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Café tunisien : « La contrebande nous tue », alertent les producteurs

08. Juni 2026 um 10:53

La Fédération tunisienne des artisans et des petites et moyennes entreprises (PME) alerte sur les multiples obstacles qui entravent l’activité des entreprises exportatrices et des producteurs de café en Tunisie. Dans un communiqué, l’organisation dénonce un environnement administratif, douanier et fiscal jugé peu favorable à l’investissement, à l’expansion des activités et à la création d’emplois.

Selon la Fédération, les entreprises industrielles exportatrices, malgré leur contribution à la création de valeur et à l’apport de devises pour l’économie nationale, continuent de faire face à des contraintes qui limitent leur développement et leur compétitivité.

Le secteur du café figure parmi les plus touchés. Les producteurs dénoncent notamment les difficultés d’approvisionnement en matières premières, la complexité des procédures encadrant la commercialisation d’une partie de leur production sur le marché local, ainsi que la prolifération du café de contrebande. Cette concurrence informelle pénalise les opérateurs légaux et compromet les principes d’une concurrence équitable.

Les entreprises du secteur soulignent également les obstacles douaniers rencontrés lors de l’envoi d’échantillons gratuits à des clients potentiels à l’étranger. Une situation qui freinerait les efforts de promotion du produit tunisien sur les marchés internationaux et réduirait les opportunités d’exportation.

Pour la Fédération, la persistance de la bureaucratie administrative constitue aujourd’hui l’une des principales menaces pour l’investissement et la production. Elle met également en cause l’existence d’intérêts rentiers et de pratiques monopolistiques qui, selon elle, visent à préserver des privilèges historiques en limitant l’accès au marché et en freinant l’arrivée de nouveaux acteurs économiques.

L’organisation estime que ces dysfonctionnements entravent l’amélioration de la qualité des produits, la baisse des prix au bénéfice du consommateur et le développement d’une concurrence saine. Elle considère que l’économie tunisienne ne pourra atteindre son plein potentiel tant que les producteurs continueront à supporter le poids de procédures complexes. Tandis que les réseaux de monopole et de contrebande profitent des failles du système.

Face à cette situation, la Fédération appelle les autorités à engager plusieurs réformes prioritaires. Elle plaide notamment pour la simplification des procédures administratives, douanières et fiscales applicables aux entreprises productrices et exportatrices, la révision des mécanismes limitant la commercialisation d’une partie de la production exportatrice sur le marché local, ainsi que la mise en place d’un dispositif simplifié pour l’envoi d’échantillons commerciaux à l’étranger.

Elle réclame également un renforcement de la lutte contre l’économie parallèle et la contrebande, le démantèlement des pratiques monopolistiques et l’instauration d’un climat économique fondé sur la transparence, la concurrence loyale et l’égalité des chances entre les différents opérateurs.

Dans ce contexte, la Fédération adresse un appel au président de la République, Kaïs Saïed, l’invitant à effectuer une visite de terrain au plus grand complexe de production et de transformation du café situé dans la zone industrielle de Soliman. L’objectif serait de lui permettre de constater directement les capacités industrielles nationales ainsi que les difficultés rencontrées par les investisseurs et les producteurs.

« La bataille de la Tunisie aujourd’hui n’est pas seulement celle de la production et de l’exportation, mais aussi celle menée contre la bureaucratie, les monopoles et les rentes », conclut la Fédération. Tout en appelant à la construction d’une économie nationale plus libre, compétitive et créatrice de richesse et d’emplois.

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Cafés premium en Tunisie : quand l’économie urbaine se réinvente autour d’un expresso

05. Juni 2026 um 17:01

Entre mutation des habitudes de consommation, influence des réseaux sociaux et émergence de « tiers-lieux » hybrides, les coffee shops haut de gamme redessinent le visage économique et social des centres-villes tunisiens. Derrière l’esthétique soignée et la carte spécialisée se profile un modèle économique exigeant, porté par des pionniers comme Barista’s et des entrepreneurs-créateurs tels qu’Amine Ben Othmane.

Décryptage d’un phénomène discret mais structurel.

C’est en 2011 que Barista’s ouvre la voie. Premier concept moderne de coffee shop en Tunisie, l’enseigne importe des codes alors rares : café de spécialité, design minimaliste, restauration légère et connexion Wi-Fi. Pendant près de sept ans, elle évolue comme un acteur indépendant, jusqu’à son intégration en 2018 au sein de General Food & Beverage (GFB), filiale d’Amen Group. Ce passage à l’échelle lui offre des moyens financiers conséquents et une capacité d’expansion rapide. Aujourd’hui, selon nos informations, Barista’s compterait de nombreux points de vente dans les zones les plus prisées du Grand Tunis et de Sousse, avec une logique de franchise qui vise la standardisation du modèle.

Ce mouvement n’est pas isolé. En 2016, Amine Ben Othmane, diplômé de Vatel, lance à son tour B Café, d’abord pensé comme un espace culturel et artistique autour de la gaufre liégeoise et du brunch. Très vite, la clientèle élargit ses horizons : étudiants, freelances, familles, journalistes, visiteurs étrangers se croisent dans un lieu conçu pour durer, bien au-delà de la simple pause-café.

Il faut souligner au passage que l’idée d’écrire cet article nous est venue à la suite de quelques passages dans certains de ces cafés d’un genre nouveau. Alors, même si nous avons éprouvé toutes les difficultés à recueillir les témoignages des dirigeants (dont celui de Barista’s), sachez qu’il s’agit là d’un travail de terrain. Du vécu parfois.

Un modèle économique fondé sur la valeur perçue… et ses fragilités

De prime abord, ce qui frappe à l’œil nu concernant ces nouveaux établissements, c’est qu’ils cassent les codes du café traditionnel. L’investissement dans des machines professionnelles, des grains importés, la formation des établissements et surtout la scénographie des espaces justifie un positionnement tarifaire plus élevé. Mais ce modèle repose sur une équation délicate : rentabilité par le flux, fidélisation d’une clientèle régulière et maximisation du temps de présence.

Comme l’analyse Amine Ben Othmane, la réussite ne tient pas uniquement à l’esthétique. « La maîtrise des coûts, la gestion des stocks, la formation du personnel et l’organisation sont tout aussi décisives », explique ce consultant à travers sa structure TATC (Touche-À-Tout Conseil). À ses yeux, « le coffee shop premium se distingue par une cohérence globale : nom, design, service, ambiance, offre culinaire ». C’est cette hybridité – entre café, restaurant, bureau, salon – qui crée la valeur ajoutée.

Cela dit, le modèle reste fragile, tient-il à le faire remarquer. Les coûts d’importation des matières premières, la dépendance aux fluctuations du dinar, les loyers élevés dans les zones attractives et la pression marketing digitale grèvent les marges. Barista’s lui-même essuierait, selon certains dires, des critiques sur l’inégalité de qualité entre ses différents points de vente – un classique des chaînes en expansion rapide.

Instagram comme levier stratégique de rentabilité

Sans surprise, les réseaux sociaux sont devenus un actif stratégique central. Un lieu « photogénique » peut faire sa réputation en quelques semaines via TikTok et Instagram. « La visibilité, la mise en scène des produits et l’adaptation continue du contenu sont aujourd’hui indispensables pour maintenir l’attractivité », confie Amine Ben Othmane. Comprendre par là que l’économie de l’image transforme en profondeur le métier : l’esthétique n’est plus un supplément d’âme, mais un levier de rentabilité direct, explique le jeune patron.

Cette logique a d’ailleurs poussé B Café à fusionner en 2021 avec son restaurant voisin B Food, après la crise du Covid-19, pour créer un concept hybride café-restaurant capable de résister aux chocs extérieurs, souligne Ben Othmane. « L’enseigne a ainsi transformé une contrainte (fermeture d’un établissement) en opportunité stratégique, preuve que l’agilité est une qualité cardinale dans ce secteur ».

Entre recomposition urbaine et segmentation sociale

Dans les grandes artères de Tunis ou des Berges du Lac, coffee shops premium et cafés traditionnels cohabitent désormais, mais ne répondent pas aux mêmes logiques. Les premiers attirent une clientèle en quête d’expérience, de modernité et de connectivité ; les seconds restent ancrés dans des usages plus sociaux et fonctionnels. « Cette segmentation progressive des espaces urbains reflète aussi l’émergence de nouvelles formes de sociabilité, où le café devient un “troisième lieu“ – entre le domicile et le bureau – propice au travail informel, aux rendez-vous professionnels ou aux pauses numériques », nous explique un enseignant au campus universitaire de La Manouba.

Le jeune investisseur assure également que la proximité entre propriétaires et clients joue un rôle clé. Contrairement aux chaînes impersonnelles, explique-t-il en substance, les (nouveaux) fondateurs sont souvent présents en salle ou en cuisine, favorisant l’échange direct et la fidélisation. Une manière aussi de s’adapter rapidement aux retours clients, dans un marché où les habitudes évoluent très vite.

Nous avons remarqué cette attitude dans certains de ces établissements – comprendre que tous n’ont pas cette façon d’agir.

Un secteur prometteur mais à maturité fragile

Maintenant, l’analyse montre que le potentiel de ce segment reste significatif, porté par l’émergence d’une classe moyenne urbaine plus exigeante, la transformation des modes de travail (freelance, télétravail) et l’essor des pratiques digitales. Toutefois, l’avenir des coffee shops premium en Tunisie dépendra de leur capacité à surmonter plusieurs défis structurels : évolution du pouvoir d’achat (qui fait hélas défaut aujourd’hui), dépendance aux importations (ne pas oublier les conséquences de la guerre au Moyen-Orient), risque de saturation dans les zones hyper-touristiques.

Soulignons également que Barista’s, avec son ambition de franchise, et B Café, avec son modèle hybride et culturel, incarnent deux stratégies opposées mais complémentaires. « Leur évolution commune raconte celle de tout un secteur : passage d’une niche tendance à un marché structuré, montée en puissance des professionnels et consolidation progressive d’une économie de services où l’expérience prime sur le produit ».

Finalement, vous l’aurez compris, ces coffee shops ne sont pas de simples lieux de consommation. Ils sont les révélateurs discrets mais puissants d’une Tunisie urbaine en pleine mutation, connectée, exigeante et prête à payer pour une manière différente d’habiter la ville.

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Consommer 2 à 5 tasses de café par jour pourrait améliorer la santé cardiaque

23. März 2026 um 14:29

La consommation quotidienne de café pourrait avoir des effets positifs significatifs sur la santé cardiaque. Selon un cardiologue et plusieurs études scientifiques récentes, boire entre deux et cinq tasses par jour améliorerait les performances du cœur et réduirait les risques de maladies cardiovasculaires. Ces résultats remettent en question certaines idées reçues sur les effets du café.

Des effets positifs confirmés sur la santé cardiaque

Le cardiologue chinois Wang Yan affirme que le café contribue à renforcer l’efficacité fonctionnelle du cœur et à améliorer ses performances. Contrairement aux craintes longtemps répandues, il ne représenterait pas un danger pour le système cardiovasculaire.

Selon lui, la consommation régulière de café pourrait même jouer un rôle préventif contre les troubles du rythme cardiaque et certaines maladies cardiovasculaires, une thèse appuyée par plusieurs travaux scientifiques récents.

Des données scientifiques solides

Une étude publiée en janvier 2025 par la Société européenne de cardiologie met en évidence une baisse notable des risques de mortalité chez les consommateurs de café. Les résultats indiquent une réduction de 16% du risque de décès toutes causes confondues et une baisse de 31% du risque de décès lié aux maladies cardiovasculaires.

Ces bénéfices concernent principalement les personnes consommant du café le matin, contrairement à celles qui en boivent tout au long de la journée, chez qui aucun effet significatif n’a été observé.

D’autres recherches confirment ces tendances. Une étude publiée dans la revue Nutrients montre qu’une consommation d’au moins deux tasses par jour est associée à une diminution du risque de mortalité globale.

Par ailleurs, une étude menée par des chercheurs de l’Université libre d’Amsterdam, publiée en novembre 2025 dans le Journal européen de nutrition, établit un lien entre la consommation de 4 à 6 tasses de café par jour (125 ml chacune) et une réduction du risque de démence.

Des bénéfices étendus à l’ensemble de l’organisme

Au-delà du cœur, le café semble avoir des effets positifs sur plusieurs fonctions de l’organisme. Selon des sources spécialisées en santé, sa consommation pourrait contribuer à réduire le risque de troubles cognitifs jusqu’à 25% ; diminuer le risque de développer la maladie de Parkinson ; ralentir la progression de certaines maladies neurodégénératives ; atténuer les symptômes de la dépression et du stress. Ces effets concernent aussi bien le café classique que le café décaféiné.

Ces résultats participent à une réévaluation du rôle du café dans l’alimentation quotidienne. Longtemps perçu comme potentiellement nocif, notamment pour le cœur, il apparaît désormais comme un allié potentiel de la santé, à condition d’en consommer de manière modérée.

Les spécialistes insistent toutefois sur la nécessité d’adapter la consommation aux profils individuels, notamment chez les personnes sensibles à la caféine.

Le café est l’une des boissons les plus consommées au monde. Son impact sur la santé fait l’objet de nombreuses recherches depuis plusieurs années, avec des conclusions de plus en plus favorables à une consommation modérée.

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Everyday Tunisians : Au café de l’Ancienne Douane

27. Februar 2026 um 09:26

Dans la médina de Tunis, la rue de l’Ancienne Douane est au cœur de la mémoire internationale de la ville. C’est là que se trouvait le quartier diplomatique et quelques uns des principaux consulats étrangers qui s’étendent jusqu’à la rue Zarkoun.

Aujourd’hui encore subsistent les traces fragiles des consulats français, américain, néerlandais ou allemand. Et le faste lointain de ce qui fut le noyau européen de la médina de Tunis.

C’est dans cette rue que se trouve le Café Hadj Ali, une enseigne qui fleure bon les troquets à l’ancienne avec ses plafonds hauts, ses joueurs de cartes et ses percolateurs.

Derrière son comptoir, Noureddine règne sur les lieux. Veste couleur grenat, le regard vif et toujours le mot pour rire, il sert le thé à la menthe et le café filtre ou express.

Dans ce bistrot, il n’y a que des habitués. Ils sont du quartier et ont leur salon ici. Ils reviennent tous les jours et la maison ne fait pas crédit. L’atmosphère est bon enfant avec le zeste de gouaille populaire qui va avec la médina.

Comme tous les garçons de café, Noureddine brasse des centaines d’histoires et cueille les jours comme ils viennent. Sait-il que tout autour de lui, les murs respirent le génie des lieux ? Sait-il que dans ces rues environnantes vivaient consuls, négociants et notables ?

Dans son estaminet de quartier, Noureddine rêve peut-être à l’histoire alors que filent les jours et l’onde sous nos ponts Mirabeau.

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