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Monastir | Une femme tuée par son mari, trois autres membres de la famille blessés

31. August 2026 um 20:08

Un terrible drame familial a secoué la région de Monastir, où un quadragénaire s’en est violemment pris à ses proches armé d’un fusil et d’une arme blanche tuant son épouse et blessant sa belle-mère, son beau-frère et sa fille.

Dans une déclaration à Mosaïque FM, Mohamed El Mekki Farj, substitut du procureur de la République et porte-parole officiel du tribunal de première instance de Monastir, a précisé que l’épouse, touchée par balle, a succombé à ses blessures sur le coup.

Les trois autres victimes ont été évacuées d’urgence vers l’hôpital où elles reçoivent les soins nécessaires alors que le suspect a été rapidement interpellé par les unités de la Garde nationale.

Le Parquet a ordonné sa mise en détention et a décidé de le poursuivre pour homicide volontaire avec préméditation, de tentative d’homicide volontaire avec préméditation, ainsi que de port et de détention d’arme à feu et d’arme blanche sans autorisation.

Les investigations se poursuivent afin de faire toute la lumière sur ce drame et d’en déterminer les mobiles.

Y. N.

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Quand le manque de soutien brise une carrière: le départ d’Ahmed Laabidi

31. August 2026 um 15:25

Quatrième sportif à quitter la délégation nationale, Ahmed Laabidi dénonce l’absence de soutien matériel et moral qui l’a poussé à se retirer, malgré les sacrifices consentis pour défendre les couleurs de la Tunisie.

 

Ahmed Laabidi, gymnaste ayant représenté la Tunisie, explique les raisons de son départ de la délégation nationale en pointant un manque criant de soutien matériel et moral. Il rappelle les sacrifices qu’il a faits  abandon des études, vie personnelle mise entre parenthèses  pour se consacrer entièrement au sport, sans recevoir en retour l’encadrement et les moyens nécessaires.

Il évoque des difficultés financières persistantes, l’absence d’un logement stable et l’impossibilité de subvenir à ses besoins de base tout en poursuivant ses entraînements à plein temps. Ces conditions, dit-il, rendent la pratique de haut niveau quasi impossible et l’ont conduit à prendre la décision de se retirer.

Ahmed Laabidi tient à préciser qu’il ne cherche pas à accuser des individus ni à se poser en victime. Il souhaite simplement rappeler que l’athlète est d’abord un être humain qui mérite respect, soutien et des conditions de vie dignes pour pouvoir exceller.

Il affirme son amour pour la Tunisie et sa fierté d’avoir porté ses couleurs, tout en regrettant de n’avoir pas reçu en retour le même niveau d’engagement.

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Quand la panne devient data: « Famma Eau » trace les zones sans eau

31. August 2026 um 14:33

Après le succès de la plateforme Famma Dhaw, la même application propose désormais une fonctionnalité déclinée « Famma Eau », signifiant littéralement  « y a-t-il de l’eau ».

Il faut rappeler que, bien souvent, ce sont les épreuves qui stimulent l’inventivité et révèlent les esprits créatifs. Besoin d’une preuve ? En voici une : à la suite de cette canicule tropicale et de ses conséquences (coupures d’électricité et d’eau, entre autres), un jeune développeur a imaginé une application qui, sans résoudre le problème de fond, permet d’identifier les zones privées d’eau gérées par notre vénérable SONEDE. C’est du génie, dira-t-on.

L’application conserve le nom initial « Famma Dhaw ? » (en français : « Y a-t-il de l’électricité ? »). Au moment de la rédaction de cet article, elle recensait 47 zones sans eau sur 392, 1 269 signalements enregistrés au cours des trois dernières heures, et un total de 1 464 308 signalements depuis son lancement.

Mise à jour en continu : coupures d’électricité et d’eau en direct signalées par les habitants des quatre coins du pays.

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Urgence hydrique: juillet 2026, un mois record sous le signe de la soif

31. August 2026 um 13:41

Alors que les températures grimpent, la crise de l’eau atteint un nouveau pic. En juillet 2026, l’Observatoire Tunisien de l’Eau a enregistré 608 signalements citoyens, un chiffre record qui traduit une pression sans précédent sur les ressources hydriques du pays.

Une « Carte de la soif » accablante

La dernière édition de la « Carte de la soif » fait état de 549 coupures et perturbations non annoncées, 34 mouvements de protestation citoyenne pour revendiquer le droit à l’eau, ainsi que 13 fuites signalées sur le réseau et 12 alertes liées à la qualité de l’eau.

Ces indicateurs dessinent une situation de plus en plus tendue, où les dysfonctionnements du réseau et la raréfaction de la ressource se conjuguent pour priver de nombreux foyers d’un accès régulier à l’eau potable.

Le Cap Bon et les régions côtières en première ligne

Nabeul arrive en tête avec 65 signalements, suivie de Monastir (62), Mahdia (51) et Sousse (49). Ces chiffres illustrent l’impact combiné du stress hydrique structurel et de la surconsommation saisonnière, qui mettent à rude épreuve des infrastructures déjà fragilisées.

La grande question que pour faire face à cette crise, une chose est sûre: les solutions provisoires ne suffisent plus car il est impératif d’adopter une gestion durable et équitable des ressources en eau, conforme au droit constitutionnel à l’accès à l’eau.

La mobilisation citoyenne, la transparence des données et la mise en œuvre de politiques publiques ambitieuses sont autant de leviers pour transformer cette urgence en opportunité de refonder la gouvernance de l’eau pour notre pays. 

 

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Coupures d’eau, d’électricité : le FTDES tire la sonnette d’alarme

31. August 2026 um 08:55

Le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES) appelle, dans un communiqué publié dimanche 30 août, les autorités à prendre des mesures urgentes afin de garantir un approvisionnement régulier en eau et en électricité et de mettre fin aux coupures et perturbations récurrentes.

Dans sont communiqué, l’ONG estime que l’accès à ces deux services publics constitue l’un des besoins les plus fondamentaux de la population et un droit essentiel des citoyens. Il appelle ainsi à une intervention pour mettre un terme aux perturbations qui affectent la population.

Préserver le pouvoir d’achat à l’approche de la rentrée

Le Forum a également exhorté les autorités à agir en urgence pour préserver le pouvoir d’achat des Tunisiens, contenir la hausse du coût de la vie et garantir la disponibilité des produits de première nécessité.

Cette demande intervient alors que la rentrée scolaire approche, une période qui s’accompagne traditionnellement d’une hausse importante des dépenses supportées par les familles.

Le FTDES appelle, dans ce contexte, les autorités à assumer pleinement leurs responsabilités et à apporter des réponses rapides à la crise, tout en s’attaquant à ses causes profondes plutôt qu’à ses seules manifestations.

« Des décisions urgentes » pour préserver la paix sociale

Le Forum met par ailleurs en garde contre les conséquences d’un nouveau retard dans la prise en charge des préoccupations sociales et économiques qui se multiplient. Selon lui, l’absence de réponses concrètes pourrait conduire à une situation susceptible de menacer la sécurité et la paix sociales.

Pour le FTDES, la conjoncture actuelle exige des décisions urgentes, mais également l’ouverture d’un dialogue sérieux et responsable permettant d’aboutir à des solutions concrètes et applicables.

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Ben Guerdane pleure ses morts en mer : le portrait d’une Tunisie qui s’en va

30. August 2026 um 09:53

Douze (12) morts, un rescapé et deux disparus parmi les victimes, tous sont presque originaires de Ben Guerdane. Tous avaient embarqué dans l’espoir d’atteindre l’autre rive, avant que leur embarcation ne sombre au large des côtes tunisiennes.

Dans cette ville frontalière du sud-est du pays, la nouvelle n’a pas seulement endeuillé des foyers. Elle a mis à nu, une fois de plus, les ressorts d’un phénomène que la répétition des drames n’a jamais suffi à endiguer. Le renforcement des contrôles policiers le long du littoral et l’intensification de la coopération sécuritaire entre les autorités tunisiennes ont certes fait reculer les départs sans pour autant les endiguer. C’est le constat que dresse Ali Kemis, chercheur en sciences politiques et activiste au sein du mouvement citoyen « 18/18 » à Zarzis. Selon lui, cette approche purement sécuritaire produit un effet inverse de celui recherché. Elle ne décourage pas les candidats à l’exil, elle accroît la dangerosité de leur voyage. La raréfaction des embarcations disponibles et le verrouillage des accès maritimes obligent les migrants à prendre des risques toujours plus inconsidérés, avec pour conséquence directe un effondrement de leurs chances d’atteindre les côtes européennes en vie. Ce paradoxe sécuritaire s’inscrit dans un terreau que Kemis décrit comme celui d’une région à bout de souffle.

Ben Guerdane, une économie de frontière étranglée

Pour Ali Kemis, la décision de prendre la mer, qu’elle soit prise par des mineurs ou de jeunes adultes, est le produit d’une absence totale de perspectives d’avenir, nourrie par la dégradation continue des conditions de vie et l’effondrement des services publics de base. Il prend Ben Guerdane comme cas emblématique, une ville qui vivait traditionnellement du commerce transfrontalier avec la Libye voisine et qui subit de plein fouet, depuis cinq ans, des fermetures de frontières répétées.

Cette rupture des flux commerciaux a provoqué une double précarité économique et industrielle. Faute d’investissements publics dans l’éducation et la santé, et en l’absence de projets de développement locaux, la jeunesse de la région se retrouve économiquement exclue. Cette lecture locale rejoint un diagnostic plus large formulé par Cherif Khraifi, secrétaire général de l’Union des diplômés chômeurs (UDC), qui parle d’une véritable « migration du désespoir » directement liée aux défaillances économiques du pays.

Face à cette impasse locale, les voies légales d’émigration vers l’Europe demeurent totalement hermétiques. Ali Kemis dénonce des procédures de demande de visa qui s’apparentent à des barrières insurmontables en raison de critères drastiques, de démarches complexes et de conditions financières hors de portée des classes populaires.

Face à cette impasse locale, les voies légales d’émigration vers l’Europe demeurent totalement hermétiques. Ali Kemis dénonce des procédures de demande de visa qui s’apparentent à des barrières insurmontables en raison de critères drastiques, de démarches complexes et de conditions financières hors de portée des classes populaires. C’est cette impossibilité absolue d’obtenir un visa légal qui pousse les jeunes à miser leur propre vie dans des traversées clandestines. Les visages de cette migration irrégulière renvoient à des réalités familiales déchirantes. Parmi les naufragés et les disparus figurent souvent des jeunes qui constituaient l’unique soutien de leur famille, ou plusieurs membres d’une même fratrie embarqués sur le même bateau, comme à Ben Guerdane.

Un phénomène qui a changé de visage

C’est précisément cette évolution du profil des candidats au départ qu’insiste à souligner Cherif Khraifi. Pour lui, la société tunisienne est aujourd’hui confrontée à une situation aberrante. Des jeunesn qui devraient normalement se trouver sur les bancs de l’école ou de l’université, choisissent délibérément d’affronter la Méditerranée, alors même que le risque de naufrage est extrêmement élevé et qu’une arrivée sur l’autre rive rime souvent avec détention, clandestinité prolongée ou exploitation par des réseaux mafieux.

Cette dynamique a profondément évolué ces dernières années. Si l’émigration clandestine concernait historiquement les populations les plus marginalisées, elle touche aujourd’hui de larges franges de la société tunisienne, en raison de la paralysie économique générale. Des cadres, des professionnels qualifiés et des fonctionnaires de la classe moyenne n’hésitent plus à embarquer avec leurs familles entières, incapables de subvenir à leurs besoins face à la flambée des prix et à la détérioration générale des conditions de vie.

Le système décourage les étudiants, qui constatent que des années d’efforts académiques ne débouchent sur aucun avenir professionnel. Les incitations de l’État à l’auto-entrepreneuriat se révèlent inefficaces, car le climat général des affaires, l’instabilité politique et le manque d’infrastructures découragent même les investisseurs disposant de capitaux.

Le chômage de longue durée, qui s’étend parfois sur deux décennies et frappe de manière disproportionnée les femmes, est devenu une véritable impasse psychologique et sociale. Le système décourage les étudiants, qui constatent que des années d’efforts académiques ne débouchent sur aucun avenir professionnel. Les incitations de l’État à l’auto-entrepreneuriat se révèlent inefficaces, car le climat général des affaires, l’instabilité politique et le manque d’infrastructures découragent même les investisseurs disposant de capitaux. Cet échec de l’insertion économique par les voies institutionnelles trouve un écho dans les constats du sociologue Abdessatar Sahbani, qui documente à quel point l’entrepreneuriat local peut apparaître aux yeux des jeunes comme une option moins rationnelle que le départ.

La bureaucratie qui pousse vers la mer

Sahbani cite le cas d’un jeune a réuni la somme de 68 mille dinars pour financer une traversée clandestine. Un montant qui permettrait largement de créer une entreprise viable sur le sol tunisien. Mais les jeunes porteurs de projets se heurtent à un véritable mur avec des lenteurs bureaucratiques, des exigences de garanties bancaires inaccessibles et une corruption systémique où l’obtention du moindre droit exige le versement de pots-de-vin. Face à ce parcours décourageant, les jeunes finissent par percevoir la migration, pourtant extrêmement coûteuse et comparable à une roulette russe, comme une option plus rationnelle que l’entrepreneuriat national.

Cette défiance à l’égard de l’appareil d’État se retrouve dans le récit que fait Cherif Khraifi des relations entre les chômeurs diplômés et les pouvoirs publics. Il déplore l’inefficacité des nombreuses réunions tenues avec des responsables ministériels, des hauts fonctionnaires… qui n’ont débouché que sur des promesses non tenues, accentuant la frustration de ceux qui ne croient plus à la parole publique.

Cette désillusion est particulièrement vive face au « reniement » de la loi 38, qui prévoyait un recrutement exceptionnel pour les chômeurs de longue durée, et au sort similaire réservé à la loi 18. Pour les quelque trois cent mille diplômés chômeurs que compterait le pays, les concours publics, n’offrant que de rares dizaines de postes pour des milliers de candidats, ne représentent plus une option viable. Se sentant à moitié morts dans leur propre pays, beaucoup préfèrent risquer le tout pour le tout. Il alerte également sur une érosion plus profonde. L’idée que les études sont inutiles s’est propagée jusque chez les plus jeunes élèves, menaçant de détruire la valeur du travail et de la formation pour les générations futures. Face à ce constat, l’Union des diplômés chômeurs refuse d’encourager l’exode.

De la « Harqa » secrète au « projet de vie » collectif

C’est sur cette toile de fond que le sociologue Abdessatar Sahbani situe une rupture historique majeure survenue après la révolution de 2011. La migration a cessé d’être un acte strictement clandestin et individuel, mené dans le secret. Autrefois, le concept populaire de « Harqa » (brûler) désignait l’action de détruire ses papiers d’identité pour s’effacer volontairement dans l’anonymat absolu d’une terre étrangère. Aujourd’hui, la migration s’est métamorphosée en un véritable « projet de vie » collectif, transparent, activement soutenu par le cercle familial et le voisinage. Ce phénomène a pris une dimension communautaire inédite, illustrée de manière frappante par le départ simultané de sept membres d’une même famille à Ben Guerdane. Ce projet s’appuie désormais sur des réseaux de passeurs organisés, opérant au vu et au su de tous, bénéficiant parfois de complicités ou d’une passivité des autorités locales.

Aujourd’hui, la migration s’est métamorphosée en un véritable « projet de vie » collectif, transparent, activement soutenu par le cercle familial et le voisinage. Ce phénomène a pris une dimension communautaire inédite, illustrée de manière frappante par le départ simultané de sept membres d’une même famille à Ben Guerdane.

Sahbani distingue trois dynamiques migratoires distinctes dans la période postrévolutionnaire. La première est la migration irrégulière traditionnelle des classes populaires, composée de jeunes sans ressources ni visas, prêts à risquer leur vie en mer. La deuxième concerne la fuite des cerveaux qui touche les compétences nationales comme les médecins, ingénieurs et professeurs qui abandonnent des situations stables pour s’assurer un avenir meilleur à l’étranger. La troisième vague est idéologique, marquée par le départ de jeunes Tunisiens vers les zones de conflit en Syrie ou en Irak sous la bannière de Daesh, un phénomène pour lequel la Tunisie a compté parmi les plus grands pays émetteurs proportionnellement à sa population. Au-delà des seuls facteurs économiques, Sahbani insiste sur le poids de moteurs psychologiques profonds, au premier rang desquels une injustice profonde et une humiliation intériorisée face à l’impossibilité de réussir et de s’épanouir dans son propre environnement d’origine.

Cette perte de confiance dans le présent et l’avenir engendre une véritable pathologie sociale qu’il désigne par le concept de « consommateur suicidaire ». N’ayant plus l’espoir d’investir à long terme pour acquérir un logement ou fonder une famille, de nombreux Tunisiens dilapident leurs ressources au jour le jour dans les cafés, sorties et loisirs, préférant tout dépenser dans l’instant plutôt que de planifier un avenir qu’ils jugent définitivement obstrué.

Une frontière pour l’Europe, un silence dans les médias

Sur le plan international, Sahbani critique la politique européenne d’externalisation des frontières, qui consiste à repousser les contrôles de l’Italie, par exemple, vers le territoire tunisien. Cette stratégie fait de la Tunisie une zone tampon pour les migrants subsahariens, générant des crises de gestion complexes à l’échelle locale.

Le sociologue adresse enfin une critique sévère aux médias tunisiens, dont la couverture de la migration reste purement événementielle. La presse ne s’empare du sujet qu’à l’occasion de drames spectaculaires comme le naufrage de Zarzis, au lieu de produire un véritable travail d’investigation de fond, de recherche scientifique, ou de s’appuyer sur des œuvres artistiques et théâtrales pour explorer les racines du phénomène. Pour Sahbani, seule une refonte profonde des politiques éducatives, culturelles et administratives permettrait de restaurer la confiance de la jeunesse.

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Café Ben Daamache – Un lieu chargé de souvenirs

30. August 2026 um 09:22

Il est l’un des plus vieux cafés de Djerba. Sinon le plus ancien. Il a été notamment le lieu de tournage d’un des premiers films d’Omar Sharif. On raconte que ce dernier aurait appris sur les lieux du tournage la naissance de son fils Tarek.

 

Des cafés, il n’en manque pas en Tunisie. Le nombre est estimé à 40 000. Mais tous n’évoquent pas chez l’habitant ou le visiteur les mêmes souvenirs. Comme tous ne sont pas là depuis de longues années. Dans cette catégorie, le café Ben Daamache à Houmt Souk, à Djerba, a statut spécial. Aucune date précise n’est certes évoquée quant à son ouverture. Cependant, beaucoup de nos sources soutiennent qu’il était déjà là au milieu des années quarante du siècle dernier. Et les noms de Mohamed, Salem et Sadok Ben Daaamache surgissent comme des personnes associées à l’histoire de ce café.

 

 

Installé dans un lieu des plus stratégiques, au cœur de la vieille ville de la capitale de l’île de Djerba, il a tout le temps attiré la grande foule des Djerbiens et des touristes. Facilement reconnaissable par ses arcades devant lesquelles se trouve une terrasse de quelques dix mètres de large sur quinze mètres de long.

Le café se trouve à quelques encablures du souk « Errebaâa », que l’on présente comme « le cœur historique de Houmt Souk ».  Et comme « le marché couvert le plus emblématique de Houmt Souk, la capitale de l’île de Djerba. Datant approximativement du XVIe ou XVIIe siècle, un labyrinthe voûté et une étape incontournable pour s’imprégner de l’artisanat et de l’atmosphère djerbienne ».

« Heureux qui pouvait s’asseoir à sa terrasse »

Il côtoie un autre lieu où des visiteurs notamment ne s’y rendent pas : le Fondouk des Maltais. Un ancien « caravansérail traditionnel témoigne de la forte empreinte économique et culturelle laissée par la communauté chrétienne maltaise installée à Djerba au XIXe siècle » et qui a connu son heure de gloire du temps où la communauté studieuse des Maltais (on estime qu’entre 500 et 1 000 Maltais résidaient à Djerba au plus fort des vagues migratoires de cette communauté poussée à l’émigration en raison des épidémies et de la pauvreté).

Outre les cafés, chichas et autres thé à la menthe, le café Ben Daamache s’est fait une spécialité en offrant du jus d’orange. Une boisson qu’il sert, y compris lorsque le fruit qui est utilisé pour le fabriquer, manque. Et des récits le concernant, il n’en manque pas aussi sur le net. Chadli Ghribi, un habitant de l’île des Lotophages, raconte, par exemple, dans un post Facebook, que dans la moitié des années soixante-dix du siècle dernier, « heureux qui pouvait s’asseoir à sa terrasse pour siroter un thé vert ».

« Surveiller les mouvements des forces coloniales »

Autre souvenir évoqué à l’endroit du café Ben Daamache, le tournage sur les lieux du film « Goha » de Jacques Baratier et dans lequel Omar Sharif tenait, en 1957, la vedette. On raconte que ce dernier aurait appris sur les lieux du tournage la naissance de son fils Tarek.

 

 

Le fait que la municipalité de Houmt Souk ait choisi de donner le nom de la place où se trouve le café Ben Daamache est sans doute de bon aloi. Des récits nous disent que le café accueillait des combattants pour la lutte nationale en ces termes : « Placées à l’entrée et stratégiquement ouvertes sur les carrefours de la médina, des banquettes permettaient aux clients fidèles de surveiller discrètement les mouvements des forces coloniales, des gendarmes français ou du contrôleur civil de l’île. Cela offrait aux militants installés à l’intérieur le temps nécessaire pour disperser leurs réunions ou cacher des tracts avant toute perquisition ».

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Médecine | Les complications du diabète de type 2 diffèrent selon le sexe  

30. August 2026 um 08:20

Une récente étude britannique a révélé que les femmes atteintes de diabète de type 2 sont plus exposées aux problèmes de santé mentale après le diagnostic, tandis que les hommes présentent un risque accru de maladies cardiovasculaires et de complications rénales. Les chercheurs de Queen Mary University de Londres ont souligné que ces résultats mettent en évidence la nécessité de stratégies préventives et thérapeutiques tenant compte des différences entre les sexes. Ces conclusions ont été publiées dans la revue Plos Medicine.

Le diabète de type 2 est un trouble métabolique caractérisé par une glycémie élevée, résultant d’une résistance de l’organisme à l’insuline ou d’une production insuffisante de cette hormone. À l’échelle mondiale, cette maladie touche environ 536,6 millions de personnes âgées de 20 à 79 ans, soit près de 10,5 % de la population de cette tranche d’âge ; selon l’étude, ce chiffre devrait atteindre 700 millions d’ici 2045.

La maladie est associée à diverses complications, notamment les maladies cardiovasculaires, l’insuffisance rénale terminale et des troubles de la santé mentale tels que la dépression et l’anxiété.

Bien que les médecins soient conscients des différences entre hommes et femmes quant à la survenue de ces affections, les études antérieures n’ont pas suffisamment élucidé la manière dont les parcours de santé diffèrent après le diagnostic du diabète en fonction du sexe et de l’âge.

Dans le cadre de cette étude, les chercheurs ont analysé les dossiers médicaux de quelque 29 000 hommes et femmes au Royaume-Uni, chez qui un diabète de type 2 a été diagnostiqué entre 2010 et 2020. Les hommes représentaient 62 % des participants, avec un âge moyen au moment du diagnostic d’environ 54 ans, tandis que les femmes étaient, en moyenne, plus âgées.

Les résultats ont révélé que l’évolution des complications après le diagnostic de diabète diffère selon le sexe et l’âge. Au cours des années suivant le diagnostic, 39 % des participants ont connu au moins un événement de santé majeur, mais le moment et la nature de ces événements variaient nettement entre les sexes. Les femmes étaient plus exposées aux problèmes de santé mentale, ces troubles touchant 8,1 % d’entre elles, contre 5,3 % des hommes. Elles présentaient également des taux plus élevés pour certaines trajectoires de santé ayant abouti au décès.

Les chercheurs ont observé que les femmes recouraient davantage aux services de santé et obtenaient un plus grand nombre d’ordonnances pour des traitements au long cours, ce qui pourrait expliquer en partie les taux de diagnostic plus élevés pour certaines affections. Par ailleurs, les femmes plus jeunes présentaient des complications liées à la santé mentale plus précocement et à des taux supérieurs aux prévisions, ce qui plaide en faveur de l’intégration d’un dépistage psychologique régulier dans le suivi habituel des patients diabétiques.

En revanche, les hommes étaient plus exposés aux maladies cardiovasculaires, qui touchaient 8,4 % d’entre eux contre 5,3 % des femmes. Ils affichaient également des taux plus élevés d’insuffisance rénale terminale et d’hypertension artérielle, cette dernière affectant 21,1 % des hommes contre 20,2 % des femmes.

Selon les chercheurs, ces résultats soulignent la nécessité d’intensifier la surveillance de la santé cardiaque et rénale chez les hommes atteints de diabète, en particulier durant les premières années suivant le diagnostic, tout en renforçant l’observance du traitement et le suivi médical.

Malgré ces différences, l’hypertension artérielle s’est révélée être la complication la plus fréquente après le diagnostic de diabète de type 2, tous âges et sexes confondus.

Il est également apparu que les hommes et les femmes présentant à la fois un diabète et un trouble de la santé mentale étaient davantage exposés à un risque de décès prématuré par rapport aux personnes ayant suivi d’autres parcours de santé.

Les chercheurs ont conclu que la prise en charge du diabète de type 2 gagnerait à adopter une approche plus personnalisée, tenant compte du sexe, de l’âge et de l’état de santé du patient, plutôt que de recourir à une stratégie uniforme pour la prévention et la gestion des complications.

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Le Rapport UE 2025 alerte sur les droits humains en Tunisie

29. August 2026 um 14:23

Le Rapport annuel 2025 de l’Union européenne (UE) sur les droits de l’Homme et la démocratie dans le monde présente, d’une part, des évolutions positives observées à l’échelle mondiale (transferts de pouvoir pacifiques, mobilisations citoyennes, avancées vers l’abolition de la peine de mort dans plusieurs pays) et, d’autre part, des reculs significatifs dans certains contextes et pays, dont la Tunisie.

Pour la Tunisie, le rapport relève une détérioration continue de la situation des droits humains et de l’État de droit : restrictions accrues à la liberté d’expression, d’association et de réunion ; recours à la détention arbitraire et à des poursuites pénales contre des journalistes, des avocats, des défenseur·euse·s des droits humains et des opposants politiques ; et fermeture de l’Instance nationale d’accès à l’information en août 2025. Le classement de la Tunisie dans l’indice de la liberté de la presse de Reporters sans frontières a reculé de 11 places en 2025, à la 129e position sur 180.

Le document signale également une répression renforcée contre les migrants, demandeurs d’asile et réfugiés, en particulier subsahariens, avec des arrestations et détentions arbitraires, des expulsions collectives et des allégations de mauvais traitements, dans un contexte d’absence de système national d’asile et de suspension des enregistrements par le HCR. Des protestations sociales et environnementales, notamment à Gabès, sont mentionnées.

Sur le plan de la coopération Tunisie-UE, le rapport s’inscrit dans un contexte marqué par le mémorandum d’entente de 2023 sur la migration, qui a conduit l’UE et ses États membres à mobiliser environ 105 millions d’euros pour le contrôle des frontières et les interceptions en mer, tandis que des ONG (dont Amnesty International et Human Rights Watch) appellent à plus de transparence et, dans certains cas, à la suspension de financements liés à la sécurité frontalière en l’absence de garanties crédibles sur le respect des droits humains.

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Tunisie | Les autorités ne communiquent pas le nombre de morts liées à la canicule

29. August 2026 um 13:01

L’Organisation tunisienne des jeunes médecins (OTJM) a appelé le gouvernement à déclarer l’état d’urgence sanitaire, mettant en garde contre la pression croissante sur les services d’urgence des hôpitaux publics en raison de la hausse des températures.

Dans un communiqué publié samedi 28 août 2026, l’organisation a indiqué que les services d’urgence connaissent, selon ses estimations, une augmentation qualifiée d’«inédite» du nombre d’hospitalisations et de décès liés aux coups de chaleur et aux températures élevées.

Elle a également fait état de décès survenus parmi des détenus au sein de plusieurs services d’urgence, coïncidant avec ce qu’elle a décrit comme un état d’«épuisement extrême» du personnel médical et infirmier, sous l’effet d’une pression dépassant, selon elle, les capacités du système de santé.

L’organisation a indiqué que les services compétents du ministère de la Santé avaient, selon ses informations, recensé les données relatives aux décès et aux cas d’insolation, ainsi que celles concernant la capacité d’accueil des services de réanimation, tout en précisant que ces chiffres n’avaient pas encore été officiellement publiés.

L’OTJM a réclamé la déclaration immédiate de l’état d’urgence sanitaire, appelant à soutenir les professionnels de santé et à prendre les mesures nécessaires pour faire face aux répercussions de la vague de chaleur et en limiter les risques pour les citoyens.

Le ministère de la Santé, pour sa part, préfère ne pas communiquer sur cette question ni donner des statistiques sur le nombre des décès dans les hôpitaux publics, comme si c’était un secret d’Etat. Une position inexplicable et qu’on ne saurait justifier, au moment où, dans les hôpitaux publics, les gens pleurent leurs morts dont les annonces de décès se multiplient sur les réseaux sociaux.

Le directeur régional de la santé de Sfax, le Dr Hatem Cherif, reconnaît, néanmoins, que le service des urgences du CHU Habib Bourguiba connaît une forte pression, particulièrement en cette période marquée par une augmentation des cas d’insolation et par l’afflux de nombreux patients venus des gouvernorats voisins pour se faire soigner.

Intervenant dans Diwan FM, le Dr Cherif a expliqué que cette pression s’explique par le fait que l’hôpital dispose d’un service d’urgences de niveau 3 couvrant l’ensemble de la région, tout en soulignant l’engagement des équipes médicales à prodiguer des soins à tous les patients, quelle que soit leur zone de résidence. Il s’est cependant gardé d’avancer les chiffres de décès enregistrés par cet établissement en lien avec la canicule de ces derniers jours. C’est à croire que les responsables du secteur ont reçu des instructions strictes à ce propos.

I. B.

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Pénurie d’eau: rayons vides, patience épuisée

29. August 2026 um 11:01

La Tunisie n’a jamais assisté à une telle situation, même pendant la pandémie de Covid-19. À l’époque, la crise était mieux gérée. Aujourd’hui, tous les Tunisiens sont concernés, abandonnés à eux-mêmes. Plusieurs voix s’élèvent pour le dire, qu’il s’agisse d’experts ou d’universitaires.

Des files d’attente interminables et des rayons vides : on n’en entendait parler que dans les théories économiques, et certains pays d’Europe de l’Est ont déjà connu cette situation par le passé…

Ridha Chkoundali, dans un post sur Facebook, dénonce les files d’attente interminables et les rayons vides qui se multiplient en Tunisie de 2026, une situation qu’il n’avait pas connue depuis les années 1960. Il raconte avoir patienté deux heures pour acheter deux bouteilles d’eau, avec encore une heure d’attente prévue pour les remplir.

Il pointe du doigt un gouvernement lent et une administration pléthorique qui assistent, impassibles, à la dégradation des conditions sociales jour après jour. Il évoque également les coupures répétées d’électricité et d’eau — jusqu’à quatre fois par jour et la misère dans laquelle vivent les citoyens, privés même de sommeil.

Il compare la Tunisie à l’Égypte qui, malgré ses 113 millions d’habitants et des finances publiques épuisées, n’en est pas arrivée à une telle situation. Il interpelle donc le gouvernement : avec moins de 12 millions d’habitants et des problèmes dont le diagnostic et les solutions font l’unanimité parmi les experts, qu’attendez-vous pour agir ?

 

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La Tunisie fait la queue pour boire !

29. August 2026 um 10:41

Où va la Tunisie ? Ruée vers « l’ô ! » Il est un peu plus de 8 heures, ce samedi 29 août 2026, devant le centre commercial Carrefour de La Marsa. La scène a quelque chose d’absurde : une file d’attente qui part du rond-point et s’enfonce jusque dans les rayons du magasin, non pas pour un nouveau smartphone ou un solde de rentrée, mais pour un pack d’eau minérale – pardon deux packs. Le spectacle, presque surréaliste, résume à lui seul l’état d’un pays où l’accès à une ressource aussi élémentaire que l’eau en bouteille est devenu un parcours du combattant.

« On n’a jamais connu une situation pareille en Tunisie », soupire Omar, 65 ans, arrivé parmi les premiers. Autour de lui, les langues se délient et les mêmes questions reviennent en boucle : « C’est ça la Tunisie aujourd’hui ? Voilà où on en est arrivés. » Certains sont là depuis 6h45, d’autres 7h00, 7h23, chacun égrène son heure d’arrivée comme on compterait les jours d’un siège.

Rien ne laisse penser que la scène soit isolée. Les mêmes files, les mêmes rayons dégarnis, les mêmes supputations se répètent vraisemblablement ce matin devant d’autres enseignes du pays : Monoprix, Magasin Général, Géant, signe que le phénomène dépasse largement La Marsa.

Une pénurie qui dure depuis un mois

Contrairement à l’image d’une crise soudaine que donne cette file, la pénurie d’eau embouteillée n’a rien d’un accident de dernière minute. Dès le 25 juillet, plusieurs grandes surfaces présentaient déjà des rayons entièrement vides ou fortement dégarnis, certaines limitant le nombre de packs vendus par client. Depuis près de quatre semaines, cette pénurie est présentée comme temporaire, mais sa fin recule au gré des déclarations officielles : la chaleur, les coupures électriques, les achats de précaution, l’épuisement des stocks, le plastique et la spéculation ayant tour à tour été désignés comme responsables. Le 17 août, le président de la Chambre nationale des commerçants de produits alimentaires en gros évoquait un retour à la normale « dans une dizaine de jours », soit aux alentours du 27 août – un délai visiblement non tenu, comme le confirme la file de ce matin.

Le paradoxe est saisissant : le pays compte 31 usines d’embouteillage tournant à plein régime, pour une capacité théorique de 520 000 bouteilles par heure, et pourtant les rayons restent vides. La canicule, les coupures de la Sonede, les pannes électriques, la pression sur les stocks et les tensions sur le plastique utilisé pour fabriquer les bouteilles se superposent pour produire cet embouteillage logistique en pleine terre… d’eau.

La spéculation s’invite dans la crise

Face à des rayons vides plusieurs jours de suite, le civisme cède parfois la place à la débrouille… et à l’abus. L’Organisation tunisienne de défense du consommateur (ODC) a dû appeler les citoyens à cesser de stocker l’eau de manière compulsive, tandis que certains petits commerces profitaient de la pénurie pour limiter les achats et revendre ensuite les bouteilles fraîches sous le manteau, moyennant une « taxe de réfrigération » totalement illégale. Devant cette dérive, le ministère du Commerce a fini par imposer, le 19 août 2026, un plafonnement des prix : la bouteille d’1,5 litre est désormais fixée à 850 millimes maximum, avec une marge brute bridée à 15 % pour les grossistes et détaillants. Un plafond que beaucoup, sur le terrain, continuent visiblement d’ignorer.

 

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Sonede, Steg : les symptômes d’un mal plus profond

Interrogé dans la file, un homme d’un certain âge résume ce que beaucoup pensent tout bas : « On entend les gens s’en prendre à la Sonede, à la Steg. Ils n’ont pas complètement tort, mais quand on analyse la situation, la responsabilité première et dernière revient à l’État, qui n’a pas su – ou voulu – donner à ces entreprises les moyens financiers d’investir et d’entretenir leurs infrastructures. »

Le constat n’a rien d’anecdotique. Le réseau de distribution d’eau potable, vieillissant, cumule les avaries : à Menzel Temime, Kelibia et Hammam Ghezez, une panne sur une conduite principale de 600 mm a provoqué, début août, une coupure majeure de plusieurs jours ; à Mahdia et à Sfax, une coupure d’électricité à la station de pompage de Kerker a interrompu la distribution dans une dizaine de délégations ; et à Borj Er-Ras, dans la région de Mahdia, des habitants sont restés privés d’eau pendant près de vingt jours, la Sonede ne parvenant à assurer qu’une à deux heures d’approvisionnement quotidien. Un réseau qui, selon certains observateurs, semble condamné à un éternel rafistolage plutôt qu’à une véritable rénovation des canalisations.

C’est précisément cet enchaînement (eau du robinet peu fiable, réseau électrique fragile, chaîne d’approvisionnement en bouteilles sous tension) qui transforme une contrainte structurelle en scène de pénurie visible, devant un supermarché, un samedi matin d’été…

Pendant ce temps, à Tunis, des rassemblements organisés notamment par le collectif Nafas ont exprimé le mécontentement populaire face aux coupures récurrentes d’eau et d’électricité et à la cherté de la vie.

Ce matin-là, devant Carrefour La Marsa, ce n’est donc pas seulement une file d’attente que l’on observe, mais le symptôme visible d’une crise structurelle : sous-investissement dans les réseaux publics, dépendance à un marché de l’eau embouteillée lui-même fragilisé, et une confiance citoyenne dans les services de base qui s’érode un peu plus chaque semaine.

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Drame de Ben Guerdane | Rassemblement à Paris en solidarité avec les familles des victimes

29. August 2026 um 08:48

Après le drame de Ben Guerdane, des activistes tunisiens en France organisent un rassemblement de solidarité avec les familles des victimes sous le slogan «De Ben Guerdane à Paris : nos vies ont la même valeur», et ce, le dimanche 30 août à 14heures à la Fontaine des Innocents, Châtelet, Paris.

Quinze jeunes ont pris la mer à la recherche d’un avenir. Douze corps ont été retrouvés, deux jeunes sont toujours portés disparus et un seul a survécu, après deux jours et deux nuits en Méditerranée. 

Derrière ces chiffres, il y a des vies, des familles, des rêves et une jeunesse qui demande simplement le droit de vivre dignement et d’espérer. 

Cette mobilisation est une initiative citoyenne de Tunisiennes et Tunisiens résidant à l’étranger «Tunisiennes et Tunisiens contre le Racisme». Elle n’appartient à aucun parti et ne se place sous aucune bannière politique.

«Nous refusons de rester silencieux. Nous nous rassemblons pour défendre les droits humains, la dignité, l’égalité et le droit à la vie, et pour dire clairement notre refus de toutes les formes de racisme, de discrimination et de déshumanisation des personnes migrantes, quelles que soient leur origine, leur nationalité ou la couleur de leur peau», affirment les organisateurs dans un appel au rassemblement. Ils ajoutent : «Nous refusons que la Méditerranée continue d’être un cimetière. Nous refusons que la migration soit traitée uniquement à travers les frontières, les contrôles, les bateaux et les accords sécuritaires. Nous demandons des politiques qui donnent aux jeunes des perspectives : emploi, développement, dignité et voies de mobilité sûres et légales.»

«La responsabilité est partagée. La Tunisie comme l’Europe doivent assumer leurs responsabilités. La protection des frontières ne peut jamais avoir plus de valeur que la protection des vies humaines», affirment-ils encore, tout en appelant les Tunisiennes et Tunisiens de France, mais aussi toutes les citoyennes et tous les citoyens de Paris et de ses alentours qui partagent ces valeurs, les associations, les syndicats, les défenseurs des droits humains et toutes les personnes refusant le racisme et l’indifférence, à les rejoindre lors du rassemblement prévu dans la capitale française. «Parce qu’une vie tunisienne, africaine, européenne ou d’ailleurs a exactement la même valeur. Nos jeunes rêvent d’avenir : Tunisie et Europe, ne les condamnez pas à mourir. De Ben Guerdane à l’Europe, que la Méditerranée relie nos vies, qu’elle ne les engloutisse plus», concluent-ils.

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Tarente 2026 : Un deuxième athlète tunisien porté disparu, cette fois à Rome

28. August 2026 um 18:59

Un deuxième athlète tunisien participant aux Jeux méditerranéens de Tarente-2026 est désormais porté disparu. Le joueur de raffa Mohamed Amine Saïdi, 22 ans, est sans nouvelles depuis deux jours après son passage à l’aéroport de Rome, selon le président de la Fédération tunisienne de boules et pétanque, Imed Bouzriba. La Fédération a saisi le ministère de la Jeunesse et des Sports, tandis qu’un rapport doit être établi sur les circonstances de cette disparition.

Saïdi absent lors du passage à Rome

Selon Imed Bouzriba, cité vendredi par l’envoyé spécial de la TAP à Tarente, Mohamed Amine Saïdi avait rejoint l’aéroport de Bari avec ses coéquipiers de la sélection tunisienne de boules et pétanque, après leur participation aux Jeux méditerranéens.

La délégation devait ensuite prendre un vol intérieur vers Rome, avant de poursuivre son voyage en direction de Tunis.

C’est à l’arrivée dans la capitale italienne que les membres de la délégation ont constaté l’absence du joueur. Des recherches ont immédiatement été engagées à l’aéroport, mais elles sont restées infructueuses.

Le temps limité dont disposait la délégation avant l’embarquement du vol vers Tunis a toutefois compliqué ces recherches.

Les services de sécurité alertés avant le départ

Le chef de la délégation tunisienne de boules et pétanque, Raouf Lakili, également entraîneur de l’équipe nationale de raffa, a alerté les services de sécurité présents à l’aéroport de Rome avant le décollage de l’avion à destination de Tunis. Lakili a ensuite informé officiellement Imed Bouzriba de la disparition jeudi.

À la suite de cette alerte, la Fédération tunisienne de boules et pétanque a adressé un courrier électronique au ministère de la Jeunesse et des Sports pour l’informer de la situation.

Un rapport détaillé doit également être établi par Raouf Lakili afin de retracer les circonstances du déplacement de la délégation et de la disparition du joueur. Ce document doit être transmis ultérieurement à l’autorité de tutelle.

Un deuxième athlète tunisien porté disparu à Tarente

Cette affaire intervient seulement quelques jours après celle de Chahd Jeljeli, lutteuse tunisienne de 20 ans, également portée disparue alors qu’elle participait aux Jeux méditerranéens de Tarente.

Dans son cas, la disparition avait été signalée à Tarente même, le 25 août, après son combat pour la médaille de bronze dans la catégorie des moins de 57 kg. Selon le chef de la délégation officielle tunisienne, Hatem Mernaoui, la lutteuse avait quitté la salle de compétition sans prévenir son entraîneur. Les recherches menées dans la salle puis au village méditerranéen n’avaient pas permis de la retrouver, tandis que ses effets personnels étaient restés dans sa chambre.

La délégation tunisienne avait alors alerté le ministère de tutelle, le Comité national olympique tunisien, le comité d’organisation des Jeux ainsi que les services de sécurité présents sur le site.

Un joueur de raffa récemment médaillé en Afrique

Mohamed Amine Saïdi est sociétaire de l’Association de boules et de pétanque d’Ezzahra. Le joueur avait récemment remporté deux médailles, une en argent et une en bronze, aux Championnats d’Afrique de raffa organisés à Chlef, en Algérie.

À Tarente, il avait pris part aux épreuves de raffa, sans parvenir à monter sur le podium dans les compétitions individuelle et double messieurs.

Le président de la Fédération tunisienne de boules et pétanque, Imed Bouzriba, le décrit comme un joueur de valeur, doté d’un potentiel prometteur et reconnu pour ses qualités humaines et morales.

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Protéger les enfants en ligne : pour une réponse à la hauteur des risques

28. August 2026 um 16:27

Les appels à restreindre l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans se multiplient en Tunisie. Ces mesures, présentées comme des « interdictions », sont techniquement des restrictions fondées sur l’âge, traduisant une inquiétude légitime des parents face à des enfants passant des heures devant les écrans, exposés à des usages numériques affectant leur sommeil, bien-être, confiance ou scolarité. Les réseaux sociaux sont devenus le théâtre du cyberharcèlement, de sollicitations sexuelles et de contenus violents ou haineux.

Pourtant, ces plateformes sont aussi des lieux d’apprentissage, de créativité et d’accès à l’information. La responsabilité collective n’est pas de choisir entre opportunités et protection, mais de permettre aux enfants de bénéficier des premières sans être exposés aux seconds, en intégrant sécurité, vie privée et bien-être dès la conception. En Tunisie, une enquête U-Report de 2021 révèle que près d’un adolescent sur deux déclare avoir vécu ou observé une violence en ligne.

Ce débat dépasse la Tunisie : de nombreux pays comme Australie, Royaume-Uni, Union africaine, États européens réfléchissent à la protection des enfants en ligne. Les restrictions d’âge ne peuvent constituer qu’un élément d’une approche globale : seules, elles ne suffisent pas et risquent de priver les jeunes de bénéfices numériques.

Lire aussi: Cyberviolence et addiction numérique : le cauchemar des jeunes

Une interdiction partielle peut envoyer un signal fort, mais ne résoudra pas le problème, car les risques tiennent aussi à la conception des plateformes.

Leurs algorithmes privilégient l’engagement plutôt que le bien-être, recommandant des contenus captivants. Leur modèle économique repose sur le temps d’attention. Lorsque des restrictions d’âge sont isolées, les caractéristiques à l’origine des risques demeurent, réduisant l’incitation des entreprises à investir dans des systèmes adaptés aux enfants. Les enfants contournent les contrôles comptes empruntés, appareils partagés  avec un risque accru de ne pas signaler les abus.
Nous demandons aux enfants de se protéger d’environnements non conçus pour leur sécurité, aux parents de contrôler des technologies échappant à leur maîtrise, aux écoles de réparer les conséquences d’écosystèmes conçus pour capter l’attention. Le débat doit interroger la responsabilité des plateformes. Lorsqu’un produit présente des risques pour les enfants, nous exigeons des fabricants qu’ils améliorent sa sécurité. Pourquoi moins d’exigences pour des plateformes utilisées par des millions d’enfants ?

Plusieurs pistes : renforcer le cadre juridique ; exiger la sécurité dès la conception (« safety by design ») ; améliorer la coopération avec les plateformes ; développer des mécanismes de signalement et retrait de contenus illicites.

L’UNICEF recommande d’investir dans l’éducation au numérique, l’accompagnement parental, la formation des enseignants et le renforcement des services de protection.

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Soldes d’été: entre scepticisme des consommateurs et promesses de “vraies” réductions

28. August 2026 um 13:52

Certains Tunisiens scrutent déjà les vitrines dès les premiers jours pour prendre de l’avance, tandis que d’autres préfèrent attendre la première, voire la deuxième démarque. L’objectif est de repérer dès maintenant les articles à acheter le jour J. Pourtant, cet été, ils sont peu nombreux à se lancer réellement dans les soldes.

Pour beaucoup, les « soldes » tels qu’ils existent en Tunisie ne correspondent pas à l’idée de vraies promotions, contrairement à ce qui se passe dans d’autres pays où l’on parle bel et bien de réductions significatives. Les soldes d’été, qui ont débuté le 7 août et s’achèveront dans six semaines, devaient être, selon le discours officiel, une occasion de rafraîchir sa garde-robe à prix réduits. Dans la pratique, cependant, le grand public reste sceptique quant à la nature même de ces opérations.

“Ce ne sont pas de vraies soldes”

Mohamed Ali, un jeune Tunisien, décrit son expérience : « J’ai fait un tour le matin à 8 h au centre-ville, dans des grandes marques. À 9 h, il n’y avait pas grand monde. J’ai l’impression que ce ne sont pas de vraies soldes. Il y a 30 dinars de réduction par rapport au prix habituel, ça reste excessivement cher. Le reste varie entre 70 et 90 dinars. Je trouve que c’est de la camelote. »

Et d’ajouter : « C’est devenu une société de consommation : les gens achètent n’importe quoi. Alors qu’il y a la friperie : une bonne partie des Tunisiens préfèrent y aller, c’est moins cher. On peut tomber sur des pièces uniques et de bonnes marques.  »

Il note toutefois : « J’ai constaté qu’il y a pas mal de gens qui achètent deux ou trois pièces. Je suis assez souvent en ville et j’ai bien vu les soldes au rendez-vous ».

En somme, l’intérêt du Tunisien durant cette période, c’est qu’il cherche à acheter du neuf avec le moindre coût. Si la vague de chaleur persistante a clairement freiné la fréquentation des magasins de vêtements et de chaussures, elle ne suffit pas à expliquer à elle seule la faiblesse des ventes.

Malgré des rabais légaux d’au moins 20%, les promotions ne suffisent plus à déclencher l’acte d’achat. Les consommateurs reportent les dépenses non urgentes, prolongent la durée d’usage de leurs vêtements et privilégient le strict nécessaire.
Les commerçants espèrent un rebond avec la baisse attendue des températures et l’effet de la rentrée scolaire, mais toute reprise dépendra surtout de la marge de manœuvre budgétaire des ménages.

En bref, le problème des soldes 2026 n’est pas seulement climatique ou commercial : il reflète un consommateur plus prudent, qui compte chaque dinar et arbitre en faveur des dépenses du quotidien.

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Administration | Retour à la double séance à partir du mardi 1er septembre  

28. August 2026 um 12:26

Après deux mois sous le régime de la séance unique estivale, synonyme de farniente et de chute de la productivité, l’horaire d’hiver sera rétabli à partir du mardi 1er septembre 2026 pour les agents de l’État, des collectivités locales et des établissements publics à caractère administratif. Dans l’espoir que la productivité remonte la pente ne fut-ce que légèrement.

C’est ce qu’a annoncé la Présidence du gouvernement dans un communiqué publié ce vendredi 28 août 2026, en précisant que l’horaire administratif pour les journées de lundi, mardi, mercredi et jeudi est réparti en deux séances : la première s’étend de 8h30 à 12h30, tandis que la seconde débute à 13h30 et se poursuit jusqu’à 17h30.

Le communiqué précise aussi que les horaires de travail du vendredi débutent à 8 heures du matin et se prolongent jusqu’à 13 heures pour la séance du matin, tandis que la séance de l’après-midi reprend à 14h30 pour se poursuivre jusqu’à 17h30.

I. B.

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Tunisie – Se soigner peut-il appauvrir ?

28. August 2026 um 11:20

Tomber malade ne devrait pas compromettre l’équilibre financier d’une famille. Pourtant, pour de nombreux ménages tunisiens, une maladie chronique, un traitement prolongé ou des examens médicaux coûteux peuvent rapidement déséquilibrer le budget. Derrière les chiffres des dépenses de santé se cache ainsi une réalité douloureuse : celle de familles contraintes de puiser dans leurs revenus, de réduire d’autres dépenses essentielles ou parfois de s’endetter pour pouvoir se soigner.

Dans un entretien exclusif accordé à L’Économiste Maghrébin, Chokri Arfa, professeur universitaire et expert en économie et financement de la santé, alerte sur le poids du reste à charge pour les ménages. Selon lui, la question n’est pas seulement de savoir combien la Tunisie dépense pour la santé, mais surtout qui paie et dans quelle mesure le système protège réellement les patients contre le risque financier de la maladie qui peut engendrer l’appauvrissement.

Une charge directe qui fragilise les ménages

En 2023, les ménages tunisiens ont financé directement près de 38 % des dépenses courantes de santé, selon les données citées par Chokri Arfa. Autrement dit, sur 100 dinars consacrés à la santé, près de 38 dinars sont payés directement par les patients et leurs familles. Cette proportion est d’autant plus préoccupante que les analyses internationales retiennent 20 % comme repère au-delà duquel la dépendance aux paiements directs accroît fortement le risque de dépenses catastrophiques et d’appauvrissement. La Tunisie se situe ainsi à près du double de ce niveau.

Pour Chokri Arfa, le problème réside moins dans le volume global des dépenses de santé que dans leur mode de financement. Plus la part restant à la charge des ménages est élevée, plus le risque financier lié à la maladie repose sur les individus plutôt que sur les mécanismes de solidarité collective.

Ce risque est bien réel. En 2021, 10,6 % des ménages tunisiens consacraient au moins 10 % de leur budget aux soins, contre 8,4 % en 2015. Pour les familles modestes, quelques consultations supplémentaires, un traitement coûteux ou des examens répétés peuvent alors suffire à déséquilibrer durablement le budget.

Médicaments, examens et maladies chroniques : la facture s’alourdit

Une grande partie de cette charge se concentre sur les médicaments. Selon l’universitaire, ils représentent plus des deux tiers du reste à charge des ménages, dont plus de 60 % sont réalisés dans les pharmacies privées.

La situation est encore plus difficile pour les ménages les plus pauvres. Les médicaments absorbent jusqu’à 78 % de leurs dépenses directes de santé, les contraignant parfois à s’endetter, à réduire d’autres dépenses essentielles ou à reporter leurs soins.

Les examens médicaux alourdissent également la facture. Entre 2015 et 2021, le coût des analyses de laboratoire et de l’imagerie médicale a augmenté de 84 % en termes réels, selon les données citées par Chokri Arfa. La pression est encore plus forte lorsqu’un membre de la famille souffre d’une maladie chronique : le ménage dépense alors deux fois plus pour sa santé. Les frais médicaux ne sont plus occasionnels, mais deviennent une charge récurrente qui pèse sur le budget mois après mois.

Quand la maladie fait basculer dans la pauvreté

Plus préoccupant encore est l’effet de ces dépenses sur le niveau de vie. Selon un récent rapport de la Banque mondiale cité par Chokri Arfa, les paiements directs de santé auraient fait basculer environ 260 000 personnes supplémentaires sous le seuil de pauvreté en 2021. Autrement dit, ces dépenses auraient entraîné une hausse de 2,2 points de pourcentage du taux de pauvreté, contre 1,8 point en 2015. L’impact financier de la maladie s’est donc aggravé plutôt que stabilisé.

Pour l’expert, cette situation est certes, liée aux difficultés du secteur public. Les ruptures de médicaments, l’insuffisance de plateaux techniques, les files d’attente et autres limites de l’offre peuvent contraindre les patients à se tourner vers le secteur privé, où ils doivent souvent payer davantage de leur poche. La dépense de santé finit alors par concurrencer les autres besoins essentiels du foyer.

C’est là que les statistiques prennent tout leur sens. Les 38% ne représentent pas seulement une proportion dans les comptes de la santé. Ils correspondent à des dinars prélevés directement sur le budget des familles, à des dépenses qui s’ajoutent aux charges courantes et, pour les plus vulnérables, à un risque réel de basculer dans la pauvreté.

Selon Chokri Arfa, l’enjeu n’est pas seulement de mesurer le coût des soins, mais de savoir qui supporte le risque financier lorsque survient la maladie. En Tunisie, une part encore trop importante de ce risque repose sur les ménages : se soigner peut alors devenir bien plus qu’une épreuve médicale. Pour certaines familles, cela peut aussi devenir une épreuve financière, avec une facture qui ne s’arrête pas à la pharmacie ou à l’hôpital, mais peut finir par atteindre le niveau de vie tout entier.

Face à ce constat, la protection financière des ménages doit être au cœur de toute réforme : si la maladie ne choisit pas ceux qu’elle frappe, le système de santé doit empêcher qu’elle ne détermine aussi qui s’endette ou s’appauvrit. 

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Entre chaleur et manque d’eau : un tiraillement de trop

Von: tmps
28. August 2026 um 10:18

Le citoyen tunisien n’est pas du tout à envier ces jours-ci, étant donné qu’il traverse une crise exceptionnelle où il s’est retrouvé entre le marteau et l’enclume. Et pour le dire plus clairement, entre une chaleur quotidienne diurne et nocturne qui perdure depuis au moins un mois et demi et un manque d’eau embouteillée représenté par de petites apparitions qui ne suffisent pas à étancher une soif devenue permanente. La malchance et l’anachronisme qui déterminent désormais l’existence du citoyen tunisien lambda y sont légion et irritent la vie de ce dernier. Pourtant, il en a vu passer auparavant des périodes similaires au niveau des températures très élevées durant les étés. Mais il s’y est ajouté, en l’an de grâce 2026, aussi bien le problème des coupures de l’eau de robinet, que celui de la disparition de l’eau en bouteilles qu’il avait cru impossible de tarir.

La chaleur, la soif, en plus de la pénible recherche parfois superflue en ville d’une bouteille d’eau, ont rendu sa vie tristounette et banale. Et si la chanson dit que «La vie est une histoire d’amour», son histoire à lui est devenue «Une histoire d’eau» dans un contexte plutôt douloureux, tout à fait à l’opposé de celle que raconte le court métrage du même titre réalisé en 1958 par Jean Luc Godard et François Truffaut. Là où l’héroïne fuit le déluge de la pluie. Ici et maintenant, et sous nos cieux, les choses se passent à l’opposé car le citoyen est à la recherche d’une goutte d’eau à boire dans une chaleur torride. Et même s’il pleut, la situation ne changera pas d’une once. Tout semble stagner et n’est pas sans provoquer la peur chez tout un chacun. Etat stationnaire, comme déclaré par un médecin à propos de l’état de santé de son patient. Entre la peur et l’espérance, l’espoir doit-il demeurer ? Dans un contexte et des circonstances un peu trop exceptionnels.

Lotfi BEN KHELIFA

 

 

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Semmama s’invite au Sommet mondial sur la lutte contre la désertification : restaurer les terres, restaurer l’espoir!

Von: tmps
28. August 2026 um 09:41

La question de la désertification est entrée dans l’agenda mondial lors du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro de 1992. La COP17 organisé en Mongolie  ne doit pas seulement proclamer une nouvelle déclaration, mais définir des principes communs : systèmes d’alerte précoce, évaluation des risques, planification nationale, gestion intégrée de l’eau, financement et partage des données scientifiques.Le choix de la Mongolie n’est pas seulement symbolique. Avec 1,5 million de km2, , ce vaste pays compte parmi les territoires les plus exposés à la dégradation des terres Sécheresses, surpâturage, tempêtes de poussière , fragilisent directement le modèle pastoral. Le nombre annuel de jours de tempêtes de sable et de poussière a plus que triplé depuis les années 1960.

A cette occasion, la Mongolie a renforcé la mobilisation du public et la participation des jeunes à travers des dialogues nationaux et des activités de sensibilisation. Adnen Helali est un acteur et poète tunisien. Il est le fondateur du Centre Culturel Semmama dans la région Kasserine au centre-ouest de la Tunisie. ll participe à la COP17 de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD/UNCCD) à Oulan-Bator, notamment dans le cadre de la Caravane mondiale de la Route de la Soie et de la promotion du pastoralisme et des territoires ruraux.

Sous le thème « Restaurer les terres, restaurer l’espoir », la COP17 , organisée à Oulan-Bator, cherche à accélérer la restauration des écosystèmes dégradés, renforcer la résistance aux sécheresses et mobiliser des financements pour les pays les plus touchés par la désertification. A cette occasion, la « Journée de Semmama… Résister à la désertification culturelle », a été organisée le mardi 25 août dans l’espace vert du Sommet dans le cadre du Sommet mondial sur la lutte contre la désertification à Oulan-Bator, capitale de la Mongolie, parrainée par  Adnen Helali, un acteur et poète tunisien et le fondateur du Centre Culturel Semmama dans la région Kasserine..« Cette COP17 nous rappelle une vérité essentielle : lorsque nous restaurons la terre, nous restaurons aussi l’espoir » précise Adnane Helali. « Aujourd’hui, nous souhaitons porter la voix de Sammama, une région qui connaît les défis de la sécheresse, de la dégradation des terres et de la fragilité des ressources naturelles, mais qui possède également une richesse extraordinaire : ses populations, son savoir-faire, ses terres et sa capacité à construire un avenir durable.La désertification n’est pas seulement une question environnementale. Elle touche directement la vie des populations. Elle affecte l’agriculture, l’eau, l’emploi, la sécurité alimentaire et les conditions de vie des générations futures.C’est pourquoi nous devons passer des engagements à l’action.

Pour Sammama, cela signifie investir dans la restauration des terres, améliorer la gestion de l’eau, soutenir les agriculteurs et les communautés locales, protéger les parcours et développer des pratiques agricoles adaptées aux conditions climatiques.Cela signifie également donner une place centrale aux jeunes et aux femmes, car ils ne doivent pas être uniquement les bénéficiaires des politiques environnementales : ils doivent être des acteurs de leur conception et de leur mise en œuvre.La présence de la Mongolie à la tête de cette COP17 est particulièrement symbolique. Près de 77 % du territoire mongol est considéré comme dégradé, ce qui montre que la dégradation des terres est un défi qui dépasse les frontières et concerne toutes les régions du monde »

Et d’ajouter « Nous ne demandons pas seulement de protéger nos terres. Nous demandons de leur donner un avenir.Nous appelons à renforcer la coopération internationale, à mobiliser les financements nécessaires et à transformer les engagements internationaux en projets concrets sur le terrain.Sammama peut devenir un exemple de résilience, de restauration et d’innovation.Ensemble, nous pouvons restaurer nos sols, préserver notre eau, renforcer notre sécurité alimentaire et offrir à nos jeunes une raison de rester, de créer et de construire leur avenir chez eux.La terre n’appartient pas seulement à notre génération. Nous l’empruntons aux générations futures.Faisons donc de cette COP17 un moment de décision et d’action ».

La désertification n’est pas seulement un phénomène environnemental.

L’idée centrale défendue par Helali est particulièrement intéressante : la désertification n’est pas seulement un phénomène environnemental. La protection des parcours pastoraux passe aussi par la préservation de la mémoire, des savoir-faire, de la culture et des modes de vie des communautés rurales.La journée de Semmama constitue donc une manière de porter l’expérience tunisienne de Semmama sur la scène internationale, dans le cadre de la COP17, dont le thème est « Restaurer les terres, restaurer l’espoir ». Cette journée s’est ouverte  par la présentation de son nouveau recueil de poésie, « Le vent garde nos traces », avec la participation de la chanteuse mongole Enkhgerel Shinzorig, de la poétesse indienne Barnet Kaur, de la chanteuse malienne Inna Modja et du guitariste français William Fourny, en présence de M. Ts. Iderbat, ministre mongol de l’Alimentation, de l’Agriculture et de l’Industrie légère. Le programme s’est poursuivi avec la projection du film documentaire If the Rangelands Could Speak, réalisé par l’Allemande Lizzy Gable, qui retrace le parcours de la Silk Road Caravan, à laquelle Adnen Helali a participé, de la Turquie jusqu’en Mongolie. La journée a également  été l’occasion de présenter l’œuvre d’artisanat « Année internationale des parcours et des pasteurs en vert », réalisée par les artistes Marwa Gdima, Oumaima Boulaares et Khaled Khayatai, en collaboration avec des artisanes de Djebel Semmama et de Bir El-Kassâa. Les distinctions « Soleil de Semmama » ont été remises à plusieurs personnalités et artistes ayant marqué cette rencontre, parmi lesquels : M. Ts. Iderbat, ministre mongol de l’Alimentation, de l’Agriculture et de l’Industrie légère, la photographe sud-africaine Kiara Worth, dont les images prises pendant le Sommet sont devenues l’une des principales mémoires visuelles de l’événement ,la  troupe d’Oulan-Bator du patrimoine nomade, qui préserve la rare tradition musicale du khöömii, inspirée des sons de la nature et Burmaa Dashbal, présidente de l’organisation Green Rangeland Gold, et l’une des personnalités ayant contribué à porter l’initiative de l’Année internationale des parcours et des pasteurs.

                                Kamel Bouaouina

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