiques ne se résume finalement ni à une opération de restructuration ni à un programme informatique. Elle exige une gouvernance cohérente, une exécution disciplinée, des compétences adaptées et une évaluation fondée sur des résultats vérifiables. La modernisation numérique crée des capacités ; la gouvernance organise leur mobilisation ; l’exécution transforme ces capacités en valeur économique.

C’est à cette dernière étape que se mesurera la contribution effective des banques publiques aux ambitions du Plan 2026-2030.

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Mohamed Ali Nafti, les complots et les olives de Carthage

24. Oktober 2026 um 16:00

Épisode 1 – À Carthage, on vit dans un autre fuseau horaire Il est 6 h 18, jeudi 22 octobre. Les boulangers ont déjà enfourné leur pain, les agents de nettoyage ont commencé leur tournée et des milliers de Tunisiens attendent leur transport pour aller travailler. À Carthage, on publie un communiqué présidentiel. Six heures...

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Caisses noires, espionnage, pétrodollars : le gendre de Trump au cœur d’un scandale explosif

24. Oktober 2026 um 11:24

Selon une enquête explosive publiée par Vanity Fair, Jared Kushner, le gendre de Donald Trump, aurait été au cœur d’un réseau financier aux ramifications diplomatiques sensibles. Des accusations graves, que ses avocats rejettent catégoriquement et qui restent à ce stade à établir.

 

Tous les ingrédients d’un véritable roman d’espionnage sont réunis dans ce dossier explosif : des comptes secrets de près de deux milliards de dollars alimentés par les princes du Golfe, un iPhone piraté par Moscou et, au cœur de cette intrigue, un bénéficiaire de premier plan, à savoir Jared Kushner, l’époux de la fille chérie de Donald Trump, la belle Ivanka…

Selon un livre à paraître aux États-Unis, intitulé « Princes et voleurs : le plan secret de Jared Kushner et Mohammed ben Zayed pour remodeler le Moyen-Orient », dont le magazine américain Vanity Fair a publié jeudi 22 octobre quelques extraits particulièrement savoureux, les services de contre-espionnage néerlandais seraient parvenus à pirater l’iPhone personnel de Jared Kushner grâce à un transfuge russe. L’exploitation des conversations aurait mis au jour des éléments troublants : entre 2017 et 2018, le gendre de Donald Trump, alors conseiller parmi les plus proches du président et émissaire spécial au Moyen-Orient durant son premier mandat, aurait eu accès à des comptes bancaires secrets transférés via l’Azerbaïdjan et alimentés à hauteur de près de deux milliards de dollars par l’émir d’Abou Dhabi, Mohammed ben Zayed al-Nahyane. Ainsi que par le prince héritier et dirigeant de facto du royaume wahhabite, Mohammed ben Salmane (MBS).

Toutefois, il faut souligner que ces allégations reposent sur des sources anonymes, et aucun document bancaire ni autre preuve publique n’a été présenté permettant une vérification indépendante. Donc, la prudence est de mise.

L’ombre d’Israël

Toujours selon Matthew Cole, auteur de l’ouvrage attendu en librairie le 27 octobre, dont cette enquête aura nécessité quatre années de travail, les espions néerlandais observent notamment Jared Kushner se connecter à un premier compte bancaire domicilié aux Émirats arabes unis chez First Abu Dhabi Bank, présidée par Tahnoon ben Zayed, frère du président émirati, Mohammed ben Zayed al-Nahyane émirati MBZ.

Le mécanisme financier décrit est complexe. A partir de 2017, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis auraient injecté quelque 750 millions de dollars sur ce compte, en transitant par une banque azerbaïdjanaise, dans un pays régulièrement mis en cause pour des affaires de blanchiment d’argent.

Officiellement, le compte appartient à la fondation caritative émiratie Watani Al Emarat. Jared Kushner, alors chargé notamment du dossier israélo-palestinien et des relations avec les monarchies du Golfe, n’en serait pas le propriétaire, mais disposerait d’une autorisation lui permettant d’effectuer des transactions. Matthew Cole décrit ce compte comme une slush fund, autrement dit une caisse noire qui aurait servi à financer des opérations diplomatiques officieuses au Moyen-Orient.

Rappelons à ce propos que le président émirati Mohammed ben Zayed a noué très tôt des liens étroits avec l’entourage de Donald Trump. En décembre 2016, soit un mois avant l’investiture du président américain, il rencontre Jared Kushner à New York. Les deux hommes entretiennent ensuite des échanges réguliers sur WhatsApp, avec une ambition commune : redessiner les équilibres au Moyen-Orient en favorisant notamment un rapprochement entre Israël et les monarchies du Golfe. Une stratégie qui se concrétisera en 2020 avec la signature des accords d’Abraham.

Toujours selon l’enquête de Matthew Cole, le président émirati aurait dans un deuxième temps versé plus d’un milliard de dollars, toujours via l’Azerbaïdjan, sur un second compte destiné à Jared Kushner, avec des fonds déposés chez la Banque centrale d’Israël sur le conseil de Benyamin Netanyahou, un ami intime de la famille Kushner.

Autre allégation explosive. D’après l’ouvrage, Jared Kushner, le dirigeant des Émirats arabes unis Mohammed ben Zayed et le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane auraient initialement discuté de la création d’un fonds de plus de dix milliards de dollars. Parmi les objectifs évoqués figuraient l’annulation de l’accord sur le nucléaire iranien, la promotion de la position de ben Salmane et un accord israélo-palestinien. Cette idée a finalement été abandonnée et les fonds ont été transférés sur des comptes distincts.

Déni

Les avocats du gendre de Donald Trump nient catégoriquement et dénoncent même « des accusations scandaleuses et catégoriquement fausses […] complètement délirantes ». Ils attaquent notamment le manque de preuves matérielles de l’article, qui ne présente, au-delà des affirmations de sources anonymes, « aucun relevé bancaire, aucun justificatif de virement, aucun numéro de compte, aucune date de transaction ni aucun autre élément vérifiable », ont-ils déploré.

Du pain béni pour les démocrates

Si les révélations de Matthew Cole venaient à être confirmées, Jared Kushner pourrait s’exposer à des poursuites pour corruption, si des contreparties étaient établies, ou pour avoir agi au profit d’une puissance étrangère sans en avoir informé les autorités américaines.

De quoi alimenter les investigations des démocrates au Congrès, qui s’intéressent déjà aux liens financiers du gendre de Donald Trump avec les monarchies du Golfe et à ses éventuels conflits d’intérêts. À l’approche des élections de mi-mandat du 3 novembre, les démocrates pourraient, s’ils reprenaient le contrôle de la Chambre des représentants, convoquer Jared Kushner pour l’interroger sous serment. Affaire à suivre.

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Snapshot : Les immeubles délaissés de la rue Mokhtar Attia

24. Oktober 2026 um 09:10

En remontant la rue Mokhtar Attia, plusieurs immeubles semblent delaissés, inhabités et ne portent aucune mention qui pourrait renseigner sur le pourquoi de leur situation présente.

S’ils ne menacent pas ruine, ces immeubles n’en restent pas moins quasiment abandonnés voire livrés à eux-mêmes et aux quatre vents de l’hiver qui approche.

Que faire pour réhabiliter ces édifices ? Qui pourrait les prendre en charge si les propriétaires sont défaillants ?

Ces immeubles ne constituent qu’un simple exemple car les cas de ce type sont nombreux au centre-ville de Tunis.

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En médinant dans Tunis : Entre friandises et parfums

24. Oktober 2026 um 08:43

Aujourd’hui, j’ai fait le choix d’une déambulation dans la médina de Tunis dont je n’ai quitté les murs virtuels qu’en début de soirée, après la prière du Maghreb.

J’ai souvent esquissé certains personnages de la médina. Mes carnets numériques comptent près de cinq cents portraits impromptus que je capture au jour le jour, à travers le fil de mes médinations ici et ailleurs dans les villes.

Aujourd’hui, je retrouve le sourire de Jalel Benna dont la parfumerie à l’ancienne se trouve rue des Tamis. Comme à chaque fois que je lui rends visite, il me raconte comment Tahar Haddad et son grand-père se retrouvaient ici même, dans cette échoppe vieillotte sur laquelle veille un portrait de l’aieul.

Plus tard dans la journée, j’ai croisé quelques amis confiseurs de rues qui à l’image de Chokri au seuil de Sidi Mahrez et Chedly près de Sidi Brahim, offrent du nougat, de l’harissa d’amandes et d’autres friandises et rahat loukoums.

Installé à la confluence des rues Achour, Kahia et Monastiri, Chedly propose aujourd’hui de la takoua de sésame qui enchante mes amis. Cette douceur devenue rare de nos jours, est un délice qui heureusement a survécu, surtout à Bab Souika car l’autre faubourg de Tunis a presque perdu tous ses confiseurs.

Cette journée de la lenteur pédestre s’est écoulée au rythme intime de la médina, au hasard des rencontres, au fil des rues et des mosquées, des moments de candeur aussi comme devant ces trois enfants qui jouent au toboggan ou avec cette dame d’un certain âge qui, dans un français impeccable, se lance dans un éloge de la Tunisie.

Ces journées m’apportent de la sérénité et ravivent toujours ma curiosité. Le plus surprenant est ailleurs : à chaque fois, je découvre des nouveautés et noue de nouveaux contacts. Comme si la médina me chuchotait qu’elle était infinie et que nul ne saurait se saisir de cette complexité.

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Nous sommes devenus les figurants de notre propre vie

23. Oktober 2026 um 16:00

Il nous arrive de parler de la Tunisie comme si nous étions étrangers à ce qui s’y passe, comme si le pays était devenu une sorte de feuilleton dont nous suivons les épisodes sans jamais avoir été consultés sur le scénario, avec ses rebondissements, ses personnages récurrents, ses méchants désignés, ses grandes annonces et ses...

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Snapshot : La mère et l’enfant made in Sejnane

23. Oktober 2026 um 15:22

Cette magnifique sculpture en poterie modelée de Sejnane a trouvé un double écrin tout aussi lumineux. D’abord, une niche en stuc et autour des céramiques qui pourraient remonter au dix-huitième siècle.

Enfin, la statuette elle-même est d’une beauté saisissante aussi bien pour sa posture mariale que pour la subtilité de ses couleurs.

Un tableau d’une grande sérénité à découvrir à Dar Bach Hamba, dans les locaux de l’association l’Art Rue.

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Israël : les Arabes israéliens, arbitres des élections législatives ?

23. Oktober 2026 um 10:26

Les élections du 27 octobre s’annoncent comme un véritable référendum pour ou contre Benyamin Netanyahou. Tandis que la minorité arabe espère peser de tout son poids sur l’issue du scrutin.

Le vote des Arabes israéliens pourra-t-il peser sur les résultats des prochaines élections législatives israéliennes? Et ce, alors que le pays a actuellement le gouvernement le plus à droite de son histoire et que Donald Trump a publiquement pris position en faveur de son ami Benyamin Netanyahou, le boucher de Gaza. Dans un message adressé dimanche 18 octobre aux « grands citoyens d’Israël », Trump a qualifié le Premier ministre israélien de « grand dirigeant en temps de guerre » et de « essentiel dans la lutte contre la République islamique d’Iran ».

Incertitudes

La question est légitime, d’autant plus que dans la perspective de ces élections les plus cruciales pour l’avenir de l’Etat hébreu, tout semble indiquer que la course entre la coalition de l’extrême droite et les partis ultra-religieux menée par Benyamin Netanyahou et le « bloc du changement » dirigé par l’ancien chef d’état-major, Gadi Eisenkot, est très serrée. Sauf que, d’après les derniers sondages et en raison de la complexité du système électoral israélien, aucun des deux camps n’est aujourd’hui en capacité de gouverner seul. Sachant que selon les plus récents sondages, 10 % des électeurs sont encore indécis à une semaine du vote.

Pour quelles raisons ? C’est que la Knesset, le Parlement israélien, compte 120 sièges, or il faut en gagner 61 pour arracher la majorité. Le hic c’est qu’aujourd’hui aucun parti ne peut atteindre seul ce seuil. Dans ce scrutin à la proportionnelle, les partis sont donc contraints de former des alliances. Probablement avec les partis arabes. Lesquels, à l’approche des législatives du 27 octobre, pourraient obtenir entre 12 et 15 sièges à la Knesset selon les récentes projections. « La plupart des sondages montrent en fait qu’il y a une sorte d’impasse entre le bloc de Benyamin Netanyahu et le bloc anti-Netanyahu », explique Yael Shomer, professeure de sciences politiques à l’université de Tel-Aviv.

« On ne sait pas quel sera le taux de participation global. Cela pourrait avoir une incidence sur la capacité des petits partis à franchir le seuil électoral. Nous ne savons pas non plus quel sera le taux de participation au sein de la population arabe en Israël. Et cela pourrait également avoir une incidence sur la répartition des sièges à la Knesset. Il y a donc beaucoup d’incertitudes, beaucoup d’inconnues » poursuit l’universitaire.

Les Arabes d’Israël, faiseurs de roi ?

En effet, les Arabes israéliens, appelés également “Palestiniens de 1948“ et considérés par certains comme des traîtres à la nation ou la Cinquième colonne, représentent plus de 20 % de la population du pays. S’ils se mobilisaient, les partis arabes pourraient faire pencher la balance du côté du candidat le plus modéré, lors des élections législatives du 27 octobre.

Reste à savoir si cette minorité arabe est convaincue que, dans les conditions actuelles, voter en vaut la chandelle. « Ce jeu n’est pas vraiment pour nous. Je ne crois pas que les élections soient utiles pour nous, la minorité arabe. Nous faisons partie du décor. C’est pour montrer que ce pays est, entre guillemets, la seule démocratie du Moyen-Orient. Qui pourrait être le meilleur remplaçant de Netanyahou ? Lieberman ? Bennett ? Ils ont le même objectif, mais pas la même stratégie pour l’atteindre. C’est juste un masque différent. Est-ce que je peux vous dire que j’ai de l’espoir ? Non, je ne crois pas », confie avec amertume le patron d’un café-librairie bien connu de la vieille ville de Jérusalem.

Appel à la mobilisation

A l’inverse, Ahmad Tibi, un dirigeant de Ta’al – un parti islamiste modéré qui défend la création d’un État palestinien et exige surtout que la police, aujourd’hui dirigée par le suprémaciste Itamar Ben-Gvir, effectue son travail et mette fin à l’explosion de la criminalité dans les régions arabes – appelle à un vote arabe massif lors des prochaines législatives : « Sortez et participez à cette élection cruciale ! C’est l’élection la plus importante et la plus dangereuse de notre histoire. Nous voulons mettre à la porte ce gouvernement fasciste, raciste et criminel. Si la participation de la communauté arabe est forte, Netanyahou, Ben-Gvir et Smotrich seront renvoyés ». Et de conclure : « Nous sommes les faiseurs de rois ».

« L’avenir de la démocratie israélienne est aujourd’hui entre les mains de la minorité arabe », analyse le journaliste et historien israélien Marius Schattner. Les Arabes israéliens, descendant de Palestiniens restés sur leur terre lors de la création de l’État hébreu en 1948, sont quelque 20 % de la population. Lors des élections précédentes à peine un sur deux d’entre eux avait voté. Cette fois ils se mobilisent. La Liste unifiée et La liste arabe unie, en lice pour l’élection grâce au feu vert de la Cour Suprême devraient obtenir une douzaine de sièges. Les deux mouvements ne cachent pas vouloir à tout prix se débarrasser de Netanyahou.

Chasser ou maintenir au pouvoir l’homme qui aura présidé aux destinées de l’Etat sioniste depuis près de deux décennies ? Tel est l’enjeu véritable de ces élections les plus cruciales pour l’avenir de l’Etat hébreu ; sachant que jamais dans l’histoire de ce pays, des élections n’ont été aussi importantes, autant polarisées et aussi incertaines. Jamais non plus leur résultat n’aura autant de résonances régionales et internationales.

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TRIBUNE – De l’ambition territoriale à l’ingénierie du réel : sécuriser la faisabilité des grands projets

22. Oktober 2026 um 15:32

Dans une Tunisie confrontée à des contraintes budgétaires, financières et sociales considérables, la question n’est plus de savoir si nous pouvons multiplier les grands projets. Elle est de déterminer comment garantir qu’ils soient finançables, économiquement utiles, progressivement réalisables et effectivement livrables.

Les objections sont connues : dépendance financière, éléphants blancs, surcapacités logistiques et infrastructures sous-utilisées. Ces risques ne condamnent pas l’ambition. Ils imposent une méthode rigoureuse de démonstration et d’exécution.

Du projet décidé au projet démontré

Le changement de paradigme est simple à formuler, mais exigeant à mettre en œuvre : passer du projet décidé au projet démontré. Démontré sur les plans financier, économique, territorial et environnemental, mais aussi opérationnel. Une décision d’investissement ne constitue pas, à elle seule, une preuve de faisabilité.

Le port en eaux profondes d’Enfidha illustre cette exigence. En février 2026, un Conseil ministériel restreint a recommandé d’engager les procédures nécessaires à sa réalisation, en privilégiant une mise en œuvre progressive par tranches fonctionnelles afin de rechercher une viabilité économique et opérationnelle immédiate. En septembre, le ministre des Transports a annoncé une actualisation des études techniques dans un délai de trois mois. Ces annonces témoignent d’une volonté de relance, mais ne constituent pas une démonstration de rentabilité. Elles rendent au contraire indispensable une évaluation actualisée de la demande, des coûts, du financement et des conditions d’exploitation.

Avant tout engagement irréversible, chaque tranche devrait franchir cinq tests : une demande solvable, appuyée sur des flux commerciaux crédibles ; un modèle économique compatible avec les coûts d’exploitation ; un financement suffisamment sécurisé ; une répartition explicite des risques entre l’État, les partenaires privés et les usagers ; enfin, un impact territorial mesurable en matière d’emplois, de valeur ajoutée et d’investissements induits.

Le phasage ne doit pas se réduire à un découpage administratif des travaux. Il doit constituer un mécanisme de décision : chaque nouvelle tranche est engagée lorsque des conditions préalablement définies sont satisfaites. C’est ainsi que la progressivité devient un instrument de maîtrise des risques, plutôt qu’une simple modalité de réalisation.

Le PPP et les incitations fiscales ne remplacent pas la viabilité

La première erreur serait de croire qu’un grand projet devient soutenable parce qu’il est présenté en partenariat public-privé (PPP) ou associé à des mécanismes d’encouragement fiscal. Les instruments budgétaires et fiscaux peuvent contribuer à mobiliser l’investissement, mais ils ne suppriment ni le coût du capital ni les risques économiques sous-jacents. Ils peuvent modifier leur répartition et leur financement sans faire disparaître leur coût collectif.

Le PLF 2027, déposé à l’Assemblée des représentants du peuple le 14 octobre et transmis le 16 octobre 2026, constitue à ce stade un projet en cours d’examen parlementaire. Il s’inscrit dans le contexte des orientations économiques du Plan 2026-2030, mais ses mesures budgétaires et fiscales doivent être appréciées selon leur contenu précis et leur impact attendu. Aucun mécanisme d’encouragement ne saurait, à lui seul, démontrer la viabilité d’un investissement structurant.

Trois dimensions doivent être distinguées. La rentabilité financière mesure la capacité du projet à générer les flux nécessaires à son exploitation et à son financement. L’évaluation socio-économique apprécie les bénéfices collectifs, les externalités et les coûts supportés par la société. La soutenabilité budgétaire mesure l’exposition de l’État, y compris ses garanties, ses engagements conditionnels et les paiements susceptibles de peser sur les budgets futurs. Ces trois évaluations sont complémentaires. Un projet peut présenter un intérêt collectif sans être directement rentable pour son exploitant. Inversement, une opération attractive pour un investisseur peut imposer des engagements excessifs aux finances publiques ou aux usagers. La décision doit donc reposer sur une appréciation explicite de ces différentes dimensions.

La question centrale devient alors celle du partage effectif des risques. L’État doit assumer les responsabilités qui relèvent de lui : cadre réglementaire, coordination institutionnelle, infrastructures collectives et maîtrise des conditions d’aménagement. Le partenaire privé doit apporter une contribution démontrable en capitaux, en expertise, en technologie ou en capacité d’exploitation. Le transfert contractuel d’un risque n’est toutefois pas synonyme de transfert réel : une garantie publique ou une obligation de paiement peut maintenir une exposition importante pour les finances de l’État.

Les incitations fiscales doivent, elles aussi, être appréciées à l’aune de leur efficacité. Leur pertinence dépend des investissements supplémentaires qu’elles déclenchent, des emplois durables qu’elles contribuent à créer et de la valeur ajoutée produite, au regard de leur coût budgétaire. Elles doivent accélérer des projets dont la viabilité a été démontrée, et non compenser indéfiniment les faiblesses d’un modèle économique incertain.

Un port ne vaut que par ce qu’il fait vivre derrière lui

Une infrastructure ne devient pas économiquement pertinente parce qu’elle est qualifiée de stratégique. Un port en eaux profondes n’a de sens que s’il s’insère dans un système productif capable de générer des flux réguliers : industrie, agriculture à valeur ajoutée, plateformes logistiques, transformation, commerce et exportation.

Le risque est celui du grand équipement isolé : une infrastructure coûteuse dont les capacités restent insuffisamment utilisées faute de clients, de marchandises, de connexions efficaces ou d’activités complémentaires. La question ne doit donc pas être seulement : combien coûtera le port ? Elle doit être : quelle valeur ajoutée supplémentaire le système logistique et productif pourra-t-il générer par dinar investi ?

Dans le cas d’Enfidha, la démonstration devra intégrer la compétitivité par rapport aux autres plateformes portuaires méditerranéennes, les perspectives de trafic, les engagements commerciaux susceptibles de soutenir la demande et les coûts complets d’accès au marché. Les connexions ferroviaires et routières, les disponibilités foncières, les équipements logistiques et les contraintes environnementales doivent être évalués conjointement. La performance du port dépendra de celle de toute la chaîne de transport et de production.

Cette approche vaut également pour les nouvelles centralités territoriales. Créer une zone industrielle ou déplacer administrativement une activité ne suffit pas à faire émerger un pôle économique. Une centralité se construit lorsque des fonctions complémentaires se concentrent progressivement sur un même territoire : production, énergie, logistique, transformation, formation, services et accès aux marchés.

Le grand projet cesse alors d’être une destination en soi. Il devient l’épine dorsale d’un écosystème productif. Sa réussite se mesure moins à la superficie aménagée ou aux capacités nominales installées qu’à l’activité effectivement générée, aux entreprises implantées, aux flux traités et à la valeur ajoutée créée.

La donnée comme instrument d’exécution

La faisabilité d’un grand projet ne dépend pas uniquement de la qualité de ses études initiales. Elle repose également sur la capacité de l’État à coordonner, dans la durée, les décisions administratives, foncières, budgétaires, techniques et contractuelles dont sa réalisation dépend.

Le 14 octobre 2026, la Présidence du gouvernement indiquait que les travaux de mise en place de la plateforme nationale d’échange de données entre structures publiques adhérentes se poursuivaient. Son utilité pour les investissements structurants dépendra notamment de son articulation avec les dispositifs de suivi des projets publics. L’enjeu est de relier les informations administratives, foncières, budgétaires et opérationnelles utiles à la décision.

Cette articulation ne se décrète pas par la seule interconnexion technique : elle suppose des référentiels communs, des responsabilités clairement attribuées, des données régulièrement actualisées et des mécanismes d’alerte débouchant sur des décisions effectives.

Un retard peut résulter d’un blocage extérieur au chantier lui-même : autorisation manquante, procédure foncière inachevée, raccordement non réalisé ou financement non mobilisé. Encore faut-il identifier rapidement la cause, déterminer l’acteur responsable et suivre la résolution du problème.

C’est ici que la donnée devient un instrument d’ingénierie d’exécution. Un tableau de bord utile ne se contente pas d’afficher un taux d’avancement. Il met en évidence les écarts, documente les risques, signale les dépendances critiques et facilite les arbitrages. Cela suppose des référentiels communs, des données régulièrement actualisées, des responsabilités clairement attribuées et des mécanismes d’alerte reliés à des décisions effectives.

L’évaluation doit également dépasser le volume de crédits engagés et le nombre de projets annoncés. Les indicateurs pertinents sont les délais réels de réalisation, les écarts entre coûts prévisionnels et coûts constatés, les emplois durables créés, les volumes effectivement transportés, les investissements privés déclenchés et la valeur ajoutée produite. Définis avant le lancement, ces indicateurs doivent être suivis pendant toute la durée de vie du projet.

Le véritable blindage : une gouvernance de l’exécution

Reste la condition décisive : qui livre, dans quels délais et sous quelle responsabilité ? Un grand projet peut disposer d’études de qualité, d’un financement annoncé et d’un statut stratégique, puis échouer faute de coordination administrative, de maîtrise foncière ou de capacité de pilotage. L’ingénierie du réel exige une architecture d’exécution clairement définie : un responsable de projet identifiable, une répartition explicite des responsabilités, un calendrier assorti de jalons vérifiables, un mécanisme d’arbitrage rapide et une évaluation indépendante des coûts et des risques.

Cette architecture doit organiser des décisions, et non simplement produire des rapports. Chaque jalon important doit permettre de vérifier que les conditions techniques, financières, commerciales et territoriales restent réunies. Les écarts significatifs doivent déclencher une analyse et, si nécessaire, une révision du calendrier, du périmètre ou du modèle économique.

Un projet qui dérape doit pouvoir être redimensionné. Un projet qui ne trouve pas son marché doit pouvoir être reconfiguré. Un projet performant peut être accéléré. Cette capacité de correction ne traduit pas un renoncement à l’ambition : elle protège les ressources publiques contre la poursuite automatique d’engagements devenus insuffisamment justifiés.

La souveraineté de l’État ne consiste pas à terminer coûte que coûte tous les projets annoncés. Elle consiste aussi à savoir lesquels méritent d’être poursuivis, lesquels doivent être transformés et lesquels doivent être abandonnés lorsque les conditions de leur pertinence ne sont plus réunies.

C’est à ce niveau que se joue la crédibilité du Plan 2026-2030. La Tunisie ne manque ni de projets ni d’idées. Elle doit renforcer sa capacité à transformer les décisions d’investissement en réalisations utiles, soutenables et mesurables.

L’enjeu est d’apprendre à industrialiser l’ambition par l’exécution.

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Inventaire : Ces noms de poissons qui changent selon les régions

22. Oktober 2026 um 09:38

Les yeux plongés dans une mosaïque antique, je retrouve l’écho millénaire des poissons qui vivent en Méditerranée et sont toujours sur les étals de nos marchés.

Je cherche les noms de chaque poisson et réalise combien ces noms peuvent différer selon les régions. Je me lance alors dans une manière d’inventaire où cohabitent la langue tunisienne, le français et l’italien. Dès lors, je me retrouve face à une formidable profusion de noms aussi difficiles à saisir qu’un poisson dans l’eau.

Prenons une daurade. Elle est généralement désignée sous le nom « ourata » qui des origines italiennes. Mais nous la nommons également « ouarqa » et quand elle a des traits noirs, elle devient une « kahlaia ». Mieux, quand elle pèse un peu plus lourd, à partir de 300 grammes, nous lui donnons le nom de « jarraf ». Un véritable puzzle !

Prenons maintenant un mulet. Nous le nommons communément « bouri » mais aussi « milla ». Toutefois, ce poisson va porter des noms différents selon les régions. À Sfax, ce sera « menjel », à Kélibia « safraya », à Bizerte, ce sera plutôt « mlaâbna » alors que pour Djerba, on dira « maâzoul ».

On peut ainsi multiplier les exemples au point où il serait judicieux d’établir un lexique qui permettrait de mieux s’y retrouver parmi les variétés de poissons et leurs dénominations régionales.

Que d’autres poissons pour initier cet inventaire ! Que de noms à retrouver, noter, croiser avec d’autres pour y voir plus clair ! Pour le moment, c’est encore la bouteille à l’encre et plus justement les yeux plongés dans la mosaïque la plus frétillante du musée du Bardo.

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Snapshot : A Carthage, la prétendue maison Flaubert en chantier

22. Oktober 2026 um 09:31

A Carthage, non loin des ports puniques, une villa a indûment été reliée au séjour tunisien de Gustave Flaubert en 1858. Depuis, à intervalles réguliers, cette demeure continue à être présentée sur les réseaux sociaux comme étant celle où le grand écrivain français a séjourné.

De fait, il n’en est rien car ni cette maison ni l’ensemble du lotissement n’existaient en 1858.

Aujourd’hui, auréolée d’une identité qui n’est pas sienne, cette villa intrigue et suscite les passions.

Actuellement en travaux, elle devrait être rafraîchie en attendant peut-être de nouveaux résidents.

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Une dernière Celtia, à la santé des retraités !

21. Oktober 2026 um 15:59

Dans toutes les tablées de Tunisie, dans les restaurants les plus huppés comme dans les bars les plus miteux, il existe une phrase que tous les buveurs ont dit au moins une fois : « Une dernière et on rentre ! ». L’équivalent tunisien de l’expression française : « Un dernier pour la route ». Généralement, il s’agit d’une dernière bière avant...

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Squattée depuis 2011 : La Ville de Tunis récupère l’ancienne école de la Hafsia

21. Oktober 2026 um 09:22

L’ancienne école de la rue du Tribunal est en passe d’être complètement récupérée par les services municipaux. Squattée en 2011, cette ancienne école était jusque là occupée par une soixantaine de familles qui ont finalement bénéficié d’un relogement.

Pour des raisons sociales, bien qu’elle disposait d’un arrêté d’expulsion depuis plus d’une dizaine d’années, la Ville de Tunis a choisi de privilégier un départ négocié.

Ainsi, seulement deux familles en instance de relogement sont encore sur le départ alors que toutes les autres ont bénéficié d’une installation dans les quartiers environnants.

L’édifice plutôt délabré est quant à lui prêt à être réhabilité et restauré. Selon les plans antérieurs, il devrait accueillir une résidence d’artistes en lien avec le palais Khereddine voisin et offrir un nouveau pôle culturel municipal.

Pour rappel, le palais Khereddine qui accueille le musée de la Ville de Tunis et le bâtiment voisin qui a longtemps hébergé l’ancienne école israëlite faisaient tous les deux partie de la propriété morcelée du ministre Khereddine.

Après avoir servi de tribunal – d’où le nom de la rue – puis d’école, une partie de la propriété est devenue le musée actuel.

Désaffecté depuis plusieurs décennies, l’édifice qui abritait l’école a été squatté en 2011 et a enfin pu être récupéré par la municipalité de Tunis en 2026.

Reste une question : l’ancienne école désormais dans le giron municipal est-elle toujours destinée à une fonction de résidence artistique ?

Nous devrions le savoir dès que les édiles s’exprimeront à propos de la reprise en main de l’édifice.

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La rue a parlé, le pouvoir n’a toujours rien compris

20. Oktober 2026 um 16:00

Des milliers de personnes ont défilé samedi 17 octobre à Tunis. Cela faisait longtemps qu’un vent de liberté aussi fort n’avait pas soufflé sur le pays. Les slogans emblématiques de la contestation populaire ont été repris à pleins poumons par une foule chauffée à blanc. « On nous a affamés, puis jetés en prison. » Il n’en...

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Quand Trump exploite le chaos français pour nourrir son obsession anti-immigration

20. Oktober 2026 um 10:36

À l’approche des élections de mi-mandat, Trump et son vice-président instrumentalisent les violences en France pour alimenter leur discours anti-immigration. Au risque d’occulter les causes sociales et économiques de la crise.

 

Avec son cortège de magasins pillés, de vitrines éventrées et de scènes de désolation, la journée du 17 octobre 2026 a donné à Paris et à plusieurs grandes villes françaises des allures de champ de bataille, comme si manifestants et forces de l’ordre s’étaient livrés à une véritable bataille rangée. Des images de chaos qui resteront gravées dans la mémoire de nombreux Français, mais qui ont également frappé les esprits à l’étranger.

Lecture idéologique

Aux États-Unis, Donald Trump n’a pas tardé à chausser ses lunettes idéologiques pour interpréter ces scènes de chaos à sa façon.

« La France brûle ! », a-t-il écrit lundi 19 octobre sur son réseau Truth Social, en dénonçant les violences survenues dans plusieurs villes françaises. « L’immigration de personnes issues d’un monde totalement différent, des personnes animées par la haine, a détruit ce pays autrefois si grand », a-t-il affirmé. « Fermez vos frontières et reprenez le contrôle, avant qu’il ne soit trop tard », a-t-il exhorté aux autorités françaises. « Ce qui se passe en France est lié à l’immigration, pas aux écoles ni à quoi que ce soit d’autre : c’est l’immigration », a-t-il encore écrit, rejetant ainsi les explications liées aux difficultés du système éducatif et aux revendications sociales.

Et d’avertir sans vergogne que « Paris sera bientôt une ville musulmane », établissant un lien entre immigration, islam et transformations démographiques.

Au-delà de ce constat alarmiste, le président américain en a profité pour attaquer la politique migratoire française, qu’il présente comme l’une des principales causes de ces violences. Il incrimine notamment une immigration venue d’« un monde totalement différent », dans une allusion à peine voilée aux jeunes des banlieues issus de l’immigration maghrébine.

Plus grave encore, Donald Trump reprend à son compte une théorie complotiste et raciste selon laquelle une élite chercherait délibérément à remplacer les populations occidentales blanches par des populations non européennes, majoritairement musulmanes.

Pourtant, il faut bien signaler que rien ne permet d’établir un lien entre ces violences et l’immigration. Les autorités françaises pointent plutôt du doigt des groupes d’ultragauche, des bandes de casseurs et de pilleurs, ainsi que des « factieux », pour reprendre le terme employé par Emmanuel Macron. Autrement dit, les faits incriminés relèvent avant tout de troubles à l’ordre public, et non d’un problème migratoire.

Discours électoraliste

Même son de cloche de la part du  vice-président J.D. Vance, qui a d’ailleurs bondi sur l’actualité française pour tenter un retour sur le devant de la scène médiatique. En effet, le conservateur de 42 ans sait que les élections de mi-mandat risquent de coûter cher aux républicains, et il ne s’est pas fait beaucoup entendre au sujet de la guerre en Iran ou de celle en Ukraine.  Or, en partageant les images de la mairie de Limoges et en accusant « les progressistes occidentaux » d’avoir « importé le tiers-monde au nom de la diversité », il a surtout cherché à présenter les émeutes françaises comme un avant-goût de ce qui attendrait les États-Unis si les démocrates revenaient au pouvoir. Ces derniers sont régulièrement accusés par le camp républicain de faire preuve de laxisme en matière d’immigration.

« J.D. Vance, avance William Genieys qui rédige une biographie du vice-président américain, s’est toujours présenté comme le porte-parole de la classe ouvrière blanche qui serait menacée de “déclassement“ ». Et d’ajouter : « D’ailleurs, lors de son fameux discours à Munich en février 2025, il s’était déjà permis de critiquer les gouvernements européens, responsables à ses yeux de laxisme envers l’immigration qui menacerait le mode de vie des blancs-chrétiens. Les récents commentaires du vice-président américain sont dans la droite ligne idéologique de ce discours qui avait fait couler beaucoup d’encre en Europe », a-t-il conclu.

Pour sa part, Elon Musk n’a pas laissé passer l’occasion de s’emparer des violences françaises pour alimenter son discours anti-immigration. Le patron de Tesla et de SpaceX  s’était déjà exprimé le 6 octobre au début du mouvement lycéen, assurant que cette colère n’avait rien à voir… avec les lycéens, mais tout avec « une lente invasion ».

Sur X, le milliardaire a relayé des images spectaculaires des pillages et des incendies, notamment celles des mairies de Limoges et de Marseille, en donnant aux événements une interprétation centrée sur l’immigration et l’insécurité. Une lecture qui rejoint celle de Donald Trump, au risque de réduire une crise complexe à une explication essentiellement migratoire.

Instrumentalisation

Comment expliquer l’intérêt soudain des deux têtes de l’exécutif américain – tous les deux malmenés dans les sondages – pour la crise française qu’ils brandissent comme une nouvelle illustration du prétendu déclin européen provoqué par l’immigration ? Par le calendrier qui leur offre une occasion inespérée : à deux semaines des élections américaines de mi-mandat, les violences en France deviennent une arme politique de plus pour justifier leur discours de fermeté migratoire.

Au final, la crise française est utilisée comme une mise en garde. Entre les lignes, Donald Trump et J.D. Vance assurent que si les électeurs ne votent pas pour des candidats prônant une fermeté absolue à l’égard des immigrés, ce qui se passe en France va arriver aux États-Unis. Et peu importe que cette lecture occulte les ressorts profonds de la crise française, à savoir le ras-le-bol d’une jeunesse frustrée et inquiète pour son avenir, la flambée du coût de la vie ou encore le rejet des mesures d’austérité envisagées par le gouvernement. Au risque de détourner le débat des causes sociales et politiques de la colère pour le ramener à leur obsession migratoire.

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Nostalgies : Les terrasses de nos enfances

20. Oktober 2026 um 10:01

Il pleut et il continue à faire chaud. Le ciel s’est obscurci, les nuages lourds et la pluie drue. Je m’abrite sous un porche alors que la pluie redouble d’intensité. Je suis durablement coincé sous mon porche car maintenant, il pleut des cordes alors que ruisseaux et gouttières débordent en mares et en cascades. Pas question de quitter mon abri à moins de subir ce qui est en train de devenir une tempête. Des grêlons commencent à tomber et me disent soudain comment une brève bourrasque peut devenir une madeleine de Proust.

Je retrouve une photo de la fin des années soixante. Je suis avec mon ami Robert, sur la terrasse de sa maison, rue de l’Hiver, à Bab Djedid. Ce jour-là, la grêle était tombée comme de la neige et nous avions joué à la ramasser à la pelle.

Crédit : Hatem Bourial

Cette photographie a réveillé un volcan de sensations. La terrasse au carrelage rouge était aussi bien notre terrain de jeux que notre observatoire. Agiles comme des chats, nous aimions escalader tout ce qui pouvait l’être et avions notre repaire dans une buanderie, entre les objets remisés et les bassines qui servaient à laver le linge. Là-haut, nous admirions les couleurs changeantes des terrasses voisines où séchaient le couscous, les tomates ou la laine des matelas.

De ce sémaphore impromptu, nous plongions nos regards dans les cours des immeubles et les terrains vagues qui nous entouraient. Cette terrasse était notre coin de paradis et il suffisait de quelques marches à gravir pour nous y retrouver, aériens et libres, dans un éden de pacotille mais retranchés dans nos rêves. Comme quoi si le battement d’aile d’un papillon peut provoquer une tempête lointaine, l’association d’un grêlon et d’une photo peut elle, faire jaillir la lave du souvenir.

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Bassem Loukil, un patron de plus en prison

19. Oktober 2026 um 15:59

Mercredi 14 octobre, à la veille d’un jour férié, l’homme d’affaires Bassem Loukil a été placé en détention sur décision du juge d’instruction du pôle judiciaire économique et financier. Il est poursuivi notamment pour blanchiment d’argent, infractions à la réglementation des changes et corruption. L’information est passée presque inaperçue. Quelques articles dans la presse, peu de...

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TRIBUNE – Sociétés communautaires : du financement public à la viabilité économique territoriale

19. Oktober 2026 um 16:12

Le Projet de loi de finances pour 2027 (PLF 2027), déposé à l’Assemblée des représentants du peuple le 14 octobre 2026 et transmis à la Commission des finances et du budget le 16, prévoit un renforcement du soutien financier aux sociétés communautaires. Ses articles 20 et 21 proposent respectivement une dotation supplémentaire de 35 millions de dinars au profit de leur ligne de financement et la création d’une nouvelle ligne de 5 millions de dinars destinée à soutenir l’autofinancement de leurs promoteurs. Cette dernière prévoit des prêts sans intérêts et sans exigence de garanties pour l’année 2027. Le projet propose également de prolonger le dispositif concerné jusqu’au 31 décembre 2028.

 

À la date du 18 octobre 2026, ces dispositions relatives aux sociétés communautaires demeurent celles d’un projet de loi en cours d’examen parlementaire. Au-delà de l’effort budgétaire annoncé, une question fondamentale mérite d’être posée : faciliter l’accès au financement suffit-il à assurer la viabilité des projets et leur contribution durable au développement régional ?

L’expérience économique montre que l’allègement des contraintes financières initiales ne garantit ni la rentabilité opérationnelle ni la pérennité d’une entreprise. Entre la disponibilité du crédit et la création effective de valeur, toute une chaîne de conditions économiques, techniques et commerciales doit être maîtrisée.

 

Le financement sans garantie n’efface pas le risque économique

La première clarification concerne la nature même du risque. L’absence de garanties classiques ou de charges d’intérêts peut alléger les contraintes qui pèsent sur les promoteurs. Elle ne supprime cependant ni les coûts d’exploitation, ni les besoins de trésorerie, ni les dépenses de maintenance, ni l’obligation de rembourser le capital emprunté selon les conditions convenues. Un projet qui ne génère pas des revenus suffisants pour couvrir ses charges et financer son développement demeure économiquement fragile, quelles que soient les conditions de son financement initial.

Le risque serait donc de confondre l’accès au crédit avec la réussite entrepreneuriale, ou de mesurer l’efficacité du dispositif au seul nombre de sociétés créées. Une telle approche privilégierait la performance administrative du guichet au détriment de la performance économique des projets. La société communautaire ne peut se limiter à un instrument de soutien social ou à un mécanisme temporaire de résorption du chômage. Sa vocation économique suppose une activité productive réelle, une organisation capable de maîtriser ses coûts et une offre répondant à des besoins identifiés. L’enjeu n’est pas uniquement de mobiliser des ressources publiques, mais de les convertir en capacités productives durables, en revenus locaux et en emplois pérennes.

 

De l’initiative locale à l’intégration dans les chaînes de valeur

La viabilité d’une société communautaire dépend d’abord de son insertion dans une économie réelle. Un projet ne peut être conçu indépendamment de son environnement territorial, des ressources disponibles, des concurrents et des débouchés commerciaux. Les filières de valorisation agricole, de transformation agroalimentaire, des énergies renouvelables, de la gestion des déchets, de l’artisanat à valeur ajoutée ou des services logistiques de proximité peuvent offrir des perspectives intéressantes. Leur potentiel ne doit toutefois pas être présumé : il doit être établi à partir d’études de marché, de données territoriales et d’une appréciation réaliste de la demande solvable.

La question déterminante n’est donc pas seulement ce qu’une société communautaire souhaite produire, mais ce qu’elle peut vendre, à quel prix, à quels clients et dans quelles conditions de rentabilité. Cette exigence conduit à privilégier les projets qui s’insèrent dans des chaînes de valeur existantes ou qui répondent à des besoins insuffisamment couverts. Elle invite également à rechercher des complémentarités avec les entreprises privées, les exploitations agricoles, les structures coopératives et les opérateurs publics, plutôt qu’à multiplier des initiatives isolées. Le développement territorial gagne en efficacité lorsque les projets s’articulent avec une stratégie économique locale cohérente.

 

Du financement à l’accompagnement : une chaîne de responsabilité

Le deuxième impératif est celui de l’ingénierie de projet. L’adhésion collective et la motivation des promoteurs constituent des atouts, mais elles ne remplacent ni les compétences techniques ni la maîtrise de gestion. L’octroi de financements à des conditions préférentielles doit s’accompagner d’une évaluation rigoureuse des projets : étude de marché, prévisions de trésorerie, calcul des coûts de revient, identification des risques, choix des équipements et définition des responsabilités de gestion.

Les structures d’accompagnement doivent dépasser une logique essentiellement administrative d’instruction des dossiers. Leur intervention doit contribuer à préparer les projets, à renforcer les capacités des équipes dirigeantes et à suivre les premières étapes de l’exploitation.

Cette démarche implique une répartition claire des responsabilités. Les promoteurs doivent assumer la gestion quotidienne et la transparence financière. Les structures d’appui doivent fournir un accompagnement technique adapté. Les organismes chargés du financement doivent évaluer les risques selon des critères explicites et suivre l’utilisation des fonds. Enfin, les autorités publiques doivent apprécier les résultats obtenus au regard des objectifs économiques et territoriaux poursuivis. L’accompagnement ne doit pas devenir une tutelle permanente. Il doit permettre aux sociétés communautaires d’acquérir progressivement l’autonomie nécessaire à leur fonctionnement dans des conditions économiques normales.

 

Produire ne suffit pas : il faut accéder aux marchés

Le troisième impératif concerne les débouchés. Une société peut disposer d’un financement, d’équipements et de compétences sans parvenir à commercialiser sa production. L’absence de clients réguliers, les délais de paiement, les coûts logistiques ou l’insuffisance des circuits de distribution peuvent rapidement compromettre son équilibre financier. La viabilité suppose donc de construire, dès la conception du projet, une stratégie commerciale crédible. Celle-ci peut reposer sur des contrats avec des acheteurs identifiés, l’intégration dans des circuits de distribution régionaux, des partenariats avec des entreprises établies ou la fourniture de biens et de services à des opérateurs publics et privés.

L’accès à la commande publique peut également constituer une perspective, dans le respect des règles applicables, de la concurrence et de la transparence. Il ne saurait toutefois se substituer à une véritable capacité commerciale ni garantir artificiellement la survie de projets insuffisamment compétitifs. La cohérence entre financement, accompagnement et accès aux marchés constitue ainsi une condition essentielle de réussite. Si l’une de ces composantes fait défaut, les ressources mobilisées risquent de produire des résultats inférieurs aux ambitions affichées.

 

Mesurer la performance par la valeur créée

La politique de soutien aux sociétés communautaires doit enfin s’appuyer sur des indicateurs permettant d’apprécier les résultats au-delà du volume des financements accordés et du nombre de structures enregistrées. Quatre dimensions méritent une attention particulière : le taux de survie des sociétés à trois et cinq ans, le taux de remboursement effectif des prêts, le coût public par emploi durable créé et la valeur ajoutée générée dans les territoires concernés.

Ces indicateurs doivent être complétés par le suivi du chiffre d’affaires, de la productivité, de la régularité des revenus, de la part des emplois maintenus après la phase initiale de soutien et de la capacité des entreprises à financer leurs besoins courants. Un tel dispositif permettrait de distinguer les projets qui progressent vers l’autonomie économique de ceux qui nécessitent une restructuration, une réorientation ou un accompagnement supplémentaire.

Il suppose également de prévoir des mécanismes de suivi transparents, des évaluations périodiques et une publication régulière des résultats agrégés. La qualité de la dépense publique se mesure autant à la pertinence de son allocation qu’à l’impact effectivement obtenu.

 

Faire de l’ambition locale une capacité productive durable

Les dispositions financières proposées dans le PLF 2027 peuvent contribuer à lever des obstacles importants à la création et au développement des sociétés communautaires. Leur portée dépendra toutefois de la capacité des acteurs concernés à transformer ces ressources en activités économiquement viables. Le succès ne se jouera pas au seul moment de l’attribution des crédits. Il se construira dans la qualité des projets sélectionnés, la compétence des équipes, la maîtrise des charges, l’accès aux marchés et la capacité à générer des revenus suffisants pour assurer la continuité de l’exploitation.

La souveraineté économique territoriale ne se décrète pas par la seule disponibilité du financement. Elle se construit par une ingénierie d’exécution qui relie les ressources publiques aux besoins du marché, les initiatives locales aux chaînes de valeur et les objectifs sociaux aux résultats économiques mesurables.

La réussite d’une société communautaire ne se mesure pas à sa création, mais à sa capacité à créer durablement de la valeur pour son territoire.

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