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Fret pétrolier : le coût journalier d’un VLCC s’envole à 1,3 million $

06. Oktober 2026 um 10:37

Le marché du transport maritime de pétrole brut connaît une nouvelle flambée spectaculaire. Les tarifs des très grands pétroliers, ou VLCC (Very Large Crude Carriers), ont atteint un nouveau record historique, sous l’effet des perturbations provoquées par la guerre avec l’Iran et des risques persistants dans le détroit d’Ormuz.

Sur la principale liaison entre Ras Tanura (en Arabie saoudite) et la Chine, le revenu quotidien d’un VLCC a atteint 1,29 million de dollars, selon les données du Baltic Exchange publiées le 5 octobre. Pour un voyage d’environ 46 jours, ce niveau représente près de 59,2 millions de dollars de recettes en équivalent time-charter. Cette progression intervient après un précédent record de 1,27 million de dollars par jour, enregistré le 21 septembre. Le marché a donc renoué avec une trajectoire haussière après une brève période de détente.

L’envolée ne concerne pas uniquement la liaison Golfe-Chine. Le revenu moyen quotidien sur le marché spot des VLCC a atteint 786.000 dollars, son plus haut niveau depuis le lancement de cet indicateur en 2008. En une seule journée, cette moyenne a progressé de 73.800 dollars, soit 10,4 %. Le mouvement traduit la forte tension sur la disponibilité des navires alors que les exportateurs du Golfe doivent recourir à des itinéraires et à des opérations logistiques beaucoup plus complexes.

Reuters souligne que les tarifs sur certaines liaisons du Moyen-Orient vers l’Asie dépassent désormais 1,2 million de dollars par jour, contre environ 30.000 dollars en janvier. Le coût du fret représente ainsi une part beaucoup plus importante du prix final du pétrole livré.

Ormuz, principal facteur de tension

La nouvelle flambée des tarifs intervient après plusieurs attaques contre des pétroliers dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour les exportations d’hydrocarbures du Golfe. Plusieurs VLCC ont été pris pour cible, tandis que les compagnies pétrolières ont multiplié les opérations de transbordement de navire à navire, notamment dans le golfe d’Oman. Ce dispositif permet de faire sortir les cargaisons du Golfe tout en limitant le temps d’exposition des grands navires dans les zones considérées comme les plus dangereuses.

La perturbation des routes traditionnelles immobilise parallèlement une partie importante de la flotte mondiale. Selon Reuters, la hausse des exportations saoudiennes transitant par Ormuz a nécessité des dizaines de VLCC supplémentaires pour assurer ces opérations de navettes et de transbordement.

Mais la hausse des tarifs dépasse désormais le seul théâtre du Golfe. Sur la route reliant le golfe du Mexique aux ports chinois, le coût total d’un voyage en VLCC a atteint 54,8 millions de dollars, un nouveau record. En Afrique de l’Ouest, les revenus quotidiens d’un VLCC transportant du brut vers la Chine ont également dépassé 645.000 dollars. Cette généralisation de la hausse traduit la réorganisation profonde des flux mondiaux de pétrole. Les acheteurs asiatiques se tournent davantage vers les producteurs de l’Atlantique, tandis que les routes plus longues absorbent davantage de capacités de transport.

Un marché transformé par la guerre

La flambée des tarifs maritimes constitue désormais l’un des principaux facteurs de renchérissement du pétrole. Même lorsque les volumes disponibles progressent, les coûts de transport, d’assurance et de transbordement continuent d’alourdir le prix final. Les exportations de brut du Moyen-Orient ont d’ailleurs récemment retrouvé, voire dépassé ponctuellement, leurs niveaux d’avant-guerre, mais les contraintes logistiques persistent.

Pour les armateurs, cette situation représente une opportunité exceptionnelle. Reuters rapporte ainsi que certains acteurs du marché envisagent d’augmenter leurs flottes de VLCC, malgré le risque qu’une normalisation géopolitique et maritime provoque ensuite une forte détente des tarifs. Le paradoxe du marché pétrolier est désormais manifeste : le retour progressif des volumes ne suffit pas à faire baisser les coûts, car la capacité à transporter le pétrole est devenue aussi déterminante que sa disponibilité.

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Guerre de désinformation contre l’Iran : le ridicule n’a pas de limites

05. Oktober 2026 um 12:26

Si la vraie guerre contre l’Iran a commencé le 28 février de cette année, celle de la désinformation a commencé il y a 47 ans, juste après le renversement du Chah. Cela dit, la guerre de désinformation initiée par les médias et les politiciens d’Occident et d’Israël connait une intensification rageuse depuis six mois.

A mesure que l’Iran résiste aux agresseurs israélo-américains, le désir aveugle de montrer les Iraniens sous un mauvais jour ou d’impliquer leur pays dans des incidents réels ou fabriqués augmente. Les propagandistes israélo-américains recourant de plus en plus aux récits les plus fantaisistes, sans se soucier du ridicule. Pour illustrer ce propos, on citera ici deux exemples aussi fantaisistes l’un que l’autre.

Le premier concerne les péripéties qui ont suivi la tentative de sauvetage du pilote d’avion abattu par les Iraniens le 3 avril 2026 telles que racontées par l’intéressé lui-même dans un entretien télévisé. En effet, le pilote du F-15 abattu qui porte le surnom de ‘’Bravo’’ a été interviewé par CBS News dans l’émission ‘’60 minutes’’.

C’est un fait établi que le F-15 a été abattu dans une région montagneuse de l’Iran et que l’armée américaine a organisé une opération de sauvetage du pilote qui lui a coûté la perte de cinq appareils, dont deux avions de transport C-130, deux hélicoptères et un avion d’attaque A-10.

Voici le déroulement des événements tels que racontés par le pilote. Il a affirmé que son parachute ne s’était pas ouvert lors de son éjection de l’avion de chasse et qu’il avait dû subir une chute libre à une vitesse comprise entre 110 à 175 km/h sans aucun freinage.

La chute lui a brisé le dos, un bras et une épaule. Sa cheville a été également gravement blessée, selon ses dires. Le pilote a ensuite gravi une crête montagneuse de 7 000 pieds (environ 2 100 mètres) avec un corps en piteux état, sans nourriture ni eau. Deux jours plus tard, il fut secouru et, six mois plus tard, il apparut en pleine forme sur CBS. Aucune cicatrice, aucune déficience physique visible.

Cette prouesse surhumaine, hors du commun, miraculeuse même du soldat américain ‘’Bravo’’ dans le ciel iranien, a été rééditée le 30 septembre dans le ciel de l’Arabie saoudite par le plombier israélien Yaniv Hayun sur un vol de la compagnie émiratie ‘’FlyDubai’’ à destination de Tel-Aviv.

Dans ce second exemple tout aussi extraordinaire, on nous raconte qu’un pilote de nationalité omanaise a attaqué au couteau le commandant de bord. Cette agression a provoqué une chute brutale de 17 000 pieds (environ 5 000 mètres) en moins de 60 secondes du Boeing 737, qui volait alors à une altitude de croisière de 10 kilomètres. Pour descendre aussi vite, l’avion était donc en chute libre.

Alors que l’avion piquait du nez à une vitesse effroyable, un plombier israélien eut le temps de faire irruption dans le cockpit, maitriser l’agresseur du commandant de bord et redresser l’avion, sauvant ainsi d’une mort certaine 170 de ses concitoyens. Le plombier réussit à stabiliser l’avion, avant de céder les commandes de l’appareil à deux pilotes qui, miraculeusement, se trouvaient parmi les passagers…

Plus miraculeux encore, pendant la chute libre de l’avion, la cabine est restée parfaitement en ordre : aucun débris ni objet n’était éparpillé sur le sol dans les vidéos mises en ligne par les passagers israéliens qui ont filmé la scène après l’incident. Un gobelet d’eau est resté bien droit sur une tablette déployée. Aucun masque à oxygène n’a été déployé…

Après huit heures passées en Arabie saoudite, l’avion miraculé atterrit à Tel-Aviv. Le plombier a été reçu en héros par Netanyahu sur le tarmac. Il l’a reçu dans ses bras dans une accolade si chaleureuse que l’ami George Galloway l’a qualifiée sarcastiquement de « Mère de toutes les accolades »…

Nous avons eu droit à la cerise sur le gâteau de cette histoire abracadabrante lors de l’entretien que Netanyahu a eu avec le plombier qui portait encore son T-Shirt et ses chaussettes tachées du sang du commandant de bord. A la question légitime de savoir comment il a pu redresser un avion en chute libre, bien qu’il ne soit qu’un simple plombier, il répond à Netanyahu : « J’ai appris à piloter un avion de ligne en regardant l’émission ‘’Air Disasters’’ à la télévision. »

Face à une situation qui tournait au comique burlesque, la mine qu’affichait Netanyahu était celle de quelqu’un qui avait du mal à retenir un éclat de rire hilare. Il réussit néanmoins à se retenir, tout en couvrant d’éloges le « héros » qui lui racontait des foutaises…

Dans ces deux exemples ridiculement fantaisistes, le pays visé est évidemment l’Iran. Dans le premier, les propagandistes voulaient montrer l’incompétence et l’impéritie des Iraniens d’une part, et, d’autre part, la force surnaturelle d’un soldat américain qui, avec un dos brisé, un bras cassé et une cheville tordue a su et pu déjouer pendant deux jours les chercheurs iraniens, avant d’être sauvé par ce que Donald Trump a appelé alors « la plus grande et la plus extraordinaire opération de sauvetage de l’histoire. »

Dans le second exemple, le message vise aussi l’Iran, accusé évidemment par Netanyahu d’être derrière les péripéties du vol ‘’FlyDubai’’ du 30 septembre. Mais « le terrorisme iranien » a été déjoué par un autre surhomme, israélien cette fois, le plombier Yaniv Hayun.

Dans les deux, c’est l’arroseur qui se trouve arrosé. Ce sont les propagandistes américains et israéliens qui se sont couvert de ridicule et c’est le monde entier qui rit aux éclats.

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Les États-Unis se retirent définitivement de l’Irak

05. Oktober 2026 um 08:38

Les États-Unis ont achevé le retrait de leurs dernières forces militaires d’Irak le mercredi 30 septembre 2026 mettant ainsi fin à une présence militaire qui avait débuté avec l’invasion de 2003 ayant renversé Saddam Hussein et s’était poursuivie pendant des années d’insurrection et de violences sectaires. 

Imed Bahri

Les forces américaines s’étaient retirées en 2011 avant de revenir en 2014 pour contribuer à la défaite du groupe État islamique (EI, Daech). Cependant, ce retrait laisse aujourd’hui les milices chiites pro-iraniennes en position de force. Le Premier ministre irakien Ali al-Zaidi souhaitait que le désarmement de ces milices soit concomitant au départ des Américains mais cela n’a pas eu lieu. Le gouvernement a reporté la date butoir d’un an à savoir le 30 septembre 2027.

Les États-Unis ont mis fin à leur présence militaire en Irak après plus de 23 ans et des dépenses s’élevant à 1 700 milliards de dollars à ce que les critiques qualifiaient de «guerre sans fin» (The Endless War) en Irak, en y fermant, mercredi 30 septembre 2026, leur dernière grande base, écrivent Jared Malsin et Sangar Khaleel dans une enquête publiée par le Wall Street Journal.

Toutefois, ce retrait américain ne signifie pas la fin des troubles. Le conflit ouvert entre les États-Unis et l’Iran expose l’Irak à davantage d’affrontements, le retrait américain laissant derrière lui un pays où l’emprise de milices pro-iraniennes lourdement armées ne cesse de se resserrer.

Selon le WSJ, ces milices avaient mené plus de 600 attaques contre des installations diplomatiques et militaires américaines en Irak au cours des deux premiers mois du conflit.

Signe de l’instabilité en Irak, l’ambassade américaine à Bagdad émet désormais des avertissements de sécurité fréquents à l’intention des Américains et d’autres ressortissants notamment deux alertes par semaine concernant le risque d’enlèvement. Une équipe du WSJ a d’ailleurs quitté Bagdad précipitamment ce mois-ci après avoir reçu des avertissements de responsables irakiens, américains et européens concernant une menace sécuritaire, des responsables américains préciseront par la suite qu’il s’agissait d’un risque d’enlèvement par une milice chiite.

Selon des responsables américains (en poste ou anciens) et des experts en défense, Téhéran continue de soutenir ces milices. Un responsable américain a indiqué que le flux d’armes légères, de drones, de missiles à courte portée et de munitions de petit diamètre en provenance d’Iran avait initialement ralenti alors que Téhéran se concentrait sur la confrontation avec les États-Unis mais qu’il a repris de l’ampleur au cours de l’été. Ce responsable a souligné que les attaques récentes impliquaient des missiles et des drones à plus longue portée, suggérant une montée en puissance préoccupante des capacités d’armement.

Désarmer les groupes armés

L’administration Trump a accueilli favorablement l’arrivée au pouvoir d’Ali al-Zaidi —qui n’avait occupé aucune fonction publique avant sa nomination au poste de Premier ministre en mai— le considérant comme un interlocuteur avec qui il est possible de travailler bien que les relations de sa famille avec les autorités américaines étaient tendues. 

Al-Zaidi appartient à une famille qui possède une banque et une compagnie d’assurance ainsi que des entreprises dans les secteurs des médias et de la construction. Le département du Trésor américain avait interdit à cette banque d’effectuer des transactions en dollars en 2024, en raison de soupçons d’implication dans le financement de l’Iran et de groupes qui lui sont affiliés, des accusations démenties par Al-Zaidi affirmant n’avoir eu aucune connaissance de telles transactions.

Aujourd’hui, l’administration Trump mise sur Al-Zaidi pour désarmer les groupes armés comptant des dizaines de milliers de membres, y compris des factions paramilitaires financées ou armées par l’Iran.

Toutefois, désarmer les milices c’est pas du tout une mince affaire. Kadhim al-Fartousi, porte-parole des Brigades Sayyid al-Shuhada, un groupe paramilitaire financé et armé par l’Iran et classé organisation terroriste par les États-Unis, a déclaré que «ces armes sont la garantie de notre souveraineté et de notre liberté».

Al-Fartoussi ajouté qu’un désarmement forcé imposé par le gouvernement n’aura pas lieu. Son groupe armé et d’autres milices occupent des postes de haut rang au sein des ministères et détiennent des dizaines de sièges au Parlement irakien où ils ont joué un rôle clé dans la désignation d’Al-Zaidi lors des négociations ayant suivi les élections de l’année dernière. «Le gouvernement est une création à laquelle nous avons contribué», rappelle Al-Fartoussi.

Report de la date butoir pour le désarmement

Al-Zaidi et ses adjoints évoquent désormais un report à l’année prochaine de la date butoir pour le désarmement, initialement fixée au mercredi 30 septembre 2026. Il souhaitait qu’elle soit concomitante au retrait définitif des troupes américaines.

Un haut responsable américain a indiqué que les États-Unis avaient souligné auprès de l’Irak l’importance de préserver sa souveraineté et d’empêcher les attaques lancées depuis son territoire par des milices soutenues par l’Iran. Par ailleurs, un responsable du Pentagone a précisé que les États-Unis s’apprêtaient à mettre fin à leurs opérations militaires officielles, tout en conservant dans la région des capacités de renseignement, de reconnaissance et autres, susceptibles d’être déployées en Irak.

Le chaos ayant suivi l’invasion américaine de 2003 a offert à l’Iran l’occasion d’étendre son influence en Irak. Le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a contribué à tisser une toile d’araignée de milices qui ont attaqué les forces américaines dans le but de chasser les États-Unis du pays.

Après la fin de la phase principale du conflit, les États-Unis ont retiré leurs troupes en 2011. Ils sont toutefois revenus trois ans plus tard pour combattre l’organisation État islamique et y ont maintenu une présence militaire. Entre-temps, les milices soutenues par l’Iran s’étaient solidement implantées après avoir participé à la lutte contre l’État islamique, certaines d’entre elles ont été intégrées au système politique irakien et ont formé des partis politiques ayant joué un rôle dans la nomination du Premier ministre. Des membres de ces milices ont également accédé à des postes influents au sein du ministère de l’Éducation ainsi que des autorités fiscales et douanières. 

Al-Fartoussi a indiqué que son organisation et d’autres groupes armés avaient connu une montée en puissance cette année. Il a déclaré : «Les factions de la résistance ont gagné en puissance car elles sont confrontées à l’événement le plus important au monde à savoir la guerre entre les États-Unis et l’Iran. Ce sont les États-Unis qui nous ont poussés vers cette guerre». 

Le choix d’Al-Zaidi au poste de Premier ministre a constitué un compromis. En effet, Donald Trump avait menacé de couper l’aide américaine à l’Irak lorsque le nom de Nouri al-Maliki —ancien Premier ministre et homme lige de l’Iran— avait été avancé pour ce poste en janvier.

Al-Zaidi fait aujourd’hui du désarmement des milices une priorité cependant ses chances de succès sont minces. L’armée régulière irakienne est en proie à un manque de financement. Quant au service de lutte antiterroriste du pays —une force entraînée par les États-Unis—, il comptait environ 14 000 soldats en 2024, un effectif inférieur à celui des milices. Par conséquent, le rapport de force n’est pas en faveur du Premier ministre.

Présence américaine réduite au strict minimum

Victoria Taylor, ancienne responsable de haut rang au département d’État ayant quitté ses fonctions cette année après avoir travaillé sur le dossier irakien, a affirmé que l’idée selon laquelle Al-Zaidi pourrait désarmer les milices en quelques mois relevait de l’impossible.

Alors que le retrait définitif des troupes américaines a été acté le 30 septembre, seul un contingent de Marines restera sur place pour assurer la protection des missions diplomatiques américaines ainsi de contractuels chargés de la maintenance de la flotte irakienne de chasseurs F-16 et des chars de fabrication américaine.

Par ailleurs, des responsables américains actuels et anciens ont signalé que l’armée avait déjà retiré une batterie de défense antiaérienne Patriot qui était déployée autour d’Erbil. Il est probable que les États-Unis concentrent leurs systèmes de défense aérienne restants sur la protection de l’ambassade américaine à Bagdad et du consulat à Erbil.

«Ces milices existent parce que l’Iran souhaite leur existence et y voit un intérêt constant, les utilisant comme un outil et un levier de pression contre le gouvernement irakien et les États-Unis dans la région. Cette situation perdurera même après le retrait des forces américaines», déclare Victoria Taylor.

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Trump déterminé à interdire les exportations de diesel

01. Oktober 2026 um 11:53

Le président américain, Donald Trump, a déclaré qu’il discutait de la possibilité d’imposer une interdiction des exportations de diesel « d’ici peu ». Sachant que la Maison Blanche tente de freiner la hausse des prix du carburant qui pourrait avoir un lourd coût politique le mois prochain, lors des élections de mi-mandat américaines.

S’adressant à des journalistes dans le Bureau ovale, Trump a déclaré qu’interdire les exportations de diesel pourrait avoir un « impact négatif » sur les prix de l’essence, mais réduirait ceux du diesel.

A cet égard, il a expliqué que la guerre russo-ukrainienne, au cours de laquelle les deux camps endommagent les infrastructures énergétiques, figure parmi les principales causes de la hausse des prix.

Il n’a fait aucune mention ni de la guerre contre l’Iran ni du détroit d’Ormuz. Mais le secrétaire à l’Énergie, Chris Wright, l’a faite à sa place, affirmant que le problème était plus répandu. « Nous avons perdu des exportations de diesel en provenance du Moyen-Orient; même si nous sommes en train de rétablir ces exportations. Et nous avons également perdu des exportations de diesel en provenance de Chine ».

Il a ajouté que l’administration Trump s’attend à des annonces imminentes en provenance d’Europe concernant de nouvelles exportations de diesel.

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Younes Abouyoub : « Espérer la détente, mais se prémunir contre la tempête qui se prépare. »

28. September 2026 um 11:08
Frappes répétées, blocus pétrolier, tensions à Ormuz… La confrontation entre Washington et Téhéran s’installe dans la durée, à un mois des élections de mi-mandat américaines. Désarmement ou asphyxie économique ? Guerre d’usure ou risque de surextension face à la Chine…

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Mohammed ben Salmane, seul face aux Houthis

27. September 2026 um 08:30

Alors que le prince Mohammed ben Salmane, héritier du trône saoudien et homme fort du Royaume, a traversé différentes tempêtes notamment celle de l’affaire Khashoggi et a réussi à s’en sortir, il semble aujourd’hui fragilisé par le conflit avec les Houthis yéménites car lâché par Donald Trump qui ne bouge pas le petit doigt pour l’aider. Le président américain lui tient rancune parce qu’il n’a pas soutenu sa guerre contre l’Iran. De plus, Trump ne veut pas ouvrir un autre front au Moyen-Orient à seulement quelques semaines des élections de mi-mandat. 

Imed Bahri

La réticence des États-Unis à soutenir l’Arabie saoudite contre les Houthis a confirmé aux dirigeants de Riyad que Washington est un partenaire «peu fiable», ont affirmé James Politi, Steff Chavez et Andrew England dans un article publié par le Financial Times. Sous le titre « MBS n’oubliera pas », en référence à l’acronyme désignant le prince héritier saoudien, souvent utilisé par les médias occidentaux, le journal indique que l’hésitation du président Trump à s’engager dans la guerre contre les Houthis au Yémen a exacerbé les tensions entre Washington et Riyad, dont les relations sont déjà fragilisées par la guerre américaine contre l’Iran.

Sous la pression de la hausse des prix de l’essence et de l’impopularité de la guerre d’Iran au sein de l’opinion publique américaine, le président américain qui joue gros lors des élections de mi-mandat du 3 novembre prochain s’est jusqu’à présent abstenu de toute nouvelle action militaire pour soutenir les efforts de l’Arabie saoudite visant à réprimer l’offensive houthie et leurs attaques contre les infrastructures du royaume.

Le journal britannique estime que l’hésitation de Trump risque de tendre les relations avec le prince héritier saoudien, compromettant davantage la crédibilité de Washington en tant que partenaire clé de la défense pour Riyad.

Washington refuse de participer à des frappes contre les Houthis

Mona Yacoubian, directrice du programme Moyen-Orient au Center for Strategic and International Studies (CSIS) à Washington a déclaré au FT : «Les États-Unis hésitent et leur décision, du moins pour l’instant, de ne pas se joindre aux Saoudiens exacerbe les tensions bilatérales. Cela suscite également, chez les Saoudiens, des inquiétudes supplémentaires quant au rôle qu’ils peuvent attendre des États-Unis».

Le journal britannique a fait état de discussions récentes suite à une demande saoudienne en faveur de frappes aériennes américaines contre les Houthis mais Washington a refusé d’y participer. La Maison-Blanche n’a pas fait de commentaire.

Karen Gibson, générale à la retraite et ancienne directrice du renseignement du Commandement central des États-Unis (Centcom *), a déclaré : «Mohammed ben Salmane ne l’oubliera pas», ajoutant que l’hésitation de l’administration démontre que «les États-Unis ne s’engageront pas nécessairement dans un conflit armé lorsqu’ils estiment que des intérêts vitaux de l’Arabie saoudite sont menacés».

Ces tensions entre les deux pays concernant une action conjointe contre les Houthis marquent un tournant dans la relation parfois tendue entre Trump et MBS, une relation caractérisée par une alternance de périodes d’éloges mutuels enthousiastes et de tensions.

Trump a mentionné le prince Mohammed lors d’un discours prononcé lors d’une conférence sur l’investissement organisée par l’Arabie saoudite à Miami en mars dernier. Il a d’abord fait l’éloge du prince saoudien, le qualifiant de «grand ami» et de «guerrier». Vingt minutes plus tard, il a fait remarquer que le prince saoudien «ne s’attendait pas à me flatter» et est allé jusqu’à utiliser un langage vulgaire à son propos, illustrant l’attitude grossière et imprévisible du président américain.

Durant la guerre contre l’Iran, l’Arabie saoudite a subi des attaques répétées contre ses infrastructures, conséquences des frappes de représailles iraniennes, ainsi que les répercussions économiques de la fermeture du détroit d’Ormuz.

Durant la guerre d’Iran, l’Arabie saoudite a informé Washington qu’elle n’autoriserait pas les avions de combat américains à utiliser ses bases ou son espace aérien pour cibler l’Iran. Elle voulait se prémunir d’attaques de plus grande envergure. Cette décision a fortement déplu à Trump.

Tout a changé quand les Houthis ont entraîné Riyad dans un conflit qu’elle avait longtemps cherché à éviter en imposant un blocus aux ports saoudiens, en attaquant des pétroliers et en lançant des missiles et des drones sur le royaume.

Les Houthis intensifient leurs attaques contre l’Arabie saoudite

Ces deux dernières semaines, les Houthis ont intensifié leurs attaques, ciblant les installations pétrolières saoudiennes dans le sud du royaume et lançant une offensive éclair le long de la côte yéménite de la mer Rouge. Ils ont mis en déroute les forces yéménites soutenues par l’Arabie saoudite et progouvernementales et consolidé leur contrôle sur le détroit de Bab el-Mandeb, un autre point de passage stratégique pour le transport maritime mondial.

Le week-end dernier, les Houthis ont tiré un missile balistique sur Riyad, la capitale saoudienne, pour la première fois depuis la reprise des hostilités. MBS, qui, à l’instar d’autres dirigeants du Golfe, a mis en garde Trump contre une guerre contre l’Iran, peine à contenir une crise qui menace de faire dérailler ses ambitions de faire de son pays une plaque tournante régionale de la finance, du commerce et du tourisme.

Si par le passé les États-Unis ont lancé des campagnes militaires contre les Houthis aussi bien sous les administrations Trump et Biden en réponse aux attaques menées par les  Houthis contre des navires commerciaux en mer Rouge, l’administration Trump est désormais confrontée à une pénurie de ressources et à un épuisement de ses stocks de munitions ainsi qu’aux répercussions politiques et électorales de la crise au Moyen-Orient.

Elizabeth Dent, chercheuse principale au Washington Institute for Near East Policy, a déclaré: «Il sera très difficile pour Trump de s’engager sur un autre front dans cette guerre avant les élections de mi-mandat de novembre».

Bien que les États-Unis ne soient pas directement impliqués dans les opérations militaires contre les Houthis, ils continuent de fournir au royaume des armes et des renseignements. L’Arabie saoudite possède également des systèmes de défense aérienne américains. La semaine dernière encore, l’administration Trump a approuvé une vente potentielle de chasseurs F-35 à l’Arabie saoudite pour un montant de 24,3 milliards de dollars, même si la livraison prendrait des années.

Les Houthis sont perçus par les Occidentaux comme un problème saoudien

«Il y a une certaine frustration mais un constat que c’est la façon d’être de Trump», a déclaré un analyste saoudien sous couvert d’anonymat qui a ajouté : «L’Arabie saoudite a la capacité de tout bombarder et les États-Unis nous fournissent les informations de ciblage dont nous avons besoin». Et l’analyste d’ajouter que même un soutien aérien américain symbolique au début du conflit aurait remonté le moral des combattants yéménites.

Asaad al-Shamlan, de l’Institut Prince Saud al-Faisal d’études diplomatiques, a indiqué que les relations entre Riyad et Washington demeurent «excellentes». Cependant, alors qu’aux États-Unis et en Europe, les Houthis sont perçus «essentiellement» comme un problème saoudien, Riyad les considère comme un «défi international». Selon Al-Shamlan, cette différence de perception explique l’hésitation américaine à intervenir.

Après la rupture par les Houthis d’une trêve de quatre ans avec l’Arabie saoudite, l’administration Trump a mené des pourparlers avec le groupe rebelle par l’intermédiaire du Sultanat d’Oman. Un responsable houthi a déclaré que la cible était l’Arabie saoudite et non les intérêts américains.

Firas Maksad, directeur pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord au sein d’Eurasia Group, a estimé que les tensions sont inévitables à mesure que Washington se retire de son rôle historique de partenaire clé en matière de sécurité dans la région du Golfe. Il a ajouté: «Le vide laissé par Washington offrira des opportunités à ses concurrents stratégiques. Riyad cherche à diversifier ses partenaires en matière de sécurité tout en tentant de trouver des compromis avec Téhéran et les tensions dans ses relations avec Washington pourraient accélérer ce processus».

* Le Commandement central des États-Unis  (Centcom) est l’un des onze commandements interarmées et permanents des forces armées des États-Unis, il chapeaute les opérations militaires des États-Unis au Moyen-Orient, en Asie centrale et dans une partie de l’Asie du Sud (Afghanistan et Pakistan). Depuis 2002, le Centcom est basée au Qatar sur la base militaire d’Al Oudeid qui est la plus grande base américaine du Moyen-Orient.

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