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Blocus de l’Arabie saoudite par les Houthis : nouvel embrasement au Moyen-Orient ?

21. Juli 2026 um 09:53

En pleine intensification de la guerre entre les Etats-Unis et l’Iran, les rebelles houthis ont annoncé, lundi 20 juillet, un blocus maritime de l’Arabie saoudite. Analyse.

 

La menace couvait depuis plusieurs semaines. Elle est devenue une réalité lundi 20 juillet 2026. Les rebelles houthis du Yémen, alliés de l’Iran, ont officiellement annoncé l’instauration d’un blocus naval contre l’Arabie saoudite. Ouvrant ainsi un nouveau front en mer Rouge et plaçant le royaume wahabite au cœur d’une confrontation régionale aux conséquences potentiellement explosives.

Ainsi, les forces armées houthies indiquent qu’elles décrètent « un embargo maritime contre l’ennemi saoudien criminel, fondé sur la loi du talion, applicable immédiatement ». Et ce, en réponse au « siège injuste et oppressif » imposé aux ports et aéroports du Yémen par les Saoudiens.

« Nous sommes prêts à dégainer à tout moment si l’évolution de la situation le justifie », indiquait déjà le 5 mars le chef du groupe, Abdul Malik al-Houthi. Les commandants iraniens ont averti à plusieurs reprises que les Houthis pourraient entrer en guerre. Fin mars et début avril, les rebelles avaient mené plusieurs attaques de missiles et de drones contre Israël.

Inquiétudes

Survenant au neuvième jour d’affilée d’hostilités entre les États-Unis et l’Iran, d’une intensité inédite depuis le cessez-le-feu d’avril, ces menaces contre la liberté de navigation risquent de mener à une escalade régionale encore plus grande, s’est inquiété le porte-parole du secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric, appelant à une désescalade immédiate. En cause, les appréhensions concernant le trafic maritime dans le détroit de Bab el-Mandeb, l’un des points de passage maritimes les plus stratégiques au monde, reliant la mer Rouge au golfe d’Aden, ainsi qu’une voie maritime essentielle pour le transport du pétrole brut, des produits raffinés, du gaz naturel liquéfié (GNL) et des conteneurs entre le Moyen-Orient, l’Europe et l’Asie.

 

Lire aussi : L’Iran envisage un double verrou maritime avec les Houthis en mer Rouge

Arme géostratégique

Ce blocus maritime va-t-il impliquer directement les Houthis dans la guerre entre les Etats-Unis et l’Iran ? Alors que le Hezbollah et les groupes irakiens sont entrés en guerre très tôt, avec des tirs de roquettes et de drones après les premières frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, les Houthis sont quant à eux restés relativement discrets jusqu’ici.

Mais Téhéran les a exhortés récemment à fermer le détroit de Bab el-Mandeb si les États-Unis poursuivaient leurs frappes contre les infrastructures énergétiques iraniennes. Une telle décision transformerait ce verrou maritime en une redoutable arme géostratégique. Car en contrôlant simultanément Ormuz et Bab el-Mandeb, l’Iran disposerait d’un levier sans précédent sur les flux énergétiques mondiaux. De quoi aggraver une crise déjà provoquée par la fermeture partielle du détroit d’Ormuz, qui a entraîné une réduction d’environ 10 % de l’offre mondiale de pétrole sous l’effet de la guerre au Moyen-Orient. Tout en faisant planer la menace d’un choc énergétique d’une ampleur inédite.

Double blocus

C’est que, la fermeture du détroit d’Ormuz ayant déjà profondément bouleversé les routes maritimes mondiales, la mer Rouge est ainsi devenue l’axe de substitution incontournable pour l’acheminement du pétrole du Golfe et de nombreuses marchandises stratégiques. Dans ce contexte, un blocage du détroit de Bab el-Mandeb reviendrait à neutraliser simultanément les deux principales artères énergétiques du Moyen-Orient. Les conséquences seraient considérables : l’approvisionnement mondial en pétrole pourrait chuter d’environ 7 %, la majeure partie des exportations saoudiennes se retrouvant immobilisée.

Or, cette menace est d’autant plus préoccupante que Riyad a déjà redirigé plus de 70 % de ses exportations quotidiennes de pétrole brut vers le port de Yanbu, sur la côte de la mer Rouge, afin de contourner Ormuz. De là, les cargaisons destinées à l’Europe remontent le canal de Suez. Tandis que celles à destination des marchés asiatiques doivent impérativement franchir le détroit de Bab el-Mandeb. Sachant que le volume total de pétrole transitant par Bab el-Mandeb s’est élevé à 7,4 millions de barils par jour en juin, soit environ 7 % de la production mondiale de pétrole contre 4,2 millions de barils par jour l’année dernière. Cela a permis de soutenir le marché de l’énergie et de contenir les cours mondiaux du pétrole.

Autrement dit, si ce passage venait à être fermé, c’est l’ensemble de la stratégie saoudienne de contournement d’Ormuz qui s’effondrerait, avec des répercussions immédiates sur les marchés énergétiques mondiaux.

La réaction des marchés ne s’est pas fait attendre. À peine les Houthis ont-ils annoncé leur blocus maritime que les cours du pétrole sont repartis à la hausse. Quelques heures plus tôt, le Brent avait déjà franchi brièvement le seuil des 91 dollars le baril, dans le sillage des frappes de représailles échangées entre les États-Unis et l’Iran durant le week-end. Les investisseurs redoutent alors une perturbation durable des approvisionnements mondiaux en hydrocarbures, alimentée par le risque d’une extension du conflit aux principales voies maritimes de la région. Les tensions se sont toutefois légèrement apaisées après les déclarations du porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, qui a affirmé que Téhéran poursuivait, par l’intermédiaire de médiateurs, des échanges avec Washington. Il a indiqué que plusieurs propositions visant à désamorcer la crise ont été transmises, sans qu’aucun détail n’en soit révélé, contribuant à tempérer, au moins provisoirement, les craintes des marchés.

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Snapshot : Quand les couscoussiers deviennent des pièces de collection

21. Juli 2026 um 08:42

Étrange tendance au souk du cuivre dans la médina de Tunis. Dans ce souk qui relie El Grana à la Kasbah, les couscoussiers et d’autres ustensiles sont devenus des pièces de collection.

On vient visiter ce souk comme on irait chez un antiquaire. On y déniche des anciennes marmites, des bassines à laver le linge et toutes sortes de couscoussiers qui serviront ensuite d’éléments de décor.

Comme quoi les objets du quotidien changent de vocation au fil des générations !

Lire aussi :

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TRIBUNE – Sauver la STEG et la SONEDE : Et si la solution était d’abord informatique et financière ?

20. Juli 2026 um 06:03

Les coupures d’eau estivales et les délestages électriques à répétition rythment désormais le quotidien des ménages et des opérateurs économiques tunisiens. Face à cette crise des services publics essentiels, le diagnostic dominant se concentre invariablement sur deux coupables : le stress hydrique induit par le changement climatique et l’envolée des coûts mondiaux de l’énergie.

coupures

Ces facteurs exogènes sont indiscutables. Toutefois, s’arrêter à ce constat masque une vulnérabilité endogène beaucoup plus profonde. La véritable crise que traversent aujourd’hui la Société Tunisienne de l’Électricité et du Gaz (STEG) et la Société Nationale d’Exploitation et de Distribution des Eaux (SONEDE) n’est pas uniquement une crise de la ressource. C’est avant tout une crise de la donnée, du pilotage numérique et du financement de leur modernisation algorithmique.  Ces institutions historiques gèrent des réseaux physiques massifs, mais elles naviguent à l’aveugle.

Des réseaux d’infrastructures frappés de cécité

Dans la gestion moderne des utilités publiques, la matière (l’eau, le gaz, les électrons) est indissociable de l’information qui l’accompagne. Or, nos opérateurs souffrent d’un déficit technologique critique : l’incapacité de « lire » leur propre réseau en temps réel.
Le gaspillage par ignorance : une part colossale de l’eau purifiée à grands frais et de l’électricité produite s’évapore dans le réseau avant même d’atteindre le consommateur final. Fuites non détectées, déperditions techniques et fraudes non géolocalisées constituent un fardeau financier insoutenable. Sans une infrastructure de capteurs connectés (IoT), chaque perte physique se transforme en perte financière nette.
L’absence de Jumeau Numérique : les standards internationaux reposent aujourd’hui sur le *Digital Twin*, une réplique virtuelle et dynamique du réseau physique. En Tunisie, l’absence de cette cartographie intelligente condamne la STEG et la SONEDE à subir les pannes. L’intervention se fait dans l’urgence curative, là où l’Intelligence Artificielle aurait permis une maintenance prédictive, identifiant la faiblesse d’un transformateur ou d’une canalisation avant la rupture.
Le fossé du « Smart Grid » : l’absence de compteurs véritablement communicants chez le client final fige toute capacité d’innovation tarifaire. Il est aujourd’hui impossible de lisser les pics de consommation par des tarifications dynamiques ou de procéder à des délestages chirurgicaux. Le réseau subit la charge au lieu de la gérer.

Financer le « Software » pour sauver le « Hardware »

Renflouer indéfiniment les caisses de ces entreprises publiques pour colmater des tuyaux usés ou remplacer des câbles sans moderniser l’intelligence du réseau s’apparente au tonneau des Danaïdes. L’ingénierie financière classique ne suffit plus ; il faut changer le paradigme de l’investissement public.
Le sauvetage de la STEG et de la SONEDE nécessite donc une réorientation urgente des financements vers la « digitalisation de la survie ». Les lignes de crédit bancaires et les appuis des bailleurs de fonds internationaux doivent prioriser la refonte totale des systèmes d’information (SI) et le déploiement d’infrastructures de supervision algorithmique.
La rentabilité d’un tel investissement est immédiate. Chaque dinar investi dans le traitement de la donnée et la supervision numérique du réseau offre un retour sur investissement tangible en réduisant drastiquement la facture des pertes sèches et en optimisant les achats d’énergie. C’est ici que le secteur bancaire national a un rôle structurant à jouer : concevoir des mécanismes de financement innovants dédiés exclusivement à la mise à niveau technologique des infrastructures critiques.

L’État-stratège à l’ère de la donnée

La restructuration de nos entreprises publiques ne se décrète pas uniquement par des ajustements tarifaires ou des plans sociaux. Elle exige une vision technologique assumée.
L’intégration de la transformation numérique au cœur du modèle d’affaires de la STEG et de la SONEDE n’est pas un luxe d’ingénieur ou une mode managériale ; c’est leur seule bouée de sauvetage macro-économique.
Il est grand temps que les pouvoirs publics et l’écosystème financier traitent l’infrastructure immatérielle avec le même degré d’urgence vitale que nos barrages et nos centrales thermiques.

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Mort subite d’un criminel de guerre

19. Juli 2026 um 07:22

Les débats font toujours rage entre défenseurs et pourfendeurs autour de l’héritage laissé derrière lui par le sénateur de le Caroline du Sud, Lyndsay Graham, mort subitement le 11 juillet, quelques heures après son retour de son énième voyage en Ukraine.

Durant le quart du siècle de ses mandats de sénateur, Graham a été l’un des plus grands défenseurs d’Israël, ayant poussé avec toutes ses forces vers l’engagement des Etats-Unis dans toutes les guerres du Moyen-Orient et, plus récemment, en Ukraine.

A peine est-il entré au Sénat en 2003 qu’il s’engagea dans la campagne mensongère sur les armes de destruction massive avec lesquelles Saddam s’apprêtait à attaquer New York et Los Angeles ! Il se tourna ensuite vers la Libye et la Syrie, exhortant, dans ses discours, Obama de renverser les régimes en place de Mouammar Kadhafi et Bachar al Assad.

Car pour ce sénateur, le soutien à la cause palestinienne et la contestation de la politique colonisatrice de l’Etat sioniste sont synonymes de terrorisme et d’antisémitisme.

En Amérique même, il s’en prenait avec virulence à toute voix qui critiquait l’engagement américain dans des guerres pour le compte d’Israël contre des pays lointains ne représentant aucune menace pour le peuple américain. Il qualifiait d’antisémites même les personnalités juives qui, à l’instar du Pr. Jeffrey Sacks, prônaient une politique étrangère qui servirait les intérêts des Etats-Unis et non ceux de l’Etat sioniste.

La nature abominable de ce sénateur a été mise à nu lors de la guerre de Gaza. Le génocide perpétré par l’Etat sioniste et la totale destruction de l’enclave palestinienne ne semblaient pas suffisants pour apaiser la haine, l’animosité et le bellicisme outranciers qui le rongeaient. Dans l’une de ses interventions sur Fox News, il affirma : « Je ne comprends pas pourquoi nous, nous avons lancé deux bombes nucléaires sur le Japon en 1945 pour terminer le travail, et Israël hésite aujourd’hui à terminer le travail. Je dis à Israël : termine ton travail ».

Oui, ce représentant que le peuple de la Caroline du Sud élisait et réélisait depuis près d’un quart de siècle, a exhorté Israël à utiliser son arsenal nucléaire contre Gaza. Mais dans son extrême stupidité, il ne pouvait savoir qu’une bombe nucléaire sur Gaza détruirait Israël aussi par son souffle, son syndrome d’irradiation aigu et ses retombées radioactives.

Lyndsay Graham ne prônait pas la mort et la destruction dans le monde arabe et musulman seulement. Il œuvrait à les semer en Russie aussi. Après avoir contribué avec son mentor, feu John MacCain, au coup d’état contre le président ukrainien Ianokovytch en février 2014, provoquant le chaos et la guerre en Ukraine, ce sénateur a poussé de toutes ses forces, durant les mandats de Joe Biden et de Donald Trump, pour les sanctions contre la Russie et l’armement de l’Ukraine.

La dernière photo prise un jour avant sa mort est celle qui le montre dans une usine d’armement ukrainienne, exhibant avec un large sourire le modèle de drones que Zelensky lance quotidiennement sur les civils russes…

A son retour d’Ukraine, le sénateur s’est senti mal et son entourage voulait l’hospitaliser. « Je dois m’adresser à la presse avant. J’irai à l’hôpital demain », telle était sa réponse. Face à l’insistance de la famille et des amis, il leur fit cette étrange réponse, rapportée par Barak Ravid, l’éditeur du journal Axios : « Je ne peux pas mourir maintenant. J’ai encore besoin d’alourdir les sanctions contre la Russie, de m’assurer de la défaite de l’Iran et de mener à bien la normalisation entre Israël et l’Arabie saoudite ».

Il est mort quelques heures après de « dissection aortique ». Les réactions sur les réseaux sociaux et les podcasts en Amérique et à l’étranger à la mort subite de ce criminel de guerre ont, dans leur majorité, exprimé un sentiment que la langue allemande appelle “Schadenfreude“, c’est-à-dire la joie exprimée face au malheur d’autrui.

L’ami George Galloway a exprimé son schadenfreude à sa manière : « je suis sûr que ce grand criminel de guerre est en train de brûler maintenant au 7e cercle de l’enfer ». Sans aller jusque-là, disons que le monde serait une meilleure place pour vivre sans Lyndsay Graham et ses semblables aux Etats-Unis et en Israël.

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La “Chine“ et le roseau

18. Juli 2026 um 09:38

Cette allusion à cette célèbre fable de La Fontaine m’a fait rappeler l’utilisation du roseau durant la guerre du Vietnam. Ce bout de bois a joué un rôle non négligeable dans cette longue guerre qui finit en faveur du peuple vietnamien : le roseau servait d’abord aux guerriers de tube respiratoire quand ils se cachaient dans les lacs et autres marais, ensuite de sarbacane pour envoyer une épine empoisonnée dans le cou d’un quelconque GI qui ne ressentait ainsi qu’une piqûre de moustique avant de rejoindre le Seigneur…

Moustique, on a retrouvé ce terme dans le libellé de ces vedettes iraniennes qui semblent en causer du tort à ces énormes masses d’acier que les USA ont envoyées dans cette région du détroit d’Ormuz ! Cette aberration géographique qui semble causer du tort à toute la planète où les fameuses sarbacanes vietnamiennes ont été remplacées par des drones et des missiles.

Ainsi, si ce roseau vietnamien a pris une retraite bien méritée dans quelque rizière paisible, il renaît sous forme électronique ! Plus besoin de souffler dans un tube de bambou : désormais un opérateur assis à plusieurs centaines de kilomètres appuie sur un bouton et envoie un moustique mécanique bourré d’électronique visiter un porte-avions valant plusieurs milliards de dollars. De ce fait, La Fontaine aurait certainement actualisé sa fable : ce n’est plus le chêne et le roseau mais le drone et le porte-avions. D’un côté, une petite machine qui coûte trois fois rien, de l’autre un monstre flottant dont le prix ferait pâlir plusieurs ministères des finances réunis. Et pourtant, comme dans toutes les bonnes histoires, le petit s’obstine à venir chatouiller le grand.

La technologie a changé de bord

Autour du détroit d’Ormuz, les amiraux scrutent leurs écrans radar comme autrefois les guetteurs scrutaient l’horizon depuis les murailles des châteaux forts. La technologie a changé de bord, les angoisses demeurent et les medias continuent de débiter tout et n’importe quoi.

Pendant ce temps-là :

  • Les ingénieurs iraniens fabriquent des missiles toujours plus sophistiqués – ces roseaux technologiques – tandis que les comptables euro-israéliens calculent le prix de chaque frappe ou interception ;
  • Le reste du monde observe avec l’inquiétude du passager assis au milieu d’un autobus dont le chauffeur et le contrôleur discutent de la meilleure façon de manipuler des bâtons de dynamite.

Cette mince bande d’eau de 30 miles de large est devenue une sorte de robinet énergétique mondial : quand quelqu’un menace de le fermer, même légèrement, les marchés pétroliers attrapent immédiatement la fièvre ; car si les anciens utilisaient le roseau pour respirer sous l’eau, aujourd’hui la planète entière semble respirer à travers le détroit d’Ormuz. Comme quoi, du Vietnam au Moyen-Orient, le roseau n’a peut-être jamais cessé de raconter la même histoire : celle des petites choses qui compliquent singulièrement la vie des grandes puissances.

Le plus étonnant dans cette affaire n’est peut-être pas la qualité et la puissance constatée des missiles iraniens, mais l’impuissance des experts. Depuis des décennies, des armées de spécialistes, d’analystes, de consultants et d’agents secrets auscultent la planète et surtout la région avec des satellites capables de lire la marque d’une cigarette à dix mille kilomètres de distance. Pourtant, à chaque crise, ils semblent découvrir que l’Iran n’est pas seulement un sujet de conférence universitaire sur les méfaits des mollahs barbus et de ce qu’ils font subir aux pauvres femmes soumises et burkatisées, mais surtout un pays d’ingénieurs, d’usines, de chercheurs et des tunnels indétectables.

Alors qu’à quelques centaines de kilomètres de là on découvre des chênes creux plantés sur du sable, les émirats du golfe, ces états bidons pleins de pétrole et de gaz, qui sont aussi fragiles que ces décors hollywoodiens aussi provisoires que la durée de tournage du film auxquels ils se réfèrent car le désert reste le désert, et malgré tout l’argent qui y a été investi, il suffit qu’une station de dessalement éternue pour que les mirages redeviennent de vrais mirages.

Quand la forteresse présente des fissures

Israël, de son côté, découvre une vérité que toutes les puissances finissent par apprendre un jour : les amis sont souvent nombreux lorsque tout va bien. Pendant des décennies, le soutien occidental paraissait aussi solide que les murailles de Jéricho avant les trompettes. Aujourd’hui, les critiques se multiplient, les soutiens hésitent, les opinions publiques grondent et les certitudes s’effritent. Le pays reste peut-être encore puissant, mais l’image de forteresse inexpugnable commence à présenter quelques fissures visibles même sans jumelles, et le monde le prend de plus en plus en pâle estime… Et si on se réfère à la fable de La Fontaine, le chêne israélien ne craint plus seulement les tempêtes itératives ; mais aussi les effets destructeurs des racines souterraines des roseaux qui poussent autour de lui.

Et puis il y a la pauvre Europe qui a échoué partout et particulièrement en Ukraine où elle s’est engagée dans une partie d’échecs dont elle ne possède ni les pièces principales ni même parfois l’échiquier. Cette vieille tante respectable qui possède encore une belle argenterie mais qui n’arrive plus à ouvrir seule le couvercle du bocal. Elle rédige des communiqués admirables, convoque des sommets extraordinaires, exprime sa profonde préoccupation avec un talent inégalé, mais regarde ensuite les autres décider du menu. Jadis centre du monde, elle ressemble parfois à un chroniqueur sportif commentant un match auquel il n’est plus invité.

Quant à Donald Trump, il faut lui reconnaître une certaine cohérence. Depuis toujours, il considère les alliances comme un promoteur immobilier considère ses contrats : tant que cela rapporte, on signe ; quand cela coûte trop cher, on renégocie. Le problème pour les alliés historiques des États-Unis est qu’ils découvrent que le shérif n’a plus forcément envie de patrouiller gratuitement dans toute la ville. Et voilà qu’en face surgissent d’autres cow-boys aussi rapides à dégainer. La surprise n’est peut-être pas qu’ils existent, la surprise est que certains aient cru qu’ils n’existeraient jamais. Et Trump n’oublie pas de rappeler à qui veut bien l’entendre que depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, une bonne partie de la planète vivait sous le grand parapluie américain. Pendant soixante-dix ans, les alliés ont cru que le parapluie américain était un bien public. Trump leur rappelle qu’il s’agissait d’une location avec option d’achat et regarde le ciel, et demande aux passagers s’ils ne pourraient pas acheter leur propre parapluie. L’inquiétude qui saisit alors certaines capitales rappelle celle des enfants découvrant soudain qu’un parapluie coûte cher même très cher.

Et en Chine dans tout cela ?

Et pendant que tout ce beau monde s’observe, se menace, se rassure et s’inquiète, un spectateur semble prendre des notes avec application. À Pékin, on regarde et on copie avec application les porte-avions, les drones, on analyse les sanctions, on évite les crises diplomatiques et les factures astronomiques. On écoute les discours des uns, les menaces des autres, puis on construit vite et bien des usines, des ports, des lignes ferroviaires et des centrales électriques. Tout ou presque devient « made in China ».

Alors pour conclure, on peut se demander si la question n’est donc peut-être pas de savoir qui remportera la prochaine manche au Moyen-Orient, la véritable question est ailleurs :

  • Pendant que les cow-boys se défient au soleil couchant, qui est en train d’acheter le ranch ?
  • Pendant que les autres comptent leurs missiles, qui compte les brevets ?
  • Pendant que les empires discutent de leurs frontières, qui construit les routes commerciales du siècle prochain ?

Et si le roseau de demain n’était ni américain, ni européen, ni moyen-oriental, alors que pendant que tout le monde regardait le détroit d’Ormuz, le véritable courant de l’Histoire était déjà en train de s’écouler vers la mer de Chine ? Et ça, Trump en est conscient et cherche par tous les moyens à ne pas être le fossoyeur de l’Occident et de l’American dream. Ce qui expliquerait son repli stratégique voire son comportement qui en inquiète plus d’un.

Dieu seul sait !

Ibstisem

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À défaut de réforme, un nouvel impôt

18. Juli 2026 um 06:00

Les années passent et se ressemblent, les lois de finances semblent obéir à une même logique. À mesure que les marges budgétaires se réduisent, l’arme fiscale prend le dessus, déjouant ainsi tout effort pour réformer en profondeur une économie. La précédente mesure fiscale n’a pas encore produit tous ses effets que la suivante est déjà annoncée. Chaque nouvelle taxe répond à une urgence et est rarement porteuse d’une vision.

Souvent présenté comme une mesure pour la justice fiscale, l’impôt sur la fortune répond à une démarche difficilement contestable, celle de demander un effort supplémentaire aux contribuables dont le patrimoine est le plus élevé.

Seulement, il ne suffit pas d’identifier qui doit contribuer plus. Il est impératif de bien cibler les actifs concernés. D’ailleurs, l’intégration des dépôts bancaires et des titres de capital, comme l’a précisé la Note commune n°13/2026, finira par devenir contreproductive. Mais il est aussi urgent de déterminer comment intégrer dans l’assiette fiscale les activités et les patrimoines qui échappent encore à l’impôt. En somme, la justice fiscale ne peut être pleinement effective sans améliorer, en amont, l’efficacité fiscale.

Tant que l’économie informelle continuera d’occuper une place aussi importante, tant que le recouvrement demeurera imparfait et que les capacités de contrôle resteront limitées, un impôt sur la fortune risque plus de renforcer le sentiment d’inégalité entre les contribuables que de rétablir une véritable équité devant l’impôt. Ce serait faire peser un prélèvement supplémentaire sur les patrimoines visibles, alors qu’une partie non négligeable de la richesse échappe encore à l’impôt.

Dans une économie où l’investissement peine à décoller, la stabilité fiscale reste un élément clé pour un climat des affaires sain et prévisible. Les investisseurs accordent autant d’importance à la prévisibilité des décisions publiques qu’au coût de la fiscalité elle-même. Quant aux contribuables, ils accepteront l’impôt tant qu’ils en percevront la cohérence et l’équité.

Faute de s’attaquer aux difficultés structurelles, le débat budgétaire se focalise sur la recherche de nouvelles contributions fiscales, comme si chaque difficulté pouvait trouver sa réponse dans un nouveau code fiscal.

Bref, la véritable question n’est pas de savoir quel sera le prochain impôt, mais à quel moment la Tunisie se débarrassera des mesurettes fiscales étouffantes pour l’initiative privée et ouvrira enfin le grand chantier des réformes.

Noura Harboub-Labidi

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Sale temps pour Giorgia Meloni « trahie » par sa majorité au Parlement

16. Juli 2026 um 09:28

Une partie de la majorité s’est révoltée contre Giorgia Meloni, désormais très contestée, y compris par son propre camp. De quoi enclencher une crise politique majeure en Italie ?

 

Séisme politique à Rome. La droite italienne s’est réveillée sous le choc ce mercredi 15 juillet. Dans leurs éditions, plusieurs quotidiens conservateurs n’ont pas ménagé leurs mots, dénonçant tour à tour une « haute trahison », une « chasse aux traîtres », une « majorité qui se fissure », voire un gouvernement devenu minoritaire « à cause des femmes ». En ligne de mire : Giorgia Meloni.

Défection

À l’origine de cette tempête politique, le projet de réforme électorale baptisé « Stabilicum » par la coalition de droite et d’extrême droite, mais ironiquement rebaptisé « Melonellum » par l’opposition. Cette dernière accuse la présidente du Conseil, Giorgia Meloni, d’avoir élaboré une loi électorale « taillée sur mesure » pour sécuriser sa réélection en 2027 tout en renforçant son emprise sur les institutions.

Sauf que le plus embarrassant pour la cheffe du gouvernement est toutefois venu de son propre camp : contre toute attente, c’est une fronde interne à la majorité qui a finalement fait capoter cette réforme : au moins une trentaine de députés de droite ont fait défection, enterrant l’amendement à une voix près, et révélant au grand jour les fractures d’une coalition que Giorgia Meloni s’efforçait jusqu’ici de présenter comme soudée.

Pourtant, les principaux partenaires de la coalition de Meloni, la Ligue et Forza Italia, avaient déclaré qu’ils soutiendraient la mesure, mais celle-ci a été rejetée par 188 voix contre 187, indiquant ainsi une défection au sein de la majorité au pouvoir.

Ce revers parlementaire s’inscrit dans une série de difficultés pour le gouvernement Meloni. En mars 2026, la coalition de droite avait déjà essuyé une défaite cuisante lors d’un référendum sur la réforme de la justice.

Pour les observateurs politiques, les prochains mois seront déterminants pour évaluer si le gouvernement parvient à ressouder sa coalition ou si les défections se multiplient à l’approche des échéances électorales de 2027. D’autant plus que l’Italie, troisième économie de la zone euro, traverse une période de tensions politiques accrues. La stabilité gouvernementale de Meloni, arrivée au pouvoir en octobre 2022, est désormais questionnée.

Un revers historique

En effet, la Chambre des députés a infligé mardi 14 juillet un premier revers à la majorité, juste avant les élections générales prévues l’année prochaine. Et ce, en rejetant, à bulletin secret, un aspect clé de la réforme des règles de vote portée par Fratelli d’Italia, le parti de Giorgia Meloni. Ce texte prévoyait de réintroduire le vote préférentiel dans les circonscriptions plurinominales, un dispositif vivement critiqué par l’opposition, qui y voit une remise en cause du principe de parité entre les femmes et les hommes.

Sachant qu’aujourd’hui, le système électoral italien repose sur un modèle mixte : une partie des parlementaires est élue au scrutin uninominal majoritaire à un tour, l’autre à la représentation proportionnelle, aussi bien à la Chambre des députés qu’au Sénat. La réforme envisagée marquerait un changement de cap en instaurant un scrutin intégralement proportionnel, assorti d’une prime majoritaire accordant un bonus de sièges dans les deux chambres à la coalition dépassant le seuil de 40 % des suffrages.

Faut-il rappeler à ce propos que le gouvernement Meloni, le deuxième plus durable de l’histoire de la République italienne, est issu de la loi électorale de 2017, un système hybride associant scrutin majoritaire uninominal à un tour et représentation proportionnelle. Or, aux yeux de ses détracteurs, modifier ce texte n’a guère de justification. « Le véritable enjeu réside dans la prime majoritaire. Si une coalition franchit le seuil de 42 % des suffrages, elle bénéficierait de 70 sièges supplémentaires à la Chambre des députés et de 35 au Sénat. Cette réforme traduit avant tout la volonté de Giorgia Meloni de concentrer les pouvoirs entre ses mains ». C’est ce que déplore le porte-parole du mouvement citoyen Participation Active, une coalition d’organisations de la société civile engagée dans la défense des droits électoraux.

Appel à la démission

Rappelons enfin que Giorgia Meloni a promis, mercredi 15 juillet, de maintenir sa réforme électorale en dépit des défections au sein de sa coalition, au lendemain d’un revers parlementaire qui a vu sa propre coalition la rejeter lors d’un vote secret.

Pour sa part, l’opposition qui y voit un signe de fragilité de la majorité à moins d’un an des élections générales, a immédiatement salué le résultat du vote.

Pour les partis de gauche et du centre qui accusent la Première ministre de tenter de modifier les règles électorales à son avantage pour se maintenir au pouvoir, cette défaite démontre que Meloni ne contrôle plus totalement sa majorité parlementaire ; certains ont même appelé à sa démission. Mais c’est mal connaître la pugnacité de la Dame de fer italienne !

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Énergie, numérique et capitaux : comment la Tunisie peut devenir le tiers de confiance de l’axe euro-africain

15. Juli 2026 um 14:17

La récente publication du World Ultra Wealth Report 2026 faisant état d’une hausse de 23,7 % des très hauts patrimoines (UHNWI) en Afrique met en lumière un paradoxe frappant : le continent déborde de capitaux privés, mais ces derniers s’exilent ou s’endorment faute d’infrastructures de confiance pour les capter et les orienter vers l’économie réelle. Au même moment, l’Europe et l’Afrique font face à un défi historique interdépendant : la double transition énergétique et numérique.

Dans cette reconfiguration profonde des flux mondiaux, la Tunisie, à l’aube de son Plan de développement 2026-2030, détient une carte maîtresse. Elle ne doit plus seulement chercher à attirer des investissements passifs, elle doit s’affirmer comme le hub normatif, technologique et logistique interconnectant l’Europe, le Maghreb et le marché unique africain.

 

Le hub numérique : au-delà des câbles, la bataille des normes et des certifications

Devenir un hub digital à l’horizon 2030 ne se résume pas à aligner des infrastructures physiques ou à servir de pépinière de talents destinée à l’exportation. La véritable souveraineté immatérielle repose sur la capacité à dicter ou à certifier les règles du jeu.

La Tunisie doit se positionner comme le laboratoire des normes de conformité et des certifications numériques pour l’Afrique :

Souveraineté des données et tiers de confiance : face à l’extraterritorialité des législations étrangères (comme le CLOUD Act américain) et aux exigences strictes du RGPD européen, la Tunisie peut devenir le sanctuaire de données hautement sécurisé pour les capitaux et les institutions africaines.

Standardisation de l’IA et de la FinTech : en certifiant la transparence algorithmique et la sécurité des services financiers automatisés (visant le « Zéro Subjectivité »), nos institutions créent l’écosystème de confiance indispensable pour que les grandes fortunes africaines investissent massivement à travers nos canaux formels.

Le hub énergétique : certifier la molécule et l’électron verts

Le numérique est un gouffre énergétique, et l’Europe est en quête désespérée de décarbonation. À l’intersection des corridors électriques et des futurs pipelines d’hydrogène propre, la Tunisie a l’opportunité historique de devenir la plateforme de certification de l’énergie verte euro-africaine.

L’attraction des capitaux par la conformité : les fonds d’investissement et les très hauts patrimoines africains cherchent des projets d’infrastructure durables, labellisés selon les critères ESG (Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance).

La douane carbone aux portes de l’Europe : en développant des mécanismes souverains de certification carbone et d’audit énergétique aux normes européennes sur le sol tunisien, nous offrons aux producteurs d’énergie africains le sésame indispensable pour exporter vers le marché européen. Nous transformons ainsi notre position géographique en levier de négociation macroéconomique pur.

Le choix de la rupture systémique

La Tunisie ne résoudra pas ses équations budgétaires par de vieilles méthodes ou en subissant passivement l’exode de son capital humain et financier. L’assainissement de nos perspectives économiques exige une rupture systémique : devenir la frontière normative où l’énergie et le numérique africains obtiennent leur légitimité internationale.

 

Le World Ultra Wealth Report 2026 nous montre que l’argent est là ; le Plan 2026-2030 nous donne le cadre opérationnel. Il ne nous reste plus qu’à imposer notre code – notre « Software » de gouvernance – pour devenir le pivot incontournable de ce nouvel ordre économique mondial.

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Les analyses et propos contenus dans cette tribune n’engagent que l’auteur.

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Rétrophoto : L’hôtel du Lac entre hier et demain

15. Juli 2026 um 11:37

Alors que le chantier de l’hôtel du lac est actuellement au point zéro, cette photographie de la fin des années soixante montre cet établissement alors en cours de construction.

Que dire sinon que la photo d’hier ressemble comme une copie à celle d’aujourd’hui ! En attendant, la pyramide de Tunis attend toujours une rénovation.

Snapshot : L'hôtel du lac comme un gruyère
L’Hôtel du Lac, aujourd’hui

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Snapshot : Ruines attendent déblayage désespérément

14. Juli 2026 um 12:32

Rue de l’Ancienne Douane, dans la médina de Tunis. Il y a quelques mois, un immeuble vétuste s’est effondré et depuis, les gravats n’ont pas bougé.

Ils étaient encore entassés ce matin et même renforcés par d’autres détritus venus renforcer l’impression de délaissement. Seul signe de vie des édiles, la rue a été fermée à la circulation pédestre, ce qui malheureusement ne change rien à ce paysage de désolation à quelques dizaines de mètres de Bab Bhar.

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Lettre à France, un 14 juillet

14. Juli 2026 um 12:28

Si j’étais français – mais ne le suis-je pas, par la langue et mon histoire personnelle ? -, je me pencherais davantage sur la construction de mon pays. De Bouvines à Valmy, de Clovis à Danton, le récit national français regorge d’épisodes soulignant une cohésion en construction perpétuelle.

La France, c’est une nation inclusive, une république  civique, un projet dont la liberté, l’égalité et la fraternité sont l’horizon.

La France, c’est Rousseau, Voltaire, Proudhon, Saint-Simon, Camus, Sartre et Yourcenar.

Comme nous l’ont appris les philosophes, toute révolution est permanente, s’achève pour reprendre un nouveau cycle. Toute nation évolue, intègre, réussit, se trompe, a raison mais continue toujours à avancer.

Et si la France de 2026 n’est pas celle de 1789, elle reste une balise essentielle dans l’histoire contemporaine. Loin des discours et des argumentaires, je voudrais, avec des mots simples, saluer ce pays-monde et lui dire, au nom de notre histoire commune parfois sereine parfois heurtée, que nous marchons ensemble en quête de nouvelles synthèses.

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Plan iranien visant à assassiner Trump : à qui profiterait le crime ?

14. Juli 2026 um 10:40

Le renseignement israélien aurait informé Washington d’un nouveau complot iranien visant à assassiner Donald Trump. Menace réelle ou manœuvre destinée à pousser le président américain à poursuivre ses frappes contre la République islamique ?

 

Donald Trump est-il réellement confronté à une menace réelle contre sa sécurité, ou s’agit-il d’une sournoise manœuvre israélienne destinée à torpiller l’accord de paix laborieusement négocié entre Washington et Téhéran mais jugé par le gouvernement Netanyahou contraire aux « intérêts vitaux de l’Etat hébreu ? Et ce, dans l’espoir d’entraîner encore une fois le président américain dans une nouvelle aventure militaire contre le régime des mollahs.

Lire aussi : Netanyahu échoue à saboter l’accord de paix irano-américain

Scepticisme

Toujours est-il que selon la presse américaine, Tel-Aviv aurait transmis à Washington des informations émanant de ses services de renseignement et qui « prouvent » que le pouvoir iranien a ourdi un nouveau plan visant à assassiner le milliardaire républicain pour venger l’assassinat de plusieurs hauts responsables iraniens, dont l’ayatollah Ali Khamenei, tué lors d’une frappe israélienne le 28 février. Sachant que depuis des années, l’Iran a ouvertement juré de venger l’assassinat de Qassem Soleimani, un haut général du Corps des gardiens de la révolution tué par Washington en 2020, sous le premier mandat de Donald Trump.

D’autre part, des appels à la mort de Trump ont été scandés lors des grandioses funérailles d’Ali Khamenei, qui se sont déroulées du 4 au 9 juillet où de nombreux participants ont brandi des pancartes appelant à la mort de Donald Trump et du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

Toutefois, ces informations sont à prendre avec des pincettes. Selon CNN, citant des sources proches des renseignements américains, le rapport israélien a été accueilli avec scepticisme à Washington, car perçu « comme un élément d’une stratégie israélienne plus large visant à influencer les décisions de Donald Trump concernant l’Iran ».

Ce scepticisme quant à la véracité des sources israéliennes est justifié par la méfiance du président octogénaire envers Benyamin Netanyahou sur fond de divergences majeures quant à la poursuite de la guerre contre l’Iran.

Réactions en arc-en-ciel

Comment le locataire de la Maison Blanche a-t-il réagi à ces menaces supposées qui pèsent sur son auguste personne ?

D’abord, en relativisant dans un premier temps la portée de ces révélations : « Non, non. Israël n’a rien trouvé de tel. Je suis en tête de liste depuis longtemps. C’est la vie, vous savez », a-t-il confié au quotidien conservateur le New York Post.

Ensuite, en exhibant son statut de victime patentée : « Ils veulent éliminer le dirigeant américain, c’est-à-dire moi. Je figure sur toutes les listes. J’ai vu ce matin que je suis sur chacune de leurs listes. Jusqu’ici, j’ai eu un peu de chance, je suppose, mais cela ne durera peut-être pas très longtemps », a-t-il encore ajouté.

Enfin, en ayant recours à l’unique logique qu’il connaît : la loi de Talion. Ainsi, a-t-il menacé de « détruire complètement » l’Iran en cas de tentative d’assassinat contre lui, affirmant que « Mille missiles sont prêts à être tirés et braqués sur la République islamique d’Iran, et des milliers d’autres suivront immédiatement si le gouvernement iranien met sa menace à exécution », a-t-il écrit dans un message publié sur son réseau Truth Social.

Et ce n’est pas tout. Dans une nouvelle mise en garde à Téhéran, Trump a affirmé que les États-Unis « anéantiraient et détruiraient complètement l’ensemble du territoire iranien », s’il était visé.

Rien de surprenant de la part d’un homme qui a déjà menacé d’effacer de la carte la civilisation iranienne. En effet, le 7 avril dernier, Donald Trump lançait cette mise en garde glaçante : « Une civilisation entière va disparaître ce soir, pour ne plus jamais renaître ». Une déclaration d’autant plus saisissante qu’elle émanait du dirigeant d’un pays qui s’apprêtait à célébrer les 250 ans de son indépendance, et qui évoque sans détour l’anéantissement d’une civilisation vieille de plus de 5 000 ans !

Faut-il pour autant prendre l’imprévisible président américain au sérieux ? Dans une énième volte-face, il a déclaré vendredi 10 juillet avoir accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en affirmant que le cessez-le-feu prévu par l’« accord-cadre » conclu entre les deux pays en juin « avait désormais pris fin ».

Un accord fragile

Pour rappel, les deux pays belligérants étaient à deux doigts de conclure un accord de paix historique susceptible de mettre fin aux hostilités. En effet, cet accord-cadre prévoyait une cessation des hostilités entre Washington et Téhéran. Les États-Unis s’engageaient à lever leur blocus naval de l’Iran, tandis que Téhéran devait rouvrir le détroit d’Ormuz et réaffirmer qu’il « ne cherchera pas à se procurer ni à développer des armes nucléaires ». Le mémorandum accordait par ailleurs aux deux parties un délai de 60 jours pour parvenir à un accord définitif. Mais une série de frappes de représailles menées cette semaine par les deux camps menace désormais de compromettre les efforts en vue de conclure un accord final.

Pour quelle raison ? Au cœur du bras de fer entre Washington et Téhéran, le détroit d’Ormuz, un passage stratégique pour le transport mondial de pétrole et de gaz, a été de facto fermé par les autorités iraniennes provoquant ainsi de fortes perturbations sur les marchés de l’énergie et entraînant une nouvelle riposte militaire américaine.

Retour à la case départ. Au Proche-Orient, la paix n’est manifestement pas pour demain.

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Rétrophoto : Les immeubles disparus de la Cité de l’Air

13. Juli 2026 um 10:49

Grâce au groupe  » Carthage au XXème siècle « , une intéressante collection de photos et cartes postales anciennes relatives aux différents sites et quartiers de Carthage est visible sur les réseaux sociaux.

Parmi ces clichés, quelques uns représentent la Cité de l’Air dont l’emplacement se trouvait sur le site où a été édifiée la mosquée Imam Malek.

Cette cité avait été livrée au pic des démolisseurs à la naissance du projet de la mosquée. Plusieurs immeubles d’habitation y avaient longtemps été occupés par des militaires.

Aujourd’hui, cette cité est entrée dans la mémoire de Carthage et seules de rares images permettent de la revoir telle qu’elle fut jusqu’aux années quatre-vingt dix.

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Qian House, un restaurant aux saveurs de Chine

13. Juli 2026 um 10:03

La gamme des restaurants asiatiques est de plus en plus variée autour de Tunis quelques grandes villes. Des restaurants coréens, indiens, thai ou japonais ont ainsi vu le jour ces dernières années et connaissent un succès grandissant.

Les restaurants chinois ont pour leur part une antériorité puisque certaines de ces enseignes ont été fondées il y a une cinquantaine d’années.

Les restaurants chinois à Tunis ont longtemps été au nombre de trois : avenue Taieb Mehiri près de la porte du Belvédère ; avenue Hédi Chaker non loin de la rue Hasdrubal et aussi à l’hôtel El Mechtel où s’était installé un restaurant chinois de référence.

Aujourd’hui, le porte-flambeau de la gastronomie chinoise est sans doute le Qian House qui depuis une dizaine d’années met en valeur ses nombreuses recettes. Sise à la Marsa, cette enseigne compte parmi les tables qui comptent et constitue à la fois un lieu d’initiation à la cuisine chinoise et une vitrine de choix pour les gastronomes férus de culture chinoise.

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Street Food : Un bon vieux plat tunisien

11. Juli 2026 um 10:14

Figure incontournable du marché Lafayette, Samir Troudi a tenu pendant des décennies, une échoppe héritée de son père, au cœur d’un des quartiers les plus vivants de la capitale.

Six jours sur sept, il y a proposé des classiques de la street food tunisienne. Entre casse-croûte tradition, plat tunisien et kaftagi, Samir Troudi a toujours mis à l’honneur, la continuité.

Veillant à la fraîcheur des produits, à leur agencement et aux saveurs qui se conjuguent, Samir a tout d’un chef d’orchestre qui offre aussi bnadeq et kefta pour souligner son ancrage dans le fait-maison.

Choisissant lui-même olives, câpres et salaisons, ses plats tunisiens sont un bouquet de couleurs pour ne pas dire des œuvres d’art éphémère.

Lui, veille au grain, a un mot pour chacun et, parfois, se laisse aller à une conversation où il laisse éclore sa connaissance des coutumes, sa passion pour son métier et aussi sa foi profonde.

Dans l’esprit du Tunis d’antan et de toujours, tôt le matin, il met l’ouvrage sur le métier et, peut-être sans le savoir, contribue à la sauvegarde d’un patrimoine culinaire pluriel.

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Taxées, sollicitées, détestées : le drôle de destin des banques en Tunisie

01. Juli 2026 um 16:00

Les banques sont probablement les seules entreprises que l’on peut détester le matin, insulter à midi et supplier le soir. Elles constituent ce personnage incontournable de notre économie auquel on reproche absolument tout, mais dont personne ne semble réellement pouvoir se passer. Elles sont cupides, elles prennent trop de commissions, elles prêtent trop cher, elles...

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Sihem Ben Sedrine, la coupable innocente

29. Juni 2026 um 15:59

La condamnation de Sihem Ben Sedrine à 25 ans de prison a fait grand bruit. À peine le verdict rendu, dans la nuit de jeudi à vendredi, les réactions se sont multipliées. L’Union européenne, la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et la Ligue tunisienne des droits de l’Homme ont exprimé leur inquiétude et dénoncé une nouvelle...

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Le maillot numéro 1 n’est jamais attribué à vie

27. Juni 2026 um 16:00

Épisode 1 – Le tableau lumineux a parlé J’ai longtemps cru que le numéro 1 était un privilège. Puis j’ai regardé la Coupe du monde. Quelques jours avant le départ des Aigles de Carthage, les joueurs ont offert au président Kaïs Saïed un maillot floqué du numéro 1. C’est une vieille tradition. On offre au...

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Plan 2026-2030 : des ambitions, mais avec quels moyens ?

26. Juni 2026 um 09:43

Les représentants de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) et les élus au Conseil national des régions et districts auront-ils le délai suffisant pour examiner les documents du projet de Plan de développement 2026-2030 ? Car, le ministère de l’Économie et de la Planification n’y est pas allé avec le dos de la cuillère mais à...

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À 70 ans, l’armée tunisienne continue de décevoir les complotistes

24. Juni 2026 um 15:59

En Tunisie, il existe un énorme déficit de confiance que l’on peut attribuer à des dizaines de raisons culturelles, historiques et autres. Donc, tous ceux qui ont besoin d’alimenter leur crédit vont le chercher dans une institution : l’armée nationale. Depuis des décennies, chaque crise politique, chaque conflit institutionnel et chaque période de tension voit apparaître...

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