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Des artistes interpellent le monde culturel après la polémique autour de Barbara Butch

31. Juli 2026 um 15:57
Une nouvelle tribune publiée dans Médiapart et signée par des artistes et des professionnels de la culture dénonce ce qu’ils considèrent comme un traitement médiatique déséquilibré des prises de position liées à la guerre à Gaza. Elle intervient quelques jours…

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Maroc/Espagne. Déferlante migratoire sur le préside occupé de Sebta

31. Juli 2026 um 09:28
Des centaines de migrants, dont des mineurs, traversent depuis le 30 juillet le bras de mer qui sépare Fnideq du préside occupé de Sebta, au nord du Maroc. En bref Des milliers de migrants sont entrés à Sebta depuis le…

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UGTT : une croissance de moins de 4 % freine l’emploi et décourage les investisseurs

31. Juli 2026 um 09:19

Le département des études et de la documentation de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) estime que la Tunisie dispose toujours d’importants atouts pour renouer avec une croissance durable. Dans un document intitulé « La Tunisie à la croisée des chemins : les grands défis et les clés pour sortir de la crise », il souligne toutefois que ces potentialités ne pourront être valorisées qu’à travers une volonté politique de réforme, un dialogue national responsable et une vision économique de long terme.

Selon cette analyse, le pays bénéficie notamment d’une position géographique stratégique, de ressources humaines qualifiées, d’infrastructures jugées acceptables ainsi que d’une ouverture privilégiée sur les marchés européens et africains. Pour l’UGTT, ces avantages doivent être transformés en leviers de croissance fondés sur la confiance, l’investissement et la productivité, dans le respect des libertés publiques, des droits économiques et des droits sociaux.

Une économie confrontée à des défis structurels

Le document estime que l’économie tunisienne traverse « sa période la plus complexe de la dernière décennie ». Les difficultés ne sont plus conjoncturelles, mais structurelles, touchant les fondements mêmes du modèle économique national.

Parmi les principales préoccupations figurent la dégradation des finances publiques, la faiblesse de la croissance, les tensions inflationnistes, le recul de l’investissement ainsi que les défis énergétiques.

L’UGTT souligne notamment que la dette publique dépasse désormais 82 % du produit intérieur brut (PIB), tandis que le déficit budgétaire demeure élevé. Le service de la dette absorbe une part croissante des ressources de l’État, alors que les négociations au point mort avec le Fonds monétaire international limitent l’accès à des financements extérieurs concessionnels et renforcent le recours à l’endettement intérieur, au détriment de la liquidité et de l’investissement privé.

Une dépendance énergétique croissante

Le département des études met particulièrement en garde contre l’évolution du secteur énergétique. Selon lui, la Tunisie est progressivement passée d’un pays relativement autosuffisant sur le plan énergétique à une économie de plus en plus dépendante des importations de gaz et de pétrole.

Cette évolution accroît l’exposition du pays à la volatilité des prix internationaux de l’énergie, détériore davantage la balance commerciale et exerce une pression croissante sur les réserves en devises.

Le document souligne également que la demande nationale d’électricité continue d’augmenter, alors que les réseaux et les infrastructures de production nécessitent d’importants investissements de modernisation et d’extension. Il regrette par ailleurs que le rythme de développement des projets d’énergies renouvelables reste en deçà des objectifs fixés.

Croissance, investissement et emploi sous pression

L’UGTT rappelle qu’une croissance économique inférieure à 3 à 4 % par an ne permet ni d’absorber les nouveaux arrivants sur le marché du travail ni de réduire durablement le chômage et les inégalités sociales.

Le document pointe également la persistance des pressions inflationnistes, le recul de l’investissement privé, la baisse de la confiance des investisseurs ainsi que la fuite des compétences. À ces difficultés s’ajoutent les défis liés à la sécurité hydrique et au changement climatique, qui constituent désormais des freins majeurs au développement économique.

Miser sur l’investissement productif et le dialogue social

Pour sortir durablement de cette situation, le département des études appelle à dépasser la logique de gestion des crises au quotidien. Il recommande de privilégier l’investissement productif, le développement de l’économie numérique, les énergies renouvelables et les industries à forte valeur ajoutée.

L’organisation plaide également pour un rapprochement entre l’université et le tissu économique, un soutien renforcé à l’innovation et aux start-up, ainsi qu’une réforme fiscale destinée à élargir l’assiette de l’impôt et à réduire le poids de l’économie informelle.

Enfin, le document insiste sur le rôle central du dialogue social. Selon l’UGTT, les grandes réformes – notamment celles relatives au système de compensation, aux entreprises publiques ou encore à la fiscalité – ne pourront aboutir sans un large consensus réunissant le gouvernement, l’UGTT, l’organisation patronale et les composantes de la société civile.

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‘‘L’étreinte de la patrie’’ | La sécession taïwanaise, de la reconquête à l’indépendance

31. Juli 2026 um 08:38

Avec l’émergence d’un irrédentisme taiwanais antichinois dont l’objectif avoué est de desserrer définitivement l’étreinte jugée insupportable de la patrie, et avec l’exacerbation du nationalisme chinois qui semble faire de la réunification une question de vie ou de mort, à tout le moins pour le pouvoir à Pékin, la guerre semble inévitable entre Pékin et Taipeh.

Dr Mounir Hanablia *

Le 27 février 1947 à Taipei, la principale ville de Taiwan, la police saccage un étal non réglementaire. Dans une île jouissant au sortir de la guerre d’une prospérité relative, c’est l’étincelle qui met le feu aux poudres. Les gens présents réagissent et chassent sans ménagement les agents trop zélés. Le lendemain, ces derniers reviennent en force pour se venger. C’est alors l’émeute. La rue se mobilise. Toutes les villes de l’île se soulèvent les unes après les autres. Le gouverneur doit gérer la situation et les forces disponibles sont insuffisantes. Des comités de résolution de l’incident dit du 28-Février naissent un peu partout sur l’île avec lesquels l’autorité est obligée dans un premier temps de se montrer conciliante, ou de le paraître.

En réalité, des appels au secours ont été envoyés au gouvernement chinois, et une dizaine de jours après les premières troupes continentales commencent à débarquer en provenance du continent. Elles sont souvent composées de soldats originaires du Sichuan, autrement dit de troupes impitoyables aguerries dans la lutte contre les Japonais, puis les Communistes.

La répression est féroce. Le nombre de victimes n’est pas comptabilisé avec exactitudes. Certains ont évoqué trente mille morts. Le pouvoir central en rejette la responsabilité sur… l’armée impériale du Japon, qui a occupé l’île pendant 55 ans. Les personnalités les plus en vue de l’île disparaissent, enlevées par des escadrons de la mort, probablement composées de policiers continentaux. Les comités de résolution se dispersent, leurs membres se cachent. Les plus combatifs se réfugient dans les collines de l’Est, chez les Austronésiens, les populations d’origine de l’île, 2% de la population totale.

Le coup d’envoi de la grande invasion de l’île ?

Après quatre mois, l’autorité est rétablie, certains notables insulaires ne subissent plus qu’une répression judiciaire. L’ordre règne désormais au point qu’en 1949, après la défaite des troupes nationalistes face aux communistes, le gouvernement de Tchang Kai Tchek, en tant qu’autorité légitime de la Chine, choisit de se réfugier à Taiwan, accompagné de deux millions de ses partisans, d’origine continentale, avec pour objectif la reconquête de la Chine. Un Etat policier est mis en place avec le soutien des Etats-Unis d’Amérique, et la loi martiale est maintenue pendant une quarantaine d’années.

L’Incident du 28-Février est durant ce laps de temps passé sous silence et considéré comme un sujet tabou. Selon le Kuomintang, le parti de Tchang Kaï Chek, il s’agissait d’une tentative de subversion de l’île par les communistes, une version corroborée par celle de la République Populaire considérant l’Incident comme un soulèvement populaire contre le gouvernement des féodaux alliés au seigneurs de la guerre.

Ce n’est qu’après la levée de l’état d’urgence et l’instauration du multipartisme à Taiwan que les langues se délient avec les témoignages des acteurs ou des victimes. Qui plus est l’apparition sur le scène politique du Parti Démocratique Progressiste, indépendantiste taiwanais, confère au récit une nouvelle dimension que l’on ne peut pas ignorer.

Personne n’ose encore dire que c’est le coup d’envoi de la grande invasion de l’île par les continentaux pressés de s’emparer des richesses d’une île prospère dans l’océan de misère chinois. Ce serait déjà remettre en question la légitimité de la présence d’une bonne partie de la population actuelle, que même les indépendantistes d’origine insulaire ne peuvent pas se permettre.

Taiwan, d’abord une base commerciale hollandaise sur la route du Japon, ne commence à être peuplée de han qu’à partir de 1650 environ. Et encore, elle sert de base de repli à quelques-uns parmi les Ming qui refusent le pouvoir Mandchou.

L’île n’acquiert sa configuration moderne qu’à partir de l’occupation coloniale japonaise. Le Japon ne cherche pas à imposer sa langue et ses coutumes à la population. Néanmoins, celle-ci au contact de l’occupant bénéficie d’un effort d’éducation et de santé qui la place nettement en porte-à-faux par rapport aux populations de la Chine continentale. Ce n’est qu’avec les terribles combats de la seconde guerre mondiale que l’Empire du Japon, à court de combattants, commence à envisager la possibilité d’assimiler la population de Taiwan, l’une des plus éduquées de l’Asie. Plusieurs milliers de Taiwanais sont alors incorporés dans les rangs de l’armée impériale et participent aux combats les plus marquants, en particulier à Okinawa, contre les Américains. Quelques-uns reçoivent même des patronymes japonais. C’est pourquoi, à la fin de la guerre, le Japon battu, ces combattants taiwanais, bien entraînés, ne voient pas d’un bon œil le débarquement des troupes chinoises continentales indisciplinées pour lesquelles ils n’ont que mépris.

Quel rôle ces combattants ont-ils joué dans l’Incident du 28-Février ou dans les Comités de Résolution ? On l’ignore mais probablement modeste. Les autorités chinoises ont beau jeu de dénoncer l’intrusion de l’armée impériale japonaise dans le soulèvement pour justifier la répression, tout en tentant d’éliminer les élites issues de la colonisation japonaise.

Toujours selon ces mêmes autorités l’Incident du 28-Février s’est accompagné d’une chasse aux sorcières contre les Chinois continentaux, une affirmation qui ne semble avoir d’autre finalité que de fournir de l’eau au moulin de la répression.

Cette incrimination du Japon dans le récit officiel cesse lorsque l’île devient le refuge du gouvernement et de l’armée nationalistes, chassés par les rouges de Mao. Le Japon n’est plus un adversaire et devient un partenaire dans la lutte anticommuniste, avec le soutien américain. Ce dernier n’est au départ pas acquis, et l’île semble à court terme destinée à tomber sous l’autorité de Pékin. Mais la guerre de Corée, où Staline ne laisse d’autre choix à la Chine communiste que d’intervenir, change la donne et Taiwan devient une pièce essentielle dans le dispositif américain de protection du Japon.

Irrédentisme taiwanais contre nationalistes chinois

Malgré la détente sino-américaine de 1972 les choses demeurent en l’état même si le discours politique change. Avec l’émergence d’un irrédentisme taiwanais antichinois dont l’objectif avoué est de desserrer définitivement l’étreinte jugée insupportable de la patrie, et avec l’exacerbation du nationalisme chinois qui semble faire de la réunification une question de vie ou de mort, à tout le moins pour le pouvoir à Pékin, la guerre semble inévitable.

En effet, l’île jouit d’une prospérité enviable et ne semble nullement encline à partager le sort de Hong Kong. Néanmoins, cette affaire de l’incident du 28 février 1947 démontre que le récit historique et les entités politiques qui en émergent sont loin d’être immuables et ne sont que les reflets de rapports de force éphémères. Certes. Mais ce sont en dernier recours les peuples qui façonnent le cours de l’Histoire. Lesquels ?

La Chine n’est qu’un rassemblement hétéroclite d’entités et de territoires écrasés sous le poids niveleur de la colonisation Han. Et l’irrédentisme taiwanais ne lui est insupportable que pour le rappeler. Si Pékin prétend siniser et fédérer des peuples étrangers, au nom de quel principe faudrait-il qu’elle accepte une sédition remettant en question son rôle unificateur ? Sans doute le même qui libérerait le Texas, l’Arizona, le Nouveau Mexique, la Californie, du joug américain. Une éventualité peut être pas autant inconsidérée qu’il n’y paraît depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump.   

* ‘‘L’étreinte de la patrie. Décolonisation, sortie de guerre et violence à Taïwan, 1947’’, de Victor Louzon, Éditions de l’EHESS, Paris, 2024, 378 p.

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