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Six personnes, dont des cadres administratifs et des agriculteurs, ont été placées en garde à vue à Siliana dans une affaire de corruption financière liée à des projets agricoles. L’enquête, déclenchée sur ordre du parquet, met en cause des détournements de fonds destinés au développement rural. Les investigations révèlent des irrégularités lourdes touchant des programmes financés à l’international.
Selon le porte-parole du tribunal de première instance de Siliana, le juge Aïssa Guesmi, les personnes impliquées sont six au total : trois cadres du ministère de l’Agriculture, un cadre d’une banque publique, deux agriculteurs, frères.
Le ministère public a ordonné leur mise en garde à vue dans le cadre d’une enquête portant sur des soupçons de corruption financière et administrative au sein du commissariat régional à l’agriculture.
Les investigations, menées par la brigade des recherches économiques et financières d’El Gorjani, ont mis au jour des anomalies dans un projet financé par le Fonds international de développement agricole.
Ce programme, destiné à soutenir 35 délégations du gouvernorat de Siliana, aurait été détourné à travers de fausses opérations d’approvisionnement et des déclarations mensongères concernant la distribution de têtes d’ovins à de petits agriculteurs.
Les enquêteurs évoquent ainsi une manipulation du système de développement agricole dans la région.
Un second volet de l’affaire concerne un marché lié à l’alimentation animale, attribué aux deux frères impliqués. Là encore, des irrégularités ont été relevées.
Les montants détournés sont estimés à plusieurs millions de dinars, des fonds initialement destinés à soutenir les catégories vulnérables et à renforcer le secteur agricole local depuis 2021.
Les six suspects font face à une série d’accusations graves, notamment le blanchiment d’argent en bande organisée, la fraude fiscale, le détournement de fonds publics, l’atteinte à l’administration, et la complicité.
Ces poursuites s’inscrivent dans le cadre de la loi antiterroriste et de lutte contre le blanchiment d’argent, ainsi que du code pénal et des procédures fiscales.
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Dans une publication partagée vendredi 29 mai 2026, sur sa page Facebook, l’économiste estime que cette évolution traduit l’existence de deux économies qui cohabitent selon des logiques radicalement différentes. D’un côté, une économie formelle confrontée à une forte pression fiscale, réglementaire et financière. De l’autre, une économie parallèle en constante expansion, opérant en marge des circuits institutionnels traditionnels et échappant largement aux contraintes imposées au secteur officiel.
Selon Aram Belhadj, l’augmentation continue du volume des liquidités en circulation ne constitue pas seulement un indicateur monétaire. Elle représente avant tout un signal d’alarme révélant une érosion progressive de la confiance des citoyens envers les institutions économiques et financières.
L’économiste considère également que l’ampleur prise par le phénomène met en évidence les limites des politiques actuellement menées pour favoriser l’intégration financière et lutter efficacement contre l’économie informelle. Malgré les dispositifs mis en place au cours des dernières années, une part importante de l’activité économique continue de se développer en dehors des circuits bancaires et des mécanismes de contrôle officiels.
Face à cette situation, Aram Belhadj appelle à l’engagement rapide de réformes structurelles profondes. Parmi les priorités qu’il identifie figurent l’accélération de la digitalisation des transactions, le renforcement de l’inclusion financière et la reconstruction de la confiance entre les citoyens et les institutions, notamment les établissements financiers.
À défaut de réformes sérieuses, durables et capables de restaurer cette confiance, prévient-il, la progression de l’économie parallèle ainsi que l’accumulation de liquidités hors du système financier risquent de s’intensifier davantage au cours des prochaines années, accentuant ainsi les déséquilibres de l’économie tunisienne.
Le volume de monnaie en circulation en Tunisie, billets et pièces, a atteint un niveau record d’environ 29,678 milliards de dinars, selon les dernières données publiées par la Banque centrale de Tunisie au 26 mai 2026.
Les données officielles montrent ainsi que la masse monétaire en circulation poursuit sa tendance haussière par rapport aux périodes précédentes.
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