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La pluie fait son retour : perturbations attendues dans ces régions 

07. Mai 2026 um 07:16

L’Institut national de la météorologie (INM) prévoit, pour ce jeudi, un temps partiellement nuageux sur la plupart des régions du pays, avant une nette intensification de la couverture nuageuse dans l’après-midi sur les zones ouest. Selon les prévisions de l’institut, des cellules orageuses locales accompagnées de pluies sont attendues, avec des précipitations pouvant être localement […]

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 Nacer Hachani : « L’augmentation de 5 % n’absorbera qu’une infime partie de l’inflation du quotidien »

07. Mai 2026 um 07:00

 

Dans une déclaration accordée à L’Économiste Maghrébin, Nacer Hachani, expert-comptable et partner chez i2h Consulting, dresse un constat mesuré mais sans complaisance. Le gouvernement a opté pour une trajectoire de stabilisation sociale prévisible, avec des hausses salariales nominales de 5 % par an sur trois années. Mais cette mécanique de compensation ne saurait masquer une réalité plus complexe : si les revenus nominaux progressent, le pouvoir d’achat réel des Tunisiens continue de se détériorer. Entre fragilité des PME, pressions inflationnistes multiples et compétitivité à l’export mise à rude épreuve, l’expert livre une lecture sans concession de la situation économique.

L’expert-comptable décrit une économie engagée dans une phase de stabilisation fragile, ni en crise ouverte, ni véritablement en reprise. Il relève quelques signaux positifs, à commencer par le recul de l’inflation, passée d’un pic de 7 % en 2024 à environ 5,5 %, avec une moyenne de 5,3 % sur l’année 2025. La croissance économique demeure positive, mais les projections du FMI, qu’il considère comme les plus prudentes, l’établissent à 2,1 %, bien en deçà des 3,3 % inscrits dans les hypothèses budgétaires de l’État. Cet écart traduit, selon lui, une incertitude structurelle : le pays n’atteint pas le niveau de croissance escompté.

La Tunisie dispose pourtant d’atouts réels, rappelle Nacer Hachani : les énergies renouvelables, les hautes technologies, les start-ups à forte valeur ajoutée, dont certaines se sont distinguées à l’échelle internationale et constituent des modèles sur lesquels il est possible de s’appuyer. Mais le pays manque encore de moteurs de croissance suffisamment solides et durables.

L’économie tunisienne fonctionne à deux vitesses, observe l’expert. Les grandes entreprises affichent des résultats positifs et des équilibres financiers solides. Les PME, en revanche, se trouvent dans une fragilité croissante sous l’effet de pressions accumulées : tensions géopolitiques au Moyen-Orient, hausse des prix du pétrole et des coûts de transport, rareté des matières premières. Ces facteurs conjugués les exposent à des difficultés financières de plus en plus significatives.

Des hausses salariales qui compensent sans vraiment réparer

Il ne s’agit pas d’une hausse de prospérité, mais d’une hausse de compensation, tranche Nacer Hachani. L’expert y voit avant tout une tentative de rattraper, au moins partiellement, plusieurs années d’inflation accumulée et de restaurer une fraction d’un pouvoir d’achat déjà érodé.

L’État a retenu une trajectoire lisible : 5 % de hausse nominale annuelle sur trois ans, applicable à l’ensemble des salariés, fonctionnaires, secteur privé, qu’ils relèvent ou non d’une convention sectorielle. Il tient cependant à souligner un point technique important : ces 5 % ne s’appliquent pas chaque année sur une base fixe, mais sur le salaire déjà revalorisé l’année précédente. Le total sur trois ans n’est donc pas de 15 % mais de 15,76 % en termes cumulés, une nuance qu’il juge essentielle pour que tant les employeurs que les salariés mesurent correctement l’ampleur réelle de la mesure.

5 % de hausse pour 8 % d’inflation alimentaire : l’équation impossible

Si le taux de revalorisation est de 5 %, l’inflation globale s’établit à 5,5 %, un écart déjà défavorable. Mais Nacer Hachani souligne que l’analyse doit aller plus loin : l’inflation alimentaire atteint 8,2 %, et c’est précisément ce poste qui pèse le plus dans le budget des ménages les plus modestes. L’habillement affiche, lui, une inflation de 9,3 %. En décomposant davantage les données alimentaires, l’expert relève des hausses de 16 % pour la volaille, 19 % pour les fruits et 13,5 % pour les légumes. Dans ce contexte, l’augmentation de 5 % n’absorbera qu’une infime partie de l’inflation du quotidien et ne suffira pas à couvrir la réalité du coût de la vie pour le Tunisien ordinaire.

Nacer Hachani reconnaît un avantage réel au dispositif retenu : sa prévisibilité permet aux entreprises de simuler leur trajectoire financière sur trois ans et d’identifier des marges de manœuvre sur d’autres postes de coûts. Mais l’impact, précise-t-il, varie sensiblement selon la taille et le modèle économique de chaque entreprise.

Pour les PME exportatrices, la situation est particulièrement préoccupante. Une hausse cumulée de 15,65 % de la masse salariale sur trois ans vient aggraver une série de pressions déjà lourdes : doublement du prix du baril de pétrole en quelques mois, coûts du transport maritime et des assurances en forte progression sous l’effet des tensions géopolitiques, rareté des matières premières, fiscalité alourdie par la récente hausse du taux de droit commun. L’expert estime que cette conjonction de facteurs pèse considérablement sur leur compétitivité à l’exportation.

La situation des PME orientées vers le marché intérieur est encore plus préoccupante, juge l’expert-comptable, dans la mesure où elles opèrent sur des modèles à faible valeur ajoutée, sans possibilité de compenser par une expansion internationale. Face à la hausse des charges salariales et à l’étroitesse du marché intérieur, ces entreprises n’auront d’autre choix que de comprimer leurs coûts. Nacer Hachani anticipe en conséquence un gel des recrutements, une montée du chômage et un recours accru au travail informel.

43 dinars de plus par mois : une augmentation que le quotidien absorbera vite

Sur le plan du revenu nominal, l’impact est positif : le salaire affiché sur la fiche de paie augmente. Mais en termes de pouvoir d’achat réel, l’effet demeure limité. L’expert-comptable illustre son propos par un exemple concret : un salarié touchant 1 000 dinars en 2025 percevra environ 1 043 dinars en 2026, soit 43 dinars supplémentaires par mois, un montant dont l’effet sur le panier quotidien reste très marginal. Des pressions inflationnistes importées, liées notamment à la hausse des prix du pétrole, commencent par ailleurs à se faire sentir et iront en s’amplifiant dans les prochains mois.

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