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Heute — 11. April 2026Leconomiste Maghrebin

La Conect participe à la London Tech Week 2026

11. April 2026 um 19:59

La Confédération des entreprises Citoyennes de Tunisie (CONECT) et la Chambre de commerce tuniso-britannique organisent une session d’information dédiée à la participation tunisienne à la London Tech Week 2026, et ce mercredi 15 avril, au siège de la CONECT.

Cette rencontre vise à présenter les opportunités offertes par cet événement international majeur, qui réunit plus de 50 000 participants, 600 intervenants ainsi que des investisseurs et décideurs venus du monde entier, selon la confédération.

La délégation tunisienne ambitionne, à travers cette participation, de renforcer les partenariats stratégiques, d’accélérer l’investissement en Tunisie, de favoriser le transfert de savoir-faire et d’accroître la visibilité de l’écosystème technologique national à l’échelle internationale.

Cette session permettra aux participants de s’informer sur les modalités d’intégration de cette mission et de représenter la Tunisie lors de l’un des plus grands rendez-vous technologiques au Royaume-Uni.

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Le chinois CNBM élargit ses opérations en Tunisie

11. April 2026 um 19:09

Le groupe chinois CNBM, via sa filiale Sinoma Cement, prévoit de renforcer sa présence en Tunisie en modernisant la cimenterie de Djebel El Oust avec des technologies avancées et des systèmes intelligents. Objectif : améliorer la qualité, réduire la consommation d’énergie et les émissions, et accroître l’efficacité du secteur.

Après le rachat en 2025 des parts de Votorantim Cimentos dans cette cimenterie, cette initiative s’inscrit dans une stratégie d’investissement durable. Elle témoigne aussi de la confiance des investisseurs chinois en Tunisie et du renforcement du partenariat économique entre les deux pays, soutenu par les autorités tunisiennes.

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Climat des affaires : appel à un consensus pour accélérer les réformes en Tunisie

11. April 2026 um 18:56

Les acteurs économiques appellent à la mise en œuvre rapide de réformes pour améliorer le climat de l’investissement en Tunisie, notamment à travers la révision du cadre législatif, la simplification des procédures et une meilleure refonte des structures publiques, afin de renforcer la confiance et relancer la création de projets.

Ces recommandations ont été formulées lors de rencontres tenues les 8 et 10 avril 2026 avec le ministre de l’Économie et de la Planification, réunissant notamment l’UTICA, la CONECT, le Conseil des chambres mixtes et des cadres ministériels.

Les participants ont insisté sur plusieurs priorités : accélérer la numérisation, faciliter l’accès au financement, alléger la fiscalité, améliorer les services logistiques, résoudre les contraintes foncières et moderniser les infrastructures et les systèmes de production, en vue de renforcer la compétitivité et soutenir le développement régional.

Le ministre a souligné l’importance de ce dialogue public-privé, rappelant le rôle central de l’investissement privé dans la croissance, l’emploi et le développement. Il a assuré que ces échanges s’inscrivent dans une démarche d’écoute visant à traduire les propositions en réformes concrètes pour renforcer l’attractivité du pays.

Les participants ont salué cette approche participative et exprimé leur volonté de poursuivre les efforts pour relancer l’investissement dans un climat de confiance.

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Salma Charni : « La Tunisie arrive au FMI avec un levier de négociation renforcé »

11. April 2026 um 16:00

À l’occasion des Réunions de printemps du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale à Washington, qui se tiendront du 13 au 18 avril 2026, auxquelles la Tunisie participera par la présence du ministre de l’Économie et de la Planification et du gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT), l’économiste et experte en gestion des risques et en data, Salma Charni, dans une interview exclusive avec L’Économiste maghrébin, propose une lecture différente de la trajectoire tunisienne.

Mais pour mieux saisir son message, il suffit de lire attentivement sa note analytique jointe à la fin de l’article, préparée exclusivement pour L’Economiste maghrébin et intitulée : « La Tunisie sans le FMI: souveraineté maîtrisée, coûts réalloués, avenir conditionnel ». 

 

Selon Salma Charni, la situation continue d’être interprétée à travers une opposition devenue presque réflexe : souveraineté d’un côté, intérêt économique de l’autre. Une grille de lecture qu’elle juge utile dans le débat public, mais insuffisante pour appréhender la réalité des arbitrages en cours.

Depuis 2022, explique-t-elle, la Tunisie a engagé, volontairement ou par contrainte, une trajectoire rare dans les économies émergentes : celle d’un pays qui maintient sa stabilité macrofinancière sans s’inscrire dans un programme formel avec le Fonds monétaire international. Dans un environnement international marqué par la hausse des taux, la contraction de la liquidité globale et les tensions géopolitiques, cette trajectoire mérite, selon elle, une lecture dépassionnée et, surtout, quantitative.

Lire aussi:  Salma Charni : « La norme IFRS 9 n’est pas une menace en soi. »

Le premier fait, objectivable, est celui de la continuité financière. Entre 2022 et 2025, la Tunisie a servi une dette publique dont le service annuel atteint environ 24,4 milliards de dinars, sans défaut désordonné ni rupture de paiement. « C’est un indicateur central d’orientation effective », souligne Salma Charni, rappelant que cette performance a été réalisée sans l’ancrage d’un programme FMI, généralement considéré comme un filet de sécurité pour les pays à financement contraint.

Elle met également en avant la recomposition de la dette publique comme élément structurant. La part de la dette intérieure est passée d’environ 42 % en 2022 à plus de 60 % en 2025, tandis que la dette extérieure reculait. Pour l’experte, ce basculement traduit un choix stratégique clair : « réduire l’exposition aux créanciers internationaux et aux conditionnalités externes, en internalisant la contrainte de financement ».

 

Cette résilience repose aussi sur des flux en devises solides. Les recettes touristiques ont dépassé 6 milliards de dinars, tandis que les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger (TRE) représentent près de 7 % du PIB. Ces éléments, combinés à une compression relative des importations, ont permis de ramener le déficit courant à environ 2,6 % du PIB.

 

Sur le plan macroéconomique, Salma Charni insiste sur un point souvent sous-estimé : la Tunisie n’est pas en situation de crise systémique. La croissance reste positive, autour de 2,5 à 2,6 %, l’inflation a ralenti, et la perception du risque souverain s’est stabilisée, avec une amélioration vers B- (perspective stable) chez Fitch. « Ce ne sont pas des indicateurs d’expansion, mais ce sont des indicateurs de stabilité », précise-t-elle.

Cette résilience repose aussi sur des flux en devises solides. Les recettes touristiques ont dépassé 6 milliards de dinars, tandis que les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger (TRE) représentent près de 7 % du PIB. Ces éléments, combinés à une compression relative des importations, ont permis de ramener le déficit courant à environ 2,6 % du PIB. « Cela montre que la contrainte externe est, pour l’instant, maîtrisée », analyse-t-elle.

Pour autant, l’experte insiste sur la nécessité d’une lecture complète : « La stratégie fonctionne, mais elle n’est pas gratuite. » L’augmentation de la dette intérieure s’est traduite par une montée de l’exposition des banques au financement de l’État, avec des taux de croissance proches de 30 % par an sur certaines périodes. En parallèle, le crédit au secteur privé a ralenti, signalant un effet d’éviction.

Pour Salma Charni, c’est précisément là que se situe le cœur du modèle tunisien : un arbitrage assumé. « La Tunisie n’a pas cherché à optimiser simultanément tous les objectifs. Elle a priorisé la continuité de l’État, l’évitement du coût social et la maîtrise du rythme des réformes ».

Cette approche diffère du séquençage généralement associé aux programmes du FMI, qui impliquent des ajustements rapides, notamment sur les subventions, la masse salariale publique ou les entreprises publiques, avec des effets sociaux immédiats. D’un point de vue économique, la stratégie correspond à un déplacement du coût : d’un choc direct sur les ménages vers une contrainte progressive sur les finances publiques et le système financier. « C’est une forme de stabilisation à dominante sociale, qui consiste à éviter le coût social immédiat et à le lisser dans le temps », résume-t-elle.

 

« La Tunisie n’a pas cherché à optimiser simultanément tous les objectifs. Elle a priorisé la continuité de l’État, l’évitement du coût social et la maîtrise du rythme des réformes ».

 

Afin d’objectiver ces arbitrages, Salma Charni a développé une analyse quantitative reposant sur un modèle de sensibilité et des tests de résistance. Celui-ci intègre cinq dimensions : contrainte externe, contrainte budgétaire, contrainte financière domestique, contrainte de croissance et contrainte sociale.

Les résultats montrent que la trajectoire actuelle optimise la stabilité sociale et la souveraineté décisionnelle à court terme, tout en augmentant progressivement la pression sur le système financier et la soutenabilité budgétaire à moyen terme.

Les simulations indiquent notamment qu’un choc externe, sur le tourisme ou les transferts, ou une hausse des taux domestiques pourrait réactiver certaines vulnérabilités. « La trajectoire est cohérente, mais elle reste conditionnelle », souligne-t-elle.

L’intérêt de l’analyse réside précisément dans la quantification de l’arbitrage entre cinq dimensions de coûts (externe, budgétaire, financière, productive et sociale) et évalue leur évolution selon trois trajectoires.

Les résultats sont clairs :

  • la trajectoire autonome optimise la stabilité sociale à court terme, mais dégrade progressivement les équilibres financiers internes ;
  • le scénario FMI améliore les indicateurs macro-financiers, mais génère un coût social immédiat élevé ;
  • le scénario hybride minimise simultanément le coût social immédiat et le coût financier différé.

Ce dernier se distingue quantitativement : il permet de stabiliser la dette, de contenir l’exposition bancaire et de restaurer le crédit productif, sans provoquer de rupture macroéconomique. En conclusion, Salma Charni invite à dépasser les lectures binaires opposant souveraineté et intérêt économique. Elle rappelle que le véritable enjeu pour la Tunisie est clair : « Transformer l’endettement en création de valeur, condition d’une souveraineté durable ».

Les détails de cette analyse, incluant les hypothèses, les scénarios et les résultats de stress testing, sont présentés dans le onepager technique associé à cette étude.
Les détails de cette analyse, incluant les hypothèses, les scénarios et les résultats de stress testing, sont présentés dans le onepager technique associé à cette étude.

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La guerre en Iran fait bondir l’inflation aux États-Unis

11. April 2026 um 14:16

Comme prévu par les analystes, l’inflation aux États-Unis a connu une forte hausse en mars 2026, l’indice s’établissant à 3,3 %, contre 2,4 % en février, soit la plus forte augmentation en près de quatre ans, la guerre avec l’Iran ayant fait exploser les prix de l’essence.

La forte hausse des prix est largement due au fait que la guerre en Iran a fait exploser les coûts de l’énergie et a éloigné davantage la Réserve fédérale américaine de son objectif d’inflation, selon les données publiées vendredi 10 avril.

L’indice des prix à la consommation a augmenté de 0,9 % au cours du mois, portant le taux d’inflation annuel à 3,3 %, sous l’effet d’une forte hausse de 10,9 % des coûts de l’énergie. La hausse des prix du carburant est responsable de près des trois quarts de l’augmentation mensuelle.

Cependant, la mesure plus restrictive de ce qu’on appelle l’inflation sous-jacente, qui n’inclut pas les prix de l’énergie et de l’alimentation, a enregistré une légère hausse de 0,2 % sur le mois et de 2,6 % sur l’année, en dessous des prévisions.

Les prix des biens de consommation courante, hors alimentation et énergie, ont légèrement augmenté de 0,1 % pour le deuxième mois consécutif. Les prix des voitures d’occasion ont baissé pour le quatrième mois consécutif. Le coût des produits alimentaires a baissé de 0,2 % en raison de la diminution des prix de la viande, des produits laitiers et des œufs. Bloomberg estime qu’il pourrait s’écouler jusqu’à un an avant que la hausse du coût des engrais n’ait un impact sur l’indice des prix à la consommation.

Le coût des services, hors énergie, a augmenté de 0,2 % en mars. Les tarifs aériens ont progressé de 2,7 %. Un autre indice des services, suivi de près par les responsables de la Réserve fédérale et excluant le logement et l’énergie, a également augmenté de 0,2 %, soit le rythme le plus faible de l’année. Les prix de l’immobilier, qui constituent la part la plus importante de cet indice, ont progressé de 0,3 %.

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Transport aérien : l’Europe menacée de pénurie de kérosène sans Ormuz

11. April 2026 um 12:33

L’Europe pourrait faire face à des pénuries de kérosène si le détroit d’Ormuz n’était pas rouvert dans les trois prochaines semaines, selon l’Airports Council International (ACI Europe).

ACI Europe a adressé, vendredi 10 avril, une lettre à la Commission européenne concernant les questions énergétiques et touristiques, faisant état de « préoccupations croissantes » parmi ses membres quant à la disponibilité du carburant d’aviation. « Une pénurie d’approvisionnement perturberait gravement les opérations aéroportuaires et la connectivité aérienne, avec un risque de répercussions économiques importantes pour les communautés locales et pour l’Europe dans son ensemble », a déclaré le directeur général de l’ACI Europe, Olivier Jankovec. « À ce stade, nous estimons que si le détroit d’Ormuz n’est pas entièrement rouvert dans les trois semaines, une pénurie systémique de carburant d’aviation dans l’UE est désormais très probable ».

Il faut souligner que le Golfe est une source essentielle de carburant d’aviation, couvrant environ 50 % des importations européennes. Plusieurs compagnies aériennes ont déjà réduit leurs vols et augmenté le prix des billets en raison des inquiétudes liées à d’éventuelles pénuries de carburant. En effet, le prix de référence du kérosène en Europe a dernièrement atteint un niveau record, s’établissant à 1 838 dollars (1 387 livres sterling) la tonne, contre 831 dollars avant le début du conflit.

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Hatem Salah : « L’absence de revue du FMI n’a pas constitué un verrou financier »

11. April 2026 um 12:00

Alors que les négociations entre la Tunisie et le FMI sont suspendues depuis 2022, et que le pays participera aux Réunions du printemps de la BM et du FMI du 13 au 18 avril 2026 à Washington, à travers une délégation conduite par le ministre de l’Économie et de la Planification et le gouverneur de la Banque centrale (BCT), l’économiste Pr Hatem Salah, Université Manouba, ESC Tunis, Labo ThÉMA, livre, dans une déclaration à L’Économiste maghrébin, une analyse rigoureuse et nuancée. Si le Fonds demeure un signal de crédibilité internationale, son absence n’a pas constitué le verrou financier redouté, assure-t-il. Et au passage, il appelle à repenser les termes d’une relation plus équilibrée, entre réforme des conditionnalités du FMI et appropriation nationale des ajustements structurels.

La Tunisie a-t-elle encore besoin du FMI ? Hatem Salah répond par une nuance de fond : oui, le Fonds demeure un partenaire important, mais il n’est ni exclusif ni indispensable à court terme pour la survie financière du pays. L’expérience récente, affirme-t-il, le démontre avec éloquence. A la suspension des négociations avec le FMI en 2022, nombre d’observateurs anticipaient un assèchement brutal des financements extérieurs. Les faits ont largement démenti ces prévisions, dit-il. La Tunisie est en effet parvenue à mobiliser des ressources substantielles en dehors de tout programme formel avec le Fonds.

Il cite à ce titre la Banque africaine de développement (BAD), qui a accordé environ 178 millions de dollars au pays en 2023, avant d’approuver, le 26 janvier 2026, un financement de 110 millions de dollars en faveur du Groupe chimique tunisien (GCT), illustrant, selon lui, la confiance maintenue des bailleurs multilatéraux malgré l’absence de garantie implicite du FMI.

Pour sa part, la Banque mondiale ne s’est nullement désengagée, tient-il à le rappeler : elle a mobilisé 430 millions de dollars en 2025 au profit de la transition énergétique, et plus de 330 millions de dollars supplémentaires en 2026, destinés aux secteurs de l’eau, de l’agriculture et de l’emploi régional.

Idem pour la Banque européenne d’investissement (BEI) qui a signé, en 2024, 415 millions d’euros de nouveaux financements en Tunisie, couvrant notamment le corridor routier Sfax-Kasserine (210 millions d’euros), les PME et les entreprises de taille intermédiaire (170 millions d’euros), ainsi que l’éducation et la transition énergétique.

 

Idem pour la Banque européenne d’investissement (BEI) qui a signé, en 2024, 415 millions d’euros de nouveaux financements en Tunisie, couvrant notamment le corridor routier Sfax-Kasserine (210 millions d’euros),..

 

Pour Hatem Salah, ces chiffres établissent clairement que l’absence de revue du FMI n’a pas constitué un verrou financier. Mais il se garde d’en tirer une conclusion hâtive : cela ne signifie nullement que le Fonds soit devenu inutile, mais plutôt que son rôle mérite d’être repensé et repositionné. Le FMI demeure, à ses yeux, un signal de crédibilité internationale et un partenaire technique de premier plan.

Il inscrit cette flexibilité dans un contexte politique qu’il juge déterminant : les partenaires clés de la Tunisie, notamment européens, semblent avoir opté pour un accompagnement pragmatique, conscients des risques qu’aurait fait peser une déstabilisation supplémentaire, non seulement sur le pays lui-même, mais sur la stabilité régionale et les équilibres migratoires en Méditerranée.

Les conditionnalités du FMI en question 

Cette situation, estime-t-il, appelle une réflexion plus large sur le modèle d’affaires du FMI. Ses relations avec les pays du Sud global ne peuvent plus reposer sur des prescriptions standardisées ni sur des conditionnalités perçues comme des diktats. Les trajectoires économiques doivent être différenciées, les modèles sociaux ne pouvant être traités comme interchangeables, et une réforme aboutie suppose un cadre de coopération respectueux des réalités nationales, construit dans un esprit de coresponsabilité plutôt que de tutelle.

 

Reporter indéfiniment les réformes structurelles au nom d’une stabilité apparente revient à en transférer les coûts aux générations futures. La souveraineté économique réelle, consiste à conduire soi-même les ajustements nécessaires selon son propre calendrier, et non à les subir sous contrainte.

 

Mais Hatem Salah appelle simultanément à une autocritique lucide. Cette exigence adressée au FMI doit aller de pair avec plus de courage politique de la part des États membres, dont la Tunisie : reporter indéfiniment les réformes structurelles au nom d’une stabilité apparente revient, selon lui, à en transférer les coûts aux générations futures. La souveraineté économique réelle, insiste-t-il, consiste à conduire soi-même les ajustements nécessaires selon son propre calendrier, et non à les subir sous contrainte. Dans un contexte international marqué par le retour des pressions unilatérales, l’appropriation nationale des trajectoires de réforme apparaît alors, à ses yeux, comme une condition essentielle de résilience.

Les Réunions de printemps 2026, une opportunité de repositionnement stratégique pour la Tunisie

C’est dans cet esprit que Hatem Salah envisage les Réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale d’avril 2026 comme une opportunité de repositionnement stratégique pour la Tunisie, une dynamique de continuité plutôt que de rupture. La participation du ministre de l’Économie et du gouverneur de la Banque centrale s’inscrirait, selon lui, dans cette logique : maintenir ouverts les canaux de dialogue, sans relancer mécaniquement un programme classique ni acter une rupture, mais explorer les contours d’un cadre de coopération plus souple, mieux aligné sur les priorités économiques et sociales du pays.

Il souligne que les perspectives apparaissent d’autant plus crédibles que la Tunisie a prouvé sa capacité à mobiliser des financements extérieurs sans la garantie implicite du Fonds. Le rôle de l’Union européenne, et de pays comme l’Italie et la France, a été, à cet égard, déterminant : il ne s’agissait pas seulement, estime-t-il, de soutenir des projets spécifiques, mais bien d’éviter la déstabilisation économique et sociale d’un pays de taille modeste, mais à forte valeur géopolitique.

 

La participation du ministre de l’Économie et du gouverneur de la Banque centrale aux Réunions du printemps de la BM et du FMI s’inscrirait dans cette logique : maintenir ouverts les canaux de dialogue, sans relancer mécaniquement un programme classique ni acter une rupture, mais explorer les contours d’un cadre de coopération plus souple, mieux aligné sur les priorités économiques et sociales du pays.

 

Les Réunions de printemps offrent ainsi à la Tunisie l’occasion de défendre une approche fondée sur trois axes complémentaires, selon lui : un partenariat rénové avec le FMI ; un dialogue reposant sur la crédibilité et la progressivité des réformes ; une articulation intelligente entre financement, réforme économique et préservation du modèle social.

L’enjeu central, conclut Hatem Salah, n’est donc pas un simple retour au FMI, mais la redéfinition des termes d’une relation plus équilibrée. Un Fonds davantage attentif aux contraintes nationales, et des autorités tunisiennes pleinement engagées dans les réformes nécessaires : telles sont, à ses yeux, les deux faces d’une même équation, celle de la voie de la raison, qui exclut à la fois la dépendance et l’isolement au profit d’un partenariat exigeant et responsable.

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Négociations de marchand de tapis ?

11. April 2026 um 10:48

Après un cessez-le-feu fragile, des discussions cruciales s’ouvrent, ce samedi 11 avril, à Islamabad, au Pakistan, sous haute sécurité. Et ce, sur fond de désaccords notamment sur la proposition en 10 points présentée par Téhéran ; laquelle est considérée par Donald Trump comme une « base viable » pour les négociations.

 

C’est finalement à Islamabad, une ville d’un million d’habitants avec les contreforts de l’Himalaya en décor, que doivent débuter ce samedi 11 avril les discussions sur un plan de paix pour mettre fin à la guerre en Iran. Pourquoi le Pakistan ?

Grand voisin de l’Iran, doté de l’arme nucléaire, ce géant asiatique de 259 millions d’habitants s’est progressivement imposé comme un médiateur incontournable dans ce dossier. Une position qu’il doit à sa capacité rare à dialoguer avec tous les protagonistes, y compris les Chinois et les Iraniens, dont il défend les intérêts à Washington depuis plusieurs années.

Un faucon à la tête de la délégation iranienne

Pourtant, Téhéran a exigé une trêve au Liban et le déblocage des actifs de son pays avant toute négociation de paix avec les États-Unis. Une manière de jeter le doute sur la tenue de ces pourparlers avant l’arrivée jeudi soir de la délégation iranienne dans la capitale pakistanaise. Laquelle est dirigée par Mohammad Bagher Ghalibaf, actuel président du Parlement iranien, et présenté comme le «nouvel homme fort» du régime des mollahs. Ce général des Gardiens de la Révolution a été maire de Téhéran pendant onze ans, et s’était présenté aux élections présidentielles de 2005 et 2024, sans succès.

Il est flanqué du ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghtchi, un diplomate de carrière, ancien ambassadeur en Estonie, en Finlande et au Japon. Nommé ministre fin août 2024, il avait participé à l’élaboration, puis la mise en place, de l’“accord de Vienne sur le nucléaire“ signé en 2015 puis dénoncé par Donald Trump.

J.D. Vance, l’homme de la situation ?

En face, la délégation américaine est menée par le vice-président américain, J.D. Vance, qui s’est vu confier par Donald Trump une mission presque impossible : traiter à la fois la question urgente de la réouverture du détroit d’Ormuz, dont la fermeture par l’Iran perturbe l’économie mondiale, mais aussi trouver un compromis sur celle du nucléaire et de ses programmes d’armement.

Or, l’ancien sénateur de l’Ohio va jouer gros, très gros dans les discussions avec les redoutables négociateurs iraniens, tant pour sa crédibilité personnelle que pour les intérêts de Washington.

Connu pour s’être opposé à une intervention militaire en Iran, il apparaît, aux yeux de Téhéran, comme moins aligné sur Israël que certains membres de l’administration. À ses côtés, figurent l’inévitable Jared Kushner, gendre de Donald Trump, et Steve Witkoff, homme d’affaires et proche du président américain. Pour mieux le surveiller, disent les mauvaises langues.

« Comme l’a dit le président des États-Unis, si les Iraniens sont prêts à négocier de bonne foi, nous sommes tout à fait disposés à leur tendre la main, mais s’ils tentent de se jouer de nous, ils verront que notre équipe de négociation ne se montrera pas très réceptive », a-t-il averti vendredi avant d’embarquer à bord d’Air Force Two en direction du Pakistan.

Nœud gordien

Reste à savoir sur quelle base négocier. Là encore, entre la proposition en 15 points que Washington avait soumise à Téhéran, le plan iranien en 10 points et les déclarations contradictoires de Donald Trump, le flou est total.

Car dans son plan de dix points, Téhéran demande la fin des frappes de la coalition israélo-américaine en Iran, l’arrêt des bombardements de Tsahal contre son allié libanais du Hezbollah, et la fin des sanctions imposées par l’ONU, les États-Unis et l’Union européenne qui interdisent notamment le commerce avec Téhéran.

En échange, le blocus de facto du détroit d’Ormuz serait levé. Mais chaque navire y transitant se verrait imposer une taxe, soit jusqu’à 2 millions de dollars par passage. Et ce, afin de reconstruire les infrastructures détruites par la coalition. «Ce n’est pas suffisant. Mais c’est un pas très important», a commenté Donald Trump lundi dont l’administration exige dans son plan de 15 points le démantèlement des capacités nucléaires de l’Iran, ainsi que le renoncement à obtenir l’arme nucléaire.

Son stock d’uranium – estimé à 400 kg – devrait être détruit. Téhéran devrait également renoncer à soutenir ses alliés – souvent qualifiés de proxys -, le Hezbollah au Liban et le Hamas à Gaza. Le détroit d’Ormuz serait déclaré «zone maritime libre» et serait rouvert.

En échange, le président américain propose la levée totale des sanctions et, fait notable, la suppression du mécanisme de rétablissement automatique des sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU. De plus, l’Iran, s’il acceptait ces conditions, pourrait obtenir un soutien à son programme nucléaire civil. Des divergences qui semblent insurmontables, à moins d’un miracle.

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Terres rares : alliance UE-USA pour réduire la dépendance à l’égard de la Chine ?

11. April 2026 um 10:03

L’Union européenne et Washington seraient sur le point de conclure un accord visant à coordonner la production et l’approvisionnement en minéraux critiques, selon un rapport de Bloomberg publié vendredi 10 avril.

L’accord potentiel créerait des incitations, telles que des prix minimums, qui pourraient profiter aux fournisseurs hors de Chine, indique le rapport, citant un « plan d’action ». L’UE et les États-Unis coopéreront également en matière d’investissement et de projets communs, tout en coordonnant leurs efforts pour faire face à toute perturbation des approvisionnements en provenance de pays comme la Chine. À noter au passage que l’Empire du Milieu transforme actuellement plus de 80 % des terres rares mondiales.

Les deux parties recherchent d’autres partenaires pour adhérer à un accord multilatéral visant à créer de nouvelles chaînes d’approvisionnement en minéraux critiques, rapporte Bloomberg. Ces matériaux sont indispensables à la fabrication d’une vaste gamme de produits, allant des systèmes de guidage de missiles et des avions de chasse aux véhicules électriques.

Les pays se démènent pour sécuriser leur accès aux minéraux critiques après que Pékin a imposé l’an dernier des contrôles drastiques sur les exportations – notamment de terres rares – en réponse aux droits de douane du président américain Donald Trump.

Le plan minier revêt également une signification symbolique, commente l’agence, car il suggère que les deux parties sont d’accord sur la nécessité de réduire la dépendance à l’égard de la Chine.

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Attijari distribue 4,200 DT de dividendes par action pour 2025

11. April 2026 um 09:47

Banque Attijari de Tunisie a annoncé, à l’issue de son Assemblée Générale Ordinaire du 10 avril 2026, un dividende de 4,200 dinars (quatre dinars et deux cents millimes) par action pour l’exercice 2025. Le paiement sera effectif à partir du 21 avril 2026. Cette décision, prise au siège social situé à Tunis, récompense les actionnaires dans un contexte économique marqué par des défis persistants.

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STA : bénéfice en hausse de 70,7% en 2025, mais pas de dividendes face aux restrictions BCT

11. April 2026 um 09:25

La STA publie ses résultats 2025 : bilan à 100,1 MDT (-6,4%), produits d’exploitation à 173,7 MDT (+59,1%) et bénéfice net record de 9,9 MDT (+70,7%).

Le total bilan s’établit à 100,1 millions de dinars tunisiens (MDT) au 31 décembre 2025, en baisse de 6,4% par rapport aux 107 MDT de 2024. Les produits d’exploitation bondissent toutefois de 59,1%, à 173,7 MDT, contre 109,2 MDT l’année précédente. Le résultat net bénéficiaire atteint un pic de 9,9 MDT, en hausse de 70,7% (+4,1 MDT).

Ces bons chiffres interviennent dans un contexte de resserrement monétaire. Le Conseil a pris acte de la circulaire de la Banque centrale de Tunisie n°2026-04 du 26 mars 2026, qui impose le financement des importations de véhicules (NGP 8703) via les fonds propres des opérateurs, excluant les crédits documentaires. L’encours de ces crédits s’élevait à 47,9 MDT fin 2025, menaçant la trésorerie et le cycle d’exploitation de la STA.

Pour préserver ses équilibres financiers, le Conseil proposera à l’Assemblée générale ordinaire (AGO) de ne pas distribuer de dividendes au titre de 2025. L’AGO se tiendra le vendredi 29 mai 2026 à Tunis.

Ces mesures soulignent les défis du secteur automobile tunisien face aux politiques de restriction des importations non prioritaires.

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La BTE réduit ses pertes en 2025 malgré des capitaux propres en baisse

11. April 2026 um 09:11

La Banque de Tunisie et des Émirats (BTE) a publié, ce vendredi, les états financiers de l’exercice 2025, arrêtés par son conseil d’administration réuni le 1er avril dernier. Soumis aux commissaires aux comptes, ces documents révèlent une amélioration des résultats malgré une situation toujours fragile.

Sur le plan individuel, la banque affiche un produit net bancaire en hausse de 6,03%, à 70,3 millions de dinars tunisiens (MDT), contre 66,3 MDT en 2024. Le résultat net s’établit à -9,9 MDT, contre -27,9 MDT l’année précédente, tandis que le résultat net après modifications comptables reste à -9,9 MDT (contre -32,1 MDT en 2024). Les capitaux propres chutent toutefois à 29 MDT, contre 38,9 MDT fin 2024.

Côté consolidé, le résultat net avant modifications comptables s’améliore à -7,2 MDT (-26 MDT en 2024), et après modifications, il reste à -7,2 MDT (-30,2 MDT en 2024).

Dans un contexte de continuité d’exploitation sous tension, la BTE poursuit sa restructuration lancée en 2024. Ce processus inclut une première augmentation de capital de 18,7 MDT, conforme à la feuille de route définie par les actionnaires majoritaires.

Le conseil d’administration conviera les actionnaires en Assemblée générale ordinaire le jeudi 30 avril 2026 à son siège social.

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Liban-Israël : Nawaf Salam attendu à Washington pour des négociations

11. April 2026 um 08:25

La présidence libanaise annonce qu’une rencontre aura lieu mardi 14 avril avec Israël à Washington afin de discuter d’un cessez-le-feu dans la guerre opposant l’armée israélienne au Hezbollah pro-iranien depuis début mars.

« Sur la base de l’initiative lancée par le président de la République, le général Joseph Aoun, qui repose sur l’action diplomatique à travers l’annonce d’un cessez-le-feu et l’ouverture de négociations directes avec Israël… l’administration américaine a décidé de charger le département d’État de jouer un rôle de médiateur entre le Liban et Israël », affirme la présidence sur X.

Il s’agit du premier contact entre le Liban, représenté par son ambassadrice à Washington, Nada Hamadé Mouawad, et Israël, représenté par son ambassadeur à Washington, Yechiel Leiter, en présence de l’ambassadeur des États-Unis à Beyrouth, Michel Issa, présent à Washington, ajoute le texte.

«Lors de cet échange, un accord a été trouvé pour tenir une première réunion mardi prochain au siège du département d’État américain. Cette réunion portera sur un cessez-le-feu et la fixation de la date du début des négociations entre le Liban et Israël, sous médiation américaine», indique la présidence.

CNN a rapporté vendredi, citant une source gouvernementale libanaise, que le premier ministre libanais, Nawaf Salam, serait désigné pour se rendre à Washington mardi pour ces négociations.

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EgyptAir reprend ses vols vers le Golfe

11. April 2026 um 07:55

La compagnie aérienne égyptienne EgyptAir indique que les autorisations nécessaires sont en cours d’obtention pour le Koweït, Doha, Bahreïn et Beyrouth.

EgyptAir a annoncé la reprise de certains de ses vols vers Sharjah, Dubaï et Riyad, à raison d’un vol par jour, et de deux vols quotidiens vers Abou Dhabi, Dammam et Amman. En outre, à compter du mardi 14 avril 2026, un vol quotidien sera assuré vers Erbil et Bagdad en Irak.

En ce qui concerne le Koweït, Doha, Bahreïn et Beyrouth, les autorisations nécessaires étaient en cours d’obtention auprès des autorités compétentes et les clients de la société seraient informés des nouvelles dates.

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L’édito de Hédi Mechri – UGTT/État : vers un nouveau pacte social pour relancer l’économie ?

11. April 2026 um 06:00

Qui peut vouloir porter atteinte à l’UGTT et l’anéantir ? Il n’est à craindre que ce ne soit l’UGTT elle même. Inutile de revenir sur les péripéties et les contradictions qui l’ont minée de l’intérieur, au risque de la faire imploser. L’amendement aventureux du règlement intérieur qui avait fait sauter le verrou de plafond de deux mandats des instances dirigeantes a mis le feu aux poudres. Si l’UGTT voulait se saborder et signer son arrêt de mort, elle ne se serait pas prise autrement.

L’organisation salariale, la centrale-phare du monde arabo-africain, qui fut sans doute l’unique modèle d’exercice démocratique, avait pris le risque d’un suicide collectif en reniant son propre ADN. La mesure était on ne peut plus controversée, parce que contraire à l’esprit et à la lettre d’une centrale ouvrière bâtie sur l’idée d’un contre-modèle, d’un contrepoids des régimes politiques aux velléités autoritaires.

Tout au long des trois dernières années, l’UGTT a perdu de sa cohérence, de sa crédibilité et de sa puissance. L’estocade finale lui a été portée par l’Etat, qui l’a privée, le plus légalement du monde, d’une ostentatoire manne financière au titre des versements directs des « cotisations » des employés des institutions étatiques, comme s’il s’agissait d’un impôt spécial prélevé au profit de la centrale ouvrière.

 

Les pères fondateurs, Hached, Tlili et Achour, doivent se retourner dans leurs tombes. Contestée, divisée et affaiblie de l’intérieur, marginalisée et mise sous embargo de l’extérieur, l’UGTT partait en vrille. Elle a, tout au long de ces trois dernières années, perdu de sa cohérence, de sa crédibilité et de sa puissance. L’estocade finale lui a été portée par l’Etat, qui l’a privée, le plus légalement du monde, d’une ostentatoire manne financière au titre des versements directs des « cotisations » des employés des institutions étatiques, comme s’il s’agissait d’un impôt spécial prélevé au profit de la centrale ouvrière.

Il est peu probable – à moins d’un retour à la situation antérieure – que le recours aux cotisations volontaires individuelles puisse assurer ne serait-ce que le minimum vital pour la sur vie de la centrale. L’argent, il est vrai, est le nerf de la guerre. L’ennui est qu’en l’espèce, le tarissement des sources de financement ne signifie pas la fin de l’histoire. Il ne mettra pas le pays à l’abri de l’irruption d’une guérilla syndicale aux capacités de nuisance très préjudiciables pour l’économie nationale et pour le pays. Dieu merci, on n’en est pas là aujourd’hui. Et on est fondé d’envisager d’autres scénarios que celui du pire qui hantait, il y a peu, les murs de la centrale ouvrière. Elle n’avait jamais paru aussi menacée dans son existence. Sans visibilité et sans ligne directrice, elle avançait à tâtons, au gré de circonstances pour le moins difficiles. Elle manquait d’autant plus d’assurance, qu’elle avait dégradé ses rapports avec le reste de la population et abîmé son image dans le pays.

L’arrogance des syndicats de l’éducation nationale, qui ont pris en otage le pays, l’indifférence des agents paramédicaux et des salariés du transport qui n’hésitaient pas à débrayer à tout bout de champ au grand désarroi des usagers, ont laissé des traces et des lésions chez les parents d’élèves et chez les contribuables. L’UGTT, dans toutes ses composantes (la direction n’avait plus de prise sur elles), avait présumé de sa force, notamment à l’occasion de l’éclipse et de l’effacement de l’Etat. Elle n’était plus dans son rôle, au sens historique du terme.

 

L’UGTT, dans toutes ses composantes (la direction n’avait plus de prise sur elles), avait présumé de sa force, notamment à l’occasion de l’éclipse et de l’effacement de l’Etat. Elle n’était plus dans son rôle, au sens historique du terme.

 

Elle avait outrepassé sa mission de contre-pouvoir pour s’ériger en véritable détenteur du pouvoir dans la fonction publique et les entre prises d’Etat. Elle est restée sous l’emprise de la vieille idée du siècle dernier d’un syndicalisme relégué aujourd’hui dans le musée de l’histoire. L’offensive syndicale tous azimuts de la décennie écoulée, au-delà des revendications qui pouvaient paraître tout aussi légitimes qu’excessives, a freiné l’élan du pays et ruiné l’espoir de développement des entreprises publiques. Là où la puissance syndicale a pu exercer son hégémonie et son diktat – autant dire dans l’ensemble des entreprises publiques, hier figures de proue de notre économie -, l’herbe ne pousse plus.

Les courbes de productivité et de compétitivité y sont au plus bas, sous l’avalanche de recrutements et d’octroi de salaires que rien ne justifie. Les profits qui alimentaient les caisses de l’Etat ont cédé la place au cumul des déficits et des dettes. L’investissement n’est même plus une simple option. La croissance et le développement ne sont plus à l’ordre du jour. L’agitation permanente portée à son plus haut niveau par l’UGTT a été au final contre-productive, elle n’aura servi qu’à dégrader les fondamentaux de l’économie, tout en abîmant l’image de la centrale ouvrière. Elle n’était pas de nature à susciter des avancées économiques et sociales.

Grisée par le pouvoir, l’UGTT a laissé passer le train du changement qui l’aurait propulsée au rang de partenaire incontournable. Au lieu de quoi, elle s’est laissé entraîner dans un état quasi conflictuel avec le nouveau pouvoir en place. A mesure que l’étau se resserrait, que les pressions et les difficultés prenaient une plus grande résonance, la centrale ouvrière, à travers ses différentes structures, affichait des postures et des gesticulations qui jetaient de l’huile sur le feu. De quoi approfondir les raisons d’une crise systémique qui a pour effet de déstabiliser ses centres de décision, sa chaîne de commandement et la cohésion du groupe dirigeant. Les cadres syndicaux étaient déboussolés, les adhérents ne savaient plus à quel saint se vouer. Le démon numide refait surface. Les luttes fratricides menaçaient d’effondrement la doyenne des centrales syndicales arabes et africaines. Celle-ci n’a pas vu venir le changement qui a révolutionné l’univers du travail. Elle ne voyait pas le monde qui arrivait, elle ne mesurait pas non plus les conséquences de la révolution technologique sur les conditions de vie, de travail et d’action syndicale.

L’UGTT, plutôt que de s’adapter au nouveau monde, cherchait à tout prix à s’accrocher à l’ancien via le terreau de la fonction publique et des entreprises d’Etat. Il y a pourtant longtemps que les cols bleus ne dominent plus la classe ouvrière. La tertiarisation des activités, l’envolée de la financiarisation de l’économie, ailleurs plus qu’ici, ont changé la donne, sans que l’UGTT y prête attention et y prenne garde. La parcellisation du travail, le développement du travail à distance, la forte mobilité du personnel – toutes compétences confondues -, l’irruption dans notre vie des technologies émergentes, de l’intelligence artificielle ont brisé en plusieurs endroits la chaîne de solidarité ouvrière.

 

Plutôt que de s’adapter au nouveau monde, la centrale syndicale cherchait à tout prix à s’accrocher à l’ancien via le terreau de la fonction publique et des entreprises d’Etat. Il y a pourtant longtemps que les cols bleus ne dominent plus la classe ouvrière.

 

Le syndicalisme à l’ancienne du type du 20ème siècle a vécu. L’action syndicale dans une économie ouverte doit impérativement s’inscrire dans le mouvement de la mondialisation. Le basculement géopolitique en cours n’y changera pas grand-chose. La dérive des continents sous l’effet de la tectonique des plaques Nord-Sud en modifiera la forme, mais ne changera rien quant au fond. Une mondialisation rénovée, plus régionalisée, de proximité, entre amis pour ainsi dire, est en train de se dessiner tout à l’avantage de notre pays. La Tunisie a toutes les chances de se positionner dans la recomposition des nouvelles chaînes d’approvisionnement de valeur, profitant ainsi de notre proximité de l’Europe. L’UGTT doit pouvoir évoluer sur une ligne de crête, se focaliser sur un point d’équilibre entre droit des travailleurs et attractivité du site Tunisie. Elle doit repenser son mode de fonctionnement et ses modalités de lutte, se réinventer pour se donner un avenir qui ne soit pas pure illusion.

Moralité : le syndicalisme n’est pas mort, il ne doit pas mourir et disparaître. Mais il doit muter. Et s’impliquer autrement dans le vécu national, dans la vie sociale et professionnelle. En conscience et en responsabilité. Le pays a besoin d’un syndicat ouvrier fort, représentatif, crédible, ouvert sur le monde. En cohérence et en ligne avec les exigences de compétitivité et des responsabilités sociales et environne mentales des entreprises. Un syndicat qui a droit au chapitre national, capable de développer une vision d’avenir, un projet de société et un programme d’action qui ne soit pas en conflit avec l’impératif d’émergence économique, financière et sociale. Le temps presse et ne joue pas en notre faveur. Mettre fin au déclassement du pays et amorcer au plus vite le redressement de l’économie en ces temps de marasme mondial sont une ardente obligation. Une nouvelle page s’ouvre avec l’émergence de la nouvelle direction issue du récent congrès quasiment fondateur.

Portée par sa longue histoire, par son passé militant, par la qualité de ses cadres enseignants universitaires, par celles et ceux qui sont au service des services publics, elle est en capacité de gérer et de maîtriser le changement. La puissance publique ne pouvait rêver meilleure configuration. Le nouveau bureau exécutif, qui s’affirme hostile à toute forme d’affrontement stérile, affiche haut et fort sa volonté de concertation et de dialogue. Signe d’un syndicalisme d’avant-garde, soucieux autant d’équité dans le partage de la valeur ajoutée que de l’impératif d’efficacité économique. Il est dans son rôle quand il s’oppose à la baisse du pouvoir d’achat, aux inégalités sociales et régionales, à la dégradation de l’air et de l’environnement.

 

… Un syndicat qui a droit au chapitre national, capable de développer une vision d’avenir, un projet de société et un programme d’action qui ne soit pas en conflit avec l’impératif d’émergence économique, financière et sociale. Le temps presse et ne joue pas en notre faveur. Mettre fin au déclassement du pays et amorcer au plus vite le redressement de l’économie en ces temps de marasme mondial sont une ardente obligation. Une nouvelle page s’ouvre avec l’émergence de la nouvelle direction issue du récent congrès quasiment fondateur.

 

L’UGTT, nouvelle saison, n’aura aucune peine à revenir à ses fondamentaux originels tout en changeant de mode opératoire, repenser son propre logiciel de pensée et d’action, regarder devant plutôt que loin derrière. Elle a été et doit rester un espace de liberté, de pratique démocratique et de droits humains.

D’un mot, un acteur central dans le mode de régulation et de justice sociale. La bonne nouvelle est que la direction de l’UGTT, sous la houlette du nouveau SG, Slaheddine Selmi, se dit ouverte au dialogue et à la concertation. Elle appelle de ses vœux la réactivation du contrat social et serait favorable à un pacte de croissance. Autant de signes et de gestes qui doivent accélérer le dégel et la fonte des glaces entre la centrale ouvrière et le pouvoir exécutif. L’Etat ne pouvait rêver meilleure situation : le pays doit pouvoir profiter de cet alignement des planètes pour sortir de l’ornière. Le moment est venu pour réinventer le dialogue national entre le pouvoir et l’organisation ouvrière relégitimée, fort représentative, ouverte au dialogue, en rupture avec le raidissement du passé. C’est l’heure de déterrer la hache de guerre, l’ultime heure de se convaincre, d’un côté comme de l’autre, de la nécessité d’un syndicat ouvrier, responsable, reconnu et respecté par sa base. Le voir ou – qu’à Dieu ne plaise, le faire disparaître, cela revient à ouvrir la boîte de Pandore, à libérer la voie à l’agitation et à l’instabilité permanentes, à l’irruption des « coordinations » qui ont sévi dans les champs pétroliers et dans le bassin minier du sud tunisien. Ces mouvements « spontanés », incontrôlés et incontrôlables n’ont d’autre vocation que de semer le désordre et le chaos.

L’Etat a besoin de partenaires sociaux indépendants, libres de toute interférence pour construire de nouveau la confiance, l’apaisement et la sérénité dont le pays a besoin. Sans quoi, il faut se préparer au pire. Et le pire n’est jamais exclu.

 

Le moment est venu pour réinventer le dialogue national entre le pouvoir et l’organisation ouvrière relégitimée, fort représentative, ouverte au dialogue, en rupture avec le raidissement du passé. C’est l’heure de déterrer la hache de guerre, l’ultime heure de se convaincre, d’un côté comme de l’autre, de la nécessité d’un syndicat ouvrier, responsable, reconnu et respecté par sa base.

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Gestern — 10. April 2026Leconomiste Maghrebin

Tunisie – Vers 7 Mrds de dinars d’exportations électroniques

10. April 2026 um 21:41

Pour atteindre cet objectif, l’État et les industriels ont signé un Pacte pour la compétitivité du secteur, avec des engagements concrets en matière d’investissement, d’emploi et d’innovation.

Paraphé par le ministère de l’Industrie, l’UTICA et le cluster ELENTICA, ce partenariat public-privé ambitionne de doubler les exportations, actuellement estimées à 3,5 milliards de dinars en 2025. Il prévoit également la création de 30 000 emplois supplémentaires, portant les effectifs à plus de 100 000 d’ici 2030.

Le pacte mise sur une montée en gamme globale : technologique, humaine et organisationnelle. Il vise à renforcer l’intégration locale, stimuler l’investissement, accélérer l’innovation et intégrer lesايير ESG comme levier de transformation industrielle. Il s’inscrit dans la stratégie nationale industrielle à l’horizon 2035, avec l’objectif de positionner la Tunisie comme un acteur de référence.

Sur le plan économique, le secteur devrait représenter 20 % du PIB industriel en 2030 (contre 15 % en 2025) et mobiliser entre 300 et 350 millions d’euros d’investissements directs étrangers. L’effort en recherche et développement devrait tripler, atteignant 3 % du chiffre d’affaires, tandis que le taux d’intégration nationale progressera à 55 %.

Lire aussi : Industrie électronique : une charte pour 5 milliards de dinars d’exportations d’ici 2030

Plusieurs projets structurants sont annoncés : deux unités de production de composants avancés, quatre centres de R&D et un centre national dédié aux systèmes embarqués. Le pacte s’articule autour de six axes, allant de l’innovation à la logistique, en passant par l’emploi et le cadre réglementaire.

Avec un marché mondial en forte croissance, tiré par les semi-conducteurs et les systèmes embarqués, la Tunisie entend s’imposer comme un hub méditerranéen incontournable dans la chaîne de valeur électronique.

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Une start-up française compte implanter une unité de recyclage chimique des plastiques à Bizerte

10. April 2026 um 21:31

La start-up française Monomeris envisage d’implanter une unité de recyclage chimique avancé des plastiques dans le gouvernorat de Bizerte. C’est ce qu’annonce l’Agence de promotion de l’industrie et de l’innovation (APII), ajourant que ce projet vise à faire de la Tunisie une plateforme industrielle régionale connectée aux marchés africains et européens.

Fondée en 2019, Monomeris explore actuellement les opportunités de déploiement de ses technologies innovantes dans le pays. L’annonce fait suite à une réunion entre le directeur général de l’APII, Omar Bouzouada, et une délégation de l’entreprise conduite par son représentant, Olivier Camp.

La technologie développée par la start-up permet de traiter des plastiques difficilement recyclables par des méthodes conventionnelles, grâce à des unités compactes intégrables dans les chaînes de l’économie circulaire. Le projet s’inscrit dans les priorités nationales de valorisation des déchets, de réduction de l’empreinte environnementale et de création d’emplois qualifiés en régions.

Lors des échanges, Olivier Camp a mis en avant l’attractivité de la Tunisie, soulignant la qualité des compétences locales, un environnement favorable à l’innovation et une position stratégique entre l’Afrique et l’Europe. Il a également insisté sur l’importance du soutien institutionnel pour concrétiser l’initiative.

De son côté, Omar Bouzouada a présenté les dispositifs d’accompagnement proposés par l’APII, notamment les outils numériques, ainsi que les incitations fiscales et financières destinées aux investisseurs industriels.

Ce projet s’inscrit dans la stratégie industrielle nationale à l’horizon 2035, qui privilégie la transition numérique et écologique des entreprises et vise à attirer des investissements à forte valeur ajoutée, en particulier dans les secteurs du recyclage et de la valorisation des déchets.

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BCT: un nouveau billet de banque de cinq dinars en circulation

10. April 2026 um 21:09

La Banque centrale de Tunisie (BCT) a mis en circulation, le 10 avril 2026, un nouveau billet de banque de cinq dinars (type 2022). Dans une note adressée aux banques et à l’Office national des postes, publiée vendredi 10 avril, l’institut d’émission, précise que ce billet, a cours légal et pouvoir libératoire, portant les mêmes motifs, caractéristiques et éléments de sécurité que ceux du billet de cinq dinars de même type actuellement en circulation, à l’exception :

– de la date d’émission : remplacée par « 25-07-2025 » au lieu de « 20-3-2022 », et imprimée en caractères de taille supérieure;

– des signatures : à savoir celle du gouverneur de la BCT, Fethi Zouhaier Nouri, et celle du vice-gouverneur, Mourad Abdessalem.

 Selon ladite note aux banques, le billet de banque de cinq dinars (type 2022) circulera concurremment avec les autres billets de même dénomination et de même type actuellement en circulation.

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Investissement étranger : la CNBM confirme son expansion stratégique en Tunisie

10. April 2026 um 16:59

Le groupe chinois CNBM, via sa filiale spécialisée dans le ciment, a confirmé son intention d’élargir ses activités en Tunisie, en misant sur l’introduction de technologies avancées et de systèmes de contrôle intelligents afin de moderniser la production et réduire l’empreinte carbone du secteur.

Cette annonce a été faite à l’issue d’une réunion tenue vendredi entre une délégation du groupe, conduite par son représentant Li Baoming, et les responsables de l’Agence de promotion de l’investissement extérieur (FIPA-Tunisia), dirigée par Jalel Tebib. Les discussions ont porté sur les opportunités d’investissement offertes par le pays ainsi que sur les dispositifs d’accompagnement disponibles pour les investisseurs étrangers.

Selon les informations communiquées, le projet prévoit notamment la modernisation des lignes de production existantes, avec pour objectifs l’amélioration de la qualité des produits, la réduction de la consommation énergétique et l’accélération de la transition vers une industrie cimentière plus efficiente et moins émettrice de carbone.

Les responsables tunisiens ont salué les investissements déjà réalisés par le groupe et ont mis en avant les atouts du pays pour attirer davantage de capitaux étrangers. Ils ont souligné la position géographique stratégique de la Tunisie, son environnement des affaires, ainsi que la disponibilité d’une main-d’œuvre qualifiée et d’infrastructures adaptées.

L’agence a également réaffirmé son engagement à accompagner les projets d’investissement à travers un soutien institutionnel afin de faciliter la mise en œuvre des projets et d’optimiser leur exploitation.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte de renforcement des relations économiques entre la Tunisie et la Chine, marqué par un intérêt croissant des entreprises chinoises pour le marché tunisien.

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