Le comité de la Flottille tunisienne propalestinienne Soumoud a annoncé l’arrestation de deux de ses initiateurs, Wael Naouar et Jawaher Chenna, et a exigé leur libération immédiate, rapporte Diwan FM.
Dans un communiqué publié ce vendredi 6 mars 2026, le comité a affirmé que ces arrestations s’inscrivaient dans le cadre d’un harcèlement et d’une persécution sécuritaires visant les organisateurs de la flottille et le mouvement propalestinien en Tunisie.
Le comité a tenu les autorités compétentes pleinement responsables de la sécurité des détenus et a appelé ses sympathisants à se rassembler immédiatement pour manifester et exiger leur libération.
Dans le cadre de l’initiative portée par Abdesselem Fezzani, expert et consultant auprès des bailleurs de fonds, du projet de protection du littoral de Bizerte, une réunion de concertation s’est tenue le 5 mars 2026 dans les locaux du projet. Elle a réuni l’entreprise en charge des travaux, l’Agence de protection et d’aménagement du littoral (Apal), ainsi que plusieurs associations de la société civile — notamment MAN, l’Asseb, Cap Bizerte, Saison Bleue, APSLB et ATD — aux côtés d’un représentant des adjudicataires estivants de la plage.
Lotfi Sahli
Les participants ont été informés en détail des différentes phases du projet, de l’enveloppe qui lui est dédiée, du planning des travaux et des mesures correctives mises en œuvre pour en garantir la bonne conduite.
Ce projet, dont le coût est estimé à 100 millions de dinars et financé en partie par des fonds allemands et hollandais, revêt une importance majeure pour la protection du littoral contre l’érosion marine et qui vise à restaurer l’éclat de la plage de la région, d’autant plus que la mer a emporté le sable et les plages.
Protection physique du littoral
La durée des travaux pour ce projet qui a débuté le 1er septembre 2025, est fixée à 34 mois, avec une finalisation prévue fin juin 2028. Une pause des travaux est programmée durant les mois de juillet et août 2026 afin de préserver le calme et la sérénité des estivants.
Initialement, le projet prévoyait la construction de trois épi rocheux (ouvrages de protection), totalisant environ 1 600 mètres linéaires, ainsi qu’une barrière rocheuse de 590 mètres destinée à atténuer la houle et à stabiliser le trait de côte. Cependant, en raison de contraintes budgétaires, le nombre d’épis a dû être revu à la baisse, passant de trois à deux structures.
Le décalage de l’épi n° 1 sur une distance de 200 mètres a été décidé afin d’assurer la protection des câbles sous-marins en fibre optique qui longent cet ouvrage.
Composantes du projet
La première composante du projet porte sur l’installation de brise-lames et d’épis destinés à lutter contre l’érosion marine. Ces ouvrages, conçus pour absorber l’énergie des vagues et protéger la plage, nécessitent la mise en place d’environ 200 000 mètres cubes d’enrochements.
L’acheminement de ces roches, provenant de la carrière de Tebourba, requiert une rotation quotidienne d’environ 16 camions d’une capacité de 20 mètres cubes chacun. Cette opération impose la mise en place de mesures appropriées afin de garantir la sécurité routière et d’assurer la fluidité de la circulation.
Les travaux prévoient également l’enrochement du «cavalier», une zone tampon située entre l’épi n°2 et l’épi n°3, dont la réalisation est reportée à une date ultérieure. Cet aménagement s’étendra sur une largeur moyenne de sept mètres et une longueur d’environ 590 mètres.
Par ailleurs, l’opération d’ensablement de la plage sera accompagnée d’aménagements complémentaires, notamment la création de trottoirs, de murs de quai, l’installation de garde-corps ainsi que la mise en place d’une signalisation maritime afin de sécuriser les zones aménagées.
La deuxième composante du projet concerne le rechargement de la plage en sable. Au total, près de 900 000 mètres cubes de sable seront prélevés au large de Demna, à Metline, situé à environ 12 miles du chantier.
L’opération sera réalisée à l’aide d’une drague suceuse autoporteuse d’une capacité de 10 000 mètres cubes, qui effectuera jusqu’à 4 rotations par jour afin d’acheminer le sable vers la zone des travaux. Cette phase du projet est prévue après la stabilisation des structures rocheuses. Il s’agit de restaurer la largeur et la qualité des plages.
La troisième composante consiste à installer de ganivelles (brises vent) sur les dunes naturelles de sable
Suivi, transparence et gouvernance
Un plan de gestion environnementale et sociale sera mis en place, accompagné d’études d’impact pour limiter les perturbations sur la faune et les écosystèmes marins. Et l’évolution du littoral sera surveillée de manière continue à travers un réseau d’observation environnementale.
Un dispositif de suivi régulier encadrera le projet de protection du littoral de Bizerte, avec des réunions mensuelles rassemblant partenaires institutionnels, ingénieurs et représentants de la société civile pour évaluer l’avancement et ajuster les travaux. Des rapports publics garantiront la transparence. La concertation citoyenne sera au cœur du projet, impliquant ingénieurs, urbanistes, paysagistes, acteurs du tourisme et associations pour faire des habitants des acteurs du changement.
Il s’agit de préserver les infrastructures existantes tout en renforçant l’attractivité touristique de Bizerte, alliant protection du littoral, développement durable et relance économique.
Le projet de protection du littoral de Bizerte repose sur une approche intégrée conciliant préservation de l’environnement et développement durable. Il prévoit la mise en place d’un réseau de suivi scientifique pour observer l’évolution des plages et de la biodiversité, ainsi que des partenariats de recherche avec des institutions tunisiennes et étrangères afin d’adapter les stratégies de protection au changement climatique et promouvoir une gestion durable des ressources maritimes.
La société civile jouera un rôle clé grâce à l’implication d’ingénieurs, de bénévoles et d’acteurs locaux. Des actions de sensibilisation et de participation citoyenne seront également menées afin de faire de ce projet un modèle national de gouvernance durable.
Même si le rythme de l’inflation semble se stabiliser, la hausse des prix continue de peser sur le pouvoir d’achat des Tunisiens. Derrière les chiffres officiels se cachent des facteurs multiples : chocs internationaux, fragilités structurelles et choix de politique économique. Comprendre ces mécanismes est essentiel pour identifier des réformes capables de contenir durablement les pressions inflationnistes.
Abdelwaheb Ben Moussa *
Depuis plusieurs années, l’économie mondiale traverse des turbulences majeures. La Tunisie n’y échappe pas. La hausse continue des prix des denrées alimentaires, de l’énergie et des biens de consommation met en lumière la fragilité des équilibres économiques nationaux. Certains peuvent penser que l’inflation est seulement le résultat de décisions politiques ponctuelles ou de la spéculation. Pourtant, les chiffres montrent que les pressions extérieures et les contraintes structurelles jouent un rôle déterminant. Identifier les causes réelles est essentiel pour envisager des solutions durables et éviter que la hausse des prix ne devienne un facteur de tension sociale.
Chocs internationaux, moteur initial de l’inflation
L’inflation actuelle puise ses racines dans des perturbations économiques mondiales majeures :
La pandémie de Cocid-19 a désorganisé les chaînes d’approvisionnement, entraînant une hausse des coûts de transport et des matières premières.
La guerre en Ukraine a fait exploser les prix du pétrole, des céréales et des engrais. Le prix du blé a augmenté de plus de 50 % sur les marchés internationaux entre 2021 et 2023, impactant directement la facture alimentaire tunisienne.
Pour un pays importateur net comme la Tunisie, ces tensions se traduisent directement par une inflation importée, pesant sur les coûts de production et sur les prix à la consommation.
Fragilités structurelles, terrain fertile pour la hausse des prix
Plusieurs facteurs internes amplifient la pression sur les prix.
D’abord, la dépendance aux importations : l’énergie, les céréales et les intrants agricoles restent largement importés. La dépréciation du dinar ou la hausse des prix internationaux pèsent directement sur le coût de production.
Ensuite, les chaînes de distribution complexes : le nombre élevé d’intermédiaires entre producteurs et consommateurs augmente les marges et accentue les hausses de prix.
Enfin, la productivité limitée : certains secteurs agricoles et industriels ne produisent pas assez pour répondre à la demande. Même lors d’une bonne saison, les prix restent élevés en raison de pertes post-récolte et de logistique inefficace.
Subventions entre soutien et distorsion
Les subventions alimentaires et énergétiques jouent un rôle social crucial mais soulèvent aussi des débats. Elles rendent l’inflation officielle moins représentative de la réalité du marché. Leur financement, souvent via création monétaire ou emprunt, peut accroître la pression inflationniste. Entre 2024 et 2025, le gouvernement tunisien a injecté environ 18 milliards de dinars dans le budget de soutien, illustrant le dilemme entre soutien social et maîtrise de l’inflation.
Voies pour stabiliser durablement les prix
Pour maîtriser l’inflation sur le long terme, plusieurs mesures doivent être envisagées. Il convient d’abord de réformer progressivement les subventions. Il s’agit de mieux cibler les ménages vulnérables pour réduire le coût budgétaire et limiter les distorsions.
Il convient ensuite de renforcer la production locale en renforçant l’offre nationale pour réduire la dépendance aux importations et amortir l’effet des chocs extérieurs.
Autre urgence : moderniser les circuits de distribution en simplifiant la chaîne, réduisant les intermédiaires et améliorant la transparence des prix.
Enfin, la stabilisation du cadre macroéconomique aidera à maîtriser les déficits publics, gérer la masse monétaire et renforcer les réserves en devises pour restaurer la confiance dans le dinar.
La maîtrise de l’inflation ne peut donc se limiter à des ajustements monétaires ponctuels. Elle nécessite une approche globale et cohérente, combinant réformes structurelles, stabilisation macroéconomique et renforcement de la production locale.
Pour réduire durablement les tensions sur les prix, la Tunisie doit relancer l’investissement et la production locale, accroître la productivité et l’efficacité des marchés, et restaurer la confiance dans l’économie.
Ces mesures sont essentielles pour protéger le pouvoir d’achat des ménages et garantir une stabilité sociale et économique durable, tout en permettant aux politiques publiques d’anticiper et d’amortir les futurs chocs économiques.
* Ingénieur informatique et cadre d’entreprise publique.
** Cette tribune a été rédigée par l’auteur et structurée avec l’aide d’un outil d’intelligence artificielle pour correction, ajustement du style et recherche de données chiffrées. L’infographie résumant chiffres clés, causes et voies de sortie a été créée pour illustrer visuellement l’analyse et faciliter la compréhension.
Le monde qui s’annonce aujourd’hui, celui vers lequel nous sommes entraînés dans cette lutte des classes et pour l’hégémonie mondiale dantesque — avec des missiles et des drones qui assassinent et détruisent sur leur passage tout ce qui est vie, culture et sécurité —, n’est pas très différent de celui qu’annonçait le fascisme lorsqu’il a lancé ses attaques et son offensive pour conquérir l’Europe, avant la Seconde Guerre mondiale.
Oto Higuita *
C’est le rêve qu’ils expriment dans des discours apocalyptiques et anachroniques, et dans des attaques meurtrières contre ceux qui se déclarent opposés au cauchemar où les fascistes de l’empire d’apocalypse ont mené l’humanité : les banquiers multimilliardaires, les big boss de la Maison-Blanche, du Pentagone et de CIA, dans leur unique dessein de reconquérir le passé sinistre et monstrueux du colonialisme des cinq derniers siècles. C’est ainsi qu’ils conçoivent leur paradis.
L’axe sioniste euro-anglo-saxon
C’est l’axe sioniste anglo-saxon, mené par les Etats-Unis en alliance avec l’«Occident européen» et l’État sioniste d’Israël — créé pour maintenir leur hégémonie mondiale —, qui nous réveille à nouveau avec ses attaques atroces et criminelles contre les gouvernements et les nations qui refusent de plier et de se soumettre à sa dictature hégémonique. Y compris cette nouvelle modalité qui consiste à assassiner ou à enlever leurs chefs d’État, à décapiter leurs commandants et hauts responsables militaires, à la manière de la Rome impériale lors de sa chute finale.
Nul doute que le contexte auquel nous sommes confrontés aujourd’hui en tant qu’humanité est celui d’une puissance qui, face à son déclin économique, industriel et technologique, et après son usure et sa perte d’influence en tant qu’unique puissance dominante mondiale, brise complètement les règles qui régissaient l’ordre international et réécrit par la force un nouveau chapitre de guerre et de destruction dans l’histoire de l’humanité.
C’est dans ce contexte que nous devons lire son offensive et sa reconquête de peuples n’ayant pas la même capacité et le même pouvoir de défense, mais dont les sols regorgent de richesses naturelles, pour les soumettre à la vassalité avec l’idée de retrouver le statut hégémonique des cent dernières années, statut qu’elle n’est plus en mesure de soutenir ni de défendre face à la nouvelle réalité du monde : celle d’autres puissances qui ont émergé.
Vers un nouveau désastre
Voilà pourquoi elle se précipite pour se recomposer et se refaire comme centre hégémonique mondial au détriment des peuples qui ont décidé d’être libres et indépendants, en défendant leur droit d’exercer leur souveraineté sur leurs sols et leurs richesses.
Cependant, sans connaissance de l’histoire, face aux preuves historiques qui l’indiquent et, surtout, sans conscience de classe, il ne sera pas possible de dépasser le système capitaliste accumulateur d’hier et le mondialisme néolibéral d’aujourd’hui : le système qui, de manière schizophrénique, conduit l’humanité vers un nouveau désastre.
La thèse selon laquelle il ne sera pas possible de construire un front global de peuples et de gouvernements unis pour accumuler des forces, résister et affronter le danger que représentent les ennemis de l’humanité et de la vie, acquiert alors une importance fondamentale : soit nous nous laissons soumettre en tant que peuples vassaux au modèle économique et politique qui a non seulement détruit la vie de millions d’humains, mais menace d’achever la destruction de la vie sur la planète et de ses ressources naturelles limitées ; soit nous affrontons, en tant qu’humanité, la minorité qui se croit surpuissante, défenseure du système de la mort et de la destruction.
Vitalait, acteur de référence de l’industrie laitière en Tunisie, annonce la conclusion d’un partenariat officiel avec la Fédération tunisienne de football (FTF). Cet accord marque l’entrée de Vitalait dans la famille des partenaires de la sélection nationale, à l’aube d’une échéance historique : la qualification des Aigles de Carthage à la Coupe du Monde 2026.
Ce partenariat s’inscrit dans la continuité naturelle de l’engagement sportif de Vitalait. Depuis plusieurs années, la marque soutient activement le sport à travers son accompagnement de clubs régionaux. Rejoindre aujourd’hui l’équipe nationale, symbole d’unité et de fierté tunisienne, représente une étape majeure dans cette démarche.
Au-delà du sponsoring, cette alliance incarne un alignement profond de valeurs : performance, dépassement de soi et solidarité — des principes qui guident autant les joueurs sur le terrain que les équipes Vitalait dans leur travail quotidien.
Cet engagement de partenariat dépasse la dimension sportive pour embrasser une dimension de santé publique et de bien-être.
Un accord stratégique
En s’associant aux Aigles de Carthage, la marque réaffirme sa vocation : nourrir la performance, du sportif amateur au champion national. «Nous sommes heureux et honorés de concrétiser cet accord stratégique avec la Fédération tunisienne de football tourné vers l’échéance de la Coupe du Monde 2026. Si Vitalait est déjà fortement impliquée au niveau régional en encadrant environ 20 associations avec un budget conséquent, ce partenariat marque notre passage à l’échelle nationale. C’est une étape symbolique et prometteuse que nous franchissons pour soutenir la Fédération et, plus largement, le rayonnement de la Tunisie sur la scène sportive», a déclaré Ali Klebi, président du conseil d’administration de Vitalait et signataire du partenariat en lieu et place de Moez Klebi directeur général.
«Nous sommes honorés de sceller aujourd’hui ce partenariat avec Vitalait, une entreprise historique qui joue déjà un rôle majeur dans le soutien des activités sportives et associatives en Tunisie. Cette alliance s’inscrit dans la stratégie de la Fédération visant à mobiliser des ressources pour le développement du football national. En travaillant main dans la main avec un partenaire de cette envergure, nous ambitionnons de bâtir un bel avenir pour le football tunisien», a déclaré Moez Nasri, président de la FTF.
À travers cette alliance, Vitalait et la FTF affirment une ambition commune : faire rayonner la Tunisie, sur les terrains comme dans le quotidien des familles tunisiennes.
Acteur majeur de l’agroalimentaire
Fondée en 1997 au cœur du bassin laitier tunisien, la Centrale laitière de Mahdia (CLM) est aujourd’hui un acteur incontournable du secteur agroalimentaire en Tunisie à travers sa marque emblématique Vitalait.
Depuis le lancement de sa première bouteille de lait en 1998, Vitalait a placé l’innovation au centre de sa stratégie. L’année 2006 marque un tournant décisif avec l’ouverture de son unité de produits frais.
Aujourd’hui la CLM dispose d’une capacité de production de 200 millions de litres de lait par an, et opère sur une gamme de produits variée : lait, lait fermenté, beurre, boisson lacté, crème dessert et yaourt (étuvé, brassé, grec, aux fruits, 0%). Vitalait a récemment franchi une nouvelle étape avec le lancement du yaourt à boire protéiné 0% matière grasse 0% sucre ajouté, 0% lactose. L’entreprise n’a cessé d’évoluer et d’étoffer son réseau et sa distribution tout en cultivant une relation de proximité avec ses éleveurs et partenaires, et en soutenant le tissu social de et le dynamisme de la région.
La montée spectaculaire de la Chine comme puissance économique, technologique et militaire modifie progressivement l’ordre international établi après la Seconde Guerre mondiale et dominé par les États-Unis. Dans ce contexte, le Moyen-Orient, par sa position géostratégique (à la croisée des routes commerciales et des points de navigation maritime) et par ses richesses énergétiques, se trouve naturellement au cœur de ces rivalités. Ce dont témoigne aujourd’hui la guerre israélo-américaine contre l’Iran, qui bouscule toute cette région.
Khémaïs Gharbi *
Les grands tournants de l’histoire sont rarement visibles au moment même où ils se produisent. Lorsqu’un événement éclate, il est encore enveloppé dans le brouillard du présent : les contemporains n’en perçoivent que des fragments, des images confuses, des récits contradictoires. Chacun tente d’y voir clair, mais personne ne dispose encore de la distance nécessaire pour comprendre ce qui est réellement en train de se jouer.
Ce n’est que des années plus tard que le regard de l’historien commence à discerner une forme dans ce chaos apparent. Lentement, les pièces éparses du puzzle se rapprochent. Des événements qui semblaient isolés révèlent alors leur cohérence. Des faits jugés secondaires apparaissent soudain comme des signes annonciateurs.
Ainsi se dévoile souvent la logique profonde des grandes transformations historiques.
Les acteurs de leur temps vivent les événements dans l’urgence et dans la passion. Ils réagissent aux crises, aux conflits, aux décisions politiques immédiates. Mais les historiens, eux, regardent le temps long. Ils savent que les mutations les plus profondes prennent souvent racine bien avant d’apparaître au grand jour.
Au cour d’une période de basculement
Le XXIᵉ siècle semble être entré dans l’une de ces périodes de basculement. Parmi les régions où ces transformations s’expriment avec le plus de force figure le Moyen-Orient, carrefour stratégique entre l’Europe, l’Asie et l’Afrique, territoire où se concentrent à la fois les grandes ressources énergétiques et les routes maritimes essentielles au commerce mondial.
Beaucoup d’observateurs situent le début de cette recomposition contemporaine dans les bouleversements du Printemps arabe. Ce mouvement, né d’aspirations populaires à la liberté et à la dignité, a profondément ébranlé l’équilibre politique de la région. Certains régimes se sont effondrés, d’autres ont vacillé, et les alliances traditionnelles ont été fragilisées.
Mais les conséquences de ces événements dépassent largement le cadre des révoltes qui les ont déclenchés. Elles ont ouvert une période d’instabilité durable, dans laquelle se sont engagées des puissances régionales et internationales poursuivant leurs propres intérêts stratégiques.
Dans le même temps, l’équilibre global du monde évoluait lui aussi. La montée spectaculaire de la Chine comme puissance économique, technologique et militaire modifie progressivement l’ordre international établi après la Seconde Guerre mondiale et dominé par les États-Unis.
Dans ce contexte, le contrôle des ressources énergétiques, des routes commerciales et des points stratégiques de navigation maritime devient un enjeu majeur. Le Moyen-Orient, par sa position géographique et par ses richesses, se trouve naturellement au cœur de ces rivalités.
Vaste recomposition géopolitique en cours
Les empires, anciens ou nouveaux, ont toujours tenté d’anticiper les mutations du monde. Ils pensent leurs stratégies non pas à l’échelle de quelques années, mais souvent sur une ou deux décennies. Les événements que nous percevons aujourd’hui comme des crises isolées pourraient bien apparaître, avec le recul, comme les étapes d’une recomposition géopolitique plus vaste.
Il arrive dans l’histoire des peuples des moments où tout semble encore immobile, alors même que le sol commence déjà à se fissurer sous leurs pas. Les contemporains continuent à vivre comme hier, à commenter les événements du jour, à croire que les crises finiront par s’éteindre d’elles-mêmes. Pourtant, dans l’ombre, les forces profondes de l’histoire poursuivent leur œuvre.
Déjà, Alexis de Tocqueville nous avertissait que les grands bouleversements ne surgissent jamais de nulle part : ils mûrissent longtemps dans les profondeurs de la société avant d’éclater au grand jour. Et Stefan Zweig témoin bouleversé des tragédies du XXᵉ siècle, rappelait que les hommes vivent parfois dans un monde qui s’effondre sans en percevoir encore la fragilité.
Peut-être sommes-nous aujourd’hui dans l’un de ces instants suspendus où l’histoire change de direction. Le Moyen-Orient traversé par des guerres, des rivalités et des ambitions contradictoires, pourrait bien être l’un des lieux où se prépare la géographie politique de demain.
Dans quelques décennies, lorsque les archives seront ouvertes et que les passions se seront apaisées, les historiens regarderont peut-être notre époque avec un mélange d’étonnement et de lucidité. Ils verront alors que ce que nous appelions des crises successives n’était en réalité que les premières secousses d’un même séisme.
Car l’histoire avance souvent à pas silencieux. Et lorsque les hommes comprennent enfin qu’un monde s’achève, il est presque toujours déjà trop tard pour l’empêcher de disparaître.
L’Espérance sportive de Tunis informe ses supporters que le match retour des quarts de finale de la Ligue des champions de la Confédération africaine de football (CAF) contre Al Ahly d’Égypte se jouera à huis clos.
Dans un communiqué publié ce jeudi 5 mars 2026, le club Sang et Or précise que cette décision a été prise par la Commission disciplinaire de la CAF.
Cette sanction du club égyptien suscite une vive polémique et relance le débat sur l’impartialité de l’instance dirigeante du football africain.
Selon des sources concordantes, la Commission disciplinaire de la CAF aurait initialement décidé d’infliger au club cairote une sanction d’un seul match à huis clos (alors qu’Al Ahly méritait au moins 5 matchs de suspension) à la suite des incidents ayant accompagné sa confrontation face au AS FAR de Rabat. Cette sanction devait intervenir dans un souci d’équité, dans la mesure où le club marocain avait déjà été puni après les événements survenus lors du match aller disputé à Rabat.
La plainte déposée par l’AS FAR, accompagnée de rapports officiels détaillant les débordements constatés durant la rencontre, avait servi de base à la décision disciplinaire. L’objectif affiché était alors d’appliquer de manière rigoureuse les règlements de la CAF afin de préserver l’intégrité des compétitions continentales.
Cependant, contre toute attente, l’annonce officielle de cette sanction a été suspendue par le secrétariat général de la CAF.
Initialement prévue pour le 28 février, la publication du verdict a été bloquée à la suite d’interventions internes au sein de l’instance, toujours selon ces mêmes sources. Aucune explication officielle n’a été fournie pour justifier ce revirement, alimentant ainsi les soupçons et les interrogations.
Le PDG du groupe de voyages international TUI, Sebastian Ebel, a annoncé l’intention du groupe de développer ses activités en Tunisie et d’y réaliser de nouveaux investissements lors d’une rencontre qui s’est tenue le mercredi 4 mars 2026 à Berlin, en marge du salon ITB Berlin, avec le directeur général de l’Office national du tourisme tunisien (ONTT), Mohamed Mehdi Haloui.
Selon un communiqué de l’ONTT, cette initiative fait suite au succès rencontré par le groupe TUI en Tunisie, où il gère 13 hôtels, outre l’acquisition d’un hôtel à Tozeur en 2025. M. Ebel a souligné la compétitivité de la destination tunisienne, mettant en avant la qualité des services proposés par rapport à leurs prix.
Le dirigeant du groupe international a exprimé sa satisfaction quant au succès du Centre d’affaires mondial de Tunisie, que le groupe a établi dans la ville de Sousse, saluant l’excellent niveau d’expertise tunisienne en matière de gestion et de technologies modernes.
La Nuit des Musées fera son retour en Tunisie, le 13 mars 2026. Ce soir-là de 21h00 à 23h30, dix-huit musées publics ouvriront exceptionnellement leurs portes à travers le pays, dans le cadre du programme culturel du Ramadan.
Cette sixième édition est organisée par l’Agence pour la valorisation du patrimoine et la promotion culturelle, sous l’égide du ministère de la Culture et en collaboration avec l’Institut national du patrimoine (INP).
Le ministère tunisien de la Culture a annoncé la participation du Centre d’interprétation de l’histoire et des monuments de Tunis, qui complétera le circuit muséal par une soirée d’ouverture dédiée à la découverte du patrimoine de la capitale.
Parmi les sites participants figurent le Musée national du Bardo, le Musée paléochrétien de Carthage et les musées archéologiques de Nabeul, Kerkouane, Sousse, Enfidha, Sbeitla, Makthar, Mahdia et El Jem.
L’ouverture du Musée Ribat et du Musée Habib Bourguiba à Monastir, du Musée du patrimoine traditionnel à Djerba, du Musée du Sahara à Douz, du Musée de Moknine et du Musée national des arts islamiques à Raqqada (Kairouan) est également prévue.
L’objectif, selon les organisateurs, est d’élargir l’accès du public aux musées, de promouvoir les activités culturelles en soirée et de renforcer le lien entre les citoyens et le patrimoine national durant le mois sacré, période où la vie sociale et culturelle se poursuit traditionnellement la nuit.
Dans de nombreux pays arabes, le pouvoir politique s’est longtemps présenté comme «au-dessus des idéologies». Au nom de la stabilité, de la sécurité nationale ou de la lutte contre l’extrémisme, les régimes autoritaires ont systématiquement neutralisé, interdit ou affaibli les forces idéologiques organisées : partis de gauche, mouvements syndicaux autonomes, courants libéraux structurés. Cette stratégie, présentée comme pragmatique, repose sur une illusion majeure : l’idée qu’une société peut fonctionner sans idéologie.(Photo : Manifestation pro-Saïed, le 17 décembre 2025 à Tunis).
Zouhaïr Ben Amor *
L’histoire politique montre que lorsqu’on exclut toutes les idéologies explicites, on ne supprime pas l’idéologie ; on en impose une autre, implicite, souvent religieuse.
Dans les sociétés où la religion structure déjà les imaginaires collectifs, cette idéologie par défaut prend presque mécaniquement la forme de l’islam politique. L’exemple tunisien est à cet égard paradigmatique : après vingt-trois années de neutralisation méthodique de la gauche et de toute vie idéologique autonome sous Zine El-Abidine Ben Ali, la révolution de 2011 a vu l’émergence fulgurante d’Ennahdha, devenue la force politique dominante.
Cet article défend l’idée que la gauche – entendue comme tradition critique, sociale et rationaliste – constitue le seul contrepoids capable de modérer le dogmatisme religieux dans les sociétés arabes, non par la répression, mais par la production de sens, de justice sociale et de citoyenneté.
L’impossibilité d’une société sans idéologie
Louis Althusser rappelait que l’idéologie n’est pas un simple ensemble d’idées, mais une structure qui organise le rapport des individus à leur réalité sociale (Althusser, Idéologie et appareils idéologiques d’État, 1970). À ce titre, aucune société humaine ne peut s’en passer. La question n’est donc pas de savoir s’il y aura une idéologie, mais laquelle.
Dans les sociétés arabes, la religion joue historiquement un rôle structurant : elle organise le temps, les normes sociales, les rituels et une partie de la morale collective. Lorsque l’État interdit les idéologies politiques modernes – socialisme, libéralisme, nationalisme critique –, il ne fait que laisser la religion occuper l’espace idéologique vacant.
Hannah Arendt a montré que les régimes autoritaires détruisent les médiations intellectuelles et sociales qui permettent aux individus de penser politiquement (Les origines du totalitarisme, 1951). Une fois ces médiations détruites, le retour du religieux comme cadre totalisant devient presque inévitable, car il offre des réponses simples à des sociétés privées de débat.
Ben Ali ou la fabrication d’un islamisme latent
Le régime de Ben Ali illustre parfaitement cette dynamique. Officiellement laïc, moderniste et hostile à l’islam politique, l’État tunisien a en réalité éradiqué toute vie idéologique autonome, en particulier la gauche syndicale, marxiste ou sociale-démocrate. Les partis existaient formellement, mais étaient vidés de toute capacité d’action réelle.
Ennahdha, interdite mais jamais idéologiquement combattue sur le terrain intellectuel, a survécu sous une forme diffuse : réseaux caritatifs, mosquées, solidarités informelles, exil idéologique. Comme l’explique Olivier Roy, l’islamisme prospère moins par excès de religiosité que par absence de concurrence idéologique crédible (L’échec de l’islam politique, 1992).
Ainsi, lorsque l’appareil répressif s’est effondré en 2011, le seul courant disposant d’un capital symbolique, organisationnel et moral était l’islamisme. La gauche, affaiblie, marginalisée, souvent coupée des classes populaires, n’a pas pu jouer son rôle historique de médiation sociale.
L’islamisme comme idéologie de substitution
L’islamisme n’est pas un simple retour du religieux ; c’est une idéologie moderne, au sens où il politise la religion pour répondre à des problèmes contemporains : injustice sociale, corruption, crise morale, domination étrangère. Sayyid Qutb, l’un de ses théoriciens majeurs, proposait déjà une vision totalisante de la société islamique comme alternative aux idéologies occidentales (Signes de piste, 1964).
Mais cette idéologie repose sur une réduction du politique au moral, et du citoyen au croyant. Elle tend à naturaliser l’ordre social, à sacraliser les normes et à délégitimer le conflit politique, pourtant essentiel à toute démocratie.
Sans contre-idéologie structurée, l’islamisme devient la seule grille de lecture disponible. Il n’est alors pas choisi librement : il s’impose par défaut.
Pourquoi la gauche est structurellement indispensable
La gauche, historiquement, n’est pas seulement une force politique ; elle est une tradition intellectuelle fondée sur la critique, la rationalité, l’égalité et la justice sociale. De Marx à Gramsci, de Rosa Luxemburg à Edward Said, elle a toujours articulé le social, le politique et le culturel.
Antonio Gramsci insistait sur la notion d’hégémonie culturelle : une idéologie ne triomphe pas par la force, mais parce qu’elle devient le sens commun (Gramsci, Cahiers de prison). Dans les sociétés arabes, l’islamisme a conquis cette hégémonie faute d’alternative crédible.
La gauche peut modérer le dogmatisme religieux non en l’attaquant frontalement, mais en proposant une lecture sociale des injustices, réhabilitant le citoyen face au croyant, réintroduisant le conflit politique légitime, et défendant l’autonomie de la raison.
La répression ne produit pas la sécularisation
L’un des grands malentendus des régimes autoritaires arabes a été de croire que la répression du religieux produirait la laïcité. L’histoire montre l’inverse. Comme l’explique Talal Asad, la sécularisation est un processus culturel et politique long, jamais imposé par décret (Formations of the Secular, 2003).
En interdisant le débat, les régimes ont sacralisé la religion. Ce qui est interdit devient pur, moral, incorruptible. La gauche, au contraire, désacralise en politisant : elle ramène les discours religieux à des enjeux sociaux concrets.
Comparaison avec l’Amérique latine et l’Europe du Sud
L’expérience internationale confirme ce diagnostic. En Amérique latine, la montée de la théologie de la libération – inspirée par la gauche – a permis de désamorcer le conservatisme religieux en l’articulant à la justice sociale (Gustavo Gutiérrez, Théologie de la libération, 1971).
En Espagne et au Portugal, la transition démocratique post-dictatoriale a été portée par des forces de gauche capables de canaliser les héritages religieux sans les nier, mais en les subordonnant au politique (Manuel Castells, La transition démocratique en Espagne, 1981).
Le cas tunisien : une gauche absente, un islamisme dominant
En Tunisie, la faiblesse de la gauche après 2011 n’est pas seulement organisationnelle ; elle est aussi culturelle. Coupée des quartiers populaires, souvent enfermée dans un discours élitiste, elle n’a pas su concurrencer l’islamisme sur le terrain du sens.
Pourtant, comme le soulignait Mohamed Charfi, la modernité politique ne peut être importée ; elle doit être produite de l’intérieur (Islam et liberté, 1998). La gauche tunisienne a manqué cette production.
Réhabiliter l’idéologie pour éviter le dogme
Exclure les idéologies dans les pays arabes ne produit ni neutralité ni stabilité. Cela revient à institutionnaliser une idéologie implicite, religieuse, non débattue, non critiquée. L’expérience de Ben Ali l’a démontré : en éradiquant la gauche, il a préparé le terrain à un islamisme hégémonique.
La véritable alternative n’est pas entre autoritarisme et islamisme, mais entre vide idéologique et pluralisme critique. Dans ce pluralisme, la gauche joue un rôle irremplaçable : elle est la seule tradition capable de transformer la foi en choix privé et la politique en espace commun.
Sans gauche, le dogme prospère. Avec elle, la religion redevient ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : une conviction parmi d’autres, et non une idéologie par défaut.
* Universitaire.
Références bibliographiques (sélection)
Althusser, L. (1970). Idéologie et appareils idéologiques d’État.
Les exportateurs américains de gaz naturel liquéfié (GNL) s’efforcent de tirer profit de la flambée des prix de 50% sur les marchés européens et asiatiques, provoquée par la guerre en Iran et la perturbation des approvisionnements en provenance du Qatar, acteur majeur du marché du GNL. Le Financial Times indique que deux des plus grands producteurs américains, Venture Global et Cheniere Energy, augmentent leur production de GNL depuis leurs installations du Texas et de la Louisiane et accélèrent la mise en service de nouvelles capacités de production, tandis que les consommateurs, du Royaume-Uni au Japon, se préparent à des pénuries d’approvisionnement. (Photo : Les installations opérationnelles de QatarEnergy dans la ville industrielle de Ras Laffan).
Imed Bahri
Les négociants et autres acheteurs de GNL américain –autrefois surnommé «molécules de liberté» par l’administration Trump– réorientent également leurs cargaisons pour profiter de cette hausse des prix, tandis que les acheteurs se livrent une concurrence féroce pour sécuriser leurs approvisionnements.
«Avec la plus grande capacité de production de GNL disponible au monde, les États-Unis joueront un rôle crucial durant cette crise historique du marché», a déclaré Mike Sable, PDG de Venture Global, à l’intention des investisseurs lundi. Venture Global est prêt à contribuer au maintien de la stabilité du marché et de l’approvisionnement.
Menace de crise énergétique majeure
Des analystes ont averti que la perte de GNL qatari pourrait déclencher une nouvelle crise énergétique majeure, quatre ans seulement après la pénurie de gaz russe qui avait fait flamber les prix en Europe et durement affecté l’économie du continent avant l’arrivée des livraisons de gaz américain.
Lundi, l’action de Venture Global a clôturé en hausse de près de 20%, tandis que celle de Cheniere a progressé de 5,6 %, les investisseurs pariant sur le fait que les deux géants de l’exportation de GNL profiteraient de la flambée des prix sur le marché spot (le marché spot du gaz est un marché de gros où le gaz est acheté et vendu pour une livraison immédiate ou à très court terme reflétant les conditions instantanées de l’offre et de la demande).
Le Center for LNG, un groupe de pression du secteur, a indiqué que les fournisseurs américains vendent leurs cargaisons selon un tarif FOB (free on board *, ce qui permet aux négociants de réorienter les livraisons américaines après l’achat et offre une bien plus grande flexibilité en période de crise.
Charlie Riddell, directeur exécutif du centre, a déclaré : «La flexibilité des destinations du GNL américain permet aux exportateurs et à leurs clients de réacheminer les cargaisons en cas de tensions géopolitiques. Cependant, aucun fournisseur ne peut immédiatement en remplacer un autre à grande échelle».
La crise a éclaté lorsqu’une attaque de drone iranienne a contraint l’usine de GNL de Ras Laffan, exploitée par Qatar Energy, à fermer ses portes. Cette usine produit environ un cinquième de l’approvisionnement mondial. L’entreprise n’a fourni aucune information sur l’étendue des dégâts subis par l’usine ni sur une éventuelle reprise de la production.
Le GNL en provenance du Qatar et des Émirats arabes unis transite également par le détroit d’Ormuz, que Téhéran a décidé de fermer en réponse à la guerre israélo-américaine contre l’Iran.
Hausse des cours du GNL en Europe
En Europe, les prix du gaz naturel ont bondi de 39% pour atteindre 44,51 € par mégawattheure, leur plus haut niveau depuis près d’un an. Au Royaume-Uni, les prix du gaz naturel ont également grimpé de 45% pour s’établir à 113,79 pence par thermie. En revanche, aux États-Unis, les prix du gaz naturel n’ont augmenté que de 3,5 %, s’établissant à 2,96 dollars par million d’unités thermiques britanniques (MMBtu).
Les États-Unis ont dépassé le Qatar et l’Australie pour devenir le premier exportateur mondial de GNL en 2023, avec plus de 100 millions de tonnes expédiées à l’étranger l’année dernière. Plusieurs nouveaux terminaux sont actuellement en construction, mais leur mise en service n’est prévue que dans plusieurs mois, voire plusieurs années.
L’immense terminal de Golden Pass, situé sur la côte texane du golfe du Mexique -projet soutenu par ExxonMobil et Qatar Energy-, devrait commencer à produire du GNL d’ici quelques semaines, mais il lui faudra des mois pour atteindre sa pleine capacité.
Selon les analystes, les producteurs américains ne pourront pas compenser une pénurie prolongée d’approvisionnements en provenance du Moyen-Orient.
«Rien ne peut remplacer le GNL qatari», a déclaré Saul Kavonic, responsable de la recherche énergétique à la banque d’investissement MST Marquee. Il a ajouté : «Si l’arrêt se prolonge, ou pire, si l’infrastructure de GNL est endommagée, cela pourrait provoquer un choc sur le marché du gaz encore plus important que celui de 2022, lorsque la Russie a interrompu ses livraisons de gaz par gazoduc vers l’Europe. Les prix du gaz pourraient à nouveau atteindre les sommets historiques de 2022».
Scott Shelton, expert en énergie chez TP ICAP, une société de courtage, a déclaré que les États-Unis ne disposent pas de capacités de production suffisantes pour absorber une forte hausse des prix. «Nous expédierons autant que possible», a-t-il affirmé, tout en précisant que «même si les prix doublent, nos capacités restent limitées».
Venture Global vend un peu plus de 30% de ses cargaisons de GNL au prix spot, contre moins de 10% pour Cheniere, ce qui explique en partie la forte hausse de son cours de bourse lundi.
Cependant, les analystes estiment que les négociants disposant de cargaisons FOB et pouvant les vendre sur le marché libre réaliseront également des gains substantiels.
Alex Monton, analyste chez Rapidan Energy Group, a déclaré : «Les négociants en matières premières disposant de stocks américains, les filiales commerciales de Cheniere et de Venture Global, ainsi que tous ceux qui ont acheté du gaz américain et peuvent le vendre sur les marchés internationaux, en tireront profit. Ils peuvent désormais vendre ces cargaisons à des prix jusqu’à 50% plus élevés».
* L’équivalent en français est le terme «franco à bord» qui signifie que la marchandise est achetée ou vendue sans les frais du transport principal et autres frais et taxes y afférents et sans les assurances.
Dans un communiqué publié le 4 mars 2026, le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT), une Ong tunisienne basée en France, exprime sa «profonde préoccupation» à la suite du jugement rendu, le 2 mars, par la Chambre criminelle du Tribunal de première instance de Tunis, relevant du Pôle judiciaire économique et financier, dans l’affaire dite «Orange», relative à la décision adoptée lors du Conseil ministériel restreint du 18 janvier 2018 concernant le dossier de l’homme d’affaires Marouane Mabrouk et la question du gel de ses avoirs en Europe.
Ont notamment été condamnés dans cette affaire l’ancien chef du gouvernement, Youssef Chahed, l’ancien ministre des Domaines de l’Etat et des affaires foncières, Mabrouk Korchid, l’ancien ministre de la Communication et de l’Economie numérique, Mohamed Anouar Maarouf, l’ancien conseiller auprès du chef de gouvernement chargé des investissements Lotfi Ben Sassi, ancien ministre des Relations avec les institutions constitutionnelles, la société civile et les droits de l‘homme Mehdi Ben Gharbia, l’ancien ministre des Finances, Mohamed Ridha Chalghoum, l’ancien ministre des Affaires étrangères Khemaïes Jhinaoui, et l’ ancien directeur général d’El Karama Holding Adel Grar.
Le tribunal a condamné tout ce beau monde à 6 ans d’emprisonnement, une amende individuelle de 800 millions de dinars, une condamnation solidaire supplémentaire de 800 millions de dinars au profit de l’État et l’interdiction d’exercer toute fonction publique.
Ces montants conduisent, de facto, à une exposition financière théorique de 1 600 millions de dinars par personne condamnée.
S’agissant de Marouane Mabrouk, qui est au centre de l’affaire, il a été condamné par la même juridiction, le 2 mars, dans une première affaire distincte concernant une société lui appartenant. Il a écopé de 14 ans de prison, assortis de lourdes amendes financières et de la confiscation de biens. À cette peine se sont ajoutés 6 ans de prison supplémentaires prononcés dans l’affaire relative à la levée du gel de ses avoirs, portant ainsi le cumul des condamnations à 20 ans de réclusion.
Le CRLDHT rappelle la décision objet des poursuites, intervenue dans un cadre formel de Conseil ministériel, en janvier 2018, et qui visait à soutenir la demande de retrait du nom de l’homme d’affaires de la liste européenne de gel, afin de permettre une opération de cession d’actions, à condition qu’une garantie bancaire tunisienne à première demande d’un montant de 32 millions de dinars soit fournie au profit de l’État.
«Ce montant avait été fixé sur la base d’une estimation du ministère de la Justice évaluant à environ 7 millions d’euros les avoirs supposés concernés à l’étranger. Le mécanisme retenu prévoyait que la garantie puisse être exécutée immédiatement en cas de jugement définitif établissant l’illégalité des fonds », précise de CRLDHT, en rappelant que «cette décision collective a été prise dans un cadre gouvernemental collégial, adossée à un mécanisme de garantie financière, intervenue dans un contexte de négociations diplomatiques officielles entre la Tunisie et la France et présentée comme un arbitrage économique et souverain.»
L’Ong rappelle, également, que «certains ministres ayant participé au même Conseil ministériel ne figurent pas parmi les personnes condamnées. Or les débats au sein du Conseil auraient révélé deux orientations : 1- un courant favorable à une levée du gel sans condition ; 2-un courant favorable à une levée assortie de garanties financières. La décision finale adoptée était un compromis : levée contre garantie.»
Tout en s’interrogeant sur «quels critères juridiques précis la responsabilité pénale a-t-elle été individualisée dans le cadre d’une décision gouvernementale prise collectivement», le CRLDHT pose la question de «la proportionnalité et la nature des sanctions financières», estimant que les montants prononcés apparaissent sans rapport direct avec celui estimé des avoirs concernés (environ 7 millions d’euros).
«L’ampleur inouïe des sanctions prononcées — cumulant des amendes individuelles vertigineuses et une condamnation solidaire d’un montant identique — ne relève plus d’une justice ordinaire», affirme l’Ong, qui conclut à une «expropriation totale et durable» des accusés voire à une «mise à mort patrimoniale».
La raréfaction hydrique est un enjeu de sécurité nationale pour l’Iran. Mais pas seulement. Dans l’ensemble des pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, cette raréfaction agit comme un multiplicateur de fragilités : elle accentue les pressions économiques, alimente l’exode rural, et peut exacerber les tensions existantes. L’eau, par sa raréfaction progressive, redessine la carte des vulnérabilités et des puissances. Les pays qui feront de sa gestion un facteur de cohésion interne et de coopération régionale seront mieux armés pour les décennies à venir.(Photo : Le Zayandeh Rud, fleuve historique d’Ispahan, connaît des assecs réguliers).
El Habib Ben Amara *
En novembre 2025, le président iranien Massoud Pezeshkian a formulé une alerte dont la portée dépasse de loin les agendas diplomatiques habituels : Téhéran, métropole de 15 millions d’habitants, pourrait devoir envisager des mesures de rationnement, puis une évacuation partielle de sa population. La cause n’en est ni une menace militaire extérieure, ni une insurrection, mais un facteur plus structurel et, à terme, plus déterminant pour la stabilité du pays : l’épuisement de ses ressources en eau.
Cette déclaration, loin d’être une hypothèse de spécialiste, actait une réalité mesurable : les réservoirs alimentant la capitale sont à 12 % de leur capacité. Les nappes phréatiques, soumises à un pompage intensif depuis des décennies, s’affaissent jusqu’à 30 centimètres par an dans certaines zones urbaines, un phénomène géotechnique aux conséquences directes sur l’intégrité des infrastructures et la sécurité des populations.
L’été 2024 avait déjà constitué un signal faible : coupures d’eau quotidiennes, températures dépassant les 40°C, millions d’Iraniens confrontés à la chaleur et à la sécheresse simultanées.
Quelques mois avant sa disparition en mai 2024, le président Ebrahim Raïssi avait lancé un appel désespéré, promettant une récompense d’un million de dollars à quiconque proposerait une solution viable pour sauver Téhéran de la soif. Cette offre, restée sans réponse concrète, illustrait l’impuissance des approches conventionnelles face à l’ampleur du défi.
Origines structurelles de la crise hydrique iranienne
L’Iran, berceau des qanats, ces galeries souterraines vieilles de 2 500 ans permettant un captage gravitaire et durable de l’eau, disposait d’un patrimoine technique adapté à son environnement aride. Le pays compte encore environ 70 000 de ces ouvrages. Leur fonctionnement, qui ne mobilise que l’eau naturellement renouvelée par les précipitations, leur valait le qualificatif de «sources éternelles».
Cependant, les données disponibles indiquent une transformation profonde de ce rapport à la ressource. Selon les estimations, environ la moitié de ces structures ont vu leur débit diminuer ou tarir en raison de la baisse généralisée des nappes. Comme le souligne le directeur du Centre des qanats de Kerman, «l’histoire ne nous pardonnera pas ce que les puits profonds ont fait à nos qanats.»
La politique de développement engagée à partir des années 1950 a privilégié des infrastructures de grande échelle. Le programme de construction de barrages, qui a doté le pays de plus de 600 ouvrages, souvent sur des cours d’eau au débit modeste, répondait à des objectifs de modernisation agricole et de sécurité alimentaire. Parallèlement, plus d’un million de puits équipés de pompes puissantes ont été forés.
Les effets cumulés de ces choix sont aujourd’hui quantifiables. Sur vingt ans, l’Iran a perdu plus de 210 kilomètres cubes d’eau stockée dans ses aquifères. Une étude récente a identifié que 32 des 50 aquifères les plus surexploités au monde se trouvent en Iran. L’agriculture, qui représente environ 90 % de la consommation totale, a vu ses prélèvements augmenter alors que les rendements des points d’extraction diminuaient : le nombre de forages a doublé depuis 2000, mais les volumes extraits ont baissé de 18 %.
La compaction des aquifères, conséquence de leur surexploitation, entraîne un phénomène d’affaissement des sols qui concerne désormais plus de 3,5 % du territoire national. Des villes historiques comme Ispahan ou Yazd enregistrent des fissures sur leur bâti. Les hydrologues avertissent que cette perte de capacité de stockage est en grande partie irréversible : «Une fois qu’un affaissement significatif se produit, une grande partie de la capacité de stockage est perdue de façon permanente.»
Parallèlement, les écosystèmes emblématiques du pays subissent des transformations majeures. Le lac d’Ourmia a perdu plus de 90 % de sa superficie. La zone humide de Hamoun s’est transformée en marais salants. Le Zayandeh Rud, fleuve historique d’Ispahan, connaît des assecs réguliers.
Stratégies comparées de gestion de la rareté : le cas israélien
À titre comparatif, l’examen des politiques hydriques mises en œuvre par Israël offre un contraste éclairant. Confronté à des contraintes arides similaires, cet État a développé une stratégie articulée autour de plusieurs axes :
Valorisation maximale des ressources : plus de 90 % des eaux usées sont traitées et réutilisées pour l’agriculture, constituant un taux de recyclé parmi les plus élevés au monde ;
Développement du dessalement : cinq grandes installations fournissent désormais près de 75 % de l’eau potable, grâce à des technologies d’osmose inverse dont les applications industrielles ont été localement perfectionnées ;
Efficience agricole : plus de 90 % des surfaces cultivées sont équipées de systèmes d’irrigation goutte-à-goutte, une technologie dont l’industrialisation a été réalisée localement dès les années 1960. Cette maîtrise technologique, fruit d’investissements constants et d’une planification rigoureuse, a transformé une contrainte naturelle en avantage comparatif, le secteur exportant pour plus de deux milliards de dollars de technologies hydriques annuellement.
Géopolitique de la ressource : la gestion de l’eau dans cette région ne peut être dissociée de son contexte territorial. Dès 1919, les documents fondateurs du mouvement sioniste intégraient la maîtrise des ressources en eau dans la définition des «frontières économiques» nécessaires au projet d’État. Le plateau du Golan, conquis en 1967 et annexé en 1981, fournirait selon diverses estimations entre un quart et un tiers de l’approvisionnement en eau israélien.
Sur la frontière libanaise, les fleuves Wazzani et Hasbani, affluents du Jourdain, ont été l’objet d’incidents diplomatiques récurrents. Des déclarations officielles israéliennes ont évoqué l’idée d’une zone tampon s’étendant jusqu’au Litani, ce qui placerait de facto cette ressource sous influence israélienne.
L’accord de paix avec la Jordanie de 1994 contenait des dispositions hydriques substantielles, engageant Israël à fournir annuellement 50 à 75 millions de mètres cubes d’eau au royaume hachémite. En 2025, des menaces de suspension de ces livraisons ont été formulées par des responsables israéliens, illustrant le potentiel de l’eau comme instrument de pression diplomatique.
En Cisjordanie, l’ordonnance militaire n°92 de 1967 a déclaré que «toutes les eaux de la région sont propriété publique», plaçant les ressources sous contrôle de l’autorité israélienne.
Les disparités de consommation sont documentées : selon les données de B’Tselem, organisation israélienne de défense des droits humains, la consommation moyenne par habitant dans les colonies israéliennes est d’environ 247 litres par jour, tandis que la population palestinienne dispose de moins de 80 litres quotidiennement, ce chiffre pouvant tomber sous les 30 litres dans certaines zones rurales.
Les enseignements stratégiques
L’observation des dynamiques régionales récentes suggère une corrélation entre stress hydrique et instabilité. Dans les années précédant le conflit syrien, les précipitations avaient diminué d’environ 25 %, entraînant l’effondrement des récoltes et la mort du cheptel. Les migrations rurales massives qui en ont résulté ont contribué aux tensions sociales et à la fragilisation politique du pays.
Ce mécanisme n’est pas propre à la Syrie. Dans l’ensemble des pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, la raréfaction de la ressource en eau agit comme un multiplicateur de fragilités : elle accentue les pressions économiques, alimente l’exode rural, et peut exacerber les tensions existantes.
Un constat s’impose : les transitions politiques, quelles qu’elles soient, n’ont pas d’effet mécanique sur les cycles hydrologiques. Un changement de régime ne reverse pas le sens de l’affaissement des sols, ne désalinise pas les terres agricoles, n’augmente pas les précipitations. La sécurité durable d’un territoire dépend moins de son étiquette politique que de sa capacité à retenir, infiltrer et régénérer sa ressource en eau.
Les tensions sur les bassins transfrontaliers illustrent cette dimension. La mise en service du barrage de Pashdan par l’Afghanistan en août 2025 permet à ce pays de contrôler jusqu’à 80 % du débit de l’Harirud, menaçant directement l’approvisionnement de Mashhad, deuxième ville d’Iran.
Pour une stratégie de résilience hydrique
Les hydrologues recommandent une réallocation significative des financements, jusqu’ici concentrés sur les grands barrages et les transferts interbassins, vers des solutions de plus petite échelle mais à plus haut rendement hydrologique. La recharge artificielle des nappes par les eaux de crue, technique dont l’efficacité a été démontrée par des chercheurs iraniens dès les années 1990, permettrait de réorienter vers les aquifères jusqu’à 80 % des eaux de ruissellement actuellement perdues.
Un ensemble de techniques, inspirées de l’agroécologie et des savoir-faire ancestraux, peut être déployé sans dépendance technologique extérieure :
Demi-lunes : excavations en croissant de deux à quatre mètres de diamètre sur les terrains en pente, captant le ruissellement et permettant des plantations ;
Seuils en pierre : alignements de pierres perpendiculaires à la pente, ralentissant l’écoulement et favorisant l’infiltration ;
Petits barrages en terre : ouvrages de quelques mètres de haut dans les lits d’oueds, retenant les crues et rechargeant les nappes alluviales ;
Reforestation stratégique : plantation d’essences locales adaptées à l’aridité (pistachier sauvage, amandier, genévrier) sur les piémonts déforestés ;
Captage de brouillard : installation de filets dans les zones montagneuses où le brouillard est fréquent, technique éprouvée au Maroc, au Chili et au Pérou.
Ces solutions présentent l’avantage de la rapidité de mise en œuvre (résultats visibles en deux à quatre ans), du faible coût, et de la création d’emplois ruraux.
Le gisement inexploité des eaux usées est estimé entre 1,2 et 2 milliards de mètres cubes annuellement. Des solutions techniques existent, des zones humides artificielles à la phytoremédiation, en passant par la recharge contrôlée des nappes après traitement approprié. Leur avantage stratégique majeur est leur faible dépendance aux importations et leur résilience face aux contraintes extérieures.
Les piliers d’une souveraineté hydrique durable
L’analyse de la situation hydrique iranienne conduit à plusieurs observations structurantes.
Premièrement, la crise actuelle résulte de l’interaction de facteurs multiples : choix de développement hérités de plusieurs décennies, modalités de gouvernance de la ressource, et contraintes externes ayant limité l’accès aux technologies et à la coopération internationale.
Deuxièmement, la comparaison avec d’autres stratégies régionales montre que la rareté peut être abordée comme un défi technique et planificateur, mais aussi comme un levier géopolitique, avec des implications différenciées selon les contextes territoriaux.
Troisièmement, les solutions existent et sont pour partie accessibles de manière autonome. Leur mise en œuvre suppose une réorientation des priorités d’investissement et une reconnaissance de la gestion de l’eau comme enjeu central de sécurité nationale.
Quatrièmement, l’histoire récente de la région rappelle que les crises environnementales peuvent agir comme des accélérateurs de fragilisation politique et sociale. Ignorer cette dimension, c’est prendre le risque de voir les tensions hydriques se transformer en facteurs d’instabilité plus larges.
Au-delà du cas iranien, ces enseignements concernent l’ensemble des pays des zones arides, du Maghreb au Machreq, du Sahel au Golfe. La préservation du patrimoine hydraulique ancestral, la généralisation des techniques d’économie d’eau, la récupération des eaux de pluie, la lutte contre l’érosion des sols et le développement du recyclage des eaux usées ne sont pas des politiques sectorielles parmi d’autres. Elles constituent les piliers d’une souveraineté durable face aux défis climatiques et géopolitiques du siècle.
L’eau, par sa raréfaction progressive, redessine la carte des vulnérabilités et des puissances. Les pays qui feront de sa gestion un facteur de cohésion interne et de coopération régionale seront mieux armés pour les décennies à venir.
* Analyste stratégique (sécurité hydrique et géopolitique).
Les investisseurs doivent se préparer dès maintenant à une hausse des taux d’intérêt en raison de l’escalade de la guerre israélo-américaine contre l’Iran, avertit Nigel Green, le PDG du cabinet de conseil financier du groupe deVere, alors que les marchés pétroliers sont en pleine tourmente suite aux menaces qui pèsent sur la navigation dans le détroit d’Ormuz, voie de passage essentielle pour environ 20 % de l’approvisionnement mondial en pétrole brut.
Un commandant des Gardiens de la révolution iraniens a déclaré, mardi 3 mars 2026, que le détroit d’Ormuz, principal axe de transport mondial de pétrole brut, était fermé et a menacé d’incendier tout navire tentant de le franchir. Le marché n’a pas manqué de réagir : le Brent a dépassé les 87 dollars le baril après une hausse de plus de 9 % en une seule séance, tandis que le West Texas Intermediate a franchi la barre des 83 dollars, en hausse de plus de 8 %, enregistrant ainsi l’une des plus fortes progressions à court terme depuis plus d’un an.
Une inflation globale
Nigel Green déclare : «Lorsque le prix du pétrole flambe avec une telle ampleur et une telle rapidité, l’inflation ne progresse pas lentement, elle s’accélère brusquement. L’énergie est omniprésente dans toutes les chaînes d’approvisionnement. Une hausse durable du Brent vers 90 dollars modifie fondamentalement les perspectives d’inflation et oblige à revoir les anticipations de taux d’intérêt.» Il poursuit : «Les marchés s’étaient positionnés en prévision de coûts d’emprunt plus faibles, mais ce scénario est désormais remis en question. Un nouveau choc énergétique de cette ampleur réduit la marge de manœuvre pour des baisses de taux et accroît la probabilité que la politique monétaire reste restrictive plus longtemps que prévu par les investisseurs.»
Le PDG de deVere explique : «La hausse des prix du pétrole se répercute directement sur les transports, la logistique, la production alimentaire et les factures d’énergie des ménages. Cette pression se traduit rapidement par une inflation globale, puis se répercute sur l’inflation sous-jacente via les salaires et les décisions de prix des entreprises. Les banques centrales sont parfaitement conscientes de ce mécanisme de transmission.»
Les taux restent élevés
Si les anticipations d’inflation recommencent à augmenter, les autorités monétaires réagiront avec fermeté. Par conséquent, les investisseurs doivent se préparer à ce que «les taux restent élevés jusqu’en 2026, voire augmentent encore si l’inflation persiste».
Sur les marchés obligataires, «les rendements obligataires s’ajustent déjà pour refléter la baisse de confiance dans les baisses de taux à court terme. Le risque de duration s’accentue dans ce contexte», avertit Green.
Le dollar américain attire de nouveau des flux de capitaux vers les valeurs refuges. En période d’escalade géopolitique conjuguée au risque inflationniste, les capitaux se tournent vers les actifs libellés en dollars. «Nous constatons une demande accrue de bons du Trésor et d’obligations de haute qualité, les investisseurs recherchant à la fois rendement et sécurité», souligne l’expert.
À ces niveaux, le pétrole comprime également les marges des entreprises. Celles qui doivent faire face à la hausse de leurs coûts de production devront soit absorber l’impact, soit le répercuter sur les consommateurs.
«Les deux scénarios ont des conséquences sur les prévisions de résultats et la valorisation des actions», souligne le PDG de deVere, qui insiste sur le risque de prolongation du conflit. «Les marchés ne peuvent pas anticiper une résolution rapide. La perturbation de l’un des corridors énergétiques les plus critiques au monde engendre un risque structurel», ajoute-t-il. Et conclut par ce conseil : «Le positionnement des portefeuilles doit tenir compte de la possibilité que les prix élevés du pétrole persistent pendant des mois, et non des jours.»
Les garde-côtes ont reçu, le 1er mars 2026, un signalement concernant la disparition d’un bateau de pêche en haute mer au large de Kelibia. Le bateau avait quitté le port de pêche de cette cité balnéaire du gouvernorat de Nabeul le 24 février.
C4est ce qu’a déclaré le porte-parole de la Garde nationale, le général de brigade Houssemeddine Jebabli, à Mosaique FM, ajoutant que les opérations de recherche et de sauvetage avaient débuté immédiatement après le signalement de la disparition du bateau, qui avait six membres d’équipage à son bord. Un hélicoptère de la Garde nationale effectue actuellement des recherches aériennes en renfort des recherches maritimes, a-t-il encore précisé, mais les pêcheurs sont toujours introuvables.
Ce n’est pas une blague, même si elle y ressemble beaucoup : plusieurs avocats du barreau de Kairouan ont porté plainte contre un jeune homme pour propos injurieux envers cette ville du centre de la Tunisie, tenus dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux.
Dans cette vidéo, le jeune homme a comparé (ô sacrilège !) le gouvernorat de Kairouan à «l’île d’Epstein», provoquant l’indignation de nombreux Kairouanais, rapporte Mosaïque.
L’avocat Mohamed Faleh Chebbi a confirmé sur Facebook que le parquet avait autorisé l’ouverture d’une enquête qui sera menée par une unité de police judiciaire de la capitale des Aghlabides qui, comme tout le monde sait, est une cité vertueuse.
Au rythme où évolue les choses en Tunisie, il va falloir bientôt tourner sa langue trente-six-mille fois avant d’ouvrir la bouche. Et la fermer une fois pour toute serait un bien moindre mal. Les avocats sont les premiers avertis !
La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme du tribunal de première instance de Tunis a condamné l’ancien procureur de la république Bechir Akremi à 23 ans de prison.
Selon Diwan FM, citant une source judiciaire, cette condamnation, prononcée mardi 3 mars 2026, fait suite à deux affaires liées à l’assassinat de Chokri Belaid.
Bechir Akremi a été condamné, à 10 ans de prison pour avoir délibérément négligé son devoir d’arrêter un accusé afin de le soustraire aux poursuites judiciaires et dissimulé la vérité en utilisant sa fonction.
Le même tribunal a également condamné Béchir Akremi, Habib Ellouze, dirigeant d’Ennahdha, et Hassen Ben Brik à 13 ans de prison pour avoir prêté leur aide à des individus impliqués dans des actes terroristes. Au terme de leur peine, les trois prévenus seront placés sous surveillance administrative pendant 3 ans, a rapporté Mosaïque.
Le Béchir Akremi est accusé par les membres du comité de défense du dirigeant de gauche d’avoir dissimulé, au cours des investigations, des documents relatifs à l’affaire Belaïd. Ils lui reprochent aussi d’avoir été poche du parti islamiste Ennahdha et d’avoir cherché à dissimuler des preuves impliquant des personnes appartenant à cette mouvance.
Ce que le concerné dément catégoriquement, imputant la disparition de certaines pièces aux dysfonctionnements de l’appareil judiciaire, justifiant du fait qu’il n’était pas le seul magistrat à avoir traité le dossier.
Pedro Sánchez est aujourd’hui l’unique voix de raison dans une Europe qui a vendu son âme aux fomenteurs de guerres et de génocides israélo-américains, une Europe en perdition et qui se fait sans cesse humilier par Donald Trump et Benjamin Netanyahu.
Le Premier ministre socialiste espagnol est le seul à faire entendre sa différence dans une Europe «incapable» de critiquer les méthodes de ce le tandem diabolique qui sème le feu et la mort dans un Moyen-Orient à la dérive, et qui risque de déstabiliser dangereusement le monde.
Sánchez a été jusque-là le seul dirigeant européen à dénoncer l’attaque israélo-américaine en Iran, au nom du respect du droit international, en se démarquant, une nouvelle fois, de ses partenaires sur le Vieux Continent.
Qu’il s’agisse du conflit israélo-palestinien, du financement de l’Otan, du Venezuela ou, plus récemment, de l’Iran, le Premier ministre espagnol adopte régulièrement un discours très opposé à celui du président américain.
Pour Sánchez, la guerre menée par les États-Unis et Israël depuis le 28 février est «irresponsable», «illégale» et «contrevient aux règles du droit international». C’est pourquoi l’Espagne n’y contribuera pas, a-t-il expliqué, considérant que les agissements israélo-américains, «qui n’ont bénéficié ni du soutien des Nations unies ni même de celui du Congrès américain», auront des «conséquences imprévisibles pour la planète».
Suite aux menaces du président américain Donald Trump de rompre les relations commerciales avec Madrid en raison de sa position sur le conflit, M. Sánchez a déclaré, lors d’une allocution télévisée à la nation, ce mercredi 4 mars 2026 : «C’est ainsi que commencent les grandes catastrophes de l’humanité. On ne peut pas jouer avec le destin de millions de personnes.»
La Tunisie accueille la quatrième édition de Biben L’Mdina, une initiative culturelle qui allie patrimoine historique et technologies numériques selon un parcours en deux temps : d’abord à Kairouan les 4 et 5 mars, puis à Tunis du 12 au 15 mars 2026. Organisé par le Tunis International Center for Digital Cultural Economy (Ticdce), cet événement propose une interprétation contemporaine des centres historiques durant le mois de Ramadan.Vidéo.
Selon les organisateurs, le projet vise à transformer monuments, remparts, zaouias et espaces historiques en lieux d’expérimentation visuelle et narrative, grâce à la cartographie, la réalité virtuelle, la réalité augmentée et l’intelligence artificielle. L’objectif est d’offrir une expérience immersive capable de réinterpréter la mémoire urbaine sans la remplacer, mais en la rendant accessible, grâce aux langages numériques contemporains, même aux plus jeunes.
La première étape se déroulera dans la médina de Kairouan, site inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.
Le parcours traversera certains des lieux emblématiques de la ville de Kairouan, notamment Bab El Jelladine et la zaouïa de Sidi Abid.
Dans ce même esprit, le projet cartographique Biben L’Mdina s’inscrit dans le cadre du Festival de la Médina de Kairouan, avec des projections prévues au complexe culturel, sur la place Bab El Jelladine et au mausolée de Sidi Obeid al Gharyani.
La seconde étape se poursuivra dans la médina de Tunis, berceau du projet. Le parcours débutera place de la Kasbah et se dirigera vers le mausolée d’Abdallah Torjman, le tombeau du Soldat inconnu, Bab Mnara et l’Institut national du patrimoine, en passant également par des édifices historiques tels que Dar Hussein, Dar Mohsen, Dar El Sfaxia et Dar Rachidia. Un itinéraire conçu pour allier flânerie urbaine, découverte architecturale et installations numériques.
Pour la scène culturelle tunisienne, Biben L’Mdina confirme sa position parmi les formats de Ramadan les plus emblématiques, alliant valorisation du patrimoine, innovation technologique et découverte nocturne des espaces historiques, à un moment où les médinas sont de nouveau au cœur de la vie sociale et culturelle du pays.