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Météo : températures jusqu’à 26 degrés

27. Februar 2026 um 07:45

Le temps sera marqué ce vendredi par la formation de brume localement dense durant la matinée, avant l’apparition de quelques nuages sur l’ensemble du territoire, selon les prévisions de l’Institut national de la météorologie. Le vent soufflera du secteur sud-est, faible à modéré, tandis que la mer sera calme à peu agitée. Les températures maximales […]

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Salma Charni : « IFRS 9 est un miroir que les banques tunisiennes refusent de regarder »

27. Februar 2026 um 08:25

Les banques tunisiennes nagent dans les liquidités — et pourtant, l’économie réelle en est privée. C’est l’un des paradoxes les plus frappants que révèle Salma Charni, économiste et experte en gestion des risques et Data, dans une étude réalisée pour Maxula Bourse sur le secteur bancaire tunisien entre 2019 et 2024.

Le diagnostic est sévère : un taux de créances non performantes à 12,3 % en 2024, bien au-dessus des pays comparables de la région MENA, des banques qui financent davantage l’État que les entreprises et les ménages, et une dette publique portée à 80,3 % du PIB. Dans ce contexte, l’experte ne mâche pas ses mots : le secteur ne souffre pas d’un manque de capital, mais d’un mauvais usage du capital.

S’appuyant sur le modèle CAMEL, elle établit un classement des banques cotées qui consacre un podium inattendu, et identifie des vulnérabilités précises chez certains établissements que l’on croyait pourtant au-dessus de tout soupçon.

Sur la norme IFRS 9, dont l’adoption est désormais exigée par la BCT (Banque centrale de Tunisie), Salma Charni dissipe les craintes avec des chiffres à l’appui — en citant notamment l’expérience marocaine — et retourne l’argument : loin de fragiliser les bilans, la norme pourrait devenir un levier de performance pour les banques tunisiennes. À condition, prévient-elle, d’agir sans délai.

L’intégralité de cet entretien avec Salma Charni sera publiée dans le prochain numéro de L’Économiste Maghrébin, N° 940.

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L’usine de Gabès ne fermera pas !

27. Februar 2026 um 08:06

La justice a refusé de suspendre en urgence l’activité de l’usine d’engrais phosphatés de Gabès ; usine, rappelons-le, faisant partie du Groupe chimique tunisien (GCT), est accusée depuis des années de polluer l’environnement et de nuire à la santé des habitants.

En effet, regroupés dans le collectif “Stop Pollution“, les plaignants demandaient l’arrêt temporaire du site en attendant une décision définitive sur sa fermeture, reprochant à l’usine de rejeter depuis des décennies des déchets toxiques, notamment du phosphogypse contenant des métaux lourds comme l’arsenic et le cadmium. Ces rejets seraient liés à de nombreux cas de cancers et de maladies respiratoires dans les quartiers voisins.

Malgré des manifestations massives l’an dernier, lesquelles avaient nécessité l’intervention du président de la République, Kaïs Saïed, avec la création d’une commission spéciale dirigée par Ali Ben Hammoud, le tribunal a estimé que les preuves présentées n’étaient pas suffisantes pour prouver un préjudice immédiat. Autrement dit, l’usine de Gabès continuera de fonctionner et donc de polluer. Au grand dam des Gabésiens.

Mais pas pour décourager les plaignants qui ont annoncé leur intention de faire appel. Et comme l’on pouvait s’y attendre, à Gabès, la décision a provoqué une forte colère. Les habitants disent vouloir poursuivre leur mobilisation et réclament le démantèlement des unités les plus polluantes.

Notons que le phosphate constitue un secteur clé de l’économie nationale, ce qui rend le dossier particulièrement sensible.

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Tunisie 2025 – tout est dit ? La stagnation tranquille ou le vertige de l’immobilité

27. Februar 2026 um 06:00

Il est des moments où les chiffres cessent d’être de simples indicateurs pour devenir des révélateurs. Ils ne mesurent plus seulement l’activité, ils mesurent l’espérance. La croissance de 2,5 % enregistrée en Tunisie en 2025 n’est pas une mauvaise nouvelle en apparence. Elle signifie que l’économie n’a pas reculé. Elle signifie que le pays tient encore debout. Mais elle révèle aussi, et surtout, que la Tunisie ne court plus. Elle marche. Lentement. Trop lentement pour rattraper le temps perdu, trop lentement pour absorber les fractures accumulées depuis plus d’une décennie.

Car derrière ce chiffre modeste se cache une vérité plus profonde : la Tunisie est entrée dans une zone grise de son histoire économique. Une zone où l’effondrement est évité, mais où le redressement ne commence jamais vraiment.

 

Depuis plusieurs années, l’économie tunisienne semble engagée dans une stratégie implicite de préservation. L’essentiel est sauvé: la continuité de l’État, la stabilité du système financier, la capacité à honorer les engagements essentiels, la prévention d’une crise monétaire majeure. Mais cette stabilisation, si elle est nécessaire, ne constitue pas un projet économique. Elle est une ligne de défense, pas une ligne d’horizon.

Dans le contexte international récent, cette posture apparaît encore plus clairement. Le monde, après avoir traversé le choc inflationniste mondial provoqué notamment par la pandémie, la désorganisation des chaînes logistiques et les tensions énergétiques liées aux conflits géopolitiques, entame progressivement une phase de normalisation. Les taux d’inflation ralentissent, les flux d’investissement se redéployent, et certaines économies émergentes renouent avec des dynamiques plus soutenues.

La Tunisie, elle, demeure dans une phase intermédiaire. Elle ne subit plus le choc, mais elle ne bénéficie pas encore du rebond. Elle absorbe les ondes de la reprise mondiale sans en capter pleinement l’énergie.

Cette situation traduit une faiblesse structurelle : l’incapacité à transformer les phases de stabilisation en cycles d’expansion. 

La croissance sans emploi : le symptôme d’un modèle épuisé

Une croissance de 2,5 % pourrait être encourageante si elle s’accompagnait d’une amélioration tangible de l’emploi. Or, le chômage demeure proche de 16 %, révélant une déconnexion inquiétante entre l’activité économique et la création d’emplois.

Ce phénomène n’est pas conjoncturel. Il est structurel. Il traduit l’épuisement progressif d’un modèle de croissance qui ne repose plus sur l’expansion de la production, mais sur la gestion des équilibres existants.

L’économie tunisienne produit, mais elle ne se transforme pas suffisamment. Elle maintient ses capacités, mais elle ne les élargit pas. Elle préserve son tissu productif, mais elle ne le renouvelle pas à la vitesse nécessaire.

 

Une croissance de 2,5 % pourrait être encourageante si elle s’accompagnait d’une amélioration tangible de l’emploi. Or, le chômage demeure proche de 16 %, révélant une déconnexion inquiétante entre l’activité économique et la création d’emplois.

 

Or, une économie qui ne renouvelle pas ses capacités finit inévitablement par perdre sa capacité à créer de la prospérité. Elle entre dans un cycle d’inertie où chaque année ressemble à la précédente, où les indicateurs oscillent sans jamais s’améliorer significativement.

Cette stagnation est particulièrement lourde de conséquences pour les jeunes générations. Chaque année, des milliers de nouveaux diplômés entrent sur le marché du travail avec l’espoir d’une insertion économique. Mais l’économie, faute de croissance suffisante, ne peut absorber ces nouvelles compétences. Le chômage devient alors non seulement un problème économique, mais un facteur de désillusion sociale.

Le verrou monétaire : quand le coût de l’argent freine l’avenir

La politique monétaire restrictive, nécessaire pour contenir les pressions inflationnistes et stabiliser la monnaie, a produit un effet paradoxal. En protégeant la stabilité financière, elle a contribué à freiner l’investissement productif.

Le crédit est devenu cher. L’investissement est devenu risqué. L’expansion est devenue incertaine.

Dans ce contexte, les entreprises hésitent à investir. Elles privilégient la prudence à l’ambition, la consolidation à l’expansion. Le secteur privé, qui devrait être le moteur de la croissance, devient un acteur défensif, concentré sur sa survie plutôt que sur son développement.

Ce phénomène (effet d’éviction de l’investissement privé) est accentué par l’absorption croissante des ressources financières par l’État. Face à des besoins de financement importants, le Trésor mobilise l’épargne nationale, réduisant la disponibilité du crédit pour le secteur productif.

Ce mécanisme crée une forme de cercle fermé. L’État se finance pour maintenir la stabilité. Mais ce financement limite la capacité de l’économie à croître, ce qui réduit à terme les ressources futures de l’État lui-même.

La stabilité d’aujourd’hui se fait au détriment de la croissance de demain. 

 

L’investissement absent : le cœur du blocage économique

Le taux d’investissement, oscillant autour de 15 % du PIB, constitue l’un des indicateurs les plus révélateurs de la situation actuelle. Ce niveau est très insuffisant pour moderniser l’appareil productif, améliorer la productivité et soutenir une croissance durable.

L’investissement est le carburant de la croissance. Il détermine la capacité d’une économie à se renouveler, à innover, à créer de nouvelles opportunités. Sans investissement, la croissance devient un phénomène passif, dépendant de facteurs externes ou temporaires.

L’insuffisance de l’investissement en Tunisie reflète un climat d’incertitude prolongé. Les investisseurs attendent des signaux clairs, une visibilité, une stabilité réglementaire, une cohérence stratégique. En l’absence de ces éléments, l’attentisme prévaut.

Or, l’attentisme est l’ennemi de la croissance.

 

Le piège extérieur : une souveraineté économique sous contrainte

Le déficit commercial structurel rappelle une autre réalité fondamentale : la Tunisie consomme plus qu’elle ne produit. Cette dépendance vis-à-vis des importations expose l’économie aux fluctuations internationales et limite sa souveraineté économique.

Chaque hausse des prix énergétiques, chaque tension sur les marchés internationaux, chaque perturbation logistique se répercute directement sur l’économie nationale.

Dans un monde où les rapports de force économiques se redéfinissent, où les nations cherchent à sécuriser leurs chaînes de valeur et à renforcer leur autonomie stratégique, cette dépendance constitue une vulnérabilité majeure.

La souveraineté économique ne se décrète pas. Elle se construit par la production, l’innovation et l’investissement.

 

Le déficit commercial structurel rappelle une autre réalité fondamentale : la Tunisie consomme plus qu’elle ne produit. Cette dépendance vis-à-vis des importations expose l’économie aux fluctuations internationales et limite sa souveraineté économique.

 

Le coût invisible de l’attente : l’érosion progressive du potentiel

Le danger le plus profond n’est pas la crise, mais l’érosion lente du potentiel économique. Une économie qui croît faiblement pendant une longue période accumule un retard difficile à rattraper.

Les entreprises perdent en compétitivité. Les talents cherchent des opportunités ailleurs. Les infrastructures vieillissent. L’innovation ralentit. La confiance s’érode.

Ce processus est silencieux, mais ses effets sont durables.

La Tunisie n’est pas confrontée à un effondrement brutal. Elle est confrontée à un affaiblissement progressif. Et cet affaiblissement, s’il se prolonge, peut devenir structurel.

 

Le moment du choix : entre continuité et transformation

L’économie tunisienne se trouve aujourd’hui à un carrefour. Elle peut continuer sur sa trajectoire actuelle, préserver ses équilibres, éviter les chocs, maintenir une croissance modeste. Cette trajectoire garantit la stabilité à court terme, mais elle prolonge la stagnation.

Ou elle peut engager une transformation plus profonde, fondée sur l’investissement, la productivité et l’intégration dans les nouvelles dynamiques économiques mondiales.

 

Car au fond, la question n’est pas de savoir si la Tunisie peut croître. Elle le peut. La question est de savoir si elle choisira de le faire.

 

Cette transformation exige du temps, de la cohérence et de la confiance. Elle exige une vision claire et une capacité à dépasser la gestion quotidienne pour construire une trajectoire de long terme.

Car au fond, la question n’est pas de savoir si la Tunisie peut croître. Elle le peut. La question est de savoir si elle choisira de le faire.

La croissance de 2,5 % n’est pas une fin. Elle est un signal. Un signal que l’économie est encore vivante, mais qu’elle attend une impulsion. Un signal que la stagnation n’est pas une fatalité, mais une transition.

L’histoire économique montre que les nations ne déclinent pas par manque de ressources, mais par manque de décision. La Tunisie possède encore les atouts nécessaires pour transformer son destin économique.

Mais le temps, lui, n’attend pas. 

 

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain

D’Economie Financière (IAEF-ONG)

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Le Sénégal émet une dette obligataire régionale de 362 millions de dollars

27. Februar 2026 um 08:18

Le gouvernement sénégalais a lancé jeudi sa première émission obligataire publique de l’année pour lever 200 milliards de francs CFA (362 millions de dollars. Après la crise de mauvaise communication de données sur la taille réelle de sa dette, réellement non encore résolue, Dakar a préféré s’appuyer sur un financement régional. L’accès aux financements du Fonds monétaire international demeure encore verrouillé.

En effet, l’institution financière multilatérale a suspendu en 2024 son programme triennal de 1,8 milliard de dollars après qu’une nouvelle administration a découvert des milliards de dollars de dettes non déclarées. Le résultat est que le poids de la dette sénégalaise a atteint 132% du produit intérieur brut fin 2024. Le gouvernement et le FMI travaillent actuellement sur cette affaire et à élaborer un nouveau programme.

Le pays dépend depuis l’année dernière du marché obligataire régional, ainsi que des titres de créance destinés aux investisseurs particuliers, pour répondre à ses besoins budgétaires.

Il ne s’agit pas d’une mission facile, le marché montrant des signes de saturation. Sur un montant de 95 milliards programmé le 12 décembre 2025 par l’ensemble des pays de l’UEMOA, seuls 35 milliards ont été effectivement mobilisés et les coûts sont croissants. Continuer à refinancer la dette sur ce marché dans ces conditions ne fait que transférer le risque souverain vers les bilans des banques régionales, créant une fragilité systémique.

L’émission sénégalaise comporte des maturités réparties en quatre tranches (maturités de 3, 5, 7 et 10 ans) avec un coupon compris entre 6,4 et 6,95%. Les ressources mobilisées contribueront au financement des besoins budgétaires pour l’année 2026. Les souscriptions se poursuivront jusqu’au 19 mars.

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Jeûne du Ramadan | Prudence pour les insuffisants cardiaques  

27. Februar 2026 um 08:18

«Le Ramadan est un mois de spiritualité, mais aussi un moment qui modifie profondément nos habitudes alimentaires, hydriques et de sommeil. Chez le patient insuffisant cardiaque, ces changements peuvent être neutres… ou parfois déstabilisants», note Dr Faouzi Addad, professeur en cardiologie, qui donne dans le post Facebook reproduit ci-dessous des indications et des conseils pour les patients atteints du cœur en vue d’un jeûne sans problèmes.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que le jeûne entraîne une réduction des apports hydriques pendant la journée avec augmentation de la viscosité sanguine ; une concentration hormonale différente (en particulier le système rénine-angiotensine) ; une modification du rythme veille-sommeil ; et parfois des excès alimentaires le soir.

Chez un patient stable, cela peut être bien toléré, mais chez un patient fragile, cela peut favoriser la déshydratation, l’hypotension, l’insuffisance rénale fonctionnelle et une surcharge si excès de sel à l’iftar, le repas de rupture du jeûne.

Pour le traitement, il y a quelques principes simples à suivre et des règles à respecter : les diurétiques plutôt après l’iftar ; l’hydratation répartie entre iftar et souhour ; une surveillance quotidienne du poids ; et un contrôle de la tension et du pouls.

Cependant, il convient d’arrêter le jeûne immédiatement s’il y a un essoufflement inhabituel, une prise de poids rapide (>2 kg en 48h), malaise, vertige ou fatigue extrême.

Au final l’idée qu’un patient insuffisant cardiaque ne doit jamais jeûner est fausse : si la maladie est stable et suivie médicalement, cela peut être possible, mais la décision doit être personnalisée, jamais automatique.

Le Ramadan n’est pas une épreuve pour le cœur. Il doit être vécu avec sagesse, équilibre et avis médical.

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Gabès et la nouvelle culture protestataire en Tunisie

27. Februar 2026 um 07:45

Comment la campagne Stop Pollution–Gabès transforme-t-elle un épisode de pollution aiguë en conflit socio-écologique structuré ? C’est pour répondre à cette question que l’auteur a réalisé une étude publiée en anglais publiée sur le site de l’Arab Reform Initiative, dont nous avons traduit les extraits ci-dessous.

Sofiane Jaballah *

Depuis l’implantation du complexe chimique en 1972,Gabès s’est imposée comme l’un des foyers emblématiques de la conflictualité écologique en Tunisie. La dégradation progressive des oasis, la pollution atmosphérique et marine, la multiplication des maladies respiratoires et des cancers ont façonné, chez une partie de la population, le sentiment de vivre dans un territoire sacrifié au nom d’un modèle de développement imposé d’en haut. Cette situation nourrit un vécu d’injustice environnementale et de vulnérabilité sociale, où se croisent enjeux sanitaires, économiques, territoriaux et symboliques.

Un moment de rupture

Les épisodes d’asphyxie collective de l’automne 2025, touchant notamment des élèves, s’inscrivent dans ce contexte de crise prolongée, mais prennent la forme d’un moment de rupture : un événement qui rend visible ce qui était déjà ressenti, et qui transforme un risque chronique en sujet de conflit public.

C’est dans cette séquence que la campagne Stop Pollution–Gabès se déploie, au croisement entre mobilisation citoyenne, production de contre-discours et remise en cause du modèle chimico-industriel dominant.

Ce papier analytique et critique, se propose d’interroger ce que cette campagne fait à la fois au conflit écologique local, et à la culture contestataire tunisienne. Il s’agit d’en analyser les formes d’action, les cadrages, les acteurs et les registres de politisation qu’elle met en jeu, dans un contexte national marqué par la fermeture du champ politique et la recomposition des modes de protestation.

Les questions de recherche peuvent être formulées ainsi : Comment la campagne Stop Pollution–Gabès transforme-t-elle un épisode de pollution aiguë en conflit socio-écologique structuré ? Quels cadrages du problème, quels adversaires, quels horizons de solution construit-elle, et avec quels répertoires d’action ? Comment cette campagne redéfinit-elle les formes de politisation en Tunisie post-2011, en contestant moins un gouvernement qu’un modèle de développement, et en faisant de la revendication d’un air respirable et d’une vie sans cancer un nouveau langage du politique ?

Recomposition de la culture contestataire

La séquence ouverte à Gabès à l’automne 2025 montre que l’on ne peut plus saisir les mobilisations locales uniquement à partir des vieux schèmes de la «protestation sociale» pour l’emploi ou contre la cherté de la vie.

En transformant un épisode aigu de pollution, des asphyxies d’élèves, des fuites de gaz, une panique sanitaire, en campagne de mouvement social structurée, Stop Pollution-Gabès donne à voir une recomposition profonde de la culture contestataire tunisienne.

La campagne ne surgit ni dans le vide, ni sur le seul registre de l’émotion : elle s’inscrit dans une histoire longue d’injustice environnementale documentée par la recherche, dans des décennies de sacrifices imposés au nom de l’industrialisation, et dans un sentiment durable de relégation territoriale. C’est parce que ce «déjà-là» scientifique, sanitaire et social existe que l’événement de 2025 peut fonctionner comme bifurcation et non comme simple fait divers.

L’analyse a montré que Stop Pollution-Gabès répond aux critères d’une campagne de mouvement social au sens de Tilly et Tarrow : séquence de revendications publiques continues, cadrage cohérent du problème, désignation d’adversaires, répertoire d’action diversifié, alliances multi-sectorielles, inscription dans la durée.

Le travail de cadrage est central : diagnostic d’un modèle de développement toxique, identification de responsables (complexe chimique, choix étatiques, déni institutionnel), formulation d’un horizon alternatif fondé sur le droit à la vie, à la santé et à un environnement non mortifère. Cette opération de framing permet de passer d’une indignation localisée à une cause partagée, trans-classe et trans-générationnelle, dont les slogans, les visuels et les hashtags fixent la grammaire («Nous voulons vivre» ; «Gabès s’asphyxie» ; «Démanteler les unités »).

Loin d’être «apolitique», cette campagne repolitise autrement : non pas en se positionnant sur l’axe classique régime/opposition, mais en contestant le cœur des politiques publiques de développement.

La comparaison avec la [campagne protestataire antérieure] Manich Msameh éclaire cette spécificité. Là où Manich Msameh visait un objectif défensif et ad hoc, empêcher une loi de réconciliation perçue comme un retour des élites corrompues, Stop Pollution–Gabès porte un projet de transformation radicale du modèle socio-économique. Moins politisé en apparence (absence de partis, de mots d’ordre sur le changement de régime, revendication d’«apolitisme»), le mouvement est en réalité plus politique dans son contenu : il ne conteste pas seulement un texte de loi ou un gouvernement, mais un régime de production du social qui accepte la maladie et la mort comme externalités ordinaires de la croissance. La revendication ne porte plus sur «plus d’emplois» dans un complexe chimique premier employeur de la région, mais sur le refus d’un emploi et d’une richesse qui tuent. En ce sens, Gabès propose une bifurcation écologique de la contestation.

Un projet de transformation radicale

Le rôle de certains acteurs collectifs et individuels, comme l’UGTT régionale et des figures civiques, apparaît décisif dans cette transformation. La centrale syndicale confère au mouvement un surcroît de légitimité, de capacité d’organisation et de puissance numérique, en certifiant que la cause écologique relève aussi de la justice sociale et du monde du travail. De son côté, un ingénieur-activiste comme Ammar incarne la montée en puissance d’un leadership expert qui articule contre-expertise scientifique, indignation morale et répertoires numériques, reliant l’échelle locale à des registres transnationaux de justice environnementale. Ensemble, ces ressources prolongent le conflit au-delà du moment de crise, le traduisent en campagne d’un mouvement social et lui donnent une épaisseur stratégique qui dépasse largement la seule réaction à l’événement.

Enfin, la trajectoire de la relation entre Stop Pollution-Gabès et la présidence de la République montre comment un conflit socio-écologique peut reconfigurer les lignes de la légitimité politique.

En ouvrant la «boîte de Pandore» par un second discours qui criminalise implicitement la mobilisation, le président rompt symboliquement avec une partie de la population de Gabès qui voyait encore en lui un possible allié. Celui qui se disait porteur de la volonté populaire devient, pour beaucoup, l’incarnation d’un État qui persiste à asphyxier une région au nom de la rentabilité industrielle.

La politisation se déplace alors : du modèle de développement vers la figure présidentielle elle-même, sans que le mouvement ne bascule pour autant dans une opposition partisane classique. C’est là l’un des apports majeurs de ce cas : montrer comment, dans la Tunisie post-2011, la conflictualité écologique devient un nouveau langage du politique, capable de déplacer les frontières entre gouvernants et gouvernés, entre «peuple» et «élites», entre centre et périphérie.

Cet article invite à considérer Gabès non comme une «exception écologique», mais comme un laboratoire socio-politique. Il suggère que les futurs conflits centraux ne porteront peut-être plus d’abord sur le partage du pouvoir institutionnel ou sur la seule question de l’emploi, mais sur la possibilité matérielle de vivre, de respirer et de rester sur place. Autrement dit, la lutte de Gabès ne réclame pas seulement la fermeture d’unités polluantes : elle met en scène, au présent, une bataille pour définir ce que «vivre dignement» signifie dans une Tunisie traversée par la crise climatique, les inégalités territoriales et l’épuisement des modèles de développement hérités.

Au-delà de l’analyse rétrospective, la séquence ouverte par Stop Pollution–Gabès invite à une projection prudente mais sociologiquement fondée. Par sa structuration horizontale, son inscription territoriale profonde et la nature même de ses revendications, la campagne semble porteuse d’un horizon stratégique difficilement neutralisable par les instruments classiques du pouvoir.

Revendiquer le droit de respirer, de vivre sans maladie et sans mort prématurée, ne renvoie ni à une idéologie ni à une doctrine religieuse, il s’agit d’une exigence vitale, transversale, qui excède les clivages politiques ordinaires et échappe aux dispositifs habituels de délégitimation.

Forte de plus d’une décennie d’expérience militante, de savoirs accumulés, de mémoire des promesses non tenues et de pratiques de mobilisation éprouvées, Stop Pollution–Gabès ne se contente plus de réagir aux crises ; elle anticipe, documente, organise et inscrit le conflit dans la durée.

Face à un système politique qui multiplie les tactiques de court terme sans proposer de stratégie crédible de sortie du modèle extractiviste, la campagne dessine progressivement un futur possible : celui d’une ville affranchie du complexe chimique, non comme utopie abstraite, mais comme trajectoire construite par la praxis collective. En ce sens, Gabès avance, lentement, «conflictuellement», mais résolument, vers la reconfiguration de son destin urbain, écologique et social, faisant de la justice environnementale non plus une revendication marginale, mais un principe organisateur du devenir politique local.**

* Sociologue, chercheur à l’Institut de recherche sur le Maghreb contemporain (IRMC-Tunis).

** Le titre et les intertitres sont de la rédaction.

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Brouillard matinal puis temps calme : jusqu’à 26 degrés attendus aujourd’hui en tunisie

Von: balkis T
27. Februar 2026 um 07:46

La Tunisie connaîtra ce matin des conditions marquées par la présence de brouillard, localement dense, avant une amélioration progressive au fil de la journée. Selon les prévisions météorologiques, le temps deviendra ensuite peu nuageux sur l’ensemble du territoire. Le brouillard sera parfois épais durant les premières heures de la matinée, ce qui pourrait réduire temporairement […]

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Frappes sur Kaboul : Pakistan annonce une guerre ouverte contre les Talibans

Von: balkis T
27. Februar 2026 um 07:31

Les tensions entre Islamabad et Kaboul ont franchi un seuil critique. Le ministre pakistanais de la Défense, Khawaja Asif, a annoncé une « guerre ouverte » contre le gouvernement afghan, tandis que des avions pakistanais ont mené dans la nuit de vendredi des frappes aériennes visant la capitale Kaboul ainsi que les provinces de Kandahar […]

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Tunisie – Crédits immobiliers : le coup de frein

27. Februar 2026 um 05:20

Pour la première fois depuis la révolution de 2011, l’encours de crédits immobiliers enregistre une baisse annuelle. Fin 2025, l’encours total des crédits immobiliers accordés aux particuliers s’établissait à 13,325 milliards de dinars, contre 13,523 milliards un an plus tôt. Cette contraction de 197,6 millions de dinars constitue un signal pour l’ensemble du secteur.

 

Ce recul n’est pas anodin. Il intervient dans un contexte de crise profonde du logement, où l’offre comme la demande semblent s’être enrayées. Les banques, traditionnellement moteurs de l’accession à la propriété, n’ont pas assez de marge pour maintenir leur activité dans ce segment stratégique.

 

Les causes d’une crise de l’accession

Plusieurs facteurs expliquent cette défiance des ménages tunisiens vis-à-vis du crédit immobilier. L’explosion des prix de l’immobilier rend l’achat inaccessible pour une majorité de la population. Le coût du foncier a été multiplié plusieurs fois, tandis que les matériaux de construction ont suivi une courbe ascendante tout aussi vertigineuse.

 

Lire aussi: Crise du logement locatif en Tunisie : pour une réforme structurelle

 

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Un appartement standard qui se négociait autour de 200 000 dinars en 2010 atteint aujourd’hui facilement les 350 000 dinars. Dans le même temps, le pouvoir d’achat des Tunisiens s’est considérablement érodé.

À cela s’ajoute le coût élevé du crédit. Malgré une légère détente récente du Taux directeur, les taux d’intérêt bancaires restent perçus comme dissuasifs, de quoi refroidir les ardeurs des candidats à la propriété.

 

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Un appartement standard qui se négociait autour de 200 000 dinars en 2010 atteint aujourd’hui facilement les 350 000 dinars. Dans le même temps, le pouvoir d’achat des Tunisiens s’est considérablement érodé.

 

Le boom des crédits rénovation

Paradoxalement, si les crédits pour l’acquisition de logements neufs s’effondrent, ceux destinés à l’amélioration et la rénovation de l’habitat existant connaissent une progression. L’encours de ces crédits a bondi de 315,1 millions de dinars, atteignant 11,270 milliards.

Ce phénomène révèle une adaptation forcée des ménages face à la crise. Incapables de changer de logement pour s’agrandir, de nombreuses familles choisissent d’investir dans leur logement actuel. L’agrandissement par la construction d’un étage supplémentaire, par exemple, devient une alternative crédible à un déménagement trop coûteux.

A tenir compte ici du fait que ces crédits servent parfois à financer des dépenses de consommation courante, faute de pouvoir accéder à d’autres formes de financement. Une façon de détourner l’usage du crédit pour faire face aux imprévus du quotidien.

 

L’épargne logement n’avance plus

Dans ce contexte, le recul de l’épargne logement apparaît comme une conséquence logique. Les mécanismes sont simples. Quand les ménages perdent leur capacité d’épargne, ils souscrivent moins de plans d’épargne logement, et quand les perspectives d’achat s’éloignent, l’intérêt de bloquer son argent sur un produit d’épargne longue diminue mécaniquement.

Les chiffres confirment cette tendance. La capacité d’épargne des ménages tunisiens s’est effondrée. Dans ces conditions, l’épargne-logement devient la variable d’ajustement par excellence, sacrifiée sur l’autel des dépenses courantes jugées plus urgentes.

 

Lire également : 5 000 logements d’ici 2030 pour les revenus faibles et moyens

 

La capacité d’épargne des ménages tunisiens s’est effondrée. Dans ces conditions, l’épargne-logement devient la variable d’ajustement par excellence, sacrifiée sur l’autel des dépenses courantes jugées plus urgentes.

 

Des mesures pour 2026

Face à ce constat alarmant, l’État et les professionnels du secteur tentent de réagir. Parmi les leviers actionnés, la réforme du FOPROLOS. L’objectif est d’utiliser ce fonds pour garantir des crédits immobiliers à des taux préférentiels pour les salariés. De quoi redonner un peu d’air à ceux qui peinent à boucler leur plan de financement.

Il y a aussi la nouvelle formule de location-vente qui peut changer la donne si l’offre de logements sociaux est suffisante. Tout dépend réellement du foncier, et le rôle de l’Etat à ce niveau est clé, vu ses réserves.

 

Quelle issue pour le marché immobilier tunisien ?

Ce que nous observons aujourd’hui dépasse le simple coup de mou conjoncturel. Il s’agit d’une mutation structurelle du marché immobilier tunisien, dont les conséquences pourraient se faire sentir pendant des années.

 

La tendance à la baisse des crédits et de l’épargne logement pourrait bien se confirmer, avec le risque de mettre fin à un modèle d’accession à la propriété qui avait structuré la société tunisienne pendant des décennies.

 

D’un côté, une génération entière de jeunes semble définitivement exclue du rêve de la propriété. Les prix sont trop élevés, les revenus trop faibles, les crédits trop chers. De l’autre, ceux qui possèdent déjà un toit s’accrochent et l’adaptent tant bien que mal, faute de pouvoir envisager un déménagement. La tendance à la baisse des crédits et de l’épargne logement pourrait bien se confirmer, avec le risque de mettre fin à un modèle d’accession à la propriété qui avait structuré la société tunisienne pendant des décennies.

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Libye – Tripoli : Quatre enfants blessés dans l’explosion de restes de guerre

27. Februar 2026 um 01:57

En Libye, le Service de la police judiciaire a annoncé qu’une explosion de restes de guerre s’était produite dans la ferme d’un citoyen, dans la zone d’Aïn Zara, faisant quatre enfants blessés. Les premières constatations indiquent que l’explosion a été provoquée par des munitions non explosées présentes sur le terrain de la ferme. Les enfants […]

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Tunisie: Les grandes lignes des préparatifs à la saison touristiques

27. Februar 2026 um 00:45

Le ministère du Tourisme et de l’Artisanat a annoncé qu’une séance de travail s’est tenue aujourd’hui, jeudi 26 février 2026, sous la présidence du ministre du Tourisme. Elle a été consacrée au suivi de la mise en œuvre du plan de promotion sur les marchés extérieurs et à l’examen de la participation tunisienne aux grandes […]

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