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PLF 2027: 9,8 Mrds de dinars d’avances de la BCT, selon l’article 12

15. Oktober 2026 um 14:04

Le projet de loi de finances 2027 (PLF 2027) prévoit d’autoriser la Banque centrale de Tunisie (BCT) à consentir à la Trésorerie générale de Tunisie des facilités de financement d’un montant maximal de 9,8 milliards de dinars. Pour ce faire, il déroge à l’article 25 de la loi n° 2016-35 du 25 avril 2016 fixant le statut de la BCT.

Ces avances de la BCT seraient accordées sans intérêts et remboursables sur 15 ans, avec un différé de trois ans. Une convention entre le ministre des Finances et le gouverneur de la BCT en précisera les modalités de mobilisation et de remboursement.

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PLF 2027 : entre emprunt et soutien à l’innovation

15. Oktober 2026 um 12:17

Le projet de loi de finances pour 2027 (PLF 2027) prévoit des recettes de 54,28 milliards de dinars. Tandis que les dépenses s’élèvent à 68,895 milliards, entraînant un déficit de 14,6 milliards à financer principalement par l’emprunt intérieur. Inscrit dans le plan quinquennal 2026-2030, ce texte augmente les crédits pour les petits entrepreneurs, soutient l’huile d’olive et le cheptel, allège la fiscalité sur l’énergie solaire et les smartphones, tout en luttant contre le commerce parallèle. En contrepartie, plusieurs taxes sont augmentées : sur les alcools, les jeux et les voyages à l’étranger.

Dans le PLF 2027, les équilibres budgétaires reposent sur l’emprunt. Le budget de l’État pour 2027 est constitué de 54,28 milliards de dinars de recettes, dont 49,6 milliards proviennent des recettes fiscales, pour des dépenses de 68,895 milliards. Le déficit de 14,615 milliards s’inscrit dans un besoin de financement total de 28,122 milliards, couvert par 19,845 milliards d’emprunts intérieurs, 6,877 milliards d’emprunts extérieurs et 1,4 milliard de ressources de trésorerie. La Banque centrale  de Tunisie (BCT) pourrait également accorder jusqu’à 9,8 milliards de dinars de facilités sans intérêt, remboursables sur 15 ans avec un différé de trois ans. L’État pourra garantir jusqu’à 9 milliards de dinars de prêts.

Un soutien spécifique est prévu pour les petits porteurs de projets. Le fonds national de l’emploi finance plusieurs initiatives : 10 millions de dinars pour les start-up, 10 millions pour les petites entreprises en phase de démarrage, 20 millions de dinars de prêts sans intérêt (jusqu’à 10 000 dinars) pour les revenus modestes et 35 millions pour les sociétés communautaires. L’État prendra également en charge les cotisations sociales des jeunes entreprises créées en 2027 (100 % la première année, puis 75 % et 50 % par la suite). Les nouvelles entreprises bénéficieront d’une exonération d’impôt jusqu’en 2030. Et les auto-entrepreneurs auront une exonération de la retenue à la source.

Les recettes sociales seront financées par la consommation. Pour alimenter le compte de diversification de la sécurité sociale, le texte augmente les droits de consommation sur les boissons alcoolisées et relève la taxe sur les jeux et concours de 40 % à 60 %. De plus, la taxe sur les voyages à l’étranger passe de 60 à 80 dinars. Le fonds d’indemnisation des victimes sera renforcé par une contribution des assurés : 3 dinars par contrat individuel et 30 dinars pour une personne morale.

Concernant l’alimentation et l’agriculture, une ligne de 100 millions de dinars est ouverte pour les petits oléiculteurs, avec un compte spécial du Trésor dédié à la filière de l’huile d’olive. Jusqu’à 40 millions de dinars sont prévus d’ici 2030 pour la reconstitution du cheptel bovin.

Dans le secteur de l’énergie et de l’environnement, les batteries de stockage d’électricité seront exonérées de droits et de TVA à l’importation. Les droits sur les capteurs solaires seront réduits à 10 % et les travaux de mise à niveau environnementale des entreprises seront encouragés.

Pour les entreprises publiques, l’État renoncera aux pénalités fiscales de la Caisse nationale de retraite (CNRPS) et effacera une partie des dettes fiscales de l’Office de l’aviation civile et des aéroports. Il reprendra également les dettes de plusieurs entreprises publiques envers la CNRPS (comme l’Office des terres domaniales, la SNCFT, Transtu) ainsi que celles de la Société tunisienne du sucre envers la SNDP, en échange d’une augmentation de capital.

En ce qui concerne le numérique et le secteur parallèle, les droits de douane sur les smartphones seront réduits à 10 % et ceux sur les terminaux de paiement électronique à 0 %. L’enregistrement des mobiles hors première opération coûtera 20 dinars. Les plateformes de livraison devront transmettre au fisc, tous les six mois, la liste des vendeurs avec lesquels elles collaborent. Et ce, sous peine d’une pénalité de 5 % sur les transactions non déclarées.

Enfin, pour le logement et le social, le tarif réduit d’enregistrement s’appliquera à la première acquisition d’un logement, une seule fois par acquéreur. Les terrains des promoteurs publics pour le logement social seront exonérés de taxe locale entre 2026 et 2030.

Vous trouverez le lien en PDF l’intégralité du PLF 2027
مشروع-قانون-المالية-لسنة-2027 (1)

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Tunisie – Italie : à BIGTECH Africa, le talent tunisien au cœur d’un pont méditerranéen pour l’innovation

15. Oktober 2026 um 12:08

L’intelligence artificielle, l’innovation numérique, les startups et les investissements étaient au cœur de la troisième édition de BIGTECH Africa, inaugurée à la Cité de la Culture de Tunis par le ministre des Technologies de la communication, Sofiene Hemissi, en présence de l’ambassadeur d’Italie en Tunisie, Alessandro Prunas et bien d’autres.

La manifestation BIGTECH AFRICA, qui s’est clôturée dans la journée du 14 octobre 2026, a réuni plus de 3 000 participants : représentants institutionnels, entreprises technologiques, investisseurs et experts venus de Tunisie ainsi que de nombreux pays africains et internationaux.

L’objectif est de renforcer le rôle du pays nord-africain comme plateforme régionale de l’innovation.
L’Italie est également l’un des protagonistes de cette édition avec l’Italian Innovation Hub, un espace promu par le Bureau ICE de Tunis et ICE Startup de Milan, en collaboration avec l’ambassade d’Italie. Son pavillon réunit, pour la première fois, les principales initiatives italiennes de soutien aux startups tunisiennes, dont Lab Innova for Africa, Terna Innovation Zone et Innovatech, ainsi que des associations spécialisées dans l’accélération des entreprises et l’accès aux capitaux.

Parmi elles figurent Fintech District, InnovUp et l’Italian Business Angels Network (IBAN), qui mettent à la disposition des jeunes entreprises innovantes leurs réseaux de compétences, d’investisseurs et de contacts internationaux. L’Hub accueille également une dizaine d’entreprises italiennes et tunisiennes bénéficiaires des programmes d’accompagnement, ainsi que des représentants de l’Agence italienne pour la coopération au développement (AICS), de la Chambre tuniso-italienne de commerce et d’industrie et du CIES Tunis.

Dans son discours d’ouverture, Sofiene Hemissi a invité les pays africains à dépasser la fragmentation des initiatives nationales afin de construire des partenariats technologiques et des marchés numériques intégrés, renforçant ainsi la souveraineté numérique du continent. Il a rappelé que, grâce au Startup Act, la Tunisie compte désormais plus de 1 500 startups labellisées, et a identifié l’intelligence artificielle, la recherche, les infrastructures numériques et la formation des compétences parmi les priorités de la stratégie nationale pour la période 2026-2030.

Le panel « A Bridge across the Mediterranean : Partnerships and Opportunities between the Italian and Tunisian Innovation Ecosystems » a mis en lumière, dans le cadre de l’événement BIGTECH Africa, les opportunités de coopération entre les écosystèmes d’innovation tunisien et italien.

Présent lors de cet événement, l’ambassadeur d’Italie en Tunisie Alessandro Prunas a déclaré : « Le choix de l’Italie de participer à BIGTECH Africa avec le plus grand pavillon national témoigne de notre confiance et de notre volonté d’investir dans le talent tunisien. Aux startups tunisiennes, je souhaite adresser un message clair : l’Italie n’est pas seulement un marché proche, mais une base stratégique pour votre croissance et une porte d’accès à 450 millions de consommateurs européens. Notre objectif est de connecter les idées, les compétences et les capitaux entre les deux rives de la Méditerranée, afin de transformer ce potentiel en nouvelles opportunités de croissance et d’innovation, au bénéfice de toute la région méditerranéenne. »
Il convient de noter que l’Italie participe à cette principale manifestation dédiée à l’innovation à travers son pavillon l’Italian Innovation Hub, coordonné par l’Agence italienne pour le commerce extérieur (ICE) à Tunis.

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Bourse de Tunis : neuf indices sectoriels sur douze progressent

15. Oktober 2026 um 11:43

Le bulletin officiel  du mercredi 14 octobre 2026 indique une hausse de 39,07 % du Tunindex depuis le début de l’année. Il rappelle aussi l’entrée d’ATL dans le Tunindex20 et la suspension de deux titres.

 Le Tunindex clôture à 18 705,42 points, en hausse de 0,42 % sur la journée et de 39,07 % sur l’année. Le Tunindex20 s’établit à 8 197,89 points, soit une progression de 0,58 % sur la séance et de 37,20 % depuis le 1er janvier. C’est ce qu’indique le bulletin officiel de la Bourse de Tunis. Neuf des douze indices sectoriels terminent en hausse. L’indice des produits ménagers et de soin personnel enregistre la plus forte progression quotidienne, à 1,77 %. Mais il reste le seul à reculer sur l’année, avec un repli de 5,44 %. Trois indices cèdent du terrain : les services aux consommateurs et la distribution perdent chacun 0,53 % et les assurances 0,24 %. Depuis le début de l’année, les services financiers affichent la meilleure performance, à 55,29 %, devant les assurances (50,77 %) et les banques (45,74 %).

Le Comité des indices boursiers, réuni le 25 septembre 2026, a modifié la composition du Tunindex20 à compter du jeudi 1er octobre 2026. Tunisie Leasing & Factoring quitte l’indice et ATL le rejoint, avec 32 500 000 titres admis, un flottant de 30 % et un facteur de plafonnement de 1.

Le bulletin précise par ailleurs les modalités de l’augmentation de capital de Smart Tunisie, décidée par l’assemblée générale extraordinaire du 29 avril 2026. Depuis le 1er octobre 2026, les 10 123 443 actions anciennes se négocient droits d’attribution détachés. Les 1 012 344 actions nouvelles gratuites sont attribuées à raison d’une pour dix anciennes. Elles seront négociables sur la même ligne de cotation que les anciennes. Les droits d’attribution se négocient sous le code SMT26, dans le groupe de cotation 32.

Deux titres restent suspendus. La cotation d’Aetech l’est depuis le jeudi 29 janvier 2026, à la demande du Conseil du marché financier. Celle d’UADH l’est depuis le mercredi 25 mars 2026, en application de l’article 68 de la loi n° 94-117 du 14 novembre 1994. La Bourse de Tunis invoque notamment le non-respect des obligations de publication d’informations financières, l’absence d’informations fiables sur les responsables et d’interlocuteurs, ainsi que l’absence d’éléments attestant une activité réelle. La reprise de la cotation d’UADH dépend de la régularisation de ces manquements.

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Déclarations fiscales : le 16 octobre, dernier délai pour plusieurs contribuables

15. Oktober 2026 um 11:42

La Direction générale des impôts rappelle que le vendredi 16 octobre 2026 représente la date limite de dépôt de plusieurs déclarations fiscales; et ce, conformément au calendrier fiscal en vigueur.

Cette échéance concerne notamment la déclaration mensuelle des personnes physiques. Idem pour la déclaration trimestrielle des contribuables soumis au régime forfaitaire et de ceux relevant du régime réel.

Par ailleurs, l’administration fiscale précise que lorsqu’une échéance de dépôt coïncide avec un dimanche ou un jour férié, le dépôt de la déclaration concernée peut être effectué le jour ouvrable suivant, sans application de pénalités de retard.

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PLF 2027 : ces secteurs qui vont bénéficier de la baisse de taxes

15. Oktober 2026 um 10:48

Le projet de loi de finances 2027 (PLF) transmis à l’ARP contiendrait des mesures portant sur l’énergie, l’industrie, le numérique, l’investissement, l’agriculture, l’emploi et le logement. Nous avons repris ses principales dispositions, telles que relayées par la plateforme « Énergie Plus ».

Le projet de loi de finances pour 2027 aurait été transmis à l’Assemblée des représentants du peuple dans les délais constitutionnels. Il devrait être examiné par le bureau de l’Assemblée, qui se réunira vendredi 16 octobre, avant un renvoi à la commission des finances et de la planification.

Le texte couvre plusieurs secteurs prioritaires. Dans l’énergie et l’industrie, il contiendrait notamment une taxe de 10% sur les panneaux solaires, l’exonération des batteries de stockage d’électricité, la réduction des droits de douane sur certains équipements et smartphones importés à 10%, ainsi que des avantages pour les équipements fabriqués localement et certaines matières premières importées.

Dans le numérique, le projet imposerait aux plateformes et entreprises de livraison de transmettre leurs données aux services fiscaux, instaurant une taxe de 20 dinars pour l’enregistrement d’un téléphone, hors première immatriculation, et exonèrerait les terminaux de paiement électronique des droits de douane et de la TVA.

Pour l’investissement, l’agriculture et l’exportation, le texte prévoit 40 millions de dinars pour préserver le cheptel bovin, une ligne de financement de 100 millions de dinars pour les petits agriculteurs et coopératives oléicoles, ainsi que la prise en charge par l’État de la moitié des primes d’assurance-export vers l’Afrique. Il prévoit en outre de soutiens aux startups, aux très petites entreprises (TPE) et aux porteurs de projets, notamment dans les régions défavorisées.

En matière sociale, le projet prévoit des prêts sans intérêt plafonnés à 10 000 dinars pour les catégories à revenus limités, un financement des projets des personnes en situation de handicap, des avantages pour le logement social et un allègement fiscal pour le premier achat d’un logement.

Le projet de loi comporte également des mesures pour la santé, les transports, la sécurité sociale et les entreprises publiques. Il s’agit notamment de la poursuite du soutien à la Pharmacie centrale de Tunisie, des avantages pour le transport maritime et aérien, ainsi que la prise en charge par l’État de certaines dettes d’entreprises publiques envers la CNSS et d’autres organismes.

Enfin, le PLF prévoit de nouvelles ressources pour la sécurité sociale à travers la révision de taxes sur l’alcool, les jeux, les loteries et les voyages à l’étranger, ainsi que des ajustements fiscaux et douaniers.

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Fiscalité internationale : l’UE valide la « transparence » de la Tunisie

15. Oktober 2026 um 10:34

Le Conseil de l’Union européenne a adopté, le 9 octobre 2026, la mise à jour de sa « liste des juridictions non coopératives à des fins fiscales » sans y inclure la Tunisie.

Cette décision confirme la position de la Tunisie parmi les territoires coopératifs en matière de fiscalité. Le pays se classe ainsi dans la catégorie des juridictions ayant rempli l’ensemble de leurs obligations sans présenter d’engagement en suspens auprès des instances européennes.

Rappelons que l’historique de la Tunisie avec ce dispositif remonte à la création de la liste initiale par l’Union européenne en décembre 2017. Inscrite dans un premier temps sur la « liste noire » en raison de retards d’alignement de certains régimes fiscaux sur les normes européennes, la Tunisie en avait été retirée dès janvier 2018 à la suite d’engagements formels de réforme. Placé « sous suivi » au sein de la « liste grise », le pays avait mené les ajustements législatifs requis et obtenu sa sortie définitive de cette catégorie en mars 2019.

La décision adoptée lors de la révision semestrielle d’octobre 2026 maintient un total de huit juridictions sur l’Annexe I. La prochaine évaluation globale de la gouvernance fiscale par le Conseil de l’Union européenne est programmée pour le mois de février 2027.

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Prix Nobel d’économie 2026 : l’inflation tunisienne, une crise d’offre et de confiance

15. Oktober 2026 um 09:41

L’expert en économie Ridha Chkoundali estime que le prix Nobel d’économie 2026 attribué à Robert Hall et Michael Woodford valide sa critique de la politique monétaire tunisienne. Il souligne que l’inflation en Tunisie ne provient pas principalement d’un excès de consommation, mais de chocs d’offre, de coûts de production élevés, de pénuries, de l’inflation importée et d’un déficit de confiance.

S’appuyant sur la théorie du revenu permanent, les anticipations rationnelles et la rigidité des prix, il soutient que la hausse des taux d’intérêt ne peut pas, à elle seule, résoudre une inflation d’origine structurelle. Elle risque même de réduire l’investissement et la production, aggravant ainsi la pénurie et les pressions inflationnistes.

Il appelle donc la Banque centrale de Tunisie à dépasser une approche centrée sur la restriction du crédit, pour privilégier la transparence, la crédibilité institutionnelle, la coordination des politiques publiques, la relance de l’offre productive, la réforme des circuits de distribution, la lutte contre les monopoles et un meilleur ciblage des soutiens sociaux.

D’ailleurs, il est souligner, à la suite du Comité Nobel, que Robert Hall (en 1978) et Michael Woodford (notamment avec son modèle néo-keynésien complet publié en 2003) ont démontré tous les deux que les décisions macroéconomiques ne peuvent pas être calculées sans comprendre le comportement individuel des ménages et des entreprises. Autrement dit, c’est pour leurs travaux sur les fondements microéconomiques de la stabilisation macroéconomique qu’ils ont été couronnés du prix Nobel d’économie en cette année 2026.

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Abdelkrim Hajjaji prend la présidence du conseil d’administration de l’UIB

14. Oktober 2026 um 17:32

Réuni le 14 octobre 2026, le Conseil d’Administration de l’Union Internationale de Banques (UIB) a désigné Monsieur Abdelkrim Hajjaji comme Président non exécutif du Conseil d’Administration à partir de ce jour. Cette nomination fait suite à sa cooptation en qualité d’administrateur et à l’approbation de la Banque centrale de Tunisie.

A l’issue du Conseil d’Administration, M. Hajjaji a déclaré : « Je suis honoré de cette nomination qui me donne l’opportunité de mettre mon expérience au service de l’UIB en Tunisie. Je souhaite contribuer pleinement au développement de l’UIB et à la réalisation de ses ambitions, avec une priorité constante : créer durablement de la valeur pour nos clients et l’ensemble de nos parties prenantes. Je suis très heureux de travailler dès à présent avec les administrateurs, le directeur général et les équipes de la banque », rapporte un communiqué de la banque.

Cette nomination accompagne une nouvelle étape pour l’UIB avec l’ambition de renforcer ses positions sur le marché bancaire tunisien, au bénéfice de ses clients et plus largement de l’économie tunisienne.

De nationalité tunisienne, M. Hajjaji est ingénieur diplômé de l’ENSAE en Mathématiques, Statistiques, Finance et Économie. Fort de plus de 35 ans de carrière dans les secteurs bancaire, financier et technologique au sein de groupes bancaires internationaux, M. Hajjaji a exercé des responsabilités exécutives de haut niveau couvrant la stratégie, la gouvernance, les opérations, la finance, la transformation digitale, la gestion des risques et le développement international.

Il occupait depuis 2014 et jusqu’à septembre 2026 les fonctions de Global Chief Operating Officer et membre du Comité Exécutif de Banco Santander Corporate & Investment Banking à Londres.

D’après communiqué.

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Réserves obligatoires : la BCT triple le taux sur les comptes à vue dès le 1er novembre

14. Oktober 2026 um 16:07

La Banque centrale de Tunisie (BCT) durcit sa politique de liquidité. Selon la circulaire n° 2026-11 du 9 octobre 2026, l’institut d’émission relèvera le taux des réserves obligatoires sur les comptes à vue et les sommes dues à la clientèle de 1 % à 3 %, à compter du 1er novembre 2026.

Cette disposition modifie l’annexe II.3 de la circulaire n° 2017-02 du 10 mars 2017 fixant la grille des taux applicables. Pour rappel, les établissements bancaires sont tenus d’immobiliser une fraction de leurs dépôts sous forme de réserves auprès de la BCT.

À travers ce mécanisme de constitution en moyenne, la Banque centrale vise deux objectifs majeurs : stabiliser les taux du marché monétaire et accentuer le besoin en monnaie centrale, afin de renforcer son rôle de régulateur de la liquidité bancaire.

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Marché financier : dernier délai pour les sociétés cotées

14. Oktober 2026 um 14:33

« Les sociétés cotées en Bourse sont tenues de déposer leurs indicateurs d’activité relatifs au troisième trimestre de l’exercice 2026, établis selon le modèle prévu pour leur secteur d’activité, au plus tard le mardi 20 octobre 2026 ». C’est ce qu’indique le Conseil du marché financier (CMF), dans un communiqué rendu public dans la soirée du mardi 13 octobre. À noter que le dépôt des indicateurs d’activité constitue une obligation légale qui doit être impérativement respectée, insiste le CMF.

Il a souligné, à cet effet, la nécessité de respecter strictement cette échéance et de veiller à la qualité et à l’exhaustivité des informations communiquées, ajoutant que  les indicateurs doivent être accompagnés de commentaires explicatifs clairs et précis, permettant d’apprécier les causes des variations significatives enregistrées au cours des neuf premiers mois de l’exercice 2026.

Lire aussi: Le CMF lance sa première revue pour décrypter le marché financier tunisien

« Tout manquement à ces obligations est susceptible de donner lieu à la mise en œuvre des diligences et mesures relevant de ses prérogatives », prévient-il dans son communiqué.

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Récolte des dattes : 20 millions de dinars de crédits sans garanties pour les petits agriculteurs

14. Oktober 2026 um 10:10

La Banque tunisienne de solidarité (BTS) a annoncé, mardi 14 octobre, la mobilisation d’une enveloppe de 20 millions de dinars au profit des petits agriculteurs de Kébili, Tozeur, Gafsa et Gabès. Ces financements prendront la forme de crédits saisonniers destinés à couvrir les besoins liés à la campagne des dattes 2026-2027.

Les prêts serviront notamment à financer la récolte et le stockage des dattes, mais aussi les travaux d’entretien et de préservation des oasis. L’objectif est de permettre aux petits exploitants de préparer la campagne dans de meilleures conditions et de sécuriser les opérations nécessaires à la valorisation de leur production.

Selon le communiqué de la banque, ces crédits seront accordés à un taux d’intérêt bancaire fixe, sans exigence de garanties ni d’apport personnel. Les procédures d’octroi seront simplifiées et les décaissements effectués dans des délais adaptés aux besoins des agriculteurs pendant la campagne.

Les bénéficiaires pourront accéder directement à ces financements ou passer par des sociétés coopératives de services agricoles, des groupements de développement agricole ou des sociétés communautaires opérant dans le secteur. Cette seconde possibilité sera encadrée par des conventions conclues à cet effet.

À travers ce dispositif, la BTS entend faciliter l’accès des petits agriculteurs au financement bancaire, tout en leur permettant de couvrir les dépenses saisonnières liées à la récolte et au stockage. Le programme vise également à soutenir l’entretien des oasis, dont la préservation constitue un enjeu pour la continuité de la production dattière dans les régions concernées.

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Travail au Canada : l’ATCT cherche des profils tunisiens qualifiés

13. Oktober 2026 um 10:38

Opportunités de recrutement au Canada pour les compétences tunisiennes : candidatures ouvertes jusqu’au 16 octobre 2026 via l’ATCT.

La Société Tunisienne de Coopération Technique (ATCT) a annoncé la disponibilité de nouvelles opportunités de recrutement au profit des compétences tunisiennes pour travailler au Canada dans les secteurs de la santé, de l’enseignement, de la petite enfance et des métiers techniques.

Des entreprises canadiennes souhaitent intégrer des candidats répondant aux critères de qualification et d’expérience requis. Et l’agence invite les personnes intéressées à s’inscrire via le formulaire électronique dédié avant le 16 octobre 2026.

Les spécialités recherchées dans la santé englobent les directeurs de soins, les chefs de services hospitaliers, les responsables de cliniques, les aides-soignants, les assistants en soins et les préposés aux bénéficiaires.

Dans le secteur de l’éducation, les postes concernent les enseignants du secondaire, du primaire, du préscolaire et les éducateurs de la petite enfance.

Pour les métiers techniques, les besoins portent sur les charpentiers-menuisiers de construction, les maçons, ainsi que les mécaniciens d’ateliers, d’équipements industriels et d’engins lourds.

Par ailleurs, notons que les conditions de candidature exigent une expérience professionnelle d’au moins deux ans dans la spécialité, un diplôme universitaire ou un brevet professionnel adapté au poste, la maîtrise du français et de l’anglais, avec une préférence pour les titulaires d’un test de compétence linguistique de type « TEF » ou « TCF ».

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Ridha Chkoundali : « Le relèvement des réserves obligatoires risque d’étrangler l’investissement privé »

13. Oktober 2026 um 09:58

Dans une analyse publiée sur sa page Facebook, l’expert en économie Ridha Chkoundali s’est interrogé sur les véritables implications du relèvement du coefficient de réserves obligatoires décidé par la Banque centrale de Tunisie. Selon lui, cette mesure, qui porte ce coefficient de 1% à 3% à compter du 1er novembre 2026, ne relève pas d’un simple ajustement technique : elle pourrait réduire la capacité des banques à financer l’investissement, fragiliser les PME et entrer en contradiction avec la politique de l’État en faveur des prêts d’honneur.

Après avoir maintenu son taux directeur autour de 7 %, la Banque centrale de Tunisie a publié, le vendredi 9 octobre 2026, la circulaire n° 2026-11 relative à la mise en œuvre de la politique monétaire. Celle-ci prévoit le triplement du coefficient de réserves obligatoires, qui passe de 1 % à 3 %. Ridha Chkoundali estime que cette décision soulève des questions essentielles sur les objectifs de la politique monétaire, ses effets sur le crédit bancaire et sa cohérence avec les choix économiques et sociaux de l’État.

Les réserves obligatoires correspondent à la part des dépôts que les banques doivent conserver auprès de la Banque centrale. Leur relèvement contraint donc les établissements bancaires à immobiliser davantage de liquidités.

À titre d’exemple, pour un milliard de dinars de dépôts assujettis, le montant à constituer auprès de la Banque centrale passe de 10 millions à 30 millions de dinars, soit 20 millions de dinars supplémentaires. Cette contrainte ne signifie pas automatiquement une baisse équivalente des crédits, mais elle peut réduire la marge de manœuvre des banques dans leur politique de financement.

Une réponse inadaptée à une inflation par les coûts

Ridha Chkoundali estime que la Banque centrale semble vouloir utiliser cet instrument pour contenir les pressions inflationnistes évoquées dans son dernier communiqué, en s’inspirant de l’approche adoptée par les grandes banques centrales, notamment la Réserve fédérale américaine et la Banque centrale européenne.

Or, souligne-t-il, la Banque centrale reconnaît elle-même que les risques d’inflation proviennent principalement de la hausse des coûts de production, de l’énergie et des matières premières, et non d’une surchauffe de la demande. Dans ce contexte, estime l’économiste, restreindre la liquidité bancaire ne permettra pas de lutter efficacement contre l’inflation.

Au contraire, cette politique risque de freiner l’octroi de crédits, de ralentir l’investissement privé et d’affaiblir la croissance économique, alors même que l’économie tunisienne a besoin de financements pour relancer la production et l’emploi.

Une contradiction avec les prêts d’honneur

Ridha Chkoundali relève également une apparente contradiction entre la décision de la Banque centrale et la politique de l’État consistant à promouvoir les prêts d’honneur sans intérêt.

D’un côté, l’État cherche à faciliter l’accès au financement des particuliers et des porteurs de projets afin de soutenir l’initiative économique. De l’autre, le relèvement des réserves obligatoires peut accroître la pression sur la liquidité des banques et réduire les ressources disponibles pour financer les autres activités productives.

Il reconnaî toutefois que les prêts d’honneur sont financés, selon le mécanisme annoncé, par des provisions liées aux bénéfices antérieurs des banques, tandis que les réserves obligatoires sont calculées sur les dépôts assujettis. Les ressources ne sont donc pas nécessairement les mêmes.

Mais, pour Ridha Chkoundali, cette distinction comptable ne supprime pas le risque de tension. Une banque tenue de financer des prêts sans intérêt, tout en immobilisant une part plus importante de ses ressources auprès de la Banque centrale, pourrait voir ses capacités de gestion de liquidité et d’allocation de crédit davantage limitées.

Les PME en première ligne

L’économiste met en garde contre les conséquences de ce resserrement sur les petites et moyennes entreprises. La combinaison d’une liquidité plus contrainte, des obligations de financement liées aux prêts d’honneur et d’une possible orientation des ressources vers le financement public pourrait intensifier la concurrence pour les fonds disponibles.

Dans ce scénario, les PME risquent d’avoir plus de difficultés à accéder au crédit d’investissement. Les conditions de financement pourraient également devenir plus coûteuses ou plus restrictives, si les banques décident de durcir leurs critères d’octroi ou de réorienter leurs ressources vers des emplois jugés moins risqués.

Pour Ridha Chkoundali, la politique de soutien à l’initiative économique à travers les prêts d’honneur risque alors de perdre une partie de son efficacité, en raison d’une politique monétaire plus restrictive.

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STIP : l’AGO affecte le bénéfice 2025 de 4,68 millions de dinars aux résultats reportés

13. Oktober 2026 um 09:31

L’Assemblée générale ordinaire de la Société Tunisienne des Industries de Pneumatiques (STIP), spécialisée dans la fabrication et la commercialisation des pneumatiques, a décidé, le 15 septembre 2026, d’affecter l’intégralité du bénéfice 2025, soit 4,68 millions de dinars, aux résultats reportés, qui restent négatifs, à 88,5 millions de dinars.

Aucune dotation à la réserve légale ni aux autres réserves n’a été prévue et aucun dividende ne sera distribué. La résolution a été adoptée à l’unanimité des actionnaires présents ou représentés.

Au 31 décembre 2024, les résultats reportés s’élevaient à moins 93,2 millions de dinars. L’ajout du bénéfice de l’exercice clos le 31 décembre 2025 ramène les pertes cumulées à 88,5 millions de dinars, montant qui constitue les résultats reportés de la société à cette date.

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Le CMF lance sa première revue pour décrypter le marché financier tunisien

12. Oktober 2026 um 17:26

Le Conseil du Marché Financier (CMF) lance la première édition de sa revue, une publication semestrielle qui ambitionne de renforcer la transparence, de consolider l’information financière et d’apporter un éclairage analytique sur les évolutions du marché tunisien. Au programme : des indicateurs chiffrés arrêtés au 30 juin 2026, cinq études thématiques et un bilan de l’activité institutionnelle du régulateur.

Le Conseil du Marché Financier (CMF) enrichit le paysage de l’information financière en Tunisie avec le lancement de la première édition de sa revue. Présentée par Hatem Smiri, président du Collège du Conseil du Marché Financier Délégué, cette nouvelle publication entend mettre à la disposition des investisseurs, des émetteurs, des professionnels du marché et des observateurs une lecture structurée de l’activité financière, combinant données statistiques, analyses thématiques et actualités réglementaires.

Cette initiative intervient dans un contexte marqué par la complexification des instruments financiers, l’évolution des risques et le renouvellement des attentes des investisseurs. Pour le régulateur, l’enjeu ne se limite plus à la surveillance et au contrôle des opérations. Il consiste également à contribuer à la production et à la diffusion d’une information fiable, accessible et pertinente, susceptible d’éclairer les décisions des acteurs du marché et d’alimenter la réflexion sur le développement de la place financière tunisienne.

Dans son avant-propos, Hatem Smiri souligne ainsi la nécessité de rapprocher la rigueur de l’analyse scientifique des réalités de la pratique réglementaire. La revue se veut un espace de réflexion sur les problématiques structurelles du marché financier, tout en assurant un suivi factuel des évolutions réglementaires et institutionnelles.

Une photographie chiffrée du marché au premier semestre 2026

La première partie de la publication, consacrée aux « Indicateurs du marché financier », rassemble les principales données statistiques arrêtées au 30 juin 2026. Elle propose notamment un suivi des indices TUNINDEX et TUNINDEX20, une analyse de la performance boursière et de sa répartition sectorielle, ainsi qu’un examen de la capitalisation boursière et des volumes de transactions.

D’autres indicateurs complètent ce panorama, notamment la participation étrangère, la liquidité et la volatilité du marché. La revue s’intéresse également au marché primaire des actions, au marché obligataire, à la structure des comptes-titres et à l’activité des organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM).

Chaque rubrique associe tableaux statistiques, représentations graphiques et commentaires analytiques. L’objectif est de dépasser la simple présentation des chiffres pour en faciliter la lecture et permettre aux différents intervenants d’appréhender les tendances qui caractérisent le marché financier tunisien.

Cette approche vise à fournir une base d’information consolidée aux investisseurs et aux professionnels, tout en contribuant à une meilleure compréhension du fonctionnement et des évolutions de la place financière.

Cinq études sur les enjeux structurels et réglementaires

Au-delà des statistiques, la revue accorde une place importante à l’analyse des transformations du marché. Sa deuxième partie, intitulée « Études et Analyses », réunit cinq contributions élaborées par les cadres du CMF autour de problématiques financières et réglementaires d’actualité.

Le marché des obligations privées en Tunisie figure parmi les thèmes retenus, dans un contexte où la diversification des sources de financement constitue un enjeu pour les entreprises et pour le développement du marché des capitaux. La revue aborde également le crowdfunding en investissement, un mécanisme qui s’inscrit dans la réflexion sur l’élargissement des modes de financement.

La publication traite par ailleurs du reporting environnemental, social et de gouvernance (ESG) des sociétés faisant appel public à l’épargne. Cette thématique renvoie à la place croissante des informations extra-financières dans l’évaluation des entreprises et à l’évolution des exigences de transparence à l’égard des investisseurs.

Deux autres contributions sont consacrées à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Elles portent, d’une part, sur l’approche fondée sur les risques et, d’autre part, sur la mise en œuvre de ces exigences par les entités assujetties au contrôle du CMF.

À travers ces cinq études, le régulateur entend apporter un éclairage sur des questions qui touchent aussi bien au financement de l’économie qu’à la conformité réglementaire, à la gouvernance et à la protection de l’intégrité du marché. Les analyses sont réalisées par ses équipes internes, dont l’expertise est mobilisée pour rapprocher les problématiques théoriques des réalités opérationnelles.

La transparence et la culture financière au cœur de la démarche

La troisième partie de la revue est consacrée aux « Actualités du Conseil du Marché Financier ». Elle retrace les principaux événements organisés par le Conseil au cours du semestre, ainsi que sa participation à des rencontres et à des instances internationales.

Cette rubrique complète les données de marché et les études thématiques par un suivi de l’action institutionnelle du régulateur. L’ensemble repose ainsi sur une architecture en trois volets : mesurer l’activité du marché, analyser ses enjeux et rendre compte des initiatives du CMF.

Pour Hatem Smiri, cette démarche s’inscrit dans une ambition plus large de consolidation de la transparence, de l’intégrité et du développement du marché financier tunisien. La diffusion d’une information objective et accessible doit également contribuer à élargir la culture financière auprès des investisseurs, des chercheurs, des praticiens et, plus généralement, de toutes les personnes intéressées par le fonctionnement du marché.

La réalisation de cette première édition a bénéficié de la contribution des cadres du CMF, ainsi que de la collaboration de la Bourse des valeurs mobilières de Tunis (BVMT) et de Tunisie Clearing, dont les données et l’appui ont participé à l’élaboration de la publication.

Un nouveau rendez-vous pour la place financière tunisienne

Avec cette première édition, le CMF entend installer une publication appelée à s’inscrire dans la durée. Le défi sera de maintenir la régularité de ce rendez-vous, la qualité des analyses et l’actualité des informations proposées, afin d’en faire un outil de référence pour les professionnels du marché, les investisseurs et la communauté académique.

Au-delà de sa fonction documentaire, cette revue traduit une conception élargie du rôle du régulateur : à la mission de contrôle s’ajoute celle de contribuer à la connaissance du marché, à la diffusion des bonnes pratiques et à l’approfondissement du débat sur son développement.

En réunissant statistiques, analyses spécialisées et informations institutionnelles dans un même support, le CMF pose ainsi les bases d’un dispositif de suivi et de réflexion destiné à accompagner les évolutions du marché financier tunisien et à mieux faire connaître sa contribution au financement de l’économie nationale.

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Enda mise sur l’entrepreneuriat vert et prépare un prix ouvert à l’Afrique

12. Oktober 2026 um 16:43

Avec 100 000 dinars de récompenses pour trois projets tunisiens, le Prix Michael Philip Cracknell pour l’Environnement entend soutenir des initiatives concrètes face aux défis écologiques. Dès 2027, le concours devrait s’ouvrir aux porteurs de projets africains, selon Essma Ben Hamida.

Trois projets, 100 000 dinars de récompenses et une ambition continentale annoncée pour 2027. Enda a dévoilé, le 8 octobre 2026 au Musée national du Bardo, les lauréats de la première édition du Prix Michael Philip Cracknell pour l’Environnement. Créée en hommage au cofondateur de l’organisation, décédé en juillet 2024, cette initiative vise à donner davantage de moyens aux acteurs qui développent des solutions aux problèmes environnementaux en Tunisie.

Le premier prix de 50 000 dinars revient à Houssem Hamdi pour Soli Green, porté par Tounes Clean Up. Mohamed Rammeh décroche le deuxième prix, doté de 30 000 dinars, pour Zigofiltre, associé à Wayout. Le troisième prix, d’une valeur de 20 000 dinars, est attribué à Firas Khelifi pour Jninet El Hafsia, porté par Blue Fish. Pour Enda, l’enjeu dépasse la distinction de projets déjà engagés. Il s’agit de renforcer leur capacité à se développer et à produire des résultats sur le terrain, tout en mobilisant de nouveaux acteurs autour de la transition environnementale. La première édition a suscité 200 candidatures, dont 171 reçues dans les délais, en provenance des 24 gouvernorats. Après une première vérification, 93 dossiers ont été soumis à une évaluation technique. Trente-trois initiatives ont ensuite été présentées au jury, avant la sélection de dix finalistes, auditionnés le 19 septembre.

Les chiffres communiqués par Enda montrent la place prise par l’initiative entrepreneuriale dans cette compétition : 69 % des candidatures proviennent de startups, d’entrepreneurs ou de porteurs individuels. Les associations, organisations de la société civile et clubs environnementaux représentent, pour leur part, 23 % des candidatures. Les problématiques liées aux déchets et à l’économie circulaire dominent les projets évalués techniquement, avec 53 % des dossiers. Près de 30 % portent sur l’eau, la résilience climatique et l’adaptation, tandis que 12 % concernent l’agriculture, les sols et la biodiversité. Cette répartition met en évidence les domaines dans lesquels les porteurs de projets cherchent à apporter des réponses, notamment à travers des initiatives susceptibles d’associer impact environnemental et développement économique local.

Le projet de Houssem Hamdi, récompensé par le premier prix, prévoit la plantation de 12 millions d’arbres d’essences locales à l’horizon 2035. Il repose également sur l’implication des populations locales dans des projets économiques liés aux forêts tunisiennes.

Selon le lauréat, le programme a déjà permis de planter 2,2 millions d’arbres. Il vise aussi à mobiliser 1 000 femmes et plus de 5 000 bénévoles. La dotation de 50 000 dinars distingue ainsi une initiative qui associe restauration des écosystèmes, mobilisation citoyenne et participation économique.

Les deux autres projets récompensés illustrent la diversité des initiatives retenues. Zigofiltre, porté par Mohamed Rammeh, et Jninet El Hafsia, porté par Firas Khelifi, figurent parmi les solutions sélectionnées par le jury. Les informations communiquées lors de la cérémonie ne détaillent toutefois pas suffisamment leurs dispositifs techniques pour en évaluer plus précisément les résultats attendus.

L’évolution annoncée pour la prochaine édition constitue l’un des principaux prolongements de cette première expérience. Essma Ben Hamida a indiqué que le prix devrait s’ouvrir aux initiatives africaines dès 2027. Cette décision fait notamment suite à la réception d’une candidature malienne lors de cette première édition, qui n’a pas pu être retenue, le concours étant réservé aux projets tunisiens. « On ne peut pas le garder tunisien », a déclaré la cofondatrice d’Enda, en évoquant l’élargissement du dispositif. Les modalités de cette ouverture restent à préciser. Elle pourrait néanmoins élargir le champ des initiatives soutenues et favoriser les échanges entre porteurs de projets environnementaux sur le continent. La cérémonie a également été marquée par la présentation de l’édition tunisienne du Manuel pour le citoyen du monde, en présence de ses coauteurs Roberto Savio et Giuliano Rizzi. Traduit en français et en arabe, l’ouvrage compte 19 chapitres consacrés aux grands enjeux contemporains. Enda prévoit sa diffusion dans les maisons de jeunes, les universités et les lycées. À travers ces deux initiatives, l’organisation entend conjuguer soutien aux projets de terrain et sensibilisation des jeunes générations. Pour le prix environnemental, le prochain défi sera désormais de transformer les dotations financières et la mobilisation suscitée par cette première édition en résultats mesurables, puis de concrétiser l’ouverture africaine annoncée pour 2027.

Amani Mejri

 

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La TRAPSA reste hors Bourse, son rôle stratégique en cause

12. Oktober 2026 um 09:39

La TRAPSA restera hors Bourse, pour l’instant : le ministère met en avant son rôle stratégique et la sécurité de l’approvisionnement énergétique national. Son plan 2026-2030 prévoit deux nouveaux bassins de 35000 m³ et de 5000 m³.

La Compagnie des transports par pipelines au Sahara (TRAPSA) ne sera pas cotée en Bourse à ce stade. C’est ce qu’indique le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, pour qui cette option n’est actuellement pas envisagée. Il justifie son exclusion par la spécificité de l’entreprise et son rôle stratégique, ainsi que par l’impératif d’assurer la continuité du service public et la sécurité de l’approvisionnement énergétique du pays.

Ces éléments figurent dans une réponse écrite transmise au président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) par le ministre de l’Équipement et de l’Habitat, qui assure également la gestion du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie. Le document répondait à une question de la députée Fatma Mseddi portant sur la gouvernance, la rentabilité et la situation financière de la société.

Entreprise publique de catégorie « A », la TRAPSA relève de la convention tuniso-française de 1958 et de la loi de 1985. Elle intervient dans le transport, le stockage et le chargement de pétrole brut, et propose aussi des services pétroliers et maritimes. Son modèle économique s’appuie sur des contrats assortis de tarifs révisés à intervalles réguliers, de façon à refléter l’évolution des coûts d’exploitation et des indicateurs économiques. Plusieurs accords ont récemment été actualisés.

Le plan de développement 2026-2030 de la société comprend un vaste programme de modernisation de ses infrastructures. Il couvre la maintenance du pipeline, des équipements maritimes et des installations de stockage, ainsi que la réalisation de deux nouveaux bassins, d’une capacité respective de 35000 m³ et de 5000 m³.

Selon le ministère, ces investissements serviront aussi à renforcer les dispositifs de sécurité, à protéger l’environnement, à numériser les activités et à assurer le contrôle public des opérations.

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TRIBUNE – De la donnée au crédit : quand la banque tunisienne passe à la précision

10. Oktober 2026 um 15:02

Dans une première tribune consacrée au renouvellement du business model bancaire tunisien, nous avons posé un constat simple: le cycle 2026-2030 ne peut être abordé avec les seuls réflexes du modèle bancaire traditionnel.

La banque tunisienne doit désormais développer trois capacités : transformer la technologie en efficacité, la donnée en décision et l’innovation en levier de souveraineté économique.

Dans un deuxième temps, nous avons examiné l’infrastructure nécessaire à cette transformation : désenclaver progressivement les Core Banking Systems par des architectures API-first et faire de la gouvernance de la donnée un enjeu stratégique. Car une banque ne peut prétendre décider plus vite, innover davantage ou mieux financer l’économie tunisienne si son patrimoine informationnel reste fragmenté, difficilement exploitable et insuffisamment gouverné. Mais une question demeure : que faire de cette capacité technologique et informationnelle une fois qu’elle est construite ? La réponse se trouve du côté de l’économie réelle tunisienne.

Le véritable test de la transformation numérique ne sera pas le nombre de plateformes déployées, d’applications développées ou de projets informatiques lancés. Il sera beaucoup plus concret : une PME accède-t-elle plus rapidement au financement ? Un entrepreneur dans une région de l’intérieur peut-il mieux faire reconnaître la viabilité de son projet ? Une banque peut-elle mieux distinguer une entreprise temporairement fragile d’une entreprise structurellement risquée ? Un investissement productif peut-il être identifié plus tôt et accompagné plus efficacement ?

La transformation numérique de la banque ne prendra véritablement son sens que lorsqu’elle permettra de répondre à ces questions. C’est là que se joue le passage de la donnée à la bancabilité.

De la banque de produits à la banque des besoins

Pendant longtemps, la relation bancaire tunisienne a été organisée autour d’une logique relativement simple : segmenter la clientèle, concevoir des produits standardisés et les distribuer à différentes catégories de clients. Cette logique reste nécessaire pour assurer la massification et l’efficacité commerciale. Mais elle montre ses limites lorsqu’il s’agit de financer une économie plus diverse, plus fragmentée et confrontée à des besoins de financement différenciés.

Une PME exportatrice de Bizerte, une entreprise touristique de Djerba, une société industrielle de Sfax, une jeune entreprise technologique du Grand Tunis ou un projet agricole de Kairouan ne présentent ni les mêmes cycles d’activité, ni les mêmes risques, ni les mêmes besoins de trésorerie. Les traiter uniquement à travers quelques catégories standardisées peut conduire à une perte d’information économique. Le modèle numérique permet d’aller plus loin.

L’exploitation maîtrisée des données transactionnelles, financières et relationnelles peut permettre à la banque de mieux comprendre la situation réelle de son client, ses flux, ses cycles d’activité, ses besoins de liquidité, sa capacité d’épargne ou encore les moments où une intervention financière peut être pertinente.

La banque peut alors progressivement passer d’une logique de produit à une logique de besoin. Il ne s’agit pourtant pas de transformer chaque interaction bancaire en opération de ciblage commercial. Une personnalisation réduite à multiplier les sollicitations ou les ventes croisées ne constituerait qu’une sophistication technologique du marketing traditionnel.

La véritable rupture consiste à faire en sorte que l’analyse permette de proposer une réponse financière plus pertinente, au moment où elle devient utile pour le client. Le produit bancaire devient ainsi progressivement la conséquence de l’analyse plutôt que son point de départ.

Pour un particulier, cela peut signifier une combinaison plus cohérente entre épargne, financement, paiement et prévoyance. Pour une PME, cela peut conduire à une proposition articulant financement du cycle d’exploitation, investissement, trésorerie, paiement ou couverture des risques. Mais cette personnalisation suppose une condition préalable : connaître suffisamment bien le client sans franchir la frontière entre connaissance utile et surveillance excessive. La valeur de la donnée bancaire ne peut donc être dissociée de la confiance qui autorise son utilisation.

La bancabilité devient une capacité à construire

C’est ici que le débat tunisien sur le financement des PME doit changer de perspective. Le problème ne se résume pas à l’existence ou non de ressources financières. Il existe en amont un autre enjeu : celui de la transformation d’une idée, d’une activité ou d’un projet en une proposition suffisamment structurée pour être analysée par un financeur.

La question est particulièrement sensible pour les PME, les jeunes entreprises et les projets situés dans les régions de l’intérieur. Une activité peut être économiquement viable sans disposer immédiatement de l’ensemble des informations, historiques et indicateurs attendus par un financeur. À l’inverse, un dossier parfaitement présenté ne garantit évidemment pas la viabilité économique du projet.

Entre les deux se trouve un espace d’ingénierie encore insuffisamment exploité : celui de la construction de la bancabilité. L’expérience tunisienne récente autour de l’accès des PME à des financements adaptés rappelle à cet égard une réalité fondamentale : entre le projet et le financement, il existe une chaîne d’ingénierie.

La banque tunisienne peut avoir un rôle beaucoup plus important à jouer dans cette chaîne. Cela ne signifie évidemment pas qu’un algorithme pourrait décréter qu’un projet est « bancable ». La bancabilité demeure une appréciation financière, économique et humaine. La donnée peut réduire l’incertitude ; elle ne supprime ni le risque ni le besoin de jugement. Mieux connaître n’est pas garantir. Mieux scorer n’est pas décider seul. Et mieux analyser ne signifie pas financer sans discernement. L’enjeu est de rendre la décision plus informée, plus rapide et plus traçable.

La donnée comme infrastructure de bancabilité

C’est ici que les deux premières transformations – architecture et donnée – trouvent leur justification économique. Une banque tunisienne disposant de données fiables, réconciliées, accessibles et gouvernées peut progressivement construire des modèles permettant de mieux apprécier la réalité économique de ses clients. Pour une PME, cela peut signifier une lecture plus dynamique des flux, des encaissements, des paiements, des cycles d’exploitation, de la saisonnalité ou des besoins de trésorerie. Cela peut aussi permettre de mieux distinguer deux situations souvent confondues : l’absence d’information et l’absence de capacité de remboursement. Cette distinction est essentielle.

Une entreprise peut être difficile à évaluer parce que son information est incomplète, sans être nécessairement économiquement fragile. À l’inverse, une information abondante ne transforme pas un modèle économique fragile en projet viable. La donnée ne remplace donc ni l’analyse humaine, ni l’étude du projet, ni la connaissance du terrain. Elle permet en revanche d’enrichir considérablement cette analyse. Que se passe-t-il lorsque la donnée elle-même est incomplète, ancienne ou erronée ?

La réponse ne peut pas être de demander davantage de données à tout prix. Elle doit commencer par leur gouvernance : qualité, origine, réconciliation, traçabilité, mise à jour et contrôle des usages. Un modèle sophistiqué alimenté par une donnée médiocre ne produit pas une décision intelligente ; il industrialise simplement l’erreur. Pour les banques tunisiennes, la qualité de la donnée doit donc devenir un chantier aussi important que sa quantité.

La bancabilité cesse alors d’être uniquement un état présenté par le demandeur de crédit. Elle devient aussi une capacité que la banque peut contribuer à construire. Cette évolution est particulièrement importante pour les jeunes entreprises, les entrepreneurs des régions et les PME dont l’activité économique est réelle mais dont la capacité à produire une information financière immédiatement exploitable demeure limitée. Mais la technologie ne doit pas créer une nouvelle fracture. Une PME peu digitalisée ne doit pas devenir automatiquement une PME mal financée.

L’enjeu consiste précisément à croiser les sources d’information disponibles, à accompagner la formalisation et à conserver une capacité d’analyse humaine pour les situations que les modèles statistiques appréhendent mal. Le véritable enjeu n’est donc pas seulement de financer davantage. Il est de mieux identifier ce qui mérite de l’être et de mieux accompagner ce qui doit encore devenir finançable.

Vers la « banque de précision »

Cette transformation ouvre une nouvelle perspective sur le business model bancaire tunisien. Après la banque de masse et la segmentation traditionnelle, l’étape suivante pourrait être celle d’une banque capable de construire une proposition de valeur presque individualisée.

Une banque de précision ne signifie pas une banque qui surveille davantage ses clients. Elle signifie une banque qui exploite mieux, et de manière responsable, l’information dont elle dispose pour répondre plus précisément à leurs besoins. Pour le client, cette évolution pourrait se traduire par une relation moins fondée sur le catalogue de produits et davantage sur la résolution de situations financières concrètes.

Pour une PME, elle pourrait permettre de passer d’une offre standard de crédit à une véritable ingénierie financière : financement du besoin en fonds de roulement, investissement, trésorerie, paiements, accompagnement de la croissance ou couverture des risques. Mais cette ambition comporte un risque évident : celui de transformer la personnalisation en automatisation intégrale. Or, un client n’est pas la somme de ses transactions.

Un entrepreneur peut traverser une phase exceptionnelle. Une entreprise touristique peut connaître une forte saisonnalité. Une exploitation agricole dépendre d’un cycle climatique. Une activité industrielle être affectée temporairement par un choc externe. Une PME exportatrice subir une variation de ses marchés.

Un historique de données reflète le passé ; il ne préjuge pas mécaniquement de l’avenir. La banque de précision doit donc être une banque augmentée par la donnée, et non une banque remplacée par l’algorithme. L’intelligence artificielle peut détecter, rapprocher, prédire et alerter. Elle doit cependant rester inscrite dans une chaîne de décision gouvernée et responsable, particulièrement lorsque l’accès au financement est en jeu.

Valoriser la donnée sans vendre le client

La question de la valorisation de la donnée mérite également d’être précisée. La valorisation ne doit pas être comprise comme la vente des données personnelles des clients. La véritable valeur économique se situe d’abord dans la capacité de la donnée à produire de l’intelligence et de nouveaux services.

La chaîne de valeur pourrait être résumée ainsi : Donnée → connaissance → personnalisation → décision → valeur.

Une banque tunisienne peut valoriser sa donnée en améliorant ses décisions de crédit, en réduisant ses coûts opérationnels, en détectant plus rapidement les risques, en personnalisant ses offres ou en développant de nouveaux services à valeur ajoutée.

Dans les cadres juridiquement autorisés, des données correctement anonymisées ou agrégées peuvent également contribuer à construire des services analytiques destinés aux entreprises et aux écosystèmes économiques.

La question stratégique n’est donc pas : « Combien vaut notre base de données ? » Elle est plutôt : « Combien de valeur économique sommes-nous capables de créer à partir de données fiables, gouvernées et utilisées de manière responsable ? »

La monétisation ne constitue ainsi qu’une modalité éventuelle de la valorisation. Dans de nombreux cas, la valeur la plus importante sera indirecte : une meilleure décision de crédit, un meilleur accompagnement, une diminution des coûts, une réduction du risque ou une expérience client réellement utile. Autrement dit, la banque peut valoriser économiquement la donnée sans faire de la donnée personnelle elle-même une marchandise.

De l’intelligence client à l’intelligence économique

La transformation peut encore aller plus loin. Une banque dispose d’une vision privilégiée des flux économiques : entreprises, ménages, secteurs, territoires, investissement, consommation et commerce.

En Tunisie, cette capacité d’observation prend une importance particulière dans un contexte où la réduction de l’informalité, l’amélioration du financement de l’investissement productif, le développement régional et la meilleure orientation de l’épargne constituent des enjeux économiques majeurs. Une fois agrégée, anonymisée et correctement gouvernée, l’information bancaire peut contribuer à produire une forme d’intelligence économique utile à l’écosystème.

La banque pourrait ainsi progressivement devenir non seulement un intermédiaire financier, mais également une infrastructure d’information économique. Elle pourrait mieux identifier les secteurs en croissance, les besoins de financement émergents, les tensions de trésorerie, les opportunités régionales et les chaînes de valeur insuffisamment financées. Cette capacité peut contribuer à l’exécution du Plan de Développement 2026-2030.

Car un plan de développement ne se finance pas uniquement par des enveloppes budgétaires. Il nécessite aussi la capacité du système financier à identifier, sélectionner, accompagner et suivre les projets qui doivent transformer les orientations publiques en activité économique.

La donnée bancaire peut contribuer à cette chaîne d’exécution. Mais cette intelligence économique ne doit pas être confondue avec une prétention à tout prévoir. Les données bancaires décrivent une partie de l’économie ; elles n’en constituent pas une représentation exhaustive. Le véritable progrès ne consiste donc pas à faire parler davantage les données, mais à leur faire dire quelque chose de suffisamment fiable pour améliorer une décision réelle.

La personnalisation ne doit pas devenir une nouvelle discrimination

Si les modèles deviennent capables de différencier toujours plus finement les clients, une autre question apparaît : comment éviter que cette précision ne produise des exclusions invisibles ? Un modèle peut reproduire les biais contenus dans les données qui l’alimentent. Une décision statistiquement cohérente peut donc devenir économiquement contestable si elle pénalise systématiquement certaines catégories de clients ou certains territoires. La réponse réside dans la gouvernance : qualité des données, tests de biais, explicabilité, auditabilité, supervision humaine, traçabilité des décisions et possibilité de réexamen.

La banque de précision doit ainsi être aussi une banque de responsabilité. La technologie ne doit pas renforcer mécaniquement les asymétries existantes ; elle doit contribuer à les réduire.

Une transformation progressive et mesurable

Toutes les banques tunisiennes disposent-elles des moyens financiers, humains et technologiques nécessaires ? La réponse ne peut certainement pas être un appel à multiplier les grands projets informatiques. Le risque serait de remplacer une dette technologique par une nouvelle accumulation de projets complexes, coûteux et difficilement maîtrisables. La transformation doit donc être progressive, modulaire et orientée vers des résultats mesurables.

Il ne s’agit pas de construire immédiatement la banque parfaite. Il s’agit de commencer par les cas d’usage où la donnée et l’automatisation produisent une valeur démontrable : réduction des délais de crédit, amélioration de la qualité des données, détection précoce des risques, automatisation de certaines tâches, meilleure connaissance des PME ou personnalisation de services réellement utiles.

L’approche API-first défendue dans la deuxième tribune prend ici tout son sens : elle permet d’ajouter progressivement des capacités sans imposer nécessairement une reconstruction totale du système bancaire. La transformation devient alors un processus d’ingénierie plutôt qu’un grand soir technologique.

De l’intelligence client à la souveraineté économique

Plus la banque tunisienne s’appuie sur la donnée et l’intelligence artificielle, plus les exigences de gouvernance deviennent importantes. La qualité des données, leur sécurité, leur confidentialité, la maîtrise des fournisseurs technologiques, l’explicabilité des modèles et la capacité à auditer les décisions deviennent des conditions de confiance. La souveraineté numérique ne consiste toutefois pas à tout produire localement. Elle consiste à conserver la capacité de comprendre, contrôler, auditer, reverser et sécuriser les fonctions critiques.

Pour la place bancaire tunisienne, cette question dépasse donc largement le périmètre des directions informatiques. La maîtrise des données financières, des architectures, des contrats technologiques, des compétences et des fonctions critiques participe directement à la capacité du système financier à accompagner les choix économiques du pays.

Une banque qui dépend d’une technologie externe mais conserve la maîtrise de ses données, de ses architectures, de ses contrats, de ses modèles et de ses compétences n’est pas dans la même situation qu’une banque qui externalise progressivement sa capacité de décision. La souveraineté devient ainsi une question de maîtrise des dépendances, autant que de localisation des infrastructures.

Le véritable test du cycle 2026-2030

Le cycle 2026-2030 offre ainsi au secteur bancaire tunisien une occasion de dépasser la seule transformation numérique. Le véritable objectif n’est pas d’avoir davantage d’applications, davantage de données ou davantage d’intelligence artificielle.

Il est de construire une chaîne cohérente : une infrastructure ouverte, une donnée gouvernée, une intelligence maîtrisée, une connaissance plus fine des clients, des produits mieux adaptés et un financement mieux orienté vers l’économie réelle.

C’est cette chaîne qui permettra de passer de la banque qui traite des transactions à la banque qui comprend les trajectoires économiques. Et c’est également à cette aune que devrait être mesurée la réussite de la transformation bancaire : non seulement par le nombre de projets numériques réalisés, mais par ce qu’ils permettent réellement d’améliorer.

Combien de temps avons-nous gagné dans l’accès au financement ? Combien de projets économiquement viables avons-nous réussi à rendre bancables ? Combien de PME avons-nous mieux accompagnées ? Combien d’entreprises des régions avons-nous réussi à mieux intégrer aux circuits de financement ? Combien de risques avons-nous mieux anticipés ? Combien de ressources avons-nous orientées vers l’investissement productif ?

Et surtout : quelle part de la transformation numérique se traduit réellement par une meilleure exécution des priorités économiques du pays ? La question centrale n’est finalement pas de savoir si la banque tunisienne sera numérique. Elle le sera. La véritable question est de savoir si elle saura transformer cette puissance numérique en intelligence financière, cette intelligence en propositions de valeur individualisées, et cette capacité d’analyse en financement concret de l’économie réelle.

Après avoir repensé son business model et modernisé son infrastructure, la banque tunisienne doit désormais franchir un troisième seuil : faire de la donnée non seulement un actif stratégique, mais un moteur de bancabilité, de création de valeur et de souveraineté économique.

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Tunisie-Canada : la Conect mise sur l’aéronautique et l’innovation pour dynamiser la coopération économique

10. Oktober 2026 um 12:27

L’ambassadeur du Canada en Tunisie, Alexandre Kofi Bilodeau, accompagné du conseiller commercial de l’ambassade, François Lasalle, a été reçu, le vendredi 9 octobre 2026, au siège de la Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (Conect). La délégation canadienne a été accueillie par le président de la Conect, Aslan Berjeb, le président de Conect International, Tarek Cherif, et la présidente du groupement professionnel « Innovation Act », Mariem Abdeljawed.

Cette rencontre a permis d’examiner les perspectives de renforcement de la coopération économique entre la Tunisie et le Canada, ainsi que les opportunités de partenariat et d’investissement susceptibles d’être développées entre les entreprises des deux pays. Les échanges ont porté notamment sur l’aéronautique et l’innovation, deux secteurs identifiés comme porteurs de fort potentiel de collaboration. Les deux parties ont également évoqué d’autres domaines d’activité où les complémentarités entre opérateurs tunisiens et canadiens pourraient être valorisées.

L’accent a été mis sur la nécessité de consolider les liens entre les acteurs économiques des deux pays, de faciliter la mise en relation des entreprises et d’encourager l’émergence de nouveaux projets d’affaires.

Des secteurs à fort potentiel

Le secteur aéronautique figure parmi les créneaux prometteurs de la coopération tuniso-canadienne. Le Canada dispose d’une industrie aérospatiale développée, tandis que la Tunisie s’est progressivement imposée comme une plateforme régionale pour certaines activités industrielles et de services liées à ce secteur.

L’innovation constitue l’autre axe majeur des discussions. À travers son groupement professionnel « Innovation Act », la Conect entend accompagner le développement de l’écosystème technologique tunisien et favoriser les partenariats entre startups, entreprises, centres de recherche et investisseurs.

Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique de rapprochement économique entre Tunis et Ottawa. Les relations commerciales entre les deux pays concernent notamment l’agroalimentaire, les technologies de l’information et de la communication, l’éducation, la formation professionnelle et l’aérospatiale.

Vers de nouvelles opportunités d’affaires

Pour la Conect, l’objectif est de transformer ces échanges en opportunités concrètes de coopération, en identifiant des projets communs et en facilitant l’accès des entreprises tunisiennes aux marchés canadiens, ainsi que l’implantation d’entreprises canadiennes en Tunisie.

Cette rencontre entre la Conect et la représentation diplomatique canadienne ouvre ainsi la voie à une coopération plus structurée, axée sur l’innovation, l’industrie et le développement de partenariats d’affaires durables entre les opérateurs des deux pays.

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