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Heute — 27. März 2026Haupt-Feeds

UIB : Mondher Benzarti élu représentant des actionnaires minoritaires

27. März 2026 um 11:09

L’Union Internationale de Banque (UIB)  intègre Mondher Benzarti au sein de son conseil d’administration en qualité de représentant des actionnaires minoritaires. Cette décision découle de l’assemblée générale élective tenue le 06 mars 2026 au cours de laquelle les actionnaires ont adopté cette nomination à l’unanimité des membres présents ou représentés.

Le nouveau mandat de Mondher Benzarti s’étendra sur une période de trois ans. Ses fonctions prendront fin lors de l’assemblée générale ordinaire appelée à statuer sur les comptes de l’exercice 2028. La candidature sera désormais soumise à l’examen du Conseil du Marché Financier ainsi qu’à celui de la BCT pour la validation.

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Tunis Re : un saut de 100 millions de dinars pour doubler le capital

27. März 2026 um 10:36

La Société Tunisienne de Réassurance (Tunis Re) franchit un cap stratégique majeur. L’assureur annonce un doublement de son capital social ainsi qu’une progression de son résultat net à 26,980 millions de dinars pour l’exercice 2025. Le conseil d’administration propose désormais la distribution d’un dividende de 0,550 dinar par action. Il prévoit aussi la création de 20 millions d’actions nouvelles pour porter le capital à 200 millions de dinars.

Les états financiers de la compagnie affichent une solide santé. Le chiffre d’affaires combiné atteint 243,176 millions de dinars. L’assureur national optimise ainsi sa gestion technique. La sinistralité s’améliore de 23 %; tandis que le ratio net de sinistralité s’établit à 44 %. Cette maîtrise des risques permet au résultat technique net de doubler. Ce dernier atteint un excédent de 30 millions de dinars. Le ratio combiné gagne 12 points pour s’établir à 83,7 %.

Des indicateurs financiers au vert

La rentabilité des fonds propres (ROE) ressort à 10,9 %. Cette performance s’appuie sur une croissance de 9 % des placements financiers. Le résultat global avant impôt s’élève à 48,843 millions de dinars pour l’année écoulée. Ces indicateurs témoignent d’une structure de bilan renforcée. Le taux de rétention des primes se maintient à 72 %.

Modalités de l’augmentation de capital

Le déploiement du nouveau capital s’organisera autour de deux axes principaux lors de l’assemblée générale extraordinaire du 24 avril 2026. La société attribuera une première tranche de 5 millions d’actions gratuites aux actionnaires actuels. Cette opération prévoit une action nouvelle pour quatre anciennes. Parallèlement une augmentation par souscription en numéraire concernera 15 millions de titres. Le ratio sera de trois actions nouvelles pour quatre anciennes.

Les actionnaires se réuniront au siège de la société à Montplaisir pour valider ces résolutions. Les assemblées successives débuteront à partir de 09h00 le 24 avril prochain. L’assemblée générale extraordinaire fixera le prix d’émission des nouvelles actions lors de cette rencontre. Ces nouveaux titres bénéficieront d’une jouissance à compter du 1er janvier 2026.

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Objectif 2026 : le plaidoyer de Raoua Tlili pour sauver le handisport

27. März 2026 um 10:03

L’athlète tunisienne, Raoua Tlili, figure de proue du lancer du poids et du disque au sein de la sélection nationale, a brisé le silence le 26 mars 2026 à travers une intervention vidéo diffusée sur les réseaux sociaux. Ce témoignage public intervient dans un contexte de préparation critique pour les Jeux méditerranéens de 2026, révélant une situation de précarité extrême qui paralyse les sportifs de haut niveau engagés dans les disciplines individuelles.

La championne tunisienne (12 médailles d’or aux Jeux paralympiques et aux Championnats du monde) décrit une impasse financière et administrative sans précédent, marquée par l’absence totale de rémunération ou de contrat formel depuis le début de l’année 2025. Cette carence de treize mois consécutifs persiste alors même que l’athlète a récemment honoré les couleurs nationales en décrochant une médaille de bronze lors des Championnats du monde de para-athlétisme en Inde. Elle précise à ce sujet avoir dû assumer personnellement l’intégralité de ses frais d’inscription pour cette compétition mondiale.

Cette détresse matérielle s’accompagne d’une dégradation profonde du cadre de préparation technique. Actuellement basée à Londres pour collaborer avec un nouvel entraîneur dont le dispositif avait pourtant reçu l’aval du ministère de la Jeunesse et des Sports, Raoua Tlili affirme que ce technicien exerce ses fonctions sans aucune rétribution depuis plus de trois semaines. Elle précise que, bien que le ministre ait donné son accord de principe lors d’une rencontre directe, l’exécution administrative n’a pas suivi, empêchant toute planification sportive cohérente. L’athlète déplore également une révision unilatérale à la baisse de son programme d’entraînement, lequel avait pourtant été conçu pour respecter les contraintes budgétaires de l’État.

Un bilan alarmant

Au-delà de son parcours individuel, la lanceuse dresse un constat alarmant sur l’état psychologique de ses pairs dans les sports individuels. Elle évoque des trajectoires marquées par l’abandon ou une détresse émotionnelle sévère, citant le cas du taekwondoïste Khalil Jendoubi qui a déjà tenté d’alerter l’opinion sans obtenir de changements tangibles. Face à ces obstacles, Raoua Tlili dénonce des tentatives de pression l’incitant à représenter une autre nation, une éventualité qu’elle rejette catégoriquement par attachement à la Tunisie. Elle souligne d’ailleurs que ses revendications ne portent pas sur des primes de résultats, qu’elle affirme ne pas avoir perçues, mais sur le rétablissement d’une activité institutionnelle financée et fonctionnelle.

Dans un appel direct aux autorités, notamment au président de la République, Kaïs Saïed, l’athlète rappelle que le sport a été érigé en priorité nationale. Elle souligne l’urgence de la situation alors que les Jeux méditerranéens approchent, notant l’absence actuelle de qualifications mondiales dans sa discipline. Pour la championne, la période actuelle sans compétition majeure doit impérativement être mise à profit par les responsables pour régulariser les contrats et apaiser les conflits, afin de sécuriser les cycles de préparation menant aux Mondiaux 2027 et aux Jeux paralympiques de 2028. Malgré l’éloignement et les sacrifices personnels, elle maintient ses objectifs sportifs et exhorte les médias ainsi que ses homologues à ne pas laisser s’éteindre ce débat sur l’avenir de l’élite sportive tunisienne.

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Gestern — 26. März 2026Haupt-Feeds

Dattes bio : exportations en forte hausse, recettes en bond de 39 %

26. März 2026 um 16:11

Durant les cinq premiers mois de la campagne 2025/2026, la Tunisie a exporté 94 100 tonnes de dattes. Ce qui constitue une hausse de 4,2 % par rapport au volume exporté lors de la campagne précédente. Ces données sont issues du bulletin de suivi publié jeudi par l’Observatoire national de l’agriculture (ONAGRI).

En valeur, les recettes des exportations de dattes s’établissent à 607,8 millions de dinars. Ce qui correspond à une progression de 4,5 % par rapport aux 581,8 millions de dinars enregistrés un an auparavant.  

Bien évidemment, la variété « Deglet Ennour » représente 85,2 % du volume total exporté. Son prix moyen s’établit à 7,15 DT/kg. Le prix moyen toutes variétés confondues est de 6,46 DT/kg.

Destinations

L’Union européenne absorbe 44,2 % du volume des exportations des dattes. L’Afrique suit avec 23,3 % et l’Asie avec 22,5 %. Par pays, le Maroc est le premier importateur avec 17,1 % des quantités exportées. L’Italie arrive en deuxième position avec 11,9 %. L’Allemagne occupe la troisième place avec 9,7 %.

Dattes biologiques

Un peu plus de 4 716 tonnes de dattes biologiques ont été exportées durant les cinq premiers mois de la campagne. Leur valeur atteint 48,6 millions de dinars. Le volume a progressé de 26,1 % par rapport à la même période de la campagne précédente. Les recettes ont quant à elles augmenté de 38,9 %. La part des dattes biologiques dans le volume total des exportations reste limitée à 5,0 %.

Le prix moyen des dattes biologiques s’élève à 10,31 DT/kg. Ce prix varie selon le type. Les produits dérivés atteignent 10,90 DT/kg. Les dattes biologiques standards s’établissent à 9,13 DT/kg. Les dattes biologiques à caractère industriel sont valorisées à 4,53 DT/kg.

L’Allemagne est la première destination des dattes biologiques avec 35 % du volume exporté, suivie des Pays-Bas (13 %.) et de la France (9 %).

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Frida Dahmani n’est plus

26. März 2026 um 10:37

Le monde du journalisme tunisien et africain est en deuil. Frida Dahmani, correspondante de Jeune Afrique à Tunis depuis 2008, s’est éteinte ce jeudi 26 mars 2026. 

Biologiste de formation, Frida Dahmani avait choisi de réorienter sa trajectoire vers la communication et l’édition, avant que le journalisme ne devienne sa vocation profonde. Elle s’était imposée au sein de la rédaction du magazine panafricain comme une correspondante au spectre large : politique, économie, culture.

Que son âme repose en paix.

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Pénuries de médicaments : Kaïs Saïed inspecte la CNSS et instruit la Pharmacie centrale

26. März 2026 um 10:20

Lors d’une visite surprise à la clinique d’El Omrane et à la Pharmacie centrale, le président de la République Kaïs Saïed a ordonné des mesures d’urgence. Elles ont pour objectif de pallier les pénuries de médicaments essentiels et d’améliorer l’accès aux soins pour les assurés sociaux.

Le président Kaïs Saïed a ordonné, mercredi, la constitution d’un stock stratégique de médicaments prioritaires  notamment pour le diabète, l’hypertension et les maladies thyroïdiennes. Et ce, après avoir constaté de visu les insuffisances de la clinique d’El Omrane, établissement de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). La visite s’est prolongée au siège de la Pharmacie centrale d’El Menzah, où il a directement instruit les responsables en ce sens.

Sur place, le chef de l’État a relevé des lacunes sérieuses dans la qualité des services et l’approvisionnement en médicaments spécifiques, dont certains produits destinés aux patients dialysés. Il a notamment pointé les conditions d’attente imposées aux assurés, contraints de se présenter dès l’aube pour obtenir leurs médicaments. Face à ce constat, il a préconisé la mise en place d’un système de livraison à domicile par véhicules dédiés pour les patients dont l’état ne requiert pas de déplacement.

Kaïs Saïed a réaffirmé que la santé constitue un droit fondamental et que la couverture sociale doit être garantie à l’ensemble des citoyens, sur tout le territoire national. Il a également rencontré des usagers de la clinique, recueillant leurs doléances. Tout en précisant que nombre de situations individuelles relèvent d’une réforme systémique globale, actuellement en cours.

La clinique d’El Omrane fait partie d’un réseau de six établissements gérés par la CNSS, aux côtés de ceux de Cité El Khadra, Bizerte, Sousse, Sfax et Métlaoui. Les pénuries récentes de médicaments de base ont alimenté une vive tension parmi les assurés sociaux, plaçant la gestion pharmaceutique publique sous pression croissante.

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Salaires en hausse, prix incontrôlés : attention à la marche !

25. März 2026 um 16:32

Abderrazak Houas, porte-parole de l’Association nationale des petites et moyennes entreprises, évoque les augmentations salariales décidées dans le cadre de la loi de finances 2026. Si ces mesures répondent à une demande sociale légitime, elles pourraient comporter, selon lui, des effets négatifs sur le tissu productif et sur le niveau des prix, faute d’une stratégie d’accompagnement cohérente.

Dans une déclaration à L’Économiste maghrébin, Abderrazak Houas estime que ces augmentations suscitent un débat de fond sur leur réelle portée économique et sociale, et que ces mesures, tout en présentant des aspects positifs, sont à même de constituer de risques réels qui méritent d’être examinés avec rigueur.

Sur le plan des entreprises, la hausse de la masse salariale alourdit mécaniquement les coûts de production, comprimant ainsi les marges bénéficiaires. Cette réalité affecte particulièrement les petites structures. Confrontée à une augmentation de ses charges, une entreprise qui employait trois personnes pourrait être contrainte de n’en garder que deux, redistribuant la charge de travail entre eux. Par ricochet, cette pression sur les coûts pousse les employeurs à répercuter la hausse sur leurs prix de vente, alimentant ainsi une spirale inflationniste.

Pour Houas, la clé réside dans une politique de maîtrise des prix. «Il faut une stratégie pour bloquer la hausse des prix tout en améliorant les revenus», affirme-t-il, citant en exemple des pays comme la Turquie, la France ou le Royaume-Uni, qui ont su mettre en place des mécanismes efficaces de régulation face à l’inflation. Sans un tel dispositif, l’augmentation salariale se trouvera neutralisée : une hausse de cent dinars par mois est immédiatement absorbée voire dépassée par la montée des loyers et du coût de la vie.

Sur le plan social, la hausse des salaires devrait théoriquement stimuler la consommation, soutenir la demande intérieure et dynamiser les secteurs productifs. Mais cet effet vertueux reste conditionné à une maîtrise simultanée des prix. Le porte-parole de l’association souligne à cet égard que l’une des causes profondes des déséquilibres actuels réside dans la dégradation du tissu productif et dans la concentration du marché au profit de quelques grands opérateurs, au détriment des petits producteurs et des petits agriculteurs qui ont progressivement disparu de la scène économique. Ces monopoles de fait permettent à certains acteurs de dicter les prix sans contrainte, rendant toute politique de soutien au pouvoir d’achat largement inopérante.

En définitive, Abderrazak Houas affirme que toute amélioration durable du pouvoir d’achat nécessite la mise en œuvre simultanée de deux mesures complémentaires. La première est une revalorisation des salaires ; la seconde, indissociable de la première, est un mécanisme effectif de contrôle des prix. En l’absence de ce second levier, toute augmentation salariale risque d’être immédiatement neutralisée par la hausse des prix, laissant les ménages tunisiens dans une situation aussi précaire, voire plus dégradée qu’auparavant.

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Amen Bank lève 60 millions de dinars en une seule journée

25. März 2026 um 12:16

L’emprunt obligataire subordonné « Amen Bank Subordonné 2026-1 » a été intégralement souscrit le 23 mars 2026, dès le premier jour d’ouverture au public. 

Le montant ciblé de 60 millions de dinars a été atteint en quelques heures, entraînant la clôture anticipée des souscriptions le jour même de leur lancement. L’opération, réalisée par appel public à l’épargne, a été conduite par MAC SA, intermédiaire en bourse chargé de l’opération.

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La BVMT écarte UADH du marché faute d’activité réelle attestée

25. März 2026 um 09:43

La BVMT a annoncé la suspension de la cotation des titres de la société UADH à compter du mercredi 25 mars 2026.

Cette décision fait suite à plusieurs manquements graves constatés à l’encontre de la société, dont le non-respect des obligations réglementaires en matière de publication d’informations financières et de communication au marché, l’absence d’informations fiables sur ses responsables ainsi que l’impossibilité pour les structures du marché financier d’identifier des interlocuteurs au sein de la société, et l’absence d’éléments probants attestant de l’existence d’une activité réelle.

La Bourse de Tunis a précisé que cette mesure conservatoire vise à garantir l’intégrité et la transparence du marché ainsi qu’à assurer la protection des investisseurs. La reprise de la cotation reste conditionnée à la régularisation par UADH des manquements qui lui sont reprochés.

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Le titre SOTUVER reprend sa cotation le 25 mars 2026

25. März 2026 um 08:44

Le Conseil du marché financier (CMF) a annoncé la reprise de la cotation du titre de la Société Tunisienne de Verreries (SOTUVER) à partir du mercredi 25 mars 2026.

Cette reprise intervient alors que l’instruction du dossier relatif à une demande d’autorisation d’acquisition d’un bloc de titres susceptible de conférer le contrôle majoritaire des droits de vote se poursuit.

Pour rappel, cette demande a été déposée le 10 mars 2026, conformément aux dispositions de l’article 6 de la loi n°94-117 du 14 novembre 1994 portant réorganisation du marché financier et de l’article 166 du règlement général de la Bourse des valeurs mobilières de Tunis. Le CMF a indiqué que le marché sera tenu informé de toute évolution significative relative à ce dossier.

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La BT améliore ses profits et distribuera 0,350 dinar par action

25. März 2026 um 08:21

La Banque de Tunisie annonce que son Conseil d’administration, réuni le 23 mars 2026, a arrêté les états financiers individuels et consolidés de l’exercice clos le 31 décembre 2025. Les résultats font ressortir une progression modérée du bénéfice, confirmant la stabilité de la performance de l’établissement.

Au terme de l’exercice 2025, la banque a dégagé un résultat net individuel de 190,3 millions de dinars, contre 188,4 millions de dinars un an auparavant, soit une légère amélioration dans un contexte économique marqué par des incertitudes.

Au niveau consolidé, le résultat net part du groupe s’établit à 202,8 millions de dinars, contre 199,4 millions de dinars à la fin de l’exercice précédent, confirmant une évolution positive de l’activité à l’échelle du groupe.

Le Conseil d’administration a également décidé de convoquer une Assemblée générale ordinaire le 28 avril 2026 à 9h. À cette occasion, il proposera aux actionnaires la distribution d’un dividende de 0,350 dinar par action au titre de l’exercice 2025. Cette proposition s’inscrit dans la continuité de la politique de rémunération régulière des actionnaires adoptée par la banque, souligne-t-on.

Ces résultats témoignent de la résilience de la Banque de Tunisie, qui poursuit une trajectoire de croissance maîtrisée tout en maintenant une politique de distribution attractive pour ses investisseurs.

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Khalil Laabidi : « l’instabilité au Moyen-Orient redistribue la carte mondiale des investissements »

20. März 2026 um 06:00

Dans un contexte géopolitique marqué par l’instabilité croissante au Moyen-Orient, la Tunisie dispose d’atouts comparatifs susceptibles d’attirer les entreprises qui quittent Dubaï et les pays du Golfe, mais elle doit lever de toute urgence les obstacles structurels qui freinent son attractivité. C’est ce qu’a estimé Khalil Laabidi, conseiller en investissement et fiscal et ancien directeur général de la FIPA, dans une déclaration accordée à L’Économiste maghrébin.

Selon notre interlocuteur, les crises géopolitiques majeures, si elles constituent des tragédies humaines, redistribuent également la carte mondiale des investissements. Il observe ainsi un mouvement de départ d’entreprises établies à Dubaï et dans les pays du Golfe, des pays historiquement perçus comme stables mais désormais considérés comme des zones à risque de contagion. Ces entreprises, précise-t-il, activent leurs plans de contingence et cherchent des destinations alternatives, parmi lesquelles Singapour occupe une place de choix en tant que cinquième écosystème mondial de startups. Khalil Laabidi rappelle à cet égard que la Tunisie s’était trouvée dans une situation comparable lors du déclenchement du conflit russo-ukrainien, et que le phénomène actuel est d’une ampleur et d’une dangerosité supérieure.

Face à cette recomposition, l’ancien directeur général de la FIPA identifie trois piliers sur lesquels la Tunisie doit s’appuyer pour capter ces flux d’investissement. Le premier est la proximité géographique. Le pays se situe à deux heures à deux heures trente de vol en moyenne des capitales européennes, ce qu’il qualifie d’avantage comparatif considérable par rapport à des destinations asiatiques. Toutefois, explique-t-il, cet atout naturel risque d’être neutralisé par les faiblesses logistiques du pays. Il cite à ce titre le Chandler Good Government Index 2025 (CGGI), qui classe la Tunisie au 106e rang sur 120 pays en matière de logistique, soulignant que ce classement constitue un signal d’alarme tout autant qu’une marge de progression importante, à condition de consentir des investissements significatifs dans les ports, les routes, les autoroutes et les services diplomatiques économiques.

 

Il s’appuie sur le Global Startup Ecosystem Index 2025, qui place la Tunisie au 82e rang mondial et au 7e rang africain, avec une croissance de l’écosystème startup de 15,3 % par an, et au 4e rang continental en matière d’entrepreneuriat numérique.

 

Le deuxième pilier mis en avant par notre interlocuteur est le capital humain et le dynamisme de l’écosystème des startups. Il s’appuie sur le Global Startup Ecosystem Index 2025, qui place la Tunisie au 82e rang mondial et au 7e rang africain, avec une croissance de l’écosystème startup de 15,3 % par an, et au 4e rang continental en matière d’entrepreneuriat numérique. Ces performances constituent, selon lui, un argument de poids que le pays ne valorise pas suffisamment, faute d’une diplomatie économique active et de budgets de communication adéquats.

Le troisième pilier évoqué est le cadre juridique. Khalil Laabidi reconnaît que la Tunisie dispose d’un arsenal législatif destiné à attirer les investisseurs étrangers, mais il pointe une distorsion profonde entre les textes et leur application sur le terrain. Il cite le rapport Business Ready 2025 de la Banque mondiale, selon lequel le problème tunisien n’est pas l’absence de lois mais la lenteur de leur exécution. Le conseiller fiscal mentionne notamment des textes d’application du code de l’investissement toujours en attente, ainsi que la non-création d’une instance unique d’investissement pourtant attendue.

 

« La guerre au Moyen-Orient est une tragédie certes, mais elle crée un appel d’air. La Tunisie a les ailes pour voler, mais faut-il urgemment dégager les obstacles sur la piste de décollage. »

 

L’ancien directeur général de la FIPA s’étend également sur d’autres facteurs de fragilité. Il note la dégradation de l’indice de liberté des affaires, passé de 85 dans les années 1990 à 57 % aujourd’hui, ainsi que les lourdeurs bureaucratiques et la lenteur de la digitalisation des services publics. Notre invité contraste cette situation avec celle de Singapour, qui traite un dossier d’investissement en vingt-quatre heures. Sur le plan continental, il rappelle que la concurrence est vive : le Rwanda occupe la première place africaine dans le classement Business Ready avec un score de 67,94, suivi du Maroc.

Pour saisir cette opportunité, selon notre interlocuteur, des actions immédiates s’imposent : le lancement de missions économiques ciblées vers les pays du Golfe, la mise en place d’un traitement prioritaire et effectif des dossiers d’investissement en provenance de ces zones, ainsi que des efforts de communication sur la stabilité macroéconomique et la qualité des fondamentaux institutionnels du pays. Khalil Laabidi conclut en résumant la situation par une formule : « la guerre au Moyen-Orient est une tragédie certes, mais elle crée un appel d’air. La Tunisie a les ailes pour voler, mais faut-il urgemment dégager les obstacles sur la piste de décollage. »

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Dans la francophonie de 2050, la Tunisie occupe déjà une place de choix

18. März 2026 um 10:34

Neuf francophones sur dix vivront en Afrique d’ici 2050. Ce chiffre, extrait du rapport La langue française dans le monde 2026, résume à lui seul le déplacement de gravité qui redessine la géographie mondiale d’une langue parlée aujourd’hui par 396 millions de personnes, dont les deux tiers résident déjà sur le continent africain.

La projection à 590 millions de locuteurs pour 2050 n’est pas une extrapolation abstraite. Elle repose sur une réalité documentée. En effet, entre 2010 et 2025, l’Afrique a généré 92 % de la progression du nombre de personnes naissant et grandissant en français. Démographie soutenue et maintien du français comme langue d’enseignement dans les systèmes scolaires nationaux constituent les deux moteurs de cette trajectoire. La francophonie de demain sera ainsi majoritairement jeune, urbaine, mobile et marquée par des pratiques linguistiques mixtes.

Dans ce tableau continental, la Tunisie se distingue par un taux de 63 % de francophones au sein de sa population, l’un des plus élevés de l’ensemble maghrébin. Le français y remplit plusieurs fonctions simultanées : langue de formation scolaire et universitaire, outil opérationnel dans de nombreux secteurs économiques, marqueur de positionnement social et pilier d’une partie substantielle de la production intellectuelle et médiatique nationale.

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SITEX placée sous règlement judiciaire par le tribunal de Monastir

18. März 2026 um 09:13

Le tribunal de première instance de Monastir a prononcé, le 2 mars 2026, l’ouverture d’une procédure de règlement judiciaire à l’encontre de SITEX, société textile anonyme basée à Ksar Hellal et dotée d’un capital d’environ 23 millions de dinars.

Cette décision judiciaire fait suite à des difficultés financières traversées par l’entreprise au cours de la période récente. Elle ouvre la voie à l’élaboration d’un plan de redressement placé sous la supervision des autorités judiciaires compétentes, dont l’objectif est d’assurer la continuité de l’activité, de préserver les emplois et d’apurer le passif de la société.

Le tribunal a désigné Chiraz Tebra en qualité d’administratrice judiciaire. Elle sera chargée d’accompagner SITEX dans la conduite de cette procédure et dans la recherche de solutions de redressement adaptées.

Dans son communiqué publié sur le site officiel de la BVMT, la société s’est engagée à coopérer pleinement avec les autorités judiciaires et à tenir régulièrement informés ses actionnaires, partenaires, investisseurs et collaborateurs de toute évolution significative relative à cette procédure.

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L’UGTT face au défi de Monastir : Un congrès de survie ou de renouveau ?

17. März 2026 um 13:02

L’Union générale tunisienne du travail (UGTT) s’apprête à vivre des assises déterminantes, dans un climat de haute tension institutionnelle et sociale. Alors que la centrale syndicale navigue entre des dissensions internes persistantes et un bras de fer financier inédit avec l’exécutif, ce congrès général, avancé aux 25, 26 et 27 mars 2026 à Monastir, devrait sceller l’avenir de sa gouvernance. Entre la nécessité de resserrer les rangs face aux pressions du pouvoir politique et l’urgence de réformer ses propres statuts, l’organisation joue sa capacité d’influence sur l’échiquier national pour les années à venir.

Le dynamisme de cette session se manifeste par un afflux massif de candidatures. Au total, 91 dossiers ont été déposés pour briguer les différentes instances de direction. Le Bureau Exécutif National concentre l’essentiel des ambitions avec 46 prétendants. Tandis que l’Instance nationale du règlement intérieur et l’instance nationale de contrôle financier comptent respectivement 24 et 21 candidats. Parmi les figures marquantes sollicitant un nouveau mandat figurent des piliers du bureau sortant comme Slaheddine Selmi, Othman Jallouli, Taher Mezzi et Farouk Ayari. Ils feront face à des cadres sectoriels et régionaux d’envergure, à l’instar de Wajih Zidi et Selouane Smiri, respectivement secrétaires généraux du transport et de la pétrochimie, ainsi que les responsables régionaux de Gabès et Sousse, Salah Ben Hamed et Kacem Zemni.

Entre réformes statutaires et pressions budgétaires

L’ordre du jour de ce sommet syndical s’annonce chargé, avec en ligne de mire la possible réouverture du débat sur l’article 20 des statuts. A savoir un point de friction historique concernant la limitation des mandats de direction. Les 630 délégués attendus, dont 75 membres de la Commission Administrative Nationale, devront également se prononcer sur une refonte du règlement intérieur visant à clarifier les rapports entre la centrale et ses bases. Tout en renforçant les mécanismes de transparence et de gestion financière quotidienne.

Ces discussions interviennent dans un contexte économique particulièrement rude pour l’organisation. Depuis le début de l’année 2026, la Présidence du Gouvernement a mis fin au système de prélèvement automatique des cotisations syndicales sur les salaires. Si le pouvoir présente cette mesure comme une garantie de la liberté d’adhésion, l’UGTT y voit une tentative d’asphyxie financière ciblée. Pour contrer cette fragilisation de ses ressources, la centrale a lancé une vaste opération de collecte directe des adhésions à l’échelle nationale.

Héritage de Sfax et préparatifs techniques

Ce rendez-vous de Monastir fait suite au congrès de Sfax de février 2022, qui avait consacré la domination de Noureddine Taboubi avec un score dépassant les 90 %. Le bureau actuel reste d’ailleurs fortement marqué par une continuité historique, plusieurs de ses membres siégeant sans interruption depuis 2011 ou 2017.

Actuellement, la Commission Administrative se réunit au siège de l’avenue des États-Unis pour régler les derniers détails logistiques. Outre la désignation du bureau du congrès et de ses rapporteurs, les délégués devront valider la composition de commissions thématiques essentielles, allant de la vérification des mandats à l’élaboration des motions professionnelles, intérieures, agricoles, ainsi que celle dédiée à la question du conflit arabo-sioniste.

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Frappe sur Téhéran : le chef de la Sécurité iranienne dans le flou, Israël revendique

17. März 2026 um 11:38

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a annoncé ce mardi 17 mars 2026 l’assassinat du secrétaire général du Conseil de sécurité nationale iranien, Ali Larijani. Et ce, lors d’une frappe sur Téhéran survenue dans la soirée de lundi. Nous ne disposons d’aucune confirmation de l’Iran à ce stade.

Plus tôt, l’armée israélienne avait indiqué avoir pris pour cible Ali Larijani dans le cadre de cette même frappe sur Téhéran. Tout en précisant que son sort demeurait inconnu. Elle avait par ailleurs annoncé l’élimination du commandant des forces Basij iraniennes, Gholam Reza Soleimani, ainsi que de son adjoint, au cours d’une frappe conduite dans la soirée de lundi. De son côté, l’Iran n’a délivré aucune confirmation concernant le commandant des Basij. Des médias officiels iraniens ont toutefois indiqué qu’Ali Larijani s’apprêtait à prononcer une allocution « prochainement ».

L’armée israélienne a confirmé avoir visé Ali Larijani à Téhéran la veille. Tout en précisant qu’elle procédait toujours à l’évaluation des résultats de la frappe et que son sort restait indéterminé.

Si la confirmation de son décès advenait, Ali Larijani serait le plus haut responsable iranien tué depuis l’assassinat du Guide suprême Ali Khamenei, le premier jour de la guerre.

Ancien négociateur nucléaire et proche allié d’Ali Khamenei, Larijani avait été aperçu à Téhéran vendredi, participant aux marches de la Journée de Jérusalem.

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CIL : un bénéfice net de 21,4 millions de dinars en 2025

17. März 2026 um 09:24

La Compagnie Internationale de Leasing (CIL) a dégagé un bénéfice net individuel de 21,4 millions de dinars au titre de l’exercice 2025, contre 19,9 millions en 2024. Sur base consolidée, ce résultat s’établit à 21,7 millions de dinars, après 20,2 millions l’année précédente.

Le Conseil d’Administration propose la distribution d’un dividende de 2,400 dinars par action, en ligne avec les directives de la Banque Centrale de Tunisie. Cette proposition sera soumise aux actionnaires lors de l’Assemblée Générale Ordinaire du 16 avril 2026. Les états financiers, arrêtés le 12 mars, ont été transmis aux Commissaires aux Comptes pour certification.

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Euro-Cycles propose un dividende de 0,700 dinar malgré un recul de ses résultats

16. März 2026 um 14:19

Euro-Cycles SA a publié ses résultats annuels pour l’exercice 2025, arrêtés par son conseil d’administration le 12 mars 2026. Le groupe affiche un chiffre d’affaires de 99,47 millions de dinars, contre 119,63 millions un an auparavant, soit un recul de 16,85 %.

Le bénéfice net individuel s’établit à 8,43 millions de dinars, en retrait de 19,15 % par rapport aux 10,43 millions enregistrés en 2024. Au niveau consolidé, la baisse est plus prononcée : le résultat net du groupe ressort à 7,75 millions de dinars, contre 10,98 millions en 2024, soit une diminution de 29,36 %. Le groupe attribue cette dégradation accélérée à l’effondrement de 78 % du bénéfice de sa filiale Tunindustrie.

Malgré ces résultats en baisse, le conseil d’administration propose la distribution d’un dividende de 0,700 dinar par action. Les actionnaires sont convoqués à l’assemblée générale ordinaire annuelle le 18 juin 2026 au siège social de la société.

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Foued Ghorbali : « La guerre contre l’Iran réveille les blessures profondes des Tunisiens »

16. März 2026 um 14:02

Alors que les frappes se multiplient au Proche-Orient et que le conflit entre l’Iran, Israël et les États-Unis redessine les équilibres régionaux, la société tunisienne ne reste pas indifférente. Loin d’une lecture uniforme, elle mobilise des registres multiples et parfois contradictoires : la solidarité avec la Palestine comme boussole morale; la méfiance envers toutes les puissances en présence; et un pragmatisme tranquille face aux compromis de la vie quotidienne.

Pour démêler ces perceptions, L’Economiste Maghrébin a rencontré Foued Ghorbali, enseignant-chercheur en sociologie. Notre invité déconstruit les raccourcis d’une lecture binaire et révèle la complexité d’une société qui juge ce conflit à la fois lointain sur la carte et viscéralement proche dans son imaginaire collectif.

 

Ce conflit implique l’Iran, Israël et les États-Unis, trois puissances aux idéologies très différentes. Comment la société tunisienne perçoit-elle ce conflit ? Est-elle vraiment concernée ou est-ce un conflit lointain ?

En Tunisie, ce conflit n’est généralement pas lu de manière purement diplomatique ou militaire. Il est d’abord perçu à travers un registre moral : beaucoup de Tunisiens l’interprètent en fonction d’une hiérarchie de l’injustice. Dans cette lecture, Israël concentre une forte réprobation, non seulement comme État, mais aussi comme symbole d’une violence jugée durable contre les Palestiniens. Les médias tunisiens et une grande partie de l’espace public ont largement relayé cette condamnation, tout en dénonçant le biais pro-israélien des médias occidentaux.

Il existe ensuite un registre géopolitique. Une partie de l’opinion voit l’Iran non pas d’abord à travers son régime ou son identité chiite, mais comme un acteur qui défie Israël et, plus largement, l’hégémonie américaine au Moyen-Orient. Cela ne signifie pas une adhésion profonde au modèle iranien. C’est plutôt une lecture stratégique du type : « L’ennemi de mon ennemi peut devenir, ponctuellement, un point d’appui symbolique ». La perception de l’Occident, en particulier des États-Unis, est ici décisive : l’image américaine en Tunisie s’est nettement dégradée avec la guerre à Gaza, du fait du soutien accordé à Israël.

Il faut aussi souligner un registre identitaire et civilisationnel. Pour beaucoup, ce qui se joue n’est pas seulement un affrontement entre États, mais une séquence de plus dans une histoire régionale où la Palestine reste le cœur émotionnel et politique. Autrement dit, le conflit est perçu comme lointain sur la carte, mais proche dans les imaginaires collectifs. C’est ce qui explique que la société tunisienne se sente concernée, même sans implication directe.

Enfin, il y a un registre pragmatique : certains Tunisiens restent méfiants envers tous les acteurs du conflit. Ils rejettent Israël, critiquent l’Occident pour son double standard; mais ils n’idéalisent pas pour autant l’Iran, qu’ils voient aussi comme une puissance poursuivant ses propres intérêts. Donc, la perception tunisienne n’est pas binaire : elle est à la fois morale, géopolitique, identitaire et pragmatique. C’est précisément cette pluralité de registres qui permet de comprendre pourquoi ce conflit, bien que lointain, produit en Tunisie une si forte intensité symbolique.

Y a-t-il une fracture au sein même de la société tunisienne entre ceux qui soutiennent l’axe de résistance iranien et ceux qui le rejettent ?

Je ne parlerais pas d’une fracture nette, au sens d’une division stable et structurée de la société tunisienne entre « pro-Iran » et « anti-Iran ». Sociologiquement, la réalité est plus nuancée : il existe plutôt des lignes de différenciation, des sensibilités concurrentes, parfois très visibles dans l’espace public, mais qui ne recoupent pas entièrement des camps fixes.

D’abord, il faut souligner un point essentiel : en Tunisie, le consensus le plus fort ne porte pas sur l’Iran, mais sur le rejet d’Israël et le soutien à la cause palestinienne. C’est à partir de ce noyau commun que les divergences apparaissent. La question n’est donc pas : « Etes-vous pour ou contre l’Iran ? » Mais plutôt : comment interprétez-vous le rôle de l’Iran dans la région ?

Une première sensibilité considère l’Iran comme un acteur de résistance, non pas parce qu’elle adhère à son modèle politique ou religieux, mais parce qu’elle voit en lui une puissance qui défie Israël et l’ordre régional soutenu par les États-Unis. Dans cette lecture, l’Iran peut bénéficier d’une légitimité politique indirecte.

Une deuxième sensibilité adopte une position plus critique : elle refuse de transformer l’opposition à Israël en soutien automatique à Téhéran. Pour ces Tunisiens, l’Iran reste un État avec ses propres intérêts, sa logique de puissance et parfois ses propres formes d’autoritarisme. Ils rejettent donc ce qu’ils perçoivent comme une fausse alternative entre hégémonie occidentale et influence iranienne.

Enfin, il existe une troisième posture, plus diffuse, faite de pragmatisme et de méfiance généralisée : elle consiste à considérer que toutes les puissances régionales instrumentalisent la cause palestinienne à des degrés divers. Ainsi, plus qu’une fracture binaire, la société tunisienne est traversée par des lectures concurrentes d’un même conflit. Le clivage réel oppose moins des identités fixes que des manières différentes d’articuler solidarité, souveraineté et lucidité géopolitique.

Ce conflit est souvent présenté comme géopolitique, mais beaucoup le vivent comme religieux. En tant que sociologue, comment distinguez-vous les deux dimensions ?

En tant que sociologue, je dirais qu’il faut distinguer la logique du conflit et la manière dont il est vécu. La logique du conflit est d’abord géopolitique : les États agissent selon des calculs de puissance, de sécurité, d’influence régionale et d’équilibre stratégique. L’Iran, Israël ou les États-Unis ne se déterminent pas principalement à partir de convictions religieuses, mais à partir d’intérêts, de rapports de force et d’objectifs de puissance.

En revanche, au niveau des sociétés, ce même conflit est souvent perçu à travers des catégories religieuses. Pourquoi ? Parce que les populations ne lisent pas les crises internationales avec les instruments de la diplomatie, mais avec des références culturelles, morales et symboliques qui leur sont socialement disponibles. La religion devient alors non pas nécessairement la cause du conflit, mais un langage de son interprétation.

Autrement dit, ce qui est géopolitique dans sa structure peut devenir religieux dans sa réception sociale. Quand une partie de l’opinion parle de chiites, de sunnites, de guerre de civilisation ou de défense de lieux sacrés, elle exprime une mise en sens collective du conflit, pas forcément sa réalité stratégique profonde.

Il faut donc éviter deux erreurs symétriques : dire que ce conflit est purement religieux serait réducteur, mais dire que la religion n’y joue aucun rôle serait tout aussi faux. La religion intervient surtout comme ressource symbolique de mobilisation, comme vocabulaire émotionnel et identitaire, et parfois comme instrument de légitimation politique.

Donc la bonne distinction, sociologiquement parlant, consiste à dire ceci : les États font de la géopolitique; tandis que les sociétés vivent souvent cette géopolitique à travers des cadres religieux, moraux et identitaires.

L’Iran est chiite, la majorité arabe est sunnite. Cette fracture religieuse freine-t-elle ou, au contraire, disparaît-elle face à l’ennemi commun perçu ?

Je dirais que cette fracture religieuse ne disparaît pas complètement, mais qu’elle cesse souvent d’être centrale lorsqu’un ennemi commun est perçu comme plus menaçant ou plus injuste. Sociologiquement, il faut éviter deux simplifications : dire que le clivage sunnite chiite détermine tout serait faux; dire qu’il ne compte plus du tout le serait aussi.

Dans de nombreux contextes arabes, et en Tunisie en particulier, la question palestinienne et le rejet d’Israël produisent un effet de rehiérarchisation symbolique. Autrement dit, face à un conflit où Israël apparaît comme l’adversaire principal, la différence confessionnelle avec l’Iran peut passer au second plan. L’Iran n’est alors pas d’abord regardé comme un acteur chiite, mais comme un acteur qui s’oppose à Israël et, plus largement, à une domination régionale soutenue par les États-Unis.

C’est ce qui permet, ponctuellement, une forme de tolérance politique envers l’Iran, sans adhésion profonde à son modèle. Des analyses récentes sur le Maghreb parlent d’ailleurs de réactions indignées face aux attaques contre l’Iran, mais en même temps prudentes à l’égard de Téhéran.

Mais cette suspension du clivage confessionnel reste partielle et circonstancielle. La mémoire du clivage sunnite chiite, la méfiance envers l’influence iranienne et l’image autoritaire du régime iranien continuent d’alimenter des réserves.

En d’autres termes, l’ennemi commun ne supprime pas la fracture ; il la neutralise partiellement dans certains moments de forte polarisation régionale. Donc, la bonne réponse sociologique est la suivante : la fracture religieuse ne disparaît pas, mais elle devient souvent secondaire lorsque domine un registre plus puissant, celui de la solidarité politique avec la Palestine, du rejet d’Israël ou de la contestation de l’hégémonie occidentale. Le confessionnel reste présent en arrière-plan, mais il n’est pas toujours le principe organisateur principal des perceptions.

Des Tunisiens vivent à Dubaï ou au Qatar, pays qui hébergent des bases militaires américaines. Comment vivent-ils cette contradiction au quotidien, dépendre économiquement d’un système qu’ils rejettent politiquement ?

La contradiction existe, mais elle ne doit pas être dramatisée de manière abstraite. Dans la vie quotidienne, elle est souvent gérée, déplacée ou compartimentée plutôt que vécue comme un conflit permanent de conscience.

D’abord, il faut éviter d’homogénéiser les Tunisiens installés à Dubaï ou au Qatar. Beaucoup ne sont pas engagés politiquement de façon intense. Leur existence est principalement organisée autour du travail, de la stabilité du séjour, de la famille et des obligations économiques. Dans ce cadre, la présence de bases américaines dans le pays de résidence est connue, mais elle n’est pas forcément au centre de leur expérience quotidienne. Les migrants vivent d’abord dans des structures sociales concrètes, pas dans des abstractions géopolitiques.

Ensuite, lorsque cette contradiction est ressentie, elle est souvent traitée sur un mode pragmatique. Travailler dans un pays allié des États-Unis ne signifie pas adhérer à toute son orientation stratégique. Beaucoup distinguent entre l’ordre politique global et leur propre trajectoire de vie. Ils peuvent critiquer les États-Unis, Israël ou certaines guerres, tout en considérant que leur présence dans le Golfe répond avant tout à une nécessité matérielle et familiale.

Il faut aussi ajouter que cette contradiction n’est pas spécifique aux Tunisiens : elle est une caractéristique plus générale des sociétés mondialisées. Des individus peuvent dépendre économiquement d’un système qu’ils contestent moralement ou politiquement. Cela ne relève pas nécessairement de l’hypocrisie, mais d’une dissociation ordinaire entre convictions et conditions d’existence.

Enfin, l’idée d’un rejet politique uniforme doit elle-même être nuancée. Tous ne lisent pas la guerre contre l’Iran de la même façon et tous ne se situent pas dans une opposition explicite aux États du Golfe. Le plus juste, sociologiquement, est donc de parler non d’une contradiction absolue, mais d’un ajustement quotidien entre contraintes économiques, réserves morales et pragmatisme migratoire.

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