Spectatrice désabusée de la situation mondiale, j’avoue ne plus très bien comprendre où nous allons. J’avais essayé de m’informer et de me cultiver en suivant les émissions spéciales diffusées depuis le début de cette guerre. Guerre ? Ce mot est normalement utilisé lorsque deux pays se battent l’un contre l’autre. Or, dans ce cas précis, un pays a décidé de bombarder un autre, persuadé que tout serait réglé en quelques jours.
Je dois avouer que je n’éprouve pas une sympathie particulière pour les mollahs chiites, ayant été plutôt formée à l’école occidentale et à ses valeurs d’ouverture. Mais la manière dont cette action a été menée m’a interpellée, et j’ai essayé de comprendre le pourquoi et le comment de cette situation.
Cela d’autant plus que les acteurs médiatiques et politiques semblaient présenter une particularité troublante : un niveau d’incompétence médiatico-politique parfois élevé, souvent lié à une méconnaissance manifeste de l’histoire et de la géographie de la région. Dans ces conditions, je me suis demandé à quoi avait servi d’inventer l’intelligence artificielle, qui semble prendre une place de plus en plus importante dans notre vie.
De ce fait, je suis allée poser à l’IA une série de questions simples. Ses réponses ont eu au moins l’avantage d’être parfois plus claires que celles des médias occidentaux, dont l’alignement et l’aveuglement frisent l’incompréhension
- Pourquoi les États-Unis ont-ils lancé cette guerre contre l’Iran ? Y a-t-il un lien avec l’affaire Epstein ?
Washington aurait justifié l’opération par plusieurs objectifs : frapper les capacités nucléaires, balistiques et navales iraniennes, sécuriser le trafic autour du détroit d’Ormuz et, plus largement, affaiblir, voire déstabiliser, le régime iranien.
Concernant l’affaire Epstein, aucune preuve solide ne permet d’affirmer que cette guerre aurait été déclenchée à cause de cette affaire. S’agit-il plutôt de soupçons ou d’interprétations politiques ? Seul Epstein savait !
- L’Occident a-t-il été surpris par la réaction de l’Iran ?
Oui, en partie. L’Occident semble avoir sous-estimé les capacités militaires de l’Iran, qui continue de frapper par missiles, drones, milices alliées, attaques maritimes et pressions sur l’économie mondiale. La surprise porte surtout sur la capacité de ce pays à rester redoutable dans une logique de guerre asymétrique.
- Combien de temps cette guerre peut-elle durer ?
La réponse honnête est simple : personne ne le sait réellement. Les messages américains ont souvent été contradictoires. En face, l’Iran parle d’une guerre d’usure qui pourrait durer longtemps. Quant aux alliés des USA touchés par le conflit, qui ont subi des dégâts humains, économiques et infrastructurels considérables, certains pourraient ne jamais retrouver leur intégrité initiale. Certains États risquent d’en sortir durablement affaiblis, voire mutilés, sur le plan territorial ou institutionnel : la carte du MO risque d’être redessinée…
- Que deviendrait Israël si les États-Unis ne lui assuraient plus leur protection ?
Sans l’appui américain, la situation d’Israël deviendrait nettement plus difficile bien que les USA restent de loin son principal soutien stratégique et militaire. Cependant, sur la carte mouvante du Moyen-Orient, les certitudes excessives sont rarement de mise. Une guerre peut modifier les rapports de force, les zones d’influence et parfois même les régimes. Elle peut redessiner des frontières. Cependant affirmer qu’Israël disparaîtrait serait toutefois une conclusion hâtive; mais son avenir reste incertain, voire maussade.
- À quoi aura servi cette guerre, en fin de compte ?
À ce stade, le bilan provisoire apparaît sombre. Certes, certaines capacités militaires iraniennes ont peut-être été affaiblies. Mais de nombreuses analyses soulignent l’absence d’un objectif politique clair et crédible permettant d’envisager une sortie de crise. Cette guerre pourrait au contraire engendrer des situations imprévues : peut-être un Iran affaibli mais plus radical, un Israël encore plus dépendant de ses alliances et engagé dans un état de guerre permanent, des voisins arabes plus vulnérables, et des États-Unis eux-mêmes davantage exposés et fragilisés.
En conclusion, faut-il rappeler que le Moyen-Orient produit environ 40 % du pétrole mondial, dont près de 20 % transitent par le célèbre détroit d’Ormuz. En attendant que l’humanité invente une autre source d’énergie abondante et bon marché, une question géopolitique fondamentale demeure : qui organise réellement le Moyen-Orient ?
Les candidats potentiels ne sont pas nombreux.
D’abord les États-Unis, qui entendent jouer un rôle central dans l’ordre mondial et qui assurent notamment à Israël une aide sécuritaire annuelle d’environ 3,8 milliards de dollars.
Ensuite l’Europe, qui a historiquement contribué à la naissance d’Israël mais qui, aujourd’hui, a perdu une grande partie de son influence politique, devenant un acteur secondaire et fragmenté, ainsi que les pauvres pays arabes du Golfe qui, eux, sont largement dépendants de la puissance américaine pour leur sécurité.
Enfin et surtout, un acteur longtemps sous-estimé, l’Iran : ce pays, héritier de la Perse millénaire, a développé patiemment ses capacités technologiques, militaires et industrielles, formant sa population et développant son industrie. Cette montée en puissance commence aujourd’hui à inquiéter l’Occident qui a eu l’habitude de découper les pays, par où il passe, en morceaux mais n’a jamais réussi à disloquer ce grand pays qui, en plus de sa topographie, dispose d’un atout géographique inestimable : le détroit d’Ormuz. De ce fait, les États-Unis se retrouvent aujourd’hui confrontés à cette contrainte stratégique qu’ils semblent avoir sous-estimée.
D’où cette question très simple : Pourquoi les Américains n’ont-ils pas consulté leurs ordinateurs avant de se lancer dans cette guerre ?
Moi, je les ai consultés avant de rédiger ce papier !
IBTISSEM
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