Sud-Liban : bombardements signalés autour de Tyr

© Mosaique FM

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Le recul de la liberté d’expression et la persistance des violences, notamment à l’encontre des femmes journalistes, s’installent comme des tendances préoccupantes du paysage médiatique
Rencontrée en marge de la conférence de presse au siège du SNJT, à l’occasion de la célébration de la journée mondiale de la liberté de la presse, Ayda Ben Chhabane a alerté sur ces phénomènes dans une déclaration à leconomistemaghrebin.com que « le recul de la liberté d’expression et les violences subies par les femmes journalistes sont aujourd’hui des constats préoccupants. On observe une ambiance de peur et d’effroi qui pousse beaucoup de personnes au silence, y compris par crainte pour leur avenir professionnel. Cette situation ne date pas d’hier, mais elle semble s’être aggravée et s’installer presque comme une normalité », précise-t-elle.
Elle note toutefois des progrès ont été accomplis dans la prise en charge des violences faites aux femmes. “Des structures spécialisées ont été mises en place, des policiers ont été formés, et des centres dédiés existent désormais pour accueillir et accompagner les victimes. « Ces dispositifs montrent qu’un travail est en cours et qu’il produit déjà certains effets. Cette réalité contribue à entretenir un climat de vulnérabilité, notamment pour les femmes dans l’espace public et politique”, ajoute-t-elle.
Cependant, le harcèlement en ligne demeure un problème majeur. Qu’il vise des journalistes ou des citoyennes, il continue d’alimenter une forme d’intimidation permanente, avec un sentiment d’impunité pour ceux qui en sont auteurs.
Au-delà de la répression, il faut s’attaquer aux causes profondes, insistent les expertes. La dramaturge Jalila Baccar met l’accent sur l’éducation. « Il faut aussi agir sur les causes profondes, en particulier les mentalités et les représentations culturelles. L’éducation est présentée comme un levier central, », nous rappelle Jalila Baccar. Elle souligne comme suit: “dès le plus jeune âge, car les normes transmises aux enfants jouent un rôle décisif dans la reproduction ou le dépassement de ces violences.”
Et de continuer: “tant que ces problèmes structurels ne sont pas traités en profondeur, le silence, la peur et l’impunité continueront de freiner la liberté d’expression et l’égalité entre les femmes et les hommes.Il est vrai qu’il faudrait une révolution culturelle. La question est de savoir comment la mettre en place. À mon sens, le plus grand problème, c’est l’éducation. Il faut commencer par là, car l’éducation ne débute pas seulement en première année primaire : elle commence bien avant, au sein de la famille.”
Au-delà de ce diagnostic, la question essentielle porte sur le rôle des parents. Ne sont-ils pas les premiers vecteurs pour transmettre des valeurs solides, comme le respect d’autrui, la tolérance et le civisme dans l’espace public, par exemple, ne pas jeter de papiers par terre ? Ils doivent faire preuve d’exemplarité. Mais il faut aussi s’interroger : qu’inculque-t-on vraiment aux enfants ? Qui les éduque au quotidien ?
A cette interrogation, Jalila Baccar répond: “Il suffit d’observer certaines fêtes de fin d’année dans les jardins d’enfants pour voir ce qu’on transmet aux petits à travers les rôles attribués au père et à la mère. On apprend parfois aux filles à se voiler dès l’âge de trois ou quatre ans, et cela participe aussi à une forme de conditionnement. Tout cela révèle une forme d’éducation confuse et mal construite. On forme les enfants de manière incohérente, et cela crée un cercle vicieux. Le problème commence par de petites habitudes ou de petits gestes, puis il s’installe progressivement et devient un véritable phénomène social.”
Selon elle, « une révolution culturelle s’impose, mais avant toute chose, elle doit d’abord passer par l’éducation » . Et de conclure: “Or, l’éducation ne commence pas à l’école primaire ; elle commence dès la petite enfance, dans la famille. Les parents ont un rôle central, mais il faut aussi s’interroger sur ce que l’on transmet réellement aux enfants. À travers certains modèles inculqués dès le plus jeune âge, notamment dans les jardins d’enfants, on reproduit parfois des schémas sociaux et des représentations figées des rôles du père, de la mère, des filles et des garçons. Cela entretient un cercle vicieux : on éduque mal, on reproduit les mêmes mentalités, puis on se retrouve face aux mêmes blocages sociaux.”
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Cela fait 33 ans que la Journée mondiale de la liberté de la presse est célébrée chaque 3 mai. Cette année, elle est consacrée sous le thème: « Façonner un avenir de paix ». Comme l’écrivait George Orwell : » La liberté, c’est la liberté de dire que deux et deux font quatre. Si cela est accordé, tout le reste suit. «
Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) dresse un état des lieux face aux menaces qui pèsent sur la sécurité et la vie des journalistes. Lors de la conférence de presse tenue la veille du 3 mail, son président a affirmé que les journalistes restent exposés à des pressions et à des menaces persistantes. Dans son rapport annuel, placé sous le thème « Le journalisme n’est pas un crime », le SNJT présente son rapport.
Le rapport 2025-2026 recense 154 atteintes contre des journalistes, 55 violences directes, 21 cas de harcèlement ou de menaces en ligne, 14 poursuites judiciaires et 5 condamnations à des peines privatives de liberté.
Au cours de cette période, l’exercice du journalisme a été confronté à des difficultés croissantes, touchant à la fois le cadre législatif et institutionnel. Les principales complications ont concerné la définition du statut de journaliste ainsi que des entraves illégitimes à l’exercice de la profession, révélant un environnement de travail instable sur les plans juridique et professionnel.
Le président du SNJT, Zied Dabbar, a dressé un état des lieux difficile de la situation des journalistes, marqué par la précarité professionnelle, la baisse du pouvoir d’achat et les tensions liées aux négociations sociales, notamment en l’absence de publication de l’accord-cadre. Il a également souligné la fragilité économique du secteur médiatique, avec le risque de fermetures d’entreprises et de recul du journalisme d’information sérieux.
Il a aussi évoqué un climat de pression sur la profession, « à travers des poursuites, des détentions, des empêchements de travail, des agressions, ainsi que des campagnes de dénigrement et de harcèlement en ligne, particulièrement contre les femmes journalistes. Selon lui, la baisse du nombre d’agressions ne traduit pas nécessairement une amélioration réelle, mais peut aussi découler d’obstacles croissants à l’exercice du métier. »
Enfin, Zied Dabbar a insisté sur le fait « qu’un journalisme libre et crédible ne peut exister durablement sans conditions de travail stables, sans protection effective des journalistes et sans un environnement marqué par moins de peur et de pression. »

Le droit d’expression est un droit pour tous, “Tout individu a le droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit”, selon l’article 19 de la déclaration universelle des droits des l’Homme.
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Die Berufung des Thronfolgers durch König Mohammed VI. in die Führungsstruktur der Streitkräfte folgt einem bewährten dynastischen Muster und festigt die institutionelle Stabilität des Königreiches in einer geopolitisch sensiblen Phase. Rabat – Es ist eine Personalie von höchster symbolischer und staatspolitischer Tragweite: Mit der Ernennung von Kronprinz Moulay El Hassan zum Koordinator der Büros und […]
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Donald Trump, ci-devant président des Etats-Unis d’Amérique, superpuissance d’antan en voie de déclin, semble avoir trouvé l’abracadabra magique pour faire débourser, pays et personnes physiques, un milliard de dollars pour obtenir la permission de siéger indéfiniment à son Conseil de paix, dont il est le président, le secrétaire général, le trésorier et le garde-chiourme. Donald va crouler sous le poids du billet vert. Sésame ouvre-toi ! (Trump en mode Ali Baba et les 40 voleurs, image générée par IA).
Mohsen Redissi *

Oncle Donald, en maître de cérémonie et profitant de sa présence à la plus grande concentration de chefs d’Etats, de têtes couronnées et d’hommes d’affaires pour faire du porte-à-porte d’un genre nouveau. Le temps lui est compté. Un coup de maître, la charte de son Conseil de la paix a été signée lors de la dernière réunion annuelle du Forum économique mondial, Davos, Suisse, 19-23 janvier 2026.
Trump a volé, tout d’abord, du temps et de la disponibilité des pays signataires de la charte, en jouant aisément au commis voyageur, lui le promoteur immobilier invétéré. Un désir pressant le pousse à faire d’une pierre deux coups : assister aux réunions et ratisser large en harcelant les plus sceptiques. Avec plus de 2500 participants, il avait l’embarras du choix. Trump n’est pas à sa première «quête».
Robin des bois, ou Arsène Lupin
Le maître des brigands, Robin des bois, aurait rougi de honte. Heureusement le Capitole veille au grain. Les parlementaires américains, très proches de leurs électeurs en situation précaire, ont vite fait d’arrêter une opération frauduleuse du locataire de la Maison blanche.
Pour tenir une promesse faite lors de la séance inaugurale du Conseil pour la paix, le 22 janvier 2026, Trump a piqué, sans vergogne et sans mettre de gants, dans les caisses et les programmes du département d’État. Il a détourné des fonds alloués aux démunis pour renflouer les caisses de son tout nouveau Conseil : $1,25 milliards initialement pour l’assistance internationale en cas de catastrophes, $200 millions pour les opérations de maintien de la paix et $50 millions réservés aux programmes d’échanges internationaux.
Trump Baba pioche, trempe dans des eaux troubles et détourne les caisses des pauvres pour renflouer les tiroirs caisses de son Conseil de paix, comme le résume très bien la sagesse populaire tunisienne «Secouer la gourde et verser dans le bassin». Une contradiction flagrante de la devise des deux maîtres brigands. Le congrès, le contre-pouvoir de l’exécutif en Amérique, veille au grain. Il ne s’est pas laissé intimider par ce vol à l’étalage. Il a aussitôt réagi à cette dérobade en gelant le transfert.

D’après la chaîne libanaise AlManar, citant Nickolay Mladenov, haut-commissaire chargé de la gestion des fonds collectés pour Gaza, les caisses sont vides. Donald Trump, président du Conseil, a fait transférer au profit d’Israël 17 milliards de dollars, initialement prévus pour l’acheminement d’aide et le lancement de chantiers pour la reconstruction de Gaza.
Notre président serait-il le Robin des Bois des temps modernes, défenseur des opprimés… israéliens ? En dépouillant les riches, il engraissait les pauvres en distribuant le butin de son larcin ? Ou serait-il alors Arsène Lupin ? Le gentleman cambrioleur, qui ne s’attaquait qu’aux plus riches ? Pour qui sonne le glas ?
Bernard l’Hermite
D.T. a jeté son dévolu sur l’U.S. Institute of Peace, temple de la réflexion, désormais rebaptisé Donald J. Trump U.S. Institute of Peace par respect à son altesse. La mégalomanie du locataire de la Maison blanche n’a aucune limite. Devenu Maître de céans, il a vite fait de virer un bon nombre du personnel et du corps enseignant, les plus réticents, ceux qui ne cadrent pas dans sa vision de la paix. Tout personnage allergique aux idées Maga en définitive, faisant ainsi de la prestigieuse institution une coquille vide.
Son nom est devenu un label et une forme de fabrique. Les doléances de la famille Kennedy sont restées sans réponse comme il a fait la sourde oreille aux interventions. Dirigé par ses proches, le conseil d’administration du John F. Kennedy Center for the Performing Arts l’a rebaptisé Trump-Kennedy Center. Une décision qui n’a pas fait que des heureux.
On a volé le marteau de Thor !
Dans un tour de passe-passe, il a fait disparaître le marteau en or massif utilisé pour annoncer l’ouverture de la première séance du Conseil de paix. Le marteau le plus cher au monde, il vaut son pesant d’or. Son larcin le plus audacieux et le plus précieux.
A la séance de clôture, sans gêne aucune, il dit à son vice-président que le marteau lui a tapé dans l’œil et qu’il a la ferme intention de le «privatiser». D’après des sources proches de la présidence, Trump est un adorateur de tout ce qui brille, sans pour autant être un orfèvre. Il se barre avec le marteau qui n’a servi que deux fois, à l’ouverture et à la clôture du conseil. Trois coups à l’ouverture et trois coups à la clôture. Un six coups pour un ricain, c’est payer cher le carat. Il est le président, le secrétaire général, le trésorier et le garde-chiourme du Conseil de la paix.
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Maroc : Mohammed VI nomme le prince héritier Moulay El Hassan à un poste militaire stratégique
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Parlement : Sadok Mourali attendu pour répondre aux questions des députés
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Lire plus tardFace aux tensions sur l’approvisionnement énergétique, le Royaume-Uni ajuste ses règles du transport aérien. Le ministère britannique des Transports a annoncé autoriser temporairement les compagnies à regrouper des passagers de plusieurs vols sur un nombre réduit d’appareils, afin de limiter la consommation de carburant et d’éviter des perturbations durant la saison estivale. Une mesure pour éviter les vols à moitié vides Concrètement, les compagnies pourront fusionner des vols ayant la même destination le même jour, en transférant les passagers vers un autre avion équivalent. L’objectif est d’éviter les décollages avec des appareils partiellement remplis ou l’annulation de vols […]
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Lire plus tardUn nouveau développement diplomatique pourrait marquer un tournant dans la guerre entre les États-Unis et l’Iran. Selon plusieurs médias iraniens, Téhéran a transmis à Washington, via le Pakistan, une proposition détaillée en 14 points visant à mettre fin définitivement au conflit, en réponse à une offre américaine composée de 9 points. D’après les agences Fars News Agency et Tasnim News Agency, la proposition iranienne dépasse le cadre d’un simple cessez-le-feu temporaire. Elle vise une résolution complète et durable de la guerre, avec un calendrier clair. Alors que la proposition américaine évoquait un cessez-le-feu de deux mois, Téhéran insiste […]
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Samedi 2 mai 2026, le comité directeur du Club Running de Bizerte a tenu une conférence de presse pour lever le voile sur les préparatifs de son prochain semi-marathon, rendez-vous sportif majeur pour la région, qui se tiendra le 10 mai.

Le Dr Mohamed Gabsi, figure emblématique des courses sportives, a souligné le dynamisme croissant de l’association, qui compte plus de 100 membres actifs, 15 000 suiveurs et plus de 5 000 inscrits potentiels pour la deuxième édition du semi-marathon de Bizerte, laquelle proposera quatre courses (1 km Kids, 5 km, 10 km et 21 km), avec 2 500 dossards disponibles — une nette progression par rapport à la première édition du 15 juin 2025, enrichie cette année par l’ajout d’une épreuve de 10 km à la demande des participants.
Ponctuant les échanges de son éloquence habituelle, Maître Mohamed Rached Sfaxi est intervenu tout au long de la conférence pour apporter des éclairages précieux et lever le voile sur les points techniques et juridiques singuliers de l’organisation
Cette édition sera dédiée à la mémoire du martyr, le sergent Ali Khaterchi, né le 20 août 1977 et assassiné le 1er janvier 2015 par des terroristes.
Cette édition se déroulera au village sportif de Sidi Salem, sur le site de l’Astrolabe, où la cérémonie débutera à 7h avec l’accueil des athlètes, suivie de l’hymne national à 7h50, avant le coup d’envoi de la première course à 8h, tandis que la distribution des prix est prévue à 9h.
Cette manifestation vise principalement à promouvoir l’hygiène et la santé, à valoriser le potentiel touristique de la région, à sensibiliser à la protection de l’environnement et à contribuer au dynamisme économique local.
Des points d’animation sont prévus tout au long du parcours afin de stimuler et d’encourager les athlètes.
Pour assurer le succès de cette édition, une véritable dynamique de solidarité s’est déployée avec la mobilisation de 120 volontaires issus d’un réseau d’associations locales engagées, parmi lesquelles figurent l’Amicale des anciens de l’armée nationale, «C’est à vous de changer Bizerte», le Croissant-Rouge, les Scouts de Tunisie (région de Bizerte), Two H Design, Radio Oxygène, Meneurs d’allure Tunisie, Les Coureurs de Cœur, Cap Ambulance et la salle de sport Joker.
Témoignant de l’attractivité croissante de la compétition, le peloton présentera cette année un caractère résolument cosmopolite, avec la participation d’athlètes venus de divers horizons, notamment d’Algérie, de Libye, du Maroc, de France, de Belgique, de Grande-Bretagne, d’Inde, d’Indonésie et du Japon.
Côté partenariats, l’événement franchit un nouveau palier avec une mobilisation digne des plus grandes compétitions internationales : un effort de sponsoring remarquable a permis de fédérer un nombre record de partenaires, témoignant de la confiance et de l’intérêt croissant des acteurs économiques pour ce semi-marathon.
Lotfi Sahli
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Il y a des mers qui séparent, et d’autres qui obligent les hommes à se regarder. La Méditerranée appartient à cette seconde catégorie. Vue de loin, elle semble tracer une frontière nette entre deux rives : au nord, l’Europe chrétienne, latine, grecque, romane ; au sud et à l’est, le monde arabe, berbère, musulman, mais aussi juif, copte, syriaque, ottoman, africain. Pourtant, dès que l’on s’approche de son histoire réelle, dès que l’on quitte les cartes politiques pour entrer dans les ports, les marchés, les livres, les prières, les cuisines, les chansons et les mots de tous les jours, cette frontière se brouille. La Méditerranée n’est pas une ligne de séparation. Elle est une immense zone de frottement, de passage, de traduction et de métissage.
Zouhaïr Ben Amor *

Depuis l’Antiquité, cette mer a moins isolé les peuples qu’elle ne les a mis en relation. Elle a transporté des marchandises, bien sûr : blé, huile, vin, épices, tissus, métaux, céramiques. Mais elle a surtout transporté des croyances, des alphabets, des rites, des langues, des formes d’art, des manières de prier et de nommer le monde.
Fernand Braudel a montré que la Méditerranée n’est pas seulement un espace géographique : c’est une civilisation lente, faite de montagnes, de ports, de routes, de saisons, de mémoires superposées (Braudel, 1949). Cette lenteur explique peut-être pourquoi les religions et les langues ne s’y effacent jamais complètement. Elles s’y déposent comme des couches successives. Une mosquée peut garder le souvenir d’une basilique ; une église peut reprendre les colonnes d’un temple antique ; une langue peut porter dans sa bouche les traces d’une autre langue qu’elle croyait avoir oubliée.
La Méditerranée est donc une mer de brassage parce qu’elle a toujours mis en contact des mondes qui se pensaient différents, parfois ennemis, mais qui finissaient malgré tout par s’emprunter des mots, des techniques, des récits et des gestes. Elle est une mer paradoxale : lieu de guerre et de commerce, de conquête et d’hospitalité, de croisades et de traductions, d’exils et de retrouvailles. C’est cette complexité qui fait sa richesse. Elle n’a jamais été pure. Elle n’a jamais appartenu à une seule religion, à une seule langue, à une seule rive.
On présente souvent la Méditerranée comme un théâtre d’affrontement religieux : Rome contre Carthage, Byzance contre l’islam, croisades chrétiennes contrepouvoirs musulmans, Reconquista ibérique, conquêtes ottomanes, colonisations européennes. Ces conflits ont existé, parfois avec une grande violence. Mais réduire la Méditerranée à ces affrontements serait oublier tout ce qui, dans le silence des jours ordinaires, a permis aux religions de cohabiter, de s’observer et parfois de s’influencer.
Prenons l’exemple de la Sicile. Cette île, située au cœur de la mer, est presque un résumé de la Méditerranée. Elle fut grecque, romaine, byzantine, arabe, normande, espagnole. À Palerme, les traces de cette histoire sont visibles dans l’architecture : la Chapelle Palatine, construite au XIIe siècle sous les rois normands, associe des mosaïques byzantines, des inscriptions arabes, des motifs islamiques et une structure chrétienne latine. On y voit une scène étonnante : un pouvoir chrétien qui fait travailler des artistes grecs et arabes, et qui assume une esthétique venue de plusieurs mondes. Ce n’est pas seulement de la décoration. C’est une manière de gouverner un espace pluriel. La Sicile normande montre que le religieux, dans la Méditerranée, n’est jamais totalement séparé du politique, de l’art et de la langue.
On peut dire la même chose d’Al-Andalus, l’Espagne musulmane médiévale. Cordoue, Tolède, Grenade furent des lieux où musulmans, chrétiens et juifs vécurent dans des rapports inégaux, parfois tendus, mais également féconds.
À Tolède, après la reconquête chrétienne de la ville en 1085, se développa un grand mouvement de traduction. Des textes grecs, arabes et hébreux furent traduits vers le latin, souvent grâce à des équipes où un savant juif ou mozarabe expliquait le texte arabe à un clerc chrétien, lequel le rendait en latin. Aristote, Galien, Ptolémée, Avicenne, Averroès passèrent ainsi d’une rive à l’autre de la pensée.
La transmission du savoir antique à l’Europe médiévale s’est donc faite en grande partie par l’intermédiaire du monde arabe et juif méditerranéen. David Abulafia rappelle que la Méditerranée a été moins un espace fermé qu’un réseau de routes où les hommes, les idées et les objets circulaient en permanence (Abulafia, 2011).
Il faut aussi évoquer les communautés juives de Méditerranée. Elles constituent l’un des plus beaux exemples de circulation religieuse et linguistique. Les juifs séfarades, expulsés d’Espagne en 1492, trouvèrent refuge dans plusieurs villes du sud et de l’est méditerranéen : Salonique, Istanbul, Tunis, Alger, Livourne, Alexandrie. Ils y apportèrent le judéo-espagnol, ou ladino, langue de mémoire et d’exil, qui conserva pendant des siècles des mots venus de l’Espagne médiévale tout en intégrant des éléments turcs, arabes, grecs, italiens. Salonique, longtemps appelée la «Jérusalem des Balkans», fut ainsi une ville où l’on pouvait entendre le grec, le turc, le ladino, l’arabe, l’italien et le français. La religion y était inséparable de la langue : prier, commercer, chanter, écrire une lettre, tout cela révélait l’appartenance à une communauté, mais aussi son ouverture aux autres.
Dans les villes du Maghreb, les voisinages religieux furent également nombreux. À Tunis, à Djerba, à Fès, à Tlemcen, les communautés musulmanes et juives ont partagé des espaces, des métiers, des musiques, des traditions culinaires, des fêtes parfois observées par les uns et les autres.
La Ghriba de Djerba, l’un des plus anciens lieux de pèlerinage juif en Afrique du Nord, existe dans un environnement majoritairement musulman. Elle témoigne de cette profondeur méditerranéenne où les lieux sacrés ne sont pas seulement des monuments : ils sont des mémoires vivantes.
Bien sûr, il ne faut pas idéaliser cette cohabitation. La Méditerranée a connu des exclusions, des massacres, des conversions forcées, des hiérarchies humiliantes. Mais même dans les périodes de domination, la rencontre continuait. Un artisan musulman pouvait travailler pour une église ; un médecin juif pouvait soigner un prince chrétien ou musulman ; un marchand chrétien pouvait parler arabe pour vendre ses tissus à Alexandrie ; un marin grec pouvait jurer dans une langue mêlée comprise de tous les ports.
Si les religions ont traversé la Méditerranée avec leurs livres et leurs rites, les langues l’ont traversée avec une souplesse encore plus grande. Elles sont les bateaux invisibles de cette mer. Elles transportent des mots sans que l’on sache toujours d’où ils viennent. Elles se glissent dans la bouche des peuples, changent d’accent, se déguisent, deviennent naturelles.
L’arabe, par exemple, a laissé une trace profonde dans les langues du nord méditerranéen, notamment en espagnol, en portugais, en sicilien et même en français. En espagnol, des mots comme aceituna pour l’olive, azúcar pour le sucre, almohada pour l’oreiller, alcalde pour le maire, ojalá venant de l’expression arabe in shâ’ Allah, rappellent la longue présence arabe en Ibérie.
En sicilien, plusieurs termes agricoles, culinaires ou administratifs proviennent de l’arabe. Cela prouve que la conquête n’est pas seulement militaire : elle devient linguistique lorsqu’elle touche la vie quotidienne. Les mots qui restent sont souvent ceux de la maison, du marché, de la terre, de la nourriture. Ils sont plus durables que les empires.
Inversement, les langues européennes ont pénétré la rive sud. En Tunisie, en Algérie, au Maroc, l’italien, l’espagnol et surtout le français ont laissé des traces considérables. Mais avant même la colonisation moderne, les ports du Maghreb vivaient déjà dans un plurilinguisme intense. À Tunis, à Alger, à Tripoli, à Alexandrie, des marchands venus de Livourne, de Marseille, de Gênes, de Malte ou de Barcelone échangeaient avec des Arabes, des Turcs, des Juifs, des Grecs, des Berbères. On parlait ce qu’il fallait parler pour vendre, acheter, négocier, survivre.
C’est dans ce contexte qu’apparaît la fameuse lingua franca méditerranéenne, langue de contact utilisée pendant plusieurs siècles dans les ports, les bagnes, les marchés et les navires. Elle mêlait principalement des éléments italiens, espagnols, provençaux, arabes, turcs et grecs. Ce n’était pas une langue de littérature, mais une langue de nécessité. Une langue sans académie, sans pureté, sans grammaire officielle. Une langue faite pour se comprendre vite. Jocelyne Dakhlia a bien montré que cette langue métisse révèle une vérité profonde : les Méditerranéens, même lorsqu’ils se combattaient, avaient besoin d’un idiome commun pour négocier, travailler, racheter des captifs ou organiser la vie portuaire (Dakhlia, 2008).
La lingua franca est peut-être l’un des plus beaux symboles de cette mer : elle naît non pas d’une identité unique, mais de l’impossibilité de vivre sans l’autre.
La Tunisie offre ici un exemple très concret. Son parler quotidien contient des mots venus de l’arabe classique, du berbère, du turc, de l’italien, du français, parfois de l’espagnol. Le mot koujina, pour la cuisine, rappelle l’italien cucina. Fattura, pour facture, vient de l’italien. Bosta, pour poste, circule entre plusieurs langues méditerranéennes. Le français, lui, a marqué les domaines de l’école, de l’administration, de la technique, de la médecine. Dans une même phrase tunisienne, on peut entendre l’arabe dialectal, un verbe français adapté, une intonation italienne, un mot turc fossilisé. Ce mélange n’est pas une pauvreté linguistique. C’est une mémoire historique en action.
La Méditerranée se lit donc aussi dans les accents. L’accent marseillais porte des traces du sud, de l’Italie, du Maghreb, de la mer. Le maltais, langue sémitique écrite en alphabet latin, est un cas exceptionnel : il descend de l’arabe siculo-maghrébin, mais il a intégré de nombreux mots italiens, siciliens, anglais et français. Malte est ainsi une île où la langue elle-même raconte l’histoire des dominations et des échanges. Elle prouve qu’une langue peut être à la fois arabe par sa structure, européenne par son écriture, catholique par son environnement religieux et méditerranéenne par son esprit.
Pour comprendre ce brassage, il faut quitter l’idée des nations fermées et regarder les villes portuaires. La Méditerranée a été faite par ses ports : Alexandrie, Carthage, Tunis, Palerme, Naples, Marseille, Gênes, Venise, Barcelone, Smyrne, Istanbul, Beyrouth, Tripoli. Ces villes sont des seuils. Elles ne sont jamais complètement tournées vers l’intérieur du pays ni totalement livrées à la mer. Elles vivent entre deux fidélités.
Alexandrie, fondée par les Grecs en Égypte, est l’un des plus grands symboles de ce mélange. Ville hellénistique, romaine, chrétienne, arabe, ottomane, cosmopolite, elle a accueilli des Grecs, des Juifs, des Arabes, des Arméniens, des Italiens, des Français, des Maltais. Au XIXe et au début du XXe siècle, on y parlait plusieurs langues dans les rues, les cafés, les écoles, les journaux. Cavafy, poète grec d’Alexandrie, écrivait dans une ville égyptienne où la mémoire grecque survivait au milieu de l’arabe et des langues européennes. Alexandrie n’était pas une ville pure. C’était une ville-palimpeste.
Marseille, de son côté, a toujours été une ville ouverte au sud. Fondée par des Grecs venus de Phocée, elle a entretenu des liens anciens avec le Levant, l’Afrique du Nord, l’Italie, la Corse. Au XXe siècle, l’arrivée de populations arméniennes, italiennes, espagnoles, maghrébines, comoriennes, juives séfarades, a prolongé cette vocation. Marseille n’est pas seulement une ville française sur la Méditerranée ; elle est une ville méditerranéenne en France. Dans ses marchés, ses quartiers, ses cuisines, ses musiques, elle montre que la rive nord n’est jamais séparée de la rive sud. Le couscous, la pizza, la harissa, l’anchoïade, la chorba, les pâtes, les sardines grillées y composent une géographie plus profonde que les frontières politiques.
Tunis aussi est une ville de brassage. La médina, avec ses souks, ses mosquées, ses zaouïas, ses anciennes demeures, rappelle l’ancrage arabe et islamique. Mais la ville moderne, les quartiers de La Goulette, de Lafayette, de Mutuelleville, les traces italiennes, françaises, maltaises et juives, disent une autre histoire. La Goulette, en particulier, fut un espace méditerranéen exemplaire : musulmans, juifs, chrétiens, Italiens, Maltais, Français, Tunisiens y ont vécu dans une proximité faite de voisinage, de cuisine, de langues croisées, de fêtes populaires.
Là encore, il ne s’agit pas de rêver un âge d’or sans conflit, mais de reconnaître une réalité : les sociétés méditerranéennes ont longtemps su vivre dans une pluralité concrète, souvent plus souple que les idéologies modernes.
Les exils ont renforcé ce brassage. Les Andalous chassés d’Espagne ont apporté au Maghreb des savoir-faire artisanaux, des musiques, des techniques agricoles, des formes architecturales. En Tunisie, leur présence a marqué des villes comme Testour, où l’on retrouve une mémoire andalouse dans l’urbanisme, la musique et certains usages. Les Morisques ont traversé la mer avec leurs blessures, mais aussi avec leurs compétences. La Méditerranée est souvent cela : une douleur qui devient culture.
On pourrait multiplier les exemples : les Grecs d’Asie Mineure installés ailleurs après les bouleversements du XXe siècle ; les Italiens de Tunisie rentrés ou dispersés après l’indépendance ; les juifs du Maghreb partis vers la France ou Israël ; les travailleurs maghrébins venus reconstruire l’Europe d’après-guerre ; les migrants contemporains qui traversent la mer au péril de leur vie. Chaque époque a ses circulations, volontaires ou forcées. La Méditerranée n’a jamais cessé d’être un espace de départs et d’arrivées.
Aujourd’hui, on parle souvent de choc des civilisations, de frontières à protéger, d’identités menacées. La Méditerranée est parfois décrite comme une fracture entre Europe et Afrique, entre christianisme et islam, entre richesse et pauvreté, entre Nord et Sud. Cette vision contient une part de réalité politique, mais elle oublie l’histoire longue. Elle oublie que le nord et le sud de la Méditerranée se sont fabriqués mutuellement.
L’Europe médiévale a reçu par le monde arabe une partie essentielle de la philosophie grecque, des mathématiques, de la médecine et de l’astronomie. Le Maghreb moderne a reçu de l’Europe des institutions, des langues, des formes scolaires et administratives, parfois dans la violence coloniale, mais aussi dans des appropriations créatrices. Les cuisines se sont mélangées : la tomate venue des Amériques a transformé l’Italie et le Maghreb ; les pâtes ont voyagé ; le café, venu d’Orient, est devenu européen ; le sucre, les agrumes, les épices ont traversé les ports. Même les musiques racontent cette circulation : le malouf tunisien porte la mémoire andalouse ; le flamenco conserve des traces gitanes, arabes, juives et populaires ; le raï algérien a dialogué avec les sons occidentaux ; les chants napolitains et les mélodies orientales partagent parfois la même nostalgie.
Les religions elles-mêmes, malgré les dogmes qui les distinguent, partagent des paysages. Le judaïsme, le christianisme et l’islam sont nés dans un espace proche, autour de la Méditerranée orientale et du Proche-Orient. Ils ont en commun des figures, des récits, des prophètes, des lieux saints, une conception du Livre, une mémoire d’Abraham. Les pèlerinages, les tombeaux de saints, les cultes populaires montrent souvent des proximités plus fortes que les théologies officielles. Dans plusieurs régions méditerranéennes, des sanctuaires ont été fréquentés par des fidèles de religions différentes. Ce phénomène rappelle que la foi vécue par les peuples est parfois plus poreuse que la foi définie par les autorités.
S. D. Goitein, à partir des documents de la Geniza du Caire, a montré l’existence d’une société méditerranéenne médiévale traversée par des marchands, des lettres, des contrats, des familles dispersées entre Égypte, Maghreb, Sicile, Yémen, Syrie et Inde (Goitein, 1967). Ces archives révèlent une Méditerranée concrète, quotidienne, où les hommes écrivent pour demander de l’argent, organiser un mariage, régler une dette, recommander un voyageur, vendre une marchandise. Ce ne sont pas les grands discours qui parlent ici, mais la vie ordinaire. Et cette vie ordinaire est déjà mondialisée.
Voilà peut-être la grande leçon méditerranéenne : l’identité n’est pas un bloc, c’est une circulation. Être méditerranéen, ce n’est pas appartenir à une origine unique. C’est porter plusieurs héritages, parfois contradictoires. C’est savoir que le mot que l’on prononce vient peut-être d’un ancien conquérant, que le plat que l’on mange a traversé trois empires, que la musique que l’on aime contient une mémoire d’exil, que la ville que l’on habite a été priée dans plusieurs langues.
La Méditerranée nous enseigne donc une forme de modestie. Aucune rive ne peut prétendre être seule à l’origine de ce qu’elle est. Le nord doit reconnaître ce qu’il doit au sud et à l’est : les savoirs, les chiffres, les traductions, les marchandises, les récits. Le sud doit reconnaître ce qu’il a absorbé, transformé, adapté des langues et des institutions venues du nord. Entre les deux, il n’y a pas seulement domination ou dépendance ; il y a aussi création, emprunt, résistance, imitation, invention.
Dans un monde où les frontières se durcissent, cette mémoire est précieuse. Elle ne nie pas les conflits. Elle ne transforme pas l’histoire en carte postale. Elle rappelle simplement que la Méditerranée a toujours été plus forte lorsqu’elle a accepté son mélange. La pureté y est une fiction. Le brassage y est la vérité profonde.
Ma Méditerranée, si l’on peut dire ainsi, n’est donc pas seulement bleue. Elle est arabe et latine, berbère et grecque, juive et musulmane, chrétienne et laïque, française et italienne, turque et espagnole, populaire et savante. Elle parle avec plusieurs accents. Elle prie dans plusieurs directions. Elle écrit de droite à gauche et de gauche à droite. Elle chante la séparation et invente pourtant des voisinages. Elle est cette mer qui, depuis des siècles, oblige les hommes à traduire — et traduire, au fond, c’est déjà reconnaître que l’autre existe.
* Universitaire.
Bibliographie sélective
Abulafia, David. The Great Sea: A Human History of the Mediterranean. Oxford University Press, 2011.
Braudel, Fernand. La Méditerranée et le Monde méditerranéen à l’époque de Philippe II. Armand Colin, 1949.
Dakhlia, Jocelyne. Lingua franca : histoire d’une langue métisse en Méditerranée. Actes Sud, 2008.
Goitein, S. D. A Mediterranean Society: The Jewish Communities of the Arab World as Portrayed in the Documents of the Cairo Geniza. University of California Press, 1967.
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Le jeudi 30 avril 2026, la Commission des finances et du budget de la Chambre des représentants a tenu une audition au siège de la Chambre avec une délégation de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica), concernant le projet de loi relatif à l’amendement du Code des changes, et pour discuter de la vision du secteur privé sur les réformes fondamentales proposées et leur impact sur le climat d’investissement et la compétitivité des institutions tunisiennes.
Lors de cette session, les représentants de la centrale patronale ont présenté une approche de réforme globale fondée sur une analyse critique de la législation actuelle en matière de contrôle des changes datant de 1976, qu’ils ont comparée au nouveau code des changes proposé.
Ils ont souligné que le système actuel ne répond plus aux transformations économiques et financières mondiales. Dans ce contexte, ils ont affirmé que la philosophie législative actuelle repose sur une approche réglementaire s’appuyant sur des restrictions et une autorisation préalable, tandis que le nouveau code vise à instaurer une approche plus ouverte, fondée sur la libéralisation progressive des relations financières avec l’étranger, la simplification des procédures administratives et l’assouplissement des règles de transfert de capitaux. Selon eux, cela renforcera la compétitivité de l’économie nationale et améliorera le climat des affaires.
Les représentants de l’organisation ont également insisté sur la nécessité d’intégrer la dimension numérique au nouveau cadre juridique, soulignant que la législation actuelle ne suit pas le rythme des évolutions technologiques rapides, notamment en ce qui concerne les cryptomonnaies, les plateformes de paiement internationales et les transactions financières numériques transfrontalières.
Dans ce contexte, ils ont plaidé pour un cadre juridique clair afin d’encadrer ces activités et d’assurer leur contrôle, sans pour autant freiner l’innovation ni l’intégration de l’économie tunisienne à l’économie numérique mondiale.
Concernant l’aspect punitif, la délégation a souligné la nécessité de revoir le système pénal applicable aux infractions de change en adoptant le principe de proportionnalité entre l’infraction et la peine, et en réduisant les peines d’emprisonnement tout en renforçant l’effet dissuasif économique. L’objectif est d’atteindre un équilibre entre l’application de la loi et l’incitation au respect volontaire de celle-ci par les acteurs économiques.
Les représentants syndicaux ont abordé les questions relatives à la définition du statut de «résident» et de «non-résident», soulignant que ce concept est un pilier fondamental de la régulation des relations financières avec les entités étrangères. Ils ont discuté de l’adoption d’un critère temporel (183 jours) pour déterminer le statut de résident, en soulignant ses implications pour la situation des Tunisiens de l’étranger et des investisseurs étrangers, notamment en ce qui concerne les droits de transfert de bénéfices et de gestion des devises étrangères.
Dans ce contexte, l’accent a été mis sur la nécessité de trouver un juste équilibre entre, d’une part, la garantie de la libre circulation des bénéfices et des capitaux et, d’autre part, le respect des exigences de surveillance financière et la protection des réserves de change. Cet équilibre est crucial pour assurer la stabilité du système financier sans compromettre l’attractivité des investissements.
L’intervention de la délégation de l’Utica ne s’est pas limitée à la présentation des aspects techniques du projet de Code des changes. Elle a également proposé une vision économique globale du rôle de l’organisation en tant que partenaire clé du processus de réforme.
La délégation a souligné que le succès de toute réforme législative repose sur le rétablissement de la confiance entre l’État et les acteurs économiques. À cet égard, les présents ont insisté sur la nécessité de réduire la bureaucratie administrative, de simplifier les procédures bancaires et de garantir la clarté et la stabilité du cadre législatif. Selon eux, cela renforcerait le climat des investissements et encouragerait l’initiative privée.
La délégation a également souligné que le contexte international actuel, marqué par des bouleversements géopolitiques, offre de réelles opportunités à la Tunisie pour attirer de nouveaux investissements, à condition de disposer d’un système de change flexible et intégré, associé à une loi incitative sur l’investissement. Ceci permettrait de tirer parti de ces évolutions au profit de l’économie nationale.
Par ailleurs, la délégation a abordé la question du financement, insistant sur le fait que l’accès limité aux prêts bancaires et les taux d’intérêt élevés figurent parmi les principaux obstacles à l’investissement, notamment dans des secteurs stratégiques tels que la transition énergétique. Cette transition requiert des ressources financières substantielles et des mécanismes de financement adaptés. Dans ce contexte, la délégation a plaidé pour le développement d’instruments de financement et un meilleur accès aux prêts afin de soutenir l’investissement et la production.
La délégation de l’Utica, conduite par le président Samir Majoul, était composée de
Hichem Elloumi et Hamadi Koôli, vice-présidents, Khaled Sellami et Slim Ghorbel, membres du Bureau exécutif national, Akram Belhaj, président de la Fédération nationale du cuir et de la chaussure, Maher Feki, directeur central des affaires économiques, et le professeur Salah Dakhlaoui.
I. B.
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Né à Bagdad en 1951, Salah Al-Hamdani, est poète, écrivain, homme de théâtre français d’origine irakienne. (Ph. Isabelle Lagny).
Ancien opposant à la dictature de Saddam Hussein, Al-Hamdani commence à écrire ses poèmes en prison, vers l’âge de 20 ans. Il choisit la France comme terre d’exil, en 1975.
Il est l’auteur de plus de soixante-dix ouvrages, en arabe et en français (poésie, nouvelles et récits), dont, certains, sont traduits de l’arabe, en collaboration avec Isabelle Lagny. Sa poésie et ses récits en français sont traduits en plusieurs langues.
Tahar Bekri
Au sommet de ma cellule, je creuse un trou
Et s’évade la lumière ailée d’espoir
de ma nostalgie tuberculeuse.
Alors le chagrin s’y précipite et enveloppe les rires.
Je sais,
ma pensée n’a plus le sens profond qui apaise l’esprit.
Et même les battements de mon cœur
ne laissent plus d’ombre sur le reflet de l’aurore
car cette lumière en deuil
crie en moi à tous les crépuscules
jusqu’à la fin du jour.
Je suis comme ce livre abandonné depuis l’enfance,
aujourd’hui moisi sur l’étagère de l’âge adulte.
Rien,
pas même une lucarne dans le mur
ne me permet d’y échapper.
Sans cesse je comble ma gorge
d’un frémissement de mots
de restes
de ténèbres nocturnes.
Sans cesse j’emplis ma gorge
de lumière matinale
et sèche mon âge sur les barbelés de cette ville.
Les choses étaient ainsi, ou bien elles n’étaient pas
ou bien encore les deux.
On pourrait dire
que les palmiers sont venus à moi
frappent aux portes de mon absence
et qu’ils somnolent
à présent sur le seuil de Bagdad l’ancienne.
Traduit par de l’arabe par l’auteur et Isabelle Lagny
Extrait de L’arrogance des jours, Ed. Al Manar, édition bilingue, Paris, 2020.
(Remerciements à l’auteur)
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Un nouveau médicament pour les diabétiques disponible dans les pharmacies tunisiennes
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Météo du dimanche 3 mai 2026
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L’Institut français de Tunisie accueille l’artiste Saena Delacroix-Sadighiyan pour une exposition où la calligraphie devient à la fois langage, corps et mémoire.
Issue de sa résidence à la Villa Salammbô Sousse, cette série prolonge le travail du roman graphique 36 femmes dans une valise (coécrit avec Brigitte Coscas) et explore, à travers un geste plastique et sensible, les questions d’exil et d’identité.
En mêlant alphabets arabo-persan et latin, l’artiste compose des formes instables où l’identité se construit dans le mouvement, entre tensions, traductions et mémoires.
Encres, pigments organiques et matières locales inscrivent les œuvres dans une écologie du geste, où le territoire infléchit la forme et la temporalité de l’écriture.
L’exposition met en lumière des récits de femmes, entre mémoire, transmission et engagement, et propose une réflexion sur la calligraphie comme pratique à la fois intime et politique.
Plus d’infos sur l’artiste et sur le roman graphique « 36 femmes dans une valise »
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Amical Algérie et Pays-Bas : une polémique éclate avec les billets du match
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