Forte hausse des tarifs de fret et des commandes de navires
Stephen Gordon, directeur général de la recherche chez Clarksons, présentait les catégories de navires qui sont les gagnantes incontestées des taux de fret du premier trimestre, le 3 avril.
M. Gordon précise que les premiers mois de 2026 ont été marqués par des développements géopolitiques. Lesquels sont une fois de plus au premier plan, avec des turbulences importantes qui ont encore compliqué le marché.
Les troubles sans précédent au Moyen-Orient– par exemple, le blocus du détroit d’Ormuz et les risques pour la sécurité maritime dans la région au sens large– ont affecté les flux de marchandises, le marché du transport maritime et le secteur de l’énergie, qui est en plein essor…
Dans ce contexte, les pétroliers affichent les meilleures performances, avec des recettes moyennes de 82 000 $ par jour. Les VLCC font encore mieux, avec 200 000 $ par jour. Tandis que les Suezmax et les Aframax battent des records avec 300 000 $.
Concernant le marché spot du GNL, Clarksons note que, malgré un début d’année 2026 difficile, les prix ont explosé en mars avec le déclenchement de la guerre. Ce qui a fait grimper les tarifs de fret à 30 000 dollars par jour. Par ailleurs, le GPL a dépassé ses plus hauts niveaux des trois dernières années. Le conflit ayant entraîné une hausse des chargements. Le transport de vrac se situe à des niveaux inférieurs, mais en hausse sur un an, avec des tarifs de fret de 15 000 dollars par jour.
De son côté, le secteur du transport de conteneurs est resté robuste, les affrètements progressant même. Tandis que le fret a également enregistré des gains, profitant principalement de la hausse des prix du carburant et des perturbations logistiques. Cependant, comme l’a souligné M. Gordon, les taux de fret sont restés inférieurs aux niveaux records atteints pendant la pandémie.
En ce qui concerne les transporteurs de voitures, on a constaté une baisse significative de 95 % pour les navires passant par Ormuz. Alors qu’une activité significative a été observée dans les constructions neuves et les achats d’occasion.
Une période faste qui touche à sa fin ?
Cependant, cette période faste, engendrée par la rareté des navires disponibles– plusieurs étant bloqués à Ormuz– et accompagnée d’un climat d’inquiétude et d’instabilité, semble toucher à sa fin.
Cette situation s’explique par la baisse attendue des taux de fret des pétroliers, due au recul des exportations de pétrole brut et de produits raffinés du Moyen-Orient. Ce qui entraîne une augmentation du nombre de navires se dirigeant vers l’Atlantique. Cette évolution affectera principalement les pétroliers transportant du pétrole brut plutôt que des produits raffinés.
Par ailleurs, selon les estimations de BRS Shipbrokers, un écart devrait apparaître entre les taux de fret des pétroliers transportant du pétrole brut et ceux transportant des produits raffinés en Occident.
À titre d’exemple, on cite les pétroliers transportant du pétrole brut dans l’Atlantique, dont les tarifs ont chuté de 20 à 30 % depuis fin mars. En revanche, les tarifs des pétroliers transportant des produits raffinés dans l’Ouest ont été maintenus, voire augmentés. Ainsi, les bénéfices des transporteurs maritimes (MR) entre la côte américaine du golfe du Mexique et l’Europe du Nord-ouest ont atteint des niveaux records.
BRS maintient toutefois que les taux de fret continueront leur tendance à la baisse, à mesure que la flotte de navires sans cargaison continuera de croître.
L’article Forte hausse des tarifs de fret et des commandes de navires est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.
