Le matelas de devises de la Tunisie encaisse un contrecoup frôlant le seuil des 91 jours. L’économiste Moez Soussi qualifie cette baisse des réserves nationales de « préoccupante, mais non critique ». Il souligne que le change a tout de même été utilisé à bon escient, ce qui écarte toute pression majeure sur le Trésor […]
Au cours du premier semestre 2026, 50 217 voitures neuves, immatriculées ont été enregistrées auprès des services de l’Agence Technique des transports terrestres, contre 42 377 véhicules durant la même période de 2025. Selon les données de la chambre nationale des concessionnaires et constructeurs automobiles relevant de l’Union Tunisienne de l’Industrie, du Commerce et de […]
La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 %, conformément aux attentes des analystes. Marquant ainsi sa sixième réunion consécutive sans changement.
Le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, et son équipe ont indiqué que les coûts d’emprunt actuels restent appropriés pour soutenir la reprise économique et ramener l’inflation vers l’objectif de 2 %. « Après une année de faiblesse, l’économie du Canada montre des signes d’amélioration », a déclaré la banque dans son rapport sur la politique monétaire. « La croissance devrait s’accélérer et l’inflation devrait diminuer progressivement depuis son récent pic. L’incertitude reste élevée ».
La Banque centrale prévoit une croissance annualisée de 2,5 % au deuxième trimestre et de 1,5 % au troisième trimestre. Les décideurs ont revu à la baisse leur prévision de croissance pour 2026 à 0,7 % en raison de la faiblesse enregistrée en début d’année, mais ont relevé leurs projections pour 2027 et 2028 à 1,8 % chacune.
L’inflation sous-jacente devrait rester modérée, les responsables notant que les pressions sur les prix fondamentaux se réduisent. La banque a indiqué que cela suggère que la hausse des coûts pétroliers n’affecte pas les prix des autres biens et services.
« Malgré une certaine volatilité, les données récentes indiquent que l’économie évolue globalement conformément aux perspectives du rapport d’avril », a déclaré la banque.
La banque centrale a identifié comme principal risque haussier pour l’inflation la possibilité que les entreprises répercutent la hausse de leurs coûts de production sur les consommateurs. Les décideurs ont également exprimé leur inquiétude quant au fait que les estimations de productivité pourraient être plus faibles que prévu, ce qui indiquerait un écart de production plus réduit et des pressions inflationnistes plus importantes…
Le classement international “Employer Burden Index” place la Tunisie avec un score de 60 points, derrière le Maroc et l’Algérie mais devant plusieurs pays européens et arabes La Tunisie occupe la 49e place mondiale sur 192 pays et territoires évalués dans le classement international “Employer Burden Index”, un indice qui mesure le poids des obligations […]
La Tunisie intensifie sa percée sur le marché touristique russe avec le lancement, dès le 14 juillet 2026, d’un nouveau programme de vols charters directs reliant Moscou et Saint-Pétersbourg à l’aéroport international Habib Bourguiba de Monastir.
Ce programme, commercialisé par les voyagistes russes Pegas Touristik et Biblio-Globus, doit s’étendre jusqu’au 9 novembre. Il prévoit jusqu’à cinq vols aller-retour hebdomadaires au départ de Moscou et deux au départ de Saint-Pétersbourg, offrant une capacité théorique totale d’environ 1 540 sièges par semaine à destination de la Tunisie.
Ces vols seront assurés par la nouvelle compagnie charter égyptienne Pyramids Airlines, à l’aide d’un Airbus A321-200 configuré pour 220 passagers. Fondée en 2025, la compagnie a réceptionné son premier appareil fin février et a lancé ses opérations commerciales en 2026.
Les autorités et les professionnels du tourisme tunisiens saluent cette initiative, qui marque le retour des vols charters russes après une interruption de cinq ans et témoigne d’une confiance renouvelée envers la destination. Plus précisément, ce nouveau programme concrétise le retour à grande échelle de Pegas Touristik et des flux touristiques organisés d’importance, alors que certaines liaisons directes avaient déjà été rétablies en avril 2025 par Nouvelair, avec deux vols hebdomadaires reliant Moscou et Saint-Pétersbourg à Monastir.
Cette reprise profite principalement aux stations balnéaires de Monastir, Sousse, Mahdia, Hammamet et de la région du Sahel — des zones traditionnellement incluses dans les forfaits «tout compris» destinés aux touristes russes.
Selon les opérateurs tunisiens, ces nouvelles liaisons aériennes devraient stimuler le taux d’occupation des hôtels, les services de gestion de destination, le transport touristique, la restauration et l’artisanat.
Avant la pandémie, le marché russe constituait une source majeure de tourisme international pour la Tunisie. En 2019, le pays a accueilli plus de 633 000 visiteurs russes ; toutefois, ce chiffre est tombé à environ 14 000 en 2024, en raison notamment de la réduction des vols directs et de l’impact de la guerre en Ukraine sur les transports et les paiements internationaux. Ce regain d’activité survient dans un contexte globalement favorable pour le secteur.
Selon le ministère du Tourisme, la Tunisie a franchi pour la première fois le cap des 11 millions de visiteurs en 2025, bien que le nombre de touristes russes soit resté bien inférieur aux niveaux d’avant la pandémie. Pour les autorités, cette nouvelle liaison aérienne constitue une première étape vers la reconquête d’un marché caractérisé par des séjours en hôtel et un nombre élevé de nuitées. La viabilité à long terme du programme dépendra toutefois du taux de remplissage des avions, de la qualité des services offerts et de la capacité des opérateurs tunisiens à maintenir des prix compétitifs face aux autres destinations méditerranéennes prisées des voyageurs russes.
Le président de la Réserve fédérale américaine, Kevin Warsh, a reconnu, mercredi 15 juillet, que les investissements liés à l’intelligence artificielle (IA) font grimper les prix, mais que cela n’aura pas d’impact inflationniste. Il estime que l’IA stimulerait l’emploi à court et à long terme; même si à moyen terme, elle pourrait perturber le marché du travail.
« Je ne pense pas qu’une variation de prix ponctuelle soit nécessairement inflationniste, car elle entraîne une réaction de l’offre. En ce sens, elle diffère d’un conflit international et de ses effets, qui tendent à restreindre l’offre », a déclaré M. Warsh devant la commission bancaire du Sénat, révèle Reuters. « Les prix mesurés vont-ils augmenter au cours des douze prochains mois ? Je le pense. Mais il appartient à la Réserve fédérale de déterminer si cela est inflationniste ou non et nous aurons notre mot à dire ».
En outre, Kevin Warsh a déclaré être intéressé par les conclusions de l’enquête de l’inspecteur général concernant une réunion entre le principal superviseur de la banque centrale et des acteurs du marché. Réunion qui s’est tenue pendant la période de silence imposée aux responsables de la Fed. Il a toutefois ajouté qu’il ne souhaitait pas s’immiscer dans les détails de l’affaire ni préjuger de son issue.
En réponse aux questions d’Elizabeth Warren, la principale démocrate du Comité bancaire du Sénat, concernant la participation de Michelle Bowman, vice-présidente de la Fed chargée de la supervision, à un événement destiné aux clients de Bank of America immédiatement après la réunion de la Fed sur les taux d’intérêt des 16 et 17 juin, M. Warsh a déclaré qu’il laisserait toute action ultérieure au mécanisme de surveillance interne et indépendant de la Fed. « Je peux répondre à une question simple : je n’étais pas à cette réunion. Je ne connais pas les faits, mais je serais très intéressé par une enquête menée par un inspecteur général indépendant sur ces événements. »
Il a également fait remarquer que le président Donald Trump ne lui avait rien demandé d’inapproprié et que, si Trump le lui avait demandé, il ne l’aurait pas fait.
Ainsi, la déclaration du Président de la Fed faisait suite à une série de questions posées par des sénateurs américains concernant ses échanges avec Trump, qui l’avait nommé, depuis sa prise de fonction il y a près de deux mois. Il a refusé de répondre directement à la question. Mais il a indiqué qu’il ne jugeait pas opportun de divulguer le contenu de ses communications avec les membres de l’administration.
Par ailleurs, le président de la Fed a souligné qu’il estimait que l’institution ne remplissait pas son mandat de garantir la stabilité des prix. Cependant, il a refusé de donner la moindre indication sur la manière et le moment où il aborderait la question. Tout en reconnaissant qu’il existait une « liste non exhaustive d’options » qui pourraient inclure la hausse des taux d’intérêt, leur maintien ou leur baisse.
« Nous allons examiner les outils dont nous disposons et l’évolution de la conjoncture économique, tant au niveau du bilan que des taux d’intérêt. Et nous verrons si nous devons adapter notre politique pour affronter le problème de front », a conclu M. Warsh.
L’Union européenne (UE) accorde 60 millions d’euros à la Tunisie pour soutenir un projet d’économie d’énergie et de réduction d’émission de gaz à effet de serre. Et c’est l’entreprise italienne Rina Consulting qui a été chargée par la Berd de vérifier l’éligibilité technique des projets, l’état d’avancement des interventions et leur performance environnementale.
Rina devra également vérifier les résultats à long terme en mesurant des paramètres tels que les économies d’énergie, la production d’énergie renouvelable, la réduction des émissions de gaz à effet de serre et l’amélioration de l’efficacité de l’utilisation de l’eau, des matières premières et des ressources.
Geff Tunisie — le premier programme de ce type lancé par la Berd en Tunisie — met une ligne de crédit de 60 millions d’euros à la disposition des institutions financières locales. Bien que le document officiel du projet de la Berd fixe le cadre financier à 58,5 millions d’euros (soit environ 200 millions de dinars tunisiens), le conseil d’administration de la banque a autorisé un montant maximal de 60 millions d’euros. Les fonds seront acheminés par l’intermédiaire de banques tunisiennes et d’autres intermédiaires financiers, qui les utiliseront pour accorder des prêts aux entreprises souhaitant acquérir des machines et des technologies performantes dans les domaines de l’efficacité énergétique, des énergies renouvelables, de la préservation de l’eau et de l’utilisation durable des ressources. Le programme vise spécifiquement à soutenir les petites et moyennes entreprises (PME) au sein des chaînes de valeur et à renforcer leur productivité ainsi que leur compétitivité. Le dispositif associe financement, assistance technique et incitations à l’investissement.
Selon le portail opérationnel du programme, les entreprises peuvent bénéficier d’une contribution équivalant à 10 % du montant du prêt éligible une fois le projet achevé et vérifié avec succès. Cette incitation peut atteindre 15 % pour certaines opérations d’adaptation au changement climatique, notamment les mesures d’efficacité hydrique et les systèmes de cogénération performants. Le soutien technique et les incitations sont principalement financés par l’UE, tandis que des ressources supplémentaires provenant du Fonds spécial des actionnaires de la Berd sont allouées pour faciliter l’accès à la finance verte pour les femmes et les entreprises dirigées par des femmes.
Le programme vise ainsi à lever un obstacle majeur à la modernisation écologique du secteur productif tunisien : la difficulté pour les PME d’obtenir des financements abordables pour des investissements environnementaux et énergétiques.
De la modernisation ferroviaire au nouveau pont de Bizerte, plusieurs projets stratégiques tunisiens bénéficient de financements européens tout en étant réalisés ou fournis par des groupes chinois. Une situation qui illustre les nouvelles règles de la concurrence internationale et la montée en puissance de Pékin dans les marchés d’infrastructures en Méditerranée. La Tunisie se retrouve […]
Tunisie Profilés Aluminium (TPR) versera un dividende de 0,500 dinar par action au titre de l’exercice 2025. La mise en paiement est fixée au 24 juillet 2026.
Cette décision a été prise lors de l’Assemblée Générale Ordinaire de la société TPR , tenue le 30 juin 2026. Le dividende, entièrement soumis à la retenue à la source, s’applique à l’ensemble des 50 000 000 actions composant le capital de l’entreprise.
La date de détachement des dividendes est quant à elle programmée pour le 22 juillet 2026. Soit deux jours avant le début du règlement effectif auprès des actionnaires.
Les actionnaires d’Air Liquide Tunisie percevront prochainement un dividende fixé à 8,900 dinars par action, une décision entérinée lors de la dernière assemblée générale du groupe.
C’est ce que révèle un communiqué diffusé le 15 juillet 2026 sur le site du Conseil du Marché Financier (CMF). Le document précise que cette rémunération des actionnaires a été validée à l’occasion de l’Assemblée Générale Ordinaire de la société, réunie le 30 juin 2026.
Calendrier de versement
Les investisseurs souhaitant bénéficier de cette distribution doivent détenir leurs titres avant la date de détachement, arrêtée au 17 août 2026. Le versement effectif des sommes dues débutera, quant à lui, deux jours plus tard, soit le 19 août 2026.
L’opération sera prise en charge par les intermédiaires en Bourse ainsi que par les teneurs de comptes dépositaires des titres. Pour les actions déposées auprès de Tunisie Clearing, c’est cette structure qui assurera le règlement des fonds aux ayants droit.
La capitale tunisienne accueillera les 13 et 14 octobre 2026, au rythme de la première édition du Salon national de la livraison rapide de colis « TRANSCOLIS 2026 ». L’événement se tiendra au siège de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA) sous le thème révélateur : « Une logistique intelligente, innovante […]
Face à la flambée des prix internationaux de l’énergie et aux perturbations des chaînes d’approvisionnement, les circuits informels jouent un rôle complexe dans la transmission des chocs économiques en Tunisie. Pour Sami Bensassi, professeur en économie du développement à l’Université de Birmingham, l’impact de la crise dépend largement du produit concerné et du canal par lequel il circule.
Intervenant dans le deuxième épisode de « L’Éco en Clair », le talk-show de L’Économiste Maghrébin, consacré à « Inflation de guerre, Moyen-Orient en feu : ce que les conflits coûtent à l’économie tunisienne », Sami Bensassi a analysé l’impact des tensions géopolitiques internationales sur l’économie tunisienne. Il a notamment mis en lumière le rôle de l’économie informelle dans la transmission des chocs externes, l’évolution des prix et la capacité de résilience des ménages et des entreprises.
Il estime que la transmission du choc inflationniste ne suit pas les mêmes mécanismes selon les secteurs. Le cas des produits pétroliers illustre cette différence. La contrebande de carburant en Tunisie, principalement alimentée par des flux en provenance d’Algérie et de Libye, repose sur deux pays producteurs qui maintiennent d’importants systèmes de subvention internes. Dans un contexte de hausse mondiale des prix du pétrole, ces pays bénéficient davantage de l’augmentation des cours internationaux. Ce qui réduit les incitations à revoir leurs politiques de soutien.
La situation tunisienne apparaît, en revanche, beaucoup plus contraignante. Le budget de l’État ayant été construit sur une hypothèse de prix du baril autour de 65 dollars, une prolongation de la crise énergétique pourrait rendre difficile le maintien du niveau actuel des subventions. Une hausse des prix à la pompe deviendrait alors une perspective difficilement évitable.
Dans ce contexte, l’économie informelle peut temporairement jouer un rôle de protection pour certains ménages en limitant l’impact immédiat du renchérissement des carburants. Mais cet effet d’amortisseur reste limité et dépend fortement de la nature du produit concerné.
Des effets différents selon les circuits de distribution
Pour les produits alimentaires, l’analyse diffère. Sami Bensassi estime que la hausse des prix pourrait être alimentée notamment par l’augmentation du coût des intrants agricoles, à l’image des engrais, dont l’acheminement international est perturbé depuis l’apparition des tensions dans la région du Golfe. Dans ce cas, les circuits formels et informels risquent davantage d’entrer en concurrence. Ce qui pourrait accentuer les pressions inflationnistes. Loin de constituer uniquement un mécanisme de protection contre la hausse des prix, l’informel peut aussi contribuer à une déstabilisation plus large du marché lorsqu’il interfère avec les circuits traditionnels d’approvisionnement.
L’économiste souligne également un autre effet souvent moins visible : l’impact de l’économie informelle sur la répartition des richesses. Si l’État subit une diminution de ses recettes à travers les droits et la TVA non collectés, certains acteurs de l’informel peuvent, au contraire, enregistrer des revenus supplémentaires.
Ces ressources peuvent ensuite être réinjectées dans l’économie, notamment dans des secteurs comme l’immobilier, contribuant potentiellement à une hausse des prix et à de nouveaux déséquilibres.
Pour l’économiste, l’enjeu principal est donc de comprendre que l’économie informelle ne constitue ni uniquement une menace ni uniquement un filet de sécurité. Son rôle dépend du secteur, du produit et du contexte international. Dans une période de forte incertitude géopolitique, cette distinction devient essentielle pour anticiper les effets réels de l’inflation sur les ménages et sur l’économie tunisienne.
** Cet article a été produite dans le cadre de « On en parle ! Tunisie 360° », un projet financé par l’Union Européenne, cofinancé par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement et mis en œuvre par le consortium DW Akademie et AMAJ.
Son contenu relève de la seule responsabilité de L’Économiste Maghrébin et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position des bailleurs et du consortium susmentionnés.
En cette fin juin, pendant que les estrades se dressent dans les lycées tunisiens et marocains pour célébrer les nouveaux bacheliers, que les hymnes nationaux résonnent, que les mentions «très bien» s’affichent fièrement sur les listes d’admis, et que les ministères de l’Éducation des deux rives du Maghreb publient leurs bilans annuels flatteurs — taux de réussite en hausse, discours sur l’excellence, promesses d’orientation «adaptée aux besoins du marché» —, une question plus prosaïque s’impose, loin des estrades et des youyous : que deviennent, cinq ou dix ans plus tard, ces mêmes lauréats une fois jetés dans l’arène du travail ? Car la saison des bacheliers est aussi, qu’on le veuille ou non, la saison de vérité pour deux systèmes éducatifs qui se regardent en miroir depuis Rabat et depuis Tunis, chacun vantant ses chiffres de scolarisation, chacun taisant pudiquement ses chiffres de chômage. «El-farha ma tkammel» — la joie ne dure jamais jusqu’au bout — dit le dicton tunisien, et il n’a jamais aussi bien collé à la réalité qu’au moment où l’on compare, rapport BMI en main, ce que promet le diplôme et ce que délivre, en vérité, le marché du travail des deux pays. (Image de chômeurs diplômés tunisiens sur le chemin de l’exil, générée par IA).
Moktar Lamari, Ph.D.
Deux documents permettent de peser, chiffre contre chiffre, ce qu’il reste à la Tunisie et ce que le Maroc a su engranger : ‘‘Tunisia Education & Labour Market, Annual Report’’ (BMI – A Fitch Solutions Company, novembre 2025, 43 pages, rapport institutionnel sans auteur nommé) et ‘‘Morocco Education & Labour Report, Annual Report’’ (BMI, juillet 2026, 42 pages, même signature collective).
Deux voisins, deux trajectoires, et un écart qui se creuse comme une faille tectonique entre Bizerte et Tanger.
Cinq différences qui font mal
Primo, la taille du bassin de main-d’œuvre. Le Maroc affiche une population active potentielle de 24,7 millions de personnes, contre 8,2 à 8,3 millions pour la Tunisie (BMI Tunisia, p.32 ; BMI Morocco, p.29-30). Trois fois plus grand, le Royaume peut se permettre des pertes que la République ne peut absorber. Chez nous, chaque cerveau qui s’envole est un trou dans le grenier ; chez eux, c’est une fuite dans un océan.
Secundo, le salaire minimum, paradoxe cocasse s’il en est. Le Maroc paie ses ouvriers USD370,6 par mois (relevé le 1er janvier 2026, +5%, BMI Morocco p.4), soit près de trois fois le Smig tunisien, plafonné à USD124 (BMI Tunisia, p.39) — l’un des plus bas de toute la région Mena. Et pourtant, c’est la Tunisie qui écope du pire score de «coûts du travail» : 65,9 sur 100 (189e mondial), contre 45,8 pour le Maroc (81e mondial) (BMI Tunisia p.6 ; BMI Morocco p.5).
Comment payer moins et coûter plus cher ? Réponse : les charges patronales tunisiennes grimpent à 25,3% contre 23,3% au Maroc, et l’indemnité de licenciement tunisienne culmine à 17,2 semaines de salaire contre 10,9 à 13,5 semaines chez le voisin (BMI Tunisia p.39 ; BMI Morocco p.39). Rigidité tunisienne, souplesse marocaine : «Yesir el-jmal wala el-hem» — Mieux vaut porter le chameau que le souci, dit-on, mais nos employeurs, eux, portent les deux.
Tertio, l’emploi effectif. Seulement 38,5% des Tunisiens en âge de travailler occupent un emploi (BMI Tunisia, p.33), avec un chômage des jeunes de 15-24 ans à 40,1% et un chômage des diplômés du supérieur avoisinant 30% (BMI Tunisia, p.31, données Banque mondiale 2024). Le Maroc, lui, ne publie pas un taux d’emploi global aussi cru, mais affiche un symptôme tout aussi révélateur : un ratio valeur ajoutée par travailleur/salaire minimum de seulement 0,68 — l’avant-dernière productivité de toute la région Mena, juste devant la Cisjordanie et Gaza (BMI Morocco, p.38). Autrement dit : la Tunisie forme des chômeurs qualifiés, le Maroc emploie des travailleurs peu productifs. Un choix cornélien entre le diplôme sans emploi et l’emploi sans rendement — voilà ce qui attend, statistiquement, les bacheliers qu’on vient tout juste d’applaudir.
Quarto, la scolarisation secondaire, où l’écart est vertigineux : 97,6% de taux net au Maroc contre 87,2% en Tunisie (BMI Morocco p.12 ; BMI Tunisia p.13). Le Royaume, longtemps moqué pour son retard éducatif, a désormais un secondaire quasi universel, quand la République, pionnière de l’éducation moderne dès Bourguiba, voit ses classes se vider dès la fin du collège.
Quinto — et c’est le seul lot de consolation tunisien — l’alphabétisation. Malgré une scolarisation secondaire inférieure, la Tunisie affiche un taux d’alphabétisation de 83,6% contre 77,4% seulement au Maroc, troisième plus faible taux de toute la région Mena (BMI Tunisia p.13 ; BMI Morocco p.26).
Comprenez : le Maroc scolarise plus, mais alphabétise moins bien ; la Tunisie scolarise moins, mais ce qu’elle scolarise, elle le fait relativement bien lire et écrire. Un match nul en trompe-l’œil, où chacun perd sur le terrain de l’autre.
Quatre raisons du décrochage tunisien
Primo, le décrochage structurel lui-même. La Tunisie affiche le taux de transition primaire-secondaire le plus bas de toute la région Mena (BMI Tunisia, p.9-10), preuve que le système pousse les enfants dehors dès que la pauvreté ou la nécessité économique frappe à la porte. Le Maroc, avec un taux de transition de 90% — pourtant lui aussi parmi les plus faibles de la région — reste malgré tout nettement devant.
Secundo, la rigidité réglementaire du marché tunisien, déjà évoquée : charges sociales plus lourdes, indemnités de licenciement plus généreuses, négociations salariales sous la pression constante de l’UGTT (BMI Tunisia, p.5, p.39-40), qui a manifesté contre le président Kaïs Saïed en août 2025. Le Maroc, avec un taux de syndicalisation historiquement plus faible, garde une flexibilité qui séduit davantage les investisseurs, même si elle se paie en précarité pour les travailleurs marocains.
Tertio, l’instabilité politique post-2011, qui a gelé les réformes tunisiennes une décennie durant. Le plan stratégique de l’éducation 2016-2020 puis celui de 2023-2030 restent, selon BMI, sans effet mesurable sur le niveau de compétences de la population (BMI Tunisia, p.4, p.13-14). Pendant ce temps, le Maroc lançait en avril 2026 la plateforme numérique Elogha -Sup pour moderniser l’enseignement supérieur et connecter les diplômés au marché du travail (BMI Morocco, p.4, p.16) — un geste concret, quand la Tunisie collectionne les plans sans lendemain. «Elli ynajjem yahki, ma ynajjemch ya’mal» : Celui qui sait parler ne sait pas forcément agir.
Quarto, la démographie et l’exode des cerveaux. Le Maroc conserve un taux de fécondité de 2,6 naissances par femme, au-dessus du seuil de renouvellement, contre seulement 1,8 en Tunisie — sous ce même seuil (BMI Morocco p.29 ; BMI Tunisia p.32). Or dans le même temps, la Tunisie voit s’envoler plus de 715 000 de ses ressortissants à l’étranger (2024), majoritairement vers la France, l’Italie, l’Allemagne, le Royaume-Uni et les États-Unis — profil hautement qualifié, précise BMI (Tunisia, p.35-36). Le Maroc perd en valeur absolue davantage de personnes (3,6 millions de Marocains vivant à l’étranger en 2024), mais dispose d’un réservoir démographique bien plus large pour compenser (BMI Morocco, p.34-35). Chez nous, chaque ingénieur qui embarque est une fuite proportionnellement plus grave que chez le voisin — un peu comme vider un petit bassin à la petite cuillère pendant que l’autre remplit une piscine olympique avec un tuyau percé.
Ce que le grenier tunisien a encore
Reconnaissons tout de même à la Tunisie ses points de résistance : une alphabétisation supérieure, un mean years of schooling de 7,6 ans contre 4,8 au Maroc (BMI Tunisia p.13 ; BMI Morocco p.12), et une dépense publique en éducation à 6,7% du PIB, l’une des plus élevées de la région, contre environ 5,9-7,6% côté marocain selon les années (BMI Tunisia p.9, p.12 ; BMI Morocco p.14). Le grenier tunisien n’est donc pas vide — il est simplement mal géré, mal orienté, et surtout mal connecté au marché du travail.
Score global de risque du marché du travail : Tunisie 60,3 (168e mondial, en dégradation de 20 rangs), Maroc 54,1 (122e mondial, en amélioration de 12 rangs) (BMI Tunisia p.4 ; BMI Morocco p.4-5).
En somme, pendant que les estrades se démontent et que les confettis retombent sur les cours d’écoles des deux pays, la Tunisie forme mieux qu’elle n’emploie, et le Maroc emploie mieux qu’il ne forme. Entre les deux, un même Maghreb, deux administrations, et un seul verdict statistique : «El-ghorba twakkel el-‘echra» — L’exil ronge la fraternité, mais il ronge d’abord et surtout les économies qui laissent partir leurs talents sans jamais les avoir vraiment mis au travail.
* Economiste universitaire.
Blog de l’auteur : E4T (Économie pour la Tunisie).
Les coupures du courant électrique enregistrées, ces jours-ci, sont essentiellement dues à l’utilisation intensive de la climatisation, a fait savoir le PDG de la Société tunisienne d’électricité et de gaz (STEG), Fayçal Trifa.
Selon M. Trifa, la consommation d’électricité pendant les heures de pointe (entre 14h00 et 16h00) a atteint 5 000 mégawatts quotidiens, soit une augmentation de 30 % par rapport à la consommation normale. De ce fait, « la STEG se trouve obligée de recourir au délestage (coupure d’électricité préventive et temporaire), afin de maintenir un équilibre entre production et consommation ». Toutefois, a-t-il ajouté, « la durée des coupures de courant ne dépasse pas une heure ». Tout en sachant que les institutions sensibles et stratégiques sont épargnées, tient à rappeler le Pdg de l’électricien tunisien, comme le rapporte la TAP. L’objectif de cette mesure est donc d’éviter une panne générale du réseau électrique national ou le « Black out », a-t-il encore expliqué.
Il précisera par ailleurs que toute coupure de plus d’une heure est due à une panne technique. Faisant savoir à cet égard que les équipes de la société sont mobilisées pour rétablir le courant dans les plus brefs délais.
Fayçal Trifa n’oublie pas néanmoins d’expliquer que « les coupures fréquentes d’électricité sont dues à la forte hausse des températures, qui a touché tous les pays méditerranéens ». Dans ce cadre, il se plaint de la faiblesse de « l’approvisionnement en provenance de l’Algérie… pour répondre à la demande, étant donné que ce pays fait face à des conditions climatiques similaires ».
Notons d’ailleurs que l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) a adopté, mardi 14 juillet, deux projets de loi portant approbation de deux accords de garantie de prêts conclus entre la Tunisie et la Banque mondiale et destinés à la STEG pour financer l’amélioration de l’efficacité et de la gouvernance du secteur énergétique.
Ces deux projets de loi s’inscrivent dans le cadre d’un programme visant à renforcer la sécurité énergétique, à accélérer la transition vers les énergies renouvelables et à améliorer les performances financières et techniques de la STEG, avait indiqué le ministre de l’Équipement et de l’Habitat, Slah Zouari, dans sa réponse aux interventions des députés, ajoute l’agence TAP.
Air Liquide Tunisie versera un dividende de 8,900 dinars par action, dont le paiement débutera le 19 août 2026. Selon un communiqué publié sur le site du Conseil du Marché Financier (CMF) le 15 juillet 2026, l’Assemblée Générale Ordinaire de la société, tenue le 30 juin 2026, a fixé le montant du dividende à 8,900 […]
Aujourd’hui, au siège de l’Ambassade de la République tunisienne à Berne, il a été procédé à la signature des statuts de l’Association des Compétences Tunisiennes aux Nations Unies (CTNU), qui sera présidée par Belhassen Ben Ammara.
Première initiative de ce type, la CTNU a pour vocation de rassembler, sous une même structure, les fonctionnaires internationaux d’origine tunisienne exerçant au sein des différentes agences, fonds et programmes des Nations Unies.
L’Association œuvrera à fédérer ces compétences et à mettre leur expertise au service de la Tunisie, notamment à travers l’organisation de conférences, de rencontres et d’événements consacrés aux enjeux du multilatéralisme, contribuant ainsi au renforcement de la présence et du rayonnement de la Tunisie au sein du système des Nations Unies.
La CTNU entend également appuyer les efforts de la diplomatie tunisienne, promouvoir les compétences nationales et renforcer la présence tunisienne au sein des organisations internationales.
L’Ambassade de la République tunisienne à Berne salue cette initiative pionnière et réaffirme son soutien à cette nouvelle association. Elle invite les fonctionnaires internationaux tunisiens exerçant au sein du système des Nations Unies et souhaitant rejoindre la CTNU à prendre contact avec les responsables de l’Association.
Tous nos vœux de réussite à M. Belhassen Ben Ammara, aux membres fondateurs et à l’ensemble des membres de la CTNU dans cette initiative au service de la Tunisie et du rayonnement de ses compétences à l’échelle internationale.
La deuxième édition des Innovation Talks s’est tenue aujourd’hui au Startup Village de Tunis. Ce cycle de rencontres est promu par l’Ambassade d’Italie à Tunis et par Terna Innovation Zone Tunisia, avec pour objectif de renforcer les synergies entre les écosystèmes de l’innovation italien et tunisien. Animée par Wassim Ben Larbi, la rencontre a réuni […]
Le secteur agricole en Tunisie fait face à des défis croissants liés aux changements climatiques et aux risques économiques. Le nouveau projet « Agriculture Résiliente, Durable et Inclusive pour l’Investissement en Tunisie » (Ardii-Tounes), qui s’étale sur 15 ans (2026-2041), vient à point nommé renforcer sa résilience tout en favorisant une approche durable et inclusive. La Presse […]
Les exportations d’huile d’olive conditionnée ont atteint un niveau record de 28 000 tonnes durant les huit premiers mois de la campagne actuelle (novembre-juin), contre 22 000 tonnes pour l’ensemble de la campagne précédente, a annoncé le ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, Ezzeddine Belcheikh. L’huile d’olive tunisienne est aujourd’hui exportée vers plus de 60 marchés étrangers.
Le ministre s’exprimait en marge de la cérémonie de remise des prix de la 9e édition du concours de l’Office National de l’Huile, récompensant la meilleure huile d’olive vierge extra de l’année 2026.
Selon lui, la Tunisie vise à porter ses exportations d’huile conditionnée à 60 000 tonnes d’ici la fin du mois d’octobre, et ce malgré des prévisions annonçant un recul relatif de la production pour la prochaine campagne par rapport à la campagne actuelle.
Le ministre a attribué ces résultats à un partenariat entre les secteurs public et privé, qualifié d’exemplaire, ainsi qu’à l’implication des professionnels et des producteurs au cours des deux dernières campagnes.