Normale Ansicht

Es gibt neue verfügbare Artikel. Klicken Sie, um die Seite zu aktualisieren.
Heute — 08. Mai 2026Haupt-Feeds

Céréales | La Tunisie prévoit une récolte de 20 millions de quintaux

08. Mai 2026 um 10:39

Selon Rabaa Ben Salah, responsable des Grandes cultures au ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, la campagne céréalière 2025-2026 est prometteuse avec une production supérieure à celle de la campagne précédente, dépassant les 20 millions de quintaux.

La superficie récoltable est estimée à environ 950 000 hectares sur une superficie cultivée totale de 991 000 hectares, a-t-elle aussi indiqué lors d’une journée d’information organisée par la Direction générale de la production agricole, consacrée à la promotion de la campagne de modernisation du matériel de récolte et de prévention des incendies dans les champs de céréales,

Ces projections reposent sur des conditions climatiques favorables, caractérisées par une bonne répartition des précipitations et l’absence de sécheresse significative. Ces conditions ont eu un impact positif sur la croissance des cultures dans diverses zones de production, malgré quelques dégâts limités qui n’ont pas affecté de manière significative les prévisions globales de la campagne, a précisé Mme Ben Salah.

La superficie ensemencée en céréales a atteint environ 971 000 hectares, soit 87 % du programme prévu. La majeure partie de cette superficie, soit environ 834 000 hectares, est concentrée dans les gouvernorats du nord, contre 137 000 hectares dans les régions du centre et du sud.

Ces surfaces sont réparties entre le blé dur (533 000 hectares), l’orge (400 000 hectares), le blé tendre (49 000 hectares) et le triticale (9 000 hectares).

La première évaluation de l’état général des cultures montre que 70 % des surfaces sont en bon état, 25 % en état moyen et 5 % en dessous de la moyenne, avec des rendements élevés enregistrés dans plusieurs régions, a encore indiqué Mme Ben Salah, ajoutant que les quelque 74 000 hectares de terres irrigables n’ont pas nécessité d’irrigation intensive, grâce à des précipitations suffisantes.

Il faut dire que le taux de remplissage des barrages a atteint environ 68 %, un niveau jugé relativement satisfaisant et favorable à la stabilité des cultures d’été à venir, a expliqué la responsable, ajoutant que certaines zones cultivées ont subi des dégâts plus ou moins importants, principalement dus à l’engorgement des sols, qui a touché certaines régions, notamment les gouvernorats de Bizerte et de Nabeul.

Ces dégâts ont été aggravés par des orages de grêle localisés dans plusieurs zones des gouvernorats de Siliana, de Kef et de Kasserine, ainsi que par des pressions climatiques liées à la sécheresse dans certaines régions, comme le gouvernorat de Kairouan.

Concernant les préparatifs de la saison des récoltes, elle a confirmé le lancement des opérations de préparation des zones entourant les exploitations céréalières, notamment le nettoyage des bords de route et des pistes agricoles, en coordination avec le ministère de l’Équipement et de l’Habitat, dans le cadre des mesures de prévention des incendies.

Elle a également mentionné le lancement d’un programme de modernisation du parc de machines agricoles, portant sur environ 2 750 machines, dont un millier sont en bon état de fonctionnement, les autres nécessitant des travaux d’entretien supplémentaires pour garantir leur disponibilité.

Mme Ben Salah a indiqué que le processus de certification des centres de collecte des céréales est en cours et a exhorté tous les acteurs concernés à accélérer la modernisation de ces centres.

Elle a ajouté que des laboratoires d’analyse des céréales sont mis en place suite à des visites sur le terrain en vue de la certification.

Par ailleurs, les besoins en matières premières pour la saison ont été estimés à environ 15 000 tonnes, réparties entre 4 500 tonnes pour la paille et 10 500 tonnes pour le foin, en coordination avec le ministère de l’Industrie afin de garantir ces quantités.

Le Programme national de modification des machines agricoles et de prévention des incendies s’inscrit dans un plan de pilotage participatif élaboré depuis octobre 2025 lors d’ateliers régionaux réunissant divers acteurs du secteur. Ce travail a permis la mise en place d’un programme complet de journées d’information couvrant toutes les étapes de la production céréalière.

D’après Tap.

L’article Céréales | La Tunisie prévoit une récolte de 20 millions de quintaux est apparu en premier sur Kapitalis.

Iran | Babak Zanjani, le «Basij économique»

08. Mai 2026 um 08:33

Des couloirs de la mort au monde des cryptomonnaies. Tel est le destin romanesque de l’homme d’affaires et intermédiaire iranien Babak Morteza Zanjani qui s’est imposé comme une figure de proue des efforts déployés par l’Iran pour contourner les sanctions et ce, malgré sa condamnation à mort il y a dix ans. L’intermédiaire jongle avec maestria dans le monde des cryptomonnaies et c’est ce qui lui a permis de retrouver sa liberté à tel enseigne qu’il pourrait écrire le ‘‘Dictionnaire amoureux des cryptomonnaies’’ ! 

Imed Bahri

Selon une récente enquête du Wall Street Journal (WSJ), le département du Trésor américain a imposé à Zanjani des sanctions en janvier 2026, ajoutant que deux plateformes d’échange de cryptomonnaies qui lui sont liées –Zedcex et Zedxion– ont traité plus de 94 milliards de dollars de transactions depuis 2022, y compris des transactions pour des portefeuilles liés au Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI). Pour sa part, Zanjani nie ces accusations. 

Le département du Trésor a également qualifié ces plateformes d’«avoirs terroristes» et a déclaré que Zanjani s’était livré à du blanchiment d’argent et avait financé des projets du CGRI.

Le «soldat économique» du régime iranien

Zanjani s’est exprimé publiquement sur les réseaux sociaux et lors d’interviews concernant son rôle dans le contournement des sanctions occidentales par l’Iran, se décrivant lui-même comme un «soldat économique» du régime. Il a récemment déclaré sur la plateforme X : «Même une petite structure économique est plus puissante que n’importe quel navire de guerre. Il est clair aujourd’hui que développer une économie peut placer un pays au même niveau qu’une superpuissance».

Sollicité par le WSJ, Zanjani a nié avoir utilisé des plateformes de cryptomonnaies pour transférer des fonds aux Gardiens de la révolution, qualifiant l’information de fausse. 

Un homme parti de rien et devenu très riche

L’histoire de Zanjani est celle d’un homme parti de rien et devenu riche, ayant amassé une fortune en tant qu’intermédiaire avisé pour un régime iranien sous pression. Puis, il est tombé en disgrâce, avant de réapparaître l’année dernière comme si de rien n’était.

Né dans une famille ouvrière du sud de Téhéran, il a gagné ses premiers revenus en vendant des bijoux au Bazar, selon une interview accordée au journal Aseman en 2013. Il a ensuite travaillé comme chauffeur pour le gouverneur de la banque centrale et s’est lancé dans le trading de devises, gagnant jusqu’à 17 000 dollars par jour grâce aux écarts de prix entre le marché officiel et le marché parallèle.

Zanjani a ensuite fondé une société d’import-export, exportant notamment des peaux de mouton vers la Turquie. Il a déclaré avoir utilisé ses relations internationales pour conclure des contrats pétroliers d’une valeur allant jusqu’à 90 millions de dollars pour Khatam Al-Anbiya, la holding des Gardiens de la révolution. Ses compétences ont attiré l’attention du patron de la holding Rostam Ghasemi qui devint plus tard ministre du Pétrole sous la présidence de Mahmoud Ahmadinejad.

Zanjani est rapidement devenu le chef du plus important réseau de blanchiment d’argent connu de l’histoire moderne de l’Iran, injectant des milliards de dollars dont le pays avait désespérément besoin dans son système bancaire en difficulté. Avant ses 40 ans, il contrôlait un réseau d’une soixantaine de sociétés, dont des banques, des compagnies aériennes et des entreprises de cosmétiques, dont beaucoup servaient de façade pour dissimuler les flux financiers et pétroliers.

Babak Zanjani pendant son procès pour corruption à Téhéran en mars 2016.

Son travail, contourner les sanctions

En 2013, il a déclaré : «C’est mon travail: contourner les sanctions! J’ai travaillé pour le pays».

Bien qu’il n’ait jamais servi dans l’armée, il a tissé des liens étroits avec les Gardiens de la révolution, se présentant comme un «Basij économique», en référence à la milice de volontaires organiquement rattachée aux Gardiens.

Au plus fort de ses activités, il vendait du pétrole via l’île malaisienne de Labuan, un paradis fiscal, où des navires iraniens transbordaient le pétrole sur des pétroliers affrétés par des sociétés écrans battant pavillon étranger. Il a également acquis des participations majoritaires dans une banque malaisienne et créé une banque au Tadjikistan, selon le département du Trésor américain. Ces banques ont facilité le transfert de fonds vers la Turquie, où ils étaient convertis en or puis introduits clandestinement en Iran.

Dans un pays où la corruption est endémique mais où l’étalage de richesse est mal vu, Zanjani a suscité l’indignation en apparaissant dans les médias avec des montres Rolex, au volant de voitures de luxe et utilisant un jet privé, tout en profitant des sanctions qui pesaient sur les Iraniens ordinaires. L’Union européenne lui a imposé des sanctions en 2012, suivie par les États-Unis en 2013.

Pourtant, il a également suscité une certaine admiration. En 2013, les lecteurs de deux journaux iraniens l’ont classé troisième dans leur sondage «Personnalité de l’année», après le président Hassan Rouhani et son ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif.

Plus tard cette année-là, après l’élection de Rouhani sur un programme anticorruption, Zanjani a été arrêté pour avoir prétendument détourné 2,7 milliards de dollars de fonds publics. Zanjani a affirmé que les sanctions internationales empêchaient le remboursement de cet argent. En 2016, il a été condamné à mort pour «corruption sur terre», une accusation rarement utilisée dans les affaires financières.

En 2024, la justice a commué sa peine de mort en 20 ans de prison, en raison de sa coopération au recouvrement des avoirs. Cette décision est intervenue alors que l’Iran se préparait à l’éventualité d’un retour au pouvoir de Trump et du rétablissement des sanctions européennes. À peu près au même moment, la propriété de son groupe Surent a été transférée à la Compagnie nationale iranienne du pétrole, selon des documents obtenus par Kharon Securities. Il a été libéré l’année suivante.

Les plateformes de cryptomonnaie de Zanjani ont permis à l’Iran de continuer à soutenir des milices à l’étranger, facilitant des transferts de plus de 10 millions de dollars à un homme d’affaires yéménite sous sanctions américaines afin de financer un réseau de contrebande pour les Houthis, selon TRM Labs.

Parmi les sommes importantes traitées, la société a suivi près d’un milliard de dollars entre 2024 et 2025, en plus de montants plus modestes en 2023, dont environ 56% étaient liés au CGRI.

La plateforme Zedxion a été enregistrée en 2021 à une adresse du centre de Londres au nom de Zanjani (utilisant son deuxième prénom Morteza) et Zedcex a été enregistrée à la même adresse en 2022. Ces dates suggèrent qu’il aurait pu travailler pour le régime depuis sa prison, bien que les flux financiers aient été limités jusqu’en 2024. Suite à l’imposition de sanctions, les autorités britanniques ont entamé une procédure de dissolution des deux sociétés.

Il faut des Zanjani pour briser le blocus

L’utilisation des cryptomonnaies par l’Iran illustre l’évolution des sanctions, selon Afshon Ostovar, spécialiste des Gardiens de la révolution. Il explique que la complexité de l’empire militaro-économique iranien permet au régime de s’adapter aux pressions extérieures. «Il est donc difficile de renverser le régime car il ne s’agit pas d’une simple personne ou d’un groupe d’officiers mais d’un réseau complexe d’individus, d’institutions, de comptes, de partenaires et de portefeuilles numériques», ajoute-t-il.

Ces derniers mois, Zanjani a refait surface, affichant ses transactions sur les réseaux sociaux, une pratique rare pour les personnalités fidèles au régime. Il a également critiqué les «systèmes parallèles» en Iran, les accusant de ne pas comprendre la situation des manifestants et a dénoncé les restrictions d’accès à Internet.

Ses activités ne se limitent pas aux cryptomonnaies. Quelques mois après sa libération, il a annoncé un contrat de 800 millions de dollars avec la compagnie ferroviaire nationale, le qualifiant de «plus important investissement du secteur privé de l’histoire des chemins de fer iraniens».

Sa nouvelle entreprise, DotOne, opère dans les secteurs des cryptomonnaies, de la logistique, des transports, de l’aviation et des télécommunications, et possède des filiales à Dubaï, notamment une société d’investissement et un service de taxis.

Malgré ses désaccords passés avec le régime, les analystes estiment que sa libération confirme son importance pour l’Iran, en particulier compte tenu des pressions économiques exercées par les États-Unis et Israël.

«Il faut des gens comme Zanjani pour briser le blocus», a déclaré le politologue italien Emanuele Ottolenghi. Il a ajouté: «Avoir quelqu’un qui possède ces compétences et cette capacité d’adaptation aux nouvelles technologies est judicieux. C’est pourquoi ils l’ont fait sortir de prison».

L’article Iran | Babak Zanjani, le «Basij économique» est apparu en premier sur Kapitalis.

Tunisie | Ennahdha, Gramsci et la démocratie perdue

08. Mai 2026 um 07:54

Il fallait oser le titre : ‘‘Rethinking Islamic Politics in Tunisia. Rethinking’’ — repenser. Comme si on avait déjà pensé correctement une première fois. C’est là, peut-être, le premier aveu implicite d’un ouvrage académique qui mérite qu’on s’y arrête sérieusement, tant il éclaire, avec une rigueur gramscienne inattendue, les ruines politiques que la Tunisie contemple aujourd’hui avec une résignation de plus en plus institutionnalisée.

Moktar Lamari *

Fabio Merone et Francesco Cavatorta, dans cet essai publié en 2025 chez I.B. Tauris, font le pari intellectuel audacieux de traiter l’islamisme et le salafisme non pas comme deux phénomènes distincts et antagonistes, mais comme les deux faces d’une même médaille : celle d’un projet contre-hégémonique cherchant à remodeler la société tunisienne de l’intérieur.

Leur outil d’analyse ? Antonio Gramsci — oui, le penseur marxiste italien — mobilisé ici pour décrypter non pas la lutte des classes à Turin, mais la da’wa à Tunis. L’histoire intellectuelle a décidément le sens du paradoxe.

La da’wa comme stratégie, pas comme foi

Le concept central du livre est limpide et dérangeant à la fois : la da’wa — l’appel à l’islam, la prédication religieuse et sociale — n’est pas une affaire de spiritualité débordant généreusement sur la politique. C’est, selon les auteurs, le mécanisme politique par excellence.

Gramsci l’aurait formulé ainsi : la politique est la réalisation en pratique d’une vision idéologique du monde. Al-Nahdha, dès ses origines dans les années 1970, l’avait compris avant tout le monde — et avant même d’avoir lu Gramsci, ce qui est d’autant plus remarquable.

Le Mouvement de tendance islamiste (MTI) qui allait devenir Ennahdha s’est construit en trois phases soigneusement décrites dans l’ouvrage : d’abord, l’élaboration d’un discours alternatif face aux défis de la modernité tunisienne des années 1970 ; ensuite, la mobilisation socioreligieuse comme levier d’organisation populaire ; enfin, la structuration en organisation politico-religieuse.

Un édifice patient, méthodique, érigé sur des décennies de prédication de quartier, de cercles d’étude, de réseaux de solidarité — pendant que Bourguiba et Ben Ali jouaient les architectes d’un modernisme imposé par décret.

Ce modèle gramscien de la guerre de position — occuper lentement la société civile avant de prendre le pouvoir politique — a fonctionné remarquablement bien… jusqu’au moment où il a trop bien fonctionné.

2011 : le triomphe qui précède la chute

La révolution de 2011 ouvre les vannes. Ennahdha sort des prisons et de l’exil, remporte les premières élections libres de l’histoire tunisienne, entre au gouvernement. Victoire totale. Et c’est précisément là que le projet commence à se fissurer de l’intérieur.

Les auteurs identifient une tension fondamentale, longtemps contenue par la répression, qui éclate au grand jour : la direction du mouvement veut la participation institutionnelle, la gestion du pouvoir, la respectabilité démocratique. La base militante, elle, veut continuer la da’wa, transformer la société, concrétiser l’idéologie. Deux légitimités, deux temporalités, deux projets — dans le même parti.

La décision de 2016 tranche le nœud gordien de la pire façon qui soit : Ennahdha se déclare parti de «démocrates musulmans», abandonne officiellement toute mobilisation socioreligieuse et se repositionne comme force de gestion libérale du pouvoir. Les auteurs qualifient ce tournant de «post-islamiste» et «post-idéologique». On pourrait aussi l’appeler, avec moins de ménagement, une capitulation idéologique habillée en maturité politique.

Ansar Al-Charia : le monstre enfanté par Ennahdha

Le parti qui voulait transformer la société devient un parti qui gère des coalitions et courtise les hommes d’affaires. Rien d’islamique là-dedans, si ce n’est le nom.

Car dans le vide laissé par la social-islamisation progressive d’Ennahda, quelqu’un d’autre s’est engouffré. Ansar Al-Charia, mouvement salafiste radical, est l’enfant naturel non reconnu de ce désengagement.

Là où Ennahdha abandonnait la prédication pour les antichambres ministérielles, Ansar Al-Charia investissait les quartiers populaires de Tunis, de Sfax, des banlieues délaissées — avec des cercles d’étude, des sermons, une présence concrète auprès des jeunes désenchantés que ni l’État ni le grand parti islamiste ne regardaient plus.

La dynamique est cruelle dans sa logique : plus Ennahdha se modérait, plus le salafisme radicalisait le terrain laissé vacant. Les auteurs font la comparaison avec les partis socialistes européens qui, en embrassant la social-démocratie institutionnelle, ont laissé le flanc gauche aux communistes puis aux mouvements radicaux. Histoire universelle de la modération qui crée ses propres monstres.

Ansar Al-Charia s’effondre après 2013, sous la répression consécutive aux assassinats politiques de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi. Mais son passage laisse une empreinte profonde sur la psychologie collective tunisienne : la peur, la méfiance, la demande sécuritaire — autant de conditions favorables à ce qui allait suivre.

La démocratie comme victime collatérale

Le recenseur de l’ouvrage, Rory McCarthy, professeur à Durham, formule le verdict avec une précision clinique : la transition tunisienne a depuis sombré dans l’autoritarisme populiste. Les dirigeants pragmatiques d’Ennahdha qui avaient piloté le tournant post-idéologique sont aujourd’hui en prison — avec des dissidents de tout le spectre politique.

La démocratie que le parti avait érigée en objectif terminal de son existence était, ironiquement, la première à payer le prix de ses ambiguïtés.

Car c’est là l’enseignement le plus amer du livre : le projet islamiste tunisien a échoué non pas faute d’avoir voulu la démocratie, mais faute d’avoir su la défendre avec cohérence.

En abandonnant son ancrage social au profit d’une gestion politique de façade, Ennahdha a perdu à la fois sa légitimité idéologique et sa capacité de mobilisation. Et sans mobilisation populaire, aucune démocratie ne résiste longtemps à un pouvoir exécutif déterminé.

Le paradoxe est vertigineux : un mouvement né dans la résistance contre l’autoritarisme a finalement contribué, par son retrait idéologique et ses calculs tactiques, à créer les conditions de retour de cet autoritarisme qu’il combattait depuis cinquante ans.

Gramsci avait prévenu

Dans ses Cahiers de prison, Gramsci notait que la guerre de position exige une constance idéologique sans faille. Abandonner le terrain sociétal pour les délices du pouvoir institutionnel, c’est perdre la guerre en croyant gagner la bataille.

Ennahdha a gagné les élections de 2011. Ennahdha a perdu la Tunisie.

* Economiste universitaire.

« Rethinking Islamic Politics in Tunisia: A Gramscian Analysis », Merone F. et Cavatorta F., I.B. Tauris, Londres, 2026, 224 pages.

Blog de l’auteur.

L’article Tunisie | Ennahdha, Gramsci et la démocratie perdue est apparu en premier sur Kapitalis.

Economie tunisienne | Aram Belhadj prévoit «un été chaud»

08. Mai 2026 um 07:26

Dans un commentaire Facebook posté mercredi 6 mai 2026, l’économiste Aram Belhadj prévoit «un été chaud», économiquement et socialement s’entend.

«Il est naturel que les taux d’inflation augmentent en Tunisie (et dans le monde), et ils devraient encore augmenter dans les prochains mois», écrit-il. Il explique : «Ce qui caractérise l’inflation dans notre pays, c’est la convergence de tous les facteurs qui influent sur les prix : la hausse des coûts de production, la création monétaire sans création de richesse, les augmentations de salaires sans augmentation de la productivité, les achats effectués à des prix mondiaux exorbitants et, enfin, la dépréciation du dinar (surtout par rapport à l’euro).»

Compte tenu de la situation actuelle et de nombreux rapports internationaux, l’économiste estime que sa prévision antérieure d’un été particulièrement chaud, sur les plans économique et social, restent valables «tant que tous les facteurs susmentionnés persisteront », et rien n’indique, pour le moment, qu’ils pourraient changer au cours des prochaines semaines.

Messieurs, dames, attachez vos ceintures ! Crash imminent !

I. B.

L’article Economie tunisienne | Aram Belhadj prévoit «un été chaud» est apparu en premier sur Kapitalis.

Ooredoo Tunisie soutient deux prix littéraires

08. Mai 2026 um 06:47

Ooredoo Tunisie a clôturé sa participation en tant que sponsor de la 40 édition de la Foire Internationale du Livre de Tunis, qui s’est tenue du 23 avril au 3 mai 2026, réaffirmant ainsi son engagement en faveur de la culture, de la créativité et du savoir en Tunisie.

À travers sa présence à cet événement culturel majeur, Ooredoo Tunisie a eu l’honneur de soutenir et de valoriser le talent littéraire tunisien en parrainant deux prix prestigieux, mettant en lumière l’excellence dans les domaines de l’édition et de la création littéraire.

«La culture est un levier essentiel pour inspirer les générations et construire une société plus ouverte, plus créative et tournée vers l’avenir. À travers notre engagement dans des initiatives comme la Foire Internationale du Livre de Tunis, nous affirmons notre volonté d’accompagner les talents locaux et de rapprocher davantage les Tunisiens du savoir et de la lecture», a déclaré Sunil Mishra, Chief Marketing Officer de Ooredoo Tunisie.

Ooredoo Tunisie a ainsi soutenu le Prix Abdelkader Ben Cheikh de la littérature pour enfants et jeunes adultes, d’une valeur de 10 000 dinars, qui récompense les œuvres destinées aux jeunes générations et encourage l’imaginaire, la créativité et le goût de la lecture.

L’opérateur a également parrainé le Prix Noureddine Ben Khedher du meilleur éditeur tunisien (édition 2024), également doté de 10 000 dinars, saluant le rôle essentiel des éditeurs dans l’enrichissement du paysage culturel national et le développement de l’industrie du livre en Tunisie.

À travers sa participation à la Foire Internationale du Livre de Tunis, Ooredoo Tunisie confirme son rôle de partenaire engagé dans le soutien aux initiatives culturelles contribuant à l’épanouissement intellectuel et au développement culturel, en ligne avec sa vision d’accompagner les communautés et d’enrichir le quotidien des Tunisiens au-delà de la connectivité.

L’article Ooredoo Tunisie soutient deux prix littéraires est apparu en premier sur Kapitalis.

Gestern — 07. Mai 2026Haupt-Feeds

Türk interpelle la Tunisie sur les droits et les libertés

07. Mai 2026 um 14:06

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a appelé la Tunisie à mettre fin à la répression croissante qui cible les organisations de la société civile, les journalistes, les défenseurs des droits humains, les figures de l’opposition, les militants et les membres du pouvoir judiciaire, par le biais de poursuites pénales et d’entraves administratives.

«La répression et les restrictions continues de l’espace civique par les autorités tunisiennes portent atteinte aux droits des personnes protégés par la Constitution du pays et ses obligations internationales en matière de droits humains», a déclaré M. Türk, dans n communiqué publié ce jeudi 7 mai 2026.

Parmi les exemples les plus récents de cette répression figurent les suspensions temporaires d’importantes organisations de défense des droits humains et de la société civile, lit-on encore dans le communiqué, qui précise que, mardi 5 mai, un tribunal a suspendu l’organisation internationale Avocats Sans Frontières pour 30 jours, invoquant un manquement réglementaire.

Cette décision intervient quelques jours après une suspension similaire prononcée contre la Ligue tunisienne des droits de l’homme.

Les autorités invoquent souvent des irrégularités de financement et d’audit pour justifier ces suspensions, qui peuvent paralyser complètement le travail essentiel des organisations en matière de droits humains.

«Nous constatons une tendance croissante des autorités tunisiennes à recourir à des sanctions judiciaires pour restreindre l’exercice du droit à la liberté d’association, sans tenir compte des principes de légalité, de nécessité et de proportionnalité requis pour que de telles restrictions soient admissibles», a souligné le responsable onusien.

Parallèlement, les restrictions gouvernementales imposées aux médias continuent de s’intensifier. Le 24 avril, le journaliste Zied El Hani a été arrêté en vertu d’une loi qui criminalise de manière vague l’utilisation des réseaux de télécommunications pour «nuire à autrui». Il demeure en détention provisoire. Vingt-huit autres journalistes, dont Mourad Zeghidi, ont été arrêtés l’année dernière, jugés et condamnés à diverses peines de prison pour des faits liés à leur activité professionnelle, sur la base des dispositions formulées en termes généraux d’un décret-loi de 2022 «relatif à la lutte contre les infractions liées aux systèmes d’information et de communication», et d’autres textes législatifs.

«J’exhorte les autorités tunisiennes à libérer immédiatement et sans condition toutes les personnes détenues ou emprisonnées pour avoir exprimé leurs opinions, protégées par le droit international des droits de l’homme, et à lever toutes les restrictions arbitraires aux libertés d’expression et d’association», a déclaré le Haut-Commissaire, ajoutant que l’absence d’une cour constitutionnelle fonctionnelle demeure une lacune institutionnelle majeure pour garantir des garanties effectives en matière de droits de l’homme.

«Les restrictions aux libertés fondamentales doivent demeurer exceptionnelles, fondées sur un droit clair, nécessaires et proportionnées à la poursuite d’un objectif légitime, non discriminatoires et assorties d’une procédure régulière et d’un contrôle judiciaire effectif. Le respect de l’État de droit en Tunisie exige des garanties institutionnelles renforcées, la protection de l’espace civique et une réforme législative inclusive et fondée sur les droits, conformément aux engagements internationaux du pays en matière de droits humains», souligne Türk.

«Les acquis démocratiques et en matière de droits humains de la Tunisie après 2011 doivent être préservés et non progressivement remis en cause», a-t-il rappelé, ajoutant que le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme encourage les efforts déployés par les législateurs tunisiens pour modifier le décret-loi de 2022, utilisé pour criminaliser certaines formes d’expression protégées, notamment la critique des responsables publics.

Communiqué.

L’article Türk interpelle la Tunisie sur les droits et les libertés est apparu en premier sur Kapitalis.

33 524 étrangers disposent d’une carte de séjour en Tunisie  

07. Mai 2026 um 13:48

Selon le ministère de l’Intérieur, 33 524 étrangers disposaient, au 9 avril 2026, d’une carte de séjour valide en Tunisie. La communauté algérienne est la plus importante avec 7 626 résidents (23 %), suivie des Français (5 792, soit 18 %), des Italiens (14 %) et des Marocains (10 %).

Dans sa réponse à une question écrite du député Ghassan Yamoun, le ministère précise que les principales raisons de résidence en Tunisie sont le mariage mixte, l’investissement, l’emploi, les études et la retraite.

Les ressortissants des pays arabes représentent 43 % des étrangers résidents, une part largement liée aux mariages mixtes. Dans ce cadre, 4 029 cartes de séjour ont été délivrées à des Algériens et 1 185 à des Marocains.

Les Européens constituent 40 % des résidents étrangers, principalement des investisseurs et des retraités. Parmi ces derniers, 2 962 sont Italiens, contre 646 dans le cadre de l’emploi et de l’investissement.

Pour les Français, 1 017 cartes ont été délivrées pour des motifs professionnels et 1 861 pour la retraite.

L’article 33 524 étrangers disposent d’une carte de séjour en Tunisie   est apparu en premier sur Kapitalis.

Ridha Grira condamné à 14 ans de prison

07. Mai 2026 um 13:35

La Chambre criminelle près le Tribunal de première instance de Tunis a condamné l’ancien ministre Ridha Grira et un autre accusé à une peine de 14 ans de prison dans une affaire de corruption et de faux et usage de faux, alors qu’il était ministre des Domaines de l’Etat et des Affaires foncières, rapporte Mosaïque FM.

Né en 1955, Ridha Grira est ingénieur diplômé de l’Ecole centrale de Paris. Il a occupé plusieurs postes de responsabilité entre 1992 et 2011.

A la chute de Zine El Abidine Ben Ali et sa fuite en Arabie saoudite, le 14 janvier 2011, il était ministre de la Défense. Ses déboires judiciaires ont commencé depuis cette date et ne semblent pas près de finir. Il a notamment été accusé d’octroi illégal de terrains à Carthage et de cession illégale d’un bien appartenant à l’État et de changement de sa nature.

I. B.

L’article Ridha Grira condamné à 14 ans de prison est apparu en premier sur Kapitalis.

Football | Des arbitres autrichiens pour Espérance – Club Africain

07. Mai 2026 um 13:11

La Direction nationale de l’arbitrage de la Fédération tunisienne de football (FTF) a désigné l’arbitre autrichien Christian-Petru Ciochirca pour le derby de la Capitale, entre l’Espérance sportive de Tunis et le Club Africain, dimanche 10 mai 2026, à 16 heures, dont dépendra largement l’issue du championnat de Ligue 1 que les deux clubs briguent sérieusement.

Christian-Petru Ciochirca aura pour assistants, Maximilan Weiss et Michael Obritzberger, alors que le 4e arbitre sera Hamza Jaïed.

Par ailleurs, les deux Autrichiens Harald Lechner et Roland Brandner ont été désignés pour la VAR.

Voici les désignations d’arbitres pour la 29e journée :

Vendredi 8 mai 2026 :
– Stade tunisien – Union sportive de Ben Guerdane (Montassar Belarbi)
– Avenir sportif de Soliman – Avenir sportif de Gabès (Mohamed Ali Karouia)
– Olympique de Béja – Jeunesse sportive d’El Omrane (Hosni Naïli)
– Jeunesse sportive kairouanaise – Union sportive monastirienne (Achraf Haraketi)

Samedi 9 mai 2026 :
– Avenir sportif de la Marsa – Club sportif sfaxien (Bassem Belaïd)
– Etoile sportive du Sahel – Club athlétique bizertin (Houssem Ben Sassi)
– Espérance sportive de Zarzis – Etoile sportive de Metlaoui (Abdelhamid Badreddine)

Dimanche 10 mai 2026 :
Espérance sportive de Tunis – Club Africain (Christian-Petru Ciochirca).

Tous les matches commencent à 16h00.

L’article Football | Des arbitres autrichiens pour Espérance – Club Africain est apparu en premier sur Kapitalis.

La stratégie du déni | Kamel Ghribi n’est pas (encore) candidat !

07. Mai 2026 um 11:29

Après un article publié le 1er mai 2026 par le quotidien italien ‘‘Il Foglio’’ autour des scénarios possibles de succession du président Kaïs Saïed, plusieurs noms d’hommes d’affaires tunisiens ont commencé à circuler, parmi lesquels celui de Kamel Ghribi. Deux jours plus tard, le président de GKSD Investment Holding publiait un vrai faux démenti sur les réseaux sociaux. Mais à la fin de la lecture, une question demeure : avons-nous réellement entendu un refus… ou commencé à imaginer une possibilité ?

Manel Albouchi *

À un moment où les mots ne sont jamais tout à fait innocents, un discours surgit pour affirmer : «Je ne suis pas candidat». Pourtant, quelque chose, dans la tonalité, dans l’agencement des phrases, dans ce qui est dit comme dans ce qui demeure suspendu entre les lignes, ouvre une autre interrogation : un démenti est-il toujours un refus ? Ou peut-il devenir, parfois, une autre manière d’entrer en scène ?

À première lecture, le texte apparaît comme une tentative d’apaisement, une manière de mettre fin aux spéculations. Mais en s’en approchant davantage, on découvre un mécanisme plus subtil. Le discours ne ferme pas totalement l’hypothèse : il la réorganise. Il calme la rumeur tout en lui donnant une forme plus structurée, presque plus durable dans l’imaginaire collectif.

Un registre plus implicite

Comme l’a montré Jacques Lacan, le déni ne supprime pas le sens ; il le reconfigure. Dire «je ne suis pas candidat» ne signifie pas nécessairement la disparition de l’idée. Cela peut aussi déplacer cette idée vers un registre plus implicite, plus symbolique, mais parfois plus puissant.

Dans une expérience devenue célèbre, on demandait à des participants de ne surtout pas penser à un ours blanc. Plus ils tentaient de chasser l’image, plus celle-ci revenait avec insistance dans leur esprit.

Le déni produit souvent un effet rebond : ce que l’on cherche à éloigner devient parfois encore plus présent. Ironique, n’est-ce pas ?

Dans le champ politique, ce phénomène donne au discours de démenti une fonction particulière. À force de répéter qu’une hypothèse n’existe pas, le langage peut contribuer, malgré lui, à l’installer davantage dans l’espace mental collectif. Le refus ne supprime pas nécessairement la représentation ; il peut aussi participer à sa consolidation symbolique.

«Aucun propos n’a été prononcé de ma part». Mais cette phrase ne dit pas : «Je ne serai jamais candidat». Elle affirme seulement l’absence de déclaration officielle. Et c’est précisément là que s’installe une zone d’indétermination. Le silence devient moins un refus qu’une suspension du positionnement.

La reconstruction de soi

Nous ne sommes donc plus dans un simple exercice de clarification. Ce qui se joue ici relève d’une reconstruction de soi dans l’espace public. Peu à peu, la figure de l’homme d’affaires se transforme : elle s’élargit vers celle d’un homme d’Etat en puissance, d’un acteur politique potentiel, d’un bienfaiteur de l’humanité. Le discours ne décrit plus uniquement une fonction professionnelle ; il produit progressivement une identité politique potentielle.

À ce niveau, le processus rejoint ce que Pierre Bourdieu désignait comme une forme de pouvoir symbolique : la capacité des mots à créer du positionnement dans un champ social et politique. Les déclarations publiques ne se contentent pas de commenter la réalité ; elles fabriquent aussi des places possibles à l’intérieur de celle-ci.

Cette dynamique apparaît avec encore plus de force lorsqu’est évoquée la crise de l’oxygène. L’événement n’est pas mobilisé comme un simple fait sanitaire, mais comme une scène symbolique. Une scène d’asphyxie collective dans laquelle une figure intervient au moment où les autres semblent incapables d’agir. Dans l’analyse psychologique du discours, ce type de récit produit une image : celle du «sauveur», celui qui apparaît lorsque le système vacille. Et cette image devient, avec le temps, une forme de légitimité implicite.

Mais le statut symbolique n’est jamais fixe : il bascule avec les effets du pouvoir. Comme celui qui se présente comme victime, une fois au pouvoir, devient persécuteur au nom de la «justice» ou de la «réparation». De la même manière, celui qui est initialement perçu comme «sauveur» peut rapidement devenir un «bourreau» lorsqu’il met en œuvre des réformes qui bouleverseront les équilibres existants.

Réseaux, relations et connexions

Un autre élément traverse le texte : la figure du «pont». Le pont n’appartient jamais totalement à un seul espace. Il relie. Entre l’intérieur et l’extérieur, entre l’économie et le politique, entre le local et l’international.

Cette position intermédiaire ne renvoie pas seulement à une fonction stratégique ; elle révèle aussi une structure psychologique particulière : une forte capacité à négocier, à créer des alliances, à circuler entre différents espaces de pouvoir et d’influence. Ce type de personnalité construit souvent son efficacité à travers les réseaux, les relations et la capacité de connexion entre les mondes.

Mais cette configuration comporte également ses risques. L’excès de gestion des équilibres peut conduire à une dilution de la décision, à une dépendance indirecte vis-à-vis des cercles d’influence environnants, ou encore à une forme de flou stratégique dans les moments nécessitant un affrontement frontal et des positions plus nettes.

Une mise en scène de soi

Parallèlement, on observe que l’apparition publique n’est jamais totalement spontanée ; elle s’inscrit dans une gestion du regard des autres, dans une construction de l’image adaptée aux attentes de l’espace social. C’est précisément ce que Erving Goffman analysait à travers la notion de mise en scène de soi.

Dès lors, une question centrale émerge : sommes-nous face à un homme de pouvoir ou à un homme d’influence ?

Son discours semble pencher vers la seconde figure : celle d’un acteur capable de relier, de négocier, de créer des alliances, de maintenir des équilibres et de créer des espaces de circulation entre différents champs de pouvoir et d’influence. Mais cette même posture soulève une interrogation plus profonde : que devient ce type de leadership lorsque la politique cesse d’être un espace de médiation pour devenir un espace de confrontation ?

Kamel Ghribi par lui-même

Dans un second «démenti» publié hier, mercredi 6 mai 2026, sur sa page Facebook, et reproduit ci-dessous en fac-similé, Kamel Ghribi vante son parcours et énumère ses qualités de leadership. Et demande aux Tunisiens de ne pas «surinterpréter» ses déclarations ! Les prend-il (déjà?) pour des cons ?

L’article La stratégie du déni | Kamel Ghribi n’est pas (encore) candidat ! est apparu en premier sur Kapitalis.

Quand Hannibal est «Denzélé» !

07. Mai 2026 um 10:56

Certaines thèses «afrocentristes» tiennent à ce que tout ce qui est africain soit de couleur noire, mais elles sont largement rejetées par la communauté scientifique faute de preuves archéologiques ou historiques. La polémique resurgit avec le choix de l’acteur Denzel Washington pour incarner le personnage du général carthaginois Hannibal, dans une production Netflix.

Ridha Ben Slama *

Au moment où nous avons besoins de corriger certaines versions faussées de l’histoire, la production cinématographique participe parfois à la confusion des esprits. Le cinéma, par sa force émotionnelle, s’emploie à remplacer la réalité historique dans l’esprit du public. Il est vrai que le film historique n’est pas un documentaire, mais une interprétation qui peut réussir ou échouer. Le danger survient quand le spectateur oublie que le réalisateur pourrait avoir une «intention» artistique ou politique qui prime sur la véracité des faits. Ce débat est crucial, car il oppose la nécessité de la rigueur historique à la liberté artistique et narrative du cinéma. Si le cinéma a le pouvoir de faire revivre le passé, il peut parfois participer à la confusion ou à la réécriture biaisée de l’histoire.

Des anachronismes flagrants

Dans ce cadre, le choix de Denzel Washington pour incarner Hannibal dans le film Netflix relève plus d’une démarche artistique et commerciale simpliste que d’une volonté de rigueur historique. Antoine Fuqua, réalisateur et producteur du film, a d’ailleurs déclaré que «le talent et le charisme de l’acteur priment sur la ressemblance physique exacte» !

Dans l’imaginaire collectif hollywoodien actuel, il existe une tendance à vouloir représenter l’Afrique ancienne et actuelle comme exclusivement peuplée de personnes à la peau noire. Ce choix s’inscrit dans un mouvement de «réappropriation» des figures du continent africain par la diaspora afro-américaine. Netflix cherche souvent à toucher un public global en mettant en avant la diversité, même si cela crée des anachronismes flagrants par rapport à la réalité historique méditerranéenne.

Déjà, dans Gladiator 2, on ne voit pas Macrinus, mais Denzel Washington en costume. Cela donne l’impression qu’il ne s’est pas adapté à l’univers du film. Ses mimiques, ses rires et sa gestuelle appartiennent au XXIe siècle. Alors que le premier Gladiator était empreint de gravité et de réalisme brut, le Macrinus de Denzel apporte une dose de théâtralité presque béate. Cette interprétation peut donner l’impression que l’acteur ne prend pas le film au sérieux, transformant un drame historique en une sorte de spectacle excentrique qui manque de poids émotionnel. Son style très marqué et son refus de se plier aux codes du «film d’époque» traditionnel ont créé une rupture de ton qui l’a sorti de l’histoire. Le manque de crédibilité historique du personnage de Macrinus est un point soulevé par de nombreux historiens et spectateurs. Bien que basé sur un véritable empereur romain, la version de Ridley Scott prend d’énormes libertés.

Le vrai et le faux Macrinus

Dans le film, Macrinus est un ancien esclave de peau noire qui s’est élevé par la force et l’astuce pour devenir marchand d’armes et propriétaire de gladiateurs. Alors qu’en réalité il n’a jamais été ni esclave ni noir. Il était issu de la classe des chevaliers (l’ordre équestre), une élite sociale juste en dessous des sénateurs. C’était aussi un juriste talentueux et un avocat renommé avant de devenir préfet du prétoire (chef de la garde impériale) sous Caracalla. Il n’y a aucune preuve historique que Macrinus ait eu un quelconque lien avec le monde des gladiateurs ou le commerce des armes. Son ascension était purement politique et administrative. On le voit manipuler activement l’empereur et même participer physiquement à sa chute dans un cadre spectaculaire.

Le vrai Macrinus était né vers 165 apr. J.-C. à Césarée de Maurétanie (actuelle Cherchell), il est issu d’une famille équestre, mais pas de la haute noblesse patricienne. Sous Caracalla, il devient donc préfet du prétoire, commandant la prestigieuse garde prétorienne, ce qui fait de lui l’un des hommes les plus puissants de Rome avant de prendre le pouvoir. Après avoir conspiré et fait assassiner Caracalla, il devient empereur en 217, marquant une rupture majeure dans la tradition impériale. Fait ironique par rapport au film, le vrai Macrinus a été le premier empereur à ne jamais mettre les pieds à Rome durant son règne (qui a duré 14 mois), préférant rester à Antioche.

Pour un spectateur qui connait l’histoire, chaque anachronisme agit comme un rappel que tout est factice. Denzel Washington a lui-même reconnu ces inexactitudes, admettant avoir créé sa propre trame de fond pour le personnage afin de servir le récit plutôt que la vérité historique.

Réalité historique et raccourci hollywoodien

Ces incongruités nuisent à la qualité de l’histoire, quand un film s’appuie sur des noms réels mais réécrit totalement leur trajectoire, il perd en poids dramatique et en cohérence.

En faisant de Macrinus un ancien esclave «vengeur», le scénario utilise un cliché de fiction. Réduire l’ascension vers le trône à une simple affaire de commerce de gladiateurs transforme une lutte de pouvoir historique en une intrigue de série B. Le film finit par ressembler à une version fantasmée de Rome plutôt qu’à une reconstitution.

On a l’impression que Ridley Scott utilise à chaque fois l’Antiquité comme un simple décor interchangeable plutôt que comme un cadre rigoureux. En transformant des figures historiques complexes en archétypes (le marchand malin, les empereurs fous), le film sacrifie la profondeur psychologique. La réalité historique est souvent plus nuancée et surprenante que les raccourcis hollywoodiens.

Le film échoue car il ne respecte pas la vérité organique de son sujet. En voulant rendre l’histoire plus «cinématographique», Ridley Scott l’a vidée de sa substance et de sa crédibilité.

Beaucoup de Tunisiens considèrent que le fait d’attribuer une peau noire à Hannibal est une forme de négation de leur propre identité et de leur héritage punique/berbère. Si le choix d’un Hannibal «Denzelé» fait réagir, c’est parce qu’il touche à une frontière fragile entre liberté artistique et vérité historique.

Il existe une confusion moderne chez les «profanes», surtout outre-Atlantique, qui consiste à penser que tout ce qui vient du continent africain est noir. Comme Carthage est en Tunisie actuelle, certains de leurs producteurs font ce raccourci, ignorant l’histoire. La confusion vient souvent d’une interprétation moderne du terme «Africain».

Le risque de l’anachronisme, en transformant Hannibal en «Denzel» pour des raisons de diversité est ridicule, car cela efface la réalité de ce qu’il était : un Punique.

En voulant rendre hommage à l’Afrique, on finit parfois par occulter la véritable identité des populations du Maghreb antique.

Nez droit, cheveux bouclés et profil aquilin

Les pièces de monnaie d’époque représentent Hannibal sous des traits méditerranéens classiques. Les portraits officiels sur les monnaies et les bustes inspirés de l’époque le montrent avec des traits typiquement méditerranéens ou hellénistiques (nez droit, cheveux bouclés). Les pièces de monnaie frappées par les Barcides en Espagne montrent un homme au visage rasé, aux cheveux bouclés et au profil aquilin.

Les auteurs comme Hérodote, Polybe ou Tite-Live décrivaient souvent les caractéristiques physiques des peuples dits «exotiques». Ils mentionnaient les cheveux crépus ou la peau sombre des Éthiopiens (terme désignant alors les populations subsahariennes). Si Hannibal avait été noir de peau, les auteurs romains auraient pu utiliser cette différence physique. Si Hannibal avait eu des traits radicalement différents de ceux des Méditerranéens, un auteur comme Tite-Live, qui détaille pourtant minutieusement ses habitudes alimentaires et ses vêtements, l’aurait très probablement mentionné.

Or, ils le traitent toujours comme un adversaire de culture punique. Quand les Romains croisaient des personnes aux traits subsahariens, ils utilisaient des termes précis (comme Aethiops). Le fait qu’ils désignent Hannibal simplement comme Afer (Africain de la province de Carthage) ou Punicus indique qu’il s’insérait dans la norme visuelle du monde méditerranéen de l’époque. Pour les historiens, si Hannibal avait été de peau noire, ce fait aurait été une telle «curiosité» pour les chroniqueurs de l’époque qu’il serait apparu dans au moins un récit.

Dans l’Antiquité, être Africain désignait un habitant de la province d’Africa (le Nord de l’Afrique actuelle). En latin, Afer désigne une origine géographique (la région de Carthage) et non une caractéristique raciale. À l’époque, les Romains et les Grecs étaient très attentifs aux différences physiques, qu’ils notaient sans forcément y attacher de préjugés raciaux modernes, mais par simple souci de description.

Richesse occultée de la civilisation punique

Une fois qu’un visage est associé à un nom (Denzel Washington en Hannibal), il devient très difficile de déconstruire cette image par des preuves archéologiques plus tard. C’est une simplification binaire qui ramène l’histoire à une opposition «Noir vs Blanc», on occulte la richesse des civilisations berbères, puniques ou maures. Cela donne l’impression que l’Afrique du Nord n’a pas d’histoire propre et qu’elle doit être «empruntée» par d’autres cultures pour exister à l’écran. Si la science (ADN, numismatique) dit une chose et que les médias dominants en montrent une autre, cela peut amener les jeunes à croire que «chacun a sa vérité».

Le débat actuel est souvent alimenté par des enjeux politiques contemporains plutôt que par de nouvelles découvertes historiques. L’analyse de l’ADN ancien des populations de Carthage apporte des réponses claires.

Les chercheurs ont analysé des restes humains provenant de nécropoles puniques à Carthage (en Tunisie) et en Sardaigne. La population carthaginoise était un mélange cosmopolite. Une part importante de l’ADN est liée aux populations berbères autochtones.

Concernant la question du teint, ces études montrent que les Carthaginois partageaient le profil génétique des populations méditerranéennes classiques. Leur apparence était très proche des populations actuelles du sud de l’Europe et du nord de l’Afrique. L’ADN n’indique pas de mélange significatif avec des populations d’Afrique subsaharienne à cette époque au sein de l’élite punique.

Ces données permettent de clore le débat sur une base objective. Elles confirment que Carthage était un pont génétique entre l’Orient, l’Afrique du Nord et l’Europe.

Les références clés des études scientifiques, notamment publiées dans la revue Nature, qui traitent du profil génétique des Carthaginois et confirment leur aspect méditerranéen. L’étude majeure de Nature (2025), la plus récente et la plus vaste à ce jour sur le sujet. Elle révèle l’analyse de 210 génomes anciens provenant de 14 sites puniques (Tunisie, Sicile, Sardaigne, Espagne). Les Carthaginois étaient génétiquement cosmopolites, un mélange de populations autochtones d’Afrique du Nord (Berbères), de populations de l’Égée (Grèce) et de Sicile. Elle confirme que l’élite et le peuple de Carthage s’inscrivaient dans le profil génétique du bassin méditerranéen central et occidental.

Par ailleurs, l’étude sur le «Jeune homme de Byrsa» (2016) a marqué un tournant en séquençant le premier génome complet d’un individu carthaginois du VIe siècle av. J.-C. (A European Mitochondrial Haplotype Identified in Ancient Phoenician Remains from Carthage, North Africa, étude publiée dans Plos One (2016). Elle révèle que l’individu (surnommé «Ariche») appartenait à l’haplogroupe rare U5b2c1, une lignée maternelle d’origine européenne (péninsule Ibérique). Cela prouve l’existence de mariages et de mélanges précoces entre les colons puniques et les populations méditerranéennes locales.

Les études sur la continuité en Sardaigne et au Liban (2018- Ancient DNA of Phoenician remains indicates discontinuity in the settlement history of Ibiza, publiée dans Scientific Reports (Nature Publishing Group) (2018), montrent que les réseaux commerciaux carthaginois servaient de «courroie de transmission» génétique entre le Levant, l’Afrique du Nord et l’Europe du Sud. Les marqueurs génétiques retrouvés correspondent systématiquement à des populations méditerranéennes et non subsahariennes. Ces publications démontrent que Carthage n’était pas une enclave isolée, mais un véritable brassage méditerranéen. L’absence de marqueurs génétiques subsahariens significatifs dans ces échantillons renforce la thèse d’une apparence physique proche de celle des Tunisiens actuels.

Une forme de révisionnisme culturel

Malheureusement, nous assistons à une forme de révisionnisme culturel. Cette tendance risque de nuire à la compréhension de l’histoire par les jeunes générations. C’est l’inquiétude majeure des historiens et des éducateurs. Le risque est de transformer l’histoire en une matière malléable au service de l’idéologie ou du divertissement, au détriment des faits.

Ce qui choque davantage pour Hannibal, c’est que cela donne l’impression que l’on «réécrit» le passé pour coller à des idéologies politiques modernes comme l’afrocentrisme.

Au lieu de contrefaire par ces procédés douteux l’histoire des Puniques/Carthaginois, ne serait-il pas plus enrichissant pour ces «afrocentristes» de produire des films sur les puissants empires d’Afrique subsaharienne, comme l’Empire du Mali ou le Royaume de Koush, dont l’histoire est authentiquement noire et largement méconnue. Il y a pourtant des exemples réussis dans le domaine, comme la minisérie de Shaka Zulu qui revient sur le conflit qui a opposé au début du 19e siècle Chaka, le roi de la vaste nation zoulou, à l’Empire britannique en pleine expansion en Afrique, ou la récente série Shaka Ilembe (2023) qui est le meilleur choix actuel. Elle privilégie une perspective autochtone, avec des dialogues en zoulou et une attention accrue aux rituels et à l’histoire orale.

En dépit de toutes les critiques, le projet semble avancer, le tournage étant prévu pour l’été 2026, selon des médias spécialisés. Il est désolant de s’investir dans une entreprise parsemée d’autant de carences.

Plusieurs facteurs pourraient effectivement contribuer à transformer ce projet en un sérieux revers, risquant de subir un «review bombing» (vague de notes négatives) massif sur les plateformes.

Il convient de noter que Netflix a déjà connu un contrecoup similaire avec sa série sur Cléopâtre, qui avait enregistré des scores d’audience et de critiques historiquement bas.

Ah si par bonheur, nos chers réalisateurs-producteurs faisaient le pari de produire un film sur le vrai Hannibal ! Ainsi, face à la production hollywoodienne, la Tunisie fournirait sa propre version. Un vœu que beaucoup partagent, surtout pour rendre justice à Hannibal Barca, le stratège de génie de Carthage.

* Ecrivain.

L’article Quand Hannibal est «Denzélé» ! est apparu en premier sur Kapitalis.

Les drones ukrainiens menacent la vie de Poutine

07. Mai 2026 um 10:10

La Fédération de Russie a renforcé les mesures de sécurité pour protéger Vladimir Poutine face à la crainte croissante d’attentats alors que le président s’isole de plus en plus et se consacre entièrement à la gestion de la guerre en Ukraine. Ses craintes sont surtout motivées par la performance des drones ukrainiens et un assassinat par drone est redouté. 

Imed Bahri

Selon le Financial Times, le Service fédéral de protection (FSO), chargé de la protection des hauts responsables russes, a considérablement renforcé ces derniers mois la sécurité autour du chef du Kremlin.

Selon des sources à Moscou et une source proche des services de renseignement européens, Poutine passe plus de temps dans des bunkers souterrains, gérant directement les détails de la guerre, tout en se désintéressant progressivement des affaires civiles.

L’isolement de Poutine s’est accentué ces dernières années, notamment depuis la pandémie de Covid-19 mais les inquiétudes au Kremlin concernant un coup d’État ou une tentative d’assassinat –en particulier par drone– ont fortement augmenté depuis mars, selon la même source.

«Le choc de l’attaque de drone ukrainienne « Toile d’araignée » est encore vif», a déclaré une source au FT. L’année dernière, des drones ukrainiens ont ciblé des bases aériennes russes dans des régions de l’extrême nord du pays.

Les inquiétudes sécuritaires se sont également accrues après l’arrestation du président vénézuélien Nicolás Maduro par les États-Unis en janvier, selon une autre source.

En réponse, les services de sécurité ont renforcé leurs mesures. Poutine a réduit ses apparitions publiques et les contrôles sur ses visiteurs sont devenus plus rigoureux.

Le président et sa famille ne se rendent plus dans leurs résidences de la banlieue de Moscou et de la région de Valdaï. Il passe plus de temps dans des abris, notamment dans la région de Krasnodar, dans le sud de la Russie, où il travaille pendant des semaines d’affilée. Les médias d’État ont diffusé des images préenregistrées pour donner l’illusion d’une vie normale.

Les membres de son entourage, y compris les chefs cuisiniers, les photographes et les gardes du corps, ont reçu pour consigne d’éviter les transports en commun, les téléphones portables et les appareils connectés à Internet à proximité de lui. Des systèmes de surveillance ont été installés à leur domicile.

Des sources bien informées suggèrent que les récentes coupures d’Internet à Moscou pourraient être en partie liées aux mesures de protection contre les drones et à la sécurité du président.

Selon des sources du renseignement européen, les forces de sécurité fédérales mènent des recherches approfondies avec des chiens dressés et des agents sont déployés le long des rives de la Moskova en prévision d’une éventuelle attaque de drone.

Ces préoccupations sécuritaires ne concernent pas uniquement Poutine. Lors d’une réunion de sécurité l’année dernière, les agences de sécurité se sont mutuellement rejeté la responsabilité de l’incapacité à protéger les hauts responsables militaires après une série d’attentats liés à l’Ukraine dont l’assassinat du général Fanil Sarfarov.

Lors de cette réunion, le chef du Service fédéral de sécurité (FSB) Alexandre Bortnikov a mis en cause le ministère de la Défense qui ne dispose pas d’une unité dédiée à la protection des hauts fonctionnaires, tandis que le chef de la Garde nationale Viktor Zolotov a décliné toute responsabilité, invoquant des ressources limitées.

Finalement, Poutine a chargé le FSB de la protection de dix généraux de haut rang dont trois chefs d’état-major adjoints sous les ordres de Valery Gerasimov.

Il ne veut plus ni voir ni entendre

Le renforcement des mesures de sécurité coïncide avec l’attention quasi exclusive que Poutine porte à la guerre. Selon ses proches, il y consacre environ 70% de son temps. Quant aux autres activités, elles se limitent à de rares rencontres avec des dirigeants étrangers ou à des discussions sur l’économie.

Un initié a expliqué que le seul moyen pour le joindre est d’être impliqué dans la gestion de la guerre. 

L’analyste politique Andreï Kolesnikov estime que Poutine «ne veut plus ni voir ni entendre» et qu’il s’appuie presque entièrement sur les services de sécurité qui contrôlent désormais la plupart des aspects de la vie dans le pays.

Ce détachement a engendré un mécontentement croissant en Russie, alimenté par la lassitude de la guerre et l’aggravation des crises internes.

Selon des sondages officiels et indépendants, la popularité de Poutine a chuté à son plus bas niveau depuis l’automne 2022, date à laquelle il a annoncé une mobilisation partielle.

Des restrictions sur Internet

Les réseaux sociaux regorgent de publications critiquant le gouvernement pour les restrictions d’accès à Internet, les taxes et autres mesures économiques.

L’une des critiques les plus virulentes provient d’une vidéo publiée par Victoria Bonya, influenceuse russe qui réside à Monaco suivie par 12,9 millions d’abonnés sur Instagram, dans laquelle elle déclare que «les gens ont peur de lui». La vidéo a recueilli plus de 1,5 million de «j’aime», incitant le Kremlin à reconnaître l’avoir visionnée.

Suite à cela, Poutine s’est exprimé publiquement pour la première fois sur les restrictions d’internet, appelant les autorités à «expliquer les choses au public» plutôt que de simplement interdire l’accès sans rien dire. 

Le 27 avril, Poutine a effectué sa deuxième apparition publique de l’année, en visitant une école de gymnastique à Saint-Pétersbourg. Une vidéo le montrait en train d’interagir avec un groupe de jeunes filles, une scène que les analystes ont interprétée comme une tentative de projeter une image de proximité avec le peuple.

Cependant, la diminution de ses apparitions publiques –contre au moins 17 l’année précédente– témoigne d’un renforcement des mesures de sécurité et d’une moindre attention portée aux questions intérieures.

«Le fossé entre ce que Poutine souhaite aborder et ce que l’on attend de lui se creuse», a déclaré l’analyste Tatiana Stanovaya, prévenant que des vagues de mécontentement populaire risquent de s’amplifier dans les prochains mois.

L’article Les drones ukrainiens menacent la vie de Poutine est apparu en premier sur Kapitalis.

Le CRLDHT demande la libération de Zied El Hani  

07. Mai 2026 um 09:10

Le comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT) a publié, le 6 mai 2026, un communiqué intitulé «Pour la liberté de Zied El Hani, pour la liberté de la presse, pour le droit de déranger» où il exprime «sa profonde préoccupation et son inquiétude face au jugement attendu dans l’affaire du journaliste Zied El Hani», ce jeudi 7 mai.

«Dans le cadre de cette affaire, Zied El Hani a été arrêté le 24 avril 2026, à la suite de déclarations qu’il a faites lors d’une intervention à la Faculté de droit de Tunis, au cours de laquelle il a critiqué des décisions judiciaires concernant ses collègues journalistes. Il a ensuite été poursuivi pour ‘‘atteinte à autrui’’ ou ‘‘diffamation’’ en lien avec ces propos, avant d’être placé en détention», rappelle l’Ong tunisienne basée à Paris, en affirmant que «cette arrestation s’inscrit dans un contexte plus large marqué par une intensification des poursuites contre les journalistes et les voix critiques en Tunisie.»

L’Ong estime que l’accusation portée contre le journaliste, à savoir «l’atteinte à autrui via les réseaux publics de télécommunication», ne correspond pas à la réalité et que les faits reprochés à El Hani «relèvent clairement de l’exercice d’un journalisme libre» et de «l’expression d’une opinion libre, constructive et nécessaire à l’émergence d’une société consciente et équilibrée.»

Tout en soulignant «le droit des Tunisiennes et des Tunisiens à être libres, leur droit à déranger, et leur droit à être des citoyens à part entière», le CRLDHT demande «la libération immédiate de Zied El Hani, ainsi que de tous les journalistes détenus en raison de leurs opinions; l’abandon de toutes les charges liées à la liberté d’expression et à l’exercice du journalisme ; et la fin de l’instrumentalisation des lois, notamment l’article 86 du Code des télécommunications, pour restreindre la liberté de la presse».

L’article Le CRLDHT demande la libération de Zied El Hani   est apparu en premier sur Kapitalis.

Droit international ou droit occidental ?

07. Mai 2026 um 07:53

Si les dirigeants occidentaux veulent la paix, il faut qu’ils acceptent qu’il n’y ait qu’un seul droit international qui condamne l’agression d’où qu’elle vienne, qu’ils donnent une autorité à l’Onu et qu’ils redessinent les frontières d’Israël pour permettre la naissance d’un Etat palestinien avec Jérusalem comme capitale.

Lahouari Addi *

En se défendant, l’Iran viole le droit international, mais Israël et les Etats-Unis, en agressant l’Iran, défendent le droit international. Est-ce qu’il y a deux droits internationaux ou un seul ? Il semble bien qu’il y en ait deux. L’un qui justifie l’agression et l’autre qui interdit de se défendre. Cette myopie qui fait voir double est en fait une conséquence pathologique du racisme.

Comme hier dans les colonies où les indigènes n’étaient pas des sujets de droit, aujourd’hui dans la communauté internationale, il y a des Etats souverains et des Etats semi-souverains. Dans ce cas, il faudra deux Onu : celle de l’Occident et celle des victimes potentielles de l’Occident.

Conception néocoloniale des relations internationales

A Washington, Berlin, Londres, Paris…, le droit n’est pas considéré comme universel, et doit être limité à l’Occident. L’ordre colonial géopolitique s’est écroulé dans les années 1950 et 1960, mais il persiste dans la pratique des dirigeants occidentaux sous la forme d’une conception néocoloniale des relations internationales.

Ce qui rend nerveux la classe politique américaine, et celle qui lui est subordonnée en Europe, c’est que l’hégémonie américaine est contestée et parfois efficacement. L’ordre mondial basé sur l’invincibilité des porte-avions est dépassé. Un drone de 10 000 dollars peut neutraliser un porte-avions de 3 milliards de dollars.

Par ailleurs, la mondialisation économique a au moins un avantage : le marché capitaliste mondial n’aime pas la guerre. C’est ce qu’a compris l’Iran en fermant le détroit d’Ormuz. Outre son armée, Téhéran est protégé par les bourses de Wall Street, Francfort, Londres, Paris…

Les propos incohérents de Trump, déclarant parfois que la guerre est finie, et une autre fois qu’il pourra raser l’Iran révèlent sa peur de voir le prix du pétrole s’envoler à 150 dollars. Avec ce prix, les Républicains perdront et le Sénat et la Chambre.

Guerres extérieures et politiques intérieures

Les guerres extérieures ne sont plus des événements de la politique étrangère. Elles font désormais partie des politiques intérieures, parce que les peuples, y compris le peuple américain, sont contre les guerres d’agression.

Si les dirigeants occidentaux veulent la paix, il faut qu’ils acceptent qu’il n’y ait qu’un seul droit international qui condamne l’agression d’où qu’elle vienne, qu’ils donnent une autorité à l’Onu et qu’ils redessinent les frontières d’Israël pour permettre la naissance d’un Etat palestinien avec Jérusalem comme capitale. L’ordre mondial postcolonial ne peut être géré avec une mentalité néocoloniale.

* Professeur à l’Institut des études politiques de l’Université de Lyon.

L’article Droit international ou droit occidental ? est apparu en premier sur Kapitalis.

Creative Tunisia, levier de développement de l’artisanat en Tunisie

07. Mai 2026 um 07:17

Creative Tunisia, un projet de soutien au secteur de l’artisanat et du design en Tunisie à travers le renforcement des chaînes de valeur, a été clôturé lors d’une cérémonie officielle, le 5 mai 2026, au Palais des Congrès à Tunis.

Ce projet est financé par l’Union européenne (UE) et la Coopération italienne et mis en œuvre par l’Onudi en partenariat avec l’Office national de l’artisanat tunisien (Onat) dans le cadre du programme européen Tounes Wijhetouna.

La cérémonie de clôture s’est déroulée en présence de Sofiane Tekaya, ministre du Tourisme, ainsi que Rana Taha, coordonnatrice résidente des Nations Unies en Tunisie, Giuseppe Perrone, ambassadeur de l’UE, Luigi Gentile, chargé d’affaires à l’ambassade d’Italie, Leila Msellati, directrice générale de l’Onat et Lassaad Ben Hassine, représentant pays de l’Onudi.

Cet événement qui a réuni plus de 400 participants a été l’occasion de revenir sur les réalisations majeures du projet et de mettre en lumière son impact concret.

Les allocutions officielles ont souligné l’importance stratégique des industries culturelles et créatives dans le développement économique durable et inclusif de la Tunisie.

Les interventions ont unanimement salué le rôle structurant du projet Creative Tunisia dans la modernisation du secteur, le renforcement des capacités des artisans et l’amélioration de leur accès aux marchés.

Renforcement des capacités des artisans

Un temps fort de la soirée a été consacré à la présentation des résultats du projet, illustrés par une vidéo de capitalisation et l’intervention du chef de projet, Talel Sahmim. Cette séquence a permis de retracer les principales réalisations depuis 2019, notamment le développement d’une nouvelle approche de développement économique territoriale, le renforcement des capacités des artisans, designers et étudiants, la professionnalisation des entreprises, l’intégration de la culture du design, l’amélioration des infrastructures existantes et le développement de nouvelles opportunités commerciales.

Le projet a également introduit et consolidé des bonnes pratiques durables telles que la collaboration entre artisans et designers, la valorisation des produits, l’amélioration continue de la qualité, ainsi que des stratégies d’accès aux marchés nationaux et internationaux adaptées à chaque chaine de valeur.

Le projet Creative Tunisia a permis en chiffres de renforcer et structurer 17 chaînes de valeur, avec un ancrage territorial couvrant 18 gouvernorats. Il a également accompagné 18 associations actives dans les secteurs de l’artisanat et du design, contribué à la mise en place de 6 hubs créatifs, et bénéficié à plus de 3 000 acteurs, parmi lesquels artisans, designers, entreprises artisanales et étudiants.

L’événement a également mis en lumière des expériences concrètes à travers des focus thématiques, illustrant la pertinence de l’approche territoriale et collaborative du projet. Des témoignages de bénéficiaires ont permis de donner une dimension humaine à ces résultats, en partageant des parcours de transformation d’entreprises artisanales.

Vers la pérennisation des dynamiques enclenchées

La question de la durabilité des acquis a occupé une place centrale, avec un focus sur le rôle des hubs créatifs dans la pérennisation des dynamiques enclenchées. Ces espaces apparaissent aujourd’hui comme des leviers essentiels pour accompagner l’innovation, favoriser les synergies entre acteurs et soutenir la compétitivité du secteur à long terme.

La cérémonie s’est conclue par un message de clôture de Providence Mavubi, directrice division Agro- business et développement infrastructure à l’Onudi, soulignant les perspectives futures et la nécessité de capitaliser sur les acquis du projet. Une remise symbolique de cadeaux aux partenaires a marqué la reconnaissance des contributions de chacun à la réussite de cette initiative.

En marge des temps officiels, les participants ont été invités à découvrir une exposition retraçant les réalisations du projet entre 2019 et 2026, à travers une sélection de produits artisanaux, ainsi que des supports visuels et audiovisuels.

Creative Tunisia s’impose aujourd’hui comme une référence en matière de valorisation de l’artisanat et du design, contribuant à renforcer l’attractivité et le rayonnement de la Tunisie sur les marchés nationaux et internationaux.

L’article Creative Tunisia, levier de développement de l’artisanat en Tunisie est apparu en premier sur Kapitalis.

La décarbonation, levier de compétitivité pour l’économie tunisienne

07. Mai 2026 um 06:58

La Tunisie a abrité, les 5 et 6 mai 2026, la 5e édition du CSR Power Forum, le Forum international de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Placée sous le thème «Décarbonation de l’entreprise : quelle stratégie mettre en œuvre pour repositionner l’économie tunisienne ?», cette édition a réuni des experts, des décideurs, des représentants d’entreprises et d’institutions financières, ainsi que des acteurs des secteurs public et privé. Les participants ont examiné les défis et les opportunités liés à la transition vers une économie sobre en carbone.

Samir Abdelhafidh, ministre de l’Économie et de la Planification, a déclaré : «Aujourd’hui, nous affirmons que la décarbonation de nos entreprises dépasse le simple choix environnemental. Elle est désormais une nécessité économique et une exigence stratégique. Elle constitue le levier fondamental pour renforcer notre compétitivité future et accroître notre résilience sur la scène du commerce international.» Il a ajouté que la Tunisie s’est résolument engagée sur la voie d’une économie sobre en carbone, fondée sur des réformes profondes qui placent le climat au cœur des politiques publiques. Cette trajectoire repose sur une vision à long terme à l’horizon 2050, l’élaboration d’un budget sensible au climat, l’incitation à l’investissement dans les énergies renouvelables et l’économie circulaire, ainsi que sur l’application du principe «pollueur-payeur».

Le ministre a également souligné que la réussite de cette transition nécessite à la fois de mobiliser le secteur financier par des instruments innovants  tels que les obligations vertes et d’instaurer des mécanismes de tarification du carbone ainsi que de déclaration des émissions. Il a appelé à une mobilisation collective renforcée, associant l’État, les entreprises, le secteur financier et les partenaires internationaux.

La Tunisie, en tant que pays signataire des principes directeurs des Nations unies et de l’OCDE en matière de conduite responsable des entreprises, est passée d’une logique d’initiatives dispersées à une politique intégrée et globale, a souligné M. Abdelhafidh, insistant sur le fait que la mobilisation des financements verts et le renforcement des capacités techniques constituent une priorité nationale pour la prochaine période. Seule une action collective élargie pourrait accélérer la transition vers une économie durable et sobre en carbone.

De son côté Manel Arfa, présidente du comité d’organisation de CSR Power Forum, a souligné l’importance croissante de cet événement comme un espace de dialogue et de réflexion collective sur l’avenir de la transition économique et environnementale. «Ce forum représente une plateforme de dialogue à la fois pratique et stratégique. Il réunit l’ensemble des acteurs concernés, grandes entreprises et PME, experts internationaux, représentants des secteurs publics et privé, institutions financières et partenaires techniques autour d’un objectif : élaborer une approche participative et globale, capable de convertir les défis climatiques en véritables opportunités de croissance, d’innovation et d’investissement durable», a-t-elle indiqué, et d’ajouter : «L’importance de cette manifestation tient à ce qu’elle ne se réduit pas à un échange d’opinions. Elle ambitionne, d’une part, de générer des solutions opérationnelles ; d’autre part, d’accompagner les processus de transition vers une économie sobre en carbone en développant des instruments pratiques ; enfin, de renforcer les partenariats entre l’ensemble des parties prenantes et de favoriser l’investissement responsable et durable.»

Mme Arfa a également rappelé que le forum offre un lieu de partage d’expériences concluantes et de mise en lumière d’initiatives originales dans le champ de la décarbonation, de l’efficacité énergétique et de l’économie circulaire, contribuant ainsi à sensibiliser les entreprises aux exigences de la période à venir, notamment en ce qui concerne les transformations profondes des marchés et des normes internationales.

Cette édition s’est distinguée par un programme dense incluant des débats et des ateliers appliqués traitant de la décarbonation, du financement vert et des normes ESG, ainsi que des espaces destinés au réseautage professionnel et à l’exposition de solutions novatrices

Elle a également mis l’accent sur les profonds changements liés à l’application du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) et sur les nouvelles contraintes pesant sur l’industrie, plus particulièrement en termes d’exportations et de compétitivité à l’international.

À l’issue du forum, l’unanimité des participants s’est faite sur deux points : d’une part, la nécessité de poursuivre l’accompagnement des entreprises dans leur transition environnementale ; d’autre part, l’urgence de renforcer leurs capacités d’adaptation aux changements climatiques et économiques à l’échelle mondiale.

L’article La décarbonation, levier de compétitivité pour l’économie tunisienne est apparu en premier sur Kapitalis.

Ältere BeiträgeHaupt-Feeds

Bhiri et Beldi condamnés à 20 ans de prison

06. Mai 2026 um 13:23

La Chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme du Tribunal de première instance de Tunis a prononcé mardi 4 mai 2026 des peines allant de 11 à 30 ans de prison dans l’affaire dite des passeports et de la nationalité, relative à la délivrance de passeports tunisiens à des étrangers.

Selon une source judiciaire citée par Diwan FM, l’ancien ministre de la Justice et dirigeant du mouvement Ennahdha, Noureddine Bhiri, et l’ancien responsable de la sécurité, Fathi Beldi, également dirigeant du parti islamiste, ont été condamnés à 20 ans de prison, deux prévenus jugés par contumace à 30 ans, et deux autres prévenus comparus en liberté à 11 ans.

La Chambre a également ordonné la radiation du nom de l’ancien Premier ministre Hamadi Jebali et de deux autres prévenus du dossier, suite à la demande de leurs avocats d’attendre l’issue de leur appel contre la décision de la Chambre d’accusation de les renvoyer devant la Chambre criminelle.

Les prévenus sont accusés d’avoir facilité et organisé l’entrée ou la sortie de personnes du territoire tunisien, légalement ou clandestinement, pour commettre un acte terroriste. Ils sont accusés notamment d’avoir délivré des documents officiels (carte d’identité, passeport…) au profit d’une organisation, d’un groupe terroriste ou de personnes liées à des réseaux terroristes.

L’article Bhiri et Beldi condamnés à 20 ans de prison est apparu en premier sur Kapitalis.

Le pèlerinage juif à Djerba attire 200 visiteurs étrangers à Djerba

06. Mai 2026 um 12:23

La «ziara» ou pèlerinage juif annuel à la synagogue Ghriba, sur l’île tunisienne de Djerba, s’achèvera demain, jeudi 6 mai 2026. Cet événement religieux majeur pour la communauté juive du Maghreb a été marqué cette année par un retour notable des fidèles après deux éditions plus modestes.

Selon René Trabelsi, ancien ministre du Tourisme et co-organisateur de l’événement, environ 200 pèlerins sont arrivés de l’étranger, alors que la participation ces deux dernières années s’était limitée à quelques dizaines de personnes.

Le pèlerinage, ouvert le 30 avril, coïncide avec la fête juive de Lag Ba’omer. Il connaît son apogée les 4 et 5 mai, avec des prières, l’allumage des bougies et les rites traditionnels à l’intérieur de la synagogue.

La Ghriba, située dans le village d’Erriadh, est considérée comme la plus ancienne synagogue d’Afrique et attirait autrefois des milliers de pèlerins d’Europe, d’Israël et d’autres communautés de la diaspora tunisienne.

L’édition 2026 a été présentée par les organisateurs comme un retour progressif à la normale, les activités étant limitées aux espaces intérieurs du sanctuaire.

Perez Trabelsi, président du comité d’organisation, a annoncé en avril que le pèlerinage serait «ouvert à tous», Tunisiens et étrangers, dans le cadre d’une reprise progressive du rythme habituel du pèlerinage. Cependant, la prudence reste de mise.

Le pèlerinage a été considérablement réduit après l’attaque de mai 2023, au cours de laquelle un officier de la Garde nationale a tué deux fidèles et trois membres des forces de sécurité près de la synagogue.

Perez Trabelsi a souligné que la participation reste inférieure aux niveaux d’avant 2023 et que les problèmes de sécurité n’étaient pas encore totalement résolus, tout en soulignant le renforcement des mesures de sécurité autour du site.

Djerba abrite toujours la plus grande partie de la communauté juive de Tunisie, soit aujourd’hui moins de 1 500 personnes, résidant pour la plupart sur l’île, contre des dizaines de milliers présentes dans le pays avant les départs massifs vers la France et Israël.

L’article Le pèlerinage juif à Djerba attire 200 visiteurs étrangers à Djerba est apparu en premier sur Kapitalis.

Tunisie | Saïed répond à ceux qui évoquent sa succession    

06. Mai 2026 um 11:35

Suite à l’article du journal italien ‘‘Il Foglio’’ évoquant l’hypothèse d’une ère post-Kaïs Saïd, le président de la république a répondu, indirectement et sans nommer personne, aux rumeurs concernant ses potentiels successeurs, lors de sa rencontre, mardi 4 mai 2026, avec les présidents de l’Assemblée des représentants du peuple et du Conseil national des régions et districts.

«La gestion de l’État ne saurait se fonder sur des publications sur les réseaux sociaux ou des pages suspectes, ni sur la propagation de calomnies», a-t-il déclaré, selon un communiqué publié sur la page Facebook de la présidence de la république.

Dans ce contexte, il a souligné «la concomitance entre certaines déclarations qui trahissent un état de confusion, d’impuissance et de faillite chez certains partis connus, qui persistent dans leurs illusions et misent sur un retour en arrière».

«Le peuple tunisien n’oubliera pas et n’acceptera aucun recul, mais aspire au contraire à construire son propre avenir grâce aux institutions constitutionnelles qu’il a mis en place par sa volonté lors du référendum», a conclu le président Saïed.

Rappelons que l’article d’Il Foglio ainsi pointé du doigt parle de la recherche d’une alternative à la direction de la Tunisie au sein de l’opposition, en citant même un homme d’affaires tuniso-italien, Kamel Ghribi, qui a commenté, lui aussi, dans un post Facebook, l’article du journal italien, et n’a pas démenti ses ambitions politiques. Au contraire… Il a publié ce commentaire qui se passe de tout commentaire : «Ma position n’a pas changé et ne changera pas. Ma main reste tendue à la Tunisie et ma volonté de participer à tout effort sincère visant à son progrès demeure inébranlable. Je ne nourris aucune rancune et ne recherche ni position ni avantage ; servir la Tunisie est pour moi un honneur.»

Il reste à savoir si cet homme jusque-là peu connu en Tunisie, en dehors de quelques cercles de l’élite des affaires, dispose de suffisamment de relais et de soutiens, à l’intérieur et à l’extérieur, pour pouvoir postuler à la magistrature suprême.

I. B.

L’article Tunisie | Saïed répond à ceux qui évoquent sa succession     est apparu en premier sur Kapitalis.

❌
❌