“Grâce” à la tempête Harry, plusieurs découvertes archéologiques mises au jour, dans ces deux régions
Ces derniers jours, la météo s’est déchaînée sur les côtes tunisiennes. De Nabeul à Mahdia, de puissantes houles ont frappé le littoral, provoquant un phénomène aussi fascinant qu’inquiétant : en grignotant le sable, les vagues ont mis au jour de nouveaux découvertes archéologiques, réveillant brutalement le débat sur la fragilité de notre héritage face à l’érosion.
À Nabeul, le célèbre site de Néapolis est sous haute surveillance. Une équipe de scientifiques s’est immédiatement rendue sur place pour inspecter les zones touchées. L’enjeu est de taille : il faut documenter ces découvertes fortuites et évaluer les dégâts causés par les intempéries avant que la mer ne reprenne ce qu’elle a donné.
Cependant, travailler avec les éléments n’est pas simple. Selon le ministère des affaires culturelles, Ahmed Gaddoum, chercheur et spécialiste de l’archéologie sous-marine, appelle à la patience :
«Tant que la mer est agitée, nos constatations restent limitées. La prudence est de mise. Nous devrons retourner sur le terrain une fois le calme revenu pour obtenir un diagnostic précis et complet».
Le Sahel en alerte
À Mahdia, les équipes du patrimoine se sont déployées dès le début de la semaine, notamment autour de Borj Erras et de Salakta. Des mesures d’urgence ont été prises pour sécuriser les sites les plus exposés et tenter de limiter l’impact des vagues sur ces témoins du passé.
L’érosion, cet ennemi silencieux
Le problème n’est pas nouveau, mais il s’accélère. Avec le changement climatique, nos sites côtiers sont en première ligne. Heureusement, des solutions concrètes pointent à l’horizon. Un projet majeur d’aménagement du littoral, supervisé par le ministère de l’Environnement, doit prochainement démarrer à Nabeul. L’objectif ? Briser la force des vagues et ralentir l’érosion pour offrir un répit à notre patrimoine.
Cependant, pouvant débuter autour de
Au-delà de leur portée scientifique, ces découvertes rappellent aussi le coût élevé des opérations archéologiques. La prospection, les fouilles pouvant débuter autour de 50 000€ pour de petites fouilles, la documentation et la conservation des vestiges mobilisent des moyens humains spécialisés, des équipements techniques coûteux et des financements publics importants. Dans cette optique, des phénomènes naturels exceptionnels comme la tempête Harry peuvent, paradoxalement, jouer un rôle de révélateur. En provoquant l’érosion du littoral et le déplacement des sédiments, la tempête a permis la mise au jour de vestiges jusque-là enfouis, sans intervention directe préalable. Si ces événements constituent une opportunité scientifique rare, les experts soulignent toutefois qu’ils représentent avant tout une menace pour le patrimoine, rendant indispensable une intervention rapide pour documenter et protéger les sites exposés.
L’article “Grâce” à la tempête Harry, plusieurs découvertes archéologiques mises au jour, dans ces deux régions est apparu en premier sur Managers.