Normale Ansicht

Es gibt neue verfügbare Artikel. Klicken Sie, um die Seite zu aktualisieren.
Heute — 09. Mai 2026Haupt-Feeds

Libye : la raffinerie de Zaouïa à l’arrêt après des affrontements armés

09. Mai 2026 um 12:14

La Libye a été confrontée à une nouvelle perturbation majeure de son secteur énergétique après l’arrêt total des activités de la raffinerie de Zaouïa, située à environ 40 kilomètres à l’ouest de Tripoli, à la suite d’affrontements armés ayant éclaté à proximité du complexe pétrolier.

La société Azzawiya Oil Refining Company annonce avoir déclenché des mesures d’urgence, dans la soirée du 8 mai, après des échanges de tirs et des bombardements dans les environs immédiats du site. Selon l’opérateur, plusieurs obus de gros calibre sont tombés à l’intérieur même des installations, y compris dans des zones opérationnelles du complexe.

Face à l’aggravation de la situation sécuritaire, les autorités de la raffinerie ont décidé d’interrompre complètement les opérations et d’évacuer tous les pétroliers présents dans le port afin de protéger les employés, les infrastructures et l’environnement. Un état d’urgence a également été décrété sur le site.

La National Oil Corporation (NOC), compagnie pétrolière nationale libyenne, a confirmé que plusieurs projectiles avaient atteint différentes parties du complexe sans provoquer, à ce stade, de dégâts majeurs. L’entreprise a toutefois averti que l’extension des affrontements vers les quartiers résidentiels voisins augmentait considérablement les risques pour les installations pétrolières et pour la population locale.

La raffinerie de Zaouïa est considérée comme la plus importante encore pleinement opérationnelle en Libye. Sa capacité de traitement atteint environ 120 000 barils par jour. Le site est relié au champ pétrolier géant de Sharara, dont la production avoisine 300 000 barils quotidiens, faisant de cette infrastructure un élément stratégique de l’approvisionnement énergétique du pays.

Selon plusieurs médias locaux et régionaux, les affrontements seraient liés à une vaste opération sécuritaire menée par des forces armées et des unités de sécurité dans la ville de Zaouïa contre des groupes criminels impliqués notamment dans les trafics d’armes, de carburant, de drogue et dans les réseaux de migration clandestine…

Cette nouvelle crise intervient dans un contexte où le secteur pétrolier demeure au cœur des rivalités politiques et militaires libyennes. Depuis plus d’une décennie, les installations énergétiques du pays sont régulièrement affectées par des blocages, des affrontements armés ou des luttes d’influence entre groupes rivaux, perturbant fréquemment la production et les exportations de brut.

L’article Libye : la raffinerie de Zaouïa à l’arrêt après des affrontements armés est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Le Sahel au bord du gouffre

09. Mai 2026 um 09:42

Pendant que le monde se focalise sur le Moyen Orient, le Sahel se défait, de la Méditerranée à la mer Rouge, de l’océan Indien aux côtes de l’Atlantique. Dans les sables brûlants du Sahel, l’État n’est plus qu’un fantôme, une fiction administrative en dissolution accélérée. Ce n’est pas un accident de l’histoire. C’est l’aboutissement d’une abdication collective, aux responsabilités partagées entre puissances coloniales avec la non viabilité de leurs découpages territoriaux, gouvernants, partenaires extérieurs complaisants et institutions internationales sourdes aux réalités qu’elles prétendaient transformer.

Yahya Ould Amar *

Les ruines sont désormais visibles – reste à savoir jusqu’où l’onde de choc ira. Le Sahel est devenu le laboratoire mondial de ce qui arrive lorsque l’État cesse d’être une promesse commune et que la souveraineté se fragmente entre milices, trafiquants, juntes, puissances étrangères et communautés abandonnées.

L’État fantôme

Il faut nommer les réalités sans détour, même lorsqu’elles dérangent, l’État sahélien est devenu une anomalie historique faute de viabilité durable.

La racine des conflits armés au Sahel n’est ni exclusivement religieuse, ni seulement ethnique ou climatique, elle réside d’abord dans la faillite de l’État comme arbitre légitime. Le contrat social s’est brisé. Trop souvent replié sur la capitale, capturé par des «élites» prédatrices, incapable de protéger, de redistribuer, de juger équitablement et d’assurer les services publics élémentaires, l’État a cessé d’apparaître comme une promesse commune pour devenir, dans de vastes périphéries, une présence intermittente.

Là où il ne protège plus, d’autres souverainetés s’installent comme les autorités tribales, les réseaux religieux, les milices communautaires, les groupes armés, les trafiquants et entrepreneurs de guerre.

La pauvreté, la corruption, l’exclusion de communautés entières, les rivalités pastorales et foncières, la pression démographique, les chocs climatiques avec la raréfaction de l’eau et des pâturages, la circulation des armes, les trafics transfrontaliers et les ingérences étrangères ne sont donc pas des causes isolées – ce sont les accélérateurs d’un même effondrement politique.

Entre promesses de développement trahies, générations sacrifiées, territoires abandonnés, populations déplacées et armées devenues arbitres du pouvoir, la frontière entre l’État faible et l’État fantôme a été franchie presque partout au Sahel, jusqu’à ce que les ruines rendent l’effondrement visible.

Lorsque l’État échoue trop longtemps, les peuples cessent d’y croire et finissent par accepter n’importe quel ordre, pourvu qu’il donne l’illusion d’une protection.

Il serait abusif d’imputer l’échec de la construction étatique au Sahel à un rejet supposé de l’État par les sociétés sahéliennes, comme si celui-ci n’était qu’une anomalie historique étrangère à leurs réalités.

De la fiction administrative à l’arc du chaos

Du Mali en lambeaux au Soudan dévasté, du Niger fragilisé à la Libye morcelée sur les rives méditerranéennes, jusqu’en Somalie aux abords de la mer Rouge et de l’océan Indien en passant par l’Ethiopie, se dessine une vaste continuité de délitement étatique qui reconfigure le flanc sud de l’Europe.

Seul Djibouti, préservé des déchirures qui l’avaient meurtri durant une décennie jusqu’en 2001, échappe aujourd’hui au délitement tragique des États de la région. Par sa stabilité, sa position stratégique en face du détroit de Bab El Mendeb, du Yémen et de l’Arabie Saoudite, son hospitalité et son rôle de carrefour entre la mer Rouge et la Corne de l’Afrique, il s’affirme comme une terre de refuge, de paix et d’investissement dans un environnement régional gagné par les conflits armés.

Il faut regarder cette réalité de délitement sans détour, avant que les foyers de crise aujourd’hui dispersés ne s’agrègent en un arc d’instabilité continu, reliant les rivages de l’océan Indien à ceux de l’Atlantique, la Méditerranée à la mer Rouge, faisant de l’Afrique le continent du chaos et de la désolation.

Ce que Paris, Londres et Washington décrivent comme un simple déficit de gouvernance relève en réalité d’une crise plus profonde, liée à l’épuisement d’un modèle étatique de façade, faiblement enraciné et toujours concurrencé par des loyautés plus anciennes — tribales, régionales, confessionnelles ou claniques. Longtemps maintenu par la rente, l’aide internationale et l’assistance militaire, l’État sahélien voit aujourd’hui ses trois béquilles s’écrouler en même temps.

Les coups d’État militaires survenus ces dernières années au Mali, au Burkina Faso et au Niger constituent des symptômes avancés d’un affaissement profond de l’autorité publique, et des signaux d’alerte pour l’ensemble des États voisins. Les juntes ont pris le contrôle d’appareils bureaucratiques déjà fantomatiques, dont l’autorité est largement contestée à l’intérieur de leurs frontières. Ces régimes peuvent durer comme appareils de coercition, mais non comme projets politiques viables.

La démographie ajoute une dimension explosive que les analyses conventionnelles traitent, par myopie, comme un dividende accélérateur de croissance économique, alors qu’elle constitue le multiplicateur des crises. Une population qui double dans des États – en crise économique – qui s’affaiblissent, dans un environnement climatique qui se désertifie, cette équation n’a pas de solution pacifique à moyen terme.

Le changement climatique n’est pas une menace future au Sahel — c’est un fait présent et cumulatif. La zone de précipitations utiles recule vers le sud de 50 à 80 km par décennie.

Cette équation démographique et climatique rejoint une loi plus profonde de l’économie, les sociétés ne divergent pas seulement par leurs richesses, mais par les cercles cumulatifs — vertueux ou destructeurs — dans lesquels elles sont enfermées.

En effet, il existe, dans la théorie économique des nations fragiles, un seuil invisible – point critique où le revenu réel, la capacité productive et la puissance fiscale deviennent suffisants pour transformer la survie économique en dynamique cumulative de développement – mais décisif, en deçà, la pauvreté cesse d’être un simple retard de développement pour devenir une force d’aspiration vers le bas ; au-delà, l’accumulation du capital, de la confiance, de l’éducation, des infrastructures et des institutions peut au contraire produire une dynamique cumulative de prospérité.

Gunnar Myrdal avait montré que le sous-développement n’est pas un état immobile, mais un processus circulaire, la faiblesse des revenus réduit l’épargne, l’investissement et la qualité des services publics ; cette faiblesse dégrade à son tour la productivité, nourrit l’exode des compétences, accroît la défiance envers l’État, affaiblit la fiscalité, puis réduit encore davantage la capacité publique à protéger, instruire, soigner et équiper le territoire.

Le Sahel est précisément pris dans cette causalité cumulative négative, des États pauvres administrent des territoires immenses, jeunes, fragmentés et climatiquement vulnérables avec des ressources fiscales dérisoires ; leur impuissance économique devient impuissance politique, puis leur impuissance politique aggrave leur impuissance économique.

Tant qu’un pays ne franchit pas le seuil critique où l’investissement public, la sécurité, l’éducation, la justice et les infrastructures commencent à se renforcer mutuellement, il risque d’être aspiré par une spirale où chaque retard prépare le suivant, et où la pauvreté devient une architecture durable de la guerre.

La question décisive est de savoir si l’Etat sahélien n’est pas, en deçà de ce seuil critique de revenu, de capacité productive, donc condamné à devenir un État fantôme, non viable, trop pauvre pour protéger, trop faible pour administrer, trop absent pour unir, trop discrédité pour gouverner.

Dans cet immense espace sahélien de près de cinq millions de kilomètres carrés, l’État sahélien se défait sous nos yeux. Héritées des conférences coloniales de la fin du XIXᵉ siècle, ces architectures politiques — frontières tracées à l’équerre, découpages imposés à des sociétés complexes, indifférence aux réalités ethniques, linguistiques, religieuses et aux conditions mêmes de viabilité économique — n’ont que rarement réussi à se transformer en véritables nations.

Les groupes armés ne sont plus seulement des acteurs militaires. Ils sont devenus des prestataires de services : justice appliquée de façon cohérente là où les tribunaux étatiques ne sont que corruption organisée, redistribution économique là où l’État prélève sans donner, protection physique là où la sécurité est inexistante, parfois les armées nationales y commettent des atrocités. Leur modèle est l’administration territoriale. Ce sont les Talibans de 1994 à 1996 — et nous savons où cette trajectoire conduit.

Des dominos à des stades différents d’inclinaison

L’idée du cordon sanitaire — isoler le Sahel, contenir sa contagion par des frontières renforcées — se fracasse sur une réalité géographique et humaine qui la précède de plusieurs siècles, dans cet espace, les frontières n’ont jamais été des réalités physiques pour les populations y compris les frontières maritimes.

La Libye est le cas le plus éloquent. Elle n’est pas une victime de l’instabilité sahélienne — elle en est l’amplificateur structurel. La destruction de l’État libyen par l’intervention de l’Otan en  2011 a ouvert dans tout le Sahel un immense marché noir des armes, transformant les arsenaux libyens en carburant militaire du chaos régional.

Aujourd’hui bicéphale — Tripoli soutenue par la Turquie et le Qatar, Benghazi par les Émirats, l’Égypte et les successeurs de Wagner — la Libye entretient une partition dont chaque parrain tire profit et que personne n’a réellement intérêt à résoudre. Ses 1700 kilomètres de frontière commune avec le Niger, le Tchad, le Soudan et l’Algérie sont des artères vitales pour les trafics de migrants, d’armes et de drogue.

Plus au Sud, le Nigéria — 230 millions d’habitants, premier producteur pétrolier du continent — vit une guerre civile rampante que les observateurs s’obstinent à traiter comme un problème de gouvernance régionale. Boko Haram et l’ISWAP (l’État islamique Afrique de l’Ouest) contrôlent des portions entières des États du Nord-Est depuis 2009. Leur connexion avec le GSIM sahélien est opérationnelle. Le Sahel et le Nigéria forment désormais un continuum sécuritaire. Un Nigéria en décomposition partielle serait une recomposition comparable en impact géopolitique à la désintégration soviétique — mais à une échelle démographique dix fois supérieure. Les États côtiers qui avaient été présentés comme des succès — Côte d’Ivoire, Ghana, Sénégal — voient leurs régions septentrionales pénétrées selon exactement le même modèle de diffusion qu’au Mali d’avant 2012, d’abord les zones rurales frontalières, ensuite les axes routiers, enfin les villes secondaires. La fenêtre d’action préventive se ferme dans les trois à cinq ans.

Si le verrou algérien céderait…

Il est un pays, l’Algérie, dont l’effondrement, que personne de la région ne souhaite, concentrerait en un seul choc géopolitique toutes les catastrophes évoquées jusqu’ici — et auquel les capitales occidentales consacrent une réflexion stratégique désespérément insuffisante, considérant le pays comme une menace en cas de conflit majeur. Non pas parce qu’une catastrophe est imminente mais parce qu’elle est calculable, et que ses effets seraient proprement incommensurables avec le basculement dans le chaos de plusieurs états de la région et au-delà.

L’Algérie est un pôle de stabilité régionale dont la continuité repose sur deux variables, le prix du pétrole et le pari sur son développement industriel. Le pays est engagé dans une transition industrielle réelle, soutenue par des investissements massifs et des projets structurants, réduisant à l’horizon 2030 sa dépendance aux hydrocarbures.

Les revenus des hydrocarbures financent la paix sociale avec des subventions massives sur les carburants, l’alimentation, emploi public à environ 34 % de la population active. Les réserves de change sont passées de 143 milliards de dollars en 2014 à 47 milliards en 2025. La fenêtre de viabilité financière se ferme dans cinq à sept ans, peut-être moins si la transition énergétique européenne et mondiale vers la décarbonisation réduit les prix et achats du gaz algérien.

Mais la menace algérienne brandie par une partie des élites et médias en Occident est tripolaire — et c’est précisément pourquoi elle est si difficile à articuler dans les chancelleries occidentales habituées à des diagnostics binaires.

Premier pôle : le risque d’effondrement interne

L’Algérie est solide, mais si le régime vacille sous la pression conjuguée d’une crise économique ou sanctions imposées et d’une déstabilisation orchestrée de l’extérieur, ce sont les 6000 kilomètres de frontières avec la Libye, le Niger, le Mali et la Mauritanie qui deviennent des passoires absolues. Si Alger bascule dans une instabilité ouvrant sur la Méditerranée, c’est une vague migratoire d’une ampleur sans précédent vers la France, l’Italie et l’Espagne, avec tout ce que cela aura comme impact politique en Europe.

Deuxième pôle : l’Algérie comme menace aux intérêts occidentaux

Ici, il faut nommer ce que les diplomates occidentaux ne formulent pas publiquement, que l’Algérie est un acteur hostile aux intérêts stratégiques de l’Occident sur plusieurs dossiers simultanés. Entre autres, ses achats d’armements russes massifs — Alger est le troisième importateur mondial d’armes russes après l’Inde et la Chine — envoient un signal explicite sur ses alignements stratégiques réels. Sa relation entretenue avec Moscou pendant et après l’invasion de l’Ukraine, son refus de condamner la Russie à l’Onu, et sa politique de non-alignement revendiquée, considérée comme une couverture diplomatique pour un penchant structurel anti-occidental. En cas de crise majeure, les bases aériennes et navales algériennes pourraient être utilisées — ou proposées — à des acteurs hostiles à l’Otan.

Troisième pôle : l’Algérie dans l’axe des puissances menaçantes

Et c’est ici que le tableau géopolitique prend sa dimension la plus inquiétante pour l’Occident. L’Algérie s’inscrit dans un axe de puissances dont chacune, à des degrés divers et selon des logiques propres, représente aujourd’hui un défi existentiel pour l’ordre occidental en Méditerranée et en Afrique. La Turquie d’Erdogan a construit une présence militaire en Libye, noué des alliances avec les juntes sahéliennes via la Diyanet et les marchands d’armes, et utilisé les flux migratoires comme levier de chantage systématique sur l’Europe. Elle est membre de l’Otan tout en sapant méthodiquement ses intérêts — combinaison paradoxale qui paralyse pour le moment toute réponse collective occidentale. L’Égypte du maréchal Sissi soutient Haftar en Libye, maintient des contacts réguliers avec Moscou et Pékin, et conduit une politique sahélienne visant à contrebalancer l’influence européenne et à sécuriser son flanc occidental — notamment via le Soudan, aujourd’hui en guerre civile avec des ramifications qui s’étendent jusqu’à la mer Rouge. Ces trois pays — Algérie, Turquie, Égypte — ne forment pas un bloc homogène. Mais ils partagent une caractéristique stratégique décisive en cas de conflit majeur, ils occupent les positions-clés du verrou méditerranéen, et leur politique étrangère est, dans les faits, structurellement incompatible avec les intérêts de sécurité européens.

Personne n’a intérêt à la paix

La Russie a déployé l’Africa Corps au Mali, au Burkina, au Niger, en Libye et en République centrafricaine pour un coût financé en partie via des concessions minières. Elle chasse l’Occident de ses zones d’influence historiques, accède à l’or malien, à l’uranium nigérien, aux diamants centrafricains, et — point capital — génère délibérément des flux migratoires supplémentaires qui alimentent les populismes européens et fragilisent l’Union Européenne.

La Chine prend les ressources sans faire la guerre et sans créer d’ennemis. Pékin est le premier partenaire commercial africain depuis 2009 déployant une stratégie d’offre sans conditionnalités avec des prêts sans exigences démocratiques, des investissements sans transparence. Elle installe des entreprises d’extraction dans les zones contestées, négocie avec les groupes armés aussi facilement qu’avec les gouvernements reconnus.

La réalité la plus difficile à accepter est qu’aucun des acteurs qui ont le pouvoir de stabiliser la région n’a réellement intérêt à le faire – exceptée l’Algérie en raison de sa région Touareg. C’est un système d’intérêts croisés, d’une cohérence perverse, qui maintient le chaos comme équilibre optimal pour chacun de ses participants — sauf pour les populations sahéliennes, qui en paient le prix de leur vie.

Le drame sahélien tient précisément à cette convergence monstrueuse, ainsi pour les populations, le chaos est une tragédie ; pour plusieurs acteurs extérieurs, il est devenu une ressource. Il ouvre des accès miniers, justifie des présences militaires, affaiblit les concurrents et permet à des puissances moyennes ou globales de peser à faible coût sur l’équilibre du monde. La guerre devient, dans certains espaces, une modalité de gestion des rapports de force. Le Sahel n’est donc pas abandonné par hasard, il est aussi exploité parce que son désordre produit des dividendes stratégiques.

L’âge des souverainetés fantômes

L’hypothèse d’un effondrement total de l’Etat sahélien est aussi peu probable que celle d’une stabilisation. Ce qui s’installe, c’est une souveraineté à géométrie variable, où l’État subsiste comme enveloppe formelle — siège à l’Onu, drapeau, monnaie — pendant que le territoire réel est administré par une mosaïque d’acteurs. Groupes armés, milices ethniques tiennent les axes routiers, juntes militaires dans les capitales, compagnies étrangères dans les périmètres miniers. Chacun prélève, chacun protège, chacun gouverne à sa manière. C’est un ordre parallèle, fonctionnel et durable, précisément parce qu’il rend services là où l’État a failli.

Ce qui s’installe, c’est la privatisation de la souveraineté sur le monopole public de la contrainte, de l’impôt, de la justice et de la protection qui se disperse entre entrepreneurs de guerre, milices identitaires, compagnies étrangères, réseaux criminels et appareils militaires concurrents.

L’Alliance des États du Sahel — Mali, Burkina, Niger — est moins une construction politique qu’une posture anticoloniale commune. Les juntes partagent un discours, pas une vision. Elles se heurtent aux mêmes contraintes structurelles que les régimes qu’elles ont renversés, sans l’aide internationale qui en masquait la fragilité, ni la légitimité démocratique qui en différait l’implosion. Africa Corps ne peut pas remplacer un État. L’or malien et l’uranium nigérien financeront un temps les appareils sécuritaires, pas le développement. D’ici 2028-2030, ces régimes auront soit négocié un retour partiel à une légitimité civile, soit sombré dans une violence interne que leurs propres armées ne maîtriseront plus.

Le vrai basculement géopolitique ne viendra pas du Mali ou du Burkina mais du Sénégal, du Ghana et surtout de la Côte d’Ivoire. Ces États ont servi de contre-exemples, de preuves que la gouvernance pouvait fonctionner en Afrique de l’Ouest. Leur déstabilisation partielle — déjà engagée dans leurs régions septentrionales — invaliderait définitivement le paradigme du développement par la gouvernance, promu depuis trente ans par les institutions de Bretton Woods.

Si un scénario mérite d’être qualifié de systémique, c’est la décomposition partielle du Nigéria. Avec une économie déjà sous pression, un Nord-Est en guerre depuis quinze ans et une fédération dont les lignes de fracture ethniques et religieuses n’ont jamais été véritablement suturées, le Nigéria n’est pas un État fragile au sens conventionnel — c’est un agrégat sous tension dont la rupture provoquerait un déversement humain sans équivalent dans l’histoire africaine contemporaine.

Le Soudan et la Somalie sont l’exemple de ce que devient un territoire quand l’État a définitivement cessé d’être le cadre de référence des populations. Deux géographies distinctes, deux trajectoires différentes, une même conclusion, l’irréversibilité à court terme.

Dans ce contexte, la stabilisation durable au Sahel est improbable avant plusieurs décennies.

Enfin, le Sahel révèle ce que devient le monde lorsque l’État cesse de protéger et d’unir, une souveraineté de façade, livrée aux milices, aux trafiquants et aux puissances extérieures. Ce naufrage est l’échec d’États sans contrat social, sans justice et sans enracinement. Le choix est entre la reconstruction patiente d’États légitimes, capables de rendre justice et de protéger les peuples, ou l’acceptation d’un monde où la peur remplacera la loi, où les milices remplaceront les institutions, et où la souveraineté ne sera plus qu’un mot imprimé sur des cartes.

* Economiste, banquier et financier.

L’article Le Sahel au bord du gouffre est apparu en premier sur Kapitalis.

Ältere BeiträgeHaupt-Feeds

Des entreprises étrangères réclament plus de 130 milliards de dollars à la Libye !

28. April 2026 um 07:50

L’État libyen est aujourd’hui confronté à un véritable défi juridique et financier : plus de 100 affaires internationales sont en cours, allant des jugements définitifs et des injonctions d’exécution aux saisies d’actifs, sans compter des dizaines d’autres dossiers en préparation…

Sami Jallouli *

Les dettes déclarées par des entreprises étrangères s’élèvent à environ 130 milliards de dollars… Le professeur de droit libyen Saleh al-Zahaf a alerté sur cette situation et l’absence de solutions…

L’ampleur de ces chiffres reflète une réalité terrifiante. Derrière ces dossiers, des millions de dollars sont détournés au profit de cabinets d’avocats et de sociétés de conseil étrangères, en toute impunité, tandis que l’État subit des pertes considérables qui dépassent le simple cadre financier et engendrent des risques économiques et de souveraineté, alarmants.

Il est de notoriété publique que les cabinets d’avocats étrangers facturent à l’heure, avec des tarifs dépassant souvent 1 000 dollars de l’heure. Cela signifie que chaque appel téléphonique, chaque courriel, chaque recherche juridique, chaque avis juridique, chaque requête ou réponse rédigée, chaque dossier déposé et chaque audience de procédure représente une facture exorbitante payée par les fonds publics libyens, sans compter les frais d’enquête, de traduction et d’experts.

Chaque mois qui passe sans accord avec les créanciers ajoute des millions de dollars d’intérêts légaux à la dette principale, faisant exploser le montant des indemnités à plusieurs fois leur valeur réelle.

Des avions, des navires, des actifs financiers et des biens immobiliers situés dans les capitales les plus prestigieuses du monde sont saisis ou menacés de saisie, privant ainsi l’État de la possibilité d’utiliser ces actifs ou de bénéficier de leurs retombées en matière de développement.

Les litiges juridiques en cours concernant ces actifs entraînent leur détérioration physique et une baisse progressive de leur valeur marchande, engendrant des pertes cumulatives.

Ces dernières années, de nombreuses banques internationales ont automatiquement gelé les fonds libyens en raison de soupçons de corruption ou des répercussions de procédures judiciaires en cours. Il en résulte le gel et la fermeture de comptes, ainsi qu’un refus quasi systématique d’ouvrir de nouveaux comptes pour les entités libyennes, les citoyens libyens, ou les entreprises et personnes physiques étrangères ayant des liens avec la Libye.

La poursuite de ces conflits place la Libye parmi les pays à haut risque, ce qui augmente les coûts d’assurance et entrave les opérations des institutions financières nationales dans leurs transactions internationales.

Une économie stable ne peut se construire dans un contexte de procédures judiciaires incessantes. Les investisseurs étrangers privilégient la sécurité juridique au profit financier, et un environnement juridique instable constitue le principal frein à l’investissement.

Confier des dossiers à des cabinets d’avocats étrangers pendant des années alimente les intérêts financiers des réseaux transnationaux qui profitent de la prolongation du conflit sans chercher à le résoudre.

Pour sortir de cette impasse, il est nécessaire d’adopter une stratégie de règlement amiable fondée sur les principes suivants :

– établir des canaux de communication directs avec les créanciers ou leurs représentants, en contournant les cabinets d’avocats étrangers qui profitent de la poursuite du litige ;

– privilégier une approche de règlement moins coûteuse au regard du droit international, car elle interrompt immédiatement la course aux intérêts et permet la libération des actifs ;

– mettre fin aux pertes engendrées par les litiges internationaux et aux frais juridiques, aux intérêts courus et aux perturbations des activités économiques ou souveraines causées par les saisies d’actifs ;

– reprendre le contrôle total des investissements libyens à l’étranger et les réintégrer dans le cycle économique…

Poursuivre cette bataille juridique perdue d’avance constitue un gaspillage délibéré de fonds publics. Le véritable courage aujourd’hui réside dans le règlement des différends et la transformation des créanciers d’adversaires en partenaires…

Traduit de l’arabe.

* Conseiller juridique.

L’article Des entreprises étrangères réclament plus de 130 milliards de dollars à la Libye ! est apparu en premier sur Kapitalis.

Tunisie-Libye : nouvelles opportunités d’affaires

25. April 2026 um 09:33

La 6e édition du Salon africain de la construction et de l’équipement se tiendra du 2 au 5 mai 2026  à Misrata (Libye), avec le soutien des ministères libyens de l’Industrie, de l’Économie et des Transports. Piloté par la Chambre de commerce et d’industrie de Sfax, cet événement clé proposera un forum économique et des rencontres BtoB.

Les organisateurs de l’événement assurent que d’importants investisseurs régionaux et mondiaux y sont attendus. Sachant d’autre part que la Tunisie y sera représentée par 25 entreprises leaders en construction, ingénierie, maintenance et services connexes, contre 70 firmes libyennes, aux côtés de géants venant de Turquie, d’Égypte, d’Italie et d’Afrique. 

A rappeler que la Chambre de Sfax tisse des partenariats stratégiques (jumelages, missions multisectorielles) et événements phares comme MEDIBAT (19e édition en 2027), diversifiant les horizons d’export tunisiens tout en renforçant sa position privilégiée sur le marché libyen.

L’article Tunisie-Libye : nouvelles opportunités d’affaires est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Tunisie-Libye: les échanges atteignent près de 2,9 milliards de dinars en 2025. Détails des produits exportés!

20. April 2026 um 10:08
Source: Cepex

Les échanges économiques entre la Tunisie et la Libye connaissent une dynamique soutenue, portée par l’intensification des contacts entre opérateurs des deux pays, la multiplication des rencontres professionnelles et la volonté commune de renforcer les partenariats bilatéraux.

Sur le plan des flux commerciaux, les échanges entre la Tunisie et la Libye ont enregistré une progression de 11% en 2025 par rapport à 2024, pour atteindre un volume global de 2 892 millions de dinars. Les exportations tunisiennes vers la Libye se sont élevées à 2 469 millions de dinars.

Ces exportations sont dominées par les industries mécaniques et électriques (37,2%), suivies des industries diverses (35,5%) et du secteur agricole et agroalimentaire (27,3 %). Les principaux produits exportés incluent le ciment Portland, les pièces pour machines de forage et de relevé, les produits d’hygiène, les aliments pour bétail ainsi que l’huile de maïs et ses dérivés.

Dans cette logique, la 52e édition de la Foire internationale de Tripoli, organisée du 16 au 21 avril 2026, constitue un temps fort de cette coopération. Selon communiqué du Cepex, l’événement, qui célèbre également son centenaire depuis sa création en 1926, rassemble plus de 15 pays et près de 400 entreprises locales et internationales. Plusieurs pavillons nationaux y sont présents, dont ceux de la Tunisie, de l’Égypte, de l’Italie et de l’Indonésie.

La participation tunisienne s’inscrit sous le signe “Made in Tunisia” à travers un pavillon national coordonné par le Centre de promotion des exportations (Cepex), en coordination avec l’ambassade de Tunisie à Tripoli et la représentation commerciale tunisienne en Libye. Cette présence vise à consolider davantage le positionnement des produits tunisiens sur un marché libyen considéré comme stratégique et fortement interconnecté avec l’économie tunisienne. Toujous selon la même source, le pavillon met en avant 9 entreprises exportatrices opérant dans des secteurs variés, notamment l’agroalimentaire, les compléments alimentaires, la céramique et certains services. Des institutions professionnelles telles que la Chambre de commerce et d’industrie du Nord-Est ainsi que le Groupement interprofessionnel des fruits prennent également part à cette représentation.

Au-delà de l’exposition, l’accent est mis sur les échanges directs entre acteurs économiques des deux pays. Des rencontres B2B et B2C ont réuni hommes d’affaires, entrepreneurs et chefs d’entreprises tunisiens et libyens.

Cette dynamique s’est traduite aussi par la signature de plusieurs accords structurants. Un mémorandum d’entente a été conclu entre la Chambre de commerce et d’industrie du Nord-Est de Bizerte (Tunisie) et la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Zliten (Libye), avec pour objectif de renforcer la coopération institutionnelle et de favoriser l’échange d’expertises au profit des opérateurs économiques.

Dans la même continuité, la Chambre de commerce et d’industrie de Bizerte a signé un accord de jumelage avec la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture Al Hilal Al-Asimah. Cet engagement prolonge une coopération entamée en 2022 et vise à dynamiser les relations économiques entre le Nord-Est tunisien et la région de Janzour.

 

 

L’article Tunisie-Libye: les échanges atteignent près de 2,9 milliards de dinars en 2025. Détails des produits exportés! est apparu en premier sur Managers.

Arts populaires et soufisme au cœur du Festival des oasis de Tozeur

Von: walid
26. Dezember 2025 um 22:37

La 46ème édition du festival international des oasis de Tozeur a démarré vendredi dans une ambiance festive marquée par un carnaval qui a défilé de la zone touristique passant par la place de Palestine et la place de l’Indépendance, face au siège du gouvernorat, animé par de troupes soufis et folkloriques de la région, par le groupe Baraket des arts populaires de Libye et par la troupe Laghouat d’Algérie.

Ces spectacles ont attiré un public venu nombreux composé d’habitants de Tozeur et de touristes tunisiens, marquant ainsi le coup d’envoi de cette édition du festival, qui se tient du 26 au 29 décembre courant.

D’autres événements ont également débuté en même temps à savoir le forum de la calligraphie arabe et une exposition de sculptures sur bois de palmier au centre-ville de Tozeur.

Le directeur du festival, Badreddine Chaabani, a déclaré que cette édition a œuvré à diversifier la programmation en proposant des activités tout au long de la journée et en soirée, afin d’animer la ville et d’offrir un large choix de divertissements pour tous les goûts.

Chaabani a déclaré à TAP que le festival demeure fidèle à son cachet unique avec le grand défilé ” Rythmes des oasis ” sur la place centrale de l’oasis de Tozeur, près de la zone touristique.

Les festivités se poursuivront durant quatre jours avec un carnaval quotidien qui défilera dans les artères principales, et chaque jour étant consacré à un aspect différent du patrimoine oasien, qu’il s’agisse d’arts populaires ou soufis. Des soirées musicales auront également lieu à la place de l’Indépendance (place Bab El H’wa).

Le festival propose des soirées et des spectacles artistiques d’envergure afin d’attirer un public appréciant les divertissements nocturnes.

La première soirée mettra en vedette Mohamed Beskri avec son spectacle “Nafhet Eddeyna” ( Souffle du monde), suivi d’un spectacle animé par un bouquet d’artistes tunisiens avec Hamda Fellah, Wafa Salem et Aymen Ghazel qui seront réunis dans un spectacle concocté. Des animations pour enfants seront également proposées en soirée.

Badredddine Chaabani a souligné que le festival vise, dans cette édition, à valoriser et à mettre en lumière le patrimoine de la région de Djerid en présentant le patrimoine matériel et immatériel afin de le sauvegarder et le promouvoir, ce qui qui se reflète à travers le thème de cette édition qui met en relief la dimension intellectuelle également, avec la programmation d’une soirée poétique et d’un séminaire sur la valorisation du patrimoine d’une manière durable.

L’article Arts populaires et soufisme au cœur du Festival des oasis de Tozeur est apparu en premier sur WMC.

Libye : Disparition d’un chef militaire au moment le plus sensible

24. Dezember 2025 um 10:57

La mort du lieutenant-général Mohammed Ali Ahmed al-Haddad, chef d’état-major de l’armée libyenne, dans un crash aérien survenu près d’Ankara, dépasse le cadre d’un simple accident. Elle intervient dans une Libye toujours fragmentée, où chaque choc au sommet de l’appareil militaire produit des effets politiques et stratégiques durables.

L’accident, qualifié de technique par les autorités turques, s’est produit alors qu’Al-Haddad rentrait d’une visite officielle en Turquie, partenaire clé du gouvernement basé à Tripoli. Aucun élément ne permet à ce stade d’évoquer une action intentionnelle. Mais dans le contexte libyen, le moment d’un événement compte parfois autant que ses causes.

Un pilier du camp de Tripoli disparaît

Chef d’état-major sous l’autorité du gouvernement d’unité nationale reconnu par l’ONU, Mohammed Al-Haddad occupait une position centrale dans l’architecture militaire de l’Ouest libyen. Il assurait à la fois la coordination des forces régulières et le maintien d’un équilibre fragile entre milices, autorités politiques et partenaires étrangers.

Il était également l’un des principaux opposants militaires au camp de l’Est, dirigé par le maréchal Khalifa Haftar, dont les forces avaient tenté par le passé de s’emparer de Tripoli. Sa disparition affaiblit donc le camp occidental au moment où celui-ci cherchait à préserver une cohérence minimale face à des rivalités internes persistantes.

Un contexte régional loin d’être neutre

Le crash intervient quelques jours après une séquence diplomatique et militaire significative, marquée par des rencontres entre le chef de l’armée pakistanaise Asim Munir et les responsables militaires de l’Est libyen, ainsi que par la finalisation d’un accord de coopération militaire d’envergure, en dépit de l’embargo onusien sur les armes.

Dans ce contexte, la disparition du principal chef militaire de Tripoli modifie objectivement le rapport de force, sans qu’il soit nécessaire d’établir un lien de causalité direct. Le camp de l’Est, solidement implanté en Cyrénaïque et dans une partie du Sud libyen, se retrouve face à un adversaire momentanément fragilisé sur le plan du commandement.

Un vide stratégique aux effets durables

Pour autant, parler de basculement immédiat serait prématuré. L’armée de Tripoli conserve ses structures, ses soutiens internationaux et sa capacité de résilience. Mais l’absence d’Al-Haddad ouvre une phase d’incertitude, marquée par la question de la succession, la recomposition des équilibres internes et le risque de rivalités au sommet de l’appareil militaire.

Ce vide stratégique profite avant tout aux acteurs qui privilégient une logique de rapport de force au détriment des processus politiques encadrés par les Nations unies. Officiellement, il s’agit d’un accident. Stratégiquement, c’est un signal. En Libye, la disparition d’un homme clé ne crée pas nécessairement un vainqueur immédiat, mais elle redessine silencieusement les marges de manœuvre des camps en présence.

Lire aussi:

L’article Libye : Disparition d’un chef militaire au moment le plus sensible est apparu en premier sur webdo.

Tunis, Alger et Le Caire réaffirment leur refus des ingérences étrangères en Libye

06. November 2025 um 15:20

Les ministres des Affaires étrangères de Tunisie, d’Algérie et d’Égypte ont tenu, jeudi à Alger, une nouvelle réunion dans le cadre du mécanisme des pays voisins de la Libye, réaffirmant leur opposition à toute ingérence étrangère dans les affaires libyennes et leur soutien à un règlement politique conduit exclusivement par les Libyens eux-mêmes.

Le communiqué conjoint, adopté à l’issue de la rencontre entre Mohamed Ali Nafti, Ahmed Attaf et Badr Abdel Aati, insiste sur la nécessité de retirer tous les mercenaires et combattants étrangers du territoire libyen. Les trois chefs de la diplomatie ont souligné que la priorité doit être donnée à l’unification des institutions politiques et militaires et à l’organisation d’élections présidentielle et législatives dans les plus brefs délais.

Selon le ministère algérien des Affaires étrangères, la rencontre a permis des consultations approfondies sur l’évolution de la situation en Libye et sur les moyens de relancer le processus politique sous l’égide des Nations unies.

Les trois pays ont rappelé que les États voisins sont les premiers concernés par les répercussions du conflit libyen, d’où leur engagement à œuvrer pour une solution durable et concertée.

Les ministres ont également salué le rôle actif de l’Algérie au Conseil de sécurité de l’ONU, notamment ses initiatives visant à attirer l’attention sur la responsabilité de la communauté internationale dans la préservation des ressources et des avoirs financiers du peuple libyen.

Lire aussi

L’article Tunis, Alger et Le Caire réaffirment leur refus des ingérences étrangères en Libye est apparu en premier sur webdo.

Le ministre des Affaires étrangères à Alger pour la réunion tripartite sur la Libye

05. November 2025 um 20:54

Le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, a été reçu mercredi au Palais d’El Mouradia à Alger par le président Abdelmadjid Tebboune, à la veille de la Réunion consultative tripartite sur la Libye, prévue ce jeudi dans la capitale algérienne.

Selon un communiqué du ministère tunisien des Affaires étrangères, les discussions ont porté sur la situation en Libye et la nécessité de privilégier une approche exclusivement libyo-libyenne pour parvenir à une solution politique durable, garante de l’unité et de la stabilité du pays voisin.

La rencontre s’inscrit dans le cadre du Mécanisme de concertation tripartite sur la Libye, mis en place pour coordonner les positions des pays voisins et contribuer de manière neutre et constructive à la relance du processus politique sous l’égide des Nations unies.

Les derniers développements de la situation en Libye

Prendront part à cette réunion Ahmed Attaf, ministre d’État, ministre algérien des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines et Badr Abdelatty, ministre égyptien des Affaires étrangères, de l’Emigration et des Affaires des Egyptiens à l’étranger.

La réunion examinera les derniers développements de la situation en Libye et discutera des efforts conjoints entrepris par les trois pays voisins – la Tunisie, l’Algérie et l’Egypte – en coordination avec la Mission d’appui des Nations Unies en Libye, en vue de poursuivre le soutien et l’encouragement du dialogue inter-libyen », indique le département des Affaires étrangères.

La rencontre abordera, également, les mécanismes visant à créer un climat propice à une solution politique globale et consensuelle, consacrant la souveraineté et l’unité nationale de la Libye, tout en renforçant sa sécurité, sa stabilité et sa trajectoire de développement, sous l’égide et avec l’appui de l’Organisation des Nations Unies, ajoute la même source.

Lire aussi

L’article Le ministre des Affaires étrangères à Alger pour la réunion tripartite sur la Libye est apparu en premier sur webdo.

Tunis et Tripoli s’accordent sur une feuille de route économique commune

23. Oktober 2025 um 08:50

La cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, a reçu ce mercredi au Palais de la Kasbah le ministre libyen de l’Économie et du Commerce, Mohamed Al-Houij, dans le cadre d’une visite de travail consacrée au suivi des recommandations de la commission commerciale mixte tuniso-libyenne tenue à Tripoli en décembre 2024.

Lors de la rencontre, Sarra Zaâfrani Zenzri a réaffirmé la volonté de la Tunisie de renforcer ses liens économiques avec la Libye, tout en saluant les relations historiques et fraternelles entre les deux peuples. Elle a insisté sur la nécessité de mettre en œuvre les recommandations issues des précédentes réunions, afin de surmonter les obstacles et de consolider l’intégration économique entre les deux pays.

La cheffe du gouvernement a souligné l’importance d’une nouvelle dynamique économique, fondée sur une feuille de route conjointe visant à diversifier les échanges et à développer des partenariats stratégiques vers le marché africain, notamment à travers les opportunités offertes par le COMESA et la ZLECAf.

Position tunisienne sur la situation en Libye

Sur le plan politique, Sarra Zaâfrani Zenzri a rappelé la position de principe de la Tunisie : le règlement de la crise libyenne doit être exclusivement libyo-libyen, sans ingérence étrangère. Elle a souligné que la sécurité des deux pays est indissociable et que les défis communs nécessitent une action concertée pour préserver la stabilité régionale.

De son côté, Mohamed Al-Houij a exprimé la volonté de la Libye de hisser la coopération bilatérale à un niveau supérieur, en misant sur la complémentarité économique et la facilitation du commerce frontalier. Il a mis l’accent sur l’importance d’harmoniser les normes, de numériser les procédures administratives et de stimuler le secteur privé, afin de fluidifier les échanges et d’améliorer l’accès conjoint au marché africain.

Feuille de route et mécanisme de suivi

Le ministre tunisien du Commerce, Samir Abid, a présenté les résultats de la réunion technique tenue la veille, qui a permis d’aboutir à un accord sur l’unification des normes et la création d’un mécanisme permanent de suivi des échanges commerciaux.

Les deux parties se sont engagées à poursuivre un travail commun régulier pour concrétiser les objectifs fixés et donner un nouvel élan à la coopération tuniso-libyenne.

L’article Tunis et Tripoli s’accordent sur une feuille de route économique commune est apparu en premier sur webdo.

❌
❌