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Empfangen — 10. August 2026 Französischsprachig

Mise en garde contre la pêche de la lambouka avant le 15 août

10. August 2026 um 13:47

À l’approche de la mi-août, les regards se tournent vers le démarrage de la saison de pêche à la dorade coryphène (ou lambouka), l’une des espèces saisonnières les plus prisées en Tunisie. Cette période s’accompagne d’appels au respect de la réglementation régissant l’exploitation de cette ressource marine, afin de préserver la durabilité des stocks halieutiques.

Conformément à l’arrêté ministériel régissant la saison de pêche à la coryphène pour 2026, l’installation des ghanatis (dispositifs traditionnels de concentration) de poissons est autorisée à partir du 15 juillet, tandis que la saison de pêche proprement dite débute officiellement le 15 août ; toute pêche antérieure à cette date est interdite.

À cet égard, l’association Tunsea pour la science participative considère que la mise en vente de coryphènes avant l’ouverture officielle de la saison indique une provenance issue de la pêche illégale. Elle exhorte les consommateurs à s’abstenir de les acheter, soulignant que ce geste contribue à limiter les pratiques de pêche illicites et à protéger les ressources halieutiques.

Elle a également été souligné qu’il est impératif de respecter la taille minimale légale de la coryphène (ou lambouka), fixée à 35 centimètres ; en effet, la pêche ou l’achat de poissons n’atteignant pas cette taille les empêche d’arriver à maturité et de se reproduire, ce qui nuit au renouvellement du stock naturel.

La coryphène se distingue par sa croissance rapide : son poids varie entre 400 et 500 grammes en début de saison pour atteindre environ cinq kilogrammes, voire plus, à la fin de celle-ci. Ce poisson prédateur se nourrit de sardines, d’anchois, de maquereaux, de petits poissons, de calmars et de crustacés, jouant ainsi un rôle écologique majeur dans le maintien de l’équilibre de l’écosystème marin.

En Tunisie, cette espèce est principalement pêchée à l’aide de ghanatis, des installations marines qui attirent les poissons ayant tendance à se rassembler dans les zones d’ombre ; il s’agit de l’une des plus anciennes techniques de pêche traditionnelle pratiquées dans le pays.

La coryphène (lambouka) est très prisée des consommateurs tunisiens en raison de ses qualités gustatives et de sa grande valeur nutritionnelle : c’est une source riche en protéines et pauvre en matières grasses, qui contient également des acides gras oméga-3 bénéfiques pour la santé cardiaque et cérébrale.

I. B.

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La défense alerte sur la détérioration de la santé de Ghannouchi en prison

10. August 2026 um 13:07

Le collectif de défense de l’ancien président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), Rached Ghannouchi, a annoncé que son client, incarcéré depuis avril 2023, avait entamé une grève de la faim en prison et cessé de prendre ses médicaments depuis le jeudi 6 août 2026, pour protester contre son isolement total et la privation de ses droits, ultime recours pour les défendre.

Dans un communiqué, le collectif a précisé que M. Ghannouchi, condamné à de lourdes peines de prison dans plusieurs procès intentés contre lui, avait été transféré à l’hôpital le 29 juillet dernier, ajoutant qu’il s’était vu interdire toute visite ou communication avec ses avocats et sa famille pendant 12 jours consécutifs, alors même qu’aucune information sur son état de santé n’était divulguée, malgré les demandes répétées adressées aux autorités compétentes.

Le collectif de défense a fait porter aux autorités tunisiennes l’entière responsabilité des dépassements constatés ainsi que de toute complication susceptible de menacer la santé et la vie de son client, estimant que le traitement qui est infligé à l’ancien président du parti islamiste Ennahdha constitue une atteinte à son intégrité physique, d’autant plus qu’il est âgé de 85 ans et présente un état de santé fragile.

Le collectif a également exigé que l’équipe d’avocats et la famille de Ghannouchi soient autorisées à lui rendre visite et à constater directement l’état réel de sa santé à l’hôpital.

Le 5 février 2025, il est condamné à 22 ans de prison pour « conspiration contre la sûreté de l’État ». La peine est alourdie en appel en février 2026, ce qui porte la condamnation totale à plus de 40 ans de prison.

I. B.

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Hôpital militaire de Bizerte | Démarrage bientôt des travaux de rénovation

10. August 2026 um 12:42

Le ministre de la Défense nationale, Khaled Sehili, a déclaré que les travaux d’agrandissement, de rénovation et de renforcement des effectifs de l’hôpital militaire de Bizerte devraient démarrer très bientôt.

Lors d’une visite effectuée jeudi soir, le 6 août 2026, à l’hôpital militaire de Bizerte, le ministre a inspecté les différents services et examiné, avec le personnel médical, paramédical et administratif, les solutions envisageables pour surmonter les difficultés rencontrées.

Le ministre a réaffirmé la volonté de son département de renforcer l’état de préparation de l’hôpital et d’améliorer ses services, insistant sur la nécessité de consolider les compétences du personnel grâce à la formation continue, d’encourager la recherche scientifique et de suivre les évolutions technologiques dans le domaine de la santé, selon un communiqué du ministère de la Défense, ajoutant que M. Sehili a appelé le personnel de l’hôpital — militaires et civils — à redoubler d’efforts pour améliorer la qualité des soins de santé et les rapprocher de leurs bénéficiaires, soulignant que le système de santé militaire constitue un pilier essentiel de la prise en charge des aspects moraux et sociaux des militaires ainsi que du renforcement de leur état de préparation opérationnelle.

I. B.

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Décès d’un surfeur tunisien de 21 ans au Sri Lanka

10. August 2026 um 10:21

Les médias du Sri Lanka ont annoncé la disparition d’un touriste tunisien de 21 ans, porté disparu après avoir été emporté par un courant d’arrachement alors qu’il faisait du surf au large de Weligama, et qui a été retrouvé mort. (Photo: La plage de Welligama, au Sri Lanka, très appréciée par les surfeurs).

Il s’agit de Iyed Mbarki, étudiant à l’Institut des hautes études commerciales de Carthage.

Selon la police de Weligama, le corps du jeune homme a été retrouvé dimanche matin, 9 août 2026, sur la plage de Parana Kade, à Weligama.

L’incident s’est produit samedi après-midi, alors qu’un groupe de touristes tunisiens surfait dans la zone de la plage de Parana Kade. Le jeune homme aurait été pris dans un puissant courant d’arrachement alors que des vents violents se sont levés soudainement, avant de disparaître.

À la suite de l’incident, une vaste opération de recherche a été lancée, mobilisant des sauveteurs de la police, des agents des garde-côtes et des plongeurs privés. Toutefois, les recherches ont été entravées par des conditions maritimes difficiles.

Les recherches ont connu une issue tragique dimanche matin lorsque le corps du touriste a été découvert, rejeté par la mer sur cette même plage.

I. B.

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Lecture poétique de Tahar Bekri à l’Atelier Goulven

10. August 2026 um 09:34

Sur l’invitation des Amis du Pouldu, Tahar Bekri donnera lecture, le 18 août 2026, à l’Atelier Goulven, au Pouldu, de son dernier récit Je te revois, père, paru cette année aux Ed. Edern à Bruxelles ainsi que certains de ses poèmes récents.

Depuis 1985, le poète Tahar Bekri fréquente Doëlan, Le Pouldu, Clohars Carnoët, dans le Finistère sud, en Bretagne, France. Région dont est originaire, son épouse, Annick Le Thoër, artiste-peintre. C’est ici que Paul Gauguin et ses amis ont séjourné et peint, à la fin du 19e siècle. L’endroit, qui garde encore ses merveilleux paysages a inspiré à Tahar Bekri de nombreux textes, comme L’appel de Gauguin ; Le cœur rompu aux océans ; La nostalgie des rosiers sauvages ou Les arbres m’apaisent. Il y est régulièrement invité pour donner lecture de sa poésie et rencontrer le public, médiathèque, café littéraire, galerie de peinture, etc.

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Football | Ben Romdhane atterrit au Qatar

10. August 2026 um 09:15

Al Shamal SC, vice-champion de la Qatar Stars League la saison dernière, a annoncé dimanche 9 août 2026 avoir recruté l’ancien milieu offensif de l’Espérance de Tunisie, Mohamed Ali Ben Romdhane, en provenance du club égyptien d’Al Ahly où il n’a pas réussi à s’imposer malgré la campagne favorable qui a accompagné son transfert dans le grand club cairote.

D’après l’accord trouvé entre les deux clubs pour le transfert définitif du joueur, Al Shamal SC rachètera le contrat de Ben Romdhane contre une indemnité de 1,7 million de dollars.

Dans un communiqué, Al Shamal a précisé que l’international tunisien avait passé avec succès sa visite médicale et s’apprêtait à rejoindre les entraînements de l’équipe en vue de la nouvelle saison, dont le coup d’envoi sera donné le 20 août avec la première journée de la Doha Bank Stars League.

Âgé de 21 ans, Ben Romdhane avait rejoint Al Ahly à l’été 2025 en provenance du club hongrois de Ferencváros ; il a disputé 33 matchs toutes compétitions confondues lors de la saison 2025-2026, inscrivant deux buts et contribuant à la victoire de l’équipe en Supercoupe d’Égypte.

La saison à venir revêt une importance particulière pour Al Shamal, qui fera ses débuts historiques en Ligue des champions Élite de l’AFC.

Le club a déjà recruté le Français Wesley Saïd, l’Uruguayen Federico Bais et Ibrahim Coulibaly.

Pour Mohamed Ali Ben Romdhane, qui est en train de passer à côté de la grande carrière que lui prédisaient beaucoup de techniciens, c’est une nouvelle occasion qui s’offre à lui pour relancer sa carrière. Il ne dépendra que de lui de briller dans un championnat qatari qui ne manque pas d’attrait et où les stars ne manquent pas.

I. B.  

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ATFD | Touche pas à mon Code du statut personnel !

10. August 2026 um 08:34

Dans un contexte international et régional préoccupant, caractérisé par une montée des menaces et des remises en cause grandissantes des droits des femmes, l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) organise un séminaire international sur le thème «Où en sommes-nous de l’égalité ?», entre l’homme et la femme s’entend, le mercredi 12 août 2026 à partir de 09h00 à l’Hôtel El Mechtel à Tunis (Salle des congrès au 9e étage).

Ce séminaire intervient dans une étape historique marquant le 70e anniversaire de la promulgation du Code du statut personnel (13 août 1956), considéré comme une réforme juridique pionnière et emblématique dans la région arabe et musulmane.

Le séminaire vise à évaluer les acquis et les limites du CSP dans la réalisation d’une égalité effective au sein de la famille.

Il analysera également les facteurs du recul des droits des femmes aux niveaux régional et international face aux crises et aux conflits.

Les travaux et les ateliers de ce séminaire seront couronnés par l’élaboration et l’adoption de la «Déclaration de Tunis pour l’égalité au sein de la famille», qui sera officiellement signée par l’ATFD et les organisations internationales et régionales partenaires le soir du 13 août.

Ce rendez-vous sera marqué par la participation de grandes figures des droits humains, d’universitaires et de militantes féministes portant des expériences et des parcours de lutte diversifiés de la région arabe et de son environnement régional. Parmi les principales participantes la Palestinienne Afef Ghatacha, pour analyser la réalité des lois du statut personnel et de la famille sous occupation et les mutations de l’après-Oslo ; la Soudanaise Najla Nourine, pour mettre en lumière les conditions des femmes et des familles face aux conflits armés ; la Marocaine Atifaa Timjerdine, pour présenter l’expérience du mouvement féministe marocain et sa revendication d’un changement global et profond du Code de la famille ; l’Algérienne Nadia Ait Zai, pour proposer une lecture critique des luttes et des revendications de modification du Code de la famille en Algérie ; l’Irakienne Bochra Abou Eleis, pour débattre des tensions autour de la loi irakienne sur le statut personnel et la réalité de la société irakienne ; l’Égyptienne Nivine Obeid, pour exposer les réalités et les défis actuels du mouvement féministe égyptien ; de la Kurde Nubahar Mostafa, pour présenter le modèle de la loi sur la famille dans l’Administration autonome du Kurdistan irakien ; de la Turque Dilan Kunt et Libanaise Marie Debs.

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Accord de la Mecque | Pacte de défense entre trois puissances régionales sunnites

10. August 2026 um 07:58

L’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan ont signé, vendredi 8 août 2026, «l’Accord de défense conjointe de La Mecque». Cet accord est une concrétisation du rapprochement opéré entre les trois puissance régionales sunnites. Samedi 9 août, le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan a indiqué que l’Égypte rejoindra ce pacte de défense. L’accord vise à renforcer la dissuasion conjointe face à toute agression et stipule que toute attaque armée contre l’un des trois pays est considérée comme une attaque contre les trois. Il porte également sur le développement de la coopération en matière de défense dans tous les domaines.

Imed Bahri

Le journal londonien arabophone Al-Sharq Al-Awsat rapporte que cette signature a eu lieu lors de l’Accord de défense conjointe de La Mecque signé par le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane, par ailleurs Premier ministre d’Arabie saoudite; le président turc Recep Tayyip Erdoğan et le Premier ministre pakistanais Shahbaz Sharif.

Cet accord témoigne de l’engagement des trois pays à renforcer leur sécurité et à instaurer la paix et la stabilité dans la région et dans le monde, en vue d’un avenir sûr et prospère. Il s’appuie sur les liens historiques profonds qui unissent les trois pays, fondés sur la fraternité et la solidarité islamique, et ancrés dans des intérêts stratégiques communs et une étroite coopération en matière de défense.

Renforcement de la dissuasion conjointe

L’accord vise à renforcer la dissuasion conjointe face à toute agression et stipule que toute attaque armée contre l’un des trois pays est considérée comme une attaque contre les trois. Il porte également sur le développement de la coopération en matière de défense dans tous les domaines.

Il convient de noter que la visite d’Erdoğan et de Sharif en Arabie saoudite s’est déroulée à l’invitation du Serviteur des Deux Saintes Mosquées, le roi Salman ben Abdelaziz, et qu’ils ont été reçus par le prince héritier Mohammed Ben Salmane au palais Al-Safa à La Mecque. Le Sommet conjoint de défense de La Mecque a permis de passer en revue les relations privilégiées entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan, ainsi que plusieurs questions d’intérêt commun.

De son côté, le président turc a déclaré sur la plateforme de médias sociaux X que «cet accord, fondé sur le principe de dissuasion collective, contribuera à renforcer notre coopération en matière de sécurité et de défense, à développer des projets communs dans les industries de défense et à lutter contre le terrorisme», soulignant qu’il est «ouvert à la participation de tous les pays frères qui aspirent à la paix, à la prospérité et à la stabilité dans notre région».

M. Erdogan a souligné que cet «accord réaffirme le droit à la légitime défense tel que stipulé à l’article 51 de la Charte des Nations Unies et n’est dirigé contre aucun pays», insistant sur le fait que «la Turquie maintiendra fermement sa position de principe dans la résolution des conflits et des crises par le dialogue et la diplomatie, dans le respect du droit international et conformément à sa vision de la souveraineté régionale».

De son côté, le président pakistanais, Asif Ali Zardari, s’est félicité de la signature de l’accord, le qualifiant d’avancée majeure qui renforcera la paix, la sécurité et la stabilité dans la région et dans le monde. Il a souligné que «l’accord renforcera les capacités de défense conjointes des trois pays et témoigne de leur engagement à bâtir un avenir sûr, stable et prospère pour leurs peuples», selon un communiqué publié par l’agence de presse pakistanaise.

Réaffirmation du droit à la légitime défense

Zardari a souligné que cet accord représente une étape importante dans le renforcement du partenariat stratégique entre les trois pays, et a exprimé l’espoir que cet accord historique contribuera à améliorer la sécurité, la paix et la prospérité et sera bénéfique au monde musulman.

De son côté, le Premier ministre Shahbaz Sharif, via son compte officiel sur X, a affirmé que cet accord «représente un moment charnière dans la coopération entre trois nations sœurs, dont les relations reposent sur la confiance mutuelle, un destin commun et la conviction de l’importance de consolider la sécurité et la stabilité et de préserver la paix régionale».

Il a ajouté que «la signature de cet accord dans la ville sainte de La Mecque lui confère une dimension historique et symbolique qui reflète la profondeur de notre responsabilité commune envers la sécurité de nos pays, au service des intérêts de nos peuples et au renforcement de la stabilité du monde musulman», espérant qu’il constituera «le fondement d’un partenariat stratégique durable qui permettra d’accroître la sécurité et la prospérité de nos trois pays et contribuera au bien-être du monde musulman et à la sécurité régionale».

Pour sa part, le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid bin Salman, a déclaré sur son compte X que «cet accord établit un cadre pour un partenariat de défense à long terme, renforçant la dissuasion, la coordination et l’intégration entre nos nations sœurs et contribuant à la sécurité et à la stabilité de la région et du monde».

Dans le même esprit, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan, a expliqué que la signature de l’accord confirme la profondeur des relations fraternelles et stratégiques entre les trois pays soulignant qu’elle représente une étape importante dans leur coopération en matière de défense et concrétise la volonté commune d’unir les efforts pour faire face aux défis et aux menaces qui affectent la sécurité et la stabilité de la région.

Le prince Faisal bin Farhan a ajouté dans une publication sur X que «cet accord incarne la volonté politique commune des trois pays de protéger la sécurité et la stabilité, et de soutenir un environnement régional plus sûr, au service de nos pays et de leurs peuples, avec un impact positif sur l’ensemble de la région, et ouvre la voie à un avenir sûr où les opportunités de développement et de prospérité seront renforcées».

Intégration des capacités de défense

D’autre part, le ministère saoudien des Affaires étrangères a déclaré que l’accord réaffirme les liens fraternels unissant les trois pays face aux défis sécuritaires et aux menaces militaires. Il leur permet également de développer des capacités de défense communes, une dissuasion stratégique, d’améliorer leur niveau de préparation et de travailler au développement et à l’intégration de leurs capacités de défense.

Par ailleurs, le diplomate Raed Qarmali, responsable au ministère saoudien des Affaires étrangères chargé de la diplomatie publique, a indiqué qu’outre le développement des capacités de défense communes et  leur intégration afin de faire face conjointement à toute menace à la sécurité de leurs territoires, toute attaque armée extérieure contre l’un des trois pays est considérée comme une attaque contre les trois. Il a toutefois souligné que cet accord ne reflète aucune intention de constituer un axe militaire ou un bloc sectaire ou religieux et n’est lié ni à des ambitions nucléaires ni à une course aux armements mais vise plutôt à renforcer durablement l(autonomie du pays.

Qarmali a précisé que cet accord ne compromet pas les solides relations stratégiques que l’Arabie saoudite entretient dans le Golfe, au niveau arabe et international, ne menace pas la sécurité d’aucun pays de la région et n’exacerbe pas les tensions entre les pays. Il a clarifié qu’il n’annule ni ne remplace aucun accord bilatéral ou multilatéral conclu entre ces pays ou avec d’autres pays et organisations.

Commentant cet accord, le professeur de communication politique Abdullah Al-Rifaï l’a qualifié d’«extrêmement important» puisqu’il contribue à garantir l’équilibre dans la région et renforce ainsi la sécurité et la stabilité au cœur du monde dans une région qui est une source d’énergie majeure et un axe maritime essentiel entre l’Est et l’Ouest. De ce fait, il estime que l’Accord de la Mecque renforce les perspectives de sécurité, de stabilité et de paix régionales.

Dans sa déclaration à Asharq Al-Awsat, Al-Rifaï note que la présence d’une puissance régionale capable de contrebalancer les autres puissances concurrentes dans la région favorisera le processus de sécurité, de paix et de stabilité, d’autant plus que les trois pays aspirent à la sécurité, à la stabilité et au développement et que l’accord s’inscrit dans ce cadre.

Le professeur de communication politique rappelle que l’accord ne vise aucun pays en particulier mais vise plutôt à renforcer les perspectives de paix et l’équilibre qui y conduit.

Dans un contexte similaire, l’expert en stratégie et en affaires militaires Faisal Al-Hamad a déclaré à Asharq Al-Awsat que «la signature de cet accord témoigne de la volonté de l’Arabie saoudite de coopérer avec les pays frères et amis afin de préserver la sécurité et la stabilité régionales et mondiales».

Un droit souverain des États

Al-Hamad a souligné que cet accord de défense relève du droit souverain de tout État et qu’aucune injonction extérieure ne s’applique à ce droit. Il a ajouté que cet accord n’est pas une réaction à la situation actuelle, mais le fruit de plusieurs années de discussions. Il ne constitue pas une alliance, il s’agit d’un accord de défense qui engage trois pays à préserver leur sécurité et leur stabilité, ce qui a un impact positif sur la sécurité et la stabilité du Moyen-Orient.

L’expert en stratégie et en affaires militaires a souligné que cet accord est purement défensif, c’est-à-dire qu’il n’a pas pour but d’attaquer un pays ni de nuire aux intérêts d’un autre pays de la région ou d’ailleurs et qu’il n’affectera pas les diverses relations stratégiques que les trois pays entretiennent avec d’autres pays, qu’elles soient économiques, militaires ou politiques.

On remarquera au passage qu’aucun responsable ou analyste n’a cité Israël ou l’Iran, comme constituant des menaces potentielles pour la paix régionale et particulièrement pour les trois pays, mais il n’échappe à personne que ces menaces-là étaient présentes à l’esprit des dirigeants saoudiens, turcs et pakistanais au moment de la signature dudit accord. Ces trois alliés historiques des Etats-Unis savent qu’ils ne peuvent plus compter sur ce pays pour assurer leur protection en cas d’agression extérieure.    

Concernant les domaines de coopération inclus dans l’accord, Al-Hamad a déclaré: «Cette alliance de défense repose sur le principe que toute attaque contre un pays sera considérée comme une attaque contre les trois. Cependant, il ne s’agit pas simplement d’une question d’action et de réaction. En effet, lorsqu’un pays attaqué demande l’assistance des autres pays pour des opérations militaires et une entrée en guerre, les autres pays se joindront à lui. Ceci est similaire à l’article 5 du traité de l’Otan».

Quant aux futurs domaines de coopération, l’expert a évoqué les exercices militaires conjoints, le partage de renseignements, la coopération dans les industries de défense, la recherche et le développement, le transfert de technologies militaires et une coordination opérationnelle renforcée entre les forces armées des trois pays. Il a souligné que l’aspect le plus important est que «l’accord signé représente le cadre politique et juridique de cette alliance de défense trilatérale».

En attendant l’Égypte 

Selon le turc des Affaires étrangères Hakan Fidan, le président Recep Tayyip Erdogan souhaite voir l’alliance s’élargir et l’Égypte figure au nombre des candidats potentiels à une adhésion. M. Fidan a déclaré : «L’Égypte est déjà notre partenaire naturel sur toutes les questions. Je pense qu’à la prochaine étape, l’Égypte sera également avec nous au sein de l’alliance». Il a ajouté: «Selon la vision de notre président, nous ne devons pas nous limiter à trois pays. Nous devons nous développer et, si nécessaire, rassembler tous les pays sous ce même toit».

Il est à indiquerai que ces derniers mois, la Turquie, l’Arabie saoudite, le Pakistan et l’Égypte se sont regroupés pour traiter des questions régionales dont la guerre d’Iran. La Turquie a indiqué que ce groupe baptisé R4 visait à consolider son partenariat grâce à des mécanismes concrets.

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Plage de Sidi Salem à Bizerte | Oued Harraga au cœur d’une alerte écologique

10. August 2026 um 07:00

La plage de Sidi Salem à Bizerte est confrontée à un problème récurrent de pollution lié aux rejets d’eaux usées en amont de l’Oued Harraga. En période estivale, la faiblesse des débits, conjuguée à l’accumulation de matières organiques et à la fermeture de l’embouchure par un cordon sableux, peut favoriser la stagnation des eaux et la dégradation de leur qualité. Une situation qui soulève des enjeux sanitaires, environnementaux et économiques.

Lotfi Sahli *

Chaque été, le paysage balnéaire de Sidi Salem est confronté à une problématique environnementale persistante : la qualité des eaux à proximité de l’embouchure de l’Oued Harraga.

En l’absence d’un raccordement complet de certains secteurs riverains au réseau public d’assainissement, des rejets domestiques peuvent parvenir au cours d’eau. En période de fortes chaleurs, la diminution des débits réduit la capacité naturelle de dilution, tandis que les matières organiques peuvent s’accumuler.

À l’embouchure, la formation d’un cordon sableux peut par ailleurs limiter les échanges avec la mer. Les eaux stagnantes sont alors susceptibles de générer des nuisances olfactives et de favoriser le développement de microorganismes. La proximité immédiate de la plage transforme ainsi un problème d’assainissement en enjeu potentiel de santé publique et de protection du littoral.

Une pollution aux conséquences multiples

Au-delà de la dégradation visuelle et olfactive du site, la situation soulève trois préoccupations majeures.

Un enjeu sanitaire : la présence éventuelle de bactéries indicatrices de contamination fécale dans des eaux affectées par des rejets domestiques peut représenter un risque pour les usagers, notamment les baigneurs. Les risques potentiels comprennent des troubles gastro-intestinaux ainsi que certaines infections cutanées ou ORL. Seules des analyses microbiologiques régulières permettent toutefois d’établir précisément le niveau de contamination et le risque sanitaire associé.

Un enjeu écologique : l’apport excessif de matières organiques et de nutriments peut modifier l’équilibre du milieu aquatique. À terme, ces apports sont susceptibles de favoriser des phénomènes d’eutrophisation, d’appauvrir localement le milieu en oxygène et de perturber les organismes vivant dans les sédiments et les eaux côtières.

Un enjeu économique : la dégradation de la qualité environnementale d’une plage peut également affecter son attractivité. À Sidi Salem, les conséquences potentielles concernent directement les activités liées à la saison estivale, notamment les commerces, les établissements de restauration et les services dépendant de la fréquentation balnéaire.

La qualité des eaux à proximité de l’embouchure de l’Oued Harraga pose un problème écologique et sanitaire.

Quelles réponses face à l’urgence ?

Pour sortir de cette situation récurrente, une intervention efficace devrait combiner mesures d’urgence, travaux d’assainissement et dispositif durable de surveillance.

Phase 1 – Urgence et sécurisation :

– Informer et protéger les usagers : en cas de dépassement des seuils sanitaires, une signalisation claire et, si nécessaire, une interdiction temporaire de baignade devraient être mises en place à proximité des zones concernées, sur la base de résultats d’analyses fiables ;

– Rétablir l’écoulement : lorsque la fermeture de l’embouchure contribue à la stagnation des eaux, des opérations hydrauliques adaptées pourraient être envisagées par les autorités compétentes, après évaluation de leurs impacts environnementaux ;

– Identifier les rejets : une inspection du réseau et du lit de l’oued permettrait de localiser les éventuels branchements non conformes et de procéder à leur suppression ou à leur régularisation.

Phase 2 – Assainissement et infrastructures :

– Accélérer le raccordement au réseau public : l’extension du réseau d’assainissement aux secteurs encore insuffisamment desservis constitue l’une des réponses prioritaires. Le raccordement des habitations concernées devrait être accompagné d’un contrôle de conformité des installations ;

– Étudier des solutions de traitement naturel : selon les caractéristiques hydrologiques du site, la création d’une zone humide artificielle, d’un bassin de décantation ou d’un dispositif de phytodépuration pourrait contribuer à réduire certains polluants avant leur arrivée dans le milieu naturel. Ces solutions nécessitent toutefois une étude technique préalable ;

– Améliorer la gestion des eaux : une séparation efficace des réseaux d’eaux pluviales et d’eaux usées permettrait également de limiter les risques de surcharge et de rejets accidentels lors des épisodes pluvieux.

 Phase 3 – Surveillance et gouvernance à long terme :

– Traiter durablement les effluents :  l’objectif doit être de supprimer les rejets d’eaux usées dans l’oued et d’assurer leur acheminement vers les infrastructures d’assainissement appropriées ;

– Rendre les données sanitaires accessibles : un programme régulier de surveillance microbiologique de la qualité des eaux de baignade, accompagné d’une publication claire des résultats, permettrait d’informer les habitants et les visiteurs et de renforcer la confiance dans les mesures prises ;

– Associer les citoyens : Les associations locales, les riverains et les professionnels du tourisme ont également un rôle à jouer. Sensibilisation, signalement des rejets et participation aux opérations de vigilance peuvent compléter l’action des autorités publiques.

De l’alerte à l’action

Le cas de l’Oued Harraga illustre une problématique plus large : la fragilité des zones littorales face aux insuffisances d’assainissement et à la pression urbaine.

À Sidi Salem, la réponse ne pourra être durable que si elle s’attaque simultanément à l’origine des rejets, à la qualité des eaux et à la gestion de l’embouchure. Au-delà des interventions ponctuelles en période estivale, c’est donc une stratégie coordonnée entre services d’assainissement, autorités locales, organismes chargés du littoral, riverains et associations qui apparaît nécessaire.

L’enjeu dépasse désormais la seule qualité d’une plage : il s’agit de préserver durablement un espace naturel, une activité économique et un patrimoine essentiel pour les habitants de Bizerte.

* Président du bureau de la Conect à Bizerte.

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Empfangen — 09. August 2026 Französischsprachig

Tunisie | Record des signalements de coupures d’eau en juillet

09. August 2026 um 14:06

L’Observatoire tunisien de l’eau a indiqué que la Tunisie a franchi une étape critique d’urgence hydrique, alors que les températures grimpent et que l’été atteint son pic, sur fond d’une augmentation des signalements concernant les problèmes d’approvisionnement en eau.

L’Observatoire a précisé que le mois de juillet écoulé a enregistré un nombre record de 608 signalements — le chiffre le plus élevé depuis le début de l’année —, reflétant l’aggravation récente des problèmes liés à l’eau. Le gouvernorat de Nabeul arrive en tête de liste avec 65 signalements, suivi de celui de Monastir (62) et de Mahdia (51).

Le gouvernorat de Sousse occupe la quatrième place avec 49 signalements, suivi de Sfax (42) et de Médenine (41).

La Société nationale d’exploitation et de distribution de eaux (Sonede) justifie ces coupures par les pannes qui surviennent dans son réseau en raison de la vétusté des équipements et des canalisations, dont certains remontent aux années 1980 et 1990.

Les déficits financiers cumulés par cette entreprise publique et sa mauvaise gouvernance chronique expliquent cette situation dont souffrent les citoyens dans pratiquement toutes les régions du pays.

Avec un mois d’août qui se profile plus chaud que d’habitude, en raison du réchauffement climatique, les citoyens ne sont pas au bout de leur peine. Jusqu’à quand va se poursuivre cette torture générale à laquelle sont soumis les Tunisiens du fait de l’incompétence et de l’inanité de leurs dirigeants ?

I. B.

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Des condamnés nettoient une plage à Djerba

09. August 2026 um 13:41

Plusieurs personnes condamnées ont participé à une opération de nettoyage d’une plage de l’île de Djerba, dans le cadre de l’exécution d’une peine alternative. Au moment où nos prisons sont pleines à craquer et où nos plages et nos rues sont jonchées de détritus, cette action mérite d’être poursuivie dans d’autres régions tunisiennes.    

Mohamed Bakhouche, responsable du bureau de probation de Médenine, a expliqué ce dimanche 9 août 2026, lors de son intervention sur Diwan FM, que ce bureau a débuté ses activités effectives le 17 février 2021. Il compte quatre agents de probation et est placé sous la direction du juge d’application des peines.

M. Bakhouche a indiqué que la campagne de nettoyage de la plage à Djerba s’inscrit dans une démarche de réforme visant à éviter l’incarcération et à substituer à la peine de prison — lorsque la loi le permet — un travail d’intérêt général.

Le bureau de probation assure la mise en œuvre de ces décisions en orientant les condamnés, en fonction de leurs compétences et des besoins des établissements publics, vers des structures ou des sites définis en coordination avec les autorités compétentes, a explique M. Bakhouche, en précisant que les peines alternatives ne s’appliquent pas à toutes les condamnations, mais concernent des affaires spécifiques prévues par la loi, notamment les délits et les infractions mineurs.

I. B.

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Subvention américaine de 1,5 million de dollars pour un projet dans le phosphate tunisien ! 

09. August 2026 um 13:17

L’ambassade des États-Unis à Tunis et le Bureau des affaires du Proche-Orient (Bureau de coordination de l’aide) ont lancé un appel à soumission de propositions pour une nouvelle initiative majeure visant à soutenir des investissements transparents privés dans le secteur tunisien des phosphates. L’initiative s’intitule «Sécurisation des chaînes d’approvisionnement américaines en minéraux critiques – Tunisie».

«Nous recherchons des organisations innovantes pour contribuer à renforcer les liens commerciaux et d’investissement, optimiser les normes techniques en aval et soutenir des chaînes d’approvisionnement mondiales résilientes et transparentes», souligne l’appel à propositions.   

Le montant de l’unique subvention est de 1 000 000 à 1 536 511 US$ et la durée du projet est fixée entre 18 et 24 mois 

Les organisations à but non lucratif, les entreprises à but lucratif, les universités et les instituts de recherche américains et internationaux de confiance, possédant une expertise dans le financement de projets, la diplomatie commerciale ou le développement minier, peuvent postuler à cette subvention.  

La date limite pour s’informer est le 18 août 2026 et celle du dépôt de la candidature est le 2 septembre 2026 (23 h 59, heure de la côte Est des États-Unis) 

Contact : NEA-Grants@state.gov (Réf : DFOP0019505) 

Soumission de la candidature via ce lien.

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La Bourse de Tunis, levier méconnu de la restructuration publique

10. August 2026 um 08:30

Face aux contraintes budgétaires, à la rareté des devises et aux réticences affichées vis-à-vis de certains bailleurs de fonds internationaux, la Tunisie ne peut plus faire l’économie d’une réflexion stratégique sur son marché financier. La Bourse des valeurs mobilières de Tunis (BVMT) ne doit plus être abordée comme un club restreint pour investisseurs institutionnels, mais comme le véritable moteur de démocratisation du capital, de restructuration des entreprises publiques et de captation de l’épargne informelle.

Abdelwaheb Ben Moussa *

Le constat macroéconomique est d’une stricte lucidité : dans une économie dépendante de ses approvisionnements extérieurs (énergie, céréales, matières premières), la création monétaire non adossée à une création de valeur réelle ne fait que nourrir l’inflation. S’il est possible de créer des lignes de crédit en monnaie nationale, le pétrole et les produits de première nécessité s’acquièrent en devises.

Dès lors que le recours aux emprunts extérieurs classiques se heurte à des exigences de souveraineté et que le secteur bancaire local porte déjà un niveau élevé de risque d’État, vers quelle alternative se tourner ? La réponse réside dans la profondeur encore inexploitée du marché financier local.

Le fardeau budgétaire des entreprises publiques

La Tunisie compte plus d’une centaine d’entreprises publiques dont les déficits récurrents pèsent lourdement sur les équilibres des finances publiques. L’erreur d’analyse consisterait à poser le problème sous la forme d’un dilemme binaire : la cession sauvage du patrimoine ou le maintien d’un statu quo dépendant des transferts budgétaires.

Une troisième voie existe, largement éprouvée par de grands pays émergents : l’ouverture minoritaire du capital via la Bourse. Il s’agit :

– d’introduire progressivement sur la Bourse de Tunis des participations minoritaires dans des acteurs publics industriels et commerciaux ne signifie pas renoncer au contrôle de l’État. C’est, au contraire, lever des capitaux propres frais pour financer la modernisation et l’investissement sans alourdir la dette publique ;

– d’instaurer une discipline de gouvernance fondée sur le reporting financier transparent, l’audit indépendant et l’obligation de performance ;

– d’offrir un support d’investissement à l’épargne nationale, en permettant aux citoyens et aux institutionnels de devenir actionnaires du développement économique.

Cependant, l’introduction en bourse ne saurait constituer un remède miracle immédiat : elle ne remplace pas l’effort préalable d’assainissement des bilans. L’État doit jouer pleinement son rôle d’actionnaire stratège en restructurant la dette croisée avant toute cotation.

Capter l’informel par l’inclusion financière

L’autre gisement de croissance réside dans la masse monétaire qui échappe aux circuits bancaires officiels. Les liquidités circulant dans l’économie parallèle ne constituent pas seulement un manque à gagner fiscal : elles témoignent d’une défiance systémique vis-à-vis des canaux traditionnels.

Pour réintégrer ces flux dans le circuit formel, la contrainte réglementaire doit s’accompagner d’une incitation opérationnelle : la numérisation intégrale des paiements et le déploiement du mobile banking. En simplifiant l’accès aux services financiers digitaux pour les populations non bancarisées, l’État et le secteur financier peuvent reconstituer la liquidité globale nécessaire au financement du secteur privé.

La volatilité récente des indices boursiers ne fait que refléter les incertitudes de l’économie réelle. Pour transformer ces contraintes en leviers de reprise, les politiques publiques doivent s’aligner autour de priorités claires :

– une banque centrale veillant à la stabilité monétaire tout en favorisant la neutralité prudentielle ;

– un ministère des Finances orienté vers l’assainissement de l’actionnariat public et la rationalisation des charges ;

– un marché financier érigé en instrument privilégié de collecte de l’épargne et d’orientation des investissements.

La véritable souveraineté économique réside dans la capacité à maîtriser les outils financiers et à les mettre au service des priorités nationales. Il est temps de faire de la Bourse de Tunis un pilier central de la rénovation du modèle économique national.

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Tunisie – Algérie | Non à la spoliation, à l’intimidation et à la vassalisation !

09. August 2026 um 09:20

À la demande pressante d’amis chers et de confrères dont le patriotisme commande le respect, il convient aujourd’hui — à contre-cœur et en me pinçant très fort le nez — de descendre dans l’arène. L’objectif est de dissiper le tissu de contes de fées et de contre-vérités crasses que le soi-disant Dr Abderrahmane Cherfouh a commis dans les colonnes de Kapitalis pour tenter de faire taire la critique et de délégitimer mes analyses sur les relations tuniso-algériennes. **

Elyes Kasri *

Ce texte de la plume indigeste du Dr Cherfouh ne relève ni de la réflexion ni du débat d’idées, mais d’une tentative de voltige informationnelle assez pathétique.

Accuser un diplomate tunisien de «diaboliser» l’Algérie parce qu’il dissèque les leviers d’influence d’un pays voisin est un procédé d’intimidation intellectuelle usé jusqu’à la corde.

Passer au scalpel les impostures de ce censeur d’opérette permet de trancher dans le vif d’une relation bilatérale que certains tentent de faire avaler sous perfusion sentimentale.

1- L’imposture morale : avant d’ausculter la souveraineté tunisienne, Dr Chelfouh, en mal de reconnaissance, devrait interroger son effroyable désertion morale.

Voilà un clinicien qui a choisi de s’installer confortablement au Canada, fuyant la misère politique et économique de son propre pays pour aller soigner les rhumes à Montréal.

En s’exilant pour son confort personnel, il a délibérément choisi de priver ses concitoyens de ses prétendus talents, foulant aux pieds le serment d’Hippocrate avec un cynisme consommé.

C’est depuis son exil doré, bien au chaud à des milliers de kilomètres, que Dr Cherfouh s’improvise général en chef du patriotisme maghrébin.

Son indignation sélective et sa sémantique, si lourdement calquée sur les communiqués de presse des officines de la Mouradia, trahissent sa véritable fonction : celle de prête-nom pour la propagande d’un régime militaire aux abois.

La plume du Dr Cherfouh n’est pas guidée par la fraternité, elle est simplement téléguidée. Le public tunisien refuse de recevoir des ordonnances géopolitiques d’un expatrié qui a troqué son stéthoscope contre les basses œuvres de la guerre psychologique régionale.

2- La nature prédatrice de la junte d’Alger :  Dr Cherfouh tente de draper la junte d’Alger dans les vertus de la fraternité maghrébine. La réalité politique est une insulte à ce concept.

L’Algérie est gouvernée par une oligarchie militaire prédatrice, une gérontocratie de généraux à médailles qui maintient son propre peuple sous une chape de plomb d’un autre âge, étouffe l’expression populaire, embastille les journalistes au moindre mot et a totalement assassiné l’élan démocratique du Hirak.

Ce paternalisme de caserne, où un régime despotique, liberticide et corrompu se pique de donner des leçons de morale et de bon voisinage par l’intermédiaire du soi-disant Dr Chelfouh, est d’un comique absolu.

Au-delà de la farce rhétorique, il faut appeler les choses par leur nom : le régime militaire d’Alger s’est érigé en principale menace contre les aspirations démocratiques, de justice sociale et de progrès du peuple tunisien.

En exportant son modèle autocratique et liberticide par un chantage permanent, la Mouradia cherche activement à étouffer le pluralisme tunisien.

Ce pouvoir gérontocratique ne peut tolérer l’émergence d’une véritable démocratie moderne et progressiste à ses portes, de peur qu’elle ne serve d’exemple à une jeunesse algérienne opprimée.

Saboter le progrès institutionnel et social de la Tunisie est une stratégie de survie pour cette junte kleptocrate.

Un régime qui traite ses propres citoyens en sujets terrorisés n’a aucune légitimité pour venir dicter les frontières de la liberté d’expression ou des analyses diplomatiques en Tunisie.

Que ces messieurs les généraux balaient d’abord les cours de leurs propres prisons avant de vouloir régenter l’esprit critique tunisien.

De plus, de la «décennie noire» aux maquis du GSPC et d’Aqmi, Alger a toujours utilisé la porosité terroriste transfrontalière comme un bouton de pression politique pour forcer Tunis à l’alignement.

3- Le chantage au Transmed ou le paradoxe d’un cordon ombilical vital : l’arrogance d’Alger atteint son paroxysme lorsque, par la voix du Dr Cherfouh, elle présente le transit du gaz comme une «faveur» ou une obole charitable accordée à la Tunisie. C’est un contresens économique absolu.

Le régime algérien est en situation de faillite systémique sur tous les plans. Il ne survit artificiellement que grâce à la rente des hydrocarbures, dont une part majeure transite par le gazoduc Transmed via le sol tunisien pour alimenter l’Italie.

Le Transmed n’est pas une fleur faite à la Tunisie ; c’est le ballon d’oxygène vital de la Mouradia, la laisse énergétique sans laquelle le budget de l’État algérien s’effondrerait instantanément.

Et pourtant, par un renversement burlesque des réalités, Alger utilise ce tuyau indispensable à sa propre survie comme une arme de chantage pour vassaliser la Tunisie.

Ce piratage commercial s’appuie sur une spoliation tarifaire évidente :

1 – une redevance tunisienne dérisoire de 5,25 %. Pour 400 kilomètres d’infrastructures lourdes qui hypothèquent le territoire national, la Tunisie ne perçoit qu’une maigre redevance, un taux dérisoire bloqué par les menaces d’Alger depuis des décennies;

2- le modèle souverain du Maroc : à titre de comparaison, sur l’ancien gazoduc GME, le Maroc avait imposé un taux de 7 % à 10 % des volumes, assorti du transfert de la propriété intégrale des installations à l’État marocain après 25 ans.

Autant dire qu’à Alger, on sait compter quand il s’agit d’exploiter les voisins à vil prix, tout en se permettant de menacer de fermer les vannes à la moindre velléité d’indépendance diplomatique et d’expression des aspirations démocratiques de la Tunisie.

La diplomatie n’est pas une affaire de sensiblerie mémorielle ni de slogans lénifiants comme le «khawa-khawa» bon pour les naïfs.

La Tunisie n’a besoin ni de la protection étouffante ni des conseils d’un pays en faillite systémique qui ne produit rien d’autre que du ressentiment.

En analysant lucidement les risques de cette dépendance structurelle, les observateurs indépendants font leur strict devoir d’expertise et de patriotisme.

Les valets d’influence de la Mouradia, qu’ils écrivent masqués derrière la fausse identité du soi-disant Dr Cherfouh depuis son exil doré et pantouflard au Canada ou à découvert, doivent comprendre que la Tunisie n’est pas et ne sera jamais la 70e wilaya algérienne. Surtout qu’elle a toujours, tout au long de son histoire plusieurs fois millénaire, gouverné ce territoire voisin à partir de Carthage, Dougga, Kairouan, Mahdia et Tunis.

Le droit à la liberté d’opinion et d’analyse géopolitique restera libre, souverain et totalement imperméable aux intimidations des censeurs d’Alger ou d’ailleurs.

Un vieux proverbe tunisien dit :.ما دواء الفم الابخر كان السواك الحار

* Ancien ambassadeur.

** La rédaction : avec cette réponse, on clos ce débat qui ne saurait s’éterniser.

Les précédents éléments de ce débat tuniso-algérien sur Kapitalis :

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Tunisie – Algérie | Le litige frontalier entre l’histoire et le droit

09. August 2026 um 08:30

En réaction à l’article de M. Abderrahmane Fékih intitulé «Tunisie-Algérie / aux origines d’un contentieux territorial» et à sa prise de position ravivant des griefs territoriaux et énergétiques relatifs aux relations algéro-tunisiennes, ce texte entend apporter un point de vue fondé sur la rigueur du droit international public (uti possidetis juris, Convention de bornage de 1970) ainsi que sur la réalité des enjeux techniques et économiques (gisement d’El Borma, partenariat gazier TransMed). L’objectif de cette contribution est de proposer une analyse objective et apaisée, démontrant que la solidité stratégique entre la Tunisie et l’Algérie repose sur des traités souverains incontestables et ne saurait être altérée par des récits d’amertume ou des tentatives de déstabilisation mémorielle.

Dr Abderrahmane Cherfouh *

Ceci dit, M. Fékih, je prends acte avec satisfaction de votre ton courtois et de votre attachement à la fraternité algéro-tunisienne, des sentiments que je partage du fond du cœur.

Cependant, la «vérité historique» que vous cherchez à me rappeler ne relève pas de faits oubliés, mais d’une grille de lecture anachronique. Rétablir la vérité, ce n’est pas déterrer des griefs éteints par le droit international ; c’est rappeler avec sérénité que la solidité de nos liens repose sur des traités souverains et des engagements que nos deux nations ont réellement choisis d’honorer.

Face à des récits qui risquent d’installer une défiance artificielle entre deux peuples frères, l’examen du droit, de la réalité du terrain et de nos accords bilatéraux le prouve : entre l’Algérie et la Tunisie, la solidarité stratégique n’est pas une illusion, mais un choix fondamental scellé par l’Histoire, basé sur le respect mutuel et le bon voisinage.

I. Le droit international et la souveraineté territoriale

Sur le plan du droit international, votre position repose sur une confusion majeure entre les différends franco-tunisiens de l’époque coloniale et les obligations d’un État algérien souverain ayant acquis son indépendance en 1962.

En qualifiant de «mauvaise foi» le refus de l’Algérie indépendante de céder des territoires délimités sous la colonisation, vous fermez les yeux sur une règle fondamentale du droit international public : le principe de l’uti possidetis juris («vous posséderez ce que vous possédiez»). Consacré en Afrique dès juillet 1964 par la Déclaration du Caire de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), ce principe veut que les nouveaux États accèdent à l’indépendance dans les frontières administratives héritées de la puissance coloniale.

Cette règle n’a pas été conçue pour avantager l’Algérie aux dépens de la Tunisie ou d’un autre pays, mais pour offrir un cadre clair, capable d’éviter les déchirements, la guerre, les luttes fratricides, le sang et le chaos sur le continent.

Remettre en cause les tracés hérités au nom de prétentions historiques antérieures ouvrirait une boîte de Pandore aux conséquences imprévisibles pour toute la région — qu’on pense aux découpages coloniaux ayant amputé l’Algérie à l’Ouest au profit de la Moulouya, ou aux dynamiques transfrontalières des populations touarègues au Sud.

C’est précisément pour prémunir le continent contre ces querelles sans fin que le droit international a tranché.

Dès son accession à la souveraineté le 5 juillet 1962, l’Algérie héritait donc légitimement de son territoire dans ses contours existants. Vouloir opposer un arrangement politique provisoire, discuté dans la douleur de la guerre de libération (comme les échanges entre Ferhat Abbas et Habib Bourguiba), à une norme internationale impérative constitue un anachronisme juridique.

La Tunisie souveraine du président Bourguiba l’avait d’ailleurs parfaitement compris. En signant la Convention de bornage du 6 janvier 1970, elle réglait définitivement, et dans un esprit de fraternité, la question des frontières communes. Parler aujourd’hui de «spoliation», c’est méconnaître le droit international, mais c’est aussi effacer la signature de l’État tunisien lui-même.

Par conséquent, vous tentez d’expliquer l’abandon des revendications tunisiennes par un soi-disant «rapport de forces» défavorable, suggérant que Habib Bourguiba aurait plié sous la contrainte face à une Algérie menaçante et mieux armée. Cette lecture simpliste fait injure à la mémoire et à la stature diplomatique du Combattant suprême.

Dans les années 1960, l’Algérie sortait à peine d’une guerre de libération éprouvante et se concentrait tout entière sur sa reconstruction. Elle n’a jamais menacé la Tunisie d’une quelconque intention belliqueuse. Habib Bourguiba, fin diplomate, intelligent et respecté sur la scène internationale, n’a pas cédé à la peur. Visionnaire, il a agi en homme d’État (voir mon article publié dans Kapitalis : «Israël-Palestine : Et si les Arabes et les Palestiniens avaient écouté Bourguiba en 1965 ?»). En adhérant à la Charte de l’OUA en 1964 et en signant la Convention de 1970, il a fait le choix de la raison, de la stabilité et de l’avenir du Maghreb. Réduire cette décision mûrie à une capitulation est une contrevérité qui altère la portée d’un engagement historique.

II. La réalité technique d’El Borma et les enjeux énergétiques

Vous allez plus loin dans le procès d’intention en réveillant la légende urbaine du «puits oblique» que l’Algérie aurait creusé pour «détourner le pétrole tunisien» à El Borma. Ce récit spectaculaire, très populaire sur les réseaux sociaux, ne résiste pas un instant à la réalité géologique.

Le gisement d’El Borma est un réservoir pétrolier continu qui s’étend de part et d’autre de la frontière. En matière d’hydrocarbures, l’exploitation d’une nappe commune suit les lois de la physique des fluides, pas des scénarios de piraterie industrielle. Loin des théories du complot, la gestion d’El Borma a toujours fait l’objet d’échanges techniques réguliers entre les compagnies nationales des deux pays (Sitep et Sonatrach) pour exploiter la ressource de manière rationnelle et respectueuse de la souveraineté de chacun. Transformer un enjeu technique classique en preuve d’«ingratitude» relève du raccourci politique et déforme la réalité de notre coopération. Les ingénieurs tunisiens ne sont pas si naïfs ni aussi dupes pour ne pas découvrir un soi-disant détournement de pétrole à El Borma.

En qualifiant l’attitude de l’Algérie d’«acte prédateur», vous vous éloignez de la rigueur historique pour privilégier l’émotion et les accusations personnelles. Si l’Algérie s’était comportée en «prédateur», comment expliquer des décennies de partenariat stratégique, le partage des retombées du gazoduc TransMed qui traverse le territoire tunisien vers l’Europe, ou les approvisionnements énergétiques d’urgence accordés lors des moments critiques ?

Il n’y a pas meilleure illustration que le dernier message daté du 4 août 2026 adressé par la Tunisie à l’Algérie : une lettre de remerciement de la Steg aux dirigeants de Sonelgaz pour son soutien décisif en approvisionnement électrique, signée par Fayçal Trifa, PDG de la STEG.

La vraie fraternité ne consiste pas à ignorer les divergences, mais à savoir les résoudre par le dialogue et le droit. Réduire plus de soixante ans de solidarité à une rhétorique de la prédation est une posture qui ne sert ni la vérité, ni les intérêts de nos deux peuples.

En demandant «un peu d’humilité» et en ramenant la coopération énergétique à une simple fatalité géographique, vous faites une erreur de lecture sur la diplomatie interétatique.

La sécurité énergétique et la solidarité régionale ne relèvent ni de la charité paternaliste, ni de la condescendance, mais d’un partenariat réfléchi. Le passage du gaz algérien par la Tunisie via le TransMed est un accord équilibré : il offre à la Tunisie des redevances précieuses et une énergie sécurisée, tout en assurant à l’Algérie un accès fiable au marché européen.

Rappeler ces faits n’a rien d’arrogant ; c’est un acte de clarté. L’arrogance consisterait plutôt à balayer d’un revers de la main des décennies d’accords et de solidarité concrète pour nourrir une méfiance artificielle et préfabriquée entre deux peuples voisins.

En ironisant sur les livraisons de gaz, vous confondez aussi soutien tarifaire et don budgétaire. Personne n’a jamais prétendu que l’Algérie versait une aide directe sans contrepartie. La réalité repose sur deux leviers bien réels : la redevance de transit perçue par la Tunisie sous forme de gaz, et des contrats d’approvisionnement à long terme conclus entre Sonatrach et la Steg.

Bénéficier de ces conditions n’a rien d’un mythe : c’est le résultat concret d’une alliance solide. Nier cette réalité sous prétexte qu’il ne s’agit pas de charité relève de la querelle de mots et d’un orgueil mal placé. Sans ces accords stratégiques, la facture énergétique pèserait bien plus lourdement sur les ménages et les finances publiques tunisiennes.

III. Dépasser le ressentiment et construire le Maghreb

Voici une autre perle de votre part : en appelant à «rendre à César ce qui appartient à César» tout en peignant l’État algérien sous les traits d’un voisin dominateur, vous montrez les limites de votre démarche, qui préfère l’amertume à l’examen des faits.

Que faudrait-il «rendre» alors que le droit international, la déclaration de l’OUA de 1964 et la Convention de 1970 ont fixé nos frontières de manière claire et définitive ? L’Algérie n’a rien confisqué à la Tunisie, ne lui a rien annexé ; elle a partagé avec elle les épreuves de l’Histoire et les exigences du voisinage.

En tout état de cause, les relations privilégiées entre la Tunisie et l’Algérie ne font pas que des heureux. Nombreux sont ceux qui voient d’un mauvais œil cette entente solide entre les deux États. Il faut porter un regard lucide sur ce phénomène récurrent : il existe des voix et des intérêts qui guettent le moindre grain de sable, la moindre tension diplomatique ou médiatique pour tenter de fragiliser les relations entre nos deux pays et les discréditer.

Ces entrepreneurs de la discorde exploitent chaque faille pour nourrir le ressentiment et affaiblir l’axe algéro-tunisien. Céder à la surenchère mémorielle, c’est offrir une victoire à ceux qui redoutent un Maghreb stable et uni.

La critique et le débat sont des droits fondamentaux. Chaque citoyen algérien ou tunisien a le droit de porter un regard exigeant sur l’axe Alger-Tunis, mais l’injure, la provocation, la haine et l’atteinte à la dignité sont à bannir et à dénoncer. La liberté d’expression trouve sa limite lorsqu’elle se transforme en insulte.

Réduire une alliance stratégique, essentielle à notre sécurité commune et à notre stabilité énergétique, à un procès d’intention est une erreur de perspective.

Les peuples tunisien et algérien sont unis par des liens fraternels trop anciens pour s’effriter face à des discours d’amertume. Ce que nous devons viser, ce n’est pas le réveil de vieilles querelles, mais une ambition partagée, fondée sur le respect mutuel, la vérité des faits et la souveraineté de nos nations.

* Médecin algérien basé au Canada.

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“L’Odyssée” de Nolan | Violence perpétuelle et culpabilité éternelle de l’homme  

09. August 2026 um 08:13

Je n’ai jamais eu de goût prononcé pour les blockbusters ni pour les effets spéciaux numériques et mon intérêt pour le grand spectacle cinématographique remonte au “Spartacus” de Kubrick et à la “Cléopâtre” de Mankiewicz. Une passion indéfectible pour la mythologie antique m’a conduit toutefois à surmonter mon dégoût et à franchir, pour la première fois de ma vie, le seuil d’un multiplexe, pour regarder “L’Odyssée” de Christopher Nolan. Or, si je garde encore une forme de rejet de ces lieux sans âme du spectacle numérique, sentant l’argent et le popcorn, j’ai été frappé par la singularité du film.

Issam Marzouki *

Je m’attendais en effet à revoir un avatar du très médiocre “Gladiator 2” avec ses cynocéphales ridicules, moi qui ai eu la chance de voir à l’âge quatre ans le superbe “Ulysse” de Mario Camerini avec le grand Kirk Douglas, dans une petite salle de banlieue ; heureusement il n’en fut rien !

Je n’évoquerai ici ni la récente technologie de l’Imax 70 mm qui ne peut d’ailleurs être reproduite dans une majorité des salles de l’univers, ni le degré de fidélité du scénariste à l’œuvre d’Homère, sujet qui a fait les choux gras des médias et des réseaux sociaux en mettant à contribution des historiens, des philosophes et d’autres érudits ; je me contenterai de livrer, dans un certain désordre, deux ou trois impressions que j’ai gardées des quelque trois heures qu’a duré la projection.

Je commencerai par l’épisode du cheval de Troie, extrêmement développé dans le film, contrairement à la petite place qu’il occupe dans l’épopée d’Homère. Ce cheval de bois, que j’ai toujours imaginé comme un jouet géant debout sur ses pattes, ou ses roues, selon les versions, est curieusement présenté penché et à demi-enfoncé dans le sable de la plage. L’image, assez inattendue, n’est pas sans rappeler la séquence finale de “La Planète des Singes” de Franklin Schaffner (1968) où Charlton Heston découvre la statue de la Liberté, dans la même position que notre cheval, enfoncée dans le sable sur une plage perdue d’une planète qui s’avère être la Terre.

La transgression du code

Clin d’œil ou intertextualité ? Peut-être, mais à mes yeux une analogie existe bel et bien : ainsi présenté, tordu et plein de guerriers entassés, nageant dans leurs excréments, le cheval fonctionne comme une matrice morale du film.

Le péché d’Ulysse, cet homme d’«idées», est d’avoir transgressé, en imaginant le stratagème du cheval de Troie, la loi de Zeus qui impose la loyauté envers l’autre. Or, les Achéens ont ignoré cette loi en s’invitant traitreusement au cœur même de Troie dans l’intention de saccager cette ville. Et c’est Ulysse qui assumera cette culpabilité envers les Troyens, les victimes de son idée, mais aussi envers les Grecs qui ont directement, ou indirectement, trouvé la mort à cause de cette idée qu’il a eue de tromper les Troyens et en leur manquant de loyauté.

Le film, qui s’achève dans une hubris frénétique, avec la séquence du massacre des prétendants, réitère cette idée du châtiment obligé de ceux qui n’ont pas respecté la loi de l’hospitalité décrétée par Zeus.

On retrouve également la même idée dans l’épisode de Circée et dans la référence à l’origine même de la guerre de Troie, la trahison de Pâris qui enfreint les règles de l’hospitalité en séduisant Hélène, l’épouse de son hôte Ménélas.

Nolan construit ainsi son film autour du thème de la culpabilité en l’associant à celui de la guerre qui matérialise ainsi la transgression d’un code censé maintenir l’équilibre de la coexistence entre les peuples.

Les références à l’achèvement de l’âge de bronze sont explicites dans le film alors que celles aux conflits modernes se lisent en filigrane.

C’est ainsi que “L’Odyssée” de Nolan s’écarte des différentes adaptations antérieures de l’épopée d’Homère (Je pense en particulier à l’‘‘Ulysse” de Camerini, centré sur la figure héroïque du protagoniste incarné par Kirk Douglas ou à la mini-série télévisée “L’Odyssée” d’Andreï Kontchalovsky (1997) fonctionnant surtout comme un récit initiatique).

Un autre point qui m’a semblé particulier au traitement du mythe dans le film de Nolan réside dans la synthèse opérée entre l’épisode de Calypso et celui des mangeurs de lotos. On nous présente dans le film un Ulysse abandonné à la nymphe Calypso qui use du pouvoir anesthésiant des fleurs de lotos pour maintenir le héros dans une quasi-servitude dans laquelle ce dernier jouit d’une béatitude dénuée de souvenirs.

La confusion des deux épisodes de l’épopée me vexe en tant que Tunisien car l’île des mangeurs de lotos a toujours été identifiée à notre Djerba nationale. Cet oubli sacrifie néanmoins aux servitudes de l’écriture scénaristique qui impose des coupes, des résumés et toutes sortes d’altérations du texte littéraire en vue de le transformer en récit filmique.

C’est ainsi que deux autres détails importants dans l’épisode du cyclope ont été escamotés, résidant dans le double stratagème dont Ulysse use en vue de tromper le cyclope Polyphème : la découverte qu’il lui fait faire du vin qui va l’enivrer et l’endormir ainsi que le dialogue entre les deux au cours duquel Ulysse trompe Polyphème en lui annonçant qu’il se nomme «Personne»

Une version rationaliste du mythe

Ces différentes manipulations du texte d’Homère semblent relever d’un souci de concentrer l’action sur l’idée centrale du film en la débarrassant d’un grand nombre de ramifications narratives susceptibles de diluer l’action.

En résumé, nous pouvons affirmer que Nolan a réussi à créer une œuvre travaillée et suffisamment subtile pour ne retenir du mythe originel que les seuls éléments susceptibles de servir le spectacle cinématographique -car “L’Odyssée” est un film très spectaculaire au sens premier du terme- et d’étoffer la portée morale du film : l’existence humaine est façonnée par une violence perpétuelle, dont la manifestation suprême est la guerre et dont l’une des implications obligée est une culpabilité éternelle de l’homme que ce dernier seul doit assumer.

Il n’est pas étonnant à cet égard que, contrairement à l’œuvre d’Homère, qui fait intervenir les Dieux à tout bout de champ, ces derniers sont quasiment absents du film de Nolan, exceptée la présence épisodique, et sans grande influence sur le destin d’Ulysse, d’Athéna dont l’identification originelle au personnage de Mentor est escamotée dans le scénario, ce qui semble prouver que Nolan a cherché à proposer une version rationaliste du mythe selon laquelle les hommes, et non les Dieux, sont responsables de leurs propres actes.

* Ecrivain et producteur radio d’émissions culturelles.

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Le poème du dimanche | ‘‘Poème’’ de Samuel Beckett

09. August 2026 um 07:34

Né en 1906 à Cooldrinagh, en Irlande, Samuel Beckett est écrivain, dramaturge et poète. Il écrit en anglais et français.

Prix Nobel de littérature, en 1969. Le jour de l’annonce du prix, il était en vacances, incognito, à Hammamet, en Tunisie. Connu surtout pour son théâtre de l’absurde et son œuvre dramatique, pessimiste et non sans dérision, il semble, pourtant, avoir commencé par écrire de la poésie qu’il a publiée très jeune. Il laisse aujourd’hui trois recueils, Peste soit de l’horoscope ; Os d’écho et Poèmes Mirlitornades, paru très peu avant sa mort, en 1989, à Paris, et qui reprend des poèmes écrits vers la fin des années 1930 dont le poème choisi ici.

Tahar Bekri

bon bon il est un pays
où l’oubli où pèse l’oubli
doucement sur les mondes innommés
là la tête on la tait la tête est muette
et on sait non on ne sait rien
le chant des bouches mortes meurt
sur la grève il a fait le voyage
il n’y a rien à pleurer

ma solitude je la connais allez je la connais mal
j’ai le temps c’est ce que je me dis j’ai le temps
mais quel temps os affamé le temps du chien
du ciel pâlissant sans cesse mon grain de ciel
du rayon qui grimpe ocellé tremblant
des microns des années ténèbres

Vous voulez que j’aille d’A à B je ne peux pas
je ne peux pas sortir je suis dans un pays sans traces
oui oui c’est une belle chose que vous avez là une bien belle chose
qu’est-ce que c’est ne me posez plus de questions
spirale poussière d’instants qu’est-ce que c’est le même
le calme l’amour la haine le calme le calme

‘‘Vingt poèmes’’, Ed. Minuit.

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Empfangen — 08. August 2026 Französischsprachig

Téléphonie mobile | Comparaison entre l’Italie, l’Europe et la Tunisie

08. August 2026 um 12:45

L’agence italienne Agenzia Nova a réalisé une comparaison entre le marché de la téléphonie mobile en Tunisie, en Italie et dans les autres principaux pays européens, révélant des différences significatives concernant les prix des services de données, les volumes de trafic inclus dans les forfaits et les performances des réseaux.

L’analyse, fondée sur des données provenant de Cable.co.uk, d’Ookla Speedtest et des offres des principaux opérateurs nationaux, met en lumière deux marchés aux niveaux de compétitivité et aux structures tarifaires distincts, alors que le déploiement de la 5G transforme rapidement le paysage de la connectivité mobile.

Cette comparaison fait ressortir deux modèles différents. D’un côté, l’Italie, où des années de concurrence intense ont fait chuter le prix unitaire du gigaoctet (Go), avec des offres proposant jusqu’à plusieurs centaines de Go par mois pour moins de 10 euros. De l’autre, la Tunisie, où les prix demeurent abordables en valeur nominale, mais où les forfaits disponibles sont en moyenne plus limités et représentent une part plus importante du revenu local.

Le marché italien parmi les moins chers au monde

Le marché italien constitue l’un des exemples les plus marqués de concurrence dans le secteur européen de la téléphonie mobile. L’arrivée d’Iliad en 2018 a contribué à accélérer la guerre des prix déjà engagée entre opérateurs traditionnels et virtuels, faisant du trafic de données l’une des composantes les plus économiques des services de télécommunications.

Selon les données consultées par Nova, le coût moyen se situe entre 0,08 et 0,09 euro par Go, plaçant l’Italie au deuxième rang mondial en termes de compétitivité-prix, juste derrière Israël.

Les offres les plus répandues sur le marché italien se situent dans une fourchette de 150 à 300 Go par mois, pour des tarifs compris entre 5,99 et 9,99 euros, incluant souvent les appels et les SMS en illimité.

Le paysage concurrentiel comprend des opérateurs disposant de leurs propres infrastructures, tels que Tim, Vodafone, WindTre, Fastweb et Iliad, aux côtés de nombreux MVNO, dont Kena Mobile, ho. Mobile, Very Mobile et Spusu.

La pression concurrentielle a ainsi abouti à une situation où le consommateur italien peut acquérir des volumes de données difficiles à comparer — en termes de rapport quantité/prix — avec ceux disponibles sur de nombreux autres marchés européens.

L’avantage économique ne se limite pas au seul prix. L’Italie dispose d’un réseau 4G/LTE à très large couverture et connaît un déploiement progressif de la 5G, tandis que les débits réels de navigation mobile sont désormais largement suffisants pour le streaming en haute définition, la visioconférence et les services cloud. Les données historiques de Cable.co.uk confirment d’ailleurs la position particulière de l’Italie : lors des précédents relevés internationaux effectués par le site britannique, le pays figurait parmi les marchés les moins chers au monde, avec un prix moyen de 0,12 dollar par Go en 2022 et de 0,09 dollar en 2023. Toutefois, les classements peuvent varier sensiblement d’une édition à l’autre en fonction des forfaits pris en compte et de la méthode de calcul.

Europe : des niveaux variables mais avantageux

La comparaison à l’échelle européenne révèle une forte hétérogénéité. Outre l’Italie, d’autres marchés d’Europe du Sud et de l’Ouest affichent des prix relativement bas, tandis que dans plusieurs pays d’Europe centrale et septentrionale, le coût unitaire du trafic de données peut être nettement plus élevé.

Cet écart ne dépend pas uniquement de la structure industrielle du secteur, mais aussi des niveaux variables de revenu moyen par utilisateur, de la prévalence des contrats à long terme et de l’existence d’offres intégrées combinant téléphonie, internet fixe, télévision et autres services. Un atout majeur pour les consommateurs européens réside par ailleurs dans le dispositif «Roaming Like at Home» (itinérance aux tarifs nationaux), qui permet aux utilisateurs de l’Union européenne (UE) d’utiliser leur forfait national dans les pays de l’espace Schengen sans frais d’itinérance supplémentaires, dans le respect des conditions et limites prévues par la réglementation.

Ce mécanisme crée toutefois une rupture marquée avec la Tunisie : pour un utilisateur italien traversant la Méditerranée, le passage d’un pays de l’UE à un pays hors UE peut radicalement modifier le coût de la connectivité.

Tunisie : un fossé plus large d’accessibilité financière

Le marché tunisien est dominé par les trois principaux opérateurs de réseau — Tunisie Telecom, Ooredoo Tunisie et Orange Tunisie — qui assurent une couverture nationale et se disputent un marché où la demande en trafic de données ne cesse de croître. Les offres analysées par l’agence Nova présentent une structure tarifaire différente de celle observée en Italie. Pour les offres d’entrée de gamme, un forfait d’environ 25 Go peut coûter aux alentours de 30 dinars tunisiens par mois, soit environ 9 euros selon le taux de change indicatif d’un euro pour 3,3 dinars. Le coût unitaire s’établit donc autour de 1,2 dinar, soit environ 0,36 euro par Go.

Pour les gammes supérieures, les forfaits de 42 à 60 Go se situent, à titre indicatif, entre 46 et 60 dinars, soit environ 14 à 18 euros.

Pour les volumes les plus importants, les offres de 100 à 110 Go se situent aux alentours de 72 à 80 dinars (soit 22 à 24 euros), avec des périodes de validité pouvant aller jusqu’à 60 ou 90 jours. Dans ce segment, le coût unitaire descend à environ 0,7 dinar par Go, soit l’équivalent de près de 0,21 euro. Il existe également des offres pour des volumes très élevés. Selon le comparatif, Ooredoo propose des forfaits pouvant atteindre 500 Go pour 250 dinars (environ 76 euros), valables 150 jours, et jusqu’à 1 To pour 500 dinars (environ 152 euros), avec une validité d’un an.

Les offres réellement disponibles sur le marché tunisien peuvent naturellement varier en fonction des promotions, de la durée du contrat et du type de client. L’offre «Giga Klem» d’Orange Tunisie en est un exemple actuel : elle comprend des forfaits allant de 29 à 200 Go, à des prix compris entre environ 29,93 et ​​100,04 dinars par mois, appels inclus.

Toutefois, une comparaison purement nominale risque d’être trompeuse. Un forfait tunisien de 25 Go à environ 30 dinars — soit 9 euros — peut sembler avantageux pour un consommateur européen. En revanche, si l’on compare ce tarif à une offre italienne d’environ 8 euros incluant 150 Go ou plus, la différence saute aux yeux en termes de volume de données accessible.

L’écart est encore plus marqué lorsque l’on rapporte le coût aux revenus moyens : le prix d’une connexion mobile ne représente pas la même part du budget familial en Italie et en Tunisie.

La donnée nominale a donc tendance à masquer un fossé plus large en matière d’accessibilité financière.

En d’autres termes, si le gigaoctet peut paraître relativement bon marché en Tunisie par rapport à de nombreux autres pays, il n’est pas pour autant nécessairement aussi accessible au consommateur tunisien. C’est là un élément clé pour évaluer le niveau réel d’inclusion numérique d’un marché.

Sur le plan technologique, la Tunisie a néanmoins franchi une étape importante. Le pays a lancé la 5G commerciale en février 2025, avec le déploiement opéré par les trois principaux opérateurs. Orange Tunisie a officialisé son service le 14 février 2025, annonçant un déploiement progressif du réseau et la mise en service initiale d’environ 400 sites.

Cette nouvelle technologie exploite notamment les bandes de fréquences 700 MHz et 3,5 GHz, visant à améliorer les débits, la latence et la capacité du réseau.

La 5G ne constitue pas une simple évolution de la téléphonie mobile : elle peut offrir une alternative à la connectivité fixe dans certaines zones, soutenir des services industriels et logistiques, et favoriser des applications liées à la télémédecine, à l’éducation, aux villes intelligentes (smart cities) et à l’Internet des objets (IoT).

Orange Tunisie a par ailleurs mis en place un «5G Lab» dédié à l’expérimentation de nouveaux cas d’usage par des entreprises, des universités et des startups.

La couverture reste toutefois en phase d’extension et présente des disparités territoriales marquées. Les cartes des opérateurs montrent une disponibilité croissante de la 5G dans les zones couvertes, tandis que la qualité du service continue de dépendre de la localisation et de la densité du réseau.

En matière de performances également, les données doivent être interprétées à la lumière de l’évolution rapide de la 5G.

Les relevés d’Ookla montrent en effet une amélioration significative par rapport aux valeurs enregistrées il y a quelques années. Dans les relevés disponibles pour 2026, la Tunisie se situe dans la moitié inférieure du classement mondial en termes de vitesse mobile, tout en affichant des valeurs désormais supérieures aux niveaux historiques.

Une mesure effectuée en mai 2026 attribuait au pays une vitesse de téléchargement mobile d’environ 52,9 Mbit/s, tandis que les données de juin faisaient état d’environ 55,8 Mbit/s. Ce chiffre dépasse l’estimation de 25 à 35 Mbit/s mentionnée dans la comparaison initiale et suggère que le déploiement de la 5G modifie rapidement le paysage des performances en Tunisie.

Dans les grandes villes, on observe également des vitesses nettement supérieures à la moyenne nationale : à Tunis, par exemple, un relevé publié en mai 2026 indiquait une vitesse de téléchargement mobile d’environ 72,6 Mbit/s.

Le rapport entre performances, prix et pouvoir d’achat

Une distinction importante en ressort : le problème en Tunisie ne réside plus uniquement dans la disponibilité du réseau, mais dans son homogénéité territoriale ainsi que dans le rapport entre performances, prix et pouvoir d’achat. L’écart tarifaire revêt une importance particulière pour ceux qui traversent la Méditerranée. Un citoyen italien utilisant sa carte SIM en Tunisie sans forfait d’itinérance (roaming) spécifique peut s’exposer à des coûts bien plus élevés que ceux qu’il supporte habituellement en Italie. Pour les séjours de courte durée, l’achat d’une carte SIM locale ou d’une eSIM internationale peut donc s’avérer plus avantageux. Pour les séjours plus longs, les offres des opérateurs tunisiens permettent d’obtenir des volumes de données bien supérieurs à ceux accessibles via l’itinérance standard. Le choix dépend naturellement de la durée du séjour, de la consommation de données et de la nécessité de conserver son numéro européen actif. Pour un touriste utilisant principalement des applications de cartographie, de messagerie, les réseaux sociaux et le streaming, une carte SIM ou eSIM locale constitue généralement la solution la plus prévisible en termes de coûts.

La comparaison entre l’Italie et la Tunisie dresse donc un tableau plus nuancé que la simple opposition entre «Internet cher» et «Internet bon marché».

L’Italie représente l’extrême en matière de concurrence tarifaire : volumes de données importants, prix mensuels très bas et un marché caractérisé par la présence de nombreux opérateurs et MVNO.

La Tunisie se trouve, quant à elle, dans une phase différente : elle dispose d’une infrastructure mobile avancée pour le contexte nord-africain et a déjà franchi le cap technologique de la 5G, mais elle doit encore pleinement traduire ces progrès infrastructurels en une meilleure accessibilité financière pour les ménages. Selon les experts, le prochain terrain de concurrence ne sera donc pas nécessairement celui de la vitesse. Le véritable critère sera le rapport entre le volume de données, la qualité du réseau et le revenu disponible. Et c’est précisément sur ce point que le fossé entre le marché italien et le marché tunisien apparaît le plus marqué.

Traduit de l’italien.

Source: Agenzia Nova.

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La musique italienne en force dans les festivals d’été tunisiens

08. August 2026 um 11:21

La musique italienne comme trait d’union entre les deux rives de la Méditerranée, entre tradition et modernité, grandes scènes et sites archéologiques, symboles de l’histoire partagée entre l’Europe et l’Afrique du Nord. Tel est le fil conducteur de la Semaine de la musique italienne en Tunisie, qui sera clôturée ce soir, samedi 8 août 2026, dans le cadre spectaculaire de l’amphithéâtre romain d’El Jem avec le concert «Napoli nel Mediterraneo» de l’Orchestra Instabile di Arezzo (Oida). (Photo : Concert de Rondo Veneziano à Carthage).

Cette initiative, organisée dans le cadre des célébrations du 70e anniversaire des relations diplomatiques entre l’Italie et la Tunisie, a permis de présenter, sur les principales scènes estivales du pays, différentes facettes de la musique italienne. Après l’ouverture le 2 août au Festival d’Hammamet avec Mario Biondi — l’une des voix italiennes les plus célèbres à l’international — et le concert du Rondò Veneziano le 4 août au théâtre romain de Carthage, c’est donc El Jem qui accueillera la clôture de la manifestation.

Un parcours traversant des genres, des époques et des langages variés, tout en instaurant un dialogue entre la musique italienne et certains des lieux les plus emblématiques du patrimoine culturel tunisien.

«Napoli nel Mediterraneo» proposera un voyage au cœur de la tradition musicale napolitaine et italienne, allant des célèbres chansons classiques napolitaines aux grands airs d’opéra, en passant par des morceaux issus de la tradition populaire.

Sur la scène de l’amphithéâtre d’El Jem — l’un des monuments romains les mieux conservés au monde —, l’Orchestra Instabile d’Arezzo sera dirigé par le maestro Filippo Zambelli, avec la participation des solistes Gianni Bruschi, Loredana Carannante et Carlo Putelli.

Le choix de Naples comme figure centrale de l’événement revêt une signification particulière dans le cadre d’une manifestation bâtie sur le dialogue entre les deux rives de la Méditerranée. La tradition musicale napolitaine, marquée au fil des siècles par des métissages, des échanges et des influences venus de cultures diverses, devient en effet le symbole d’un espace méditerranéen où les identités ne s’opposent pas, mais se rencontrent et se transforment.

Mario Biondi à Hammamet.

Des siècles de métissages culturels méditerranéens  

«La culture est l’un des piliers du partenariat entre l’Italie et la Tunisie. En intégrant la Semaine de la musique italienne à trois des principaux festivals tunisiens, nous célébrons non seulement le cap des 70 ans de nos relations diplomatiques, mais aussi des siècles de dialogue, d’échanges et de métissages culturels qui ont contribué à façonner nos sociétés et constituent le fondement de la relation privilégiée entre nos peuples», a déclaré l’ambassadeur d’Italie en Tunisie, Alessandro Prunas, à la veille de l’événement.

Le lien entre musique, patrimoine et diplomatie culturelle s’est également manifesté avec éclat à Carthage, où, le 4 août, le concert du Rondò Veneziano a suscité une longue et chaleureuse ovation de la part du public du théâtre romain, dans le cadre de la 60e édition du Festival international de Carthage.

La soirée a revêtu une dimension particulière grâce à la présence du maestro Gian Piero Reverberi, fondateur, compositeur et chef d’orchestre historique du Rondò Veneziano ; il est remonté exceptionnellement sur le podium pour ce qui, selon la production, constituait son ultime concert et sa dernière apparition publique. Sa participation a conféré à cet événement tunisien une valeur artistique et symbolique unique, en faisant un moment appelé à marquer l’histoire de l’ensemble.

Reverberi avait mis un terme à ses activités de concertiste depuis quelques années pour des raisons de santé. Toutefois, quelques jours avant le concert de Carthage, il était remonté sur scène par surprise lors de la première date de la tournée à Bergame, dirigeant certains des derniers morceaux en rappel et recevant, là aussi, une longue ovation.

Le concert «Napoli nel Mediterraneo» de l’Orchestra Instabile di Arezzo (Oida), ce samedi soir, à El Jem.

Après avoir pris connaissance de la portée institutionnelle de la soirée tunisienne — inscrite parmi les initiatives de l’ambassade d’Italie et de l’Institut culturel italien pour célébrer les 70 ans de relations diplomatiques entre les deux pays —, le maestro a décidé de faire une exception et de diriger à nouveau l’orchestre.

Selon la production, sa participation s’est faite à titre entièrement gracieux, comme un geste personnel témoignant de son adhésion à la valeur culturelle et symbolique de l’initiative.

Le Festival international de Carthage constitue, du reste, l’un des principaux carrefours culturels de la Méditerranée. Créé en 1964, il se déroule chaque année en juillet et août dans le célèbre théâtre romain, site inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1979. Né à l’initiative du ministère des Affaires culturelles pour promouvoir le dialogue interculturel et valoriser le patrimoine historique national, le festival porte chaque été la musique et les arts contemporains au cœur d’un site datant de l’Antiquité.

Au fil des décennies, la manifestation a progressivement renforcé sa dimension internationale, passant du statut d’événement essentiellement local à celui de rendez-vous culturel parmi les plus anciens et les plus reconnus d’Afrique du Nord et du bassin méditerranéen.

C’est Mario Biondi — artiste au rayonnement international affirmé, invité à célébrer le vingtième anniversaire de ‘‘Handful of Soul’’, l’album qui a marqué sa percée sur la scène européenne — qui a inauguré la Semaine de la musique italienne le 2 août au Festival international de Hammamet. Avec un répertoire mêlant soul et jazz, Biondi a incarné la facette la plus contemporaine de la musique italienne exportée à l’étranger, ouvrant ainsi un cycle qui a ensuite mis à l’honneur la musique orchestrale ainsi que les traditions musicales vénitienne et napolitaine.

De Hammamet à Carthage, jusqu’à l’amphithéâtre d’El Jem, la Semaine de la musique italienne ne se présente pas seulement comme une série de concerts, mais comme un itinéraire culturel traversant des lieux et des langages qui témoignent de la profondeur des liens unissant l’Italie et la Tunisie. Un parcours où la musique devient un instrument de diplomatie culturelle tout en s’affirmant comme un langage universel, capable de restituer à la Méditerranée sa vocation historique d’espace de rencontre, d’échange et de métissage.

D’après Agenzia Nova.

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Aswat Nissa lance une plateforme numérique sur le féminicide en Tunisie

08. August 2026 um 10:43

Une plateforme numérique destinée à recenser, documenter et suivre les cas de féminicide en Tunisie, sera lancée par l’association féministe Aswat Nissa («Voix de femmes»), le 12 août 2026, à l’occasion de la présentation de son rapport annuel sur les féminicides pour l’année 2025.

Selon l’organisation féministe, cette première plateforme électronique de ce type dans le pays vise à combler le manque de données officielles et de fournir un outil accessible aux chercheurs, aux médias et à la société civile.

Cette initiative voit le jour dans un contexte qu’Aswat Nissa juge marqué par la persistance des meurtres de femmes, l’absence de statistiques officielles exhaustives et des lacunes dans les mécanismes de prévention et de protection.

La plateforme devrait permettre de centraliser les informations sur les différents cas, d’en suivre l’évolution et de rendre les données plus facilement exploitables, notamment pour l’élaboration de politiques publiques de lutte contre les violences fondées sur le genre.

À cette même occasion sera présenté le troisième rapport annuel de l’association sur ce phénomène, après ceux consacrés aux années 2023 et 2024.

Selon le décompte déjà publié par Aswat Nissa au début de l’année, au moins 30 féminicides ont été enregistrés en Tunisie en 2025, contre 26 cas documentés en 2024. L’organisation a souligné à maintes reprises que le chiffre réel pourrait être plus élevé, en raison des difficultés d’accès à l’information et de l’absence de base de données publique complète.

Le rapport sur l’année 2024 avait également mis en évidence la forte dimension familiale et conjugale du phénomène. Sur les 26 cas recensés, 36 % avaient été attribués aux maris des victimes, tandis que d’autres meurtres avaient été commis par des ex-partenaires, des fils, des pères ou d’autres membres de la famille. Seize cas avaient été enregistrés dans le Grand Tunis.

Depuis 2017, la Tunisie dispose de la loi organique n° 58 relative à l’élimination de la violence à l’égard des femmes, considérée, au moment de son adoption, comme l’une des législations les plus avancées de la région. Toutefois, des organisations tunisiennes et internationales ont signalé, au fil des ans, des problèmes liés à sa mise en œuvre, notamment en ce qui concerne l’évaluation des risques, l’accès des victimes à des mesures de protection et la disponibilité de structures d’accueil.

Aswat Nissa entend donc utiliser la nouvelle plateforme non seulement comme une base de données statistiques, mais aussi comme un outil de documentation et de plaidoyer visant à renforcer la prévention, la protection des femmes exposées à la violence et la responsabilité des institutions. Sa présentation est prévue à la veille de la Fête nationale de la femme tunisienne, célébrée chaque année le 13 août, date anniversaire de la promulgation, en 1956, du Code du statut personnel.

I. B.

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