Saint-Ouen : la diaspora fait rayonner le Maroc au-delà des frontières
L’article Saint-Ouen : la diaspora fait rayonner le Maroc au-delà des frontières est apparu en premier sur lecourrierdelatlas.
L’article Saint-Ouen : la diaspora fait rayonner le Maroc au-delà des frontières est apparu en premier sur lecourrierdelatlas.
Des organisations syndicales marocaines estiment que les tentatives de migration collective vers les «villes occupées» de Sebta (ou Ceuta) et Melilla, enclaves battant pavillon espagnol situées au nord du Maroc, ainsi que les scènes tragiques et les pertes humaines qu’elles ont entraînées, «révèlent la profondeur de la crise sociale et économique que traverse une partie de la jeunesse marocaine».
Habib Glenza, à Lodz.
«Ce phénomène préoccupant est le résultat d’un cumul de dysfonctionnements dans les domaines de l’emploi, de l’éducation et de la protection sociale, auxquels s’ajoute la baisse du pouvoir d’achat», estime l’Organisation démocratique du travail (ODT) qui a imputé au gouvernement «la responsabilité politique de son échec à élaborer des politiques économiques et sociales capables de créer des emplois décents et de réduire le chômage, la pauvreté et la précarité, notamment chez les jeunes». Et l’accuse également d’avoir «affaibli les institutions de médiation sociale et démocratique, telles que les partis politiques, les syndicats et les organisations sérieuses de la société civile, en marginalisant leur rôle d’encadrement et d’éducation à la citoyenneté».
Dans un communiqué adressé au journal Hespress, l’ODT affirme que cette situation «a contribué à élargir le cercle de la frustration et de la déviance, ainsi qu’à favoriser le développement de la traite des êtres humains, du trafic de drogue et de la migration irrégulière». Et appelle à «l’ouverture d’un large dialogue national sur les questions de la jeunesse et de la migration, débouchant sur de nouvelles politiques publiques capables de traiter les causes structurelles de la migration irrégulière», tout en plaidant pour la recréation d’un département gouvernemental dédié aux questions de la migration, de l’asile et des Marocains du monde, afin d’assurer une meilleure gouvernance de ce dossier stratégique.
Bouchta Boukhalfa, ancien vice-secrétaire général de la Confédération démocratique du travail (CDT), a déclaré que les images en provenance des deux enclaves occupées, en particulier de Sebta, «restent entourées de nombreuses zones d’ombre». Selon lui, les vagues de passages collectifs «suscitent une profonde inquiétude sociale et portent des messages qui dépassent leur seule dimension sécuritaire ou conjoncturelle, révélant des dysfonctionnements structurels touchant de larges franges de la société». Il ajoute que «ce phénomène n’est pas dissociable du contexte socio-économique que connaît le Maroc». À ses yeux, il constitue «une réaction directe à la propagation de la corruption et à l’affaiblissement des fondements sociaux des classes populaires et moyennes, dans un contexte marqué par l’absence d’une répartition équitable des richesses et par la persistance d’une économie de rente, poussant de nombreux jeunes à rechercher des voies d’émigration quels qu’en soient les risques».
Le responsable syndical a également souligné que «la flambée des prix des produits de première nécessité et de consommation, conjuguée à la baisse du pouvoir d’achat et à l’extension de la précarité, a renforcé le sentiment de frustration et de perte d’espoir chez une grande partie de la population». Selon lui, cette situation est indissociable de politiques publiques qui «ont échoué à garantir des conditions de vie dignes et la justice sociale».
«La responsabilité de cette situation incombe à l’État dans toutes ses composantes, tant au niveau stratégique que gouvernemental, ainsi qu’à la coalition au pouvoir», qu’il accuse d’avoir «affaibli les institutions de gouvernance et leurs mécanismes de contrôle, aggravant les tensions sociales qui se traduisent aujourd’hui par différentes formes de protestation et de désespoir, dont les tentatives de passage collectif vers l’autre rive».
De son côté, Ali Lotfi, secrétaire général de l’ODT, considère que «les choix politiques du gouvernement actuel en matière d’emploi ont montré leurs limites». Selon lui, «un quasi-consensus existe sur le fait que les différents programmes gouvernementaux dans ce domaine n’ont pas produit les résultats escomptés».
«Le plus préoccupant est que le gouvernement a consacré des milliards de dirhams à ces programmes pour créer des emplois en faveur des jeunes et des chômeurs, sans que ces importants investissements ne se traduisent par une amélioration des indicateurs de l’emploi», affirme-t-il.
«Ces éléments permettent de mieux comprendre ce qui s’est produit à Sebta», affirme Ali Lotfi, en rappelant que «le taux de chômage dépasse 13 %, avec des niveaux encore plus élevés chez les jeunes Marocains», citant les données présentées par le gouverneur de Bank Al-Maghrib au Roi Mohammed VI. «Le chômage et la situation sociale témoignent de l’échec des politiques de l’emploi et illustrent l’ampleur des déséquilibres qui alimentent la migration irrégulière», conclut le dirigeant syndical, en affirmant, également, que «l’ensemble du gouvernement porte la responsabilité de la situation actuelle, car le problème ne se limite pas à l’emploi». Il pointe aussi les difficultés du système éducatif, évoquant «l’aggravation du décrochage scolaire, qui conduit de nombreux jeunes vers le chômage et la précarité dès leur plus jeune âge», ainsi qu’un «abandon universitaire important, de nombreux étudiants quittant leurs études avant d’obtenir leur licence».
Pour Ali Lotfi, «la pauvreté, le chômage, la cherté de la vie et l’échec des politiques publiques, notamment dans les domaines de l’éducation et de l’emploi, constituent des facteurs dont le gouvernement actuel porte une large responsabilité». Selon lui, ces éléments sont directement liés «aux tensions sociales actuelles et à certaines formes d’expression observées au sein de la génération Z lors des récentes protestations, auxquelles se sont ajoutées les tentatives de passages collectifs, nourries par le mirage d’un avenir meilleur».
Au final, la vitrine offerte à l’étranger par la monarchie marocaine a été fissurée et les difficultés sociales du pays ont explosé, laissant voir une réalité peu reluisante que les inégalités dans la distribution des richesses nationales, ajoutées aux brimades auxquelles sont soumis les jeunes chômeurs, s’aggravent d’année en année et ne font que retarder une révolution annoncée. Sans des réformes radicales, sur les plans aussi bien politiques (davantage de libertés), qu’économique (davantage d’emplois) et social (davantage d’équité), la marmite pourrait exploser à tout moment.
Les autorités sont une nouvelle fois averties : l’immobilisme ne saurait être une politique viable à terme.
L’article Sebta et Melilla | Ce que les autorités au Maroc ne disent pas est apparu en premier sur Kapitalis.
Dans une interview accordée à la radio et à la télévision publiques RTVE, le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Álvarez, a souligné que de nombreux pays et gouvernements « n’ont pas été à la hauteur » et que « le gouvernement italien en faisait partie ». Il a ajouté qu’il y avait eu des périodes où « l’Italie était submergée par des migrants irréguliers », faisant référence aux « crises répétées sur l’île de Lampedusa, auxquelles le pays n’a pas été en mesure de faire face efficacement ». Or, pendant ce temps, « l’Espagne avait fait preuve de solidarité, tant sur le plan politique que par des actions concrètes. C’est ce que nous exigeons de nos partenaires européens », a également déclaré M. Alvarez.
Des sources au sein du ministère italien de l’Intérieur à Rome rappellent pour leur part que « depuis janvier de cette année jusqu’à aujourd’hui, les arrivées d’immigrants illégaux ont fortement diminué, grâce à la politique mise en œuvre par le gouvernement Meloni ».
« Les arrivées ont chuté de 55 % par rapport à l’année dernière et de 82 % par rapport à 2023, première année d’action du nouveau gouvernement italien, qui a dû faire face à une situation hors de contrôle héritée des précédentes alliances gouvernementales », ont ajouté ces mêmes sources.
L’article Espagne : « L’Italie n’a pas été à la hauteur » à Ceuta est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.
Alors que la crise migratoire de Ceuta continue de provoquer des remous en Espagne et au sein de l’Union européenne, les premières conclusions des services de renseignement espagnols apportent un éclairage inédit sur le rôle du Maroc. Contrairement aux accusations formulées dans les premiers jours de la crise, le Centre national du renseignement (CNI) estime que Rabat n’aurait pas planifié l’afflux massif de migrants. Les autorités marocaines auraient toutefois progressivement relâché les contrôles frontaliers, permettant à la situation de dégénérer.
Cette analyse intervient après l’arrivée spectaculaire de dizaines de milliers de migrants dans l’enclave espagnole de Ceuta, située sur la côte nord du Maroc. Selon Madrid, près de 69.500 personnes ont déjà été reconduites vers le Maroc en quatre jours. Entre 3.000 et 5.000 migrants se trouveraient encore dans la ville autonome, où les structures d’accueil sont désormais débordées. Le bilan humain reste particulièrement lourd, avec 72 morts recensés côté espagnol et 11 côté marocain.
Dans les heures qui ont suivi l’afflux massif de migrants, plusieurs responsables politiques espagnols avaient laissé entendre que Rabat avait délibérément organisé cette vague migratoire afin d’exercer une pression sur Madrid.
Les premières analyses du CNI dessinent toutefois un scénario différent. Selon des informations publiées par El País et la Cadena SER, les services de renseignement ne disposent d’aucun élément permettant d’affirmer que le Maroc aurait préparé une opération d’une telle ampleur. Ils privilégient plutôt l’hypothèse d’un relâchement progressif des contrôles à la frontière durant le mois de juillet.
Toujours selon ces informations, les dispositifs de surveillance auraient été fortement réduits, voire quasiment absents, lorsque des milliers de migrants se sont dirigés vers le poste-frontière de Tarajal, à l’occasion de la Fête du Trône célébrée au Maroc.
Cette nuance est loin d’être anodine. Elle écarte l’idée d’une opération planifiée de longue date, tout en laissant ouverte la question d’une réaction tardive ou insuffisante des autorités marocaines face à une situation qui s’est rapidement emballée.
La distinction entre une opération organisée et un simple relâchement des contrôles pourrait avoir des conséquences diplomatiques importantes.
Si les conclusions du CNI se confirment, elles affaibliraient les accusations selon lesquelles Rabat aurait utilisé la migration comme un moyen de pression politique contre l’Espagne. Elles n’exonèrent cependant pas totalement le Maroc, les services espagnols estimant que les autorités ont laissé les événements se dérouler sans intervenir suffisamment tôt pour empêcher l’afflux.
Pour Madrid comme pour Bruxelles, cette différence est essentielle. La coopération du Maroc demeure l’un des piliers de la politique européenne de contrôle des flux migratoires en Méditerranée occidentale. Une accusation de manipulation délibérée aurait pu provoquer une crise diplomatique majeure entre les deux voisins.
Ces conclusions n’ont toutefois pas mis fin aux divergences.
Le président de la ville autonome de Ceuta, Juan Jesús Vivas, continue d’affirmer que le Maroc a volontairement laissé la crise se produire. Selon lui, cet épisode montre que Rabat ne constitue pas un partenaire totalement fiable en matière de contrôle migratoire.
Le gouvernement marocain rejette, de son côté, toute responsabilité directe. Dans un communiqué publié dimanche, le ministère de l’Intérieur attribue l’afflux massif à plusieurs facteurs : la diffusion de fausses informations sur les réseaux sociaux, l’action des réseaux de traite des êtres humains et une mauvaise interprétation d’une récente décision de justice espagnole concernant les migrants interceptés en mer.
Rabat affirme également rester pleinement engagé dans la coopération internationale contre l’immigration irrégulière et les réseaux de passeurs.
Lire aussi: Ceuta : Des milliers de migrants franchissent la frontière depuis le Maroc, l’Espagne en état d’alerte
Malgré le retour de la majorité des migrants vers le Maroc, la situation reste particulièrement tendue à Ceuta.
Les deux centres d’accueil de la ville ont atteint leurs capacités maximales. Les autorités locales indiquent prendre actuellement en charge 862 mineurs non accompagnés. Protégés par le droit espagnol et européen, ces enfants et adolescents ne peuvent être renvoyés automatiquement, compliquant davantage la gestion de la crise.
Sur la plage d’El Trampolín, plusieurs centaines de migrants campent encore à même le sable, tandis que les forces de sécurité poursuivent leurs patrouilles autour de l’enclave.
Au-delà de Ceuta, cette crise relance le débat sur la politique migratoire européenne.
Les ministres de l’Intérieur des États membres doivent se réunir en urgence afin de coordonner leur réponse. Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a appelé les partenaires européens à faire preuve de solidarité, tout en critiquant certaines prises de position, notamment en provenance d’Italie, qu’il accuse d’avoir contribué à alimenter des informations erronées autour de la crise.
Parallèlement, plusieurs médias espagnols évoquent des tensions entre le ministère de l’Intérieur et celui de la Défense, certains responsables reprochant au CNI de ne pas avoir anticipé l’arrivée massive des migrants.
Les conclusions préliminaires des services de renseignement ne mettent donc pas un terme aux interrogations. Elles modifient néanmoins la lecture politique de cette crise : plus qu’une opération minutieusement orchestrée, les autorités espagnoles semblent désormais privilégier le scénario d’un relâchement des contrôles ayant permis à une situation déjà fragile de se transformer en l’une des plus importantes crises migratoires qu’ait connues Ceuta ces dernières années.
Lire aussi:
L’article Ceuta : Les services secrets espagnols disculpent partiellement le Maroc est apparu en premier sur webdo.
Le Bureau des changes a expliqué, dans son dernier bulletin sur les indicateurs mensuels des changes, que ces transferts ont enregistré une augmentation de 9,9 % sur une base annuelle.
Le bulletin a également noté un solde positif pour la balance « voyages » de 5,2 milliards de dollars (48,8 milliards de dirhams). Soit une augmentation de 20,6 %, selon le site web marocain « Le360 ».
Cet équilibre résulte d’une croissance des revenus de 15,9 % pour atteindre 6,9 milliards de dollars (64,9 milliards de dirhams). Ce qui est supérieur aux dépenses, qui ont augmenté de 6,3 % pour atteindre 1,7 milliard de dollars (16,09 milliards de dirhams).
En ce qui concerne les investissements directs étrangers, les entrées nettes ont augmenté de 31,5 % pour atteindre 2,8 milliards de dollars (26,2 milliards de dirhams). Les revenus de ces investissements ayant augmenté de 14,4 %. Tandis que les dépenses ont diminué de 20,5 %.
Le flux net des investissements directs marocains à l’étranger est resté stable, avec un excédent de 614 millions de dollars (5,71 milliards de dirhams).
L’article Maroc : hausse des envois de fonds des MRE est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.
L’article Le Théâtre Royal propulse Rabat sur la carte culturelle mondiale est apparu en premier sur lecourrierdelatlas.
L’article Donald Trump réitère la reconnaissance américaine de la marocanité du Sahara est apparu en premier sur lecourrierdelatlas.
Les images de Ceuta **, l’enclave espagnole en terre africaine, reviennent régulièrement hanter les écrans. Des milliers de femmes, d’hommes et de jeunes franchissent une frontière, parfois au péril de leur vie, tandis que d’autres sont rapidement reconduits vers leur pays. L’actualité de ces derniers jours, avec des dizaines de milliers de passages suivis d’un retour massif vers le Maroc, rappelle une évidence : les migrations ne disparaissent jamais sous l’effet des seuls barbelés. Elles ne font que changer de visage.
Khemaïs Gharbi *
Le débat public se focalise souvent sur les chiffres, les contrôles aux frontières ou les conséquences politiques de ces mouvements. Pourtant, la véritable question est ailleurs : pourquoi tant de personnes sont-elles prêtes à quitter leur foyer, leur famille, leur culture et parfois leur dignité pour tenter leur chance de l’autre côté d’une frontière ?
Le démographe et sociologue François Héran rappelle avec raison que l’immigration doit être abordée avec rigueur, en s’appuyant sur des faits plutôt que sur les émotions ou les slogans. Les données méritent d’être examinées avec précision, sans exagération ni minimisation. C’est à cette condition que le débat démocratique peut échapper aux caricatures et aux surenchères populistes, qui font le lit de l’extrême droite raciste et xénophobe en Europe.
Mais derrière les statistiques se cache une réalité plus profonde. Depuis des décennies, la richesse mondiale est répartie de manière profondément inégale. Une partie importante de l’humanité demeure exclue des bénéfices de la mondialisation, alors même que les moyens de communication lui montrent quotidiennement le niveau de vie auquel elle n’a pas accès.
L’Afrique paie un tribut particulièrement lourd à cette injustice. Continent riche en ressources naturelles, en jeunesse et en potentiel humain, elle continue pourtant à voir une partie de ses enfants chercher ailleurs ce qu’ils ne trouvent pas chez eux : un emploi, un avenir, une sécurité ou simplement l’espoir d’une vie meilleure.
Aucun mur, aucune clôture, aucune politique de refoulement ne pourra durablement contenir une espérance plus forte que la peur. L’histoire de l’humanité montre que les migrations accompagnent les grands déséquilibres économiques et politiques. Elles en sont souvent la conséquence plus que la cause.
La véritable réponse ne réside donc pas uniquement dans le renforcement des frontières. Elle suppose un effort international beaucoup plus ambitieux en faveur du développement, de l’éducation, de la stabilité politique, de la création d’emplois et d’un partage plus équitable des richesses. Permettre à chacun de vivre dignement dans son pays reste la politique migratoire la plus humaine, la plus efficace et la moins coûteuse à long terme.
Tant que les écarts de richesse continueront de se creuser entre les régions du monde, les mouvements migratoires resteront une réalité durable. On pourra en modifier les itinéraires, en ralentir les flux ou en déplacer les points de passage, mais on n’en supprimera jamais les causes profondes.
Les événements de Ceuta ne constituent donc pas une exception. Ils sont le symptôme d’un monde dont les déséquilibres n’ont jamais été véritablement corrigés. Tant que cette injustice perdurera, la migration demeurera moins un problème à résoudre qu’un appel à construire un ordre international plus juste.
* Ecrivain et traducteur.
** Entre le 30 et le 31 juillet 2026, près de 50 000 à 60 000 migrants, en grande majorité des jeunes hommes et des adolescents, ont traversé illégalement la frontière depuis le Maroc, en forçant le passage par la terre et par la mer dans des conditions chaotiques. Cet afflux massif, marqué par des dizaines de morts en mer, a entraîné l’envoi de l’armée par Madrid et un renforcement des contrôles frontaliers en Europe.
L’article Ceuta | Miroir d’un monde déséquilibré est apparu en premier sur Kapitalis.
L’Italie a suspendu vendredi l’application des “accords de Schengen“ avec l’Espagne, fermant ses frontières aériennes et maritimes. Prise lors d’une réunion au ministère de l’Intérieur présidée par Matteo Piantedosi, la décision fait suite à l’arrivée de milliers de migrants à Ceuta, enclave espagnole en Afrique du Nord, et avait été annoncée dès jeudi soir par la Première ministre Giorgia Meloni.
Rome et Paris ont par ailleurs décidé de renforcer les contrôles à leur frontière commune, en triplant les effectifs policiers, avec 334 agents dès samedi. Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a justifié cette mesure par la nécessité de protéger la sécurité des citoyens et les frontières européennes, rapportent les médias italiens et français.
Comme l’on pouvait s’y attendre, l’Espagne a vivement réagi à cette décision de Meloni : le chef de la diplomatie espagnol, José Manuel Albares, a immédiatement convoqué l’ambassadeur italien à Madrid, soulignant que la crise n’a aucun lien avec la récente régularisation de migrants décidée par le gouvernement espagnol, mais résulte d’une interprétation d’un arrêt judiciaire exploitée par des réseaux criminels.
Plusieurs pays de l’UE (Finlande, Pays-Bas, Danemark, République tchèque, Suède) se sont rangés du côté de l’Italie, tandis que la Commission européenne a rappelé que Ceuta relève d’un régime frontalier spécial, sans mouvement direct possible vers le reste de l’espace Schengen.
En Italie, la mesure alimente un débat politique tendu à l’approche des élections législatives, entre soutien de la majorité (Ligue, Fratelli d’Italia) et critiques de l’opposition, qui y voit un calcul électoraliste plus qu’une réponse à une urgence réelle.
Affaire à suivre.
L’article Migrants à Ceuta : L’Italie ferme ses frontières avec l’Espagne, l’Europe se divise est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.
L’article La vigne marocaine, entre terroirs et histoire est apparu en premier sur lecourrierdelatlas.
Mise à jour 13h10 – Trente-quatre personnes sont mortes en essayant d’entrer à Ceuta, au cours de la crise migratoire sans précédent qui a vu 60.000 personnes arriver dans cette enclave espagnole située au Maroc, a annoncé le président de Ceuta.
Près de 49 000 personnes seraient entrées à Ceuta depuis hier jeudi selon des sources de la Garde civile, un afflux qui a fait au moins 18 morts. Madrid a déployé l’armée et déclaré une urgence humanitaire, tandis que la crise intervient dix jours après un rapprochement diplomatique entre Madrid et Alger.
Au moins 18 migrants sont morts en tentant de rejoindre Ceuta, selon un bilan communiqué vendredi par les autorités espagnoles, en hausse par rapport aux neuf décès annoncés la veille. Beaucoup se sont noyés en tentant la traversée à la nage depuis le Maroc ; plusieurs victimes ont également péri dans la bousculade pour franchir la digue de la plage de Tarajal, selon Rachid Sbihi, responsable d’une association locale de gardes civils, cité par l’Associated Press.
Selon des sources de la Garde civile citées par El Periódico, près de 49 000 personnes seraient entrées à Ceuta depuis le week-end. Le gouvernement de Ceuta avance de son côté un chiffre plus restreint, entre 1 500 et 2 000 entrées sur les dix derniers jours — un écart qui reflète des périmètres et des moments de comptage différents et reste à recouper.
Face à l’ampleur de la crise, Madrid a déployé l’armée pour renforcer la sécurité dans l’enclave. Le président régional de Ceuta, Jesús Vivas, a déclaré une « urgence humanitaire et sociale absolue » et appelé le gouvernement central à envoyer des renforts. Pedro Sánchez devait se rendre sur place vendredi matin aux côtés de son ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska.
En Italie, la présidente du Conseil Giorgia Meloni a menacé de suspendre l’accord Schengen à frontières ouvertes avec l’Espagne pour « défendre nos frontières et assurer la sécurité de nos citoyens », bien que l’Italie ne partage pas de frontière avec l’Espagne.
Une décision du Tribunal suprême espagnol a précisé que les « retours à chaud » ne s’appliquent pas aux personnes interceptées en mer après avoir rejoint Ceuta ou Melilla à la nage, mais seulement à celles arrêtées lors d’un franchissement terrestre. Largement relayée sur les réseaux sociaux marocains dans les jours précédant le 30 juillet, cette décision aurait convaincu de nombreux candidats que la voie maritime offrait de meilleures chances de rester en Espagne.
Selon El País, la présence des forces marocaines chargées de surveiller la frontière aurait par ailleurs fortement diminué pendant plusieurs heures, permettant à des milliers de personnes d’atteindre Ceuta — sans que Madrid n’établisse officiellement de lien avec sa visite à Alger le 20 juillet, dix jours plus tôt.
Cette séquence n’est pas sans précédent. En mai 2021, environ 9 000 à 10 000 migrants étaient entrés à Ceuta en deux jours après un assouplissement des contrôles marocains, quelques jours après l’accueil en Espagne de Brahim Ghali, chef du Front Polisario — un épisode que le Parlement européen avait alors qualifié d’instrumentalisation de la frontière à des fins politiques.
Lire aussi:
L’article Espagne : 34 migrants sont morts en essayant d’entrer à Ceuta est apparu en premier sur webdo.
L’article Maroc/Espagne. Déferlante migratoire sur le préside occupé de Sebta est apparu en premier sur lecourrierdelatlas.
Une nouvelle vague migratoire d’une ampleur exceptionnelle a frappé, ce jeudi 30 juillet, l’enclave espagnole de Ceuta (Sebta), où plusieurs milliers de personnes sont parvenues à franchir la frontière depuis le Maroc en quelques heures. Les autorités locales parlent d’une situation de « chaos » et réclament des moyens d’urgence, tandis que Madrid tente de contenir la crise en coordination avec Rabat.
Selon les premiers bilans rapportés par les médias espagnols et les agences de presse, entre 2.000 et 3.000 migrants auraient pénétré dans l’enclave, principalement en contournant les digues de Tarajal à la nage ou en franchissant les dispositifs frontaliers. Les centres d’accueil de Ceuta sont désormais saturés, poussant les autorités de la ville autonome à demander un renfort immédiat des forces de sécurité et des moyens supplémentaires.
Le président de Ceuta, Juan Jesús Vivas, a appelé le gouvernement espagnol à réagir rapidement face à ce qu’il qualifie de crise sans précédent depuis les événements de mai 2021, lorsque près de 10.000 personnes avaient rejoint l’enclave en deux jours dans un contexte de fortes tensions diplomatiques entre Madrid et Rabat.
Le ministère espagnol de l’Intérieur a indiqué travailler en étroite coordination avec les autorités marocaines afin de contenir les nouveaux départs et de procéder au retour des personnes entrées irrégulièrement. Madrid affirme que des réseaux de passeurs exploitent les récentes évolutions judiciaires en Espagne pour encourager ces traversées clandestines.
Lire aussi : Sánchez à Alger : Pourquoi cette visite concerne aussi la Tunisie
Cette fois, le contexte diplomatique est pourtant différent. Les relations entre le Maroc et l’Espagne sont officiellement au beau fixe depuis le rapprochement engagé en 2022 et les deux pays affirment coopérer étroitement dans la lutte contre l’immigration irrégulière. Le ministère espagnol de l’Intérieur a d’ailleurs indiqué travailler avec les autorités marocaines afin de stopper les nouveaux passages et d’organiser le retour des migrants en situation irrégulière.
Cette poussée migratoire intervient toutefois quelques jours seulement après la visite officielle du président du gouvernement espagnol Pedro Sánchez à Alger, le 20 juillet, qui a marqué la relance des relations entre l’Espagne et l’Algérie après plusieurs années de crise diplomatique. À cette occasion, les deux pays ont annoncé l’ouverture d’une nouvelle phase de coopération et la tenue d’un sommet bilatéral de haut niveau à l’automne.
Plusieurs observateurs espagnols soulignent la concomitance entre cette visite et l’accélération des arrivées à Ceuta, rappelant que les questions migratoires sont souvent étroitement liées aux équilibres diplomatiques en Méditerranée occidentale. Toutefois, aucune autorité espagnole ou marocaine n’a établi, à ce stade, un lien entre le rapprochement Madrid-Alger et les événements de Ceuta. Les causes exactes de cette vague migratoire demeurent donc inconnues.
Parallèlement, plusieurs responsables espagnols évoquent d’autres facteurs susceptibles d’avoir favorisé cette hausse des traversées, notamment une récente décision de la Cour suprême espagnole limitant les refoulements immédiats en mer ainsi que l’action des réseaux de passeurs qui auraient exploité cette évolution juridique pour encourager les départs. Cette analyse est toutefois contestée par certaines organisations humanitaires, qui estiment qu’aucun élément ne permet encore d’expliquer l’ampleur du phénomène.
Cette nouvelle crise rappelle que Ceuta et Melilla, seules frontières terrestres entre l’Union européenne et l’Afrique, demeurent particulièrement sensibles aux évolutions géopolitiques et migratoires de la région. Malgré l’amélioration affichée des relations entre Rabat et Madrid, les événements de ce jeudi montrent que la pression migratoire reste un enjeu majeur pour les deux pays.
L’article Ceuta : Des milliers de migrants franchissent la frontière depuis le Maroc, l’Espagne en état d’alerte est apparu en premier sur webdo.