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Prêts d’honneur : promesse sociale ou mesure symbolique ?

04. August 2026 um 14:39

Le décret n°148 de 2026 instaure des prêts d’honneur sans intérêts ni garanties, présentés comme une avancée sociale majeure. Mais plusieurs failles structurelles, contraintes bancaires, critères flous d’évaluation, enveloppe limitée et contrôle incertain, menacent de transformer cette initiative en geste symbolique plutôt qu’en solution effective pour le microfinancement. Quelle analyse peut-on faire? 

L’économiste Aram Belhadj a fait savoir, via sa page officielle, qu’à première vue, le décret n°148 de 2026 sur les prêts d’honneur apparaît comme une avancée sociale significative : un crédit sans intérêts, sans garanties ni caution, que l’imaginaire populaire qualifie d’une aubaine inespérée. Toutefois, derrière cette générosité affichée se dessinent des fragilités structurelles susceptibles d’entraver l’efficacité du dispositif dès son application.

Il constate qu’un premier obstacle tient à la contradiction imposée aux banques : elles doivent octroyer des crédits sans pouvoir ajuster la tarification du risque; ce qui heurte leur logique économique. Concrètement, cela risque d’engendrer une sélection implicite des dossiers les plus sûrs ou un traitement administratif détaché et laxiste, vidant la mesure de sa portée sociale.

 

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En outre, il met l’accent sur le flou entourant des critères d’évaluation de la capacité de remboursement en l’absence de garanties. Cette zone grise crée une marge pour des pratiques discriminatoires informelles, malgré l’affirmation du principe d’égalité.

Troisièmement, l’enveloppe dédiée à environ 120 millions de dinars prélevés sur les bénéfices bancaires de 2025 paraît nettement insuffisante face aux besoins réels en microfinancement en Tunisie. La dimension financière limitée confère au dispositif davantage un rôle symbolique qu’opérationnel.

Enfin, le succès du mécanisme repose fortement sur la rigueur du contrôle de la Banque centrale. L’exemple de l’article 412, relatif à la baisse des taux des prêts immobiliers et demeuré lettre morte, montre que de bonnes intentions peuvent rester sans effet sans suivi sérieux.

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En somme, la mesure suscite des espoirs légitimes. Mais son impact dépendra des ajustements pratiques, de la transparence des critères et d’un contrôle strict pour éviter qu’elle ne reste qu’un symbole. Et pour finir chacun saura, à terme, si la promesse se traduit en réalité.

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Aram Belhadj | Le mécanisme du prêt d’honneur est inapplicable

04. August 2026 um 13:44

Le prêt d’honneur, un mécanisme de financement à taux zéro, sans intérêts, sans frais de dossier ni garanties exigées, instauré en Tunisie par le décret n°2026-148, demeure inapplicable tant que la Banque centrale de Tunisie n’a pas publié de circulaire à l’intention des banques précisant les conditions et les documents annexes (formulaire de demande, déclaration sur l’honneur, etc.).

C’est ce qu’a déclaré l’économiste Aram Belhadj, dans un poste sur sa page Facebook, en indiquant avoir lui-même déposé, hier, mardi 3 juillet 2026, une demande de prêt d’honneur d’un montant de 5 000 dinars auprès d’une agence bancaire (voir le fac-similé ci-dessous), sans doute pour voir comment la banque réagirait à sa demande.

Théoriquement, et selon le décret n°2026-148, dont la portée populiste et électoraliste n’échappe à personne, ce prêt est alimenté par une ligne de 8 % des bénéfices des banques et s’adresse aux particuliers (jusqu’à 5 000 dinars), aux porteurs de micro-projets (jusqu’à 10 000 dinars), aux PME et aux sociétés communautaires (jusqu’à 25 000 dinars), la grande idée du président de la république Kaïs Saïed pour révolutionner l’économie tunisienne.

I. B.

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Faire de son honneur un levier : l’autre vision de la nouvelle catégorie de crédits bancaires en Tunisie

04. August 2026 um 12:00

Et si le crédit sur l’honneur, que l’on présente comme une épée de Damoclès sur la qualité de l’actif des banques, était en réalité un outil additionnel de gestion des risques ?

Ces dernières semaines, le débat s’enlise dans la peur du risque. Pourtant, en inversant le regard, ces crédits sur l’honneur pourraient bien être la clé qui libère les PME de l’étau fiscal et des lenteurs administratives. Ils peuvent être transformés en un levier de survie et de compétitivité.

Complément de financement pour les PME

Au vu des normes prudentielles en vigueur et de la montée des risques dans l’économie, les banques exigent des garanties réelles qui couvrent souvent les prêts accordés. Or, beaucoup de PME tunisiennes ont un problème de sous-capitalisation et de patrimoine immobilier insuffisant.

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Le crédit sur l’honneur peut jouer un rôle de catalyseur, une sorte d’effet de levier pour les dossiers fragiles mais viables. Pour une PME qui a un carnet de commandes solide mais un bilan comptable peu convaincant, le crédit sur l’honneur permet de combler le gap de garantie.

 

Dans ce cadre, le crédit sur l’honneur peut jouer un rôle de catalyseur, une sorte d’effet de levier pour les dossiers fragiles mais viables. Pour une PME qui a un carnet de commandes solide mais un bilan comptable peu convaincant, le crédit sur l’honneur permet de combler le gap de garantie. La banque ne prend pas un risque supplémentaire démesuré, mais elle pourrait accepter de ne pas exiger un bien immobilier pour la totalité du prêt. Cela permet de débloquer des fonds de roulement pour des commandes exceptionnelles comme un marché public ou une exportation.

De plus, il correspond à un outil de financement rapide. En effet, les procédures de nantissement ou de mise en hypothèque peuvent prendre des semaines. Par contre, le crédit sur l’honneur, basé sur la signature et la traçabilité du chef d’entreprise, peut être accordé rapidement. Pour une PME qui doit saisir une opportunité de prix sur des matières premières importées, ce gain de temps est un véritable avantage concurrentiel.

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Enfin, lorsqu’une banque accorde un crédit sur l’honneur à une entreprise, elle envoie un signal positif à ses parties prenantes. Cela peut rassurer les fournisseurs. Ce qui allège indirectement sa trésorerie.

 

Les charges fiscales (IS, TVA, retenues à la source) et sociales (CNSS) sont des sorties de fonds incompressibles et souvent concentrées en fin de mois ou de trimestre. En utilisant un crédit sur l’honneur pour payer ponctuellement ces échéances, l’entreprise fait des économies indirectes.

 

Un outil pour alléger les pressions sur la trésorerie

Outre les petits investissements productifs, ces crédits peuvent contribuer à la survie opérationnelle. Les charges fiscales (IS, TVA, retenues à la source) et sociales (CNSS) sont des sorties de fonds incompressibles et souvent concentrées en fin de mois ou de trimestre. En utilisant un crédit sur l’honneur pour payer ponctuellement ces échéances, l’entreprise fait des économies indirectes. Cela évite le découvert bancaire, qui est très mal perçu par les banques et très coûteux en agios.

En couvrant, par exemple, les charges sociales, l’entreprise s’assure que ses employés restent protégés, réduisant les tensions sociales et les blocages administratifs (attestations de couverture sociale exigées pour les marchés publics). Le crédit sur l’honneur devient alors un outil de gestion sociale responsable et non plus un simple produit financier. Idem pour les charges fiscales.

 

Pour les PME tunisiennes, engager son honneur pour payer ses charges sociales ou compléter un financement, c’est finalement protéger son outil de travail et sa réputation sur le long terme.

 

Le crédit sur l’honneur peut donc être analysé comme une logique de gestion dynamique du cycle d’exploitation plutôt que de risque statique. Pour les PME tunisiennes, engager son honneur pour payer ses charges sociales ou compléter un financement, c’est finalement protéger son outil de travail et sa réputation sur le long terme. En réalité, tout dépend de la manière dont les banques vont utiliser ces ressources.

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Crédits sur l’honneur : Les banques ouvriront les demandes dès septembre

03. August 2026 um 08:18

Les banques tunisiennes devraient entamer, dans un délai de deux à trois semaines, la réception des demandes liées aux « crédits d’honneur », selon l’expert en droit bancaire Mohamed Nakhli. Ces financements, prévus par le nouveau cadre juridique adopté en 2024, doivent permettre de soutenir les particuliers, les petits entrepreneurs ainsi que certaines structures économiques sans exiger de garanties classiques.

Selon Mohamed Nakhli cité par Mosaique FM, les établissements bancaires ont déjà réservé les ressources nécessaires à ce mécanisme depuis l’entrée en vigueur de l’article 412 ter nouveau du Code de commerce, introduit dans le cadre de la réforme de 2024. Les banques finalisent actuellement les procédures internes avant le lancement effectif du dispositif.

Les premiers crédits dès septembre

L’expert estime que l’octroi des crédits devrait débuter au début du mois de septembre, après l’achèvement des derniers réglages administratifs et opérationnels. Les banques doivent notamment mettre en place les mécanismes de réception, d’étude et de suivi des dossiers.

Ces crédits reposent sur un principe différent des prêts bancaires classiques : ils sont accordés sans garanties, sans intérêts et sans commissions, avec une logique de soutien économique et social.

Qui peut bénéficier des crédits d’honneur ?

Le dispositif cible plusieurs catégories de bénéficiaires :

  • Les particuliers : des crédits à la consommation pouvant atteindre 5 000 dinars.
  • Les porteurs de petits projets : des crédits d’investissement pouvant aller jusqu’à 10 000 dinars.
  • Les petites et moyennes entreprises ainsi que les entreprises communautaires : des financements d’investissement pouvant atteindre 25 000 dinars.

L’attribution des crédits devrait se faire selon un principe de priorité, en fonction des dossiers présentés et des objectifs fixés par le dispositif.

8% des bénéfices bancaires consacrés au financement

Mohamed Nakhli rappelle que les banques ont déjà consacré une part de leurs bénéfices au financement de ces crédits. Conformément aux nouvelles dispositions, une enveloppe représentant 8% des bénéfices des banques est destinée à ce mécanisme.

Lire aussi : Crédits sur l’honneur : Tout savoir sur ces financements sans intérêts ni garanties

Cette contribution vise à garantir la disponibilité des fonds nécessaires et à assurer la pérennité du programme.

Des sanctions prévues pour les banques non conformes

L’expert a également indiqué que les banques qui ne respecteraient pas les dispositions de l’arrêté n°148 de 2026 relatif à l’octroi des crédits d’honneur s’exposeraient à des sanctions financières progressives.

Ces sanctions pourraient aller jusqu’au retrait de 10% du capital minimum réglementaire de l’établissement concerné, selon les dispositions prévues.

Les crédits d’honneur s’inscrivent dans une volonté de faciliter l’accès au financement pour des catégories souvent confrontées aux difficultés d’obtention de prêts classiques, notamment les jeunes porteurs de projets, les petites structures économiques et les initiatives locales.

Avec des montants plafonnés et une absence de garanties et de coûts financiers, ce mécanisme vise à encourager la création d’activités économiques tout en renforçant le rôle des banques dans le financement de l’économie nationale.

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Crédits sur l’honneur : Tout savoir sur ces financements sans intérêts ni garanties

30. Juli 2026 um 09:04

Le crédit sur l’honneur entre dans sa phase d’application en Tunisie. Ce nouveau mécanisme de financement, prévu par la loi n°41 du 2 août 2024 et précisé par le décret n°148 de 2026, permet aux banques de proposer des financements sans intérêts et sans garanties classiques à plusieurs catégories de bénéficiaires, dont les particuliers.

Contrairement à une idée répandue, ce dispositif ne concerne donc pas uniquement les entreprises ou les porteurs de projets. Il ouvre également la possibilité aux individus d’obtenir un financement destiné notamment à la consommation, selon les précisions de l’expert en économie et fiscalité Mohamed Salah Ayari.

Un mécanisme financé par les bénéfices des banques

Le principe du crédit sur l’honneur repose sur une obligation imposée aux banques : consacrer au moins 8 % de leurs bénéfices nets de l’exercice comptable précédent à ces lignes de financement. Cette mesure découle de l’article 412 ter du Code de commerce introduit par la loi n°41-2024.

Selon Mohamed Salah Ayari, cette enveloppe pourrait atteindre environ 120 millions de dinars en se basant sur les bénéfices réalisés par les banques en 2025.

Le décret d’application publié en juillet 2026 fixe désormais les règles pratiques de fonctionnement de ce dispositif : catégories de bénéficiaires, plafonds de financement, délais de traitement des demandes et obligations des banques.

Une garantie remplacée par une déclaration sur l’honneur

La principale innovation de ces crédits réside dans leur mode d’accès. Le bénéficiaire n’a pas besoin de fournir les garanties habituellement exigées dans les opérations de crédit bancaire, comme une caution ou une assurance.

Le financement repose sur une déclaration sur l’honneur, un mécanisme destiné à faciliter l’accès au crédit pour des personnes ou structures qui peuvent rencontrer des difficultés à obtenir un prêt classique.

Quels sont les montants disponibles ?

Le décret fixe des plafonds différents selon le profil du bénéficiaire :

  • jusqu’à 25 000 dinars pour les petites et moyennes entreprises économiques ainsi que les sociétés communautaires ;
  • jusqu’à 10 000 dinars pour les porteurs de petits projets ;
  • jusqu’à 5 000 dinars pour les particuliers souhaitant financer des besoins de consommation.

Les banques, sauf celles spécialisées, doivent également consacrer au moins 50 % des ressources réservées aux crédits sur l’honneur aux petites et moyennes entreprises économiques ainsi qu’aux sociétés communautaires.

Des crédits sans intérêts remboursables sur deux ans

Ces financements présentent plusieurs caractéristiques particulières. Ils sont accordés à court terme, avec une durée de remboursement maximale fixée à deux ans.

Ils sont octroyés sans intérêts et sans frais liés à l’étude des dossiers. Une période d’aménagement du remboursement peut également être accordée, dans une limite maximale de six mois.

Lire aussi : BCT : Les crédits à l’économie ont atteint 118,6 milliards de dinars en 2024

Le texte interdit par ailleurs aux banques d’exiger des assurances ou toute autre forme de garantie supplémentaire.

Un traitement rapide des demandes

Chaque banque devra ouvrir un compte spécifique baptisé « compte de la ligne de financement sur l’honneur », destiné à gérer les ressources dédiées à ce dispositif.

Les établissements bancaires sont tenus de répondre aux demandes dans un délai maximal de dix jours ouvrables bancaires après le dépôt du dossier. La décision devra être communiquée par un moyen laissant une trace écrite et tout refus devra être motivé.

Autre règle prévue par le décret : un bénéficiaire ne pourra pas obtenir un nouveau crédit sur l’honneur tant que le précédent financement n’aura pas été intégralement remboursé.

Un dispositif qui soulève aussi des interrogations

Si le crédit sur l’honneur constitue une nouvelle opportunité d’accès au financement, notamment pour les petites structures et les particuliers, son application concrète devrait être suivie de près.

Plusieurs questions restent posées, notamment sur les critères de sélection des bénéficiaires, la gestion du risque d’impayés et l’impact de cette obligation sur l’activité bancaire. Le dispositif représente ainsi un changement important dans la relation entre banques, entrepreneurs et particuliers.

Avec ces financements, les autorités cherchent à renforcer l’inclusion financière et à soutenir l’activité économique en facilitant l’accès à des ressources pour les catégories qui restent souvent éloignées du crédit bancaire classique.

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Crédit sur l’honneur : Ce que le décret 2026-148 impose vraiment aux banques

26. Juli 2026 um 15:14
Le ciel est tombé sur la tête des banquiers tunisiens. Un décret présidentiel du 23 juillet 2026 oblige les banques à consacrer chaque année au moins 8 % de leurs bénéfices à des prêts sans intérêts ni garanties, au profit des très petits porteurs de projets. Le texte fixe qui peut emprunter, combien et à […]

De l’injonction administrative au levier géoéconomique : comment réussir le pari du crédit d’honneur à taux zéro

29. Juli 2026 um 15:30

La suspension des cotations à la Bourse de Tunis après une nouvelle chute de plus de 3 % du Tunindex ce 29 juillet 2026 marque un signal d’alarme sans précédent pour notre système financier.

 

Alors que le projet du nouveau Code des changes achève son parcours à l’Assemblée des représentants du peuple, ce choc de défiance boursier – qui frappe de plein fouet les banques publiques, bras armés financiers de l’État – ne doit pas conduire au renoncement de l’inclusion financière. Il exige une refonte urgente de l’ingénierie d’exécution. Pour faire du décret n° 2026-148 un moteur du Plan de développement 2026–2030 sans décapitaliser nos établissements bancaires, la Tunisie doit adosser la mesure à la protection RH, au de-risking public et au virage algorithmique.

L’adoption des textes d’application relatifs au crédit d’honneur marque un tournant dans la restructuration de notre paysage financier. En exigeant des établissements bancaires l’affectation d’au moins 8 % de leurs bénéfices annuels à des financements à taux zéro, sans garanties et sans commissions, l’État a cherché à répondre à l’urgence de l’inclusion financière et à pallier la contraction des instruments informels de liquidité.

Toutefois, la réaction immédiate et violente de la Bourse de Tunis (aboutissant à l’arrêt temporaire des cotations face à la chute libre des titres bancaires) prouve qu’une intention politique ne peut faire l’économie d’une architecture d’exécution rigoureuse. Cette panique du marché reflète la crainte d’une dégradation brutale de la rentabilité et d’une explosion des provisions pour impayés. En l’état, le dispositif crée un risque systémique majeur pour les banques publiques, traditionnels bras armés financiers de l’État et fer de lance de la mise en œuvre des grandes orientations économiques.

 

Lire aussi: Bourse : les crédits sur l’honneur fragilisent le marché

 

Pour éviter que cette mesure sociale ne se transforme en un facteur d’érosion des fonds propres bancaires et ne paralyse l’exécution du Plan de développement 2026–2030, la Tunisie doit opérer une mutation doctrinale articulée autour de quatre piliers stratégiques.

Lever le syndrome de paralysie RH : Protéger le décideur bancaire public

Comme nous l’avons souligné dans nos récents travaux consacrés à la gouvernance du secteur bancaire public, la première richesse d’une institution financière réside dans la sérénité et la compétence de son capital humain. Or, le décret place les membres des comités de crédit face à un paradoxe schizophrénique : l’obligation légale d’octroyer des prêts sans sûretés sous peine de sanctions réglementaires, d’un côté ; la crainte d’une pénalisation ultérieure de la prise de risque au titre de la « faute de gestion », de l’autre.

Pour libérer les capacités d’initiative dans les réseaux, il est impératif d’instaurer une règle claire de protection du jugement d’affaires (Business Judgment Rule) garantissant l’irresponsabilité pénale des décideurs bancaires dès lors qu’ils appliquent de bonne foi les critères réglementaires d’octroi. La gouvernance RH doit simultanément substituer l’évaluation par la pérennité et la viabilité des projets accompagnés à la simple contrainte d’écoulement quantitatif des enveloppes.

Moderniser l’ingénierie financière : Préserver les banques publiques par le « De-risking »

Les banques publiques ne peuvent demeurer les seules variables d’ajustement des politiques sociales en absorbant les coûts d’opportunité d’un taux zéro et les pertes sur créances douteuses. Les transformer en simples guichets d’absorption de risques non couverts menace directement leur rôle de financeurs stratégiques des grands projets d’infrastructures, d’énergie et d’industrie inscrits au Plan 2026–2030. Un taux zéro pour l’emprunteur n’a jamais signifié un coût nul pour la collectivité.

Pour rassurer la Bourse de Tunis, préserver les ratios de solvabilité des banques et garantir la soutenabilité de la ligne, l’État doit adosser ce mécanisme à un Fonds national de garantie d’honneur (via la SOTUGAR ou des lignes multilatérales dédiées). En prenant en charge une tranche de première perte (de 50 % à 70 %), le secteur public réintroduit un partage équitable du risque. De surcroît, la doctrine comptable doit clarifier et imposer le recyclage dynamique des remboursements au sein du compte spécial, afin d’en faire un fonds de roulement pérenne et autonome.

Activer le « Software » : L’IA et le Scoring algorithmique comme garants de l’équité

L’exigence d’instruire les dossiers dans un délai de dix jours ouvrables selon l’ordre chronologique d’arrivée constitue une contrainte managériale majeure si elle est gérée manuellement en agence. Elle risque d’engorger les guichets, de favoriser l’arbitraire et de détériorer la qualité globale de service.

La solution réside dans l’automatisation intelligente des parcours. L’intégration d’outils d’Intelligence artificielle et de Credit Scoring alternatif (analysant des jeux de données de régularité de paiement ou la cohérence des flux) permettra d’augmenter la décision du banquier en évaluant objectivement la viabilité des TPE et des micro-entreprises dénuées d’historique bancaire classique. L’IA offre ainsi un triple bénéfice :

-Traiter sereinement les flux dans le délai réglementaire de 10 jours ;

– Standardiser et motiver automatiquement les décisions en toute transparence ;

– Offrir une traçabilité mathématique et auditable protégeant le cadre bancaire de tout soupçon de favoritisme.

Conditionner le capital à l’accompagnement : du prêt passif au projet productif

Injecter du capital à taux zéro sans encadrement managérial est la méthode la plus sûre pour générer du crédit de consommation sans effet d’entraînement économique. Conformément aux orientations du Plan de développement 2026–2030, l’accès à ces financements (notamment pour les plafonds de 10 000 DT et 25 000 DT destinés aux micro-projets, PME et entreprises communautaires) doit être indissociable d’un parcours d’accompagnement labellisé.

En adossant au prêt un copilote digital de gestion financière pour les jeunes entrepreneurs et en orientant en priorité ces enveloppes vers les axes de souveraineté – transition énergétique, agrotech, numérisation et substitution aux importations -, le crédit d’honneur cessera d’être une contrainte subie pour devenir le levier d’une transformation structurelle de notre économie.

 

La Tunisie dispose de leviers considérables, mais elle souffre trop souvent d’un déficit d’ingénierie d’exécution. En sécurisant le cadre décisionnel de nos banquiers, en organisant le partage du risque et en s’appuyant sur les technologies de données, nous prouverons que la justice sociale, la santé des banques publiques et la confiance des marchés ne sont pas des notions antagonistes, mais les trois piliers d’une même souveraineté économique.

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Bourse : les crédits sur l’honneur fragilisent le marché

29. Juli 2026 um 08:14

La Bourse de Tunis a connu hier une journée difficile. Ce qui a conduit à la suspension de la cotation. Bien qu’ayant un caractère technique, ce mouvement intervient dans un contexte de fortes inquiétudes sur plusieurs fronts.

 

Avec un repli de 3,16 %, le Tunindex a ainsi franchi le seuil prévu par le Règlement de parquet, déclenchant la suspension des échanges. Cette mesure vise à donner un temps de réflexion aux investisseurs face à une volatilité excessive et à limiter les mouvements brusques du marché.

 

L’impact du décret sur les crédits sur l’honneur

L’information économique du week-end dernier était, sans doute, les crédits sur l’honneur que les banques doivent accorder. Les établissements de crédits doivent désormais consacrer 8 % de leurs bénéfices nets à financer des crédits sans intérêts ni garanties. Le secteur bancaire ayant réalisé un excellent exercice 2025, cela représente un prélèvement qui dépasserait facilement les 100 millions de dinars (MDT).

Et il paraît que les intervenants sur le marché ont oublié cette mesure, en la considérant comme inapplicable. Maintenant, les anticipations des investisseurs ont changé et tentent d’intégrer cette donnée dans les valorisations et les bénéfices distribuables aux actionnaires.

De plus, ces crédits, octroyés sans garantie, comportent un risque accru de défaut. Ce qui pourrait forcer les banques à constituer des provisions supplémentaires, pesant sur leur rentabilité.

L’indice des banques a donc perdu, respectivement, 2,49 % et 4,75 % lors des deux premières séances de la semaine. Les actions des banques, qui ont un poids important dans l’indice, ont subi de fortes pressions à la vente.

 

Une correction logique

Mais est-ce que cette mesure explique un tel mouvement ? Cela diffère d’un établissement à un autre, selon sa réaction. Il pourrait avoir une politique de réduction de coûts pour absorber cette contrainte réglementaire ou une politique de prix, transférant une partie du surcoût sur les clients finaux.

Mais comme les cours ont fortement augmenté depuis le début de l’année, il est normal que les investisseurs tentent de concrétiser leurs plus-values, semant la panique sur le marché. Ce mouvement est l’un des inconvénients des hausses sans lien avec le contexte économique d’une manière générale. La flambée des cours sur la Bourse de Tunis ces derniers mois ne reflétait pas une amélioration de l’économie réelle, mais principalement les profits exceptionnels de certains secteurs, essentiellement financier.

Ainsi, l’inquiétude est que les banques durcissent encore leurs conditions de crédit pour compenser ces nouveaux risques. Ce qui pénaliserait les entreprises. À terme, leur capacité à financer l’État pourrait aussi être affectée.

 

Une influence du discours politique algérien ?

Lundi 27 juillet, les réseaux sociaux, qui sont très influents, ne parlaient que du président algérien qui a renouvelé son soutien inconditionnel à la Tunisie contre les risques terroristes. Nous ne pouvons pas confirmer que ces déclarations ont eu un impact direct sur la Bourse de Tunis, mais elles ont rappelé qu’il ne faut jamais exclure qu’il existe toujours un climat d’incertitude régionale. Ce sentiment est capable d’affecter la confiance des investisseurs mais pas au point de causer cette chute libre du Tunindex. L’effet est donc à relativiser.

Ce qui s’est passé mardi 28 courant passera et aucun marché n’est épargné par une telle volatilité. Néanmoins, il a mis en lumière la fragilité d’une performance boursière largement décorrélée de l’économie réelle. C’est une occasion pour se livrer à un exercice scientifique de valorisation et prendre les bonnes décisions.

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Tunisie : des crédits jusqu’à 25.000 dinars, sans intérêt ni garantie

28. Juli 2026 um 10:53

Emprunter jusqu’à 25.000 dinars sans payer le moindre intérêt et sans avoir à fournir de garantie : c’est ce que permet désormais un texte réglementaire fraîchement publié.

Le décret n°148 de l’année 2026, paru au Journal officiel de la République tunisienne (JORT) le 23 juillet 2026, encadre l’octroi de ces financements de faible montant, qualifiés « d’honneur », en application de l’article 412 ter du Code de commerce. La particularité de ce nouveau mécanisme tient à ses conditions d’octroi, nettement allégées par rapport aux crédits classiques. Les établissements bancaires n’ont pas le droit de réclamer aux emprunteurs une garantie ou une assurance en contrepartie du financement. Aucune commission, ni aucun frais lié à l’instruction du dossier, ne peut non plus leur être facturé. Les banques disposent d’un délai de 10 jours ouvrables bancaires pour statuer sur chaque demande, et doivent motiver toute décision de refus.

Le montant accordé varie selon la catégorie à laquelle appartient le demandeur. Les petites et moyennes entreprises économiques ainsi que les sociétés communautaires peuvent prétendre à un financement allant jusqu’à 25.000 dinars. Les porteurs de petits projets, pour leur part, sont plafonnés à 10.000 dinars. Quant aux particuliers souhaitant financer des besoins de consommation, le montant accordé ne peut dépasser 5.000 dinars.

Une fois le crédit débloqué, l’emprunteur dispose d’un délai de remboursement maximal de deux ans. Le texte prévoit en outre la possibilité d’un différé de paiement, appelé période de grâce, pouvant s’étendre jusqu’à six mois.

En instaurant ce cadre, les autorités tunisiennes entendent élargir l’accès au financement pour des publics jusque-là moins bien servis par les circuits bancaires classiques, qu’il s’agisse de petites structures économiques, de sociétés communautaires ou de porteurs de projets individuels.

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Rachida Brakni refuse la Légion d’honneur : « L’honneur est un devoir moral »

15. Juli 2026 um 11:05
L’actrice fait partie des 619 personnalités distinguées dans la promotion du 14 juillet. Mais contrairement aux autres récipiendaires, elle a choisi de décliner cette distinction, dénonçant une décoration « attribuée à tour de bras pour le meilleur et souvent pour…

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