L’industrie minière tunisienne se retrouve une fois de plus sous le feu des projecteurs internationaux suite à l’annonce par la société australienne PhosCo Ltd, cotée à la Bourse de Sydney, de résultats d’exploration jugés «de haute qualité» sur le prospect King’s Eye, également connu sous le nom d’Aïn El Bey, au sein du projet Simitu, dans le nord-ouest de la Tunisie.
Selon la société, les résultats concernent des échantillons de roche sélectionnés et ne constituent pas encore une ressource minérale certifiée.
Les données publiées indiquent des concentrations de cuivre allant jusqu’à 21,3 %, des teneurs en argent supérieures à 100 grammes par tonne et des teneurs en zinc dépassant la limite supérieure d’analyse de 30 %.
Du plomb (jusqu’à 12,65 %) et de l’antimoine (jusqu’à 1,49 %) ont également été détectés, éléments qui renforcent l’intérêt géologique du site, mais ne confirment pas, à ce stade, la viabilité économique du gisement.
Le projet Simitu, détenu à 100 % par PhosCo, s’inscrit dans la stratégie de l’entreprise, jusqu’ici principalement axée sur les phosphates tunisiens. PhosCo se présente comme un opérateur spécialisé dans le développement d’un portefeuille de phosphates dans le bassin nord tunisien, avec le projet Gasaat comme actif le plus avancé.
D’après les informations disponibles, les échantillons proviennent d’affleurements, d’anciennes exploitations minières et de résidus issus d’activités minières antérieures.
Les analyses révèlent la présence de deux systèmes minéralisés distincts : un système sulfuré, riche en cuivre, antimoine, arsenic et argent, et un second système contenant des oxydes de zinc et du plomb.
Cette découverte souligne l’intérêt potentiel de la région de Jendouba et du nord-ouest, une zone historiquement moins médiatisée que les pôles phosphatés du centre-ouest et du sud du pays.
La prudence reste toutefois de mise. Dans le secteur minier, les échantillons de roche sélectionnés peuvent présenter des concentrations très élevées car ils sont prélevés dans les zones les plus minéralisées visibles en surface. Passer d’un résultat prometteur à une évaluation économique nécessite des forages, une modélisation géologique, une estimation des ressources, des études métallurgiques, des évaluations environnementales et l’obtention des autorisations administratives.
Pour la Tunisie, la confirmation éventuelle d’un système polymétallique à cuivre, argent, zinc et plomb revêtirait une importance économique et stratégique majeure, à l’heure où le cuivre et le zinc sont essentiels à la demande mondiale d’électrification, de réseaux, de batteries et d’infrastructures industrielles.
Soixante-dix ans au cours desquels le Corriere di Tunisi est devenu le symbole vivant d’une italianité qui n’a jamais cessé de regarder la Méditerranée comme un espace commun de langue, de culture et de civilisation partagée. Soixante-dix ans qui ont maintenu vivante la langue de Dante entre les deux rives de la Méditerranée, à travers l’indépendance tunisienne, la diaspora de la communauté italienne historique, les révolutions politiques et la révolution numérique.
Le Corriere di Tunisi — fondé en 1956 par Giuseppe Finzi, héritier d’une tradition typographique issue du Risorgimento, et dirigé aujourd’hui par Silvia Finzi — est l’unique journal en langue italienne d’Afrique du Nord et du monde arabe. Une anomalie extraordinaire, un bastion culturel, un pont.
Pour célébrer cette étape historique, Tunis devient pendant trois jours — du 21 au 23 mai 2026 — un carrefour de voix, de mémoires et de perspectives.
Au Complexe de Sainte-Croix, au cœur de la médina, aura lieu la Célébration du 70e anniversaire du Corriere di Tunisi.
Un programme qui entremêle colloque académique international, table ronde avec les protagonistes du journalisme italien, expositions documentaires, cinéma, musique et littérature.
Une histoire qui vient de loin
La presse en langue italienne en Tunisie n’est pas née en 1956 : elle plonge ses racines en 1838, année de publication de la première feuille italienne à Tunis. Entre le XIXe et le XXe siècle, plus de 120 titres italiens ont fleuri en Tunisie — une présence que la France coloniale a étouffée par la force, supprimant systématiquement les journaux italiens pour limiter l’influence culturelle de la péninsule. Ce n’est qu’en 1956, avec l’indépendance tunisienne et la détente diplomatique entre Rome et Paris, qu’il fut possible de raviver cette flamme. C’est Giuseppe Finzi qui s’en chargea, descendant de Giulio Finzi, un carbonaro livournais ayant fui en Tunisie après les mouvements de 1820-21, et qui avait fondé à Tunis une typographie destinée à durer deux siècles. Le premier numéro du nouveau Corriere di Tunisi parlait déjà de la Tunisie libre et indépendante.
Depuis lors, le journal n’a jamais cessé de paraître, passant de main en main au sein de la même famille : de Giuseppe à son fils Elia — l’un des fondateurs de la Fédération unitaire de la presse italienne à l’étranger (Fusie) — et enfin à Silvia, italianiste, professeure d’université, gardienne tenace d’un titre qui est à la fois une archive et un laboratoire vivant.
Histoire, journalisme et culture
L’ouverture de la manifestation, le mercredi 21 mai, réunira autour d’une même table les représentants des principales institutions italiennes et tunisiennes impliquées dans la promotion de la langue et de la culture italiennes : de l’ambassade d’Italie à l’Institut Culturel Italien, de la Société Dante Alighieri au ministère italien de la Culture, des Archives Nationales Tunisiennes à la Chambre tuniso-italienne de commerce et d’industrie.
Une ouverture qui en dit déjà long sur la dimension institutionnelle et bilatérale de cet anniversaire.
Le cœur de ces trois journées est un colloque international d’études qui retrace soixante-dix ans d’histoire du journal à travers les contributions de chercheurs et d’universitaires de Tunisie, d’Italie et de France. Les sessions — articulées en trois périodes chronologiques, de 1956 à nos jours — aborderont des thèmes allant du rôle du Corriere dans le maintien de l’italianité dans la Tunisie postindépendance, à l’impact des médias italiens sur les lecteurs tunisiens italophones, jusqu’à l’utilisation du journal comme outil pédagogique dans les universités. Une analyse historique qui est aussi une réflexion sur le présent : que signifie aujourd’hui faire du journalisme en italien au Maghreb ?
Une table ronde tentera de répondre à cette question avec certains des protagonistes du journalisme italien : des journalistes de Repubblica, du Corriere della Sera et de l’agence Italpress échangeront sur l’avenir d’un titre en langue italienne au sud de la Méditerranée, entre limites structurelles, nouvelles opportunités numériques et collaborations possibles. Un débat qui aura aussi un goût de souvenir : celui d’Elia Finzi, figure centrale de l’histoire du journalisme italien à l’étranger.
La dimension culturelle de la manifestation s’exprime également à travers deux expositions documentaires — l’une consacrée aux soixante-dix ans du Corriere, l’autre aux présences italiennes en Tunisie à travers les siècles, organisée par les Archives Nationales Tunisiennes — ainsi qu’à travers un concert nocturne dédié à Francesco Santoliquido, compositeur italien qui vécut et travailla longtemps à Tunis, figure emblématique de cette osmose créative fertile entre les deux rives.
Pour clôturer ces trois jours, deux moments littéraires : la remise des prix du concours «Un récit pour le Corriere di Tunisi», qui a invité les auteurs à se confronter à la mémoire et à l’identité méditerranéenne, et la présentation de ‘‘Le ragazze di Tunisi’’ (Les filles de Tunis), le nouveau roman de Luca Bianchini publié chez Mondadori en février 2026, en dialogue avec le directeur de l’Institut Culturel Italien, Fabio Ruggirello.
Bastion de la langue italienne en Méditerranée
Le cas du Corriere di Tunisi n’est pas seulement une histoire de famille et de ténacité éditoriale. C’est aussi l’histoire d’une langue qui possède des racines profondes en Méditerranée méridionale et un avenir encore ouvert. En Tunisie, l’’italien est aujourd’hui enseigné dans près de 300 lycées et compte plus de 500 enseignants diplômés et habilités ; la Société Dante Alighieri est présente dans le pays depuis 1892. Pourtant, la survie d’un titre journalistique dans cette langue — avec une rédaction de quatre personnes et 4.000 exemplaires distribués entre la Tunisie, l’Italie, la France et l’Afrique — reste un défi quotidien contre la marginalisation économique, la dispersion du public et la concurrence du numérique.
Célébrer les soixante-dix ans du Corriere di Tunisi, c’est donc aussi s’interroger sur ce que signifie, aujourd’hui, produire de l’information en italien hors des frontières nationales ; sur le rôle que peuvent jouer les grands titres italiens pour soutenir cet écosystème ; sur la manière dont la langue peut continuer à être un outil de dialogue et de compréhension entre des cultures qui partagent la même mer. Des questions urgentes, dans une Méditerranée qui peine à se raconter de l’intérieur.
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Stephen Gordon, directeur général de la recherche chez Clarksons, présentait les catégories de navires qui sont les gagnantes incontestées des taux de fret du premier trimestre, le 3 avril.
M. Gordon précise que les premiers mois de 2026 ont été marqués par des développements géopolitiques. Lesquels sont une fois de plus au premier plan, avec des turbulences importantes qui ont encore compliqué le marché.
Les troubles sans précédent au Moyen-Orient– par exemple, le blocus du détroit d’Ormuz et les risques pour la sécurité maritime dans la région au sens large– ont affecté les flux de marchandises, le marché du transport maritime et le secteur de l’énergie, qui est en plein essor…
Dans ce contexte, les pétroliers affichent les meilleures performances, avec des recettes moyennes de 82 000 $ par jour. Les VLCC font encore mieux, avec 200 000 $ par jour. Tandis que les Suezmax et les Aframax battent des records avec 300 000 $.
Concernant le marché spot du GNL, Clarksons note que, malgré un début d’année 2026 difficile, les prix ont explosé en mars avec le déclenchement de la guerre. Ce qui a fait grimper les tarifs de fret à 30 000 dollars par jour. Par ailleurs, le GPL a dépassé ses plus hauts niveaux des trois dernières années. Le conflit ayant entraîné une hausse des chargements. Le transport de vrac se situe à des niveaux inférieurs, mais en hausse sur un an, avec des tarifs de fret de 15 000 dollars par jour.
De son côté, le secteur du transport de conteneurs est resté robuste, les affrètements progressant même. Tandis que le fret a également enregistré des gains, profitant principalement de la hausse des prix du carburant et des perturbations logistiques. Cependant, comme l’a souligné M. Gordon, les taux de fret sont restés inférieurs aux niveaux records atteints pendant la pandémie.
En ce qui concerne les transporteurs de voitures, on a constaté une baisse significative de 95 % pour les navires passant par Ormuz. Alors qu’une activité significative a été observée dans les constructions neuves et les achats d’occasion.
Une période faste qui touche à sa fin ?
Cependant, cette période faste, engendrée par la rareté des navires disponibles– plusieurs étant bloqués à Ormuz– et accompagnée d’un climat d’inquiétude et d’instabilité, semble toucher à sa fin.
Cette situation s’explique par la baisse attendue des taux de fret des pétroliers, due au recul des exportations de pétrole brut et de produits raffinés du Moyen-Orient. Ce qui entraîne une augmentation du nombre de navires se dirigeant vers l’Atlantique. Cette évolution affectera principalement les pétroliers transportant du pétrole brut plutôt que des produits raffinés.
Par ailleurs, selon les estimations de BRS Shipbrokers, un écart devrait apparaître entre les taux de fret des pétroliers transportant du pétrole brut et ceux transportant des produits raffinés en Occident.
À titre d’exemple, on cite les pétroliers transportant du pétrole brut dans l’Atlantique, dont les tarifs ont chuté de 20 à 30 % depuis fin mars. En revanche, les tarifs des pétroliers transportant des produits raffinés dans l’Ouest ont été maintenus, voire augmentés. Ainsi, les bénéfices des transporteurs maritimes (MR) entre la côte américaine du golfe du Mexique et l’Europe du Nord-ouest ont atteint des niveaux records.
BRS maintient toutefois que les taux de fret continueront leur tendance à la baisse, à mesure que la flotte de navires sans cargaison continuera de croître.