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Face au choc, le FMI appelle les gouvernements à la discipline et à la précision chirurgicale

13. Mai 2026 um 10:54

Dans son rapport War in the Middle East: Economic Spillovers and Policy Challenges publié en avril 2026, le Fonds monétaire international refuse de se limiter au diagnostic : face à un choc énergétique et géopolitique d’une ampleur inédite depuis l’invasion russe de l’Ukraine, l’institution détaille avec une précision inhabituelle les réponses qu’elle attend des gouvernements de la région, en matière budgétaire, monétaire, financière et structurelle.

Sur le plan budgétaire, le FMI pose d’emblée un principe ferme : les gouvernements ne doivent pas céder à la tentation de soutenir la demande globale par un assouplissement fiscal généralisé ni rétablir des subventions énergétiques à large spectre. L’institution distingue nettement deux situations. Les pays disposant de marges de manœuvre budgétaires suffisantes peuvent laisser jouer les stabilisateurs automatiques et déployer, si nécessaire, des transferts monétaires ciblés et temporaires vers les ménages les plus exposés à la hausse des prix des matières premières.

Ceux qui ne disposent d’aucun espace budgétaire doivent s’assurer que toute mesure de soutien reste compatible avec la stabilité de leur dette, ce qui peut exiger une révision des priorités de dépenses et une mobilisation accrue des recettes fiscales. Les exportateurs de pétrole non directement affectés par la guerre doivent quant à eux épargner leurs recettes exceptionnelles plutôt que les dépenser, afin de reconstituer des marges face à l’incertitude mondiale.

Banques centrales : agir vite là où l’inflation dérape déjà

Sur le plan monétaire, le FMI reconnaît que la hausse des prix de l’énergie et des denrées alimentaires peut justifier une réaction rapide des banques centrales, mais que l’intensité de cette réaction dépend de la situation de départ de chaque pays. Là où l’inflation atteint déjà des niveaux élevés et où la politique monétaire reste accommodante, comme en Égypte où l’inflation devrait frôler 8 % en 2026 ou au Pakistan à 5,5 %, le FMI estime que la marge d’attente est limitée et qu’un resserrement s’impose pour ancrer les anticipations d’inflation.

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Les banques centrales qui ont déjà placé leurs taux nettement au-dessus du niveau neutre et maintenu l’inflation proche de la cible peuvent en revanche absorber une partie du choc d’offre sans réagir immédiatement. Pour les pays à taux de change flexible, le FMI recommande de laisser la monnaie jouer son rôle d’amortisseur, comme l’Égypte l’a fait en laissant la livre perdre 13 à 15 % de sa valeur depuis le début du conflit, tout en surveillant étroitement les risques de transmission de cette dépréciation à l’inflation.

Système bancaire : surveiller, anticiper, ne pas laisser la dette souveraine envahir les bilans

Sur le plan financier, le FMI demande aux superviseurs bancaires d’intensifier leur surveillance des risques de liquidité et de change, de scruter les expositions concentrées sur les secteurs les plus affectés comme le tourisme, le transport et le commerce, et d’empêcher les banques d’accroître excessivement leurs positions sur les dettes souveraines dans un contexte de hausse des rendements. Ce risque mérite une attention particulière en Égypte, en Jordanie, au Pakistan et en Tunisie, où les établissements bancaires détiennent déjà d’importantes parts de dette publique intérieure.

Sur le plan structurel, le FMI voit dans la rupture des chaînes d’approvisionnement régionales une occasion de repenser en profondeur les stratégies commerciales et énergétiques. L’institution recommande aux pays importateurs de diversifier leurs corridors d’importation de carburants, d’investir dans des capacités de stockage de gaz naturel liquéfié et de rejoindre des accords d’échange transfrontalier d’électricité.

Pour les pays du Golfe, le FMI insiste sur le développement de ports alternatifs, de pipelines de contournement et de corridors terrestres, afin de réduire leur dépendance aux nœuds de transit vulnérables. Renforcer la résilience des réseaux d’eau, d’énergie et de communications numériques constitue une priorité absolue pour des économies dont les systèmes de dessalement, qui fournissent plus de 40 % de l’approvisionnement en eau au Qatar, à Bahreïn et aux Émirats arabes unis, représentent un point de fragilité stratégique majeur.

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Subventions énergétiques : la bombe à retardement que la guerre a réarmée

13. Mai 2026 um 10:37

 Dans son rapport War in the Middle East: Economic Spillovers and Policy Challenges, publié en avril 2026, le Fonds monétaire international dresse un tableau profondément inégal des conséquences économiques du conflit sur la région Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan (MENAP). Entre les pays du Golfe directement frappés et ceux qui, à distance du détroit d’Ormuz, tirent profit de la hausse des prix de l’énergie, la guerre trace une ligne de fracture brutale à l’intérieur d’une même région.

Dans son scénario de référence, le FMI prévoit que la croissance de l’ensemble de la région MENAP ralentira à 1,4 % en 2026. Soit un recul de 2,3 points de pourcentage par rapport aux projections d’octobre 2025. Derrière cette moyenne se cache une réalité bien plus contrastée. Parmi les huit économies exportatrices de pétrole directement touchées par la guerre, cinq, à savoir Bahreïn, l’Iran, l’Irak, le Koweït et le Qatar, devraient enregistrer une contraction de leur PIB en 2026. Le Qatar subit la chute la plus brutale, avec une révision à la baisse de près de 15 points de pourcentage, principalement en raison des dégâts infligés au complexe gazier de Ras Laffan. À l’opposé, Oman, dont l’accès maritime se situe entièrement en dehors du détroit d’Ormuz, voit sa croissance à peine révisée, d’environ 0,5 point seulement.

Au-delà des hydrocarbures, les pertes de production touchent également le tourisme, la logistique et les services financiers. Selon les projections de l’institution, le niveau de production des économies directement affectées restera en 2030 environ 2 % en dessous de leur trajectoire d’avant-guerre, traduisant des effets négatifs appelés à se prolonger bien au-delà de 2026.

Algérie et Libye, bénéficiaires fragiles de la flambée des prix

Un tout autre tableau se dessine pour les pays exportateurs de pétrole situés hors de la zone de combat. L’Algérie voit sa croissance révisée à la hausse de près d’un point de pourcentage grâce à l’amélioration de ses recettes en hydrocarbures. La Libye, pour qui le pétrole représente l’essentiel des exportations et des revenus publics, enregistre une révision positive de 2,5 points. Ces perspectives restent toutefois fragiles : en Libye, l’instabilité politique et sécuritaire intérieure constitue une menace constante sur la production, tandis qu’en Algérie, la dépendance persistante aux hydrocarbures limite la durabilité des gains obtenus.

Les importateurs de pétrole et les États fragiles en première ligne

Pour les pays importateurs de pétrole de la région, notamment l’Égypte, la Jordanie, le Pakistan, la Tunisie et le Maroc, l’impact est plus modéré mais réel. Par rapport aux projections établies juste avant la guerre, leur croissance cumulée sur 2026 et 2027 est revue à la baisse de près d’un point de pourcentage. La livre égyptienne a déjà perdu plus de 13 % de sa valeur depuis le début du conflit. Tandis que les rendements souverains du pays grimpent de 8 % à plus de 9 %. Des tensions comparables frappent le Pakistan et la Jordanie, dans un contexte où la dette publique a fortement progressé depuis 2019.

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Les pays classés par le FMI parmi les États fragiles et à faible revenu, à savoir le Yémen, le Soudan, l’Afghanistan, la Somalie, la Syrie et la Cisjordanie, se trouvent dans la situation la plus critique. Dans plusieurs de ces économies, les denrées alimentaires et les boissons représentent déjà entre 30 % et près de 50 % des importations totales, et plus de la moitié de la population vit en situation d’insécurité alimentaire. La hausse des prix à l’importation risque d’aggraver les déficits courants, d’épuiser les réserves de change et d’amplifier les pressions sociales dans des pays où la marge de manœuvre budgétaire est quasi inexistante. Des conflits prolongés de cette nature ont, selon l’institution, réduit le revenu par habitant d’environ 15 % en cinq ans dans des épisodes comparables au sein de la région MENAP.

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La BIAT récompense ses actionnaires et lève jusqu’à 800 millions de dinars

13. Mai 2026 um 10:23

L’Assemblée générale ordinaire de la Banque Internationale Arabe de Tunisie (BIAT), réunie le 24 avril 2026, a arrêté un dividende de 6 dinars par action sur un résultat net de 385 millions de dinars, autorisé un programme obligataire de 800 millions de dinars sur trois ans et ratifié l’entrée au conseil d’une représentante des actionnaires minoritaires.

Le résultat net de l’exercice 2025 atteint 385 millions de dinars. Ajouté au report à nouveau de 530 millions de dinars, il porte le résultat distribuable à 915 millions de dinars. L’assemblée a prélevé 150 millions de dinars pour les réserves de réinvestissements financiers, ramenant le solde distribuable à 765 millions de dinars. Sur ce montant, la banque verse 244 millions de dinars à ses actionnaires, soit 6 dinars par action. Le coupon s’est détaché le 12 mai 2026 et la banque met les fonds en paiement le 14 mai 2026. Les 521 millions restants partent en report à nouveau.

L’assemblée transfère par ailleurs 97 millions de dinars aux réserves facultatives. Ces sommes, initialement bloquées dans les réserves pour réinvestissements financiers lors des exercices 2016, 2017, 2018 et 2019, deviennent désormais librement disponibles pour la banque.

Cyrine Sanchou rejoint le conseil au titre des minoritaires

Sur le plan de la gouvernance, l’assemblée ratifie la désignation de Madame Cyrine Sanchou au conseil d’administration en qualité de représentante des actionnaires minoritaires. L’Assemblée Elective du 12 mars 2026 avait arrêté cette nomination pour une durée de trois ans, jusqu’à l’AGO qui statuera sur les comptes de l’exercice 2028. La résolution recueille la majorité des voix, seule résolution de l’ordre du jour à ne pas emporter l’unanimité.

L’assemblée autorise enfin la banque à lancer un ou plusieurs emprunts obligataires, ordinaires et/ou subordonnés, dans la limite globale de 800 millions de dinars sur trois ans. Le conseil d’administration reçoit délégation pour fixer les montants, les modalités et les conditions de chaque émission. Il peut à son tour déléguer ce pouvoir à la direction générale à la veille de chaque opération.

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Africa Forward : santé souveraine et agriculture à valeur ajoutée au cœur des priorités africaines

13. Mai 2026 um 09:54

La santé souveraine et l’agriculture à forte valeur ajoutée figurent parmi les principaux secteurs jugés prioritaires lors du sommet africain-français “Africa Forward”, organisé à Nairobi, au Kenya, en présence de 35 chefs d’État et de gouvernement.

La cheffe du gouvernement tunisien Sara Zaafrani Zenzri a assisté, mardi 12 mai 2026 au Centre international de conférences Kenyatta, à la clôture des travaux de ce sommet consacré aux nouveaux axes de coopération entre l’Afrique et la France.

À l’issue des travaux, le président kényan William Ruto et le président français Emmanuel Macron ont présenté les principales conclusions de la rencontre, mettant l’accent sur plusieurs secteurs stratégiques pour l’année à venir.

Parmi les priorités identifiées figure la souveraineté sanitaire, avec un objectif clair : renforcer les systèmes de santé nationaux et soutenir la production locale de vaccins et de médicaments afin de réduire la dépendance extérieure du continent.

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Le sommet a également insisté sur la nécessité de transformer les modèles agricoles africains, en passant de l’exportation de matières premières vers une agriculture à valeur ajoutée, fondée sur la transformation locale et durable des produits agricoles.

Les participants ont, en outre, appelé à accélérer le développement du tissu industriel vert, à soutenir la transition énergétique et à promouvoir l’économie bleue comme leviers de croissance durable pour les économies africaines.

À travers cette initiative, l’Afrique et la France entendent impulser un nouveau modèle de partenariat axé sur l’investissement, l’innovation et le développement durable.

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La Tunisie mise sur les startups pour relancer son économie

13. Mai 2026 um 08:51

La Cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzeri a affirmé que la Tunisie mise sur les startups pour bâtir un modèle de développement fondé sur l’innovation et la flexibilité, et ce en marge de sa participation au sommet « Africa Forward » (En avant l’Afrique) co-organisé par le Kenya et la France, les 11 et 12 mai 2026, à Nairobi.

Lors de rencontres avec des jeunes entrepreneurs tunisiens installés à l’étranger et des dirigeants de startups opérant dans des secteurs à haute valeur ajoutée, tenues à l’occasion du forum économique qu’a abrité l’université de Nairobi, Mme Zenzeri a souligné que la transformation numérique est un levier essentiel pour l’économie nationale, étant donné son rôle dans la stimulation de l’investissement et l’amélioration du climat des affaires.

Elle a, à cet égard, mis l’accent sur la contribution des startups technologiques dont le rayonnement dépasse largement les frontières et dont les solutions s’exportent désormais auprès des plus grandes entreprises internationales.

Affirmant que le secteur des startups en Tunisie se distingue par sa capacité à attirer les compétences et à générer des emplois, la Cheffe du gouvernement a indiqué que les efforts se poursuivent pour améliorer le cadre législatif de l’investissement afin de l’adapter aux mutations technologiques et de bâtir un modèle de développement fondé sur l’innovation et la flexibilité.

Mme Zenzeri a, par ailleurs rappelé que la Tunisie bénéficie déjà d’un positionnement solide dans les classements mondiaux concernant l’usage de l’intelligence artificielle (IA), appuyé par une infrastructure développée et un cadre juridique favorable.

Dans un entretien avec le président exécutif (CEO) et cofondateur d’InstaDeep, Karim Beguir, les échanges ont été axés sur l’importance de l’IA comme une opportunité majeure pour accélérer l’innovation et les projets à haute valeur ajoutée, notamment dans des domaines innovants. L’entretien a également porté sur la nécessité d’investir dans des projets d’énergies renouvelables et de créer des centres de données modernes et économes en énergie, afin que l’IA devienne un véritable outil de développement et un levier économique et social. La Cheffe du gouvernement a, à ce titre, insisté sur l’importance d’un usage responsable et sécurisé de ces technologies.

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Trump-Xi : le sommet qui peut redessiner l’équilibre mondial

13. Mai 2026 um 07:58

Très attendu, le sommet entre Donald Trump et Xi Jinping à Pékin dépasse largement le simple cadre d’une rencontre diplomatique. Commerce, Taïwan, Iran, intelligence artificielle, minerais stratégiques : les deux premières puissances mondiales cherchent moins à résoudre leurs différends qu’à empêcher leur rivalité de dégénérer en rupture ouverte.

Prévue les 14 et 15 mai à Pékin, la rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping intervient dans un contexte international particulièrement tendu. Derrière les images de protocole et les déclarations de coopération, Washington et Pékin arrivent à la table des négociations avec des objectifs profondément divergents.

Pour les États-Unis, l’urgence est autant économique que géopolitique. Fragilisé par l’inflation provoquée notamment par les tensions autour du détroit d’Ormuz, Donald Trump espère obtenir des concessions commerciales chinoises avant les élections de mi-mandat : achats massifs de soja, de viande américaine, d’avions Boeing ou encore accès élargi au marché chinois.

Mais Pékin entend monnayer toute concession. La Chine réclame en échange un assouplissement des restrictions américaines sur les semi-conducteurs avancés et les technologies stratégiques. Les terres rares, indispensables aux industries militaires et technologiques occidentales, sont devenues l’un des principaux leviers de pression chinois dans cette nouvelle guerre économique.

Le dossier iranien va également s’inviter dans les discussions. Washington souhaite que Pékin exerce une pression sur Téhéran afin de sécuriser le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz et éviter une nouvelle flambée pétrolière mondiale. Mais la Chine refuse d’apparaître comme un simple relais diplomatique américain au Moyen-Orient, d’autant qu’elle dépend fortement du pétrole iranien et du Golfe.

Autre sujet explosif : Taïwan. Pékin veut pousser Washington à modifier sa doctrine officielle concernant l’indépendance de l’île. Plusieurs médias américains et britanniques soulignent l’inquiétude croissante des alliés asiatiques des États-Unis face à la possibilité de concessions américaines sur ce dossier hautement sensible.

Malgré ces tensions, les deux pays ont intérêt à éviter une rupture brutale. L’économie mondiale reste largement dépendante de la stabilité des relations sino-américaines. Après plusieurs années de sanctions, de restrictions technologiques et de guerres commerciales, le sommet vise surtout à stabiliser une relation devenue structurellement conflictuelle.

En réalité, Washington et Pékin ne cherchent plus vraiment à bâtir un partenariat stratégique. Ils tentent désormais de gérer une rivalité durable, où coopération limitée et confrontation permanente coexistent dans un équilibre de plus en plus fragile.

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Gestern — 12. Mai 2026Haupt-Feeds

Visas en Tunisie : l’OTIC dénonce le racket des agences d’intermédiation

12. Mai 2026 um 18:42

L’Organisation tunisienne d’information au consommateur (OTIC) alerte sur la dérive financière et éthique des services de traitement des demandes de visa en Tunisie. Pointant directement du doigt le prestataire TLScontact, l’organisation dénonce une explosion des coûts et un manque flagrant de transparence qui pèsent sur les citoyens. Cette prise de position intervient dans un contexte de grogne croissante face à ce que l’OTIC qualifie de monopole déguisé sur un service pourtant lié à la souveraineté des États.

Le cœur du problème réside dans le déséquilibre entre la faible valeur ajoutée des prestations fournies et les tarifs prohibitifs imposés aux demandeurs. L’organisation souligne que de simples actes administratifs comme la prise de rendez-vous ou la collecte de dossiers atteignent des sommets tarifaires injustifiés. Cette situation est exacerbée par l’absence totale de concurrence réelle, laissant les usagers sans alternative face à des acteurs privés qui gèrent des données aussi sensibles que des informations biométriques, professionnelles et familiales.

Sur le plan juridique, l’OTIC s’appuie sur la loi de 2015 relative à la concurrence et aux prix pour exiger une intervention immédiate des autorités publiques. Elle préconise l’ouverture d’un audit complet sur les pratiques de ces sociétés, notamment concernant le respect de la législation sur la protection des données personnelles. L’organisation plaide pour une soumission de ces intermédiaires à un contrôle financier et fiscal rigoureux afin de mettre fin à une forme d’épuisement financier des citoyens tunisiens sous couvert de services consulaires délégués.

L’organisation réclame également une refonte du modèle contractuel pour instaurer une véritable équité financière. Elle demande que les demandeurs puissent récupérer tout ou partie des frais de service en cas de refus de visa, particulièrement pour les prestations d’intermédiation. Actuellement, le principe du non-remboursement quasi systématique est jugé abusif et contraire aux règles élémentaires de protection du consommateur, d’autant que d’autres pays appliquent déjà des mécanismes de compensation ou de remboursement partiel en cas de défaillance du service.

Pour encadrer ces pratiques, la création d’un mécanisme de recours officiel au sein du ministère des Affaires étrangères est jugée indispensable. Cette instance permettrait de centraliser les plaintes liées aux mauvais traitements, aux retards ou aux problèmes de confidentialité. En l’absence de ce canal de médiation, le citoyen demeure dans une position de vulnérabilité structurelle. L’OTIC conclut que sans une réforme profonde basée sur le principe de réciprocité et de souveraineté nationale, le sentiment d’injustice continuera d’altérer la confiance des Tunisiens dans le système légal et économique.

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Ecobank et Proparco : un plan de 300 millions d’euros pour nourrir l’Afrique

12. Mai 2026 um 18:32

En marge du sommet Africa Forward à Nairobi, le Groupe Ecobank et Proparco (filiale de l’AFD dédiée au secteur privé) ont conclu un accord stratégique de 300 millions d’euros sur trois ans. Ce financement cible deux leviers critiques de la croissance africaine : la souveraineté alimentaire et l’entrepreneuriat féminin.

Face aux tensions géopolitiques et à la flambée des prix des intrants qui fragilisent les systèmes alimentaires africains, les deux institutions s’engagent à dynamiser l’ensemble de la chaîne de valeur agricole. L’objectif est de pallier le sous-financement chronique d’un secteur qui pèse pourtant 20 % du PIB du continent, selon un communiqué de Proparco.

L’accord prévoit notamment l’utilisation de garanties (Impact+ et ARIZ) pour sécuriser les prêts d’Ecobank aux PME agricoles dans 33 pays, ajoute le document.

Lire aussi : Transaction euro–franc CFA : une première mondiale en Afrique de l’Ouest

Les femmes ne sont pas oubliées

Au-delà de l’agriculture, le partenariat renforce l’initiative Ecobank Ellever. Déjà fort d’un accompagnement auprès de 84 000 entreprises dirigées par des femmes, le programme bénéficiera de l’appui de Proparco pour former intensivement des centaines de dirigeantes en Côte d’Ivoire, au Ghana et au Kenya.

A noter que la stratégie 2023-2027 de Proparco vise à réduire les inégalités de genre tout en renforçant la sécurité alimentaire et la création de valeur locale.

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Spéculation, informalité, surcoûts : comment la Tunisie veut réparer ses circuits agricoles

12. Mai 2026 um 17:57

Circuits de distribution agricole : un système fragmenté, des intermédiaires en dérive, une refonte législative et infrastructurelle en marche. Tel est le diagnostic posé par Mohamed Hédi Inoubli, Président de l’Unité de gestion par objectifs pour la mise à niveau des circuits de distribution des produits agricoles et de la pêche, lors de son intervention à la 10ème édition du Tunisia Economic Forum, le 12 mai 2026. Selon lui, la multiplication des intermédiaires engendre des surcoûts injustifiés, la sortie des opérateurs de leur périmètre réglementaire favorise les pratiques spéculatives, et le cadre juridique obsolète ne permet plus un contrôle efficace. Pour y remédier, il préconise une application rigoureuse du décret n° 47 de 2022 (déclaration obligatoire des activités, numérisation de la traçabilité, régulation du stockage, sanctions renforcées), une refonte de la cartographie nationale des marchés, le déploiement de la facturation électronique généralisée, et des projets pilotes intégrés à Béja et Sidi Bouzid.

La distribution des produits agricoles et de la pêche, selon l’intervenant, souffre d’une complexité chronique, avec une grande variabilité de la production, de la qualité et de la disponibilité d’une année à l’autre. Parmi les causes structurelles des difficultés, il pointe l’insuffisance du financement agricole, qui prive les producteurs de la capacité de valoriser leur production, d’atteindre les volumes requis et d’assurer l’acheminement vers les circuits de distribution.

Une chaîne fragmentée aux dérives multiples

Le constat qu’il dresse est sévère. On observe un glissement généralisé des opérateurs hors de leurs rôles réglementaires, brouillant la lisibilité du marché. À cela s’ajoutent des pratiques monopolistiques et spéculatives, des difficultés croissantes de contrôle commercial, et un cadre juridique obsolète.

Face à ces dysfonctionnements, l’intervenant présente le décret n° 47 de 2022 comme un instrument de régulation ambitieux. En effet, il impose la déclaration obligatoire des activités pour assainir les circuits et lutter contre l’économie informelle. Le décret en question numérise la filière via des systèmes d’information agréés pour garantir la traçabilité et permettre à l’administration de connaître les stocks en temps réel. Il régule le stockage pour distinguer le stockage régulateur du stockage spéculatif. Il renforce enfin les sanctions et les pouvoirs de contrôle.

Des projets pilotes et une cartographie nationale à repenser

M. Inoubli évoque un projet intégré à Béja (marché de gros légumes, fruits et volaille) dont une étude est en cours. Il souligne que la Tunisie possède sept fois plus de marchés que l’Algérie ou le Maroc, une prolifération non justifiée qui impose une rationalisation. Une nouvelle cartographie nationale est à l’étude pour supprimer ou fusionner les marchés non viables. Il met en garde contre les chevauchements de compétences entre ministères, écueil des expériences passées.

En matière de numérisation, il met en avant le système de facturation électronique de la SOTUMAG, déployé dans treize marchés municipaux, avec l’objectif de l’étendre à tous les marchés d’intérêt national. Enfin, le projet pilote de Sidi Bouzid a testé une plateforme numérique intégrée dont les enseignements alimenteront les déploiements futurs.

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Marchés agricoles en Tunisie : plaidoyer pour une réforme structurelle des circuits de distribution

12. Mai 2026 um 16:39

Lors de la 10ème édition du Tunisia Economic Forum, tenue le 12 mai 2026, Ahmed Ben Kheder, consultant, a présenté les conclusions de l’étude « Remise en état des circuits de distribution des produits agricoles », réalisée par l’Institut arabe des chefs d’entreprises (IACE). Sa vision est claire : refonder en profondeur les marchés de gros tunisiens pour rétablir l’équilibre entre l’offre et la demande, limiter les distorsions de prix et restaurer la compétitivité du secteur agricole. Pour y parvenir, il a développé une feuille de route articulée autour de trois piliers stratégiques, assortie d’un mécanisme de financement dédié.

Le consultant a dressé un état des lieux sans concession. La multiplication des intermédiaires constitue, estime-t-il, la source principale de distorsion des prix, sachant que plus de 50% des échanges de produits agricoles dans les circuits de distribution sont accaparés par des intermédiaires informels, selon l’étude présentée lors du forum. Cette situation est aggravée par une forte évasion fiscale, des difficultés juridiques persistantes et une absence de traçabilité. Les contrats de concession, trop courts, découragent l’investissement privé : on ne peut raisonnablement attendre un engagement à long terme lorsque les conditions contractuelles ne permettent pas le retour sur investissement. S’y ajoutent l’absence d’expertise technique municipale spécialisée dans la distribution des produits agricoles, la dégradation avancée des abattoirs ainsi que l’absence totale de systèmes informatiques de suivi.

La législation en vigueur est apparue à l’expert à la fois dispersée et obsolète. Elle repose sur des mécanismes d’attribution des concessions fondés exclusivement sur l’offre financière, une logique du « mieux-disant » financier qui ignore la qualité de service et les capacités de gestion des candidats. Par ailleurs, des travaux de réhabilitation avaient déjà été engagés entre 2002 et 2008 sans produire les effets escomptés, faute d’une vision d’ensemble et de mécanismes de gouvernance adaptés. Cette expérience illustre, souligne-t-il, la nécessité d’inscrire toute réforme dans un cadre stratégique cohérent plutôt que d’agir par interventions ponctuelles.

Trois piliers pour une réforme en profondeur

Face à ce diagnostic, le consultant a structuré ses propositions autour de trois axes complémentaires. Ces axes stratégiques sont les suivants : moderniser le cadre légal et les infrastructures, intégrer l’informel dans le circuit organisé et développer l’agriculture contractuelle, ainsi que mettre en place un écosystème numérique afin de raccourcir la chaîne de valeur entre producteur et consommateur. Le premier pilier porte sur la professionnalisation de la gestion physique des marchés, avec la création d’agences spécialisées et le recours à des gestionnaires qualifiés, que ce soit par délégation au secteur privé ou par une gestion directe et professionnalisée des municipalités. Dans le cadre de la modernisation du cadre réglementaire, l’étude recommande la création d’un code unifié et simplifié des circuits commerciaux, les textes actuels étant jugés dispersés et obsolètes, ainsi que l’adoption de contrats de concession de longue durée afin d’encourager l’investissement et garantir la qualité des services et l’entretien des infrastructures.

Le deuxième pilier vise à attirer des investissements de qualité et à créer de la valeur autour du produit. Il s’agit de passer à une logique de sélection fondée sur la qualité de service, et non plus sur la seule capacité financière des soumissionnaires, mais aussi d’adopter des contrats suffisamment longs pour permettre le retour sur investissement, ainsi que d’élaborer un document de référence servant de cadre normatif pour les appels d’offres. S’agissant de l’intégration du secteur informel, Ben Khedher propose l’enregistrement des intermédiaires dans les registres officiels afin de leur délivrer des cartes professionnelles, accompagnées d’incitations fiscales et sociales, leur rôle étant limité à l’approvisionnement et au transport sous supervision réglementaire. Pour mieux structurer la production, l’étude insiste sur la mise en place de contrats préalables entre producteurs et acheteurs, définissant les prix, les volumes et les délais.

Le troisième pilier, transversal, concerne la coordination entre les niveaux central et local, avec une meilleure articulation institutionnelle, une définition claire des attributions de chaque acteur et la mise en place d’un cadre juridique cohérent. Afin de raccourcir la chaîne de valeur grâce au digital et aux circuits locaux, l’étude recommande la création d’une plateforme numérique nationale unifiée de traçabilité et de facturation électronique, baptisée « e-marché ». Elle propose également la mise en place de circuits courts, à travers un réseau national de centres de collecte et de réfrigération, des « Farm Markets » urbains et des unités de transformation intégrées aux marchés de gros pour valoriser les invendus, avec un objectif « zéro perte ».

Spécialisation et modernisation des marchés de gros

L’intervenant a défendu la création de marchés de gros spécialisés par filière, avec des infrastructures dédiées respectivement aux viandes rouges, aux viandes blanches et aux produits de la mer. Cette spécialisation permettrait d’améliorer les conditions sanitaires, de renforcer la traçabilité et de professionnaliser l’ensemble de la chaîne logistique.

Pour financer ce programme de réhabilitation, le consultant a proposé la création d’un fonds national dédié, alimenté par les contributions des opérateurs du secteur. Ce mécanisme serait calculé sur la base des volumes traités et non sur la valeur des produits, afin d’éviter tout effet inflationniste sur les prix à la consommation. Le fonds serait adossé à une unité de gestion permanente chargée du suivi de la qualité et de la durabilité des infrastructures tout au long de l’année. Il a également préconisé la relance de petites entreprises aux côtés des opérateurs existants, pour stimuler la concurrence et améliorer la qualité de service.

Des bénéfices économiques et sociaux attendus

Les réformes proposées produiraient des effets à deux niveaux. Sur le plan économique, elles réduiraient les distorsions de prix, limiteraient le commerce parallèle et amélioreraient la compétitivité des filières agricoles. Selon l’étude, élaborée à partir des données de la Société tunisienne des marchés de gros (SOTUMAG) et de l’Institut national de la statistique (INS), la réforme des circuits de distribution permettrait à l’État d’accroître ses recettes fiscales, d’assurer un suivi en temps réel des échanges et de renforcer la lutte contre la spéculation. Des retombées sociales sont également attendues, notamment une hausse des revenus des agriculteurs grâce à la réduction des intermédiaires superflus. Les prix de détail devraient par ailleurs baisser pour les consommateurs, avec une amélioration des garanties en matière de sécurité sanitaire et de qualité. L’étude prévoit aussi une réduction importante du gaspillage alimentaire, une meilleure rentabilité des investissements logistiques ainsi qu’une baisse de la corruption et des disparités régionales.

Sur le plan social, elles contribueraient à stabiliser les prix pour les consommateurs et à améliorer les conditions de travail des acteurs de la chaîne de distribution. La feuille de route de cette réforme, prévue sur cinq ans, comprend une phase d’amorçage (2026-2027) consacrée à l’élaboration du décret gouvernemental encadrant les nouvelles formules de gestion, à l’activation d’un fonds de soutien aux entrepreneurs, au lancement pilote de la plateforme numérique nationale des prix et à la création de deux sociétés régionales pilotes chargées de la gouvernance. La phase de déploiement (2028-2030) prévoit, quant à elle, la réhabilitation de cinq marchés de gros et de deux abattoirs selon les normes internationales, la révision du cadre réglementaire de la concurrence et le déploiement national de la plateforme numérique de mise en relation. L’ensemble de ces propositions fera l’objet d’un document de référence dont les conclusions seront partagées à l’issue des travaux du forum.

 

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Tunisie : quand l’inflation et la pression fiscale annulent l’effet des augmentations salariales

Malgré la mise en œuvre d’une revalorisation  des salaires – qui devrait toucher quelque 3,6 millions d’employés -, le pouvoir d’achat des Tunisiens continue de s’éroder. En cause : une inflation galopante, que portent les produits alimentaires. Mais aussi une pression fiscale qui fragilise particulièrement la classe moyenne.

En Tunisie, l’augmentation du salaire brut ne se traduira pas par une amélioration réelle du niveau de vie. Selon l’expert économique Maher Belhaj, l’impact des récentes augmentations des salaires prévues par les décrets de 2026 est immédiatement neutralisé par deux facteurs. A savoir : les prélèvements sociaux et fiscaux d’une part, et la hausse du coût de la vie d’autre part.

À titre d’exemple, un cadre supérieur bénéficiant d’une hausse brute de 120 dinars ne percevra en réalité qu’une fraction de cette somme. Et ce, après la déduction des cotisations de retraite, de sécurité sociale et de l’impôt sur le revenu. Donc, cet « effritement » du salaire net empêche tout sentiment d’amélioration des conditions de vie chez les citoyens.

Une inflation tirée par l’alimentaire

Les données de l’Institut national de la statistique (INS) confirment cette tension : le taux d’inflation a bondi à 5,5 % en avril 2026, contre 5 % en mars. Cette accélération est principalement alimentée par l’alimentaire (+8,2 %). Avec des pics sur les fruits (+19,2 %), les viandes (+16 %) et les légumes (+13,5 %). Elle provient aussi de l’habillement (+9,3 %) et les produits manufacturés; et des services hôteliers (+14,6 %).

A cet égard, Maher Belhaj pointe du doigt les dysfonctionnements des circuits de distribution. En effet, la domination des intermédiaires et des spéculateurs gonfle artificiellement les marges bénéficiaires, pénalisant le consommateur final.

Pourtant, une loi encadre les circuits de distribution des produits alimentaires. Mais malheureusement, elle n’est pas respectée. Par faute  de contrôleurs en nombre suffisant ? Possible.

La classe moyenne, principal levier fiscal de l’État

Par ailleurs, l’expert souligne que l’État, confronté à des revenus limités provenant du secteur informel, s’appuie massivement sur les impôts directs prélevés à la source. Cette pression fiscale excessive épuise la classe moyenne, moteur essentiel de la consommation et de la croissance économique. Sans capacité de dépense, la dynamique de la demande intérieure s’essouffle, pesant négativement sur l’ensemble du cycle économique, explique-t-il.

Alors, pour sortir de l’impasse, Maher Belhaj estime que de simples ajustements salariaux ne suffisent plus. Il préconise de ce fait une approche plus globale incluant :

  • la révision des tranches d’imposition pour alléger la charge des salariés;
  • une lutte rigoureuse contre les monopoles et la réforme des circuits de distribution;
  • une corrélation stricte entre hausses de salaires et amélioration de la productivité pour éviter de nourrir une spirale inflationniste.

Quid des décrets de 2026 ?

Pour rappel, les décrets n°63, 64 et 65 de l’année 2026 encadrent ces revalorisations de salariales graduelles sur trois ans (2026-2028). Ils prévoient une augmentation de 120 dinars pour les cadres (catégories A1, A2 et magistrats). La hausse sera de 100 à 105 dinars pour les agents de maîtrise et 90 dinars pour les agents d’exécution. Bien que ces mesures relatives aux salaires visent à soutenir le secteur public, leur efficacité réelle reste suspendue à la maîtrise de l’économie nationale.

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Le détroit d’Ormuz devient un risque majeur pour l’industrie chimique mondiale

12. Mai 2026 um 16:03

La fermeture prolongée du détroit d’Ormuz ne menace plus uniquement les marchés pétroliers, elle perturbe désormais une partie essentielle des chaînes industrielles mondiales, notamment les approvisionnements en soufre et en acide sulfurique, deux matières premières cruciales pour l’industrie chimique, les engrais, les batteries et les métaux stratégiques. Selon le Wall Street Journal du 11 mai, une part importante des exportations mondiales de soufre transitant habituellement par le Golfe a été bloquée par la crise actuelle.

Le soufre est un sous-produit essentiel du raffinage pétrolier et gazier dans les pays du Golfe. Or, la paralysie du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz a fortement réduit les flux disponibles sur les marchés internationaux. Plusieurs industriels redoutent désormais une pénurie mondiale d’acide sulfurique, indispensable à la fabrication d’engrais, au raffinage des métaux comme le cuivre ou le nickel, ainsi qu’à la production de batteries et de semi-conducteurs.

D’après plusieurs analyses industrielles, près de 50 % du commerce maritime mondial de soufre transite normalement par le détroit d’Ormuz. La fermeture du passage stratégique provoque donc une onde de choc bien au-delà du seul secteur énergétique.

Les premiers effets apparaissent déjà sur les marchés des matières premières. Les prix des engrais ont fortement augmenté depuis le début de la guerre entre l’Iran et les États-Unis. Tandis que les producteurs de cuivre, d’aluminium et de métaux destinés aux technologies vertes craignent des ruptures d’approvisionnement. Le Chili, grand producteur mondial de cuivre, fait partie des pays particulièrement exposés en raison de sa dépendance aux importations d’acide sulfurique.

La crise affecte également l’industrie alimentaire mondiale. Les engrais azotés et phosphatés dépendent largement du soufre et de l’ammoniac produits dans le Golfe. Plusieurs analystes estiment qu’une perturbation prolongée pourrait entraîner une hausse des coûts agricoles et accentuer les tensions sur les prix alimentaires mondiaux dans les prochains mois.

Cette situation illustre l’ampleur stratégique du détroit d’Ormuz, par lequel transitent environ 20 % du pétrole mondial mais aussi une part importante du gaz naturel liquéfié, des engrais, de l’aluminium et de plusieurs matières premières critiques. La crise actuelle est désormais décrite par certains experts comme la plus grave perturbation des chaînes énergétiques et industrielles depuis les chocs pétroliers des années 1970.

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Forte progression des réserves de change de la Chine

12. Mai 2026 um 15:26

Les réserves de change de la Chine ont fortement progressé à la fin du mois d’avril 2026, atteignant 3 410,5 milliards de dollars, selon les données publiées par l’Administration d’État des changes (SAFE – pour State Administration of Foreign Exchange), lundi 11 mai. Cela représente une hausse de 68,4 milliards de dollars par rapport au mois précédent, soit une augmentation de 2,05 %.

Cette progression dépasse les prévisions des analystes, qui tablaient sur des réserves autour de 3 360 milliards de dollars. A noter que les réserves chinoises avaient chuté à 3 342 milliards de dollars fin mars sous l’effet des tensions géopolitiques et du renforcement du dollar après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient.

La Chine conserve ainsi les plus importantes réserves de change au monde, un outil stratégique essentiel pour stabiliser le yuan, sécuriser les importations énergétiques et protéger l’économie chinoise contre les chocs financiers internationaux.

La SAFE explique cette hausse par les effets combinés des fluctuations des marchés financiers internationaux et des conversions de devises. L’affaiblissement du dollar américain durant le mois d’avril a contribué à augmenter la valeur des actifs étrangers détenus par Pékin.

Les autorités chinoises ont également souligné que la résilience de l’économie nationale et la poursuite d’une croissance jugée stable contribuent à maintenir la solidité des réserves de change du pays malgré un environnement mondial particulièrement incertain…

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Tunisie  – Le visa, ce « mur » qui bloque les touristes sud-américains

12. Mai 2026 um 15:07

Malgré un intérêt croissant pour la destination, les contraintes administratives liées aux visas freinent l’essor du marché latino-américain en Tunisie. Un récent éductour a pourtant confirmé le potentiel exceptionnel du pays sur le segment du voyage haut de gamme, comme le rapporte un site de la place.

L’intérêt des voyageurs sud-américains pour la Tunisie est une réalité, assurent les professionnels du secteur. « Mais le développement de ce marché à fort potentiel se heurte à des procédures de visa jugées longues et complexes », regrettent-ils. L’absence de représentations diplomatiques dans plusieurs pays de la région n’aide pas à une évolution des réservations et, donc, pénalise la Tunisie face à la concurrence internationale.

Par conséquent, les professionnels estiment qu’une simplification, voire une suppression des visas, contribuerait à capter cette clientèle à fort pouvoir d’achat.

Pour démontrer ce potentiel, l’agence Gold Experiences, en partenariat avec l’Office national du tourisme tunisien (ONTT), a organisé, du 24 avril au 2 mai 2026, un voyage de découverte pour des professionnels sud-américains venus de la Colombie, du Pérou et du Guatemala. De Tunis au Sahara, en passant par Tozeur et le Cap Bon, ces derniers ont exploré une offre conjuguant patrimoine mondial de l’UNESCO, hôtellerie de prestige et expériences authentiques (culture, désert, œnologie), rapporte l’agence.

La même source souligne encore que le consulat de Tunisie au Brésil, dont la juridiction couvre plusieurs pays d’Amérique Latine, confirme une hausse significative des demandes de visas ces derniers mois. « Les professionnels du secteur estiment que la Tunisie dispose de tous les atouts pour devenir une destination de référence pour le tourisme international premium. Et ce, à condition de lever les verrous administratifs ».

La question est maintenant de savoir si nous avons la capacité de transformer ce potentiel en chiffre concret sur le terrain.

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Industrialisation : vers une politique de précision centrée sur les écosystèmes

12. Mai 2026 um 15:00

Pour briser le cycle d’une croissance à faible productivité, la Banque mondiale préconise dans son rapport Africa Economic Update d’avril 2026 une approche pragmatique de l’industrialisation. L’analyse identifie trois lacunes majeures dans la mise en œuvre des politiques publiques qui entravent la transformation structurelle et la création d’emplois de qualité.

L’industrialisation revient au cœur des agendas politiques africains, mais son exécution reste le défi majeur pour les décideurs. Le rapport indique que la croissance actuelle demeure trop faible pour absorber les 620 millions de nouveaux entrants sur le marché du travail d’ici 2050. La majorité des emplois créés restent cantonnés au secteur informel, faute d’un tissu manufacturier suffisamment dense et compétitif.

L’échec des tentatives précédentes s’explique par des déséquilibres dans la conception des politiques. Le fossé de sélection montre une déconnexion entre les outils industriels théoriques et les capacités budgétaires réelles des administrations. Le fossé de dosage pointe des interventions trop limitées pour générer un réel apprentissage technique. Enfin, le fossé de complémentarité illustre l’inefficacité des mesures prises dans des zones dépourvues d’infrastructures de base.

Pour réussir, les États doivent privilégier des écosystèmes complets plutôt que des projets industriels isolés. Le succès de certains parcs industriels démontre l’importance d’investir massivement dans l’énergie et la formation technique en amont. À l’inverse, les initiatives dépourvues de soutien logistique adéquat peinent à attirer les investisseurs directs étrangers et à s’insérer efficacement dans les chaînes de valeur mondiales.

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UE – Monde arabe : la Tunisie rééquilibre ses échanges

12. Mai 2026 um 14:40

L’Union européenne (UE) est demeurée le principal partenaire commercial de la Tunisie durant les mois de janvier, février, mars et d’avril 2026. Et ce, en concentrant plus de 71 % des exportations tunisiennes et 45,5 % des importations de la Tunisie. C’est ce qu’indiquent les chiffres publiés par l’INS.

En effet, les exportations vers l’UE ont progressé à 16,2 milliards de dinars, soutenues notamment par la France (+13,8 %), très loin devant l’Italie (+5,2 %) et l’Allemagne (+4,7 %). À l’inverse, les ventes tunisiennes ont reculé vers les Pays-Bas (-7,5 %) et la Grèce (-38,9 %).

Dans le monde arabe, les échanges affichent des tendances contrastées. Ainsi, les exportations tunisiennes ont fortement augmenté vers l’Égypte (+99,9 %) et l’Arabie saoudite (+71,7 %). Tandis qu’elles ont diminué vers le Maroc (-40,1 %), l’Algérie (-20,3 %) et la Libye (-19,6 %).

Côté importations, la Tunisie a renforcé ses achats auprès de la France (+24,7 %), de l’Italie (+10,7 %), de la Turquie (+8,1 %) et de l’Inde (+32,1 %). Par contre, les importations ont chuté depuis la Russie (-57 %) et légèrement baissé depuis la Chine (-3,7 %).

Le déficit commercial de la Tunisie reste dominé par la facture énergétique, qui atteint à elle seule 4,19 milliards de dinars.

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Le Prix de la gouvernance responsable décerné à Microcred

Microcred SA annonce sa consécration lors des CSR Power Awards 2026, en remportant le Prix de la Gouvernance Responsable. Il a été décerné en marge du Forum International de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE), qui se tenait les 5 et 6 mai 2026 en Tunisie.

Cette distinction, attribuée à l’issue d’un concours évalué par un jury de référence composé d’experts reconnus dans le domaine de la RSE et du développement durable en Tunisie, vient saluer l’engagement concret et continu de Microcred en faveur d’une microfinance responsable, inclusive et durable.

Cette reconnaissance constitue une étape importante dans le parcours de transformation de Microcred. De même qu’il consolide l’ensemble des initiatives mises en œuvre pour promouvoir une finance à impact positif au service du développement économique et social de la Tunisie.

À travers sa démarche « Agir pour une microfinance inclusive, durable et résiliente au service d’un développement équitable », Microcred intègre les critères ESG (Environnement, Social et Gouvernance) dans l’ensemble de son processus d’octroi de financement. Cette approche vise à soutenir des activités durables, préserver les ressources naturelles et protéger les clients contre les risques de surendettement.

Chaque financement accordé par Microcred est ainsi pensé comme un véritable levier d’impact économique, social et environnemental. Il contribue à renforcer l’inclusion financière et à accompagner les populations les plus vulnérables, notamment dans les régions de l’intérieur et les zones rurales.

En tant qu’institution de microfinance 100 % tunisienne, Microcred place l’engagement sociétal et environnemental au cœur de sa stratégie et de sa mission. L’institution œuvre quotidiennement pour favoriser l’autonomisation économique des entrepreneurs, encourager les activités responsables et contribuer à une croissance plus inclusive et durable.

À travers cette distinction, Microcred réaffirme sa volonté de poursuivre ses efforts pour construire une finance inclusive à impact, capable de répondre aux enjeux sociaux, environnementaux et économiques de demain.

Avec communiqué

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Finances publiques : le poids critique du service de la dette extérieure

12. Mai 2026 um 14:26

Le service de la dette extérieure capte désormais jusqu’à 18,2 % des revenus des États. Un niveau d’alerte souligné par le rapport Africa Economic Update d’avril 2026 de la Banque mondiale. 25 pays de la région sont classés en situation de surendettement ou à risque élevé. Ce qui limite considérablement le financement des infrastructures et des services publics.

Les efforts de consolidation budgétaire en Afrique subsaharienne portent leurs fruits sur le solde primaire. Mais la charge des intérêts demeure écrasante. Le déficit primaire régional devrait s’équilibrer d’ici 2026. Reflétant ainsi une meilleure adéquation entre les recettes publiques et les dépenses de fonctionnement. Cette rigueur budgétaire est toutefois neutralisée par le coût du stock de dette existant.

Dans quatre pays sur cinq, les paiements d’intérêts dépassent désormais les budgets cumulés de la santé ou de l’éducation. Le service de la dette publique extérieure devrait bondir pour atteindre 18,2 % des revenus en 2025; contre 15,4 % l’année précédente. Cette pression est accentuée par un mur d’amortissements imminent, les remboursements de principal passant de 37 milliards à 59,2 milliards de dollars en l’espace de 12 mois.

Par ailleurs, la vulnérabilité financière atteint des sommets historiques. Fin 2025, environ la moitié des pays de la région étaient jugés en détresse financière ou à haut risque par les institutions internationales. Le durcissement des conditions de financement sur les marchés financiers mondiaux et la stagnation de l’aide publique au développement aggravent cette impasse. Ce qui prive les gouvernements des ressources nécessaires pour répondre aux besoins de croissance.

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La BCE pourrait relever ses taux à deux reprises en 2026

12. Mai 2026 um 14:26

La Banque centrale européenne (BCE) pourrait relever ses taux d’intérêt à deux reprises en 2026. C’est ce qu’annonce une enquête de Bloomberg auprès d’économistes. Et ce, dans un contexte marqué par la flambée des prix de l’énergie provoquée par la guerre au Moyen-Orient.

D’après cette enquête réalisée entre le 4 et le 7 mai, les analystes anticipent désormais deux hausses de 25 points de base de la part de la BCE, probablement en juin puis en septembre. Il y a encore quelques semaines, le consensus ne prévoyait qu’un seul relèvement des taux directeurs européens.

Le principal facteur derrière cette révision est la poussée inflationniste alimentée par les tensions géopolitiques autour de l’Iran et les perturbations des marchés pétroliers et gaziers mondiaux. La hausse des coûts de l’énergie ravive les craintes d’un retour durable de l’inflation dans la zone euro.

La BCE avait pourtant maintenu son taux de dépôt à 2 % lors de sa dernière réunion. Tout en préférant attendre davantage de données économiques avant d’agir. Mais plusieurs responsables de l’institution ont récemment adopté un ton plus ferme face aux risques inflationnistes. Le gouverneur slovaque Peter Kazimir a ainsi déclaré qu’une hausse des taux en juin serait « presque inévitable », si les tensions énergétiques persistaient.

Un appel à la prudence

De son côté, Isabel Schnabel (membre du directoire de la BCE) a averti que les prix élevés de l’énergie pourraient entraîner des effets inflationnistes de second tour, notamment via les salaires et les prix des services.

D’autres membres de la BCE appellent toutefois à la prudence. Le vice-président sortant, Luis de Guindos, a souligné que la croissance européenne restait fragile. Il estime que la Banque devait éviter de réagir trop brutalement avant d’évaluer pleinement les conséquences économiques du conflit.

A ce propos, les projections économiques de la BCE publiées en mars prévoyaient déjà une inflation moyenne de 2,6 % dans la zone euro en 2026; contre 2 % en 2027. Mais plusieurs économistes estiment désormais que ces prévisions pourraient être revues à la hausse si les prix du pétrole et du gaz restent durablement élevés.

Au final, la perspective de nouvelles hausses de taux accentue les inquiétudes sur la croissance européenne. Cette dernière étant déjà affaiblie par le ralentissement industriel allemand, les tensions commerciales et le coût élevé du crédit.

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