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Arabica : les stocks au plus bas depuis un quart de siècle

30. August 2026 um 11:42

Les stocks d’Arabica suivis par la Bourse ICE ont chuté à leur niveau le plus faible depuis mai 2000. La tension sur les disponibilités immédiates soutient les prix, alors même que la production mondiale pourrait connaître un excédent lors de la campagne 2026-2027. La situation des producteurs brésiliens sera déterminante pour l’évolution du marché.

Les stocks mondiaux de café Arabica continuent de se contracter. Vendredi 28 août 2026, les réserves enregistrées dans les entrepôts agréés par l’ICE sont tombées à 224 011 sacs de 60 kg, leur plus bas niveau depuis mai 2000. Cette baisse intervient alors que les négociants cherchent à sécuriser des volumes disponibles, faisant craindre une persistance des tensions sur le marché physique au cours des prochains mois.

Ces niveaux sont particulièrement faibles au regard de la situation observée depuis le milieu des années 2000. Jusqu’au début de 2022, les stocks des entrepôts boursiers se situaient généralement entre 1 et 5 millions de sacs. Leur niveau actuel constitue donc un signal particulièrement surveillé par les opérateurs.

La diminution des stocks contribue à maintenir les contrats à terme de référence sur l’Arabica au-dessus de 3 dollars la livre depuis deux mois. La tension est particulièrement visible sur les contrats à livraison rapprochée. Les contrats de septembre s’échangent avec une prime d’environ 32 cents par livre par rapport aux contrats de décembre. Cette configuration traduit la difficulté à obtenir immédiatement des volumes disponibles, même si le marché anticipe une amélioration progressive de l’offre.

Autrement dit, le problème actuel n’est pas nécessairement l’absence de café dans les pays producteurs, mais sa disponibilité effective sur les marchés où les acheteurs en ont besoin.

Le paradoxe brésilien

La situation de la Brésil, premier producteur mondial, illustre ce décalage entre production et disponibilité. Le marché mondial pourrait connaître un excédent de 8,2 millions de sacs durant la campagne 2026-2027, contre seulement 1,7 million lors de la campagne précédente, selon une enquête Reuters citée par Capital.gr. La récolte brésilienne devrait notamment atteindre un niveau record.

Mais une part importante de cette production n’est toujours pas arrivée sur le marché. Les producteurs brésiliens disposent de marges financières suffisantes pour ne pas être contraints de vendre immédiatement. Ils peuvent ainsi attendre des conditions de prix plus favorables, d’autant que le stockage du café demeure relativement peu coûteux au Brésil. Cette situation donne aux producteurs un pouvoir de négociation supplémentaire et contribue à maintenir une certaine tension sur les prix à court terme.

Les conditions météorologiques compliquent également la situation. De fortes précipitations liées au phénomène El Niño ont touché certaines régions du Brésil en juin et juillet. Elles ont retardé les récoltes et affecté la qualité de certains lots. Conséquence : les volumes de café de qualité supérieure susceptibles d’être certifiés et intégrés aux stocks négociables sur les marchés à terme restent momentanément limités.

L’évolution des prochaines semaines dépendra donc largement du rythme auquel le café stocké dans les pays producteurs rejoindra les marchés de consommation et les entrepôts certifiés. Si l’excédent attendu pour la campagne 2026-2027 reste concentré au Brésil et dans les autres pays producteurs, les tensions pourraient persister malgré une amélioration globale de l’offre.

Pour les consommateurs, l’enjeu est important : des stocks historiquement bas et des prix élevés sur les marchés à terme peuvent continuer à se transmettre à la chaîne de commercialisation, même si l’offre mondiale devrait progressivement s’améliorer. Le marché du café se trouve ainsi à un tournant : l’abondance annoncée pour la prochaine campagne devra encore franchir le chemin entre les plantations et les marchés.

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Café Ben Daamache – Un lieu chargé de souvenirs

30. August 2026 um 09:22

Il est l’un des plus vieux cafés de Djerba. Sinon le plus ancien. Il a été notamment le lieu de tournage d’un des premiers films d’Omar Sharif. On raconte que ce dernier aurait appris sur les lieux du tournage la naissance de son fils Tarek.

 

Des cafés, il n’en manque pas en Tunisie. Le nombre est estimé à 40 000. Mais tous n’évoquent pas chez l’habitant ou le visiteur les mêmes souvenirs. Comme tous ne sont pas là depuis de longues années. Dans cette catégorie, le café Ben Daamache à Houmt Souk, à Djerba, a statut spécial. Aucune date précise n’est certes évoquée quant à son ouverture. Cependant, beaucoup de nos sources soutiennent qu’il était déjà là au milieu des années quarante du siècle dernier. Et les noms de Mohamed, Salem et Sadok Ben Daaamache surgissent comme des personnes associées à l’histoire de ce café.

 

 

Installé dans un lieu des plus stratégiques, au cœur de la vieille ville de la capitale de l’île de Djerba, il a tout le temps attiré la grande foule des Djerbiens et des touristes. Facilement reconnaissable par ses arcades devant lesquelles se trouve une terrasse de quelques dix mètres de large sur quinze mètres de long.

Le café se trouve à quelques encablures du souk « Errebaâa », que l’on présente comme « le cœur historique de Houmt Souk ».  Et comme « le marché couvert le plus emblématique de Houmt Souk, la capitale de l’île de Djerba. Datant approximativement du XVIe ou XVIIe siècle, un labyrinthe voûté et une étape incontournable pour s’imprégner de l’artisanat et de l’atmosphère djerbienne ».

« Heureux qui pouvait s’asseoir à sa terrasse »

Il côtoie un autre lieu où des visiteurs notamment ne s’y rendent pas : le Fondouk des Maltais. Un ancien « caravansérail traditionnel témoigne de la forte empreinte économique et culturelle laissée par la communauté chrétienne maltaise installée à Djerba au XIXe siècle » et qui a connu son heure de gloire du temps où la communauté studieuse des Maltais (on estime qu’entre 500 et 1 000 Maltais résidaient à Djerba au plus fort des vagues migratoires de cette communauté poussée à l’émigration en raison des épidémies et de la pauvreté).

Outre les cafés, chichas et autres thé à la menthe, le café Ben Daamache s’est fait une spécialité en offrant du jus d’orange. Une boisson qu’il sert, y compris lorsque le fruit qui est utilisé pour le fabriquer, manque. Et des récits le concernant, il n’en manque pas aussi sur le net. Chadli Ghribi, un habitant de l’île des Lotophages, raconte, par exemple, dans un post Facebook, que dans la moitié des années soixante-dix du siècle dernier, « heureux qui pouvait s’asseoir à sa terrasse pour siroter un thé vert ».

« Surveiller les mouvements des forces coloniales »

Autre souvenir évoqué à l’endroit du café Ben Daamache, le tournage sur les lieux du film « Goha » de Jacques Baratier et dans lequel Omar Sharif tenait, en 1957, la vedette. On raconte que ce dernier aurait appris sur les lieux du tournage la naissance de son fils Tarek.

 

 

Le fait que la municipalité de Houmt Souk ait choisi de donner le nom de la place où se trouve le café Ben Daamache est sans doute de bon aloi. Des récits nous disent que le café accueillait des combattants pour la lutte nationale en ces termes : « Placées à l’entrée et stratégiquement ouvertes sur les carrefours de la médina, des banquettes permettaient aux clients fidèles de surveiller discrètement les mouvements des forces coloniales, des gendarmes français ou du contrôleur civil de l’île. Cela offrait aux militants installés à l’intérieur le temps nécessaire pour disperser leurs réunions ou cacher des tracts avant toute perquisition ».

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