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Tunisie – Une allocation chômage de 500 dinars à partir de 2027? Père Noël en plein été !

24. August 2026 um 14:32

Une publication virale affirme que la Tunisie versera, à partir de 2027, une allocation chômage de 500 dinars à toute personne sans emploi. Vérification faite auprès des communications officielles du gouvernement, en particulier du ministère des Affaires sociales, cette information n’est pas confirmée.

Examiné lors d’un Conseil ministériel restreint en janvier 2025, affirme la publication, ce dispositif ciblerait principalement les travailleurs ayant involontairement perdu leur emploi. Il pourrait prévoir, sous certaines conditions, une indemnité compensatoire, une couverture sanitaire, des allocations en espèces ainsi qu’un accompagnement destiné à favoriser la formation et la réinsertion professionnelle.

Cela dit, un tel projet ne constitue donc pas une allocation universelle destinée à tous les chômeurs. Il s’agit d’un mécanisme d’assurance soumis à des critères d’éligibilité et à des procédures précises.

Par ailleurs, le Conseil ministériel consacré au projet de budget économique pour 2027, réuni le 19 août 2026, a évoqué la situation de l’emploi et la baisse du taux de chômage à 14,9%, sans annoncer la création d’une allocation chômage de 500 dinars.

En somme, la Tunisie prépare bien un régime d’assurance contre la perte d’emploi, mais aucune source officielle ne confirme le versement automatique de 500 dinars à chaque chômeur à partir de 2027.

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Formation professionnelle : plus de 41 000 candidats au rendez-vous de la rentrée

24. August 2026 um 13:45

À l’approche de la rentrée de la formation professionnelle 2026-2027, l’Agence tunisienne de la formation professionnelle (ATFP) intensifie ses préparatifs pour assurer l’accueil des apprenants dans les meilleures conditions.

Les dernières dispositions en vue de la rentrée et le niveau de préparation des différents établissements de formation ont été au cœur d’une réunion de travail tenue samedi dernier entre le directeur général de l’ATFP, les directeurs des établissements régionaux, réunis à distance, et les directeurs centraux, présents en personne.

Dans un communiqué, l’ATFP a indiqué que les inscriptions aux sessions de septembre et de novembre 2026 restent ouvertes sur son site officiel dans plusieurs spécialités. Elle invite ainsi les candidats souhaitant intégrer les différents parcours de formation à déposer leurs demandes afin de bénéficier des opportunités disponibles dans les différentes régions du pays.

L’agence rappelle également que les apprenants de deuxième année doivent finaliser leur réinscription via la plateforme numérique, une démarche indispensable pour poursuivre leur formation au cours de la nouvelle année. Les concernés sont appelés à effectuer au préalable leur inscription sur la plateforme, avant de passer au paiement électronique et d’accomplir les autres formalités administratives et pédagogiques.

À ce jour, 41 608 candidats se sont inscrits à distance, selon l’ATFP. L’agence estime que ce chiffre témoigne de l’intérêt porté à la formation professionnelle et de la confiance croissante accordée aux services et aux opportunités proposés par l’établissement.

Lors de la réunion, le directeur général de l’ATFP, Elyes Cherif, a appelé à maintenir la mobilisation sur le terrain et à renforcer la coordination au cours des prochaines semaines afin de finaliser l’ensemble des préparatifs et de garantir un démarrage de l’année de formation 2026-2027 dans les meilleures conditions.

Il a notamment insisté sur l’achèvement des interventions liées aux infrastructures, aux équipements et aux services destinés aux apprenants. L’objectif est de garantir un environnement de formation adapté et sécurisé, répondant à leurs attentes, tout en accordant une attention particulière à l’état extérieur des établissements, à leurs espaces et à leur environnement immédiat, précise l’ATFP.

Le directeur général a également appelé les différents intervenants à poursuivre leurs efforts au cours des prochaines semaines et à achever les préparatifs dans les délais impartis. Il a exhorté les responsables à renforcer la vigilance et le suivi quotidien sur le terrain afin de régler les dossiers en suspens et de garantir des conditions d’accueil optimales dès le premier jour de la rentrée.

Une attention particulière devra par ailleurs être accordée à l’accélération des travaux de maintenance et d’aménagement des établissements de formation, ainsi qu’au suivi de l’avancement des projets d’aménagement et d’équipement des internats et des restaurants. La préparation des salles de formation, des ateliers et des équipements devra également être vérifiée, avec pour objectif de remédier aux éventuelles insuffisances avant le démarrage de la nouvelle année de formation.

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Quand la pénurie met en péril la cohésion sociale

24. August 2026 um 13:30

En plein été, les Tunisiens se retrouvent  pris entre des eaux du robinet troubles, jaunâtres, impropres à la consommation, et une absence totale d’eau minérale dans les espaces commerciaux, sans oublier les coupures récurrentes d’électricité, une situation catastrophique ayant créé un terrain fertile aux prix exorbitants qui épuisent les revenus des citoyens. Une  souffrance qui met en péril les valeurs de la société. 

L’expert en économie, Ridha Chkoundali, a multiplié les analyses en août 2026 sur les dysfonctionnements structurels de l’économie du pays . 

Ridha ChkoundaliDans son post, Ridha Chkoundali met en garde contre une lecture superficielle des indicateurs officiels (croissance de 2,29% au T2 2026, chômage en baisse, tourisme résilient, etc.). Pour lui, ce chiffre global masque une distorsion structurelle : la croissance repose surtout sur l’agriculture, l’hôtellerie-restauration et quelques secteurs, sans refléter une amélioration de l’économie productive ni du niveau de vie réel.

Evoquant la question relative à la hausse des prix des médicaments, Ridha Chkoundali estime que cette  hausse  qui atteint parfois +200% à +500% sur certains produits n’est pas qu’un problème tarifaire. Elle révèle une crise de gouvernance touchant la Pharmacie centrale, la CNAM, les hôpitaux publics, le financement du système de santé et les équilibres macroéconomiques.  Ainsi il appelle à une réforme structurelle : meilleure gouvernance de la Pharmacie centrale, renforcement des stocks stratégiques, soutien à l’industrie pharmaceutique locale et aux génériques, révision d) Bourse, banques et signal d’alerte pour l’économie réelle.

Par ailleurs, sur le plan  financier, Ridha Chkoundali considère la turbulence boursière de fin juillet 2026 (chute du Tunindex, suspension de cotation) comme un signal de danger : la hausse précédente reposait largement sur les banques, pas sur l’économie productive. Il craint une transmission des difficultés du marché financier vers l’économie réelle et le secteur bancaire. 

Pour Ridha Chkoundali, la solution n’est pas seulement  » plus de contrôles » ou « plus de répression contre l’accaparement », mais une réforme structurelle : meilleure gouvernance des entreprises publiques, stocks stratégiques, soutien à la production locale, révision des mécanismes de financement et de remboursement, et surtout un choix politique en faveur du rassemblement et de l’inclusion plutôt que de l’exclusion.

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Départ massif des avocats tunisiens vers la France : voici les vrais chiffres

24. August 2026 um 12:31

L’Ordre national des avocats de Tunisie (ONAT) dément catégoriquement la rumeur selon laquelle que 250 avocats tunisiens auraient déjà émigré vers la France. Dans une déclaration à L’Économiste Maghrébin, son secrétaire général, Me Laroussi Zguir, qualifie ce chiffre de totalement impossible et de pure fiction. Selon lui, un tel effectif annuel de départs n’a probablement jamais été atteint dans toute l’histoire du barreau tunisien.

Les chiffres réels, précise-t-il, sont bien en deçà des rumeurs. D’après les statistiques de l’ONAT, le nombre d’avocats qui sollicitent l’institution chaque année pour entamer les démarches d’expatriation ne dépasse pas vingt voire vingt-cinq confrères, et se situe parfois en deçà. Me Zguir met cette proportion en perspective avec la démographie professionnelle du pays, la Tunisie comptant plusieurs milliers d’avocats inscrits au barreau, et déplore que certains médias publient des chiffres sensationnalistes sans remonter à la source officielle qu’est l’Ordre national des avocats de Tunisie, seul détenteur des statistiques réelles.

Il rappelle par ailleurs que ce désir de réorientation de carrière vers l’étranger est un phénomène classique, observé chaque année depuis plusieurs décennies.

Un protocole légal strict, encadré par l’article 100…

Me Zguir insiste sur un point fondamental : aucun avocat tunisien ne peut s’installer et exercer en France de manière improvisée. Ce parcours n’est pas régi par le CAPA (pour Certificat d’Aptitude à la Profession d’Avocat), mais par un cadre réglementaire français extrêmement strict — l’examen prévu par l’article 100 de la loi française relative à l’accès des étrangers à la profession d’avocat.

Pour postuler à cet examen, le candidat doit présenter un dossier rigoureux comprenant plusieurs documents officiels délivrés par l’ONAT. Pièce maîtresse de ce dossier, une lettre du Bâtonnier de Tunisie détaille le parcours professionnel complet de l’avocat et précise, de manière transparente, ses antécédents, notamment s’il a fait l’objet d’un conseil de discipline ou de sanctions. Loin d’être une simple formalité administrative, cette correspondance est adressée directement par le Bâtonnier tunisien à son homologue du barreau d’accueil en France.

Une fois le dossier validé, les candidats passent des épreuves sélectives portant notamment sur la déontologie et l’éthique professionnelle, la procédure civile, la procédure pénale, ainsi que d’autres matières connexes, évaluées par une commission d’examen dédiée. Ce n’est qu’après leur réussite que les lauréats récupèrent leurs documents définitifs auprès de l’ONAT pour s’expatrier de manière régulière et légale.

Tout ceci pour dire que le nombre de 250 avocats tunisiens quittent chaque année la Tunisie pour aller exercer en France est loin de correspondre à la réalité.

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FTDES : à Zarzis, quand l’absence d’horizon pousse les jeunes à risquer leur vie en mer

24. August 2026 um 11:52

Le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES) exprime sa pleine solidarité avec les familles des victimes et des personnes portées disparues, ainsi qu’avec les habitants de Ben Guerdane et de Zarzis, à la suite du naufrage d’une embarcation survenu à environ 14 kilomètres des côtes de Zarzis.

Dans un communiqué, le Forum dénonce, par ailleurs, l’absence d’informations précises et actualisées concernant l’évolution des opérations de recherche et de sauvetage, rappelant le droit des familles et de l’opinion publique à obtenir des informations claires et régulières sur la situation.

Selon les dernières données disponibles, l’embarcation transportait plus de 15 personnes, dont la majorité seraient originaires de Ben Guerdane, ainsi qu’un jeune homme de Zarzis. Un seul jeune homme a pu être secouru, tandis que 11 corps ont été repêchés et transférés à l’hôpital régional de Zarzis.

Les opérations de recherche se poursuivent afin de retrouver les autres personnes portées disparues. Elles mobilisent les unités de la sûreté maritime ainsi que plusieurs marins et pêcheurs qui participent aux opérations de recherche et de sauvetage.

Le FTDES affirme également soutenir les habitants dans leurs mobilisations et protestations réclamant que toute la lumière soit faite sur cette tragédie, que les informations soient communiquées et que les responsabilités soient établies. Le Forum salue, dans le même temps, les efforts des marins, des pêcheurs et des différents intervenants engagés dans les opérations de recherche et de sauvetage.

Pour le Forum, cette nouvelle tragédie, comme les précédentes, ne peut être dissociée des causes sociales, économiques et politiques profondes du phénomène migratoire. La marginalisation, l’absence de perspectives et l’impasse des possibilités d’une vie digne constituent, selon le FTDES, des facteurs qui poussent davantage de jeunes à risquer leur vie en mer à la recherche d’un avenir meilleur.

Face à cette nouvelle tragédie, le Forum appelle à poursuivre les opérations de recherche et de sauvetage avec tous les moyens disponibles, à garantir aux familles et à l’opinion publique un accès à des informations précises et actualisées et à faire toute la lumière sur les circonstances du naufrage afin de déterminer les responsabilités.

Le FTDES appelle également à s’attaquer aux causes profondes qui poussent les jeunes à migrer et à mettre leur vie en danger, à travers des politiques sociales et économiques garantissant le droit à l’emploi et à une vie digne, l’égalité des chances et de véritables perspectives d’avenir pour la jeunesse.

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Aram Belhadj : le plafonnement des prix de l’eau minérale risque d’aggraver le marché parallèle

24. August 2026 um 10:20

L’économiste Aram Belhadj estime que la décision de plafonner les prix de l’eau minérale en bouteille intervient sur le dernier maillon de la chaîne de valeur, celui de la distribution et de la fixation des prix, alors que le véritable problème se situe, selon lui, en amont, au niveau de la production.

Dans une publication, il considère que cette décision illustre un mode d’intervention classique de la politique économique tunisienne, fondé principalement sur des décisions administratives rapides, au lieu de s’orienter vers des solutions permettant de traiter le problème de manière structurelle.

Un risque d’aggravation du marché parallèle

Selon Aram Belhadj, le plafonnement des prix pourrait, dans le contexte actuel de pénurie persistante d’eau minérale conditionnée, contribuer à renforcer le marché parallèle en Tunisie.

Il estime que cette mesure risque également de créer un décalage entre les prix fixés par les autorités de tutelle et les prix effectivement appliqués aux consommateurs lors de la vente.

Pour l’économiste, le traitement du problème devrait ainsi davantage porter sur les difficultés liées à la production, plutôt que de se limiter à une intervention sur la distribution et les prix.

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Météo : sirocco, forte chaleur et températures jusqu’à 47°C ce lundi

24. August 2026 um 09:13

La Tunisie connaît, ce lundi 24 août 2026, une nouvelle journée marquée par une forte chaleur. Les températures restent nettement supérieures aux normales saisonnières, avec des maximales pouvant atteindre 47°C dans plusieurs régions et l’apparition du sirocco (ch’hili).

Le temps sera chaud et peu nuageux sur la plupart des régions en matinée. Les nuages deviendront progressivement plus abondants dans l’après-midi sur les régions ouest du Nord et du Centre, avec l’apparition de cellules orageuses accompagnées de pluies et de chutes locales de grêle. Ces phénomènes pourront ensuite concerner certaines régions de l’Est.

Les températures maximales varieront entre 37 et 42°C sur les zones côtières et les hauteurs, et entre 43 et 47°C dans le reste du pays, avec apparition du ch’hili.

Jusqu’à 10°C au-dessus des normales

Selon une note de suivi publiée par l’Institut national de la météorologie (INM), cette hausse marquée des températures, amorcée dimanche 23 août, se poursuit lundi 24 et mardi 25 août. Les températures dépasseront les normales saisonnières de 6 à 10°C.

Les maximales atteindront ainsi 42 à 47°C dans la plupart des régions, avec apparition du ch’hili, contre 37 à 41°C dans les régions côtières et les hauteurs.

L’INM prévoit par ailleurs que les températures resteront élevées dans la majorité des régions, avec la persistance du ch’hili, jusqu’à la fin de la semaine prochaine.

Des vents plus forts et un risque orageux

Les vents souffleront de secteur Est, faibles à modérés, avant de se renforcer relativement dans l’après-midi près des côtes et dans le Sud. Ils pourront également se renforcer lors du passage des cellules orageuses, avec des rafales dépassant 70 km/h.

La mer sera peu agitée, avant de devenir progressivement agitée en fin de journée sur les côtes nord.

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Mouled : 350 tonnes de zgougou produites… mais seulement 95 tonnes collectées !

24. August 2026 um 08:44

À l’approche du Mouled et face à la hausse de la demande en zgougou et en fruits secs, le traitement de l’augmentation des prix de ces produits nécessite un suivi de l’ensemble des maillons des circuits de distribution afin d’identifier l’origine des hausses enregistrées et de garantir un prix équitable reflétant les coûts réels et la valeur ajoutée du produit.

C’est ce qu’a déclaré, dimanche, le président de l’Organisation tunisienne d’orientation du consommateur, Lotfi Riahi.

Il a appelé les différents intervenants, du producteur au commerçant, en passant par les autorités de contrôle et les organisations de défense du consommateur, à œuvrer en faveur d’un marché équitable et transparent, permettant au citoyen de célébrer le Mouled sans supporter des prix excessifs.

Lotfi Riahi a souligné que la protection du pouvoir d’achat ne signifie ni lutter contre le commerçant ni exercer une pression sur le producteur. Elle consiste, selon lui, à parvenir à un équilibre entre les intérêts du producteur, du distributeur et du consommateur.

Le prix final dépend de toute la chaîne

Le président de l’organisation a expliqué que le prix final du zgougou et des fruits secs ne dépend pas uniquement du coût de production. Il est également influencé par les différentes étapes que traverse le produit, de la production, la collecte et le regroupement au stockage et au transport, puis à la vente en gros, à la distribution et à la vente au détail.

Les marges bénéficiaires ainsi que l’évolution de l’offre et de la demande interviennent également dans la formation du prix final.

Selon lui, la multiplicité des maillons de distribution peut accentuer l’écart entre le prix à la source et celui payé par le consommateur. Il préconise ainsi un suivi des prix à chaque étape, ainsi que la détermination du coût réel et de la marge bénéficiaire appliquée à chaque maillon.

Cette démarche doit permettre, a-t-il précisé, de distinguer les hausses justifiées par les coûts des augmentations qui ne le sont pas.

Zgougou : 350 tonnes de production contre 95 tonnes collectées

Concernant le zgougou, Lotfi Riahi a indiqué que la production est estimée à environ 350 tonnes, alors que quelque 95 tonnes seulement sont collectées.

Cet écart entre les quantités disponibles et les volumes collectés nécessite, selon lui, un suivi accru de la part des services de l’administration des forêts, afin d’identifier les raisons de cette situation et ses répercussions sur les prix.

Extrait des fruits du pin d’Alep, le zgougou est un produit local à valeur alimentaire et patrimoniale. Son prix au consommateur est toutefois influencé, outre les coûts de production, de collecte et de transformation, par les frais de stockage et de transport, le nombre d’intermédiaires et les marges bénéficiaires, ainsi que par la spéculation et l’évolution de l’offre et de la demande à l’approche du Mouled.

Fruits secs : une chaîne qui pèse sur le prix final

Le président de l’Organisation tunisienne d’orientation du consommateur a également insisté sur la nécessité de distinguer une hausse réelle du coût de production d’une augmentation injustifiée résultant de l’exploitation commerciale de l’occasion du Mouled.

Le consommateur ne doit pas, selon lui, supporter seul le poids de la hausse des prix lorsque celle-ci n’est pas proportionnelle à l’évolution des coûts réels et de la valeur ajoutée du produit.

S’agissant des fruits secs produits localement, Lotfi Riahi a souligné que l’existence d’une production tunisienne ne signifie pas nécessairement que le produit arrive au consommateur à un prix abordable.

Le prix final se forme à travers une succession d’étapes, du producteur ou agriculteur à la collecte, au stockage, au transport, à la vente en gros, à la distribution et, enfin, à la vente au détail.

Chaque maillon peut ajouter un coût et une marge bénéficiaire, ce qui peut entraîner un écart important entre le prix à la source et le prix final, sans que cet écart soit toujours expliqué par les coûts réels ou la valeur ajoutée.

Lotfi Riahi a ainsi appelé à renforcer la transparence dans la formation des prix et à expliquer les écarts enregistrés tout au long des circuits de distribution.

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Décès d’Abderrahmane Tlili, figure de l’administration et de la politique tunisienne

24. August 2026 um 07:35

L’ancien secrétaire général du parti de l’Union démocratique unioniste (UDU), Abderrahmane Tlili, est décédé dimanche 23 août 2026 à l’âge de 83 ans.

Fils du célèbre dirigeant syndical Ahmed Tlili, il a marqué la scène publique tunisienne par son parcours politique à la tête de l’UDU, un parti d’orientation nationaliste, mais aussi par ses hautes responsabilités administratives avant la Révolution. Il a notamment dirigé l’Office national de l’huile ainsi que l’Office de l’aviation civile et des aéroports (OACA).

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Perturbations climatiques : stratégie intégrée et prévoyance, la panacée

Von: farhat
23. August 2026 um 08:24

Comme c’est le cas chaque année, l’ombre d’un automne pluvieux en Tunisie plane et suscite les mêmes interrogations, dont essentiellement celle relative aux préparatifs pour empêcher les éventuelles complications et les grands dangers en l’absence, malheureusement, d’infrastructure nécessaire ou à cause des retards au niveau de l’entame des travaux indispensables. Et c’est pour éviter de telles défaillances que la Cheffe du gouvernement a réuni un conseil ministériel, avant-hier jeudi, pour tout mettre à l’œuvre afin de prévenir et de négocier la saison des intempéries dans les meilleures conditions, conformément aux directives du Président de la République, Kaïs Saïed.

La Cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, a présidé, ce jeudi 20 août 2026 au Palais du gouvernement à la Kasbah, un conseil ministériel restreint consacré à l’examen de l’état d’avancement des plans d’action et des programmes préventifs mis en place en prévision de la saison des pluies, ainsi qu’aux mesures destinées à prévenir les perturbations climatiques et à faire face à leurs répercussions durant les prochaines saisons d’automne et d’hiver.

Et là, il faut dire que le choix du thème tombe à pic alors que le pays vit encore sous l’emprise de la canicule, car il ne faut pas attendre le dernier moment pour agir ou prendre des décisions qui s’avèreraient inutiles et infructueuses car dépassées par les événements.

À l’ouverture des travaux du conseil, la Cheffe du gouvernement a souligné que la préparation à la saison des pluies nécessite l’adoption d’une approche stratégique intégrée fondée sur l’anticipation, la planification, la préparation opérationnelle et l’intervention précoce, conformément aux orientations du Président de la République, Kaïs Saïed.

Elle a également insisté sur l’importance de moderniser les infrastructures, de renforcer les mesures de prévention et d’assurer une maintenance régulière et continue, parallèlement au suivi, à l’alerte précoce, aux inspections sur le terrain et à une coordination efficace entre les différentes structures concernées aux niveaux central, régional et local.

La Cheffe du gouvernement a, en outre, appelé à relever le niveau de préparation et de vigilance, au regard des prévisions météorologiques et des perturbations ainsi que des précipitations susceptibles de marquer la prochaine période. Une situation qui impose, selon elle, de parachever l’ensemble des mesures préventives, notamment dans les zones et les points les plus exposés aux risques d’inondation.

Elle a par ailleurs souligné que les défis climatiques actuels imposent de faire face à des phénomènes météorologiques plus intenses et plus instables, ce qui nécessite de développer le système de prévention des risques et de renforcer la capacité de l’État à anticiper et à intervenir rapidement afin de limiter les répercussions.

Des recommandations à fructifier au plus vite

En somme, ce conseil a permis de définir les actions et les interventions nécessaires et de présenter les recommandations essentielles, dont notamment :

– Accélérer le rythme de réalisation des différents travaux préventifs et les achever avant le pic de la saison des pluies, tout en assurant leur suivi continu par l’ensemble des structures concernées aux niveaux central, régional et local. A ce niveau, le conseil a appelé à effectuer des inspections de terrain précises dans les zones et au niveau des infrastructures prioritaires, à intervenir immédiatement pour remédier aux insuffisances constatées et à vérifier l’état de préparation de tous les équipements, engins et moyens d’intervention.

– Classer les points noirs, les zones et les infrastructures exposés aux inondations selon leur degré de priorité et élaborer des plans d’intervention clairs. Le conseil a également appelé à accélérer la mise à jour des plans de prévention et de gestion des catastrophes ainsi que l’organisation des secours aux niveaux central, régional et local, afin d’en garantir la cohérence et la complémentarité, tout en actualisant les bases de données relatives aux «points bleus».

– Renforcer les systèmes de surveillance, de mesure, d’alerte précoce et de communication, et garantir la rapidité de l’échange et de l’analyse des données afin de permettre la prise de décisions en temps opportun. Il a aussi recommandé d’intensifier la coordination et l’échange d’informations entre les différentes structures publiques concernées.

– Mettre en place un mécanisme de suivi périodique de l’application des mesures adoptées afin de garantir le traitement rapide des insuffisances constatées, tout en renforçant la coordination entre les différents ministères, les structures publiques concernées ainsi que les autorités régionales et locales.

Mobilisation au niveau des gouvernorats et des municipalités

Ce que le conseil ministériel a mis en relief et tout ce qui a été recommandé ne serviront à rien sans un sérieux suivi à tous les niveaux. Car ce qui a été décidé ne peut être entrepris qu’à travers l’action des municipalités et des programmes d’intervention dans chaque gouvernorat.

Car, pour réussir une telle œuvre, il va falloir agir vite pour ne pas perdre du temps et assurer tout ce qui est nécessaire pour entamer les travaux et y aller jusqu’au bout. Les municipalités, en manque de ressources parfois, préparent un programme d’action mais n’arrivent pas à l’achever, faute de finances. C’est la raison pour laquelle chaque gouvernorat doit intervenir pour doter les municipalités du budget nécessaire sans trop tarder pour pouvoir entamer les travaux avant l’arrivée de la saison des pluies.

C’est dire que lorsque la volonté de bien faire est au rendez-vous, tout devient plus facile. On peut citer, là, l’exemple du gouvernorat de Tunis qui a vite fait de se préparer à ce qu’il doit faire pour faire face aux intempéries du début de la saison automnale.

Ainsi, le gouverneur de Tunis a réuni, avant-hier jeudi, juste après le conseil ministériel, la Commission régionale de prévention et de lutte contre les catastrophes et d’organisation des secours pour débattre de l’état d’avancement des préparatifs, en prévision de la saison des pluies, et du renforcement des mesures de prévention face aux risques liés aux intempéries, selon une publication du gouvernorat sur les réseaux sociaux.

Plusieurs décisions ont été ainsi arrêtées, notamment l’accélération des opérations de curage et de nettoyage des oueds, des bouches des égouts, des canaux d’évacuation des eaux pluviales et des ouvrages hydrauliques. Ces interventions seront assurées par les services de l’assainissement, le Commissariat régional au développement agricole (CRDA), les services de l’Équipement, les municipalités concernées et la Direction de l’hydraulique urbaine.

Les municipalités ont spécialement été appelées à intensifier les opérations de balayage et de collecte des déchets et des détritus, avant les premières précipitations, afin de prévenir l’obstruction des réseaux d’évacuation des eaux pluviales.

La commission a, par ailleurs, recommandé aux délégués de réunir les sous-commissions locales de prévention et d’actualiser l’inventaire des moyens humains et logistiques disponibles. Des visites de terrain seront, également, organisées afin d’identifier les points noirs, de contrôler les interventions prévues et d’assurer la coordination entre les différents intervenants publics.

La police municipale régionale a, de son côté, été chargée de coordonner avec les services municipaux les opérations d’enlèvement des décombres et des déchets de chantier abandonnés sur les trottoirs, avec un renforcement des sanctions contre les comportements portant atteinte à l’environnement.

La commission a décidé, aussi, de mettre à jour le plan régional de prévention et de lutte contre les catastrophes ainsi que le «Plan bleu» consacré aux inondations. Des exercices de simulation conjoints avec les services de la Protection civile seront organisés, afin d’évaluer le niveau de préparation et l’efficacité des mécanismes d’intervention.

Il a, en outre, été convenu d’actualiser le stock stratégique de denrées alimentaires, de matelas et de couvertures, destiné aux personnes susceptibles d’en avoir besoin en cas de catastrophe, ainsi que d’organiser des réunions périodiques pour suivre la mise en œuvre des recommandations.

À l’ouverture de la séance, le gouverneur de Tunis a insisté sur la nécessité de redoubler d’efforts et de faire preuve de rigueur et d’efficacité dans le suivi des préparatifs. Il a, également, présenté les principales composantes du plan régional de prévention et de lutte contre les catastrophes, ainsi que les responsabilités de chaque intervenant, tant durant la phase de préparation que lors des interventions.

La réunion a rassemblé les délégués, des représentants des services sécuritaires, militaires et de la Protection civile, les représentants des municipalités et des différentes structures concernées, ainsi que des représentants de l’Union tunisienne de solidarité sociale (UTSS) et les responsables du dossier au sein du gouvernorat.

Nous souhaitons voir les autres gouvernorats agir avec la même célérité pour que ce travail colossal se déroule dans les délais et avec une parfaite synchronisation. Aujourd’hui, le citoyen a le droit d’exiger de telles interventions pour espérer passer un hiver plus sécurisé et moins menaçant. Le Président de la République en a parlé à maintes reprises, le gouvernement en est conscient et la balle reste, à présent, dans le camp des municipalités et des services techniques concernés pour passer à l’action et mener une telle opération à bon port.

Kamel ZAIEM

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Pénurie d’eau embouteillée : visite surprise de Kaïs Saïed dans une usine à Oueslatia

23. August 2026 um 01:52

Le président de la République Kaïs Saïed a effectué, dans la nuit du samedi 22 août 2026, une visite surprise à Oueslatia (Kairouan), où il s’est rendu dans un complexe de production d’eau minérale, sans qu’aucun détail ne soit communiqué sur les échanges ou décisions prises.

Ce déplacement intervient dans un contexte de pénurie prolongée d’eau embouteillée en Tunisie, marquée par des difficultés d’approvisionnement, des coupures d’électricité et une forte hausse de la demande liée à la chaleur.

 

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Drame en mer à Zarzis : un seul survivant sur une embarcation de 15 migrants

22. August 2026 um 15:08

Le porte-parole officiel de la Direction générale de la Garde nationale, le colonel-major Houssem Eddine Jebabli, a affirmé aujourd’hui, samedi, qu’une enquête judiciaire a été ouverte, avec l’autorisation du ministère public, pour franchissement clandestin des frontières maritimes ayant entraîné mort d’homme, suite au naufrage d’une embarcation de migration irrégulière au large des côtes de Zarzis.

Jebabli a indiqué que les opérations de recherche des personnes disparues se poursuivent, avec la participation des unités maritimes côtières et des unités maritimes flottantes, en coordination avec la marine nationale. Un hélicoptère a par ailleurs été mobilisé pour renforcer les opérations de recherche et de sauvetage.

Pour rappel, une embarcation transportant près de 15 migrants en situation irrégulière, dont l’un originaire de Zarzis et le reste originaires de Ben Guerdane, a fait naufrage à 14 milles marins des côtes de Zarzis. Un seul passager a pu être secouru, après avoir été retrouvé par un navire commercial.

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ENSIT : une bourse complète pour poursuivre un master au Japon

22. August 2026 um 11:59

L’École nationale supérieure d’ingénieurs de Tunis (ENSIT) ouvre aux étudiants et aux jeunes diplômés la possibilité de poursuivre un master au Japon avec une bourse d’études complète, dans le cadre des programmes de l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA).

Selon une publication de l’école sur sa page officielle Facebook, cette opportunité permet aux bénéficiaires d’intégrer des universités japonaises prestigieuses et de bénéficier d’une formation internationale de haut niveau. Elle offre également l’occasion de découvrir le système scientifique et technologique japonais et d’élargir les réseaux professionnels et académiques à l’échelle internationale.

Les programmes de master couvrent plusieurs domaines, notamment l’ingénierie et les technologies, l’environnement et le changement climatique, l’économie et la gestion, l’éducation et l’enseignement, l’agriculture et le développement rural, la santé publique ainsi que le développement social.

L’ENSIT encourage les étudiants et les diplômés éligibles à se préparer à présenter leur candidature afin de bénéficier de cette opportunité de mobilité internationale et de formation académique au Japon.

Établissement public tunisien d’enseignement supérieur relevant de l’Université de Tunis, l’ENSIT est spécialisée dans la formation d’ingénieurs dans plusieurs domaines techniques et industriels, notamment le génie électrique, le génie mécanique, le génie civil et l’informatique. Elle propose une formation d’ingénieur dans diverses spécialités technologiques et développe des partenariats académiques internationaux permettant notamment aux étudiants de participer à des programmes d’échange et à des formations menant à des doubles diplômes.

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Faouzi Abderrahmane : « La baisse du chômage est un trompe-l’œil »

21. August 2026 um 15:16

Alors que le taux de chômage s’est légèrement replié à 14,9 % selon les dernières statistiques de l’INS, cette baisse traduit-elle une véritable amélioration de la situation de l’emploi ou demeure-t-elle statistiquement marginale ? Éléments de réponse avec Faouzi Abderrahmane, ancien ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle.

Ancien ministre de l’Emploi, Faouzi Abderrahmane appelle à relativiser cette baisse du taux de chômage annoncée par l’Institut national de la statistique (INS), passé de 15% à 14,9%. Car selon lui, « passer de 15% à 14,9%, cela peut tout simplement relever de la marge d’erreur inhérente aux statistiques de l’INS », estime-t-il. Et de rappeler que les données de l’INS sont publiées trimestriellement, soulignant l’importance particulière des statistiques du deuxième trimestre, généralement publiées en juillet. « La meilleure statistique est celle de mai, car l’échantillon y est plus important que durant les premier, troisième et quatrième trimestres. Les données du deuxième trimestre sont donc les plus fiables, notamment parce qu’elles permettent de disposer de chiffres régionaux », explique-t-il.

Pour l’ancien ministre, l’analyse de la situation de l’emploi ne doit pas se limiter à un indicateur conjoncturel. Elle doit prendre en considération l’ensemble des facteurs économiques, sociaux et institutionnels qui influencent le marché du travail.
 » Les moteurs de l’emploi sont au nombre de trois : le secteur public, le secteur privé et l’initiative individuelle. C’est le cas dans tous les pays du monde », affirme-t-il. Il précise que le secteur privé comprend différentes formes d’activité, allant de l’économie réelle à l’économie sociale et solidaire. Or, selon lui, ces trois moteurs sont aujourd’hui grippés en Tunisie. « Ils ne sont pas bloqués uniquement aujourd’hui. Ils le sont depuis plusieurs années, et les gouvernements successifs ne sont pas parvenus à débloquer la situation »,  déplore-t-il.

Faouzi Abderrahmane considère que le chômage constitue le « réceptacle » des dysfonctionnements de l’ensemble des politiques publiques. Les difficultés liées à l’éducation, au développement régional, à l’investissement, à l’initiative privée, aux équilibres budgétaires ou encore aux investissements publics se répercutent directement sur l’emploi. « Il ne faut donc pas regarder l’emploi uniquement à travers les statistiques. Il faut également analyser tous les indicateurs qui l’entourent et qui expliquent la situation actuelle du marché du travail « , insiste-t-il.

Coupures d’eau et d’électricité : un symptôme de crise de gouvernance

L’ancien ministre établit également un lien entre les difficultés du marché de l’emploi et la dégradation des services publics, notamment les coupures récurrentes d’eau et d’électricité. « Ces perturbations sont devenues récurrentes. Elles traduisent l’incapacité du pouvoir exécutif à gérer le quotidien des citoyens », affirme-t-il.

Il critique une gouvernance qu’il juge trop marquée par une approche administrative. Selon lui, la présence de hauts cadres de l’administration à la tête de l’exécutif ne garantit pas nécessairement une capacité à conduire des politiques publiques adaptées aux réalités du pays. « L’administration produit parfois des décisions incohérentes, déconnectées de la réalité. Elle ne peut pas, à elle seule, gérer les affaires du pays »,  estime-t-il.

Évoquant le Plan quinquennal transmis par le gouvernement au Parlement, Faouzi Abderrahmane déplore l’absence, selon lui, d’un véritable débat politique. « Le texte a été adopté tel quel, sans modifications substantielles ni discussion de fond. Ce plan est davantage le produit de l’administration que celui d’une vision politique », déplore-t-il. Cette absence de vision stratégique, estime l’ancien ministre, expliquerait en partie les difficultés persistantes dans la gestion des affaires publiques, ainsi que l’incapacité à impulser une dynamique durable de création d’emplois.

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Mobilisation à Tunis sur fond de crise sociale

21. August 2026 um 10:55

Jeudi 20 août 2026, plusieurs organisations de la société civile ont manifesté à Tunis pour dénoncer la dégradation des services publics, laquelle dégradation a pour nom, entre autres, coupures d’eau et d’électricité, pénuries de médicaments.

Organisée à l’appel de « Nafas », un mouvement citoyen civil indépendant, la marche a réuni un nombre important de participants, lesquels réclamaient des solutions concrètes à la crise économique et sociale. Ils demandent aussi la préservation des libertés publiques, des droits politiques et des acquis sociaux.

Plusieurs responsables politiques et acteurs de la société civile ont livré leur analyse sur place. C’est le cas de Faouzi Abderrahmane, ancien ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, qui est revenu sur les slogans et le contexte politique : « La dernière fois, les slogans n’étaient pas uniquement ceux de l’organisation. Les jeunes ont scandé leurs propres slogans, qui ont même dépassé ceux de l’organisation ».

Selon lui, « les gens sont excédés par la situation actuelle. Ils estiment que les choses ne peuvent pas rester comme elles sont. Il faut un changement ». Il ajoute que « ce pouvoir politique s’est isolé de ses propres institutions, du gouvernement et du parlement. Cet isolement isole aussi le pays par rapport à son environnement régional et international. Nous perdons beaucoup d’occasions sur le plan socio-économique ».

Blocage socio-économique et absence de dialogue

Et l’ancien d’estimer que « le pays est bloqué sur le plan socio-économique. Il n’y a pas d’investissements ». Évoquant le système des entreprises communautaires, il juge qu’« il ne représente rien » et qu’« il n’est pas capable de créer de la richesse. C’est une économie de la pauvreté, pas une économie de création de richesse ».

Il note aussi qu’« à aucun moment dans l’histoire du pays, on n’est arrivé à une situation où il y a aussi peu de discussion. Même lors des grandes crises, il y a toujours eu des communications  et dialogue », ajoute-t-il.

Foued Mouakhar:  » Privilégier l’intérêt national »

Foued Mouakhar, dirigeant du PDL, rappelle son appel à « privilégier l’intérêt national ». « Nous voulons contribuer à élever la parole de vérité. Nous avons des causes communes : le système républicain, les droits, les libertés, l’État de droit, les institutions, la justice, la séparation et l’indépendance des pouvoirs. Quiconque va dans ce sens, nous marchons avec lui », déclare-t-il.

Pour lui, « l’important est que ces milliers de voix s’expriment et parviennent jusqu’au pouvoir ». « Si le pouvoir dit : “Faites ce que vous voulez, et faisons ce que nous voulons”, cela n’est pas de la démocratie. C’est une neutralisation de la démocratie. Nous ne pouvons pas étouffer les voix. Chacun est libre d’exprimer son opinion. C’est cela le plus important », affirme-t-il.

Nafaâ Laribi: « Les choses vont de mal en pire »

De son côté, Nafaa Laribi, membre du comité de défense d’Abir Moussi, note que c’est la troisième mobilisation après juin et le 25 juillet 2026. « On a encore plus de coupures d’électricité, encore plus de pénuries d’eau. La mise en bouteille de l’eau minérale et des eaux de source est en difficulté. On fait face à une pénurie d’essence et de carburant. Les choses vont de mal en pire », observe-t-il.

Interrogé sur l’impact de la manifestation, il répond : « La société civile et l’opposition sont présentes. L’essentiel est d’être toujours là, de faire pression, de lever haut nos principes et nos revendications, et de ne pas laisser le terrain vide ».

Houssem Hami, coordinateur de la coalition Soumoud, estime que « les Tunisiens tiennent bon ». « Ils ont lancé un message clair : assez de l’injustice, de l’échec et de l’absurde dans la gestion des affaires publiques », dit-il.

« Jeunesse, femmes, régions disent non à l’injustice et non à l’échec. Les citoyens sont épuisés par les coupures d’eau et d’électricité, par le manque de médicaments et par la hausse des prix. C’est la situation elle-même qui les pousse à descendre dans la rue », précise-t-il.

Et de conclure : « Nous avons proposé de nous rassembler autour du minimum commun : la citoyenneté. Les citoyens ont répondu, ainsi que les partis politiques et les organisations de la société civile. Nous sommes sur la bonne voie pour obtenir un changement réel dans la vie quotidienne et au niveau des droits et des libertés. La situation en Tunisie est la pire depuis des décennies : dégradation sociale, régression des libertés. C’est pourquoi nous nous réunissons pour définir les moyens d’agir et exiger un changement »

Eau, électricité, médicaments, coût de la vie, libertés : la mobilisation de jeudi met en lumière un ensemble de dossiers qui structurent, cet été, le mécontentement d’une partie de la société tunisienne. 

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Fumeuses ou fumeurs : qui résiste le mieux au sevrage tabagique ?

21. August 2026 um 09:14

63,4 % des femmes suivies en clinique de sevrage tabagique à l’hôpital Abderrahman-Mami ont déjà souffert de dépression, contre 36,9 % des hommes : une étude  dévoile l’ampleur des écarts entre les sexes face au tabac.

Des médecins de la Faculté de médecine de Tunis et de l’hôpital Abderrahman-Mami de pneumologie, à Ariana, ont publié dans une revue scientifique reconnue les résultats d’une enquête consacrée aux profils des fumeurs suivis en clinique de sevrage tabagique. Menée entre janvier 2024 et décembre 2025, elle a rassemblé 471 patients : 370 hommes, soit 78,6 % de l’échantillon, et 101 femmes, soit 21,4 %. L’âge moyen était de 47 ans chez les hommes et de 46 ans chez les femmes.

Premier enseignement de ce travail : la santé psychologique diffère nettement selon le sexe. Près des deux tiers des femmes de l’échantillon, soit 63,4 %, avaient déjà connu un épisode dépressif, contre 36,9 % des hommes. Le foyer constitue par ailleurs un lieu d’exposition tabagique plus marqué pour les femmes : 55,6 % d’entre elles y étaient exposées à la fumée, contre 28,3 % des hommes.

D’autres écarts sociaux apparaissent dans les données. Les femmes divorcées représentaient 11,9 % de l’échantillon féminin, un taux nettement supérieur à celui observé chez les hommes, 3,8 %. Le niveau d’études universitaires concernait également une plus grande part des femmes, 42,6 %, contre 37,8 % chez les hommes. La consommation d’alcool associée au tabac suit en revanche une tendance inverse : elle touchait 33,4 % des hommes, contre 17 % des femmes.

Sur le plan de la dépendance, mesurée par le test de Fagerström, le score moyen s’établissait à 6,47 chez les hommes et à 5,98 chez les femmes, ces dernières ayant par ailleurs multiplié davantage les tentatives d’arrêt par le passé. Les antécédents médicaux, eux, se répartissaient de façon comparable entre les deux sexes : 58,1 % chez les hommes et 55,4 % chez les femmes.

Pour être inclus dans l’étude, les patients devaient avoir effectué au moins trois consultations de suivi au sein de la clinique de sevrage tabagique. Les chercheurs y ont recueilli des informations sociodémographiques, l’historique du tabagisme, les antécédents médicaux et psychologiques, ainsi que le degré de préparation à l’arrêt.

Au terme de cette analyse, les auteurs relèvent des différences significatives entre hommes et femmes fréquentant les cliniques de sevrage, portant notamment sur les facteurs psychologiques et sociaux, l’exposition tabagique au domicile et la consommation d’alcool. Ils insistent sur la nécessité de tenir compte des spécificités propres à chaque sexe, ainsi que des facteurs sociaux et psychologiques associés, dans les stratégies de sevrage tabagique.

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Cisjordanie : la colonie E1, une condamnation en mots, une complicité dans les faits

21. August 2026 um 08:38

Six pays européens – Allemagne, France, Italie, Norvège, Pays-Bas et Royaume-Uni – ont publié une déclaration conjointe qualifiant d’« inacceptable » la décision du gouvernement israélien de lancer des appels d’offres pour le projet de colonie E1, en Cisjordanie. Le texte est ferme sur le papier. Il l’est beaucoup moins dans ses conséquences.

Le projet E1 n’a rien d’une nouveauté surgie par surprise. Depuis plus de vingt ans, ce corridor situé entre Jérusalem-Est et la colonie de Maalé Adoumim est identifié par les diplomates, les organisations humanitaires et les Nations unies comme l’un des projets les plus destructeurs pour l’avenir d’un État palestinien viable : il couperait la Cisjordanie en deux, isolerait Jérusalem-Est de son arrière-pays palestinien, et rendrait purement théorique toute continuité territoriale. Que six gouvernements européens le redécouvrent aujourd’hui avec indignation n’efface pas des années de tolérance implicite envers l’expansion continue des colonies.

Une déclaration sans levier

La déclaration rappelle, à juste titre, que les colonies israéliennes en Cisjordanie sont illégales au regard du droit international, position que le Conseil de sécurité des Nations unies a lui-même réaffirmée. Mais rappeler le droit ne suffit pas à le faire respecter. Le texte se contente d’« exhorter » Israël à retirer ses projets et de mettre en garde les entreprises contre les risques juridiques et réputationnels d’un engagement dans ces chantiers. Aucune sanction, aucune mesure commerciale, aucune conditionnalité concrète n’accompagne ces mots. Après des décennies de déclarations similaires restées sans effet sur le terrain, cette nouvelle mise en garde s’inscrit dans une longue tradition européenne : condamner fermement tout en continuant, dans les faits, à commercer, coopérer et dialoguer normalement avec les autorités responsables de la colonisation.

Ce qui frappe peut-être davantage que le contenu de la déclaration, c’est son signataire manquant : les États-Unis. Washington, principal allié militaire et diplomatique d’Israël, principal fournisseur d’aide et protecteur habituel d’Israël au Conseil de sécurité, ne figure pas parmi les six pays qui condamnent le projet E1. Cette absence n’est pas anodine : elle illustre la position structurelle des États-Unis, qui ont historiquement mis leur droit de veto au service d’Israël face à des résolutions bien plus consensuelles que cette déclaration, et qui n’ont jamais fait de l’arrêt de la colonisation une condition réelle de leur soutien économique et militaire. Sans l’alignement de Washington, la portée de toute pression européenne reste, de fait, limitée.

La déclaration elle-même reconnaît que la Cisjordanie traverse une période d’instabilité grave, marquée par des violences de colons contre des civils décrites comme sans précédent, ainsi que par de sérieuses restrictions pesant sur l’économie palestinienne. Ce constat, formulé par les gouvernements signataires eux-mêmes, souligne l’écart entre la gravité de la situation qu’ils décrivent et la faiblesse des instruments qu’ils mobilisent pour y répondre.

Au-delà d’Israël et des États-Unis, c’est l’ensemble de la communauté internationale que cette séquence interroge : des gouvernements européens qui maintiennent des accords commerciaux et de coopération avec Israël sans conditionnalité réelle liée aux colonies, des entreprises qui, malgré les avertissements, continuent de participer à des projets situés en territoire occupé, et des instances internationales dont les résolutions, aussi solennelles soient-elles, ne sont assorties d’aucun mécanisme d’application contraignant.

Tant que la dénonciation de l’illégalité des colonies ne s’accompagnera pas de conséquences tangibles (suspension d’accords, restrictions commerciales ciblées, pressions diplomatiques coordonnées avec Washington) ce type de déclaration continuera de fonctionner comme un exutoire rhétorique plus que comme un outil de changement.

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À Tunis, une mobilisation citoyenne contre la crise du quotidien

20. August 2026 um 22:00

Jeudi 20 août 2026, plusieurs organisations de la société civile ont appelé à manifester à Tunis pour dénoncer la dégradation des services publics, notamment les coupures d’eau et d’électricité ainsi que les pénuries de médicaments. Organisée à l’appel de « Nafas », un mouvement citoyen civil indépendant, la mobilisation a réuni une foule importante venue réclamer des solutions concrètes à la crise économique et sociale et défendre les libertés publiques, les droits politiques et les acquis sociaux.

Le rassemblement a débuté à la place de la République, au Passage. Les participants ont ensuite marché en direction de l’avenue Habib Bourguiba,  jusau’au théâtre municipal. Des organisations de la société civile, des militants et des citoyens ont répondu à l’appel pour dénoncer la détérioration continue des conditions de vie et réclamer des mesures urgentes face à la crise que traverse le pays.

Sur les pancartes et dans les slogans, les mêmes préoccupations revenaient : la hausse des prix, la baisse du pouvoir d’achat, les coupures d’eau et d’électricité, les pénuries de médicaments et la dégradation des services publics. Les manifestants ont également dénoncé le recul des libertés et appelé les autorités à présenter des solutions concrètes à une situation sociale devenue, selon eux, insoutenable.

Nous y reviendrons..

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Grève des transporteurs de carburant : le feu éteint, pas la braise

20. August 2026 um 18:49

Courte mais suffisamment tendue pour inquiéter. La grève des transporteurs de carburant, déclenchée ce jeudi 20 août dès les premières heures de la matinée dans la zone pétrolière de Radès, a été levée dans la journée. Khaled Betine, PDG de la Société nationale de distribution des pétroles (AGIL), a confirmé la reprise normale de l’approvisionnement après un accord conclu avec les chauffeurs grévistes. Le soulagement est réel, mais il est de courte vue.

Car derrière cette levée rapide se cachent des questions qui, elles, ne sont pas levées. Les transporteurs avaient déclenché ce mouvement dit « anarchique » sur fond de revendications professionnelles et sociales : amélioration des conditions de travail et application des accords sectoriels portant sur les augmentations salariales. Des revendications précises, documentées, et visiblement pas nouvelles.

Qu’est-ce qui a été concédé exactement pour obtenir cette reprise ? L’accord évoqué par le PDG d’AGIL a-t-il répondu au fond des revendications, ou s’agit-il d’un simple engagement de principe destiné à éteindre l’incendie du jour ? Les accords sectoriels sur les salaires seront-ils effectivement appliqués, et dans quels délais ? Autant de questions auxquelles ni AGIL ni les autorités de tutelle n’ont apporté de réponse publique.

Ce qui est certain, c’est que le secteur du transport de carburant concentre des tensions sociales latentes. Une grève déclenchée sans préavis, paralysant en quelques heures la distribution dans l’une des principales zones pétrolières du pays, rappelle à quel point ce maillon est stratégique, et vulnérable. Un camion arrêté, et c’est toute une chaîne d’approvisionnement qui se grippe. D’ailleurs, on a pu constater de longues files aux abords des stations d’essence, notamment celles situées sur la R9 – reliant Tunis à La Marsa.

La grève est levée. L’accord reste flou. Et les revendications, si elles ne trouvent pas de réponse durable, trouveront une autre occasion de ressurgir. Car aujourd’hui on a peut-être éteint le feu, mais pas la braise…

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Contestation sociale en Tunisie : l’eau et l’électricité au cœur de 60 % des mouvements en juillet

20. August 2026 um 09:42

Avec 1 101 mouvements recensés en juillet, la contestation sociale atteint un record pour ce mois depuis dix ans. Les coupures d’eau et d’électricité concentrent à elles seules plus de 60 % des mobilisations.

Le nombre de mouvements de protestation recensés en Tunisie a atteint 1 101 en juillet 2026, selon le rapport mensuel de l’Observatoire social tunisien relevant du Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES). Ce niveau constitue un record pour un mois de juillet au cours des dix dernières années.

La progression est également marquée par rapport aux mois précédents. Avec 867 mouvements en juin, la hausse atteint 27 % en un mois. Elle s’élève à 168 % par rapport aux 411 mouvements enregistrés en mai et à 83 % comparativement à avril.

Pour l’Observatoire, cette évolution prolonge l’accélération de la contestation constatée durant le deuxième trimestre. La dynamique observée en juin s’est ainsi poursuivie et amplifiée en juillet, qui devient le mois ayant enregistré le plus grand nombre de mouvements sociaux depuis le début de l’année.

Le profil des revendications constitue l’un des principaux changements relevés dans le rapport. Alors que les mobilisations sociales tendent habituellement à ralentir pendant la période estivale, les difficultés d’accès aux services essentiels ont occupé une place prépondérante en juillet.

Les coupures d’eau et d’électricité concentrent à elles seules la majorité des mouvements sociaux recensés en juillet. Les protestations liées à l’eau potable ont donné lieu à 373 mobilisations, contre 305 pour les interruptions d’électricité. Ces deux motifs totalisent ainsi 678 mouvements, soit plus de 60 % de l’ensemble des 1 101 mobilisations enregistrées durant le mois.

Les questions relatives à l’emploi et aux conditions de travail demeurent présentes, avec 210 mouvements. Leur poids dans l’ensemble de la contestation apparaît toutefois inférieur à celui des revendications directement liées aux conditions de vie et aux services publics. L’Observatoire décrit ainsi un déplacement des mobilisations, historiquement marquées par les revendications professionnelles, vers des demandes portant davantage sur les services essentiels et la vie quotidienne.

Les 24 gouvernorats tunisiens ont connu des mouvements de protestation au cours du mois, avec des écarts importants selon les régions. Tunis arrive en première position avec 166 mouvements. Kairouan et Monastir en comptent chacun 67, devant la Manouba avec 59. Tozeur et Nabeul enregistrent pour leur part 50 mouvements chacune.

Mahdia et Sidi Bouzid totalisent chacune 48 mobilisations. Viennent ensuite Le Kef avec 43 mouvements, Sfax avec 42 et Bizerte avec 40. Gafsa en compte 38, tandis que Sousse et Kébili en enregistrent chacune 37.

Cette répartition fait de Tunis le principal espace de contestation en nombre de mouvements. Le rapport fait également état de difficultés locales touchant notamment l’eau, les infrastructures, l’emploi et l’environnement.

La composition des participants constitue un autre élément notable du bilan de juillet. Les habitants ont pris part à 746 mouvements, soit près des deux tiers du total. Ils sont suivis par les militants, présents dans 85 mobilisations, les diplômés au chômage avec 75 mouvements et les ouvriers avec 50.

Les fonctionnaires ont participé à 39 mouvements, les syndicats à 35 et les chauffeurs de transport privé à 28. Le rapport mentionne également la participation d’agriculteurs, de commerçants, de médecins, de journalistes et d’avocats.

Selon l’Observatoire, cette répartition témoigne d’un élargissement de la mobilisation au-delà des cadres syndicaux et professionnels traditionnels. Les habitants occupent désormais une place centrale dans des actions portant principalement sur des difficultés affectant directement leur quotidien.

Les réseaux sociaux et les médias ont parallèlement accompagné cette dynamique. Ils ont servi de relais à environ 670 mouvements, soit plus de la moitié des mobilisations recensées en juillet.

Sur le terrain, les formes d’action ont été diverses. Le rapport recense notamment 124 rassemblements et 95 sit-in, ainsi qu’une centaine d’actions comprenant des barrages routiers, des manifestations de colère ou encore des brûlages de pneus. À cela s’ajoutent 41 grèves, 39 ports de brassards rouges, 11 grèves de la faim et 11 appels au secours.

Les institutions publiques demeurent, malgré cette diversification des acteurs et des modes d’action, au centre des revendications. Les ministères, les délégations, les municipalités, les gouvernorats et les établissements publics, notamment ceux intervenant dans les secteurs de l’eau et de l’électricité, figurent parmi les principales cibles. La présidence du gouvernement et la présidence de la République sont également concernées par les demandes formulées lors des mobilisations.

Sur un autre volet, l’Observatoire social tunisien a recensé quatre cas de suicide ou de tentative de suicide en juillet, contre sept en juin. Les cas documentés ont été enregistrés dans les gouvernorats de Kairouan, Sousse et Gafsa.

Le rapport précise que certaines informations faisant état de sept suicides à Kairouan durant le mois de juillet n’ont pas été retenues dans les statistiques, les sources disponibles ne répondant pas aux critères de documentation de l’Observatoire. Les quatre cas comptabilisés concernent trois hommes et une femme, tous issus de la population active.

Le rapport consacre également une partie à la violence. Les faits documentés couvrent notamment des agressions, des vols, des actes d’intimidation, du harcèlement sexuel ainsi que des violences associées aux mouvements de protestation.

Le Grand Tunis et les régions côtières concentrent le plus grand nombre de faits recensés. La rue constitue le principal lieu de survenue des violences, devant le domicile. Les prisons et les centres de détention arrivent en troisième position.

L’Observatoire relève par ailleurs des niveaux de surpopulation carcérale pouvant dépasser 200 % dans certains établissements, dans un contexte marqué par les fortes chaleurs enregistrées en juillet.

Parmi les auteurs identifiés dans les cas recensés, les hommes représentent 82,05 %, contre 15,38 % pour les femmes. Les violences physiques, financières ainsi que structurelles ou organisées représentent, à elles seules, 64,1 % des cas documentés.

Avec 1 101 mouvements en juillet, la contestation sociale atteint ainsi son niveau le plus élevé pour un mois de juillet depuis 2016. La mobilisation est principalement portée par les habitants et se concentre notamment sur l’accès à l’eau et à l’électricité, tandis que les revendications liées à l’emploi et aux conditions de travail restent importantes.

Le rapport de l’Observatoire social tunisien fait également apparaître une forte utilisation des réseaux sociaux et des médias comme relais des mouvements. La poursuite de cette dynamique au cours des prochains mois reste toutefois à déterminer.

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