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Fehmi Balti ou le roman comme une roulette  

09. April 2026 um 07:15

C’est un premier roman qui s’ouvre comme une plaie et se referme comme une énigme. Avec دم سيئ (Roulette), paru aux éditions Capsa, le poète Fehmi Balti franchit la frontière du roman sans abandonner ses armes lyriques. Reçu dans les colonnes de L’Économiste maghrébin, l’auteur livre une confession rare sur une enfance bercée par l’écho des bibliothèques ambulantes et le souffle des vers paternels. Entre deux silences, l’écrivain dissèque sa méthode : une narration « à la directe », sans filet ni plan, où le personnage est l’unique boussole d’un monde en distorsion. Plongée dans une réflexion radicale sur le refus de l’engagement militant, la traversée du désert éditorial tunisien et l’urgence de retrouver, enfin, la volupté de la lecture lente.

Cette venue à l’écriture prend racine dans l’enfance. La bibliothèque familiale, couplée au passage régulier des bibliothèques publiques et ambulantes, a suscité chez le jeune garçon un « fourmillement » précoce pour les livres. Le père, poète dans l’âme, lisait souvent ses poèmes à voix haute. Fehmi Balti garde le souvenir de ses lectures poétiques et insiste sur l’ambiance littéraire qui régnait au foyer. « J’étais le premier public de mon père alors que j’avais uniquement sept ans à l’époque », nous confie-t-il. Très tôt, la découverte de la poésie côtoie celle des romans, des essais philosophiques et des ouvrages de psychologie. Malgré un âge parfois tendre pour saisir toute la complexité de ces textes, la lecture devient une passion, avec un penchant marqué pour la fiction romanesque. Pour autant, l’auteur précise qu’un tel environnement ne garantit pas mécaniquement la naissance d’un écrivain.

Face à l’épineuse définition de la littérature, le romancier privilégie la cohérence du monde narratif. Selon cette perspective, le personnage prime sur l’événement : la figure centrale devient le vecteur essentiel de la problématique soulevée. Si de nombreuses théories du roman existent, aucune contrainte académique n’a bridé sa plume. L’écriture s’apparente ici à une transgression des règles, portée par une identité originelle de poète. La prose se mêle à la poésie, le poétique au narratif, et les genres fusionnent. Le roman, pourvu qu’il respecte un socle minimal de règles, supporte parfaitement ce métissage.

À propos de la place des personnages dans le roman contemporain, dans une conjoncture marquée par des crises successives et un monde en distorsion, l’écrivain estime que la question de la marginalité est secondaire. Un protagoniste apparemment central, au quotidien banal, peut se révéler marginal sous un certain angle, car chaque personnage romanesque demeure unique. L’essentiel réside dans la profondeur ontologique, la dynamique interne et les interactions avec le monde. Chaque être humain, quel que soit son statut social ou son niveau d’instruction, demeure le personnage principal de sa propre vie. En citant Gilles Deleuze, Fehmi Balti rappelle que l’on écrit à travers les autres, pour les autres et à partir des autres, et surtout à la place des autres. La force de l’écrivain réside dans sa capacité à incarner un personnage modeste, voire illettré, pour explorer son monde intérieur.

Sur la question délicate de l’engagement, le verdict tombe sans détour : l’art n’a pas vocation à donner des leçons ou à délivrer des messages. L’idée d’un écrivain porte-drapeau est rejetée, car inféoder l’œuvre à une cause expose au risque de la propagande. Les personnages porteurs de grandes valeurs possèdent leurs failles, tandis que les êtres malfaisants conservent des traits inattendus. Si une forme de prise de position existe, la discrétion prime sur le militantisme ouvert.

L’entretien aborde ensuite la notion de « grand écrivain » ou de « best-seller » et le rapport au succès. Le souvenir de Milan Kundera, dont un essai théorique est devenu un succès de librairie en Chine, vient illustrer le propos : la qualité littéraire et la réussite commerciale ne sont pas antinomiques. Des chefs-d’œuvre comme L’Attrape-cœurs de J. D. Salinger prouvent que la ferveur du public peut saluer une œuvre exigeante.

La méthode de travail récuse tout plan préalable. L’écriture se pratique « à la directe », une approche brute qui délaisse la structure géométrique au profit d’une narration cinématographique faite de montages. Le roman est décrit comme une roulette où l’amour devient la mort et la mort redevient amour, dans une alternance entre passé et présent. Empruntant au vocabulaire de la génétique, l’auteur avance l’idée que chaque personnage possède son propre génome et que la mémoire littéraire fonctionne comme un ADN. Malgré l’influence de trente-cinq années de lectures, le style demeure personnel, presque brut, laissant au lecteur sa propre liberté d’interprétation.

Le passage de la poésie au roman ne constitue pas une rupture, la poésie étant une identité première qui ne se limite pas aux vers. Le lyrisme excessif représentait toutefois une crainte lors de la révision. Un travail d’élagage sévère a donc été nécessaire pour préserver la narration, même si celle-ci reste traversée par des fulgurances poétiques cohérentes avec l’univers romanesque.

L’expérience éditoriale tunisienne est cependant décrite comme un chemin de croix. La recherche d’un éditeur a duré près de trois ans, révélant un déficit de professionnalisme chronique. Contrats flous, distribution défaillante et comités de lecture fantômes transforment la publication en une épreuve d’usure. Le constat est amer : certains éditeurs ne respecteraient pas leurs engagements, se contentant de vendre du papier brut sans réel travail de correction.

Notre invité interpelle ses futurs lecteurs. Sans chercher à instruire, l’invitation porte sur la redécouverte de la lenteur. Cet appel à une lecture attentive, loin du survol de l’intrigue, incite à la délectation. Le roman, par sa complexité et son personnage principal double, refuse les évidences et les versions simplifiées de l’histoire.

 

 

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Taoufik Jebali | Une dramaturgie de la fragmentation

09. April 2026 um 07:30

Avec ‘‘Le Quatrième Humain’’ *, Taoufik Jebali propose moins une pièce de théâtre à comprendre qu’une expérience à traverser. Dès les premières minutes, le spectateur est confronté à une scène qui ne cherche pas à raconter une histoire linéaire, mais à produire un effet de déplacement. Entre fragmentation du récit, instabilité des repères et saturation du langage, l’œuvre met en crise notre manière habituelle de percevoir et de relier ce que nous voyons. Vidéo. (Photos: Abdelkader Garchi).

Manel Albouchi

Très vite, une évidence s’impose : il n’y aura pas de récit au sens classique. La pièce ne construit pas une continuité, elle fragmente. Sur scène, quatre figures féminines portées par des présences fortes (Amina Bdiri, Selima Ayari, Arwa Rahali et Sourour Jebali). Avec leurs sacs à main comme héritage, elles évoluent dans un espace où les cadres en mouvement constant qui empêchent toute fixation du regard. Ce que l’on voit n’est pas un chaos, mais une succession de fragments : un réel qui ne se transforme pas en expérience. Des apparitions. Des disparitions. Un déjà-vu qui ne produit plus de reconnaissance, mais une forme de saturation  

Des cadres qui ne contiennent plus  

Peu à peu, un décalage s’installe. Le spectateur voit, mais ne parvient plus immédiatement à interpréter. La compréhension se suspend. C’est dans cet intervalle que se joue le cœur de la pièce : une dissociation entre perception et symbolisation. Ce déplacement est décisif. Il marque le moment où le sujet/spectateur cesse de maîtriser la scène et commence à être affecté par ce qui lui échappe encore. L’expérience devient moins cognitive que sensible, mais sans pour autant basculer dans l’émotion pure.  

Les cadres présents sur scène bougent, se déplacement, ne remplissent pas leur fonction habituelle. Ils ne délimitent plus. Or, le cadre esthétique ou psychique est ce qui, d’ordinaire, permet de donner forme au réel. Ici, cette fonction vacille. Ce n’est pas l’absence de structure qui est montrée, mais l’impossibilité de s’y adosser durablement. Les repères symboliques existent encore, mais ils ne suffisent plus à stabiliser l’expérience.  

Photo: Abdelkader Garchi.

Le corps morcelé, traversé, saturé 

Dans cet espace instable, le corps ne constitue plus un point d’ancrage. Il apparaît morcelé, traversé, saturé. Il ne garantit plus une unité du sujet/acteur. L’acteur ne s’incarne plus pleinement sur scène ; il y circule. Et le corps ne représente plus une identité : il devient une surface d’inscription, exposée à des flux multiples : masques, objets, paroles, tensions. Le jeu de lumières, loin d’ancrer les figures, participe aussi à cette mise à distance du corps comme lieu stable d’identité.    

Le langage, loin de clarifier, contribue à la saturation générale. On y retrouve plusieurs figures : un narrateur indésirable (Hedy Hlel), qui impose une parole qui sature plus qu’elle ne relie. Un médiateur (Mehdi El Kamel), qui tente de relier, mais sans autorité réelle. Un harceleur textuel, incarné par Taoufik Jebali lui-même, traversant la scène avec une lampe comme une irruption.

Le langage ne manque pas, il déborde : un excès de discours qui n’aboutit plus à une véritable symbolisation. C’est ici que se pose une question plus large, qui dépasse la pièce elle-même : Sommes-nous encore capables de produire du sens… ou nous contentons-nous de le reproduire ?  

Photo: Abdelkader Garchi.

Une topique en tension  

À travers ces figures, une lecture possible émerge :

– le narrateur comme une instance de contrôle, une forme du surmoi,

– le médiateur comme un moi affaibli,

–  le harceleur comme instance pulsionnelle.

Cette lecture évoque une topique classique, héritée de Sigmund Freud. Mais elle ne suffit pas à rendre compte de ce qui se joue. Car une quatrième dimension s’introduit.  

‘‘Le quatrième humain’’ n’est ni nommé, ni incarné de manière stable : un spectre. Il agit comme une présence sans statut défini. Il ne semble pas pris dans les dynamiques du désir, du conflit ou du manque. Il observe, traite, opère.

Cette figure peut être comprise comme l’indice d’une transformation plus profonde : l’émergence d’une instance qui échappe aux coordonnées classiques du sujet. Ni ça, ni moi, ni surmoi mais une forme d’intelligence opératoire, sans ancrage affectif.  

Photo: Abdelkader Garchi.

Vers une externalisation du moi  

Si le moi est ce qui transforme l’expérience en sens, alors une question centrale se pose : que devient-il lorsque cette fonction est partiellement externalisée ? Dans un environnement saturé d’outils, de réponses et d’anticipations, le risque apparaît : celui d’un moi qui ne symbolise plus pleinement, mais qui reçoit, traite et redistribue. Un spectre «sur cloud», allégé de ses conflits, mais aussi de sa profondeur.  

Ce que met en scène Taoufik Jebali n’est pas une rupture spectaculaire. Il s’agit plutôt d’une érosion progressive : du sens, de la tension, de la nécessité. La pièce n’est ni tragique ni comique. Elle installe une forme de neutralité, parfois proche de la fatigue. Une condition contemporaine où tout semble possible, sans que rien ne soit réellement engageant.  

Photo: Abdelkader Garchi.

D’un déjà-vu à une tension persistante  

D’un point de vue critique, ‘‘Le Quatrième Humain’’ s’inscrit dans des codes désormais identifiables du théâtre contemporain : fragmentation du corps, déconstruction du récit… Le risque est alors celui d’une reconnaissance trop rapide, d’un déjà-vu. Mais la pièce échappe en partie à cette limite par sa scénographie, qui empêche toute fixation du regard. Et d’un choix fort de Taoufik Jebali de ne pas contraindre l’interprétation.

En effet, la pièce ne ferme pas le sens. Ni, ne propose de résolution. Elle laisse au spectateur : une marge, un espace, un temps. Et c’est dans cet espace que quelque chose peut advenir : non pas une compréhension immédiate, mais un travail d’intégration différé.  

‘‘Le Quatrième Humain’’ ne cherche pas à être immédiatement compris. Il installe le spectateur dans un entre-deux : entre voir et comprendre, entre percevoir et symboliser. C’est peut-être là que réside sa force : dans cette capacité à maintenir ouvert un espace où le sens n’est plus donné, mais à reconstruire.

* Prochaines représentations les 9, 10 et 11 avril 2026 à 19h30 et le 12 avril 2026 à 17h, à l’espace El Téatro – El Mechtel, Tunis.  

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Kia élu «Meilleur Constructeur» au TopGear.com EV Awards 2026

09. April 2026 um 07:18

Kia a été nommée «Meilleur Constructeur» lors des TopGear.com EV Awards, le 6 avril 2026. La marque dont la vaste gamme 100 % électrique couvre désormais la quasi-totalité des segments de marché, offrant un choix adapté à chaque profil de client, a été sacrée par ce palmarès annuel distinguant les meilleurs véhicules électriques actuellement commercialisés.

Organisée pour la septième année consécutive au Royaume-Uni, cette cérémonie annuelle distingue les meilleurs modèles électriques du marché ainsi que les constructeurs moteurs de la transition énergétique.

Pour Kia, ce nouveau titre s’inscrit dans la lignée du succès déjà remporté lors de l’édition des BBC TopGear.com Awards, où le PV5 Passenger avait été sacré «Voiture Familiale de l’Année».

«Que vous soyez au volant du Kia EV3, du statutaire EV9, de l’élégante EV6 ou du PV5 à la silhouette cubique, on retrouve une cohérence et un air de famille à travers tous les modèles électriques de Kia», a déclaré Ollie Kew, rédacteur en chef adjoint de TopGear.com. Et d’ajouter : «Autonomie fiable, performances fluides, confort… sans oublier l’audace de couvrir tous les segments, du B-SUV avec EV2 jusqu’au grand SUV familial et sportif avec EV9 GT».

En route vers l’électrification

«Recevoir le titre de « Meilleur Constructeur 2026 » par TopGear.com est une reconnaissance forte de la stratégie électrique de Kia en Europe», a déclaré Pablo Martinez Masip, vice-président Produit, Marketing et Expérience Client de Kia Europe. Il a ajouté : «Ces dernières années, nous avons développé l’un des portefeuilles de véhicules électriques les plus complets du marché, allant de modèles compacts et accessibles jusqu’à des véhicules haute performance, afin de répondre aux divers besoins de mobilité des clients européens. Cette récompense souligne la dynamique de notre transformation et renforce notre engagement à devenir une marque leader de la mobilité électrique en Europe.»

Kia poursuit l’expansion de sa gamme de véhicules électriques. Son offre diversifiée comprend désormais les modèles EV3, EV4, EV5, EV6, EV9 et PV5.

Du mouvement vient l’inspiration

EV2 représente la prochaine étape de la stratégie «Plan S» de la marque, initiée en 2021 avec le lancement du Kia EV6.

Modèle électrique le plus compact et accessible de Kia à ce jour, EV2 a été conçu, mis au point et produit en Europe, exclusivement pour les clients européens. Les premières livraisons du Kia EV2 aux clients sont désormais en cours, tandis que les versions GT des EV3, EV4 et EV5 seront lancées prochainement.

Communiqué.

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Place de l’Indépendance – Un haut lieu des événements du 9 avril 1938

09. April 2026 um 05:43

Alors que la Tunisie commémore en ce jour du 9 avril 2026 le 88ème anniversaire de la fête des martyrs, il est bon de se rappeler l’importance d’un lieu symptomatique de la lutte pour l’Indépendance : la place de l’Indépendance. C’est en ce lieu qu’Ali Belhaouane, un des grands militants du Néo-Destour, dont le nom est largement associé aux événements du 9 avril 1938, prend la parole, face à quelque 8 000 personnes, pour prononcer cette phrase restée dans l’Histoire : « Maintenant, c’est la lutte sans fin […] Que la police et l’armée se servent de leurs armes si elles veulent et on verra de quoi le peuple sera capable ».

Parmi les photographies qui immortalisent les événements du 9 avril 1938, plus connus sous le nom de “fête des martyrs“, celle qui montre un attroupement de Tunisiens face à la Cathédrale Saint-Vincent de Paul, sur l’actuelle avenue Habib-Bourguiba, est, sans doute, la plus répandue. La foule brandissait de nombreuses banderoles, dont l’une demandait à ce que « le pouvoir » soit « aux Tunisiens ». Un moment d’histoire qui est restée dans le souvenir de tous nos compatriotes.

La photographie, que nous reproduisons dans cet article consacré à l’un des plus importants événements de l’histoire du mouvement national, permet facilement de reconnaître le lieu : l’actuelle place de l’Indépendance et ancienne place de la résidence. Un nom qui a été évidemment donné à cette place qui abritait, avant le 20 mars 1956, le bâtiment accueillant les services de la Résidence générale de France à Tunis. Et qui abrite aujourd’hui l’ambassade de France.

Outre la façade de la cathédrale de style romano-byzantin, divisée en trois parties et qui n’a pas bougé d’un iota, beaucoup reconnaîtront, sans doute, les lieux grâce aussi aux quelques longs palmiers imposants.

Ali Belhaouane fait face à quelque 8 000 personnes

Le lieu est symptomatique de la lutte pour l’indépendance de la Tunisie. Notre confrère Jeune Afrique a du reste écrit, dans un article publié en 2023, que les événements du 9 avril 1938 constituaient « un premier pas de la Tunisie vers l’indépendance ». On se souvient que le bilan était bien lourd : 22 morts et près de 150 blessés.

 

 

En fait, la photographie a été prise la veille du 9 avril 1938. Le 8 avril 1938 ont eu effectivement lieu une grève générale et une première manifestation. C’est sur cette place de la résidence qu’Ali Belhaouane (notre photo), un des grands militants du Néo-Destour, dont le nom est largement associé aux événements du 9 avril 1938, prend la parole, fait face à quelque 8 000 personnes, pour prononcer dette phrase restée dans l’Histoire : « Maintenant, c’est la lutte sans fin […] Que la police et l’armée se servent de leurs armes si elles veulent et on verra de quoi le peuple sera capable » (voir “Anissa El Materi Hached, Mahmoud El Materi : pionnier de la Tunisie moderne“, Paris, Les Belles Lettres). Il sera emprisonné le lendemain.

Des places et lieux qui ont marqué l’Histoire en tant qu’épicentre de combats politiques, la Tunisie en a eu beaucoup. Dans un mémoire de master en architecture, soutenu en 2019, à l’École nationale supérieure d’architecture (ENSA) de Nantes (France), Sarra Baccouche évoque, par exemple, ces lieux où la révolution tunisienne de 2011 a fleuri.

« Et ils campent aussi sur leur position »

On peut y lire : « Depuis dimanche 23 janvier 2011, la jolie place de La Kasbah à Tunis, celle du gouvernement, a été désacralisée pour devenir une agora. Les Tunisiens de l’intérieur, qui ont payé un lourd tribut humain dans la révolte contre le régime de Ben Ali, campent au cœur du symbole de l’exécutif. Et ils campent aussi sur leur position ».

Et Sarra Baccouche d’ajouter : « Le choix de la place et son occupation n’étaient pas anodins. Investir La Kasbah signifiait la réappropriation de l’espace public confisqué, à l’image des idéaux démocratiques où la représentativité politique n’interdit ni n’interroge le pouvoir ni prend en compte les exigences du Peuple ».

On peut parler autant des marches du Théâtre de la Ville de Tunis sur l’avenue Habib-Bourguiba, appelé un temps place de la Révolution. Ou encore, toujours sur cette avenue Bourguiba, de la Tour de l’horloge, sur l’ancienne avenue 7-Novembre débaptisée pour être appelée place 14 janvier 2011.

Autant dire que la place de l’Indépendance aura été, peut-être, une précurseure !

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Transition énergétique : Ali Kanzari appelle à un plan Marshall pour la Tunisie

09. April 2026 um 05:30

La Tunisie importe 65 % de ses besoins énergétiques et accuse un déficit qui a frôlé les 11 milliards de dinars en 2025. Et par les temps qui courent, notamment avec ce qui se passe dans au Moyen-Orient qui redistribue la carte de l’approvisionnement d’hydrocarbures, leconomistemaghrebin.com a jugé nécessaire d’interpeller l’un des spécialistes en la matière en Tunisie. Il s’agit en l’occurrence, Ali Kanzari, président la Chambre syndicale du photovoltaïque (CSPV) qui, face à cette réalité, dresse donc un état des lieux sans concession. Mais ne s’arrête pas là : il trace une feuille de route ambitieuse : « accélérer massivement les énergies renouvelables, électrifier les transports, développer l’hydrogène vert et faire de la Tunisie un hub énergétique méditerranéen ». Un programme à la hauteur des enjeux, qui appelle, selon lui, à une refonte globale du modèle de développement du pays.

La Tunisie est devenue importateur net d’hydrocarbure depuis l’année 2000. Ses ressources en hydrocarbures et en énergie importée ne couvrent que 35 % des besoins nationaux, portant la dépendance extérieure à 65 %, tient à rappeler Ali Kanzari, président de la Chambre syndicale du photovoltaïque et fondateur de la première entreprise photovoltaïque Energies Renouvelables en Tunisie. Ce déficit, qui a frôlé les 11 milliards de dinars en 2025, est appelé à s’aggraver : le prix du pétrole, initialement budgété à 63 dollars le baril dans la loi de finances, a grimpé aux alentours de 100 dollars, s’inquiète-t-il.

La principale composante de la facture demeure le gaz naturel, acheté à l’Algérie, avec un prix basé sur la moyenne des six derniers mois. En d’autres termes, aujourd’hui SONATRACH facture à la STEG un prix moyen correspondant à la période juillet–décembre 2025. L’impact de l’augmentation du prix du baril de pétrole, se verra à partir de juillet 2026, on estime une augmentation de 50%.

À cela s’ajoutent les hydrocarbures raffinés (gasoil, essence, kérosène et GPL), le GPL étant utilisé principalement par les ménages pour la cuisson et le chauffage. La bouteille de gaz de 13 kg est vendue entre 8,5 et 9 dinars affiche un prix réel avoisinant les 50 dinars, soit une subvention de l’ordre de 80 %.

L’ensemble des subventions énergétiques GN- GPL, produits pétroliers blancs et autres – est évalué entre 7 et 8 milliards de dinars, soit 10 % du budget national. C’est in fine le contribuable qui supporte cette charge, laquelle pèse lourdement sur la balance des paiements.

Un cadre législatif en place, une dynamique en marche

Depuis la loi sur les énergies renouvelables adoptée en 2015, dont les textes d’application ont suivi entre 2017 et 2021, le pays s’est fixé un objectif initial de 30 % d’énergies renouvelables dans le mix électrique à l’horizon 2030, depuis relevé à 35 %, soit environ 5 000 MW. Un palier de 50 % est visé pour 2035, explique le fondateur de la société SES et par ailleurs l’expert senior en énergies renouvelables et efficacité énergétique.

Dans son explication, il souligne que dans le résidentiel, le programme Prosol Elec cible les foyers selon trois catégories : sociale, pour les abonnés consommant moins de 1 100 kWh par an (environ un million de foyers sur les quatre millions que compte le pays), Prosol économique entre 1 100 et 1 800 kWh/an destiné à 800.000 abonnés, et Prosol Elec au-delà de 1 800 kWh/an. « Depuis son lancement, le programme a permis l’installation de quelque 400 MW, avec un rythme dépassant désormais 100 MW par an. À ce rythme, 1 000 MW dans le résidentiel seraient atteints d’ici 2030, grâce à un réseau de près de 800 entreprises installatrices agréées », dit-il.

Dans le secteur industriel, les installations en moyenne tension n’ont pas encore atteint leur plein régime, totalisant environ 60 MW, semble regretter Ali Kanzari, qui apporte deux facteurs explication à ce retard : un manque de sensibilisation et des difficultés d’accès au financement. « L’électricité étant vendue à l’industriel à 300 millimes le kilowattheure alors que le coût réel de production à la STEG dépasse les 500 millimes, l’attractivité économique apparente du photovoltaïque s’en trouve réduite pour ce segment ». Et une contrainte réglementaire aggrave la situation, selon lui : « l’industriel ne peut injecter que 30 % de sa production dans le réseau, le reste devant être consommé sur place, stocké, ou cédé à la STEG sans rémunération complémentaire ».

Les régimes d’autorisation et de concession

Poursuivant son analyse du secteur, Ali Kanzari assure également que le régime des appels d’offres a connu des difficultés initiales. « Plusieurs rounds portant sur des projets de 10 MW en photovoltaïque et 30 MW en éolien, pour un potentiel total de 280 MW, n’ont pas abouti faute de bouclage financier par les promoteurs », affirme le président de la CSPV.

« Le gouvernement a depuis révisé le dispositif en introduisant un tarif d’achat garanti : 216 millimes pour les projets de 1 MW, 203 millimes pour ceux de 2 MW, et 143 millimes pour les tranches de 2 à 10 MW. Ce nouveau cadre a suscité un engouement sans précédent : 187 promoteurs ont déposé des dossiers pour un total de 260 MW lors du premier round, et plusieurs de ces projets sont déjà en production ».

Cette forte attractivité a toutefois provoqué une hausse des prix du foncier, selon l’expert, notamment autour des lignes de moyenne tension dans les régions les plus ensoleillées. De ce fait, il appelle l’État à réguler l’accès au foncier pour éviter une spéculation préjudiciable au développement du secteur.

« Le régime de concession, destiné aux grands projets (75 MW minimum pour l’éolien sur terrains privés, 100 MW pour le photovoltaïque, et jusqu’à 200 MW sur terrains publics), représente environ 1 700 MW lancés à ce stade. La Chambre syndicale a été consultée dans le cadre du processus législatif et a rendu un avis favorable, parce qu’elle juge indispensable d’accélérer la transition ».

Par ailleurs, selon Ali Kanzari, la Chambre intervient sur plusieurs fronts : formation des installateurs, défense du contenu local – les projets de concession intègrent près de 90 % de main-d’œuvre et d’ingénierie tunisiennes -, réforme du cadre législatif, et organisation de rencontres professionnelles telles que le Salon international de la transition énergétique (SITE), dont elle a organisé la troisième édition. Elle remplit ainsi une fonction de dialogue entre acteurs publics, privés et société civile.

Appel à décarboner les transports et l’industrie

Le photovoltaïque, s’il peut couvrir environ 30 % de la facture énergétique nationale, ne résout pas le problème à lui seul. L’expert en ER et EE explique que le secteur du transport représente aujourd’hui le premier poste de consommation en Tunisie, avec près de 40 % du total, devant le résidentiel et l’industrie, une inversion par rapport aux années 1990 où l’industrie dominait.

Par conséquent, une électrification massive des transports en commun s’impose : bus électriques importés de Chine, jugés compétitifs et de qualité suffisante, stations de recharge rapide, renouvellement du parc de bus urbains et interurbains, extension des réseaux de métro et de tramway dans les grandes agglomérations. L’aménagement urbain tunisien, qui n’a pas anticipé ces besoins, rend aujourd’hui plus complexe l’implantation de ces infrastructures, recommande le président de la CSPV.

Et il rappelle que « pour l’industrie, le mécanisme européen d’ajustement carbone aux frontières – le MACF, entré en vigueur en janvier 2026 – contraint les exportateurs tunisiens, notamment dans la cimenterie, la céramique, la briqueterie, la chimie et les câbleries, à justifier d’un contenu en énergie renouvelable dans leurs produits. C’est un levier puissant pour accélérer la transition en moyenne tension industrielle ».

L’hydrogène vert, produit par électrolyse de l’eau à partir d’énergies renouvelables, souligne-t-il, ouvre quant à lui de multiples débouchés : carburant pour les industries nécessitant une flamme, comme la verrerie ; combiné au CO₂ capté des cimenteries pour produire du méthanol utilisable comme carburant liquide de substitution ; ou transformé en ammoniaque pour alimenter des navires ou produire des fertilisants. Son prix, actuellement autour de 7 euros le kilogramme, est jugé attractif pour les acheteurs européens.

Un hub énergétique méditerranéen en devenir

La position géographique de la Tunisie – à 180 kilomètres des grands réseaux électriques européens, et reliée à la Sicile par un câble sous-marin dont la mise en service est prévue entre 2029 et 2030 – constitue un atout stratégique exceptionnel, explique Ali Kanzari. Le modèle d’échange envisagé est complémentaire : exportation d’électricité renouvelable vers l’Europe en hiver, période de forte demande sur le Vieux Continent, et importation d’électricité européenne en été pour faire face aux pics de la demande en Tunisie.

Dans le cadre du projet Euro-Méditerranéen Green Electron Molécule (MED GEM), la Tunisie ambitionne d’organiser la production et l’exportation d’hydrogène vert vers l’Europe, en concurrence avec le Maroc, l’Algérie, la Jordanie et l’Égypte. Sept mémorandums d’entente ont déjà été signés avec de grandes multinationales, en attendant la finalisation du code des énergies renouvelables qui définira les modalités fiscales et les redevances applicables, a tenu à rappeler le président de la CSPV. Le potentiel est évalué à 500 000 emplois liés à cette filière à l’horizon 2050 et une exportation d’environ 8 Millions de tonnes générant 2 à 3 points de croissance économique.

L’infrastructure existante amplifie cet atout : le gazoduc transméditerranéen pourrait transporter de l’hydrogène en mélange avec le gaz naturel (blending), tandis que les terminaux portuaires de Gabès, Sfax, Bizerte et Skhira pourraient, eux, exporter sur des quais aménagés H2 compressé, méthanol et ammoniaque et autres produits dérivés.

Un appel à un plan Marshall

La transition énergétique ne peut être dissociée d’une réforme profonde de l’aménagement du territoire, de la gouvernance, du système éducatif et des infrastructures de transport. Au cœur de la Méditerranée, à moins de deux cents kilomètres de l’Europe, la Tunisie dispose de tous les atouts pour devenir un hub énergétique régional, à condition d’agir avec la même ambition et la même célérité qu’un plan Marshall.

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Théâtre national | 21 talents explorent les arts du cirque

Von: Yusra NY
08. April 2026 um 23:37

Le Théâtre national tunisien accueille la deuxième session de formation intensive dédiée aux arts du cirque, un projet ambitieux qui continue de prendre de l’ampleur au sein de l’École pratique des métiers du Théâtre.

Soutenue par l’Institut français de Tunisie (IFT) et le programme FEF, cette initiative vise à structurer et à pérenniser l’enseignement des arts circassiens en Tunisie.

Pour cette session qui a débuté lundi et qui se poursuivra jusqu’au 10 avril 2026, la formation a pour objectif d’offrir aux jeunes talents les outils nécessaires pour intégrer le marché du spectacle vivant, de créer des ponts entre la performance physique et le jeu théâtral et de renforcer les techniques pour une maîtrise des disciplines fondamentales du cirque.

Le Théâtre national précise que 21 stagiaires ont pris part à cette 2e session qui est encadrée par une équipe de formateurs spécialisés. 

Y. N.

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La Goulette | Cérémonie de livraison des nouveaux remorqueurs à l’OMMP

Von: Yusra NY
08. April 2026 um 23:20

Cofinancé par l’Agence française de développement (AFD) à hauteur de 41 millions d’euros, le programme de renouvellement des remorqueurs a été signé en 2021 lors du Haut Comité de coopération franco-tunisien avec le Ministère du Transport et incarne la profondeur d’un partenariat franco-tunisien pour des ports verts en méditerranée.

Ces six nouveaux remorqueurs livrés par l’Agence française de développement répondent aux normes internationales en matière de sécurité maritime et de performance environnementale.

De plus, en collaboration avec l’Office des marine marchandes et des ports (OMMP), ce programme s’inscrit plus largement dans une démarche de modernisation durable des ports tunisiens, qui comprend également des actions portant sur la connexion électrique des navires à quai, l’efficacité énergétique et la solarisation des infrastructures portuaires.

La cérémonie de réception du sixième et dernier remorqueur s’est déroulée à La Goulette en présence du Directeur du port de la Goulette du Directeur Général du transport Maritime du Ministère des Transports, de la PDG de l’OMMP, et l’Ambassadrice Anne Guéguen.

Communiqué

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Attijari Leasing distribuera 6 millions de dinars de dividendes

08. April 2026 um 21:35

Attijari Leasing convoque ses actionnaires en assemblée générale ordinaire le 20 avril 2026. Deux résolutions majeures figurent à l’ordre du jour, portant sur l’affectation des résultats 2025 et sur un programme de financement par emprunt obligataire. Sur le volet des résultats, la société a dégagé un bénéfice net de près de 10 millions de dinars […]

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L’huile d’olive tunisienne : ce que l’étiquette ne vous dit pas

08. April 2026 um 21:31

Le spécialiste en agroforesterie, Wajdi Dhibi, dresse un tableau sans complaisance de la relation des Tunisiens à leur propre huile d’olive. Entre un étiquetage insuffisant, une consommation locale en retrait face aux huiles végétales subventionnées, et des critères de qualité largement ignorés du grand public, l’expert livre un décryptage technique et pratique, destiné à mieux […]

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