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Visas en Tunisie : l’OTIC dénonce le racket des agences d’intermédiation

12. Mai 2026 um 18:42

L’Organisation tunisienne d’information au consommateur (OTIC) alerte sur la dérive financière et éthique des services de traitement des demandes de visa en Tunisie. Pointant directement du doigt le prestataire TLScontact, l’organisation dénonce une explosion des coûts et un manque flagrant de transparence qui pèsent sur les citoyens. Cette prise de position intervient dans un contexte de grogne croissante face à ce que l’OTIC qualifie de monopole déguisé sur un service pourtant lié à la souveraineté des États.

Le cœur du problème réside dans le déséquilibre entre la faible valeur ajoutée des prestations fournies et les tarifs prohibitifs imposés aux demandeurs. L’organisation souligne que de simples actes administratifs comme la prise de rendez-vous ou la collecte de dossiers atteignent des sommets tarifaires injustifiés. Cette situation est exacerbée par l’absence totale de concurrence réelle, laissant les usagers sans alternative face à des acteurs privés qui gèrent des données aussi sensibles que des informations biométriques, professionnelles et familiales.

Sur le plan juridique, l’OTIC s’appuie sur la loi de 2015 relative à la concurrence et aux prix pour exiger une intervention immédiate des autorités publiques. Elle préconise l’ouverture d’un audit complet sur les pratiques de ces sociétés, notamment concernant le respect de la législation sur la protection des données personnelles. L’organisation plaide pour une soumission de ces intermédiaires à un contrôle financier et fiscal rigoureux afin de mettre fin à une forme d’épuisement financier des citoyens tunisiens sous couvert de services consulaires délégués.

L’organisation réclame également une refonte du modèle contractuel pour instaurer une véritable équité financière. Elle demande que les demandeurs puissent récupérer tout ou partie des frais de service en cas de refus de visa, particulièrement pour les prestations d’intermédiation. Actuellement, le principe du non-remboursement quasi systématique est jugé abusif et contraire aux règles élémentaires de protection du consommateur, d’autant que d’autres pays appliquent déjà des mécanismes de compensation ou de remboursement partiel en cas de défaillance du service.

Pour encadrer ces pratiques, la création d’un mécanisme de recours officiel au sein du ministère des Affaires étrangères est jugée indispensable. Cette instance permettrait de centraliser les plaintes liées aux mauvais traitements, aux retards ou aux problèmes de confidentialité. En l’absence de ce canal de médiation, le citoyen demeure dans une position de vulnérabilité structurelle. L’OTIC conclut que sans une réforme profonde basée sur le principe de réciprocité et de souveraineté nationale, le sentiment d’injustice continuera d’altérer la confiance des Tunisiens dans le système légal et économique.

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Ecobank et Proparco : un plan de 300 millions d’euros pour nourrir l’Afrique

12. Mai 2026 um 18:32

En marge du sommet Africa Forward à Nairobi, le Groupe Ecobank et Proparco (filiale de l’AFD dédiée au secteur privé) ont conclu un accord stratégique de 300 millions d’euros sur trois ans. Ce financement cible deux leviers critiques de la croissance africaine : la souveraineté alimentaire et l’entrepreneuriat féminin.

Face aux tensions géopolitiques et à la flambée des prix des intrants qui fragilisent les systèmes alimentaires africains, les deux institutions s’engagent à dynamiser l’ensemble de la chaîne de valeur agricole. L’objectif est de pallier le sous-financement chronique d’un secteur qui pèse pourtant 20 % du PIB du continent, selon un communiqué de Proparco.

L’accord prévoit notamment l’utilisation de garanties (Impact+ et ARIZ) pour sécuriser les prêts d’Ecobank aux PME agricoles dans 33 pays, ajoute le document.

Lire aussi : Transaction euro–franc CFA : une première mondiale en Afrique de l’Ouest

Les femmes ne sont pas oubliées

Au-delà de l’agriculture, le partenariat renforce l’initiative Ecobank Ellever. Déjà fort d’un accompagnement auprès de 84 000 entreprises dirigées par des femmes, le programme bénéficiera de l’appui de Proparco pour former intensivement des centaines de dirigeantes en Côte d’Ivoire, au Ghana et au Kenya.

A noter que la stratégie 2023-2027 de Proparco vise à réduire les inégalités de genre tout en renforçant la sécurité alimentaire et la création de valeur locale.

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Spéculation, informalité, surcoûts : comment la Tunisie veut réparer ses circuits agricoles

12. Mai 2026 um 17:57

Circuits de distribution agricole : un système fragmenté, des intermédiaires en dérive, une refonte législative et infrastructurelle en marche. Tel est le diagnostic posé par Mohamed Hédi Inoubli, Président de l’Unité de gestion par objectifs pour la mise à niveau des circuits de distribution des produits agricoles et de la pêche, lors de son intervention à la 10ème édition du Tunisia Economic Forum, le 12 mai 2026. Selon lui, la multiplication des intermédiaires engendre des surcoûts injustifiés, la sortie des opérateurs de leur périmètre réglementaire favorise les pratiques spéculatives, et le cadre juridique obsolète ne permet plus un contrôle efficace. Pour y remédier, il préconise une application rigoureuse du décret n° 47 de 2022 (déclaration obligatoire des activités, numérisation de la traçabilité, régulation du stockage, sanctions renforcées), une refonte de la cartographie nationale des marchés, le déploiement de la facturation électronique généralisée, et des projets pilotes intégrés à Béja et Sidi Bouzid.

La distribution des produits agricoles et de la pêche, selon l’intervenant, souffre d’une complexité chronique, avec une grande variabilité de la production, de la qualité et de la disponibilité d’une année à l’autre. Parmi les causes structurelles des difficultés, il pointe l’insuffisance du financement agricole, qui prive les producteurs de la capacité de valoriser leur production, d’atteindre les volumes requis et d’assurer l’acheminement vers les circuits de distribution.

Une chaîne fragmentée aux dérives multiples

Le constat qu’il dresse est sévère. On observe un glissement généralisé des opérateurs hors de leurs rôles réglementaires, brouillant la lisibilité du marché. À cela s’ajoutent des pratiques monopolistiques et spéculatives, des difficultés croissantes de contrôle commercial, et un cadre juridique obsolète.

Face à ces dysfonctionnements, l’intervenant présente le décret n° 47 de 2022 comme un instrument de régulation ambitieux. En effet, il impose la déclaration obligatoire des activités pour assainir les circuits et lutter contre l’économie informelle. Le décret en question numérise la filière via des systèmes d’information agréés pour garantir la traçabilité et permettre à l’administration de connaître les stocks en temps réel. Il régule le stockage pour distinguer le stockage régulateur du stockage spéculatif. Il renforce enfin les sanctions et les pouvoirs de contrôle.

Des projets pilotes et une cartographie nationale à repenser

M. Inoubli évoque un projet intégré à Béja (marché de gros légumes, fruits et volaille) dont une étude est en cours. Il souligne que la Tunisie possède sept fois plus de marchés que l’Algérie ou le Maroc, une prolifération non justifiée qui impose une rationalisation. Une nouvelle cartographie nationale est à l’étude pour supprimer ou fusionner les marchés non viables. Il met en garde contre les chevauchements de compétences entre ministères, écueil des expériences passées.

En matière de numérisation, il met en avant le système de facturation électronique de la SOTUMAG, déployé dans treize marchés municipaux, avec l’objectif de l’étendre à tous les marchés d’intérêt national. Enfin, le projet pilote de Sidi Bouzid a testé une plateforme numérique intégrée dont les enseignements alimenteront les déploiements futurs.

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Marchés agricoles en Tunisie : plaidoyer pour une réforme structurelle des circuits de distribution

12. Mai 2026 um 16:39

Lors de la 10ème édition du Tunisia Economic Forum, tenue le 12 mai 2026, Ahmed Ben Kheder, consultant, a présenté les conclusions de l’étude « Remise en état des circuits de distribution des produits agricoles », réalisée par l’Institut arabe des chefs d’entreprises (IACE). Sa vision est claire : refonder en profondeur les marchés de gros tunisiens pour rétablir l’équilibre entre l’offre et la demande, limiter les distorsions de prix et restaurer la compétitivité du secteur agricole. Pour y parvenir, il a développé une feuille de route articulée autour de trois piliers stratégiques, assortie d’un mécanisme de financement dédié.

Le consultant a dressé un état des lieux sans concession. La multiplication des intermédiaires constitue, estime-t-il, la source principale de distorsion des prix, sachant que plus de 50% des échanges de produits agricoles dans les circuits de distribution sont accaparés par des intermédiaires informels, selon l’étude présentée lors du forum. Cette situation est aggravée par une forte évasion fiscale, des difficultés juridiques persistantes et une absence de traçabilité. Les contrats de concession, trop courts, découragent l’investissement privé : on ne peut raisonnablement attendre un engagement à long terme lorsque les conditions contractuelles ne permettent pas le retour sur investissement. S’y ajoutent l’absence d’expertise technique municipale spécialisée dans la distribution des produits agricoles, la dégradation avancée des abattoirs ainsi que l’absence totale de systèmes informatiques de suivi.

La législation en vigueur est apparue à l’expert à la fois dispersée et obsolète. Elle repose sur des mécanismes d’attribution des concessions fondés exclusivement sur l’offre financière, une logique du « mieux-disant » financier qui ignore la qualité de service et les capacités de gestion des candidats. Par ailleurs, des travaux de réhabilitation avaient déjà été engagés entre 2002 et 2008 sans produire les effets escomptés, faute d’une vision d’ensemble et de mécanismes de gouvernance adaptés. Cette expérience illustre, souligne-t-il, la nécessité d’inscrire toute réforme dans un cadre stratégique cohérent plutôt que d’agir par interventions ponctuelles.

Trois piliers pour une réforme en profondeur

Face à ce diagnostic, le consultant a structuré ses propositions autour de trois axes complémentaires. Ces axes stratégiques sont les suivants : moderniser le cadre légal et les infrastructures, intégrer l’informel dans le circuit organisé et développer l’agriculture contractuelle, ainsi que mettre en place un écosystème numérique afin de raccourcir la chaîne de valeur entre producteur et consommateur. Le premier pilier porte sur la professionnalisation de la gestion physique des marchés, avec la création d’agences spécialisées et le recours à des gestionnaires qualifiés, que ce soit par délégation au secteur privé ou par une gestion directe et professionnalisée des municipalités. Dans le cadre de la modernisation du cadre réglementaire, l’étude recommande la création d’un code unifié et simplifié des circuits commerciaux, les textes actuels étant jugés dispersés et obsolètes, ainsi que l’adoption de contrats de concession de longue durée afin d’encourager l’investissement et garantir la qualité des services et l’entretien des infrastructures.

Le deuxième pilier vise à attirer des investissements de qualité et à créer de la valeur autour du produit. Il s’agit de passer à une logique de sélection fondée sur la qualité de service, et non plus sur la seule capacité financière des soumissionnaires, mais aussi d’adopter des contrats suffisamment longs pour permettre le retour sur investissement, ainsi que d’élaborer un document de référence servant de cadre normatif pour les appels d’offres. S’agissant de l’intégration du secteur informel, Ben Khedher propose l’enregistrement des intermédiaires dans les registres officiels afin de leur délivrer des cartes professionnelles, accompagnées d’incitations fiscales et sociales, leur rôle étant limité à l’approvisionnement et au transport sous supervision réglementaire. Pour mieux structurer la production, l’étude insiste sur la mise en place de contrats préalables entre producteurs et acheteurs, définissant les prix, les volumes et les délais.

Le troisième pilier, transversal, concerne la coordination entre les niveaux central et local, avec une meilleure articulation institutionnelle, une définition claire des attributions de chaque acteur et la mise en place d’un cadre juridique cohérent. Afin de raccourcir la chaîne de valeur grâce au digital et aux circuits locaux, l’étude recommande la création d’une plateforme numérique nationale unifiée de traçabilité et de facturation électronique, baptisée « e-marché ». Elle propose également la mise en place de circuits courts, à travers un réseau national de centres de collecte et de réfrigération, des « Farm Markets » urbains et des unités de transformation intégrées aux marchés de gros pour valoriser les invendus, avec un objectif « zéro perte ».

Spécialisation et modernisation des marchés de gros

L’intervenant a défendu la création de marchés de gros spécialisés par filière, avec des infrastructures dédiées respectivement aux viandes rouges, aux viandes blanches et aux produits de la mer. Cette spécialisation permettrait d’améliorer les conditions sanitaires, de renforcer la traçabilité et de professionnaliser l’ensemble de la chaîne logistique.

Pour financer ce programme de réhabilitation, le consultant a proposé la création d’un fonds national dédié, alimenté par les contributions des opérateurs du secteur. Ce mécanisme serait calculé sur la base des volumes traités et non sur la valeur des produits, afin d’éviter tout effet inflationniste sur les prix à la consommation. Le fonds serait adossé à une unité de gestion permanente chargée du suivi de la qualité et de la durabilité des infrastructures tout au long de l’année. Il a également préconisé la relance de petites entreprises aux côtés des opérateurs existants, pour stimuler la concurrence et améliorer la qualité de service.

Des bénéfices économiques et sociaux attendus

Les réformes proposées produiraient des effets à deux niveaux. Sur le plan économique, elles réduiraient les distorsions de prix, limiteraient le commerce parallèle et amélioreraient la compétitivité des filières agricoles. Selon l’étude, élaborée à partir des données de la Société tunisienne des marchés de gros (SOTUMAG) et de l’Institut national de la statistique (INS), la réforme des circuits de distribution permettrait à l’État d’accroître ses recettes fiscales, d’assurer un suivi en temps réel des échanges et de renforcer la lutte contre la spéculation. Des retombées sociales sont également attendues, notamment une hausse des revenus des agriculteurs grâce à la réduction des intermédiaires superflus. Les prix de détail devraient par ailleurs baisser pour les consommateurs, avec une amélioration des garanties en matière de sécurité sanitaire et de qualité. L’étude prévoit aussi une réduction importante du gaspillage alimentaire, une meilleure rentabilité des investissements logistiques ainsi qu’une baisse de la corruption et des disparités régionales.

Sur le plan social, elles contribueraient à stabiliser les prix pour les consommateurs et à améliorer les conditions de travail des acteurs de la chaîne de distribution. La feuille de route de cette réforme, prévue sur cinq ans, comprend une phase d’amorçage (2026-2027) consacrée à l’élaboration du décret gouvernemental encadrant les nouvelles formules de gestion, à l’activation d’un fonds de soutien aux entrepreneurs, au lancement pilote de la plateforme numérique nationale des prix et à la création de deux sociétés régionales pilotes chargées de la gouvernance. La phase de déploiement (2028-2030) prévoit, quant à elle, la réhabilitation de cinq marchés de gros et de deux abattoirs selon les normes internationales, la révision du cadre réglementaire de la concurrence et le déploiement national de la plateforme numérique de mise en relation. L’ensemble de ces propositions fera l’objet d’un document de référence dont les conclusions seront partagées à l’issue des travaux du forum.

 

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Tunisie : quand l’inflation et la pression fiscale annulent l’effet des augmentations salariales

Malgré la mise en œuvre d’une revalorisation  des salaires – qui devrait toucher quelque 3,6 millions d’employés -, le pouvoir d’achat des Tunisiens continue de s’éroder. En cause : une inflation galopante, que portent les produits alimentaires. Mais aussi une pression fiscale qui fragilise particulièrement la classe moyenne.

En Tunisie, l’augmentation du salaire brut ne se traduira pas par une amélioration réelle du niveau de vie. Selon l’expert économique Maher Belhaj, l’impact des récentes augmentations des salaires prévues par les décrets de 2026 est immédiatement neutralisé par deux facteurs. A savoir : les prélèvements sociaux et fiscaux d’une part, et la hausse du coût de la vie d’autre part.

À titre d’exemple, un cadre supérieur bénéficiant d’une hausse brute de 120 dinars ne percevra en réalité qu’une fraction de cette somme. Et ce, après la déduction des cotisations de retraite, de sécurité sociale et de l’impôt sur le revenu. Donc, cet « effritement » du salaire net empêche tout sentiment d’amélioration des conditions de vie chez les citoyens.

Une inflation tirée par l’alimentaire

Les données de l’Institut national de la statistique (INS) confirment cette tension : le taux d’inflation a bondi à 5,5 % en avril 2026, contre 5 % en mars. Cette accélération est principalement alimentée par l’alimentaire (+8,2 %). Avec des pics sur les fruits (+19,2 %), les viandes (+16 %) et les légumes (+13,5 %). Elle provient aussi de l’habillement (+9,3 %) et les produits manufacturés; et des services hôteliers (+14,6 %).

A cet égard, Maher Belhaj pointe du doigt les dysfonctionnements des circuits de distribution. En effet, la domination des intermédiaires et des spéculateurs gonfle artificiellement les marges bénéficiaires, pénalisant le consommateur final.

Pourtant, une loi encadre les circuits de distribution des produits alimentaires. Mais malheureusement, elle n’est pas respectée. Par faute  de contrôleurs en nombre suffisant ? Possible.

La classe moyenne, principal levier fiscal de l’État

Par ailleurs, l’expert souligne que l’État, confronté à des revenus limités provenant du secteur informel, s’appuie massivement sur les impôts directs prélevés à la source. Cette pression fiscale excessive épuise la classe moyenne, moteur essentiel de la consommation et de la croissance économique. Sans capacité de dépense, la dynamique de la demande intérieure s’essouffle, pesant négativement sur l’ensemble du cycle économique, explique-t-il.

Alors, pour sortir de l’impasse, Maher Belhaj estime que de simples ajustements salariaux ne suffisent plus. Il préconise de ce fait une approche plus globale incluant :

  • la révision des tranches d’imposition pour alléger la charge des salariés;
  • une lutte rigoureuse contre les monopoles et la réforme des circuits de distribution;
  • une corrélation stricte entre hausses de salaires et amélioration de la productivité pour éviter de nourrir une spirale inflationniste.

Quid des décrets de 2026 ?

Pour rappel, les décrets n°63, 64 et 65 de l’année 2026 encadrent ces revalorisations de salariales graduelles sur trois ans (2026-2028). Ils prévoient une augmentation de 120 dinars pour les cadres (catégories A1, A2 et magistrats). La hausse sera de 100 à 105 dinars pour les agents de maîtrise et 90 dinars pour les agents d’exécution. Bien que ces mesures relatives aux salaires visent à soutenir le secteur public, leur efficacité réelle reste suspendue à la maîtrise de l’économie nationale.

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Le détroit d’Ormuz devient un risque majeur pour l’industrie chimique mondiale

12. Mai 2026 um 16:03

La fermeture prolongée du détroit d’Ormuz ne menace plus uniquement les marchés pétroliers, elle perturbe désormais une partie essentielle des chaînes industrielles mondiales, notamment les approvisionnements en soufre et en acide sulfurique, deux matières premières cruciales pour l’industrie chimique, les engrais, les batteries et les métaux stratégiques. Selon le Wall Street Journal du 11 mai, une part importante des exportations mondiales de soufre transitant habituellement par le Golfe a été bloquée par la crise actuelle.

Le soufre est un sous-produit essentiel du raffinage pétrolier et gazier dans les pays du Golfe. Or, la paralysie du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz a fortement réduit les flux disponibles sur les marchés internationaux. Plusieurs industriels redoutent désormais une pénurie mondiale d’acide sulfurique, indispensable à la fabrication d’engrais, au raffinage des métaux comme le cuivre ou le nickel, ainsi qu’à la production de batteries et de semi-conducteurs.

D’après plusieurs analyses industrielles, près de 50 % du commerce maritime mondial de soufre transite normalement par le détroit d’Ormuz. La fermeture du passage stratégique provoque donc une onde de choc bien au-delà du seul secteur énergétique.

Les premiers effets apparaissent déjà sur les marchés des matières premières. Les prix des engrais ont fortement augmenté depuis le début de la guerre entre l’Iran et les États-Unis. Tandis que les producteurs de cuivre, d’aluminium et de métaux destinés aux technologies vertes craignent des ruptures d’approvisionnement. Le Chili, grand producteur mondial de cuivre, fait partie des pays particulièrement exposés en raison de sa dépendance aux importations d’acide sulfurique.

La crise affecte également l’industrie alimentaire mondiale. Les engrais azotés et phosphatés dépendent largement du soufre et de l’ammoniac produits dans le Golfe. Plusieurs analystes estiment qu’une perturbation prolongée pourrait entraîner une hausse des coûts agricoles et accentuer les tensions sur les prix alimentaires mondiaux dans les prochains mois.

Cette situation illustre l’ampleur stratégique du détroit d’Ormuz, par lequel transitent environ 20 % du pétrole mondial mais aussi une part importante du gaz naturel liquéfié, des engrais, de l’aluminium et de plusieurs matières premières critiques. La crise actuelle est désormais décrite par certains experts comme la plus grave perturbation des chaînes énergétiques et industrielles depuis les chocs pétroliers des années 1970.

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Forte progression des réserves de change de la Chine

12. Mai 2026 um 15:26

Les réserves de change de la Chine ont fortement progressé à la fin du mois d’avril 2026, atteignant 3 410,5 milliards de dollars, selon les données publiées par l’Administration d’État des changes (SAFE – pour State Administration of Foreign Exchange), lundi 11 mai. Cela représente une hausse de 68,4 milliards de dollars par rapport au mois précédent, soit une augmentation de 2,05 %.

Cette progression dépasse les prévisions des analystes, qui tablaient sur des réserves autour de 3 360 milliards de dollars. A noter que les réserves chinoises avaient chuté à 3 342 milliards de dollars fin mars sous l’effet des tensions géopolitiques et du renforcement du dollar après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient.

La Chine conserve ainsi les plus importantes réserves de change au monde, un outil stratégique essentiel pour stabiliser le yuan, sécuriser les importations énergétiques et protéger l’économie chinoise contre les chocs financiers internationaux.

La SAFE explique cette hausse par les effets combinés des fluctuations des marchés financiers internationaux et des conversions de devises. L’affaiblissement du dollar américain durant le mois d’avril a contribué à augmenter la valeur des actifs étrangers détenus par Pékin.

Les autorités chinoises ont également souligné que la résilience de l’économie nationale et la poursuite d’une croissance jugée stable contribuent à maintenir la solidité des réserves de change du pays malgré un environnement mondial particulièrement incertain…

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Tunisie  – Le visa, ce « mur » qui bloque les touristes sud-américains

12. Mai 2026 um 15:07

Malgré un intérêt croissant pour la destination, les contraintes administratives liées aux visas freinent l’essor du marché latino-américain en Tunisie. Un récent éductour a pourtant confirmé le potentiel exceptionnel du pays sur le segment du voyage haut de gamme, comme le rapporte un site de la place.

L’intérêt des voyageurs sud-américains pour la Tunisie est une réalité, assurent les professionnels du secteur. « Mais le développement de ce marché à fort potentiel se heurte à des procédures de visa jugées longues et complexes », regrettent-ils. L’absence de représentations diplomatiques dans plusieurs pays de la région n’aide pas à une évolution des réservations et, donc, pénalise la Tunisie face à la concurrence internationale.

Par conséquent, les professionnels estiment qu’une simplification, voire une suppression des visas, contribuerait à capter cette clientèle à fort pouvoir d’achat.

Pour démontrer ce potentiel, l’agence Gold Experiences, en partenariat avec l’Office national du tourisme tunisien (ONTT), a organisé, du 24 avril au 2 mai 2026, un voyage de découverte pour des professionnels sud-américains venus de la Colombie, du Pérou et du Guatemala. De Tunis au Sahara, en passant par Tozeur et le Cap Bon, ces derniers ont exploré une offre conjuguant patrimoine mondial de l’UNESCO, hôtellerie de prestige et expériences authentiques (culture, désert, œnologie), rapporte l’agence.

La même source souligne encore que le consulat de Tunisie au Brésil, dont la juridiction couvre plusieurs pays d’Amérique Latine, confirme une hausse significative des demandes de visas ces derniers mois. « Les professionnels du secteur estiment que la Tunisie dispose de tous les atouts pour devenir une destination de référence pour le tourisme international premium. Et ce, à condition de lever les verrous administratifs ».

La question est maintenant de savoir si nous avons la capacité de transformer ce potentiel en chiffre concret sur le terrain.

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Industrialisation : vers une politique de précision centrée sur les écosystèmes

12. Mai 2026 um 15:00

Pour briser le cycle d’une croissance à faible productivité, la Banque mondiale préconise dans son rapport Africa Economic Update d’avril 2026 une approche pragmatique de l’industrialisation. L’analyse identifie trois lacunes majeures dans la mise en œuvre des politiques publiques qui entravent la transformation structurelle et la création d’emplois de qualité.

L’industrialisation revient au cœur des agendas politiques africains, mais son exécution reste le défi majeur pour les décideurs. Le rapport indique que la croissance actuelle demeure trop faible pour absorber les 620 millions de nouveaux entrants sur le marché du travail d’ici 2050. La majorité des emplois créés restent cantonnés au secteur informel, faute d’un tissu manufacturier suffisamment dense et compétitif.

L’échec des tentatives précédentes s’explique par des déséquilibres dans la conception des politiques. Le fossé de sélection montre une déconnexion entre les outils industriels théoriques et les capacités budgétaires réelles des administrations. Le fossé de dosage pointe des interventions trop limitées pour générer un réel apprentissage technique. Enfin, le fossé de complémentarité illustre l’inefficacité des mesures prises dans des zones dépourvues d’infrastructures de base.

Pour réussir, les États doivent privilégier des écosystèmes complets plutôt que des projets industriels isolés. Le succès de certains parcs industriels démontre l’importance d’investir massivement dans l’énergie et la formation technique en amont. À l’inverse, les initiatives dépourvues de soutien logistique adéquat peinent à attirer les investisseurs directs étrangers et à s’insérer efficacement dans les chaînes de valeur mondiales.

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UE – Monde arabe : la Tunisie rééquilibre ses échanges

12. Mai 2026 um 14:40

L’Union européenne (UE) est demeurée le principal partenaire commercial de la Tunisie durant les mois de janvier, février, mars et d’avril 2026. Et ce, en concentrant plus de 71 % des exportations tunisiennes et 45,5 % des importations de la Tunisie. C’est ce qu’indiquent les chiffres publiés par l’INS.

En effet, les exportations vers l’UE ont progressé à 16,2 milliards de dinars, soutenues notamment par la France (+13,8 %), très loin devant l’Italie (+5,2 %) et l’Allemagne (+4,7 %). À l’inverse, les ventes tunisiennes ont reculé vers les Pays-Bas (-7,5 %) et la Grèce (-38,9 %).

Dans le monde arabe, les échanges affichent des tendances contrastées. Ainsi, les exportations tunisiennes ont fortement augmenté vers l’Égypte (+99,9 %) et l’Arabie saoudite (+71,7 %). Tandis qu’elles ont diminué vers le Maroc (-40,1 %), l’Algérie (-20,3 %) et la Libye (-19,6 %).

Côté importations, la Tunisie a renforcé ses achats auprès de la France (+24,7 %), de l’Italie (+10,7 %), de la Turquie (+8,1 %) et de l’Inde (+32,1 %). Par contre, les importations ont chuté depuis la Russie (-57 %) et légèrement baissé depuis la Chine (-3,7 %).

Le déficit commercial de la Tunisie reste dominé par la facture énergétique, qui atteint à elle seule 4,19 milliards de dinars.

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Le Prix de la gouvernance responsable décerné à Microcred

Microcred SA annonce sa consécration lors des CSR Power Awards 2026, en remportant le Prix de la Gouvernance Responsable. Il a été décerné en marge du Forum International de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE), qui se tenait les 5 et 6 mai 2026 en Tunisie.

Cette distinction, attribuée à l’issue d’un concours évalué par un jury de référence composé d’experts reconnus dans le domaine de la RSE et du développement durable en Tunisie, vient saluer l’engagement concret et continu de Microcred en faveur d’une microfinance responsable, inclusive et durable.

Cette reconnaissance constitue une étape importante dans le parcours de transformation de Microcred. De même qu’il consolide l’ensemble des initiatives mises en œuvre pour promouvoir une finance à impact positif au service du développement économique et social de la Tunisie.

À travers sa démarche « Agir pour une microfinance inclusive, durable et résiliente au service d’un développement équitable », Microcred intègre les critères ESG (Environnement, Social et Gouvernance) dans l’ensemble de son processus d’octroi de financement. Cette approche vise à soutenir des activités durables, préserver les ressources naturelles et protéger les clients contre les risques de surendettement.

Chaque financement accordé par Microcred est ainsi pensé comme un véritable levier d’impact économique, social et environnemental. Il contribue à renforcer l’inclusion financière et à accompagner les populations les plus vulnérables, notamment dans les régions de l’intérieur et les zones rurales.

En tant qu’institution de microfinance 100 % tunisienne, Microcred place l’engagement sociétal et environnemental au cœur de sa stratégie et de sa mission. L’institution œuvre quotidiennement pour favoriser l’autonomisation économique des entrepreneurs, encourager les activités responsables et contribuer à une croissance plus inclusive et durable.

À travers cette distinction, Microcred réaffirme sa volonté de poursuivre ses efforts pour construire une finance inclusive à impact, capable de répondre aux enjeux sociaux, environnementaux et économiques de demain.

Avec communiqué

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Finances publiques : le poids critique du service de la dette extérieure

12. Mai 2026 um 14:26

Le service de la dette extérieure capte désormais jusqu’à 18,2 % des revenus des États. Un niveau d’alerte souligné par le rapport Africa Economic Update d’avril 2026 de la Banque mondiale. 25 pays de la région sont classés en situation de surendettement ou à risque élevé. Ce qui limite considérablement le financement des infrastructures et des services publics.

Les efforts de consolidation budgétaire en Afrique subsaharienne portent leurs fruits sur le solde primaire. Mais la charge des intérêts demeure écrasante. Le déficit primaire régional devrait s’équilibrer d’ici 2026. Reflétant ainsi une meilleure adéquation entre les recettes publiques et les dépenses de fonctionnement. Cette rigueur budgétaire est toutefois neutralisée par le coût du stock de dette existant.

Dans quatre pays sur cinq, les paiements d’intérêts dépassent désormais les budgets cumulés de la santé ou de l’éducation. Le service de la dette publique extérieure devrait bondir pour atteindre 18,2 % des revenus en 2025; contre 15,4 % l’année précédente. Cette pression est accentuée par un mur d’amortissements imminent, les remboursements de principal passant de 37 milliards à 59,2 milliards de dollars en l’espace de 12 mois.

Par ailleurs, la vulnérabilité financière atteint des sommets historiques. Fin 2025, environ la moitié des pays de la région étaient jugés en détresse financière ou à haut risque par les institutions internationales. Le durcissement des conditions de financement sur les marchés financiers mondiaux et la stagnation de l’aide publique au développement aggravent cette impasse. Ce qui prive les gouvernements des ressources nécessaires pour répondre aux besoins de croissance.

Suivra : « Industrialisation : vers une politique de précision centrée sur les écosystèmes »

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La BCE pourrait relever ses taux à deux reprises en 2026

12. Mai 2026 um 14:26

La Banque centrale européenne (BCE) pourrait relever ses taux d’intérêt à deux reprises en 2026. C’est ce qu’annonce une enquête de Bloomberg auprès d’économistes. Et ce, dans un contexte marqué par la flambée des prix de l’énergie provoquée par la guerre au Moyen-Orient.

D’après cette enquête réalisée entre le 4 et le 7 mai, les analystes anticipent désormais deux hausses de 25 points de base de la part de la BCE, probablement en juin puis en septembre. Il y a encore quelques semaines, le consensus ne prévoyait qu’un seul relèvement des taux directeurs européens.

Le principal facteur derrière cette révision est la poussée inflationniste alimentée par les tensions géopolitiques autour de l’Iran et les perturbations des marchés pétroliers et gaziers mondiaux. La hausse des coûts de l’énergie ravive les craintes d’un retour durable de l’inflation dans la zone euro.

La BCE avait pourtant maintenu son taux de dépôt à 2 % lors de sa dernière réunion. Tout en préférant attendre davantage de données économiques avant d’agir. Mais plusieurs responsables de l’institution ont récemment adopté un ton plus ferme face aux risques inflationnistes. Le gouverneur slovaque Peter Kazimir a ainsi déclaré qu’une hausse des taux en juin serait « presque inévitable », si les tensions énergétiques persistaient.

Un appel à la prudence

De son côté, Isabel Schnabel (membre du directoire de la BCE) a averti que les prix élevés de l’énergie pourraient entraîner des effets inflationnistes de second tour, notamment via les salaires et les prix des services.

D’autres membres de la BCE appellent toutefois à la prudence. Le vice-président sortant, Luis de Guindos, a souligné que la croissance européenne restait fragile. Il estime que la Banque devait éviter de réagir trop brutalement avant d’évaluer pleinement les conséquences économiques du conflit.

A ce propos, les projections économiques de la BCE publiées en mars prévoyaient déjà une inflation moyenne de 2,6 % dans la zone euro en 2026; contre 2 % en 2027. Mais plusieurs économistes estiment désormais que ces prévisions pourraient être revues à la hausse si les prix du pétrole et du gaz restent durablement élevés.

Au final, la perspective de nouvelles hausses de taux accentue les inquiétudes sur la croissance européenne. Cette dernière étant déjà affaiblie par le ralentissement industriel allemand, les tensions commerciales et le coût élevé du crédit.

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Agriculture : Proparco crée une méga-coalition bancaire pour l’Afrique

12. Mai 2026 um 14:21

Face à un déficit de financement colossal de 50 milliards de dollars dans le commerce agricole africain, Proparco (filiale de l’AFD dédiée au secteur privé) a officialisé le lancement de l’Africa AgriTrade Coalition lors du sommet Africa Forward à Nairobi. Ce groupement inédit de 16 institutions financières majeures vise à débloquer les échanges de denrées essentielles sur tout le continent.

Le 11 mai 2026, Proparco a réuni un premier cercle de 16 signataires de premier plan pour s’attaquer aux freins financiers qui paralysent les chaînes de valeur agricoles. Le poids de cette coalition est massif : le total des bilans des institutions partenaires, parmi lesquelles figurent Ecobank, Equity Group, KCB Bank ou encore Coris Holding, avoisine les 400 milliards d’euros.

Avec un objectif clair : utiliser l’expertise de Proparco en partage de risques et en garanties pour faciliter des transactions plus importantes et mieux structurées le long des grands corridors agricoles africains.

Combler un déficit vital pour la sécurité alimentaire

Le secteur agricole en Afrique souffre d’un manque de financement structurel estimé à plus de 50 milliards de dollars. Ce déficit entrave le développement de filières stratégiques, par exemple le cacao et la noix de cajou en Afrique de l’Ouest, les céréales et engrais en Afrique centrale et de l’Est, puis le maïs, le soja et le sucre pour Afrique Australe.

Lire aussi : Transaction euro–franc CFA : une première mondiale en Afrique de l’Ouest

En facilitant l’accès au crédit, la nouvelle coalition espère générer des effets concrets sur l’emploi et la résilience des approvisionnements, tout en s’alignant sur les objectifs de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

Mise en œuvre immédiate

Le calendrier est déjà fixé : la phase opérationnelle débutera dès juin prochain. Elle se concentrera, dans une première phase, sur l’identification des premières transactions et la structuration d’un portefeuille d’opérations communes. Les premiers flux financiers concrets sur les chaînes de valeur prioritaires sont attendus dans les prochains mois, précise le communiqué issu de la signature de l’accord.

Lire également : Inflation : l’incertitude géopolitique menace la normalisation monétaire en Afrique

A noter que ce lancement s’inscrit dans la stratégie globale de Proparco, qui a déjà engagé plus de 4,6 milliards d’euros en Afrique au cours des quatre dernières années (2022, 2023, 2024 et 2025) pour soutenir le développement durable et la souveraineté alimentaire via l’initiative FARM.

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Réformer ou perdre : l’IACE pose la distribution au cœur de la compétitivité

12. Mai 2026 um 14:11

Le producteur ne vit pas correctement de son travail. Le consommateur subit une pression continue sur les prix. Entre les deux, les intermédiaires se multiplient, l’informel prospère et la valeur se perd. Le président de l’IACE, Amine Ayed, déplore ce constat amer et en a posé les enjeux lors du discours d’ouverture de la 10e édition du Tunisia Economic Forum, tenu le 12 mai 2026 au siège de l’IACE. Il s’agit, estime-t-il, d’une question désormais stratégique pour la compétitivité, le pouvoir d’achat et la cohésion économique de la Tunisie.

Amine Ayed a d’abord souligné la portée symbolique de cet anniversaire. Dix années durant lesquelles ce rendez-vous s’est affirmé comme un espace de dialogue économique et de confrontation constructive des idées au service de la Tunisie. Si ce forum continue d’exister et de rassembler, a-t-il rappelé, c’est parce qu’il repose sur une conviction fondatrice : les grandes transformations commencent toujours par la capacité collective à regarder lucidement ses propres dysfonctionnements. Le président de l’IACE a tenu à requalifier d’emblée le thème retenu pour cette édition. La réforme des circuits de distribution peut sembler technique en apparence, a-t-il observé. Mais elle touche en réalité à un enjeu central : la manière dont l’économie tunisienne crée, organise ou perd de la valeur.

Entre le producteur et le consommateur, a-t-il affirmé, il ne devrait pas exister une chaîne d’inefficience, d’opacité et de perte, mais un système capable de fluidifier les échanges, de préserver le pouvoir d’achat et d’assurer une concurrence saine. Or, le constat est sans ambiguïté : le producteur peine à vivre correctement de son travail; tandis que le consommateur subit une pression continue sur les prix. Entre les deux, les déséquilibres s’accumulent : multiplication des intermédiaires, fragmentation des marchés, poids de l’informel, insuffisance logistique et, parfois, risques spéculatifs.

L’intervenant a conclu ce diagnostic par un avertissement clair : lorsque les mécanismes de distribution cessent d’être des outils d’organisation économique pour devenir des espaces de désordre, ce n’est pas seulement un secteur qui dysfonctionne. C’est une partie de l’économie entière qui perd en efficacité, en transparence et en confiance.

Une étude systémique pour rompre avec la fragmentation

Amine Ayed a également livré une critique de méthode. Pendant longtemps, ces problématiques ont été traitées de manière fragmentée : marchés de gros d’un côté, logistique de l’autre, prix, commerce parallèle et infrastructures rarement pensés comme les éléments d’un même système.

C’est précisément pour combler ce vide que l’IACE a engagé un travail de fond, dont les résultats sont présentés dans le cadre de ce forum. L’étude propose une lecture globale de la question, avec une approche systémique ouverte sur plusieurs trajectoires possibles de transformation. Elle pose surtout une question essentielle : comment moderniser ces circuits sans fragiliser les équilibres économiques et sociaux existants ?

Le président de l’IACE a insisté sur la nature politique autant que technique de ces réformes. Elles touchent à des intérêts économiques établis, à des habitudes de marché et à des équilibres territoriaux, mais aussi à la relation de confiance entre l’État, les opérateurs et les citoyens. C’est pourquoi ces réformes sont souvent difficiles à conduire, non par manque d’idées, mais parce qu’elles exigent de la cohérence, de la visibilité, du courage et une réelle capacité d’exécution.

La distribution : une question stratégique pour l’avenir du pays

La question des circuits de distribution dépasse largement l’organisation des marchés : elle touche au pouvoir d’achat, à la compétitivité, à la sécurité alimentaire et à la cohésion économique du pays. Le défi collectif, a-t-il affirmé, est de réussir une modernisation capable d’apporter davantage d’efficacité, de transparence et de confiance, sans créer de nouvelles fragilités.

Amine Ayed a conclu sur une conviction qu’il qualifie lui-même de simple : une économie perd rarement sa richesse au moment où elle la crée. Elle la perd souvent dans la manière dont elle organise la circulation de sa production. Dans le contexte actuel, cette question n’est plus secondaire : elle est devenue stratégique pour la vie économique et sociale de la Tunisie.

Nous y reviendrons.

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Voici les moteurs des exportations tunisiennes

12. Mai 2026 um 13:00

Les exportations tunisiennes ont enregistré une nette progression au cours des quatre premiers mois de 2026. Les tirent notamment l’agroalimentaire, les industries manufacturières et l’énergie.

Le secteur agroalimentaire affiche la plus forte hausse avec +24,3 %, portée par les ventes d’huile d’olive. Lesquelles ont bondi à 2,63 milliards de dinars contre 1,76 milliard pour la même période n 2025. Les industries mécaniques et électriques confirment elles aussi leur rôle de locomotive avec une croissance de 12,2 %. Tandis que les exportations énergétiques augmentent de 13 % grâce à la progression des ventes de produits raffinés.

Lire aussi— Les exportations tunisiennes progressent plus vite que les importations, mais…

En revanche, le secteur des mines, phosphates et dérivés poursuit sa baisse avec un recul de 23,6 %. Ce qui contraste avec la légère amélioration observée dans le textile, l’habillement et le cuir (+0,3 %).

Au total, les exportations tunisiennes ont atteint 22,7 milliards de dinars entre janvier et avril 2026.

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La voiture électrique, opportunité ou nouvelle dépendance?

12. Mai 2026 um 12:37

Pour la Tunisie, le passage à l’électrique n’est ni un miracle, ni un piège, mais une opportunité conditionnelle. Tout dépend d’une stratégie globale intégrant renouvelables, infrastructures et industrie locale; plutôt qu’une simple importation de technologies étrangères. Reste à savoir si la voiture électrique représente vraiment une rupture pour un pays comme la Tunisie, ou si elle n’est qu’une nouvelle étape de dépendance technologique.

À cette question, Cyrine Bach Baouab, membre du bureau exécutif national de la CONECT et consultante, répond dans une déclaration exclusive à leconomistemaghrebin.com : « La voiture électrique peut représenter une rupture pour la Tunisie, mais elle ne l’est pas automatiquement. Tout dépend de la manière dont cette transition est pensée. Si elle se limite à remplacer des voitures thermiques importées par des voitures électriques importées – avec batteries, bornes, logiciels et technologies également importés, alors le risque est réel : nous passerions d’une dépendance aux carburants fossiles à une nouvelle dépendance technologique. »

La vraie question porte donc sur l’écosystème autour du véhicule. Elle précise : « La voiture électrique devient une rupture lorsqu’elle s’inscrit dans une stratégie nationale plus large : développement des énergies renouvelables, modernisation du réseau électrique, infrastructures de recharge, formation des techniciens, maintenance spécialisée, recyclage des batteries, production locale de composants et intégration de nos entreprises dans les chaînes de valeur de la mobilité électrique. »

Sur le plan économique, l’enjeu est majeur. « Le véhicule électrique peut être moins coûteux à l’usage, car le coût de l’énergie par kilomètre est généralement inférieur à celui de l’essence ou du gasoil, et la maintenance est souvent plus simple. Mais il reste plus cher à l’achat, et son intérêt dépend fortement de la disponibilité d’une recharge fiable, du coût de l’électricité, de la capacité du réseau et du profil d’utilisation. Pour un particulier sans borne à domicile ou parcourant de longues distances, le passage immédiat au tout électrique peut être compliqué. En revanche, pour les flottes d’entreprises, les véhicules administratifs, les taxis urbains, la livraison du dernier kilomètre ou les usages réguliers en ville, l’électrique est déjà très pertinent. »

Environnementalement, l’avantage est réel, mais nuancé. « La voiture électrique réduit fortement la pollution locale, sans rejets de gaz d’échappement en ville, un bénéfice clé pour la qualité de l’air et la santé publique. Mais elle n’est pas “zéro pollution”. Son impact dépend de la production d’électricité, de la fabrication des batteries, de l’extraction des métaux, du transport des composants et du recyclage en fin de vie. Si l’électricité reste majoritairement fossile, l’avantage carbone est réduit. Adossée au solaire et aux renouvelables, elle gagne en intérêt environnemental. »

C’est pourquoi il ne faut pas opposer brutalement thermique, hybride et électrique. « Pour la Tunisie, l’hybride peut jouer un rôle de transition, en réduisant partiellement la consommation de carburant et les émissions, sans dépendre totalement d’une infrastructure de recharge encore insuffisante. Mais il ne doit pas devenir un prétexte pour retarder la transition, car il reste lié aux fossiles », ajoute-t-elle.

Ainsi, la voiture électrique peut être une rupture, mais seulement si elle devient un levier de transformation industrielle, énergétique et environnementale. Si elle reste un simple produit importé, elle risque de créer une nouvelle dépendance. Accompagnée d’une stratégie de recharge, d’énergies renouvelables, de formation, de recyclage et d’intégration industrielle locale, elle peut au contraire devenir une opportunité pour la Tunisie.

En conclusion, « pour la Tunisie, la voiture électrique n’est ni une solution miracle, ni une fausse bonne idée. Elle est une opportunité conditionnelle, pertinente si elle s’inscrit dans une stratégie globale : électricité plus propre, réseau robuste, bornes de recharge, recyclage des batteries, accompagnement des ménages et intégration de l’industrie tunisienne dans les nouvelles chaînes de valeur. À court terme, l’hybride offre une solution transitoire pragmatique; à moyen terme, l’électrique peut devenir un levier de compétitivité et de transition écologique », conclut-elle. 

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Transaction euro–franc CFA : une première mondiale en Afrique de l’Ouest

12. Mai 2026 um 12:30

En marge du sommet Africa Forward à Nairobi, au Kenya, la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) et Proparco (filiale de l’AFD dédiée au secteur privé) ont signé un accord de financement croisé inédit. Cette opération de 200 millions d’euros vise à dynamiser le secteur privé et à favoriser les prêts en monnaie locale.

Le 11 mai 2026 à Nairobi, la BOAD et Proparco (filiale du Groupe AFD) ont marqué un tournant dans la coopération financière avec une transaction croisée entre l’euro (EUR) et le franc CFA (XOF). Structurée par Galite, indique un communiqué de Proparco, cette opération est présentée comme une première mondiale par sa nature technique et son ambition. Elle répond directement aux besoins de réforme de l’architecture financière mondiale en proposant un instrument catalytique innovant.

Selon le communiqué, l’impact de ce financement repose sur trois piliers stratégiques pour la région, à savoir : l’accès à la monnaie locale (il permet aux entreprises d’accéder plus facilement à des financements en francs CFA, réduisant ainsi les risques de change), la stabilité macroéconomique (le dispositif soutient les réserves de change de la zone UEMOA, renforçant la résilience de la région) ; et la création d’emplois (les fonds seront orientés vers des projets structurants portés par le secteur privé, moteur essentiel de l’emploi).

Citée dans le communiqué, Françoise Lombard, directrice générale de Proparco, a déclaré que cette initiative est une « étape majeure » pour accroître la mobilisation de ressources au service des économies locales. De son côté, Serge Ekué, président de la BOAD, souligne que cette transaction permet d’« élargir le champ des moyens d’action » pour transformer durablement les économies de l’UEMOA et drainer davantage d’investissements vers des projets à fort impact social.

Voici quelques chiffres qui résument le projet :

  • 200 millions d’euros (environ 131 milliards de FCFA) : le montant total de l’opération.
  • 100 % zone UEMOA : l’espace géographique bénéficiaire de ce soutien financier.
  • 4,6 milliards d’euros : les engagements de Proparco en Afrique entre 2022 et 2025.
  • 27 banques : le nombre de membres de l’IDFC, club international de banques de développement actuellement présidé par la BOAD.

A noter enfin que ce projet s’inscrit dans la continuité des missions de la BOAD pour promouvoir l’intégration économique de l’Afrique de l’Ouest et de la stratégie de Proparco qui place l’Afrique au cœur de son action depuis près de 50 ans.

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Résilience

12. Mai 2026 um 12:26

Une note de la CIA contredit Donald Trump sur les capacités de l’Iran à résister au blocus américain. Selon un rapport révélé par le Washington Post, Téhéran a fait preuve de résilience sur le plan économique et a même conservé d’importantes capacités d’armement. Et ce, en dépit de plus de deux mois de bombardements intensifs.

 

C’est un rapport bien gênant pour le locataire de la Maison Blanche. Pour faire plier le régime des mollahs qui, en passant, fait montre d’une étonnante résistance, Donald Trump, qui tablait sur une guerre éclair, parie désormais sur l’asphyxie de l’économie en cherchant à priver Téhéran de la moindre goutte de pétrole. A cet effet, changeant encore une fois son fusil d’épaule, il vient d’imposer un blocus prolongé au détroit d’Ormuz, moins risqué selon les estimations du Pentagone qu’une reprise des frappes. Sauf qu’un récent rapport confidentiel de la CIA risque de brouiller de nouveau les cartes.

Une facture salée

En effet, le Pentagone évoquait mercredi une facture de 25 milliards de dollars après 60 jours de guerre. L’armée américaine devrait donc maintenir le blocus maritime au large du Golfe d’Oman pour empêcher l’accès aux ports iraniens et bloquer la sortie des navires quittant l’Iran. D’après l’amiral Brad Cooper, qui dirige les forces américaines au Moyen-Orient, 42 bateaux ont été interceptés depuis le cessez-le-feu du 8 avril et 41 tankers sont empêchés de quitter l’Iran actuellement. Et tans pis pour les hausses des prix du pétrole,  l’Agence internationale de l’énergie (AIE) qualifiant la situation actuelle de « plus grande perturbation de l’approvisionnement de l’histoire du marché mondial du pétrole ».

Mais, plusieurs déclarations émanant de la Maison Blanche laissent penser que le blocage du détroit d’Ormuz va durer.

D’après le Wall Street Journal, le président américain aurait ordonné à ses conseillers de préparer le scénario d’un blocus prolongé qui déjà a fait plonger la monnaie iranienne et plombé le quotidien des habitants. Et ce, même si ses effets dépassaient l’Iran pour impacter lourdement le reste du monde. Ainsi, à l’évocation d’un blocus prolongé, le prix du baril de Brent a grimpé en flèche mercredi dernier jusqu’à 119 dollars. Soit son plus haut niveau depuis l’invasion de l’Ukraine.

Pourtant, le président américain continue d’afficher un optimisme béat sur une possible fin de guerre. Et ce, à moins de six mois des élections de mi-mandat.

Cinglant démenti

Sauf qu’un rapport confidentiel de la CIA, révélé par The Washington Post le 7 mai, vient de battre en brèche les affirmations de Donald Trump concernant l’Iran et ses capacités militaires. N’avait-il pas fanfaronné à la Maison Blanche, mercredi 6 mai, que « les missiles (iraniens) sont pour l’essentiel décimés, il doit leur en rester 18-19 % ? »

Or, d’après quatre sources ayant pu consulter ce document, remis cette semaine à des décideurs politiques, l’agence de renseignement estime que malgré le blocus du détroit d’Ormuz, l’Iran ferait preuve de résilience sur le plan économique et que le pays pourrait y survivre pendant trois mois, voire plus.

Le Washington Post cite une source anonyme selon laquelle la situation économique iranienne est « loin d’être aussi catastrophique » que certains le prétendent. Les champs pétroliers tournent au ralenti mais restent en activité afin de maintenir la production. Téhéran pourrait aussi stocker une partie de son pétrole à bord de tankers et acheminer du pétrole par voie terrestre et ferroviaire à travers l’Asie centrale, afin de limiter les effets du blocus.

Sur le plan militaire, le rapport de la CIA révèle que malgré des semaines de bombardements intensifs, l’Iran aurait conservé d’importantes capacités en matière de missiles balistiques. Avant-guerre, les renseignements américains estimaient à 2 500 le stock de missiles iraniens. Une partie a été utilisée pour mener des frappes de représailles contre les alliés des États-Unis dans le Golfe et contre des sites militaires américains.

D’autre part, et toujours selon la même source, il existe des preuves montrant que le régime a rouvert la quasi-totalité de ses installations de stockage souterraines et que de nouveaux missiles y sont assemblés. La production de missiles balistiques se serait même accélérée. Début avril, les renseignements américains estimaient que plus de la moitié des lanceurs de missiles iraniens étaient encore intacts et que l’Iran disposait de milliers de drones d’attaque. Son arsenal n’aurait donc pas été réduit à néant, contrairement à ce qu’affirme Donald Trump.

Pis. « Téhéran garde des capacités importantes dans le domaine des missiles balistiques, malgré des semaines d’intenses bombardements de la part des États-Unis et d’Israël. De même qu’il conserve environ 75 % des stocks de lanceurs mobiles dont il disposait avant la guerre et quelque 70 % de ses réserves de missiles », conclut la note de la CIA. Sidérant.

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