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L’unité de l’État : pilier de la vision institutionnelle de Kaïs Saïed

Von: farhat
11. Oktober 2026 um 08:30

Par Ahmed NEMLAGHI

La rencontre tenue, le 8 octobre, au palais de Carthage entre le président de la République, Kaïs Saïed, le président de l’Assemblée des représentants du peuple, Brahim Bouderbala, et le président du Conseil national des régions et des districts, Imed Derbali, remet au premier plan une question fondamentale, celle de l’unité de l’État et de la complémentarité de ses institutions. À travers cette réunion, le chef de l’État réaffirme une conception selon laquelle les différentes fonctions publiques doivent agir dans le cadre de leurs compétences constitutionnelles, avec pour objectif commun de répondre aux attentes des citoyens et de préserver la cohésion nationale.

Dans le communiqué publié à l’issue de cette rencontre, la présidence de la République insiste sur la complémentarité des rôles entre les différentes fonctions de l’État, chacune dans le cadre des attributions que lui confère la Constitution. Cette formulation résume l’un des axes de la vision institutionnelle défendue par Kaïs Saïed : l’État doit demeurer un ensemble cohérent, capable d’agir dans l’intérêt général, sans que ses différentes composantes perdent de vue leur responsabilité envers les citoyens.

L’unité de l’État ne signifie pas nécessairement la confusion des pouvoirs ni l’effacement des compétences propres à chaque institution. Elle renvoie plutôt à la nécessité d’assurer la cohérence de l’action publique, dans le respect du cadre constitutionnel, afin que les institutions ne deviennent pas des centres d’intérêt concurrents, mais remplissent leurs missions au bénéfice de la collectivité.

La présence conjointe des responsables des deux chambres parlementaires auprès du président de la République revêt, dans ce contexte, une portée institutionnelle particulière. Elle permet d’aborder des projets liés à la situation sociale des citoyens et de souligner l’importance de la coordination entre les institutions chargées de traduire les orientations publiques en textes et en mesures concrètes.

Pour le chef de l’État, l’enjeu consiste à faire en sorte que les mécanismes institutionnels ne constituent pas un obstacle à la réponse aux besoins de la population. La cohérence entre les fonctions de l’État doit ainsi contribuer à accélérer le traitement des préoccupations sociales et à renforcer la capacité des pouvoirs publics à apporter des réponses concrètes.

Le communiqué de Carthage fait explicitement référence aux compétences fixées par la Constitution. Ce rappel est essentiel car l’unité institutionnelle ne peut durablement reposer sur la seule volonté de coopérer entre responsables. Elle nécessite des règles, une répartition des attributions et une responsabilité clairement définie.

Dans la conception défendue par Kaïs Saïed, la Constitution s’apparente au cadre de référence dans lequel chaque institution doit exercer ses missions. L’Assemblée des représentants du peuple et le Conseil national des régions et des districts disposent de leurs propres fonctions, tandis que la présidence de la République exerce les compétences qui lui sont attribuées. La complémentarité suppose donc que chaque institution assume ses responsabilités sans empiéter sur celles des autres.

Cette approche accorde une place importante à la légitimité constitutionnelle des institutions. L’État ne peut fonctionner efficacement si ses organes se trouvent enfermés dans des logiques de confrontation permanente ou si leurs interventions ne débouchent pas sur des décisions suivies d’effets.

Rompre avec les logiques de division

Le président de la République a également évoqué les tentatives de division du pays et les résistances au changement. Selon les termes rapportés par le communiqué, il estime que certains acteurs demeurent attachés à des pratiques du passé et que la conscience historique du peuple tunisien constitue un rempart contre les manœuvres susceptibles d’affaiblir la cohésion nationale.

Cette déclaration s’inscrit dans un discours politique qui présente l’unité nationale comme une condition essentielle de la transformation institutionnelle et sociale. Dans cette lecture, les divergences et les conflits d’intérêt ne doivent pas compromettre la continuité de l’État ni détourner les institutions de leurs missions fondamentales.

La question mérite cependant d’être envisagée dans toute sa portée institutionnelle. L’unité nationale ne se limite pas à l’absence de désaccords. Elle dépend également de la capacité des institutions à traiter les divergences dans le respect du droit, à garantir l’égalité des citoyens et à maintenir des espaces de responsabilité et de contrôle.

Une institution forte n’est donc pas seulement une institution capable de résister aux pressions. C’est aussi une institution dont les décisions sont motivées, dont les compétences sont respectées et dont l’action peut être appréciée à l’aune de ses résultats.

La vision présidentielle met l’accent sur la nécessité de préserver l’État contre les formes de pression ou de chantage susceptibles, selon elle, de compromettre son indépendance. L’enjeu est de faire prévaloir l’intérêt général sur les intérêts particuliers, tout en veillant à ce que les mécanismes de contrôle et de responsabilité fonctionnent dans le cadre du droit.

Parmi les thèmes abordés à Carthage, la reddition des comptes occupe une place centrale. Kaïs Saïed a insisté sur sa légitimité, en prenant soin de la distinguer du règlement de comptes. Cette distinction constitue un élément important de sa conception de l’État : la responsabilité des personnes ayant exercé des fonctions publiques doit être examinée à partir de faits établis et de procédures légales, et non en fonction de considérations personnelles ou politiques.

La reddition des comptes répond à une exigence démocratique et administrative fondamentale. La gestion des ressources publiques, l’exercice de l’autorité et l’utilisation des moyens de l’État doivent pouvoir faire l’objet de vérifications. Les responsabilités doivent être déterminées lorsque des irrégularités sont établies, dans le respect des droits de la défense et des garanties prévues par la loi.

Dans le discours présidentiel, cette exigence est associée à la volonté de rompre avec les pratiques qui auraient permis à certains de bénéficier d’une protection particulière. L’affirmation selon laquelle aucune immunité ni exception ne devrait faire obstacle à l’établissement de la vérité traduit l’objectif annoncé d’une responsabilité applicable à tous.

Pour que cette orientation renforce effectivement la confiance dans les institutions, une condition demeure toutefois essentielle : la reddition des comptes doit être conduite selon des procédures impartiales, transparentes et vérifiables. La présomption d’innocence, l’indépendance de la justice et les droits de chaque personne concernée sont indissociables d’un processus crédible.

 

De la volonté politique aux mesures concrètes

Le président de la République a affirmé que les difficultés ne seraient pas surmontées par les communiqués et les déclarations, mais par des mesures concrètes et rapides. Cette affirmation met en évidence l’un des principaux défis de l’action institutionnelle : transformer les orientations politiques en décisions applicables et en résultats perceptibles.

Les citoyens évaluent l’État à travers leur expérience quotidienne. Ils attendent des réponses à leurs difficultés économiques et sociales, des services publics accessibles, une administration efficace, une législation compréhensible et des décisions exécutées dans des délais raisonnables.

La rencontre entre les trois responsables de l’État prend dès lors son sens au regard des projets sociaux évoqués dans le communiqué. La coordination institutionnelle ne peut constituer une fin en soi. Elle doit permettre de faire avancer les dossiers, de lever les blocages administratifs et de garantir que les décisions prises répondent aux besoins identifiés.

Cette exigence implique également une responsabilité dans le suivi. Les mesures annoncées doivent être accompagnées d’échéances, de mécanismes d’évaluation et d’une répartition claire des tâches entre les administrations et les institutions concernées. Sans ces instruments, le risque demeure de voir les ambitions se heurter aux lenteurs et aux difficultés de mise en œuvre.

Le discours présidentiel insiste précisément sur la nécessité de dépasser les déclarations pour entrer dans une phase d’action. La portée de cet engagement dépendra donc de la capacité des institutions à démontrer, par leurs réalisations, que la coordination annoncée améliore effectivement le fonctionnement de l’État.

Lorsque Kaïs Saïed affirme que l’État ne sera le «butin» de personne, il exprime une conception de la puissance publique fondée sur la permanence des institutions et leur indépendance à l’égard des intérêts particuliers. L’État doit, dans cette perspective, demeurer au service de la collectivité nationale et ne pas devenir l’instrument d’un groupe ou d’un réseau.

Cette conception rejoint la volonté affichée de préserver la souveraineté de la décision publique. Les politiques nationales doivent être déterminées par les besoins du pays et mises en œuvre par des institutions capables d’assumer leurs responsabilités.

Mais la solidité de l’État ne se mesure pas uniquement à sa capacité de résister aux pressions. Elle dépend aussi de la prévisibilité de ses décisions, de la stabilité de ses règles, de la qualité de son administration et de la confiance que les citoyens accordent à ses institutions.

Un État fort est également un État dont les pouvoirs sont exercés dans le respect de la Constitution, dont les décisions peuvent être contrôlées et dont les agents sont tenus de rendre compte de leur action. L’autorité publique et la responsabilité ne sont pas des principes contradictoires : elles se renforcent mutuellement lorsqu’elles s’inscrivent dans un cadre juridique clair.

L’unité de l’État à l’épreuve des attentes sociales

Au-delà des principes constitutionnels, la réunion du 8 octobre renvoie à une préoccupation centrale du discours présidentiel : la situation sociale des citoyens. Le communiqué rappelle que les responsables doivent s’inspirer de la conscience du peuple et partager les souffrances des citoyens en s’attachant à en éliminer les causes.

Cette exigence place la responsabilité sociale au cœur de l’action institutionnelle. Elle signifie que les institutions ne peuvent se limiter à leur fonctionnement interne ou à la production de textes. Elles doivent également prendre en compte les conséquences concrètes de leurs décisions sur les conditions de vie de la population.

La cohérence de l’État se mesure alors à sa capacité à articuler les politiques publiques, à identifier les urgences et à apporter des réponses adaptées aux réalités des différentes régions et catégories sociales.

Le rôle des institutions parlementaires est déterminant dans cette démarche, notamment à travers l’examen des textes et des préoccupations qui leur sont soumis dans le cadre de leurs attributions. La présidence de la République, le gouvernement et les autres institutions concernées doivent, chacun dans son domaine de compétence, contribuer à la mise en œuvre des orientations et au suivi de leurs effets.

Cette complémentarité ne sera pleinement effective que si elle se traduit par des résultats mesurables : amélioration des services, réduction des délais administratifs, meilleure application des lois et traitement plus efficace des difficultés sociales.

La rencontre de Carthage traduit ainsi une volonté présidentielle de placer la cohésion de l’État, le respect des compétences constitutionnelles et la reddition des comptes au cœur de l’action publique. Elle rappelle que les institutions ne peuvent répondre aux attentes de la population que si elles assument leurs missions avec sérieux et coordonnent leurs efforts dans le cadre du droit.

L’unité de l’État ne doit cependant pas rester une formule institutionnelle. Elle doit prendre corps dans le fonctionnement des administrations, la qualité des décisions, l’application effective des lois et la capacité des responsables à rendre compte de leurs résultats.

C’est là que se situe l’enjeu principal de la démarche défendue par Kaïs Saïed : faire de la cohérence institutionnelle un moyen de lutter contre les blocages, de préserver la souveraineté de la décision nationale et de répondre aux revendications sociales.

En définitive, la force de l’État ne réside ni dans la seule fermeté des déclarations ni dans l’affirmation abstraite de son unité. Elle se mesure à sa capacité à agir conformément à la Constitution, à garantir l’égalité devant la loi, à protéger les ressources publiques et à apporter des réponses concrètes aux citoyens.

 

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Compter sur soi : quand la souveraineté économique commence à produire ses effets

Von: tmps
10. Oktober 2026 um 08:35

 Par Ahmed NEMLAGHI

Pendant longtemps, la question économique tunisienne a été abordée à travers le prisme de la dépendance aux financements extérieurs, de l’endettement et des équilibres budgétaires. Depuis plusieurs années, le président Kaïs Saïed défend une autre orientation : compter davantage sur les capacités propres du pays, renforcer la souveraineté économique, lutter contre la corruption et la spéculation et réorienter les ressources nationales vers l’investissement, la production et la justice sociale.

Les résultats enregistrés récemment dans plusieurs secteurs donnent des éléments permettant d’apprécier cette orientation, même si les défis structurels restent considérables.

La politique économique défendue par le président Kaïs Saïed repose sur une idée devenue centrale dans son discours : la Tunisie doit davantage compter sur ses propres ressources, ses propres compétences et ses propres capacités de production. Le «compter-sur-soi» ne signifie pas, dans cette conception, se fermer au monde ou renoncer aux relations économiques internationales. Il s’agit plutôt de rechercher une plus grande autonomie dans les choix économiques et financiers, afin que les décisions nationales soient déterminées en priorité par les intérêts du pays et les besoins de sa population.

Cette orientation s’inscrit dans une vision plus large de la souveraineté. La souveraineté politique ne pourrait être pleinement exercée, selon cette approche, sans une capacité minimale à maîtriser les grands équilibres économiques, à préserver les ressources publiques et à réduire les formes de dépendance qui fragilisent la décision nationale.

Le gouvernement a d’ailleurs inscrit explicitement cette logique dans les orientations économiques de l’État. Le projet de budget économique pour 2026 met en avant la souveraineté nationale, la confiance dans les propres moyens du pays et la recherche d’un équilibre entre croissance économique et justice sociale. Il prévoit également de développer les ressources propres de l’État, de réduire l’évasion fiscale, d’intégrer progressivement l’économie parallèle et de diversifier les sources de financement.

Le changement de perspective est important. Il ne s’agit plus seulement de rechercher des ressources financières supplémentaires, mais de s’interroger sur la manière dont les richesses nationales sont produites, distribuées et utilisées.

Dans la vision présidentielle, le développement économique doit être étroitement lié à la justice sociale. La croissance n’a de véritable signification que si elle se traduit par davantage d’emploi, une amélioration du pouvoir d’achat, une réduction des disparités régionales et une meilleure qualité des services publics.

Le projet de développement 2026-2030 traduit cette orientation à travers une démarche annoncée comme «ascendante», partant du local vers le régional puis vers le national. L’objectif affiché est de rapprocher les politiques de développement des besoins réels des territoires et de réduire les déséquilibres qui ont longtemps caractérisé la répartition des investissements.

Les premiers résultats comme éléments de réponse

C’est à ce niveau que les données économiques récentes prennent toute leur importance.

Selon les données présentées en juillet 2026 à l’occasion de la remise du rapport annuel de la Banque centrale pour 2025, le PIB tunisien a progressé de 2,5% en 2025, contre 1,6% en 2024. Le chômage est passé de 16,5% en 2024 à 15,2% en 2025, puis à environ 15% au début de 2026 selon les données alors communiquées par le gouvernement. Les investissements directs étrangers ont également progressé d’environ 30% en 2025.

La Banque mondiale fait état, de son côté, d’une croissance de 2,7% en 2025 et de 2,4% sur un an au premier semestre 2026. Elle relève également une baisse du chômage à 14,9% au deuxième trimestre 2026. La croissance récente a notamment été soutenue par la reprise de l’agriculture, des industries mécaniques et électriques et du tourisme.

Ces chiffres ne permettent évidemment pas d’attribuer mécaniquement chaque évolution à une seule décision politique. L’économie dépend d’une multitude de facteurs internes et internationaux. Ils constituent néanmoins des indicateurs importants pour mesurer la trajectoire économique du pays.

La question essentielle est donc de savoir si cette amélioration peut être consolidée et transformée en dynamique durable.

Le principe du «compter-sur-soi» trouve une traduction particulièrement claire dans la volonté de renforcer la production nationale.

La Tunisie dispose d’atouts importants dans l’agriculture, l’agroalimentaire, les industries mécaniques et électriques, le tourisme et les services. L’objectif consiste à mieux valoriser ces ressources afin de créer davantage de valeur ajoutée à l’intérieur du pays.

Le cas de l’huile d’olive constitue à cet égard un exemple significatif. Au cours des dix premiers mois de la campagne 2025-2026, les exportations tunisiennes d’huile d’olive ont atteint 381,2 mille tonnes pour une valeur de 4,78 milliards de dinars, en hausse de 50,8% sur un an.

Au-delà de ce produit emblématique, le défi consiste toutefois à passer progressivement d’une économie fondée sur l’exportation de produits à une économie capable de générer davantage de transformation, d’innovation et de valeur ajoutée.

Lutter contre la corruption pour libérer l’économie

La lutte contre la corruption constitue l’autre pilier de cette orientation.

Dans le discours présidentiel, la corruption n’est pas seulement considérée comme une question morale ou judiciaire. Elle est également présentée comme un obstacle économique. Lorsqu’un marché est faussé, qu’une entreprise obtient un avantage indu, qu’un intermédiaire profite d’une position dominante ou qu’une ressource publique est détournée, ce sont à la fois l’État, l’entreprise honnête et le citoyen qui en subissent les conséquences.

Kaïs Saïed fait régulièrement de la lutte contre la corruption, l’évasion fiscale et les réseaux d’intérêts une composante de sa politique économique. En septembre 2025, il avait notamment insisté sur la nécessité de combattre l’évasion fiscale et les réseaux de corruption, tout en affirmant que les potentialités nationales étaient loin d’être limitées.

Cette approche conduit à considérer la lutte contre la corruption comme un moyen de récupérer des ressources qui pourraient être consacrées au développement.

La même logique concerne la spéculation. La maîtrise des circuits de distribution et la lutte contre les pratiques spéculatives sont présentées comme des conditions nécessaires à la protection du pouvoir d’achat et à la stabilité des marchés.

En février 2026, le président avait appelé à des textes permettant à la fois de préserver le pouvoir d’achat, de freiner la hausse des prix, de lutter contre la spéculation et de réduire les importations non essentielles.

La maîtrise de l’inflation constitue précisément l’un des éléments les plus sensibles pour la population.

Une croissance qui ne s’accompagne pas d’une amélioration du pouvoir d’achat demeure insuffisante du point de vue social. Le gouvernement souligne ainsi l’évolution favorable de plusieurs indicateurs monétaires et financiers.

La Banque mondiale indique que l’inflation moyenne est passée à 5,7% en 2025, après avoir atteint 10,4% en février 2023. L’Institut national de la statistique indiquait pour sa part un taux d’inflation de 5,3% en juin 2026.

Cette évolution doit naturellement être interprétée avec prudence : une baisse de l’inflation ne signifie pas une baisse générale des prix, mais un ralentissement de leur rythme d’augmentation. Pour les ménages, la question demeure donc celle du niveau réel des prix et de l’évolution des revenus.

Le président lui-même place cette dimension au cœur de l’action économique : préserver le pouvoir d’achat constitue, dans sa conception, l’un des critères permettant de mesurer la portée sociale des politiques publiques.

La souveraineté financière comme objectif

Le «compter-sur-soi» comporte également une dimension financière.

La Tunisie reste confrontée à un niveau élevé de dette, à des besoins importants de financement et à un déficit énergétique qui pèse sur les équilibres extérieurs. La Banque mondiale souligne d’ailleurs que les perspectives demeurent exposées aux prix des importations et aux déséquilibres des finances publiques.

La souveraineté financière ne peut donc être considérée comme acquise. Elle constitue plutôt un objectif vers lequel l’action économique cherche à progresser.

Dans cette perspective, l’augmentation des ressources propres, l’amélioration du recouvrement fiscal, la réduction du gaspillage, l’intégration de l’économie informelle et la mobilisation de l’épargne nationale deviennent des instruments essentiels.

Le projet de loi de finances pour 2026 s’inscrit explicitement dans cette logique en mettant l’accent sur la réduction de l’évasion fiscale, l’intégration de l’économie parallèle et la diversification des ressources de financement.

Dire que cette politique «donne ses fruits» suppose toutefois de distinguer les résultats observables de l’interprétation politique qui peut en être faite.

Les indicateurs disponibles montrent effectivement une amélioration de plusieurs variables : reprise de la croissance après une période de faibles performances, baisse du chômage, ralentissement de l’inflation et progression de certaines activités exportatrices. 

Produire, investir, travailler : le triptyque de la nouvelle orientation

Au fond, la politique économique défendue par Kaïs Saïed repose sur un triptyque : produire davantage, investir dans les capacités nationales et garantir que les fruits de la croissance bénéficient plus largement à la population.

Le rôle de l’investissement public est, dans cette conception, déterminant. Les infrastructures, l’énergie, l’eau, les transports, la santé et l’éducation constituent autant de conditions nécessaires au développement du secteur privé.

Dans les orientations du plan 2026-2030, le gouvernement a ainsi inscrit le soutien à l’investissement public, considéré comme un levier susceptible de stimuler l’investissement privé, ainsi que l’appui aux petites et moyennes entreprises et aux entreprises communautaires.

L’enjeu consiste donc à établir un cercle économique vertueux : davantage de production entraîne davantage d’investissement, davantage d’investissement crée davantage d’emplois, davantage d’emplois améliorent les revenus et l’amélioration des revenus soutient à son tour la demande intérieure.

La politique du «compter-sur-soi» n’est donc plus seulement une formule politique. Elle tend à se traduire par des choix budgétaires, des orientations de développement et des politiques destinées à renforcer les ressources propres du pays.

Les premiers indicateurs disponibles montrent une amélioration de plusieurs paramètres économiques. Ils constituent des signes encourageants, sans pour autant effacer les difficultés structurelles : dette, déficit énergétique, faiblesse de l’investissement, chômage encore élevé, disparités régionales et pression persistante sur le pouvoir d’achat.

La véritable réussite consistera désormais à faire de ces premiers résultats une tendance durable.

Car compter sur soi ne signifie pas seulement disposer de ressources nationales. Cela signifie être capable de les mobiliser intelligemment, de les protéger contre la corruption et la spéculation, de les transformer en investissement et en emplois et, surtout, de faire en sorte que la croissance économique retrouve une traduction concrète dans la vie quotidienne des Tunisiens.

C’est à cette condition que la souveraineté économique pourra devenir non seulement un principe politique, mais une réalité mesurable dans la production, l’emploi, le pouvoir d’achat et la qualité de vie.

 

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Kaïs Saïed : la reddition des comptes, sans vengeance ni exception

09. Oktober 2026 um 08:53

Le président de la République, Kaïs Saïed, a affirmé que la reddition des comptes était une exigence légitime, précisant qu’il n’était animé par aucune volonté de vengeance. Il a appelé à des mesures rapides et concrètes pour surmonter les difficultés et répondre aux attentes des citoyens, soulignant que le pays était engagé dans une course contre la montre.

Lors d’une rencontre tenue jeudi 8 octobre 2026 au palais de Carthage avec le président de l’Assemblée des représentants du peuple, Brahim Bouderbala, et le président du Conseil national des régions et des districts, Imed Derbali, le chef de l’État a évoqué plusieurs projets et propositions, notamment ceux relatifs à la situation sociale des citoyens. Il a insisté sur la nécessité d’assurer la complémentarité entre les différentes fonctions de l’État, dans le respect des compétences définies par la Constitution.

Selon un communiqué de la présidence de la République, Kaïs Saïed a souligné que l’État tunisien n’était pas faible et ne serait laissé à la merci de personne. Il a assuré que les difficultés seraient surmontées et que les réalisations se concrétiseraient, non par de simples communiqués ou déclarations, mais par des mesures rapides et effectives.

Le président de la République a assuré que toute la vérité serait dévoilée et qu’aucune immunité ni exception ne serait accordée à qui que ce soit.

Évoquant une période qu’il a qualifiée d’historique, il a estimé qu’il était nécessaire de rompre avec toutes les formes d’injustice et d’iniquité. Il a également affirmé que ceux qui avaient cherché à diviser le pays et à le fragmenter continuaient de regretter le passé, tout en tentant, selon lui, de diviser l’État conformément à des desseins qui leur auraient été imposés.

Le chef de l’État s’est toutefois dit convaincu que la conscience historique du peuple tunisien ferait échouer ces tentatives et leurs manœuvres. Il a réaffirmé que l’État tunisien resterait uni et ne céderait au chantage de personne, quels que soient les rôles distribués et les efforts déployés par certains pour se présenter en victimes alors qu’ils sont, selon ses propres termes, des auteurs de méfaits.

Kaïs Saïed a reconnu que les obstacles étaient nombreux, qu’ils soient naturels ou délibérément provoqués, tout en affirmant que la volonté de les surmonter était plus forte. Il a assuré que les efforts se poursuivaient sans interruption pour répondre aux revendications du peuple tunisien.

Il a précisé que cette démarche ne devait pas se limiter à l’adoption de textes législatifs, mais devait également s’appuyer sur une pensée révolutionnaire fondée sur de nouveaux concepts.

Enfin, le président de la République a salué la profonde conscience du peuple tunisien, estimant que chaque responsable public, quel que soit son niveau de responsabilité, devait pleinement en prendre la mesure. Il a appelé les responsables à partager, à chaque instant, les souffrances et les difficultés des citoyens et à œuvrer résolument à l’élimination de leurs causes.

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Kaïs Saïed appelle à garantir l’égalité des chances dans l’éducation

Von: tmps
09. Oktober 2026 um 08:12

Le président de la République, Kaïs Saïed, a reçu, jeudi, 8 octobre courant, au palais de Carthage, la ministre des Affaires culturelles, Amina Srarfi, qui a assuré, en sa qualité de doyenne d’âge, la présidence de la séance inaugurale du Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement, ainsi que le secrétaire général du Conseil, Mohamed Ali Boughdiri.

Cité dans un communiqué, le chef de l’État a souligné que l’inscription de ce conseil dans le texte de la Constitution, à l’issue de la consultation nationale organisée avant même l’élaboration de la Loi fondamentale du pays, « ne relève pas du hasard ».

Ce conseil étant unique au monde, sa création procède d’une ferme conviction que l’éducation et l’enseignement sont partie intégrante de la sécurité nationale, a-t-il encore renchéri.

Le président Saïed a en outre mis l’accent sur l’impératif d’instaurer un système éducatif national garantissant l’égalité pour tous, appelant à cet égard à inculquer aux jeunes générations les principes de liberté et de justice sociale dès la première année du primaire.

Evoquant les tentatives de réforme du système éducatif engagées par le passé en Tunisie, le président de la République a estimé que celles-ci étaient souvent des manœuvres biaisées et peu innocentes plutôt que des réformes profondes et sérieuses.

Dans le même contexte, il a appelé à la nécessité de créer des clubs culturels au sein des établissements éducatifs et d’assurer le transport, la restauration, l’hébergement, l’habillement et les fournitures scolaires afin de garantir à tous les élèves de bonnes conditions d’apprentissage en coordination avec les parties concernées.

Le président Saïed a conclu que la Tunisie, qui a été de tout temps un vivier de savants ayant émerveillé le monde, en comptera davantage encore grâce à un système éducatif national démocratique et accessible à tous consacrant l’égalité des chances et traduisant les principes consacrés dans les textes constitutionnels en une réalité concrète et palpable.

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Kaïs Saïed : la reddition des comptes, un impératif de justice

Von: tmps
09. Oktober 2026 um 08:10

e président de la République, Kaïs Saïed, a reçu, jeudi, 8 octobre courant, au palais de Carthage, le président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), Brahim Bouderbala, et le président du Conseil national des régions et des districts (CNRD), Imed Derbali.

L’audience a permis de discuter de plusieurs projets relatifs à la situation sociale des citoyens ainsi que de la complémentarité des rôles entre les fonctions de l’État, chacune dans le cadre de ses attributions fixées par le texte de la Constitution, cite un communiqué de la présidence de la République.

Dans ce contexte, le chef de l’État a rappelé que les obstacles, habituels ou provoqués, restent nombreux, soulignant que la volonté de les surmonter est « plus forte encore ».

Il a précisé que le travail se poursuit sans relâche pour répondre aux revendications du peuple tunisien à travers la législation mais aussi une pensée révolutionnaire fondée sur de nouveaux concepts.

Il a salué la conscience profonde dont fait preuve le peuple tunisien, rappelant qu’il incombe à chaque responsable de s’en inspirer et de partager les souffrances des citoyens en veillant scrupuleusement à en éliminer les causes.

Le président Saïed a par ailleurs affirmé que la Tunisie traverse des « moments historiques » nécessitant de rompre frontalement avec toute forme d’injustice, rappelant que ceux qui cherchent vainement à diviser le pays affichent encore une nostalgie envers le passé.

« Tant que le peuple tunisien fait preuve de conscience historique, leurs plans et manoeuvres seront certes voués à l’échec », a assuré le chef de l’Etat, soulignant que l’État tunisien restera uni et ne cédera plus jamais à aucun chantage, quels que soient les les artifices dont ces parties usent pour vendre leur image de « victime » alors qu’ils sont les vrais « coupables ».

Le président Saïed a en outre mis l’accent sur le « caractère légitime » de la reddition des comptes, loin de toute forme de règlement de comptes, affirmant que l’État n’est pas faible et ne sera pas le butin de qui que ce soit.

« Les difficultés seront certes surmontées non à travers les communiqués et les déclarations mais plutôt par des mesures concrètes et rapides », a-t-il encore promis, soulignant que « toute la vérité sera dévoilée, sans nulle immunité ou exception pour qui que ce soit »

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Kaïs Saïed : « Aucune immunité ni exception » dans la révélation des vérités

09. Oktober 2026 um 06:59

Le président de la République, Kaïs Saïed, a évoqué plusieurs projets et propositions à caractère social, tout en appelant à accélérer leur concrétisation. Lors d’une rencontre tenue jeudi 8 octobre 2026 au palais de Carthage avec Brahim Bouderbala, président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), et Imed Derbali, président du Conseil national des régions et des districts, le chef de l’État a insisté sur la nécessité de répondre aux revendications des citoyens au-delà de l’adoption de textes législatifs.

Selon un communiqué de la présidence de la République, les discussions ont notamment porté sur la situation sociale des citoyens et sur la complémentarité des rôles entre les différentes institutions de l’État, chacune dans le cadre des compétences définies par la Constitution. Kaïs Saïed a affirmé que le travail se poursuivait pour répondre aux attentes de la population, malgré les obstacles qu’il a qualifiés de naturels ou de délibérés.

Le président insiste sur des procédures rapides et la fin de l’impunité

Kaïs Saïed a appelé les responsables publics, quel que soit leur niveau de responsabilité, à prendre en compte les difficultés vécues par les citoyens et à agir pour en éliminer les causes. Il a également évoqué la nécessité de rompre avec les différentes formes d’injustice et d’iniquité, tout en réaffirmant son attachement à l’unité de l’État tunisien.

Lire aussi : Flambée des prix en Tunisie : Kaïs Saïed demande de rationaliser les importations

Le chef de l’État a par ailleurs qualifié la reddition des comptes de revendication légitime, précisant qu’il ne s’agissait pas, selon ses propos, de chercher à se venger d’une quelconque partie. Il a affirmé que les difficultés seraient surmontées et que les réalisations devraient se traduire par des mesures concrètes, plutôt que par de simples communiqués ou déclarations.

« Les faits seraient pleinement révélés »

Enfin, Kaïs Saïed a assuré que les faits seraient pleinement révélés et qu’aucune immunité ni exception ne serait admise, selon les termes rapportés par la présidence. Le communiqué ne précise toutefois ni la nature exacte des projets sociaux évoqués lors de la rencontre, ni leur calendrier de mise en œuvre.

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Transport, repas, internats : Les priorités de Kaïs Saïed pour l’école tunisienne

09. Oktober 2026 um 06:53

Le président de la République, Kaïs Saïed, a réaffirmé sa volonté de mettre en place un système éducatif national fondé sur l’égalité des chances et l’accès de tous à l’enseignement. Lors d’une rencontre tenue jeudi 8 octobre 2026 au palais de Carthage avec la ministre des Affaires culturelles, Amina Srarfi, et le secrétaire général du Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement, Mohamed Ali Boughdiri, le chef de l’État a souligné le rôle stratégique de l’éducation, qu’il considère comme une composante de la sécurité nationale.

Selon la présidence de la République, Kaïs Saïed a rappelé que l’inscription du Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement dans la Constitution répond à une conviction de fond : l’éducation et l’enseignement ne relèvent pas uniquement des politiques sectorielles, mais constituent un enjeu majeur pour l’avenir du pays. Le président a également évoqué les consultations nationales organisées avant l’adoption de la Constitution, estimant que la création de cette instance s’inscrit dans une démarche particulière.

Transport, repas, hébergement : les conditions matérielles au cœur des priorités

Au-delà des principes, le président de la République a insisté sur la nécessité de garantir à tous les élèves les mêmes possibilités d’accès à l’éducation. Il a notamment évoqué le transport scolaire, la restauration, l’hébergement dans les internats, ainsi que la fourniture des vêtements et des fournitures scolaires. Ces mesures devraient être mises en œuvre en coordination avec les différentes parties concernées afin d’améliorer les conditions de scolarisation et d’apprentissage.

Lire aussi : Conseil supérieur de l’Education : Kaïs Saïed au siège de la nouvelle instance

Kaïs Saïed a également appelé à la création de clubs culturels dans les établissements scolaires et à l’intégration, dès la première année de l’enseignement primaire, des principes de liberté, d’émancipation et de justice sociale. Il a, par ailleurs, évoqué les différentes tentatives de réforme du système éducatif tunisien au fil de l’histoire, estimant que certaines n’avaient pas constitué de véritables réformes.

Un système éducatif national, démocratique et accessible à tous

Le chef de l’État a défendu l’objectif d’un système éducatif national, démocratique et accessible à l’ensemble des citoyens, fondé sur l’égalité et l’équité des chances. Il a présenté cette orientation comme un moyen de transformer les principes constitutionnels en réalisations concrètes dans la vie quotidienne des élèves et de leurs familles.

En mettant l’accent sur les conditions sociales de la scolarisation, la culture et les valeurs à transmettre aux jeunes générations, Kaïs Saïed a ainsi placé plusieurs dimensions de la politique éducative au centre de son discours. Reste à traduire ces orientations en mesures opérationnelles, notamment en matière de financement, d’infrastructures scolaires et de soutien aux élèves issus des régions et des milieux les plus défavorisés.

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L’opposition tunisienne cherche à faire front commun avant la marche du 17 octobre

08. Oktober 2026 um 19:09
À neuf jours d’une mobilisation nationale annoncée à Tunis, syndicats, organisations de la société civile, mouvements sociaux régionaux et désormais huit partis politiques tentent de fédérer des revendications jusque-là dispersées. Emploi, pouvoir d’achat, libertés publiques et détenus politiques devraient se…

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Recrutement public :  le lourd héritage des passe-droits

Von: farhat
08. Oktober 2026 um 09:20

Pendant des années, des milliers de diplômés tunisiens ont attendu leur chance, multiplié les concours, déposé des dossiers et espéré intégrer la fonction publique. Pour une partie d’entre eux, cette attente s’est transformée en chômage de longue durée, avec le sentiment que les années d’études et les qualifications acquises ne suffisaient pas toujours pour accéder à un poste. La question revient aujourd’hui au premier plan avec la préparation de la mise en œuvre de la loi n°18 de 2025, consacrée au recrutement exceptionnel des diplômés de l’enseignement supérieur restés longtemps sans emploi. Le dossier a été abordé au plus haut niveau de l’État.

Lors d’une réunion tenue le 5 octobre au palais de Carthage avec la Cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, et le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Riadh Chaoued, le Président de la République, Kaïs Saïed, s’est penché sur l’avancement des mécanismes devant permettre l’application du nouveau dispositif. Au-delà de la question du recrutement des diplômés concernés, cette réunion remet surtout en lumière un problème beaucoup plus ancien : l’égalité d’accès à l’emploi public et les dysfonctionnements qui ont pu, au fil des années, fausser les règles du jeu.

Des années d’attente et un profond sentiment d’injustice

Le chômage des diplômés constitue depuis longtemps l’un des paradoxes du marché de l’emploi. L’université devait représenter un moyen d’améliorer les perspectives professionnelles et sociales. Pourtant, pour de nombreux jeunes, l’obtention d’un diplôme a été suivie d’une longue période d’inactivité ou d’emplois sans rapport avec leur formation. Plus les années passent, plus le retour vers le marché du travail devient difficile. Un diplômé qui reste cinq, dix ans ou davantage sans emploi voit progressivement son diplôme perdre de sa valeur sur le marché. Il se retrouve également en concurrence avec des générations plus jeunes qui viennent d’achever leurs études. Le chômage de longue durée finit ainsi par créer sa propre mécanique d’exclusion.

À cette difficulté économique s’ajoute une frustration particulière lorsque les personnes concernées estiment que les recrutements n’ont pas toujours reposé sur des critères transparents. La Présidence a notamment évoqué des irrégularités liées aux qualifications présentées lors de certaines embauches ainsi que des situations dans lesquelles les compétences universitaires normalement requises n’auraient pas été respectées. La question dépasse donc le simple nombre de postes disponibles. Elle touche directement à la confiance dans les institutions et dans les procédures de sélection. Lorsqu’un diplômé estime que ses chances ne dépendent plus de sa formation, de ses compétences ou de critères clairement établis, c’est la notion même de mérite qui se trouve fragilisée.

Quand les réseaux prennent le dessus sur les compétences

Le problème devient encore plus sensible lorsque les relations personnelles, les appartenances ou les réseaux d’influence interviennent dans l’accès à l’emploi. Dans un contexte marqué par la rareté des postes publics et par un chômage élevé, chaque recrutement effectué en dehors de règles équitables peut signifier qu’un autre candidat, pourtant qualifié, reste sur le bord du chemin. C’est précisément cette dimension que le Chef de l’État a mise en avant en considérant que certains chômeurs de longue durée ont subi les conséquences de pratiques qui les ont écartés de possibilités auxquelles ils auraient normalement pu prétendre.

Ces dérives ont également un coût pour l’administration. Recruter une personne qui ne possède pas les qualifications nécessaires ne constitue pas seulement une injustice envers les autres candidats. Cela peut aussi affecter la qualité du service public. Une administration efficace suppose que les postes soient occupés en fonction des compétences nécessaires et des besoins réels des structures concernées. S’y ajoute la question des finances publiques. Les recrutements injustifiés, les avantages accordés sans fondement ou la création de situations privilégiées pèsent finalement sur le budget de l’État. Dans un pays confronté à des marges financières limitées, la masse salariale publique ne peut être considérée indépendamment de l’efficacité des recrutements.

Réparer les injustices sans créer de nouvelles inégalités

La loi n°18 de 2025 entend apporter une réponse à une catégorie particulièrement vulnérable : les diplômés qui sont restés durablement sans emploi. Son application représente donc une étape très attendue par des personnes qui considèrent avoir payé pendant des années le prix des déséquilibres du marché du travail et, parfois, de procédures de recrutement contestables. Mais le défi sera désormais de garantir que le mécanisme exceptionnel lui-même repose sur des critères précis, vérifiables et transparents. Corriger les injustices du passé ne peut fonctionner que si les nouvelles procédures évitent de reproduire les mêmes travers. Il faudra notamment concilier la situation sociale des chômeurs de longue durée avec les besoins effectifs des administrations et des établissements publics. Le recrutement ne peut constituer une réponse durable que lorsque les profils correspondent aux postes à pourvoir et que l’intégration professionnelle permet réellement de renforcer les services publics.

Cette réforme pose finalement une question qui dépasse largement le sort des seuls diplômés concernés : comment restaurer la confiance dans le recrutement public ? Pour les nouvelles générations qui sortent aujourd’hui de l’université, la réponse sera déterminante. Elles doivent pouvoir être convaincues que leurs études, leurs compétences et leurs efforts restent les principaux critères permettant d’accéder à un emploi. L’enjeu n’est donc pas seulement de donner aujourd’hui une chance à ceux qui attendent depuis des années. Il est aussi de mettre fin à une culture du passe-droit qui, lorsqu’elle s’installe, produit une double perte : elle prive des citoyens qualifiés de leurs perspectives professionnelles et prive l’État des compétences dont il a besoin.

Leila SELMI

 

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Tunisie | La marche des diplômés chômeurs se termine en queue de poisson

08. Oktober 2026 um 09:12

Partie le 27 septembre 2026 de Menzel Bouzaiane, dans le gouvernorat de Sidi Bouzid, en direction du palais présidentiel de Carthage, la marche des diplômés chômeurs réclament l’application de la loi n° 18 du 22 décembre 2025 relative au recrutement exceptionnel dans fonction et les entreprises publiques, des diplômés de l’enseignement supérieur restés longtemps sans emploi, s’est terminée en queue de poisson sans que les marcheurs n’aient pu obtenir satisfaction.

Latif Belhedi

La mobilisation, qui comptait initialement 23 personnes, a progressivement rallié de nouveaux participants en cours de route. Selon le comité de coordination, le nombre de participants a dépassé les 120 personnes, incluant des chômeurs venus d’autres gouvernorats ainsi que des membres de leurs familles ayant choisi de les accompagner.

«Nous voulons l’application de la loi, pas une rencontre avec le président», a déclaré à la presse Nesma Mahfoudhi, l’une des coordinatrices de la marche, résumant ainsi la position des participants.

Un emploi offert sur un plateau d’argent

La revendication porte sur l’ouverture de la plateforme numérique prévue par la réglementation, la définition d’un calendrier de recrutement et le lancement de la première tranche avant la fin de 2026, le recrutement devant se faire sur une période maximale de trois ans et selon des critères prenant notamment en compte l’âge — avec une priorité accordée aux personnes de plus de 40 ans —, l’année d’obtention du diplôme, la situation sociale et le principe d’un seul bénéficiaire par famille.

A leur arrivée aux portes de Tunis, après une marche de quelque 300  kilomètres à pieds, marquée par une grande fatigue et des problèmes de santé – plusieurs participants ayant dû recevoir des soins lors des différentes étapes -, les marcheurs ont été empêchés d’avancer davantage et sommés de rentrer au bled les mains vides. L’une des marcheuses, qui s’est montrée intraitable dans la défense de ce qu’elle considère comme un droit, a été arrêtée.

«Votre appel a été entendu par le président de la république», leur a-t-on dit, et des mesures seront prises bientôt pour accélérer l’application de la loi n° 18/2025, qui engage le gouvernement à recruter les diplômés chômeurs par tranches. Mais comme ils se sont lassés des promesses non tenues et qu’ils traînent leur détresse depuis plusieurs années, certains depuis 15 ans et plus, les diplômés chômeurs de Menzel Bouzaiane, l’un des berceaux de la révolution de 2011, rechignent à donner foi à la nouvelle promesse. Et le malaise reste entier. Le malentendu aussi. Car toute cette affaire est né d’un malentendu qu’il va être difficile de lever.

En effet, les membres de l’Union des diplômés chômeurs (UDC), qui sont derrière la «Marche de la dignité», pensent, sans doute à tort, qu’un diplôme ouvre automatiquement la voie à un recrutement dans la fonction publique qui, de ce point de vue, devient un droit inaliénable. Or, on le sait, cela est totalement faux. Un diplôme, quel qu’il soit, est à peine une ligne dans un CV, un indicateur de mérite parmi d’autres. Un emploi ne s’offre pas, il se mérite, par la motivation, le talent, l’expérience et la confiance que l’on inspire à l’employeur.

Un diplômé ne doit donc pas dormir sur ses lauriers et attendre un hypothétique emploi dans la fonction publique qui risque de ne jamais venir : son diplôme ne vaut rien s’il n’est pas complété par des formations, des acquis, des savoir-faire… C’est ce que les responsables auraient dû expliquer à ces jeunes diplômé(e)s dont certain(e)s sont presque quinquagénaires. Et non succomber à un populisme de mauvais aloi, dicté par des calculs électoralistes, en leur faisant miroiter la perspective d’un emploi offert sur un plateau d’argent.

Une loi populiste qui n’aurait pas dû être promulguée

Disons les choses clairement et sans détour : la fameuse loi n° 18/2025, qui a été défendue par tous les partis politiques et les organisations de la société civile, y compris l’UGTT, la centrale ouvrière, et portée par le président Kaïs Saïed, n’aurait jamais dû être promulguée parce qu’elle est inapplicable dans un pays faisant face à une grave crise financière et dont le déficit budgétaire continue de se creuser sur fond d’endettement, intérieur et extérieur, d’inflation structurelle et de croissance économique atone peinant à atteindre 1,5 ou 2 %.

Cette loi est d’autant plus inapplicable, également, que la fonction publique en Tunisie emploie plus de 700 000 salariés – là où des pays d’une même grandeur démographique se contenteraient de 200 000 ou 300 000. Près du tiers de ces salariés sont payés d’ailleurs pour ne rien faire, des employés fantômes percevant des salaires fictifs et protestant régulièrement pour exiger des augmentations salariales. Beaucoup d’entre eux ont du reste un second emploi, réel celui-là, dans la contrebande et le marché parallèle qui nuit à l’économie nationale et grève les recettes de l’État par l’évasion fiscale.

Au lieu de faire de vagues promesses et de prendre des engagements solennels qu’il n’est pas en mesure de respecter, l’État  aurait dû jouer, plus efficacement et avec plus de détermination, le rôle qui est censé être le sien dans la gestion des affaires publiques :  mettre en place les conditions requises pour impulser l’investissement, la croissance, la création de richesses et d’emplois, seul moyen pour réduire le déficit budgétaire, l’endettement et le chômage structurel qui touche, bon an mal an, autour de 15% de la population active.

A notre connaissance, l’humanité n’a pas inventé d’autres moyens pour sortir du sous-développement, de la pauvreté et de la dépendance de l’aide étrangère qui sont aujourd’hui le lot des Tunisiens soixante-dix ans après leur indépendance. Et c’est dommage…  

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Emploi et dignité :  le chômage, une injustice à réparer

Von: farhat
08. Oktober 2026 um 08:35

Par Ahmed NEMLAGHI

La réunion tenue au palais de Carthage autour de l’application de la loi n°18 de 2025 sur le recrutement des diplômés de l’enseignement supérieur en chômage de longue durée remet au premier plan une question sociale centrale, celle de l’accès à l’emploi dans des conditions équitables. Dans la lecture développée par le Président de la République, Kaïs Saïed, le chômage de longue durée ne relève pas d’un choix individuel, mais d’un système marqué par les inégalités d’accès, les privilèges et des pratiques ayant privé certains diplômés de leur droit à une véritable chance.

L’emploi n’est pas seulement une question économique. Dans une société où le travail demeure intimement lié à l’autonomie, à la dignité et à la reconnaissance sociale, l’accès à un emploi constitue également une question de justice. C’est précisément sous cet angle que le Président de la République Kaïs Saïed aborde la problématique du chômage des diplômés de l’enseignement supérieur.

La réunion tenue au palais de Carthage avec la Cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, et le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Riadh Chaouad, consacrée à l’application de la loi n°18 de 2025, intervient dans un contexte où le recrutement des diplômés en chômage de longue durée est présenté comme une étape de la politique publique destinée à répondre à une situation accumulée depuis plusieurs années.

Le texte présidentiel insiste sur une idée fondamentale : le jeune diplômé privé durablement d’emploi n’est pas nécessairement responsable de sa situation. Dans les propos rapportés par la présidence, Kaïs Saïed affirme que le chômage ne résulte pas d’un choix volontaire des personnes concernées, mais de pratiques et de mécanismes qui auraient, au fil des décennies, favorisé certains au détriment de ceux qui remplissaient les conditions requises.

Cette lecture place donc le problème du chômage dans une perspective de justice sociale.

Pour de nombreux diplômés, le passage de l’université à la vie professionnelle représente depuis longtemps une période d’incertitude. Obtenir un diplôme ne garantit pas automatiquement un emploi, particulièrement lorsque le marché du travail ne crée pas suffisamment de postes correspondant aux qualifications disponibles.

Mais le problème évoqué par le Chef de l’Etat dépasse la seule inadéquation entre l’offre et la demande de travail.

Kaïs Saïed a dénoncé, lors de cette réunion, des pratiques anciennes qu’il considère comme ayant contribué à dénaturer les mécanismes de recrutement. Il a notamment évoqué des recrutements fondés sur des diplômes falsifiés ou sur des qualifications insuffisantes, ainsi que l’utilisation de l’appartenance à telle ou telle partie comme un «diplôme» permettant d’accéder à un emploi.

Ces propos renvoient à une question essentielle, celle de l’égalité devant l’accès à la fonction publique.

Dans une conception fondée sur le mérite et l’égalité des chances, le diplôme, les compétences et l’aptitude doivent constituer les principaux critères permettant de prétendre à un emploi. Lorsque d’autres considérations prennent le dessus, le recrutement cesse d’être seulement une procédure administrative, il devient un problème de justice.

Le diplômé qui a consacré des années à ses études peut alors avoir le sentiment que ses efforts ne suffisent pas. Celui qui ne dispose ni de relations ni de réseaux d’influence peut se retrouver durablement écarté, malgré ses qualifications.

 

Le chômage comme injustice sociale

La notion de chômage est souvent abordée à travers les statistiques : nombre de demandeurs d’emploi, taux de chômage, nombre de diplômés sans emploi, durée moyenne de recherche d’un poste. Ces indicateurs sont indispensables, mais ils ne rendent pas entièrement compte de la dimension humaine du phénomène.

Derrière chaque demandeur d’emploi se trouve un parcours. Il y a des années d’études, des sacrifices familiaux, des attentes, parfois des concours passés à plusieurs reprises et l’espoir de pouvoir enfin accéder à une autonomie financière.

Le chômage prolongé produit également des conséquences qui dépassent le revenu. Il peut retarder l’installation familiale, accroître la dépendance à l’égard des parents et fragiliser le sentiment d’utilité sociale. Pour les jeunes diplômés, la répétition des refus peut progressivement transformer une difficulté économique en sentiment d’exclusion.

C’est pourquoi la lecture présidentielle du chômage comme injustice mérite d’être replacée dans le cadre plus large de la dignité.

Le droit au travail ne signifie évidemment pas que l’État puisse garantir immédiatement un poste à chaque diplômé. Il implique cependant que l’accès à l’emploi public, lorsqu’il est ouvert, obéisse à des règles équitables et transparentes et que les politiques économiques créent les conditions permettant au secteur privé de générer lui aussi des emplois.

La loi n°18 de 2025 constitue, dans ce cadre, une réponse spécifique à la situation des diplômés de l’enseignement supérieur confrontés à un chômage de longue durée. Sa mise en œuvre constitue désormais l’enjeu central.

Toute politique de recrutement exceptionnelle soulève toutefois une question essentielle : comment réparer une situation d’injustice tout en garantissant l’égalité entre les différentes catégories de demandeurs d’emploi ?

La réponse passe nécessairement par des critères objectifs, transparents et vérifiables. L’objectif affiché est de permettre aux diplômés concernés de bénéficier d’une possibilité d’accès à l’emploi public.

 

La fin des privilèges comme principe de recrutement

Dans son intervention, Kaïs Saïed établit un lien direct entre les privilèges dont certains auraient bénéficié dans le passé et la situation actuelle de nombreux chômeurs. Ces pratiques ont contribué à la dilapidation des deniers publics et à la privation de postes pour ceux qui remplissaient les conditions requises.

Cette affirmation renvoie à l’un des axes récurrents de son discours politique : la nécessité de rompre avec les mécanismes de favoritisme et de rétablir une relation plus directe entre le mérite et l’accès aux responsabilités.

Dans cette perspective, la question de l’emploi devient aussi une question de bonne gouvernance.

Un État qui recrute sur la base de critères transparents protège non seulement les candidats, mais également l’administration. Il s’assure que les compétences nécessaires sont présentes et que les ressources publiques sont utilisées conformément à l’intérêt général.

À l’inverse, lorsqu’un recrutement est effectué pour des considérations étrangères aux qualifications requises, le coût est supporté par l’ensemble de la collectivité.

La conséquence n’est donc pas seulement individuelle, elle est institutionnelle et financière.

Le recrutement d’une personne qui ne possède pas les qualifications nécessaires peut entraîner une perte d’efficacité administrative, tandis que l’exclusion d’une personne compétente représente une perte de potentiel humain.

La lutte contre ces pratiques est ainsi indissociable d’une politique de modernisation de l’administration.

La référence à la dignité nationale dans les propos du Chef de l’Etat donne à la question de l’emploi une dimension particulière.

Pour un diplômé, l’emploi constitue aussi l’aboutissement logique d’un parcours de formation. Lorsque des années d’études débouchent sur une longue période d’inactivité, le sentiment d’injustice peut devenir particulièrement fort.

La politique évoquée par le Président Kaïs Saïed entend précisément replacer la dignité au centre de cette problématique.

Le travail doit permettre à l’individu de vivre de son effort et de participer pleinement à la vie économique et sociale. Il ne doit pas dépendre de relations personnelles ou d’appartenances particulières.

 

Du recrutement public à une politique globale de l’emploi

La question demeure cependant plus large que celle du recrutement dans la fonction publique.

La Tunisie ne pourra répondre durablement au chômage des diplômés par les seuls recrutements publics. L’État doit également favoriser la création d’emplois dans le secteur privé, soutenir l’investissement, développer l’entrepreneuriat, renforcer la formation professionnelle et améliorer l’adéquation entre les formations universitaires et les besoins de l’économie.

L’enjeu est de passer progressivement d’une logique dans laquelle le diplôme constitue principalement une attente d’emploi public à une logique dans laquelle la qualification devient un véritable capital professionnel.

La formation professionnelle peut jouer ici un rôle majeur. Elle doit permettre aux jeunes d’acquérir des compétences directement valorisables, tout en accompagnant les mutations technologiques et économiques.

De même, les politiques d’investissement doivent accorder une attention particulière aux régions intérieures, où les opportunités d’emploi restent souvent moins nombreuses que dans les grands pôles économiques.

L’équité territoriale constitue ainsi une dimension essentielle de l’équité devant l’emploi.

L’État peut agir sur les règles, les recrutements publics, les dispositifs d’accompagnement et les politiques de formation. Mais la création durable d’emplois dépend également de la capacité de l’économie à produire de nouvelles activités.

Le véritable défi consiste donc à articuler politique sociale et politique économique.

Il ne suffit pas de lutter contre le chômage, il faut créer les conditions permettant de réduire durablement ses causes. Cela suppose un environnement favorable à l’investissement, des entreprises capables de se développer, un accès plus fluide au financement et une administration plus efficace.

Dans cette perspective, le recrutement des diplômés de longue durée doit être considéré comme une mesure de réparation et d’accompagnement, mais non comme l’unique réponse au problème structurel du chômage.

La dignité par le travail passe également par la création de perspectives économiques durables.

La réunion de Carthage intervient à un moment où le débat passe du principe à l’application. Le Chef de l’Etat a demandé à la Cheffe du gouvernement et au ministre de l’Emploi de présenter l’état d’avancement de la mise en œuvre de la loi.

Cette étape est essentielle.

Les diplômés concernés attendent désormais des décisions concrètes. Une politique publique ne peut être évaluée uniquement à partir des déclarations qui accompagnent son lancement. Elle doit l’être à partir de ses résultats : combien de personnes seront recrutées ? Selon quel calendrier ? Dans quelles administrations ? Selon quels critères ? Avec quel accompagnement ?

La transparence de ces étapes sera déterminante pour maintenir la confiance des bénéficiaires et éviter les contestations.

 

Une conception du travail fondée sur la justice

À travers ses déclarations, le Président Kaïs Saïed présente donc le dossier du chômage des diplômés comme une question qui dépasse les seuls chiffres de l’emploi. Il le relie à la justice sociale, à la lutte contre les privilèges, à la protection des deniers publics et à la dignité.

Dans cette lecture, le chômeur de longue durée n’est pas simplement un demandeur d’emploi parmi d’autres. Il peut être considéré comme la victime d’un déséquilibre ancien entre les qualifications, les possibilités d’accès et les pratiques de recrutement.

La loi n°18 de 2025 apparaît alors comme un instrument destiné à apporter une réponse spécifique à cette catégorie. Mais sa portée réelle dépendra de son application.

L’objectif d’un accès équitable à l’emploi ne pourra être durablement atteint que si la réforme s’accompagne d’une transformation plus profonde des mécanismes de recrutement et de création d’emplois. Le mérite doit pouvoir devenir une réalité concrète et non seulement un principe proclamé.

Il faudra également veiller à ce que la recherche de justice pour les diplômés de longue durée s’inscrive dans une politique globale permettant aux nouvelles générations d’accéder elles aussi à des perspectives professionnelles sans devoir attendre des années.

Au fond, la question posée est celle de la place que la société accorde au travail. Un emploi n’est pas seulement un salaire versé à la fin du mois. Il représente une autonomie, une responsabilité, une participation à la vie collective et, pour beaucoup, une condition essentielle de la dignité.

C’est pourquoi le chômage prolongé peut être vécu comme une injustice lorsqu’il résulte non seulement des difficultés économiques, mais aussi de mécanismes de sélection perçus comme inéquitables.

 

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«SNIPE La Presse» et «Dar Assabah», dans le droit fil d’une fusion historique, ne font plus qu’un : la vision de Kaïs Saïed se concrétise

Von: farhat
06. Oktober 2026 um 21:11

11 mars 2023 : le Président de la République, Kaïs Saïed, visite le siège de «Snipe La Presse».

16 juin 2023 : c’est à «Dar Assabah» qu’échoit le même honneur. L’histoire se met en marche et s’accélère. Lors de ces visites, le Chef de l’Etat avait décidé de sauver les deux entreprises par leur fusion et la mise en place d’un programme de restructuration, soulignant leur rôle central dans la mémoire médiatique nationale.

Entre héritage, droits des employés et impératif de modernisation, la presse publique entre de plain-pied dans une nouvelle phase caractérisée par un changement de paradigme de bon aloi. Après des années de difficultés, l’État enclenche un plan de sauvetage et de modernisation pour bâtir une institution médiatique nationale unifiée. Le 14 décembre 2025, la Cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, a présidé au palais du gouvernement à La Kasbah, une réunion ministérielle au terme de laquelle il a été décidé d’autoriser la Société nouvelle d’impression, de presse et d’édition «Snipe La Presse» à transférer à son profit et en dinar symbolique, l’intégralité des actions de la Société tunisienne de presse, d’impression, d’édition, de distribution et de publicité «Dar Assabah», dans le cadre de la fusion entre les deux sociétés.

Il a également été convenu d’autoriser «Snipe La Presse» à entamer officiellement les démarches de fusion par absorption de «Dar Assabah», conformément à la législation et à la réglementation en vigueur, avait précisé la présidence du gouvernement dans un communiqué. «Cette fusion est de nature à ouvrir la voie à la reconstruction d’une institution médiatique nationale unifiée, plus apte à assurer sa pérennité et son développement», a indiqué la Cheffe du gouvernement. Elle a insisté sur l’impératif d’élaborer un programme global de restructuration visant à améliorer les performances, garantir la durabilité et assurer la continuité des publications de la nouvelle structure.

Elle a également réaffirmé la volonté de l’État de trouver une solution durable qui garantisse la pérennité des deux entreprises et la protection des droits des travailleurs, tout en développant les contenus, en unifiant les moyens de production et en relançant le secteur de la presse écrite.

Elle a insisté sur la mutualisation des ressources et la maîtrise des dépenses pour renforcer la compétitivité, élargir la part de marché et enrichir le paysage médiatique et culturel, dans le respect de la mémoire nationale.

Ainsi, un plan d’affaires prospectif, avec un calendrier précis de mise en œuvre, a été décidé et confié à un Comité de pilotage, créé à cet effet par une décision de la Présidence du gouvernement en date du 20 juin 2023. 

Ce comité est composé des représentants et experts désignés par la Présidence du gouvernement, ainsi que des cadres des ministères concernés (Finances, Affaires sociales, Domaines de l’État) ; il a œuvré deux années durant afin d’élucider les obstacles et de trouver les formules conduisant à bon port cette opération.

Après deux longues années de dur labeur, l’opération de fusion entre «SNIPE La Presse» et «Dar Assabah» s’est concrétisée par l’Assemblée générale ordinaire qui s’est tenue au siège de «Dar Assabah» et qui a désigné Saïd Ben Kraiem en tant que Directeur général du nouveau groupe.

Il ne manque plus que les démarches de fusion par absorption de «Dar Assabah», conformément à la législation et à la réglementation en vigueur. Longue vie au «nouveau-né» de l’univers médiatique tunisien, un avènement-événement oint de saisissante singularité, s’agissant de l’unification de deux mastodontes de la sphère médiatique.

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Tunisie. Décret 54 : Carthage desserre l’étau, sans vraiment lâcher prise

01. Oktober 2026 um 15:07
Le chef de l’Etat, Kaïs Saïed, a décidé de modifier l’article 24 du décret-loi 54, supprimant la peine de prison pour la diffusion de « fausses informations », sauf en cas de récidive. Une décision qui peut apparaître comme un…

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Tribune | Tunisie. Gouverner sans municipalités

22. September 2026 um 10:40
L’absence depuis trois ans des municipalités continue de bouleverser la manière de vivre des Tunisiens dans leurs cités. Il ne semble pas que l’élection des conseils municipaux soit une urgence dans l’agenda politique du pouvoir.   En bref Les conseils…

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Tunisie. Les paradoxes du projet de loi de finances 2027

17. September 2026 um 13:44
À moins d’un mois du dépôt du projet de loi de finances 2027 au Parlement tunisien, Kaïs Saïed vient de fixer une première orientation : alléger la pression fiscale et faciliter la création d’entreprises, qu’il s’agisse d’initiatives privées ou de…

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Kaïs Saïed legt Amtseid für weitere fünf Jahre ab

21. Oktober 2024 um 14:02

Der bei den Wahlen am 6. Oktober für eine zweite Amtszeit von fünf Jahren wiedergewählte Präsident der Republik, Kaïs Saïed, hat am Montag, den 21. Mehr

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Kabinettsumbildung 2024: Kurzbiographien – Wer sind die neuen Minister?

26. August 2024 um 15:59

Der Präsident der Republik, Kais Saied, hat am Sonntag, den 25. August 2024, eine umfassende Kabinettsumbildung vorgenommen, bei der 19 Minister ihre Positionen verloren. Nur Mehr

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Tunesien: Umfangreiche Kabinettsumbildung durch den Staatspräsidenten

26. August 2024 um 14:40

Staatspräsident Kais Saïed hat am Abend des Sonntag, den 25. August 2024, nur wenige Wochen vor den Präsidentschaftswahlen eine umfassende Kabinettsumbildung verkündet. Diese Umbildung betrifft Mehr

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Tunesien-China: Gemeinsame Erklärung über die Beziehungen der strategischen Partnerschaft

01. Juni 2024 um 19:54

Auf Einladung des chinesischen Präsidenten Xi Jinping hat Staatspräsident Kais Saïed China vom 28. Mai bis 1. Juni 2024 einen offiziellen Besuch abgestattet. Nach einer Reihe Mehr

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Umfrage April 2024: Nur neun Prozent sehen Tunesien auf dem richtigen Weg

05. April 2024 um 14:55

Während Kaïs Saïed bei den Wahlabsichten für die Präsidentschaftswahlen das Rennen macht, sind nur 9% der befragten Tunesier der Meinung, dass sich Tunesien in die Mehr

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