La CNUCED prévoit un impact de 40 % de l’IA sur les emplois
Le marché mondial de l’intelligence artificielle devrait atteindre 4,8 billions de dollars d’ici 2033, soit à peu près la taille de l’économie allemande. C’est ce qui ressort d’un rapport de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) publié le 3 avril 2025. Lequel avertit que près de la moitié des emplois dans le monde seraient touchés.
Alors que l’intelligence artificielle transforme les économies et crée d’énormes opportunités, il existe des risques que cette technologie pionnière aggrave les inégalités existantes, selon un rapport publié jeudi.
Le rapport avertit spécifiquement que « l’intelligence artificielle pourrait avoir un impact sur 40 % des emplois dans le monde, améliorant la productivité; mais soulevant également des inquiétudes quant à la dépendance aux machines et au remplacement des emplois ».
En effet, les vagues précédentes de progrès technologiques ont principalement eu un impact sur les emplois manuels ou qualifiés. La CNUCED souligne que les secteurs à forte intensité de connaissances, tels que le travail de bureau et les emplois administratifs, seront les plus touchés par l’IA.
Cela signifie, selon le rapport, que les dommages les plus importants seront infligés aux économies avancées. Tout en notant que ces économies sont mieux placées pour bénéficier des avantages de l’intelligence artificielle que celles en développement.
L’agence des Nations unies ajoute : « Le plus souvent, ce sont les capitaux qui récoltent les bénéfices de l’automatisation alimentée par l’IA, et non les travailleurs et les salariés. Ce qui pourrait accroître les inégalités et réduire l’avantage concurrentiel de la main-d’œuvre à bas prix dans les économies en développement ».
Rebecca Grynspan, directrice de la CNUCED, fait état de l’importance de veiller à ce que les personnes soient au centre du développement de l’IA. Tout en appelant à une coopération internationale accrue « pour déplacer l’attention de la technologie vers les personnes et permettre aux pays de participer à la création d’un cadre mondial pour l’IA ».
Et d’ajouter : « L’histoire a montré que même si le progrès technologique stimule la croissance économique, il ne garantit pas à lui seul une répartition équitable des revenus ni ne favorise le développement humain global ».
Taille du marché de l’intelligence artificielle
En 2023, le marché des technologies de pointe, tels qu’Internet, la blockchain, les réseaux 5G, l’impression 3D et l’intelligence artificielle, était évalué à 2,5 billions de dollars. Ce chiffre devrait être multiplié par six au cours de la prochaine décennie pour atteindre 16,4 billions de dollars, selon le rapport.
D’ici 2033, l’IA sera la technologie leader du secteur, atteignant 4,8 billions de dollars, selon le rapport. Toutefois, la CNUCED a averti que l’infrastructure, les compétences et les connaissances avancées en matière d’IA restent limitées à un petit nombre d’économies et sont concentrées entre les mains de seulement 100 entreprises, la plupart d’entre elles aux États-Unis et en Chine. Ces entreprises concentrent actuellement 40 % du total des dépenses mondiales des entreprises à la recherche et au développement.
L’agence appelle donc les pays à « agir maintenant ». Tout en soulignant qu’« en investissant dans les infrastructures numériques, le renforcement des capacités et la consolidation de la gouvernance de l’IA », ils peuvent « exploiter le potentiel de l’IA pour parvenir à un développement durable ».
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