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Heute — 17. Februar 2026Haupt-Feeds

De la lettre recommandée au crédit bancaire : La Poste tunisienne à l’heure de sa mue

17. Februar 2026 um 14:36

Transformer les guichets de La Poste tunisienne  en points d’accès bancaires à part entière : l’idée, longtemps restée au stade de la réflexion, prend corps sur le plan législatif. Le 16 février 2026, la Commission des finances et du budget de l’Assemblée des représentants du peuple ( ARP)  a consacré sa séance hebdomadaire à l’examen d’un texte en ce sens, recevant pour la première fois les auteurs de la proposition dans le cadre d’une audition formelle.

Derrière l’initiative législative se lit un diagnostic sévère sur les limites du système bancaire tunisien. Pans entiers du territoire sous-couverts, catégories professionnelles entières — agriculteurs, artisans — sans accès réel au crédit, flux monétaires qui échappent massivement au circuit officiel : autant de symptômes qu’un projet antérieur, centré sur la répression de l’exclusion financière, n’avait pas su traiter à la racine.  La banque postale se présente précisément comme ce que le dispositif précédent n’avait pas su proposer : un opérateur public ancré dans les territoires, en mesure d’offrir épargne, financement et accompagnement là où les enseignes bancaires privées font défaut.

Le réseau postal comme levier 

Devant les élus réunis sous la présidence de Maher Kettari, aux côtés du vice-président Zafer Sghiri, de la rapporteure Zina Jaballah et des membres — ainsi que de plusieurs parlementaires siégeant hors Commission, les initiateurs  du texte ont fait valoir un argument de fond : La Poste tunisienne dispose déjà de ce que les banques ont mis des décennies à construire sans jamais y parvenir dans les régions intérieures, à savoir une présence capillaire et une crédibilité populaire profondément enracinée. Adossé à ce socle, un établissement orienté vers la microfinance pourrait, selon eux, constituer un outil de rééquilibrage territorial et de réduction de l’économie souterraine. À l’horizon, l’ambition va plus loin encore : celle d’un modèle entièrement dématérialisé, inscrit dans la dynamique de la transition numérique.

Un accueil parlementaire nuancé 

Les membres de la Commission n’ont pas contesté la pertinence du diagnostic, mais ont soumis le projet à un questionnement serré sur sa faisabilité. Trois lignes de préoccupation ont structuré les échanges. La première touche aux fondations financières de l’établissement : comment doter la future banque postale d’un capital suffisant sans faire appel au budget de l’État ? Les élus ont réclamé que le texte précise les modalités de constitution des fonds propres et les mécanismes de valorisation des avoirs déposés sur les comptes postaux existants.

La deuxième interrogation porte sur l’état réel du réseau. Plusieurs voix se sont élevées pour mettre en doute la capacité opérationnelle actuelle des bureaux de poste à traiter des opérations bancaires dans les normes requises, appelant à un audit préalable avant tout déploiement.

La troisième ligne de tension est d’ordre conceptuel : distinguer, dans les publics visés, ceux qui sont simplement non bancarisés de ceux dont la situation financière ne leur permettrait pas de rembourser un prêt. Confondre exclusion bancaire et insolvabilité structurelle exposerait l’institution à un risque de portefeuille dégradé dès son lancement. Les conditions tarifaires des crédits envisagés  taux, maturités, garanties ont également fait l’objet d’interrogations précises. Deux lacunes transversales ont par ailleurs retenu l’attention : l’absence dans le texte de tout cadrage relatif à la numérisation des services, et le risque de chevauchement fonctionnel avec le Banque nationale de solidarité, dont certaines attributions recoupent le périmètre envisagé.

Architecture législative en discussion

La question de la forme que doit prendre ce chantier législatif n’est pas tranchée. Faut-il créer un établissement nouveau ou procéder par extension progressive des services existants ? Convient-il de fusionner cette proposition avec le texte sur l’exclusion financière, ou mener les deux en parallèle ? Les porteurs de l’initiative ont dit préférer la fusion, tout en affirmant leur volonté de maintenir le cap si cette voie s’avérait impraticable. Sur la concurrence, leur position est sans ambiguïté : la banque postale viendrait étoffer le marché sans fausser les règles du jeu, avec une latitude commerciale encadrée par la réglementation applicable à l’ensemble du secteur.

La Commission ne statuera pas avant d’avoir entendu la Banque centrale de Tunisie et les départements ministériels concernés. Un groupe de travail sera mis en place pour affiner la rédaction juridique du texte. Des déplacements sur le terrain, en particulier auprès de la Banque centrale, sont programmés dans le cadre du suivi que la Commission entend exercer sur l’ensemble de l’écosystème financier national.

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Énergie verte et financement : la Tunisie ouvre un nouveau front pour ses PME

17. Februar 2026 um 10:46

870 mille entreprises. C’est le nombre de petites et moyennes structures tunisiennes que le coût prohibitif du crédit à long terme et la lourdeur des exigences en matière de garanties maintiennent à l’écart des investissements énergétiques. Pour lever cet obstacle, l’État tunisien mise désormais sur un dispositif inédit : le projet CHEMS.

Conçu autour du photovoltaïque comme levier d’autoproduction électrique, ce programme entend transformer l’accès des PME à l’énergie solaire en rendant viables — financièrement et techniquement — des investissements jusqu’ici hors de portée. Au cœur du mécanisme : une plateforme numérique permettant de modéliser et d’évaluer les scénarios d’investissement avant tout engagement.

C’est l’Agence nationale de maîtrise de l’énergie (ANME) qui pilote l’opération. Son directeur général, Nafâa Baccari, a présenté le dispositif lors d’un atelier réunissant lundi l’ensemble des acteurs concernés. Il a rappelé que CHEMS s’inscrit pleinement dans la feuille de route nationale de transition énergétique et bénéficie du soutien financier de la Banque africaine de développement.

La rencontre a offert un espace de dialogue structuré entre des partenaires aux profils complémentaires : représentants de la BAD, équipes du ministère de l’Économie et de la Planification, cadres de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz, opérateurs bancaires et responsables des chambres professionnelles. Ensemble, ils ont examiné l’architecture du projet, confronté leurs analyses et dégagé des pistes concrètes pour en garantir l’efficacité opérationnelle.

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Attijari Intermédiation : Karim Zhidi désigné administrateur

17. Februar 2026 um 10:05

Karim Zhidi est nommé administrateur d’Attijari Intermédiation.

Le CMF a approuvé cette nomination dans un communiqué rendu public sur son site officiel.

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Gestern — 16. Februar 2026Haupt-Feeds

Un marché, une filiale : OfficePlast déploie sa stratégie de conquête du bassin méditerranéen

16. Februar 2026 um 22:00

Lors d’une communication financière tenue le 16 février 2026 à Tunis, Yassine Abid, PDG d’OfficePlast, a présenté « Horizon 2030 », plan de développement stratégique 2026-2030 élaboré par un cabinet international mandaté entre janvier et juin 2025. L’événement s’est tenu en présence de Anis Ben Hadj Ali, DGA de Yatoo. Depuis sa création, le groupe affiche une croissance à deux chiffres, a toujours dégagé des bénéfices et distribué des dividendes — dont +20 % de chiffre d’affaires en 2024, avec 35 millions de dinars pour la maison mère. L’objectif est de porter le consolidé à 55-57 millions en 2026, 72 millions en 2028 et 88 millions en 2030, pour un résultat d’exploitation de 13 millions et un résultat net de 9 millions, avec distribution de 50 % des bénéfices en dividendes.

Pour financer cette trajectoire, OfficePlast mobilise 26 millions de dinars en deux tranches. La première, de 6 millions en numéraire avec distribution des primes d’émission en actions gratuites, doit être bouclée au premier trimestre 2026 ; elle servira à réduire l’endettement, reconstruire les infrastructures endommagées par l’incendie de juin 2025 et soutenir la croissance courante. La seconde, de 20 millions, sera apportée par un partenaire stratégique qui détiendra 35 % du capital ; aucun accord n’est encore signé, mais des professionnels du secteur accompagnent le groupe, avec une clôture espérée dans le courant de l’année. Ces fonds financeront l’expansion internationale, le développement des filiales étrangères et les investissements industriels.

Le plan repose sur quatre axes : un modèle intégré industrie-distribution pour maîtriser l’ensemble de la chaîne de valeur ; une stratégie internationale ciblant le bassin méditerranéen sud-européen et nord-africain ; l’excellence industrielle via l’automatisation et la maîtrise énergétique ; et la valorisation des marques Purple et Yatoo avec diversification de l’offre selon les spécificités de chaque marché.

Investissements industriels et diversification vers l’emballage

Historiquement spécialisé dans les protège-cahiers avec deux lignes de production initiales, OfficePlast couvre aujourd’hui l’ensemble des fournitures scolaires et de bureau : trieurs, protège-documents, jeux d’intercalaires, fiches Bristol, boîtes de classement, classeurs, pochettes perforées, articles de traçage, produits de rangement et ensembles de bureau. Face à la contraction structurelle de ce marché sous l’effet de la digitalisation, le groupe a décidé de valoriser son savoir-faire en extrusion de films et plaques en polypropylène en se diversifiant vers l’emballage. Une ligne de production déjà acquise triplera la capacité de fabrication dès 2026 et ouvrira une gamme de films rétractables, étirables, agricoles et de plaques en polypropylène, commercialisée sur les marchés tunisien, français et italien.

Des investissements tactiques accompagneront cette montée en puissance : automatisation des chaînes, réduction du taux de déchet et amélioration de la qualité. La maîtrise énergétique est érigée en levier de rentabilité prioritaire, notamment pour répondre aux exigences réglementaires environnementales des marchés européens. Un programme de sécurisation de l’outil de production, des stocks et du personnel — tirant les enseignements du sinistre de juin 2025 — est en phase finale de mise en œuvre, complété par un plan de prévention contre les cyberattaques, après que des enseignes françaises et italiennes partenaires ont été contraintes d’interrompre leur activité trois à quatre semaines à la suite de telles attaques.

La France et l’Italie au cœur de l’ambition européenne

Appliquant le principe « pour chaque marché, une filiale », OfficePlast a créé sa filiale française en 2024, opérationnelle depuis 2025 avec 1 million d’euros de chiffre d’affaires. L’objectif est de 8 millions de dinars en 2026 et 18 millions en 2030, hors ventes directes de la maison mère, notamment auprès du groupe Auchan. La stratégie privilégie désormais la vente directe aux magasins spécialisés. Un contrat de rétrocession conclu avec Alcor Group — coopérative de 300 adhérents disposant de deux plateformes, dont celle de Saint-Quentin (30 000 m², 40 000 références) — représente 4 millions de dinars par an et ouvre l’accès aux produits non référencés dans le catalogue central.

Présent en Italie depuis plus de huit ans via importateurs et grandes surfaces, le groupe a finalisé en janvier 2026 la création de sa filiale italienne, désormais opérationnelle avec stock local. Elle ciblera les petits grossistes passant des commandes régulières de 3 000 à 4 000 euros, pour consolider le chiffre d’affaires et réduire la vulnérabilité face à la concurrence locale et chinoise. Objectif : 12 millions de dinars en 2030.

Le Maroc, hub industriel pour l’Afrique subsaharienne

Le Maroc présente un double intérêt : ses 8 millions d’élèves (quatre fois plus qu’en Tunisie) et son rôle de porte d’entrée vers l’Afrique subsaharienne, accessible en quatre jours depuis Agadir par voie maritime (deux départs hebdomadaires), contre deux à trois mois depuis la Tunisie et trois semaines à un mois depuis la Chine. Le groupe s’est associé au troisième distributeur marocain, basé à Agadir et partenaire depuis cinq ans, pour créer une entité mixte industrie-distribution sur un site de 4 000 m² dans la zone industrielle de Drarga. Opérationnelle depuis janvier 2026 avec deux lignes de production de protège-cahiers, elle vise 12 millions de dinars dans le consolidé dès la levée de fonds finalisée.

Tunisie : consolidation du leadership et gestion de l’après-incendie

Sur le marché domestique, OfficePlast, opérant via Office Distribution et Office Store, s’affirme comme leader et fixe la politique de prix que ses concurrents suivent. Le marché parallèle et les importations perturbent encore la distribution, mais le groupe note une nette amélioration grâce au renforcement des contrôles douaniers, notamment sur la qualité et les certificats de conformité des produits destinés aux enfants.

L’incendie du 25 juin 2025 n’a touché que les stocks de produits finis, laissant intact l’outil de production. Les stocks ont été reconstitués pour la rentrée scolaire tunisienne ; les clients européens ont été livrés avec une à deux semaines de retard, seuls quelques clients lointains n’ayant pu être servis. L’assurance a procédé à deux remboursements successifs, le dossier restant ouvert ; les résultats définitifs de 2025 seront arrêtés en fonction du montant final de la prime.

Modèle économique et ressources humaines

Le groupe réalise 80 % de ses achats à l’importation — matières plastiques des pays du Golfe et d’Europe, cartons et emballages — facturés en dollars et en euros, avec un équilibre pertes/gains de change maîtrisé sur la durée. Coté en bourse depuis 2015, OfficePlast a mis en place plusieurs contrats de liquidité pour maintenir et faire évoluer le cours de l’action.

Le groupe emploie entre 320 et 340 personnes au sein de la maison mère, une trentaine chez Office Distribution et une vingtaine chez Office Store. Orienté vers l’export depuis ses origines — son premier client en 2006 était français —, OfficePlast a bâti une équipe au savoir-faire éprouvé à travers les foires internationales et les relations clients, qui gagne progressivement en autonomie.

 

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Khouloud Toumi : « Une croissance de 2,5 % reste anémique face au chômage de masse »

16. Februar 2026 um 14:25

Avec une croissance de 2,5 % en 2025, l’économie tunisienne affiche une reprise portée par l’agriculture et les services, selon les dernières données de l’Institut national de la statistique publiées le 15 février 2026. Toutefois, cette progression reste insuffisante pour répondre aux défis majeurs que sont le chômage élevé, particulièrement chez les jeunes, et les déséquilibres structurels qui fragilisent la trajectoire de développement du pays.

Dans une déclaration à leconomistemaghrebin.com, Khouloud Toumi, analyste en politique économique, estime que cette croissance, bien que positive après plusieurs années de stagnation, demeure « anémique » et « très dépendante de quelques secteurs clés ». Selon l’experte, cette progression ne génère pas suffisamment d’emplois pour absorber les nouveaux entrants sur le marché du travail et ne stimule pas durablement le pouvoir d’achat des ménages. « Pour une reprise pleinement inclusive, la diversification et le renforcement du secteur industriel sont essentiels », souligne-t-elle.

Le marché de l’emploi illustre cette problématique structurelle. Le taux de chômage national s’est stabilisé à 15,2 % au quatrième trimestre 2025, en légère baisse par rapport au trimestre précédent. Mais derrière ce chiffre se cachent des disparités alarmantes. Le chômage des jeunes âgés de 15 à 24 ans atteint 38,4 %, un des taux les plus élevés de la région. Tandis que celui des diplômés de l’enseignement supérieur dépasse 22,22 %. Cette inadéquation entre croissance économique et création d’emplois entraîne des conséquences graves : perte de capital humain, émigration des talents, ralentissement de la consommation et tensions sociales accrues.

Sur le plan de l’inflation, les données récentes montrent une modération bienvenue. L’inflation annuelle est retombée à environ 4,8 % début 2026, offrant un répit aux ménages après la hausse récente des coûts alimentaires. Toutefois, Khouloud Toumi met en garde : « Le pouvoir d’achat reste fragile, surtout pour les ménages à revenu modeste et dans les zones rurales. »

En outre, le déficit commercial demeure préoccupant. Bien qu’il ait été réduit à 1287,6 en janvier 2026, il reste structurellement élevé. Les importations énergétiques et de biens intermédiaires continuent de peser sur la balance extérieure. L’analyste insiste sur la nécessité d’une « diversification accrue des exportations et d’une montée en gamme des produits manufacturés pour renforcer la résilience de l’économie ».

Par ailleurs, le secteur agricole, moteur principal de la croissance en 2025, soulève des interrogations quant à la durabilité du modèle économique tunisien. Les données de l’Institut national de la statistique indiquent que ce secteur a enregistré une croissance exceptionnelle d’environ 12 %, portée par une récolte de céréales favorable après plusieurs années de faibles productions, ainsi que par une augmentation de la production d’olives et de fruits. Le secteur représente environ 10 % du PIB et 20 % de l’emploi total, principalement dans les zones rurales.

Néanmoins, Khouloud Toumi met en lumière les limites de cette dépendance. L’analyste souligne que malgré une production forte, la faible transformation industrielle des produits agricoles limite les revenus agricoles et la contribution réelle à la balance commerciale. De plus, ce secteur reste particulièrement vulnérable aux aléas climatiques. Ce qui représente un risque majeur pour la stabilité économique.

Face à ces constats, l’experte plaide pour une réorientation stratégique. Plutôt que de compter sur l’agriculture ou le tourisme, secteurs exposés aux changements climatiques et aux fluctuations sociopolitiques, elle préconise de miser sur le secteur industriel et le transport aérien pour assurer une croissance pérenne.

Pour transformer cette reprise en développement durable, Khouloud Toumi appelle à des réformes structurelles : l’intégration des jeunes diplômés dans le marché de l’emploi; la diversification et l’industrialisation des exportations agricoles; et le renforcement de la résilience climatique par la modernisation agricole. L’analyste rappelle qu’avant la crise, la croissance économique tunisienne atteignait environ 4,3 %, soulignant que le niveau actuel demeure nettement insuffisant pour répondre aux besoins du pays.

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Aram Belhadj : « La Tunisie lanterne rouge régionale avec 2,5 % de croissance »

16. Februar 2026 um 14:09

La Tunisie a enregistré un taux de croissance de 2,5 % en 2025, relève l’Institut national de la statistique (INS). Il est conforme aux prévisions du FMI. Mais ce résultat demeure très en deçà des exigences du pays et des performances de ses voisins régionaux, déclare à leconomistemaghrebin.com l’économiste Aram Belhadj. Les perspectives pour 2026 s’annoncent encore plus moroses, avec un taux anticipé de seulement 2,1 %, selon les prévisions du FMI. 

La Tunisie a réalisé en 2025 un taux de croissance de 2,5 %, confirmant les estimations du Fonds monétaire international (FMI) publiées en octobre dernier. Si ce chiffre marque une progression par rapport aux 1,4 % enregistrés en 2024, il reste insuffisant pour répondre aux défis économiques du pays, estime Aram Belhadj, économiste et enseignant-chercheur à l’Université de Carthage.

Selon l’expert, un tel taux ne permet pas d’envisager une réduction significative du chômage, ni de la pauvreté. La comparaison avec les pays voisins révèle un écart préoccupant. Le Maroc affiche une croissance de 4,4 % en 2025 et devrait atteindre 4,2 % en 2026. Soit le double des performances tunisiennes. La Mauritanie enregistre 4 % en 2025, avec une prévision de 4,3 % l’année suivante. Tandis que la Jordanie atteint 2,7 % et vise 2,9 % en 2026. Ce benchmarking régional place donc le pays en bas de l’échelle.

Pour Aram Belhadj, ces résultats traduisent des « choix économiques erronés, l’absence de réformes structurelles et un climat d’investissement qui demeure défavorable, malgré certaines améliorations ». L’économiste insiste sur le caractère non soutenable de la trajectoire actuelle; alors que le pays a besoin de paliers beaucoup plus élevés.

L’expert identifie plusieurs axes prioritaires pour inverser la tendance. Il préconise d’abord d’assurer la stabilité gouvernementale et l’amélioration de la gouvernance. Tout en estimant que les remaniements ministériels trop fréquents constituent un frein majeur. La simplification administrative et la lutte contre la bureaucratie et la corruption représentent le deuxième chantier crucial. Le troisième axe concerne l’activation du secteur privé, notamment à travers la mise en œuvre effective des pactes sectoriels existants et la négociation de nouveaux accords avec des secteurs stratégiques.

Aram Belhadj souligne également l’urgence de réformes systémiques au niveau fiscal, du système de compensation et des entreprises publiques qui nécessitent une restructuration en profondeur. Enfin, l’économiste insiste sur la nécessité d’assurer la cohérence entre la politique budgétaire et la politique monétaire.

Sans action déterminée sur ces différents leviers, la Tunisie ne parviendra pas à réaliser le sursaut quantitatif et qualitatif dont elle a besoin, avertit-il. Les perspectives pour 2026 confirment cette inquiétude, avec un taux anticipé par le FMI de 2,1 %, inférieur au résultat de 2025.

Malgré ce tableau sombre, Aram Belhadj considère que l’espoir reste permis. Et ce, à condition que les autorités s’engagent résolument dans la mise en œuvre de ces transformations structurelles.

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Zones franches frontalières : l’arme de la Tunisie contre l’économie parallèle

16. Februar 2026 um 07:57

Dans le contexte d’une guerre commerciale mondiale persistante et de ses répercussions désastreuses sur l’économie internationale, particulièrement pour les pays en développement ou émergents dont la Tunisie, ainsi que face à la prolifération de l’économie parallèle, la création de zones franches frontalières devient fondamentale, voire vitale. Ces infrastructures permettraient de contenir l’économie parallèle, d’éradiquer la contrebande, de créer des opportunités d’emploi et de développer les régions frontalières.

Il faut rappeler que, depuis 2008, il était prévu de créer plusieurs zones franches commerciales sur les frontières tuniso-algériennes et tuniso-libyennes, à savoir la zone franche de Ben Guerdane entre la Tunisie et la Libye, la zone franche de Kasserine, la zone franche de Hazoua dans le gouvernorat de Tozeur, ainsi que les zones franches du Kef et de Jendouba sur les frontières tuniso-algériennes.
Dans ses récentes interventions, Mohamed Al Aïch, rapporteur de la Commission de l’investissement au Conseil national des régions et des districts, a exposé la vision stratégique de la Tunisie concernant les quatre grandes zones franches prévues le long de la frontière avec l’Algérie. Situés précisément dans les gouvernorats de Jendouba, Kasserine, Tozeur et du Kef, ces projets d’envergure sont perçus comme des leviers essentiels pour résoudre les problématiques structurelles des régions intérieures. Et ce, tout en dynamisant l’activité économique locale.
L’un des objectifs fondamentaux de la mise en place de ces espaces est de mobiliser une énergie nouvelle capable de contrer efficacement l’expansion du marché parallèle et de l’économie informelle. Bien que les fondements de ces infrastructures reposent sur des conventions bilatérales signées dès 2015 et renouvelées à plusieurs reprises jusqu’en 2024, leur exécution a longtemps été entravée par des litiges fonciers complexes qui ont ralenti les études techniques.
Néanmoins, à la suite de concertations avec le ministère du Commerce, un calendrier de mise en œuvre commence à se préciser. Il prévoit notamment le lancement effectif des travaux pour la zone franche de Bouchabka, dans le gouvernorat de Kasserine, à l’horizon 2027.
Ainsi, Mohamed Al Aïch a souligné que ces chantiers bénéficient désormais d’une priorité absolue de la part de l’État tunisien, bien qu’ils ne soient pas formellement intégrés dans le plan de développement 2026-2030, puisqu’ils disposent de leurs propres lignes de financement antérieures.
Cette volonté de finaliser ces zones franches témoigne d’un engagement fort pour transformer les régions frontalières en véritables pôles d’attractivité et de croissance.

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 Ramadan et productivité : une réalité plurielle selon les secteurs d’activité

15. Februar 2026 um 18:50

Contrairement aux idées reçues, le mois de Ramadan n’entraîne pas systématiquement une baisse de productivité dans les entreprises. Kamel Beji, professeur à la Southern Mediterranean University et spécialiste de l’économie du travail, récuse, dans une déclaration accordée à l’Economiste maghrébin,  le stéréotype associant cette période à un ralentissement généralisé de l’activité économique. Selon lui, l’impact du Ramadan sur le rendement dépend essentiellement du secteur d’activité concerné et de la capacité des organisations à réorganiser leurs processus de travail.

La réduction du temps de travail pendant le Ramadan, qui varie généralement d’une à trois heures selon les entreprises , impose effectivement un défi de réorganisation pour maintenir le même niveau de rendement et de production. Kamel Beji souligne toutefois que de nombreux secteurs connaissent au contraire une hausse de leur activité durant cette période. Le secteur artistique, la restauration, l’agroalimentaire et l’hôtellerie bénéficient d’une demande accrue liée aux spécificités culturelles du Ramadan, qui déplace une part importante de l’activité économique vers les soirées. Ces secteurs enregistrent ainsi une productivité supérieure malgré des horaires diurnes réduits, grâce à l’intensification du travail en soirée.

L’expert observe que les magasins et les marchés qui ouvrent le soir, ainsi que les établissements hôteliers, maintiennent voire augmentent leur rythme d’activité pour répondre à la demande spécifique de cette saison. Il cite notamment l’exemple du secteur hôtelier, qui profite de la concomitance du Ramadan avec les vacances scolaires de certains pays européens, créant ainsi une dynamique touristique particulière qu’il qualifie de « tourisme ramadanais ».

Pour d’autres secteurs en revanche, comme l’administration publique, l’automobile ou les pièces de rechange, le Ramadan ne modifie pas fondamentalement l’activité. Dans ces domaines non soumis à des variations saisonnières liées au Ramadan, la question de la productivité se pose différemment. Kamel Beji explique que le maintien du rendement dépend alors du choix organisationnel de l’employeur : intensifier le travail sur des plages horaires réduites ou accommoder les salariés en tenant compte de leurs contraintes familiales et culturelles. Cette décision s’inscrit dans la politique de conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle propre à chaque entreprise.

Le chercheur insiste sur la dimension psychologique du phénomène. Il conteste l’idée largement répandue selon laquelle le jeûne engendrerait automatiquement des tensions relationnelles et une diminution des capacités physiques et mentales au travail. Selon lui, cette perception relève davantage d’un conditionnement psychologique que d’une réalité objective. Il rapporte avoir observé dans plusieurs pays arabes et musulmans des cultures d’entreprise où le travail effectué pendant le Ramadan est au contraire valorisé et considéré comme particulièrement méritoire, conduisant à un engagement professionnel accru.

Kamel Beji met néanmoins en garde contre ce qu’il appelle « l’aléa moral » ou « risque moral » lié au Ramadan. Certains salariés peuvent adopter un comportement de retrait, utilisant cette période comme prétexte pour réduire leur effort, ce qui renforce le stéréotype négatif. Il reconnaît par ailleurs que certaines activités physiques exercées en plein soleil sans possibilité de s’hydrater présentent des contraintes humaines réelles susceptibles d’affecter le rendement.

En définitive, Kamel Beji récuse toute fatalité concernant la baisse de productivité pendant le Ramadan. Il conclut que cette période constitue avant tout un enjeu d’organisation du travail, indépendamment des considérations religieuses. Les entreprises qui souhaitent maintenir leurs objectifs doivent procéder à une réorganisation adaptée de leurs équipes et de leurs processus, en tenant compte des spécificités sectorielles et culturelles qui caractérisent cette saison économique particulière.

 

 

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Décès de Ferid Ben Tanfous, ancien DG de l’ATB Bank

14. Februar 2026 um 10:14

Mohamed Ferid Ben Tanfous, ancien directeur général de l’ATB Bank, est décédé ce samedi 14 février à Tunis. L’inhumation se déroulera aujourd’hui même après la prière d’El Asr au cimetière El Jallez.

Toute l’équipe de L’Economiste maghrébin présente ses sincères condoléances à sa famille et à ses proches.

Puisse Dieu l’accueillir en Son infinie Miséricorde.

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L’emprunt obligataire Taysir 2026-1 entièrement souscrit en une journée

14. Februar 2026 um 10:05

L’emprunt obligataire « Taysir 2026-1 » a été intégralement souscrit le 11 février 2026, jour de son ouverture au public. L’opération, menée par appel public à l’épargne, a atteint le montant maximum autorisé de 60 millions de dinars.

Tunisie Valeurs, intermédiaire en Bourse chargé de l’opération, a annoncé la clôture des souscriptions dès le premier jour. L’émission était initialement prévue pour un montant de 50 millions de dinars, avec une possibilité d’extension jusqu’à 60 millions de dinars. Les souscriptions ont été ouvertes et clôturées le même jour, portant sur l’intégralité du montant maximum.

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La BCT autorise Ooredoo Tunisie à se lancer dans le paiement mobile

14. Februar 2026 um 09:15

La Banque centrale de Tunisie (BCT) vient d’ouvrir la voie à un nouveau concurrent sur le marché naissant du paiement mobile. L’institution monétaire a délivré vendredi son feu vert à Ooredoo Tunisie pour déployer une gamme complète de transactions financières dématérialisées.

Le portefeuille de services autorisés couvre l’ensemble de la chaîne : transferts monétaires, encaissements, approvisionnement et retrait de liquidités via téléphone portable. Une enseigne spécifique, dont le nom reste sous embargo jusqu’à la semaine prochaine, portera cette offre commerciale.

La manœuvre ne relève pas de l’improvisation. Dès 2025, l’opérateur télécom avait constitué une structure dédiée – Ooredoo Fintech – expressément calibrée pour bâtir des infrastructures de monnaie électronique et d’acheminement de fonds à distance.

Cadre strict depuis 2019

L’agrément obtenu s’inscrit dans le dispositif normatif établi par la Banque centrale voici sept ans. Ce corpus règlemente minutieusement les acteurs du secteur : critères d’habilitation, architecture de gouvernance, dispositifs de surveillance, mécanismes de sauvegarde des avoirs clientèle et blindage des opérations contre la fraude.

Bataille annoncée

Tunisie Telecom s’apprête à dégainer sa propre plateforme mobile de règlement dans les sept jours à venir. Le face-à-face entre géants des télécommunications sur le terrain des services financiers numériques s’intensifie.

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Offensive électrique du Groupe Zouari : Geely mise sur l’hybride rechargeable

13. Februar 2026 um 20:26

Le Groupe Zouari mise sur l’électrification. Mahmoud Mohsen, son directeur général commercial pour le pôle Automobile, a dévoilé vendredi la stratégie de Geely : trois véhicules – deux électriques et un hybride rechargeable – pour conquérir un marché tunisien en pleine mutation.

 

Premier prix de la gamme, la X2 incarne le pari de l’électrique abordable. Cette citadine 100% électrique embarque une batterie de 39,4 kWh pour 325 km d’autonomie (cycle WLTP). Présentée il y a deux mois, elle suscite déjà l’intérêt : « Le carnet de commandes est bien fourni, heureusement pour nous », se félicite Mahmoud Mohsen.

Le X5 électrique : premiers clients déjà livrés

À 92 000 dinars, le X5 vise les familles avec ses 60,2 kWh de batterie et 430 km d’autonomie. Ce SUV franchit une étape décisive : « Le premier lot a été livré aux clients », confirme le responsable commercial. Un signal fort pour un marché encore frileux face à l’électrique pur.

X5 EMI : l’hybride rechargeable, vraie nouveauté

Le clou de la présentation reste le X5 EMI. Ce SUV hybride rechargeable combine moteur thermique et électrique pour délivrer 260 chevaux et 262 Nm de couple. Son argument massue ? Plus de 1 000 km d’autonomie combinée, batterie chargée et réservoir plein. Tarif : 86 800 dinars. Commandes ouvertes dès ce vendredi, livraisons fin mars-début avril.

Pari sur la fiscalité favorable

Mahmoud Mohsen ne cache pas ses ambitions : « Devant l’engouement pour les voitures hybrides rechargeables avec la nouvelle taxation, on s’attend à un bon retour des clients. » La marque chinoise joue la carte du rapport qualité-prix-équipement face à une concurrence installée. « La voiture est très bien positionnée, aussi bien en caractéristiques qu’en prix et surtout en gabarit et technologie embarquée », assure-t-il, avant de lancer une invitation : « Venez visiter nos showrooms, vous serez vraiment surpris. »

 

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Médiation commerciale : l’arme secrète des entreprises tunisiennes

13. Februar 2026 um 14:42

Rapide, économique et préservatrice des relations d’affaires, la médiation s’impose comme un outil de gestion des conflits encore sous-exploité en Tunisie, à cause de l’absence de cadre législatif dédié. Experts et praticiens plaident pour son intégration systématique dans les stratégies contentieuses des entreprises.

La médiation représente un mode alternatif de résolution des conflits reposant sur l’intervention d’un tiers neutre, impartial et indépendant, qui facilite le dialogue entre les parties sans imposer de solution. Zeineb Trabelsi Caid Essebsi, avocate, médiatrice et formatrice, précise que le médiateur garantit la confidentialité et aide les parties à trouver elles-mêmes une issue au litige. Contrairement à l’arbitrage où un juge privé tranche le différend avec un gagnant et un perdant, la médiation aboutit à une solution où les deux parties sont gagnantes, même si les bénéfices ne sont pas également répartis.

Animée par l’avocate et la médiatrice Samira Laouani, cette table ronde consacrée à la présentation du Règlement de médiation de la Chambre de commerce internationale et aux atouts de la médiation dans le règlement des conflits commerciaux s’est tenue le 13 février 2026 au siège du Conseil bancaire et financier. Organisée par ICC Tunisia à l’initiative de sa Commission d’Arbitrage et ADR, cette demi-journée d’échanges et de réflexions a réuni des expertes du secteur privé et public pour explorer les perspectives de développement de cet outil en Tunisie.

Médiation et conciliation : une distinction nécessaire

Saida Chebili, présidente de l’Association tunisienne de médiation, souligne la confusion persistante entre médiation et conciliation. Le conciliateur propose une solution et vise la réconciliation des parties, tandis que le médiateur n’intervient pas dans le contenu de l’accord et se concentre sur le processus. Cette distinction conceptuelle demeure floue dans les textes juridiques tunisiens, où les deux termes sont souvent utilisés de manière interchangeable.

Aouatef Mzoughi, avocate, médiatrice et journaliste, insiste sur la dimension préventive et diagnostique du conflit. Selon elle, le conflit ne démarre pas au même moment pour les deux parties et ne se limite pas toujours à l’inexécution contractuelle. Des éléments relationnels comme des courriels non traités, des appels sans suite ou des réunions tendues alimentent les tensions. Le médiateur aide les parties à identifier ces dysfonctionnements et à transformer le conflit en opportunité d’amélioration des procédures internes et des relations commerciales.

Sur le plan international, Alya Ladjimi, conseillère ADR CCI Paris, présente les spécificités de la médiation institutionnelle proposée par la Chambre de commerce internationale. Les statistiques de la période 2021-2025 révèlent que la médiation CCI traite principalement des litiges de grande envergure dans les secteurs de la construction et de l’énergie. Le montant moyen des litiges s’élève à 75 millions de dollars, pour un coût de médiation de 33.600 dollars, soit 0,04 % du montant contesté. La procédure dure en moyenne moins de trois mois et affiche un taux de réussite supérieur à 50 pour cent lorsque les parties acceptent de rencontrer le médiateur.

La médiation CCI attire une clientèle majoritairement européenne et américaine, ces derniers étant particulièrement enclins à transiger en raison d’une culture de résolution amiable bien ancrée. Plusieurs États et entités publiques d’Afrique, du Moyen-Orient, d’Europe et d’Amérique ont également recours à cette procédure. Alya Ladjimi cite des cas emblématiques, dont un différend entre un investisseur et un État résolu après douze ans de procédure d’arbitrage suspendue, aboutissant à un accord intégré dans une sentence arbitrale, ainsi qu’un règlement portant sur plusieurs centaines de millions de dollars concernant la construction d’une centrale thermoélectrique.

Une flexibilité à tous les stades du conflit

La médiation peut intervenir à tous les stades du conflit. Certaines multinationales intègrent des clauses de médiation CCI dans leurs conditions générales de vente. D’autres parties optent pour la médiation en cours de procédure judiciaire ou arbitrale, voire après le rendu d’une sentence pour en faciliter l’exécution. Dans certains pays européens, le recours à la médiation est devenu obligatoire avant toute procédure contentieuse en matière commerciale. Le non-respect d’une clause de médiation expose les parties à des sanctions, notamment la suspension de l’arbitrage ou l’incompétence du tribunal arbitral.

Pour les entreprises, la médiation présente un double avantage stratégique. Elle permet non seulement de régler le litige, mais aussi de préserver la relation commerciale, élément crucial pour la pérennité des affaires. Aouatef Mzoughi rappelle que l’exécution forcée d’un contrat au terme d’un long procès peut se solder par la perte définitive d’un client ou d’un partenaire. La médiation, par sa souplesse, autorise des solutions innovantes adaptées aux intérêts réels des parties, là où le juge ou l’arbitre applique strictement le droit.

L’État tunisien face à la médiation

Amira Klai, directrice générale des conventions et contentieux internationaux d’investissement au ministère de l’Économie et de la Planification, explique que le choix du mode de règlement des différends résulte d’une négociation et dépend du partenaire, de l’enjeu et du type de contrat. La médiation figure désormais parmi les mécanismes retenus dans l’accord africain de libre-échange continental, bien que celui-ci ne soit pas encore entré en vigueur. Pour l’État, la médiation présente un attrait financier et temporel décisif. Résoudre les conflits rapidement et à moindre coût constitue une priorité dans un contexte budgétaire contraint. La réputation d’un environnement favorable à la résolution amiable des différends contribue également à l’attractivité du pays pour les investisseurs.

Un cadre juridique à construire

Sur le plan national, l’absence de loi spécifique sur la médiation ne constitue pas un obstacle juridique à sa pratique. Zeineb Trabelsi Caid Essebsi rappelle le principe selon lequel ce qui n’est pas interdit est permis. La médiation conventionnelle, c’est-à-dire décidée par les parties avant ou après la naissance du conflit, demeure parfaitement licite. Les entreprises peuvent insérer des clauses de médiation dans leurs contrats ou proposer ce mode de règlement une fois le différend déclaré. Toutefois, cette pratique nécessite un changement de mentalité chez les conseils juridiques et les chefs d’entreprise, qui doivent être sensibilisés aux bénéfices de la médiation.

Saida Chebili insiste sur l’urgence de définir clairement la médiation dans un texte législatif pour dissiper les confusions terminologiques et lever les réticences des acteurs économiques et judiciaires. Le législateur doit poser les bases d’un cadre rassurant, permettant à tous les secteurs de recourir sereinement à la médiation. En attendant, la médiation judiciaire, c’est-à-dire proposée par un magistrat en cours de procès, peine à se développer. Une expérience pilote menée au tribunal de Sousse s’est heurtée à la résistance des magistrats, peu enclins à appliquer un mécanisme non codifié.

Les intervenantes soulignent le coût caché des conflits pour les entreprises. Des études européennes montrent que les salariés consacrent en moyenne une semaine par mois à gérer des tensions internes, au détriment de leur productivité. Les conflits non résolus nuisent également à la réputation et à la compétitivité des organisations. Former les équipes juridiques et les dirigeants à la médiation, introduire des clauses types dans les contrats et élaborer une charte de gestion des différends figurent parmi les recommandations formulées pour favoriser l’adoption de cet outil.

Des outils à la disposition des entreprises

La Chambre de commerce internationale met à disposition plusieurs documents accessibles en ligne pour accompagner les entreprises. Outre le règlement de médiation proprement dit, qui compte seulement dix articles reflétant la souplesse voulue de la procédure, deux guides publiés en 2023 méritent l’attention. Le premier propose des outils pour faciliter le règlement amiable des litiges en cours d’arbitrage, avec des conseils destinés aux arbitres et aux parties. Le second, intitulé Effective Conflict Management, détaille l’ensemble des services et mécanismes offerts par la CCI, illustrés d’exemples concrets tout en préservant la confidentialité des dossiers.

L’information et la formation apparaissent comme les leviers prioritaires pour développer la culture de la médiation en Tunisie. Saida Chebili invite les entreprises à intégrer dès maintenant la médiation dans leur stratégie de gestion des risques, sans attendre une loi qui, selon les intervenantes, ne saurait tarder. Le modèle britannique, où la médiation s’est développée de manière pragmatique avant toute codification, illustre qu’une pratique peut précéder et nourrir le cadre législatif. L’expérimentation tunisienne, tant sur le plan local qu’international, pourrait ainsi aboutir à une loi sur mesure, adaptée aux besoins réels du tissu économique national.

 

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Finance verte et premier bilan carbone : l’année 2024 d’Amen Bank en chiffres

12. Februar 2026 um 16:50

Avec 94 millions de dinars consacrés à des financements à dimension environnementale, Amen Bank inscrit l’exercice 2024 dans une dynamique marquée par la transition énergétique et la transparence climatique. L’établissement publie à cette occasion son premier bilan carbone couvrant l’ensemble de son réseau.

Banque privée tunisienne dotée d’un capital social de 174,6 millions de dinars, Amen Bank opère à travers 148 agences et cinq centres d’affaires. En 2024, elle a participé au financement de dix des treize projets retenus dans le cadre du cinquième appel à projets soumis au régime d’autorisation du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie. Ces opérations, déployées à Sidi Bouzid et Médenine, représentent une capacité installée de 17 mégawatts pour un investissement global de 37 millions de dinars.

La banque a également accompagné le premier projet tunisien d’autoconsommation électrique privé à privé. Implantée à Kairouan, la centrale solaire photovoltaïque affiche une puissance de 100 mégawatts, mobilise 300 millions de dinars et devrait produire plus de 180 gigawattheures par an.

Au total, 23 projets ont été soutenus durant l’année, dont 22 relevant des énergies renouvelables et un consacré à l’efficacité énergétique. L’encours vert atteint 94 millions de dinars pour un volume d’investissement global de 186 millions de dinars, réparti entre 60 millions destinés aux entreprises corporate et 34 millions aux PME. La banque a en outre structuré son premier Sustainability-Linked Loan de 40 millions de dinars, intégré dans un programme d’investissement de 112 millions dédié à l’amélioration de la performance énergétique.

Un fonds de 25 millions d’euros, créé en partenariat avec l’Agence italienne pour la coopération et le développement (AICS), appuie la transition écologique dans la pêche et l’aquaculture via des subventions comprises entre 3 000 et 70 000 euros.

Un premier inventaire carbone dominé par le scope 3

Pour la période du 1er janvier au 31 décembre 2024, le bilan carbone fait ressortir 198 774 tonnes d’équivalent CO₂, avec une incertitude évaluée à 36 %. Le périmètre couvre le siège, les 148 agences et les cinq centres d’affaires.

Les émissions indirectes (scope 3) concentrent 97,9 % du total, soit 194 522 tonnes d’équivalent CO₂, principalement liées au transport de fonds, aux achats, aux immobilisations et aux déplacements professionnels. Les émissions associées à l’énergie achetée (scope 2) atteignent 3 981 tonnes (2 %), tandis que les émissions directes (scope 1) s’établissent à 271 tonnes (0,1 %).

Les agences représentent 79 % des émissions recensées, contre 21 % pour le siège. Le transport de fonds constitue la principale source avec 180 977 tonnes d’équivalent CO₂ (91 % du total) et une incertitude de 40 %. Les trajets domicile-travail totalisent 7 449 tonnes (3,7 %).

Amen Bank a rejoint le Partnership for Carbon Accounting Financials (PCAF), qui regroupe plus de 500 institutions financières et impose la publication de l’empreinte carbone des activités financières selon un standard aligné sur l’Accord de Paris. En 2024, l’établissement a également été distingué par Global Banking and Finance comme « Meilleure Banque Verte en Tunisie ».

Gestion environnementale et indicateurs opérationnels

Un accord conclu avec l’Agence nationale de maîtrise de l’énergie (ANME) prévoit l’optimisation des systèmes de climatisation, l’amélioration du facteur de puissance, la réduction de la consommation d’éclairage et la mise en place d’une gestion technique des bâtiments.

Sur l’exercice, la consommation électrique s’élève à 6 863 657 kWh, la consommation de carburant à 975 litres et celle d’eau à 1 068 710 litres. L’intensité des émissions atteint 22 843 mégajoules par employé.

Les déchets générés totalisent 174,63 tonnes. Parmi eux, 50,89 tonnes proviennent du siège et des agences, correspondant à 25 613 kilogrammes d’équivalent CO₂. Le recyclage a porté sur 14 tonnes de papier, dont 13 000 kilogrammes collectés et traités, permettant d’éviter 0,28 tonne de CO₂ équivalent. La banque privilégie l’utilisation de papier certifié FSC et EU Ecolabel.

Résultats financiers et données sociales

En 2024, le produit net bancaire atteint 566,5 millions de dinars (+4,91 %), le chiffre d’affaires 1 209,9 millions (+5,60 %) et le résultat net 229,9 millions (+18 %). Le total bilan s’établit à 11 855,7 millions de dinars (+7,82 %), tandis que les créances sur la clientèle atteignent 7 299,5 millions (+1,86 %).

Le coefficient d’exploitation ressort à 40 %, contre 39,76 % en 2023. Le rendement moyen des actifs s’élève à 2 % et celui des fonds propres à 17,1 %. Les capitaux propres atteignent 1 574 millions de dinars et les fonds propres nets 1 767,6 millions. Le ratio de capital s’établit à 16,17 %, dont 12,20 % en tier 1. Le ratio de liquidité à court terme atteint 160,2 % et le ratio crédits/dépôts 99,9 %. Le taux de créances classées est de 9,62 %, avec un taux de couverture de 73,34 % et un taux de couverture des engagements de 8,71 %. Les provisions et agios réservés totalisent 973 millions de dinars.

Au 31 décembre 2024, l’effectif compte 1 128 collaborateurs (952 CDI, 175 CDD et 1 CIVP), contre 1 133 un an plus tôt. Les cadres et cadres supérieurs représentent 890 personnes, soit un taux d’encadrement de 86,4 %. La répartition est de 59 % d’hommes et 41 % de femmes.

Le taux de rotation atteint 7,5 %, avec 85 recrutements et 86 départs, dont 66 départs à la retraite. Le ratio de stabilité est de 83,7 %. Les femmes occupent 5,5 % des sièges dans les instances de gouvernance et 8 % des comités du Conseil d’administration.

Les dépenses de formation s’élèvent à 0,74 million de dinars. L’Académie interne a assuré 1 167 heures, complétées par 3 750 heures de formations internes et externes, soit 3 heures et 19 minutes par employé. Les crédits sur fonds social totalisent 11 millions de dinars, dont 3,84 millions pour l’habitat. Les financements sur ressources ordinaires représentent 25,8 millions via la direction des ressources humaines et 11,75 millions via le pôle banque de détail. Le service de médecine du travail a réalisé 861 interventions et trois accidents du travail ont entraîné 84 journées perdues.

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Réglementation de change : 12 % des startups perdent des clients et des opportunités

12. Februar 2026 um 15:28

Une étude présentée par le professeur Kamel Ghazouani révèle un décalage entre le cadre réglementaire actuel et les besoins réels des startups. Les procédures administratives et les exigences documentaires constituent les principaux obstacles pour 74 % des entreprises interrogées.

Le professeur universitaire et expert Kamel Ghazouani a présenté ce mercredi 12 février 2026, lors de la clôture du programme régional « From Innovation to Creation »  au siège de l’IACE, les résultats d’une enquête intitulée « Perception des startuppeurs vis-à-vis de la réglementation de change et du Startup Act 2.0 ». L’étude, menée entre fin 2025 et début 2026, couvre un échantillon de 298 startups sur les 1 150 recensées en Tunisie.

Selon les données présentées, l’écosystème tunisien compte 1 150 startups ayant une valeur cumulée de 750 millions de dinars et générant environ 10 000 emplois. La répartition sectorielle montre que : 20 % de ces entreprises évoluent dans les activités de logiciels et services professionnels; 9,4 % dans la technologie de la santé; et 6 % dans les FinTech.

Par technologie, 37 % se concentrent sur le développement de plateformes et 8 % dans l’intelligence artificielle. Le secteur tech contribue à hauteur de 11 % au PIB tunisien, avec 52 % des startups orientées vers l’export. Si 46 % du chiffre d’affaires de ces entreprises est réalisé en Tunisie, 82 % est généré à l’étranger.

Un cadre réglementaire perçu comme peu pertinent

L’enquête révèle que 56 % des startuppeurs jugent que le code de change en vigueur n’a pas d’impact significatif sur leur activité ou déclarent ne pas être concernés par ses dispositions. Seuls 31 % considèrent les mesures actuelles comme un atout. Cette perception s’explique notamment par l’orientation des activités, les startups tournées vers le marché local exprimant moins d’intérêt pour les dispositions relatives à la convertibilité courante, aux transferts de revenus ou au rapatriement des dividendes.

Concernant la convertibilité courante, 43 % des startuppeurs déclarent ne pas être concernés par la possibilité d’effectuer certaines opérations courantes en devise; contre 33 % qui estiment cette mesure pertinente. Cette proportion varie selon les secteurs, avec 57 % des acteurs du commerce qui se disent non concernés. Pour la garantie des transferts de revenus, 56 % ne se sentent pas concernés. Tandis que 23 % y voient un atout. La notion de résidence des personnes physiques et morales laisse indifférents 60 % des répondants. Seuls 17 % la considérant comme un atout. Le rapatriement des dividendes n’intéresse pas 44 % des startups, bien que 38 % le perçoivent positivement.

Le dispositif de sanctions se démarque en revanche par une perception plus favorable. Avec 46 % des startuppeurs qui le jugent comme un atout à renforcer, contre 33 % qui estiment ne pas être concernés.

Les problèmes rencontrés dans l’application de la réglementation touchent principalement les procédures administratives et les exigences documentaires. L’étude identifie 74 % des startups confrontées à des démarches jugées longues et complexes ou à des documents requis inadaptés aux réalités de leurs modèles économiques. Plus précisément, 44 % des entreprises interrogées signalent des difficultés dans l’ouverture d’un compte en devise ou la réalisation d’opérations internationales. Et 207 startups sur 198 répondantes pointent du doigt la lourdeur des documents exigés.

Les délais d’attente pour les autorisations F1 et F2 constituent un problème pour 39 % des startups. Tandis que 32 % font état de difficultés dans le paiement des fournisseurs étrangers. Les procédures concernant la sortie de devises touchent 28 % des répondants. Alors que 19,3 % rencontrent des blocages dans leurs relations avec les banques. L’inadéquation de l’allocation de devises pour les voyages affecte 5 % des entreprises et 17 % évoquent des blocages bancaires jugés injustifiés.

L’analyse sectorielle distingue trois catégories. Les secteurs fortement exposés aux problèmes regroupent la technologie, les FinTech et le commerce international, activités fortement internationalisées. Les secteurs moyennement exposés incluent la santé et les services, qui nécessitent un recours occasionnel à l’international. Enfin, les activités orientées vers le marché local, telles que l’agriculture, l’artisanat et l’architecture se déclarent moins affectées.

Des impacts concrets sur l’activité

Les obstacles réglementaires se traduisent par des conséquences directes sur les opérations des startups. L’enquête révèle que 19,1 % des entreprises rencontrent des difficultés de trésorerie liées aux problèmes identifiés. La perte de clients et d’opportunités commerciales touche 12,2 % des répondants; tandis que 7,7 % ont dû annuler des opérations. Par ailleurs, 6 % des startups déclarent avoir renoncé à des activités à l’international en raison des contraintes administratives.

Ces impacts varient selon les secteurs d’activité. Le secteur de la technologie apparaît particulièrement affecté par les difficultés de trésorerie; alors que 13,3 % des startups actives dans la santé signalent des retards ou des annulations d’opérations. Aucun impact significatif n’est en revanche constaté dans le secteur de la santé pour 14,3 % des entreprises interrogées.

L’enquête identifie cinq formes d’attente pour un futur Startup Act 2.0. La simplification des démarches administratives arrive en tête des priorités, avec une demande forte pour la digitalisation et l’accélération des procédures. La facilitation des financements constitue le deuxième axe majeur, les startuppeurs réclamant un meilleur accès aux fonds et investisseurs.

Le besoin d’un accompagnement spécialisé figure également parmi les attentes structurantes, les entrepreneurs souhaitant un écosystème plus pédagogique avec davantage de formation spécialisée et de mentorat. Les attentes spécifiques à l’international portent sur l’assouplissement des autorisations, procédures, licences et obligations. Enfin, la réduction des délais constitue un enjeu central, la notion de rapidité revenant fréquemment dans les réponses recueillies.

Des pistes inspirées des expériences internationales

L’étude propose des orientations basées sur les modèles de Singapour, de la France, de l’Allemagne et de la Corée du Sud. Ces expériences reposent sur quatre piliers principaux : la résolution des problèmes liés au capital et au financement; l’adaptation des règles et de la juridiction; la simplification de la réglementation et des démarches administratives; et la définition d’une stratégie sectorielle claire.

Concernant le financement, l’étude suggère la création d’un fonds public co-investisseur en devises. Sur le plan réglementaire, la possibilité de créer des zones startups à contrôle de change allégé est évoquée. En matière d’innovation, trois priorités sectorielles sont avancées : les FinTech, les GreenTech et l’intelligence artificielle.

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Gabès : le tribunal reporte l’examen de l’affaire contre le Groupe chimique tunisien

12. Februar 2026 um 11:55
Le tribunal de première instance de Gabès a reporté au 26 février 2026 l’examen de l’affaire en référé contre le Groupe chimique tunisien (GCT).
Cette procédure d’urgence, initiée par la section régionale de l’Ordre des avocats, vise à obtenir l’arrêt immédiat de la production du complexe chimique, en attendant l’exécution effective de la décision de démantèlement et de délocalisation de l’installation du GCT.
Du reste, un petit groupe de citoyens et de militants écologistes s’est rassemblé devant le palais de justice pour exiger une accélération du processus judiciaire.

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« From Innovation to Creation » : quatre ans pour refaçonner l’écosystème MENA

12. Februar 2026 um 11:28

Le 12 février 2026, l’IACE a accueilli  la cérémonie de clôture du programme « From Innovation to Creation », financé par la Commission européenne et mis en œuvre sur quatre ans en Tunisie, au Liban, en Palestine et en Jordanie. Cet événement régional a réuni les représentants des partenaires institutionnels et les acteurs de l’écosystème entrepreneurial pour dresser le bilan d’un programme visant à renforcer les organisations de soutien à l’innovation, améliorer la compétitivité des startups et contribuer à l’amélioration du cadre réglementaire.

Fidelma O’Shaughnessy, responsable de l’équipe de coopération économique régionale à la Commission européenne au sein de la Direction générale MENA, a rappelé l’importance de l’innovation comme moteur de transformation des sociétés européennes et méditerranéennes. Elle souligne que « l’innovation ne vit pas dans un vacuum » et nécessite un environnement propice, des réseaux de soutien et un accès aux financements pour permettre aux entreprises de prospérer dans une économie mondialisée.

Le programme « From Innovation to Creation », lancé en 2022 en collaboration avec SPARK, et l’IACE, s’est attaché à répondre aux défis structurels de l’écosystème entrepreneurial : lourdeurs bureaucratiques, accès limité au capital, faible représentation des associations d’entrepreneurs et absence de mise en relation systématique avec les investisseurs.

Mme O’Shaughnessy a souligné les résultats obtenus : 85 organisations de soutien à l’innovation ont bénéficié d’opportunités de formation et de mise en réseau dans les quatre pays partenaires. Ces structures sont désormais mieux équipées pour accompagner les entrepreneurs dans la gestion de l’innovation, l’approvisionnement technologique et l’élaboration de plans d’affaires, notamment dans les secteurs de l’économie sociale et verte.

Le programme a également privilégié le soutien aux entrepreneurs issus de catégories sous-représentées : 240 entreprises ont reçu des formations et un accompagnement en compétences numériques. Tandis que 120 entrepreneurs en zones rurales ont bénéficié de services d’accès au marché. Par ailleurs, 100 entreprises ont été soutenues financièrement à hauteur de 1,3 million d’euros.

Malgré les contextes difficiles en Palestine et au Liban, le programme a permis la création de trois entreprises en Palestine et le développement de dix entreprises au Liban. Smart Capital a facilité la mise en relation avec des investisseurs providentiels, permettant à sept entreprises de lever plus d’un million d’euros. Certaines startups accompagnées, notamment dans le secteur créatif au Liban, ont pu étendre leurs activités vers les marchés du Golfe.

La dimension régionale du programme a été mise en avant par Mme O’Shaughnessy, qui a cité en exemple l’échange entre la Palestine et la Tunisie autour du cadre législatif du Startup Act tunisien. L’un des partenaires, DOT, a facilité un apprentissage régional auprès de 25 organisations et établi le programme de coopération régionale BridgeUp entre quatre structures de chacun des pays partenaires.

L’ancrage local et la nécessité d’agilité réglementaire

De son côté, Majdi Hassan, directeur exécutif de l’IACE, a insisté sur le défi que représentait la transition de l’écosystème tunisien vers une phase de consolidation post-création. Il estime que le véritable enjeu réside moins dans la génération d’idées ou la mise en place de mécanismes de soutien que dans la capacité à les mettre en œuvre de manière effective.

Il a souligné que le programme a permis de démontrer l’existence de startups tunisiennes de qualité, compétitives à l’échelle internationale, et de professionnaliser l’écosystème d’accompagnement. Il a toutefois pointé les obstacles réglementaires persistants, notamment en matière de code des changes et de bureaucratie, qui freinent la concrétisation des projets entrepreneuriaux.

Pour le directeur de l’IACE, le programme illustre la nécessité d’adapter les cadres réglementaires aux réalités de l’innovation. « L’important, ce n’est pas d’avoir des idées. Nous avons beaucoup de jeunes qui ont eu de bonnes idées. Mais pouvoir réaliser son rêve et pouvoir le mettre en application, c’est au-delà de la personne et de sa volonté. C’est vraiment tout l’écosystème, toutes les réglementations qui doivent être agiles et qui doivent le permettre », a-t-il déclaré. Cette problématique de la mise en œuvre et de l’agilité institutionnelle constituera, selon M. Hassan, l’un des sujets prioritaires pour l’IACE dans les années à venir.

Un bilan et des perspectives pour la transformation systémique

Mourad Hentati, représentant de SPARK, a présenté le programme comme une initiative visant à agir à trois niveaux complémentaires. A savoir : le renforcement des capacités des organisations de soutien à l’innovation; l’amélioration de la compétitivité et de l’internationalisation des startups et PME; et la promotion d’un dialogue fondé sur des données probantes pour améliorer les politiques et le cadre réglementaire de l’entrepreneuriat.

Les résultats obtenus dépassent les attentes initiales, affirme M. Hentati. Mais il formule toutefois une réflexion critique sur les conditions de transformation économique. « Après ces quatre années, la vraie question n’est plus de savoir si l’innovation fonctionne, mais si nos institutions, nos politiques et nos marchés sont prêts à la laisser transformer l’économie », a-t-il déclaré.

Et de poursuivre que les freins à l’innovation ne résident ni dans l’absence de talents, ni dans le manque d’idées, mais dans la lenteur des transformations systémiques. « Les écosystèmes d’innovation dans notre région ne sont pas en difficulté en raison d’un manque de startups. Ils sont en difficulté parce que les institutions de l’écosystème ne se transforment pas assez rapidement », a-t-il affirmé.

En outre, M.Hentati a insisté sur la nécessité d’évaluer le programme non seulement à l’aune de ses résultats quantitatifs, mais également par les transformations de mentalités, le renforcement institutionnel, l’influence sur les politiques publiques et la restauration de la confiance des acteurs économiques.

Et le représentant de SPARK de s’interroger sur l’avenir de l’innovation dans la région : « Est-ce que nous allons évoluer plus rapidement sur le plan institutionnel ? Est-ce que nous allons prendre ce changement systémique au sérieux ? Est-ce que nous allons confier un pouvoir décisionnel réel aux acteurs locaux ? Est-ce que nous allons choisir la coopération plutôt que la fragmentation ? »

Au final, il estime que l’avenir de l’innovation dans la région ne dépend pas des projets isolés, mais de l’action collective.

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Tunisie : vaste campagne de recrutement d’enseignants

12. Februar 2026 um 10:05

Le ministère de l’Education lance une vaste campagne de recrutement d’enseignants. Un concours externe est organisé pour intégrer de nouveaux professeurs dans les cycles secondaire et technique, avec des examens programmés à compter du 13 avril 2026.

D’après un texte officiel paru le 11 février 2026 au Journal officiel de la République tunisienne (JORT), les postulants devront respecter un calendrier strict. L’enregistrement sur la plateforme numérique dédiée constitue une étape incontournable, avec une date butoir fixée au 14 mars prochain. Les candidats enseignants disposeront ensuite d’un délai jusqu’au 27 mars pour transmettre leurs dossiers physiques aux directions régionales de l’éducation de leur ressort.

Les évaluations écrites s’étaleront sur plusieurs journées consécutives à partir de la mi-avril.

Une offre concentrée sur les disciplines scientifiques et littéraires

Le volume des recrutements atteint 1 630 postes, ventilés selon les besoins disciplinaires des établissements. Les mathématiques arrivent en tête avec 390 places, suivies de l’arabe (320), des sciences physiques (185) et de l’éducation islamique (180). Le secteur technique mobilise 165 opportunités.

Les sciences humaines représentent 95 postes en histoire-géographie. Tandis que les sciences naturelles en comptent 65. Le français et l’éducation civique proposent chacun 50 places, la philosophie 40. Les spécialités techniques – mécanique et électricité – offrent 25 postes chacune. Enfin, la gestion et l’économie ferment la liste avec 20 postes par discipline.

Cette initiative vise à consolider l’encadrement pédagogique sur l’ensemble du territoire national, aussi bien dans les lycées généraux que dans les établissements à vocation professionnelle.

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Expo Osaka 2025 : plus de 630 000 Japonais ont découvert le pavillon tunisien

11. Februar 2026 um 15:25

Le bilan de la participation tunisienne à l’Exposition universelle clôturée en octobre dernier révèle une fréquentation significative et des retombées économiques prometteuses. Les visiteurs nippons ont passé en moyenne plus de 30 minutes dans l’espace tunisien, bien au-delà des standards pour ce type d’événement.  

Mourad Ben Hassine, commissaire général de la délégation tunisienne et directeur général du CEPEX, a communiqué ces chiffres mercredi 11 février 2026 lors d’une session de bilan organisée à Tunis. La durée de visite enregistrée contraste avec la conception habituelle de ces espaces, généralement prévus pour des parcours rapides. Le pavillon a servi de vitrine au patrimoine civilisationnel, traditionnel et culturel tunisien, permettant aux visiteurs japonais d’appréhender les spécificités nationales à travers une scénographie dédiée. L’exposition s’est déroulée du 13 avril au 13 octobre 2025 à Osaka, dans la région du Kansai.

Des événements satellites aux retombées multiples

Parallèlement à l’exposition principale, plusieurs manifestations économiques ont été orchestrées. La valorisation des produits du terroir et locaux ainsi qu’une semaine thématique consacrée au tourisme tunisien, programmée du 29 septembre au 1er octobre 2025, devraient générer des impacts touristiques, économiques et sociaux, selon Ben Hassine.

Des échanges commerciaux concrets ont émergé entre opérateurs tunisiens et japonais dans plusieurs filières : énergies renouvelables, gestion hydraulique, produits du terroir comme l’huile d’olive et les dattes. Une délégation japonaise se trouve actuellement en Tunisie pour collaborer avec de jeunes Tunisiens sur le développement et la promotion de ces productions locales, a précisé le responsable.

Un dispositif de suivi pour pérenniser les acquis

La Chambre mixte tuniso-japonaise et les autorités tunisiennes prévoient d’organiser forums et ateliers afin d’assurer la continuité et la concrétisation des résultats obtenus durant l’Expo Osaka 2025.

Nacef Belkhiria, président de la Chambre de commerce et d’industrie tuniso-japonaise, plaide pour un approfondissement du partenariat stratégique entre les deux pays. Il estime que la Tunisie doit proposer des incitations compétitives face à la concurrence régionale. Le pays dispose d’atouts attractifs pour les investisseurs nippons : capital humain qualifié, expertise en intelligence artificielle, services et applications informatiques.

Objectifs stratégiques de la participation

Ben Hassine avait préalablement défini les ambitions de cette présence tunisienne : établir des partenariats équilibrés, valoriser l’offre nationale en biens et services, générer de nouvelles opportunités commerciales et capter des investissements dans l’innovation, la science et la technologie.

La promotion du tourisme local figurait également parmi les priorités, tout comme le positionnement de la Tunisie en tant que plateforme de transfert de connaissances et de technologies vers d’autres nations africaines, tirant parti de sa localisation géographique stratégique.

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