Normale Ansicht

Everyday Tunisians : Monia à l’orée des souks

12. Mai 2026 um 08:50

Entre la mosquée Youssef Dey, l’hôpital Aziza Othmana et le souk des bijoutiers, Monia tient un stand dont elle a hérité l’emplacement, de sa mère Halima, qui a longtemps officié en ces lieux.

Monia propose aux passants, de l’eau, des bonbons, du tabac, des parfums et une multitude d’objets qui trouvent toujours preneur. Appréciée de tous, elle n’hésite jamais à se lancer dans une conversation ou prodiguer ses conseils aux infirmières, aux lycéens et aux artisans du coin.

Avant elle, sa mère avait joué le même rôle de proximité. À l’image d’une matrone antique, Halima dont le visage était tatoué et le maintien altier, rayonnait sur le voisinage, constituant un passage obligé pour le brin de causette et les petits achats.

Fidèle à la mémoire de sa mère, Monia continue à creuser dans le même sillon. Tous les jours elle est à son poste, contre la porte verte des souks, là où elle décline au quotidien, tout son art de la proximité.

L’article Everyday Tunisians : Monia à l’orée des souks est apparu en premier sur webdo.

Everyday Tunisians : Jalel et les parfums d’antan

03. Mai 2026 um 10:29

Jalel El Benna travaille dans la plus attachante des boutiques dans les souks de Tunis. À la confluence des Attarine et des Ghrablia, ce parfumeur est installé dans le souvenir de son aïeul dont le portrait illumine les céans.

Des colonnes tout droit jaillies de l’Antiquité portent le poids de cette boutique immémoriale dont la même famille tient les rênes depuis deux siècles.

Fondée par Hadj Mohamed Khemiri, l’échoppe ne paie pas de mine. Pourtant, Tahar Haddad ou Aboul Kacem Chebbi venaient s’y asseoir à l’ombre de la vénérable Zitouna.

Depuis son plus jeune âge, Jalel a fréquenté ces lieux où il passait après l’école ou durant les vacances. Initié au monde du parfum par son grand-père, il collectionne les vieux flacons et quelques onguents.

Entouré d’effluves, il accueille amis et clients tout en cultivant son jardin secret aux portes grandes ouvertes. Un peu de l’âme de la médina se niche dans cette boutique à la fois lumineuse, fanée et immortelle.

L’article Everyday Tunisians : Jalel et les parfums d’antan est apparu en premier sur webdo.

Everyday Tunisians : Le souvenir des balghajiyas d’antan

26. Februar 2026 um 09:43

Créateur de babouches ! C’est au fond le métier de Nizar Fitouri qui, au cœur du souk des balghajiyas, est toujours penché sur son établi, veillant aux textures du cuir, aux proportions des pièces et à l’harmonie de l’assemblage.

Ici, tout est fait main, par un homme seul face à ses mains, son art et une tradition immémoriale héritée de son père.

Nizar Fitouri travaille avec amour sans jamais se départir d’une modestie naturelle. Accueillant, il abandonne son ouvrage quelques minutes pour recevoir un ami ou un client, puis inlassablement, reprend ses gestes et ses outils.

Minuscule, son échoppe jubile de mille couleurs et autant de chaussons exposés à même les murs. Y règne aussi une subtile odeur de cuir qui vous enveloppe alors que des babouches, des diplômes et quelques photos accrochent le regard.

De journée laborieuse en création nouvelle, Nizar Fitouri perpétue un métier et le sait. Il a vu les anciens partir, leurs boutiques fermées et parfois oubliés.
Il a vu s’éteindre les derniers selliers et autres passementiers. Il a vu les souks entrer dans une inéluctable mutation.

Ce monde qui s’effondre, cet autre qui s’affirme, ne l’empêchent pas, impassible et déterminé, de poursuivre la tâche que ses doigts connaissent par cœur.

Artisan, il possède une étincelle de cet immuable qui nous fonde mais sans cesse s’effrite.

Lire aussi :

L’article Everyday Tunisians : Le souvenir des balghajiyas d’antan est apparu en premier sur webdo.

Teboursouk : la Princesse Léa de Belgique inaugure une résidence d’artistes

La « Fondation Ben Abbes Stichting » a récemment invité la Princesse Léa de Belgique en Tunisie. Dans son programme d’activités, l’inauguration d’une résidence d’artistes à Teboursouk appelée à devenir également une maison d’hôtes.

La Princesse Léa de Belgique a effectué ce samedi 15 novembre un circuit culturel dans la région du Nord-Ouest, incluant Teboursouk, où elle a inauguré une résidence de création artistique, ainsi que le site archéologique de Dougga et la ville de Testour.

residence-artistes-dar-ben-abbes

Située à une centaine de kilomètres à l’ouest de Tunis, Teboursouk relève du gouvernorat de Béja. Nichée sur une colline de plus de 400 mètres d’altitude, cette petite ville séduit par ses ruelles étroites et pentues, offrant une vue panoramique sur les environs. Ses habitants ont su préserver leurs coutumes locales et perpétuent une grande hospitalité envers les visiteurs. C’est dans cette ville que se trouve l’ancienne demeure familiale de Mahmoud Ben Abbès, président d’une fondation belgo-tunisienne qui porte son nom, sera transformée en une résidence destinée à accueillir écrivains et artistes issus de divers domaines.

teboursouk-visite-dar-ben-abbes

Une partie de la ville de Teboursouk vue de la terrasse de Dar Ben Abbes.

Une résidence inaugurée par la Princesse, en présence de l’ambassadeur de Belgique en Tunisie, François Dumont, et autres personnalités connues pour leur engagement envers la Tunisie et leur attachement à ce pays. Des journalistes, universitaires et artistes tunisiens ont également assisté à l’événement.

Un cadre apaisant et confortable

La demeure se compose de trois suites, chacune portant le nom d’une des épouses de l’ancien propriétaire afin de préserver l’histoire du lieu. Des travaux de rénovation ont été réalisés, apportant une touche de luxe et de raffinement qui rappelle l’époque beylicale. Le mobilier des chambres, du séjour et de la grande salle à manger est orné de dorures et de motifs délicats, donnant aux lieux un charme subtil où tradition et esthétique s’entrelacent. Depuis la terrasse du troisième étage, on profite d’une vue imprenable sur les maisons blanchies à la chaux et les plaines verdoyantes à l’infini. Sans surcharge ni excès, « Dar Ben Abbes » offre un cadre apaisant et confortable, loin du tumulte des grandes villes et propice à l’inspiration et à la création.

teboursouk-maison-ben-abbes

L’entrée de Dar Ben Abbes, dans la vieille ville de Teboursouk.

Une première œuvre est déjà exposée à l’entrée : une aquarelle de l’artiste et Consul honoraire François Piers, représentant la maison et la rue où elle se situe avec des couleurs d’une grande douceur. M. Piers s’est déjà inspiré des paysages et des portraits tunisiens dans ses peintures et sculptures. Il a même exposé à la Galerie Musk and Amber. L’ambiance artistique est ainsi déjà installée, prête à accueillir les futurs résidents.

francois-piers-ben-abbes-stichting

Le tableau faisant face à la princesse signant le livre d’or de la résidence.

Visite à Dougga

La Princesse Léa de Belgique s’est ensuite rendue sur le site archéologique de Dougga, situé à quelques kilomètres de Teboursouk. Fondée vers la fin du VIᵉ siècle av. J.-C., cette cité est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1997. Implantée au cœur de plaines verdoyantes, elle s’étend sur environ 75 hectares. Par sa taille, son exceptionnel état de conservation et la richesse de ses monuments, Dougga constitue l’un des sites antiques les plus importants d’Afrique du Nord. On y trouve notamment un mausolée libyco-punique, un Capitole, un théâtre, ainsi que plusieurs temples et de nombreux autres édifices.

Deux historiens de renom ont accompagné cette visite : le Pr Christian Cannuyer, historien, orientaliste, docteur en égyptologie et Président de la Société royale belge d’études orientales depuis plus de trente ans, et le Pr Mohamed Hassine Fantar, historien, archéologue et universitaire tunisien. Tous deux s’étaient d’ailleurs retrouvés deux jours auparavant lors d’une conférence internationale présidée par la Princesse au Palais Ennejma Ezzahra.

La visite s’est ensuite poursuivie vers Testour. Cette petite ville a su garder son âme, sa sobriété et une élégante empreinte d’art mauresque. En cette saison des grenades, dont elle est particulièrement célèbre, les marchands de jus frais abondent dans les rues. Des stands proposant des créations artisanales ainsi que des spécialités culinaires exclusivement produites à Testour ont également attiré l’attention des hôtes tunisiens et étrangers.

Richesse historique

Ce circuit à travers les villes du Nord-Ouest tunisien a été vivement apprécié aussi bien par les invités belges que par les Tunisiens qui ont redécouvert ces ruelles et ces paysages avec un regard émerveillé. Une fois de plus, il démontre que notre pays possède de nombreux atouts capables de séduire, bien au-delà de ses stations balnéaires et des circuits touristiques classiques. La richesse historique, la beauté naturelle et l’authenticité de ces cités qui ont su préserver leur simplicité d’antan constituent un patrimoine inestimable et une source d’inspiration pour tous ceux qui les parcourent.

Conseiller en diplomatie économique du Royaume de Belgique, Mahmoud Ben Abbès a mis sur pied la Fondation Ben Abbes avec plusieurs personnalités belges de premier plan. Conçue comme un pont culturel et humain entre la Belgique et la Tunisie, elle œuvre pour le dialogue, la créativité et le renforcement des liens d’amitié entre les deux pays.

Amal BOU OUNI

L’article Teboursouk : la Princesse Léa de Belgique inaugure une résidence d’artistes est apparu en premier sur Tourisme, hôtels, voyages en Tunisie et ailleurs.

❌